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Château de Vouzan

Vouzan, ancien fief aux portes du Périgord était détenu au XVe siècle par les Livenne. En 1408, Pierrot de Livenne en était le possesseur et se disait le successeur d'un certain Guillaume Brun. Les seigneurs de Vouzan avaient droit de haute, moyenne et base justice sur leur terre. Le 17 septembre 1557, Seguin de Livenne partagea la seigneurie entre ses deux fils; Étienne, l'aîné, reçoit Vouzan et le château, tandis que Pierre hérite des terres situées autour du lieu dit La Bergerie. A la fin du XVIe siècle, Anne de Livenne épouse Hilaire Cermont, seigneur de Chantemerlière. Celui-ci vend Vouzan à Charles Raoul, écuyer, seigneur de La Fontaine pour la somme de 12227 livres. Le fils de ce dernier, Samuel, rachète la terre de La Bergerie en 1640 réunissant, deux siècles après son morcellement, la seigneurie de Vouzan. Le mariage de Marie Raoul, fille de Samuel, avec Jacques d'Abzac en 1651 porte la terre dans cette famille jusqu'en 1720, date à laquelle Gabriel d'Abzac la cède contre 140000 livres à Noël Arnaud, seigneur de Bouex. Le château changea depuis plusieurs fois de mains. Au début du siècle, il était la propriété du Comte de Thienne qui y apporta des modifications importantes. 

 Situé dans un beau parc entouré de murs, le château domine le village et sa belle petite église romane, composant un charmant tableau. L'ancien manoir, construit par les Livenne au XVe siècle a subi d'importants remaniements aux XVIIe et XIXe siècle. On y accède par un magnifique portail couronné d'un parapet festonné reposant sur une rangée de mâchicoulis. Le souci esthétique prévaut plus que celui de défense du château, comme en témoignent les petits merlons sculptés rythmant le crénelage à intervalles réguliers. La belle porte baroque, dont l'ouverture est en plein cintre, est décorée de deux piédroits et de bossages. Elle est surmontée d'un fronton triangulaire interrompu, terminé par un fronton curviligne sous lequel sont sculptées des armes modernes. C'est un des plus beaux portails fortifiés du XVIe siècle dans la région. Son style plein de saveur n'est pas sans rappeler celui du crénelage du château de Fleurac à Nersac. La façade nord de l'édifice garde une certaine allure médiévale, en dépit de la lourde balustrade classique couronnant la tour carrée. Elle est flanquée de deux échauguettes recouvertes de toits en poivrière aigrie, qui s'appuient sur de puissants contreforts partant du sol. 

 En revanche, la façade Sud a été complètement transformée, et donne au château l'aspect d'un bâtiment de style gothique troubadour. Une tour polygonale contenant un escalier à vis en pierre a été sectionnée et est difficilement reconnaissable. Elle est intégrée dans un bâtiment moderne qui rejoint la courte aile en retour d'équerre de l'ancien château. La toiture pentue a été remontée au début du siècle. Auparavant, seule la partie située entre l'échauguette gauche et la tour carrée avait un toit aigri. L'autre partie, comme en témoignent d'anciens clichés avait un toit presque plat. La plupart des ouvertures de style gothique flamboyant ont été refaites également à cette époque. Au sud se voit une petite bretèche. Le beau pigeonnier carré qui avoisine le château a été également très restauré. Une suite de petites arcades trilobées se profile à la naissance de l'étage supérieur. Des communs se trouvent à l'est. Contre le mur de l'église se voit l'ancienne porte du prieuré de Ronsenac. Enfin, un escalier de pierre descendait à l'ancien cimetière. Il est fermé par une lourde grille. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et de la chapelle ; le portail sur rue en prolongement de la façade de la chapelle; le pigeonnier; le sol de la parcelle contenant les vestiges archéologiques au chevet de la chapelle : inscription par arrêté du 31 décembre 1986. 

 château de Vouzan 16410 Vouzan

   

Château de Villevert

A 1500 mètres de Confolens sur la route d'Esse, cette ancienne maison forte a encore gardé aujourd'hui certains traits de son passé. Au XVe siècle il était la propriété de la famille Desvaulx de Clerfeuille. Jean Desvaulx, écuyer, seigneur de Villevert et de Périssat se maria en 1593. Il laissa d'importants biens à son fils François Desvaulx du Maroussem et de Clerfeuille, qui épousa sa voisine Philippine de Cambour. C'est à sa fille Catherine qu'il laissa Villevert. Elle se maria par contrat le 16 octobre 1611 au riche Joachim de Chamborant, baron de la Châtre, premier écuyer. Villevert passait donc dans la branche des Chamborant. Jean, fils de Joachim rédigeait un contrat de mariage le 15 juin 1636 avec Gabrielle de Couhé. Il fut nommé maréchal des armées du roi et connu sous le nom de "brave Villevert". Leur fils François, chevalier, épousa Gabrielle-Anne de Laux (contrat de mariage du 30 janvier 1682). Pendant la Révolution, au décès d'Etienne de Chamborant qui laissait son épouse Louise de James veuve et sans postérité, le château revint à son cousin Alexis de Chamborant de Périssat. Ils y venaient l'été et recevaient de nombreuses personnalités, dont Lamartine qui, dit-on aimait "ce petit coin romantique". En 1919, la dernière descendante des Chamborant de Périssat vendit Villevert à Robert Pinot, vice-président du Comité des Forges. Il avait épousé Clémence Périgord de Villechenon, lointaine descendante de Jean Desvaulx. Aujourd'hui Villevert appartient en indivision aux deux petits-fils de Robert Pinot. 

 Les parties les plus anciennes remontent aux XVIe et XVIIe siècles. Sur l'ancien cadastre de 1825, il apparaît avec un plan légèrement différent, les dépendances actuelles étant totalement absentes du plan. Le château de Villevert a connu de profonds remaniements au XIXe siècle. La charpente a été reprise pour créer un étage de comble, ce qui s'est accompagné d'un remplacement des couvertures en tuiles par des ardoises. L'aile côté est a été reconstruite sur les anciennes fondations. Durant cette période ont été construites les différentes dépendances ainsi que la chapelle votive, édifiée de 1880 à 1881 pour la baronne Hélène de Chamborant. La chapelle a été inscrite aux Monuments historiques en 1988. Ces travaux seront pour une bonne part réalisés par le peintre parisien Alexandre Félix Périn. Le château est entouré d'un parc de huit hectares. Il se compose d'un corps de logis principal, flanqué de deux pavillons, auxquels sont adossées deux ailes en retour d'équerre vers le nord. 

 Le granite rose utilisé pour sa construction provient d'une carrière située à 500 mètres. Les pavillons, de forme rectangulaire, comprennent deux étages surmontés d'un étage de comble contre seulement un étage et un étage de comble pour les autres parties du château. Les ailes abritent des caves très anciennes. Les toitures en ardoise sont toutes à longs pans avec croupes à l'exception de celle du corps de logis central qui possède des demi-croupes. Elles sont toutes décorées d'épis de faîtage métalliques. Des lucarnes à croupe ronde débordante permettent l'éclairage des étages de combles. Des corniches sur mâchicoulis au décor trifolié viennent couronner l'élévation sud du bâtiment principal et celles du pavillon est. Elles sont remplacées par des corniches sur consoles sur les autres corps de bâtiment. Le bâtiment principal comporte une galerie ouverte à trois arcades sur sa façade nord. La façade sud présente une porte cochère centrale, couverte en plein cintre, au rez-de-chaussée et trois ouvertures à chaque étage. La clef de la porte cochère est décorée d'un blason entouré d'un cercle. 

 Le pavillon est comporte une tourelle coiffée d'un clocheton au toit conique à l'angle nord-ouest. Les autres angles sont pourvus d'échauguettes aux toits en pavillon. Les façades du pavillon sont percées chacune d'une travée à la différence de l'autre pavillon qui présente deux travées de fenêtres sur son élévation sud. Les ailes comptent des fenêtres que sur leurs façades est et ouest. Parmi les communs du château une orangerie est adossée au mur d'enceinte qui longe la route de Confolens à Esse. Les élévations sont percées de grandes ouvertures couvertes en arcs segmentaires et couronnées d'une corniche sur modillons. La toiture en tuile mécanique, à longs pans avec croupe, est décorée de deux épis de faîtage en terre cuite. Une dépendance, coiffée d'un toit à longs pans, est accolée à l'ouest de l'orangerie. La partie sud est occupée par une conciergerie. Le blason de la famille de Chamborant est représenté sur plusieurs ouvertures. La toiture en ardoise des deux bâtiments est à longs pans avec pignon découvert. Une chapelle dédiée à Sainte-Hélène se trouve dans le parc au nord-est. 

 Éléments protégés MH: la chapelle ainsi que tous ses éléments de décor : inscription par arrêté du 29 avril 1988 

 château de Villevert 16500 Esse 

Téléphone : 05 45 85 36 95

 

Château de Villebois-Lavalette

Un peu d'Histoire (comme on dit dans les guides): le site est superbe, privilégié. La butte rocheuse abrupte, accessible d'un seul côté, au sud, bénéficie d'une vue circulaire sur tous les alentours. Elle fut sans doute habitée par l'homme dès la préhistoire. Des fouilles systématiques qui seraient effectuées dans l'enceinte même du château confirmeraient sans nul doute cette hypothèse Quoiqu'il en soit, il est certain que très près, et probablement à l'époque gallo-romaine, "la forme, la situation du Puy de Villebois en firent une place forte organisée pour la défense du Pays". Sa belle position en éperon était facile à défendre Quand au bourg de Villebois, il se situe tout près, en contre bas du château "sur les flancs de la colline fortifiée, au fond de ses venelles en arcades de ses abbayes défuntes, autour de ses halles du XVIIe siècle s'étagent ses vieilles maisons à tuiles rouges dévalant la pente vers le soleil". C'est ainsi que le poète l'a décrit et il est en effet des plus charmants. La "castellenie" est désignée dans les chartes sous le nom de Villaboe, Villaboen, Villaboensis ou Villa bavis (plus tard Villaboyes). Il s'agissait du "domaine du boeuf". Ceci est confirmé par un sceau datant de 1239 qui portait une tête de boeuf. D'ailleurs, à la même époque, les frères Arnaud, sergents à Rongnac rendaient hommage à leur Suzerain Hitier de Villebois "Seigneur du rocheyan boeuf circoncis". 

 La chronologie des seigneurs féodaux de Villebois dont nous disposons est quelque peu décousue. Cependant, on peut indiquer que les Fulcher de Villebois étaient dès le VIIIe siècle seigneurs du lieu et l'on suppose que ce sont eux qui firent bâtir les premiers éléments de défense. En 959 les Hélie devinrent à leur tour les possesseurs de la châtellenie et plus tard les Ithier de Villebois. En 1150 un Ithier de Villebois part pour la Croisade mais sans avoir négligé, auparavant, de mettre son âme en paix (il avait commis de nombreux excès dans le cimetière de Saint-Amant et même dans l'église!). Il se rend donc à Saint-Pierre d'Angoulême pour confesser publiquement ses tords et pour tout arranger, fait don d'une terre aux religieux qui lui offrit un cheval pour son voyage. Il semble que de nombreux seigneurs de Villebois prirent part au grand mouvement des croisades du XIIe siècle et que l'un d'eux, à son retour, fit construire la chapelle basse qui existe encore aujourd'hui. Des Ithier de Villebois, le château passa, semble-t-il aux mains des Lusignan, comtes d'Angoulême. Ceux-ci dès la première moitié du XIIIe siècle agrandirent l'enceinte du château et élevèrent les murailles que l'on voit encore et la flanquèrent de sept tours demi-rondes. Ils ajoutèrent à la chapelle primitive les deux dernières travées. 

 Les Mareuil devinrent seigneurs de Villebois grâce à leur fougueux courage durant la bataille de Bouvines et furent récompensés par Philippe Auguste qui "pour cette belle conduite leur donna la Seigneurie de Villebois au pays d'Angoumois". Raymond guerroya avec du Guesclin et le Roi Jean Le Bon lui assura définitivement, en 1355, la possession de la châtellenie de Villebois. Mais les Anglais, après le traité de Brétigny, occupèrent la place (21 octobre 1360). En 1369, le dernier jour de juin, Raymond de Mareuil sieur de Villebois signe lui aussi un acte d'adhésion où il s'engage devant Charles V avec son oncle Louis de Marval à être "vrais et loyaux français ". Geoffroi de Marieul, seigneur de Villebois, Angrac et Vibrac fut Sénéchal du Limousin puis de Saintonge (vers 1421). De son mariage avec Anne de La Rochefoucauld il eut Jean de Mareuil. Guy, leur fils, fut un puissant personnage, vassal direct du Roi, "nobilissime seigneur de Mareuil Villebois, etc.". Il était Sénéchal d'Angoumois et l'un des quatre barons du Périgord (Beynac, Bourdeille, Biron, Mareuil). Il mourut en 1519 et conformément à ses désirs, fut inhumé à Villebois, au couvent des Augustins qu'il avait fondé en 1510. Sa seule héritière fut Gabrielle de Mareuil, dame de Villebois qui devait plus tard, lors du siège du château par Epernon et "s'estant rencontré dans le pays", obtenir la grâce de l'un des rebelles destinés à la corde. Gabrielle de Mareuil qui selon Brantome, était fort belle comme sa mère Catherine de Clermont, épousa dans des conditions absolument rocambolesques, le jeune René d'Anjou, marquis de Mégieres, et comte de Saint-Fougeau. Lorsqu'elle mourut à 80 ans en 1592, les seigneuries de Villebois et Mareuil passèrent par mariage de sa fille dans la famille de Montpensier. 

 En 1589, donc en pleine guerre de religions, le château de Villebois sert de refuge aux bandes de ligueurs et le chevalier d'Aubeterre, fervent ligneur, "s'estait mis a la teste des mutins et commet 1000 désordres dans la région". Ils s'enfermèrent dans le château qui était une sûre retraite puisque "leur place était d'assiette très avantageuse, fort bonne à coups de mains et les avenues en étaient si difficiles qu'on ne pouvait qu'avec une peine extrême y conduire le canon". Fortifiée par une double enceinte flanquée de tours et entouré de profonds fossés, le château pouvait soutenir une défense prolongée. Mais cela n'était pas pour impressionner le terrible duc d'Eperon. Il lui fit sommer de se rendre et la réponse ayant été jugée "téméraire et arrogantes" ,le duc "fit loger ses canons sur le castiau". De furieuses et meurtrières canonnades s'ensuivirent qui ouvrirent finalement une brèche. Les Assiégés demandèrent "par grâce" qu'on leur laisse la vie sauve. Mais le duc fut inflexible, il n'y voulut jamais consentir. Finalement, le chef des mutins, nommé Maumont, lieutenant du Chevalier d'Aubeterre, reçut un coup de pistolet mortel alors qu'il essayait de s'enfuir par le fossé et d'Epernon, pour l'exemple, fit pendre devant le château 18 de ceux qui avaient été de l'entreprise et sauva la vie des autres. Acquis par le duc quelques années après (1596) le château portait encore les traces et blessures de ce siège et, dit Girard, "j'ai souvent ouï regretter au duc les ruines qu'il fut obligé de faire à ce château qui était une belle résidence, une belle masse de pierres et bien logeable. Elles n'ont jamais été réparées entièrement et il reste toujours des marques de la rébellion comme de la punition de ceux qui les ont causées". 

 Le château, dès lors, sert de temps à autre de résidence au duc lorsqu'il ne loge pas au château d'Angoulême. Ce "demi-roi" après avoir été successivement le mignon et aimé d'Henri II et le "cousin" quelque peu redouté d'Henri IV (à la mort duquel il ne fut peut-être pas tout à fait étranger), était presque parvenu au faîte de sa gloire et de sa fortune. Il tient à recevoir superbement à Villebois, Louis XIII et Anne d'Autriche "le 28 décembre 1615 au soir le cortège royal fit donc halte au château. Epernon y attendait le roi et les deux reines et les fit protéger par 5000 hommes de pied et 400 maîtres". Il leur offrit de somptueuses réjouissances qui peut-être leur fit oublier le "froid de Gueux" et la pluie incessante qui désolaient toute l'escorte royale. Par lettres patentes de mars 1663 la terre de Villebois est érigée en duché pairie. Le duc mourut en disgrâce à Loches à l'âge de 88 ans. Il laissait une fortune considérable à son fils Bernard de Foix de Lavalette, second duc d'Epernon. Bernard de Foix de Lavalette ne s'intéressa guère au château. En 1660 il fut vendu moyennant une somme de cinq cent quarante mille livres à Messire Philippe Montault de Benac, duc de Navailles, Pair de France, Général en chef des Armées du Roi, etc. Le Maréchal et sa femme se retirèrent à Villebois-Lavalette en 1665 ou le duc ayant rasé la majeure partie du château médiéval, fit édifier par l'architecte Cossovrel une maison de plaisance somptueuse et au goût du jour. S'appuyant en partie sur la muraille ouest du XIIe siècle, elle était composée d'une large façade orientée au midi flanquée à ses extrémités de deux pavillons, la partie centrale étant surmontée d'un dîme élevé d'où (par beau temps bien entendu!) on pouvait, dit-on distinguer les clochers d'Angoulême. 

 De l'ancienne forteresse il fit combler les fossés, transformés désormais en promenade plantée d'arbres. Il conserva cependant l'ancienne enceinte des Lusignan tout en la modernisant ainsi les créneaux devenus démodés, furent obstrués et le mur du chemin de ronde coiffé de belles pierres triangulaires. Le même architecte édifia à peu près à la même date les halles actuelles qui sont très belles et qui ont été classées MH et sauvées de justesse en 1948 "après de vives polémiques locales qui avaient failli amener leur destruction". Le château fut vendu en 1696 et passa avec la Seigneurie de Lavalette aux mains des Rohan-Soubise puis en 1728 à celle de Françoise de Pompadour, marquise d'Egon et de Courcillon. Elle épousa le marquis de Dangeau. Brigadier des Armées du Roi dont les "affaires " furent sans doute bien mauvaises, puisque le château échoua finalement entre les mains d'un "syndicat de créanciers" qui le gère jusqu'à la Révolution. En 1789, le château "vit détruire ses sculptures, ses belles armoiries et ses précieux parchemins". La convention en fit, en toute simplicité, leur magasin à vivres et un lieu de détention pour les suspects. En 1808, il devint, sort misérable, une maison de détention pour plusieurs départements et en 1816 on va voir la brigade de gendarmerie locale s'y installer. Dans la nuit du 10 au 11 décembre 1822 un violent incendie détruisit toute l'aile droite du château XVIIe siècle ainsi que le dôme central, ne laissant debout que l'aile qui constitue aujourd'hui la seule partie habitée et quelques pans de mur qui apportent à l'ancienne cour intérieure une indéniable note de romantisme. 

 C'est en 1838 que l'abbé Michon acheta le château et après y avoir fait faire quelques réparations et quelques constructions, heureusement aujourd'hui disparues, y établit une école secondaire qui n'eut que cinq ans d'existence. Probablement incomplètement payé, le château après la faillite, revient donc à l'ancien propriétaire. La Commune de Villebois-Lavalette et le Bureau Central de Bienfaisance s'en portent acquéreurs en 1852. On y transféra l'école des filles, divisée depuis 1818 par les religieuses "institutrices et hospitalières" de l'Ordre de Saint-André de la Croix auxquelles succédèrent en 1870 les religieuses de l'ordre de Saint-Anne. Le Docteur Maurice de Fleury, membre de l'Académie de médecine, en devint propriétaire en février 1941. Il y fit de très grosses réparations dans l'aile nord afin de la rendre habitable. En effet, lorsqu'il en fit l'acquisition, la bâtisse se trouvait dans un lamentable état: plus de toiture, un arbre poussait à l'endroit où se trouve aujourd'hui le salon, plus d'escalier, un berger avec ses chiens vivait au premier étage auquel on accédait par une échelle, les murs mêmes de la bâtisses menaçaient ruine. Les efforts furent récompensés et il fit de cette maison une très agréable résidence de vacances. Son fils, Jean, Avocat à la Cour, Greffier de Justice de Paix, puis enfin libraire à Paris, légua le château à ses enfants, Bernard plus connu sous son nom de chansonnier et de comédien, Bernard Lavalette, et son frère Philippe de Fleury, les actuels propriétaires. C'est grâce aux interventions des membres de cette famille que les bâtiments ont été restaurées. 

 En 1980, conscients qu'il fallait absolument faire quelque chose pour l'enceinte des Lusignan et de ses tours jusqu'alors quelques peu abandonnés, les propriétaires prirent l'initiative, avec le Conseil du jeune architecte Frédéric Didier, de la création au château de chantiers de jeunes bénévoles oeuvrant dans le cadre de l'Union Rempart. Leur projet rencontra d'emblée l'accord enthousiaste et le plein appui du maire de Villebois, le docteur Fougère qui accepta la Présidence de la Société nouvellement crée (Loi 1091). L'association "Les Amis du château de Villebois-Lavalette" soutenue par la municipalité et en pleine harmonie avec les propriétaires, organise donc depuis une douzaine d'années des chantiers de restauration avec l'aide de jeunes bénévoles venus des 4 coins de France et même de l'étranger. Nantie d'un bail de longue durée avec les propriétaires, elle s'efforce non seulement de restaurer mais aussi de faire revivre les remparts médiévaux et les six tours et peut-être verra-t-on un jour prochain y prendre place un petit musée consacré à l'histoire locale. Les résultats acquis par ces chantiers de jeunes sont dès à présent véritablement spectaculaires et grâce à ce magnifique travail la partie médiévale du château reprend petit à petit l'aspect qu'on lui voyait sur un dessin daté de 1610. Un prix de la XNMH a d'ailleurs récompensé leurs efforts. En ouvrant largement le château à la visite et à ses diverses manifestations, les Amis du Château tentent de sensibiliser un vaste public à la conservation de notre Patrimoine.

Éléments protégés MH: le château avec son sol, en totalité : classement par arrêté du 16 décembre 2005. 

 château de Villebois Lavalette 16320 Villebois-Lavalette

 

Château de Villars Marange

L'important hameau de Villars-Marange situé aux confins des communes de Mérignac et d'Echallat, tire une partie de son nom de la forêt de Marange qui appartenait au Moyen-Âge aux comtes d'Angoulême. Au XIIe siècle, ce petit massif forestier fut l'objet d'importants défrichements qui se continuèrent probablement jusqu'au XVe siècle. Les terres défrichées furent vraisemblablement aliénées au profit de vassaux de comtes d'Angoulême, constituant ainsi un grand nombre de petits fiefs dont probablement celui de Villars. Selon Anatole Laverny le 22 août 1520, Marguerite Portier, dame de Gademoulins, vendit l'hôtel de Villars-Marange à Jean Challant receveur des domaines du roi. Ce dernier le céda le 9 mai suivant, à Jean de Fontenay, écuyer, conseiller du roi, qui le garda peu de temps puisque à la date du 3 mars 1524, il appartenait à Hélie Dussault, écuyer, seigneur de Birac. A cette époque, le fief de Villars relevait des châtellenies de Vibrac et d'Angeac-Charente, comme le montrent les deux hommages rendus, le premier par Girard Dussault en 1567 à messire Nicolas d'Anjou, marquis de Mézières, et le second par Pierre Dussault en 1598 à Jean Louis Nogaret de La Vallette, le fameux duc d'Epernon. Au siècle suivant, Antoine Dussault, fils du précédent, vendit la terre de Villars à Annet de La Charlonnie qui habitait Angoulême. De sa femme Marie de Lalande, il eut au moins quatre enfants, dont l'aîné, entra à l'âge de 21 ans "aux gardes du roi". Après la mort de son père survenue en l'année 1700, il épousait le 3 février 1701 dans l'église Saint-Léger de Cognac, Suzanne Garribon, issue d'une famille protestante. Les de la Charlonnie conservèrent Villars jusqu'au XIXe siècle. Depuis la fin des années 1950, le château de Villars-Marange est la propriété de Monsieur de Brou de Laurière et de Madame née Terrasson de Montleau. 

 Le château de Villars-Marange se compose de deux parties d'époques différentes. De la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle date le premier bâtiment, couvert d'un toit à pans à forte pente, percé de deux lucarnes, de style gothico-renaissance. Celle qui donne sur la rue, est dotée d'une fenêtre à croisillon, surmontée de pinacles dont les bases sont historiées. Sur celle de gauche, on voit nettement une salamandre. Cette bâtisse est accostée sur sa façade latérale nord, d'une construction en forme d'éperon dotée d'une bretèche sur mâchicoulis à l'extérieur. Du XVIIe siècle est l'avant corps en partie arrondi qui possède une belle porte à fronton triangulaire, encadrée de pilastres cannelés avec chapiteaux, que surmonte un bel entablement droit largement mouluré, et au-dessous duquel se voit une suite de petites coquilles Saint-Jacques. Cet ouvrage, qui relie le bâtiment décrit ci-dessus à l'aile du château, construite également au XVIIe siècle, et renferme un escalier à colimaçon desservant les étages de l'édifice malencontreusement refait en marbre au siècle dernier, époque où ce matériau était très apprécié. Le second bâtiment, dont la façade principale donne sur un parc, est couvert d'une terrasse à l'italienne entourée de parapets festonnés sur les deux façades. Ses merlons et créneaux de fantaisies, sont ornés de décors dont les motifs géométriques et végétaux sont des plus variés. Une semblable décoration et des coquilles Saint-Jacques se rencontrent également autour des oeils-de-boeuf existants au-dessus de l'étage de cet édifice. Sur la façade sud, un pavillon rectangulaire possédant mâchicoulis et doté à hauteur d'hommes de meurtrières, succède à l'ouest à cette construction. Cette demeure, l'une des plus belles du canton de Jarnac, est à rapprocher de certains châteaux de la région édifiés au début du XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH: les bâtiments anciens (le logis sauf l'extension ouest, l'ancien châtelet avec son appentis, communs nord à rez-de-chaussée voûté) : inscription par arrêté du 7 mars 2007. 

 château de Villars Marange 16200 Mérignac

 

Château de Vilhonneur

Au centre du hameau, jouxtant le gué du Perrat, sur la limite des anciennes provinces du Limousin et de l'Aquitaine, le château est positionné comme un "octroi" frontalier sur un lieu stratégique, sans cesse réutilisé au cours des âges. Après les traces antiques d'oppidum avec tour de guet et celles d'un lieu franc fortifié, que nous rattachons à la hauteur toute voisine Pinier/Robinière, la chronologie historique nous révèle l'existence d'un moulin sur le bief, antérieure à la construction féodale au XIIe siècle. La construction moyenâgeuse, de type quadrangulaire, a été quelque peu étudiée; entourée de douves profondes au lit souvent asséché, elle sera remaniée au XVIe siècle. Les douves ont fait l'objet de sondages archéologiques au cours desquels ont été mis à jour des fragments d'armes de combat: épées, arquebuses à rouet, de boucliers, de casques, etc. Des fouilles plus systématiques apporteraient d'autres éclaircissements, car les tessons de poteries décorées gallo-romaines, morceaux de tuiles à rebords en côtoient d'autres moyenâgeux; les fragments d'armures sont tantôt du XIIe, tantôt du XVIe siècle. Tout incite à la prudence car existe déjà une controverse à propos du cimetière: "gallo-romain" selon l'Abbé Chevalier, il ne serait que d'époque moyenâgeuse selon d'autres spécialistes. L'idée suggérée par quelques uns de reprendre les fouilles des douves du château est séduisante, mais n'aidera pas pour la chronologie puisque par définition les remblais ajoutent au pêle-mêle. Le mur d'enceinte de la construction primitive est encore en partie visible. Le pont-levis qui chevauchait la douve remblayée a laissé dans la pierre traces d'une existence indubitable: deux fortes rainures scarifient verticalement la tour d'entrée. Le linteau en plein-cintre brisé du portail est surmonté d'un parapet festonné formant mâchicoulis, joliment décoré de cinq coquilles Saint-Jacques; les six consoles sont finement sculptées telles des pilastres, l'ordonnance d'ensemble montre un raffinement certain, une maîtrise évidente dans le ciselé de la pierre de Vilhonneur. Le corps de logis qui subsiste en partie est flanqué d'une haute tour-donjon de trois étages occupés par des chambres dotées de grandes cheminées; les murs fort épais mesurent de 1m10 à 1m30 d'épaisseur. Sur l'entablement sont visibles quelques consoles de mâchicoulis pour la défense. Une porte est agrémentée d'un fronton comptant des vases découpés dans la calcaire. Dans l'angle de deux petites tours demeure encore une bretèche bien conservée. La porte dite "Porte de la Chapelle" de style Renaissance a été murée; elle donnait accès à une salle voûtée à importante voussure. Du XIIe à la fin du XVIe siècle, le petit fief de Vilhonneur fut la possession d'une famille d'ancienne noblesse, fort connue en Angoumois: les Gambes ou Jambes, devenus Chambes, de Chambes… A la fin du XIIe siècle Guillotto de Chambes marié à Mademoiselle de la Rivière est seigneur de Vilhonneur, alors que son frère est seigneur de Voulême et possède des terres en ruffecois. L'histoire posthume de leur fils Pierre de Jambes dit "Chevalier de Chambes", décédé en 1256, a fait couler beaucoup d'encre; elle est l'objet de nombreuses relations toutes liées au "tombeau" ou encore au "mausolée" du chevalier, situé jusqu'à la fin du XIXe siècle derrière le chevet de l'église de Vilhonneur et aujourd'hui visible au musée de la Société d'Histoire et d'Archéologie de la Charente. Chronologiquement, le transfert du "gisant" de pierre est annoncé par le curé en 1862; le texte de l'inscription tumulaire est déchiffré, adopté en 1868; la plaque de marbre commémorative, apposée dans l'église est inaugurée en 1880; ces intervalles conséquents nous intriguent toujours. Les raisons invoquées pour le déplacement étaient nobles (éviter toutes dégradations dont il était l'objet) mais auraient pu trouver des solutions locales. Pour une mise en valeur exhaustive du patrimoine local nous sommes tentés de plaider pour un retour aux sources. Aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, la seigneurie passée par mariage aux Dussault seigneurs de Villars-Marange fait peu parler d'elle; seul un inventaire de 1730 nous donne une idée de l'agencement intérieur: les Dusault (désormais branche de Vilhonneur) ne font pas de faste. Le document évoque également la "Maison de la Cave", aujourd'hui indépendante; on y parle aussi de semences "papillonnées" dans les greniers. Pierre Labatud, seigneur plus argenté du Maine Gagnaud, qui a épousé Anne de Corgnol, est appelé en 1789 à l'Assemblée de la Noblesse d'Angoumois. Le marquis de Nieuil, officier des Hussards de la Garde Royale, est propriétaire au début XIXe siècle. De 1835 à 1974, la famille Groulade restera propriétaire du château acheté sous Louis-Philippe 47000 francs or par deux frères; elle fournira des édiles et cédera à M. Meunier artisan artiste, érudit personnage, figure angoumoisine. Depuis 1900 M. Rust, suisse allemand de Zürich est propriétaire. 

 Éléments protégés MH: l'ensemble des façades et toitures des bâtiments anciens: inscription par arrêté du 24 janvier 1966. 

 château de Vilhonneur 16220 Vilhonneur

 

Château de Verteuil-sur-Charente

Décrit par Froissart comme "un moult château-fort" ce lieu dominant le passage sur la Charente fut, selon toute probabilité, fortifié bien avant que les La Rochefoucauld y construirent leur second château. Assiégé en 1135 par Vulgrin II d'Angoulême, cédé au roi d'Angleterre par le traité de Calais en 1360, le château de Verteuil fut repris par Geoffroy II de La Rochefocauld en 1380 mais les Anglais parvinrent à le réoccuper et ne capitulèrent que quand le roi Charles VII vint avec son armée le reprendre définitivement. Plus tard, lors de la Praguerie, Guyot de La Rochefoucauld, qui avait bien servi le roi contre les Anglais mais qui guerroyait ensuite pour son propre compte, dut s'y réfugier avec deux cents hommes mais capitula lorsque Charles VII, utilisant des bombardes, en démolit les murs. Heureusement, cette destruction ne fut pas totale et il subsiste de nos jours une assez importante partie de ce château des XIe et XIIe siècles. Le château fut agrandi et embelli à la Renaissance mais tous ces travaux furent détruits lors de la Révolution. La famille, devenue protestante, abrita à Verteuil en 1567 le VIe synode national de l'église Réformée. Le château fut plus tard occupé par le futur Henri III et ses troupes. Au XVIIe siècle, ayant échappé aux destructions du Cardinal de Richelieu, le château de Verteuil retrouva son importance militaire lors de la Fronde mais l'armée royale occupa l'antique forteresse à nouveau et qui fut en partie démantelée en 1650. 

 Néanmoins, ces dégâts ne furent pas trop graves car, dès l'année suivante, le Grand Condé, Conti, et la duchesse de Longueville vinrent y rejoindre le futur auteur des Maximes, François VI, et ses troupes. Les royalistes reprirent Verteuil et, plus tard, son propriétaire, qui en 1637 avait été embastillé pour avoir fourni des chevaux à la duchesse de Chevreuse, se trouva exilé dans la Meuse mais put revenir chez lui un an après et y écrivit ses Mémoires puis certaines de ses Maximes. Il fut enterré à Verteuil au couvent des Cordeliers, fondé en 1470 par son ancêtre Jean seigneur de La Rochefoucauld. Le fils de l'auteur servit fidèlement le roi et devint son Grand Veneur et le Grand Maître de la Garde-Robe, mais son petit-fils, né au château de Verteuil, y fut exilé pendant deux ans pour avoir une correspondance licencieuse à l'égard de Madame de Maintenon, qui fut interceptée. Gervais, dans ses Mémoires sur l'Angoumois en 1726, nous dit que Verteuil était la maison de plaisance des La Rochefoucauld qui en faisaient leur résidence habituelle en province quoique fort occupés par leurs charges à Versailles. Le célèbre agronome anglais, Arthur Young, critique acerbe des châtelains français, fit une description très flatteuse de Verteuil et de la mère du jeune La Rochefoucauld, la duchesse d'Anville qui y avait créé une culture fort rentable de vers à soie. Ce dernier, ami de Condorcet, de Franklin et de La Fayette, fut inoculé en 1760, quatre ans avant que cela ne fut autorisé en France. 

 En 1764, il traversa les glaciers de Genève à Chamonix avec Claparède, Pictet et Jalabert. En 1782 il fut élu à l'Académie des Sciences; en 1789 il joignit le Tiers Etat et réclama la libération des Noirs ainsi que celle de la Presse. Nommé président de l'Assemblée Législative, il démissionna pour marquer sa désapprobation sur la question du clergé assermenté et mourut lapidé à Gisors en 1792. L'année suivante le Comité de Salut Public de Ruffec vint à Verteuil et mit le feu à la galerie Renaissance et aux autres constructions de cette époque. Sous prétexte d'obtenir du plomb pour l'armée, il jeta ensuite le contenu des 44 cercueils de la famille dans la Charente. Le retour de la monarchie permit la restauration du château qui, désormais privé de ses belles constructions renaissances, afficha un style néo-gothique. Depuis la dernière guerre, diverses salles souterraines des XIIe et XIIIe siècles purent âtre mises à jour. En 1940, le château a abrité des troupes françaises ainsi que des réfugiés d'Alsace-Lorraine avant d'être occupé par l'armée allemande; en 1944, des Résistants y furent cachés. A travers les siècles le château de Verteuil a accueilli Philippe VI en 1332, puis Henri Il, François 1er, Henri I, Henri IV, et Louis XIII, et les reines Marie de Médicis, Anne d'Autriche et la reine de Navarre. L'Empereur Charles V y séjourna et planta un if en 1539, geste répété en 1980 par la Reine-Mère Elizabeth, dernière Impératrice des Indes. 

 Durant ce vingtième siècle, Verteuil n'a jamais cessé de servir la France car c'est là qu'Anne de La Rochefoucauld, Marquise de Amodio, fonda en 1958 l'Association des Vieilles maisons Françaises pour la protection du patrimoine historique, dont le siège social fut transféré à Paris en 1964. Il est piquant de noter qu'étant, par sa mère, la nièce du dernier duc de Richelieu, mort sans postérité, elle œuvra avec tant de succès pour la sauvegarde des châteaux que le Cardinal avait si souvent démantelés. Ce siècle a permis de nombreuses découvertes. La première fut l'accès aux petites voûtes du XIe siècle, longues de 44 mètres mais ayant moins de 2m50 de hauteur; elles surplombent les grandes voûtes mesurant 65 mètres de long sur 10m20 de hauteur, fruits de l'astuce de Guyot qui en obtenant l'autorisation de Charles VII de construire un mur pour défendre la population put ainsi renforcer les défenses du château. On découvrit ensuite la première prison, sous la tour de Guet, puis quelque années plus tard un passage permettant d'accéder de la tour du sud à la grande tourelle du côté de la Charente. Des recherches entreprises dans la salle dite de la lingerie, qui date du XVIIIe siècle, permirent de retrouver une petite chapelle du XIe siècle bâtie à l'usage des pèlerins de Compostelle. Ensuite ce fut un escalier menant de la dite lingerie à cette même chapelle qui permit de mettre à jour une absidiole du XIIe siècle, des modillons, des boulets et divers objets du Moyen-Age. Enfin grâce au Recueil des Châteaux de l'Angoumois, l'on découvrit la troisième prison située sous la seconde et la première préalablement mises à jour sous la tour de Guet. En conséquence, il est raisonnable d'escompter d'autres trouvailles réservées aux futures générations.

Éléments protégés MH: en totalité, le château de Verteuil, avec le sol de la cour intérieure et l'emprise des fossés au nord pouvant receler des vestiges archéologiques : classement par arrêté du 4 avril 2017. 

 château de Verteuil 16510 Verteuil-sur-Charente 

Téléphone : 05 45 30 23 18

 

Château de La Tranchade

Le château trouve ses origines dès l'époque gallo romaine lorsque déjà, le massus de La Truncheda protégeait Angoulème de ses envahisseurs. Surpomblant la vallée de l'Anguienne, La Tranchade grâce à sa position d'avant garde idéale a conservé pendant plusieurs siècles son statut de puissante place forte. Au XIe siècle, l'abbaye de St Cybard devient propriétaire du château et de tous ses environs et les confie plus tard à Aymard de Pressac qui construit en 1396 le donjon. Cédé à Baud de Saint Gelais en 1492, le château est vendu en 1573 à la famille Nesmond qui entame une série de modifications afin de l'agrandir et le rendre plus confortable, selon ce que la Renaissance a apporté comme goût pour les habitations luxueuses. Au XVIe siècle, avec les pierres tirées du creusement des douves, sont élevés la poterne et le chais et de chaque côté du donjon, l'aile Est au XVIe siècle, et un peu plus tard l'aile Nord. Le 27 avril 1753 la terre noble de la Tranchade fut vendue à la famille de Nesmond. Leurs armes sont gravées dans la paroi des douves. François de Nesmond I fut conseiller du roi et lieutenant général d’Angoumois et son fils Francois de Nesmond II conseiller de la commune d’Angoulême. Cette famille dont la branche aînée s’éteignit au début du XVIIe siècle s’éleva au plus hautes dignités de l’église et de la magistrature donnant à l’Etat un archevêque membre de l’Académie française et plusieurs présidents des ¨Parlements de Paris et de Bordeaux et aussi un lieutenant-général des armées navales. Pendant plus d’un siècle les Nesmond embellirent le château. On leur doit les deux ailes renaissance : l’une de style italien, l’autre ornée de faux mâchicoulis. Ils firent aussi édifier la porte fortifiée qui à l’origine précédait un pont-levis remplacé plus tard par un pont au-dessus des douves. L’écusson des Nesmond gravé dans la pierre fut martelé par les propriétaires suivants. Dans la cour une chapelle (souterraine) était probablement au moyen-âge reliée directement au château. Marie Nesmond dame de la Tranchade fille unique du dernier François de Nesmond épousa en premières noces Jean de Rochechouart marquis de Saint Victurnien, (fils de René baron de Mortemar) dont elle n’eut point d’enfants. Elle se remaria à Armand Belcier. Charlotte leur fille unique apporta la terre de La Tranchade dans la famille d’Aydie. Le château revint aux Normand de la Tranchade grâce à Monsieur Vaslet avocat à Angoulême, qui en fit l’acquisition le 15 décembre 1816. Il était le beau-père de Joseph Normand de la Tranchade. Ce dernier avait épousé Marguerite Ausone Vaslet dont il eut 10 enfants. Il fut maire d’Angoulême de 1837 à 1855. En 1852 il accueillit Le prince Louis Napoléon qui devait devenir le futur Napoléon III venu inaugurer la ligne de chemin de fer Bordeaux-Angoulême. A cette occasion, Mademoiselle de La Tranchade ouvrit le bal avec le futur empereur lors des festivités offertes à cette occasion par la ville d’Angoulême. A la réception se trouvait convié un hôte célèbre Alfred de Vigny. En 1890 la crise du phylloxera ruinera le vignoble du domaine. La terre de la Tranchade ainsi que le château sont restés dans le patrimoine des Normand de la Tranchade jusqu’en 1929. 

 Dans ses souvenirs du règne de Louis XVI (1852) Daniel de Cosnac (prélat attaché à la maison du prince de Conti) raconte : "à une lieue d’Angoulême, le château de la Tranchade, situé dans une position escarpée, entre deux précipices, enveloppés eux-mêmes par des marais, était occupé par un détachement des troupes des princes, composé de cent vingt hommes sous les ordres de trois capitaines. Cette petite garnison était, pour ainsi dire, inexpugnable et commettait de terribles ravages aux alentours. Le marquis s’attacha à surprendre et à détruire les détachements qui s’aventuraient au dehors ; une de ses embuscades fut si bien dressée, que la petite colonne de sortie fut détruite en partie et le reste dissipé de manière à ne plus pouvoir rentrer dans la place. Le château se trouvant ainsi dégarni de la plus grande partie de ses défenseurs. Le marquis s’avança avec deux pièces de canon ; la garnison, devenue trop faible, n’attendit pas son attaque, et il put, sans coup férir, prendre possession pour le roi de ces murs redoutés. Il y plaça un détachement de ses propres soldats ; mais ce château appartenait au marquis de Mortemart, qui demanda à être remis en possession, et obtint à cet effet autorisation de la cour pour y rentrer. Montausier ne se hâta pas d’y obtempérer ; il fallut qu’un ordre formel, signé parle roi, l’obligeât à faire cette remise au seigneur du château, qui s’engagea à pourvoir à sa défense au moyen d’une garnison lui appartenant. Le marquis de Montausier, gouverneur de l’Angoumois, avait quitté Paris depuis le commencement des troubles, et résidait à son poste en gardien vigilant. Son dévouement à la cause royale n’était pas suspect, chaque jour il en donnait des preuves, guerroyant même pour son propre compte avec les faibles forces dont il disposait comme gouverneur". 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures (y compris la poterne d'entrée): classement par arrêté du 4 août 1970 

 château de La Tranchade 16410 Garat 

Téléphone : 06.18.81.68.30

 

Château de la Tour du Breuil

L’époque de construction de la Tour est située pour certains vers la fin du XIVe siècle, à la fin de la guerre de Cent Ans. Si il fut réellement édifié par les Anglais sur l’emplacement d’une ancienne maison-forte, cet édifice se placerait, sans doute, entre 1360 et 1732, époque où, sous Charles V, du Guesclin reprit aux Anglais la plupart des places fortes de ces provinces. Mais l'examen du type de construction de la tour amène à se prononcer pour le XVIIe siècle. Ce "Logis Noble" était détenu par la famille des Raymond. Au XVIIe siècle, Roger de Raymond, fils de Joseph seigneur du Breuil et de Jeanne de Lepinay assassina Jean Arnaud qui avait osé se porter acquéreur du Breuil et du Pouyaud. Au XVIIIe siècle, Arnauld de Boueix cède le Breuil à son parent Arnauld de Ronsenac. La Tour du Breuil était devenu par héritage la propriété de François de La Laurencie, marquis de Charras, baron de Neuvicq, maître de camp de cavalerie, qui vendit le fief le 22 avril 1774 à Jean Leroy de Lenchères, brigadier des Armées du Roi, chevalier des ordres de Saint Louis. Il était le deuxième fils d’Anthoine sieur du Breuil de Bonneuil. La petite fille de Jean de Lenchères, Élisabeth, épouse Louis Benjamin Fernand des Roches de Chassay et lui apporte le Breuil vers 1845. Leur fille et héritière, Odette des Roches de Chassay, épousa Arnaud de Laferrière et qui laissa cette propriété à son deuxième fils, Robert de Laferrière, sans enfant, eut comme héritière sa nièce Marie-Thérèse de Laferrière, épouse du colonel Xavier de Villemandy de La Mesnière, père de Bruno de Villemandy de La Mesnière, propriétaire actuel. Le château de La Tour du Breuil est donc dans la même famille grâce aux femmes depuis plus de deux siècles. Le donjon est une forte tour carrée pouvant dater de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle. Les murs de défense sont en pierre de taille. Les mâchicoulis sont intacts. Seul le chemin de ronde est endommagé à l'est. Parmi les autres bâtiments, de servitude, des parties anciennes peuvent se reconnaître: chapelle, tourelle et créneaux... La petite chapelle mérite que l'on s'y attarde un peu: elle possède en effet des restes de fresque du début du XVe siècle. On y voit notamment, un chevalier en train d'être adoubé, devant lui un diacre le bénissant, derrière son ange gardien, plus loin Saint-Christophe et son bâton, Saint-Michel et sa lance, Sainte-Barbe et sa tour. A droite de l'autel, on devine un roi couronné en tête et sceptre en fleur de lys à la main. A gauche on distingue un femme à cheval. La poutraison très serrée montre également des traces d'anciennes peintures. 

 Éléments protégés MH: le donjon, l'intérieur de la chapelle ornée de peintures murales ainsi que la couverture correspondante : inscription par arrêté du 23 décembre 1964. 

 château de la Tour du Breuil 16410 Dignac

 

Château de Serre

Ce château aurait été construit à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle par les d'Archiac, seigneurs d'Availles Limouzine. Les armes de la famille d'Archiac (de gueules à deux pals de vair au chef d'or) figurent au dessus d'une fenêtre du château. Au XVIe Jacques d'Archiac fut qualifié de chevalier seigneur d'Availles, Serre et Pressac. Sa veuve Adrienne Frotier se maria avec François de la Béraudière. Leur fille Catherine de la Béraudière était en possession du château, lorsqu'elle se maria vers 1610 avec Jean de Grandseigne. Ce dernier portait en 1627 les titres de "Conseiller du roi, Lieutenant pour le roi de la ville et chasteau de Sommières en Languedoc, seigneur de Marcillac, Serre et Azac". Leur fille Diane de Grandseigne épousa Gabriel de Rochechouart, premier gentilhomme de la chambre du roi, en 1632. Parmi leurs enfants figurent le duc de Vivonne et la marquise de Montespan qui ont vraisemblablement fréquenté le château. Le duc de Vivonne y implanta le culte des martyrs Saint Lucius et Saint Emerite après avoir déposé leurs reliques sous l'autel de la chapelle du château. A la mort de Vivonne ses descendants se soient désintéressés du château et la chapelle tomba en ruine. Resté dans la famille Rochechouart-Mortemart, le château fut vendu comme bien national à la Révolution, en effet après la loi du 2 septembre 1792, il fut vendu à Jean Prévost-Maisonnais le 7 germinal an II (27 3 1794) pour 50100 livres. Il y décédait en 1822, et fut parmi les six principaux propriétaires acquéreurs de domaines nationaux dans le département. Ce grand et beau château est la propriété de Madame Guttin. Il a été restauré aux XIXe et XXe siècles. Les deux fermes situées à proximité dépendaient du château. 

 Le château de Serre, situé sur une colline, domine au sud le bourg d'Abzac et la vallée de la Vienne et au nord un vallon encaissé où coule le ruisseau de la Bourgogne. Il se compose de deux ailes en retour d'équerre flanquées à l'angle intérieur d'une tour ronde d'escalier recouverte d'ardoises. Le corps de logis a deux étages dont un de surcroît, recouvert de tuiles plates. La tour d'escalier a sa porte d'entrée ornée d'un bel arc en accolade de la fin du XVe siècle. L'écu qui surmontait cet arc a complètement disparu. La partie située à gauche de la tour, est la plus ancienne et a conservé ses fenêtres à meneaux, et des plafonds aux poutres peintes. Une pièce possède encore des peintures murales du XVIIe siècle dans la chambre dite du Duc de Vivonne. La partie droite du château fut remaniée au XVIIe siècle. La chambre du Duc de Vivonne avec alcôve possède des peintures d'époque. Sous la partie Nord, se trouve une grande cave voûtée. 

 Éléments protégés MH: la chambre du duc de Vivonne avec l'alcôve peinte; l'antichambre qui la précède; la pièce du deuxième étage ornée de peintures murales: classement par arrêté du 26 juillet 1988. Le château en totalité: inscription par arrêté du 26 juillet 1988. 

 château de Serre 16500 Abzac

   

Château de Saveilles

Ce qui est tout à fait remarquable au point de vue historique, c'est que de 1307 à nos jours, Saveilles s'est transmis par héritage familial. Les Barrière puis les Montalembert en sont les plus anciens seigneurs. Au milieu du XVe siècle, les La Rochefaton font construire l'édifice actuel, moyennant 9000 écus d'or, versés à Leur suzerain de Ruffec, "pour le droit de bastir et edifier un chasteau fort avec toutes les choses attribuées". Par la suite les Touchimbert, importante famille protestante, font de Saveilles une véritable place calviniste, avec temple et ministre huguenot. Particulièrement persécutés, les Touchimbert sont délégués en 1685 auprès du roi pour présenter les doléances des huguenots. Mais la Bastille était au bout du voyage... Leur succédèrent les Bourdeilles, puis les Disnematin de Salles, les Ligondés et les Mas Latrie, actuels possesseurs de cette demeure chargée d'histoire. Ce château l'un des plus vastes et les plus remarquables du Ruffecois, est disposé sur un quadrilatère entouré de douves humides. Un pont à une arche a remplacé en 1805 l'ancien pont-levis qui donnait sur la façade sud. Au nord le pont-tournant fit place à un pont de pierres en 1808. Le corps de logis a deux ailes en retour d'équerre, et est défendu par deux tours rondes à trois niveaux à ses deux extrémités, et par une échauguette en encorbellement sur un contrefort au sud-est. Au nord-est se trouve la tour dite des Prisons, et au sud-ouest la grosse tour. Les toitures des ailes se terminent par des pignons à crochets. Les décorations très intéressantes atténuent l'élégante austérité de l'ensemble, en particulier sur l'aile est. Saveilles est tout à fait remarquable pour ses sculptures, spécialement les quatre belles lucarnes ornées de sujets mythologiques et des deux petites fenêtres jumelles à meneaux, situées à gauche du pont de l'entrée, mais aussi de la souche de cheminée et de la statuette d'Hercule enfant, du pignon nord. La partie située à droite du pont, remonte au siècle dernier. Le château était alors dans un état de délabrement important comme en témoigne cette lettre de Joséphine de Bourdeilles écrite au château de Saveilles le 1er septembre 1829: "Nous sommes si mal logé, une partie du château menace ruine". 

 L'ancien pigeonnier situé en face de la tour ouest a disparu. A l'endroit où se trouve de nos jours le porche d'entrée existait une tour carrée où l'on rendait la justice, flanquée de deux tourelles. Le système défensif était complété au sud par une enceinte cantonnée de petites tours rondes ajourées de meurtrières-canonières existantes encore de nos jours. Du côté nord, une muraille devait présenter les mêmes dispositions. Au XIXe siècle d'importantes modifications altérèrent l'ordonnance de Saveilles. Les toitures des tours en tuiles plates ont été remplacées par des ardoises accentuant l'austérité de l'ensemble sans l'enrichir. Dans la cour intérieure, la tour polygonale d'escalier qui s'inscrivait en hors-d'œuvre à l'intersection des deux ailes fut supprimée. De même à son niveau les toitures furent arasées et l'on établit au rez-de-chaussée une galerie qui apporta les commodités nécessaires aux besoins de l'époque mais altéra cette partie de la demeure. La moitié de l'aile sud fut reconstruite, l'on construisit l'échauguette sur l'ancien contrefort et la chapelle à l'ouest du château dans laquelle furent intégrées d'anciennes sculptures de l'édifice. 

 Éléments protégés MH: les parties bâties en totalité (logis, dépendances, chapelle, douves, ponts et murs de clôture) et les parties non bâties (sol du parc et du jardin : inscription par arrêté du 8 novembre 2005. 

 château de Saveilles 16240 Paizay-Naudouin-Embourie 

Téléphone : 06 08 17 36 15 / 09 54 50 51 86 

Château Saint-Martial

Le domaine se compose d’un logis, construction massive de plan centré en H, de style néo Renaissance. La façade principale est encadrée par deux avant-corps polygonaux traités comme des tours et la façade arrière est ornée d’un péristyle central. Le décor est particulièrement soigné sur les lucarnes et les façades se distinguent par l’insertion originale de panneaux en céramique. L’intérieur abrite de grandes pièces d’apparat ainsi qu’un escalier monumental suspendu en pierre, à rampe en fer forgé. L’aménagement est également digne d’intérêt : cheminées richement sculptées, boiseries et stucs dorés de grande qualité. 

 Éléments protégés MH: les parties suivantes du château : logis en totalité, façades et toitures des communs, salle de billard située dans un bâtiment de commun, parc avec son sol, ses clôtures, ses portails et ses éléments décoratifs (passerelles, fontaine et statues), à l'exclusion de la piscine et de sa clôture moderne : inscription par arrêté du 10 juillet 2014. 

 château Saint-Martial 16200 Jarnac 

Téléphone : 06 03 51 52 31 / 06 64 67 74 54

 

Château de Saint Germain-de-Confolens

Selon la légende, un château, appelé château de Savenne, aurait été construit durant le Haut-Moyen-Age à l'emplacement du château actuel. Ce château primitif aurait été détruit par les Sarrasins en 732. Le château actuel présente plusieurs phases de construction. Des vestiges d'une motte castrale ont été mis en évidence par D. Brunie et J.-C. Colin lors de l'étude archéologique du château. Un donjon roman, ainsi que des vestiges d'éléments défensifs situés au nord datent probablement du XIIe siècle. L'archère présente sur ce mur au nord daterait plus vraisemblablement du XIIIe siècle. La tour du puits a été construite au XIIIe siècle, intégrée dans une enceinte qui englobait la chapelle castrale, l'actuelle église Saint-Vincent. A la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, le château tel que nous le connaissons aujourd'hui a été construit, avec trois tours supplémentaires, un logis et des courtines. La tour de la cuisine, au sud-est, semble légèrement postérieure aux deux tours occidentales. Le châtelet d'entrée, muni d'un pont-levis, semble avoir été ajouté à la courtine nord postérieurement, à la fin du XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle, peut-être suite à des destructions intervenues pendant les Guerres de Religion. Dès le XIe siècle, Saint-Germain est l'une des sept baronnies de la Basse-Marche. Les seigneurs de Saint-Germain sont puissants dès le XIe siècle car ils sont en relation avec les moines de Saint-Cyprien de Poitiers. Le cartulaire mentionne en effet les premiers seigneurs de Saint-Germain, Hélie en 1073 et Conis en 1087. Les seigneurs de Saint-Germain sont également cités par un acte de l'évêque de Poitiers. Guillaume de Mortemart est seigneur de Saint-Germain dans la seconde moitié du XIIe siècle. En 1205, sa fille Alix se marie avec Aimery VII de Rochechouart apportant en dot Saint-Germain. Saint-Germain passe ensuite à la famille d'Archiac, par le mariage de Marguerite de Rochechouart avec Aymar II d'Archiac. 

 A la fin du XIVe siècle, Saint-Germain revient aux Rochechouart à la suite du mariage entre Aymery VII, comte de Rochechouart, et Jeanne d'Archiac, qui l'apporte en dot. Aymery VII participe aux combats pour chasser les Anglais du Poitou et de la Guyenne. Saint-Germain passe ensuite à la famille de Brisay par le mariage de Gilles de Brisay et de Marguerite de Rochechouart en 1394. A la suite de problèmes financiers, Jacques de Brisay vend la baronnie de Saint-Germain en 1498 à Gauthier de Péruse-Descarts. Lors des guerres de Religion, Saint-Germain et son château ont été pris à deux reprises, tout d'abord en avril 1570 par une bande de protestants chassés ensuite par Jean Descarts, puis par un chef ligueur, vaincu ensuite par le duc d'Epernon. Au moins jusqu'au XVIe siècle, la châtellenie de Saint-Germain comprenait les paroisses de Saint-Germain, Lessac, Alloue, Benest et Pleuville en partie, Oradour-Fanais, Abzac, Brillac, Esse en partie, Lesterps en partie, toute la châtellenie de Mortemart qui s'étendait sur une douzaine de paroisses, dont Montrollet et Saint-Christophe. Au cours du XVIIe siècle, la baronnie est passée successivement aux familles Stuart de Caussade, Rochechouart et enfin Sennecterre, qui conservent le château jusqu'à la Révolution. Le château est alors vendu comme bien national à Michel Saulnier, qui le vend ensuite au maire de Lessac, Jean-Sylvain Prévost-Dumarais, propriétaire du château de Boisbuchet. Le château sert alors de carrière et se transforme très vite en ruine. Le château devient ensuite la propriété du curé de Saint-Germain. En 1937, le curé Laffay le vend à l'évêché. Il devient propriété du Syndicat d'Initiative en 1967. Les restaurations du château, menées par l'association des Amis du château de Saint-Germain, ont débuté en 1974. D'importants travaux ont été engagés par la Communauté de Communes du Confolentais, propriétaire actuel, dans les années 1990. Les tours ont été restaurées en 1994-1995. Les maçonneries hautes ont été reprises en 1995. Les quatre fenêtres à meneaux de la petite tour et de la grosse tour ont été restituées en 1996. Les travaux d'assainissement et d'étanchéité des salles basses du château ont été terminés en 1998. Les meurtrières et les cheminées ont été restaurées entre 1996 et 1998. 

 Le château de Saint-Germain est situé sur un éperon rocheux au confluent de la Vienne et de l'Issoire, dominant le bourg de Saint-Germain. Il forme aujourd'hui une enceinte quadrangulaire cantonnée par quatre tours. L'accès à la cour intérieure se fait par une rampe à l'emplacement du châtelet d'entrée disparu. Les soubassements de deux demi-tours sont encore visibles de chaque côté de la rampe. Cette structure modeste ne semble pas avoir eu de réelle fonction défensive. A l'ouest de la rampe d'accès, la courtine présente un pan de mur en gros appareil de granite, vestige d'un élément défensif du XIIe siècle, dont la fonction exacte est inconnue. Une archère est percée dans ce pan de mur. Cette élévation présente une porte d'accès aux caves du logis. La petite tour, au nord-ouest, est circulaire à l'extérieur, carrée à l'intérieur. Elle était composée de quatre niveaux. Le niveau le plus bas, voûté par un coffrage comme dans la grosse tour, est percé de canonnières avec ébrasement à l'extérieur. Les deux niveaux supérieurs contiennent une pièce carrée d'environ six mètres de côté. Ils possèdent chacun une cheminée, dont il ne reste que le conduit, sur le mur nord, et une fenêtre à meneaux à encadrement mouluré en pierre de Pressac sur le mur ouest. Les planchers reposaient sur d'énormes poutres. Ces deux niveaux sont accostés d'un boudoir au sud. Ces boudoirs, aménagés dans l'épaisseur des murs, sont des petites pièces voûtées par des croisées d'ogives reposant sur des culots sculptés décorés de visages humains. Les ogives et les culots sont sculptés dans la pierre de Pressac, alors que les voûtes sont en briques. Le troisième niveau ne possède pas de boudoir. Les vestiges de la courtine ouest relient la petite tour et la grosse tour située au sud-ouest. Sur l'élévation orientale, le logis est flanqué de deux cages d'escalier en vis, l'une contre la courtine nord, l'autre contre la courtine sud. Le logis s'élevait sur trois niveaux. Un premier niveau contient les caves. Elles sont divisées en deux salles, voûtées en berceau. La position de la toiture du logis, qui était en tuiles plates, est visible contre la petite tour. 

 Les vestiges du donjon roman sont visibles dans la partie sud du logis. La construction du logis à la fin du XVe siècle a été réalisée en laissant en place une grande partie de la maçonnerie romane. Le donjon est construit en gros appareil de granite. De plan carré, il mesurait 10 mètres de côté. L'épaisseur des murs atteignant deux mètres, l'espace intérieur avoisinait 6 mètres de côté. Le donjon était soutenu par des contreforts toujours visibles. Ces contreforts étaient au nombre de 6, deux situés près des angles sur les faces sud et ouest, un seul en position médiane sur les faces nord et est. Grâce à l'appareillage en granite, on distingue encore la position de la voûte en berceau qui couvrait le premier niveau du donjon sur le mur intérieur sud. Ce premier niveau mesurait 6,60 mètres de hauteur. Au-dessus de la voûte, sur le même mur, une ouverture rectangulaire romane est murée. Le donjon s'élevait sur trois niveaux. La grosse tour, au sud-ouest, possède une structure proche de la petite tour. Le niveau bas est percé de canonnières à ébrasement extérieur. Les deux niveaux supérieurs comprennent une pièce carrée d'environ 7 mètres de côté, munie d'une cheminée sur le mur sud et éclairée par une fenêtre à meneaux sur le mur ouest. Cette tour possédait autrefois un quatrième niveau, dont il ne reste que des vestiges des murs intérieurs formant un plan carré. Comme la petite tour, des boudoirs sont aménagés dans l'épaisseur du mur, au nord. Trois petites pièces rectangulaires superposées, voûtées en berceau, sont aménagées à l'est de la tour, dans l'épaisseur du mur. Ces pièces communiquaient avec les pièces carrées de la tour, mais également entre elles par une ouverture dans la voûte. Une courtine au sud relie la grosse tour et la tour de la cuisine. Elle est percée de deux canonnières. Les courtines sud et ouest présentent, de part et d'autre de la grosse tour, des vestiges du donjon et de ses contreforts. Des soubassements de murs, au nord-est et au nord-ouest du château, pourraient être les vestiges d'une enceinte qui jadis englobait la chapelle castrale, l'actuelle église Saint-Vincent. 

 Éléments protégés MH: les vestiges du château en totalité : inscription par arrêté du 14 mai 1925. 

 château de Saint Germain 16500 Saint-Germain-de-Confolens

   

Château de Saint Brice

Aux XIVe et XVe siècles, un château existait dont il reste quelques murailles d'enceinte, une tour à mâchicoulis au nord-ouest de l'actuel château. Jehan de Lousme, premier seigneur de Saint-Brice connu (1363) et ses descendants en sont les possesseurs. Au XVIe siècle, Jean Poussard du Fors, seigneur de Saint-Brice épouse Catherine Basteuil, Dame de Saint-Trojan (1515). Charles, leur fils aîné, a sans doute fait construire le château que nous voyons aujourd'hui dans la deuxième moitié du XVIe siècle. Daniel, son frère, accueille au château en 1586 les "Conférences de Saint-Brice" qui réunissent Catherine de Médicis et sa cour et Henri de Navarre, héritier du trône de France. Suzanne Poussard, dame de Saint-Trojan, soeur des précédents, épouse en 1582, Louis d'Ocoy, chevalier et seigneur des Couvrelles, chambellant du Prince de Condé. Jean Casimir d'Ocoy, leur fils, épouse Jeanne de la Rochefoucauld (à Saint-Frojan). Au XVIIe siècle, François d'Ocoy, fils du précédent, participa au siège de Cognac (1651), pendant la Fronde. Sa fille Jeanne épouse en 1681 Auguste Guitton de Maulevrier. De cette époque dateraient les encadrements des fenêtres qui ont été refaites sous la toiture et certainement beaucoup de travaux de restauration. Au XVIIIe siècle, le château appartient donc aux Maulevrier. Une des descendantes, Anne-Rosalie, épouse en 1775 Jean- Baptiste des Nanots. 

 Un acte daté du 19 avril 1775 contient un inventaire détaillé du château, dépendances et jardins. Le château semble alors en mauvais état: balustrade détruite, le mur de la façade à perdu son aplomb de trois à quatre pouces et a des lézardes, le foyer de la "chambre de Madame" a besoin d'être refait. Par contre, cet inventaire met en évidence les splendeurs passées: il décrit une quinzaine de pièces, "la chambre de porcelaine", des cheminées à l'Antique, des appartements très anciens et un nombre élevé de dépendances: chai à vin, deux treuils (pressoirs), écurie "des vaches", toit à brebis, volière, grenier aux foins, qu'il y avait une entrée donnant sur l'église, ce qui ne se voit pas sur les plans, il s'agissait sans doute d'un porche traversant un bâtiment comme à Gardépée ou à Chesnel. En 1792, le château est acheté par Michel-Marie Desprez Delaunay dont la fille épouse le Général Guillaume-Joseph de Brémond d'Ars. Leurs descendants occupent le château jusqu'en 1894. Il a ensuite appartenu au Baron René Otard de la Grange, puis à la famille Hennessy depuis 1906. 

 Le château est situé dans le village de Saint-Brice entre l'église et la Charente. Il est encore entouré de vieilles murailles comprenant une grosse tour à moitié découronnée de ses mâchicoulis au nord-ouest et une base de tour à l'ouest. L'imposante et sobre bâtisse date de la fin du XVIe siècle, construite sur terrasse à balustrade avec deux tourelles d'angle coiffées d'un toit d'ardoise en poivrière aux extrémités de la façade. Au rez-de-chaussée, sur la façade, une série de sept grandes fenêtres et porte-fenêtres arrivent sur la terrasse au sud, avec vue sur la Charente. Au premier étage, sept fenêtres dont cinq à meneaux, sont soulignées d'un encadrement à fine moulure. Le grand toit d'ardoise à quatre pans abritant de grands combles est percé de cinq fenêtres (en arc segmentaire) pouvant dater de la fin du XVIIe siècle ou début XVIIIe siècle. Le côté nord du château donnant sur une cour intérieure a été remanié. Les plans de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle montrent des démolitions et reconstructions des bâtiments qui fermaient cette cour. De nos jours, les portes nord et ouest ont disparu, il n'en reste qu'un mur au nord et la tour d'angle nord-ouest. 

 Dans un procès-verbal du 28 mai 1685 "un grand portail et portillon" sont cités et un siècle plus tard dans un inventaire de 1775, on parle encore d'un portail donnant sur l'église. Où pouvait-il se trouver? Actuellement, des éléments de portail, ressemblant à celui de Gardépée sont scellés dans un mur qui surmonte la façade d'un bâtiment bordant la cour côté Est. On les aperçoit depuis la place de l'église: une rangée de trois mâchicoulis remontés à l'envers, côté défensif tourné vers l'intérieur de la cour, un reste de crénelage décoratif, une petite tour en encorbellement et une gargouille zoomorphe. Nous ne pouvons connaître l'intérieur du château actuel, qui ne se visite pas, qu'à travers la description qu'en fait l'Abbé Michon en 1844: des fresques à l'italienne et des peintures décorent les appartements qui furent selon la tradition occupés par Catherine de Médicis. Dans le parc, une allée d'érables en berceau; un labyrinthe de buis "vieux de trois siècles" dit-on, et que nous retrouvons cité dans l'inventaire du câteau de 1775: "de là, sommes allés dans le bosquet... nous avons observé qu'il est planté en buis... percé de plusieurs allées dans lesquelles il y a quelques sièges de pierre". Le groupe de bronze du XIXe siècle représentant un cerf aux abois se reflète dans une pièce d'eau entre le château et la Charente. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures, les vestiges de l'ancien château ; la partie ordonnancée du parc (y compris le labyrinthe) : inscription par arrêté du 25 janvier 1971. 

 château de Saint Brice 16100 Saint-Brice

   

Château de Roissac

Le site de Roissac est occupé depuis le XIIe siècle. Le château appartient alors à Hélie de Castelrioux. Il passe successivement à Hélie Bouchard dans le milieu du XIVe siècle puis aux La Rochefoucauld. En 1446, le mariage de Philippie de La Rochefoucauld avec Jean de Mortemer apporte Roissac à cette dernière famille. La famille Mortemer le possède ainsi jusqu'en 1560, date de la mort de François II de Mortemer. Il revient alors dans les mains de la famille de La Rochefoucauld pour y rester jusqu'en 1675. Lydie de La Rochefoucauld, par son mariage, l'apporte à Pons de Pons. En 1705, le château se trouve aux mains des Saint-Gelais, puis passe aux Genouillac et aux Crevant. En 1754, le nouveau marquis de Roissac, Joseph de Beauchamp, prend possession de sa terre et fait reconstruire le château dans le goût de l'époque. Epargné au moment de la Révolution, le château de Roissac est vendu comme Bien national en 1804, et acquis par la famille Longuet. Le château actuel a été reconstruit sur l'emplacement d'un château Renaissance, lui-même élevé sur les restes d'une construction médiévale. 

 Du Moyen-Age, il ne reste rien d'apparent. Quelques ouvertures de la construction Renaissance ont été réutilisées dans l'édifice du XVIIIe siècle. Ces fenêtres sont caractérisées par leurs chambranles et appuis saillants moulurés. Le corps de logis, grand bâtiment de plan rectangulaire, comprend un rez-de-chaussée, un étage et un étage à surcroît. Celui-ci est éclairé par des lucarnes disposées dans le brisis en ardoise du toit à la Mansard. Côté cour, deux portes donnent accès au rez-de-chaussée. L'arc surbaissé mouluré, supporte un entablement droit également mouluré. Une ouverture près de la porte de gauche, donne accès à une cave. Pour fermer la cour s'élevaient des bâtiments de servitude aujourd'hui presque totalement ruinés. Au milieu des restes proches de l'actuel corps de bâtiment, une fenêtre à bords chanfreinés et une porte à arêtes adoucies rappellent le logis du XVIe siècle. Malgré toutes ces turpitudes, le château garde son aspect majestueux. 

 Éléments protégés MH: le château de Roissac en totalité : inscription par arrêté du 13 avril 1989. 

 château de Roissac 16130 Angeac-Champagne

   

Château de la Rochette

Sur la place communale dégagée, mise en pelouse, faisant face à l'église, se dresse un logis Renaissance construit vers 1580 dans l'enceinte d'un important château médiéval dont les dépendances, encore habitées en 1925, furent démolies en 1946; ces données expliquent l'appellation "château" aujourd'hui encore utilisée, héritée de l'édifice primitif. Le logis rescapé, édifié à la fin du XVIe siècle, a subi en quatre siècles de nombreux remaniements: d'importants travaux de maçonnerie furent orchestrés en 1617, de grande baies ont été percées au XVIIIe siècle, les poivrières ont disparu à une date non déterminée (avant 1920). En 1946, après acquisition la commune fit de nombreuses réparations, en 1955, une salle vitrée a été créée au deuxième étage, ainsi qu'un escalier de secours en béton armé. Il résulte de ces diverses perturbations un monument 1992, ayant un caractère outré, enlaidi par de nombreuses verrues inesthétiques alors que beaucoup d'éléments architecturaux sont dignes d'intérêt. L'édifice est de plan carré, cantonné de quatre tourelles d'angles en encorbellement sur culots moulurés. Une tour ronde a été adjointe; elle abrite un escalier à vis, installé pour des raisons de sécurité. Construit en pierre de taille, il est sommé d'une toiture constituée de tuiles mécaniques; les tourelles ébrasées sont couvertes de tuile canal; l'inesthétique salle vitrée au nord est recouverte de tôle ondulée. 

 On distingue trois niveaux intérieurs: au rez-de-chaussée, une cuisine voûtée d'un berceau est dotée de la seule cheminée conservée; à gauche et à droite sont visibles des caves; un niveau entresolé au droit d'un escalier rampe-sur-rampe à mur noyau avec ses voûtes à nervures, ses supports et une belle porte qui donnait autrefois accès à une chapelle. Le lieu saint est devenu remise mais conserve néanmoins une niche, surmontée d'un fronton triangulaire, appuyée de pilastres cannelés; l'étage est divisé en trois salles aménagées en théâtre, dancing, bar; le dernier niveau, arasé, est surmonté d'une verrière déjà décrite, qui domine le bâtiment. Extérieurement, sont remarquables les culots des tourelles moulurés; ceux de la tourelle nord-est présentent des feuillages repliés et des oves. Quelques pierres à bossage troué sont la marque du raffinement passé. Les encadrements de baies sont très soignés, ainsi la porte sud compte un plein cintre cantonné de pilastres. Les ouvertures ont des chambranles à crossettes et des appuis moulurés. Verticales, simples ou doubles, leur disposition dans l'espace est désordonnée. Les échauguettes d'angles Renaissance, traduisent le souci défensif hérité de l'époque des guerres de religion juste refermée; le plan du logis, d'inspiration toujours militaire, est empreint d'esprit médiéval. 

 La Rochette était le siège d'un fief ayant initialement appartenu à une famille Rousseau ou Rousselet de La Rochette; il devint la propriété des Tizon d'Argence qui possédaient le premier château XIV-XVe siècle, le lieu étant intitulé "Les mathes". On peut supposer que l'édification du logis a fait suite au mariage d'Anne Tizon, fille et héritière de Roch Tizon, avec Jehan Frotier pour donner la lignée localement célèbre des Frotier-Tizon. Le fief passa ensuite à la famille de Paris. Ainsi Alexandre de Paris, seigneur de La Rochette en 1669, en vue de préserver ses droits de pêche sur la Tardoire, adresse une supplique au Maître particulier des Eaux et forêts d'Angoumois pour punir les particuliers qui pêchaient dans ce fief "avecq tramails et paniers et autres engins deffendus". Les de La Garelli, un temps propriétaires, cédèrent aux Guytard de Riberolle et aux de Causans jusqu'en 1946. Le château, qui aurait accueilli la suite de l'Infante Marie-Thérèse, qui se rendait en France pour épouser Louis XIV, d'abord hébergée à La Rochefoucauld, est promis à une réhabilitation avec création d'une salle (dite polyvalente en français fin XXe siècle) par la commune propriétaire. Jadis à La Rochette d'étranges rumeurs circulaient: le loup-garou tout de blanc vêtu errait dans la cour du château des demoiselles de la Galerie, tous les minuits… 

 Éléments protégés MH: le château, à l'exception des toitures, de la verrière et de l'escalier extérieur : inscription par arrêté du 3 juillet 1992. 

 château de la Rochette 16110 La Rochette

   

Château de La Rochefoucauld

L’histoire du château est indissociable de l’histoire de la famille des La Rochefoucauld qui s’inscrit, siècle après siècle, dans la vie politique de son temps. Le château donne une remarquable illustration de l’imbrication du politique et de l’architecture à travers la vie des La Rochefoucauld qui a possédé le château sans discontinuité depuis que "Fucaldus" a posé la première fortification, vers 980. Avec l’histoire de cette famille, l’utilisation de l’architecture à des fins sociales et politiques trouve l’une de ses manifestations les plus spectaculaires. Le donjon seul vestige du XIe siècle, présente un côté ostentatoire. Il s’agit d’une construction de prestige destinée à afficher la puissance de Foucauld face au comte d’Angoulême. Au XIVe siècle, la famille est proche du Roi, cette proximité se traduit dans une architecture impressionnante: châtelet, trois tours d’angle et certainement quatre tours médianes. Au XVe siècle, Jean de La Rochefoucauld est sénéchal du Périgord, cette place politique, Jean la concrétise par une surélévation des tours qui donne un élancement considérable à l’édifice. Le donjon est aussi surélevé afin de dominer l’ensemble et matérialiser la puissance du constructeur. L’un des moments forts de l’histoire de la famille se situe au XVIe siècle quand François Ier, filleul de François de La Rochefoucauld, érige en 1515 la baronnie en Comté. François II de La Rochefoucauld construit, à partir de 1519, avec sa femme Anne de Polignac, la partie la plus spectaculaire du château, les ailes est et sud. La magnificence de l'architecture et du décor place La Rochefoucauld parmi les grandes réalisations de la Renaissance française et témoigne là encore du rang exceptionnel que tient François II à la Cour. La dernière construction, celle de l’aile occidentale, se situe au XVIIIe siècle et fait suite à un incendie. Elle illustre et ce pour la dernière fois dans l’histoire du château, la puissance de cette famille. Le pont, situé au pied du château, semble antérieur à ce dernier mais pourrait avoir été réédifié à l'époque de la construction du château. Le pont est muni, de chaque côté, de deux avant-becs refuges. 

 Éléments protégés MH: les façades et toitures de la poterne ; la vasque en marbre blanc; le jardin clos; l'ensemble du parc: classement par arrêté du 23 septembre 1955. 

 château de La Rochefoucauld 16110 La Rochefoucauld 

Téléphone : 05 45 63 52 71

 

Château de Rochebrune

L'historique du château de Rochebrune se confond avec l'histoire de la Principauté et ses seigneurs de Chabanais. Il en fut leur résidence habituelle, car le château de Chabanais semble avoir été délaissé de bonne heure. Au XIVe siècle, la famille des Thouars venant d'Anjou y séjournait. Catherine de Thouars épousa Jean de Vendôme. La dernière Vendôme, Louise, épousa en 1519 Jean de Ferrières Joachim de Montluc acheta le Principauté à Jean de la Fin avant le 6 avril 1562, date de la séparation des terres de Chabanais et Confolens. Étant sans enfant, il légua cette terre à son frère le maréchal Blaise de Montluc, par testament du 5 janvier 1567 dont les armoiries sont visibles au-dessus des deux portes de la cour d'honneur. Le maréchal donna les terres de Chabanais et de Rochebrune à son petit-fils Adrien de Montluc, fils de Fabien (le quatrième fils du maréchal) qui mourut en 1626 laissant une fille Jeanne de Montluc, comtesse de Carmain, Princesse de Chabanais, dame de Montesquiou et de Saint-Félix. Elle épousa Charles d'Escoubleau, marquis de Sourdis et d'Alluye. Malgré de nombreux aménagements, les Montluc vendirent le château de Rochebrune le 2 juilet 1597 à un sieur de La Boixière, écuyer, fils et héritier de Jean de la Boixière, écuyer, seigneur des Planches. Cette seigneurie vint aux Regnauld de la Sourdière par le mariage en 1694 de François Regnauld, marquis de la Soudière avec Françoise de Chauveron. 

 Le 8 juillet 1763, son fils François de la Sourdière vendit la seigneurie de Rochebrune (devant Fournier, notaire à Limoges) à Jean Etienne Rouillac, écuyer, seigneur de Trasechaussade, Au XVIIIe siècle, Rochebrune appartient aux Malleret. Aux élections des États Généraux à La Sénéchaussée de Limoges, un certain Charles de Rouillac, chevalier, est qualifié de Seigneur de Chatelard, Rochebrune et vicomte de Saujon. Après la Révolution, M. Plument de Bailhac en fut propriétaire. En 1805, il vendit ce vieux château au Comte Dupont. Ce lieutenant-général qui combattit à Valmy, nommé général de brigade en1793, se distingua sous l'Empire à Marengo, à Pozzolo, etc. mais subit aussi une célèbre défaite à Baylen en Espagne en 1808. Louis XVIII le nomma ministre de la guerre. Ensuite, il fut élu député de la Charente jusqu'en 1830 où il siégea au centre gauche. Le château passa alors entre les mains de ses descendants jusqu'au comte Arthur Dupont puis par héritage en 1920 au comte Romuald de Richemont. Son fils Jean de Richemont, avocat célèbre fit une carrière militaire prestigieuse pendant la guerre 39-45. Pendant l'occupation, il participa activement à la Résistance dans le maquis Foch et Rochebrune cachera des requis du S.T.O. De nos jours il appartient toujours à cette famille. 

 Ce magnifique château est disposé en quadrilatère entouré de douves humides. Le bâtiment est formé de trois corps de logis en U, à deux étages dont un en surcroît dans les combles. Il est cantonné de quatre tours circulaires coiffées en poivrière. Toutes les couvertures sont en ardoise. Un pont de pierre a remplacé l'ancien pont-levis. De même la courtine qui donnait accès à ce dernier, a été détruite, dégageant la cour d'honneur. On peut dater les quatre tours d'angle de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. Les ailes ont été reprises à plusieurs époques. Jusqu'à sa mort en 1626, Adrien de Montiuc réalisa d'importants travaux. Sa fille, épouse de Charles, fit faire l'escalier en granit et les cheminées de la salle à manger. L'entrée se fait par un portail plein cintre et deux petites portes. Au plafond, sur les poutres de la galerie centrale, on retrouve les lettres enlacées "M-S" Montluc-Sourdis. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château de Rochebrune et des communs; les douves : inscription par arrêté du 24 juin 1959. 

 château de Rochebrune 16150 Étagnac 

Téléphone : 05 45 65 26 69

   

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique


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