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Château du Bousquet

Plusieurs membres de la famille d'Arcambal sont mentionnés au nombre des consuls de Cahors entre 1230 et 1307. La maison du Bousquet, qui a donné son nom à la borie, est connue depuis Jean du Bousquet, anobli en 1341, frère du cardinal Bernard du Bousquet, archevêque de Naples. En 1504, Pierre du Bousquet est qualifié de seigneur d'Arcambal et du Chantre. Catherine du Bousquet épouse en 1528 Antoine des Lacs (ou Deslax), dont la famille conserve seigneurie jusqu'en 1787, où le marquis Deslax d'Arcambal, ruiné, doit vendre tous ses biens ; le domaine est revendu en 1804, puis à nouveau en 1816. Jean du Bousquet pourrait être le constructeur de l'édifice primitif dont les vestiges pourraient dater du XIIIe ou du XIVe siècle. Une part importante de l'édifice résulte cependant d'une reconstruction de l'extrême fin du XVe siècle comme en témoigne l'utilisation des motifs de roses et de bâtons écotés, dans son ornementation architecturale, et des voûtes à nervures déviées. La clef d'une des croisées d'ogives est ornée d'un écu armorié. Les ailes occidentales, flanquées de tours rondes percées d'étroites fentes de tir, sont à attribuer au XVIIe siècle. Ces dispositifs défensifs sont à rapprocher de ceux du château de Labastide-Marnhac.

L'actuel château d'Arcambal assemble des logis dissymétriques des XVe, XVIIe et XVIIIe siècles autour d'une importante tour circulaire faisant office de tour maîtresse. Cette tour, de 8,30 m de diamètre est aujourd'hui totalement recouverte d'un crépi extérieur qui ne laisse apercevoir que quelques plages de maçonneries, en blocage de moellons bruts. Les salles carrées qu'elle abrite, dont la plus basse est couverte en berceau, de même que la modénature de ses ouvertures, évoquent un ouvrage relativement tardif, attribuable au plus tôt à la fin du XVe siècle. Son troisième étage résulte par ailleurs d'une surélévation visible, réalisée semble-t-il après le milieu du XVIIe siècle. Cette tour occupe néanmoins une position singulière au sein de l'édifice, nettement dissociée de la vis d'escalier inscrite dans l'oeuvre du logis constituant l'aile nord-est. Ce logis qui se soude à la tour ronde par un angle amplement arrondi a été en grande partie réédifié à la fin du XVe siècle. Il conserve cependant dans ses soubassements les traces d'un édifice antérieur, partiellement réalisé en briques, et remontant apparemment au XIIIe ou au XIVe siècle. Un jour condamné, inscrit dans une niche cintrée couverte en pierre pourrait appartenir à cet édifice primitif. Un vestibule voûté d'ogives le traverse au rez-de-chaussée et fait communiquer la vis d'escalier avec les terrasses ouvertes sur le Lot. Les deux ailes ouest et nord-ouest, flanquées par trois tours circulaires s'accolent à la tour ronde qui leur est antérieure. Elles sont édifiées en blocage de moellons bruts avec des percements à encadrements de briques. L'ensemble est cerné par des terrasses et des murs d'enceintes modernes. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; l'escalier de pierre ; la salle voûtée au premier étage : inscription par arrêté du 2 mars 1979. 

 château du Bousquet 46090 Arcambal

 

Château de Béduer

La masse imposante du château de Béduer domine à la fois le village dont il porte le nom et la campagne alentour. De très loin sa silhouette massive attire le regard, dans ce paysage vallonné de la vallée du Célé. Dès le Xe siècle, le fief est l’apanage de la famille de Barasc. Très ancienne lignée, l’un de ses membres participera à la première croisade, en compagnie de Bertrand, comte de Toulouse. Au XIIIe siècle, survient la cruelle guerre contre les Albigeois. En 1214, Déodat Barasc offre ses services à Simon de Montfort et va l’aider dans sa sanglante entreprise à travers les terres du Quercy. À ce moment-là, les Barasc sont très puissants et ne possèdent pas moins de onze châteaux répartis dans l’est de la province. En 1298, Arnal Barasc de Béduer est qualifié de baron dans une lettre adressée par Philippe le Bel à Pierre de Mornay. On le charge de céder la plus grande partie du Quercy aux agents du roi d’Angleterre. Pendant la guerre de Cent Ans, le château résistera vaillamment aux attaques anglaises. Mais pendant les guerres de Religion, il sera occupé par les troupes protestantes. En 1555, meurt le dernier seigneur de Barasc. Après une série de conflits, la forteresse échoue, en 1598, à Jean de Narbonnès. Quelques années plus tard, sa veuve convolera à nouveau, avec un marquis de Lostanges, faisant ainsi entrer cette nouvelle famille dans les murs. Elle y restera plus de deux siècles. Pendant la Révolution, Henri de Lostanges sera le dernier gouverneur et sénéchal du Quercy. Homme affable, sa popularité évitera au château de subir d'importants dégâts. Seule la haute tour médiévale, symbole à des kilomètres à la ronde d’un système féodal honni, est alors abaissée d’une vingtaine de mètres. En 1874, les Lostanges vendent la demeure aux sœurs de la Sainte-Famille qui, très rapidement, la cèdent aux Colrat de Montrozier. Le gendre de ces derniers, Maurice Fenaille, ne va pas tarder à se faire connaître dans la province en sauvant de la ruine définitive le merveilleux château de Montal. En 1939, Béduer est acquis par une jeune femme, l'écrivain Jean Voilier, amie de Paul Valéry qui fera de longs séjours en ses murs. Depuis 1985, le nouveau maître des lieux a ouvert les portes de la vieille demeure aux artistes et aux savants désireux de se rencontrer, ainsi qu’aux vacanciers souhaitant séjourner entre ses murs marqués du sceau de l’Histoire.

Un parc magnifique ombragé de tilleuls, un jardin de roses et un verger déploient leur beauté sereine devant la façade principale. Du château médiéval ne subsiste que le plan général. En effet, la demeure subit une importante restauration au XVIIe siècle. La tour arasée du XIIIe siècle est le vestige le plus important de l’ancienne construction. Dépourvue de contreforts, elle comporte trois niveaux: un rez-de-chaussée voûté, à l’origine aveugle, surmonté de deux salles. L'une comporte des meurtrières, l’autre une fenêtre ternée percée sous un arc de décharge. Les corps de logis sont tous éclairés par des ouvertures modernes. L'ensemble de l’édifice porte la marque du XVIIe siècle: les balustres de la terrasse, l’escalier intérieur, le portail à bossage finement ciselé qui permet l’accès à la cour intérieure. On devine encore au-dessus les traces de l’ancien pont-levis. Des armoiries sont sculptées à la partie supérieure de la porte. À l’intérieur, il subsiste certains éléments plus anciens, comme la cheminée des cuisines, datant du XIIe siècle. La grande salle où se sont réunis trois fois les états généraux du Quercy au XIVe siècle, recèle une belle cheminée dont les piétements sont du XVe siècle. Les blasons de Dieudonné de Barasc et de sa femme Antonia de Gimel, du fils de Dieudonné et de Claude de Balzac, son épouse, y sont gravés "Aux 1 et 4 à la vache passante colletée et clarinnée d'azur", qui est de Barasc, "aux 2 et 3 d'azur, à quatre cotices d’argent en barre et une cotice de gueules en bande, brochant sur le tout", qui est de Gimel, "d'azur à trois flanchis d'argent, au chef d'or chargé de trois flanchis d’azur", qui est de Balzac. Cette salle est aussi remarquable par la somptuosité du décor polychrome des poutres de son plafond. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de l'ancien donjon ; le porche d'entrée à bossage : inscription par arrêté du 25 juillet 1973. 

 château fort de Béduer 46100 Béduer 

 Téléphone : 05 65 11 40 18

 

Château Balène

Les Balène qui lui ont donné leur nom étaient à l'origine de simples bourgeois de Figeac. En 1304, Gérard Balène exerçait la charge de trésorier du Quercy. Il fut nommé par Philippe le Bel, commissaire royal, ces charges lui valurent l'anoblissement. Construit au XIVe siècle le château de Balène était devenu au XVIe siècle le palais de justice de Figeac. L'hôtel de Balène, auquel la tradition a donné le vocable de château, fut bâti au XIVe siècle par un seigneur de Thémines qui le céda à la puissante et riche famille de Balène. Celle-ci le perdit au profit du roi d'angleterre, pour une querelle entre les deux frères Balène. La moitié de l'édifice est utilisé comme temple de 1576 à 1622. Transformé en salle des fêtes vers 1900, l'édifice est en travaux jusqu'en 1942. L'architecte figeacois Paul Bories y réalise la façade sud fermant la cour, la couverture de la cour par une terrasse en béton armé et la surélévation d'un étage du bâtiment nord pour l'installation d'un théâtre. Une salle des fêtes est aménagée à partir de 1979, nécessitant la création de deux baies "médiévales" sur la façade est. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de l'Hôtel de Balène : inscription par arrêté du 8 février 1991. 

 château Balène 46100 Figeac

 

Château d'Autoire

Niché dans la petite vallée étroite bordée de hautes falaises rocheuses, qui porte son nom, le beau village d’Autoire égrène ses belles maisons et ses manoirs nobles autour de sa vieille église Saint-Pierre. Possédant sur son territoire la plus haute cascade du département, Autoire est aussi l’un des lieux le plus anciennement connus du Quercy. Il est cité, dès le IX siècle, dans le cartulaire de Beaulieu, lors d’une donation à l’abbaye. Inclus dans la vaste vicomté de Turenne, Autoire était rattaché à la baronnie de Gramat. Le bourg a été cédé, avec soixante-deux autres lieux de la province, au roi d’Angleterre, en 1286. Ses seigneurs furent, au Moyen Âge, les Banze dont les armes étaient "Palé d’argent et de gueules de douze pièces". Par alliance les Peyrusse vinrent s’attacher aux Banze. Leur ancienne demeure est l’actuelle mairie, dont la façade est classée Monument historique depuis 1942. Le vestige d’une tourelle en encorbellement surmontant une bretèche subsiste sur la façade est du bâtiment. Situé à côté de l’église, cette demeure était fortifiée. La guerre de Cent Ans sévit là comme ailleurs dans le Quercy. Les redoutables compagnies "anglaises", composées, la plupart du temps, de routiers bien français, écumèrent cette région du causse. L’un de leurs capitaines, Bernard de la Salle, installa le quartier-général de sa sinistre troupe dans les restes troglodytes d’un fort situé en face d’Autoire, à même la falaise. Plus tard un autre capitaine de sinistre réputation, Bessonies, ravagea le village, dont l’église. Au XVIIIe siècle, le fief passa des Banze de Peyrusse aux Lavaur. 

L'édifice se trouve à côté de l'église qui constitue le centre du noyau primitif du village. Du château médiéval subsiste une partie de l'aile est, mais c'est surtout le corps principal, à l'ouest, qui conserve le plus de vestiges. Le corps principal ne conserve plus sur l'élévation sur cour qu'un vestige d'arcade. Des arrachements de maçonnerie montrent que l'aile est se prolongeait vers le sud; une porte couverte d'un arc brisé est conservée sur l'élévation est et deux arcades au moins ouvraient l'élévation sur la cour. Sur l'élévation ouest, les ouvertures marquent trois niveaux et permettent d'identifier un volume de tour au nord ; au premier état appartiennent la porte couverte d'un arc brisé et la souche de cheminée polygonale, tandis que les croisées appartiennent à un deuxième état. La partie sud présente une grande arcade brisée en rez-de-chaussée et une porte haute couverte d'un arc brisé mais à claveaux longs ; deux jours chanfreinés apparaissent au rez-de-chaussée et à l'étage ; une tête de mur appareillé et des poutres sciées indiqueraient que le deuxième étage était construit en pan-de-bois. L'actuel pignon sud conserve une porte couverte d'un arc brisé au niveau du rez-de-chaussée. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures donnant sur la vallée et mur de soutènement attenant à la mairie : inscription par arrêté du 2 décembre 1942. 

 château d'Autoire 46400 Autoire

   

Château d'Aujols

La tradition qui veut qu'Aujols ait été le siège d'un établissement templier est contredite par le fait que dès avant le milieu du XIIIe siècle, la seigneurie était en possession des chanoines de Cahors qui l'avaient inféodée à Bertrand de Cardaillac en dépit des droits que revendiquaient les descendants des anciens vicomtes de Cahors. A la fin du XIIe siècle, cependant, les chevaliers de Vayrols qui avaient établis les templiers à Cahors y possédaient des terres. Conforté par les similitudes précises qu'offre le parti architectural de l'église d'Aujols avec celui de la commanderie de Lacapelle-Livron, cet indice accrédite malgré tout la tradition. Il faudrait alors supposer que les chanoines venaient d'acquérir ou de récupérer l'église et la terre lorsqu'ils fondèrent leur prieuré et qu'ils inféodèrent la seigneurie. Une part de cette seigneurie, que les Cardaillac tenaient encore après la guerre de Cent ans, semble d'ailleurs avoir échappé à la suzeraineté du chapitre si l'on en juge par les hommages que les Cardaillac rendirent au roi à plusieurs reprises au cours du XIVe siècle, tant pour Aujols que pour Cieurac et Saint-Cirq-Lapopie. De fait, la proximité qui associe l'église et le logis médiéval désigné aujourd'hui comme le château, distants de moins de dix mètres, pose question. En 1310, cette intimité des deux édifices, sans doute inscrits dans une enceinte commune, était déjà relevée par les textes par le fait qu'elle contraignait les paroissiens à traverser le château pour se rendre aux offices. Ce problème avait conduit les chanoines à passer un accord avec Bertrand de Cardaillac, confirmant ainsi que le logis médiéval voisinant l'église n'était pas un logis prieural mais participait bien alors d'un château seigneurial dont l'église avait vraisemblablement été distraite. La façade qui subsiste peut être datée, d'après la forme des fenêtres, de la seconde moitié du XIIIe siècle, et sa construction devrait donc être attribuée aux Cardaillac. Le château d'Aujols aurait été démoli, en même temps que ceux de Saint-Cirq-Lapopie, Cieurac, Biars et Concots, sur ordre de Louis XI pour punir Raymond de Cardaillac d'avoir pris le parti du duc de Berry.

A quelques mètres de l'église, s'élève une importante construction médiévale développant au nord une ample façade-écran crénelée à laquelle une claire-voie de fenêtres gothiques confère l'allure d'un hôtel urbain. De l'édifice initial, seules subsistent aujourd'hui les élévations nord et ouest. Au début du XIXe siècle (1821), une maison rurale, partagée en deux habitations mitoyennes disposant chacune de son propre perron, s'établit à l'arrière de la façade écran, dans les murs d'un logis antérieur. Ce dernier était déjà considérablement diminué lui-même par rapport à l'emprise originelle de l'édifice médiéval. A en juger par l'arc brisé de sa porte d'entrée, condamnée par les aménagements du XIXe siècle, cette première réduction de l'édifice serait intervenue dès avant le XVIe siècle, peut-être au lendemain de la guerre de Cent ans. Cependant, les traces d'un solin de toiture, encore visibles au revers de la façade écran indiquent qu'un second bâtiment accolé à celui-ci et disposant comme lui d'une toiture à forte pente a existé. Plus que d'une réduction de l'édifice initial, les aménagements du XVe siècle auraient résulté d'un partage, peut-être précoce. Malgré l'ampleur de ces remaniements tardifs, les deux élévations médiévales conservées permettent dans ses grandes lignes de restituer l'édifice médiéval primitif. Organisé sur deux niveaux, il développait une façade de plus de 15 m de longueur pour une profondeur dépassant 16 m. L'importance de son emprise, déduite de ses deux élévations conservées, suppose que des refends le divisaient. Ouverte dans la façade principale au nord, une large porte en arc brisé accostée d'un jour chanfreiné donnait accès à une première salle basse, étroite, munie de trois petites niches murales et d'au moins trois autres jours semblables au premier. Percés dans la même façade que la porte mais à distance, deux autres jours suggèrent par leurs proportions différentes qu'ils éclairaient une seconde division, aujourd'hui disparue et dont ne subsiste aujourd'hui qu'un arrachement de mur. Après un changement d'orientation, la façade nord, elle-même amputée, s'interrompt sur les vestiges d'une seconde porte, indice de la disparition d'une troisième division correspondant peut-être à un ancien passage.

A l'étage, la partition longitudinale du rez-de-chaussée n'était pas reconduite et semble avoir cédé la place à une partition transversale ayant permis à une salle de se développer sur toute la longueur de la façade principale. C'est du moins ce que suggère la série de cinq fenêtres à colonnettes et à coussièges, ornées d'oculus polylobés, qui s'y développe sur un bandeau d'appui continu. Au niveau supérieur, sans doute au-dessus des toitures, se développe le crénelage. Celui-ci résulte d'un changement de parti, intervenu vraisemblablement en cours de construction, comme le suggère la trace de rampant visible dans la maçonnerie de moellons à l'angle ouest de la façade-écran. Les merlons, surmontés d'un chaperon biseauté sans larmier, y surmontent une retraite intérieure correspondant à une ligne de trous d'encastrement. Une galerie de circulation, dont l'accès reste énigmatique, était donc prévue, voire un hourd en surplomb comme le suggèrent les quelques pièces de bois encore engagées dans ces boulins. Il semble toutefois qu'elles résultent d'une mise en place récente. L'église n'a conservé de ses dispositions médiévales qu'une travée romane voûtée en berceau, inscrite dans une tour carrée, précédée par un narthex dont les élévations latérales appartiennent également à la construction originelle. Extérieurement, la tour quadrangulaire, de 7 m de côté pour 12,5 m d'élévation, flanquée d'une tourelle d'escalier, offre l'aspect d'une "turris" militaire, même si ses crénelages fictifs semblent ne résulter que de la fantaisie des restaurateurs du siècle dernier. De fait, le parti général en est très proche de celui que l'on observe à l'ancienne chapelle des templiers de Lacapelle-Livron. Dans les deux édifices, une courte et haute travée romane occupe la partie basse de la "turris", flanquée d'un escalier en vis hors-oeuvre, inscrit dans une tourelle carrée. Les chapiteaux y sont épais et frustes, décorés de têtes d'angles, de palmes en bas-relief ou de feuillages lisses, parfois terminés par des boules. Sur des tailloirs saillants, ils portent sur quatre arcades dissymétriques une voûte en berceau à Aujols et une coupole sur trompe à Lacapelle-Livron, soulignés par d'épais cordons d'imposte en quart de rond. A Aujols, une porte en plein cintre donne accès l'escalier, en vis de saint Gilles. Décalée dans la travée, afin d'éviter la tour d'escalier, une fente de jour inscrite dans une ample archivolte intérieure ouvre sur la face sud. En dépit du vocabulaire précoce des bases, où se manifeste l'influence de l'architecture romane du Quercy septentrional (Cahors, Beaulieu, Bonneviole), les chapiteaux font référence quant à eux au troisième art roman observé notamment dans les ouvrages du début du XIIIe siècle que sont la nef de Figeac ou celle de Saint-Urcisse de Cahors. Pour sa part, l'église de Lacapelle-Livron dont les caractères stylistiques sont semblables n'aurait été édifiée qu'aux alentours de 1225. Les rapprochements formels qui l'associent à Lacapelle-Livron incitent à porter une attention particulière au crénelage néo-médiéval insolite de la tour d'Aujols, lequel, établi à la même hauteur que celui du logis voisin, pourrait procéder d'une restauration plutôt que d'une simple invention. Dans ce cas, précédant l'édification de l'église proprement dite, la tour d'avant-nef, de même qu'à Lacapelle-Livron, aurait primitivement constitué la "turris" du château, supposition qui rejoint ici les témoignages de 1310. 

 Éléments protégés MH : les restes du mur crénelé dit Les Créneaux : inscription par arrêté du 25 juin 1929. 

 château d'Aujols 46090 Aujols

 

Château d'Assier

Assier, qui déploie ses rues paisibles aux confins du causse de Gramat et du Limargue, recèle en ses murs la "plus superbe maison qu’on scaurait voir, du reste la mieux meublée que maison de France, tant de vaisselle d'argent que de tapisseries, et ciels de soye d’or et d’argent", affirme Brantôme qui ne craignait ni les envolées lyriques ni les compliments généreux, et s’y connaissait en demeures princières. Ou plus exactement: Assier abrite ce qu’il en reste. Une aile endommagée et quelques vestiges ruinés dressant leurs silhouettes désemparées d’entre les pierres muettes et résignées. Plus encore à l’abandon et à la délitescence, c’est à la fureur des hommes qu’il faut attribuer le triste état de ce qui fut et ne sera jamais plus: Assier, somptueux château de Galiot de Genouillac, maître d’artillerie de François 1er. Personnage lui aussi ignoré de notre mémoire. Déjà Brantôme, encore lui, évoqua cet oubli: "Je suis fort estonné que noz histoires françoises n’ont plus parlé de M. le Grand escuyer Galiot qu’ilz n’ont fait; car ç’a esté un très bon et sage capitaine en son temps". Double injustice flagrante, celle des pierres et celle des hommes, pour celui qui manifesta sa vie durant le désir intense de laisser au monde la trace insolente de son existence et des exploits qui la jalonnèrent. Jacques Ricard Gourdon de Genouillac, dit "Galiot", comme l’un des chevaliers de la Table Ronde, naît en 1465, fils de Jean-Ricard Gourdon de Genouillac, maître d’hôtel du roi, originaire du Quercy, et de Catherine Del Bosc, son épouse, qui possédait une partie de la seigneurie d’Assier. Après avoir été successivement page, puis écuyer du roi à 27 ans, Galiot devient grand écuyer du dauphin. Il est, en outre, nommé sénéchal du Quercy et d’Armagnac en 1517. Quelques mois avant sa mort, il sera nommé gouverneur du Languedoc, charge traditionnellement réservée aux princes de sang. Il servira trois rois de France et participera à plusieurs campagnes d'Italie. En 1515, il est à Marignan. François 1er écrira alors à sa mère: "Madame, le Sénéchal d’Armagnac, avec son artillerie ose bien dire qu’il a été cause en partie du gain de la bataille, car jamais homme ne s’en servit mieux". En 1525, à la bataille de Pavie, il est fait prisonnier en compagnie du roi qui perdit tout "fors l’honneur et la vie". Dès son retour en France, Galiot de Genouillac mènera différentes missions diplomatiques au service de son pays. Sa nomination par François 1er revenu de captivité à la charge de grand écuyer du roi en fait, après le connétable, le troisième personnage du royaume. 

Comblé d’honneurs et de biens, il suscite la jalousie chez d’aucuns qui essayeront de le discréditer auprès du monarque. Galiot réplique alors au roi: "Bref, c’est vous qui m’avez fait tel que je suis, c’est vous qui m'avez donné les biens que je tiens; vous me les avez donné librement, aussi librement vous les pouvez ôter, et suis prêt à vous les rendre tous. Pour quant à aucun larcin que je vous aie fait, faites-moi trancher la tête si je vous en ai fait aucun". Le roi se défendra d’un quelconque soupçon: "Mon bonhomme, oui, vous dites vrai, aussi ne vous veux-je reprocher et ôter ce que je vous ai donné. Vous me le redonnez, et moi je vous les rends de bon cœur; aimez-moi et me servez bien toujours comme avez fait, et je vous serez toujours un bon roi". C’est sans doute de 1526 à 1535 que le château est construit. Galiot a peu à peu acquis les trois autres parts de la seigneurie d’Assier, héritée de sa mère, seigneurie qui relevait de l’abbé de Figeac. Et il désire posséder en Quercy une demeure digne de son rang et de sa gloire. Pour ce faire, il sollicitera le concours d’artistes italiens, en souvenir de l’architecture admirée lors de ses campagnes de l’autre côté des Alpes où la Renaissance flamboyait de tous ses feux depuis déjà un siècle. Le style et la pureté de certaines sculptures évoquent la patte d’un autre grand artiste de la cour, Jean Goujon, mais jusqu’à maintenant cette hypothèse n’a pu être vérifiée. Le grand maître de l’artillerie séjournera souvent dans les murs d’Assier, Marié en première noces avec une riche héritière, Catherine d’Archiac, tôt ravie à son affection, il épouse ensuite Françoise de La Queuille qui ne tarde pas non plus à le rendre veuf une seconde fois. Leur fils unique, François, trouvera la mort à la bataille de Cérisoles en 1544.

De son premier mariage Galiot avait eu Jeanne qui, à sa mort en 1546,hérite de tous ses biens en Quercy. Veuve de son premier mari, Charles de Crussol d’Uzès, dont elle avait eu huit enfants, celle-ci est alors l’épouse du Rhingrave Jean-Philippe de Salm. Elle s’est convertie à la religion Réformée, et Assier devient, durant toutes les guerres de Religion, le haut lieu de la résistance protestante quercynoise et périgourdine. Ses fils issus de son premier mariage; elle n'aura pas d’enfant du second, suivront sa trace. Le cadet, Galiot de Crussol, chef des bandes huguenotes du Languedoc, sera assassiné en 1572. Une de ses filles épousera Geoffroy de Cardaillac, appelé aussi "Capitaine Marchastel", autre grande figure de la cause protestante. Après la mort de Jeanne en 1567, ses biens passent à ses enfants. Leurs descendants, familiers de la cour et des rois, vont se désintéresser de leur château d’Assier. En 1768, François-Emmanuel Crussol, duc d’Uzès, premier pair de France, à court d’argent, vend les matériaux de la demeure à un menuisier du village, pour 14000 livres. L’acquéreur a droit de démonter tous les bois, ferrures, plombs des toits, planchers, et de démolir les deux ailes droite et gauche. Ce qui sera scrupuleusement exécuté. En 1780, le duc d’Uzès se trouve donc en possession d’un château réduit à un corps de bâtiment sans toiture, qui sera vendu en 1786 à un avocat, Gabriel Murat de Montai, dont la famille conservera la propriété jusqu’en 1934. En 1796, la seigneurie est cédée pour 257300 livres à huit personnes. Assier a vécu. Le château démantelé, à l’exception du corps de logis de l’entrée, est alors abandonné de tous. Devenu champ de ruines, béant et saccagé, l’édifice ne sera sauvé qu’au tout début de notre XXe siècle, lors de son classement. En 1934, Assier devient propriété de l’État qui, depuis lors, s'emploie à sauver et à restaurer les vieilles pierres.

Construit à l'emplacement d'un ancien repaire dont il subsiste la tour au sud-ouest, dite "del Sol", les bâtiments, d'après le plan du XVIe siècle, et des gravures de la collection Gaignières déposée à la Bibliothèque nationale, formaient un vaste quadrilatère à deux niveaux, fermé sur une cour. Quatre tours rondes surmontées d’une toiture en dôme à l’Impériale flanquaient ses angles. Des lucarnes à tympans rythmaient les combles côté cour. Les ailes démantelées abritaient les appartements. La tour du nord-est contenait la chapelle. La tour du sud-est, appelée "tour des Archives", aujourd’hui ruinée, comportait des chambres de tirs munis de canonnières. Elle était ceinte par un passage voûté à bastion semi-circulaire. La façade occidentale, seule rescapée du désastre, est construite en blocage. Le mur est ceint par des corniches simulant les mâchicoulis. Entre elles, des boulets, motifs symboliques, sont sculptés dans la pierre. Le grand portique d’entrée encadré de colonnes des trois ordres; corinthien, ionique et dorique, abritait dans sa niche une statue équestre de Galiot, sous un tympan contenant les armoiries du seigneur "Écartelé aux 1 et 4 d'azur à trois étoiles d’or en pal, aux 2 et 3 à bandes de gueules". Deux lévriers en support. Au fronton de l’entablement, la salamandre, emblème de François 1er, est sculptée dans la pierre. À gauche de la porte, il subsiste une baie surmontée d’un fronton où repose un buste à l’antique. Le porche a une voûte surbaissée décorée à l’antique qui débouche sur la cour d’honneur. Le portique comporte, de ce côté, des colonnes corinthiennes supportant une loggia où s’appuient deux colonnes ioniques. Une frise sculptée dans la pierre court tout le long de cette aile, entre le rez-de-chaussée et le premier étage, ainsi que sous la corniche du toit. Elle figure les charges et les honneurs de Galiot, et est rythmée par des scènes de la vie d’Hercule.

Une frise similaire dans l’esprit sera ciselée sur les façades de l’église du bourg, où l’on peut toujours admirer le tombeau monumental de Galiot de Génouillac. Dans un cartouche, y sont gravés ces quelques vers: "Cy dort celui qui neut jamais propos, De reposer en la vie mortelle, Ces longs travaux luy ont donné repos, Car par ses faictz, sa vie est immortelle". À l'étage, le trumeau entre les pilastres des fenêtres était orné de médaillons d’empereurs romains, dont un seul subsiste. La salle basse de cette aile renferme de nos jours les débris de la décoration intérieure, autrefois somptueuse. Outre des vestiges de pierres sculptées, on peut encore admirer une remarquable porte de marqueterie décorée du grand collier de l’ordre de Saint-Michel qu’entourent les armes du maître de maison. Un bel escalier dont les voûtes sont encore sur croisées d’ogive conserve quelques sculptures, en particulier des culs de lampe. Un pilastre en marbre, dans un mur du premier étage, est orné de grotesques d’une beauté incomparable. La devise altière de Galiot, "J'aime fortune", était gravée ou inscrite à différents endroits de la demeure, notamment sur les clefs de voûte de l’escalier. Le château avait été entouré par différents corps de bâtiments ayant une fonction précise, comme des moulins à vent, une mouline (c’est-à-dire une forge à martinet), des granges, des étables, un jeu de paume, une écurie qui, seule, a résisté aux aléas du temps, ainsi qu'un vaste pigeonnier qui totalisait 2300 boulins (nids en terre cuite) quand le domaine de Galiot de Genouillac comptait 1150 hectares (les pigeonniers comptaient traditionnellement 20 à 25 rangées de 60 à 80 boulins mais les gros colombiers possédaient jusqu'à 2 à 3000 boulins). Pigeonnier circulaire à toit conique surmonté d'un lanternon. Le château est ouvert au public, et sa cour intérieure accueille chaque été un festival de musique. 

 Éléments protégés MH : les restes du château et les parcelles de terrains avoisinantes : classement par arrêté du 2 septembre 1901. 

 château d'Assier 46320 Assier 

 Téléphone : 05 65 40 40 99 

 

Château des Anglais

La première mention connue de la roque d'Autoire ou château des Anglais est de 1259. A cette date, Hugues de Castelnau, dans son hommage à Alphonse de Poitiers comte de Toulouse, reconnaît tenir de lui la seigneurie de Gramat, celle de Lavergne et celle du castrum de Miers et tout ce qu'il a à Carennac, Padirac, Magnagues, Gintrac, Loubressac, à la roque d'Autoire, sur la rive gauche du ruisseau, Lentour etc. En 1287, Autoire est mentionné dans le ressort de la baronnie de Gramat puis, une nouvelle fois en 1350, date à laquelle la baronnie, comprenant les trois castra de Gramat, Lentour et Loubressac, fut placée sous la suzeraineté des vicomtes de Turenne en même temps que le fief d'Autoire. Dans cette configuration, compte tenu de la géographie, il est vraisemblable que la roque d'Autoire dont le domaine ne dépassait peut-être pas le ruisseau, dépendait du castrum de Loubressac. Les termes du transfert d'hommage laissent penser qu'à cette époque, Autoire n'était plus directement entre les mains du seigneur de Gramat, mais que celui-ci l'avait cédée en fief à un lignage secondaire. Les Bauze, mentionnés dès le XIIe siècle comme les détenteurs d'une part des revenus de la paroisse pourraient bien avoir été ces vassaux du baron.

 On ne connaît pas l'époque de l'implantation primitive. On sait seulement que les plus anciennes roques dont l'histoire fasse mention remontent au Xe siècle. A Autoire, les caractères des plus anciennes maçonneries conservées dans la construction principale incitent à les situer dans le second quart du XIIIe siècle, donc peu avant l'hommage de 1259, mais elles ont pu succéder à des constructions de bois antérieures. Autoire serait l'un des plus anciennes roques du Quercy avec celles de Brengues et de Laroque-des-Arcs. 

Au sein de l'ensemble troglodytique, le "château des Anglais" proprement dit mesure environ 28 m de long pour une largeur n'excédant pas 2 m ; une cour étroite précédée par un ouvrage fortifié flanqué d'une tour en fer à cheval précédait la tour d'escalier au sud. L'ensemble a été établi sur un léger replat (une vire) protégé par un surplomb du rocher. Les bâtiments qui le composent sont en grande partie ruinés. Les différents ouvrages sont en calcaire, extrait au pied des falaises environnantes, ainsi qu'en tuf. Différents lieux d'extraction sont encore identifiables. L'un d'entre eux se situait au-delà de la muraille qui barre au nord l'ensemble fortifié. La construction primitive occupe la partie centrale de l'édifice. Il s'agissait d'un bâtiment rectangulaire, de 11,60 x 2 m (moyenne), aux murs épais de 1,15 m environ dont la partie nord a disparu en grande partie. Il comportait deux étages sur rez-de-chaussée. C'est une construction très soignée dont les trois élévations bâties présentent des assises régulières de moyen appareil calcaire. Les planchers des étages reposaient sur de gros cordons en quart de rond, parfaitement insérés dans la maçonnerie des trois élévations maçonnées. Côté falaise, à l'ouest, des trous d'encastrements carrés attestent que les solives du plancher du premier étage étaient ancrées directement dans la roche. Le plancher du deuxième étage reposait sur un ressaut taillé dans la roche. Aucun vestige des liaisons verticales antérieures à l'adjonction de la tour d'escalier n'a pu être identifié. A l'exception de la grande fenêtre qui ouvrait sur son élévation est, aucune des commodités utiles à une fonction d'habitation (latrines, évier ou cheminée) ne semble avoir existé. L'association d'un dispositif de guet (ouvrage en encorbellement) et d'une porte haute, de même que celle d'une grande fenêtre au dernier niveau, rappellent ici les dispositions d'un certain nombre de tours féodales de la première moitié du XIIIe siècle. Le corps de bâtiment ajouté au nord comportait deux étages sur rez-de-chaussée, chaque niveau étant porté par une poutraison encastrée directement dans l'élévation orientale (sur une retraite pour le deuxième niveau) et dans la paroi rocheuse (côté ouest). Contrairement à la "turris", ce bâtiment disposait de certaines des commodités liées au confort de l'habitation et notamment d'une cheminée et de latrines, lesquelles conduisent à l'interpréter comme un logis. 

L'analyse des maçonneries laisse penser que ce logis a subi une reconstruction importante après le Moyen Age. En effet, bien qu'il ne soit pas possible de les circonscrire parfaitement, les nombreuses ruptures et différences de matériaux que l'on décèle conduisent à y voir au moins deux campagnes de travaux distinctes. La première phase de construction est caractérisée par ses maçonneries homogènes en moyen appareil de calcaire régulièrement assisé. Ces maçonneries régulières sont essentiellement présentes dans les parties inférieures du logis et pourraient dater de la fin du XIIIe siècle ou des premières décennies du siècle suivant. Le logis aurait ensuite connu une phase de remaniement à laquelle il semble que l'on puisse attribuer le dernier étage. La demi-croisée du premier étage est l'un des éléments significatifs qui caractérisent cette reprise et qui permet de l'attribuer au XVe ou au XVIe siècle. Cette seconde campagne de travaux se distingue de la première par ses maçonneries irrégulières, constituées d'un blocage de moellons bruts ou remployés. Il semble que les joints en mortier de terre rouge visibles par endroit soit attribuable à cette phase de travaux.

La tour d'escalier en vis a été accolée au sud de la "turris" afin d'en desservir les trois niveaux. Ses maçonneries de blocage, assez régulièrement assisées, sont constituées de moellons éclatés mêlés à des plaquettes de calcaire. Le tuf a également été utilisé soit en parement soit pour les ouvertures (allèges et piédroits). La tour affecte extérieurement un plan quadrangulaire dont l'angle principal est largement arrondi. La porte d'entrée, dont l'encadrement est souligné par une moulure torique qui se prolonge en accolade délardée sur le linteau, donne accès à un couloir traversant la tour pour rejoindre l'ancienne porte d'entrée du bâtiment primitif. De l'escalier lui-même ne subsiste que le soubassement et l'arrachement des marches. La partie sommitale de la tour d'escalier était couronnée par une ceinture de mâchicoulis. Au XVe siècle, la défense de l'entrée sud du château était assurée par un espace libre tenant lieu de barbacane. Un mur percé d'une porte fermait cette barbacane au sud, à seize mètres environ de la porte de la tour d'escalier. Une tour de plan arrondi, dont les soubassements sont encore visibles, flanquait cette porte côté vallée. 

 Éléments protégés MH : les restes du château des Anglais : inscription par arrêté du 26 octobre 1925.

 château des Anglais ou Roque d’Autoire 46400 Autoire

Château des Alix

L'ampleur du bâtiment et son ancienneté invite à y reconnaître le "château" mentionné en 1752, sans préjugé de la fonction initiale de ses différentes parties : Jean Rocacher y voyait une maison forte agrandie par les moines d'Obazine pour en faire "leur prieuré, le centre de la juridiction des Alix et peut-être le bureau de contrôle économique des granges du groupe Quercy-Rocamadour". Ses fenêtres pourraient situer dans la seconde moitié du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle la partie la plus ancienne (l’aile nord), qui ne serait donc pas antérieure à l'installation des moines d'Obazine aux Alix. Deux des phases du corps principal pourraient être datées par les formes très différentes de deux archères : la partie centrale de la première moitié du XIIIe siècle, la partie formant l’angle avec l’aile nord pas avant la seconde moitié du XIIIe siècle. Deux demi-croisées et la base d’une tour d’escalier aujourd’hui détruite appartiennent à des aménagements réalisés dans la seconde moitié du XVe ou au début du XVIe siècle.

 La courte aile nord est en fait un premier corps de bâtiment de plan presque carré contre lequel est venu s'appuyer le corps principal, un long bâtiment disposé nord-sud. La pierre de taille des élévations extérieures ne distingue pas vraiment les deux corps de bâtiment, mais leur chronologie relative est bien établie par la chaîne d'angle nord-est de l'aile nord. Celle-ci conserve dans son élévation nord, au premier niveau, deux petites fenêtres, aujourd'hui murées, couvertes de linteaux échancrés en plein-cintre de tradition romane. Dans l’élévation nord du corps principal, voisine, apparaît au-dessus d’une fenêtre moderne, le sommet d’une archère qui devait être à double ou triple croisillon. Son élévation orientale ne conserve, au premier niveau à la limite des deux parcelles actuelles, qu’une seule baie médiévale : un long jour étroit à large ébrasement extérieur, qui pourrait être une archère. Le corps principal résulterait de deux ou trois phases de construction, ce que pourrait confirmer des formes différentes des archères ; les voûtes auraient été ajoutées aux XVe et XVIIe siècles, entraînant la suppression des colonnes portant les planchers. Lors de la construction de l’aile sud, dans les années 1970, un mur en grand appareil de trois mètres d’épaisseur et d’orientation nord-sud a en outre été mis au jour... 

 Éléments protégés MH : le corps de logis, les tours d'enceinte, la chapelle et l'ancien presbytère : inscription par arrêté du 14 avril 1994. 

 château des Alix 46500 Rocamadour

 

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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