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Château de Vendeuvre-sur-Barse

Dès 1107, la famille de Vendeuvre posséda un château fort. Passée à Miles X de Noyers, maréchal et bouteiller de France, puis au XVe siècle aux Mello, la baronnie de Vendeuvre, l’une des plus anciennes de Champagne, échut au XVIIe siècle à Henri de Luxembourg, duc de Piney et prince de Tingry, puis à ses deux filles qui la vendirent en 1638. L’acquéreur, Jean VIII de Mesgrigny, conseiller d’Etat, obtint en 1644 son érection en marquisat. Son fils Jean IX, vicomte de Troyes, intendant de Champagne, puis premier président au parlement de Provence et conseiller d'Etat, fit reconstruire le corps de logis. Un aveu rendu en 1603 par François de Luxembourg décrivait le château comme flanqué de tours, avec parc fermé de murailles, très coûteux à entretenir. Dans un second aveu, daté de 1656, Jean IX de Mesgrigny se montre plus explicite. Il fait état "du chasteau et forteresse... avec double pont-leviz, consistant: la haulte cour en un grand corps de logis et grand escalier que j'ay faict bastir; un donjon et grosse tour ancienne, chappelle, tours, écuries. la basse cour, fermée de fossez et pont-leviz, consistant en un logement que j'ai faict bastir, aussy". Héritier des Mesgrigny, Claude-Léon Bouthillier de Chavigny, vend le domaine en 1752 à Gabriel Pavée de Provenchères, aïeul de Guillaume Pavée de Vendeuvre (1779-1870) qui présidera sous Louis-Philippe le Conseil général de l’ Aube. Fortement remanié au XIXe siècle, le château se compose essentiellement d’un grand logis d’allure massive, élevé au XVIIe siècle mais réutilisant largement des maçonneries antérieures. La façade d’arrivée, au nord, présente l’ordonnance caractéristique de l’époque Louis XII, avec ses fenêtres groupées au centre, sa corniche à modillons et ses lucarnes au fronton chargé de boules. La façade sud, en revanche, doit la rareté de ses ouvertures à l'épaisseur de ses murs, hérités, comme ceux du pignon ouest, de la forteresse médiévale. Flanquée d’un côté d’une forte tour quadrangulaire, de l’autre d’une échauguette ajoutée au XIXe siècle, elle donne sur des terrasses dominant une grande esplanade gazonnée, traversée par la Barse qui prend sa source sous le château même. Double en profondeur, le corps de logis abrite un grand escalier de pierre, aux volées droites appuyées sur des arcades rampantes, orné de bas-reliefs néoclassiques de Simart (1806-1857). Depuis plusieurs années, en juillet, les Amis du Château organisent au pied des terrasses des spectacles historiques son et lumière.

 Éléments protégés MH: le château (à l'exception des parties classées): inscription par arrêté du 5 septembre 1963. Les façades et les toitures; le grand escalier XVIIIe siècle avec décor de stuc; les éléments de décor suivants: au rez-de-chaussée la chambre n° 3 (lambris, cheminée, alcôve de bois du XVIIIe siècle), le salon n° 8 (lambris, cheminée XVIIIe siècle et parquet Versailles), la petite bibliothèque (cheminée XVIIIe siècle et éléments de bibliothèque XIXe siècle); au 1er étage les cheminées et les lambris des chambres n° 103, 109, 111, 114, 115, 116, 117; au deuxième étage la cheminée située au-dessus de la chambre n° 111: classement par arrêté du 10 avril 1981. Le Colombier et l'orangerie: inscription par arrêté du 10 avril 1981. 

 château de Vendeuvre 10140 Vendeuvre-sur-Barse 

Téléphone : 03 25 92 82 41

 

Château de La Motte-Tilly

S'il fallait choisir un château susceptible d'illustrer l’époque Louis XV, un moment de perfection de l’art français, ce pourrait être celui de La Motte-Tilly. Grand sans être imposant, sobre sans froideur, il exprime, tant par les lignes de son architecture que par le tracé de ses jardins, une mesure, une harmonie et un équilibre exceptionnels. En 1366, Marie de Châteauvillain, baronne de Baye, fille de Jean de Trainel, chambellan du Roi et panetier de France, échangea avec Guillaume de Melun, archevêque de Sens, la forteresse de La Mote de Tilly sur Seine. En 1423, Charles VII fit don de la seigneurie à Jean de Puligny, le garde de ses coffres et joyaux, et en 1470, Louis XI la donna à Jean Raguier, son chambellan. Acquis en 1492 par Alexandre d’Elbène, le domaine devint en 1662 la propriété du duc de Bournonville, gouverneur de Paris, qui mourut en son château de La Motte-Tilly le 12 de décembre 1693. 

 Éléments protégés MH: le château, les façades et les couvertures de la chapelle, des pavillons sur la cour d'honneur et des communs ; la cour d'honneur, le saut-de-loup, la grille d'entrée en fer forgé, le parc, les terrasses et le canal : classement par arrêté du 16 septembre 1946. Les intérieurs des communs : inscription par arrêté du 2 septembre 1943.

 château de La Motte Tilly 10400 La Motte Tilly 

Téléphone : 03 25 39 99 67

Château de Dampierre

La terre de Dampierre a donné son nom à l’une des plus illustres familles de Champagne. Thibaut de Moëlain, seigneur de Dampierre à la fin du XI siècle, était le gendre de Milon le Grand, le redoutable seigneur de Montihéry. En 1223, Guillaume de Dampierre, connétable de Champagne, épousa Marguerite de Flandre. Son fils aîné, Guy, hérita du comté de Flandre, tandis que Jean, seigneur de Dampierre et de Saint-Dizier, lui succéda dans ses charges en Champagne. En 1305, le mariage de Marguerite de Dampierre fit entrer la châtellenie dans la maison de Châtillon. Le donjon de Dampierre, certainement le plus puissant de la région, occupait une grande motte artificielle isolée par des douves. Bâti sans fondations ni pilotis, c’était un ouvrage cylindrique de 20 mètres de hauteur et 13 mètres de diamètre intérieur, entouré d’une chemise renforcée de tourelles. Ses murs étaient faits de craie, à l'exception de la base, épaisse de quatre mètres, dit-on, et parementée en grès. En 1420, après la mort de l’amiral de Châtillon, tué à Azincourt, le sieur de Cottebrune, maréchal de Bourgogne, obtint 200 livres des habitants de Troyes pour déloger du château les partisans du futur Charles VII et rendre la place au seigneur de Chauvigny. En 1469, Marguerite de Châtillon, héritière de la baronnie de Dampierre, épousa Philippe de Lannoy, aïeul de Pierre de Lannoy dont l’église paroissiale abrite le gisant en armure. 

 Éléments protégés MH: les façades, la charpente et la toiture du château; l'escalier d'honneur et la cuisine voutée en sous-sol; le châtelet, y compris la grille fermant son passage; le miroir d'eau et la terrasse reliant le châtelet au château : classement par arrêté du 15 février 1929. 

château de Dampierre 10240 Dampierre

   

Château de Brienne-le-Château

Il s'agit d'un vaste édifice tout en pierre, d'une architecture parfaitement homogène, caractéristique de la seconde moitié du xviiie siècle. Le premier château cité est de 951 sur une motte, capturé par Louis d'Outremer. Au Moyen Âge, un château féodal défendait la seigneurie. À la fin du mois de janvier et au début du mois de février 1814, les environs de Brienne sont le théâtre de la bataille de La Rothière, dont Napoléon 1er dirige les opérations depuis le château de Brienne, où il passe alors deux nuits. Resté dans la descendance des Loménie jusqu'en 1851, le château de Brienne est alors acheté par la princesse Théodore de Bauffremont, née Montmorency. La maison de Bauffremont le conserve jusqu'en 1933.Vendu et resté ensuite inhabité, il subit l'occupation durant la Seconde Guerre mondiale, puis l'abandon jusqu'au début des années 1950. Le domaine de Brienne est converti en 1959 en hôpital psychiatrique départemental, aujourd'hui Établissement Public de Santé Mentale de l'Aube (EPSMA). 

 Éléments protégés MH : la grille d'honneur et le pont commandant l'accès du château ; les façades et les toitures du château et des deux pavillons isolés qui l'accompagnent, avec les cours et escaliers extérieurs ; l'escalier d'honneur et l'escalier de service à l'intérieur du château : inscription par arrêté du 4 juin 1935. par arrêté du 9 novembre 2023 : les accotements du pont d'accès à l'allée d'honneur ; les façades et toitures des deux pavillons d'entrée ; les couvertures en terrasse des sous-sols du château ; l'ensemble des pièces constituant le rez-de-chaussée du château ainsi que les trois escaliers ; les deux niveaux de sous-sols comprenant les anciennes cuisines et leurs dépendances ; l'ensemble des galeries souterraines qui relie le château à ses pavillons ; le pavillon Cardinal ; les façades et toitures, l'escalier principal et le sous-sol du pavillon des domestiques ; les façades et toitures des écuries et du chenil, des maisons du potager et du pavillon de chasse Bauffremont ; les ruines du pigeonnier. 

 château de Brienne le Château 10500 Brienne-le-Château 

Téléphone : 03 25 92 82 41 

Château de Bar-sur-Seine

Les premiers documents concernant une forteresse datent du IXe siècle. Les vestiges du château sont un ensemble fortifié vestige d'un château fort médiéval détruit au XVIIe siècle. Au XIe siècle le duché de Bourgogne comprend Bar-sur-Seine comme premier comté sous Milon Ier. Le 17 août 1219 mort de Milon IV aux croisades. Bar-sur-Seine passe aux mains des comtes de Champagne dont Henri III le Gros en 1273. Bar-sur-Seine passe le 14 août 1284 aux mains du Roi de France par le mariage de Jeanne de Navarre (née à Bar-sur-Seine) à Philippe IV le Bel. Le 21 mai 1420 le traité de Troyes cède Bar-sur-Seine aux ducs de Bourgogne. Les puissants ducs y firent des travaux dès l’année de leur entrée en possession, on rechaussait le mur du donjon, devant la poterne, depuis la tour carrée jusques aux murs de la ville. Le 5 janvier 1477, mort du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, Bar-sur-Seine revient donc à la couronne de France. A la fin du XVIe siècle, il fut à nouveau le théâtre de luttes entre ligueurs et protestants qui déchiraient alors cruellement la France. Au mois d’avril 1594, les ligueurs qui étaient redevenus maîtres de la ville, et aussi du château, firent une forte et épaisse muraille autour du gros rempart situé sur le devant du Château. Les habitants profitent du désordre politique provoqué par les guerres de religion et détruisent le château. Le 3 octobre 1596, le roi permit aux habitants d’achever la démolition moyennant 1500 écus. Le 9 mars 1597, Jacob de Benezin, capitaine du château, le rendit moyennant 500 écus aux habitants de la ville qui le démolirent. Aujourd'hui seules subsistent la tour du Lion et la salle des Gardes voûtée jadis surmontée du donjon. 

 Éléments protégés MH: la salle des gardes ainsi que les murs en prolongement : inscription par arrêté du 7 mai 1982. 
 
château de Bar sur Seine 10110 Bar-sur-Seine

   

Château de Droupt-Saint-Basle

Les premiers propriétaires de la seigneurie de Droupt-Saint-Basle sont les Chanoines de Vincennes. Au XVIe siècle, Louis le Mairat négociant et futur maire de Troyes, reprend la seigneurie par un contrat d'échange avec les chanoines. En 1586, il obtient du roi Henri III les lettres patentes l'autorisant à entourer sa demeure de murs et de fossés avec pont-levis. De cette époque datent les deux poternes, les tours d'angle, la double rangée de douves et les murs des communs. Le 28 juin 1714, la famille Guillaume de Chavaudon obtient une sentence lui adjugeant la seigneurie de Droupt par droit de retrait lignage. Durant la Révolution, le château et l'ensemble des biens seront confisqués, mais la famille réussit à récupérer une partie des biens et elle conservera la demeure pendant deux siècles La dernière descendante, la marquise Guillaume de Chavaudon, meurt sans héritier en 1974. Alors le patrimoine du château est dispersé et sa destruction est même envisagée en 1983. A cette date, les propriétaires actuels se portent acquéreurs et se lancent dans la restauration de la demeure. Le château est composé d'une basse-cour avec deux ailes en retour d'équerre et un corps de logis encore entouré de ses douves, lui-même constitué de deux ailes en retour d'équerre. Ces deux ailes du logis se terminent par de petites tours rectangulaires percées d'ouvertures de tir. L'entrée dans la basse-cour et le logis se fait par un pavillon central percé d'une porte charretière et d'une porte piétonne. Dans la seconde moitié du 18e siècle, les douves de la basse-cour ont été supprimées, la moitié du corps de logis a été reconstruite et transformée en demeure de plaisance. Vers 1830, d'autres modifications ont été apportées, en particulier à l'aile des remises. En 1905, l'architecte Chauvet construit un jardin d'hiver couvert en terrasse et ajoute à l'entourage des baies du reste du logis 18e un décor de guirlande de feuillages en plâtre néo-18e. A l'intérieur, les décors 18e et début 19e siècle sont conservés (lambris, cheminées, mosaïques, escaliers). Des dessins réalisés sur les murs par des soldats allemands au cours de la Seconde guerre mondiale, alors que l'édifice servait d'hôpital, sont encore visibles. 

 Éléments protégés MH: l'ensemble des façades et des toitures, y compris celles de l'aile de la basse-cour, mais à l'exception de la galerie XIXe siècle accolée à la façade sur cour de l'aile nord-est du château, le décor lambrissé et les cheminées de cinq pièces du XVIIIe siècle : grand salon Louis XVI, petit salon, les deux pièces lambrissées du premier étage et le petit cabinet de la tour est; les deux enceintes de douves : inscription par arrêté du 3 août 1987. Les communs : pigeonnier, glacière, grange située entre le pigeonnier et l'aile d'entrée, écurie (aile nord-est de la cour) : inscription par arrêté du 25 février 1993. Les façades et toitures du jardin d'hiver, les trois escaliers du logis et leur cage d'escalier, les intérieurs de l'aile d'entrée de la basse-cour depuis la laiterie jusqu'à la grange (non comprise) : inscription par arrêté du 20 mai 2011. château de Droupt 10170 Droupt-Saint-Basle 

Téléphone : 03 25 21 15 54 

Château de Vermoise

Laurent de Moulinet, seigneur de Vermoise, participa en 1493 à l’assemblée de la noblesse chargée de rédiger la coutume de Troyes. Du château, situé au bord du plateau, au-dessus de la vallée de la Seine, subsiste un pavillon d’entrée portant la date de 1509. Les contreforts qui encadrent l’ancien passage charretier, condamné lors du rehaussement de la route, portent deux pittoresques échauguettes dont les fenêtres ont conservé leurs solides grilles de protection. On attribue à Noël Coiffard, qui fut maire de Troyes en 1534, la reconstruction de "l’hostel seigneurial, décrit en 1577 comme un grand corps de maison en pierre avec un pavillon au bout". Louis Huez acquit la seigneurie en 1651 et son petit-fils Louis-Claude, lieutenant général au bailliage, abandonna le vieux château vers 1750 pour un nouveau logis, plus confortable, dit pavillon de la charme, qui disparut au XIXe siècle. Au lendemain de la Révolution, Nicolas Huez fit tracer le parc à l’emplacement des vignes. Il s'agit d'un parc à la Française dessiné par l'artiste troyen Maurice Marinot, qui comprend des charmilles, une terrasse en bois dominant la rivière, de belles allées, des cerisiers et une belle grange champenoise dont la charpente et la toiture ont été totalement remaniées et remises en valeur, les pans de bois apparents habillés de chanvre laissent place à de grandes baies vitrées ouvrant sur le parc. Il reste peu de choses de l’ancien château; un mur d’enceinte qui relie quelques tours et la magnifique porte d’entrée. En 1936, les descendants de Nicolas Huez cédèrent le domaine au Docteur Mérat qui dut procéder à une complète restauration. 

 Éléments protégés MH: les façades et toitures du donjon : inscription par arrêté du 17 octobre 1977. château de Vermoise 10150 Sainte-Maure 

Téléphone : 06 72 39 26 61 

 

Château de Chacenay

Le château de Chacenay remonte au Xe siècle et est situé au coeur de la Champagne, il offre une perspicacité fascinante de la France médiévale. Une de ses propriétaires du moyen-âge, Alix de Chacenay prit l’armure de son père pour aller se battre aux Croisades. En 1474, le Donjon, dont la propriétaire, Jeanne de Choiseul, suit le parti de Charles le Téméraire, est assiégé, pris d’assaut et en partie ruiné par Léger de Dinteville, au nom de Louis XI. On le relève de ses ruines, mais les tours Sainte Parisse restent à l’abandon, car dès cette époque les seigneurs cessent d’y habiter. Le rétablissement du château est d’ailleurs assez lent: en 1503, on le dit encore en ruine. Galas de Salazar fait faire quelques réparations qui sont sans doute peu importantes, car, en 1545, on continue à dire qu’il est en ruine. Les Dinteville, qui ont acquis la baronnie en 1551 y font de sérieuses réparations. En 1725, le propriétaire est M. de Poncher. Certaines circonstances scandaleuses de la conduite de son épouse amènent de vives querelles entre eux. Le mari lui abandonna l’administration de Chacenay. Mme de Poncher fit réunir les habitants du pays, et leur signifia qu’ils avaient à lui payer ses droits seigneuriaux et que, s’ils ne se conformaient pas à sa demande, elle recourrait aux moyens rigoureux. Ne voulant pas accorder de délai aux habitants, les terres furent confisquées à son profit. La châtelaine fit réparer et embellir son château, relever la nef de la chapelle et construire un auditoire. A son décès, son neveu M. de Plancy hérita de Chacenay. C’était un homme bon, généreux et charitable. Pendant la Révolution, M. de Plancy fut déclaré suspect, arrêté et jeté dans les cachots de Troyes, mais heureusement, il échappa au couteau révolutionnaire en s’évadant de sa prison. Il mourut dans son château de Chacenay en 1806. Son héritier direct, M. Armand-François Bertherand, décéda en 1851, regretté par tous les habitants de Chacenay, dont il avait été le soutien et le bienfaiteur. La restauration entreprise par ses héritiers MM. Edmond et Arthur Bertherand dura six ans, de 1852 à 1858. Le Donjon proprement dit ne fut pas rétabli, mais on a réparé l’ancienne porte du midi avec son pont-levis. Le corps de logis fut remis complètement à neuf. Le château doit sa magnifique restauration aux illustres architectes du XIXe siècle, Jean-Baptiste Lassus et Eugène Viollet-le-Duc, les maîtres d’œuvre de Notre Dame de Paris. Dès l’arrivée, l’ambiance est au Moyen-Age avec un beau pont-levis flanqué de deux tours anciennes. Le château possède un magnifique escalier de 1852, une cheminée du XVIe siècle et de belles peintures murales. Remarquable décor néogothique par Charles Vivet. En 1988, Panos et Lina Pervanas, tombés sous le charme du château, sont devenus maîtres des lieux pour restituer à cette belle demeure ses lettres de noblesses. 

 Éléments protégés MH: la porte fortifiée : inscription par arrêté du 20 septembre 1926. Les courtines subsistantes, les sols circonscrits par les fossés délimitant l'emplacement de l'ancien château : inscription par arrêté du 7 décembre 198. Le château, la chapelle, le puits, le pont d'accès avec ses deux tours, les fossés : classement par arrêté du 6 décembre 1990. 

 château de Chacenay 10110 Chacenay 

Téléphone : 03 25 38 79 46

 

Château de Barberey-Saint-Sulpice

Siège d’une seigneurie ayant appartenu à la famille du Chastel au XIIIe siècle, puis à Guillaume du Plessis, bail de Troyes (1360), la maison forte de Barberey entra par alliance à la fin du XVe siècle dans la famille de Choiseul-Praslin. En 1596, Charles de Choiseul, lieutenant général de Champagne et futur maréchal de France, la vendit à Louis Le Mairat, avec les deux moulins à blé et le moulin à papier sur la Seine. Louis Le Mairat, seigneur de Droupt-Saint-Basle, négociant en bonneterie et maire de Troyes, fit aussitôt rétablir fossés et ponts-levis et réparer les dommages causés par les reîtres qui avaient dévasté la région en 1576. Jean Le Mairat, le fils cadet de l’acquéreur, fut un puissant personnage qui siégea au Grand Conseil, au Conseil d’État et au Conseil Privé. C’est lui qui, en 1626, fit entreprendre la construction du château actuel, en la motte où d'ancienneté était la maison seigneuriale. Dans un aveu rendu à la fin de l’année précédente, il mentionnait en effet "une mothe… fermée de viels fossez et hayes, en dedans de laquelle y a ung viel corps de logis de pierre, couvert de thuille, en ruine et qui ne fut jamais parfait (achevé), accompagné d’un colombier". Le viel logis a survécu sur le côté de la cour, converti en dépendances mais toujours muni de ses tourelles de défense avec postes de tir dirigés vers les douves. À Jean II Le Mairat, conseiller au parlement de Paris en 1690, succéda sa soeur Anne Le Fèvre d’Estrelles, puis son neveu François Feydeau, maître des requêtes de l’hôtel du Roi. En 1720, Claude Le Roy, avocat au parlement de Paris, acheta le château qu’un hôte décrivait en 1766 comme bien bâti en briques dans un goût ancien, mais d’une architecture noble et régulière, avec des appartements commodes et bien distribués. Lors de la Révolution, André-François Janson de Saint-Parres, fils d’Elisabeth Le Roy, est présumé émigré. Déclaré Bien national, le domaine est démembré, mais le château, adjugé à un entrepreneur de charpente, échappe à la démolition. Claude-Louis Bruslé, qui le rachète en 1803, devient sous l’Empire baron de Valsuzenay et préfet de l’ Aube, fonction qu'il retrouve sous Louis XVIII. Une nouvelle vente, en 1888, entraîne le morcellement du domaine, bientôt reconstitué par l’architecte Louis Mony, maire de Troyes et président du Conseil général, auquel succède en 1917 Ernest Belleuvre. Le château était au bord de la ruine en 1962, lorsque M. Pierre Scapula, architecte décorateur, le sauva de la destruction. Sa complète restauration, menée sur 20 ans avec le concours des Monuments historiques, a été l’oeuvre du Docteur Bernard Cuny qui en poursuit la mise en valeur avec autant d'attention que de goût. Il s’agit là d’une demeure de dimensions humaines, exceptionnelle par l’excellence de ses proportions, l'originalité de sa conception et le degré d’élaboration de son décor qui la rattachent aux courants les plus modernes de l’époque Louis XII. Deux ailes en légère saillie, plus élevées d’un étage et coiffées de très hauts combles, encadrent le corps principal. Aux extrémités de la façade sur les douves viennent en outre s’accoler deux minces pavillons d’angle aux fenêtres étroites, qui accentuent la verticalité de la composition. La pierre blanche qui constitue le gros-oeuvre domine largement sur les façades. Traitée en forte saillie dans les chaînes d’angle, dans les modillons de la corniche, aux clés des baies et dans les frontons des portes basses, elle forme entre les fenêtres une moulure venant encadrer les maçonneries de briques: tableaux rectangulaires au second étage, tableaux à oreilles au-dessous, dessinés à bords vifs au premier étage, à bords arrondis au rez-de-chaussée. A l’intérieur du château, l’escalier à rampes droites occupe le centre, desservant deux appartements à chaque niveau. Les douves entourent encore en grande partie l’ancienne motte féodale, traitée en cour d'honneur. Ombragées d’un côté de grands platanes, elles précèdent de l’autre un parterre de buis taillés, créé il y a une quinzaine d’années. 

Éléments protégés MH: le château (à l'exception des façades et des toitures classées) : inscription par arrêté du 18 mars 1930. Les façades et les toitures : classement par arrêté du 22 juillet 1980. Les communs du château, en totalité : inscription par arrêté du 12 avril 2001. 

 château de Barberey Saint Sulpice, 1 rue Danton, 10600 Barberey-Saint-Sulpice 

Téléphone : 03 25 81 24 90

 

Château de Villemereuil

Possession au XIIIe siècle de la famille chevaleresque de ce nom, la terre de Villemereuil appartint au XIVe siècle aux Dinteville puis aux Foissy qui, au début du XVIe siècle obtinrent l'autorisation de doter leur château d'un pont-levis. Claude V Molé, acquéreur du domaine en 1656, appartenait à la branche ainée d'une importante famille de négociants Troyens dont la branche cadette s'illustra au parlement de Paris et au gouvernement; seigneur de Villy, maitre d'hotel ordinaire du Roi, il épousa la fille de Jérome de Mesgrigny, seigneur de Villebertin. C'est à lui qu'il faut attribuer la reconstruction du château dont l'inventaire, dressé après sa mort en 1660, donne d'interessantes précisions. L'édifice est situé à l'écart, au milieu de bois et d'un grand parc. Du château de Foissy subsistent deux jolis pavillons en craie, baignés par l'eau des fossés, dont l'un est flanqué d'une tourelle. La demeure actuelle, en retrait, Jean-Jérome Molé l'a construite en brique en style Louis XIII. Dans les années 1675-1695, Pierre-Francois Molé, capitaine au régiment de Navarre en fit sa résidence habituelle. Jean-Jérome Molé, Lieutenant des Maréchaux de France en Champagne, mourut sans postérité en 1727, laissant ainsi le château à sa femme Françoise Thomassin. Par héritages successifs, le domaine échut à Nicolas de Corberon, Président au conseil supérieur d'Alsace, à l'abbé de Corberon son frère et à Marie Béatrice Dupré d'Houville qui se fixa à Chasseneuil et le vendit en 1776. L'acquéreur, Nicola Bonamy, ancien Directeur général des fermes à Lyon, est l'ancètre d'Eugéne Bonamy de Villemereuil, qui présida le Conseil Général au milieu du XIXe siècle, et du propriétaire actuel, Gérard Bonamy de Villemereuil actuel maire de Villemereil qui y est résident avec sa famille. Le château comprend un long corps de logis couvert d’un toit de tuiles, élevé d’un rez-de-chaussée bas et d’un piano nobile. Sur la maçonnerie de briques se détachent des chaînes de pierre, appareillées en besace aux angles, en harpe autour des baies. Des pavillons quadrangulaires viennent encadrer chacune des façades. Larges et presque détachés, les pavillons antérieurs réduisent le développement de la façade sur cour. L'une de leurs portes basses, surmontées de pots-à-feu profilés en toupie, dessert un bel escalier de bois à balustres desservant trois niveaux. Les pavillons arrière, placés aux angles, doivent leur plan carré et leur forte saillie, identique sur chacune des façades, à leur rôle défensif: leurs petites meurtrières, ménagées dans des carreaux de pierre, au niveau des douves comme à celui de l’étage principal, permettaient de flanquer les abords. Les trois fenêtres centrales du piano mobile ont été agrandies par la suppression de leurs allèges, lors de la création du grand salon. Sur la cour, un perron à double révolution permit alors d’accéder à la porte basse, encadrée de pilastres à chapiteaux ioniques et surmontée d’un grand fronton inachevé. A l’arrière, des pilastres analogues vinrent orner la baie du rez-de-chaussée, sous un élégant balcon en fer forgé du XVIIIe siècle. Isolés depuis la suppression du corps de dépendances qui faisait face au logis, les deux pavillons en moellons qui marquent les angles de la cour doivent remonter au XVIe siècle, à en juger par le style de leurs consoles. L’un d’eux a conservé sa tourelle d’angle. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du corps de logis principal et des deux pavillons du château : inscription par arrêté du 25 octobre 1971. 

 château de Villemereuil 10800 Villemereuil

   

Château de Bucey-en-Othe

L'édifice se présente comme un quadrilatère entouré de fossés partiellement en eau. Un premier château existait à l'est de l'église. Un pavillon central, en saillie, servait d'entrée. Deux tours carrées cantonnent les extrémités. Les portes piétonne et charretière ont été bouchées pour permettre l'extension du logis, la façade sur cour a été profondément altérée par les travaux des XVIIIe et XIXe siècles. La cour est entourée de bâtiments agricoles, de granges et d'un pigeonnier. Ce type de château est très courant en Champagne, entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle. Comme seigneurs de Bucey on trouve Garnier, Manassès de Bucey en 1173, Lige de Villemaur en 1180, Milet en 1217, en 1230 Gui de Bucey, Lige du comte de Champagne, Ithier de Bucey, Alise ou Adélaïde de Villemaur en 1242, Jean de Bucey en 1243, Jean-Abraham et Pierre-Abraham en 1378 et 1382, Marguerite d’Anglure, Dale de Chennegy en 1396. La famille des Fontenays, seigneurs de Saint-Liébaut au XVe siècle : Jean de Die, Louise de Madeil, mariée à Odard de Rossey puis à Adérale de la Rouere, dont on voit l’épitaphe avec celle de son épouse dans l’église de Bucey. La terre passe ensuite dans la famille de le Courtois anoblie par Charles VI. En 1396, cette famille, originaire de Bourgogne, s’établit à Troyes, où elle a occupé les premières charges. Mademoiselle Le Courtois, fille de Pierre, conseiller au parlement, a porté la terre de Bucey dans la maison de Mesgrigny, par son mariage avec M. le comte de Villebertain, qui l’a remise à son gendre le Marquis des Réault. Dernier seigneur de Bucey, il la céda en 1829, à M. Fleurigny du Yheil qui la revend à M. Costel, notaire à Estissac. Son fils, Président du Tribunal Civil de Troyes, la transmet à son cousin Charles Douyne, de Bucey qui en hérita et exploita le domaine... 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures des bâtiments (logis et bâtiments de communs entourant la cour), et le fossé avec son arrivée d'eau : inscription par arrêté du 12 janvier 2005. 

 château de Bucey en Othe, rue du Chaillotat 10190 Bucey-en-Othe 

Téléphone : 06 98 65 95 05

 

Château de Villemorien

On attribue le château, tel qu’il se présente actuellement, à Bénigne-André Le Gendre, seigneur d’Avirey et de Lingey, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, qui acheta le domaine en 1726 et en fit sa résidence habituelle. Il l’agrémenta de jardins, plantations et augmentations diverses, et y mourut en 1760. Encadré d’ailes en légère saillie et couvert d’un comble à la Mansart, le corps de logis présente des façades d’agréables proportions, en moellons enduits animées de chaînes harpées. Introduit par son mariage dans la plus haute finance parisienne, Charles-Philippe Le Gendre de Villemorien acquit la charge considérable d'administrateur général des Postes du royaume, mais s’attacha à son domaine berrichon de Valençay et céda Villemorien à son frère Charles-Louis. lieutenant de vaisseau. En 1791, la veuve de Nicolas Philippon acheta le domaine, moyennant 266 000 livres. C’est à Villemorien qu’elle aurait hébergé, à partir d’août 1794 et pendant plusieurs mois, le peintre Hubert Robert qui, libéré des geôles parisiennes, demeurait suspect de sympathies royalistes. L’important ensemble de paysages de ruines animés de personnages, dispersé en 1868 à l’hôtel Drouot, aurait été exécuté par l’artiste pendant son séjour. À nouveau mis en vente, le domaine passa à Claude-Paul de Tugnot, ancien grand prévôt de l’Aube en 1810, puis à Joseph de Bruère de Vaurois en 1818, à M. Lambin-Servin en 1836, à la princesse de Béthune en 1871, à M. Vézien en 1889, à M. Monneret-Marand en 1920, et au comte Jacques Armand en 1942. L’actuel propriétaire vient de faire entièrement restaurer le château. Enlevée vers 1930, la grille d’entrée monumentale a été remontée dans la côte du Pecq, au pied de Saint-Germain en Laye. Elle s’appuyait sur une grand portique néoclassique, formé de colonnes toscanes géminées.

Éléments protégés MH: les façades et toitures du château et de ses communs y compris celles de l'ancien chenil : inscription par arrêté du 12 janvier 1987. Le salon dit Sanctuaire de la Folie : classement par arrêté du 11 janvier 1990. 

 château de Villemorien 10110 Villemorien

   

Château du Clos-Saint-Roch

Le château du Clos-Saint-Roch, construit dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 26 août 1988. pour ses façades et ses toitures, l'escalier avec sa rampe en fer forgé et autres éléments du décor XVIIIe siècle (grand buffet, lambris, cheminées et gypseries du salon), ses caves et son portail d'entrée. Village à l’architecture remarquable, les trois églises sont classées, les cadoles, petites constructions de vignerons érigées uniquement avec des pierres sèches, attirent la curiosité. On peut également voir le château des Riceys-Bas avec son beau jardin ouvert au public aux Journées du Patrimoine. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château; l'escalier avec sa rampe en fer forgé; les autres éléments du décor 18s (grand buffet, lambris, cheminées, gypseries du salon); les caves; le portail d'entrée: inscription par arrêté du 26 août 1988. 

 château du Clos-Saint-Roch 10340 Les Riceys

 

Château du Plessis (Fresnoy-le-Château)

Connu depuis le XIVe siècle, le château actuel est dû à Louis Sébastien Grundler, comte et général d'Empire. Les travaux commencent en 1833, et l'aile des communs, qui s'ajoute au plan en U initial, est achevée en 1844. Au cours du XVIIIe siècle, une basse-cour est construite, la double enceinte de douves est réduite, et un grand parc avec jardin à la française s'étend à l'arrière du château. La grille d'entrée est posée en 1836. L'angle nord du parc est décoré d'un monticule formant "escargot", présent dans les parcs du XVIIIe siècle. La tuilerie du Plessis, faisant partie du domaine du château du Plessis, est antérieure à 1835. Une machine à vapeur y est introduite à une date inconnue, et un logement y est construit à la fin de la première guerre mondiale. Cessation d'activité milieu XXe siècle. 

 Éléments protégés MH: le logis, le bâtiment de communs au sud du logis, l'orangerie, les douves, le pigeonnier, le pont, le mur et les grilles d'entrée, l'ensemble du parc avec ses aménagements : inscription par arrêté du 8 octobre 2001. 

 château du Plessis 10270 Fresnoy-le-Château

   

Château d'Arrentières

Le château est une construction d'origine médiévale, qui pourrait remonter au XIIIe siècle. Certains auteurs font des comtes de Champagne les premiers seigneurs d'Arrentières. En 1371, la comtesse Yolande de Bar est détenue au château sur ordre de Charles V. L'enceinte occupe un espace de 80 mètres sur 45 mètres. Le démantèlement des défenses, dont le donjon, a eu lieu au XVIIe siècle sur ordre de Richelieu. La tour intégrée au logis et l'autre tour, transformée en pigeonnier, ont échappé à cette destruction de par, suppose-t-on, leur changement de fonction. Les deux tours circulaires et le corps de bâtiment dans leur gros-oeuvre, datent du XVe siècle. La terrasse du château surplombe la vallée. L’accès à la terrasse se fait par une très belle allée couverte. Il existait de larges douves qui furent comblées au début du XIXe siècle. Le château est entouré d’arbres, sauf au sud qui est occupé par une grande prairie. L’allée de tilleuls, longue de 250 mètres, est toujours en place. Une mise en valeur du site est envisagée par le propriétaire pour la réalisation d’un jardin castral, un aménagement jardiné dans le fossé Est, un labyrinthe dans le fossé Nord, la remise en état des allées de la prairie avec des plantations d’arbres et la remise en état des douves... 

 Éléments protégés MH: le fossé, les courtines, les salles souterraines bordant la courtine sud, la tour-pigeonnier, les façades et les toitures du corps de logis et de la tour est : inscription par arrêté du 20 mai 1994. 

 château d'Arrentières 10200 Arrentières

   

Château d'Arcis-sur-Aube

Un aveu rendu en 1667 fait état des "place et motte sur lesquels estoient construits le chastel, donjon et maison-forte dudit Arcyes; en laquelle y avoit de beaux et somptueux ediffices, portes, portaulx, cuisines, estables, tours, tourelles... lesquels murailles et grands fossez ont esté ruinés, maison bruslée, pendant les guerres et troubles survenus en ce royaume et commencés en l’an 1588". Pierre Grassin qui, en 1721, fit élever le château actuel sur cet emplacement, appartenait a une famille de robe originaire de Sens. Devenu sous la Régence directeur général des Monnaies de France, il mourut sans postérité. Le domaine passa au fermier général Barthélemy Thoinard, puis a la marquise de Collandre et, sous Louis XVI, au marquis de Labriffe. Danton naquit en 1759 a Arcis, ou son père était procureur au bailliage, dans la maison située rue de Paris. Il y revint souvent pendant la Révolution et racheta des terres. Le 20 mars 1814, Napoléon établit son quartier général dans le château, mais dut se replier le lendemain devant Schwarzenberg et ses 90.000 autrichiens. Le comte Armand, diplomate et conseiller général de l’ Aube, habita le château au siècle dernier. M. Albert Dupré, industriel à Romilly, lui succéda avant la dernière guerre. Évoqué par Balzac dans Le député d’Arcis, la ville d’Arcis fit acquisition du château en 1948 et abrite aujourd’hui la mairie. C’est une demeure de proportions modestes, élevée d’un rez-de-chaussée en pierre appareillée et d’un étage sous comble à la Mansart. Sur l’ancienne place d’armes, les deux tours, plus ou moins découronnées, qui encadrent la grille, remontent à l’ancien château. La porte s’ouvre dans un petit avant-corps marqué par un ressaut dans la toiture, restauré après la suppression de l’attique et du fronton. Plus intéressante, la façade nord donne sur une terrasse, au-dessus du cours tumultueux de l’Aube, malheureusement dissimulé par la végétation. Élevé de deux niveaux sous un grand fronton triangulaire, l’avant-corps s’ouvre au rez-de-chaussée par trois grandes baies en plein cintre. On appréciera la qualité des masques sculptés sur les clés, et celle des ferronneries des deux perrons, analogues à celles de l’escalier d'honneur. Cette façade est criblée d'impacts de boulets de canon, vestiges de l'époque napoléonienne. 

Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et de la tour Est, la partie subsistante de la tour Ouest, la grille avec le portail d'entrée en fer forgé, le hall d'entrée, l'escalier avec sa rampe en fer forgé, le bureau du Maire et la salle des mariages avec leur décor au rez-de-chaussée : inscription par arrêté du 21 mars 1983. 

 château d'Arcis sur Aube, place des Héros, 10700 Arcis-sur-Aube

 

Château de Chavaudon

Construit en 1913 par l’architecte Hector Guimard, qui a donné les élévations du château, l’édifice présente quatre façades différentes en brique, pierre, béton et ciment. A l’intérieur, la disposition d’origine est rationnelle et met un accent particulier sur l’hygiène. La demeure conserve quelques éléments de décor de style Art-Nouveau, comme les garde-corps ou l’entrée en grès bleu turquoise. 

 Éléments protégés MH: le château en totalité, les façades et les toitures des communs (l'ancienne écurie-garage, le lavoir, le chenil et la maison du gardien), le portail d'entrée avec sa grille et le parc : inscription par arrêté du 27 février 2014. 

 château de Chavaudon 10290 Marcilly-le-Hayer

   

Château de Polisy

Maison-forte existant depuis le XIVe siècle, réaménagée et en partie rebâtie entre 1537 et 1555. En 1537, Jean de Dinteville, ambassadeur de François Ier en Angleterre, se retire à Poligny qu'il aménage. Les Les travaux débutent par la basse cour, comme le rappelle l'inscription de l'ancienne entrée. Ils sont terminés en 1544, comme le précise une autre inscription dans les caves du château. On remarque la façade d'entrée qui offre à l'étage supérieur une composition des années 1540 dans l'esprit de Serlio, où des baies rectangulaires alternent avec des niches. A l'intérieur, il subsiste des solives peintes et le décor peint d'une cheminée représentant une allégorie de la justice et de la chasteté, qui accompagnait un magnifique pavement de faïence vernissée daté de 1545. Jean de Dinteville mourut dans son château en octobre 1554, des suites d’une longue et pénible maladie. Dans la chapelle privée attenante à l’église paroissiale qu’il avait fait auparavant restaurer et où avaient été inhumés tous ses aïeux, on n’a pas retrouvé la trace de sa tombe. Après sa mort, le château de Polisy passa aux mains d’une nièce, et bientôt devint la propriété de la famille Choiseul, qui, au XVIIIe siècle le transforma intérieurement, en créant des pièces plus basses que celles du XVIe siècle et en les décorant de lambris. Une nouvelle entrée avec un perron et des pavillons en saillie est aménagée entre 1777 et 1842. L'extension néo XVIIIe, au Nord du corps de logis, date des années 1903-1908 et marque la fin des transformations du château. L'ensemble du château a été très endommagé par un incendie en 1992. 

 Éléments protégés MH: l'ancienne basse-cour du château: l'aile d'entrée avec l'auditoire, l'ancien passage d'entrée avec la pièce à l'ouest et sa cheminée, la laiterie y compris le puits, le cellier et son entrée ; le bâtiment du XIXe siècle avec trois portes cochères dont celle du centre est surmontée d'un édicule avec une serlienne ; le logis du fermier ; l'ancienne chapelle seigneuriale avec son décor Renaissance et son enfeu : inscription par arrêté du 10 mars 2011. Le château : inscription par arrêté du 28 novembre 2011. 

 château de Polisy, rue des Ponts, 10110 Polisy

   

Château de la Cordelière

En 1591, Guillaume Hennequin de Vaubercey et sa deuxième épouse Catherine Mauroy, devinrent les tous premiers propriétaires de ce domaine qui revint ensuite à leur fille, Catherine Hennequin et à son époux, Sébastien de la Ruelle, gentilhomme de la grande Fauconnerie du Roi. Nicolas Parent, né à Chaource le 24 juin 1744, avocat du roi à Troyes le reçut en héritage. En 1780, il fit construire un château qu'il baptisa la Cordelière, celui que l'on nomme actuellement la petite Cordelière, Il mourut guillotiné sous la Terreur, le 4 février 1794. Sa soeur, Françoise, mourut ainsi que sa fille, en août 1802. En 1833, le fils de cette dernière, Frédéric Louis Micheau, devint le nouveau propriétaire de la Cordelière. Il fut conseiller général, Chevalier de Malte et nommé Comte Micheau de Chassy par le Grand Duc de Toscane. En 1852, le domaine revint à sa fille Aurélie-Louise qui épousa le Comte Gabriel Chandon de Briailles, propriétaire des vins de Champagne Moët et Chandon. Ils eurent deux fils : René né en 1853 et Frédéric en 1858. Après la mort de ses parents, Frédéric demeura à la petite Cordelière, chez ses grands-parents et devint le Vicomte Chandon de Briailles. Après son mariage avec Odette de Fontenay (du château de Vaux), il fit édifier en 1892, face à la Petite Cordelière, un magnifique château de style Renaissance entouré d'un parc avec jardin à la française. Le projet et les dessins du château sont dus à M. René Sauger, architecte-voyer en chef de la ville de Paris, et la construction à M. Emile Riché, entrepreneur à Troyes. A la mort de Frédéric le château fut habité par l'aîné de ses enfants, le Comte François Chandon de Briailles. En 1958, un groupe de médecins et d'industriels troyens loue le château qui est finalement vendu à un industriel belge. Avant que les membres du Golf Troyes le Cordelière ne rachètent la propriété. Le château est actuellement la propriété d'une société qui a transformé le parc en un terrain de golf: reconnu comme l'un des plus beaux de France. Le château, de style gothique et Louis XII, est composé d'un rez-de-chaussée et un premier étage éclairés de vastes fenêtres. On accède au rez-de-chaussée par un majestueux perron. Trois pavillons forment saillie sur chacune des deux façades. Au rez-de-chaussée un cabinet de travail avec cheminée au bois sculpté, une salle de billard Empire, un petit salon et un autre salon mais plus vaste et de style Louis XVI. Une première salle à manger et modeste de proportions, que rehaussent de somptueuses tapisseries, et, accédant dans le grand salon, la salle à manger pour réception. Cette pièce est la plus élégante du château, dominée par un plafond à chevrons apparents, ornés de dorures sur fond bleu et de boiseries sculptées sur ses murs. Une cheminée monumentale en marbre blanc, à bas-reliefs et à mascarons sculptés est copie exacte de celle qui se trouve dans la salle des Doges aux Pricuriaties de Venise. Au premier étage se trouvent les chambres. Au pied du château, une chapelle a été élevée en 1931 où est enterrée la famille Chandon de Briailles. 

 château de La Cordelière 10210 Chaource

Téléphone : 03 25 40 18 76

 

Château de Jaillac

Le château est situé tout au bout d'une large allée arborée. Cet édifice construit au XVIIIe siècle, est dans la même famille depuis cinq générations. L'ensemble présente de belles dépendances dont la grange et sa splendide charpente, le pigeonnier et ses poteries servant de nids, le corps de ferme, le verger et le potager à l'ancienne aux haies de buis. 

 Éléments protégés MH : les façades et toitures du château et de ses dépendances : inscription par arrêté du 2 novembre 1979. 

 Château de Jaillac 10410 Saint-Parres-aux-Tertres

   

Châteaux les plus consultés

(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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