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Château de Fléchères

Le site de Fléchères a eu pendant des millénaires un grand intérêt stratégique. Il contrôlait la descente à la Saône, le gué de Grelonges permettait une traversée relativement aisée. On rejoignait ensuite les cols du Beaujolais pour se diriger vers l'ouest de la France. Un camp romain a sans doute précédé le château fort, dont l'existence est attestée dès le XIIe siècle. La seigneurie de Fléchères est achetée en 1606 par Jean de Sève qui fait construire le château autour de 1606-1620. L'ampleur de sa composition d'ensemble, la qualité de son architecture et de son décor intérieur en font l'un des édifices majeurs de la région pour l'histoire de l'architecture civile du XVIIe siècle. Ferme bâtie en pisé comprenant quatre corps de bâtiments refermés sur une cour, elle conserve ses dispositions d'origine malgré les aménagements du XIXe siècle. Il subsiste du parc le premier jardin en terrasse au sud, des traces du bassin d'une seconde terrasse et les éléments du système hydraulique. 

 Éléments protégés MH: l'ensemble du château et son décor intérieur ; la terrasse au nord et le sol de la cour ; les façades et toitures des communs ; les douves et leurs deux ponts ; le jardin en terrasse: classement par décret du 11 juillet 1985. La ferme et le parc : inscription par arrêté du 28 août 2001. 

 château de Fléchères, allée de Fléchères, 01480 Fareins 

Téléphone : 04 74 67 86 59

Chateau d'Ambérieux-en-Dombes

La place d'Ambérieux, siège de châtellenie, est une possession ancienne des sires de Villars, remontant peut-être à la fin du Xe siècle. Elle est fortifiée sans doute depuis le XIIe siècle, mais les vestiges conservés paraissent dater du XIVe-XVe siècles. La tour sud-est, ruinée, est une construction du troisième quart du XIVe siècle: une analyse dendrochronologique a révélé une fourchette chronologique comprise entre 1371 et 1375 (date d'abattage des arbres). En 1402, la châtellenie d'Ambérieux est acquise par le duc de Bourbon et le château devient un enjeu des guerres opposant les ducs de Savoie et de Bourbon en Bresse. En 1408, le château est pris et incendié par les troupes de Viry au service du duc de Savoie, et c'est avec le plus grand mal que les troupes du duc de Bourbon réussissent à les déloger. Les hommes de Beaujeu conduits par le seigneur de Chateaumorant durent brûler les maisons situées dans l'enceinte pour contraindre les troupes savoyardes à se réfugier dans la tour, puis à se rendre. Par la suite, le roi de France Charles VI ordonna une enquête au sujet de cette bataille d'Ambérieux le 23 avril 1412. En 1451, une campagne de fortification et reconstruction est diligentée en prévision de la reprise des hostilités. Dans un premier temps, le duc de Bourbon autorise Claude Gaspard, receveur d'Ambérieux, à construire une tour au lieu dit La Goujonnière, proche du donjon, pour défendre la place et lui servir d'habitation. Bien qu'appartenant à l'enceinte du château, cette tour située au sud-ouest, demeure la propriété privée des Gaspard, seigneurs du Breuil et du Buisson, puis passe par mariage en 1615 aux seigneurs de Damas, marquis d'Antigny et comtes de Ruffey, qui seront gouverneurs de la souveraineté de Dombes de père en fils. La tour présente de larges baies moulurées à traverses et meneaux (remaniées), attestant un caractère résidentiel ancien. La même année, Antoine de Gletteins capitaine d'Ambérieux fait asservir un pré et une place près de la tour de Claude Gaspard pour la cuisine du château. Une autre tour, dite La Raffinière, est également mentionnée à cette occasion. Ainsi renforcé, le château d'Ambérieux résiste à l'assaut de 1500 hommes du duc de Savoie en 1460: "Le 10 mai 1460, les efforts combinés des garnisons de Pérouges, Miribel et Montluel vinrent se briser contre la solidité de ses murs et la bravoure de ses défenseurs". Pendant la période où la Dombes a été confisquée par François Ier, le château est vendu au riche lyonnais Thomas de Gadagne en 1537 et passe rapidement de mains en mains, avant d'être racheté et réuni au domaine. A l'occasion de sa réintégration, un procès-verbal rédigé en 1561 par le sieur Fergon, officier royal, et édité par l'abbé Longin en 1903, décrit le château décrit comme une forteresse en relativement bon état et encore convenablement armée et équipée. Le château possède alors quatre tours dont la tour de la Goujonnière au sud-ouest appartenant à un particulier (l'héritier du sieur du Buisson). Le donjon possède trois étages affectés au stockage des grains, la tour ronde sert de prison et la tour sud-est renferme l'artillerie et les armes. Le bâti du château est complété par "des appentis qui ne valent guère". L'enceinte est composée "de doubles fossés et de belles murailles de briques", ouvrant par un pont-levis. Cette première description connue mentionne également l'église paroissiale, construite dans l'enceinte du château. Malgré cette description positive, des documents de même époque indiquent que le château était en bon état vingt ans auparavant, mais que les engagistes l'ont laissé tomber en ruines: c'est donc à cette période d'aliénation au privé que remonterait la dégradation progressive du château, confirmée ensuite par toutes les descriptions postérieures. En 1567, des réparations sont ordonnées et financées à la fois par les habitants et les engagistes, en particulier au massif d'entrée et au pont-levis. Situé à l'est, le massif d'entrée comportait en 1706 une grande porte surmontée d'une tour, et une petite porte à côté, chacune dotée d'un pont-levis. A proximité de l'entrée, un bâtiment servant de corps de garde est également mentionné en 1706 (il s'agit probablement d'un des appentis cités en 1561). L'escalier du donjon, qui avait été décrit comme praticable mais dangereux en 1561, tombe en ruine dans le dernier tiers du XVIIe siècle. En 1706 un procès-verbal dressé par Louis Aubret, conseiller au Parlement et commissaire en la Chambre des Requêtes de Dombes, dûment assisté, contenant visites des Domaines de la Souveraineté, lors de la fin du bail du sieur Carton et à l’entrée du sieur de Saint-Hilaire, nouveau fermier: "c'est un carré flanqué de quatre tours; la porte étant du côté du matin, surmontée d'une espèce de tour, dont le couvert est entièrement ruiné. Les bois du pont-levis sont pourris et prêts à tomber. Une partie de la porte est couchée par terre, l'autre partie en tient attachée à l'empare que par un clou. A côté de cette grande porte est une petite, avec un petit pont-levis, dans le même état. Dans l'enceinte il y a, à droite, un puits sans margelle avec une maçonnerie ruinée, à gauche un bâtiment servant de corps de garde, avec sa muraille en partie abattue. La grande tour est à l'angle de matin et de bise. L'escalier est ruiné depuis trente ans, et on y monte par une échelle. Les planchers sont en ruine. Le rez-de-chaussée sert de prison. Une petite tour, à l'angle de bise et soir, a son couvert et son plancher en ruine. Une tout carrée, à l'angle de soir et de vent, appartenait aux seigneurs du Breuil, qui l'ont vendue avec une maison, qui sert de cure. Une tout carrée, à l'angle de vent et de matin, est en très mauvais état. Dans l'enceinte, il y a l'église paroissiale. Les murailles du château sont en assez bon état, avec une ouverture du côté du soir". En 1715, visite et rapport de l’état des maisons, bois, étangs et fonds dépendants des domaines de son Altesse en sa souveraineté de Dombes et des réparations qui y sont nécessaires, par Claude Saulnier notaire; Claude Mortier scribe; Claude Reyvon maître maçon à Châtillon: "nous nous sommes transportés au château dudit Ambérieu appartenant à sadite Altesse où étant nous avons reconnus à l’entrée dudit château du côté de matin qu’il y a une arcade où étoit autrefois la porte, n’y en ayant apresent aucune, nonplus qu’en une petite porte qui est à côté tirant à bize: audessus de la grande porte il y a encore une des lanees du pont levis sans chaine ny autre ferraille: endedans ladite porte il y a apparence qu’il y avoit une autre arcade qui est tombée: et à main gauche en dedans il y avoit une espèce de bâtiment servant de corps de garde: ladite entrée du château entièrement découverte sans qu’il y apparaisse aucun matériaux. L’église paroissiale dudit Ambérieu étant dans l’enclos dudit château à main gauche en entrant: ledit château enceint de murailles en assez bon état, sauf qu’elles ont besoin d’être remaillées en quelques endroits par le bas: aux quatre coins dudit château sont quatre tours: la première à main droite en entrant est quarrée elle a 70 pieds d’hauteur et 20 pieds de diamètres endedans couverte de tuilles a coupes; a laquelle suivant les apparences il y a eu autrefois quatre planchers, lesquels aussy bien que le couvert sont entièrement à bas et tous les matériaux à l’exception de quelques bois presque pourris. Plus avant tirant à main droite dans ledit château, à l’angle de soir à bize, est une tour ronde couverte de tuiles à crochet, le couvert de laquelle est les deux tiers pourry et les tuilles rompues sans porte ni plancher. A l’angle dudit château de soir à midy est une tour quarrée couverte de tuiles à coupes qui sert de maison curiale laquelle est en bon état; continuant la tour à l’angle dudit château de vent à midy est une autre tour quarrée couverte de tuiles à crochet, dont le couvert est aussi les deux tiers pourry, et la tuile rompue, aussy sans planchers. A l’entrée dudit château à main droitte il y a un puits qui s’est bouché par le moyen du débris de l’arcade de la porte qui est tombé dedans; et après avoir suputé et calculé les réparations article par article, nous estimons que pour mettre ledit château en bon état il en coûtera la somme de 6200 livres". Dans le procès-verbal de 1787; cahier contenant le détail des droits et domaines corporels de la principauté de Dombes: "suivant le dernier terrier renouvellé en 1675 par Chavent il y avait dans l'enceinte des murs de ce château plusieurs maisons toutes en censives de cette directe, mais toutes ont été détruites, il y existe seulement la maison curiale dont les bâtiments ont été formés de l'une des tours, l'église d'Ambérieux de moderne édification est aussi dans cette enceinte laquelle enceinte est formée par les murs en brique qui ont été considérablement dégradés en vertu d'arrêt du conseil obtenu par M. de Ruffé gouverneur de Dombes, pour réparer son chateau du Breuil. il existe encore trois tours qui sont sans charpente ny couverture une petite ronde, une grande carrée et une moyenne aussi carrée. il est prétendu que ces trois tours ont été abnevisées à M. Roux curé actuel d'Amberieux sous la redevance annuelle par un arrêt rendu depuis peu d'années mais cet ecclésiastique prétend qu'il y a erreur dans cette concession à son nom n'étant pas priscurable qu'un usufruitier comme luy puisse acquerir une propriété de ces trois batiments en brique et entierement deserts. Cy a porter pour. Les fossés qui entouraient le château contenant environ deux bicherées furent abnevisés par arrêt au conseil du 22 décembre 1765 a Philibert Linandas sous le cens servis de trente sous, ce terrin a passé en d'autres mains, il appartient aujourd'hui avec les maisons et batiments élevés en partie dessus à la fille mineure de feu Benoit Dupont boulanger et Marie Loup sa femme laquelle Marie Loup a la jouissance léguée jusqu'à la majorité de sa fille unique est observé néanmoins que de la totalité des fossés sont la contenance des deux bicherées il en appartient environ 1/8 au fils orphelin du nommé Carral qui l'avait acquis de François Linandas fils de Philibert lequel Carral devait pour cette portion 3' 9' de cens, restant le surplus à la dame mineure Dupont pour 3/4 et 1/8 au servis de 26' 3'. Ainsy pour cette partie à porter a la classe des revenus du domaine comme étant cru depuis le terrier". La commune achète les ruines du château le 14 juillet 1870 pour 500 francs. Le château fait l'objet de campagnes de restauration. La tour sud-ouest est restaurée entre 1916-1920. En 1916, l'architecte Henry-Edmond Moreau commence la consolidation de cette tour, mais ne peut l'achever faute de matériaux disponibles. Seul un étaiement d'attente est mis en œuvre, que retrouve P. Vorin dès 1919. Ce dernier achève la restauration de la tour en 1920. L'architecte Gélis assure le drainage général en 1936. Le donjon a fait l'objet d'une rénovation conséquente en 2010-2012. Les travaux ont consisté dans la consolidation du donjon par sa mise hors d'eau, en restituant le plancher du dernier niveau, en aménageant l'escalier intérieur, en créant quatre bretèches et une toiture à charpente apparente. L'ensemble comprend quatre tours inégalement conservées, une de plan circulaire (au nord) et trois de plan carré (le donjon au nord, une tour sud-ouest et une autre au sud-est). L'intérieur de l'enceinte trapézoïdale est occupé par l'église paroissiale et le presbytère. Les anciens fossés sont comblés et occupés par des maisons ou des jardins privés adossés aux murs, soubassements ou tours. L'ensemble des fortifications est construit en briques cuites dites carrons savoyards, à l'exception de surélévations en maçonneries de galets (tour sud-ouest). La tour sud-est est partiellement conservée (parties basses). La tour sud-ouest et le donjon, ainsi que la tour nord circulaire sont conservées en élévation. La tour sud-ouest, carrée, comprend deux niveaux, matérialisés par un plancher moderne (restitué); l'accès est possible par un escalier en charpente droit à retour. Le niveau inférieur est éclairé par des meurtrières, le niveau supérieur par de larges baies occultées par des fenêtres modernes à verre transparent. Le donjon compte quatre niveaux, déterminés par quatre planchers soutenus à l'origine par des poutres. Alors que le niveau 0 semble aveugle, les niveaux 1 et 2 sont éclairés seulement sur le côté sud, par une baie à coussiège; ces niveaux sont chauffés chacun par une large cheminée aménagée dans le mur est. Une troisième cheminée est encore visible sur le mur nord du niveau 3. Le niveau 4 est aujourd'hui coiffé d'une charpente supportant une toiture en pavillon couvert de tuiles plates vernissées (restituées).

Éléments protégés MH: les trois tours : classement par arrêté du 21 juin 1905. La tour carrée sud-est et sa parcelle d'assise, les courtines subsistantes et la parcelle d'assise à l'exclusion de l'église et des bâtiments modernes, ainsi que la montée Claude Donis, le tout sis au Bourg, rue Gombette : inscription par arrêté du 24 juillet 2019. 

 château d'Ambérieux, rue Gombette, 01330 Ambérieux-en-Dombes 

Téléphone : 04 74 00 84 15

   

Château de Joyeux

La famille de Meillet-Montessuy, industriels de la soie, fait construire le château de Joyeux comme résidence de plaisance. La conception du château fut une collaboration entre l'architecte paysagiste Henri Duchêne et Fernande Eynard, épouse de Georges de Meillet-Montessuy. Ce château représente l'unique réalisation architecturale de Duchêne. Plusieurs esquisses datent de 1897. La construction est achevée en 1902. Une allée d'honneur dessert les communs puis le château dont le plan est très irrégulier. Les façades sont faites de briques et de pierre de Villebois. L'architecture d'intérieur a fait l'objet de nombreuses recherches par Duchêne. La cheminée du hall ainsi que celle de la salle à manger ont été dessinées par l'architecte. Grand escalier en fer forgé. Le salon s'orne de décors stuqués rappelant les végétaux. Les plafonds sont couverts de papier peint d'origine inconnue. Une attention particulière a été accordée au confort : salle de bain et WC avec leur équipement. Le parc et les jardins sont aménagés en 1892, avant le château. Le paysage a été transformé par modification de la morphologie des étangs et de la lisière des bois pour composer quatre percées vers le grand paysage. Au premier plan, quatre parterres en contrebas de la terrasse. Les parterres nord et sud ont été dessinés après 1920 par Achille Duchêne, son fils. Le parterre ouest aurait été réalisé en 1938 par un autre paysagiste : René Edouard André. Dans l'axe de chaque parterre et selon les quatre points cardinaux, le paysage est mis en scène avec prairies pâturées, terres cultivées, étangs et villages et en fond de scène le paysage montagneux. Des bosquets d'arbres cadrent les perspectives. Un potager aux contours géométriques se trouve au sud-est. 

 Éléments protégés MH: le château de Joyeux en totalité avec son hall d'entrée équipé de son escalier d'honneur et de sa cheminée en pierre avec son trumeau ornée d'une tapisserie, le salon vert orné de boiseries et sa cheminée en pierre à trumeau orné d'un miroir surmonté d'une toile peinte, le grand salon avec sa cheminée en pierre à trumeau orné d'une toile peinte, ses stucs, ses boiseries et ses quatre meubles d'angle assortis à celles-ci, la salle à manger avec sa cheminée en pierre à trumeau orné d'une toile peinte, son vaisselier en alcôve avec ses boiseries de décoration, l'escalier de service, les toilettes du rez-de-chaussée, les vasques de pierre ainsi que les installations sanitaires et électriques d'origine, à l'étage partie nord-est la chambre rouge ornée de ses toiles de Gênes, à l'étage sud-ouest la chambre ornée d'un papier peint panoramique, les communs du château façades et toitures, le jardin régulier avec ses éléments de décoration, le parc et les parcelles sur lesquelles ils se trouvent : inscription par arrêté du 27 mars 2008. Toutes les parties construites et non construites du domaine, en totalité : classement par arrêté du 3 septembre 2009. 

 château de Joyeux 01800 Joyeux 

Téléphone : 04 82 91 95 90 

 

Château de Voltaire

Lorsque Voltaire achète le domaine de Ferney, il le reconstruit entièrement en prétendant diriger lui même les travaux dès 1758, en s'appuyant sur un architecte genevois, Jean-Michel Billon. Le château est terminé en 1762 et présente, côté cour, une façade classique organisée symétriquement autour d'une entrée encadrée de colonnes doriques jumelées, surmontée de pilastres corinthiens jumelés, doubles à l'étage et d'un fronton portant les armes du seigneur et celles de sa nièce, Mme Denis. La façade, côté jardin, était animée d'un avant-corps en arrondi, encastré de pilastres ioniques et couronné d'un fronton curviligne, il a été remplacé au XIXe siècle par une façade plate à fronton triangulaire. Le parc participe à la mise en scène du château qui domine le site notamment au sud par l'implantation de charmilles et vers l'ouest d'un jardin à la française, d'une pièce d'eau et d'une large terrasse. Il comporte une orangerie réalisée au début du XXe siècle. Au XVIIIe siècle, Voltaire fait aménager des ouvertures dans la frondaison des arbres, en contrebas de la terrasse, afin de dégager la vue vers les Alpes. La grange voisine était aménagée en salle de spectacle. Très vite, Voltaire se rend à l'évidence le château est trop petit pour accueillir ses nombreux visiteurs, alors il fait appel en 1765 à l'architecte et potier Léonard Racle pour ajouter deux ailes qui donnent à l'édifice son aspect définitif. L’État acquiert ce lieu de mémoire en 1999. Le château de Voltaire bénéficie d’une restauration complète de 2015 à 2018, durant cette période, l’intérieur du château ne sera plus accessible au public. 

 Éléments protégés MH: la maison de maître ; la chapelle isolée ; l'allée d'accès au château plantée d'arbres de 300 mètres de long ; le parc tel qu'il est délimité par les anciens murs : classement par arrêté du 13 décembre 1958. 

 château de Voltaire, allée du château, 01210 Ferney-Voltaire 

Téléphone : 04 50 40 53 21 

 

Château de Varax

Le château de Varax élevé au XIIIe siècle fut occupé par la famille du même nom, une des plus puissantes de la région. Véritable place forte, l'édifice subit au cours des siècles de nombreuses transformations conséquentes des assauts dont elle fut le théâtre. Le château de Varax est d'ailleurs presque entièrement dévasté en 1593. Reconstruit, le mobilier est vendu pendant la Révolution. Aujourd'hui, la partie la plus ancienne remonterait au XIVe siècle, correspondant aux deux tours carrées. Restauré, il n'est plus sombre et austère comme autrefois mais est devenu un édifice agréable grâce aux larges fenêtres percées sur la façade. Au début du XXe siècle, le verger qui composait la cour est remplacé par une pièce d'eau. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château (à l'exception de la façade ouest du bâtiment comportant quatre ouvertures modernes) et des communs; l'escalier à vis : inscription par arrêté du 29 septembre 1981. 

 château de Varax 01240 Saint-Paul-de-Varax

   

Château de Juis

La famille et l'ancienne seigneurie de Juys sont connues depuis l'an Mil jusqu'à l'extrême fin du XVe siècle. La fondation de l'église, accolée au château, remonte à 1097. La construction des bâtiments conservés s'échelonne entre le XIIIe siècle et le XVIe siècle; ils sont remaniés aux XIXe et XXe siècle. Le rez-de-chaussée du corps de logis (bâtiment est) paraît la partie la plus ancienne du château. Elle a pu être datée du dernier tiers du XIIIe siècle par analyse dendrochronologique (arbres abattus entre 1265 et 1270). Le château appartenait alors à Guillaume de Juis, connu par deux actes d'hommage en 1276 et 1284. L'édifice est ensuite agrandi au XIVe siècle, peut-être après son acquisition par Hugues de la Pallud en 1337. Ce dernier est considéré comme le bâtisseur du château de Bouligneux, qui présente une forte analogie avec Juis: corps de logis disposé en équerre à l'intérieur d'une enceinte de brique. L'édifice présente les caractéristiques des châteaux dombistes de la deuxième moitié du XIVe siècle, dont ceux d'Ambérieux-en-Dombes, Trévoux ou Saint-Trivier-sur-Moignans. D'après Humbert de Varax, les fortifications (chemin de ronde, merlons et créneaux, ainsi probablement que la tourelle) ont été élevées dans la deuxième moitié du XVe siècle par le duc Louis de Bourbon, qui s'est saisi du château en 1458. L'escalier en vis au sud-est, probablement contemporain d'une surélévation du logis, date du début du XVIe siècle. La tour d'escalier porte en effet les armes de Robert de Balsac, sénéchal de Gascogne, officier au service d'Anne de Beaujeu pendant la guerre folle puis de Charles VIII pendant les guerres d'Italie, devenu propriétaire de la baronnie de Juis en 1496. On peut dater de cette campagne les grandes baies à traverses et meneaux de l'élévation sur cour et la fenêtre finement moulurée conservée en élévation extérieure sud. La chapelle, ancienne église paroissiale de Juis construite dans l'enceinte du château, est désaffectée et abandonnée pendant la Révolution. Les habitants de Juis ayant officiellement renoncé à l'usage public de l'église et du cimetière en l'an XI, les vestiges de la chapelle sont démolis en 1824. Seuls subsistent les anciens fonts baptismaux, sculptés, et une statue de sainte Anne en remploi sur le portail principal. Il s'agit d'une construction massive et carrée, dotée d'une cour intérieure et surmontée de créneaux; un chemin de ronde en fait le tour et une tourelle est construite sur un angle évidé en trompe. Il existe encore le mur d'enceinte, les douves - matérialisées par des haies arborées, l'emplacement du pont-levis. Une statue de sainte Anne provenant de l'église anciennement située dans l'enceinte du château est placée au-dessus du porche. Actuellement bordé par la route départementale 88, le château lui-même s'inscrit dans un carré presque parfait, de 23 et 25 mètres de côté. La hauteur des murs est de seize mètres jusqu'au chemin de ronde, la tourelle se dresse sur douze mètres de hauteur. Les merlons des quatre faces des murs font deux mètres de haut. Une tourelle cylindrique couronnée d'une mitre tronconique s'élève en encorbellement sur l'angle sud-ouest. Les bâtiments d'habitation ouvrent sur la cour intérieure où ils occupent les faces sud et est. Ce sont des constructions de plain pied, à rez-de-chaussée formant cave (est) et communs (sud); à l'étage sont les pièces de réception (sud) et les chambres (est). Le sol de la cave est en terre battue, le plafond en poutres de chênes de neuf mètres de long. Les étages sont desservis par un escalier hors-œuvre en vis sans jour, en maçonnerie, aménagé dans l'angle sud-est. Un second escalier est construit au sud-ouest, contenu dans une tour en briques. Les ouvertures pratiquées sur le mur fortifié sont larges et ébrasées, occultées pour certaines d'une grille en fer forgé. Au nord-est du château, à l'intérieur et en bordure de l'enceinte, est bâtie une ferme de plan rectangulaire, également en briques. 

Éléments protégés MH: les façades et les toitures, le puits dans la cour et la partie subsistante du mur d'enceinte : inscription par arrêté du 4 mai 1984. 

 château de Juis, Route de Rance, 01480 Savigneux

   

Château des Allymes

Construit vers 1310, pour lutter contre l'influence savoyarde, il est principalement constitué en terre et en bois. Quelques années plus tard une trêve conclue entre les parties interdira l'édification de nouvelles constructions. Mais la trêve est peu respectée et chacun s'empresse de bâtir des châteaux en pierre. Les maîtres d'oeuvre des Allymes sont deux maîtres-maçons, Peronnet et Guillemet d'Hières. A partir de 1355, la forteresse perd sa fonction militaire afin de devenir le lieu de résidence de Nicod François qui l'a reçu en fief du Comte de Savoie. De 1536 à 1559, le roi François 1er envahit toutes les possessions savoyardes. Le Bugey revient dans le giron de la Savoie avec le traité de Cateau-Cambrésis qui met fin à la période française. Les grignotages des états entre la Savoie et son voisin la France, depuis la vente du Dauphiné à cette dernière, ne cessent. Il faudra attendre le 17 janvier 1601 et la signature de la Paix de Lyon pour que les territoires qui constitueront le futur département de l'Ain, Bresse, Bugey, Pays de Gex et Revermont soient rattachés à la France. Ce traité de paix signé entre le roi Henri IV pour la France et Charles-Emmanuel de Savoie, est négocié entre ambassadeurs déterminés. L'un d'eux, René de Lucinge, propriétaire habitant le château des Allymes, oeuvre pour le compte de la Savoie. Il a argumenté pour une paix salutaire et pour l'intérêt de son prince, sachant que la sagesse était de céder à la France les territoires conquis quelques siècles auparavant pour, disait-il, "carrer son pré". C'était aussi l'intérêt du roi de France. Le château passe successivement aux familles Suduyraud, Etienne, et Dujast, derniers propriétaires avant la Révolution. Les bâtiments, mal entretenus, subissent beaucoup de dégradations. Un descendant de la famille Dujast, Adolphe de Tricaud d'Ambérieu, entreprend de le restaurer à partir de 1847. Les courtines sont relevées, dotées à nouveau d'un chemin de ronde et la tour ronde est recouverte. En 1959, la famille de Tricaud vend le château à M. Peyre. Aujourd'hui, propriété de la ville, il est géré par l'association des Amis du château... 

 Éléments protégés MH: le château : classement par arrêté du 20 juillet 1960. Les ruines de l'ancienne enceinte extérieure, lieudit Bredevent : inscription par arrêté du 21 août 1967. Les vestiges de la basse-cour, de la barbacane, de la tour extérieure nord et de la courtine : classement par arrêté du 2 décembre 1993. 

 château des Allymes 01500 Ambérieu-en-Bugey 

Téléphone : 04 74 38 06 07

 

Château de Bouligneux

La première construction au XIVe siècle, sur ordre de Girard de La Palud, comprenait un corps de logis avec quatre tours, dont un donjon circulaire, reliées par des courtines. Etabli sur un tertre artificiel entouré d'un étang, l'accès au château se faisait par un pont-levis. L'aspect architectural imposant de ce bâtiment démontre son caractère défensif. Modifications à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle avec notamment l'ajout de deux ailes s'appuyant sur les courtines et élévation d'une galerie avec arcades et aménagements de l'intérieur. Pendant la Révolution, les tours symboles seigneuriales sont diminuées à la hauteur des bâtiments, mais le château n'est pas détruit, la municipalité ayant décidé de l'utiliser comme ferme et grenier à grain. En 1900, élévation d'une digue et destruction de la courtine ouest. 

 Éléments protégés MH: le château, l'enceinte, la cour, la tour et le portique : inscription par arrêté du 15 novembre 1926. 

 château de Bouligneux 01330 Bouligneux

   

Château de Pont-d'Ain

Château composé d'un bâtiment rectangulaire remanié au milieu du XVIIIe siècle sur trois niveaux, plus les combles. Au nord de ce corps principal, une porte ouvre sur une cour composée à l'ouest d'un bâtiment en pierre postérieur à 1843, et à l'est d'un bâtiment en partie reconstruit sur les murs médiévaux. Le logis principal comprend, en rez-de-chaussée, une pièce lambrissée Louis XV et un escalier en bois de la même époque (1594) restauré au XIXe siècle. Au premier étage, une chapelle peinte au XIXe siècle. A l'étage supérieur, une pièce contient des peintures pieuses de 1849, la partie nord de la toiture repose sur un mur partiellement recouvert de peintures murales. Les dépendances, aménagées dépôts par les prêtres, conservent des murs médiévaux une cave voûtée, un puits sans doute du XIVe siècle, et un four. Le jardin conserve le vestige d'une partie rasée du château avec un mur à coussiège et les restes de fortifications et des traces de fossés. 

 Éléments protégés MH: le château et ses abords : inscription par arrêté du 18 octobre 2004. 

 château de Pont d'Ain 01160 Pont-d'Ain

   

Château du Montellier

Au moyen-âge et auparavant, les élévations coniques que l'on rencontre nombreuses en Bresse étaient connues sous le nom de poypes. Pour la plupart elles consistaient en un amas de terre rapportée et formaient une éminence sur laquelle le chef bâtissait son habitation. Dans nos régions, elles entraînèrent bientôt une idée de souveraineté, et qui disait poype disait château, poypia seu castrum, ainsi qu'on le lit dans les anciennes chartes dauphinoises. Plusieurs châteaux ne portaient même pas d'autre nom; de ce nombre est celui d'Amareins et une résidence célèbre au nord de Lyon qui est encore désignée sous ce nom, la Pape, en latin Poypia. La modeste habitation du chef fit bientôt place au donjon féodal qui répondait mieux aux nécessités de la défense, et plus tard, lorsque la population s'accrut, les tenanciers devinrent plus nombreux,et le castrum primitif ne pouvant plus les contenir, une seconde enceinte se formait et le château devenait une petite ville. Telle fut la voie suivie dans le développement du Montellier; car le château consiste en un donjon accolé à un corps de bâtiment couronnant la poype primitive et dominant une vaste cour entourée d'une enceinte continue de neuf tours carrées, reliées entre elles par des courtines auxquelles sont adossées les constructions nécessaires et accessoires. Le château proprement dit, auquel on monte de la cour intérieure par une rampe contournant la poype, consiste en un donjon circulaire regardant la campagne et débordant les courtines de l'enceinte de presque son entier diamètre. Cette tour, que l'on aperçoit de très loin, est haute d'environ seize mètres, et les murs varient d'un mètre trente centimètres d'épaisseur à la base, à quatre-vingt-dix centimètres au niveau de la toiture. L'étage inférieur seul est voûté en calotte. Autrefois, cette salle ou crotte contenait les armes, l'artillerie consistant, au XVIe siècle, en quatre canons et deux serpentines et les chaînes pour deux ponts-levis, ainsi que nous l'apprend l'inventaire de 1582. Actuellement cette salle sert de chapelle, destination à laquelle elle fut consacrée par la famille de L'Hospital Saint-Mesme, vers la fin du XVIIe siècle, ce que nous prouvent leurs armoiries peintes à l'intérieur au-dessus de la porte d'entrée. Les étages supérieurs n'ont rien qui les fasse remarquer, sauf les latrines qui, comme au château de Coucy, sont ménagées dans l'angle qui relie le donjon au château. Une des salles contient un point trigonométrique élevé sous le premier Empire. L'étage supérieur, auquel on parvient par un étroit escalier ménagé dans l'épaisseur du mur intérieur, est percé de deux rangées de trous carrés, régulièrement espacés et destinés à fixer les hourds ou galeries extérieures surplombant la base de la tour. Une petite fenêtre garnie d'un banc marque la place du gaytier ou sentinelle qui sondait toujours le lointain afin d'annoncer les arrivants, amis ou ennemis. Le donjon s'ouvre à l'intérieur sur un corps de bâtiment de deux étages, composés chacun d'une salle communiquant à deux autres tournelles flanquant la porte d'entrée. Au XVIe siècle, l'on communiquait encore par une échelle de l'étage inférieur à la salle supérieure; actuellement une des tournelles contient un escalier en bois. Au-dessus de la porte ogivale, entre les tournelles est une pierre portant les armes de la famille Chevrier de Saint-Maurice. A l'extérieur, le pied de la tour du donjon est protégé par un mur ou chemise à plusieurs faces, présentant à la oampagne un angle aigu; l'entre-deux est garni de terre et couronné d'un parapet dont la construction nous paraît plus récente. Cette sorte de terrasse ou fausse braie qui garantissait le pied de la tour contre la sape, se relie aux courtines du château, où on ne peut pénétrer que par une porte solide et étroite communiquant avec le chemin de ronde qui aboutit à la demeure du seigneur. L'inventaire de 1582 mentionne cinq chaînes en fer pour faire baisser et lever un grand et un petit pont-levis, et nous ne sommes pas éloigné de croire que le petit reliait le chemin de ronde avec le donjon, isolant ainsi ce dernier, qui l'était déjà par ses fossés, et le mettant à même de résister seul au cas où l'ennemi se serait emparé de l'enceinte soit baille inférieure. La grande porte du château est flanquée par le donjon et par une autre tour nommée la tour de l'Horloge (dans le partage de 1488), et nous croyons qu'elle a dû, en outre, être défendue par un ouvrage avancé dont toute trace a disparu depuis longtemps. Elle était battue par un grand mâchicoulis dans l'angle, semblable a celui de la porte de Villeneuve-sur-Yonne. A la tour de l'Horloge se relie un corps de bâtiment qui doit remonter au XIVe et peut-être même au XIIIe siècle. La pièce la plus rapprochée de la tour avait deux fenêtres, l'une ayant vue sur le calme paysage de la campagne et le doux miroitement de l'eau, tandis que l'autre donnait sur la cour intérieure en face des escaliers montant actuellement au donjon. C'était, au XVIe siècle, la chambre de dame Jacqueline de Montbel, épouse de l'amiral de Coligny, et si quelque lectrice est curieuse de connaître le mobilier qui la garnissait, en voici les principaux objets: Deux buffets en bois de noyer, garnis de ferrures et d'esparres, et fermant à clé; une table en noyer avec ses allonges, le long de laquelle étaient placés deux bancs du même bois; il y avait aussi une autre petite table en sapin susceptible d'être transportée selon les caprices de la châtelaine. Le lit était mi-cerisier et noyer, à colonnes et garni de quatre vergettes pour porter les rideaux. Dans un coin l'on voyait une chaise ou chaire en noyer "faict à l'anticque", ayant un pied brûlé. Près du grand lit il y en avait un autre en noyer. Le nécessaire est inventorié ainsi: "ung petit charriot de boys noyer soubz le grand lict. En guise de chandeliers un cinnacle de fer à deux branches et huit becs". Dans la chambre de la tour qui servait de garde-robe se trouvait un coffre en noyer contenant les livres de reconnaissance du Montellier, un lit de camp, plus un autre lit à quatre colonnes, et en cas de besoin il y avait même une arbalète. Cette pièce communiquait au parquet de la grande salle peinte où logent les gentilshommes. De nos jours cette salle est divisée en plusieurs chambres et il ne reste aucune trace de ces peintures qui, au moyen-âge, décoraient toutes les salles des châteaux. Au fond était une estrade servant à rendre la justice et à recevoir les reconnaissances; aussi nombre d'actes des archives ont été passés "in aula magna castri Montellieri". Cette salle contenait plusieurs lits, des bancs pour mettre les selles des chevaliers et un lustre ou girouette pendant du plafond. Parmi les meubles on trouve mentionné, en 1582, "deux fertz servants a rostir le fromaige". Sous cette salle s'étendait la cuisine dont les meubles et ustensiles étaient nombreux et en meilleur état que le reste. Cette salle est désignée dans le partage de 1488 comme étant magna aula antiqua, car il y avait déjà à cette époque une magna aula nova; cette dernière est un peu plus longue que l'autre et nous inclinons à croire qu'elle fut bâtie vers la fin du XIVe siècle et peut-être servit-elle à loger des compagnies allemandes prises à la solde du seigneur; car il existait une tour portant le nom de turris freydenosse, ou à notre avis, tour des libres et gais compagnons, en allemand freigenossen. La salle, elle-même, porte au XVIe siècle le nom de salle des libres valets, freydevaulx. Quoi qu'il en soit, elle dut être construite pour loger les militaires inférieurs. De nos jours, elle est divisée en deux pièces et les armoiries de la famille de Chevriers, qui se trouvent sur le manteau de la cheminée, assignent comme date des réparations le milieu du XVIIIe siècle. Au XVIe siècle, elle était en fort mauvais état, car les murs étaient soutenus par des étais. Au-dessous de cette pièce s'étendaient de vastes écuries afin que les hommes d'armes eussent leurs chevaux sous là main en cas d'alerte. Entre les deux salles se trouvait un escalier conduisant à l'étage supérieur d'une tour, d'où par une porte ogivale l'on pénétrait dans une pièce carrée, au coin de laquelle s'ouvrait une niche servant à donner la torture, "ung troz passant dessoubz lequel longtemps ha qu'il a esté faict pour bailler la torture a ung prisonnyer". La quatrième tour, à partir de celle de l'Horloge, portait le nom de tour des Prisons. On parvenait par le chemin de ronde à une chambre nullement ajourée. Au centre du plancher existait un oeil circulaire communiquant au rez-de-chaussée qui était voûté en calotte et n'avait aucune autre ouverture. C'était là une chartre privée ou vade in pace, et certes on pouvait y "mourir faute d'air" comme cela avait lieu, en 1398, au Petit-Châtelet de Paris. Lorsque le présent propriétaire a fait percer le mur de cette salle souterraine, il y trouva, nous a-t-il assuré, un crâne et un squelette presque entier; ce malheureux avait creusé une sorte de souterrain sous les fondations de la tour, espérant sans doute s'en échapper; mais le manque d'air et peut-être de nourriture l'empêchèrent d'achever sa tâche. Les autres tours, sauf deux, ne méritent aucune mention; l'une, la tour Grôlée, porte encore le nom d'une illustre famille do la Bresse qui, pendant longtemps, a possédé la coseigneurie du Montellier, on y distingue la trace des hourds et les armoiries des Grôlée, gironné d'or et de sable, qui se trouvent gravées sur une pierre encastrée dans le mur latéral du portail principal, surmontaient probablement son entrée. L'autre tour est située à l'endroit le plus faible du château, elle est peu flanquée, mais fort épaisse et engagée dans la courtine par une face; en outre, cette tour ainsi que la précédente pouvaient se défendre isolément des meurtrières circulaires surmontées d'une mire. L'ensemble de l'enceinte présente neuf tours carrées qui se ressentent, quant à la forme, de l'influence italienne qui tendait à supprimer les tours circulaires; un talus descend de leur base jusqu'au fossé qui entoure le château. Les matériaux de construction consistent partout en briques sans aucun mélange de maçonnerie. Un cordon continu de billettes couronne les murs. Le château était alimenté d'eau par un puits abondant situé au pied de la poype. Le Montellier et le pays environnant suivit toutes les fluctuations de la région où il est situé; successivement envahi par les Burgunden, incorporé à l'empire de Charlemagne, il échut à Lother, puis fit partie de la Bourgogne transjurane. Cette dernière transition nous conduit au seuil de cette époque indécise où la féodalité, relevant de l'empire, ne craint plus rien de ce suzerain éloigné, lève l'étendard de la révolte et fonde cette fourmilière de petits États indépendants et batailleurs qui, hérissant le sol de leurs tours, levaient des impôts si lourds qu'ils paralysèrent le commerce et le peu d'industrie de cette époque. Les Villars firent partie de ce mouvement et devinrent les suzerains du Montellier. Le territoire ou la commune environnant le château relevait partiellement de diverses maisons religieuses; ainsi en 1097 nous trouvons Bérard de Saint-Trivier, chevalier, miles donnant à l'obéance du prieuré clunisien de Montberthoud le mas de la Combe Gislier qu'il possédait au Montellier. Taudis que Montberthoud devint décanat, le Montellier devint prévôté, soit cure. Ce dernier fait nous est connu par un acte du mois d'août de l'an 1242, par lequel Jean, fils de Michel Donet, vendit à Guichard de Birisuel tous les droits qu'il possédait en la prévôtédu Montellier pour 64 sous forts, de Lyon, cinq ânées de seigle et neuf bichets de millet. La famille de Sure si célèbre dans les annales du XVe siècle par la trahison d'Antoine de Sure et son exécution, possédait aussi une partie delà dîme du Montellier, car en juin 1285, Guigue de Sure reconnaît la tenir en fief du Chapitre de Saint-Jean de Lyon, moyennant la somme de 102 livres viennoises. A cette époque le château appartenait à des seigneurs qui en portaient le nom et relevaient des sires de Villars. Dans son Histoire de la Bombe, Guichenon nous apprend qu'ils portaient d'argent à trois bandes de gueules. Le plus ancien seigneur de ce nom, dont l'histoire nous ait transmis le souvenir, est Bermond, un des 18 chevaliers qui, en 1186, s'engagèrent à se constituer comme otages au monastère de l'île Barbe avec Uldric de Villars, au cas où Etienne de Villars ne tiendrait pas sa parole à propos d'une donation qu'il avait faite à cette célèbre abbaye. Le nom de Bermond de Montellier est placé immédiatement avant celui de Pierre de la Palud, ce qui prouve en quelle estime cette famille était tenue; car dans les chartes dei cette époque il est rare que la hiérarchie soit oubliée dans une énumération de seigneurs. En 1209 on trouve un Pierre de Montellier au nombre des chanoines comtes de Lyon. Dans son Histoire de Bresse, Guichenon nous apprend l'existence de Hugues, de Berlion et de Humbert de Montellier qui vivaient, assure-t-il, vers 1235. Enfin, par le testament de Chatard de Chamarcin, doyen de l'Église de Lyon, en date du 4 novembre 1283, nous apprenons qu'il laissa dix livres viennoises à Guigues de Montellier. Etienne de Villars fut un des seigneurs qui allèrent à la première croisade, mais nous ne savons point si quelque seigneur du Montellier l'y accompagna. Au cas contraire, ils eurent à faire bonne garde chez eux; car les manichéens, qui se rattachaient, par les doctrines, aux pauliciens de l'Orient et que l'on connaissait en France sous les noms divers de Picards, Patarins et plus tard d'Albigeois, parcoururent le pays par bandes nombreuses se livrant à toutes sortes de déprédations, du moins d'après l'assertion de Gâcon, qui leur donne le nom de Côtereaux. Les seigneurs de Villars, quoique possédant de vastes et riches domaines, eurent toujours une nombreuse lignée féminine qu'il fallait doter, ce qui les conduisait à emprunter des sommes considérables qu'ils ne pouvaient restituer à l'époque fixée. Leurs créanciers les pressaient, et pour les satisfaire, ils se voyaient obligés à aliéner les terres et fiefs qu'ils tenaient de leurs ancêtres, et c'est ainsi qu'ils préparaient la ruine de leur famille. Le premier exemple d'une transaction semblable remonte à l'an 1227, où Etienne de Thoire-Villars engagea à Humbert de Beaujeu l'hommage du Montellier et celui d'autres seigneuries pour une somme de 408 livres que son voisin d'outre-Saône lui avait autrefois prêtées. Le même Etienne renouvela cet hommage l'année suivante; mais il le fit debout en signe d'indépendance, puis plus tard, en 1253, Béatrix de Fauciguy, mère et tutrice de Humbert VIII de Thoire-Villars, dut le renouveler à son tour. En août 1271, Renaud de Forez et Isabelle sa femme, qui avaient recueilli l'héritage de Guichard do Beaujeu, exigèrent d'Humbert de Villars l'hommage pour les bourgs de Villars, la poype de Monthieu, à l'exception de la salle basse et les châteaux de Loyes, de Montelier et de Corsieu. En 1291, nous trouvons Berlion de Montelier prêtant au sire de Villars l'hommage pour le Montelier, mais à genoux et les mains dans celles de son seigneur comme c'était alors l'usage. Au XIVe siècle, pendant que la guerre de cent ans ensanglantait la France occidentale, une miniature de cette lutte jetait l'épouvante et semait la ruine sur les versants septentrionaux des Alpes. Les comtes de Savoie et les Dauphins n'étaient point d'accord sur une question de succession; de là des luttes interminables auxquelles tous les seigneurs du voisinage durent prendre part. Les sires de Beaujeu embrassèrent le parti du comte Edouard contre le dauphin Guigues, mais malheureusement, la fortune était parfois infidèle aux armes du comte, et en 1325, pendant qu'il poussait le siège du château de Varey, il fut attaqué par l'armée du dauphin et complètement mis en déroute. Le sire de Beaujeu avec un grand nombre d'autres seigneurs tombèrent prisonniers entre les mains de l'ennemi. A cette époque, il était de bonne politique de tuer fort peu et de faire le plus de prisonniers possible; cette manière de guerroyer rappelait les guerres des républiques italiennes où il y eut plusieurs batailles sans un seul mort. Les routiers de R. de Villandrado n'en agirent pas autrement à la bataille d'Anthon et ailleurs. Le sire de Beaujeu dut payer une forte rançon et entre autres terres et droits, on exigea de lui l'hommage sur le Montellier. Voici les termes mêmes de l'acte qui fut passé à Saint-Vallier, le 21 novembre 1327: "Item dictus Guiscardus dédit et tradidil direction dominium et feudum poypioe del Montellier, poypioe de Corzieu, etc. Comme toute fidélité mérite récompense, le sire de Beaujeu reçut du comte de Savoie l'inféodation de Coligny-le-Neuf, Buerne, Thoissey et Lent, plus la promesse de 40000 livres viennoises, ainsi qu'il en "conste" par l'acte du 29 janvier 1338. Ces changements multiples et l'enchevêtrement inconcevable d'hommage à divers degrés de fiefs et d'arrière-fiefs, dépendants de seigneurs plus ou moins éloignés les uns des autres, ne pouvaient qu'engendrer des différents sans fin. Ce fut pour cette raison, qu'en 1312, les seigneurs de Villars et de Beaujeu furent obligés de passer une convention par laquelle ils s'engageaient réciproquement à ne prendre en fief ou arrière-fief aucune terre qui ne relèverait de l'autre. Le château du Montellier fut bâti vers cette époque, si toutefois il n'existait point auparavant; car Guichenon nous assure que sa construction fut due à Humbert de Thoire-Villars. Quoi qu'il en puisse être, il élevait déjà fièrement ses tours le 9 mars 1331; puisque, à cette date, Jean de Villars le reçut en avancement d'hoirie avec le village de Joyeu et d'autres dépendances. Ce Jean de Villars parut, en qualité de seigneur du Montellier, à l'acte de promesse faite en 1345 par plusieurs grands seigneurs d'observer le traité que le Dauphin et le Roi de France venaient de signer entre eux. Il eut pour fils Eudes ou Oddon, un des plus illustres possesseurs de notre château. Feudataire du comte de Savoie, il dut suivre son suzerain dans la guerre du Milanais contre Galéas Visconti. Il s'y distingua par plusieurs actions d'éclat et particulièrement à la bataille d'Asti. Cette ville était assiégée par les Milanais, lorsqu'ils furent attaqués par les troupes de Savoie commandées par Oddon qui les défit complètement. Leur chef prouva par là qu'il n'était point indigne de la chevalerie qui lui avait été conférée avant la bataille par le comte Vert en personne, et après laquelle cérémonie "sonnèrent trompettes et menestriers en actendant à grand bandeur leurs ennemis". Lors des différends qui surgirent entre Araédée V, Amédée d'Achaïe et le marquis de Saluées à propos de l'hommage de ce dernier marquisat, les parties, d'en commun accord, ne crurent pouvoir faire mieux que de s'en remettre à l'arbitrage d'Oddon. La renommée de sa sagesse et de sa valeur était si grande que les États de Savoie le désignèrent comme conseiller nécessaire auprès de Bonne de Bourbon, tutrice d'Amédée VIII. Lorsque le prince fut recherché en mariage par le duc de Bourgogne, qui voulait lui faire épouser sa fille, ce dernier se confia à Oddon du soin de faire réussir sa demande. La négociation aboutit et le jeune comte Amédée fut conduit par le seigneur de Montellier à Tournus où les attendaient le duc de Berry et le duc de Bourgogne. Le mariage fut conclu sans aucun retard, et pour le remercier et l'honorer en même temps, Oddon fut nommé gouverneur et compagnon du comte. Il devint plus tard gouverneur de Savoie et en cette qualité, en novembre 1397, il signa l'ordonnance autorisant le fameux duel entre Othon de Grandson et Gérard d'Estavayer. Ce fut encore à lui que les serfs de Montberthoud durent leur affranchissement, au moins partiel. Enfin, pour comble d'honneur, il fut nommé chevalier de l'Annonciade et obtint ainsi le droit de signer les contrats de mariage des princes de Savoie et d'avoir la préséance sur tout autre auprès de la personne du souverain. En reconnaissance des excellents conseils de son gouverneur,qui mourut en 1419, Amédée VIII lui fit célébrer de splendides obsèques, le 20 mars 1419, à l'abbaye de la Chassagne; treize cent cinquante-sept chapelains ou religieux y assistèrent et l'on présenta dix chevaux à l'offertoire de la messe. Ce noble témoignage de l'estime d'un grand prince pour un fidèle serviteur est aussi glorieux pour l'un que pour l'autre. Le noble défunt ne laissa point d'enfants d'Elise Baux, sa femme, et son héritage fut recueilli par ses soeurs, les dames de Montbel et de Montrevel. Le Montelier échut à la dame de Montbel, épouse de Gui de Montbel d'Entremont. Il resta dans cette famille jusqu'au mariage de Jacqueline de Montbel avec l'amiral Gaspard de Coligny. Cette famille eut à remplir quelques obligations contractées par les anciens possesseurs du Montelier. Ainsi Gâcon nous apprend que Jean de Villars, grand-oncle de Guigues de Montbel, avait légué 800 florins à l'abbaye de la Chassagne. Cette somme ne fut jamais soldée et à la mort de Guigues, advenue en 1435, il légua à l'abbaye les dîmes du Montellier et de Joyeu en paiement de cette dette. Quatre ans plus tard, le 21 mai 1439, frère Guillaume Rivier, abbé de la Chassagne fit abandon de tous les droits qu'il avait acquis sur la seigneurie de Montellier entre les mains de Jean de Seyssel, seigneur de Barjact, maréchal de Savoie et tuteur de Jacques de Montbel, et cela moyennant la somme de 300 florins de Savoie. Les seigneurs de Montbel ne possédaient qu'une portion du Montellier, car le reste provenant de la succession d'Etienne de Montellier, dernier seigneur de ce nom, passa aux mains de la famille d'Ars en la personne de Roland d'Ars, héritier universel dudit Etienne. Guillaume, fils de Roland, en jouit à son tour, et à sa mort, sa part de droits échut à Anthonie sa fille, épouse de Guillaume de Chiel. La juridiction sur les hommes et les biens qu'il possédait au mandement du Montelier avait été confirmée à Guillaume d'Ars par Jean de Villars, le 22 mai 1347. Guillaume de Chiel dont nous avons déjà parlé, eut plusieurs démêlés avec Jean de Villars, frère d'Oddon, qui exerçait la haute juridiction au Montellier. A la demande de Guillaume, une enquête eut lieu en 1367 sur l'autorisation d'Oddon de Villars, qui était alors à Lyon. Cette pièce nous apprend que les seigneurs de Montellier levaient les bans mais n'exécutaient pas, car un certain Darus, homme du Dauphin, fut conduit en chemise et la tête nue, au pied du pont du Montellier, et là, livré aux hommes du comte deVillars le pendirent. A la mort d'Oddon, le château était possédé en coseigneurie par la famille de Montbel et par celle de Chiel; celle-là en possédait le donjon et l'ancienne salle, celle-ci jouissait du château et du mandement judiciaire qui lui fut confirmé, le 24 janvier 1474, par Guillaume de Montbel, seigneur de Nattage et comte d'Entremont, moyennant la somme de 500 écus d'or. A cette époque, le château dut être maintenu en état permanent de défense, car les grandes compagnies de routiers ou d'écorcheurs que la cessation des guerres avait laissées sans occupation, rôdaient de tous côtés dans des intentions peu rassurantes pour des places isolées comme le Montellier. Le capitaine Simon s'était emparé de Neuville-sur-Saône en 1443, et il ne fallut rien moins que la célèbre bombarde la Gandinette, fondue à Bourg, pour l'en déloger. Les nombreux boulets en fer trouvés soit à l'intérieur soit à l'extérieur des remparts du Montellier,sont peut-être les souvenirs de sa visite au château. D'autres bandes connues sous le nom de Verts-manteaux, venant du pays de Foix, ravagèrent le pays à leur tour vers 1483. Ces incursions presque toujours imprévues obligeaient les seigneurs à se pourvoir d'armes nouvelles, et le canon tubulaire en fer forgé qui existe encore au château doit dater peut-être du XIVe siècle. La race des seigneurs de Chiel s'éteignit en la personne d'Oddon, dont le testament est daté du 22 décembre 1485. Il veut être enterré dans la chapelle de St-Laurent, fondée par ses ancêtres en l'église Ste-Madeleine du Montellier, et exige en outre que l'on réunisse deux cents prêtres pour chanter l'office des morts. Le luminaire consistait en cinquante torches et vingt-quatre cierges. Jeanne de Saint-Trivier, sa deuxième femme, reçut sa maison de famille,et ses deux filles, Françoise qu'il avait eue de Marguerite Maréchal, sa première femme, et Claudine qu'il avait eue de la seconde, furent constituées héritières universelles. En 1488, les deux enfants encore en tutelle partagèrent le château du Montellier entre elles; à Claudine qui épousa plus tard Jacques de Grôlée, échut la grande tour ou est l'horloge, l'ancienne grande cour avec le four et la tour appelée Freydenosse, avec la cour depuis le coin de la grande cour neuve jusqu'au coin des étables anciennes; Françoise, qui épousa Charles de Montbel, eut la maison haute, moyenne et basse, la tour de Fréchet, la tour de Bergier haute, moyenne et basse et une portion de la cour à prendre du coin des étables anciennes jusqu'au coin de la maison neuve. Le puits et le pressoir restaient en commun. Les seigneurs de Montbel possédaient déjà le donjon et des parties non mentionnées, et par le mariage de Charles, la part des Grôlée se réduisit à bien peu de chose. Les deux coseigneurs ne tardèrent à voir surgir entre eux des démêlés au sujet de la juridiction sur les hommes de leur ressort, et de nombreuses transactions eurent lieu. La dernière (1513) est un arbitrage émanant de révérend père en Dieu, messire Jean de la Forest, grand aumônier de Savoie, prieur de Nantua, assisté de Joffrey Passier, avocat fiscal général de Savoie, et de noble Claude de Mareste, seigneur de Luissey (Lucey) et du château de Culle. Ce personnage eut l'idée bien simple de donner les noms de tous les hommes relevant de la juridiction du seigneur de Grôlée et ainsi fut calmée cette tempête dans un verre d'eau. Le traité avait été réglé l'année précédente par le duc de Savoie, deux tiers devaient échoir au seigneur de Montbel et un à son voisin de Grôlée. Le comté de Villars étant échu au bâtard René de Savoie, Charles de Montbel lui en fit hommage en 1499. Jacques de Grôlée s'exécuta aussi et en reçut sa mise en possession le 4 août 1499. Malgré cette dernière accession de puissance, la famille de Montbel parvint à réunir le Montellier entre ses mains le 2 juin 1554 que Sébastien acquit d'Etienne de Grôlée sa portion du château en échange du fief de Virignin. Une autre et dernière parcelle fut rachetée de Françoise de Grôlée, le 9 décembre 1588. La seigneurie du Montellier fut alors agrandie de deux de ses anciens fiels: Cordieu-la-Ville et Gletteins provenant de la famille de Franchelins qui les avait cédés à Charles de Montbel, le 29 novembre 1500. Ce fut Sébastien qui fit construire l'édifice qui se trouve au delà de la prison, ainsi que nous l'apprenons par la date placée sur la façade: 1508. Sébastien, après avoir hérité de tous les biens de son frère Révérend Claude de Montbel, prieur de Conzieu et de Clarafond, Sébastien dut chercher femme pour partager son opulence et égayer ses loisirs. Son choix tomba sur Béatrix Pacheco, parente de cette héroïque dona Maria Pacheco, veuve de Juan de Padilla, qui se défendit si bravement dans Tolède contre les armées royales. Cette jeune Espagnole fut élevée dès son bas âge à la cour de France par la reine Eléonore,elle même espagnole. François 1er la naturalisa française par lettres datées de Saint-Germain-en-Laye en mars 1545. Lors de son mariage, la reine de France voulant lui donner un témoignage de sa haute amitié lui fit présent de 30000 livres tournois et le roi ne voulant point être en retard de générosité grossit la somme de 20000 livres. La reine Eléonore lui laissa en outre par son testament un legs de 800 écus de rente que sa fille et héritière, l'infante d'Espagne, ne se hâta point de solder, ainsi que le constatent les titres existant aux archives du Montellier. De ce mariage qui eut lieu le 17 novembre 1559 naquit Jacqueline de Montbel. Cette malheureuse favorite de la reine Eléonore, après deux mariages illustres, devait mourir ignominieusement dans un cachot victime de ce qu'il est convenu d'appeler raison d'État. Son premier époux fut Claude de Bastarnay, fils de René de Bastarnay et d'Isabeau de Savoie. De cette union ne naquit aucun enfant. En deuxièmes noces, la jeune veuve épousa l'illustre amiral Gaspard de Coligny, issu d'une ancienne et puissante famille du Revermont. A l'époque où il fut recherché en mariage par l'héritière du Montellier, l'amiral se trouvait à la Rochelle, le principal boulevard du protestantisme. Malgré l'impatience de dame Jacqueline, le voyage était trop long pour qu'elle pût l'entreprendre et il lui fallut attendre. Mais elle se rendit à Cerdon en Bugey, et là, par-devant maître Pierre Ravier, notaire, elle passa procuration au seigneur de Belmont qui devait se rendre à la Rochelle et conclure ce mariage. L'acte passé le 10 février 1571, fut dûment scellé d'un sceau en placard de cire rouge et confié au mandataire qui, malgré les dangers d'un long voyage, arriva sain et sauf à sa destination. Telle fut la diligence du seigneur de Belmont, que le contrat de mariage fut signé le 24 mars par-devant Arnauld Salleau, notaire de la ville. Les parties contractantes déclarant réciproquement se prendre "pour mary et femme, toutesfois et quantes que l'un par l'autre en sera requis par devant l'église de Dieu". Tous les biens de la famille lui furent remis en dot, sauf l'usufruit que se réservait son père, de qui elle reçut pour subvenir aux frais du mariage, la jouissance de son comté, chastel, terre et seigneurie d'Entremont. Cette union ne fut pas de longue durée et l'amiral n'eut que le temps de venir visiter son épouse et son nouveau château, où depuis lors la chambre de la châtelaine porte le nom de chambre de l'amiral. S'il eût pu jouir longtemps de la vue si calme de la Dombe, il n'aurait pas été présent à Paris lors de cette triste journée du 24 août 1572, où la fureur et la trahison de Besme traînèrent ses cheveux blancs dans la boue, déjà ensanglantée parle meurtre de ses coreligionnaires. Le massacre de la Saint-Barthélémy a été enregistré en ces termes par l'amiralle sur la garde d'un volume que l'on conservait encore au château de Châtillon vers la fin du XVIIe siècle: "Le 24 août 1572 a été mis à mort monseigneur et mary Gaspard de Châtillon, admiral de France, avec beaucoup de noblesse française et de peuple; ayant laissé sa désolée femme grosse de cinq mois". Sur le même feuillet on lisait: "Le 21 décembre 1572, fut née Béatnx de Coligny, ma fille, à 10 heures du matin, à Saint-André de Briord en Savoye". Laissons vagir l'enfant dans son gracieux berceau, et sans nous arrêter au jugement du Parlement de Paris, qui déclare les enfants dudit feu de Coligny ignobles, vilains, roturiers, intestables, indignes et incapables de tenir office,retournons auprès de sa veuve en deuil et suivons-la à travers les phases de son orageuse vie. A peine le duc Emmanuel-Philibert fut-il rentré en possession de ses Etats, qu'il s'aperçut que sa frontière était trop facile à envahir du côté de la Bresse, et il s'avisa d'y ériger de vastes seigneuries en faveur de ses loyaux serviteurs. Il espérait que par ce moyen, une partie du fardeau de la défense serait entrepris de gaîté de coeur par ces sortes de marquis ou gardiens de marches. Son édit du 31 décembre 1576 déclarait que nul ne serait élevé à la dignité de marquis, s'il ne pouvait justifier d'une rente de 5000 écus en biens fonds, et qu'en outre les concessions antérieures seraient déclarées nulles et non avenues au cas de la non justification de cette condition essentielle. La dame du Montelier remplit apparemment les conditions requises, car elle reçut les lettres qui érigeaient en marquisat le château, en lui adjoignant la terre de Saint-André-de-Briord et en lui concédant le premier et second degré de juridiction. Ces patentes dont l'original existe au château dûment enluminé et portant en chef les armes de Savoie, datent de Turin, le 1er avril 1583 et sont motivées par les services rendus par les prédécesseurs de Jacqueline et aussi à cause do la grandeur de sa maison. Quelles que fussent les raisons réelles, il est évident que le duc de Savoie n'avait qu'à gagner en s'attirant les bonnes grâces d'une riche héritière, possédant en propre le château d'Entremont qui interceptait une des gorges par lesquelles Sa Majesté de France pouvait pénétrer dans ses États, il y avait aussi une raison particulière ainsi que nous allons le voir. La marquise du Montellier jouissait tranquillement à Turin des longs loisirs de son veuvage et s'occupait à l'éducation de sa fille unique, lorsque par un beau jour elle se vit brutalement conduire dans les prisons ducales. Quel crime avait donc commis cette pauvre femme? l'emprisonnait-on pour avoir joui des faveurs du vainqueur de Saint-Quentin, ou était-ce parce que sou mari avait été hérétique et que son voisinage gênait la très catholique cour de Savoie? Rien de tout cela, Jacqueline de Montbel d'Entromont, veuve de l'amiral Gaspard de Coligny, était sorcière, elle était accusée d'avoir invoqué, adoré et encensé les diables, et d'avoir en outre endiablé une fille qu'elle avait eue du feu duc. Heureusement, du moins à ce qu'elle croyait, le Roi de France qui avait signé à son contrat de mariage, s'intéressait à elle, et par la voie du célèbre cardinal d'Ossat, son ambassadeur à Rome, il écrivit à Clément VII pour le prier de veiller à ce qu'aucun mal ne fût fait à la dame du Montellier. Le pape répondit au cardinal "qu'il ne permettroit point qu'on lui fit injustice, mais que les imputations étoient si atroces, qu'il ne pouvait de moins que devoir ce que c'estoit". Le cardinal d'Ossat tenait Henri IV au courant de cette affaire et nous apprenons par une de ses lettres que l'amirale, car c'est ainsi qu'on l'appelait alors, lui avait envoyé, sous le sceau du secret, la copie d'un dialogue entre elle et le président Vivaldi, d'où il ressort que le plus grand crime de la marquise du Montellier était de posséder le château d'Entremont que convoitait le duc de Savoie. On laissa pourtant entrevoir à la soi-disant sorcière qu'il y aurait possibilité de délivrance si elle voulait consentir au mariage de sa fille avec un des seigneurs de la cour; car de cette façon, le château du Montellier eût passé aux mains d'un des confidents du duc. Parmi ceux que l'on proposait, se trouvait M. de Meuillon qui, d'après les lettres du cardinal, était un homme bien composé de corps et d'esprit. Quant à la pauvre Beatrix, l'air humide des cachots ne lui avait point développé la beauté physique, car l'ambassadeur de France nous apprend qu'elle avait plus de vertus et de biens que de beauté ni de santé. Tant et de si longues souffrances minaient la santé de la dame du Montellier et elle mourut en prison en novembre 1599. La mère étant morte, il n'y avait plus de raison de retenir la fille prisonnière; elle sortit pour être comblée d'honneurs, et si on lui enleva les chaînes de fer on la couvrit d'un réseau serré de fils d'or. Elle devint dame d'honneur de Catherine, infante d'Espagne, duchesse de Savoie, et deux ans après la mort de sa mère, elle épousa son ancien admirateur, le baron de Meuillon. Le 17 juillet 1600, fut passé un contrat en français, puis un autre en italien, le 31 novembre de la même année, et en présence de Philippe, prince de Piémont et d'autres grands seigneurs; Claude-Antoine Bon, baron de Meuillon et Montauban, grand chancelier de Savoie épousa Beatrix de Coligny, marquise du Montellier qui remettait en dot à son mari 50000 écus d'or hypothéqués sur tous ses biens. Ce fut peu de temps après ce mariage, en 1604 que tous les toits du corps de bâtiment du château ainsi que celui de la tour Grôlée furent refaits par les charpentiers Jean Gros et Pierre Brison. Françoise de Meuillon, issue de ce mariage, épousa Louis, marquis de la Chesnelaye et en eût Marie-Charlotte de Romillé de la Chesnelaye qui épousa, en 1688, Guillaume-François-Antoine de l'Hospital, marquis de Saint-Mesme et du Montellier. Ce personnage fut un grand géomètre, très savant en algèbre et en mathématiques. Il devint vice-président de l'Académie des sciences de Paris, et mourut à l'âge de 43 ans, le 3 février 1704; sa femme lui survécut jusqu'au 2 juillet 1737. La femme du marquis de l'Hospital avait hérité du Montellier à la mort de son oncle Elie-Louis de Montbel d'Entremont, lieutenant général du Roi en Bresse et Bugey, auquel il advint par la mort de Gabriel d'Entremont. Il ne faut pas nous étonner de voir reparaître le nom de Montbel d'Entremont, car les enfants du baron de Meuillon l'avaient repris. Le portrait d'Elie-Louis peint par Ferdinand Laisne, en 1638, orne encore le salon du Montellier et fait pendant à celui de Jean-François de Montbel d'Entremont, peint par le même artiste. Le 9 novembre 1709, Charlotte Sylvie, fille du marquis de l'Hospital, née le 19 juin 1689, épousa Claude-François-Joseph de Chevriers d'une ancienne famille lyonnaise. Elle mourut, jeune, laissant le Montellier à la famille de Chevriers, dont les armoiries existent au-dessus de la porte du donjon et au salon actuel. La seigneurie était alors estimée 188000 livres dont 8000 pour les meubles. La fille du seigneur de Chevriers, Anne-Sylvie-Raymonde, reprit le fief le 28 novembre 1772, en qualité d'unique héritière de son père, décédé à Lyon le 29 décembre 1758. La dame de Chevriers vendit le Montellier à M. Antoine Greppo par contrat passé chez Aubert, notaire à Paris, le 4 novembre 1781,pour la somme de 450000 livres, dont une partie fut convertie en rentes viagères. Cette dame, influencée probablement par les idées égalitaires de l'époque et un souvenir des passions romanesques du règne de Louis XV, épousa son coiffeur qui signait les reçus de rente encore existants du nom de Charvin. Le règne de l'économie sociale et agricole s'avançait à grands pas, et M. Greppo s'appliqua à développer les étangs du pays, mais son fils Gabriel comprit que l'existence des fièvres paludéennes n'était pas de bonne entente et commença à dessécher quelques petits étangs, voie dans laquelle il fut suivi par son fils Jean-Antoine Greppo. De nos jours, on dessèche sur une grande échelle, grâce aux primes distribuées soit par l'abbaye de Notre-Dame-des-Dombes, soit par la Compagnie du chemin de fer. Au lieu d'être un foyer de fièvres, le pays deviendra dans quelques années un vaste grenier de céréales et un lieu agréable de villégiature en même temps qu'un joyeux rendez-vous de chasse.

Éléments protégés MH: en totalité, pour être conservé et remis en état, l'ensemble castral comprenant les sols et les constructions, y compris l'emprise foncière des glacis et fossés : classement par décret du 17 juin 2003. 

 château fort du Montellier 01800 Le Montellier 

Téléphone : 06 07 04 08 81 

   

Château de Fétan

Autour du moulin de Bezan, attesté au XIIIe siècle, se constitue un domaine qui appartiendrait vers 1330 à la famille de Fétans. Une maison forte y existe en 1580. Antoine Jacquet, maître des postes à Lyon, l'achète avec le moulin en 1585, et c'est en sa faveur qu'Henri de Bourbon érige le fief de Fétan en 1601. Gaspard Jacquet, son fils, conseiller et secrétaire du roi, en obtient la confirmation en 1603. Il construit le château actuel en 1622-1623 (dates gravées sur les culs-de-lampe des échauguettes sud-est et sud-ouest de l'aile gauche), en intégrant un corps de bâtiment plus ancien, à l'extrémité orientale de l'aile droite. Plusieurs seigneurs se succèdent dans la possession du fief qui appartient en 1789 à Jean François Trollier. En 1823, la parcelle contenant château, moulin, sol et cour est cadastrée au nom Madame de Beligny (née Trollier), qui effectue des transformations: démolition en 1842 (probablement de dépendances), reconstruction en 1843-1844. Des remaniements sont visibles dans l'élévation postérieure du corps de portique (garde-corps au chiffre des Béligny) et les fenêtres de l'étage des façades sur cour, murées ou dépourvues de leur croisée. Contre l'élévation nord-est de l'aile droite, le collage évident d'un corps qui faisait partie de la ferme attenante, parait remonter au XVIIe siècle, mais fut surélevé au 19e. La ferme, vendue, a été démolie vers 1970. Il subsistait un hangar à colonnes de pierre dorée aujourd'hui écroulé. Le moulin a cessé son activité peu après 1855: une partie des bâtiments est encore debout, ainsi que la roue en place sur le bief. Le château de Fétan est construit en bordure de la route de Saint-Bernard, sur laquelle se présente l'élévation sud de l'aile gauche, prolongée de part et d'autre par un mur de clôture qui limite la vaste avant-cour à l'est et le parc à l'ouest. Ce mur est pourvu, sur l'angle sud-ouest, d'une petite tour circulaire, couverte d'une coupole en pierre en partie effondrée. Le bâtiment, de plan en U, s'organise autour d'une cour ouverte, séparée de l'avant-cour par le bief de Forquevaux, sur le Formans. Un corps de portique relie les deux ailes parallèles de logis, en apparence symétriques, dont le parti d'élévation sur cour se répond sans être identique. L'édifice est bâti en moellons de calcaire, composé en majorité de pierres blanches auxquelles se mêle du calcaire jaune, tandis que la "pierre dorée" (calcaire de Couzon) est employée en pierre de taille dans les chaînes d'angles, encadrements de baies, supports verticaux et éléments décoratifs; des échauguettes en brique sur l'angle garnissent les extrémités de l'élévation sur route de l'aile gauche et, en pendant sur l'élévation antérieure, l'angle sud-est de l'aile droite. Ces échauguettes circulaires, munies de canonnières et d'archères-canonnières simples ou cruciformes, portent sur des culs-de-lampes moulurés: ceux de l'aile gauche ont des moulures identiques, profilées en quart-de-rond, où sont gravées respectivement les dates 1622 à l'ouest et 1623 à l'est; le profil différent de celui de l'aile droite, alternant moulures pleines et plates, pourrait être un signe d'antériorité. Les élévations sont revêtues d'un enduit, laissant apparents les détails en pierre dorée. En dehors des percements du XIXe siècle, l'élévation sur route, tournée vers l'extérieur, compte peu d'ouvertures d'origine; les baies s'ouvrent du côté de la cour. Les façades sur cour, de trois niveaux, adoptent un parti à travées, montrant un souci de régularité dans la composition. Un cordon d'étage mouluré en tore règne sur ces façades, servant d'appui aux fenêtres du deuxième niveau, et se retrouve en façade postérieure du corps de portique. De larges arcades en anse de panier, surmontées de fenêtres barlongues, dont deux feintes, rythment les cinq travées régulières du corps de portique, marquées au troisième niveau par de petites baies rectangulaires au même aplomb; ces jours, à même encadrement chanfreiné terminé en congé, éclairent le comble à surcroît et ponctuent aussi les travées des ailes (d'autres, semblables ou à cadre en bandeau, ont été percés au XIXe siècle dans les élévations sur route et postérieure). Les arcs à clef passante du portique présentent des archivoltes à fasces profilées en quart-de-rond entre filets; les moulures des rouleaux supérieurs se croisent en retombant sur le pilier La mouluration en quart-de-rond s'applique également aux arêtes d'encadrement et du croisillon des fenêtres des ailes, du moins celles qui l'ont encore, comme à celles du corps adossé au nord de l'aile droite, et aussi aux arcs des escaliers intérieurs. Dans les deux ailes se discerne un rythme de deux baies par travée, qui apparaît sous les transformations (fenêtres murées). Sauf dans la partie orientale de l'aile droite, le ler niveau conserve ses fenêtres à croisée. Chaque aile dispose d'une entrée principale, dont les portes identiques ne se font pas face, et de portes secondaires dans les parties latérales. Les deux portes principales ouvertes en plein cintre, s'inscrivent dans une travée à ordres superposés (toscan et ionique); encadrées de pilastres cannelés, elles sont surmontées d'un fronton interrompu par l'emplacement d'un écu armorié disparu. L'entrée principale de l'aile gauche est axiale et les petites portes en plein cintre à clef passante disposées symétriquement, tandis que l'élévation de l'aile droite ne respecte pas cette ordonnance. Les fenêtres du deuxième niveau ont toutes perdu leur croisillon, et la plupart des encadrements sont modifiés par la feuillure d'anciens contrevents aujourd'hui enlevés. L'aile droite est flanquée au nord d'un corps postérieur qui donne sur la cour des communs et dépendances agricoles aujourd'hui détruits. La modénature d'origine de ses baies, croisée du premier niveau et fenêtres à meneau de l'étage, est semblable à celle définie dans la cour d'honneur; malgré les divers remaniements, percements et rebouchages de baies, surélévation au XIXe siècle (jours oblongs du comble à surcroît), probablement pour unifier la toiture, se lit une structure contemporaine du bâtiment principal. Son collage, nettement apparent contre la tour circulaire demi hors-oeuvre, met en évidence l'antériorité de cette tour dont l'escalier en vis distribue un corps à l'est: il pourrait s'agir de l'ancienne maison forte, qui conserve, au sommet de la tour d'escalier, une bretèche à archère-canonnière cruciforme. Celle-ci avait alors sa raison d'être, tandis que les échauguettes et éléments défensifs du château, comme la tour sur l'angle du mur de clôture, ne sont probablement que décoratifs à l'époque de leur construction, marques symboliques de la puissance du seigneur... 

Éléments protégés MH: les façades et les toitures : inscription par arrêté du 30 janvier 1973. 

 château de Fétan, route de Saint-Bernard, 01600 Trévoux

 

Château de Châtillon-sur-Chalaronne

Construit près du confluent de la Chalaronne et du Relevant, la première construction fut sans doute assez modeste mais elle ne cessa d'être améliorée par les seigneurs successifs au point de devenir une des plus importantes places fortes de Bresse. Les seigneurs de Châtillon, qui l'avaient bâti, l'occupèrent un temps, ensuite le château passa successivement sous la domination des seigneurs de Montmerle, Beaujeu, Bagé, avant d'échoir en 1272 aux comtes de Savoie. La chapelle fut l'objet d'une grande dévotion, on venait y implorer la Vierge en période de peste. En 1598, Henry IV pour reprendre Saluces, déclara la guerre à la Savoie et une armée sous les ordres du maréchal de Biron, envahit la région. Un grand nombre de places fortes fut démantelé, dont le château de Châtillon qui fut rasé. Seules subsistèrent l'enceinte avec sa porte en ogive, et les bases de quatre tours sur les sept qui existaient. Après la Révolution, il eu plusieurs propriétaires jusqu'à Mlle Legoube qui, en mourrant, le légua à l'Hôpital. Celui-ci céda à la commune en 1965, la porte de Bourg, la Porte de Durlivant appelée ensuite Porte de Lyon et celle de Villars. 

 Éléments protégés MH: les restes de l'ancien château : inscription par arrêté du 22 février 1927. 

 château de Châtillon 01400 Châtillon-sur-Chalaronne 

Téléphone : 04 74 55 15 70

   

Château de Thol

Château fort cité depuis le XIIIe siècle, centre de la seigneurie de Thol, dont les ruines se dressent à 2 kilomètre au sud du bourg, sur une colline à 305 mètres d'altitude au-dessus de la vallée de l'Ain. Il fait face au château de Chenavel, situé de l'autre côté de la rivière. La seigneurie en toute justice est inféodée en 1330 par le comte de Savoie, à Barthélemy de la Balme, chevalier, père de Guillaume de la Balme, auquel succéda Catherine de Sales, sa femme. Cette dernière convola en deuxièmes noces avec Humbert de Luyrieux qui vend Thol, en 1374, à Pierre de Brénod, damoiseau, puis le retire pour le transmettre à Marguerite, sa fille, femme de Derrious de Vaugrineuse, dont la postérité en jouit jusqu'à Jeanne de Vaugrineuse, qui le porte en mariage, le 19 juillet 1508, à Claude de Salins, seigneur de Vinzelles, père d'Aimé de Vinzelles. Le château de Thol est cédé le 13 avril 1577 à Claude II de Coucy, seigneur de Châteauvieux. En 1662, le Comté, dont Thol est un des fiefs, est vendu à Barthélémy Gueston. En 1697, à la suite du mariage avec Anne Gueston, le château de Thol passe à Paul Gayot qui devient le nouveau comte. En 1789, la famille Gayot en est toujours propriétaire, mais en 1790, le comté est aux mains de la famille Brac de la Perrière. Le château-fort construit sur une butte, ruiné depuis très longtemps, adopte un plan quadrangulaire d'environ 32 mètres de côté et est cerné de fossés secs. Deux tours carrées se dressent aux angles nord-ouest et sud-ouest. La façade nord possède encore une belle fenêtre géminée. Les logis sont disposés autour d'une cour. Une association de sauvegarde du château est créée au XXe siècle, ainsi les murs du château sont consolidés, la tour ouest a retrouvé ses trois étages et un jardin médiéval est aménagé. 

 Éléments protégés MH: les restes du château de Thol : inscription par arrêté du 22 février 1927. 

 château de Thol 01160 Neuville-sur-Ain 

Téléphone : 06 85 01 15 08 

Château de Corcelles

Située dans la commune de Trévoux, la terre de Corcelles, sur laquelle est mentionnée une "garange" en 1304 (grangia de Corcells) est érigée en fief le 26 avril 1707 en faveur de Charles Borghèse, écuyer, par le duc du Maine, Louis-Auguste 1er, prince souverain de Dombes. Corcelles figure sur la carte de Cassini, et la seigneurie, possession de Jean-Baptiste du Pré jusqu'en 1759, puis de Jean Meissonnier, aurait disposé à cette époque d'un château, avec chapelle et colombier; ce colombier peut correspondre au pavillon carré, élevé dans le parc à l'ouest, figurant déjà sur l'ancien cadastre et qui existe toujours. Lors de l'établissement du cadastre napoléonien en 1823, la propriété, appelée Domaine de Corcelles, comprend d'importants bâtiments inscrits au nom de Monsieur Durozier, sous-préfet à Saint-Étienne. Peu après, elle appartient à la famille de Ruolz, qui la possède en 1840. C'est probablement à cette famille lyonnaise notable que l'on doit la transformation partielle de l'édifice, conservant toutefois les communs (aile postérieure et première cour), ainsi que les dépendances isolées. Le corps principal de l'ancien château, reconstruit plus petit et un peu en arrière du précédent, comme on peut le voir en comparant les plans cadastraux, est alors converti en rendez-vous de chasse. À ce jour, les maîtres d'oeuvre ne sont pas connus, aucun document écrit n'ayant été retrouvé, pas plus que ceux qui permettraient d'attribuer avec certitude cette construction aux Ruolz. Cependant, en place dans la cheminée d'un des salons, une plaque de cheminée portant le nom, les armes et la devise de cette famille, témoigne de leur part à celle réalisation. Les armoiries correspondent plus précisément à la branche des Ruolz-Montchal, dont un des membres, Léopold de Ruolz, professeur de sculpture à l'école des Beaux-Arts de Lyon de 1839 à 1845, fut en son temps un sculpteur réputé. Le bâtiment a reçu quelques adjonctions dans la deuxième moitié du XXe et au début du XXe siècle, qui n'ont touché que les dépendances, prolongées par deux ailes latérales au sud-est L'édifice, devenu maison de post-cure jusqu'en 1962, est aujourd'hui maison de retraite des religieuses dominicaines. À cet effet, il a encore subi quelques modifications d'ordre secondaire dans les années 1970, le corps principal étant resté intact. Le bâtiment, de plan régulier, est construit en pisé sur solins de calcaire. Il se compose d'un corps principal rectangulaire, le rendez-vous de chasse, flanqué à droite d'ailes postérieures et latérales plus basses, disposées en U et en L autour de deux cours. Ces ailes, couvertes de tuiles creuses ou de tuiles plates mécaniques, contiennent les anciens communs et dépendances, parmi lesquelles une cave voûtée, un puits, remises en contrebas du parc, et, sur l'angle nord-est, un pigeonnier en brique et pierre (devenu aujourd'hui clocher de la chapelle attenante, aménagée dans un ancien fenil). Maison de gardien à l'entrée, près du portail. La couverture du corps de logis, comme celle de l'ancien colombier isolé dans le parc, est en tuiles écaille vernissées. Ce rendez-vous de chasse de deux niveaux, couvert d'un toit à croupes, est surmonté, sur les côtés antérieurs, d'étages de comble couverts de deux hauts toits brisés en pavillon, qui marquent la symétrie de la façade. Celle-ci est dépourvue de décor, seules rois portes-fenêtres axiales en plein cintre au premier niveau distinguent le corps central et ouvrent sur la pièce majeure de l'édifice, le salon à "l'italienne". 

Éléments protégés MH: les façades et les toitures, le salon avec son décor peint du corps central du château : inscription par arrêté du 26 mars 1996. 

 château de Corcelles 01600 Trévoux

   

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique


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