Traduction

Pagode de Chanteloup

 
Le château, habité pendant près de 25 ans par Choiseul, a joui à cette époque d'une grande réputation. La beauté des jardins et des eaux firent de l'endroit un autre Versailles. Le comte de Chaptal reprit la possession de Chanteloup après la Révolution, et il fut le dernier propriétaire. Victime d'une crise financière, il ne put le garder, Chanteloup fut vendu à un marchand de biens en 1823, et fut dépecé et démoli à tel point qu'à l'endroit où il fut, il ne reste aucune trace de cette résidence qui, pendant plus d'un siècle éblouit tous ses contemporains. Seuls la Pagode, la pièce d'eau et l'ensemble forestier acquis par le duc d'Orléans échappèrent au désastre. Edifiée en 1775 par le duc de Choiseul, ministre du roi Louis XV, la Pagode de Chanteloup est un rare exemplaire, à peu près intact, des Folies à la mode à la fin du XVIIIe siècle. Monument insolite, de pur style Louis XVI, la Pagode est entourée d'une pièce d'eau en demi lune dans un parc de 14 hecares, restaurée en 1910, à son sommet, on jouît d'une vue lointaine, elle servait au temps de Choiseul de belvédère pour les chasses. 

 Éléments protégés MH : les anciens jardins de Chanteloup : parties comprenant des parties architecturées : pavillon d'entrée ouest de la grille dorée; parties non classées du pavillon d'entrée est de la grille dorée ; partie centrale de l'ancienne maison du jardinier-chef : inscription par arrêté du 11 juillet 1994. Le site en terrasse de la pagode (à l'exception des parties classées), comprenant : les allées de Saint-Gatien et de la Ménaudière ; une partie du parc boisé entourant l'ancien grand canal, limitée au sud par les allées convergentes de Chandon et de Coulaine, à l'ouest et à l'est par l'allée de Dierre et la départementale 31 : inscription par arrêté du 30 mai 1994. La pagode, sa chaussée avec les grilles, les balustrades, le mur de soutènement et le pavillon dit du Concierge ; le bassin en demi-lune, le grand canal, l'allée qui les borde et les alignements d'arbres le long du canal ; les façades et les toitures du pavillon d'entrée est dit de la Grille dorée; les douves et leur mur de soutènement: classement par arrêté du 26 février 1996 

 pagode de Chanteloup 37400 Amboise 

 Téléphone : 02 47 57 20 97 

Château de Champigny sur Veude

En l’année 1060, à la tête de cette petite mouvance de Champigny, apparaît un chevalier du nom de Bernier qui possède de vastes domaines. Sachant allier aux goûts militaires l’amour de la religion et le culte des sentiments généreux, il fit plusieurs donations pieuses, entre autres à l’abbaye des bénédictins de Noyers située sur la rive droite de la Vienne. De son épouse Marguerite, il eut cinq enfants: trois garçons, Philippe, Maurice et Aimeri, et deux filles, Marie et Ascéline. Bernier de Champigny vécut jusqu’à un âge avancé, car nous le voyons, au début du XIIe siècle, assistant ou prenant part à plusieurs fondations. La châtellenie relevait de Loudun et rendait foi et hommage aux membres de la redoutable famille des Foulques. Le comte d'Anjou et de Touraine était à ce moment Foulques Réchin, à qui son père avait passé ce lourd gantelet dont il souffleta tant de fois les seigneurs de ces deux provinces. Quoi qu'il en soit, ses rapports avec Bernier étaient excellents: au bas de nombre d’actes laissés par Foulques, on voit la signature du chevalier de Champigny. Une partie des domaines de Bernier relevait encore d’un suzerain moins élevé que Foulques, mais pourtant fort considérable, je veux parler de Gosselin ou Josselin de Blo, qui demeura d'abord à Ghinon, puis à Champigny, dont il était devenu seigneur, dominus, par son mariage avec une des filles de Bernier. Entre autres enfants, il eut une fille, Euphémie, qui épousa Gaultier fils de Giroir de Loudun, et Robert dont il va être question. Robert de Blo devint châtelain de Champigny et épousa Hersen, veuve de Peloquin fils d’Archambault, seigneur de l'Ile-Bouchard, qui lui apporta en mariage une dot considérable avec un fils qu’elle avait eu de son premier époux: cet enfant s’appelait Peloquin comme son père. Vers 1090 surgit une querelle entre Foulques et Barthélemy de l’Ile-Bouchard, frère de Peloquin. Robert de Blo, fidèle gardien des intérêts de son beau-fils en même temps que des devoirs qui le rattachent à Foulques, prit parti pour le comte de Touraine qui lui confia la garde de la forteresse de Champigny. Malgré tous ses efforts, il ne put tenir contre les troupes de Barthélemy: le château fut pris et brûlé.

 Plusieurs des défenseurs et compagnons de Robert furent faits prisonniers, entre autres son neveu Garnier Maingoth, fils de Renaud Maingoth. Ce dernier fut enfermé dans une cellule et placé sous la surveillance de Payen, homme d'armes de Barthélemy. Cette captivité humiliante l’irrita si fort qu'une fois mis en liberté, il résolut de se venger de Payen. Sa fierté de caractère était trop connue pour que son ancien geôlier ne songe pas à l'adoucir par tous les moyens. Il y parvint par l'intermédiaire des religieux de Noyers qui possédaient quelques bénéfices à Champigny. Garnier consentit à la réconciliation, à la condition que Payen, son père et ses frères feraient un don à l’abbaye. La condition fut acceptée et, à quelque temps de là, Payen donna aux religieux, dans son domaine de Saint-Patrice, un labourage à deux bœufs. Robert de Blo apparaît comme témoin dans cette donation. Les possessions de Robert étaient fort étendues, aussi jouissait-il d’une grande influence. Il est appelé à donner son consentement aux dons et legs faits par des seigneurs de la contrée, comme Philippe, Geoffroy et Cadilon, bienfaiteurs du couvent de Noyers. Lui-même fit au monastère plusieurs donations dont la plus importante est celle des revenus de l'église de Champigny, de son four et de son moulin: c'etait en 1098. A cette époque Robert avait perdu son épouse Hersen ou Hersende. Le châtelain de Champigny se remaria dans les premières années du XII siècle. Sa seconde femme se nommait Marquisie ou Marchise. A l’occasion de la cession qu'il fit aux religieux de Noyers, "de toutes les coutumes de la terre de Champigny", nous lui voyons deux fils, Josselin et Robert.

 Les fils du seigneur de Champigny héritèrent de l'esprit chevaleresque et chrétien dont leur père avait montré l'exemple. A plusieurs reprises, Josselin et Robert II donnent leur consentement à certains legs faits à l'abbaye de Noyers, ou lui cèdent eux-mêmes différents droits, spécialement en faveur de la chapelle Saint-Gilles des Coûts. Robert II était seigneur de Champigny lorsque Henri II, roi d'Angleterre, par suite du traité de 1156, devint maître de l'ouest de la France. Ce jour-là l'âme des de Blo, qui n'avaient jamais manqué de fidélité aux Foulques et aux Plantagenet, ressentit une douleur profonde en voyant ce beau pays passer sous la domination étrangère. Henri II vint à Chinon pour gagner à sa cause les principaux chevaliers de Touraine. Il y établit sa sa cour et y résida assez longtemps. Mais c'est en vain que par des promesses ou des menaces, il tente de s'attacher le loyal châtelain de Champigny. Robert n'hésite pas à lui refuser obéissance pour prendre le parti de Louis VII, qu'il reconnaît pour son seigneur et roi. Le futur meurtrier de Thomas Becket, irrité de cette opposition inattendue, marche avec ses troupes sur Champigny que Robert avait eu soin de munir de travaux et de défenseurs, en y appelant plusieurs seigneurs des environs. L'attaque est vigoureuse; la défense ne l'est pas moins. Enfin, il faut céder devant le nombre: le château est emporté d'assaut. Dans cette lutte patriotique, plusieurs gentilshommes perdirent la vie, et d'autres la liberté: au nombre de ces derniers, il faut compter Baudouin de Brizay, Ory et Aimeri de Blo, proches parents de Robert. À sa mort, Robert II de Blo laissa deux fils: ce sont Josselin et Josduin, qui se montrèrent fidèles aux nobles traditions de leurs ancêtres.

 Avec ces nouveaux seigneurs, nous franchissons le seuil du XIIIe siècle, l'âge d'or des lettres, des sciences et des arts au moyen âge. Josselin épousa Hersinde. De cette union naquit un fils appelé Aimeri. A la piété Josselin sut unir, lui aussi, la valeur militaire, Philippe-Auguste s'efforce de tenir tête aux Anglais, qui veulent morceler son royaume. Se souvenant à quel degré le courage et le patriotisme sont héréditaires dans la famille des de Bio, il choisit comme chevalier banneret Josselin, en compagnie d'Hugues de Beauçay. Noblesse oblige, Josselin ne laissera pas faiblir le bras qui doit porter la bannière contre l'étranger. À Bouvines en particulier (1214), il réalisa des prodiges de bravoure. A quelque dix ans de là Josselin mourut, laissant pour héritier et successeur son fils Aimeri, qui comparait avec les seigneurs de la contrée au ban convoqué à Chinon en 1242. Aimeri donna une preuve de fidélité à son roi, lorsque Louis IX vint à Chinon et à Loudun pour réprimer les agissements des barons révoltés. Sans hésiter un instant, il répondit à l'appel du souverain. Il avait une fille nommée Emma qui épousa vers 1260 un gentilhomme d'une illustre famille du Loudunois, Guy de Beauçay, auquel elle porta en mariage la seigneurie de Champigny. Sa bravoure éclata dans la conquête du royaume de Sicile, où il accompagna Charles d'Anjou. Son frère, Hugues de Beançay IV, dit le Grand, aussi seigneur de Champigny, ne fut ni moins pieux ni moins courageux. Lorsque saint Louis partit pour la seconde croisade, en 1269, l'un et l'autre s'empressèrent de l'accompagner. Ces deux braves, à l'instar du roi, ne revirent pas le sol de la patrie. Hugues avait épousé Alix de Châtillon. Il eut douze enfants, dont les plus connus sont Marie, femme de Jean de Vendôme, Jeanne, mariée à Herdouin de Maillé et Hugues V.

 La seigneurie de Champigny passa aux mains de Hugues V, qui épousa en premières noces Almarine de l’Ile-Bouchard puis en secondes noces, Enodarde. De ce dernier mariage naquit une fille appelée Jeanne, qui réunit sur sa tête la châtellenie de Champigny avec celle de Beauçay près de Loudun et celle de la Rajace, située à quelque distance sur le territoire de Ligré. Mariée à Geoffroy de Beaumont, chambellan de Philippe de Valois, Jeanne de Beauçay perdit son époux en 1360, et vit bientôt sa main sollicitée par Charles d'Artois, petit-fils de Robert d'Artois, frère de saint Louis. Louis de France, fils du roi Jean, profita de certains embarras pour arriver à la possession de la seigneurie de Champigny. Quelle douleur que celle de Charles et de Jeanne expulsés de leur demeure. Charles meurt de chagrin en 1385, et son épouse va ensevelir son deuil dans le château de la Rajace, où elle rendit son âme le lundi de Pâques 1402. Il y avait bien quelque honneur pour notre châtellenie à appartenir à des princes de la maison de France et en particulier à Louis II d'Anjou qui, à ses divers titres de comte et de baron, joignait ceux du roi de Naples, de Sicile, d'Aragon et de Jérusalem. Mais le château et la ville ne pouvaient que souffrir de leur éloignement. Les ducs d'Anjou, d'ailleurs, ne gardèrent pas longtemps la terre de Champigny. La nécessité de se procurer des sommes considérables pour soutenir ses entreprises en Sicile, força Louis II d'Anjou à l’engager à Pierre de Beauvau, un des seigneurs les plus riches de son duché, pour 15,000 livres. Il en fit ensuite le transfert viager à charge de rachat. Enfin, du consentement de son fils aîné, Louis III d'Aragon, roi de Naples, il la vendit à ce même gentilhomme. Le prix du contrat passé en 1384 fut de 17,000 ducats d’or, 600 livres de rente et 400 écus.

 Pierre, qui était déjà seigneur de Beauvau et de la Roche-sur-Yon, avait uni son existence à Jeanne de Craon. Il légua ses propriétés à son fils Louis, sénéchal d'Anjou et de Provence, chambellan de René 1er, roi de Sicile. Marié à Marguerite de Chambly, Louis en eut Isabelle de Beauvau. Durant la guerre contre les Anglais, les de Beauvau firent noblement leur devoir. Ils étaient grandement appréciés du roi, qui avait choisi Pierre pour son chambellan. On les trouve en particulier près de la personne de Charles VII, pendant le long séjour qu'il fit à Chinon avant de céder aux salutaires encouragements de l'héroïne de Domrémy. Louis était honoré de l'amitié des princes et gentilshommes de la cour, entre autres du duc d'Alençon, des comtes de Vendôme, d'Harcourt et de Richemont. A sa mort, arrivée en 1472, il légua Champigny à sa fille Isabelle. Environ vingt ans avant la mort de son père, Isabelle de Beauvau avait épousé, à Angers, Jean de Bourbon, comte de Vendôme. Selon les termes mêmes du contrat, il ne reçut Champigny qu'après le décès de son beau-père. De ce coté encore, notre domaine ne faisait que rentrer dans la noble lignée de saint Louis. Si en effet Charles d'Artois était petit-fils de Robert d'Artois, frère de Louis IX, Jean de Bourbon était à son tour arrière-petit-fils de Jacques de Bourbon, lui-même descendant de saint Louis. Huit enfants naquirent de celte union, savoir six filles et deux garçons. Ce sont: Renée et Isabelle, qui furent abbesses de la Trinité de Caen, Catherine femme de Gilbert de Chabannes, Charlotte qui épousa Engilbert de Clèves, comte de Nevers, et Jeanne qui fut mariée successivement à Jean II, duc de Bourbon, à Jean de la Tour, comte d'Anvergne, et au baron de la Garde. Des fils, l'aîné, François, hérita du comté de Vendôme, et le second, Louis, reçut la seigneurie de Champigny.

 Après leur mort arrivée entre les années 1474 et 1477, Jean et son épouse furent inhumés dans l'église Saint-Georges de Vendôme. La châtellenie échut à Louis I de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon. C'était un gentilhomme accompli pour la bravoure non moins que pour la distinction. Il suivit le roi Charles VIII en Italie et se montra toujours au premier rang de cette noblesse belliqueuse, jalouse d’imiter les hauts faits des anciens preux. Lorsque le souverain eut regagné la France, Louis s'attacha à la fortune de Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier, auquel Charles VIII laissa la direction de la campagne avec le titre de vice-roi de Naples. Heureusement il n'eut pas le triste sort de Gilbert et put rentrer dans sa patrie. A son retour, il épousa en 1504, à Moulins, Louise de Bourbon-Montpensier, fille de ce même Gilbert de Bourbon, et de Claire de Gonzague. La résidence de Champigny, avec ses riants coteaux, avec sa belle vallée remplie de verdure et d’un calme profond, plaisait singulièrement à Louis de Bourbon et à sa femme; aussi en firent-ils leur séjour habituel. Cet attachement porta Louis à renouveler et à embellir la terre de prédilection qu'il s'était choisie pour s'y reposer, dans la pratique du bien, des fatigues et des déceptions d’une campagne malheureuse. Dès le milieu du XVe siècle, il existait dans la châtellenie une chapelle avec une sorte de petit chapitre fondé par les soins des seigneurs de Champigny. La modicité des revenus répondait au petit nombre des chapelains. Louis de Bourbon accrut les biens et revenus déjà constitués et établit une collégiale composée de neuf membres. Afin de revêtir ce chapitre de la canonicité requise, Louis adressa une supplique au pape Alexandre VI qui, par sa bulle du 10 janvier 1499, en confirma la fondation sous le titre de "Saint-Louis", et donna an doyen le droit de porter la soutane violette, la mitre, la crosse, l'anneau et la croix pastorale, et de conférer la tonsure à douze clercs. Cependant le vieux castel des de Blo paraissait à Louis de Bourbon insuffisant, non moins que la chapelle attenante au château. Plein des souvenirs de ses voyages, il se mit à l'œuvre. Le château qu'il fit bâtir était fort vaste et très beau: chacune des ailes était décorée de pavillons majestueux qu'encadrait une double cour et que baignaient les ondes limpides de la Veude. Louis laissa sans doute subsister une partie de l'antique forteresse, puisqu'une pièce parle du château "tant viel que nouvellement faict". M. de Montpensier nous dit dans ses Mémoires que c'était une demeure vraiment "royale".

 Il ne reste à cette heure que les bâtiments de service qui, transformés avec goût, sont devenus le château actuel de Champigny. Ce sont trois corps de logis en équerre entourant l'ancienne basse cour. Celui du centre présente deux étages avec, en son milieu, un pavillon surélevé et en saillie et à chaque extrémité, deux tours d'angle circulaires couvertes d'un toit en coupole, surmonté d'un lanternon. La chapelle fut achevée en 1540. J. Guillaume date le porche de 1549 date inscrite à l'intérieur du porche et non de 1570, il serait donc contemporain des bâtiments subsistants de l'avant-cour (datés de 1545 par une clef de voûte des écuries). Les vitraux de la chapelle sont un témoignage exceptionnel de l'art du vitrail du XVIe siècle. Quel ravissant panorama que ces onze verrières, qui n'ont pas moins de 3,50 mètres de largeur et de 7 mètres de hauteur. Un trait commun à toutes les fenêtres, c'est qu'elles sont divisées dans le sens de la hauteur par des meneaux, tantôt trois tantôt deux, avec nervures prismatiques. Les compartiments formés par ces meneaux se terminent par une arcade surélevée en forme de talon et sont surmontés de panneaux ovales, sur lesquels viennent se poser à leur tour de petits médaillons qui remplissent le sommet de la fenêtre. Chaque verrière est ainsi divisée en quatre compartiments bien distincts. Les panneaux placés au-dessous sont occupés par des scènes de la vie, de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, depuis l'agonie jusqu'à l'ascension, et même jusqu’à la descente du Saint-Esprit, qui se trouve dans la onzième fenêtre; la fenêtre centrale fait seule exception et représente à cet endroit la création du monde. Les grands panneaux se divisent à leur tour en deux parties. La partie supérieure et principale renferme un événement mémorable de la vie de saint Louis, patron de la collégiale; la partie inférieure forme une sorte de galerie où apparaissent les portraits des principaux membres de la famille de Bourbon. Les princes et princesses sont à genoux sur un prie-Dieu surmonté d'un livre ouvert et portant leur blason respectif. Les uns et les autres ont la tête ceinte d’une couronne. Les seigneurs ont le manteau bleu doublé d'hermine par-dessus le vêtement brodé d'or: à partir de Louis de Bourbon, comte de Vendôme, ils ont, au bras gauche, un insigne formé d'une sorte de rose rouge enchâssant une pierre précieuse. Le costume des femmes ne le cède en rien pour la richesse et la beauté. Si les personnages bibliques sont remarquables par la finesse de l'exécution, si les portraits sont comme un musée étincelant, à leur tour et plus encore, les grandes scènes de l'histoire de saint Louis transportent l'imagination autant qu'elles captivent les yeux. 

 Éléments protégés MH : la chapelle : classement par arrêté du 19 janvier 1911. Les anciens communs du château, ainsi que les abords de cet édifice : classement par arrêté du 17 septembre 1945. 

 château de Champigny sur Veude 37120 Champigny-sur-Veude

 

Château de Champchevrier

Le fief relevait autrefois de Sablé. La forteresse a été construite au Moyen Age et est connue dès 1109 comme lieu fortifié. Au XVIe siècle, elle est remplacée par un château construit dans le style fin Renaissance, et dominé par une haute tour hexagonale renfermant l'escalier. Au XVIIIe siècle, la tour qui s'élevait dans l'axe de la façade principale a été abattue et les lucarnes furent remplacées par des oeils de boeuf. Aux fenêtres, des croisées à petits carreaux succédèrent aux croisillons de pierre. A l'ouest furent ajoutés deux bâtiments de deux étages, couverts en terrasse, et l'ancien petit pavillon nord-ouest devint un escalier où furent mises des boiseries provenant du château de Richelieu. Au début du XXe siècle, la façade sur jardins est restaurée, les lucarnes et la corniche furent restituées. A l'intérieur, le château a conservé un mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles, et de nombreuses tapisseries, notamment une suite de scènes mythologiques tissée aux Gobelins d'après les cartons de Simon Vouet. Dans le pavillon en saillie à l'ouest, au deuxième étage, une pièce comprend des lambris à compartiments peints de bouquets de fleurs, de petits personnages et de vues du château s'harmonisant avec un plafond décoré dans le même esprit. Des cuirs de Cordoue et de Venise garnissent les murs. Des douves, creusées au XVIIe siècle par le régiment du Duc de Roquelaure, encadrent le domaine. Au XVIIIe siècle, fut aménagée, le long de la façade principale, une grande terrasse bordée de balustrades. A l'angle nord-est de la terrasse se trouve une chapelle qui existait avant les remaniements du château. Les communs comprennent une fuye et des bâtiments du XVIIIe siècle. 

 Éléments protégés MH : le château, ses communs, les jardins de la cour d'entrée, et le parc avec son canal : classement par arrêté du 11 juillet 1975. 

 château de Champchevrier 37340 Cléré-les-pins 

 Téléphone : 02 47 24 93 93 

 

Château de La Celle-Guenand

Le château peut-être l'oeuvre d'Antoine de Guenand, premier seigneur connu par un acte de 1422 ; il est bâti sur plan en U, cantonné de quatre tours rondes, fortifié d'une tour carrée à pont-levis et entouré de douves ; sous la plate forme du château est creusé un souterrain refuge ; dans une seconde campagne qui pourrait dater du troisième quart du XVe siècle, on construit le châtelet d'entrée, les communs le jouxtant, le pigeonnier ; une tour d'escalier polygonale et une galerie joignant le châtelet à l'ancien logis ; en 1792 (date portée), on aménage un escalier en vis dans la tour carrée après avoir supprimé le pont-levis ; la destruction de l'aile Nord-Est peut dater du XVIIe siècle, ainsi que la construction des caves de la contrescarpe ; une chapelle mentionnée en 1781 est désaffectée au XVIIIe siècle et le châtelet est aménagé en écurie en 1787 ; au XIXe siècle, après 1812 (cadastre Napoléonien, deux communs sont détruits ; on bâtit de nouveaux communs, un portail, une fontaine ; dans le parc sont construites deux serres à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle ; l'une est en ruine, l'autre est couverte d'une charpente métallique portant le nom du fabricant "Charpentier Frères Orléans". 

La galerie est couverte en bardeaux en 1476; les salles du rez-de-chaussée semi enterré du logis précédant le souterrain refuge sont voûtées en berceau brisé et en berceau plein-cintre ; le porche du châtelet d'entrée est en berceau plein-cintre ; les toits du logis sont à longs pans et croupe ; le toit du châtelet d'entrée est en pavillon ; les toits de la galerie et des communs sont à longs pans et pignon couvert ; le pigeonnier et la tour d'escalier du châtelet d'entrée sont couverts d'un toit polygonal ; la tour d'escalier polygonale est couverte en terrasse ; l'escalier primitif du logis est dans-oeuvre, droit et en maçonnerie ; l'escalier de la tour carrée est dans-oeuvre, en vis sans jour et en maçonnerie ; l'escalier de la tour polygonale du châtelet d'entrée est hors-oeuvre, en vis sans jour et en maçonnerie ; celui de la tour polygonale de la galerie est hors-oeuvre, en vis avec jour et en maçonnerie ; celui du commun du XVe siècle est demi hors-oeuvre, tournant et en maçonnerie ; les tourelles ajoutées au XIXe siècle au châtelet d'entrée, à la galerie et aux nouveaux communs abritent des escaliers hors-oeuvre, en vis avec jour et en charpente. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité : inscription par arrêté du 11 juin 1943. 

 château de La Celle Guenand 37350 La Celle Guenand 

 Téléphone : 07 45 12 82 18 

Château des Cartes

Le domaine des Cartes existait déjà au XIIe siècle. En 1105, il fut donné à l'abbaye de Marmoutier. Au XVIIIe siècle est construit le château actuel, composé d'un bâtiment central se développant entre deux pavillons en légère saillie sur chacune des deux façades. Deux ailes le prolongent à l'ouest et à l'est. Les façades du corps de logis central sont divisées en trois travées par des pilastres soutenant, au-dessus de la travée médiane, un fronton triangulaire. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 22 mai 1948.

 château des Cartes 37360 Sonzay

 

Château de la Bussière

 

Un corps de logis est prolongé de deux ailes en retour d'équerre. A l'angle intérieur de l'aile sud se trouve une tour polygonale d'escalier. A l'angle qui lui fait pendant, une chapelle rectangulaire a été édifiée à la Renaissance. Elle est éclairée par six fenêtres en plein cintre, encadrées de pilastres et surmontées d'une frise ornée de médaillons. Sur le corps principal, les ouvertures du premier et les lucarnes sont Renaissance. L'aile méridionale est gothique, avec une porte d'entrée en tiers point et une échauguette à l'angle sud-ouest. Trois autres échauguettes ont été rajoutées à la fin de l'époque romantique. A l'angle sud-est se trouve une grosse tour cylindrique avec chemin de ronde aux mâchicoulis ornés de trèfles. Celle qui lui fait pendant au nord-est date du 19e siècle. L'extrémité de la façade nord a dû être surélevée en pavillon au 19e siècle, lui-même chargé de deux échauguettes pour obtenir un effet de symétrie contraire au 15e siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, sauf la tour d'angle Nord reconstruite au XIXe siècle : inscription par arrêté du 1er août 1975 

 château de la Bussière 37600 Loches

   

Château de Bridoré

La forteresse de Bridoré est édifiée au XIVe siècle sous Charles V par le maréchal de France Jean Ier Le Meingre dit Boucicaut, puis par son fils, Jean II Le Meingre, maréchal de France sous Charles VI et compagnon de Du Guesclin. Imbert de Bastarnay (1438-1523), conseiller du roi Louis XI, Chambellan à la cour Royale, achète Bridoré en 1475. Il met au point le prototype dedéfense enterrée, dont s’inspirera Vauban : la caponnière. Il rehausse le donjon qui atteint ainsi 30 mètres et le couvre d’une charpente avec des échauguettes. En 1641, le marquis de Viantais achète Bridoré. Une de ses filles fonde, à Beaulieu-lès-Loches, le couvent des "Viantaises". La propriété de Bridoré leur appartient jusqu’à la Révolution. Vendu comme Bien national à la Révolution, il demeurera dans la même famille jusqu’à aujourd’hui. Classé Monument historique en 1911, restauré par les peintres Simone Lefèvre-Mouveau et Pierre Mouveau, c’est leur fille, Véronique Mouveau, qui assure la conservation et la restauration du site aujourd'hui. 

 Éléments protégés MH : le château de Bridoré en totalité : classement par arrêté du 19 janvier 1911.

 château de Bridoré 37600 Bridoré 

 Téléphone : 02 47 94 72 63 

Château des Brétignolles

Au XIe siècle, la terre des Hautes Bretignolles est propriété de l'abbaye de Marmoutier et dépend du prieuré de Tavant. Au XIIIe siècle, c'est un fief important relevant de Sazilly, puis à partir de 1451 de Jaulnay. De 1447 à 1640, le fief appartient à la famille Bernard. En 1640, le château est acheté par Guillaume de Bordeaux, conseiller du roi. En 1706, le fief appartient à René Guillaume Martineau, sa fille Madeleine Françoise apporte Brétignolles et le bois de Veude, vers 1730, à son mari Michel Etienne Turgot. En 1811, le propriétaire est Pierre-Jean-René de Pierres de Fougeray. En 1932, les héritiers de la famille De Pierres vendent le château à Bernard de la Fosse, descendant d'une des nombreuses branches de la famille Bernard. Dans le parc, une tour transformée en pigeonnier, constitue le dernier élément visible qui reste des fortifications du XIVe siècle. Le château actuel a été construit entre 1498 et 1501, avec le pavillon de plan carré au sud-est. Ce dernier est accosté d'une tourelle trapézoïdale postérieure au reste du bâtiment, mais dont l'existence est déjà attestée au XVIIIe siècle. La chapelle, dédiée à Notre-Dame de Pitié et à sainte Marie-Madeleine, a été fondée en 1507. La maison du gardien, à l' entrée du parc, a été élevée en 1848. Une éolienne a été installée dans le parcdans le dernier quart du XIXe siècle. La propriété est close au nord par un long mur en pierre sur lequel se dresse une élégante tourelle du XVIe siècle à l'angle nord-est.

Le logis, de plan rectangulaire, est cantonné de quatre tours dissemblables : au nord-est, une tour polygonale hors oeuvre qui abrite un escalier en vis ; au nord-ouest une tour en fer à cheval à toit conique ; au sud-est un pavillon rectangulaire coiffé d'un toit à quatre pans ; au sud-ouest une tour circulaire à toit conique. La façade nord du logis comprend deux travées constituées chacune de trois fenêtres à meneau surmontées d'une lucarne. Les baies sont surmontées de larmiers à retour ornés de culots. Ce décor est incomplet, plusieurs baies étant simplement pourvues de pierres d'attente. La façade nord et les trois tours sont en pierre de taille. La façade à l'est ainsi que le pavillon au sud-est sont en moellons avec chaîne d'angle. La façade sud est en moellons enduits. Une construction trapézoïdale s'insère dans l'angle formé par le pavillon et le mur sud du corps de logis. Dans le parc, à l'est, une tour cylindrique en moellons soutenue par trois contreforts est percée de quatre archères dans sa partie inférieure tandis que la partie supérieure à été aménagée en pigeonnier. La chapelle seigneuriale épaulée de contreforts possède une haute façade aveugle à pignon à crochets. A l'intérieur, les deux travées sont voûtées sur croisée d'ogives. Le choeur est percé de trois baies. A l'ouest du logis, les écuries sont formées d'un corps de bâtiment longitudinal avec deux ailes symétriques en retour d'équerre, de construction soignée. Les trois bâtiments sont couverts en ardoise ; la façade principale, en pierre de taille, présente sept lucarnes, celle du centre et celles des extrémités à fronton triangulaire, les autres à fronton cintré. Plusieurs éléments des menuiseries d'origine des écuries sont encore en place, bien qu'en mauvais état. Derrière la chapelle, de nombreuses caves troglodytiques ont été aménagées dans le coteau. L'une d'entre elles abrite une cheminée et un pressoir. 

 Éléments protégés MH : le château des Brétignolles, ses dépendances et son parc, situé à 1 km à l'Est d'Anche : inscription par arrêté du 14 septembre 1949. 

 château de Brétignolles 37500 Anché

 

Château de la Brêche

La Brèche était un fief relevant de l'Ile-Bouchard mentionné pour la première fois en 1475. En 1510-1511 Jean Prunier obtient l'autorisation de fortifier sa maison seigneuriale de La Brèche. Ce manoir a été très remaniée au XVIIe siècle. La tourelle d'angle a été reconstruite en 1913 mais le cul de lampe est d'origine. Au sud-ouest de ce bâtiment se dresse une grange datant également du XVIIe siècle . Le cadastre de 1832 montre, au nord de la demeure seigneuriale, un long corps de logis orienté nord-ouest sud-est. Il n'en subsiste rien. Entre 1844 et 1848 Jacques Louis de Fadate de Saint-Georges et son épouse font édifier à cet emplacement une nouvelle demeure. Il s'agissait au départ d'un relais de chasse qui a été agrandi par adjonction d'ailes latérales en 1913 sur les plans de l'architecte Hardion. C'est désormais cet édifice que l'on nomme couramment "le château". Les balustrades et les grilles en fer forgé proviennent du château de Vitry (Ile-de-France). Le chenil a vraisemblablement été construit en même temps que le relais de chasse. Les écuries datent du XIXe siècle, la maison de gardien de la fin du XIXe siècle. Le château neuf a abrité le mobilier du premier préfet de police de Napoléon 1er, le comte Dubois, et provenait du château de Vitry. Ce mobilier était encore en place en 1978 mais a ensuite été vendu à des Belges (date non précisée).

Le relais de chasse primitif a été construit en pierre de taille de grand appareil sur un plan rectangulaire à trois travée de percement sur chaque face, haut d'un seul étage carré et couvert d'un toit en pavillon à terrasse faîtière. Deux ailes en faible saillie ont été rajoutées latéralement. Les proportions des baies et leur décor se confondent parfaitement avec la construction initiale. L'unification de l'ensemble est achevée par l'adjonction d'un attique, alternant des parties pleines et des balustres, qui couronne tout l'édifice. Les ailes latérales sont couvertes d'un toit en terrasse. Les grilles des baies sont en fer et cuivre martelé soudé à chaud, sans rivetage. La demeure seigneuriale ou manoir, entourée de douves, est construite en pierre de taille (tufeau) de moyen appareil et possède un toit à deux pans et croupes couvert en ardoise interrompu par trois lucarnes à fronton triangulaire. Au rez-de-chaussée, une baie à meneau est surmontée d'un larmier à culots. Dans les douves, une ancienne tour circulaire en pierre de taille a été transformée en pigeonnier ; elle possède un épi de faîtage en céramique vernissée. Les écuries, la maison du gardien et le chais sont en moellons enduits avec les encadrements des baies et des portes en pierre de taille. La grange est en moellons de calcaire avec encadrement de la porte charretière en pierre de taille. Le toit est à longs pans et pignon découvert, la couverture en tuile plate. Le chenil construit sur un plan rectangulaire et symétrique est en pierre de taille et est couvert en terrasse.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, de l'ancien logis et de la grange ; les douves de l'ancien logis avec leur pont, y compris la tourelle d'angle : inscription par arrêté du 28 décembre 1984 

 château de la Brêche 37220 Parçay-sur-Vienne

 

Château de Boussay

Il fut fondé en 1024 par les barons de Preuilly, premiers barons de Touraine (quelques vestiges du château des barons de Preuilly subsistent encore sur les hauteurs qui dominent la petite ville de ce nom). Ce château énorme, que l'on disait inexpugnable, fut malgré tout pris par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans et détruit. Un château fut construit sur son emplacement au XVIIe siècle. Isabelle de Preuilly l'apporta en dot au chevalier Péan, fils de Barthélémy Péan, chevaliers bannerets créés en 1213 par Philippe-Auguste pour la Touraine. En 1338, Jeanne Péan épousa Nicolas III de Menou, famille qui remonte au XIe siècle dont les membres, au cours des siècles suivants, occupèrent des charges importantes (ambassadeurs, conseillers, chambellans auprès des rois Saint Louis, Charles VI, Louis XI, Charles VIII et jusque sous le règne de Louis XIV), restera à Boussay jusqu'au XIXe siècle. Le dernier Menou n'ayant que des filles, par mariage, son aînée fera passer le domaine dans la famille des propriétaires actuels qui descendent, par les femmes, des premiers fondateurs de Boussay. Au XVIIe siècle, l'aile nord fut abattue et reconstruite en respectant une tour cylindrique qui contenait un escalier et une tour carrée couronnée d'un chemin de ronde avec mâchicoulis. A la même époque, l'aile méridionale et une partie de l'aile occidentale furent supprimées. Il ne subsiste que la grosse tour d'angle carrée avec son chemin de ronde et ses mâchicoulis décorés d'une arcature tréflée. Le pont-levis fut remplacé par un pont dormant. Au XVIIIe siècle, toute l'aile orientale fut abattue et remplacée par un grand corps de bâtiment. Un pavillon de même élévation le prolonge au sud. A l'est du château, une avant-cour est limitée par les communs, flanqués extérieurement de deux tours cylindriques. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, la chapelle sise au rez-de-chaussée de l'aile Est et les salons décorés de boiseries de l'aile Nord ; les façades et les toitures des communs ; les douves, y compris la digue qui les ferme, au Nord ; la grande allée bordée de tilleuls située au Sud : inscription par arrêté du 19 octobre 1957. 

 château de Boussay 37290 Boussay 

 Téléphone : 02 47 94 52 73

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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