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Château de Selles sur Cher

En 935, Thibault le Tricheur, comte de Blois, aurait fait bâtir sur le site une première tour en bois. Un véritable château fort fut construit en 1142 par Gimon II de Mehun. Mais, en 1194, Richard Cœur de Lion s’en empara et le démantela. Le château fut relevé de ses ruines en 1212 par Robert de Courtenay; il possédait alors cinq à six tours d’enceinte dont la tour du Coq qui existe encore. Passé par alliance dans la famille de Chalon, Celles-en-Berry tomba aux mains des Anglais, avant d’être repris par du Guesclin en 1370. Charles VII y convoqua les États Généraux en 1423, puis y rassembla l’armée en 1429. Jeanne d’Arc vint aussi à Celles avant d’entreprendre le siège d'Orléans, mais logea dans le bourg car le château appartenait alors à son adversaire, Georges de La Trémoille. On imagine facilement l’agitation qui régnait en ville à cause de la foule considérable des gens de guerre. Le château appartint ensuite aux familles de Dampierre, d’Husson (également seigneurs de Saint-Aignan), de Clermont-Tonnerre et de Matignon. Louis XI et Louis XII y séjournèrent. Puis les Protestants le saccagèrent en 1563. Philippe de Béthune, ambassadeur à Rome, en Valteline, à Mantoue, l’achète pour 93000 livres en 1604. Il confie la reconstruction du château à Jacques II Androuet du Cerceau et les travaux se prolongeront jusqu’en 1612. A la fin du XVIIe siècle, le domaine échut à François Gaston, marquis de Béthune, beau-frère de Jean Sobieski, roi de Pologne; Marie Casimire de La Grange d’Arquien, reine de Pologne, vint y partager l’existence de sa sœur. La "chambre de la reine" qui donne sur le Cher conserve une cheminée de pierre aux chiffres PP. Le château fut acheté en 1719 pour 100000 livres par Pierre Cardin Le Bret, premier président au parlement de Provence, dont la famille le conserva jusqu’au début du XIXe siècle.

Face à la ville, l’ensemble forme un élégant château de style Louis XIII, bordé de douves que franchissent plusieurs ponts. Deux hauts pavillons de brique communiquent entre eux par un mur-écran à arcades percé d’un portail fait de trois travées séparées par des demi-colonnes toscanes à bossages; la travée centrale, en anse de panier, est coiffée d’un grand fronton semi-circulaire chargé de bossages portant les armes des Béthune. Ce mur-écran avec ses travées de niches rappelle celui qu’on pouvait voir au château de Rosny-sur-Seine, appartenant à son frère, Maximilien de Béthune, duc de Sully, ministre d'Henri IV. À gauche de l’entrée, le "pavillon carré" est resté inachevé. À droite, le "pavillon Philippe de Béthune" se prolongeait le long du Cher par une galerie, aujourd’hui démolie, qui contenait la belle bibliothèque qu’il avait rassemblée. Cette bibliothèque constitue actuellement un des fonds manuscrits de la Bibliothèque Nationale. Vers 1630, Philippe de Béthune fit aménager de somptueux appartements dans la partie ouest du château médiéval, qu’on désigne depuis sous le nom de "pavillons dorés". On y trouve des plafonds faits de petits caissons à motifs dorés sur fond bleu: masques, rosaces, écus des Béthune. Les cheminées monumentales portent le monogramme PP (Pierre Philipe) sommé de la couronne comtale: la seigneurie de Selles fut érigée en comté par lettres patentes de 1621. Après la Révolution, le château passa entre plusieurs mains et fut démoli en partie en 1813 par la fameuse "bande noire ". Il fut racheté en 1849 par le lieutenant-colonel Antoine Guironnet de Massas dont la fille, Adrienne, le transmit à son mari, Eugène du Moulinet d’Hardemare. Vers 1912, le pavillon Philippe de Béthune fut restauré par Pierre Chauvallon, architecte solognot, qui remit en état la vaste cuisine voûtée dont le manteau de cheminée est fait de trois arcs bandés sur deux piliers. 

 Éléments protégés MH : le château, y compris le sol de la cour et les douves : classement par arrêté du 22 octobre 1985. 

 château de Selles sur Cher 41130 Selles-sur-Cher 

 Téléphone : 02 54 97 76 50

 

Château de Saint-Denis-sur-Loire

Le château possède la particularité rare de rester dans la famille Hurault de Saint-Denis, branche aînée de cette célèbre famille de 1340 à 1830 puis par transmission féminine dans ce même lignage jusqu’à nos jours. En 1340, Philippe 1er Hurault, issu d’une famille blésoise qui a pu faire valoir ses compétences auprès des comtes de Blois, puis des ducs d’Orléans puis de Louis XII (notamment les membres des deux branches principales : Hurault de Saint-Denis et Hurault de Cheverny). Sur le site de la forteresse médiévale, adossée au coteau, entourée de ses douves profondes, un château Renaissance se construit dont il reste des vestiges comme la pittoresque échauguette à l’angle ouest de la terrasse. De ce côté, qui est l’entrée actuelle, on accédait autrefois par un pont-levis à contrepoids et balancier dont on voit les traces. Au XVIIe siècle, on a supprimé ce pont-levis et les douves avoisinantes pour faire cet arc d’entrée de bossages en tables d’un bel effet. La façade du château date de 1804 : dans le style néo-classique de cette époque Directoire-Empire, on a construit trois légers avant-corps d’une travée, celui du centre étant souligné par un fronton. Sur le versant sud, ouvert sur le val, le site est assez exceptionnel. Sur une haute terrasse, un pont de pierre enjambe les douves et permet de pénétrer dans le parc qui vient d’être reconstitué habilement par les propriétaires actuels et qui descend doucement jusqu’à la levée de la Loire. De ce point de vue on embrasse l’ensemble du site: château ; terrasse, tourelle en poivrière et chœur de l’ancienne église paroissiale (où se trouvait la chapelle funéraire de la famille). Le parc a conservé un chêne-vert et deux cyprès chauves de 180 ans. Élisabeth Hurault de Saint-Denis, dernière du nom, épouse le 24 juin 1826, Ferdinand de Beaucorps, capitaine au Grenadiers à cheval de la Garde Royale, prototype du châtelain légitimiste: il devient délégué de la duchesse de Berry au nom de Henri V, comte de Chambord. De son côté, Élisabeth relance l’activité des sources Médicis, en 1850, en vue de créer une station hydro-minérale. 

 Éléments protégés MH : le château, le parc, les douves et les tours : inscription par arrêté du 6 mars 1948. La Chapelle du château, y compris son décor ainsi que le sol correspondant à l'ancienne église dont elle faisait partie : classement par arrêté du 5 décembre 1988. 

 château de Saint-Denis-sur-Loire 41000 Saint-Denis-sur-Loire

 

Château de Saint Aignan

Dès le XIe siècle, l’éperon rocheux qui domine le Cher fut fortifié par le comte de Blois pour s’opposer aux ambitions de Foulques Nerra, le terrible comte d’Anjou. La forteresse fut remise à Geoffroy de Donzy au XIIe siècle, elle échut ensuite à la puissante famille de Husson et devint le siège de la première baronnie du comté de Blois. Son donjon, encore visible de nos jours, défendait au XIVe siècle la partie la plus vulnérable du château, face à l’ouest. Les Huson construisirent un pavillon central au XVe siècle. Charles de Husson, tué à Pavie en 1525, et sa fille Louise, épouse de Méry de Beauvilliers, édifièrent deux ailes Renaissance. Le château passa ensuite aux Beauvilliers, et le roi François 1er érigea la baronnie en comté. François de Beauvilliers, lieutenant général des armées du roi et gouverneur de Touraine, obtint en 1663 l’érection de son comté en duché-pairie. Son fils, Paul de Beauvilliers, gendre de Colbert, présida le Conseil des Finances sous Louis XIV et donna tout son lustre à sa famille. Au XIXe siècle, la dernière du nom, Élodie de Beauvilliers, morte en 1834, transmit Saint-Aignan à la famille de son mari, un Talleyrand-Périgord, prince de Chalais. Il échut ensuite par mariage aux Choiseul-Daillecourt, puis aux Mérode, et enfin aux La Roche-Aymon qui le possèdent encore de nos jours. Au point de vue architectural, l’ensemble est très composite. Les constructions du XIXe siècle sont plutôt mal venues. Heureusement la façade nord, malgré sa disparité générale, possède encore des éléments des XVIe, XVIIe, et XVIIIe siècles qui présentent un charme certain.

Du château primitif bâti au début du XIe siècle, restent les vestiges du donjon et du mur d'enceinte. L'édifice actuel, d'époque Renaissance, déploie ses élégantes façades de tuffeau percées de fenêtres à meneaux. Le château, en équerre, présente une façade nord coupée par deux pavillons en briques et pierres. Les combles sont décorés par des lucarnes à fronton. Au sud, dans la cour d'honneur, les deux bâtiments se coupent à angle droit. Ils sont percés de fenêtres à meneaux cruciformes, séparées par des pilastres et des bandeaux sur lesquels des sujets sont abrités dans de petites niches. Des lucarnes de pierre avec frontons à pinacles et coquilles, ornent les toits. Une tour polygonale moderne, hors oeuvre, relie les deux corps de logis. Elle est très décorée par des pilastres et des colonnes jumelles. Le pavillon ouest est le plus richement décoré. Une frise garnie de médaillons à l'italienne supporte une balustrade ajourée. Les ruines du château primitif se trouvent face au château actuel. Le vaste parc du château, s'étend à flanc de coteau, entretenu avec soin depuis plusieurs siècles, il abrite une importante variété d'essences d'arbres, une faune et une flore d'une abondante richesse, ses belles allées ombragées invitent à de longues promenades à la rencontre de la nature. 

 Éléments protégés MH : le château, ainsi que le parc et les ruines de l'ancien château : inscription par arrêté du 30 juillet 1946. 

 château de Saint Aignan 41100 Saint-Aignan-sur-Cher 

 Téléphone : 06 50 69 74 60

 

Château de Saint Agil

Les seigneurs de Saint-Agil sont connus depuis le Xe siècle. Au XIVe siècle, on trouve la famille Le Gallais qui passe le domaine par voie de mariage à la famille de la Vove. Ses descendants (les de Laugan, les Courtavel) conservèrent la propriété jusqu'en 1726. En 1818, le château de Saint Agil fut achetée par le comte de Saint-Maixent. Ses descendants le possèdent toujours.Si le château occupe un quadrilatère cerné de douves d’origine médiévale, les constructions aujourd’hui visibles sont postérieures. Elles datent de trois époques différentes. C’est d’abord l’élégant donjon portail flanqué de deux tours en pierre et briques losangées qui attire le regard. Surmonté d’un lanternon, il a été construit peu après 1500 pa Antoine de La Vove, d'une famille bien implantée dans le Perche. Les La Vove posséderont le domaine jusqu’au XVIIIe siècle. La même famille avait déjà fait construire vers 1475 le grand corps de bâtiment formé de deux ailes en équerre, avec, dans l'angle, une tour d’escalier polygonale flanquée d’une tourelle en encorbellement. Mais les larges fenêtres aujourd’hui visibles ont été ouvertes au XVIIle siècle par Angran d’Alleray, conseiller du roi, intendant du commerce en France. Ce dernier fit également élever les communs toujours en place, et tracer un jardin. Enfin, dans le style Renaissance, utilisant le même décor que les tours du portail, une aile prolonge le logis depuis le XIXe siècle par la volonté du comte de Saint-Maixent. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité : inscription par arrêté du 13 février 1926. 

 château de Saint Agil 41170 Saint Agil 

 Téléphone : 02 54 80 94 02

 

Château de Roujoux

Roujou ou Rougeoux est à l’origine un fief dépendant de la seigneurie de Fougères, qui est cité dès le XIIe siècle. Jusqu'au XVe siècle, les différents aveux faits aux comtes de Blois montrent une succession importante de seigneurs. Marguerite de Troussebois citée en 1460, Antoine de Pas de Feuquières originaire du Pas de Calais, en 1528 Jean de Villebresme, seigneur de Fougères, et à sa troisième femme: Jeanne Le Berruyer, d’une vieille famille de Touraine. Son arrière-petit-fils, René de Maillé-Bénéhart, puissant personnage, s’y installe en 1618 et fait valoir ses droits sur Roujoux, confirmés en 1628. Il y engloutit les 20000 écus d’or de la dot de sa femme Dorothée Clausse. Louis Richou de Rochefort acquiert une véritable ruine en 1777, c’est pourquoi Roujoux passera tranquillement la Révolution. Il ne connaîtra pas moins de neuf propriétaires en 70 ans avant d’être acheté en 1889 par Gabriel de La Morandière. Celui-ci, fils du célèbre architecte qui travailla à la restauration de Blois et Chaumont, constate les dégâts importants, comme la destruction de la chapelle et de la grosse tour de l’est au cours du XIXe siècle. Ses descendants essayent de réparer les dégâts. Très reconstruit sous Louis XIII, le château actuel est situé sur le terre-plein d’origine, entouré de douves. Il ne présente plus qu’un grand corps de bâtiment donnant à l’ouest, dont le pavillon central de l’escalier a conservé son beau fronton arrondi. Il est relié à l’aile nord par une grosse tour du XVe siècle, joliment couverte en dôme avec un clocheton du XVIIe siècle. L’aile sud a été très remaniée par La Morandière qui, à la place de la tour d’angle, a construit une nouvelle chapelle au parement de briques et pierre en damier, surmontant une reconstitution de pont-levis qui n’a jamais existé à cet endroit. Il y a adjoint une grande bibliothèque, hélas vide actuellement, en sacrifiant les voûtes de René de Maillé. Les armes et devises des Maillé se retrouvent un peu partout dans la construction. De beaux communs et un curieux pigeonnier complètent l’ensemble. 

 Éléments protégés MH : le château, sa la plate-forme et ses douves en totalité : inscription par arrêté du 5 mars 2007. 

 château de Roujoux 41700 Fresnes 

 Téléphone : 09 81 43 82 17 / 06 62 30 45 16 

Château de Romorantin

C'est en 1445 que Jean de Valois, comte d’Angoulème reçoit en héritage la seigneurie de Romorantin. Il relève la ville des ruines de la guerre de Cent Ans et, dès 1448, il fait construire son "hostel" sur la rive nord de la Sauldre. Il semble que trois tours de l’enceinte du XIIe siècle de la ville aient été intégrées dans le château. La plus grosse tour située à l’angle sud-est abrite le donjon, le fossé vers la ville est alimenté par une roue hydraulique qui puise l’eau dans la rivière. Si Charles d’Angoulème, fréquente peu le château, sa veuve Louise de Savoie, mère du futur François 1er affectionne par contre cette résidence proche des châteaux royaux. En mai 1499, la reine Anne de Bretagne, fuyant la peste à Blois, demande asile à sa cousine Louise. Elle donne naissance le 13 octobre 1499 à une fille prénommée Claude qui sera reine de France. À partir de 1510, Louise de Savoie fait ouvrir les grandes travées de fenêtres sur les tours et construire la cage d’escalier en brique qui dessert le donjon. Elle confie à l’architecte Pierre Nepveu la construction d’une aile nouvelle de près de cinquante mètres le long de la Sauldre. Dès début de son règne François 1er demande à Léonard de Vinci de réaliser un palais royal et une ville pour la cour à l’ouest dans le parc le long de rivière. Malgré l’abandon de ce projet en 1518, le roi fait plusieurs séjours à Romorantin. François II, qui n'a régné que quelques mois y signa, en 1559, une ordonnance connue sous "l'Edit de Romorantin", qui mettait fin à l'inquisition dans le Roussillon, à la suite du rattachement de la province à la France. A partir de la deuxième moitié du XVIe siècle, le château est délaissé par la Cour. En 1607, Henri IV offre la jouissance du domaine à sa favorite Charlotte des Essarts. Mal entretenu le château est en triste état en 1672 lorsqu'il est intégré dans l’apanage des ducs d'Orléans. Au siècle suivant, l’aile Renaissance menaçant ruine est abattue. Après la Révolution, le château loge les services municipaux puis devient propriété du département. À partir de 1822, il abrite les services et la résidence de la sous-préfecture. Au cours du XIXe siècle, une caserne de gendarmerie, une prison et le nouveau palais de justice sont construits. La caserne et la prison sont démolies en 1968. L'ouverture de la cour et l’extension contemporaine construite pour abriter les services administratifs ne permettent plus aujourd’hui de comprendre l’architecture de ce château au riche passé fréquenté par de prestigieux personnages de la Renaissance. 

 Éléments protégés MH : le château de Romorantin en totalité : classé partiellement en 1912. 

 château de Romorantin 41200 Romorantin-Lanthenay

   

Manoir de Rocheux

Ce fief dépendait du château de Mondoubleau tout proche. Il existait vraisemblablement de longue date, mais le manoir actuel fut construit en 1552 par un maçon du nom de Jean Allette pour le compte de Jean de Vancé, seigneur de Rocheux et de La Maléclèche. Les armes figurant au-dessus de la porte d’entrée en attestent. La même famille conservera le domaine pendant plus de cent ans. Durant les deux siècles suivants, il passera en de nombreuses mains. Citons notamment Charles-Félix Doré, maire de Mondoubleau qui fut tué par un uhlan le 24 novembre 1870 en sortant de chez lui. La tendance du style classique français s’impose ici par la présence d’un toit trapézoïdal dominant de haut l’élévation des murs. La façade d'entrée du manoir est percée d'une porte d'entrée dont l'ouverture en arc surbaissé est ornée d'un encadrement en pierre avec pilastres de chaque côté et fronton triangulaire avec motif sculpté au centre. La façade postérieure est agrémentée, en son milieu, d'une tour carrée de défense à meurtrières, servant d’entrée, abrite l’escalier. A gauche le bâtiment forme une sorte de deuxième tour carrée plus basse. Corps de bâtiment annexe en retour, avec encadrement des ouvertures en pierre rouge. L'intérieur conserve des cheminées aux écussons armoriés. Autrefois, le manoir était entouré de fossés, aujourd'hui en partie comblés. Et nous retrouvons une disposition des bâtiments ruraux alentour tendant a prouver que ferme et manoir se mêlaient d’assez prés. 

 Éléments protégés MH : le manoir de Rocheux en totalité : inscription par arrêté du 25 février 1948.

 manoir de Rocheux 41170 Mondoubleau 

   

Manoir des Roches

Le manoir présente de belles fenêtres à meneaux et une tour octogonale, une pierre portait la date de 1549. La végétation verdoyante du coteau qui le domine donne un éclat supplémentaire aux pierres blanches dont il est construit. Il aurait été un relais sur le chemin de Compostelle et on dit que des conventionnels y auraient séjourné pendant la Révolution jusqu’en 1798. Le manoir des Roches est adossé par sa façade nord au flanc du coteau. Sur sa façade sud fait saillie une tour contenant un escalier en vis de pierre et dont les étages sont soulignés par des cordons moulurés. Des médaillons surmontent la porte d'accès à la tour, porte accostée de pilastres Renaissance supportant un entablement. Au premier étage de la travée Ouest, la fenêtre est également accostée de pilastres Renaissance. Au rez-de-chaussée de la travée opposée, une porte cochère en anse de panier donne accès à un couloir menant aux caves creusées dans le coteau. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du manoir : inscription par arrêté du 22 octobre 1971.

 manoir des Roches 41400 Bourré 

 Téléphone : 06 71 09 40 03 

 

Château de Rochambeau

Le château de Rochambeau, au hameau du même nom, est un ancien fief et seigneurie mouvant du château de Vendôme, à foi et hommage simple, il comportait un grand censif, terre comportant des droits féodaux, avec droit de basse justice entraînant la perception d’amendes. À l’origine, castel défendu par des murailles pourvues de tours et de fossés détruits au XVIIIe siècle, il lui fut alors adjoint deux gros pavillons à toiture mansardée, tandis qu’étaient coupés les meneaux des fenêtres. Face au château, contre le coteau, un grand hémicycle du XIXe siècle comporte la chapelle et des communs troglodytes, ancienne basse cour du château dans le spectaculaire et énorme puisard entouré de rochers abrupts auquel on accède par un vaste passage voûté. La longue avenue pittoresque bordée de vieux arbres et de la rivière du Loir, est une belle curiosité. Au pied du coteau, le château voisine avec des grottes dont certaines auraient pu être habitées aux temps préhistoriques. Au XIVe siècle, Rochambeau appartient à la famille de Belon dont l’héritière épouse en 1512 Mathurin de Vimeur ancêtre à la septième génération de Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, marquis de Rochambeau, le célèbre maréchal de Rochambeau, 1725-1807,commandant en chef du corps expéditionnaire vainqueur de la bataille de Yorktown qui contribua de façon décisive à l’indépendance des États-Unis. Les descendants du maréchal conservent depuis cette époque la propriété, reçoivent de nombreux Américains et organisent de superbes manifestations commémoratives d’un des événements les plus glorieux de l’histoire de France. Aux XIXe et XXe siècles la famille compta de nombreux combattants dont plusieurs morts pour la France.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château (à l'exclusion des communs et de la chapelle) : inscription par arrêté du 12 septembre 1969. La chapelle et les communs formant l'hémicycle faisant face au château, lieudit Le Château : inscription par arrêté du 16 octobre 2000. 

 château de Rochambeau 41100 Thoré la Rochette 

 Téléphone : 02 54 72 85 34

 

Château de Rivaulde

 
Au XVe siècle, Rivaulde était un château fort appartenant à la famille des seigneurs de La Ferté-Imbault et rattaché à l'archevêché de Bourges. Au siècle suivant, il est transformé en manoir, pourvu de deux tours de chaque côté et d’une chapelle. L'acquisition de pièces de terre et d’un château légitime les nouveaux châtelains dans les traditions rurales séculaires. Afin de compléter son" triangle d’or" de la mondanité (la villa au bord de la mer, le relais de chasse et l’hôtel à Paris dans les nouveaux quartiers), Henri Schneider, puissant industriel du Creusot, achète, en 1893, une ancienne seigneurie au cœur de la Sologne dont il fera cadeau à sa femme, Eudoxic Asselin (1853-1942). La situation du lieu est exceptionnelle, notamment grâce à la proximité de la grande ligne de chemin de fer Paris-Vierzon qui traverse la Sologne depuis le 20 juillet 1847. La chasse tenant une grande place dans la vie sociale et l’entretien de réseaux relationnels, Rivaulde y sera entièrement consacré. La première chasse officielle a été organisée en 1897. Cependant, l’ancienne bâtisse, vétuste, ne répond plus aux besoins de distinction de ses nouveaux propriétaires. Henri Schneider engage alors l’architecte Paul-Ernest Sanson pour définir un nouveau château. Le projet retenu, en 1898, présente un édifice en V utilisant les fondations anciennes et dont le nœud central du plan est formé par un hall d’entrée avec un escalier monumental. Ces éléments distribuent la zone des invités et la salle des chasseurs dans l’immense aile droite, les appartements privés sur la gauche. les chambres avaient un confort qui suivait les règles hygiéniques de l’époque, c’est-à-dire pas de chauffage central, réputé malsain pendant le sommeil, mais des cheminées ou des poêles à bois. Derrière le vestibule se trouvent trois pièces communes: bibliothèque, salon, salle à manger.

 La construction du château s’étend entre 1900 et 1905. De vastes dimensions, avec ses dépendances et notamment les écuries (que l’on peut visiter, route de Souesmes), il était surnommé "le petit Vaux-le-Vicomte". Henri Schneider meurt le 18 mai 1898 laissant à sa femme la gestion du domaine. Celle-ci fait de Rivaulde sa résidence de prédilection. Elle collectionne meubles anciens et objets d’art. Dans des réceptions somptueuses, elle reçoit aussi bien les membres de familles aristocratiques, telles que les Broglie, les La Rochefoucauld, que ceux de la haute bourgeoisie industrielle. Une photographie, datant de 1913, atteste de la présence du Prince-de-Galles de séjour au château. Après la Première Guerre mondiale, l’activité cynégétique décline au profit de la sylviculture et la propriété devient une grande "maison de famille". Dans les années 1950, les héritiers Schneider ne peuvent plus entretenir cette énorme bâtisse qui est revendue au groupe Michelin. Ce dernier y installe une colonie de vacances puis l’abandonne aux pillards. En 1985, un riche industriel parisien y construit un golf, mais il fait faillite en 1996, les installations sont alors revendues à la mairie de Salbris. Le reste des 3000 hectares est partagé par les descendants de la branche Sauvage de Brantes, dont sont issus, entre autres, Anne-Aymone, épouse du président Valéry Giscard d’Estaing, et le père de celle-ci, François, résistant mort à Mauthausen (Autriche) en 1944. De nombreux éléments d’architecture sont protégés au titre des Monuments historiques. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, les espaces communs (escaliers, hall d'entrée, corridors de circulation) comprenant les trois grandes pièces du rez-de-chaussée, la salle dite de chasse, les sols de la cour du château, les allées d'accès du château, les murs d'entrée du domaine, les grilles, les façades et les toitures de la centrale hydroélectrique sur la Sauldre, les sols des écuries avec le pédiluve, et les écuries du château, en totalité : inscription par arrêté du 9 janvier 2006. 

 château de Rivaulde 41300 Salbris

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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