Traduction

Château du Mée

Le château du Mée a été construit par la famille de Menou. Jean, seigneur de Boussay en Touraine et du Mée, capitaine de cent hommes d'armes, fut fait prisonnier à la bataille de Poitiers en 1356 et emmené en Angleterre avec le roi Jean le Bon. Les Menou se succédèrent sans interruption jusqu'à la mort du dernier Menou du Mée en 1889 et le domaine fut alors acquis par le comte Arthur de La Rochefoucauld, lointain cousin des Menou et propriétaire du domaine de Poiriers-Montbel, mitoyen du Mée. Le château fut construit au XVe siècle sur les bases d'une maison forte plus ancienne et fut remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le corps de bâtiment principal, à deux étages plus combles, est de plan rectangulaire. Il est éclairé par des baies rectangulaires, étroites et de petites dimensions. Il est flanqué de deux pavillons, dont le méridional, à un seul étage, abrite une chapelle, consacrée en 1697. La façade occidentale est pourvue de deux tours circulaires, l'une en milieu de façade, l'autre à l'extrémité nord. Ces tours présentent un entablement avec un chemin de ronde couvert au troisième étage et des mâchicoulis. Les sous-sols abritent une salle des gardes, équipée d'une grande cheminée. Un plan ancien et une gravure montrent que le château du Mée comptait autrefois cinq tours. L'une d'elle, hexagonale, contenait l'escalier et a été détruite au début du XVIIIe siècle. Le mur qui sépare, à l'ouest, le château du jardin correspond à la limite entre les communes de Pellevoisin et de Villegouin. Du côté est se trouve une cour dans laquelle on entre par un portail encadré de deux piliers. Au delà se trouvent les communs, dont l'un a englobé une tour. Abandonné jusque dans les années 1970, Le Mée a fait depuis l'objet d'une importante restauration du gros œuvre qui en a assuré son sauvetage.

 Éléments protégés MH : les façades et toitures du château : inscription par arrêté du 25 mars 1980.

 château du Mée 36180 Pellevoisin

 

Château de Mazières

D'un important ensemble de bâtiments des XIIIe et XIVe siècles, construits sur la rive gauche de la Bouzanne, au bord d'une large prairie s'abaissant en pente douce vers la rivière, ne subsistent que les parties conservées au XIXe siècle par M. Renaud,entrepreneur de constructions à Paris, qui s'en était rendu propriétaire. Le nom de Mazières dérive du bas-latin maceriae qui signifie muraille et, par extension, maison noble. Déjà reconnu comme important à l'époque gallo-romaine, pour la surveillance du passage nord-sud de la Creuse et de la Bouzanne, le site était occupé par une villa dont les vestiges ont été découverts dans les jardins du château. Ont été également retrouvées les traces d'un aqueduc qui conduisait jusque-là les eaux du ruisseau de la Chaise. La légende voudrait que cet ouvrage soit dû à l'ingéniosité d'un jeune seigneur de La Chaise, comme prix du consentement de son voisin de Mazières à lui donner la main de sa fille. Mazières se composait initialement d'un imposant donjon carré de six étages, d'environ quatre mètres chacun, situé au nord-est de l'enceinte, flanqué aux quatre angles supérieurs de guérites en encorbellement, voûtées sur nervure, l'une ayant servi de colombier, l'autre de latrines. Les murs sont épais de "six pieds", le centre du donjon est évidé. L'escalier, taillé dans l'épaisseur de la muraille, change de côté à chaque étage, il est d’ailleurs de largeur inégale. On accédait dans le donjon uniquement par le premier étage, une fois franchi un pont-levis.

Des sept tourelles et des corps de logis initiaux, ne subsistent actuellement, à une quinzaine de mètres du donjon, qu'une tourelle isolée, et, plus au sud, un corps de bâtiment au centre duquel se trouve une tour. Cette construction est flanquée de deux ailes en retour, d'inégale importance. Tout le reste, y compris la chapelle ornée de fresques du XVIIe siècle, qui se trouvait au sud, a été démoli. Il est à noter qu'une belle cheminée du XVe siècle, provenant du deuxième étage du donjon, est conservée au musée Bertrand de Châteauroux. AU nord se trouve la ferme, au sud de l'habitation, en contrebas une belle terrasse précède le jardin. Comme un certain nombre d'autres fiefs de la vallée de la Bouzanne, Mazières fut sans doute, à l'origine, soumis à la suzeraineté des seigneurs de Prunget, bien que ses possesseurs s'en soient constamment défendus, prétendant ne relever que des seigneurs de Châteauroux. Le donjon est cité pour la première fois dans un dénombrement de 1381, il appartenait alors aux de Laigue, dont les armes figurent à la clef de voûte d'une des tourelles supérieures. On trouve ultérieurement des de Montjohan, de Mazières. À la Révolution, Mazières fut confisqué, appartenant pour l'heure à un émigré. Sylvain Château l'acquit comme bien national en l'an IV (1796). Sa fille, madame Louis Bernard, mourut en 1895. La succession de cette dernière donna lieu à un procès long et embrouillé, à la suite duquel M. Renaud se porta acquéreur. La grange fermant la cour à été récemment reconstruite après incendie. 

 Éléments protégés MH : le donjon, la tour circulaire qui flanque la façade ouest du corps de logis ; le sol correspondant à l'ancienne assiette foncière du château : inscription par arrêté du 5 avril 1988.

 château de Mazières 36200 Tendu 

 Téléphone : 06 50 54 45 72 

Château des Maîtres Sonneurs

Le château est cité la première fois en 1102, par la mention d'une visite de l’archevêque de Bourges Léodegaire à Adelardus Villebaldus (aussi appelé Adalard), qui se qualifie de seigneur de Saint-Chartier. Il est vassal des seigneurs de Déols. À la fin du XIIe siècle, la dernière de Raouls est Denise de Déols et Châteauroux (1173 - 1207). Elle est veuve à seize ans; le roi Richard Cœur de Lion la donne pour épouse à André de Chauvigny, fidèle des rois d’Angleterre, en 1189 et elle lui apporte en dot Déols, Saint-Chartier, La Châtre, Le Châtelet, Châteauroux, etc. Pour plusieurs siècles, Saint-Chartier est aux mains des Chauvigny. Les Chauvigny, reconstruisent le donjon du XIVe siècle et le logis au XVe siècle. Ils construisent également, au XIIIe siècle, une galerie dite « jeu de paume ». Le château a subi quelques changements au cours du temps de Louis XVI pour l'utilisation des écuries. Le comte Aimé Jacques Marie Constant de Moreton de Chabrillan, chambellan de Napoléon, devient propriétaire du château. Le château est mal entretenu, et pendant la période de la Restauration, plusieurs parties du château sont ruinées. En 1858, Alexandre Ier Naud, marchand de tissus, achète le Château. Il y habite avec son épouse Victoire Clouard et ses deux enfants, Alexandre II et Victorine. Alexandre Ier a construit entre 1864 et 1865 la Chapelle Barbault, dans le parc du château, comme chapelle funéraire pour sa famille. Le château est restauré en 1873-1880 par sa fille Victorine et son mari Michel Germain, avec l'aide de Monseigneur Trioche, et l'architecte départemental Alfred Dauvergne. Victime d'un incendie avant dans la première moitié du XXe siècle. Son propriétaire actuel a commencé la restauration en 2009. 

 Éléments protégés MH : les remparts en totalité : les courtines Nord et Est, les trois tours attenantes (Nord-Ouest, Nord-Est, Sud-Est) ; le bâtiment dit des communs adossé à la courtine Nord ; le bâtiment abritant une galerie, situé au Sud-Ouest du corps de logis, à proximité de la R.N. 718 et appelé Jeu de Paume ; la cheminée de la salle à manger, au rez-de-chaussée du château, dont le manteau est orné des armes de Marguerite de Chauvigny : classement par arrêté du 14 février 1989. Le corps de logis du château (sauf cheminée classée du rez-de-chaussée) : inscription par arrêté du 14 février 1989. 

 château des Maîtres Sonneurs 36400 Saint Chartier 

 Téléphone : 02 54 48 22 64

 

Château de Lys Saint Georges

Le château de Lys-Saint-Georges est implanté sur un éperon naturel dominant la vallée du Gourdon, un affluent de la Bouzanne. Son donjon ovoïde, datant du XIIe siècle, est la partie la plus ancienne, doté d’un système défensif complet (pont-levis, meurtrières) et de commodités intérieures (cheminées, latrines). L’édifice actuel, entouré de douves, fut reconstruit à partir du XIVe siècle sur les vestiges d’une forteresse antérieure, tandis que le corps de logis du XVe siècle arbore des sculptures de style flamboyant. Restauré au XIXe siècle, ses façades et toitures ont subi des modifications qui en ont altéré l’authenticité. Pendant la guerre de Cent Ans, le château fut occupé par une garnison anglaise avant de devenir la propriété de Jacques Cœur, qui y construisit le logis actuel surplombant les douves. En 1440, il passa à la famille Bertrand, gouverneurs du Berry et proches de Louis XII. Le donjon servit de prison à Ludovic Sforza, duc de Milan (dit Le More), capturé en 1500 pour trahison et détenu ici jusqu’en 1504 avant son transfert au château de Loches, où il mourut. Les armes des Bertrand et de Navarre, visibles sur le portail, témoignent de leur longue possession (trois siècles), tandis que leur blason sur la porterie fut martelé. Vendu comme bien national pendant la Révolution, le château perdit alors une partie de son donjon et son escalier en vis. Au XIXe siècle, l’architecte Alfred Dauvergne le restaura entre 1877 et 1887, altérant certaines structures. 

 Éléments protégés MH : L'ensemble du site castral de Lys-Saint-Georges à savoir : le donjon, la porterie, et le pont dormant, les tours et courtines, la cour, les douves et les murs de soutènement, les façades et toitures du logis, les façades et toitures des écuries, ainsi que les parcelles A 170, A 173, A 174 et une partie de B 544 tel que représenté sur le plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 11 mai 2022 L'arrêté d'inscription du 11 mai 2022 se substitue à l'arrêté d'inscription du 9 mai 1969 : Donjon ; restes de l'enceinte (tours et courtines) ; porterie (cad. A 173) : inscription par arrêté du 9 mai 1969 

 château de Lys Saint Georges 36230 Lys-Saint-Georges 

 

Château de Lurais

L'église et le village de Ludriacus furent donnés en 931 par Frottier, évêque de Poitiers, aux Bénédictins de l'abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. La mention du prieuré apparaît dès 1211: les moines ayant consolidé leurs possessions, peuvent installer une communauté. À proximité du château d'Angles, qui possédait le droit de justice, les occasions de conflits ne manquaient pas, de même lors de la fortification du prieuré pendant la guerre de Cent Ans. Les guerres de Religion amènent la destruction de l'abbaye Saint-Cyprien en 1562 ainsi que la suppression du prieuré. Le château est affermé par l'abbaye à des particuliers à partir de 1644. Au moment de la Révolution, il est vendu comme bien national et est aujourd'hui divisé: la commune a converti en logements la partie est, l’autre moitié est propriété privée. À la fin du siècle, le chansonnier Rodolphe Salis, fondateur du Chat Noir et ami de Maurice Rollinat, venait se reposer en ces lieux paisibles de l'atmosphère excitante et malsaine des cabarets montmartois. Le château de Lurais se présente comme un puissant quadrilatère à quatre tours (l'une a été détruite), les deux tours rondes au nord flanquées chacune d'une tourelle carrée. Près de la tour sud-ouest subsistent encore les traces d'un cloître. De beaux aménagements intérieurs (cheminées, salles voûtées...) pourraient dater de l'abbatiat d'Antoine de Champropin, abbé de Saint-Cyprien, Fontgombault et Méobecq (1507). Les caves sont dotées de puissants arceaux de soutènement, peut-être d'origine romane, et de chambres de tir, comme il était d'usage à la fin du XVe siècle; les souterrains gardent leur mystère... 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château (parties privée et communale), à l'exception du bâtiment du XIXe siècle. A l'intérieur: les caves situées sous l'ensemble de l'édifice (parties privée et communale). Dans la partie communale la petite pièce voûtée d'ogives appelée oratoire située au niveau trois, l'escalier à vis et sa porte d'accès située dans le couloir, au rez-de-jardin (niveau deux). Dans la partie privée les salles voûtées d'ogives du rez-de-jardin (niveau deux), à savoir la grande salle et ses accès, la cuisine actuelle et l'aile de l'ancienne galerie; la cheminée de la salle située au rez-de-chaussée de la tour Nord-Ouest: inscription par arrêté du 9 juillet 1987. 

 château de Lurais 36220 Lurais

 

Château de Luçay-le-Mâle

L'édifice offre un grand intérêt qui provient de deux courants stylistiques opposés: s'il appartient encore au type des derniers châteaux de la Loire, il adopte des formes architecturales nouvelles. L'histoire de la seigneurie est mal connue avant le début du XVIe siècle, et nous savons seulement qu'elle relève au Moyen Âge des familles de Palluau et de Châteauneuf. La terre est achetée en 1518 par Jean de Rochefort, "porte cornette" du roi lors des dernières campagnes d'Italie, qui la possède jusqu'à sa mort survenue en 1538; les seigneurs de Valençay acquièrent alors Luçay et en demeurent propriétaires jusqu'à la Révolution Française. Le plan d'ensemble du château, construit sur un éperon rocheux naturel, offre une forme en triangle irrégulier qui suit les lignes du terrain. Il est entouré d'une enceinte basse flanquée de petites tours arasées et terminé à la pointe par un bastion carré: la faible épaisseur du mur et la minceur des tours, indiquent qu'elles ne sont pas antérieures à la fin du XVe siècle, mais elles ont certainement remplacé une fortification plus ancienne. Le bastion de faible hauteur a dû être ajouté lors des troubles de la deuxième moitié du XVIe siècle. On accède à la cour par un petit châtelet d'entrée de l'extrême fin du XVe ou du début du XVIe siècle, accolé à une aile basse construite vers 1530-1540, mais remaniée au XVIIIe ou XIXe siècle, dans un style néo-classique avec porte à fronton triangulaire. Le châtelet d'entrée et le passage couvert mènent à la cour et au logis qui en occupe toute la largeur; à l'arrière, une vaste esplanade délimitée par l'enceinte devait être à l'origine occupée par un jardin.

Le logis de plan longitudinal et de faible largeur est flanqué, à gauche, d'une grosse tour circulaire surmontée de corbeaux à mâchicoulis qui semble contemporaine du châtelet, mais en raison des archaïsmes et des survivances médiévales, fréquents dans cette région, cet ouvrage, à l'allure de petit donjon, est peut-être contemporain des premiers travaux de Jean de Rochefort, entrepris à partir de 1518. Le logis est la partie la plus intéressante du château: il comporte un bâtiment de deux étages couvert d'un haut comble, accosté d'une aile basse. L'ordonnance générale de la façade sur cour appartient encore au style des derniers châteaux de la Loire avec une composition en quadrillage, mais plusieurs détails proviennent d'une autre influence, celle des châteaux édifiés en Île-de-France dans les années 1530-1540. Les pilastres très minces n'encadrent plus les baies, mais sont répartis régulièrement, et leurs chapiteaux plats dépourvus de décor les apparentent à des dosserets, sortes de jambes de force qui raidissent le mur. Cette organisation nouvelle apparaît déjà à Chambord vers 1530 et dans les châteaux de la région parisienne. L'influence de ceux-ci est encore plus évidente avec l'introduction d'éléments très novateurs dans le système des baies: au lieu des croisées traditionnelles, la façade de Luçay possède des ouvertures jumelées en plein cintre, inscrites dans un cadre rectangulaire, que l'on trouve aussi pour la lucarne et pour une baie de l'aile basse. Ce type n'appartient pas au style ligérien, mais à celui des créations franciliennes de cette période, influencées par la publication, récente en France, des traités de l'architecte italien Sebastiano Serlio. L'originalité de Luçay, réside comme à Veuil, dans l'adoption d'un style à "l'antique" adapté à la tradition ligérienne toujours en vogue; ces nouveaurtés apportent, en l'absence de documents, une précision sur la date de ce logis, commencé avant la mort de Jean de Rochefort en 1538, et achevé peu après vers 1540. Longtemps converti en exploitation agricole, et sans entretien, le château a connu depuis vingt ans, grâce à ses nouveaux propriétaires, une restauration complète et exemplaire. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 21 octobre 1932.

 château de Luçay-le-Mâle 36360 Luçay-le-Mâle

 

Château fort de Levroux

La porte de Champagne est le dernier vestige visible des fortifications dubpourg de Levroux. Deux tours en fer à cheval flanquent la porte. Elles sont munies à leur sommet de deux grands créneaux, et, à mi-hauteur, de trois archères, pouvant servir de bouche à feu. L'ouverture de la porte, en plein cintre, est surmontée d’un mur dans lequel se voient les rainures destinées au passage des chaînes de l’ancien pont-levis. Au dessus, il y a un mâchicoulis couvert, une canonnière et deux grands créneaux. Cette porte fut édifiée en 1506 par le chapitre de Levroux, à la place d’une porte plus ancienne, la porte Chatel, mentionnée dans la première moitié du XVe siècle. D’après plusieurs auteurs, la ville serait demeurée ouverte jusqu’au XVe siècle. Mais une nouvelle lecture des textes laisse penser qu’elle fut fortifiée bien avant. Au début du XIe siècle, le Château-Vieux, partie de la ville donnée par Eudes de Déols au chapitre, lors de sa fondation en 1013, a été entouré de fossés par le seigneur. Un nouveau château a déjà été construit par le seigneur de Déols sur le site stratégique de l’oppidum gaulois, appelé la "Colline des Tours". La ville s’étend au pied depuis l’Antiquité, et l’enceinte du Château-Vieux renferme l’église paroissiale primitive de Levroux, l’église Saint-Pierre, dont il ne reste aucun vestige. En 1238, il est fait mention de maisons situées dans le Château-Vieux et d’autres situées en dehors. On en a déduit que seul le Château-Vieux était fortifié, et que le reste de la ville ne l’était pas. Pourtant, un accord de 1217 entre l’abbaye cistercienne du Landais et le chapitre stipule que le Landais ne peut rien acquérir ni "dans le vieux chasteau", ni "dans le pourpris de Levroux", laissant entendre que la ville était entourée d’une enceinte, suivant le sens courant du mot pourpris. En 1276, il est question, à propos d’une maison de la rue Pile Mile, des fossés de la ville. En 1312, le seigneur de Levroux se plaint qu’on a comblé en plusieurs endroits les fossés de la ville lui appartenant et qu’on a bâti dessus. Enfin la mention de trois ponts, en 1341, confirme la présence de ces fossés, qui semblent bien suivre le même plan que ceux attestés ultérieurement: le pont du Landais se trouvait au sud, près de l’ancienne Maison du Landais, à l’emplacement de la Porte de Champagne, le pont à l’Alouette à l’ouest, à la Porte du Cimetière et le pont de Pillemiele au nord, à la Porte de l’Étang.

 Le site de Levroux se prêtait à de telles défenses, grâce aux travaux d’hydraulique réalisés par le seigneur et le chapitre; la ville était protégée, sur sa moitié est, par deux étangs attestés au début du XIIIe siècle, rendant facile la mise en eau de fossés. En 1435, à l’époque où Rodrigue de Villandrando et ses hommes sont en Touraine, puis en Berry, les habitants de Levroux demandent l’autorisation de faire des fortifications. Cette demande signifie qu’il est nécessaire de construire des fortifications, mais non qu’il n’y en a Jamais eu. Par lettre patente du 15 janvier 1436, Charles VII autorise Bertrand de La Tour d’Auvergne, seigneur de Levroux, et les chanoines du chapitre à "faire fortifier et emparer de murs, fossés, palis, pont-levis, porteaux, tours, guérites et barbacanes et autres fortifications pour s’y mettre à couvert eux et leurs sujets". Les travaux durent une dizaine d’années à compter de 1436. La pierre est extraite à la Perrière, carrière de grès située à une demie lieue au nord de la ville. Les murs ont 60 cm d’épaisseur et 2 m de haut. Des tours rondes, de 6 m de diamètre environ, renforcent l’enceinte, qui s’ouvre par trois portes. Elles sont visibles sur l’Aflas Trudaine dessiné au XVIIIe siècle. En 1450, Charles VII donne une ordonnance pour que Levroux soit clôturée. En 1465 a lieu une transaction entre le chapitre et les habitants "pour raison des palis et clôtures de cette ville qui devaient y être mis où anciennement étaient les fortifications de cette cité". À cette même date, le chapitre concède aux habitants de "pouvoir avoir des portes dans les murs pour aller à leurs jardins, à condition de remettre la clef des portes entre les mains du capitaine en temps de guerre". En 1506, une convention est passée entre le chapitre et les habitants "pour se clore de palis, faire les ruelles de la Porte neuve et de la tour des Renardières qui sépare la justice de Châteauvieux de celle de Levroux, pour aller à l’eau"; la Porte de Champagne est construite par le chapitre. Dans son Histoire du Berry, parue en 1566, Chaumeau dit de Levroux que la ville est protégée de "fortes murailles, tours et fossez bien grandz, ayant seulement trois portes et pontz leviz en tout son circuit". Des faubourgs, dont le plus méridional est appelé les Arènes, à cause de la présence de vestiges d’un théâtre gallo-romain, se développent au sud, le long de la route de Déols. Ils sont toujours restés ouverts. 

Les seuls vestiges visibles du château de Levroux sont les restes d'un châtelet du XVe siècle dont les deux tours encadraient le pont-levis et l'entrée de la forteresse. Le château, édifié en premier par Eudes de Déols, fut construit à l'emplacement d'un ancien oppidum gaulois. Du haut de sa colline, il dominait la ville et la campagne environnante. Ce château prit la suite d'un autre situé en contre-bas, là où se dresse la collégiale Saint-Sylvain; le changement de site est antérieur à 1013. Il fut pris par Philippe Auguste en 1188. Au traité d'Azay-le-Rideau, en 1189, il revint à Richard Cœur de Lion. Il passa au roi de France lors de la réunion définitive du Berry à la France en 1199. Il est mentionné à plusieurs reprises, au XIIIe siècle. Le cartulaire de Levroux relate que des corvées pour la fourniture de bois et de pierres sont organisées par le seigneur de Levroux pour reconstruire la tour et agrandir la fortification en 1229. En 1413, Louis du Peschin, seigneur de Levroux, expose que le château de Levroux est "une moult notable forteresse et spacieuse qui est assise en très belle place et est une des plus anciennes forteresses du pays de Berry. En laquelle moult de gens de la ville et de toute la chastellenie de Levroux ont coustume de retraire eulx et leurs hoirs pour leur seurté et y font guet et garde de tous temps et que ledit chastel et forteresse et muraille d'icelle sont en très grant ruyne". Une description faite à la demande de Charles VI indique qu'il "nécessite des réparations tant au regard des murs, murailles et tours dudit chastel, comme des autres édifices".

Les réparations furent faites dans le deuxième quart du XVe siècle, par Jacquette du Peschin et Bertrand de La Tour d'Auvergne, seigneur de Levroux à partir de 1416. Les écus des commanditaires des travaux furent placés au-dessus du portail d'entrée du châtelet. L'un porte une croix ancrée (armes de la maison du Peschin), et l'autre un gonfanon à trois pendants (armes des comtes d'Auvergne). Ils ont été mutilés. De nouveaux témoignages des malheurs de ce château nous sont parvenus. En 1566, Jean Chaumeau en donne la description suivante, dans son Histoire du Berry: "au-dessus de la dite ville est assiz un viel et ancien chastel, et presque tout ruiné, au milieu duquel y à une grosse et matérielle tour, outre deux grosses entre lesquelles est assiz le portail du château". En 1653, dans son aveu de Levroux, Anne Le Veneur mentionne "l'ancien château et grosse tour de Bonan assis et situé au-dessus de la ville dudit Levroux, environné de fossés, estant les murailles et bastiments d'icelluy entièrement minez à cause des guerres passées". Enfin, en 1689, La Thaumassière le décrit ainsi: "au-dessus de la Ville est un fort château de grande étendue, au milieu duquel se voit une Tour de prodigieuse grosseur, accompagnée de deux autres, entre lesquelles est assis le Portail du château". Il y avait encore des vestiges de la tour Bonan, attribuée à tort à l'époque gallo-romaine par les habitants, au XIXe siècle. Longtemps après la fin de son démantèlement, une dépression circulaire de dix mètres environ de diamètre indiquait son emplacement, au nord du châtelet. Les fossés qui passaient au pied du châtelet et autour du château ont été comblés. La muraille d'enceinte a disparu, elle couvrait une superficie de deux hectares. 

 Éléments protégés MH : les vestiges du château de Levroux : inscription par arrêté du 14 mars 1927.

 château fort de Levroux 36110 Levroux

 

Château de Laleuf

À l'orée de la forêt, Laleuf est une construction du XVIIIe siècle, entreprise vers 1775 par Gatien Martin-Bouchet, premier ingénieur des turcies et levées de France alors qu'il était en voie d'anoblissement. Cet architecte, également connu pour la construction de l'actuel musée municipal, ancien Hôtel Bertrand, ou de l'Hôtel Delaleuf à Châteauroux, avait acheté Laleuf pour 20000 livres en 1744 à Claude-Louis Dupin de Francueil, receveur des Finances de Metz et d'Alsace, seigneur du marquisat du Blanc et de Chenonceaux. L'actuel édifice avait été précédé d'une construction de la fin du XVe siècle en partie remployée. Ainsi sur la face sud-ouest est toujours visible une fenêtre gothique, avec moulurations et arc en accolade. Le château fut ensuite transmis à son gendre Henri-Bertrand de Greuille puis, en 1820, au fils de ce dernier, le célèbre général d'Empire Bertrand. Passé aux fils de celui-ci, il devient au début du XXe siècle propriété de Jean Clément dont la famille le possède toujours.

Le château de Laleuf est une belle construction de pierre, constituée d'un corps de logis principal, de plan rectangulaire, flanqué en avant de deux pavillons carrés. Haut d'un étage au-dessus d'une cave, le bâtiment fut au début du XIXe siècle remanié. Lui fut ainsi adjointe une galerie close, rythmée de grandes baies séparées par des pilastres, réunissant les deux pavillons. Sa partie centrale est en légère saillie et elle est couverte par une terrasse. Un bâtiment adjacent fut également construit sur la face nord. Quant à la façade postérieure, un avant-corps dont les angles en bossage montent jusqu'à l'entablement de la corniche fut également construit. Il porte en couronnement une lucarne très moulurée. Une deuxième lucarne, ronde, prend place au centre de l'autre façade. Le château est couvert d'un toit d'ardoises dont la fermeture d’avant-toit est constituée d'une génoise. Celle-ci, triple sur la façade principale, devient simple à hauteur des pavillons et s'interrompt au niveau des chaînes d'angle nord et ouest de la face arrière. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité ; le domaine de la Réserve, en totalité (bâtiments, murs de clôture et portes, cours, anciens jardins et mare) ; la maison dénommée "la Garderie" et le bâtiment en dépendant, en totalité : inscription par arrêté du 16 octobre 2009. 

 château de Laleuf 36250 Saint-Maur

   

Château d'Issoudun et la Tour Blanche

La Tour blanche d'Issoudun est l'ancienne tour maîtresse du château, autrefois couronné de hourds, élevée à la fin du XIIe siècle par Richard Cœur de Lion, duc d'Aquitaine et roi d'Angleterre, sur une butte artificielle dans le centre-ville de la commune française d'Issoudun. La réalisation de la tour aurait été commandée par Richard Cœur de Lion à la fin du XIIe siècle et sa construction aurait été terminée par Philippe Auguste qui s'en rend maitre en 1202. Cette durée assez courte de construction expliquerait l'homogénéité de l'édifice. La tour aurait été édifiée sur une zone occupée précédemment par une chapelle ou un oratoire du XIe siècle. Des cinq niveaux primitifs aménagés à l’intérieur, il en reste quatre, le rez-de-chaussée actuel étant à l’origine coupé en deux par un plancher sur poutres. Les deux niveaux inférieurs, dont l’un était aveugle et semi-enterré, l’autre éclairé par deux étroites baies ébrasées, étaient réservés au stockage des vivres et des armes. On y accédait par des trappes, à l’aide d’échelles. Au-dessus se trouve une grande salle octogonale, voûtée d’ogives retombant sur des faisceaux de fines colonnettes aux angles de l’octogone. La clef centrale ornée d’un écusson a disparu. Deux hautes baies en plein cintre ébrasées éclairaient la salle, munie d’une cheminée. Les murs portent des restes d’un enduit ocre décoré de faux joints rouges, et dans les baies de noirs. Un couloir conduisait à un escalier à vis construit dans l’épaisseur du mur, au nord-est; il permettait autrefois d’accéder à un chemin de ronde qui rejoignait le beffroi situé à 200 m au nord. À l’opposé, un puits avait été aménagé dans la muraille pour fournir en eau les occupants de la salle; il est bouché à 25 m de profondeur. L’entrée dans la tour se faisait à ce niveau, grâce à un pont en bois qui enjambait le fossé et reposait sur des maçonneries construites en contrebas. À l’étage au dessus se trouvait l’appartement seigneurial où demeurait le gouverneur de la tour. Il était lui aussi de plan octogonal, mais couvert de plafond. Il était éclairé par deux baies et comportait une cheminée. Le dernier étage, de plan circulaire, servait de salle de garde. 

 Éléments protégés MH : la tour Blanche : classement par liste de 1840. 

 château d'Issoudun 36100 Issoudun 

 Téléphone : 02.54.21.74.02 

 

Château de L'Isle Savary

Le château de l'Isle-Savary, est un édifice construit aux XVe et XVIIe siècles. Il se distingue par son plan quadrilatère entouré de douves, accessible par un pont en bois et un pont-levis au nord-ouest. Le donjon, placé à l’angle ouest, domine l’ensemble, tandis que trois pavillons carrés renforcent les autres angles. Ces éléments défensifs, combinés à des corps de logis, reflètent une architecture adaptée aux besoins militaires et résidentiels de l’époque. Le château est l’œuvre de Guillaume de Varye, financier proche de Jacques Cœur et contrôleur général des finances en Languedoc. En 1464, il acquiert la terre de L'Isle-Savary pour 40 000 écus d’or, mais meurt en 1469 avant l’achèvement des travaux. Sa veuve, Charlotte de Bar de Baugy, épouse en secondes noces Pierre Doriole (général des finances puis chancelier de France), qui supervise la fin de la construction. Le château, laissé inachevé à la mort de Guillaume, est finalement terminé grâce à ce remariage stratégique. 

 Éléments protégés MH : le château à l'exclusion des parties classées : inscription par arrêté du 7 décembre 1925. Les façades, les toitures et les douves ainsi que la chapelle située au premier étage du bâtiment de l'Est et les escaliers des tours : classement par arrêté du 6 décembre 1932. château et parc de L'Isle Savary 36700 Clion 

 Téléphone : 06.60.24.36.42 

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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