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Château de la Glestière

Le château de la Glestière est reconstruit en 1655 (date portée) sur le site d'un manoir mentionné au XVe siècle; la chapelle Notre Dame construite vers 1586 est détruite. Si le grand corps de logis n'a subi que peu de modifications en façades; les tourelles d'angle en pan-de-bois ont perdu leur enduit, la ferme et les communs, suivant les premiers plans cadastraux, ont été profondément remaniés à l'exception des pigeonniers. Le parc lui-même est modifié par l'édification de plusieurs demeures contemporaines ; d'après un témoignage oral, un ancien pressoir au sud est partiellement conservé et réaménagé. 

Le château est composé d’un corps central flanqué de deux pavillons légèrement en saillie. Il présente quatre niveaux d’élévation : un sous-sol ouvert par des soupiraux, un rez-de-chaussée, un étage et des combles percés par des lucarnes à fronton cintré et ailerons. Celles-ci sont dans le prolongement des ouvertures inférieures. La porte d’entrée principale, côté ouest, est accessible par un degré rectangulaire rachetant la hauteur du soubassement. En revanche, côté est, ce dernier est accessible de plain-pied par trois portes. Il faut également noter sur cette façade, donnant dans les jardins, la présence de deux tourelles en pan de bois, placées à l’angle des pavillons latéraux et coiffées d’un toit à l'impériale sommé d'un campanile pyramidal. Que ce soient celles des façades principales ou des pignons, chaque fenêtre est marquée par un encadrement en calcaire contrairement à celui des portes d’entrée qui est en granite. Ces piédroits harpés qui se prolongent sur la hauteur totale du bâtiment sont caractéristiques du style Louis XIII. Les étages sont marqués par un bandeau mouluré également en calcaire et courant sur la totalité du bâtiment, ce qui renforce son horizontalité. Les éléments de décor sont discrets. En effet, la travée centrale de la façade ouest ainsi que celle de la façade est présentent des bas-reliefs figurant des blasons, sans doute liés aux familles précédemment propriétaires du lieu. Le bâtiment est couvert d’une haute toiture en ardoise, coiffée au niveau des pavillons par des épis de faîtage en forme de fleurs de lys. Ceux des lanternons représentent des oiseaux.

Les communs du château, couverts d’une toiture en ardoise, se trouvent côté est. Il s’agit d’un bâtiment en longueur, à deux niveaux abritant les écuries : un rez-de-chaussée et un étage de combles ouvert par des lucarnes à croupes. L’intérieur est accessible par quatre portes dont l’une est plus petites que les autres. Cette différence de taille s’explique par l’utilisation qui en était faite : la porte de taille réduite étaient destinée au passage des hommes, tandis que les plus grandes à celui des animaux, en particulier les chevaux. De petites fenêtres ponctuent la façade ouest des communs. Tout comme les portes, elles sont en plein cintre. Dans l’angle du pignon sud-est se trouve une tour circulaire percée d’une porte en rez-de-chaussée, d’une fenêtre à l’étage. Abritant un pigeonnier, sa toiture est coiffée, à l’instar du colombier en terre au sud et des deux tourelles du château, d’un lanternon. On trouve étagement un fournil en terre. Plan régulier à un étage carré sur sous-sol ; élévation ordonnancée ; toit à longs pans, toit en pavillon, croupe, toit conique ; escalier dans oeuvre ; appareillage normalisée ; colombier circulaire en terre coiffé d'un lanternon. 

 Éléments protégés MH : le château de la Glestière et ses deux fuies : inscription par arrêté du 17 octobre 1969. 

 château de la Glestière 35740 Pacé

 

Château de Fougères

Le château de Fougères est l'un des plus imposants châteaux forts français, occupant une superficie de deux hectares. Constitués de trois enceintes, les remparts sont très bien conservés. L'histoire du château débute au Xe siècle. Il est construit à la croisée des anciennes voies romaines de Bayeux à Rennes et de Chartres à Carhaix. Au Xe siècle, on retrouve sur un îlot rocheux du val du Nançon un château sommaire réduit à un simple donjon. Il est à cette époque défendu par de hautes palissades et profite de son encrage pour assurer sa défense. En 1066, un seigneur de Fougères accompagne Guillaume le Conquérant à la bataille d'Hastings. De ses faits d'arme, il hérite de terres en Normandie et en Angleterre. Henri II Plantagenêt qui a envahi la Normandie lorgne sur la Bretagne et assiège le château de Fougères. En effet, Raoul II, seigneur de Fougères est à la tête d'un mouvement qui s'oppose à cette invasion. Mais le château est finalement pris après avoir été vaillamment défendu, le donjon est détruit en 1166. Raoul II n'abdique pas et conduit la reconstruction d'une forteresse plus importante protégée par de hautes murailles. De cette époque, le château de Fougère doit sa renommée et sa place stratégique. Cette place avancée est fidèle au roi et pâti de cette allégeance. Pierre de Dreux qui mène la révolte par le Roi, profite d'une attaque surprise pour s'emparer de la forteresse en 1231. Raoul III peut compter sur les armées du roi pour l'épauler. Dirigée par Saint-Louis en personne, l'armée du Roi reprend Fougères. A la mort de Raoul, c'est sa fille Jeanne qui devient la châtelaine en 1256. Elle améliore les fortifications de la ville et édifie des tours. La ville est protégée par des portes fortifiées et d'épais remparts. En 1307, la baronnie de Fougères est confisquée par Philippe le Bel. La forteresse passe de mains en mains mais n'est plus occupée par son châtelain. Le duc de Bretagne, Jean de Montfort avec l'aide des anglais investi la place et y installe sa garnison. En 1373, Du Guesclin libère les villes de haute Bretagne pour Charles V, Roi de France. Pierre d'Alençon récupère le château.

Le début du XVe siècle est une période troublée, le seigneur du lieu Jean d'Alençon 1er meurt au combat à Azincourt son successeur Jean II est retenu prisonnier à Verneuil. Jean II d'Alençon pour payer sa rançon vend le château de Fougères à François II, duc de Bretagne en 1428. En 1449, une troupe anglaise menée par un dénommé Surienne effectue une attaque de nocturne la ville, la pille et produit un massacre effroyable de la population. Ce dernier campe sur place et sera finalement délogé par François II au terme de deux mois de siège. Le château reçoit deux nouvelles tours trapues. En 1488, Fougères est encore au centre d'une lutte entre la Bretagne et la France. La Tremoille, lieutenant général des armées royales assiège la forteresse, assèche les étangs et fait tomber la ville en une semaine. Finalement la Bretagne devient Française et Fougères définitivement française. Le château perd son caractère opérationnel. Entre 1547 à 1566, Diane de Poitiers devient la nouvelle locataire. Durant les guerres de religion le château est pris par le duc de Mercour et assoit ses défenses. Il libérera la place après l'abjuration d'Henri IV. En 1775, le marquis de La Rouërie, revient d'Amérique victorieux de la guerre d'indépendance. Il prend part à la Révolution Française et fait un séjour de deux mois à la Bastille. Il contribue au ralliement autour de la "Conjuration Bretonne" dès 1792. L'armée vendéenne et les chouans assiègent Fougères avec 30 000 hommes, ils prennent la ville et fusillent son maire, ces heurts resteront gravées dans les mémoires jusqu'au début du XIXe siècle. 

 Éléments protégés MH : le château : classement par liste de 1862 et journal officiel du 18 avril 1914. Le terrain municipal avoisinant la barbacane ouest du château, limité par la rue du Château, la route de Rennes et la prairie de la Palestine : classement par arrêté du 4 juillet 1928. Les douves et les anciennes douves et les terrains situés aux abords immédiats et immeubles édifiés sur ces terrains notamment la maison du gardien : classement par arrêté du 26 février 1953. 

 Forteresse médiévale de Fougères 35300 Fougères 

 Téléphone : 02 99 99 79 59 

 

Château de la Fosse Hingant

La Fosse-Hingant, est une demeure chargée d'histoire, dont l'architecture conserve les traces. La terre est connue depuis 1418 comme relevant de la seigneurie du Plessix-Bertrand et l'on connaît parfaitement la succession des propriétaires depuis cette date jusqu'à nos jours. Mais l'histoire de la demeure en elle-même est fort peu documentée et a surtout été très peu étudiée ; à part l'ancienne propriétaire, Mme de Dieuleveut, tous les propriétaires depuis une trentaine d'années ont refusé toute visite de leur demeure. Les éléments historiques connus et les photographies conservées dans l'ancien dossier de recensement permettent cependant d'en retracer les grandes lignes. Le logis actuel ne semble pas remonter au-delà des premières années du XVIIIe siècle. Quelques auteurs avancent l'hypothèse du XVIIe siècle : dans ce cas, il s'agirait des toutes dernières années du siècle (l'utilisation du toit à croupe sur les pavillons pourrait confirmer cette hypothèse). En effet, l'architecture du logis antérieur aux modifications du XIXe siècle, telle qu'on peut essayer de la reconstituer, est tout à fait représentative d'un modèle de malouinières de moyenne importance, tel qu'il aboutit vers 1720-1730 : un corps central à deux niveaux plus combles et trois ou cinq travées, flanqué de deux pavillons, séparant nettement la cour au nord du jardin au sud. On sait en outre que la terre fut achetée en 1657 par Olivier Trublet, sieur des Champs, membre d'une des plus vieilles familles de la bourgeoisie malouine, qui l'a transmise à son fils François, commissaire général de la marine à Saint-Malo de 1732 à 1739, et qui a été le premier à prendre le titre de sieur de la Fosse-Hingant : il semble légitime de voir en lui le fondateur de la malouinière.

Après être passée par alliance à la famille Désilles, liée au complot de la Rouërie, et après le drame auquel elle a laissé son nom, la Fosse-Hingant est abandonnée, puis louée à un fermier avant d'être vendue en 1821 à Emmanuel Hippolyte Le Joliff. La propriété subit alors une vaste campagne de travaux : le corps central du logis est remodelé dans l'esprit des maisons de la campagne toscane, il est complété par un avant-corps à deux tourelles carrées, et remanié : percements de nouvelles fenêtres et modification des ouvertures anciennes, sans cependant en modifier l'emplacement, ce qui donne une façade assez déséquilibrée : l'avant-corps vient s'appuyer juste au bord des fenêtres situées de part et d'autre. Le toit pourrait avoir été modifié, mais seule une visite de la charpente permettrait d'en avoir la certitude. Les quelques témoignages que l'on possède permettent de supposer l'existence d'un décor intérieur homogène, datant de la Restauration, au moins au rez-de-chaussée. La rénovation du logis est suivie par une modification de la cour, agrandie et complétée par la construction du pavillon en forme de temple néo-classique, à portique dorique, dont l'architecture originale est un exemple unique dans la région de Saint-Malo. Les recherches n'ont pas permis pour l'instant de connaître l'architecture auteur de ces travaux. En définitive, si la Fosse-Hingant ne peut plus prétendre être représentative de l'architecture des malouinières, elle semble en revanche être l'un des rares exemples d'une architecture de la Restauration dans la région de Saint-Malo, et un exemple assez complet si les décors intérieurs correspondent bien à ce que nous supposons.

Éléments protégés MH : le logis, la chapelle, le "tempietto", la cour avec ses murs de clôture : inscription par arrêté du 20 mars 1995. 

 château de la Fosse Hingant 35350 Saint-Coulomb

 

Château d'Epinay

Ancien château fort de la Rivière, appartenant à la famille de Champeaux dès le XIIe siècle, château entouré de douves, qui servit de dépôt d'objets d'art pendant la Deuxième Guerre mondiale. Au Moyen-Age, c'était une importante forteresse dont subsiste la tour ruinée. L'édifice actuel fut bâti en 1570 par l'architecte Julien Ricand également auteur de la chapelle seigneuriale d'Epinay dans la collégiale de Champeaux. La demeure se compose d'un corps de logis du XVIe siècle accolé à un donjon ruiné du XIIIe siècle et accosté de plusieurs tours et tourelles. L'une d'elles, de forme octogonale, présente une porte du milieu du XVIe siècle, décorée de sculptures Renaissance. Au-dessus du linteau, entre deux courts pilastres, un haut relief porte deux écussons timbrés d'un casque à cimier et soutenu par deux sauvages. Le donjon carré présente, à ses deux angles, une tourelle circulaire en encorbellement. L'intérieur du château conserve des cheminées monumentales, notamment deux cheminées à colonnes doriques sommées d'un trumeau que décorent de riches sculptures et des plaque d'attente en marbre noir. A la fin du XIXe siècle, suppression des dépendances séparant l'avant-cour et la cour et création d'un grand parterre à quatre compartiments ; en même temps, important travaux de restauration des intérieurs. Ceux-ci conservent des cheminées monumentales, notamment deux cheminées à colonnes doriques sommées d'un trumeau que décorent de riches sculptures et des plaque d'attente en marbre noir.111 

En conclusion: à la fin du XIVe siècle, Simon d’Épinay, capitaine des places fortes de Hédé et de Dinan, fixe sa résidence au fief de la Rivière à Champeaux, et en fait un lieu contribuant à la défense des Marches de Bretagne. De cette époque subsistent les ruines d’une maison forte des environs de 1400, à l’ouest du château actuel. Sur ce site devenu la Rivière Épinay, un grand manoir gothique est construit aux alentours de 1500. Sur la gauche, un bloc de tours couvertes de toits en poivrière abrite sur la façade antérieure une large vis d’escalier associée à des garde-robes et à des latrines et surmontée d’une pièce haute. À la fin du XVIe siècle, la structure ancienne du logis gothique à grandes salles superposées et suite de chambres a été masquée par une nouvelle façade à travées et bandeaux par l’architecte Ricand, auteur de la chapelle seigneuriale de la collégiale de Champeaux. La porte d’entrée principale, à la base de la tour d’escalier, présente les armes de Guy III d’ Épinay et de son épouse Louise de Goulaine tenues par un couple de sauvages, à l’instar de celles figurées dans les lambris du chœur de la collégiale. A droite de la tour, l’élévation reconstruite vers 1590 associe selon la mode répandue à Vitré dans la deuxième moitié du siècle, gros œuvre de moellons enduits, bandeaux de schistes gréseux, hautes lucarnes de tufeau et plaques d’ardoise incrustées. Cette nouvelle façade, qui consacre l’ascension de la famille, présente dans ses parties hautes les monogrammes couronnés de Jean II, premier marquis d’Épinay et de son épouse Marguerite de Scépeaux. Les environs immédiats du château ont en grande partie conservé la beauté de l’ancien parc qui faisait déjà, au XVIIe siècle, l’admiration de l’historien Du Paz. Si les fontaines qu’il décrit ont disparu, les douves, miroirs d’eau, le canal et un très vaste étang font encore de ce site une association magique de l’arbre et de l’eau. Aux abords du parc enfin, quelques spécimens remarquables de chênes verts sont les vestiges d’un ancien bois d’yeuses que les seigneurs d’Épinay auraient planté à leur retour des guerres d’Italie. 

 Éléments protégés MH : le château, la grille d'entrée, les douves, la partie du domaine limitée par ces dernières et l'étang de la rivière situé au Sud : classement par arrêté du 24 juillet 1946. 

 château d'Epinay 35500 Champeaux

 

Château des Courtils-Launay

Cette grande malouinière, datée 1724, aurait été construite par un corsaire du nom de Launay. Elle se révèle assez atypique par rapport aux malouinières construites à la même époque. Certains aspects sont bien représentatifs de leur architecture et de leur décor, comme la façade sud avec sa recherche rythmique (en dépit des quatre travées : le nombre pair de travées est presque inconnu dans les malouinières, car il ne permet pas de mettre en valeur la travée axiale) ; la modénature des baies sans harpages en arcs segmentaires et des lucarnes ; le toit à croupe rythmé par des cheminées épaulées. D'autres aspects sont complètement atypiques et ne laissent pas d'étonner : l'orientation unique (la façade nord étant pratiquement aveugle et sans ordonnancement) ; la profondeur réduite du logis et la distribution des pièces, selon un plan original et qui rappelle l'architecture manoriale : le grand salon occupe la moitié ouest du logis, tandis que l'escalier, puis la salle, se partagent la moitié est. L'escalier est cependant d'un type commun aux malouinières. Il en est même un exemple particulièrement travaillé et réussi, tant par sa mise en oeuvre que par son décor sculpté. La cuisine se trouve reléguée dans l'ancien manoir, situé dans le prolongement du logis, à l'est ; une porte percée dans le mur est de la salle permet de communiquer avec la cuisine.

Les modifications apportées à l'architecture (reprise complète de la façade sud des communs dans la seconde moitié du XIXe siècle, percement des deux baies du rez-de-chaussée) et au décor compliquent encore le problème : si la co-existence d'éléments du XVIIIe et d'éléments de la transition XVIIIe-XIXe siècle peut être expliquée par une vaste campagne de réaménagement à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, la présence de lambris du XVIIe siècle au palier du second étage soulève le problème de la datation de cet édifice. Est-ce une construction du XVIIIe (auquel cas ce lambris serait un simple réemploi), ou bien la date de 1724 portée sur la façade sud ne correspond-elle qu'à un simple réhabillage d'un manoir antérieur, pour des raisons d'économie? Cette dernière hypothèse est loin d'être prouvée. Elle expliquerait cependant à la fois l'orientation unique, l'archaïsme du plan, la réutilisation d'une cuisine manifestement très antérieure et donc la disposition atypique des communs par rapport au logis. Les Courtils-Launay est un exemple d'adaptation du modèle de la malouinière, un exemple à la fois assez original (par ses dispositions d'ensemble) et assez représentatif (par l'ordonnancement délibéré de la façade sud). 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du logis et du bâtiment des communs, ainsi que l'escalier du logis et le mur d'enceinte : inscription par arrêté du 3 août 1993. 

 château des Courtils-Launay 35350 Saint-Coulomb

 

Château de Combourg

Si la paroisse est mentionnée dès avant le XIe siècle, la seigneurie de Combourg est un démembrement de celle de Dol par son évêque Ginguené. Relevant à l'origine de l'évêché avant de dépendre directement du duc de Bretagne, cette ancienne baronnie fut érigée en comté en 1575 et comprenait alors quinze paroisses. Elle appartint successivement à la famille de Dol, aux Châteaugiron-Malestroit, aux Coëtquen puis aux Durfort qui la vendirent en 1761 aux Chateaubriand. Les impressions laissées par Combourg aux voyageurs du XVIIIe siècle sont contrastées. Tandis qu'Arthur Young (1788) déplore tant de misère et de saleté, Jean-Baptiste Ogée (1778) écrit : quoique cette ville soit dans un fond, l'air n'y est pas malsain ; elle est dominée par des coteaux et des collines très pittoresques et très agréables. Les maisons sont construites à l'antique, et ont presque toutes les pignons sur les rues. On y remarque une très belle halle. Les décorations de la ville consistent dans un bel étang, un parc et un mail qui offrent de très belles promenades. Au Moyen Age, les seigneurs de Combourg prirent part à de nombreux conflits, ce qui valut à la ville et au château plusieurs sièges et incendies, notamment en 1234. Les constructions les plus anciennes conservées ne sont pas antérieures au XVIe siècle et se concentrent autour des trois pôles que sont le château, le prieuré et l'église paroissiale. Le centre marchand et résidentiel se développe à l'est du château, en particulier autour d'une place-rue, ancienne place des Halles, prolongée au nord-est par la Grande-Rue (rue Notre-Dame) menant à l'église. Au nord de celle-ci, la place du Moûtier, dont les constructions anciennes ont totalement disparu, tire son nom de la présence de moines, bien que le prieuré soit situé de l'autre côté de la ville, à l'ouest du château. Cette importante fondation de bénédictins dépendant de l'abbaye de Marmoutier, installée dès le XIe siècle, connut un certain rayonnement au Moyen Age mais fut en grande partie détruite au XVIIIe siècle. Si un édifice primitif était localisé à l'est de l'étang au lieu-dit le Vieux-Chastel, le château actuel, fondé au début du XIe siècle par l'évêque de Dol pour son frère Riwalon, fut implanté sur un escarpement au nord-ouest de l'étang. La plus grande partie des bâtiments date des XIVe et XVe siècles, la Tour du Croisé, ou donjon, située au nord-est, étant pour sa part datée de la première moitié du XIIIe siècle. C'est en 1761 que la famille de Chateaubriand acquit la propriété. Le bâtiment fut restauré en 1876 par Ernest Trihle pour Geoffroy de Chateaubriand et le parc aménagé quelques années plus tard par Eugène Bülher. Malgré la disparition du fossé et du pont-levis au profit d'un grand perron, au nord, la disposition des bâtiments reste celle du XVe siècle, suivant un plan polygonal cantonné de quatre tours.

Cette massive forteresse est flanquée, aux quatre angles, de tours circulaires à créneaux et mâchicoulis, à toitures coniques. Les mâchicoulis de la courtine nord ainsi que ceux de la tour nord-ouest présentent sur leurs trois faces des encorbellements à quatre ressauts, ceux de la tour nord-est sont à trois ressauts seulement ; ils supportent des linteaux ornés de trilobes simulés inscrits dans des arcatures brisées. L'intérieur a été également entièrement restauré. Sa chapelle se voit encore à l'entrée du vestibule d'honneur. La grande salle des Gardes forme aujourd'hui deux salons. Le parc actuel remplace d'anciens mails. 

 Éléments protégés MH : le château, sauf parties classées : inscription par arrêté du 15 décembre 1926. Les façades extérieures et intérieures et les toitures correspondantes ; la salle des gardes et le vestibule : classement par arrêté du 2 août 1966. 

 château de Combourg 35270 Combourg 

 Téléphone : 02 99 73 22 95 

 

Château de Clayes-Palys

La seigneurie existait déjà en 1266, appartenant pour partie aux moines de l'abbaye de Saint-Mélaine et aux héritiers de Raoul de Clays. Le château est construit dans le troisième quart du XVIIIe siècle pour Madeleine Nicolas de Clayes et François Marie de la Bourdonnaye son époux. Propriété de leur petite fille la vicomtesse d'Allonville au début du XIXe siècle, il subit des remaniements, notamment les pavillons latéraux couverts de toitures en carène. Des dessins aquarellés conservés au château, réalisés au début du XIXe siècle, apportent de précieux témoignages. Propriété de la famille du Palys depuis le deuxième quart du XIXe siècle, les rénovations portent en particulier sur les communs : la ferme de la Porte à l'ouest du logis est détruite, le pigeonnier sous forme de pavillon au sud ouest de la cour bordée de douves est abattu; celui qui lui fait pendant au sud-est est détruit par madame d'Allonville après 1818. Le cadastre de 1843 figure pour l'essentiel les bâtiments détruits à l'exception du dernier cité rasé depuis. Au nord-est d'un quadrilatère formant jardin, l'ancien pavillon servant d'orangerie a également disparu. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle de nouveaux communs sont construits : en bordure de clôture au sud ouest, une buanderie caractérisée par sa tour hors-oeuvre ; à l'est de nouveaux bâtiments forment une petite ferme. Le logis proprement dit est agrandi sur la façade nord d'un corps formant une avancée pour abriter une nouvelle cuisine au début du XXe siècle. Outre une sculpture de Falconnet commandée par Louis XV pour madame de Pompadour le château réunit par ailleurs, dans son parc, des éléments sculptés provenant de l'ancienne église paroissiale de Saint-Coulomb. 

 Éléments protégés MH : le château de Clayes-Palys : inscription par arrêté du 8 février 1965. Le château, le parc, et les abords: site classé par arrêté du 25 novembre 1965. 

 château de Clayes-Palys 35590 Clayes

 

Château de la Chipaudière

Au bout de son miroir d’eau, nichée dans son très grand parc et avec ses sept travées, la Chipaudière évoque davantage un château classique à la française qu’une architecture d’ingénieurs. Elle est construite entre 1710 et 1720 pour François-Auguste Magon de la Lande (1679-1761), l’un des plus riches armateurs de Saint-Malo. Elle se distingue par un avant-corps polygonal abritant un grand salon ovale, ouvert sur le jardin. Cette disposition est reprise très rapidement dans d’autres malouinières, notamment dans le cercle familial des Magon (le Bosc, la Balue). À l’inverse de sa sécheresse extérieure, toute militaire (on attribue traditionnellement la Chipaudière à l'ingénieur Siméon Garengeau), les décors intérieurs et le raffinement du parc donnent la mesure du prestige des commanditaires. Le portail, la rabine, un colombier et une chapelle dédiée à Notre-Dame de l’Assomption et datée de 1732 partagent la même qualité de taille et de mise en oeuvre que le logis lui-même. Cette surenchère constructive consacre un nouveau type de malouinière, où la "maison de plaisance" tend à devenir un château.

La terre de la Chipaudière devient l'apanage des Magon par suite du mariage en 1643 de Suzanne Grout avec Nicolas Magon de la Lande. L'imposante demeure qui succède à la résidence primitive, reconstruite vers 1715, est la conséquence de l'exceptionnelle réussite financière de la famille, qui compte un comptoir à Cadix (Espagne), où réside plusieurs années le commanditaire de la malouinière, François-Auguste. C'est ce dernier qui dirige la maison familiale à partir de la mort de son père en 1709, alors que le négoce prend une nouvelle dimension avec le commerce interlope vers les colonies espagnoles d'Amérique du Sud, établi par le milieu malouin pendant la guerre de succession d'Espagne. En août 1710, le retour de Lima du navire "Notre-Dame de l'Assomption" occasionne un tel bénéfice qu'il provoque un conflit ouvert avec le pouvoir royal au sujet du montant de l'impôt. Plus de quatre millions de livres sont déclarées, mais la rumeur publique fait mention d'un bénéfice bien supérieur. Cette réussite financière permet de contextualiser la construction presque contemporaine de plusieurs malouinières d'exception dans le même giron familial (la Balue, le Bosc, la Ville Bague...). Le mariage de Nicole-Françoise Magon de la Lande à la Chipaudière en septembre 1724 atteste de l'installation de la famille dans sa nouvelle résidence rurale à cette date. La chapelle Notre-Dame de l'Assomption est fondée, quant à elle, en juin 1732. En 1776, Nicolas-Auguste Magon achète le domaine voisin du Vau Salmon qui agrandit considérablement le domaine, pillé en 1793 lors de l'arrestation d'Erasme Magon.

Construction de plan rectangulaire, ramassé, à deux étages sous comble et à sept travées. L'avant-corps en hémicycle ouvert sur le jardin semble avoir une dette, précoce, envers celui de Champs-sur-Marne (1706), ce qui atteste de contacts entre les milieux d'affaires malouin et parisien. Si la façade affiche une certaine sévérité ponctuée de chaînages d'angle en bossages, de bandeaux de granite encadrant des surfaces enduites masquant une mise en oeuvre de moëllons, l'intérieur est digne des résidences les plus luxueuses de la période: boiseries dans le goût de Bérain du salon ovale, mobilier liturgique de la chapelle, rampe d'escalier en ferronnerie, rare dans le contexte malouin... Cette nouveauté inspirée des plus récents aménagements à Versailles ou Paris s'établit en contrepoint d'un goût pour certaines permanences issues de modèles plus anciens, comme par exemple la forte pente du toit à la française, distinguée par ses hautes souches de cheminées épaulées de contreforts. Le jardin organisé autour de l'étang traité en canal s'inscrit dans la tradition d'André Le Nôtre. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du manoir et des communs, l'escalier avec sa rampe en fer forgé, la salle à manger avec décor de boiseries et le bureau avec décor de toiles de Jouy, au rez-de-chaussée, la chambre avec son décor de cuir de Cordoue ; la chapelle ; le Jardin avec ses pièces d'eau : classement par arrêté du 2 février 1982. 

 château de la Chipaudière 35400 Saint-Malo 

 Téléphone : 06.66.10.26.76 

 

Château du Châtellier

L'ancien manoir, saccagé pendant les guerres de la Ligue, se trouvait vraisemblablement a l'emplacement de la ferme du Vieux Châtellier. Le château actuel a été construit en nord-ouest, en 1632 par Charles Ier du Châtellier. Il a ensuite été remanié vers 1750 (boiseries) et réaménagé au XIXe siècle (décor intérieur). Deux pièces avec leurs plafonds et leurs cheminées ainsi qu'un spectaculaire escalier ont conservé leur décor peint du XVIIe siècle. Une récente restauration à restitué ces décors. Le château est construit sur une terrasse entourée de larges douves maçonnées. La terrasse est flanquée de quatre tours d'angle à mâchicoulis servant respectivement de chapelle, de logement pour le chapelain, de colombier et de cabinet d'archives. Il est ouvert sur ses quatre faces : au Nord par cinq travées de fenêtres, au sud par trois travées entre lesquelles s'interposent des oculi. La travée d'axe de cette dernière façade décalée en élévation correspond aux repos du monumental escalier à retours et jours central. Les tours qui cantonnent son enceinte sont couronnées par un chemin de ronde en pan de bois enduit, porté par des consoles de bois imitant des mâchicoulis. 

 Éléments protégés MH : le château y compris les tours et les communs, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 3 décembre 1993. Les façades et les toitures et les pièces décorées du logis ; les façades et les toitures des quatre tours ; les douves : classement par arrêté du 30 avril 1996.

 château du Châtellier 35150 Corps-Nuds

 

Château de Châteauneuf

Le site de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine est un site complexe, composé de plusieurs éléments d'époques très différentes, imbriqués les uns dans les autres. L'existence du château est attestée de façon certaine dès 1117 ; il s'appelait alors château de Bure. Reconstruit en 1353 sous le nom de Châteauneuf de la Noë, il est à nouveau détruit et relevé en 1441, sous le nom de Châteauneuf. Les parties les plus anciennes (tour nord, fragments de courtine est et nord) datent de cette époque. Démantelé en 1592-1594, il est à nouveau reconstruit à partir de 1611 par la famille des Rieux, seigneurs du lieu de 1250 à 1685, sur le tracé de l'enceinte précédente, complétée par un pont-levis et une barbacante. En 1740, le vieux donjon et la quasi-totalité de l'enceinte médiévale subsistante sont démolis, et une nouvelle enceinte reconstruite, ainsi que de nouveaux bâtiments. 

 Éléments protégés MH : les éléments bâtis du château et les terrains correspondant à l'ancien jardin : classement par arrêté du 2 octobre 1992. 

 château de Châteauneuf 35430 Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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