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Château de Luçay-le-Mâle

L'édifice offre un grand intérêt qui provient de deux courants stylistiques opposés: s'il appartient encore au type des derniers châteaux de la Loire, il adopte des formes architecturales nouvelles. L'histoire de la seigneurie est mal connue avant le début du XVIe siècle, et nous savons seulement qu'elle relève au Moyen Âge des familles de Palluau et de Châteauneuf. La terre est achetée en 1518 par Jean de Rochefort, "porte cornette" du roi lors des dernières campagnes d'Italie, qui la possède jusqu'à sa mort survenue en 1538; les seigneurs de Valençay acquièrent alors Luçay et en demeurent propriétaires jusqu'à la Révolution Française. Le plan d'ensemble du château, construit sur un éperon rocheux naturel, offre une forme en triangle irrégulier qui suit les lignes du terrain. Il est entouré d'une enceinte basse flanquée de petites tours arasées et terminé à la pointe par un bastion carré: la faible épaisseur du mur et la minceur des tours, indiquent qu'elles ne sont pas antérieures à la fin du XVe siècle, mais elles ont certainement remplacé une fortification plus ancienne. Le bastion de faible hauteur a dû être ajouté lors des troubles de la deuxième moitié du XVIe siècle. On accède à la cour par un petit châtelet d'entrée de l'extrême fin du XVe ou du début du XVIe siècle, accolé à une aile basse construite vers 1530-1540, mais remaniée au XVIIIe ou XIXe siècle, dans un style néo-classique avec porte à fronton triangulaire. Le châtelet d'entrée et le passage couvert mènent à la cour et au logis qui en occupe toute la largeur; à l'arrière, une vaste esplanade délimitée par l'enceinte devait être à l'origine occupée par un jardin.

Le logis de plan longitudinal et de faible largeur est flanqué, à gauche, d'une grosse tour circulaire surmontée de corbeaux à mâchicoulis qui semble contemporaine du châtelet, mais en raison des archaïsmes et des survivances médiévales, fréquents dans cette région, cet ouvrage, à l'allure de petit donjon, est peut-être contemporain des premiers travaux de Jean de Rochefort, entrepris à partir de 1518. Le logis est la partie la plus intéressante du château: il comporte un bâtiment de deux étages couvert d'un haut comble, accosté d'une aile basse. L'ordonnance générale de la façade sur cour appartient encore au style des derniers châteaux de la Loire avec une composition en quadrillage, mais plusieurs détails proviennent d'une autre influence, celle des châteaux édifiés en Île-de-France dans les années 1530-1540. Les pilastres très minces n'encadrent plus les baies, mais sont répartis régulièrement, et leurs chapiteaux plats dépourvus de décor les apparentent à des dosserets, sortes de jambes de force qui raidissent le mur. Cette organisation nouvelle apparaît déjà à Chambord vers 1530 et dans les châteaux de la région parisienne. L'influence de ceux-ci est encore plus évidente avec l'introduction d'éléments très novateurs dans le système des baies: au lieu des croisées traditionnelles, la façade de Luçay possède des ouvertures jumelées en plein cintre, inscrites dans un cadre rectangulaire, que l'on trouve aussi pour la lucarne et pour une baie de l'aile basse. Ce type n'appartient pas au style ligérien, mais à celui des créations franciliennes de cette période, influencées par la publication, récente en France, des traités de l'architecte italien Sebastiano Serlio. L'originalité de Luçay, réside comme à Veuil, dans l'adoption d'un style à "l'antique" adapté à la tradition ligérienne toujours en vogue; ces nouveaurtés apportent, en l'absence de documents, une précision sur la date de ce logis, commencé avant la mort de Jean de Rochefort en 1538, et achevé peu après vers 1540. Longtemps converti en exploitation agricole, et sans entretien, le château a connu depuis vingt ans, grâce à ses nouveaux propriétaires, une restauration complète et exemplaire. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 21 octobre 1932.

 château de Luçay-le-Mâle 36360 Luçay-le-Mâle

 

Château fort de Levroux

La porte de Champagne est le dernier vestige visible des fortifications dubpourg de Levroux. Deux tours en fer à cheval flanquent la porte. Elles sont munies à leur sommet de deux grands créneaux, et, à mi-hauteur, de trois archères, pouvant servir de bouche à feu. L'ouverture de la porte, en plein cintre, est surmontée d’un mur dans lequel se voient les rainures destinées au passage des chaînes de l’ancien pont-levis. Au dessus, il y a un mâchicoulis couvert, une canonnière et deux grands créneaux. Cette porte fut édifiée en 1506 par le chapitre de Levroux, à la place d’une porte plus ancienne, la porte Chatel, mentionnée dans la première moitié du XVe siècle. D’après plusieurs auteurs, la ville serait demeurée ouverte jusqu’au XVe siècle. Mais une nouvelle lecture des textes laisse penser qu’elle fut fortifiée bien avant. Au début du XIe siècle, le Château-Vieux, partie de la ville donnée par Eudes de Déols au chapitre, lors de sa fondation en 1013, a été entouré de fossés par le seigneur. Un nouveau château a déjà été construit par le seigneur de Déols sur le site stratégique de l’oppidum gaulois, appelé la "Colline des Tours". La ville s’étend au pied depuis l’Antiquité, et l’enceinte du Château-Vieux renferme l’église paroissiale primitive de Levroux, l’église Saint-Pierre, dont il ne reste aucun vestige. En 1238, il est fait mention de maisons situées dans le Château-Vieux et d’autres situées en dehors. On en a déduit que seul le Château-Vieux était fortifié, et que le reste de la ville ne l’était pas. Pourtant, un accord de 1217 entre l’abbaye cistercienne du Landais et le chapitre stipule que le Landais ne peut rien acquérir ni "dans le vieux chasteau", ni "dans le pourpris de Levroux", laissant entendre que la ville était entourée d’une enceinte, suivant le sens courant du mot pourpris. En 1276, il est question, à propos d’une maison de la rue Pile Mile, des fossés de la ville. En 1312, le seigneur de Levroux se plaint qu’on a comblé en plusieurs endroits les fossés de la ville lui appartenant et qu’on a bâti dessus. Enfin la mention de trois ponts, en 1341, confirme la présence de ces fossés, qui semblent bien suivre le même plan que ceux attestés ultérieurement: le pont du Landais se trouvait au sud, près de l’ancienne Maison du Landais, à l’emplacement de la Porte de Champagne, le pont à l’Alouette à l’ouest, à la Porte du Cimetière et le pont de Pillemiele au nord, à la Porte de l’Étang.

 Le site de Levroux se prêtait à de telles défenses, grâce aux travaux d’hydraulique réalisés par le seigneur et le chapitre; la ville était protégée, sur sa moitié est, par deux étangs attestés au début du XIIIe siècle, rendant facile la mise en eau de fossés. En 1435, à l’époque où Rodrigue de Villandrando et ses hommes sont en Touraine, puis en Berry, les habitants de Levroux demandent l’autorisation de faire des fortifications. Cette demande signifie qu’il est nécessaire de construire des fortifications, mais non qu’il n’y en a Jamais eu. Par lettre patente du 15 janvier 1436, Charles VII autorise Bertrand de La Tour d’Auvergne, seigneur de Levroux, et les chanoines du chapitre à "faire fortifier et emparer de murs, fossés, palis, pont-levis, porteaux, tours, guérites et barbacanes et autres fortifications pour s’y mettre à couvert eux et leurs sujets". Les travaux durent une dizaine d’années à compter de 1436. La pierre est extraite à la Perrière, carrière de grès située à une demie lieue au nord de la ville. Les murs ont 60 cm d’épaisseur et 2 m de haut. Des tours rondes, de 6 m de diamètre environ, renforcent l’enceinte, qui s’ouvre par trois portes. Elles sont visibles sur l’Aflas Trudaine dessiné au XVIIIe siècle. En 1450, Charles VII donne une ordonnance pour que Levroux soit clôturée. En 1465 a lieu une transaction entre le chapitre et les habitants "pour raison des palis et clôtures de cette ville qui devaient y être mis où anciennement étaient les fortifications de cette cité". À cette même date, le chapitre concède aux habitants de "pouvoir avoir des portes dans les murs pour aller à leurs jardins, à condition de remettre la clef des portes entre les mains du capitaine en temps de guerre". En 1506, une convention est passée entre le chapitre et les habitants "pour se clore de palis, faire les ruelles de la Porte neuve et de la tour des Renardières qui sépare la justice de Châteauvieux de celle de Levroux, pour aller à l’eau"; la Porte de Champagne est construite par le chapitre. Dans son Histoire du Berry, parue en 1566, Chaumeau dit de Levroux que la ville est protégée de "fortes murailles, tours et fossez bien grandz, ayant seulement trois portes et pontz leviz en tout son circuit". Des faubourgs, dont le plus méridional est appelé les Arènes, à cause de la présence de vestiges d’un théâtre gallo-romain, se développent au sud, le long de la route de Déols. Ils sont toujours restés ouverts. 

Les seuls vestiges visibles du château de Levroux sont les restes d'un châtelet du XVe siècle dont les deux tours encadraient le pont-levis et l'entrée de la forteresse. Le château, édifié en premier par Eudes de Déols, fut construit à l'emplacement d'un ancien oppidum gaulois. Du haut de sa colline, il dominait la ville et la campagne environnante. Ce château prit la suite d'un autre situé en contre-bas, là où se dresse la collégiale Saint-Sylvain; le changement de site est antérieur à 1013. Il fut pris par Philippe Auguste en 1188. Au traité d'Azay-le-Rideau, en 1189, il revint à Richard Cœur de Lion. Il passa au roi de France lors de la réunion définitive du Berry à la France en 1199. Il est mentionné à plusieurs reprises, au XIIIe siècle. Le cartulaire de Levroux relate que des corvées pour la fourniture de bois et de pierres sont organisées par le seigneur de Levroux pour reconstruire la tour et agrandir la fortification en 1229. En 1413, Louis du Peschin, seigneur de Levroux, expose que le château de Levroux est "une moult notable forteresse et spacieuse qui est assise en très belle place et est une des plus anciennes forteresses du pays de Berry. En laquelle moult de gens de la ville et de toute la chastellenie de Levroux ont coustume de retraire eulx et leurs hoirs pour leur seurté et y font guet et garde de tous temps et que ledit chastel et forteresse et muraille d'icelle sont en très grant ruyne". Une description faite à la demande de Charles VI indique qu'il "nécessite des réparations tant au regard des murs, murailles et tours dudit chastel, comme des autres édifices".

Les réparations furent faites dans le deuxième quart du XVe siècle, par Jacquette du Peschin et Bertrand de La Tour d'Auvergne, seigneur de Levroux à partir de 1416. Les écus des commanditaires des travaux furent placés au-dessus du portail d'entrée du châtelet. L'un porte une croix ancrée (armes de la maison du Peschin), et l'autre un gonfanon à trois pendants (armes des comtes d'Auvergne). Ils ont été mutilés. De nouveaux témoignages des malheurs de ce château nous sont parvenus. En 1566, Jean Chaumeau en donne la description suivante, dans son Histoire du Berry: "au-dessus de la dite ville est assiz un viel et ancien chastel, et presque tout ruiné, au milieu duquel y à une grosse et matérielle tour, outre deux grosses entre lesquelles est assiz le portail du château". En 1653, dans son aveu de Levroux, Anne Le Veneur mentionne "l'ancien château et grosse tour de Bonan assis et situé au-dessus de la ville dudit Levroux, environné de fossés, estant les murailles et bastiments d'icelluy entièrement minez à cause des guerres passées". Enfin, en 1689, La Thaumassière le décrit ainsi: "au-dessus de la Ville est un fort château de grande étendue, au milieu duquel se voit une Tour de prodigieuse grosseur, accompagnée de deux autres, entre lesquelles est assis le Portail du château". Il y avait encore des vestiges de la tour Bonan, attribuée à tort à l'époque gallo-romaine par les habitants, au XIXe siècle. Longtemps après la fin de son démantèlement, une dépression circulaire de dix mètres environ de diamètre indiquait son emplacement, au nord du châtelet. Les fossés qui passaient au pied du châtelet et autour du château ont été comblés. La muraille d'enceinte a disparu, elle couvrait une superficie de deux hectares. 

 Éléments protégés MH : les vestiges du château de Levroux : inscription par arrêté du 14 mars 1927.

 château fort de Levroux 36110 Levroux

 

Château de Laleuf

À l'orée de la forêt, Laleuf est une construction du XVIIIe siècle, entreprise vers 1775 par Gatien Martin-Bouchet, premier ingénieur des turcies et levées de France alors qu'il était en voie d'anoblissement. Cet architecte, également connu pour la construction de l'actuel musée municipal, ancien Hôtel Bertrand, ou de l'Hôtel Delaleuf à Châteauroux, avait acheté Laleuf pour 20000 livres en 1744 à Claude-Louis Dupin de Francueil, receveur des Finances de Metz et d'Alsace, seigneur du marquisat du Blanc et de Chenonceaux. L'actuel édifice avait été précédé d'une construction de la fin du XVe siècle en partie remployée. Ainsi sur la face sud-ouest est toujours visible une fenêtre gothique, avec moulurations et arc en accolade. Le château fut ensuite transmis à son gendre Henri-Bertrand de Greuille puis, en 1820, au fils de ce dernier, le célèbre général d'Empire Bertrand. Passé aux fils de celui-ci, il devient au début du XXe siècle propriété de Jean Clément dont la famille le possède toujours.

Le château de Laleuf est une belle construction de pierre, constituée d'un corps de logis principal, de plan rectangulaire, flanqué en avant de deux pavillons carrés. Haut d'un étage au-dessus d'une cave, le bâtiment fut au début du XIXe siècle remanié. Lui fut ainsi adjointe une galerie close, rythmée de grandes baies séparées par des pilastres, réunissant les deux pavillons. Sa partie centrale est en légère saillie et elle est couverte par une terrasse. Un bâtiment adjacent fut également construit sur la face nord. Quant à la façade postérieure, un avant-corps dont les angles en bossage montent jusqu'à l'entablement de la corniche fut également construit. Il porte en couronnement une lucarne très moulurée. Une deuxième lucarne, ronde, prend place au centre de l'autre façade. Le château est couvert d'un toit d'ardoises dont la fermeture d’avant-toit est constituée d'une génoise. Celle-ci, triple sur la façade principale, devient simple à hauteur des pavillons et s'interrompt au niveau des chaînes d'angle nord et ouest de la face arrière. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité ; le domaine de la Réserve, en totalité (bâtiments, murs de clôture et portes, cours, anciens jardins et mare) ; la maison dénommée "la Garderie" et le bâtiment en dépendant, en totalité : inscription par arrêté du 16 octobre 2009. 

 château de Laleuf 36250 Saint-Maur

   

Château d'Issoudun et la Tour Blanche

La Tour blanche d'Issoudun est l'ancienne tour maîtresse du château, autrefois couronné de hourds, élevée à la fin du XIIe siècle par Richard Cœur de Lion, duc d'Aquitaine et roi d'Angleterre, sur une butte artificielle dans le centre-ville de la commune française d'Issoudun. La réalisation de la tour aurait été commandée par Richard Cœur de Lion à la fin du XIIe siècle et sa construction aurait été terminée par Philippe Auguste qui s'en rend maitre en 1202. Cette durée assez courte de construction expliquerait l'homogénéité de l'édifice. La tour aurait été édifiée sur une zone occupée précédemment par une chapelle ou un oratoire du XIe siècle. Des cinq niveaux primitifs aménagés à l’intérieur, il en reste quatre, le rez-de-chaussée actuel étant à l’origine coupé en deux par un plancher sur poutres. Les deux niveaux inférieurs, dont l’un était aveugle et semi-enterré, l’autre éclairé par deux étroites baies ébrasées, étaient réservés au stockage des vivres et des armes. On y accédait par des trappes, à l’aide d’échelles. Au-dessus se trouve une grande salle octogonale, voûtée d’ogives retombant sur des faisceaux de fines colonnettes aux angles de l’octogone. La clef centrale ornée d’un écusson a disparu. Deux hautes baies en plein cintre ébrasées éclairaient la salle, munie d’une cheminée. Les murs portent des restes d’un enduit ocre décoré de faux joints rouges, et dans les baies de noirs. Un couloir conduisait à un escalier à vis construit dans l’épaisseur du mur, au nord-est; il permettait autrefois d’accéder à un chemin de ronde qui rejoignait le beffroi situé à 200 m au nord. À l’opposé, un puits avait été aménagé dans la muraille pour fournir en eau les occupants de la salle; il est bouché à 25 m de profondeur. L’entrée dans la tour se faisait à ce niveau, grâce à un pont en bois qui enjambait le fossé et reposait sur des maçonneries construites en contrebas. À l’étage au dessus se trouvait l’appartement seigneurial où demeurait le gouverneur de la tour. Il était lui aussi de plan octogonal, mais couvert de plafond. Il était éclairé par deux baies et comportait une cheminée. Le dernier étage, de plan circulaire, servait de salle de garde. 

 Éléments protégés MH : la tour Blanche : classement par liste de 1840. 

 château d'Issoudun 36100 Issoudun 

 Téléphone : 02.54.21.74.02 

 

Château de L'Isle Savary

Le château de l'Isle-Savary, est un édifice construit aux XVe et XVIIe siècles. Il se distingue par son plan quadrilatère entouré de douves, accessible par un pont en bois et un pont-levis au nord-ouest. Le donjon, placé à l’angle ouest, domine l’ensemble, tandis que trois pavillons carrés renforcent les autres angles. Ces éléments défensifs, combinés à des corps de logis, reflètent une architecture adaptée aux besoins militaires et résidentiels de l’époque. Le château est l’œuvre de Guillaume de Varye, financier proche de Jacques Cœur et contrôleur général des finances en Languedoc. En 1464, il acquiert la terre de L'Isle-Savary pour 40 000 écus d’or, mais meurt en 1469 avant l’achèvement des travaux. Sa veuve, Charlotte de Bar de Baugy, épouse en secondes noces Pierre Doriole (général des finances puis chancelier de France), qui supervise la fin de la construction. Le château, laissé inachevé à la mort de Guillaume, est finalement terminé grâce à ce remariage stratégique. 

 Éléments protégés MH : le château à l'exclusion des parties classées : inscription par arrêté du 7 décembre 1925. Les façades, les toitures et les douves ainsi que la chapelle située au premier étage du bâtiment de l'Est et les escaliers des tours : classement par arrêté du 6 décembre 1932. château et parc de L'Isle Savary 36700 Clion 

 Téléphone : 06.60.24.36.42 

 

Château-Guillaume

Aux confins du Berry, du Poitou et du Limousin, dans un vallon baigné par l'Allemette, Château-Guillaume évoque la puissance de la maison d'Aquitaine et la richesse d'une restauration complète du XIXe siècle. Après la fondation au XIIe siècle par Guillaume IX d'Aquitaine, le château appartint jusqu'à la Renaissance à la famille de La Trémoille. Jacqueline de La Trémoille l'apporta par mariage à Claude Gouffier, duc de Roannez en 1564. En 1612, il appartenait à Pierre Riffault; acheté en 1676 par la famille de La Faire, il passa, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, à la comtesse Robert de Beauchamp qui en décida la restauration (1879-1883), faisant appel à Charles Casaux, architecte connu pour avoir présenté un projet pour la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Malgré l'importance du travail de Casaux, qui a laissé un dessin de l'état antérieur, les constructions d'origine sont aisément discernables: donjon roman carré, à contreforts plats, agrandi au XIVe siècle par adjonction d'un appendice rectangulaire à contreforts d'angle diagonaux. Les fenêtres du donjon sont authentiquement gothiques. En bon disciple du célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc, Charles Casaux a voulu dégager l'enceinte, "purifiée" des constructions postérieures: les bâtiments près de la tour de La Trémoille, l'escalier du XVIIe siècle, la poterne du XVe siècle, les toitures (remplacées par des plates-formes crénelées), les ouvertures du XVIIe siècle. Il restaure les tours d'angle, couronne la tour nord-est en copiant le donjon de Coucy (Aisne), surmonte la courtine est et ses contreforts semi-circulaires de mâchicoulis "sur arcs" inspirés d'une reconstitution de Viollet-le-Duc pour le Château-Gaillard. À l'intérieur était recréé un cadre aristocratique: de luxueux parquets remplacèrent les pittoresques carrelages dans un ensemble comprenant trente chambres à coucher, une salle des gardes de 24 mètres sur 7 mètres, deux salles à manger, une salle d'armes de 22 mètres sur 6 mètres. Ce magnifique monument digne des châteaux anglais fait toujours l'objet de soins attentifs. 

 Éléments protégés MH : le château-Guillaume en totalité : classement par liste de 1862. 

 château-Guillaume 36370 Lignac 

 Téléphone : 02 54 25 72 02

   

Château de la Gâtevine

Les origines de la seigneurie de La Gâtevine remontent au début de la guerre de Cent Ans. En 1337, un certain François Corbelle de La Tour, damoiseau de La Gastevine, fait un accord avec Bernardin de Piale, damoiseau de Bel Arbre. Trente ans plus tard, la famille Loubes en prend possession. En 1450, Charles VII autorise Pierre 1er Loubes à fortifier sa maison qui relevait de la seigneurie de Cors appartenant aux Sully. Au XVIe siècle, les Loubes adhèrent à la Réforme. C'est à cette famille Loubes, qui détient la seigneurie jusqu'à la fin du XVIIe siècle, qu'il faut attribuer la reconstruction de la résidence seigneuriale, peut-être au cours de la deuxième moitié du XVe siècle. À la frontière du Poitou qui est aux mains des Anglais et du Berry, qui est au roi de France, La Gâtevine était l'une des nombreuses maisons seigneuriales qui, avec les grands châteaux forts, parsemaient de points de défense les vallées de la Creuse et de l'Anglin. La résidence seigneuriale de La Gâtevine, avec la forge à fer acquise par Pierre Loubes en 1547, est vendue, en 1741, à Anne Neyret de La Ravoye, veuve de Jacques Lecoigneux, marquis de Bélâbre. Désormais le château de La Gâtevine ne sera plus habité que par les fermiers et les intendants du marquisat. De la maison forte du XVe siècle, construite autour d'une cour, ne subsiste que le corps de bâtiment trapézoïdal flanqué de deux tours en poivrière; sa façade nord présente la particularité de former un angle rentrant. Cette curieuse disposition résulte peut-être du maintien d'éléments antérieurs, lors de la reconstruction à la fin de la guerre de Cent Ans. L'élévation sur la cour garde la mémoire des transformations effectuées au cours de la première moitié du XVIIe siècle, pour faire de la maison forte médiévale une demeure de plaisance. 

 Éléments protégés MH : le corps de logis en totalité ; les façades et les toitures des bâtiments du domaine de la cour : inscription par arrêté du 27 mai 2009. 

 château de la Gâtevine 36370 Chalais

   

Château de Gargilesse-Dampierre

L'histoire connue débute au VIIIe siècle, les Cuens ou Comtes de Gargilesse y ont édifié un puissant château-fort et ont guerroyé sans relâche pour défendre leur fief. Au XIIe siècle, Hugues de Naillac, devient seigneur de Gargilesse par son mariage. Hugues de Naillac construit la chapelle romane attenante au château, aujourd'hui église du village. Faute de successeurs directs, Gargilesse échut à Jean de Prie en 1389. Au début du XVIIe siècle, Charlotte de Rochefort vend le château à René du Bost du Breuil, gentilhomme de petite noblesse mais fort riche, désireux de porter le titre de comte qui s'y rattachait. Il va provoquer la ruine de Gargilesse. Partisan de la Fronde, il vient se réfugier au château avec 91 hommes d'armes, 29 serviteurs et 150 chevaux. Le château fut assiégé pendant 15 jours par un détachement des armées de Turenne, pris d'assaut, incendié et démantelé. Gargilesse n'est plus que ruines et s'endort pour 100 ans... En 1750, l'épouse de Louis Charles du Bost du Breuil, Olympe de Chevigny, construit sur les ruines un château neuf. C'est le manoir de style XVIIIe siècle qui se visite aujourd'hui.

De l'ancienne demeure féodale, il ne subsiste que la poterne et des contreforts. La tour carrée, également conservée lors de la reconstruction, date du XVIIe siècle et était à l'origine, le tombeau des Seigneurs de Gargilesse. Le château va traverser sans dommage la bourrasque révolutionnaire, Louis Charles Pierre du Bost du Breuil fut emprisonné sous la Terreur, il échappa à la guillotine et retrouva ses biens. L'arrière-petite-fille d'Antoine Charles, la comtesse de Danne sera la dernière propriétaire titrée de la demeure. De 1960 à 1986 son époux laisse le bâtiment à l'abandon, proie du lierre et des vandales. Mais un couple de particuliers, le sauve de la ruine totale en restaurant l'ensemble du gros oeuvre et en 1998, une artiste peintre passionnée de vieilles pierres rachète le château. Elle poursuit sa restauration, elle a eu l'idée de lui redonner vie en y installant une Galerie d'Art, ce lieu prestigieux a été inauguré le 8 mai 1999. 

 Éléments protégés MH : la tour de l'ancien château : classement par arrêté du 3 décembre 1942. Les façades et les toitures du corps de logis ; la terrasse Sud avec son mur de soutènement ; la tour carrée à l'Est ; l'escalier intérieur avec sa rampe : inscription par arrêté du 17 septembre 1986. 

 château de Gargilesse 36190 Gargilesse-Dampierre 

 Téléphone : 02 54 47 76 16

   

Château de la Garde Giron

Le fief de La Garde-Giron relevait, par la châtellenie de Vouhet, de la vicomté de Brosse. La date précise de construction du château est inconnue. Mais le domaine prend le nom de son premier propriétaire connu Alain Giron, capitaine de Châteauroux, époux de Catherine de Chauvigny, fille naturelle de Guy II de Chauvigny. La propriété passe ensuite à François du Boys en 1639, seigneur de Villemort et capitaine d'infanterie. Par alliance, Pierre Simonot, écuyer, devient le maître de La Garde-Giron en 1707 avant de la céder trente ans plus tard à la famille de Lanet. L'accès au domaine se fait après avoir traversé une vaste cour au fond de laquelle un porche en plein cintre ouvre sur le parc. Le vieux manoir, installé au milieu d'une vaste prairie, est composé de trois corps de bâtiments renfermant une cour presque carrée. Deux grosses tours carrées en saillie encadrent le corps de logis à deux étages et sans doute plus tardif. Elles possèdent des mâchicoulis aux corbeaux bien taillés et traverses décorées d'une accolade. L'un des pavillons est percé d'une belle fenêtre surmontée d'un fronton triangulaire et ornée de pilastres ioniques. La porte d'entrée se trouve presque au milieu de l'aile du fond qui constitue le logis principal et dont les fenêtres à meneaux semblent avoir été remaniées. Les deux autres corps de bâtiments en retour, plus simples, sont percés de petites ouvertures rectangulaires qui éclairaient des pièces de service. Chacune de ces ailes est pourvue d'une tour circulaire à l'angle extérieur. L'une d'elle renferme, au premier étage, une petite chapelle hexagonale, avec voûte à six compartiments, qui s'ouvre sur l'extérieur par une unique et grande fenêtre en ogive. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; la cheminée monumentale en pierre, à décor peint, datant de la seconde moitié du XVIe siècle, située dans une pièce du premier étage du corps de logis principal du château : inscription par arrêté du 11 janvier 1989. 

 château de la Garde Giron 36370 Prissac 

 Téléphone : 02 54 25 62 81

 

Château de Forges

Situé sur le coteau surplombant un gué de l'Angjlin, le château de Forges se compose d'un donjon rectangulaire flanqué de quatre grosses tours, entouré d'une enceinte dotée de tours d'angle et d'une chapelle. Les premières constructions pourraient remonter au XIe siècle. Il ne s'agissait au départ que d'un "hostel" non fortifié, dépendant de la seigneurie du Blanc. Au XIIe siècle, la rivalité qui éclate entre les Plantagenêts (roi d'Angleterre, ducs d'Aquitaine et de Normandie et comtes d'Anjou) et les Capétiens transforme la bande sud du Berry en zone frontière. On voit alors les châteaux les plus anciens se doter de système de défense; c'est le cas de Lys-Saint-Georges, Châteaubrun, Gargilesse mais aussi Bélâbre et Forges dans la vallée de l'Anglin. En 1442 par lettres patentes, Charles VII autorise Jean de Poix "son bien aimé échanson" à fortifier et remparer Forges. Forges restera dans la famille de Poix au moins jusqu'en 1663. Puis, en 1719, Mathieu Pinsonneau, maître ordinaire à la chambre des comptes, achète le château et le revend avec le marquisat du Blanc à Madame de Parabère. Ce fut ensuite Claude Dupin, fermier général et arrière-grand-père de George Sand qui acheta Forges: leurs neveux Vallet de Villeneuve le conservèrent jusqu'en 1922. Le château, alors transformé en exploitation agricole, retrouve ses lettres de noblesse grâce à un ami des arts, Fernand Aubier, fondateur des éditions Montaigne, qui entreprit de nombreux travaux, dès son acquisition en 1956. À la mort de son bienfaiteur, l'édifice est racheté par les descendants de Jean de Poix.

Le corps de bâtiment se compose du donjon carré et des quatre tours circulaires qui le flanquent. Le donjon ne comporte qu'une seule pièce principale par étage, trois des tours renferment de petites chambres superposées, trois par niveaux, s'ouvrant sur la grande salle centrale carrée. Les différents étages sont desservis par un escalier à vis situé dans la quatrième tour. Toutes les pièces du logis disposent d'une cheminée de pierre. À l'est, une chapelle castrale voûtée d'ogives était reliée au donjon par une courtine. L'accès au château se fait côté sud de l'enceinte par un portail surmonté d'un chemin de ronde. Les tours de fortification, au nombre de cinq, sont placées aux points stratégiques (aux angles et près de l'entrée) elles sont toutes percées d'archères. l'une d'elle a cependant un rôle plus spécifique puisqu'elle abrite un colombier. Les salles de gardes, appuyées à l'enceinte côté sud délimitent la cour intérieure, de plan rectangulaire. 

 Éléments protégés MH : le château de Forges en totalité : classement par arrêté du 26 octobre 1964.

 château fort de Forges 36300 Concremiers 

 Téléphone : 02 54 37 40 03

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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