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Château Raoul

Le château Raoul trouve ses origines au Xe siècle, lorsque Raoul le Large, seigneur de Déols, quitte le bourg familial pour ériger une forteresse sur un monticule dominant l’Indre. Ce site stratégique, à la frontière entre le domaine royal et l’Aquitaine, devient le noyau d’une bourgade artisanale et commerciale. Le château, entouré d’une enceinte dont subsistent des tours, donne son nom à la ville de Châteauroux. Les seigneurs locaux, puissants et autonomes, y frappent même leur propre monnaie au XIe siècle. Au Moyen Âge, le château change de mains à plusieurs reprises. En 1189, Denise de Déols, héritière des lieux, épouse André de Chauvigny sous l’influence de Richard Cœur de Lion. Détruit par un incendie en 1366 lors d’un siège, il est reconstruit en hôtel seigneurial par Guy III de Chauvigny vers 1450, dans un style caractéristique de la Renaissance. Cette version, protégée depuis 1927, marque son apogée architectural. À partir du XVIe siècle, le château passe entre les mains de familles influentes : les Maillé de La Tour-Landry, les Bourbon-Condé, puis Louis XV, qui l’offre en 1743 à sa favorite, la duchesse de Châteauroux. Au XVIIIe siècle, il abrite des administrateurs du duché, dont le père du général Bertrand, né sur place en 1773. Après la Révolution, il devient propriété départementale en 1792, puis siège de la préfecture après des transformations majeures au XIXe siècle.Les restaurations se succèdent, notamment en 1879 (style néo-gothique) et entre 2009 et 2011, où toitures, balcons et menuiseries sont rénovés. Bien que partiellement ouvert au public après 2011, le château reste une résidence préfectorale, témoignant de dix siècles d’histoire militaire, politique et architecturale. Aujourd’hui, le château Raoul incarne la mémoire des seigneurs de Déols, des conflits médiévales et des transformations modernes. Son enceinte, ses tours et sa façade classée reflètent les strata de son passé, du Xe siècle à nos jours, tout en jouant un rôle administratif contemporain. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château Raoul : inscription par arrêté du 26 janvier 1927. 

 château Raoul 36000 Châteauroux

 

Château de Prunget

Prunget (ou Prungé, et plus rarement: Pringet) surplombe fièrement la rive droite de la Bouzanne du haut d'un roc abrupt. Le château médiéval comportait, semble-t-il, double enceinte et de nombreuses tours. Il ne subsiste aujourd'hui que le donjon, importante construction rectangulaire comprenant sept étages et élevé sur une base rectangulaire de quatorze mètres par onze mètres, renforcé de contreforts plats typiques de l'architecture du XIIIe siècle. Les murailles sont garnies de mâchicoulis. Au sommet, chaque angle présente une échauguette, dont le toit hémisphérique est actuellement recouvert de zinc. Des reprises furent effectuées sur le donjon au XVe siècle et d'autres réparations en 1609 par Claude de Montjohan. À la fin du XIXe siècle, le château était en ruines, le donjon est alors surmonté d'un toit couvert d'ardoises qui subsistera jusqu'en 1965. Prunget était sans doute le plus puissant des châteaux féodaux avec Chabenet, qui gardaient le passage de la Bouzanne et surveillaient le chemin de Paris à Limoges. Sur l'autre rive de la Bouzanne était établi à cette époque un hôpital, ainsi qu'en témoigne encore le nom du lieu-dit: "La Maison Dieu", auprès d'une motte féodale.

Le donjon était encore habité en 1900, mais un logis plus confortable a été réalisé dans les anciens communs. Le nom de Prunget paraît être celui d'une ancienne famille depuis longtemps éteinte qui possédait un château en ces lieux au XIIe siècle et qui rendait foi et hommage au seigneur de Gargilesse, jusqu'à ce jour de 1231 où Guillaume de Naillac en fit don à son suzerain Guillaume de Chauvigny, seigneur de Châteauroux. Par alliance, la terre passa ensuite aux Brillac où Brilhac (vers 1290). Au XVe siècle, elle passe aux de Laigue par mariage de Marie de Brillac avec Guillaume de Laigue, seigneur de Mazières. Leur fille Jeanne épousant Aubert de Montjohan (vers 1460), la propriété de Prunget va demeurer dans cette famille plus d'un siècle, puis appartiendra successivement, par suite de mariages à Jean de Pons puis à sa fille qui épousa successivement deux Pierre-Buffière, dont les descendants possédèrent Prunget jusqu'au XVIIIe siècle où il échut aux de Poix puis à Joséphine de Boisé. Celle-ci, sans alliance, ayant adopté ses cousins de Nicolaÿ, les fit hériter de Prunget, comme de La Rocherolle. La châtellenie de Prunget possédait droit de haute, moyenne et basse justice. Progressivement, le seigneur de Prunget délaissa ce château inconfortable au profit de Chabenet. 

 Éléments protégés MH : le château de Prunget en totalité : inscription par arrêté du 14 mars 1927.

 château de Prunget 36200 Tendu

   

Château de la Prune au Pot

Château rural du début du 13e siècle, qui conserve des cheminées monumentales, des escaliers en vis et des gargouilles sculptées. Au 17e siècle, la seigneurie échut aux Bourbons, puis entra dans le domaine royal. La terre fut séquestrée après la Révolution. Le château hébergea Henri IV lors du siège d'Argenton. L'ensemble de la fortification forme une cour carrée close d'un mur couronné de mâchicoulis. Il enserre une tour carrée et deux tours rondes. La poterne est percée d'une grande porte ogivale et d'une petite carrée, chacune ayant son pont-levis. La plus grosse des tours est l'ancien donjon, avec escalier desservant tous les étages. En entrant se trouve une cave voûtée avec fontaine. Au premier, la salle hexagonale comporte des latrines. La tour rectangulaire, dite tour Colin, comporte un escalier logé dans une tourelle accolée semi-hexagonale. Entre la tour de la Fontaine et la tour Colin, la maison du métayer est moderne. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château de la Prune au Pot : classement par arrêté du 5 juillet 2025 

 château de la Prune au Pot 36200 Ceaulmont 

 Téléphone : 04 73 87 90 38

 

Château de Pouzieux

Rares sont les maisons fortes du Moyen Âge qui nous soient parvenues dans leur état d'origine: c'est le cas de Pouzieux, haut bâtiment rectangulaire flanqué de quatre tourelles et surmonté d'une toiture à comble brisé, seul élément postérieur au XVIe siècle. Sur la façade (est) s'appuie une tour rectangulaire percée à la base d'une porte à pont-levis. Les fossés ont été comblés mais leur existence ne fait pas de doute. Bien qu'on ne dispose pas de documents anciens divers éléments permettent de dater sa construction du XVe siècle, probablement par Jean de Sorbiers. La présence de la famille de Sorbiers, également titulaire de nombreuses autres seigneuries dans la région, est en effet attestée en 1428 et 1526. La famille conserve Pouzieux jusqu'au XVIIIe siècle. Les murs épais et l'absence quasi totale d'ouvertures affirment le rôle militaire du château. Seule la façade est, plus aimable, comporte quelques fenêtres, certaines à coussièges, dont une belle fenêtre géminée de style gothique flamboyant. Aucune trace de décoration ou d'amélioration du confort postérieure à la construction n'apparaît, sauf une simple boiserie du XVIIIe siècle dans une pièce. Chaque étage du bâtiment comporte une vaste et unique pièce par étage, donnant accès aux tourelles d'angle qui donnent un modeste éclairage et permettent le guet. Ces étages qui ont servi depuis des siècles de réserve à grain ont été très détériorés. Une des salles a conservé une importante cheminée ornée de la devise "dum vivo, spero" (tant que je vis, j'espère). Dans la tour un petit oratoire comporte des traces de peinture à motifs héraldiques. Il est probable que le domaine a été abandonné à des fermiers dès le XVIIe siècle, ce qui expliquerait l'absence d'éléments décoratifs où architecturaux postérieurs. Très dégradé par suite de son utilisation agricole, il nous permet d'imaginer ce que pouvait être la vie quotidienne dans ces vastes salles communes faiblement éclairées, auprès de l'immense cheminée qui protégeait un peu des rigueurs de l'hiver. 

 Éléments protégés MH : le château de Pouzieux en totalité avec ses boiseries intérieures : inscription par arrêté du 4 octobre 1932. 

 château de Pouzieux 36700 Châtillon-sur-Indre

   

Château du Plaix Joliet

Le toponyme "Plaix" vient du latin médiéval Plaxitium dont a dérivé le mot "Plessis". Les dérivés du mot latin: Plessis, Pleix, Play signifient lieu entouré de pieux ou de branches entrelacées, enclos fermé de haies et, par extension, maison fortifiée. Ce château a donc été dès l'origine une place forte. On lui a ajouté le terme "joliet " signifiant lieu plaisant, agréable. La première trace que l'on ait du château est un acte de foi et hommage au fief de Malval (1398). Ce premier château était édifié sur un rocher, de construction rudimentaire et possédant seulement des tours circulaires. Un mur d'enceinte protégeait le château et reliait les tours entre elles, formant ainsi une cour intérieure fermée. De profonds fossés creusés dans la roche rendaient le château inaccessible. Vers le XVe siècle, un châtelet d'entrée dit "donjon" fut adjoint à la construction; il comporte des tourelles d'angle et des mâchicoulis surmontés d'une fine décoration d'arcs trilobés. On y accédait par un pont-levis enjambant le fossé face au midi. À peu près à la même période une chapelle fut construite non loin d'une des tours. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle que le logis fut construit en utilisant la muraille entre les tours. De larges fenêtres y furent percées.

La première famille propriétaire du château dont on trouve la trace est la famille de Saint-Julien. En 1338, Jeanne Loubes, veuve de Jacques de Saint-Julien, fit foi et hommage en son nom et celui de son fils Louis, à la dame de Malval du fief de Plaix-Joliet, de la justice haute, moyenne et basse et de ses dépendances. Les Saint-Julien demeureront au Plaix-Joliet jusqu'en 1538. En 1521, Antoine de Saint-Julien est dit vassal de René de Brosse, héritier de Malval. Par la suite, le château passe aux mains de Louis Bouchard, seigneur de l'Âge-Champroy, époux de Marguerite de Saint-Marsault, puis d'Hercule Bertrand, de René d'Assy, de Joseph Legroin et en 1716, à Henri Desrièges. On prétend qu'il quitta son château après la noyade de ses deux jeunes enfants dans les douves. La demeure devient alors la propriété de Guillaume et Pierre Baraudon qui y resteront, de père en fils, jusqu'en 1837. De cette date à 1865, le château reste vide et aurait été investi par des bandits. George Sand y aurait trouvé l'inspiration pour écrire Mauprat et décrire le repaire de "nobles bandits". Au début du XXe siècle, de nombreux propriétaires se succèdent au Plaix-Joliet, mais aucun ne conserva longtemps le château, soit par désintérêt soit par manque de ressources financières. En 1911, la propriété est démembrée et cédée en différents lots pour être réunifiée dans la deuxième moitié du XXe siècle. Cet ensemble est caractéristique des châteaux forts de la fin du Moyen-Age dans cette région. Le Plaix Joliet est entouré d'un parc qui peut satisfaire les visiteurs désirant se promener dans un cadre médiéval. Aujourd'hui, il subsiste les ruines de la tour isolée au nord-est, et la cave voûtée située à proximité de la tour Nord.

 Éléments protégés MH : l'ouvrage d'entrée; toitures de l'ensemble des corps de bâtiment et des tours Nord-Ouest et Sud-Ouest ; les façades extérieures Nord, Ouest et Sud de l'ensemble du château (y compris celles des tours); les vestiges de la tour isolée Nord-Est ; le sol qui contient la cave voûtée située à proximité de la tour Nord : inscription par arrêté du 27 juillet 1988. 

 château du Plaix Joliet 36140 Lourdoueix-Saint-Michel 

 Téléphone : 02 54 06 37 84

   

Château de Plaincourault

Le Château de Plaincourault est une ancienne Commanderie bâti à Mérigny, dans le département de l'Indre, en région Centre-Val-de-Loire, en France. Sa construction date du XIIe et XVe siècle. La Commanderie de Saint-Jean de Jérusalem du XVe siècle surplombe l'Anglin. A l'époque des Hospitaliers, il reste une pierre sculptée datée de 1291, au nom du commandeur Guy de Caveron. Le Château de Plaincourault est doté d'un haut corps de logis rectangulaire à l'étage, flanqué de 3 tours. Deux d'entre elles, de même taille, sont accolées à chaque angle de la façade qui domine la rivière, l'autre sur la cour. Chacune d'elles est couverte d'une toiture d'ardoises conique, surmontée d'un épi. Elles sont percées par de baies rectangulaires à simples traverses. Le corps de logis ne présente qu'un seul élément décoratif en façade: la porte d'entrée. Celle-ci est surmontée d'une accolade gothique qui forme un fronton dont le centre est décoré d'un motif sculpté, un peu endommagé. La façade dominant la rivière est sobre, les deux travées percées de fenêtres à meneaux sur deux niveaux, constituent le seul ornement. La chapelle seigneuriale du XIIe siècle, est indépendante du château. L'édifice est complet, hormis la flèche de style poitevinn depuis, détruite. Intérieurement, la nef est couverte en berceau brisé. Les travées sont séparées par des doubleaux brisés reposant sur des colonnes à chapiteaux sculptés. Un choeur plus étroit précède une abside circulaire, voûtée en cul de four. Toute la surface est recouverte de fresques du XIIe siècle. Au centre, Dieu et le Tétramorphe. En-dessous, une crucifixion et une descente de croix, Adam et Eve et un sujet effacé, des personnages semblant être des seigneurs et une scène de la vie de Saint-Eloi. Dans la voûte, un renard joue du violon devant un coq. Le Christ, la crucifixion et Adam et Eve paraissent dater de la fin du XIIe siècle. La descente de Croix et la légende de Saint-Eloi sont du XIVe siècle. Les personnages paraissent du XVe siècle et le reste des peintures, a été remanié du XIIe au XVe siècle. 

 Éléments protégés MH : la chapelle : classement par arrêté du 14 janvier 1944. 

 château de Plaincourault 36220 Mérigny 

 Téléphone : 02 54 37 80 79

 

Château de Paudy

Sans autre certitude qu'une date gravée, 1118, sur le bois disparu d'un escalier, la fondation de Paudy est attribuée à Geoffroy ou Raoul de Déols, seigneurs d'Issoudun de 1092 à 1164. Lorsque cette maison tomba en quenouille en 1217, cette place stratégique pour la conquête des territoires des Plantagenêt revint avec Issoudun à Philippe Auguste. Sous Saint Louis, elle fut donnée à Raoul de Courtenay, parent fidèle du roi. Transmise par les femmes, elle fut au début de la guerre de Cent Ans possession de Jean de La Personne, chambellan du duc de Berry et célèbre pour avoir enlevé Reuilly aux Anglais. Dans la première moitié du XVe siècle, elle passa à Jean de Blanchefort à la sinistre réputation "d'écorcheur" (mercenaire armagnac). La construction actuelle est sans doute due à l’un de ces personnages. Elle devait ensuite entrer dans la famille Chevrier qui la posséda jusqu'en 1580. Au cours de cette période, Anne de Savoie, femme de Frédéric d'Aragon, y décéda (1480) et Zizim, fils du sultan Mahomet II, y aurait été détenu (vers 1483) comme otage du Grand Maître de Saint-Jean-de-Jérusalem. Après le décès de Claude Chevrier, le château passa aux de Velard. Leurs armes, d'azur semé de croisettes d'or et un chef du même, figurent sur la tour-porte. Ils le conservèrent jusqu'en 1700, mais Philippe ne l'habitait plus depuis 1680. Le château demeura inoccupé jusqu'en 1788 avec la venue d'Agnès-Charlotte Riffardeau de Rivière, fille aînée du seigneur de La Ferté-Gilbert. Ce seigneur était depuis Jean de La Fond (mort en 1703) également marquis de Paudy. Le château, transmis par héritage, fut finalement vendu en 1900. Il a été acquis en 1924 par la famille des propriétaires actuels.

Il ne reste aujourd'hui que des vestiges partiels de ce château. Sis au confluent de deux ruisseaux, il formait un vaste quadrilatère (100 x 70 mètres) flanqué sur chaque angle d'une tour et, au milieu de la courtine ouest, de l'actuelle tour-porte. Celle-ci est un épais massif rectangulaire à base talutée, haut de 16,60 mètres, aux murs épais de 1,80 m, accosté à l'un des angles intérieurs d'une tourelle cylindrique. Elle est percée à sa base de deux portes, charretière et cochère, que défendaient autrefois deux ponts-levis à flèches. Derrière la couronne de mâchicoulis dont seuls subsistent les corbeaux à ressauts, la terrasse sommitale est à présent dissimulée sous les combles d'un toit à deux pans. Deux salles séparées par des planchers prennent place en dessous. Elles sont éclairées par deux baies rectangulaires ouvrant de chaque côté de la tour. L'accès se fait par l'escalier en vis située dans la tourelle depuis une porte placée en hauteur. Cette dernière est défendue au sommet par une bretèche. Une seconde bretèche se trouve également à l'angle de la tourelle sur le fossé. Hormis cette tour, trois autres sont conservées. Pour celles de l'est et du sud, il n'en reste que la base. Quant à la troisième située au nord, partiellement tronquée, elle est aujourd'hui intégrée dans l'habitation des propriétaires. Par contre, des courtines, exceptés quelques rares arrachements permettant d'estimer son épaisseur à 1,90 m, il ne reste rien. En 1901, a disparu également le château moderne. Installé sur la courtine ouest, il n'en subsiste que les caves. Le château était cerné par des douves partiellement conservées. inefficace face aux progrès de l'artillerie, le système de protection fut intensifié sans doute peu après sa construction par la mise en étangs des lits des ruisseaux (flancs nord, est et sud), par des contre-fossés en avant de la courtine ouest et surtout par la création, en avant de la courtine est, d'une plateforme de terre haute de cinq mètres, véritable boulevard d'artillerie. Seule cette dernière réalisation sub- siste. 

 Éléments protégés MH : la tour de Paudy en totalité : classement par arrêté du 18 juin 1930. 

 château de Paudy 36260 Paudy

   

Château du Parc

Le château du Parc, aussi appelé château Balsan, est une ancienne manufacture de drap installée dans un château médiéval préexistant. Fondée en 1751 par un drapier de Lodève, cette manufacture royale était dédiée à la production de draps pour les troupes militaires. Son organisation spatiale et architecturale reflétait une volonté de rationalisation du travail, combinant ateliers centralisés et sous-traitance artisanale rurale. Le site, implanté sur un cours d’eau, tirait parti des ressources hydrauliques pour actionner ses machines, marquant une transition vers la concentration industrielle. En 1856, Pierre Balsan, un entrepreneur originaire de Lodève, rachète la manufacture et modernise radicalement le site entre 1860 et 1867. Il y construit une usine de six hectares intégrant des innovations techniques comme la machine à vapeur, avec des bâtiments organisés selon une symétrie rigoureuse autour d’une cheminée centrale. Ce projet incarnait le triomphalisme industriel du Second Empire, mêlant fonctionnalité, esthétique et progrès technique. L’usine devint l’une des plus modernes de France, influençant l’urbanisation ouest de Châteauroux par la création de logements ouvriers, d’écoles et d’un réseau viaire orthogonal. Le déclin de l’activité drapière traditionnelle au XXe siècle, marqué par la reconversion partielle vers les non-tissés, entraîna un morcellement du site. La fermeture définitive en 1991 laissa un îlot partiellement déserté, bien que certains éléments aient été préservés et inscrits aux monuments historiques en 1996. Aujourd’hui, le château du Parc témoigne de l’histoire industrielle française, depuis la manufacture pré-industrielle jusqu’à l’usine moderne, en passant par son rôle social et urbain dans le développement de Châteauroux. 

 Éléments protégés MH : la tour du château du Parc. Les façades et les toitures des bâtiments de la manufacture royale, à savoir : le pavillon du portier et le logement d'ouvriers, à l'entrée de la cour (actuels bâtiment d'accueil et bureaux de la caserne des sapeurs-pompiers) ; l'aile des tisserands (actuelle caserne des sapeurs-pompiers) ; l'aile des teinturiers (transformée en habitation dans la seconde moitié du XIXe siècle), et à l'intérieur de celle-ci au rez-de-chaussée de la partie nord : le grand escalier, le cabinet de travail et le grand salon ; le logis dit aussi Château-Rivière. Certaines parties de la manufacture du Second Empire et de ses annexes, à savoir : les façades et les toitures des pavillons de gardiens ; les façades et les toitures des pavillons de logements et de bureaux bordant l'allée d'accès ; les façades et les toiture de l'aile nord du bâtiment ; les façades et les toitures des pavillons d'administration : inscription par arrêté du 12 décembre 1996. 

 château du Parc 36000 Châteauroux

   

Château de Palluau-sur-Indre

Palluau, situé sur un plateau calcaire au-dessus de la vallée de l'Indre, est à la fin du XIe siècle à la limite du comté d'Anjou et du royaume de France, ce qui justifie à cette date la construction d'une forteresse reconstruite au siècle suivant par Philippe Auguste, lors de la guerre contre les Plantagenêts. Le roi de France, vainqueur du combat fit flotter sa bannière en haut du donjon. À partir de 1365 la seigneurie appartient aux Tranchelion, mais le château démantelé pendant la guerre de Cent Ans, n'est relevé qu'après le milieu du XVe siècle par Guillaume du même nom: il reconstruit un logis entre le donjon du XIIe siècle et la tour Sainte-Ménéhoulde, proche de la collégiale. Son frère Richard poursuit les travaux en édifiant un autre bâtiment, à gauche, vers 1500, et reconstruit en même temps le chœur de la collégiale. Par la suite, le château mal entretenu est endommagé, lors des guerres de Religion, et il faut attendre son rachat en 1606 par Antoine de Buade de Frontenac, maître d'hôtel de Marie de Médicis et capitaine de plusieurs châteaux royaux, pour que soient entrepris d'importants travaux. Avec sa belle-fille Anne Phelippeaux, il s'installe à Palluau en 1624 qu'il agrandit selon un plan régulier autour de la cour, constructions qui ont partiellement disparu. Au XVIIIe siècle, l'édifice abandonné sert de métairie, puis entre la restauration et 1910 il appartient aux de Vélard qui entreprennent une importante campagne de restaurations de style néogothique. Leurs descendants, les d'Augustin, conservent le château jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Le site castral qui domine le village est isolé au sud et à l'ouest par la dénivellation naturelle et, à l'est par un fossé artificiel, taluté. Jusqu'au XIXe siècle l'accès était celui du château médiéval, remplacé par un pont dormant qui enjambe le fossé, ouvert sur un parc à l'anglaise. On pénètre dans la cour par un châtelet du XVe siècle précédé d'une fausse-braie, qui constitue avec les bases de l'enceinte, les tours arasées et la collégiale Sainte-Ménéhoulde (devenue église paroissiale) les seuls vestiges du château reconstruit après la guerre de Cent Ans. Les corps de logis édifiés au début du XVIe siècle par la famille Tranchelion adoptent le style et les distributions des demeures seigneuriales contemporaines: les grandes croisées gothiques, les deux escaliers en vis dans des tours hors œuvre, illustrent le raffinement du gothique flamboyant. La distribution des appartements, situés au premier étage est complétée par des tourelles en encorbellement qui abritaient les cabinets et garde-robes. Ces deux logis, largement ouverts sur la cour par des croisées gothiques, et appuyés contre l'enceinte médiévale flanquée de tours, sont le type du château de cette région, où l'aspect extérieur de la forteresse est maintenu comme un symbole. Une nouveauté apparaît cependant, mais sans doute plus récente avec le pavillon qui cantonne le corps gauche et abrite un escalier droit rampe sur rampe donnant accès à une salle haute voûtée, seule concession à l'italianisme, inspirée des grands châteaux de la Loire. L'aile sud et la galerie, construites au début du XVIIe siècle pour donner un aspect régulier à la cour, ont été détruites un siècle plus tard pour ouvrir la cour sur le large panorama du val et relier le château au parc créé par la famille de velard. Au même moment le décor intérieur a été refait et les pièces principales pourvues de lambris néogothiques et de cheminées à armoiries. La chapelle, elle aussi restaurée, conserve un ensemble de peintures murales datées de 1634 qui représentent la vie du Christ et de la Vierge, signées Antonius, auteur des peintures de la salle basse de la tour dite "Philippe Auguste". Ces œuvres inspirées de l'art flamand, par le traitement de la flore et des paysages, datent vraisemblablement des travaux effectués par Antoine de Buade de Frontenac au cours de la première moitié du XVIIe siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ainsi que les parois décorées de peintures murales de la chapelle et de la tour Ouest : classement par arrêté du 4 mai 1944. 

 château de Palluau 36500 Palluau-sur-Indre 

 Téléphone : 02 47 24 18 29

 

Château de L'Ormeteau

L'Ormeteau dont l'origine du nom pourrait être "l'Orme de Tiaud" ou de Thuault est une ancienne commanderie de l'ordre du Temple dépendant du grand-prieuré d'Auvergne siégeant à Lyon. Elle apparaît pour la première fois en 1136 lors de la concession d'un bénéfice par l'archevêque de Bourges. Jusqu'à la dissolution de l'ordre, seize commandeurs se seraient succédé à sa tête. Après 1314, la commanderie appartint aux Hospitaliers qui la conservèrent jusqu'en 1789 date de sa vente comme bien national. Son démantèlement fit apparaître une énorme richesse immobilière et foncière. Elle possédait en effet des intérêts considérables entre Déols et Châteauroux, dont une trentaine de domaines couvrant une superficie de 3000 hectares environ et la maison du Temple à Châteauroux, près des Halles, détruite en 1851, qui servit de résidence aux seigneurs de Châteauroux, puis d'hôtel de ville. Le dernier commandeur fut Louis-Alexandre Savary de Lancosme. Au moment de la Révolution française, l'édifice fut acheté par Pierre Cartier avant d'appartenir à Rémi Tourangin, bourgeois patriote d'Issoudun, propriétaire de Frapesle. La propriété est vendue au début du XIXe siècle à la famille Martinet, d'Issoudun. Ses descendants Domet de Vorges puis Poignand du Fontenioux la conservent jusqu'à la fin du XXe siècle. Le château passa plus tard à la famille de Vorges. Aujourd'hui les propriétaires actuels sont Dominique et Pascale de la Rochefoucauld-Montbel.

Cet édifice du XVe siècle se constitue aujourd'hui principalement d'un corps de logis. Celui-ci, fort bien conservé et entretenu, consiste en un bâtiment quadrangulaire flanqué aux angles de quatre tours circulaires, de diamètres différents, coiffées en poivrière. L'accès principal, une porte autrefois ornée d'armoiries, est inscrite à la base d'une tour carrée prenant place en milieu de façade. Cette tour a été apparemment abaissée d'un étage par rapport à la construction originelle. La façade percée de deux niveaux de baies a conservé ses croisées et demi-croisées aux chambranles ornés de fines nervures. l'édifice présente également un certain nombre d'archères canonnières situées essentiellement dans les parties basses et hautes des tours d'angle. Ces dernières possèdent, quant à elles, généralement cinq niveaux. L'ensemble du corps principal est couvert d'un haut toit à deux versants supportés, sur les côtés, par d'imposants murs-pignons. Détachée de l'ensemble, une tour circulaire est une reconstruction de l'ancien pigeonnier dont elle réutilise les pierres. Certains éléments de la commanderie ont néanmoins disparu tels les fossés qui ont été comblés, mais aussi la chapelle qui fut détruite pendant la Révolution, les portions de courtines et le châtelet d'entrée. Cependant la plupart de ces éléments qui délimitaient une petite cour close sont encore repérables grâce à leurs soubassements encore apparents. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et la tour isolée : inscription par arrêté du 12 octobre 1972. 

 château de L'Ormeteau 36260 Reuilly 

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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