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Château de Launay

Le château, situé route de Petit Mars, a été édifié en 1471 pour Jean du Perray sur une terre appartenant aux évêques de Nantes. Propriété de François de La Henriays en 1573, puis d'Olivier de Carheil en 1609. Les de Carheil se sont alliés aux de Cadaran, Poulpiquet du Halgouet et de Goué. On a probablement eu tendance à exagérer, à la suite de l’inventaire et des rapports du Commissaire Pierre Pont, l’ampleur des dégâts causés au château de Launay par l’incendie allumé par Pinard et sa bande, du moins en ce qui concerne le bâtiment. Celui-ci n’a pas eu à être reconstruit, comme ce fut le cas de nombreux châteaux incendiés durant la Révolution mais simplement restauré. Et la restauration ne lui a pas fait perdre son caractère d’origine. C'est un bâtiment homogène, qui conserve l’élégance simple, les proportions très justes et la disposition intérieure en enfilade traditionnelle, propres aux constructions du début du XVIIIe siècle, en effet, la première mention d’une cérémonie célébrée dans la chapelle remonte à 1712. Mais il existait déjà un Château à Launay depuis au moins le XVe siècle.

Le corps de bâtiment principal est prolongé (à gauche lorsqu’on arrive par l’allée d’accès actuelle) d’une aile courte, sans décrochement en plan, mais plus basse, coiffée d’un toit à croupe, mais de pente plus forte que le corps principal, percée d’ouvertures plus petites et avec des linteaux en bois. Il se pourrait que cette aile soit le reste du manoir ayant précédé le château actuel ; on la daterait volontiers du XVIe siècle. A l’autre extrémité du château, un édifice bas, de plan carré, coiffé en pavillon était sans doute la loge du concierge, l’accès se faisait par une large avenue dont l’axe était parallèle à celui du château et qui débouchait de ce côté. Cette avenue partait directement de la route de Saint-Mars. Aujourd’hui, on arrive au château par un chemin qui s’embranche sur la petite route du Tertre Juin à Grandonneau; on débouche perpendiculairement à la façade Est. L’ancienne avenue subsiste sous l’aspect d’une sorte de levée. D’autres bâtiments délimitaient la cour au sud, en retour d’équerre vers l’Est par rapport au précédent et d’autres annexes plus petites, se trouvaient sur les deux autres côtés de la cour, la petite annexe que l’on voit encore de ce côté, à quelque distance de la façade du château, semble avoir été bâtie à l’emplacement d’une annexe ancienne. On voit aujourd’hui d’autres communs, au Nord du château, d’axe perpendiculaire à sa façade Est. La partie de ces communs la plus éloignée de la façade du château abritait une écurie de la seconde moitié du XIXe siècle. Mais la partie la plus proche du château est ancienne. Elle date probablement de la même époque que le château ; sa charpente est magnifique. Cette remise abrite aujourd’hui un pressoir à long fût qui daterait du XIXe siècle; on ne voit plus guère de pressoirs de ce type à Sucé. Un chêne superbe se trouve du côté de ces communs, près de l’entrée actuelle du parc. En vis-à-vis de la façade Ouest du château se trouve un théâtre de verdure. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château de Launay : inscription par arrêté du 31 janvier 1967. 

 château de Launay 44240 Sucé sur Erdre

Château de la Guibourgère

Le château de la Guibourgère est l'un de ces lieux qui traversent les siècles en portant silencieusement la mémoire d'un territoire. Nichée au cœur du pays d'Ancenis, cette demeure a vu se succéder générations, événements et transformations. Derrière ses murs se dessinent plus de cinq siècles d'histoire familiale, patrimoniale et locale, intimement liée à celle de Teillé et de la Bretagne. Aujourd'hui encore, le château conserve les traces de ce passé et continue d'écrire une nouvelle page de son histoire. 

 Éléments protégés MH : Les façades et les toitures du château et de la chapelle : inscription par arrêté du 17 mai 1982 

 château de la Guibourgère 44440 Teillé 

Château de la Groulais

Blain s'est développée au carrefour de deux grandes voies gallo-romaines. En 843, Erispoë y battra le Comte Renaud et par là même intégrera le pays nantais au royaume de Bretagne, le traité d'Angers en 851. Du XIIe au XIVe siècle y sera érigé l'un des plus forts châteaux de Bretagne: le château de la Groulaie. Les Clisson dont le Connétable Olivier V et les Rohan résideront en ce château fort colossale, y accueillant la Duchesse et Reine Anne de Bretagne, et des Rois. Henri de Rohan, généralissime des armées huguenotes y naît en 1579. Racheté vers 1920 par Marie Bonaparte, épouse du prince Georges de Grèce, il sera sauvé de la ruine. Dans les années 1970, la commune de Blain se rendra acquéreur du site, l'ouvrant au public sous l'égide de l'association "Château Essor Blinois". Qui n'a jamais rêvé de se promener à la bougie dans un château fort à la nuit tombante ??? Le groupe de médiévistes de l'association vous propose une visite du Château comme vous n'en ferez jamais ! 

 Éléments protégés MH : la tour du Pont-Levis avec les bâtiments situés de part et d'autre ; la tour du Connétable ; la tour du sud-ouest ; les deux tours du sud-est ; l'entrée monumentale de la façade sud du logis du Roi (aile nord) : classement par arrêté du 15 juin 1977. A l'exclusion de l'aile nord (logis du Roi) refaite au XIXe siècle, les parties non classées (restes de tours et de fortifications les reliant) : inscription par arrêté du 15 juin 1977. L'ensemble du terrain d'assiette du château ; les douves (avec mur de contrescarpe) ; le mur dit "des cuisines" ; les façades et les toitures du logis du Roi (aile nord) ; le grand jardin ; le portail monumental du XVIIe siècle : inscription par arrêté du 26 mars 2009. 

 château de la Groulais 44130 Blain 

 Téléphone : 02 40 79 88 66

 

Château de Granville

 
Héritier du château de la Tour, Aristide le revend avec l'accord de son frère aîné. Il fait construire, sur le coteau en face de celui-ci, le château de Grandville entre 1820 et 1825. le bâtiment est édifié sur les plans de l'architecte Étienne Blon (1780-1863), auteur de la place Mellinet à Nantes. L'édifice est doté d'un portique à colonnes. Il s'agit d'un des rares exemples d'architecture néo-palladienne dans la région nantaise, inspirée des villas italiennes du XVIème siècle. Le château, grande demeure carrée, offre un rez-de-chaussée et deux étages. Il est vaste sans être immense. 

 À la suite de la construction de son château, Aristide fit dessiner le parc à l'anglaise, vers 1845, à partir des études qu'il commanda à deux célèbres paysagistes : André Leroy (1801-1875), grand pépiniériste et arboriculteur angevin, dont le projet n'est pas concrétisé. Jean-Dominique Noisette, jardinier-paysagiste, fils aîné d'Antoine Noisette (1778-1858), jardinier en chef du Jardin des Plantes de Nantes. Il est à l'origine de belles réalisations paysagères nantaises comme le parc de la Chantrerie ou celui de Procé. C'est son projet, réalisé en 1851, qui est utilisé pour mettre en forme le parc. C'est en 1844 que la chapelle de style néo-gothique fut édifiée à quelques mètres de la demeure. C'est l'œuvre de l'architecte diocésain nantais Théodore Nau (1805-1865). Dédiée à Sainte Anne, elle fut inaugurée par l'évêque de Nantes, Monseigneur de Hercé.

 Éléments protégés MH: Façades et toitures du château et de ses communs : inscription par arrêté du 1er juin 1992 

 château de Granville 44710 Port-Saint-Père

 

Château du Goust

Maleville, que l’on retrouve appelée parfois mala villa dans les vieux titres,et quelquefois aussi fief l’Evêque, était anciennement un fief seigneurial avec haute justice. Il appartenait en 1412 à Miles de Thouars, en 1440 aux Laval, en 1539 à Guillaume Gérault, en 1559 à Geoffroy Gauray, seigneur du Plessis-Gauray, en 1590 à Charlotte Gauray, en 1609 à Prégent de Chevigné, en 1654 à Mercure Bardoul, et en 1660 à Maurice Bardoul, qui le vendit à Antoine Rivière, seigneur de Vauguérin, qui le revendit lui-même en 1671 à René de Sesmaisons. Les autres terres importantes de celte commune étaient La Bourdinière, qui appartenait, en 1500, à François de la Lande, seigneur de la Haie-Maheas, puis à Catherine Boutin,femme de Guydo Cleuz, seigneur du Gage, et enfin à Joseph Le Meneust, seigneur de la Boisdrière. Mais la terre la plus importante était la seigneurie du Goust. Il y a un peu d’incertitude sur la manière d’écrire ce nom, de Goul, Gouz, Goust. Une lettre autographe conservée aux archives de la mairie de Nantes, porte pour signature Le Goust, et Dom Taillandier, continuateur de Dom Morice, pour le second volume du Texte de l'histoire de Bretagne, a suivi cette leçon d’après le manuscrit de l’Histoire de la religion réformée en Bretagne de Le Noir de Crevain. L'Histoire de là Ligue en Bretagne écrit du Goust, véritable orthographe. Ce château était autrefois un petit manoir, plusieurs fois remanié, augmenté et fortifié, et considéré comme une place assez forte. Maintenant, on n’y voit plus que des ruines couvertes de lierre, sur une motte peu élevée, entourée d’un étroit fossé. Là, devait être le donjon dont il ne reste plus qu’un pan de mur, et dans lequel on reconnaît encore les jambages assez bien conservés d’une immense cheminée dont les moulures annoncent le XVe siècle.

 Cette ruine est située dans une partie de l’enceinte murée de cette terre qui était assez considérable, car elle englobe actuellement tout le village du même nom, qui s’est élevé sur les débris et en utilisant, pour les habitations, les dépendances de la forteresse. Dans ce village, existe encore l’ancienne chapelle du château, assez bien conservée. On remarquait autrefois aux environs quelques souterrains aboutissant au château, mais qui ont été, depuis, détruits et comblés pour les besoins des terres, mises en exploitation. Ces ruines sont situées sur le chemin de grande communication de Savenay à Saint-Etienne de Montluc. A quelque distance et au nord du village, on reconnaît encore les ruines du moulin à eau du château, situé sur le bord d’un petit ruisseau, et à un kilomètre plus loin, la carrière qui a dû fournir les matériaux avec lesquels fut construite cette petite forteresse. L’enceinte du parc est encore visible par endroits, où, des débris de murs de clôture se montrent encore de distance en distance; d’après ce qu’on en voit, il est permis de croire que ce parc était d’une assez grande étendue. Il n’est un peu parlé de ce château, qu’à l’époque où il appartenait à Jeau de Montauban, celui qui sous le nom de chevalier du Goust, s’empara du château de Blain et le commanda pendant le siège que lui fit soutenir le duc de Mercœur! Lorsque nous serons arrivé, dans la généalogie, à ce seigneur, nous en donnerons de plus amples détails.

 Nous trouvons, comme première mention, que cette seigneurie appartenait à Jeanne d’Ucé, dame de Thouaré et du Goust, femme de Brient de Montjean, qui, par un acte passé en la Cour de Nantes et daté du jeudi après misericordia Domini de l’an 1390, la vendit à Margot, femme de Guillaume de Commélan et précédemment veuve de Brient de Montfort, seigneur de la Rivière d’Abbaretz. Brient de Montfort, fils de Margot, en hérita de sa mère, et la transmit ensuite à Eon de Montfort, qui la garda jusqu’en 1404. Elle passa alors dans les mains de Moricette de Montfort sa fille, qui fut mariée à Robert Brochereul, seigneur de la Sicaudais. De ce mariage naquirent deux filles, dont l’aînée, Jeanne Brochereul, épousa Guillaume de Montauban, baron de Grenonville, seigneur du Bois-de-la-Roche, et eut en partage les terres et seigneuries du Cens, de la Plaine, de Pornic, de Sourgonne, du Loroux-Boterel et le devoir du port de Nantes. C’est ainsi que la seigneurie du Goust entra, vers 1500, dans la maison de Montauban, issue, au dire du Père du Paz, de celle de Rohan, dont elle portait les armes, brisées d’un lambel d’argent à quatre pendants. Après Guillaume de Montauban, la seigneurie appartint à son fils Guillaume, deuxième du nom, qui épousa Orfraise de Sérent, dont il eut un fils nommé Esprit de Montauban qui servit le duc François II, sa fille Anne de Bretagne, et les rois Charles VIII et Louis XI. Il mourut vers 1512. Le Père du Paz ne nous a pas conservé le nom de sa femme, mais nous savons qu’il eut un fils nommé Louis de Montauban, qui avait pour tuteur le chancelier Philippe de Montauban, frère consanguin d'Esprit. Tout porte à croire que la terre du Goust fut donnée en partage à Esprit de Montauban, car elle ne se retrouve plus que fort loin, possédée par ses descendants.

 Dans une note de la main de Dom Gallois, trouvée dans la collection des Blancs-Manteaux, on retrouve un François de Montauban, vivant vers la moitié du XVIe siècle, et qui semblerait être le fils de Louis et petit-fils d’Esprit de Montauban. Ce François de Montauban, portait le titre de chevalier seigneur du Goust: ce fut lui qui fit exécuter les premières fortifications du château de ce nom. Il avait épousé, suivant Le Laboureur, Marguerite de Plouër. Quant à Dom Gallois, il ne donne pas le nom de la femme de François de Montauban, mais il lui donne pour enfants Louis, qui mourut sans alliance; 2° Françoise, qui épousa Gilles du Bois-Riou et probablement Jean de Montaubau, chevalier seigneur du Goust, ainsi que Charles de Montauban, seigneur de l’Aujardière. Le Père du Paz ne donne pas la généalogie des Montauban pour toutes les branches et n’arrive pas jusqu’au commandant du château de Blain, son contemporain cependant; mais après un examen attentif, nous croyons pouvoir affirmer que le seigneur du Goust descendait de messire Esprit de Montauban, fils de sa seconde femme Orfraise de Sérent. Jean de Montauban, chevalier seigneur du Goust, habitait la petite forteresse de ce nom. Ce poste, dominé par le grand coteau septentrional de la Loire, ne pouvait tout au plus le mettre à l’abri que d’un coup de main. Il est probable que du Goust comptait au nombre de ces gentilshommes bretons qui n’avaient pas été hostiles au duc de Mercœur, tant qu’il était resté, en apparence au moins, fidèle au roi, mais qui jugèrent que ce prince faisait acte de rébellion ouverte, en s’emparant du château de Nantes, et en se fortifiant de deux redoutables bastions armoriés de la double croix de Lorraine. Alors se forma le véritable parti royaliste, composé non seulement des huguenots, mais encore de beaucoup de catholiques, comme le chevalier du Goust, auxquels les fureurs de la Ligue avaient ouvert les yeux sur les tendances anti-légitimistes, et qui, d’un autre côté, commençaient à s’apercevoir que le duc de Mercœur avait beaucoup plus en vue son affermissement dans la Bretagne, qu’il considérait comme le droit d’héritage de sa femme, que la défense de la religion catholique.

 La meilleure preuve qu’on puisse donner de ses ambitieux desseins, ce sont les titres de prince et duc de Bretagne qu’il fit donner au fils dont la duchesse accoucha à Nantes, le 21 mai 1589. Le 26 du même mois, suivant des renseignements recueillis par l’abbé Travers à la mairie de Nantes, "il fut fait rapport que le chevalier du Goust fortifiait sa maison située entre Saint-Etienne-de-Mont-Luc et Cordemais, et qu’il y faisait amas d’hommes. Le conseil ordonna l’attaque de la maison de du Goust avec canon. Mais le lendemain, 27 mai, on apprit que le chevalier du Goust, assisté de quarante-cinq hommes seulement, s’était emparé du château de Blain. Alors le conseil commanda, pour le chasser de cette place, deux cents hommes, qui reçurent chacun, par jour, une demi-livre de poudre et quinze sols de paie; de plus, il obtint du capitaine Gassion une ordonnance qui obligeait les paroisses voisines de Blain de s’assembler au son du tocsin, pour courir sur les convois et les secours qu’on tenterait de faire entrer dans le château". En effet, le 27 mai 1580, du Goust, avec son frère et six autres, s’empressèrent de proiiter du peu de garnison que le capitaine La Bouillonnière avait avec lui, ils se mirent en embuscade près de la principale entrée du château, et pendant qu’on baissait le pont-levis pour faire entrer des charrettes, ils s’élancèrent dans la place, et bientôt renforcés au nombre de quarante-cinq hommes par quelques huguenots du village du Pavé, ils purent résister et prendre possession définitive de la place. Ils furent immédiatement assiégés par les troupes de Mercœur, commandées par Guébriant, que le capitaine La Bouillonnière était allé prévenir; mais sur une fausse alerte, causée par la nouvelle de l’arrivée du prince de Dombes au secours de la place, Guébriant leva le siège en toute hâte et abandonna le château.

 Ces événements se passaient deux mois avant l’assassinat de Henri III, et ce malheureux roi envoyait en Bretagne le prince de Dombes, avec lettres patentes, "sur les advis des déportements mauvais du duc de Mercœur, etc". Ces lettres furent lues, publiées et enregistrées au parlement de Rennes, le 14 août. A leur réception dans la province, tous ceux qui conservaient le principe de la fidélité au roi durent abandonner le parti de Mercœur et se ranger sous le drapeau du prince de Dombes. Il est bien à croire que dès l’apparition du comte de Soissons, qui s’était si pauvrement laissé battre à Châteaugiron, le parti royaliste avait songé â une prise d’armes. L’expédition de du Goust sur le château de Blain en fut l’un des premiers actes. Nous ignorons par les ordres de qui il agit, mais l’ordonnance dont nous allons donner copie entière, parce qu’elle est encore inédite, prouve qu’une fois son établissement fait au château de Blain, du Goust fut pleinement reconnu pour serviteur du roi par le prince de Dombes, reçut son attache formelle, et même que la place qu’il commandait fut considérée comme centre d’approvisionnement pour les troupes du roi. Voici l’ordonnance du prince de Dombes: "Henry de Bourbon, prince de Dombes, gouverneur du Dauphiné et lieutenant-général pour Sa Majesté, en ses armées et pays de Bretagne, salut. Comme pour empesclier les desseings et entreprinses des ennemys et rebelles à sa dicte Majesté et retrancher les courses qu’ilz font sur les bons et fidèles subjectz, mesme s’opposer aux sorties de la ville de Nantes, pratiques et menées qu’ilz font pour s’emparer et surprendre des villes et places fortes de cette province, nous ayons estably une bonne et forte garnison au chasteau de Bleing, commandée par le sieur du Goust, capitaine et gouverneur de la dicte place, composée de cent chevaux ligiers, et troys cens harquebuziers à cheval; laquelle désirant entretenir et leur donner moyen de faire la guerre contre les dictz ennemys, il auroit été ordonné faire pour le peu de moyens qu’il y a de fournir au payement et entretenement desdits gens de guerre des finances de Sa Majesté, pour n’y avoir aulcun fond à présent, de faire lever la somme de huit mil escuz or sol. sur les parouessiens du comté Nantois de ça la ripvière de Loire, à scavoir depuis Ancenis jusques à Redon, Guérande et Nantes.

 A ceste cause nous vous avons commis et député, commettons et députons par cestes présentes, pour imposer et esgailler sur chacune des parouesses dudict comté de Nantes de sa la ripvière de Loire, ainsy qu’il est dict cy-dessus, le fort portant le faible et plus esgallement que faire se pourra, la dicte somme de huit mil escuz, laquelle sera mise es mains de Paul Grouard par nous commyns à cest effect, pour estre par ledict Groüard satisfaict au payement desdits gens de guerre suyvant l’estât qui en a esté cy-devant expédié, et desquels il sera comptable au trésor de l’extraordinaire des guerres, ou son commis près de nous, et sera tenu de rapporter, bons de quittances à sa descharge. De ce faire nous avons donné pouvoir, auctorité et commission par cestes présentes, mandons à tous qu’il appartiendra, que à vous en ce faisant ilz obeyssent, prestent tous conseils, confort et ayde, et au premier huyssier ou sergent sur ce requis, meptre entière exécution les mandements qui seront par vous faietz. Donné à Rennes soubz nostre signe et scel de nos armes le seiziesme jour d’octobre mil cinq cens quatre vingtz et neuf. Signé Henry de Bourbon. Plus bas par mondict seigneur le prince signé Brunet. Par copie ainsy signé Pinel, notaire royal. Pour copie ce que dessus et de l’autre part collationné à l’original par Transzon. Videnimé par moy notaire soubssignant de la court de Blaing, ce dernier jour d’aougst mil cinq cens quatre vingtz dix neuf. Signé J. Maumeczon, notaire". Voilà donc le chevalier du Goust, bien et dûment reconnu pour commandant du château de Blain, par une autorité compétente, et investi, pour ainsi dire, d’un pouvoir discrétionnaire, pour la levée des impositions de guerre, dans toute la partie du comté nantais, au nord de la Loire, dont Blain était le centre. Il était difficile que du Goust, muni d’un pouvoir presque absolu et au milieu d’une guerre civile, conservât une juste mesure d’action.

 Les choses n’en restèrent même pas là, du Goust obtint du roi Henri IV, le 30 août 1599, des lettres d’absolution pour tous ses faits de guerre. Avec ces lettres du roi Henri IV, les deux frères de Montauban étaient blanchis de toutes les peccadilles qu’ils avaient pu commettre. Nul renseignement n’a pu nous donner l’âge de ces deux frères, seulement on peut supposer qu’à l’époque de cette entre prise, ils étaient dans la force de l’âge, et avaient peut-être de quarante à cinquante ans. Charles de Montauban, seigneur de l’Aujardière, avait épousé Jacquette de la Haie-Mahéas, dont il eut une fille, Charlotte, qui épousa le seigneur de la Bessardais, et qui devint veuve en 1580 avec une fille, sur laquelle nous n’avons aucun renseignement. Quant à Jean de Montauban, seigneur du Goust, nous ne savons ce qu’il devint dans la suite. Pendant que le duc de Mercœur assiégeait le château de Blain, il avait envoyé une petite troupe qui, s’étant emparée du château du Goust, le démolit en parlie; c’est de cette, époque que date la ruine de cctte forteresse, dont les quelques débris recouverts de lierre sont, comme nous l’avons dit plus haut, encore visibles. Nous ignorons aussi quelle fut la date de sa mort, et quelle descendance il put laisser. Seulement, nous trouvons un petit renseignement dans un acte inscrit sur les registres de la paroisse de Blain. Cet acte nous apprend qu’à cette époque le chevalier du Goust était veuf, mais ne nous donne pas le nom de son épouse. Faute de renseignements sur la descendance des seigneurs du Goust, nous disons seulement que vers la fin du XVIe siècle , la seigneurie du Goust appartenait à un La Moussaye, petit-fils de Françoise de Monlauban, femme de Gilles du Bois-Riou , et sœur propre des deux frères du Goust et de l’Aujardière, sans que nous puissions dire comment cette transmission s’est opérée. En 1601, le château du Goust avait encore une pelite garnison. Il appartenait en 1680 à Mercure Rardoul, seigneur de Maleville. Ce n’est que depuis cette époque que cette seigneurie est tombée dans la maison de Runefau, qui dut en jouir jusque vers le milieu du XVIIIe siècle; car nous trouvons ensuite comme possesseur de ce fief la famille de Couëssin de Keraude; nous en avons comme preuve des lettres de provision, donnant la charge de procureur fiscal de leur juridiction à François Magouët de la Trocarderie, notre trisaïeul maternel. A la fin du XIXe siècle, cette terre appartenait à Madame veuve Cossin de Cravellon. 

 Éléments protégés MH: le site du château, à savoir la totalité des vestiges du château ainsi que des sols d'assiette de ce dernier, et les fossés, l'emprise de la basse-cour et la contrescarpe : inscription par arrêté du 28 octobre 2008. 

 château du Goust 44260 Malville

   

Château de Goulaine

Depuis un millénaire, l'histoire du château de Goulaine se confond avec celle de la famille qui lui a donné son nom et n'a jamais cessé de l'habiter (sauf entre 1788 et 1858). La famille de Goulaine resta propriétaire du domaine sans interruption jusqu’en 1788, date à laquelle il fut vendu à un banquier néerlandais. Ceci permit d’empêcher la destruction du château lors de la Révolution Française. En 1858, un membre de la famille Goulaine racheta le domaine, qui appartient toujours à cette même famille. Aujourd’hui, la 29ème génération vit encore dans une partie du château. Au XVIe siècle, le château comprenait un grand corps de logis flanqué de deux pavillons où se trouvaient les escaliers. La surface a été presque doublée par les adjonctions du XVIIe siècle. A l'intérieur, sont conservés de grandes cheminées du XVIe siècle ainsi que d'importants vestiges de la décoration du XVIIe siècle. Le château de Goulaine est précédé d'une grande cour fermée par une enceinte avec porte charretière et porte bâtarde contigües à un ancien donjon. Forteresse du haut Moyen âge, Goulaine, après le rattachement de la Bretagne à la France, a été reconstruit en pierre de Tuffeau, dans l'esprit Renaissance des grandes demeures du Val de Loire.

Une vaste ceinture de marais, site protégé remarquable par sa faune et sa flore, entoure les terres du château et contribue à la beauté de son environnement. A l'intérieur, les salons de l'étage d'une étonnante richesse décorative, portent la marque de Gabriel de Goulaine. C'est en sa faveur qu'Henri IV érigea la terre de Goulaine en marquisat. Aux portes de Nantes et de l’océan, Goulaine est le premier château de la Loire. Propose aujourd'hui la location de trois salles à pour réceptions, séminaires, congrès, et plusieurs chambres d'époque Renaissance. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité : classement par arrêté du 12 août 1913. 

 château de Goulaine 44115 Haute Goulaine 

 Téléphone : 02 40 54 91 42 

Château de Gilles de Retz

Ancien château féodal bâti à la fin du XIIIe siècle, comptant trois campagnes de construction. En élévation une tour circulaire du début du XIIIe siècle, un châtelet du XVe siècle, un soubassement de logis du XVIe siècle avec embrasures à la Française. De nouvelles fortifications sont réalisées vers 1580. Pierre de Dreux, duc de Bretagne et seigneur de Machecoul en 1235, élève le château afin de protéger sa terre. Au XVe siècle, la famille de Laval hérite du domaine. Au décès de Guy de Laval, en 1415, sa propriété passe à son fils, Gilles de Rais, maréchal de France à 25 ans, il est ruiné par l'armée qu'il entretient au service de Jeanne d'Arc. Pour refaire sa fortune, il se livre à la sorcellerie, mais il est arrêté au château de Machecoul et pendu à Nantes en 1440. Louis XI, en lutte contre la Bretagne détruit le château en 1473, mais reconstruit peu après par la famille Chauvigny. A la fin du XVIe siècle, pendant les guerres de religions, Albert de Gondi, grand chambellan de Catherine de Médicis, maréchal de France et duc de Retz, construira à Machecoul sept hectares de forteresse bastionnée. Henri de Navarre, futur Henri IV en fera le siège, mais sans succès. Le château est démantelé par Louis XIV à la fin du XVIIe siècle. Durant les guerres de Vendée en 1793, il fut occupé par Charrette, puis par les Républicains, le château sera incendié. 

 Éléments protégés MH : les éléments bâtis fortifiés subsistants des anciens château et place-forte : inscription par arrêté du 17 mars 2004. 

 château de Gilles de retz 44270 Machecoul 

 Téléphone : 02 40 78 50 42

 

Château de la Gascherie

La châtellenie de La Gascherie est la propriété de Jean de Lespervier, grand veneur du Duc François II, qui épousa la fille du trésorier Landais Le domaine devient ensuite la propriété de la famille de la Noue dont le fameux François de La Noue Bras de fer, compagnon d'Henri IV. En 1563, il passe aux calvinistes et devint une terre de refuge pour les protestants chassés de Nantes. Au XVIIe siècle, il passe aux Charette de la Collinière, famille qui donna plusieurs maires à Nantes. En 1775, la Gascherie est érigée en marquisat et vendue comme bien national durant la Révolution. De style fin gothique, pré Renaissance, l'édifice est rénové en 1880 par l'architecte de La Morandière et Dominique Noisette (paysagiste). Il a reçu des hôtes célèbres, "la Marguerite des Marguerites" (sœur de François 1er), la Duchesse de Berry lors de sa réception à Nantes en 1828. Le site abrite un club hippique aujourd'hui.

 Éléments protégés MH : les façades avec la loggia du pignon sud et les toitures du château ; les pièces d'apparat du rez-de-chaussée, dans l'aile ouest, le vestibule, la cuisine, dans l'aile est, le grand salon, la salle à manger, le billard; la chapelle ; le pigeonnier fin XIXe siècle ; la porterie et la grille de clôture : inscription par arrêté du 17 décembre 2001. 

 château de la Gascherie 44240 La Chapelle sur Erdre

 

Château de la Freudière

Le château de la Freudière construit initialement au 3e quart du XVIIIe siècle comme une « maison de campagne », il remplace un ancien manoir. Ses plans sont établis par l'architecte parisien Pierre Contant d'Ivry pour Julien Pépin de Belle-Isle, chef d'escadre des armées navales et chevalier de Saint-Louis, qui avait acquis le domaine en 1751. Ce premier château est entièrement détruit par un incendie en 1794, lors des guerres de Vendée, marquant une rupture dans son histoire architecturale. La reconstruction du château intervient probablement au début du XIXe siècle, sous l'impulsion de Jean-Baptiste Pépin de Belle-Isle, fils de Julien. Les travaux sont dirigés par l'architecte nantais Chagneau, donnant au monument son aspect actuel. Une restauration mineure est ensuite menée entre 1872 et 1874 par l'architecte Lenoir. L'histoire du château de la Freudière est étroitement liée à la famille Pépin de Belle-Isle, dont les membres ont marqué l'histoire navale française. Julien Pépin de Belle-Isle, notamment, est célébré pour son rôle de capitaine-corsaire et chef d'escadre, comme en témoigne l'ouvrage biographique qui lui est consacré. Le domaine illustre aussi les bouleversements de la Révolution française en Vendée, où de nombreux édifices ont été détruits ou endommagés pendant les conflits. Architecturalement, le château se compose d'un corps central flanqué de deux ailes de communs, typiques des résidences aristocratiques du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, le site reste un témoignage des transformations sociales et politiques de la région, depuis l'Ancien Régime jusqu'à la période contemporaine. 

 Éléments protégés MH : Façades et toitures du château et de ses deux ailes de communs : inscription par arrêté du 10 avril 1990 

 château de la Freudière 44118 La Chevrolière 

 

Château de l'Escuray

C'était probablement une motte féodale dans le haut Moyen-Age. En 1443, Jean du Cellier, Sénéchal, Président de la chambre des comptes de Bretagne, est le premier propriétaire connu de l'Escuray. A la fin du XVIe siècle, Renéde la Lande et Françoise de Mareil transforme le manoir breton en un château de la Renaissance bretonne, la façade est refaite vers 1610, on y ajoute quatre lucarnes de tuffeau. La famille La Bourdennaye, puis les Danguy de Vue et en 1668 les Espivent, riches négociants nantais, aménagent tour à tour le château. Pendant la bataille de Savenay, la Marquise de la Rochejaquelein est à l'Escurays, le château est abimé par les républicains. Vers 1911, il subit des transformations tout en laissant à la vieille demeure son style ; logis à aile en retour articulée autour d'une tour d'escalier hexagonale en vis; lucarnes à décors sculptés. Suite au décès du dernier héritier du château en 1993, la commune de Prinquiau rachète la propriété le 15 juin 1994. 

 Éléments protégés MH : l'ensemble du logis, y compris en particulier : l'assiette archéologique du logis proprement dit, l'emprise du jardin clos au sud, la probable motte féodale : inscription par arrêté du 22 décembre 1997. 

 château de l'Escuray 44260 Prinquiau 

 Téléphone : 08 99 10 23 99 

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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