
Ce château s'appelait jadis, en raison de sa position, le château de Grèves. Dès 1060, son seigneur était le chevalier Ingran de Pithiviers. En 1385, il appartenait à Gilles d'Echainvilliers, chambellan du roi, qui le transmit à son fils Jean. Celui-ci combattit à Azincourt en 1415 et fut fait prisonnier par Jean sans Peur. Les prisonniers furent libérés contre rançon. Réduit à la misère, il vendit sa seigneurie en 1430 à Guillaume Le Tur, procureur général au Parlement; son fils, Simon, conseiller au Parlement, mourut jeune et légua le château en 1450 à son fils Regnault, huissier d'armes de Louis XI. N'ayant pas d'enfant, la seigneurie des Grèves passa à sa petite nièce, Gilette Henequin, qui la porta en dot à François d'Amours, maître d'hôtel du Roi Charles VIII, puis de Louis XII. Leur fils, Gabriel d'Amours vendit les Grèves en 1528 à Belin de Magnard. Ses enfants revendirent la seigneurie à Louis de Grailly, sieur de Chalette, en 1598. Cette famille la garda jusqu'en 1676. A cette époque, le château fut acheté par Pierre de Marolles, brillant officier qui servit le Roi en France, en Italie et pendant la Fronde. Leur fils, Pierre II de Marolles, fut nommé Comte de Rocheplatte en 1724. C'est vers 1726 que le nouveau comte fit démolir la vieille forteresse et construire à sa place le château. Comme il mourut sans enfant, il légua son comté à sa cousine germaine, Jeanne de Sorcy, qui le légua à un cousin issu de germain du feu comte Pierre de Marolles: Philippe de Drouin de Bouville. Son fils, Florizel Louis de Drouin, comte de Rocheplatte, fut nommé, après la Révolution, maire d'Aulnay-la-Rivière. A la Restauration, en 1816, il fut nommé maire d'Orléans par Louis XVIII. En 1831, le château de Rocheplatte passa a son fils, Albert Florizel de Drouin, marié à Marie Adrienne de Crublier de Fougères. La comtesse de Rocheplatte transmit le château à sa fille, Luce de Monbel, qui devint Comtesse de la Rochefoucault d'Estissac, qui le transmit à son fils Xavier, puis à sa petite-fille Solange, épouse du prince Paul Murat. C'est aujourd'hui leur fils, le prince Louis Murat, qui, aidé de son épouse Isabelle d'Harcourt, nièce du Comte de Paris, a redonné vie et splendeur à cette demeure qui avait souffert de la dernière guerre.
Le château souvent détruit, reconstruit, remanié, est une belle bâtisse construite au bord du confluent des rivières de l’Œuf et de la Rimarde qui forment l'Essonne. Un pont dormant descendant vers la cour d'honneur est porté par trois arches en anse de panier. Le logis se compose d'un bâtiment rectangulaire situé au fond de la cour, prolongé de deux ailes en retour. Le rez-de-chaussée présente, au centre, un fronton Louis XV, triangulaire, supporté par deux larges pilastres. Ce fronton est surmonté d'un pavillon et d'une lucarne Napoléon III. L'intérieur conserve une rampe d'escalier en fer forgé d'époque Louis XV, provenant d'un hôtel particulier parisien. Un salon est orné de boiseries Louis XV, ainsi qu'une grande chambre au premier et à l'est. Un souterrain voûté, sur plan deux fois cruciforme, se trouve au milieu de l'avant-cour. Il se compose d'une nef centrale divisée en cinq travées sur croisées d'ogives, et de deux transepts, donnant un plan en croix de Lorraine. Un puits au sud, du côté des douves, devait servir d'entrée primitive.
Éléments protégés MH : les salles souterraines du XIIIe siècle, sous l'avant-cour : classement par arrêté du 30 octobre 1973. Les façades et les toitures, y compris celles des deux tourelles d'entrée ; les douves avec leur pont : inscription par arrêté du 30 octobre 1973.
château de Rocheplatte 45390 Aulnay-la-Rivière