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Château du Fresne

En mai 1283, Le Fresne apparaît dans l’histoire comme fief des comtes de Vendôme, sous le nom du Plessis-Godehoust. Le domaine passe à la famille de Montigny. Jacqueline de Montigny épouse Paul Chabot, baron de Clairvaux, qui rase l’ancien manoir et en construit un nouveau, vers 1550. En 1652, Marie Urbanne de Sainte-Marthe et son mari François de Caumartin construisent la belle grange à foin qui subsiste. En 1717, Joseph Legrand de Marizy, avocat au Parlement de Paris achète Le Fresne. Son fils François-Joseph construit le château, tel qu’on le voit aujourd’hui, de 1766 à 1770, sur les plans de l’architecte franc-comtois Anatole Amoudru. C’est une demeure au plan massé, à la fois élégante et sobre, structurée par les chaînages d’angles et la mise en valeur de l’avant-corps surmonté d’un fronton. Un haut toit à la Mansart couvre le bâtiment percé d’œils-de-bœuf (transformés plus tard en lucarnes). Deux pavillons encadrent le château: l’un consacré à la chapelle l’autre aux bains. L’avant-cour a conservé deux pavillons carrés des constructions précédentes. En 1806 revient en France un aventurier qui a fait sa fortune aux Indes et qui achète le domaine: Pierre Cuiller dit le général Perron (1753-1834). Pendant trente ans, il a offert ses qualités de commandement aux princes mahrattes du Nord de l’Inde au milieu des guerres franco-anglaises pour la domination du pays. Après avoir été généralissime du Grand Mogol (l’empereur qui siège à Delhi), il aspire à la tranquillité et s’installe dans sa nouvelle résidence jusqu’à sa mort avec ses deux enfants Madeleine (qui épouse Alfred de Montesquiou) Joseph, sa deuxième épouse et cinq nouveaux enfants. En mai 1872, on accueille de nouveaux châtelains: Roger de Brantes et Louise de Cessac (arrière-petite fille du général Perron): le château restera dans leur descendance. C’est ainsi que dans la chapelle, on célèbre, le 23 décembre 1952, le mariage de Valéry Giscard d’Estaing et de Anne-Aymone de Brantes. 

 Éléments protégés MH : le château, le pavillon latéral nord qui abrite la chapelle, la façades et toitures du pavillon latéral sud, des deux tours d'entrée et des deux pavillons d'entrée, les façades et toitures de l'orangerie, le sol de la cour d'honneur, les façades et toitures du bâtiment des communs, élevés sur caves, attenant à cet ensemble, le parterre à la française : classement par arrêté du 21 juillet 1961. La glacière du XVIIIe siècle, les façades et les toitures des deux constructions prolongeant les tours rondes de la cour d'honneur : inscription par arrêté du 5 mars 2007. 

 château du Fresne 41310 Authon

Château de Fougères sur Bièvre

Les propriétaires de Fougères ne sont bien connus qu’à partir du XIVe siècle. On trouve la famille de Faverois puis, par succession, les célèbres familles Refuge et Villebresmes. Le château actuel remonte à la fin du XVe siècle. En 1470, Pierre de Refuge, trésorier de Louis XI, obtint du roi l'autorisation de reconstruire le château qui avait été abattu en 1356 sur l'ordre d'Edouard III d'Angleterre, à l'exception du donjon. Pierre de Refuge, éleva la façade principale située au nord, l'aile ouest et commença les bâtiments du sud, qui furent terminés par son gendre. Les propriétaires suivants furent les Ruffié, marquis d’Effiat, les Lagrange et les Vidard qui vendent le château à René Lambot dont le père d’origine liégeoise avait déjà acheté la terre de Boissay sur la commune de Fougères en 1738. Sous l’Empire, en 1811, René Lambot y installe, avec l’aide des frères Montgolfier, une filature en détournant la Bièvre qui, passant par un "pont canal", permettait de faire tourner les métiers à tisser. Son fils, secrétaire général de la préfecture de Paris, sous-préfet de Saint-Calais puis de Romorantin, avait été nommé baron de Fougères par Charles X. À la fermeture de la filature, le château est converti en scierie, habité alors par plusieurs familles d’ouvriers. Classé en 1888, déclassé en 1912, reclassé en 1922, le château fut vendu à l’État en 1932. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, il devint dépôt annexe de Chambord, principal entrepôt du musée du Louvre, sous la direction de Pierre Schommer, conservateur en chef du Louvre. Dès mars 1939, il va abriter des œuvres venant des musées nationaux dont Cluny, Blérancourt, du musée Clemenceau à Mouilleron-en-Pareds ou du musée Pompon à Dijon, les vitraux de Seine-Maritime et même de collections privées juives, dans le plus grand secret. 

Le château de Fougères à fait l’objet d’une restauration exemplaire par Paul Robert Houdin, architecte en chef des monuments historiques, et Maurice Lotte, jusqu’en 1936. Pour la première fois il ne s’agissait pas d'augmenter, de surélever, d'interpréter, voire même de reconstruire, mais seulement de changer une pierre usée par une neuve ou une poutre cassée par une nouvelle, dans le même bois et chevillée à sa place primitive. La riche iconographie de Fougères est très révélatrice de ce respect des structures de la fin du Moyen Âge. La petite forteresse, obsolète dès sa construction, présente un plan presque carré dont les bâtiments s’articulent autour d’une cour intérieure. La tour barlongue du nord-est, est l’élément le plus ancien de cet ensemble disparate de constructions qui s’étagent sur les XVe et XVIe siècles. La façade nord, épaisse de 80 cm seulement, est une défense en trompe-l’œil avec ses deux tourelles encadrant l’ancien pont-levis. La grosse tour d’angle à l’ouest a gardé sa terrasse en lourdes dalles de pierres d’origine, puis a été recouverte d’une spectaculaire charpente sur trois étages au XVIe siècle. Ensuite viennent les logis du tout début XVIe siècle, avec un escalier en vis dans une tour hors œuvre à pan coupés et un autre un peu plus large entièrement intégré dans la construction, enfin le grand logis. Le raccord à l’est avec l’ancien "donjon" se fait par une galerie du début XVIe siècle, avec cinq arcades en anse de panier, comme aux châteaux de Blois, de Talcy ou à l’hôtel d’Alluy. Elle est coiffée d’une charpente en carène renversée dont la plus grande partie des pièces de bois porte encore les marques des charpentiers du début XVIe siècle. Il faut noter l’extraordinaire décor de la porte d’angle de la cour présentant deux militaires combattant, revêtus de cuirasse en feuillage. Château de la Loire atypique, archaïque dans sa conception, préservé dans son architecture d’origine, restauré au XXe siècle dans le strict respect de son passé, Fougères-sur-Bièvre vaut largement la visite. 

 Éléments protégés MH : le château de Fougères sur Bièvre en totalité: classement par arrêté du 14 septembre 1912. 

 château de Fougères sur Bièvre 41120 Fougères-sur-Bièvre 

 Téléphone : 02 54 20 27 18 

Château des Forges

Le château des Forges a été construit, hors de l’enceinte fortifiée du bourg, à côté de l’ancienne église paroissiale Saint-Lubin (rattachée au domaine depuis 1791) par Jacques Lebordier, en 1510, dont la porte d’entrée porte les armes. L'édifice comprend un corps de bâtiment accolé à une grosse tour hexagonale, avec chemin de ronde porté par un mâchicoulis, coiffée d’une haute toiture à quatre pans. Une tourelle d’escalier crénelée, à toit en poivrière permet d’accéder aux étages. Attenante à la tour, à l’est, un bâtiment du XIXe siècle a été ajouté. Derrière se trouve la cour des communs, le colombier et l’entrée actuelle. Le château se trouve au milieu d’un agréable parc, entouré de murs, arrosé par le ru de Rosay et la Tronne de Diziers. En 1566-67, le domaine est décrit ainsi: "salle, cuisine, cave, chambres haultes et greniers, cours, estables tant la haulte cour qu’en basse cour, coulombier à pattes, et droict de fuye à icelluy, ung pressoir, cuves et ustancilles y estant, jardins, vivier, aulnoys de haulte futaye, le tout en ung tenant". La propriété passe entre les mains de Jean du Pré, avocat au Parlement de Paris et parent des du Pré, seigneurs de Chastulé (Saint-Lubin-en-Vergonnois). La petite fille de Jean du Pré, Marie de Vimeur, vend Les Forges, les moulins de Guignedame et de Choiseau à Pierre Louis Leblond. Sa veuve vend, en 1660 à Étienne de Vernaison, dont la famille conserve le domaine jusqu’en 1780. Marie-Jeanne Bouvier de La Mothe, dame de Diziers (Madame Guyon, quiétiste) exilée loin de Paris, s’y trouve en septembre 1703, avant de s’établir à Blois. Au XXe siècle, les Gaudart d’Allaines sont propriétaires, dont les deux plus illustres représentants sont la princesse Tsserclaess, en 1914 et le professeur François de Gaudart d’Allaines, membre de l’Institut en 1958. 

 Éléments protégés MH : le corps de bâtiment central, la tourelle polygonale et l'ouverture murée avec fronton voisin de cette tourelle: inscription par arrêté du 4 octobre 1946. 

 château des Forges 41500 Suèvres

 

Château de La Ferté Imbault

Le château de La Ferté-Imbault bénéficie d’une position topographique avantageuse qui explique l’occupation ancienne du site. Sur une éminence structurée en trois terrasses maçonnées, sises à quelque distance de la Sauldre qui se divise à cet endroit en plusieurs canaux alimentant des moulins sur pilotis, il subsiste du vieux château des comtes de Blois les bases de deux tours englobées dans les constructions des XVIe et XVIIe siècles, et une grande salle expliquant la base à arcade sur laquelle repose la façade sud que l’on découvre depuis le village. Au milieu du XVe siècle, le château échoit à la famille d’Étampes, qui s’est d’abord distinguée dans l’entourage proche du duc Jean de Berry à Bourges, et connaît à partir des années 1450 et jusqu’à la fin de XVIIe siècle, une ascension continue vers les plus hautes positions de l’Église et de l’État monarchique. La Ferté-Imbault revient à la branche aînée, la branche cadette s’établissant à Valençay. Du début du XVIe siècle subsiste la façade Est rythmée de baies encadrées de pilastres à motifs de candélabres et de profils à l’antique dans des médaillons. L’incendie de 1562 est suivi d’une vaste période de reconstruction dont témoigne l’édifice actuel. C’est Jacques d’Étampes, ambassadeur de France en Angleterre (1641), maréchal de camp (1651) et capitaine des gardes de Gaston d'Orléans, et son épouse Catherine-Blanche de Choiseul-Praslin, qui font moderniser entre 1627 et 1668 le château et ses dépendances mais en conservant ce qu’il était possible de réutiliser des périodes antérieures. La terre de La Ferté-Imbault est élevée au rang de marquisat le 5 janvier 1651.

Construit en brique et pierre de taille, couvert en ardoises avec ses cours et avant-cour bordées d’imposants communs, ses grilles, ses douves en eau vives mais aussi ses jardins d’agrément, dont l’un abritait une orangerie, son potager, son parc percé d’allées, il compte parmi les plus importants châteaux de Sologne. Le logis, qui occupe le fond de la terrasse supérieure, adopte un plan centré se développant à l’arrière d’une façade principale campée par deux tours octogones de part et d’autre d’une tour d’escalier barlongue couronnée d’un toit à l’impériale, parti d’une grande originalité qui ne Va pas sans évoquer le souvenir du château de Madrid que François 1er fit bâtir au bois de Boulogne à son retour de captivité. Concernant les décors intérieurs, il subsiste de la période Étampes d’intéressants plafonds à la française et des fragments de lambris cohérents avec la voûte lambrissée et l’autel de la chapelle Saint-Taurin, où Catherine de Choiseul-Praslin fit déposer le cœur de son époux, comme le commémore une belle épitaphe de marbre. Ce corps d’habitation était à l’origine accosté de deux ailes aujourd’hui disparues, qui joignaient deux pavillons à l’avant. Ceux-ci subsistent en partie, le pavillon sud conserve même une partie des enduits fausses briques d’origine sur ses voûtes intérieures, mais ont été passablement modifiés au niveau des toitures. Un pont-levis permettait de franchir les douves en eau ponctuées de quatre échauguettes couvertes à l’impérial cantonnant la terrasse inférieure. Les deux corps de communs monumentaux qui accostent l’avant-cour étaient dédiés à l’hébergement des chevaux de la compagnie du maréchal (à l’est) et au fourrage (à l’ouest). Le XVIIIe siècle est marqué par les séjours du dernier marquis, Philippe-Charles d’Étampes (mort en 1737) et de son épouse, Marie-Thérèse, fille de Madame Geoffrin et reine des Lanturelus, confrérie de beaux esprits qui animent quelquefois le domaine. Après 1824, l’intervention de l’anglais William Lee donne au château la curieuse silhouette matinée de gout néo-gothique que l’on découvre aujourd’hui depuis la route traversant le village. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; les terrasses avec les échauguettes qui les cantonnent ; les douves avec le pont qui les enjambe ; les deux pavillons latéraux sur la première terrasse ; les deux corps de communs bordant l'avant-cour : inscription par arrêté du 7 avril 1989.

 château de la Ferté Imbault 41300 La Ferté Imbault 

 Téléphone : 02 54 96 12 12 / 06 27 44 16 44 

 

Château de l'Etoile

Sur les bases d’un ancien prieuré de l’abbaye de Marmoutier, Geoffroy Grisegonnelle, comte de Vendôme fonde, en 1130, une abbaye dans le vallon du Rondy, qu’il confie aux bénédictins prémontrés. Conformément à leurs valeurs, ces moines déploient dans leur église abbatiale de quatre travées se terminant par une abside à absidioles, un décor particulièrement austère, n’utilisant ni chapiteaux ni colonnettes. En 1766, une déclaration des religieux détaille les bâtiments de l’abbaye: église, sacristie, réfectoire, dortoir, chauffoir, cuisine, salle des hôtes, infirmerie, vestiaire. À la veille de la Révolution, trois moines seulement y vivent et pendant la Révolution les bâtiments sont vendus comme Bien national en 1792. Legrand de Marisy, propriétaire du Fresne l'achète. Le domaine passe ensuite à Jacques Perron, fils du général Cuillier-Perron, missionnaire en Amérique, qui le cède à sa sœur Anne-Charlotte Cuillier qui avait épousé le comte Frédéric de La Rochefoucauld. C’est lui qui détruit une bonne partie des bâtiments conventuels et qui fait construire le château actuel, en 1851. L'architecte Phidias Vestier mêle dans une construction au plan massé, les styles Louis XIII et troubadour de façon très éclectique. L'église privée de ses collatéraux sert de communs et de chapelle domestique. La famille Giscard d’Estaing a acquis le domaine au XXe siècle. 

 Éléments protégés MH : l'ancienne église abbatiale : inscription par arrêté du 27 août 1953. Les vestiges de l'abbaye, les sols et les aménagements hydrauliques avec le vivier ; les façades et toitures du bâtiment conventuel ; les façades et toitures de la boulangerie ; les façades et toitures du château de l'architecte Phidias Vestier : inscription par arrêté du 11 septembre 2006. 

 château de l'Etoile 41310 Authon

 

Château de Droué

L'édification du château a été réalisée par Isaac du Raynier. Issu d’une famille piémontaise fixée à Droué à la fin du XVe siècle, Isaac du Raynier fut l’un des proches compagnons de combat du futur Henri IV à la fin des guerres de Religion. Devenu en 1617 premier capitaine au régiment des gardes, puis maréchal de camp en 1640 avec une pension considérable, il mourut quelques années plus tard, Conseiller d’État et gentilhomme de la Chambre du Roi. Il avait demandé l’autorisation de reconstruire son château à Henri IV qui lui avait répondu: "Mon cher comte, je te connais. J'espère que la construction que tu fais sera pour moi et non pas contre moi". Le château passa ensuite entre les mains des familles de Mauny (1697), de Brancas (1763), de Colbert, de Fiennes, d’Étampes, Moreau de Faverney, Jameson (1855), Lescuyer d’Attainville, (1869), de Montlaur, Viron, et connut des fortunes diverses avant qu’émue par son abandon, notre famille ne décidât très imprudemment de lui redonner vie et lustre.

Le château "brique et pierre", aux masses très marquées, se compose aujourd’hui d’un corps de logis central, simple en profondeur, et d’un pavillon saillant. Le château, autrefois implanté sur une plate-forme entourée de fossés d’eau, ne conserve que sur la façade principale un important fossé que l’on franchit par l’intermédiaire d’un pont dormant. L’animation des façades est assurée par le jeu des briques et des pierres et pour le pavillon par les bossages et chaînes d’angle harpées en pierre. Seul le soubassement et le corps de moulure qui le sépare du rez-de-chaussée unifient l’ensemble du bâtiment. Quant à la distribution intérieure d’origine, il est assez difficile de la restituer après les travaux réalisés par Monsieur Jameson (1855-1869), puis par la famille d’Attainville. En revanche, l’escalier monumental a conservé son emplacement. De même pour le niveau semi-enterré des offices où les cloisonnements n’ont pas altéré les volumes et ont conservé les enduits de fausses briques. En contrepartie, l’homogénéité et la qualité de certains décors du milieu composent une évocation séduisante de la vision du XVIIe siècle au XIXe siècle. 

 Éléments protégés MH : l'e'emprise du château, y compris les anciens fossés du château médiéval ; les façades et les toitures des communs (grange, pavillon du XVIIe siècle, pigeonnier, poulailler, chenils, petite longère, écuries, grande longère) : inscription par arrêté du 13 septembre 2004. 

Le château en totalité : classement par arrêté du 27 décembre 2007. 

 château de Droué 41270 Droué 

 Téléphone : 01 39 55 89 52 / 06 12 29 43 43

 

Château de Diziers

C'est un grand domaine seigneurial, dont le colombier découronné de 1 150 boulins se trouve dans l’angle nord-ouest du parc, à l’écart des grandes routes et du bourg de Suèvres, qui a gardé fière allure, Diziers nous replonge dans l’atmosphère des fières forteresses médiévales avec hautes tours, courtine crénelée plongeant ses bases dans des douves profondes, alimentées par des sources abondantes qui alimentaient autrefois le grand moulin de Diziers. La forteresse de Diziers appartient à Marguerite de Beauvilliers en 1431, puis à la famille de Sainctré au moins jusqu’en 1530. Jacqueline de Ronsard, tante du poète, avait épousé Renaud de Sainctré. En 1660, le seigneur de Dangeau vend Diziers à François Lemaire, seigneur de Villeromard, conseiller du roi, trésorier général de l’extraordinaire des guerres et cavalerie légère, capitaine des chasses du duché d'Orléans et comté de Beaugency succède aux Sainctré jusqu’à l’achat par les Guyon. De cette époque, subsiste toute l’aile est des XVe et XVIe siècles composée de deux grosses tours rondes aux angles (il y en avait quatre), reliées entre elles par une courtine crénelée. On y accédait que par des ponts-levis (remplacés par des ponts dormants). Marie-Jeanne Bouvier de La Mothe (appelée Madame Guyon) épouse Jacques Guyon, seigneur de Chenoys et de Champoulet. Madame Guyon, célèbre mystique, est embastillée pour quiétisme: elle avait publié en 1685 Le moyen court et facile pour l’oraison que tous peuvent pratiquer aisément. En 1695 et 1698, elle est assignée en résidence, chez son fils, à Diziers, soit à Courbouzon, soit au château des Forges de Suèvres ou à Blois où elle meurt, en 1717. En effet, son fils Armand-Jacques Guyon, avait acquis Diziers en 1696.

Jacques-Madeleine Guyon, marquis de Guercheville est seigneur de Diziers, capitaine du régiment d’Apchon-dragons. Les Guyon ont cherché à mettre la demeure au goût du jour et ont construit sur des bases médiévales le bâtiment du XVIIIe siècle, au fond de la cour d’honneur, perpendiculaire aux fortifications médiévales. Cette élégante façade de style Louis XV possède un avant-corps central, bordé par une terrasse à laquelle on accède par un perron. La famille joue son rôle dans la vie locale: Pierre Amaury François Guyon de Guercheville est choisi comme parrain de la grosse cloche de l’église Saint-Christophe, en 1805, Édouard Jacques devient maire de sa commune de 1813 à 1816. De 1815 à 1850, la famille Vaissière de Saint-Martin possède le domaine (à Blois, elle s’installe dans l’hôtel particulier au 2 rue Porte-Clos-Haut, qui devint évêché de Blois en 1906). Lydie, héritière de Diziers, épouse le 7 mars 1850 le capitaine Anatole Léopold Auguste de Villardi, comte de Montlaur (1822-1903). Après avoir servi son pays pendant onze années, il démissionne en 1851, pour s’occuper de son domaine. Il gagna une célébrité méritée pendant de la Guerre de 1870. À la tête de la Garde nationale mobile puis du 75e régiment de Mobiles, il est grièvement blessé et promu chevalier de la Légion d'Honneur en 1871. Le colonel-marquis de Montlaur fait ajouter la chapelle sur le troisième côté de la cour d’honneur et sur le pignon de laquelle, il fait sculpter ses grandes armes, une orangerie et de grandes écuries.

 Éléments protégés MH : l'aile droite avec ses deux tours : inscription par arrêté du 17 juillet 1946.

 château de Diziers 41500 Suèvres 

 

Château des Diorières

La terre des Diorières fut érigée en fief en 1532 par les évêques de Chartres au profit de Guillaume Guiobe. François Allard lui succède vers 1565. La seigneurie est ensuite vendue, en 1584, à Théodore des Ligneris issu d’une famille noble de la Beauce Chartraine. Ses héritiers n'arrivent pas à s’entendre et s’ensuit une série de procès qui débouchent en 1714 sur la vente à Monsieur Fournier d’Yzame de Villefort de Monjeu, marquis d’Haussy qui construit un nouveau château. En 1754, il est acheté par Louis-Anne d’Esme seigneur de Rougemont puis apparaissent les familles Guéau de Gravelle de Rouvray, Parat-Chalandray, anciens fermiers généraux, Seurat de Guilleville, Crignon de Mérainville et Meckenheim. Au XVIe siècle, le vieux manoir était entouré d’une enceinte rectangulaire et de douves avec une tour à chaque angle. Le château actuel, construit en 1737, a conservé les tours de la chapelle et le pigeonnier. En revanche, le pont-levis a été supprimé et le fossé de la façade comblé. Les fossés de défense primitifs sont encore visibles. Le château des Diorières se compose actuellement d’un long bâtiment à neuf travées coiffé d’un toit à quatre versants. La partie centrale, en légère saillie est surmontée d’un fronton. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et des deux tours subsistantes de l'ancien chateau et les douves : inscription par arrêté du 30 juillet 1980. 

 château des Diorières 41270 Chauvigny-du-Perche

 

Château de Courtozé

L'histoire de Courtozé remonte au début du XIe siècle (1033) quand les moines de La Trinité de Vendôme fondent un de leurs plus importants prieurés. Il faut arriver au XVe siècle pour trouver une suite ininterrompue de prévôts dont Etienne de Lorreste (1446) jusqu’à François-Louis du Bouchet (1787). Ce dernier, malgré les exactions commises contre le clergé au moment la Révolution, réussit à conserver la jouissance du prieuré grâce à un bail emphytéotique. Au XVe siècle, le domaine comprenait un "hostel avec métairie" auquel s’ajoutera au siècle suivant le moulin de Courtozé. L'ancien logis qui surplombait le val fut reconstruit vers 1863 par Charles-Edouard Croué, négociant. Le château est construit de brique avec parement de pierre blanche au chaînage et au pourtour des ouvrants. Le corps de bâtiment principal est élevé sur deux niveaux avec une couverture de style Mansart qui supporte deux élégantes lucarnes. Ce massif est encadré de deux pavillons de même facture qui donne à l’ensemble un air majestueux. Les importantes dépendances, dont une chapelle et des écuries, sont en partie troglodytes. Et à la place de l’ancien manoir, a été érigé un grand bâtiment qui déséquilibre un peu le site. Vers 1880, la propriété est pourvue d’un remarquable système hydraulique inventé par l’entreprise Bollée qui fait remonter l’eau, captée dans le Boulon, près du moulin en contrebas.

 Éléments protégés MH : la porte XIIIe siècle : inscription par arrêté du 28 janvier 1993. 

 château de Courtozé 41100 Azé

   

Château de Cour-sur-Loire

Le château est situé dans un des panoramas ligériens les plus exceptionnels entre Tours et Orléans. Son histoire est particulièrement riche. Il est attesté dès 1352 (et probablement plus ancien). Jacques 1er Hurault de Cheverny, trésorier de France, seigneur de Vibraye, Veuil, acquiert le fief en 1492 et fait reconstruire le château ainsi que l’église adjacente. Il s’agit de la partie centrale dont la façade vers la Loire très sobre, se termine par quatre grandes lucarnes de pierre dont les rampants sont ornés de crochets de feuillage. La façade arrière contient une tourelle octogone hors œuvre destinée à l’escalier. Un peu après, on prolonge ce bâtiment sur la même élévation. Les Hurault conservent la propriété jusqu’en 1647. Louis-Henri de Rostaing, seigneur de Bury, Onzain, et sa sœur le gardent peu de temps, pour le vendre à une deuxième famille d’origine locale: les Charron de Menars, en 1671, qui conservent ce domaine pendant 90 ans. En même temps que Menars, le château de Cour passe pendant quatre ans à Antoinette Poisson, marquise de Pompadour puis à son frère, le marquis de Marigny. En 1798, c’est Félicité Clerval de Passy, actrice, lectrice de l’archiduchesse Marie-Antoinette, à Vienne, qui l’achète. Elle y meurt en 1806 et laisse le manoir à son frère l’acteur Fleury, qui y écrit ses Mémoires. En 1829, Madame de Bellemare et la comtesse Octavie de Flers, sa nièce s’y installent et s’engagent dans des travaux importants pour donner au château son aspect actuel: les communs sont rasés, deux tours symétriques prennent place aux deux extrémités de la façade nord. Il s’agit aussi d’une aile nouvelle dans le prolongement du corps de logis principal, suppression des jardins à la française et construction de la chapelle (1832-34). Le marquis Robert de Flers (1872-1927), de l’Académie Française, collabore avec Gaston Arman de Caillavet pour écrire de nombreuses comédies comme le livret de Ciboulette.

 Éléments protégés MH : l'ensemble des façades et des toitures du château ; la façade est d'une maison du XVIe siècle (ancienne dépendance du château) : inscription par arrêté du 10 octobre 1961. Le parc du château et ses murs de clôture ; les façades et les toitures de la maison vigneronne, ancienne dépendance du château : inscription par arrêté du 8 septembre 1993. 

 château de Cour-sur-Loire 41500 Cour-sur-Loire 

 Téléphone : 02 54 72 40 05

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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