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Château de Huillé

Posé dans la douceur verdoyante du bocage angevin, le château de Huillé est l'un de ces édifices discrets qui condensent en eux l'essentiel de l'histoire provinciale française. Loin des itinéraires touristiques balisés, il offre au visiteur attentif une lecture presque stratigraphique de l'architecture seigneuriale : chaque façade, chaque tour, chaque ouverture trahit une époque, une ambition ou un goût différent. Ce qui rend ce château véritablement singulier, c'est la superposition lisible de ses campagnes de construction, du massif donjon primitif aux élégantes fenêtres à meneaux héritées de la fin du Moyen Âge, jusqu'aux sobres corps de logis du XVIIe et du XVIIIe siècle qui lui confèrent sa silhouette actuelle. L'ensemble ne cherche pas le spectaculaire ; il incarne plutôt cette manière angevine de bâtir avec raison et durée, en utilisant le tuffeau blond extrait des carrières voisines de la Loire. L'expérience de visite est celle d'un site intimiste, où le silence des douves et la hauteur des communs invitent à la contemplation. Les amateurs d'architecture médiévale y décèleront les vestiges d'un plan défensif caractéristique du XIIIe siècle angevin, tandis que les passionnés d'histoire moderne apprécieront les transformations qui reflètent l'ascension sociale de familles bourgeoises et nobiliaires locales sous l'Ancien Régime. 

 Éléments protégés MH : Façades et toitures : inscription par arrêté du 7 avril 1975 

 Château de Huillé 49430 Huillé-Lézigné

 

Château de la Haute Guerche

La seigneurie, attestée dès le début du XIIIe siècle, appartenait à la famille de Savonnière avant de devenir, au début du XVe siècle, la propriété des seigneurs de la Jumellière. Né vers 1389, Guillaume de la Jumellière était seigneur de la Haute Guerche, de Martigné Briand et de Blaison. Capitaine au château de Beaufort en Vallée, il fut l’un des premiers membres de l’ordre du Croissant, créé par René d’Anjou en 1448. Son fils Lépart, né vers 1411, résidait au château en 1452 et 1461. Il eut pour fils René de la Jumellière, conseiller et chambellan du Roi, commanditaire, vers 1503 au maître d’oeuvre Pierre Péret, de la partie centrale du château de Martigné Briand. À sa mort vers 1519, la seigneurie échut par héritage à la famille de Goulaines qui la vendit en 1635 aux Barrin de la Galissonnière. Il est incendié en 1793, sur l’ordre de Vial, maire de Chalonnes, et fut vendu comme bien national quatre ans plus tard.

 Le site se divisait en deux parties : une haute cour indépendante, fermée de courtines et entourée de fossés secs au nord-est et une basse-cour incluant des communs et une chapelle. Le logis seigneurial s’organisait en L autour de la haute cour. Les trois étages, éclairés côté Layon par de larges croisées en tuffeau munies de coussièges, chauffés par des cheminées, formaient les étages nobles. Quatre tours rodes, dont deux seulement sont encore en élévation, flanquaient les angles de la haute cour. Très ruiné, le château présente encore deux enceintes fortifiées : dans la haute-cour s’élève le donjon carré du XIIIe siècle, renforcé au XVe siècle par quatre tours circulaires (trois subsistent) et flanqué d’un escalier de la même période. La basse-cour, dont l’entrée est contrôlée par un corps de garde à échauguettes du XVIe siècle, possède les vestiges d’une chapelle castrale du XIVe siècle et un grenier à céréales du XVe siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de la chapelle et de l'ancien grenier d'abondance ainsi que les ruines du château: inscription par arrêté du 18 mai 1971. 

 château de la Haute Guerche 49190 Saint-Aubin-de-Luigné 

 Téléphone : 06 63 64 80 11 

 

Château du Hardas

Château construit aux XVe et XVIe siècles. Des reprises ont été effectuées au XVIIe siècle et au XIXe siècle. Les parties agricoles datent du XIXe siècle. Du nord au sud, le château est constitué d'une succession de quatre corps de bâtiments, il est flanqué aux angles nord-ouest et sud-est de deux tours rondes. La tour nord, couverte par un dôme et sommée d'un lanternon, comporte une corniche à modillons, à l'intérieur fut installé au XXe siècle un escalier tournant métallique. Sur la face est, le pavillon central auquel est accolé, au nord, un pavillon plus étroit comprenant un escalier à vis dans oeuvre. Le gros-oeuvre des constructions est en moellons de grès, les lucarnes, l'entourage des baies et les corniches sont en pierre de taille de tuffeau. Les lucarnes sont amorties de frontons-pignons, à rampants festonnés, sur lesquels sont inscrites des armoiries martelées, illisibles. Les baies de la face est sont encadrées par des chambranles à crossettes ; celles de la face ouest disposent de pilastres cannelés ioniques, longs et étroits. On trouve au sud est un petit pavillon ouvrant sur le jardin. Les parties agricoles sont couvertes par des toitures à longs pans, l'étable présente sur sa face sud une lucarne-pignon.

 Éléments protégés MH : les bâtiments constituant le manoir à savoir le corps de logis avec les bâtiments et les tours le prolongeant, le pavillon isolé ; les façades et les toitures du corps de logis principal et du pavillon isolé ; la parcelle correspondant à l'emprise du château et de son ancienne cour d'honneur : classement par arrêté du 7 février 1994 

 château du Hardas 49500 Louvaines 

 Téléphone : 06 89 02 06 90

Château de la Hamonnière

Le château doit son nom à Messire Antoine Hamon, qui était seigneur en 1408. Le corps central, datant de la première moitié du XVe siècle, comporte une tourelle à pans coupés pour l'escalier. Une grande toiture, aussi haute que la façade, est égayée de hautes lucarnes à grands pignons aigus. Au XVe siècle, l'édifice se vit adjoindre un prolongement vers l'ouest et un pavillon d'angle ou donjon de plaisance, de trois étages dans le style renaissance. Il passe fin XVe siècle à la famille Legay. Jean Legay fonda le 29 janvier 1509 une chapelle en l’honneur de Notre-Dame. La dame Claude Leroux, veuve d’Antoine Legay, obtint le 2 février 1595 des lettres patentes, qui lui accordaient tous les droits de prééminence dans l’église, cession confirmée par lettres nouvelles du 26 août 1596 à l’encontre de l’opposition du prieur de Champigné et du seigneur de Charnacé. Ce serait là l’origine d’une légende qui raconte que le Roi Henri avait donné la terre à une jeune fille du pays qu’il aurait aimée. 

 Éléments protégés MH : le château de la Hamonnière (intérieurs et extérieurs) : classement par arrêté du 2 février 1949. 

 château de la Hamonnière 49330 Champigné 

 Téléphone : 02 41 42 01 38

   

Château de la Grézille

Le château est édifié au XVe siècle par la famille de la Grézille, qui donne son nom au site. La seigneurie passe ensuite, par alliance, aux comtes de Vihiers. Les bâtiments, construits et remaniés entre le XVe et le XVIIe siècle, associent des éléments défensifs (enceinte, douves) à des aménagements résidentiels. La tourelle d’escalier à pans coupés est le principal vestige conservé. L’ensemble comprend également un édifice religieux associé, situé à proximité immédiate du château, qui fait partie du même périmètre historique et patrimonial. À partir du XVIIIe siècle, le château est progressivement abandonné. Au XIXe siècle, une grande partie des bâtiments est démantelée et utilisée comme carrière de pierres, entraînant la disparition du corps de logis. Aujourd’hui, le site conserve des vestiges significatifs : tourelle, fragments de murs, douves, emprise au sol du château, ainsi que l’édifice religieux associé. 

 Éléments protégés MH : Les façades et les toitures du château font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 5 avril 1988. L'église, la partie ruinée avec la tourelle d'escalier, les douves et le sol font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 24 janvier 1992 

 château de la Grézille 49003 Ambillou-Château

 

Château de la Grandière

Le château est bâti sur un terre plein de forme trapézoïdale entouré de douves. Il est reconstruit au XVIIIe siècle et occupe l'emplacement du manoir fortifié de la Giraudière dont il subsiste les douves entourant le terre plein et le châtelet d'entrée, le nom de la Grandière est attesté dès le XIIIe siècle. Dès 1706 la chapelle de la Grandière est transférée à la Giraudière qui prend le nom de Grandière. Le château de la Giraudière a été détruit en 1787. La construction du nouveau château est interrompue par la Révolution et ne fut habité qu'au milieu du XIXe siècle. Les plans du XVIIIe siècle, conservés, ont été dans l'ensemble respectés. Après 1812, destruction d'une aile accolée au châtelet d'entrée et celle d'un autre bâtiment àl'ouest du château, remplacé par la maison du garde. Une écurie a été bâtie à l'est de la plate-forme. Les bâtiments de ferme sont construits à partir de 1895 par l'architecte Dubos.

 Le château est construit sur un terre-plein de forme trapézoïdale entouré de douves. Exposé nord-sud, de plan rectangulaire et doté d'un avant-corps central, il ouvre au sud sur la cour d'honneur et se compose d'un rez-de-chaussée surélevé, d'un étage carré et d'un étage de comble. La façade est composée de neuf travées : la travée centrale est constituée d'un avant-corps orné d'un bossage continu en pierre de taille de tuffeau et doté de deux baies cintrées. L'horizontalité de la façade est marquée par le bandeau qui souligne le premier étage et par la corniche. Les fenêtres rectangulaires sont encadrées de pierres de taille de tuffeau harpées. Les lucarnes sont dotées de frontons triangulaires. La façade postérieure est également organisée selon neuf travées, la travée centrale se distinguant par un léger ressaut et un fronton triangulaire doté d'un oculus. A l'intérieur, de part et d'autre du vestibule et du grand escalier, sont disposées les pièces de réception, à droite, la salle à manger et la bibliothèque, à gauche deux salons. Les cuisines et cellier sont en sous-sol. Le châtelet d'entrée se compose d'un corps de logis central dont les angles extérieurs sont garnis de tours rondes baignant dans les douves. La porte charretière en plein-cintre est cantonnée de deux contreforts qui, autrefois, servaient de cadre aux rainures du pont-levis ; au rez-de-chaussée, le passage couvert donne accès à la cour d'honneur et aux tours et à la tourelle d'escalier en vis. Au premier étage, une grande salle est dotée d'une cheminée en pierre (non vue). Les façades extérieures ont été modifiées au 18e siècle ; les couvertures des tours avec lanternons datent de cette époque. Au 19e siècle, les ouvertures ont été agrandies et un enduit cache les parements en schiste, autrefois apparents. Les défenses consistaient en meurtrières horizontales à canonnières. Les lucarnes à traverses et meneaux en pierre sont ornées des armes de la famille Grandière (d'azur au lion rampant d'argent, armé, lampassé et couronné d'or) Jourdan (d'argent à la fasce de gueules accompagnée de trois roses de même, deux en chef et une en pointe). Les bâtiments de la ferme (logement, séchoir à tabac, cellier avec pressoir, volaillerie, toits à porcs) présentent des encadrements en brique. Les fermes de la Salle Verte, de la Cheminée et de la Grandière (étudiée) , situées à proximité du château en dépendaient.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et du châtelet, l'escalier intérieur avec sa rampe en fer forgé, les douves : inscription par arrêté du 19 décembre 1973. 

 château de la Grandière 49220 Grez Neuville 

 

Château du Grand Riou

Le château est un édifice de la seconde moitié du XVe siècle, construit en deux campagnes très proches. Il se compose d'une grande enceinte rectangulaire et était accompagné au XVIIIe d'un parc enclos de murs. Incendié en 1792, il est demeuré depuis à l'état de ruines. De l'enceinte, subsiste la majeure partie de la courtine nord, une partie de la courtine ouest et la tour d'angle sud-ouest qui abrite un pigeonnier. La courtine Est constitue la façade du corps de logis, ce corps de bâtiment, à plan en équerre, possède une tour d'escalier à vis dans oeuvre flanqué d'une tourelle secondaire. Il ne reste rien des aménagements intérieurs, les planchers s'étant effondrés. 

 Éléments protégés MH : les ruines subsistantes du corps de logis en totalité, les vestiges des murs d'enceinte et des tours nord-est et nord-ouest, la tour sud-ouest en totalité, la tour isolée : inscription par arrêté du 19 mai 1988. 

 château du Grand Riou 49540 Tigné

 

Château de Gonnord

Un château existait depuis le XIe siècle à cet emplacement, mais il a été pillé et détruit pendant la Guerre de Cent Ans. Il fut reconstruit sur un plan carré, avec de hautes tours, à partir du XVe siècle. Plusieurs familles s'y succédèrent : les du Bellay ; les Cossé-Brissac, dont Artus de Cossé-Brissac (qui y meurt en 1582) ; les La Forest d'Armaillé. Le château est de nouveau détruit lors des guerres de religion. En 1575, Artus de Cossé-Brissac entreprend sa reconstruction dans le style Renaissance italienne. Il aménage la cour avec des arcades, dont l'une est surmontée de la devise des Cossé : « Avecque le temps… » Charles IX y passe en octobre 1565 et son dernier frère le duc d'Anjou, en 1580. Henri IV y séjourne également en 1589. La gestion du château était confiée à un receveur fiscal, poste occupé pendant des générations par les Dudoyer : Joseph en 1704, puis son fils Joseph et son petit-fils Étienne, le beau-père de l'armateur Jean Peltier Dudoyer. Lors des guerres de Vendée, le château, incendié à deux reprises, n'est pas reconstruit. Au XIXe siècle, il est en ruines ; on vient s'y servir en pierres, et seule la façade sud est encore debout. 

 Éléments protégés MH : Château de Gonnord (restes) : inscription par arrêté du 6 juin 1926 

 château de Gonnord 49670 Chemillé-en-Anjou

   

Château de Gilles de Rays

Un premier château avait été construit au Xe siècle. En 1080, il fut transformé en église et redevint un château par la suite. Au Moyen-âge, il fut la première place forte de la région sur la rive droite de la Loire. Ce château a appartenu à Gilles de Rais, seigneur qui possédait de nombreuses propriétés en Bretagne et en Anjou. Il fut compagnon d’armes de Jeanne d’Arc et obtint le titre de Maréchal de France en 1429. Exécuté à Nantes pour meurtres et sorcellerie. Le château connut trois phases de construction, au XIIIe siècle : l’enceinte s’adaptait alors au terrain rocheux, il ne subsiste de cette période que quelques vestiges d’archères. Au XVe siècle, il fut fortifié à l’initiative des ducs de Bretagne, les transformations eurent pour objectif d’adapter le château aux nouvelles armes. Au XVIe siècle, il prend un caractère plus élégant avec ses bandeaux de tuffeau. Il fut détruit au XVIIIe siècle. Il ne subsiste aujourd'hui qu'une tour fendue et des escaliers intérieurs. 

 Éléments protégés MH : le château de Gilles de Rays dit Barbe Bleue (restes) : inscription par arrêté du 16 juin 1926. 

 château de Gilles de Rais 49123 Champtocé sur Loire 

 Téléphone : 02 41 39 96 32

 

Château de Gastine

Le château est construit en 1590, en pleines guerres de Religion. Sa silhouette initiale est modifiée par la surélévation de l’aile gauche du bâtiment (peut-être au XVIIIe siècle). Édifié sur une plate forme entourée de larges douves, le château d’origine concilie les principes esthétiques acquis au XVIe siècle (façade symétrique axée sur un pavillon central) avec les impératifs d’un système défensif discret adapté à cette période troublée, châtelet avec pont-levis, meurtrières dans les tours, garage à bateau (dispositif très rare). La modestie de la décoration et des espaces intérieurs suggère qu’on est en présence du corps d’entrée d’un logis plus prestigieux prévu sur la plate-forme, mais jamais réalisé.

 Éléments protégés MH : l'ensemble des façades et des toitures : inscription par arrêté du 14 juin 1995.

 château de Gastine 49150 Fougeré 

 Téléphone : 02 41 90 17 57

 

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique


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