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Château de Contenson

Non loin de Saint-Just-en-Chevalet, au fond d’un vallon charmant, où se marient deux rivières, le Boën et l’Aix, en face des ruines majestueuses d'Urfé, est assis le château de Contenson. Entouré de forêts qui s’appuient au nord, aux contreforts de la Madeleine, ce fier manoir est la résidence d’une vieille famille stéphanoise, les Bernou de Rochetaillée. Réédifié par elle dans le style de la Renaissance par l'architecte Guinot, avec ses tours, ses flèches élancées, ses lucarnes gracieuses, ses salons richement décorés, Contenson est aujourd’hui la demeure la plus luxueuse et la plus confortable de la province. On a conservé le donjon carré de l’ancien château, aux angles arrondis, qui datait du XVIe siècle. A l’intérieur, citons entre plusieurs merveilles, la cheminée de la salle à manger; la hotte et le manteau, de vair plein, rappellent les armes des Rochefort, que l’on trouve d’ailleurs sur la bretagne. Au centre de la hotte se détache le blason des Rochetaillée, surmonté d’un casque avec couronne de baron et supporté par deux lions. L’ancien château, qui a subsisté jusqu’en 1885 était flanqué de deux tours sur sa façade méridionale; au levant, une lourde construction carrée, qui avait l’aspect d’un donjon massif et écrasé, lui donnait la majesté seigneuriale du moyen-âge. L’une de ses salles, admirablement aménagée avec ses vieilles poutres de chêne, a été conservée et sert aujourd’hui de bibliothèque. Le château avait été reconstruit au XVIe siècle.

 Les premiers seigneurs de Contenson furent les d’Ogerolles. Nous trouvons, dans le cartulaire de Savigny, mention d’Arpert d’Ogerolles, en 1020, puis de Guillaume et Ponce d’Ogerolles, frères, en 1100. Rolland d’Ogerolles est choisi comme arbitre, par les moines de cette abbaye, en 1121. En mai 1291, Pierre d'Ogerolles, damoiseau, fils de feu Gaudemar, chevalier, pour subvenir au paiement de ses dettes, vend à Jean 1er, comte de Forez, pour le prix de 80 livres viennois, la moitié de son château de Feurs, avec toutes ses appartenances, cens, servis. Cette vente fut confirmée par sa femme, Sismonde, d’une famille chevaleresque, les Gauthier d’Antoine, dont un des membres, Gauthier II, fut évêque d’Autun (1189-1224). Après cette vente, les d’Ogerolles vinrent se fixer aux confins du Forez et de l’Auvergne, et construisirent sur un point culminant, un vieux manoir auquel ils donnèrent leur nom et dont il ne reste rien aujourd’hui. Guillaume d’Ogerolles, chevalier, seigneur de Saint-Polgues, rend hommage au comte, en 1320 et le 9 mai 1336, pour Contenson, grange, terres, prés, garennes, pêches, cours d’eau, etc. Guillaume d’Ogerolles, sans doute petit-fils du précédent, et fils d’Hugues, donna en 1374, tous ses biens à son neveu Guillaume du Verney, à la charge de prendre le nom et les armes des d’Ogerolles. Enfin Jeanne Boissonnelle, dame d’Ogerolles, porta Contenson par mariage, à Jean de Foudras, seigneur de Souternon. 

 Les seigneurs de Souternon et Courcenay allaient posséder Contenson pendant plus de trois siècles. Le 13 mars 1668, en l’hôtel de la Grande Custoderie, devant Plassier, notaire royal, François de Foudras, comte de l’Église de Lyon, agissant au nom de Gaspard de Foudras et de dame Marie d’Andelot, son épouse, vendait la terre et seigneurie d’Ogerolles et Contenson, à Jean de Charpin de Génetines, pour 50.000 livres et 1.000 livres d’étrenne. Presque aussitôt, l'acquéreur cédait Contenson à Jacques du Bessey, conseiller et maître d’hôtel du Roi. Ce dernier appartenait à une famille très ancienne dans la région, dont les armes sont d’azur à la croix de gueules chargée de cinq losanges d’or. Jacques du Bessey, écuyer, seigneur de Contenson, dont il rendit hommage le 15 avril 1671 "Et à l’instant le dit du Bessey estant comparu au bureau, désarmé, la teste nue, sans manteau et ayant mis les genoux en terre et ses mains jointes entre les nôtres, a rendu la dicte foy et hommage au Roy et a prêté devant nous, le serment accoutumé et selon les formes prescrites par nos ordonnances antérieures". Il avait épousé, le 22 novembre 1654, Claudine Gaulne, fille de Jean-Baptiste et de Jeannette de Vinols, et mourut le 31 octobre 1701, ayant eu André-Joseph, qui suit; 2° Jean-Claude, né le 14 novembre 1657, marié le 23 juillet 1701 à Jeanne-Ursule bavier; 3° Claudine, née le 8 septembre 1666; 4° Antoinette, née le 29 novembre 1667; 5° Françoise, née le 2 juin 1670, mariée le 24 janvier 1690, à Augustin du Lion; 6° Jean-Guy, procureur au Parlement de Paris, marié avant 1700, à Elisabeth Pageon; 7° Catherine; 8° Etienne-Just; 9° Marguerite, ursuline à Roanne.

 André-Joseph du Bessey de Contenson (1660-1711), écuyer, avocat en Parlement, capitaine-châtelain de Saint-Just, seigneur de Contenson, épousa, le 23 avril 1691, Marie-Genèse Darrot, fille de Gabriel et de Genèse Rigodias, dont Jacques-Just du Bessey de Contenson (1694-1754), seigneur de Contenson, conseiller au Parlement de Dombès, épousa, le 17 janvier 1721, Bonne-Simonne Joard, fille de Nicolas, seigneur de Montousse, et de Marguerite Bruerat, dont Nicolas-Genest du Bessey de Contenson, né le 16 avril 1722. seigneur de Contenson, dont hommage le 3o juillet 1767, épousa le 26 juin 1747, Louise-Elisabeth Mabiez de Malleval, fille de Nicolas-François, et de Jeanne de Poret, dont Jacques-Just, mort jeune, 2°Jacques-Just, qui suit; 3° Jean-Guy, né le 20 juin 1749; 4° Bonne-Simone, née le 15 juillet 1750; 5° Claire, mariée à Claude-Jérôme Mathé de Balichard; 6° Jeanne-Bonne-Louise, mariée le 18 février 1779, à Jean Jolyclerc; 7° Louise-Marie-Philippine, mariée le 10 décembre 1778, à Philippe-Emmanuel Arthaud de Viry, écuyer; 8° Louise-Marie-Philippine, mariée le 16 mai 1780, à Claude du Myrat; 9° Jacqueline, morte à 5 mois; 10° Jean-Marie, né en mars 1709; 11° Jacqueline-Claire-Benoite, mariée le 23 décembre 1784, à Louis des Ollières; 12° Jacques, né le 27 février 1767; i3° Jacques-Philippe, lieutenant des vaisseaux du Roi, chevalier de Saint-Louis, émigré à l’armée des Princes. Jacques-Just du Bessey de Contenson, seigneur de Contenson, maire de Saint-Just-en-Chevalet, épousa le 4 août 1780, Anne-Laurence Nicolau de Montribloud, dont Jean-Guy du Bessey de Contenson, marié le 28 juillet 1806 à Jacqueline-Marie Perroy de Sercy.

 De cette union il eut Louis du Bessey de Contenson, marié à Marie Terrasse de Tessonet, fille de Simon-Antoine et d’Anne Girard, dont Simon-Jean-Guy, baron de Contenson, marié, le 2 juin 1831, à Marie-Pauline Gouriez de Lamotte, fille de Charles-Maurice-Joseph, et d’Adèle-Georgette de Mesny, dont Louis; 2° Nancy, mariée le 31 janvier 1867, à Max Bernard de la Vernette-Saint-Maurice. En 1869, Louis du Bessey vendit Contenson au baron Camille de Rochetaillée, lequel mourut tragiquement à Lyon, d’une chute de cheval en 1888. Ses funérailles eurent lieu à Saint-Just, le jeudi suivant 24 mai, le cortège fut évalué à 6000 personnes. De Marie-Constance de Roçhefort il laissait une fille unique, Marie-Camille, née le 20 novembre 1883, mariée au prince Maurice de Broglie. De cette union est née une fille le 27 novembre 1909, la princesse Laure de Broglie. La famille de Broglie, originaire d’Italie, vint en France au XVIIe siècle et ne cessa de briller, dans l’armée comme dans les lettres, du plus vif éclat. L’un de ses membres, François-Marie, duc de Broglie, déploya une telle activité dans les guerres d’Italie, en 1733, que le bâton de maréchal de France lui fut octroyé, et que Louis XV érigea en sa faveur la baronnie de Ferrières en Normandie, en duché de Broglie. Son fils, Victor-François, duc de Broglie, fut créé par le Roi, le 1er janvier 1769, chevalier des ordres du Roi et le 16 décembre, il était maréchal de France. Le prince Maurice est le petit-fils du célèbre duc Albert de Broglie, le président du conseil du 16 mai, le fils du duc Louis-Alphonse-Victor de Broglie, né le 3o octobre 1846, le frère du prince Louis de Broglie, de la marquise de Luppé, et de la princesse Pauline de Broglie, mariée, le 17 octobre 1910, à M. de Pange. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 29 octobre 1975. 

 château de Contenson 42430 Saint Just en Chevalet

   

Château de Chevrieres

Le château de Chevrières, construit au confluent de deux vallées, domine la plaine du Forez, dont une profonde déclivité du sol le sépare au nord et au midi. Du côté du matin il était défendu par un avant-corps, situé à près de cent mètres du château actuel. Des nombreuses tours qui protégeaient le manoir deux seulement ont résisté aux ravages du temps et aux méfaits des bandits. Leur propriétaire, M. Chovet de la Chance, peu courageux en face des sourdes menées de la maçonnerie triomphante, les fit même dépouiller de leurs créneaux et mâchicoulis; aussi ornent-elles plus qu’elles ne défendent une belle porte Renaissance du XVIe siècle, que des bâtiments entourent de trois côtés et qu’une grille moderne ferme au matin. Ces bâtiments sont du XIVe et du XVe siècles. Les murs ont quatre pieds d’épaisseur et sont ornés, à chaque étage, d’un cordon de pierre, mais les fenêtres ont perdu leurs croisillons et les barreaux de fer qui les protégeaient. Dans les murs intérieurs de cette petite cour, notamment sur une tour circulaire à sa base et carrée à son sommet, sont incrustés divers médaillons en demi-bosse,représentant l’une une tête à trois visages, l’autre le buste d’une femme qu’accompagnent des dauphins affrontés et couronnés. Dans cette même cour, on remarque une pierre de 1,30 mètre de longueur qui a dû servir de frise à une porte du château, qui porte les armes des de Cuzieu, alliés des Mitte vers 1474: Un lion chargé d'un lambel à 3 pendants; une crosse est passée en pal, derrière l'écusson. Au XVIe siècle le château de Chevrières subit une grande transformation. Louis II Mitte de Chevrières fit détruire ses remparts, raser ses nombreuses tours et construire le beau portail Renaissance, flanqué des deux grosses tours, et ornés de deux élégan tes colonnes, supportant un cartouche, en forme de vaste coquille, où s’étale l’écusson des Mitte de Chevrières, écartelé de Miolans. A côté du vieux manoir, M. Elysée Neyrand a fait construire, en 1860, un château moderne, relié à l’ancienne construction.

 Le premier possesseur connu de Chevrières fut un Malvoisin. Pierre de Malvoisin figure comme témoin dans une charte intéressant le prieuré de Randan, en l’an 1000. Guillaume et Jean de Malvoisin prirent part à la première croisade, en 1096. Hugues de Malvoisin, chevalier vit en août 1279. Les armes de cette famille sont d’or à une fasce ondée de gueules. La piété des Malvoisin était légendaire; ils fondèrent cinq couvents et furent les bienfaiteurs des abbayes de Savigny et Valbenoîte et de la commanderie de Chazelles. Sa valeur guerrière était incontestable. Pierre de Malvoisin se distingua à Bouvines, en 1214, et Robert de Malvoisin mena cent chevaliers contre les Albigeois, en 1218. Joinville mentionne dans sa chronique, Guyon de Malvoisin qui con duisit cent lances en Terre Sainte, en 1270. Le dernier de cette maison fut Hugues de Malvoisin, seigneur de Chevrières. Le 12 janvier 1325 il reconnaît tenir en fief et hommage lige du comte de Forez tout le mandement de son château de Chevrières, avec justice haute, moyenne et appartenances, exceptant dans son hommage son château, qu’il dit tenir en fief immédiat du seigneur de Roussillon, exceptant encore tout ce qu’il tient en franc-fief du prieur de Saint-Médard, au territoire de Savigneu, près Chevrières. De Guicharde de Roweys, son épouse, Hugues n’eut qu’une fille, Catherine, qui épousa en 1331 Guillaume Mitte, seigneur de Mons et Laval. Ce dernier appartenait à une vieille famille, originaire du manoir de Mitte, près Saint-Bonnet, dont les armes sont d’argent au sautoir de gueules, à la bordure de sable, chargée de huit fleurs de lys d’or.

 Ogier, dit Albin, le premier de cette illustre maison, eut trois enfants, dont Bertrand qui suit; 2° Landric, évêque duc de Langres; 3° Guillemette, mariée en 1273 à Pierre. Querge. Bertrand, seigneur de Mons, épousa Alix de Lignières, dont Pierre, qui suit; 2° Guillaume, abbé de Saint-Antoine de Viennois, mort en 1342; 3° Ponce, comte de Lyon; 4° Emeric, évêque de Poitiers, de 1361 à 1369; 5° Bertrand, prieur de Grazac. Pierre Mitte épousa, en 1312, Audette, fille et héritière de Pierre de la Mastre, dont Guillaume, qui suit; 2° Bertrand, abbé de Saint-Antoine, mort en odeur de sainteté, en 1389; 3° Ponce, qui fut du même ordre et vivait en 1364; 4° Pierre, chanoine du Puy; 5° Alix, mariée en 1335 à Jacques de Laudes; 6° Vierne, mariée au Puy, en 1336, à Hugues de Châteauneuf, seigneur de Rochebonne; 7° Poitevine, mariée en 1339 à Eudes de Senueil; 8° Clémence, mariée à Geoffroy de Morans. Guillaume, qui épousa Catherine de Malvoisin et mourut en 1350, eut Guillaume, tué en Afrique; 2° Pierre, qui suit; 3° Bertrand, mort jeune; 4° Pierre, chanoine du Puy, prieur d’Amas, mort en septembre 1395; 5° Odette, mariée à Girard de Saint-Bonnet, seigneur de Bussière; 6° Guicharde, mariée à Arnaud de Nerpaut, morte en 1384; 7° Jeanne, abbesse de Saint-Paul d’Izelles; 8° Alix, mariée à François d’Izeron; 9° Marguerite, mariée à Robert d’Angérieu, seigneur de Saint-Bonnet-les-Oules; 10° Poitevine, morte jeune. Pierre II Mitte, chambellan du duc de Bourbon, Louis II, fut tué en 1391, guerroyant contre les Sarrasins. De Marguerite de Séverac, il eut Jean, qui suit; 2° Dauphine, mariée en 1389, à 16 ans, au seigneur de la Faye; 3° Jeanne, mariée en 1395 au seigneur de la Chaux, en Bourgogne.

 Jean dit Mitton, seigneur de Chevrières, etc, épousa en 1391 Agnès Allemand et mourut en 1394, laissant Jean, qui suit; 2° Robert, tué à Azincourt, en 1415; 3° Jacques, abbé d’Ambournay et de la Chassagne, mort en 1425. Jean II, mort à 24 ans, le 8 septembre 1416, enterré avec ses aïeux à Chevrières. Il épousa Isabeau de Montagny, fille de François et de Louise de Marzé, dont Louis, qui suit; 2° Guillaume, seigneur de Mons et Laval, marié à Catherine de Ri voire, fille d’Anne de Rivoire, seigneur de Pressin, en Dauphiné. Il mourut sans postérité en 1478; 3° Pierre, qui rentra dans l’ordre de Saint-Antoine et fut commandeur de Moningues, en Bavière, en 1452. Louis 1er, gentilhomme de la chambre de Louis XI et Charles VIII. Dévoué à nos rois, il vit son château dévasté par le comte de Forez, Jean II. En 1438, il épousa Françoise de Miolans, fille du comte Jacques et de Marie de Sassenage-Tallard. Il mourut en 1489 à Paris et sa dépouille fut ramenée à Chevrières. Il eut Jean, qui suit; 2° Louis; 3° Jeanne, mariée à Guillaume de Rochefort, seigneur de la Valette; 4° Claude, mariée à Charles de Miolans; 5° Isabelle, qui s’unit à Jean, seigneur de Choizieu, en Forez; 6° Louise, religieuse à Marcigny; 7° Françoise; 8° Claude, mortes jeunes. Jean III, marié en 1475 à Anne de Layre, fille de Louis et d’Agnès de Chalus. Il mourut à Riverie le 1er février 1500, ayant été dans l’amitié du roi Charles VIII, au moment où il revenait de signer l’acte d’acquisition de Lignon, à lui vendu par Jean de Rochebaron.

 Jean III laissait neuf enfants dont Louis, qui suit; 2° Pierre, seigneur de Cuzieu, marié à Perrine de Saint-Germaind’Apchon, sans postérité; 3° Hugues, mort jeune; 4° Jean, comte de l’Eglise de Lyon et doyen en 1525, mort en 1533; 5° Jacques, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem; 6° Marguerite, mariée à Hugues de Marzé; 7° Béatrix, mariée à Jean d’Amanzé; 8° Louise, mariée à Zacharie de Saint-Symphorien, seigneur de Chamousset; 9° Bénigne, religieuse à Saint-Pierre de Lyon, puis abbesse de Chazeau, enfin prieure de l’Argentière. Louis II, seigneur de Chevrières, Doizieu, etc, épousa le 20 novembre 1508 Madeleine de Crussol, fille de Jacques et de Simone, vicomtesse d’Uzès. Ce fut lui qui écartela ses armes de celles des Miolans: de gueules à trois bandes d’or. Il fut bailli du Gévaudan, en 1528, testa le 9 avril 1529 et mourut le 30 mai suivant. C’est à lui que l’on doit la reconstruction de Chevrières. Il eut six enfants: Jean, qui suit; 2° Antoine, seigneur de Cuzieu, chevalier de l’ordre du Roi, marié d’abord à Anne de Saint-Chamond, puis à Michelle de Bouchavanes, veuve de Montmorency; 3° Gaspard, chanoine archidiacre et comte de Lyon, mort en 1605; 4° Claudine, mariée le 1er mai 1524 à Louis de Talaru, seigneur de Chalmazel; 5° Jeanne, mariée le 13 mai 1542 à Philibert de Nagu, marquis de Varennes, bailli du Beaujolais; 6° Françoise, prieure de Marcigny, morte en odeur de sainteté en 1579. Jean IV, marié à Françoise Maréchal, fille et héritière de Jacques et de Laurence de Luyrieu. Il mourut le 25 avril 1574 et sa femme le 1er novembre 1575. Ils eurent quinze enfants dont Jacques Mitte, seigneur de Chevrières, Châtelus, Doizieu, etc, né le 28 août 1549.

 Jacques Mitte se maria à Gabrielle de Saint-Chamond, fille unique et héritière de Christophe et en secondes noces le 26 février 1601, à Gabrielle de Gadagne, fille de Guillaume, seigneur de Bouthéon, et de Jeanne de Sugny. Il mourut en 1606, ayant eu du 1er lit: Jean; 2° Claude, 3° Claude, morts jeunes; 4° Melchior, qui suit; 5° Louis, mort jeune; 6° Gasparde, mariée le 24 décembre 1595 à Jean Timoléon de Beaufort, marquis de Canillac, en secondes noces, à Claude de l’Aubépine, et en troisièmes à Henry de la Chastre, comte de Nancey; 7° Anne, morte jeune. Du second lit: 8° Jean-François; 9° Marie; 10° Claudine; 11° Jacques. Melchior Mitte de Chevrières, dit le "Père de la Patrie", naquit à Chevrières le 19 septembre 1586. Il épousa le 30 janvier 1610 Isabeau de Tournon, fille de Just Louis et de Madeleine de la Rochefoucauld. Il se titrait premier baron du Lyonnais et mourut le 10 septembre 1649, à Paris. De sa femme, morte en 1662, il eut Louis, qui suit; 2° Lyon-François, comte et doyen de l’Eglise de Lyon, en 1642; 3° Just-Henri, mort le 4 octobre 1694; 4° François; 5° Jean-Armand; 6° Gasparde-Françoise; 7° Marie-Elisabeth. Louis Mitte de Chevrières de Saint-Chamond s’attira par une affaire avec le duc de la Meilleraye la haine de Mazarin, qui fit rompre son mariage avec Mademoiselle d’Alincourt, sœur du maréchal de Villeroy. Il mourut sans alliance à 24 ans. Just-Henry Mitte de Chevrières, marquis de Saint-Chamond, premier baron du Lyonnais, seigneur de Chevrières, Châtelus, Trocésar, Fontanès, Doizieu, la Terrasse, etc, épousa le 6 juin 1640 Catherine de Grammont, fille d’Antoine, maréchal de France, et de Claude de Montmorency-Bouteville.

 Il dut vendre Chevrières, en 1656, Châtelus, Trocésar, Fontanès et une foule d’autres seigneuries pour acquitter les dettes faites par son père dans le cours de ses 23 ambassades et autres emplois, pour lesquels la cour lui devait 900.000 livres dont il ne fut jamais remboursé. Il mourut sans enfants le 11 décembre 1664 et sa femme décéda le 30 juillet 1688. Jean-Armand Mitte, son frère hérita du marquisat de Saint-Chamond. Il mourut le 18 juillet 1685 ayant eu de Gasparde de la Porte deux filles: Marie-Anne qui épousa Charles-Emmanuel de la Vieuville, et Marie-Hyacinthe qui s’unit en 1690 à Guy-Henri de Bourbon, et un fils, Just-Henri-Melchior, blessé à mort à Ensheim, le 4 octobre 1694. Just-Henry Mitte avait vendu Chevrières à Laurent de la Veuhe, fils cadet de Jean de la Veuhe, seigneur de Collonges et de Claude Grolier. Jean de la Veuhe dont la pierre tombale se voyait naguère dans l’église de Saint-Rambert avait testé en 1624, mentionnant ses deux fils, Aymé et Laurent, et ses deux filles, Anne et Claude, léguant 30.000 livres à chacune d’elles. Les armes de cette famille sont: d’azur à l’aigle d’or, fixant un soleil du même au franc-canton. Le sceau qui figure sur le testament de Jean porte le soleil en chef et chargé d’un lambel. Laurent de la Veuhe, le nouveau seigneur de Chevrières, mourut en 1671. De Françoise de Rochefort de Saint-Vidal d’Ailly il n’eut qu’une fille, Françoise, mariée en 1680 à François Andrault de Langeron, seigneur de Maulevrier, auquel elle apporta Chevrières. Cette famille, originaire du Bourbonnais, et seigneur de Beaucresson, Minardière, etc, en Roannais, portait: Ecartelé aux 7 et 4 d’azur à trois étoiles d’argent, aux 2 et 3 de gueules à trois fasces vivrées d’argent et une bande ou baudrier de France, brochant.

 En 1698, Charles Andrault de Langeron était comte de l’Eglise de Lyon. Françoise de la Veuhe fut mère de Jean-Baptiste Andrault de Langeron, lieutenant général des armées du Roi, chevalier de la Toison d’Or, ambassadeur d’Espagne, marié en 1720 à Elisabeth le Camus, fille ou sœur de Gaspard, seigneur de Fontanès. De ce mariage naquit Charles-Claude Andrault de Langeron, comte de Chevrières, dont il prête hommage en 1786 et qu’il vendit en 1788 à Claude Çhovet de la Chance. Le nouveau seigneur fit enlever les créneaux de Chevrières, fut plus tard maire de la commune et vendit sa terre, en 1828, à André Neyrand, de Saint Chamond. Cette famille porte de gueules au chevron d'argent accompagné en pointe d'un buis arraché d'or et soutenu d’un croissant d’argent, au chef cousu d’azur chargé de trois étoiles d'or. A la mort du nouveau propriétaire, Chevrières advint à M. de Fraix de Figon qui l’échangea avec M. Elisée Neyrand, contre des domaines sis à Fontanès. Elisée Neyrand, maire de Chevrières, bienfaiteur de l’école libre, est mort le 7 avril 1891, et sa famille continue la possession de la vieille et illustre demeure des Mitte. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des deux tours et du portail constituant la poterne d'entrée ; le médaillon représentant un buste de femme encadré de deux dauphins : inscription par arrêté du 5 octobre 1964. 

 château de Chevrieres 42140 Chevrieres

   

Château de Chenereilles

Le donjon crénelé de Chénereilles, qui est arrivé intact jusqu’à nous, domine la cour carrée du château et l’ensemble des constructions. La façade adossée au donjon est percée au rez-de-chaussée de trois grands arceaux encadrés dans des moulures ogivales et séparés par deux contreforts qui se terminent au premier étage. Au premier étage on admire les moulures gothiques des encadrements de quatre croisées; elles se croisent aux angles et reposent sur un deuxième cordon de pierre. Entre ces deux cordons une frise règne tout à l’entour de la cour, sur les quatre façades; on y admire des médaillons en relief où les bustes d’hommes et de femmes enguirlandés alternent avec les armes des Verd: d'argent au lion de sinople, armé et lampassé de gueules, et celles des d’Apchon: d’or semé de fleurs de lys d’azur. Le rez-de-chaussée des trois autres façades de la cour est percé de portes de forme et de style différents et de diverses ouvertures, mais au premier étage règne toujours la frise précitée. La façade de la cour qui est opposée au donjon renferme dans un de ses angles une tour carrée en saillie qui contient un escalier tournant qui conduit à un petit oratoire. A la clef de voûte de cet escalier on retrouve les armes des d’Apchon. Au rez-de-chaussée de cette petite tour se trouve un porche sous lequel s’ouvre une porte à plein cintre de style Renaissance. Sur une des portes intérieures du château se lit la devise: Neque jovem neque fulmen (Ni peur ni mal), qui est celle des Verd. Chénereilles dut être construit au XVe siècle par Aimé Verd, bailli de Forez, et remanié ensuite à toutes les époques.

 Une charte du 3 février 1429 nous apprend que Marie de Berry, femme du comte Jean 1er, accorda à Aimé Verd le droit de faire faire la garde et guet de son château par quinze hommes qu’elle désigne. Cette pièce nous apprend qu’Aimé Verd avait été autorisé par le duc Louis, père du comte Jean, à fortifier Chénereilles et "à le faire fossoyer tout autour, en telle manière qu’il est à présent fort défendable". Un château primitif avait existé à Chénereilles puisque dès 1336, Arthaud Verd, plus tard bailli de Forez, prêtait foi et hommage au comte de Forez, pour sa "maison de Chénereilles". Aimé Verd avait succédé dans la charge de bailli à Guichard d’Urfé, son parent (Falconnette Verd avait épousé Arnould d’Urfé). En 1384, il était châtelain de Saint Bonnet, il fut aussi seigneur de Miribel. Aimé, ou Amédée Verd, était fils d’Amédée et d'Aleysonnette de Chambost. Il était le frère d’Estorge, chanoine de Lyon, d’Anna, prieure de Saint-Thomas et de l’épouse d’Armandon du Peschier. Il testa le 25 mars 1455, laissant de Ludovise, fille de Ploton Verd et de Marie de la Faye trois enfants dont un fils faible et infirme; Antoinette, mariée à Antoine d’Augerolles; et Marie, mariée en 1427 à Artaud VII de Saint-Germain, seigneur de Montrond, fils d’Arthaud et de Louise d’Apchon. Les d’Apchon-Saint-Germain firent subir à Chénereilles de multiples restaurations. On leur doit non seulement la frise sculptée, mais encore des fontaines, des statues, des lions de pierre qui ornent encore la terrasse. Chénereilles advint ensuite à Henri IV et fit partie des terres que ce monarque échangea avec Gabrielle d’Allonville. Par alliance ensuite il passa au marquis de la Rochefoucauld de Sourdis, lequel le vendit avec Montsupt, en 1698, à Joseph de Mazenod, seigneur de Pavezin.

 Il passa ensuite aux Perrin, famille originaire de Saint-Just-en-Chevalet, déjà seigneurs de Chénereilles en partie. Jean Perrin, capitaine-châtelain de Montbrison, né le 4 mai 1525, était fils de Jacques et de Bonne Geoffroy, petit-fils de Guillaume et d’Alizon Donnet de Chan telle, arrière petit-fils de Pierre. Il épousa le 17 janvier 1557 Sibylle Trunel, fille de Claude et de Marguerite Paparin, dont il eut Jacques et Jean, qui suit. Jean Perrin, seigneur de Montloup, Balichard, Messimieux, etc, acquit Chénereilles le 31 juillet 1620, conseiller du Roi, lieutenant-général et particulier au bailliage, anobli en mai 1609, épousa Sibylle Papon, fille de Gilbert et de Germaine Dalmes, dont il eut six enfants: Gaspard, seigneur de Chénereilles, mort avant 1647, marié à Françoise de la Mure de Rilly, fille d’Antoine et de Germaine Chappuis de Villette; 2° Jean Perrin, qui suit; 3° Marguerite, mariée à Jacques Michon, seigneur de Chancé; 4° Antoinette, mariée en 1627 à Pierre Meaudre, seigneur de Palladuc, fils de Pierre et de Philippe Baschelier; 5° Hilaire, mariée à Jean Chalon, seigneur des Sarrots, puis à Lambert du Bost de la Fuste; 6° Espérance, née le 1er mai 1616, mariée à Louis Cozon de Bayard. Jean Perrin, seigneur de Chénereilles, etc, épousa Anne de la Mure de Rilly, fille d'Antoine et de Germaine Chappuis de Villette, dont Antoine Perrin, qui suit; Germaine mariée avant 1655 à Jacques Pouderoux, seigneur de Batailloux et la Lande. Antoine Perrin, seigneur de Chénereilles, épousa Antoinette Basset, dont Claude-VitalPerrin de Chénereilles, seigneur dudit lieu, épousa Alix Frotton de la Sablière, dont une fille Alix, mariée le 21 février 1729 à Jean-Claude de Grozeillier. La maison Perrin porte d'azur au chevron d’or, accompagné de trois roues du même.

 Jean-Claude de Grozeillier, seigneur de Chénereilles par son mariage, était fils de Pierre, avocat en Parlement, et d’Etiennette de Mazenod. Les armes sont d’azur à 3 aiglettes d’or, 2 et 1. D’Alix Perrin il eut Jean-Claude, qui suit; 2° Marie Anne, mariée à André François Martin des Pomeys, guillotinée le 14 mars 1794; 3° Joseph-Léonard Grozeillier de la Chapelle, seigneur d'Essertines, marié le 10 août 1773 à Marie-Gabrielle de Mallet de Vandègre. Jean-Claude-Vital de Grozeillier, deuxième du nom, épousa, le 27 août 1774, Anne-Pierrette-Jeanne de la Mure, fille de Durand et de Louise-Françoise Dujast, et remariée en 1788 à Jean-Baptiste-AntoineArthaud de Viry, qui se titra seigneur de Chénereilles. Il mourut en 1782, laissant Anne-Hiéronyme, née le 23 novembre 1778, mariée à M. Vimal Lajarige; 2° Madeleine, mariée l’an IX à M. Martinet, juge à Roanne; 3° Pierre-Philippe, né le 13 février 1782; 4° Pierre-Durand, marié à Catherine Croizier, dont un fils Alexandre, notaire à Saint-Anthème, qui fut le dernier du nom. Chénereilles fut vendu, le 26 juin 1819, et divisé en deux parties: l’une échut à Alexandre de Chénereilles qui y fit des réparations, et l’autre à sa tante, la dame Vimal, d’Ambert, qui la vendit au sieur Dobler, de Lyon. Il appartint ensuite, toujours divisé, à M. Dumler, brasseur à Saint-Etienne, et à M. Laquièze, ancien greffier de justice de paix. Il fut enfin acquis et intelligemment restauré par Philippe Calemard de Charézac, né à Saint-Etiennele 18 juin 1845, et mort le 13 septembre 1886. Il était fils de Joseph Calemard et de Léonide Marchand, petit-fils de Jacques-Philippe-Auguste Calemard de Charézac et de Marie-Benoîte Merle. Ce dernier était lui-même petit-fils de noble Jean-Baptiste Calemard, seigneur de Montorcier. Au commencement du XXe siècle la famille Calemard a vendu le château de Chénereilles à M. Jean Beyssac, érudit des plus distingués qui est plus à même que tout autre d’apprécier les beautés de sa magnifique demeure. 

 Éléments protégés MH : le donjon ; les façades sur la cour intérieure : classement par arrêté du 21 février 1983. Le château, sauf parties classées : inscription par arrêté du 21 février 1983. 

 château de Chenereilles 42560 Chenereilles

   

Château de Chatellus

Châtelus est mentionné dans l’acte passé en 1173 entre le comte de Forez et l’archevêque de Lyon, au sujet des limites des deux provinces. Nos comtes furent donc les premiers seigneurs de Châtelus. Ils devaient le garder jusqu’en 1513. A cette date le château et la seigneurie de Châtelus furent vendus avec Fontanès et Biverie, par le connétable de Bourbon, à Claude Laurencin, de Lyon, pour le prix de 4.000 livres écus couronnés. Cette famille qui porte pour armes: de sable au chevron d’or accompagné de trois étoiles à six raies d’argent, avait acquis une fortune considérable à Lyon, dans le commerce de la draperie. Elle ne garda Châtelus que peu de temps. Au commencement du XVIIe siècle, ce sont les Mitte de Chevrières qui y sont possessionnés. Châtelus passe ensuite aux Bénéon. Cette famille était originaire de Saint-Symphorien-le-Château,où étaient nés Jean et François Bénéon, tous deux fils de Thomas Bénéon et d’Antoinette Lagier. Venu à Lyon en 1617, Jean y acquit une immense fortune et fut échevin en 1677 et 1679, ce qui lui conféra la noblesse. Son frère François, bourgeois de Lyon, fut également échevin en 1681 et 1682 et requit son certificat d’échevinage, le 22 décembre 1682. Ce fut le 3 août 1673, que les deux frères acquirent conjointement du comte de Brèves, seigneur de Saint-Bonnet-les-Oules, et de la dame de Bartholy, son épouse, la terre de Châtelus, qui comprenait aussi celle de Saint Denis-sur-Coise, dont ils rendirent hommage le 21 mars 1674. Les armes des Bénéon sont d’azur à la fasce d’argent accompagnée de trois étoiles d’or. Avant l’échevinage ils portaient d’argent au phénix d’azur sur son immortalité de gueules, au chef d’azur chargé d’un soleil d’or.

 Jean et François ne laissèrent pas de postérité, ils paraissent avoir vécu dans le célibat. Jean survécut à François et mourut en 1688, instituant héritier universel son neveu Jean-Claude Grimod, fils d’Antoine Grimod et de Marguerite Bénéon. Jean-Claude ajouta à son nom celui des Bénéon et prit les armes de cette famille. Les Grimod de la Beynière, issus d’Antoine, frère de Jean-Claude, portaient d’azur à la fasce d’or surmontée d’un croissant accosté de deux étoiles d’argent, alias d’or, et accompagnée en pointe d’un poisson nageant d’argent. Jean-Claude Grimod de Bénéon a rendu hommage de Châtelus, le 21 août 1688, et en a donné le dénombrement, le 1er septembre 1692. Le 5 mars 1689, il avait été reçu secrétaire du Roi. Il mourut à Lyon, le 24 avril 1713, à 71 ans et fut inhumé dans l’église d’Ainay. Il avait épousé Charlotte Jacquier et ce fut leur fils aîné, Jean-Etienne Grimod de Bénéon de Châtelus, qui vendit, le 19 juillet 1715, la terre de Châtelus et ses dépendances à Jean Guillet. Ce dernier était fils de Jean Guillet, procureur d’office de Saconay et de Jeanne Besson, petit-fils de Claude Guillet et de Louise Néel, arrière petit-fils enfin de Jean Guillet, marié vers 1580 à Philippa Cousta. Les armes de cette famille sont de gueules au chevron d’argent accompagné en pointe d’un lion d'or, au chef d'or. Jean Guillet (28 mai 1662-6 juillet 1723), épousa le 8 janvier 1688, Marie Alissant, dont il eut trois enfants dont Louis-Joseph, qui suit; Antoinette, mariée à Jean Bourgoin, et Jeanne, ursuline à Saint-Symphorien. Louis-Joseph Guillet de Châtelus, seigneur de Châtelus (13 octobre 1697-8 mars 1760), conseiller du Roi, épousa le 13 novembre 1720, Claudine-Benoîte Commarmond, et en secondes noces le 9 juin 1743, Marie-Anne Bochu du Colombier, morte le 6 juillet 1751, dont Jacques-Pierre, qui suit; Jeanne-Marie-Antoinette, baptisée le 20 octobre 1744, mariée le 8 juillet 1762 à Damien Staron, sr de la Rey; puis Marie-Anne, mariée à Magloire Gaultier.

 Jacques-Pierre Guillet de Châtelus, seigneur de Châtelus, dont il a rendu hommage le 20 février 1777, né le 15 août 1747, émigré, épousa le 2 juillet 1776, Marie Rambaud, fille de noble André, échevin de Lyon et de Jeanne-Françoise Guiguet de Vaurion, dont Jean-Claude-Victor, né le 1er février 1779, marié d’abord, le 29 avril 1807, à Jeanne Bernuzet de Coleymieux, puis le 10 février 1811 à Marie de Palerne, dont Camille, née le 15 mars 1813, religieuse ursuline; Thomas, qui suit; Jacques-Pierre-François, né le 31 juillet 1782. Marie-Thomas-CharlesGuillet de Châtelus (18 mai 1780-7 janvier 1826) épousa, le 19 novembre 1807, Benoite-Jeanne du Fournel du Breuil, dont Barthélemy-Marie-Ernest Guillet de Châtelus, créé comte par le Pape, en 1863, mort le 26 février 1888, épousa, le 12 janvier 1835, Jeanne-Andrée-Valentine de Montherot, dont il eut trois enfants, François-Joseph-Charles, qui suit; Jeanne-Claudine-Marie, mariée d’abord, le 23 septembre 1857, au comte Henri de Lambilly, tué le 12 janvier 1871, à 28 ans, et en secondes noces à M. des Grées du Loir; et enfin Marie-Gabrielle-Valentine, mariée le 31 janvier 1863 à Roger de Chabenat, comte de Bonneuil. François-Joseph-Charles Guillet de Châtelus, né le 10 février 1838, marié le 11 juin 1865 à Marie-Elisabeth de Chabenat de Bonneuil, dont il eut quatre enfants: Pierre-René, vicomte de Châtelus, né le 14 octobre 1869, marié le 23 avril 1895 à Geneviève d’Hespel, dont Christian, né le 7 avril 1898; René; Jacques, né le 17 décembre 1905; et Antoinette ; 2° Jacques, vicomte de Châtelus, marié le 26 janvier 1898 à Nicole d’Hennezel; 3° André-Marie-Octave, vicomte de Châtelus, né en 1878, marié le 14 février 1906 à Adeline-Octavie, dite Rosy Gallice; 4° Marie-Françoise-Jeanne,née le 5 octobre 1867, mariée le 8 juillet 1892 au vicomte Ludovic d’Hespel. La famille Guillet de Châtelus habitait toujours la demeure des Bénéon au début du XXe siècle.

 En ruine à la fin du XVIe siècle, le château fut reconstruit au XVIIe puis remanié au XIXe siècle. Il se compose d'un ensemble de bâtiments d'époques diverses, organisés autour d'une cour ouverte. Il comporte un donjon en éperon auquel sont accolés un pavillon et le corps de bâtiment principal. La cuisine fait saillie sur l'aile nord du logis. La grande tour médiévale (XIIIe-XIVe siècle) est de plan heptagonal irrégulier à l'extérieur, avec des pièces triangulaires à l'intérieur. Le crénelage du couronnement est une reconstitution des premières années du XXe siècle. Elle flanquait une enceinte polygonale en partie conservée. Le corps de bâtiment et son aile nord ont été construits vraisemblablement dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. A la fin du XIXe siècle, le logis a été surélevé d'un étage et trois de ses façades ont été restructurées ou reconstruites en style néo-gothique. L'intérieur du logis conserve son état XIXe siècle avec plusieurs pièces lambrissées. Un salon possède des boiseries du XVIIIe siècle provenant d'une partie détruite au XIXe siècle. L'aile nord a été agrandie vers 1904-1906 (cuisine). Un bâtiment de communs est édifié au XIXe siècle avec écurie, grange et bûcher sur caves voûtées. Le parc à l'anglaise est aménagé vers 1880-1890. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité, avec son parc, ses terrasses, les communs, l'escalier couvert et la parcelle en pied de terrasse : inscription par arrêté du 1er octobre 2004. 

 château de Chatellus 42140 Châtelus

 

Château de Chateaumorand

Créé avant 1130 par les sires de Beaujeu en lutte contre les comtes du Forez, le château de Châteaumorand domine la plaine. Hormis quelques vestiges, c’est une construction de style renaissance et classique issue des remaniements du XVIIIème. La façade comporte deux tours d’angle et un toit percé d’une lucarne sculptée. Un magnifique porche de style néo-gothique marque l’entrée du parc mais il faut prendre la route de Sail-les-Bains pour découvrir l’arrière de la bâtisse. Les majestueux cèdres du Liban sont un repère pour le promeneur. Jean de Châteaumorand fut le grand homme de la famille. Ami de Duguesclin, chef de guerre, diplomate et chroniqueur, il négocia en 1396 le mariage de la fille de Charles VI avec le roi d’Angleterre. Jean de Lévis-Châteaumorand fit toutes les campagnes avec François Ier qui le prit en amitié et le fit, en 1532, gouverneur de son fils cadet, duc d’Orléans et futur Henri II. C’est lui qui fit démolir la forteresse féodale pour ériger un château renaissance. Diane de Châteaumorand (1558-1626), fut célèbre par sa beauté et ses mariages successifs avec Anne d’Urfé, bailli et gouverneur du Forez, puis Honoré d’Urfé, baron de Châteaumorand (1567-1625). 

 Éléments protégés MH : le château : classement par arrêté du 18 décembre 1981. Les communs: inscription par arrêté du 20 décembre 1990. 

 château de Chateaumorand 42620 Saint-Martin-d’Estreaux

 

Château de Chalain d'Uzore

On retrouve les première mentions du château à partir de la fin du XIIIème siècle. Au XIVème il devient possession des sires de Damas, de Couzan, qui en font hommage au comte de Forez. En 1427 / 1428, le château passe à la famille de Lévis de par le mariage d’Alix de Couzan avec Eustache de Lévis. Jean de Lévis , fils de l’union d’Alix de Couzan et d’Eustache de Lévis épouse Marie de Lavieu. Gabriel de Lévis , fils de Marie de Lavieu et de Jean de Lévis , seigneur de Couzan et bailli de Forez élit sépulture dans l’église en 1533. D’après les relevés dendochronologique la charpente de l’aile ouest remonte remonte à 1482, il y a donc une plusieurs travaux menés au XVème siècle. Durant le XVIème siècle , Claude de Lévis-Couzan , neveu de Gabriel, entreprend une campagne de décoration qui comprend une galerie à deux niveau et une cheminée datée de 1562. Le Château est vendu en 1634 par Louis de Saint-Priest, héritier des Lévis-Couzan à Jean de Luzy-Pélissac. Au XVIIème un incendie endommage le château surtout au niveau de la galerie. A la révolution , en 1793 le château est vendu par Louis de Luzy-Couzan au commissaire feudiste Claude-Joseph Rombaud , chargé de la dernière révision du terrier de la seigneurie de Chalain en 1789. En 1914 le château est racheté par Charles Cholat , administrateur délégué de la Compagnie des Aciéries de Saint-Etienne, issu d’une famille de rubaniers stéphanois. En 1915 , son fils Auguste entame des restaurations du château ainsi qu’un aménagement des jardins. 

 Éléments protégés MH : la galerie côté Est de la cour intérieure ; la cheminée et la porte renaissance de la salle au rez-de-chaussée ; la cheminée de la bibliothèque au rez-de-chaussée ; la cheminée du petit salon provenant du château de Goutelas, au rez-de-chaussée : classement par arrêté du 11 juin 1980. Les façades et les toitures à l'exclusion de la façade Sud trop remaniée ; la poterne d'entrée ; le grand salon au rez-de-chaussée et l'ancien oratoire au premier étage avec leur décor : inscription par arrêté du 11 juin 1980. 

 château de Chalain d'Uzore 42600 Chalain d'Uzore

 

Château de La Bruyère

Les premiers inventaires détaillés du comté de Forez citent la Bruyère parmi les seigneuries devant hommage aux comtes. Plusieurs siècles après, en 1317, Béraud de Solignac reconnaît tenir d’eux en fief son domaine de la Bruyère. En 1336 des damoiseaux, Ponchon, fils de Gérente, seigneur de Chaza letz, et Jean, époux d’Isabelle de Monte-Alto, se qualifient à leur tour de seigneurs de la Bruyère. La richesse du sol et surtout la possibilité d’y établir une tuilerie permettent même de supposer que ce lieu était habité dès l’époque romaine, comme les régions limitrophes. Cependant, si des bâtiments agricoles s’y renouvelaient de siècle en siècle, c’est au XVe que la propriété acquit son importance comme habitation seigneuriale. Des lettres patentes datées de Paris, au mois d’août de l’an de grâce 1480, signées Berry, au nom de Jehan II, duc de Bourbon, signalent une décharge de tout cens, rente et taille baptisée, dus sur le domaine de la Bruyère, métairie, terres, maisons, prés, bois, vignes, jardins, garennes, tuilière et autres héritages, en faveur de Louys Chauvet, qui s’engageait à fournir ailleurs semblables droits en "aussi bonne ou meilleure assiette". Le total des sommes dues était de 122 sols et quelques deniers. Louys Chauvet est appelé par le duc de Bourbonnais et d’Auvergne, comte de Clermont et de Forez, "nostre amé et féal secrétaire et controlleur de nostre domaine de nostre dit comté de Fourest". Louys Chauvet était sans doute fils de Pierre Chauvet, juge de Forez, sous l’autorité du duc dès 1461. Les Chauvet étaient encore seigneurs de la Bruyère au XVIe siècle. Leurs armes sont: D’or à trois têtes de sable, tortillées d’argent.

 Dès 1480, le fief semble avoir acquis son importance actuelle. En effet, Louys Chauvet, acquéreur "de la grange ou métairie appelée la Bruyère, en la châtellenie de Saint-Romain-le-Puy, après y avoir rétabli maison, grange, vacherie et autres édifices et appartements... a encore, dit cette même pièce conservée dans les archives du château, voulu faire bâtir et édifier plusieurs autres maisons et édifices, pour y faire aucune fois sa résidence". Au XVIIe siècle furent seigneurs de la Bruyère, d’abord les de Fau (Deffault) de la Bruyère, puis les Gambalde (Gombarde) par alliance avant 1626, d’Anne de Fau avec Thomas Gambalde; les d’Allard par alliance de Pierre avec Gabrielle Gambalde. Pierre mourut en 1657; sa terre passa alors aux Chappuis qui en prêtent hommage à partir de 1664 et pour la dernière fois en 1782. Pierre Chappuis de Mau bon est seigneur de la Bruyère en 1723. Le 14 mars 1705 il avait épousé Catherine Thoynet, dont Pierre-Antoine qui lui succéda et fit célébrer le 24 mars 1772, dans son château de la Bruyère, le mariage de l’une de ses filles, Marie Catherine-Pierrette, avec Auguste-Toussaint Scott de Martinville, baron de Balvery, officier en la légion de Flandre. Pierre-Antoine légua sa terre à son fils Jean-Pierre, seigneur de la Goutte, Nervieu et la Salle. Ce dernier augmenta l’étendue du domaine par plusieurs acquisitions, entre autres, en 1778, de terres situées au Colombar et le 4 septembre 1783 du domaine de Nicq, anciennes propriétés de noble Antoine Dumondé, achetées de Marie-Anne Dumondé, sa nièce, épouse de Michel-Nicolas-Louis Laindet de la Loude, receveur des aides à Sury. Le 15 octobre 1793, M. de Maubou devait être victime de la Terreur, mais pressé par plusieurs dettes, il s’était, deux ans auparavant, dépossédé de la Bruyère.

 Par acte sous seing privé du 1er mars 1791, complété par acte devant Maîtres Goyet et Chantemerle, notaires à Montbrison, du 10 mai 1792, Maître Damien Battant de Pommerol, avocat, puis président du tribunal de Montbrison, époux d’Hélène de Madières, acquit de M. de Maubou le fief de la Bruyère. Le nouveau seigneur appartenait à une famille originaire d’Aurec-Nérestang, passée vers 1600 à Saint-Maurice-en-Gourgois, en 1720 à Saint-Bonnet et enfin à Montbrison. Ses armes sont: D’argent à trois fasces de gueu les, au chef d’azur chargé de trois besants d’or. En 1633 fut baptisé à Saint-Maurice, Claude, fils de Georges Battant et de Marie Fouez. Son parrain fut Claude Battant, procureur au siège royal de Chauffour, exploitantpar tout le royaume. En 1689 fut baptisée Catherine, fille de messire Battant, sieur de Pommerol. En 1742 est mentionné Christophe de Pommerol, notaire. L’acte d’acquisition de la Bruyère fait mention de l’ancienne maison de maître, chapelle, grenier, écurie, fenil, grange et tuilerie, de la terre de Nicq, et d’une vigne sise aux Purelles, commune de Moind, le tout d’une contenance de 265 hectares environ. Le vendeur cédait également le mobilier complet hormis un lit à son choix. Il tenait ces terres de son père, moins une vigne, héritage de son oncle Chappuis de la Salle. M. de Pommerol fit démolir successivement la plupart des bâtiments; les derniers vestiges de la maison d’habitation disparurent vers 1862.

 Il n’en subsiste guère au commencement du XXe siècle que le puits et les colonnes de la chapelle. Commencé en thermidor, le château actuel ne fut terminé que vers 1803. Le domaine de la Bruyère se compose actuellement de vastes bâtiments construits en fer à cheval autour d’une cour fermée par un large portail hospitalier. La façade principale regarde le pic de Saint-Romain qui lui forme un agréable point de vue au delà de son jardin à la Française. Une percée dans les futaies prolonge de l’autre côté le parc à travers les bois du domaine. Une deuxième enceinte close de murs réunit à l’entour, vergers, prairies, étangs, bosquets et charmilles. A l’intérieur, sans compter les meubles plus anciens, vestiges du château précédent, les aménagements de la fin du XVIIIe siècle restent intacts. Trumeaux et tapisseries conservent aux pièces d’honneur tout le cachet du mobilier empire. D’autres appartements sont remarquables par les trophées, les toiles peintes, les galeries de gravures et de portraits de famille. Fort belle aussi la cheminée du billard provenant du château de la Valette, en Forez. André, puis Joséphine Battant de Pommerol, fils et fille de l’acquéreur de la Bruyère, furent successivement les héritiers de son domaine. En 1887, Mademoiselle Joséphine de Pommerol le céda à sa nièce Hélène, fille d’Auguste et d’Elise Parat. Hélène de Pommerol épousa Alexandre Jullien, chevalier de la Légion d’honneur, membre de l’assemblée nationale, et fit entrer la Bruyère dans cette dernière famille. Alexandre Jullien mourut le 10 février 1898, laissant le château à Gabriel, son fils, qui l’a lui-même cédé à son fils, à l’occasion de son mariage, le 15 novembre 1904. Les Jullien, d'une famille notariale de Lupé dont la fi liation remonte au XVe siècle, furent anoblis au XVIIe siècle. M. Louis Jullien de Pommerol, châtelain de la Bruyère, a été autorisé, par décret en date du 3 février 1914, à relever le nom de sa grand-mère. Il s’est fixé dans la vieille demeure, lui donnant à nouveau l’entrain et la vie des anciens jours. De son alliance avec Marie-Thérèse de Vaulx, fille d’Augustin et de Marie Perroy d’Azo lette, sont nés trois fils: Hubert, Raymond et Bernard. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; le pigeonnier : inscription par arrêté du 5 octobre 1982. Les pièces suivantes avec leur décor et notamment leurs papiers peints et toiles peintes au rez-de-chaussée : l'antichambre, le grand salon, la chambre dite salon d'hiver, la salle de billard : classement par arrêté du 5 octobre 1982. 

 château de La Bruyère 42610 Saint Romain le Puy

 

Château des Bruneaux

La façade élégante n’est certes pas celle du château primitif des Bruneaux, mais si l’art robuste du moyen-âge a fait place au confort et au luxe du grand siècle, nous aurions tort de nous en plaindre. Nul doute en effet que si la demeure des Berchoux était arrivée intacte jusqu’à nous, elle aurait eu le sort bien malheureux du manoir voisin de Cha ponod dont il ne reste pas pierre sur pierre. Les premiers seigneurs des Bruneaux semblent être les de Berchoux. Jean de Ber choux, capitaine-châtelain de Cornillon, seigneur de Berchoux, Gourgois et autres lieux, vivait à la fin du XIIIe siècle. Son fils, Pierre de Berchoux, fut aussi châtelain de Cornillon et touchait en raison de cette charge, 2.400 livres chaque année. Le 3 juin 1324 il passait une transaction avec Luce de Beaudiner, dame de Cornillon, par laquelle "il renonçait à la somme annuelle de 2.400 livres, qu’il recevait comme capitaine châtelain de Cornillon et au greffe de ladite baronnie... lesquels émoluments et greffe appartiendront désormais à ladite dame, qui, en retour, cède et transporte à perpétuité audit seigneur de Berchoux et à ses descendants le château et fief des Bruneaux, ès mandement de Cornillon, avec la vieille ferme et les terres environnantes, à la seule charge de rendre hommage dans le temps voulu et à la forme accoutumée au père prieur de Firminy". Claude de Berchoux, chevalier, fils de Pierre, seigneur de Berchoux, Gourgois, Saint Maurice en partie, les Bruneaux, etc, capitaine châtelain de Cornillon, passe, le 3 décembre 1340, un accord avec ses frères, au sujet du partage des biens de leur maison. Le 13 mars 1336, il avait épousé Blanche Duvernet, fille de Jean, seigneur d'Ou liac, près Aurec, et de Julienne de Semène. Claude de Berchoux mourut en 1366 et son fils, Jean II de Berchoux, lui succéda aux Bruneaux.

 Le 8 octobre 1367, il rend hommage à Pierre de Villedieu, prieur de Firminy, pour sa maison et grange des Bruneaux, en raison de sa récente prise de possession. Il rendit également hommage au nouvel acquéreur de Cornillon, Bernard de Laire. Pierre de Berchoux qui lui succéda rendait hommage en juillet 1389 à Etienne Jaccourt, prieur de Firminy, pour son fief des Bruneaux. Il mourut aux Bruneaux et fut enterré dans l’église du prieuré de Firminy, sous une belle dalle de marbre qui se voyait encore à la fin du XVIIe siècle. Amblard de Berchoux, capitaine châtelain héréditaire de Cornillon, en 1411, rendit hommage pour les Bruneaux, à genoux, les mains jointes entre celles du prieur de Firminy, Guillaume de la Tour. Les armes des Berchoux sont: D’azur à une grue d’argent, au chef d’argent chargé de trois étoiles d’azur, à la bordure de gueules chargée de huit besants d’argent. Nous ne savons comment les Ansermet, plus tard Anselmet, devinrent seigneurs des Bruneaux, peut-être en héritèrent-ils des de Veyrines, seigneurs de la Martinière. Toujours est-il qu’ils y sont possessionnés à la fin du XVIe siècle. Barthélemy Ansermet, le plus lointain ancêtre connu de cette famille, épousa Claudine Odoard, dont Mathieu Ansermet, marié à Claudine Chavana, dont issu Jean Ansermet, seigneur des Bruneaux, qui vit en 1585, épousa Hélène de Veyrines, dont: 1° François, qui suit; 2° Anne, mariée à Jean Alezard; 3° Marie, qui teste le 2 août 1632; 4° Colombe, morte de la peste à Firminy, en août 1632; 5° Claire; 6° Etienne; 7° Denis, marié à Anne d’Andrieu. François Ansermet, seigneur des Bruneaux, juge-capitaine-châtelain de Firminy, épousa, le 28 juillet 1599, Claudine Beynod, dont Gabriel, qui suit; 2° Claude, conseiller du Roi, marié le 10 novembre 1625 à Louise du Vernet, dont postérité; 3° Gaspard, tué à Cazal; 4° Claudine, mariée le 6 juillet 1633, à Balmond de Bayle, seigneur de Villeneuve; 5° Catherine, mariée d’abord, le 14 janvier 1638, à Pierre de Bayle, puis, le 6 octobre 1646, à Charles de Chabanacy.

 Gabriel Anselmet, écuyer, seigneur des Bruneaux, chevalier de l’ordre de Saint-Michel, capitaine exempt des gardes du corps du Roi, et gentilhomme ordinaire de la Chambre de Sa Majesté, épousa, le 27 janvier 1632, Toussainte de Vinols, fille de Denis et de Claudine Domène, et veuve de Guy de Châtelus, dont Jean-François, écuyer, seigneur des Bruneaux et Roche-la-Molière; 2° Claude-Gabriel, qui succéda à son frère; 3° Nicolas, qui suit; 4° Claude-François. Nicolas Anselmet, écuyer, seigneur des Bruneaux et de Saint-Just-le-Velay après ses frères, capitaine au Régiment de Castelnau, épousa, le 22 juin 1674, Louise Marie Baraille, fille de Pierre et d’Aymare Anselmet, dont Jean-Marie, qui suit; 2° Claude-Gabriel, prêtre, dit l’abbé des Bruneaux; 3° Aymare, mariée d’abord le 9 janvier 1698, à Gaspard de la Tour, seigneur de Varan, puis en 1714, à Dominique de Vigier; 4° Marie, mariée le 30 juillet 1714 à Jean-François d’Aboin; 5° Louise Marie, mariée le 14 novembre 1718, à Jean-Baptiste d’Ayras. Jean-Marie Anselmet, chevalier, seigneur des Bruneaux et autres lieux, épousa, le 21 janvier 1722, Marie-Antoinette de Vertamy, dont Antoine, mort sans alliance à 17 ans; 2° Anne-Marie, mariée le 24 juillet 1753 à Jean-Baptiste-Michel de Charpin, qui devint ainsi seigneur des Bruneaux. Les armes des Anselmet sont: D’azur au cerf passant d’or, au huchet de même au canton sénestre du chef. Ils ont porté aussi les armes des Baraille: D’or à trois bandes d’azur.

 C’est au château des Bruneaux que mourut, le 25 septembre 1801, Marie-Anne Anselmet. Son fils, Louis-Alexandre-Jérôme de Charpin, habita toute sa vie les Bruneaux. Arrêté au moment de la Révolution, il allait être dirigé sur Feurs lorsque les habitants de Firminy et du Chambon se portèrent aux prisons en criant: "Rendez-nous le père du peuple". Il fallut céder, le comte de Charpin dut livrer sa magnifique argenterie, mais il eut la vie sauve. Ses libérateurs l’escortèrent en triomphe jusqu’à son château des Rruneaux, où il fut reçu dans les bras de sa famille. Il y mourut le 12 septembre 1801. Le château des Bruneaux échut par le partage du 12 février 1811, à son fils André-Camille, tandis que Feugerolles était attribué à sa fille, Anne-Diane-Félicité, épouse de Ferdinand Puy du Roseil, mais cette dernière, par acte du 15 novembre 1853, sacrifia ses intérêts à ceux de sa lignée, et son neveu, Hippolyte-André-Suzan ne de Charpin, rentra en possession de Feugerolles. Le comte de Charpin vendit en 1896 le château des Bruneaux à Antoine Chappelon. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; les pièces suivantes avec leur décor : le hall d'entrée avec son plafond, le grand salon d'angle Nord-Est, le salon Est à la suite du grand salon d'angle et la grande salle Nord-Ouest au rez-de-chaussée, la chambre Nord-Est avec alcôve au premier étage au-dessus du grand salon d'angle: inscription par arrêté du 21 novembre 1975. 

 château des Bruneaux 42700 Firminy 

 Téléphone : 04 77 89 38 46 

Château de Boisy

Anne d’Urfé, dans sa description du Forez, dit que la première maison du Roannais est Saint-André, et il ajoute "la seconde est Boisy, qui ne doict guières à Saint-André pour le bâtiment, estant pourveue d’une plus belle salle et de plus belles chambres et ayant une tour carrée; belle et forte, qui montre bien son antiquité, ayant tout autour du château, de beaux et grands fossez et estant avoisinée de plusieurs belles touffes d’arbres, mais qui n’est ni en belle veue, ni en bon air, à cause des marez et estancs qui l’avoisinent". Le donjon carré de Boisy, paraît remonter à la lin du XIVe siècle, il est couronné d’élégants mâchicoulis, en pierre calcaire, et de créneaux en brique; il occupe le nord-est des constructions défensives. Au sud-est, se trouve la grosse tour ronde et aux autres angles du quadrilatère que forment les constructions défensives se voient encore deux autres tours cylindriques de moindre dimension. Ces tours étaient reliées par d’épaisses courtines que le temps n’a pas respectées. L’entrée principale est au nord, à côté du donjon: la porte ogivale est surmontée du blason des Gouffier: d’or à trois jumelles de sable. L’épée de grand écuyer de France, entourée du cordon de Saint-Michel est sculptée au- dessus de l’écusson. La cour intérieure est d’une rare élégance, avec ses grandes fenêtres à meneaux, et d’autres plus petites, au deuxième étage, ornées de clochetons élancés, aux sculptures délicatement fouillées qui ornent la façade septentrionale. Le corps de logis méridional, le mieux conservé, paraît remonter, ainsi que la tour ronde, au XVIe siècle: la crête du toit porte des plombs delà même époque, décorés les uns des armes des Gouffier, les autres de la salamandre de François 1er et sommés de couronnes fleurdelysées; les écussons sont supportés et séparés par des dragons ailés, montés et bridés par des amours.

 Sur la façade septentrionale, on lit encore la devise de Jacques Cœur si souvent répétée dans son palais de Bourges: A vaillants cœurs rien d'impossible. Elle est inscrite sur un bloc de pierre calcaire, encastré dans le mur, au-dessous des mâchicoulis, et portant sur un écusson incliné de droite à gauche, les armes des Gouffier. L’écusson est surmonté d’un casque et au-dessus, un ange aux ailes éployées soutient de ses deux mains une banderole. On lit fort bien, avec une jumelle, les mots A. VAILLAN, les lettres T et S sont supposées cachées par la main droite de l'ange, puis viennent deux cœurs entrelacés, les lettres R I, la main gauche de l’ange; des plaquages de mousse cachent les lettres suivantes, sauf SIBLE. La porte de l’escalier est encadrée de plusieurs archivoltes dont la plus extérieure est surmontée de feuillages recourbés et profondément fouillés. C’est un des meilleurs spécimens de la sculpture décorative du XVe siècle existant encore dans nos régions. Les charpentes de l’aile méridionale et de la tour ronde passent à bon droit pour des chefs d’œuvre. La belle salle dont parle Anne d’Urfé est transformée en remise; on y voit les assises d’une cheminée immense. Le bâtiment Est se composait au rez-de-chaussée d’une galerie ogivale actuellement fermée et servant d’orangerie; des clefs de voûte sont aux armes des Gouffier, de Jacques Cœur et des Hangest de Genlis (d'argent, à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d'or). Les appartements habitables comprennent un immense salon, une salle à manger et deux chambres superposées dans la tour ronde décorées avec goût, enfin un grand nombre d’autres salles ou chambres. Du sommet de la tour ronde on peut se rendre compte du système de fortifications employé au XIVe et au XVe siècles. Les mâchicoulis et les chemins de ronde destinés à défendre l’approche des remparts sont intacts, leurs ouvertures n’ont pas été bouchées.

 Boisy, Boscum, tire son nom d’un antique bois de chêne qui couvrait ce territoire au XIIIe siècle et dont il restait encore quelques vestiges au temps d’Anne d'Urfé. Auprès de ce modeste fief s’était fondé un prieuré minuscule de Bénédictins qui dépendait de Montverdun. Cette terre appartenait à une famille Simon qui ajouta à son nom patronymique, le surnom de Saint-Haon, puis celui de Boisy. Pierre Simon de Saint-Haon est châtelain de Saint-Just en 1255, puis de Roannais, en 1270, Il eut deux fils: Pierre et Philippe Simon de Saint-Haon; puis vinrent Philibert Simon de Boisy et Uldin de Boisy qui eurent, tous deux, un fils nommé Jean. En 1362, Jean de Boisy, fils de Uldin, bourgeois de Saint-Haon, rend foi et hommage. Jean avait épousé Catherine de la Grange, sœur du cardinal, et fille de Geoffroy et de Falquette de Pierrefitte. Il en eut deux fils: Jean et Humbert de Boisy qui héritèrent du cardinal de la Grange et, avec la permission du duc Louis de Bourbon (Lettres Patentes du 6 septembre 1397), remplacèrent l’ancienne maison de Boisy par un château fort, avec tours, fossés et pont-levis. Le donjon carré paraît seul avoir fait partie de cette première reconstruction. Jean de Boisy fut évêque de Mâcon, puis d’Amiens. Le 8 décembre 1401 il rendit hommage au duc de Bourbon pour Pierrefitte. Humbert de Boisy, premier président au Parlement de Paris eut deux fils, Humbert et Jacques de Boisy, qui héritèrent de leur oncle, l’évêque d’Amiens. En 1411, Henri de Boisy constitua Jacques de Boisy, son frère, et Guillaume Roquelin, pour la vente de Pierrefitte. En 1414, Jacques de Boisy vendit Boisy à Eustache de Lévis qui, par son mariage avec Alix de Couzan, devint seigneur de la Motte, Saint-Haon et Roanne et réunit ainsi Boisy à Roanne pour plusieurs siècles.

 Le 8 septembre 1447, Eustache et sa femme vendirent Boisy, Roanne, Saint-Haon, etc, à Jacques Cœur. Le château a conservé dans le pays, le nom du célèbre argentier du Roi Charles VII, bien qu’il ne l’ait gardé que cinq ans, à peine. Il y fit exécuter, il est vrai, des travaux considérables, soit pour le restaurer et l’agrandir, soit pour y amener les eaux de la montagne de la Madeleine. Il avait, de plus, conçu des projets gigantesques pour l’amélioration agricole et industrielle du pays, mais sa disgrâce ne lui permit pas de les exécuter. Jacques Cœur portait d'azur à la fasce d'argent, chargée de trois coquilles de sable et accompagnée de trois cœurs de gueules. En 1453, Boisy fut confisqué sur Jacques Cœur et fut vendu le 5 décembre i455 pour 10.000 écus d’or, à Guillaume Gouffier, grand dignitaire de la cour de Charles VII, d’une famille du Poitou. Guillaume Gouffier mourut le 23 mai 1495, ayant épousé d'abord Louise d’Amboise, dont il eut trois enfants, puis le 15 juin 1472, Philippe de Montmorency, veuve de Charles de Mahon, qui lui en donna neuf. Du premier lit il eut Madeleine, mariée à René Le Roy; 2° Pierre; 3° Guillaume, l’amiral de Bonnivet (1488-1525) tué à Pavie, d'abord marié le 14 juin 1506, à Bonaventure de Puydufou; puis le 8 juin 1517 à Louise de Crévecœur: 4° Anne, mariée le 1er mai 1507 à Raoul Vernon, seigneur de Montreuil; 5° Arthus, qui suit. Arthus Gouffier, mort le 7 mai 1519, succéda à son père au détriment de Pierre Gouffier. C’était une âme ardente et chevaleresque, en même temps qu’un lettré délicat, aussi fut-il l’ami du roi François 1er, qui érigea le 3 avril 1519, la baronnie de Roannais et la seigneurie de Boisy en duché-pairie. Sous Arthus Gouffier fut construite la plus grande et la plus belle partie du château. Il épousa, le 10 février 1500, Hélène de Hangest, morte le 26 janvier 1538, dont Claude Gouffier, duc de Roannais, marquis de Boisy, comte de Maulevrier et de Caravas, seigneur d’Oiron et grand écuyer de France, chevalier de l’ordre du Roi, premier gentilhomme de Sa chambre, capitaine de 100 gentilshommes de Sa maison et de 50 lances de Ses ordonnances.

 Par lettres données à Lyon, au mois d’août 1542, il obtint l’érection en comté de la baronnie de Maulevrier. Les baronnies de la Mothe, Saint-Romain et Roanne, furent réunies à celle de Boisy érigée en marquisat; de nouvelles lettres furent données en novembre 1558. Claude testa le 3 juin 1570 et mourut la même année à Villers-Cotterets. Il se maria cinq fois: le 13 janvier 1527, Jacqueline de la Trémoille, dame de Jouvelle; le 13 décembre 1545, Françoise de Brosse, morte le 16 novembre 1558, dite de Bretagne; le 25 juin 1559, Marie de Gainon; le 16 janvier 1 568, Claude de Beaune, dame de Chateaubrun et de la Carte; et enfin Antoinette de la Tour-Landry, dame de Saint-Mars et de la Jaille. Revenant de la guerre il fit enfermer, et non sans motifs, sa première femme Jacqueline de la Tremoille, dans un couvent, à Chinon, où elle mourut. Un inventaire, dressé en 1532, après le décès de Simon Chanceau, receveur de Boisy, prouve que le confortable régnait au manoir, mais que le luxe en était exclu. Cet inventaire mentionne cependant dix pièces de tapisserie à fontaine dans la chambre de Madame; des lits bien garnis de "couestres, cuissins de plume, matherats et couvertures"; une batterie de cuisine bien complète, quantité de linge. L’inventaire ajoute que Monseigneur avait emporté beaucoup de linge en Italie. Vinrent ensuite Gilbert Gouffier, puis Louis Gouffier, partisan de Gaston d’Orléans contre Louis XIII; Louis-Henri Gouffier, Arthus II Gouffier, l’inventeur des carrosses publics, grâce auxquels on pouvait traverser Paris pour cinq sous. Ami de Pascal, il se retira à Port-Royal et entra dans les ordres. L’une de ses sœurs fut, dit-on, aimée de Pascal, et ne pouvant l’épouser, se fit religieuse. Il maria l’autre à François d’Aubusson de la Feuillade, maréchal de France, et lui vendit son duché de Roannais, moyennant 400.000 livres, représentant la dot de sa sœur. Louis d’Aubusson, issu de ce mariage mourut sans enfants, léguant ses biens à Hubert-François, puis à Louis-Charles-Armand d'Aubusson, enfin, en 1780, à Catherine Françoise d’Aubusson de la Feuillade, mariée à François-Henri, duc d’Harcourt. Ce dernier émigra en 1789, et ses biens, y compris le château et es terres de Boisy, furent vendus. Boisy appartint au XIXe siècle aux Vignat-Laborde puis à la famille Poyet. Mademoiselle Jeanne Poyet le possédait encore au début du XXe siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures: inscription par arrêté du 12 mai 1927. Les parties extérieures des ailes Sud et Est de la tour ronde Sud-Est et du donjon carré Nord-Est : classement par arrêté du 24 janvier 1931. 

 château de Boisy, dit de Jacques Coeur 42155 Pouilly-les-Nonains

 

Château de Boën dit Château-Chabert

C'est en 1786, que Jacques-Marie Punctis de la Tour, fit construire par l’architecte Gabbio le château actuel de Boën. Le corps de logis principal élevé sur une terrasse qui domine la cour d’honneur se termine par deux pavillons carrés coiffés de frontons. L’autre est occupé par une tour octogone engagée avec attique percé de baies ovales et terrasse à l’italienne. Cette tour contient un beau vestibule occupant la hauteur de deux étages, et entouré d’une colonnade ionique sur laquelle court une galerie circulaire. Le salon est entièrement revêtu de boiseries enrichies d’ornements sculptés d’un goût exquis. D’énormes consoles de pierre soutiennent les paliers de l’escalier. L’ancien château de Boën occupait le même emplacement. Il possédait des fossés et des ponts-levis du côté de la ville et datait du XIVe siècle. Les sires de Couzan, seigneurs de Boën, délaissèrent cette habitation et préférèrent une résidence plus commode dans un hôtel qui s’élevait dans l’angle compris entre la route de Lyon à Bordeaux, au midi, et la place du Marché, au matin. Cet hôtel fut vendu par. les de Rivoire au XVIIe siècle.

 Jusqu’en 1634, Boën n’eut pas d’autres seigneurs que les barons de Couzan. En 1634 Louis de Saint-Priest vendit Boën à Gilbert de Rivoire, marquis du Palais. Par décret, en 1687, Boën fut adjugé à Claude de Camus. Cette famille porte: D’azur à trois croissants d’argent et une étoile d’or en abîme. Claude de Camus épousa Anne-Jacqueline de Châtillon, fille d’Annet et de Jeanne Sourley dont il eut un fils: Gilbert de Camus, seigneur de Boën, marié le 29 septembre 1715 à Josèphe-Marie de Punctis de la Tour, morte le 10 avril 1750, fille de Louis, conseiller du Roi, seigneur de la Tour, et de Marguerite Jacquier. Il n’y eut pas de postérité de ce mariage et les Punctis devinrent, par héritage, seigneurs de Boën. Cette famille porte: D’azur au chevron d’or, surmonté d’un croissant de même et accompagné en pointe d’une tour d’argent maçonnée de sable, armes qui figurent sur le portail du château de Boën. Elle remonte à Jehan Punctis, bourgeois de Montbrison, marié à Claude Chirat, et mort avant 1619. François Punctis de la Tour, frère de Josèphe-Marie, épousa, le 23 mai 1712, Marie-Anne Presle et fut père de Louis-François-Marie de Punctis de la Tour, baptisé le 20 juin 1714 et mort le 4 mai 1779. Il épousa en premières noces le 1er mars 1740, Marie-Marguerite Baillard du Pinet, morte le 10 novembre 1741, fille de Pierre et de Marie Gran jon, et en secondes noces à Boën, le 26 octobre 1746, Marie-Josèphe de Punctis de la Tour, sa cousine, fille de Jacques et de Jeanne Deschamps de Messimieux.

 De cette dernière union il eut: 1° Jacques-Marie, qui suit; 2° Pierre-Marie, écuyer, comparant en 1789 à l’assemblée de Forez; 3° Marie-Anne-Louise, baptisée le 7 janvier 1749, mariée le 8 octobre 1771 à Jean-Antoine Thomé. Jacques-Marie de Punctis de la Tour de Boën, chevalier, baptisé à Montbrison le 16 février 1752, mort victime de la Révolution le 5 décembre 1793. C’est lui qui fit construire le château actuel. Il avait épousé à Lyon, le 4 juin 1777, Louise-Laurence Girard, morte à Boën le 17 avril 1812, fille de Jean-Mathieu et d’Olympe Claret de Fleurieu, dont: 1° Jeanne-Marie-Mathurine, baptisée le 26 juin 1778, mariée à Charles-Marie-Xavier Urguet de Saint-Ouen; 2° Louise-Olympe, baptisée le 19 septembre 1780, mariée à Lyon, le 10 ventôse an VIII, à Antoine-Joseph, baron de Chabert du Mazel, fils de Charles et de Marie-Madeleine de Gras de Preigne. Elle lui apporta le château de Boën. Chabert porte: D’azur à la bande d’argent chargée de 3 rocs d’échiquier de sable à la bordure potencée d’argent. Les Chabert vendent le château à la commune le 9 juin 1934. De 1936 à 1958, il accueille de nombreuses structures. Il se dégrade suite à un incendie qui détériore la couverture, avant les travaux de restauration en 1980. Il est réaménagé en 2002 pour accueillir le musée de la Vigne. 

 Éléments protégés MH : le château : classement par arrêté du 9 septembre 1943. La cour d'honneur, les pavillons d'angle, la grille d'entrée : inscription par arrêté du 16 novembre 1989 

 château de Boën dit Château-Chabert, rue de Clermont, 42130 Boën sur Lignon 

 Téléphone : 04 77 24 08 12

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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