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Château d'Uzage

Fief relevant de la châtellenie de Cravant. Le manoir du XVIe siècle se trouve à l'est du château XVIIIe siècle. Il comprend deux corps de bâtiment perpendiculaires dont les étages sont reliés par une vis de pierre logée dans une tour occupant l'angle rentrant. Le château du XVIIIe siècle présente des façades aux travées centrales accostées de pilastres et sommées d'un fronton triangulaire. Il fut prolongé, probablement au début du XIXe siècle, par deux ailes. La fuye cylindrique couverte d'un dôme a été convertie en chapelle au XIXe siècle. Le château de Bonaventure était une maison de chasse bâtie par Louis XI qui y résida en 1480 et 1482 ; le logis principal s'élevait à l'ouest de la cou ; il a été entièrement démoli en 1745, ainsi que la chapelle dédiée à Saint-Bonaventure ; cette cour était limitée à l'est par le bâtiment des Offices, parallèle au précédent, dont subsiste le mur goutterot oriental ; dans le mur nord du parc subsiste la porte d'entrée en plein cintre, accompagnée d'un guichet, et une maçonnerire en brique qui appartenait au logis principal ; la tour sud-ouest de l'enceinte, dite Tour des Jardins, est amortie par un crénelage.

Le parc du château d'Uzage réunit deux domaines : le fief d'Uzage et le Clos du château royal de Bonaventure dont il ne reste que des vestiges. L'aspect paysager de ce parc entièrement clos par un mur résulte d'une longue évolution. Le plan cadastral napoléonien suggère un parc assez régulier marqué par une perspective nord-sud passant dans l'axe du château et allant vers la route de Chinon. Une seconde perspective ouest-est traverse le potager en direction du Clos de Bonaventure et un espace très étendu jadis marécageux. Après 1837, le parc est remanié en parc paysager. Les deux perspectives sont maintenues avec, cependant, des modifications. Une grande prairie humide remplace le parterre rectangulaire s'étendant vers le sud et deux bras aux rives naturelles alimentent en eau un étang autour d'une île artificielle. Des sentiers traversent la partie boisée située à l'est. Au cours des années 1930, de nouveaux éléments viennent agrémenter l'ensemble tels de petits ponts de bois et de béton, l'aménagement d'un embarcadère devant la pièce d'eau, des plantations de conifères, de buis... Les paysagistes Louis Decorges et son fils René sont probablement les auteurs de ces dernières transformations. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château proprement dit, du manoir et de la fuye : inscription par arrêté du 11 juillet 1952. Les ruines du château de Bonaventure : inscription par arrêté du 8 août 1962. Les parties non encore protégées du parc du château, incluant le mur de clôture et les communs édifiés au XIXe siècle et les aménagements du début du XXe siècle s'inscrivant dans la trame du parc classique préexistant : boisements, sentiers, plan d'eau et île artificielle : inscription par arrêté du 9 mars 2010. 

 château d'Uzage 37420 Huismes

   

Château d'Ussé

Nous trouvons déjà le nom d'Ussé (Uceruin, Uceum) dans les chroniques du VIe siècle. En 1004, cette position importante est entre les mains du danois Gelduin 1er de Saumur, le terrible ennemi de Foulques Nerra. Celui-ci disait, lorsqu'il avait à passer par le territoire de Gelduin: "Fuyons le diable de Saumur: il me semble que je le vois toujours me poursuivre". C'est, du moins, ce que prétend un chroniqueur, qui, tout moine qu'il était, préférait le diable de Saumur au comte d'Anjou, mais cette crainte de Foulques ne l'empêchait pas déjouer à son rival d'assez méchants tours. Nous passerons rapidement sur la liste des seigneurs d'Ussé jusqu'à 1462, où Jean de Bueil rendit hommage pour cette terre. Les de Bueil étaient une des plus illustres familles de Touraine. Plusieurs de ses membres s'étaient rendus célèbres pendant la guerre de Cent ans. C'est le premier nom que nous ayons à retenir pour l'histoire de la construction du château. Si nous examinons le caractère de l'édifice, particulièrement dans le plan, dans la structure des tours et du donjon, nous retrouvons des dispositions que nous avons déjà remarquées à Langeais. Nous pensons donc que la construction était déjà fort avancée, plus avancée que ne l'ont cru la plupart des historiens en 1485, lorsque Antoine de Bueil vendit le domaine à Jacques d'Espinay. Nous savons notamment que le donjon était déjà édifié en 1480. Jacques d'Espinay était un seigneur de bonne noblesse bretonne, fils de Richard d'Espinay, chambellan de François II, duc de Bretagne, chambellan lui-même des rois Louis XI et Charles VIII. Les d'Espinay portaient d'argent au lion rampant coupé de gueules et de sinople, lampassé et armé d'or, avec brisure de Rohan, et, sur le tout de Milan, qui est d'argent à laguivre d'azur, couronnée d'or, issante de gueules. Car les d'Espinay prétendaient platoniquement à l'héritage du grand duché de Milan. C'était l'époque la plus radieusede la première Renaissance.

 Tous les seigneurs voulaient avoir une demeure plaisante à la mode nouvelle. Nous n'aurons pas de peine à retrouver, dans les bâtiments de la cour intérieure, les caractères des styles de Charles VIII à François 1er. Par conséquent, ils sont, dans leur ensemble, l'oeuvre de Jacques d'Espinay (1485-1520), et de Charles d'Espinay (1521-1535). Lorsque le premier mourut, il laissa à son fils la lourde charge de fonder une collégiale. Charles d'Espinay s'en acquitta avec magnificence, comme nous le constaterons en admirant la chapelle, un pur chef d'oeuvre de la Renaissance. Cette construction et la fondation qui l'accompagnait épuisèrent-elles les ressources des d'Espinay? En 1557, René d'Espinay, fils de Charles, vendit le domaine à Suzanne de Bourbon, femme de Claude de Rieux, seigneur de Rochefort et d'Ancenis. Ussé changea ensuite plusieurs fois de possesseurs. Parmi ceux-ci, nous remarquerons René de Lorraine, Charles de Lorraine, duc d'Aumale, Henri de Savoie, duc de Nemours, Alphonse Henri de Montluc, marquis de Balagny. Enfin il fut acheté par Louis Bernin de Valentinay 1er, contrôleur général de la maison du roy. Celui-ci maria en 1691, son fils Louis Bernin de Valentinay à la fille du grand Vauban, Jeanne-Françoise Le Prêtre de Vauban. On a attribué au grand ingénieur les remaniements qui furent faits au XVIIe siècle. Il aurait fait abattre le corps de bâtiment du nord, de façon à ouvrir une large perspective vers la Loire, et certains reconnaissent sa manière dans les terrasses qui dominent si magnifiquement la vallée. On va même jusqu'à prétendre que le savant ingénieur, précurseur inattendu de Eugène Viollet-le-Duc, se serait amusé à d'ingénieux pastiches de la Renaissance. Tout cela est pure fantaisie.

 On a fait à Ussé au XVIIe siècle, ce qui se faisait partout ailleurs. Le goût des terrasses régnait depuis que la cour en avait fait adopter la mode, à Versailles et à Fontainebleau. Pour jouir de la terrasse, il fallait dégager la partie nord de la cour. C'est ce qu'on avait fait égale ment à Chaumont. D'ailleurs les terrasses étaient terminées en 1664, c'est-à-dire vingt-sept ans avant le mariage de Louis de Valentinay avec la fille de Vauban. Quant aux lucarnes du corps de logis occidental où le maréchal aurait exercé ses talents de pasticheur, outre que cela est bien peu dans le goût de l'époque, elles semblent dater authentiquement de François 1er. Pour le reste, tout ce qu'on peut dire de façon certaine, c'est que le XVIIe siècle a remanié considérablement la galerie du fond de la cour, ainsi que l'aile de l'ouest. Il a enfin édifié le bâtiment qui se trouve au pied du donjon, et que l'on a attribué faussement au duc de Duras. Tous ces travaux étaient terminés en 1699, comme on peut le constater par un dessin de la collection Gaignières. Le simple rapprochement des dates permettra de détruire une autre légende. En 1692, les Bernin de Valentinay avaient obtenu du roi des lettres patentes qui érigeaient Ussé en marquisat. Or il arriva que les lettres d'avril furent révoquées en septembre. Ce fut apparemment pour les intéressés, sans doute pour Vauban lui-même, une surprise désagréable, car il venait justement de prendre Namur. Le roi vraiment récompensait bien mal ses services! Sur ce thème l'imagination des historiens d'occasion s'est échauffée. Il fallait trouver une raison dramatique à cette disgrâce. Pourquoi pas un complot machiavélique de Louvois? Et c'est ainsi que ce grand homme, mort un an auparavant, vit sa mémoire chargée d'une vilenie posthume. Réparons ici cette erreur judiciaire.

On a consacré également des pages bien divertissantes à certaine autre déception fort amère dont Vauban aurait été la victime. Ayant appris le prochain passage du roi, le vieux maréchal se réjouissait déjà de recevoir son maître, et avait fait aménager la chambre dite du Roi. De plus, par un acte de courtisanerie assez équivoque et bien peu dans son caractère, il aurait fait dis poser dans cette chambre un portrait de Madame de Fontanges, que l'on y voit encore, niais Vauban avait perdu les bonnes grâces de la cour. Ses protestations contre la révocation de l'édit de Nantes, son mémoire, d'une démagogie inquiétante, sur la Dîme royale, l'avaient désigné à la colère du souverain. Bref, Louis XIV ne vint pas à Ussé. Nul besoin, pour expliquer un simple contre-ordre, de supposer une intrigue compliquée. Il y a bien, à Ussé, une chambre du Roi, mais il faut se rappeler que le château a appartenu aux Rohan, qui étaient pairs de France. Or, on sait que les pairs de France, dans chacune de leur résidence, réservent une chambre, dite chambre du Roi, pour pouvoir à l'occasion, offrir l'hospitalité à leur souverain en voyage. Voici probablement l'origine de la légende. Ce qui prouve que la disgrâce de Vauban n'était pas si complète, c'est que les lettres patentes avaient été rendues et enregistrées le 4 niai 1701. Les descendants des Bernin de Valentinay gardèrent le château d'Ussé jusqu'au 19 février 1780, où il fut acheté par le duc de Rohan-Monbazon. Mais les créanciers du duc le revendirent pour 902.000 livres à un M. de Chalâbre, qui fut porté indûment, paraît-il, sur la liste des émigrés. Son fils, Jean-Louis-Roger de Chalâbre, ayant repris le domaine, le vendit, en 1807, au duc de Duras. Le château resta longtemps entre les mains de la fille du nouveau propriétaire, Madame la comtesse du Vergier de la Rochejaquelein qui, à son tour, le légua à son petit-neveu, M. le comte de Blacas, le propriétaire au début du XXe siècle.

 Connue à Langeais, nous voyons ici une demeure seigneuriale de plaisance, dont les logis, s'ouvrant sur une cour intérieure, sont enveloppés dans un système complet de défense féodale; pont-levis entre deux tours, chemin de ronde en encorbellement, sur des mâchicoulis, longeant l'enceinte extérieure, tours d'angles, et, à l'extrémité sud-ouest, donjon, qui pouvait servir de refuge, et qui permettait de s'évader dans la campagne. Si nous nous plaçons en face de l'ancien pont-levis, nous remarquons, à gauche, un bâtiment qui s'avance, épaulé par d'épais contreforts, comme une abside. C'est l'ancienne chapelle, antérieure à celle de Charles d'Espinay. Dans toutes ces murailles, des fenêtres ont été ouvertes, plus nombreuses et plus larges qu'à Langeais; mais il est juste de dire que le château était moins exposé à une surprise, étant juché sur une colline plus abrupte. La demeure seigneuriale proprement dite se compose de deux corps de logis qui se font vis-à-vis dans la cour intérieure et qui sont reliés par une galerie: au-dessus deux étages de chambres sont séparés par des contreforts gothiques. L'enceinte se poursuivait au nord de cette cour, par un corps de bâtiment qui fut, comme nous l'avons déjà expliqué, abattu au XVIIe siècle. Si ce château a une apparence plus riante que Langeais, ce n'est pas seulement à cause de la magie du décor naturel, ni à cause de la pierre dont il est bâti; cette craie tuffeau très friable, mais blanche en dépit des siècles, qui donne tant de charmes aux châteaux de la Loire; c'est aussi parce qu'on a apporté ici un souci de la décoration qui n'existe pas à Langeais. Il faut toutefois se méfier des "embellissements", qui sont le fait des restaurateurs modernes. L'aile qui offre sa façade au couchant a eu particulièrement à souffrir de leur zèle. Lorsqu'on considère les larges baies à linteaux moulurés, réparties avec symétrie, et le balcon ouvragé qui se décroche en encorbellement au dessus du pignon, on serait tenté de prendre argument de cette richesse et de cette symétrie, pour célébrer les grâces déjà épanouies de la Renaissance. 

 Un examen plus attentif invitera à la circonspection. Si l'on se reporte à une gravure publiée en I8551, on verra qu'à cette date cet ensemble était d'une décoration infiniment plus sobre. Pas d'accolades à choux-frisés au-dessus des portes, pas de contreforts à pinacle introduisant dans cette façade une division arbitraire, pas de balcon en encorbellement. Au-dessus des trois baies qui s'ouvrent à cet endroit, deux ouvertures quadrangulaires beaucoup moins larges et sans ornements. La fenêtre au linteau mouluré, qui éclaire le pignon au-dessus de ces trois baies, a été, elle aussi, modifiée: un tympan inscrit dans une archi volte à arc brisé y tenait la place du linteau imaginé par un architecte trop soucieux de l'unité de style, et rappelait l'ancienne chapelle éclairée par des vitraux. Enfin le chambranle des portes était marqué par une simple moulure rectangulaire. On remarquera qu'il y avait, au droit du pignon, une porte de plus qu'aujourd'hui, celle qui conduisait à la chapelle. Un seul détail, charmant d'ailleurs, a échappé aux restaurateurs; c'est le lanternon octogonal, en encorbellement qui couronne le pignon. Ce lanternon, d'une grâce infinie, servait jadis de clocher. Six fenêtres aux archivoltes flamboyantes s'ouvrent sur les faces de ce clocheton, coiffé d'une pyramide qui s'amortit en un magnifique fleuron. Ce lanternon et la tourelle en encorbellement qui fait saillie à l'extrémité du même corps de logis, du côté de la terrasse, donnent beaucoup de grâce et de pittoresque à toute cette façade. De l'autre côté du contrefort moderne, quatre baies d'égale dimension sont réparties symétriquement. L'examen qui précède doit nous amener à conclure qu'il ne faut pas tirer argument de cette symétrie pour imaginer que cette façade représente deux campagnes différentes. Il semble bien, au contraire, que tout ce corps de logis, et les étages au-dessus de la galerie aient été aménagés à la même époque, probablement par Jacques d'Espinay. Sans doute celui-ci eut-il à utiliser des bâtiments antérieurs, sans quoi le plan général semblerait confus jusqu'à l'incohérence et le caprice de la période flamboyante n'allait pas jusqu'à la confusion.

 Ces dispositions primitives, il serait vain d'en tenter une reconstitution aujourd'hui. Disons seulement que l'on retrouve dans le noyau central du donjon, dans la partie sud-est des bâtiments, des voûtes en berceau brisé, des moulures et des appareils qui semblent dater au moins du XIVe siècle. L'arc brisé de la première travée de la galerie paraît bien se rattacher à cette période. Il y eut donc au XVe siècle, sans doute au temps de Bueil, un premier aménagement de l'aile orientale, qui fut ensuite complètement remaniée par Jacques d'Espinay. Il suffit, pour s'en convaincre, d'examiner, à l'extérieur, les petits motifs sculptés entre les mâchicoulis, dont le style se rajeunit en allant du sud au nord. On distingue aussi, au chevet de l'ancienne chapelle, l'arc en tiers point des fenêtres. Dans le bâtiment qui est contigu à cette chapelle, on voit encore une belle voûte à nervures prismatiques, qui partaient de fond, sans chapiteaux. Là était au XVe siècle, l'entrée du château. Cette entrée dut être condamnée au XVIIe siècle, lorsqu'on aménagea la terrasse. Nous avons dit, qu'à cette époque, on exécuta un premier remaniement de la galerie. Celle-ci avait été d'abord un simple passage, formé, entre les contreforts, par huit arcades à arcs brisés; puis, vers la fin du XVe siècle, ou le début du XVIe, on fit de ce cloître un véritable corps de logis avec des lucarnes très décoratives entre les pinacles des contreforts. Une tourelle octogonale desservant la galerie et l'aile en équerre occupait l'angle sud-ouest de la cour. Au XVIIe siècle, nouveau remaniement. Les arcades furent appareillées comme des portes, à la manière classique, et l'on ouvrit au-dessus de grandes fenêtres surmontées de frontons alternativement triangulaires et cintrés. On voit, à cette refaçon, que l'architecte de ce temps ne se souciait guère de pasticher la Renaissance. La première travée à gauche révèle de façon assez claire la série de ces transformations, dont la dernière fut, on en conviendra, assez malencontreuse.

 Le corps de logis qui s'ouvre vers l'orient est franchement de la Renaissance, dans ses parties les plus anciennes qui correspondent, semble-t-il, au règne de François 1er. Pas la moindre trace, d'ailleurs, de travail italien ni même d'influence italienne. Les lucarnes à pinacles ornées de petits arcs boutants sont décorées, au tympan, du casque héraldique des d'Espinay, dont les lambrequins s'enroulent en volutes, formant une sorte de rinceaux qui pourraient bien avoir été refaits au XVIIe siècle, tout cela, d'un travail assez fruste, et certainement d'une main française. C'est peut-être cette restauration qui a donné l'idée d'un pastiche exécuté par Vauban. Il est vrai qu'au XVIIe siècle, cette aile a été considérablement remaniée. Les fenêtres ont été allongées. On a installé, au centre du bâtiment, un large escalier à volée droite, aménagé les appartements et, notamment, la fameuse chambre du Roi. C'est une belle salle que prolonge, du côté de la fenêtre, une sorte de galerie, le plafond à caissons étant soutenu par de belles colonnes à chapiteaux dorés. Au fond de la pièce, rayonne, dans un cadre somptueux, le portrait par Mignard, ou d'après lui, de la belle favorite à propos duquel on forgea tant d'inventions romanesques. Enfin, c'est encore au XVIIe siècle que l'on fît communiquer les anciens bâtiments avec un nouveau corps de logis recouvert d'une terrasse à l'italienne, dont nous croyons inutile de parler plus longuement. Le malheur est que cette construction masque en partie le donjon et dépare le bel aspect romantique de l'ensemble. Le donjon, comme nous l'avons déjà dit, est une des parties les plus anciennes du château. Quand on pénètre dans la salle basse, on constate que le glacis de la tour se poursuit à l'intérieur du bâtiment. Le donjon a donc été à une certaine époque plus dégagé qu'il ne le fut par la suite. La tour ronde primitive fut augmentée au XVe siècle, au nord d'un avant-corps dans lequel s'ouvre la porte, et, à l'est, d'une tonnelle octogonale ornée de petites bretèches. Quelques années plus tard, on relia cette partie du château aux bâtiments principaux par un corps de logis. Les bretèches de la tourelle nous semblent bien attester que ce dernier est postérieur au donjon. En effet, dans la disposition actuelle ces bretèches n'auraient aucune utilité militaire, même théorique.

 Quant à la chapelle fondée par Jacques d'Espinay, qui se trouve à quelques pas du château, c'est un des plus parfaits joyaux de la Renaissance. Elle se compose d'une haute nef, qui se termine par un chevet à pans coupés. En vérité, c'est encore la structure gothique. On la retrouve, dans les contreforts des angles, dans l'arc triomphal qui encadre le portail, les pinacles, les niches à colonnettes superposées, les petits arcs-boutants décoratifs qui aboutissent, comme motif terminal, à un fleuron, mais tous les éléments de cette décoration sont empruntés au répertoire italien. Les pilastres des pieds-droits sont guillochés d'arabesques et sont surmontés d'un chapiteau où les volutes ioniques encadrent une petite tête d'angelot. Les arcs boutants du couronnement sont faits de volutes supportées par des balustres. Dans l'ébrasement, court une merveilleuse décoration, faite de macles, de cartouches, de sujets symboliques, et, au-dessus du linteau, de têtes en ronde bosse, finement sculptées, sortant d'un encadrement ovale, selon la mode chère à Michelozzo, et aux sculpteurs de l'école milanaise. Puis les arabesques recommencent à courir, sur les pieds-droits de la porte à arc surbaissé, sur le linteau, sur la bordure de l'archivolte, qui a pour motif central, une énorme coquille, enfin sur l'encadrement de la haute fenêtre qui surmonte cette archivolte et se termine par une petite rosace. Ce sont les instruments de la Passion qui fournissent le thème de ces dernières arabesques. Une belle statue du Père éternel trône au centre du couronnement. Tel est ce château qui, lorsqu'on découvre ses tours et ses pignons parmi les arbres de la forêt, apparaît au voyageur émerveillé comme un château de conte de fées ou de roman de chevalerie. Aussi n'a-t-on pas manqué d'y voir le décor des galantes aventures du petit Jehan de Saintré ou de la belle au bois Dormant. Sans discuter ces légendes, nous retiendrons cette impression laissée sur les imaginations généreuses. D'ailleurs, ces visions qui les hantent n'ont rien de surprenant, car, de tous les châteaux de la Loire, il n'y en a pas qui ait plus que celui d'Ussé l'apparence d'un château de rêve.

 Éléments protégés MH : le château, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 2 mars 1927. La chapelle : classement par arrêté du 15 avril 1931. Les façades et les toitures du château proprement dit ; les fossés ; les terrasses ; les façades et les toitures des pavillons d'entrée et des communs situés à l'ouest de la chapelle ; l'orangerie et le parc : classement par arrêté du 18 janvier 1951. 

 château d'Ussé 37420 Rigny-Ussé 

 Téléphone : 02 47 95 54 05 

Château de la Tour du Raynier

Le donjon de la Tour-du-Raynier est une importante construction polygonale arrondie au nord et carrée au sud, dont le couronnement en crénelage a été remplacé par une toiture de tuiles canales sans supprimer les mâchicoulis. Il se compose de trois pièces superposées, toutes trois avec cheminées à hotte et un voûtement différent. Des ouvertures à meneaux éclairent les deux pièces supérieures. Un escalier à vis est incorporé à l'ouest du donjon. Le corps de logis contigu date de la fin du XVe siècle. Les fenêtres à meneaux sont encore encadrées par leurs volets d'époque avec panneaux à serviettes. 

 Éléments protégés MH : le donjon (intérieur et extérieur), le logis, les façades et les toitures et les cheminées et les menuiseries anciennes : inscription par arrêté du 5 août 1963 

 château de la Tour-du-Raynier 37120 Verneuil-le-Château

 

Château de Sepmes

Ancienne châtellenie qui relevait de Sainte-Maure. Le château a été construit pour Jean de Taix, gouverneur de Loches, ambassadeur à Rome, grand maître de l'artillerie en 1546, et mort au siège de Hesdin en 1553. De la construction Renaissance reste un corps de logis rectangulaire, flanqué au sud d'un bâtiment décalé sur plan carré. Celui-ci doit être la partie la plus ancienne de la demeure, qui a remplacé la forteresse primitive. Le corps de logis principal devait comporter deux étages, mais il a été en partie rasé. A l'intérieur, il conserve un escalier droit, proche de celui d'Azay-le-Rideau, dont les rampes droites sont couvertes d'un plafond rampant à caissons sculptés de fleurons, la cheminée de la grande salle est ornée de peintures portant la devise "concordia fratrum". Dans la cour un puits a conservé sa margelle monolithe aux gargouilles sculptées ressemblant à des lions. Les dépendances ont été endommagées. La façade Est était ornée de colonnes rondes à chapiteaux corinthiens. 

 Éléments protégés MH : le château : classement par arrêté du 26 mai 1977. Le bâtiment des communs : inscription par arrêté du 26 mai 1977. 

 château de Sepmes 37800 Sepmes

   

Château de Semblançay

A la fin du Xe siècle, Foulques Nerra fit élever un donjon de bois. Au XIIe siècle fut bâti un donjon carré, dont la protection fut accrue par une large tranchée isolant le rocher de base, qui fut entouré complètement par l'étang. Au XIVe siècle, le donjon fut renforcé par une double enceinte dont l'accès devait se faire par un pont en bois fortifié. Au début du XVIe siècle, Jacques de Beaune fit réparer les enceintes et le pont, et élever des bâtiments entre le donjon et la deuxième enceinte. Il bâtit un logis seigneurial et une chapelle à l'est de l'étang. La 1ère enceinte pentagonale est flanquée de quatre tours rondes et d'un bastion. L'accès se faisait par le pont de la courtine nord, la seule restante. La seconde enceinte épouse les formes du rocher et est flanquée de cinq tours dont restent celles du nord et du sud. Celle de l'ouest fut remplacée par un gros contrefort au début du XVIe siècle. Des logis ne subsistent que des pans de murs. Du donjon restent le rez-de-chausssée et le premier étage. 

 Éléments protégés MH : les vestiges du château de Semblançay : inscription par arrêté du 6 mars 1947.

 château de Semblançay 37360 Semblançay

   

Château de Sassay

Ce fief, situé dans la paroisse de Ligré, avait haute, moyenne et basse justices; il relevait du château de Chinon à foi et hommage simple et à un marbotin d'or, équivalent à une maille d’or, à muance d'homme. Les titres inventoriés ci-dessous concernent également plusieurs terres situées aux environs de Sassay, qui furent parfois entre les mains des mêmes seigneurs. Quelques renseignements sur ces fiefs ne paraissent donc pas inutiles. Le fief du Rouillis, paroisse de Ligré, avait, comme celui de Sassay, haute, moyenne et basse justices; comme lui, il relevait du château de Chinon à foi et hommage simple et à une maille d’or à muance d'homme. La dîme et la dimerie du Rouillis, consistant tant en grande que petite dîme, était composée de quatre cantons dénommés d’Aime, de Beauvais, des Jouisses et de Sassay; elle joignait d'orient aux marais communs de la paroisse de Ligré, du midi à la dîme de Saint-Mesme de Chinon, d’occident à celle de la seigneurie de la Roche-Clermault, du nord à celle du prieuré des Roches-Saint-Paul. Elle était sans fief ni juridiction et relevait à foi et hommage lige, à droit de rachat et loyaux aides de la Motte-de-Baussay, alias la Motte-Champdeniers, et primitivement de la terre de Beuxe, réunie au marquisat de la Motte. En 1718, la dîme du Rouillis fut vendue et séparée du fief de ce nom. Lefief de Basse-Chancelée s'étendait sur les terres de la métairie du même nom, paroisse de Rivière et avait seulement le droit de basse justice. Il relevait de Champigny, ou plutôt de la Rajace dépendant de Champigny, à deux sous (alias, deux sous, six deniers) de redevance annuelle et à une maille d’or à muance d'homme, évaluée à 50 sous. Ce fief fut détaché de la terre de Sassay en 1710 et vendu à dame Anne de Lomeron, veuve de Pierre de Bagnan, chevalier, seigneur de Haute-Chancolée. Le fief volant du Raineau, étant sans maison, s'étendait sur sept arpents dans la paroisse Saint-Jacques de Chinon; il avait le droit de basse justice et relevait du fief de Sussay à foi et hommage simple. Le fief des Jouisses, paroisse de Ligré, n'avait également que le droit de basse justice; il relevait de Sassay, comme le précédent, mais à 7 sous, 6 deniers, de redevance annuelle et autres droits féodaux. En 1703, Philippe de Mausson, écuyer, en était seigneur.

 Les premiers possesseurs de cette terre de Sassay appartenaient peut-être à la famille du même nom, dont un des membres était en 1451 seigneur de Sazilly, fief situé également non loin de Chinon. Cette famille semble du reste être originaire de cette région, où elle a possédé de nombreuses terres dans les paroisses de Trogues, de Rilly, de Saint-Epain et de Saint-Louand près Chinon. Toutefois aucun document ne vient confirmer cette supposition très vraisemblable. Quoi qu'il en soit, le premier seigneur connu du Rouillis; il était: probablement aussi seigneur de Sassay, est Raoul de Razillé, chevalier, seigneur de Razillé, du Rouillis, de Fouchans, etc; il fit son testament le 7 juillet 1398, et mourut la même année au Rouillis. Il avait épousé Philippe Godeschal, dont il eut un fils, Jean de Razillé II, décédé le 4 décembre 1401 à Fouchans, sans laisser d'enfants de sa femme Marguerite Maumoine, fille de Jean, seigneur de Beaumont-la-Ronce. Sa veuve se remaria à Pierre de Sanglier, écuyer, seigneur de Bray, qui est dit aussi seigneur du Rouillis, cette terre faisant probablement partie du douaire de Marguerite Maumoine. Un cousin au quatrième degré de Jean I, Louis de Razillé, fut mis par arrêt du Parlement en possession du château de Razillé et des deux tiers de sa succession (4 août 1409). Il n'est pas dit seigneur du Rouillis, probablement pour la raison qui vient d’être rapportée. Mais après sa mort, arrivée en novembre 1414, son fils Jean VI, qui fut chambellan de Charles VII, fit le 31 juillet 1414 un compromis au sujet du rachat de la dîme du Rouillis prétendu par le seigneur de Baussay. Le même, ou peut-être son fils aîné également nommé Jean, vendit en 1449 le fief du Rouillis à Jean Bernard pour 400 écus d'or. Cette terre passa ensuite aux mains de Jean Barbin, qui en était seigneur en 1460 et le vendit en 1464 à Guillaume de Varie, conseiller du Roi et général des finances.

 Ce dernier étant mort, sa veuve Charlotte de Bar épousa Pierre d'Oriole, seigneur de Loiré en Aunis, qui fut chancelier de France de 1472 à 1483. Celui-ci, en 1471 et 1482, donna procuration pour la foi et l'hommage de la dîme du Rouillis, dont il jouissait du chef de sa femme. Pierre d’Oriole fut également seigneur de Sassay, et il y a tout lieu de croire qu’il en fut de même de Guillaume de Varie et peut-être des précédents possesseurs. Charlotte de Bar, après le décès de son second mari, arrivé le 14 septembre 1485, continua à jouir de ces biens, qui, à sa mort, revinrent à la famille de Varie. En 1494 en effet, Guillaume de Varie donne procuration pour l'hommage de la dîme du Rouillis, et l'on trouve noble Guillaume de Varie, écuyer, probablement le même, qualifié seigneur de l'Ile-Savary, du Rouillis et'de Sassay en 1514 et 1527. Il était mort avant le 12 mars 1529, laissant un fils. Ce dernier doit être Charles de Varie, qui, en 1531, étant panetier ordinaire du Roi, seigneur de l’Île-Savary, de Sassay, du Rouillis et de Basse-Chancelée en Touraine et de Feullarde en Berry, obtint de François 1er des lettres pour faire dresser le terrier de ses seigneuries. En 1547, il rend deux aveus au Roi, l'un pour Sassay, l'autre pour le Rouillis. En décembre 1570, il possédait encore ces fiefs et honorables hommes sires Guillaume Dreux et Pierre Ferrand, marchands à Chinon, étaient fermiers du Rouillis et de Sassay. Il dut mourir peu après, car M. de Busserolle indique, dès 1571, René de Varie comme seigneur de ces deux terres. Celui-ci, le13 juin 1582, échangea Sassay, le Rouillis, la Basse-Chancelée et le Raineau avec messire Jean de Beaufort, marquis de Canillac, qui lui-même, le même jour, échangea de nouveau cette terre avec François de Bourbon, duc de Montpensier, seigneur de Champigny. De ces échanges multiples naquirent de longs procès.

 On trouve toutefois le due de Montpensier qualifié seigneur du Rouillis et de Sassay en 1587. Cette terre passa ensuite à son fils Henri et à la fille unique de celui-ci, Marie de Bourbon, duchesse deMontpensier, qui était sous la tutelle de François, cardinal et duc de Joyeuse. Ce dernier, en sa qualité de tuteur, rendait, le 24 juin 1613, foi et hommage pour la dîme du Rouillis à Jean-Louis de Rochechouart, seigneur de la Motte-de-Baussay. En 1626, la duchesse de Montpensier épousa Gaston, duc d'Orléans, et mourut l’année suivante en lui laissant une fille, héritière de sa mère. Les procès n'étaient pas encore terminés et la famille de Varie réclamait toujours la terre de Sassay, quand en février 1635, le duc d'Orléans, comme tuteur de sa fille, donna au cardinal de Richelieu les terres de Champigny, Sassay, etc, en échange de Bois-le-Vicomte et Mitry. Sassay avec ses dépendances valait alors, d’après les baux, de 1,600 à 1,700 livres de revenu. En vertu de cet échange, on trouve le cardinal de Richelieu qualifié seigneur de Sassay. Ce fief, à la mort du cardinal, passa à son neveu, Armand-Jean Vignerot du Plessis, duc de Richelieu. Mais le 18 mai 1646, la famille de Varie finit par avoir gain de cause et un arrêt du Parlement intervint en faveur de demoiselle Gilberte de Varie, femme de Louis (ou Charles) de la Brosse, écuyer, seigneur du Poirier, sœur et héritière de Philippe de Varie, héritier lui-même de René de Varie. La famille de Varie n’était cependant pas parvenue à entrer en possession de la terre de Sassay en 1650, et le procès durait encore. Cependant, dès le 13 septembre 1647, Gilberte de Varie et son mari avaient fait donation entre vifs à René de la Chastre, écuyer, trésorier général de France à Bourges, des terres de Sassay, le Rouillis, Basse-Chancelée et le Raineau; ils se réservaient toutefois la moitié de l’usufruit. 

 René de la Chastre fit le 26 septembre 1655 hommage pour la dîme du Rouillis relevant de la Motte-de-Baussay à François de Rochechouart, marquis de Champdeniers, et donna son aveu le 14 octobre. L'année suivante, il rendit hommage pour la terre de Sassay au duc de Richelieu, à cause du château de Chinon. En 1666, il vivait encore, si l'on en croit l'intitulé des Assises des fiefs de Sassay et du Rouillis tenues en cette année; il était certainement mort avant la fin de l'année suivante et ses enfants partageaient sa succession s’élevant au total à 201,550 livres. On voit par cet acte qu'il avait épousé en secondes noces damoiselle Catherine Girard, dont il avait eu quatre fils (Nicolas, René, François, Jean) et une fille, Marie, qui sont les partageants. D'un premier mariage était issu un autre fils nommé aussi René; il était décédé avant 1667, laissant veuve sa femme Marguerite de Marreau, qui avait eu de lui des enfants encore en tutelle. Les terres et seigneuries de Sassay, le Rouillis, la Basse-Chancelée et le Raineau furent attribuées à Nicolas et François de la Chastre et sont estimés 70,000 livres. Nicolas se chargea de faire valoir le tout. Ce partage donna lieu à des difficultés, particulièrement entre Nicolas et François de la Chastre. En 1670, la terre de Sassay est partagée: Nicolas de la Chastre l'aîné reçoit le Rouillis et François Sassay et Basse-Chancelée. Les procès recommencèrent cependant entre les deux frères, puis, le 7 juillet 1676, Nicolas vendit le Rouillis, pour 8,400 livres, à François, qui se trouva ainsi en possession de toutes les terres qui avaient appartenu à son père en Touraine. En 1685, François fit offre de foi et hommage pour la Basse-Chancelée. Il épousa Marie Renazé, fille de Bernard Renazé, seigneur de Lisle, conseiller du Roi, contrôleur et élu en l'élection de Chinon, et était mort avant le mois de mai 1694. Le 5 mai 1694, Nicolas de la Chastre, écuyer, seigneur de Sassay, son fils aîné, partage la succession, s’élevant à 46,163 livres, avec Joseph de la Chastre, écuyer, seigneur du Rouillis, son frère, et Marie de la Chastre, sa sœur. 

 En qualité d'aîné il avait droit, en vertu de la Coutume, au deux tiers des biens, plus le principal manoir, c’est-à-dire le château de Sassay, avec son chezé composé de trois arpents de terre autour du dit château. La Basse-Chancelée et le Rouillis furent également attribués à Nicolas. Celui-ci était encore jeune et on le voit qualifié en 1695 et 1696 de mineur émancipé ayant comme curatour Jean Richard, procureur à Chinon. Il épousa avant août 1704, Marguerite-Henriette de Villiers. Le 6 juillet 1708, il rend aveu au duc de Richelieu et de Fronsac pour Sassay, le Rouillis et le Raineau; il avait fait foi et hommage le 21 mai précédent. Le 10 juillet 1710, il rend sa foi et hommage pour la dîme du Rouillis à Nicolas de Lamoignon, seigneur de la Motte-Champdeniers, intendant de Languedoc, et donne son aveu le 15 novembre 1712. Nicolas de la Chastre parait avoir très mal administré son bien; on trouvera à l'inventaire de nombreux actes de vente passés par lui. On le voit notamment, le 25 mars 1712, vendre à Jean Frapin père et fils la maison du Rouillis, à l'exception de la fuie, sur laquelle restera assis et assigné le fief et justice du dit Rouillis, qu'il se réserve. Il vend également la dîme du Rouillis, le 14 octobre 1713, à Noël Pallu. Celui-ci déclare que cette acquisition est faite au profit de son gendre Joseph Torterüe, conseiller du Roi au bailliage de Chinon, déclaration jugée au bailliage de Loudun, le 20 juin 1714. C’est ce qui résulte de l'acte de foi et hommage de Joseph Torterue fait par devant François Curieux, sénéchal du marquisat de la Motte-Champdeniers, le 20 août suivant. L'aveu rendu pour cette dîme par Joseph Torterue, seigneur de Sailly, est du 28 mars 1719. Dès lors, la dîme du Rouillis cessa d'être annexée au fief du même nom et elle fut possédée par la famille Torterue de Sailly jusqu'à la Révolution.

Nicolas de la Chastre vivait encore en janvier et février 1716; il mourut peu après laissant ses affaires très embrouillées. Etienne Damours, écuyer, seigneur de Boisaujeu, conseiller au bailliage et siège présidial de Bourges, fut, sous bénéfice d'inventaire, son seul et unique héritier, par suite de la renonciation des autres. Il vendit, le 15 mars 1717, Sassay et le Rouillis à François de Mondion, chevalier, seigneur de Mépieds, moyennant 9,000 livres destinées à désintéresser les créanciers de Nicolas. François de Mondion posséda ce domaine jusqu'à sa mort; il paraît dans de nombreux actes de 1731 et vivait probablement encore au commencement de 1732. Il était décédé avant le 4 août 1732, laissant veuve sa femme Suzanne des Roches, chargée de la garde-noble de ses enfants. Elle est encore qualifiée dame de Sassay en 1753 et était morte en 1760. En cette année et l’année suivante, son fils François de Mondion, alias François Adolphel est qualifié seigneur de Sassay, le Rouillis et le Raineau. Il vendit cette terre le 26 janvier 1762 à messire Fortuné Bouin de Noiré, écuyer, prêtre, chanoine de Saint-Mexme de Chinon, qui en prit possession le lendemain; la vente fut faite pour 15,840 livres. L'abbé de Noiré laissa le château de Sassay à son petit neveu Armand de Ruzé, comte, puis marquis d’Effiat, qui fut maire de Chinon sous la Restauration. Le général Dujon, parent du marquis d’Effiat, hérita de Sassay; cette terre fut ensuite vendue à M. de Pascal qui la céda lui-même à la famille de Saint-Exupéry. Comme conséquence du droit de haute, moyenne et basse justices que possédait là terre de Sassay, il y avait un sénéchal chargé de l'administration de la justice. 

 Le château de Sassay se compose d'un bâtiment d'habitation construit au XVIe siècle sur la façade duquel fait saillie une tour polygonale d'escalier. Un pavillon également du XVIe siècle, adjacent au pignon ouest du précédent, est percé à son rez-de-chaussée d'un couloir d'accès à la cour, et est accompagné, à ses angles nord-ouest et nord-est, de tourelles en encorbellement. A l'ouest, un pavillon presque carré est construit de biais par rapport aux façades des deux précédents édifices. Un long bâtiment formant aile perpendiculaire à la façade sud du bâtiment principal, date du XVIIe siècle et aboutit à une autre aile très courte, en retour d'équerre. Un pigeonnier circulaire datant du XVIe siècle complète l'ensemble. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; la fuye : inscription par arrêté du 27 juin 1962 

 château de Sassay 37500 Ligré

   

Château de Sansac

Le château de Sansac est un édifice Renaissance construit au début du XVIe siècle à Loches. Son nom provient de son commanditaire, Louis Prévost de Sansac, dont le patronyme est lié à un domaine saintongeais. La date de 1529, gravée sur un buste de François Ier au-dessus de la porte d’entrée, marque probablement l’achèvement de la partie centrale. Ce buste, considéré comme l’un des portraits les plus fidèles du roi, était attribué à l’atelier de Girolamo della Robbia, mais l’original fut vendu aux enchères en 1899 et sa trace est aujourd’hui perdue. Le château, situé à l’est du centre-ville de Loches, sur les bords de l’Indre, a connu plusieurs propriétaires marquants. Au XVIIe siècle, il appartient à Madeleine Luthier, veuve de François de Vonnes, qui le lègue à Bonne-Catherine Luthier. Après la Révolution, il est acquis par Cyprien-Joseph-Louis de Bridieu et son épouse Élisabeth Mallevaud de Marigny. Leur fils, François Henri Antoine de Bridieu, y naît. En 1899, Antoine Berthon, ingénieur parisien, en devient propriétaire avant que le château ne passe à M. Jahan de Lestang en 1914. Architecturalement, le château se compose d’un logis central à un étage, surmonté d’un comble entre deux hauts pignons, flanqué de deux pavillons sans étage. Deux ailes basses, ajoutées au XIXe siècle, prolongent l’ensemble. L’escalier d’accès, orné de quatre paires de baies géminées en plein cintre, se termine par un clocheton. Une double frise de cercles, présente sur la façade, a été reproduite sur les pavillons du XIXe siècle. Parmi les éléments remarquables, le buste de François Ier, aujourd’hui remplacé par une copie, atteste de l’importance historique du lieu. Le château a également été le cadre de vie d’Armand-Charles-Marie de Riencourt, commissaire des guerres et chevalier de Saint-Louis, qui y mourut en 1787. Les communs, construits à l’écart, complètent cet ensemble emblématique de la Renaissance touraine. 

 Éléments protégés MH : Le château : inscription par arrêté du 12 mai 1927 

 château de Sansac 37600 Loches

   

Château de Saint-Sénoch

Le château a remplacé un édifice primitif. Elevé d'un étage et d'un comble sur rez-de-chaussée, il comprend un pavillon central et deux ailes dont les travées terminales sont, à la façade sud, en saillie sur les deux travées précédentes et surmontées d'un fronton courbe au tympan sculpté. A l'est et à l'ouest, une cour de servitudes est encadrée, de chaque côté, par deux bâtiments de communs aux axes parallèles à ceux du château. A l'intérieur, toutes les pièces du château sont ornées de boiseries d'époque Louis XVI. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; le sol de la cour d'honneur ; les façades et les toitures des communs situés à l'Est et à l'Ouest de cette cour : inscription par arrêté du 2 février 1963.

 château de Saint-Sénoch 37600 Varennes 

 Téléphone : 06 18 95 44 38

   

Château de Saint Michel sur Loire

Le château de Saint-Michel est construit au sommet du coteau qui surplombe la rive droite de la Loire, sur un site en éperon barré. Par comparaison avec le château tout proche de Planchoury, on le surnomme le Vieux Château. Le domaine a appartenu à Yolande d'Aragon, reine de Naples, qui le revendit à Jean IV de Bueil. La famille d'Espinay le vendit ensuite à Charles d'Albert, duc de Luynes. Dans les années 1920, il appartenait au sénateur Germain qui y effectua quelques modifications et fit construire l'aile est néogothique flanquant le châtelet d'entrée. On ne reconnaît plus grand chose de l'édifice représenté par Gaignières en 1699 : subsistent aujourd'hui le châtelet d'entrée édifié au XVe siècle et son escalier en vis hors-oeuvre qui dessert également l'aile moderne rajoutée dans les années vingt, une grange à pignon en rondelis située à l'ouest, la base voûtée d'une tour de défense quadrangulaire et une partie du mur d'enceinte d'origine. Ce mur est reconnaissable à l'est du châtelet et plusieurs constructions sont venues s'y accoler, en particulier l'aile moderne. On le retrouve également à l'extrémité du coteau dont il contient en partie la poussée. Une poterne permet de protéger l'escalier d'accès au bas de ce mur. Les autres portions de murs sont plus récentes. La tempête de Noël 1999 a accéléré la rupture de la maçonnerie qui a cédé sous la poussée des terres et provoqué une faille importante à cet emplacement. Un couloir souterrain incliné, voûté d'un berceau brisé, conduit à une salle rectangulaire couverte en berceau cintré soutenu par deux gros doubleaux. La destination de cette salle n'est pas connue. 

 Éléments protégés MH : les façades et toitures du châtelet : inscription par arrêté du 18 avril 1973.

 château de Saint Michel sur Loire 37130 Coteaux-sur-Loire

 

Château de Sainte Maure de Touraine

Reconstruit aux XIVe et XVe siècles sur les ruines de la forteresse de Foulques Nerra datant du Xe siècle, le château fut la propriété de l’illustre famille des Rohan Guéméné de 1498 jusqu’à la révolution. Au retour de son mariage à Saint-Jean-de-Luz, le roi Louis XIV s’y arrêta avec la reine Marie-Thérèse d’Autriche, les 7 et 8 juillet 1660. Sous le Directoire, le Premier Empire et la Restauration, l'édifice servit de caserne à la gendarmerie. Ensuite une école communale de garçon occupa le château de 1848 à 1968. Aujourd’hui, seule la partie centrale du vieux château subsiste, et trois tours sur le côté sud : une tour demi-circulaire ainsi qu'une ronde, et des restes de fortifications. La tour d'entrée est une construction carrée dont le couronnement a disparu, mais qui présente, au-dessus de sa porte, les rainures de manoeuvre des bras du pont-levis. L'intérieur contient, au rez-de-chaussée, l'ancien passage et une salle au-dessus. Un musée d’arts et traditions populaires occupe cinq salles restaurées du château et propose une dégustation de fromage à l’issue de la visite. 

 Éléments protégés MH : le château : inscription par arrêté du 12 novembre 1926. La tour d'entrée : inscription par arrêté du 30 juin 1936. 

 château de Sainte Maure 37800 Sainte Maure de Touraine 

 Téléphone : 02 47 65 66 20

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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