Rechercher un château

Château de Pont Chevron

Il existait au Moyen-Age un château-fort, implanté sur une ile au milieu de l'étang. Il ne reste de nos jours que quelques fondations en ruine et un pont en pierre. Le propriétaire de l'époque s'appelait Chevron d'ou le nom de Pont Chevron. L'ancien château qui était en ruine au début du siècle fut démoli à cette époque. Il était composé d'un quadrilatère qui se présentait comme un donjon, on communiquait à l'intérieur par un escalier desservant les différents étages, cet escalier avait été creusé dans le mur. Le château actuel se trouve situé entre la Puysaye et le Gâtinais, les terres qui l'entouraient étaient jadis très médiocres. Beaucoup d'entre elles étaient en friche, les amendements que l'on effectue de nos jours, rendent les terres plus fertiles. La construction du nouveau château a duré quatre ans. Il a été construit sur des plans du XVIIIe siècle. C'est pourquoi on retrouve dans cette architecture une symétrie parfaite, une simplicité et une élégance tout à fait remarquable. 

Le château a été construit par le comte Louis d'Harcourt à la fin du XIXe siècle. Après avoir hésité à le placer à l'endroit de l'ancien château, le comte d'Harcourt décida de l'élever sur une pente dominant un étang de 26 hectares. Ce château fut réalisé par un architecte du nom de Coulon. Sur la façade de l'entrée, on voit une sculpture représentant la "chèvre Amalthée qui a nourri Zeus", une des cornes de cette chèvre est devenue la "Corne d'abondnce". Le château est habité toute l'année par les propriétaires héritiers du comte d'Harcourt. On accède à la cour d'honneur à travers les communs ou en faisant le tour par l'extérieur. On pour voir la chapelle ou sont exposés des ornements brodés à la main et une Piéta en bois sculptée. Les jardins qui entourent le château sont composés de jardins à la Française formés de rectangles de pelouse ou s'intercalent des vases en pierre sculptée. Entre le potager et la cour d'honneur se trouve la roseraie qui vient d'être restaurée.

L'édifice est formé d'un corps de logis de plan allongé. Il présente, au nord, une rotonde ovale en demi-hors-oeuvre, formant avant-corps central. Les communs sont de plan rectangulaire, ponctué au sud d'un avant-corps central. A l'intérieur, un vaisseau central distribuait les remises à voitures et les écuries. De part et d'autre, et en vis à vis du château, s'étendent deux ailes en quart de cercle, terminées par deux pavillons, celui de l'ouest abritant la chapelle. Si le décor, en façade, se concentre sur les frontons, il n'est pas absent du reste de l'édifice : des clefs sculptées en forme d'agrafes et des guirlandes de fleurs soulignent les baies ; un bossage en table anime le pavement des trumeaux. Tout autour de l'édifice court une balustrade. A l'intérieur, le hall d'entrée présente un décor architecturé rappelant celui des façades. La salle à manger s'orne d'un décor de gypserie peint en faux marbre. Le salon est orné de panneaux sur toile représentant des animaux. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, des communs et du pavillon d'entrée ; à l'intérieur du château le hall d'entrée, la cage d'escalier, la salle à manger au rez-de-chaussée de la rotonde, la cheminée du salon au rez-de-chaussée avec son trumeau : inscription par arrêté du 21 mai 1987. 

 château de Pont Chevron 45250 Ouzouer sur Trézée 

 Téléphone : 06 10 60 34 96

Château du Muguet

Le château du Muguet fut construit en 1863 par l’architecte Arthur Froelicher (probablement fils de l’architecte Joseph-Antoine Froelicher) qui signa également le château de La Rougellerie (Chaumont-sur-Tharonne, Loir-et-Cher). L’axe central de ce château de style néo-Louis XIII est souligné par un pavillon a pans coupés, surmonté d’un belvédère. S’y dresse un clocheton qui détermine grâce a son toit bulbeux, le caractère particulier du château. Sous quelque façade qu’on le considère, soit a l’ouest, avec son perron central, soit a l’est, avec son pavillon avancé, on ne peut que remarquer l'effet de symétrie qu’accentue des lignes verticales. Des écuries forment le complément architectural. C’est dans ce château que se tint le Conseil suprême franco-anglais des 11 et 12 juin 1940, réunissant dans le plus grand secret Winston Churchill, Paul Reynaud, président du Conseil, le général Weygand, chef des armées françaises, et De Gaulle tout récent secrétaire d’État et général. 

 Éléments protégés MH : le château et les écuries qui en forment le complément architectural : inscription par arrêté du 9 septembre 1991. 

 château du Muguet 45250 Breteau

 

Château de la Mothe

Ce château est de fondation très ancienne puisqu'il fut bâti vers 910 par Fromont, comte de Sens. Le château passa ensuite entre les mains de la famille de Courtenay. En 1382, il appartint à la famille des La Trémoille, barons de Sully. En 1531, la demeure fut vendue à la veuve de Gaspard de Coligny, maréchal de France, qui avait épousé en 1514 Louise de Montmorency, sœur du célèbre Connétable. Leur fils Gaspard II s'illustra sous le nom d'amiral de Coligny à la tête des protestants. Mais peu après, les troupes royales prirent Châteaurenard et détruisirent le château de la Mothe pour s'éviter la peine de le défendre. En 1595, après l'assassinat de l'amiral, à la Saint Barthélemy, le château échut à sa fille unique, Louise de Coligny, qui avait elle même perdu, au cours de ce massacre, son époux Charles de Theligny, seigneur de Lierville, après un an de mariage. Elle se remaria avec Guillaume de Nassau, prince d'Orange, dit le Taciturne et fit bâtir en 1609, sur les ruines du château d'en bas, la magnifique demeure que nous admirons aujourd'hui mais qu'elle n'habita jamais. Son époux fut assassiné à Delft en 1584 en sortant de table, Louise de Coligny, folle de douleur, quitta la Hollande en 1620. Sur l'invitation de Marie de Médicis, elle s'installa au château de Fontainebleau et y mourut la même année.

Cette demeure sans doute la plus belle du Loiret, fut élevée sur les fondations de l'ancienne forteresse, ce qui explique le plan unique en France de ce château. La forteresse primitive était en effet octogonale et le château actuel a été construit sur trois des côtés de cet octogone. Aussi la façade principale est-elle flanquée de deux ailes placées obliquement. Cela donne à la façade un aspect largement ouvert, original et élégant. Le château est flanqué de chaque côté par des bâtiments bas, terminés par une tourelle coiffée d'une coupole. L'octogone primitif, entièrement entouré d'eau, forme la cour du château. La demeure elle-même est construite de briques et pierres et est surmontée de hautes toitures. Les hautes fenêtres qui l'éclairent sont entourées d'encadrements de pierre, il a gardé son aspect primitif malgré de nombreuses restauratians successives. En effet à la maison de Nassau succéda à celle d'Amat en 1658, puis celle d'Aquin en 1680. En 1755, il échut à Jean Pierre Fougeret qui le transmit en 1756 à son fils, Jean de Fougeret, Receveur Général des Finances et épousa en 1762 Anne-Françoise d'Outremont qui lutta contre la mortalité infantile des enfants et créa "La Charité maternelle" œuvre destinée à multiplier les crêches dans les villes. La reine Marie-Antoinette en était la protectrice. A la Révolution, M. de Fougeret périt sur l'échafaud en 1794. En 1806, ses descendants vendirent le château de la Motte à M. Paul de Baert, marié à Mlle Lamoignon de Malesherbes, petite-fille du défenseur de Louis XVI. Sa fille unique épousa M. Lepelletier des Forts qui mourut en 1861 en le laissant à sa fille qui épousa le comte de Maleyssie, qui restaura encore une fois La Mothe en 1882. Enfin, Mlle de Maleyssie vendit le château à M. Locher, qui en entreprit une restauration complète. Récemment, plusieurs propriétaires ont essayé d'entretenir et de rentabiliser cet important domaine... 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; les douves et le pont : classement par arrêté du 15 mars 1945. 

 château de la Motte 45220 Château Renard 

 Téléphone : 02 38 95 21 71

 

Château de Montliard

Depuis son acquisition en 1390, à l’occasion du mariage de Jean de Vievre, le domaine de Montliard en Gâtinais, situé à 45 kilomètres d'Orléans, n’a jamais été vendu et est demeuré la propriété de la même famille pendant cinq siècles. Cette adorable demeure est constituée d’un corps de bâtiment à pavillons dans le prolongement duquel est juxtaposée, au nord, une petite construction ajoutée au début du XXe siècle et abritant un escalier de service. Le tout fait face à une basse-cour fermée par des dépendances à colombages en forme de U et construites au XVIIIe siècle. Une aile, réalisée au nord au XVIIe siècle, a été détruite dans les dernières années du XIXe siècle. L’accès à l’ensemble s’effectue au nord par un pont de pierre enjambant des douves toujours en eau. Rectangle flanqué de deux pavillons carrés sur jardin et surmontés d’une toiture autonome, le corps de logis possède une tour hexagonale au centre de sa façade sur cour. Légèrement engagée dans la maçonnerie, cette tour renferme un escalier en vis en pierre. Elle est percée d’une porte dont le linteau, sculpté en accolade, a été refait en 1872, date volontairement transformée en "1572" de façon à coller au mieux au style de la maison. La reprise de la porte s’est accompagnée d’un rehaussement de la tour polygonale de façon à y placer un pigeonnier. Cela explique l’arrêt de l’escalier principal au niveau du grenier, l'existence de quelques marches de transition, puis un autre escalier en vis, désaxé par rapport au premier et desservant les hauteurs. Bien qu'ayant fait l’objet d’une décoration intégrale sous Louis François de Vievre, dans le plus pur style néogothique, Montliard a conservé l’essentiel de ses volumes originels puisque les transformations du XIXe siècle ont simplement consisté à multiplier les espaces à l’aide de cloisonnements.

Ainsi, nous constatons que les deux niveaux habitables ont une distribution identique: deux pièces carrées dotées de cheminées, chacune communicant avec un pavillon d’angle. L’étage abritait certainement deux chambres, la salle et la cuisine étant au rez-de-chaussée. Le dernier étage, sous charpente, abrite un grenier dont les pièces aménagées dans les pavillons ont longtemps servi à loger les domestiques. Comme pour la plupart des constructions en brique et pierre, le moellon est ici utilisé pour les soubassements, et la pierre de taille pour les encadrements des baies, les croisées, les angles et les corniches du corps de logis. Mais, ici, la construction se distingue par un mur pignon sud intégralement en moellon et le pan central de la tour en pierre de taille. L'essentiel des élévations est en briques rouges interrompues de briques vernissées de façon à former un réseau de losanges. Il devient quasiment impossible d’en observer le détail en raison du rejointoiement du XIXe siècle, particulièrement saillant et régulier, qui ne respecte pas du tout l'emplacement des briques. Cette construction, remarquable par son homogénéité et sa simplicité, n’en demeure pas délicate à dater en dépit de la date de 1591 placée au-dessus de la porte du salon. En effet, cette date semble bien trop tardive pour justifier la présence d’un escalier hors œuvre même si, avouons-le, la sobriété des ouvertures témoigne plutôt en faveur de la seconde moitié du XVIe siècle. L'existence d’un logis brique et pierre doté d’une tour d’escalier polygonale hors œuvre, construit en 1567 à Lamotte-Beuvron par Gilbert de Lévis, permettrait de privilégier le troisième quart du XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; les façades et les toitures des communs à l'exclusion des bâtiments modernes accolés au pignon Nord du château ; les douves avec le pont qui les enjambe : inscription par arrêté du 7 mars 1988. 

 château de Montliard 45340 Montliard 

 Téléphone : 02 38 33 71 40

 

Château de Montguignard

Quelques vestiges ont été conservés des constructions antérieures au bâtiment actuel. L'entrée principale présente des avancées protégées par deux tours décapitées. Ces restes de fortifications sont du XVIe siècle. La porte, flanquée d'une poterne, est une ouverture qui peut être datée du XIVe siècle, formée d'un arc en tiers-point à arêtes aigües, renforcée en arrière par un arc plein cintre. Les bâtiments situés à l'est conservent une pièce carré qui sert de cave. L'accès se fait par un escalier qui s'ouvre à l'extérieur par une porte en anse de panier, aux arêtes abattues par des chanfreins qui pourrait dater du XVIe siècle. Cet escalier aboutit à une première cave couverte d'une voûte en berceau. De la paroi sud-est de cette cave part un couloir étroit, voûté en berceau, qui aboutit à une autre pièce. Cette dernière comporte, au centre, une colonne ronde avec chapiteau à crochet, d'un type classique au XIIIe siècle. Sur le tailloir carré viennent aboutir les huit nervures des voûtes, quatre doubleaux et quatre diagonaux. L'ensemble des voûtes forme ainsi quatre secteurs carrés, chacun d'eux voûté en croisée d'ogives. Du XIIIe siècle également peut dater une amorce d'escalier qui se détache à l'angle nord de la paroi nord-est et qui, après un coude rapide, semble se diriger vers le nord-ouest. Il s'agit sans doute de la salle basse d'un ancien donjon carré. La première construction de ce donjon serait antérieure au XIIIe siècle. Au XIIIe siècle, cette salle basse fut voûtée et la porte fut seule conservée. 

 Éléments protégés MH : les caves du château de Montguignard : inscription par arrêté du 20 janvier 1976. 

 château de Montguignard 45300 Pithiviers le Vieil

 

Château de Mez le Maréchal

Les ruines imposantes de ce château-fort sont très anciennes. Les premiers seigneurs furent les Clément. Alberic Clément, fils de Robert, accompagna Philippe Auguste à la croisade et fut nommé 1er maréchal de France. C'est ce titre qui donna son nom au château. Il fut tué en 1191 à Saint Jean d'Acre. Ses deux successeurs, Henry et Jean Clément, portèrent aussi le titre de maréchal de France. La lignée des Clément s'éteignit au XIVe siècle et le château passa à la maison de Melun. Adam de Melun fut chambellan des Rois Jean le Bon et Charles V. Le château fut ensuite acheté par le duc de Nemours, époux d'Anne d'Este, dame de Montargis. Puis par mariage, il passa successivement aux Chaigneaux, aux Meignan et ensuite à Philibert de Turin, président du Grand Conseil. De 1672 à 1761 la seigneurie fut réunie à l'apanage du duc d'Orléans. Puis elle revint à la famille La Trémoille. Pendant la Révolution, le château appartenait à Antoine-Guillaume Girard, receveur de la terre. Au début du XXe siècle, il était au docteur Bertillon, connu pour ses recherches sur l’anthropométrie, qui le transmit à sa fille. Le château forme un ensemble de constructions en ruines n'ayant pas subi de remaniements importants depuis sa construction, qui date de la seconde moitié du XIIe siècle. Une enceinte rectangulaire est défendue par quatre tours placées aux angles. Sur l'une des faces, deux autres tours flanquent la porte d'entrée. Le centre de cette enceinte est occupé par un donjon rectangulaire, flanqué de quatre tourelles. Appuyés sur deux faces des courtines s'étendaient les bâtiments d'habitation dont il reste quelques fragments et des substructions.

 Éléments protégés MH : les ruines du château avec son donjon, son mur d'enceinte, les tours et la porte d'entrée, la cour et les anciennes douves : inscription par arrêté du 17 février 1940. 

 château de Mez le Maréchal 45680 Dordives 

 Téléphone : 06 83 36 61 09 

 

Château de Meung sur Loire

Le château de Meung est une très importante construction faite de plusieurs parties d’origine très différentes. L'édifice appartient jusqu’au XVIIe siècle aux évêques d'Orléans. Le premier château fut construit en 1171 par Manasses de Garlande. En 1214, Manasses de Seignelay le fit entourer de fortifications. Pendant la guerre de Cent Ans, ce château fut pris par les Anglais puis repris par Jeanne d’Arc. En 1430, Dunois, devenu seigneur de Meung, fit restaurer le château. Le poète Villon y fut enfermé par l’évêque Thibaut d’Assigny et condamné à mort, puis gracié par Louis XI de passage à Meung. Des restes de ce premier château ont subsisté et sont inclus dans les constructions postérieures. Les évêques y résidèrent du XVIe au XVIIIe siècle et augmentèrent de façon considérable les premiers édifices du Moyen Âge. Au XVIIIe siècle, Monseibneur Jarente de La Bruyère, qui était du parti de Choiseul, tomba en disgrâce et y fut exilé. Il y mena une vie fastueuse, parfois scandaleuse. Il y fit construire une chapelle ainsi que de nombreux bâtiments, dus sans doute à Louis François Trouard, grand maître actif à la Cathédrale d'Orléans de 1765 à 1773 et le pavillon de jardin (attribué à Louis-Denis Le Camus, architecte du duc de Choiseul à Chanteloup, près d'Amboise). Le château actuel comprend donc les restes de la tour de Manasses de Garlande accolés au clocher de l’église. Du XIIe siècle, il subsiste la salle des gardes aux voûtes ogivales. Du Moyen Âge, il reste aussi la tour du pont-levis. La plus grande partie des bâtiments correspond aux constructions des XVIe et XVIIe siècles.

 Éléments protégés MH : les ruines de l'ancien château (tour Manassis de Garlande) : classement par arrêté du 8 septembre 1988. Le château, ses dépendances et les sols attenants, à savoir : le château en totalité ; les parties souterraines attenantes ; le pavillon de musique, en totalité ; le pavillon du billard, en totalité ; la glacière, en totalité ; le sol allant du château à la place du Martroy et la collégiale Saint-Liphard : classement par arrêté du 26 janvier 2004. 

 château de Meung sur Loire 45130 Meung sur Loire 

 Téléphone : 02 38 44 36 47 

Château de Malesherbes

 
Ce château très vaste, et maintes fois remanié, a subi une longue histoire avec toutes sortes d’aventures, galantes, politiques, tragiques, qu’on ne peut que résumer rapidement. Au XIVe siècle, le premier seigneur était Étienne de La Grange qui est devenu de Malesherbes, en épousant Marie Dubois. Leur fille Jacqueline apporta le château en dot à Jean de Montaigu, grand argentier de Charles VI, qui fut condamné à la confiscation de ses biens puis décapité en 1409. Sa mémoire ayant été réhabilitée, sa veuve reprit le château et le porta en dot à Jean de Mallet, seigneur de Graville, grand maître des arbalétriers de Charles VII. Leur fils hérita de Malesherbes et devint ami de Louis XI. Son fils, Louis Mallet de Graville, devint grand amiral de France. Il épousa Marie de Balzac d’Entragues. Leur fille Anne, poétesse, se fit enlever par un cousin, Pierre de Balzac d’Entragues, qui l’épousa. Son fils François prit pour femme Jacqueline de Rohan qui le trompa et, mécontent, lorsqu'il mourut en 1572, se fit représenter sur leur tombeau, le dos tourné à son épouse. Mais, s’étant habitué à la légèreté des femmes, il épousa en secondes noces, Marie Touchet, ancienne favorite de Charles IX, dont la vie galante était célèbre. Elle lui donna deux filles dont la conduite fut plus scandaleuse encore que celle de leur mère: Henriette qui fut séduite par Henri IV, moyennant 100000 écus d’or et une imprudente promesse de mariage, et Marie-Charlotte qui fut seulement favorite du maréchal de Bassompierre. Ce fut donc entre ces trois châteaux de Malesherbes, Chemault et Le Hallier que se nouèrent les intrigues amoureuses du roi et de la rusée et ambitieuse Henriette d’Entragues. Malgré ses espoirs, Henriette ne fut pas reine. Mais le roi lui donna trois enfants et la fit marquise de Verneuil. Le domaine fut acquit en 1719 et remis en état par le chancelier de Lamoignon. Son fils, Chrétien Guillaume, fut conseiller au parlement de la cour des Aides. Il fut ministre, présenta des réformes et ne fut pas écouté. Au moment de la Révolution, Louis XVI, étant mis en accusation, de Lamoignon Malesherbes, âgé de 72 ans, obtint l’honneur de défendre le roi. Arrêté en 1794, dans son parc, il fut guillotiné avec toute sa famille. Le château est cependant demeuré entre les mains de la même famille et passa par mariage aux Lewis-Mirepoix, puis à la princesse de Robech. Il est maintenant une maison de réception. 

D’après un document d'époque, la première construction consistait en un quadrilatère flanqué de quatre tours d’angle et remonte à l’époque de Philippe Auguste. Au XIVe siècle, le bâtiment est incendié et rebâti par Étienne de La Grange. Au XVIIIe siècle, la courtine de l’ancien château médiéval est modifiée et apparaît le corps de logis actuel. Le corps principal, construit de 1720 à 1724, est l'oeuvre de Pierre de Vigny. Certains décors intérieurs sont dus à Robert de Cotte, premier architecte du roi. L'aile en retour a fait l'objet d'une surélévation et d'un traitement des façades dans le style du corps principal, pour harmoniser l'ensemble et obéir à la rigueur classique du début du XVIIIe siècle. Les dépendances s'élèvent autour de ce qui fut autrefois la basse-cour, communiquant avec le château par un pont-levis encadré de deux tourelles. Elles sont constituées de greniers ou grange à champarts, édifiés à la fin du Moyen Age et remaniés au XVIe (porche) et XVIIIe siècle (bulbe de la tour d'escalier); de la conciergerie ou maison du receveur qui abritait également le capitaine de la garde, dont la façade sur le parc fut remaniée en 1722; de la chapelle castrale édifiée à la fin du XVe siècle à laquelle fut adjoint un vaisseau plus vaste au début du XVIIe siècle, cette chapelle renferme un gisant en armure tournant le dos à une femme; du colombier remanié au début du XVIIIe siècle qui présente encore environ 1800 boulins en brique; de la glacière, mentionnée en 1723; de la maison dite de Châteaubriand, construite en 1776, qui aurait logé l'écrivain. Le parc du château est l'un des plus beaux arboretum datant de la fin du XVIIIe siècle dans cette région. Dans ce parc, Malesherbes a rassemblé une collection d'arbres indigènes et exotiques dont il expérimenta l'acclimatation. 

 Éléments protégés MH : l'ensemble des bâtiments des greniers; l"ensemble du parc, y compris les fabriques qui y sont édifiées: classement par arrêté du 6 mai 1965. La chambre d'Henriette d'Entragues; le salon de réception; le grand salon; la bibliothèque; la salle à manger: inscription par arrêté du 6 mai 1965. Les façades et les toitures du château; les façades et les toitures de la maison dite de Chateaubriand; la chapelle; la conciergerie; le colombier; les douves et la terrasse: classement par arrêté du 26 juillet 1988. La glacière: inscription par arrêté du 26 juillet 1988. 

 château de Malesherbes 45330 Malesherbes 

 Téléphone : 02 38 34 98 18

 

Château de La Luzerne

Le château de La Luzerne à Chambon-la-Forêt était le siège d’une puissante baronnie détenue au XVIIIe siècle par l’illustre famille de La Luzerne. Le site, caractéristique des mottes féodales, était entouré de douves en eau, aujourd’hui sèches, alimentées par une petite rivière ayant sa source en forêt d'Orléans. Nous savons qu’à l’époque du roi Louis VI une forteresse y était édifiée, qui fut cédée en 1112 par le comte de Gâtinais au domaine royal. Vers 1200, Philippe II Auguste fait don de cette place forte à l’un de ses fidèles chevaliers, Gilles Thouin. Dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, la seigneurie et forteresse de Chambon passe aux mains de la puissante famille de Montléart qui va, un siècle et demi plus tard, la vendre à la non moins puissante famille d’Angeliers, conseillers et panetiers des ducs d’Orléans. Après la guerre de Cent Ans, la propriété passe à la famille Gallucio de L’Hospital en charge de fonctions importantes à la cour, puis, par succession, à l’illustre famille Pot de Rhodes, traditionnellement grand maîtres des cérémonies des rois de France. C’est Guyot Pot de Rhodes, baron de Chemault et de Chambon, proche des rois Valois, qui va vers 1580 transformer la forteresse en demeure de plaisance sur les modèles d’Androuet du Cerceau. C’est le château tel qu’il nous apparaît aujourd’hui. La baronnie passe, au milieu du XVIIe siècle, à la famille de Machault qui ne le conservera que deux générations pour la céder ensuite à un conseiller au parlement de Paris qui, pris par les dettes, va vendre Chambon à son Cousin, l’opulent fermier général Vincent Maynon. Ayant fait dessiner les jardins par Claude Desgost, neveu et suiveur du célèbre architecte paysager André Le Nôtre, il en fera cadeau à sa fille Barbe-Madeleine, épouse de l’intendant Roujault de Villemain, qui va marier sa fille au futur chancelier de Lamoignon.

Par héritage, la seigneurie va passer à la fille aînée du chancelier, la comtesse de Beuzeville La Luzerne, puis au fils aîné de celle-ci, le comte de La Luzerne, dernier ministre de la Marine de Louis XVI et frère de l’évêque duc de Langres, futur cardinal de La Luzerne, et du chevalier de La Luzerne, ambassadeur auprès des États-Unis d’ Amérique et acteur essentiel de la guerre d’indépendance. La Révolution épargnera le château, mais les jardins et les inestimables collections botaniques du ministre vont disparaître. Vendu comme bien d’émigré, le château et le parc vont passer de mains en mains jusqu’à nos jours. Depuis plusieurs années, les propriétaires, M. et Mme Bouche-Florin, ont engagé un travail de mémoire ayant pour but la conservation et la restitution de l’environnement de cet édifice remarquable qui s’est quelque peu assoupi au milieu de son charmant parc balzacien. Le château de Chambon se compose d'un corps de bâtiment rectangulaire, flanqué côté nord d'étroits pavillons. Côté sud, il est accosté de deux tours aménagées aux XVIIe et XVIIIe siècles, vestiges de l'ancien château-fort. Des traces des anciennes douves sont conservées au nord et à l'ouest. La façade nord offre un aspect très caractéristique de l'architecture du XVIIe siècle. Un ensemble de communs subsiste à l'ouest.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures : inscription par arrêté du 17 septembre 1986.

 château de La Luzerne 45340 Chambon la Forêt

 

Château du Lude

La situation du château du Lude, à proximité de l’ancienne voie reliant Orléans à Limoges, a dû attirer les habitants depuis la plus haute Antiquité puisque des fouilles y ont mis au jour des silex préhistoriques et des débris gallo-romains. La seigneurie du Lude est citée depuis 726. Propriété de Herbert de Beauvilliers en 1115, le château est demeuré entre les mains de ses héritiers jusqu’en 1429 et est passé à cette date à Jean de La Rable dont les descendants le possédaient encore au milieu du XVIe siècle. La propriété est acquise par la famille Bastide au milieu du XIXe siècle, c’est à l'artiste Maurice Bastide qu’on doit de larges restaurations par l’architecte diocésain H. Rapine, qui visaient, outre les consolidations nécessaires, à donner au Lude un aspect historiciste marqué. C’est sans doute lui qui fit également reconstruire la chapelle dédiée à sainte Corneille, ancien lieu de pèlerinage.

On accède au château, établi sur une plate-forme polygonale irrégulière entourée de fossés alimentés par le Cosson, après avoir traversé de vastes communs entourant une cour quadrangulaire plantée en jardin: logements, granges et remises, chapelle et orangerie s’organisent autour de la cour. Le château comprend le pavillon de la poterne, reconstruit en 1890, en remplacement de celui du XVe siècle, avec son pont-levis, qui permet d’accéder à la cour d’honneur. À son extrémité s'élève un corps de bâtiment Renaissance, construit après les guerres de Religion qui, avaient valu au donjon et à l’aile droite du château qui s’y appuyait, en tant que place catholique, d’être démantelés par les troupes de l’amiral de Coligny. Ce corps de bâtiment est disposé en fond de cour, avec ses travées de baies remaniées par l’adjonction de meneaux et traverses, surmontées de lucarnes ornées, à partir de 1896, de décors sculptés dans un style tout proche de la Renaissance tourangelle. Une aile très courte à gauche est couverte d’une toiture s’achevant en croupe. Une aile plus basse, aux ouvertures repercées sur la cour et relevée en brique du côté des douves, relie ce bâtiment à la poterne. L'aménagement du parc il fut confié à l’architecte paysagiste Georges Le Breton. Ce château entièrement entouré de douves est fort séduisant. 

 Éléments protégés MH : la plate-forme ; les façades et les toitures du château et le parc: inscription par arrêté du 19 novembre 2002. 

 château du Lude 45370 Jouy-le-Potier 

 Téléphone : 02 38 45 82 83

 

Châteaux les plus consultés

(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

Actualités

Infos Météo

Flag Counter

```html