Traduction

Château de Baschet ou Bascher, ou Basché

Bascher était un hôtel-fort entouré de murailles et de douves que franchissait un pont-levis. Ces fortifications ont disparu et le château a été remanié. Chapelle des XIIe et XVIe siècles. Château bâti au XVIIIe siècle, et doublé au XIXe siècle d'une façade et de deux tours. La façade principale est ornée d'un fronton en tympan central mouluré, couronné d'un entablement. La fuye élevée au XVIe siècle est relativement bien conservée, avec 1400 boulins répartis sur quatre divisions et son échelle tournante.

 Éléments protégés MH : le pigeonnier : inscription par arrêté du 25 octobre 1971. 

 château de Baschet ou Bascher, ou Basché 37120 Assay 

 Téléphone : 06 68 89 52 77

 

Château de Bagneux

"Château édifié sur un éperon calcaire qui, selon la tradition, communiquait par signaux à feu avec Loches ou la tour de Galles. Des quatre tours qui flanquent le quadrilatère surmonté d'un chemin de ronde, subsistent deux tours qui ont été coiffées d'ardoises après le 15e siècle. La tour dite "du nord" présente une élévation qui, sans doute, permettait de voir jusqu'aux forteresses ou fortins des plateaux voisins. Les mâchicoulis sont conservés en totalité sur les deux tours, et en partie le long du chemin de ronde. Les deux autres tours ont été rasées. Vers 1830, destruction d'un bel escalier de pierre. Vers 1850, la foudre a incendié les greniers." 

 Éléments protégés MH : le château de Bagneux en totalité : inscription par arrêté du 5 novembre 1927.

 château de Bagneux 37240 Bournan

   

Château d'Azay le Rideau

 
Les restes d'une villa romaine qui se trou vent dans le voisinage du château nous prouvent l'antiquité d'Azay (dans les anciens textes, Asiacum, Azagum). C'était d'ailleurs une simple bourgade, et une charte du cartulaire de Cormery nous apprend que, vers 1030, la petite église, "ecclesiola" était déserte et servait de repaire aux bêtes fauves. C'est encore cette église, remaniée à toutes les époques, qui sert aujourd'hui de paroisse. Dans sa façade romane, une longue fenêtre en tiers point du XIIIe siècle s'ouvre sous le pignon dont le petit appareil réticulé, encadré par des triangles, comme à Gravant, près de Chinon, peut remonter au IXe ou au Xe siècle, mais on y a incrusté après coup quatorze statuettes du XIe siècle. De bonne heure, Azay, qui commandait le passage de l'Indre sur la route de Tours à Chinon, avait été fortifié. Parmi les seigneurs, nous voyons figurer Eudes II, comte de Tours, Geoffroy Martel, comte d'Anjou, Ridel d'Azay en 1119, qui a laissé son nom au village. Henri II, roi d'Angleterre, dépouilla cette famille, et réunit la terre d'Azay à sa couronne, mais Philippe Auguste, ayant confisqué les domaines de Jean sans Terre rend Azay à la famille Ridel. Plus tard, dans la liste des seigneurs d'Azay, nous remarquerons le nom du maréchal Jean Le Meingre de Boucicaut, puis celui de Jean III, comte de Sancerre, fils de Louis II, connétable de France. Lorsque Jean sans Peur s'était emparé de la ville de Tours, en 1417, il s'empressa de mettre à Azay une garnison bourguignonne. L'année suivante, Charles VII, se rendant de Chinon à Tours, fut insulté par les soldats, qui, faisant allusion aux massacres récents de la capitale, le traitèrent, lui et son escorte, de restes des petits pâtés de Paris. Justice immédiate fut faite. La place fut prise. Le capitaine et les 354 hommes qui composaient la garnison furent exécutés. Le village fut incendié, et garda jusqu'au XVIe siècle le nom d'Azay-le-Brùlé.

 La place avait trop d'importance pour la sécurité de la route entre le château de Chinon et la bonne ville de Tours, pour que le roi ne la fit pas fortifier à nouveau, dès qu'il en eut chassé ses ennemis. De fait, les habitants eux-mêmes allèrent au-devant de ses désirs et secondés par Jehan de Montgomery, écuyer d'écurie du roi, seigneur d'Azay, lui adressèrent une supplique, exposant que la ville avait "autrefoiz esté brullée, et, comme de tout, destruicte pour occasion de la guerre, et telement que lesdiz habitants dudict lieu ou la pluspart d'iceulx délaissèrent ledict lieu et s'en alèrent demeurer autre part, et est ledict lieu demeuré presque inhabité, et ladicte terre de petite revenue, et, pour ce, lesdits supplians, afin a que ledit lieu se peust remestre sus, et lesdits homme et subjiez avoir leur retraite audit lieu pour eulx et leurs biens, ils feroient voulentiers fortiffier et emparer ledit lieu d'Azay, s'il nous plaisoit leur donner sur ce noz eongïé et licences".. Ils n'eurent pas besoin de tortiller bien longtemps leurs bonnets, à la façon des paysans. Licence leur fut accordée de se fortifier par lettres patentes datées d'avril 1442. Un peu plus tard, la seigneurie d'Azay-le-Rideau appartenait à un membre de l'illustre famille de Bueil, Jacques de Bueil, comte de Sancerre, échanson des rois Charles VIII et Louis XII. Quelle était, à cette époque, l'importance du château? Nous l'ignorons. Toutefois il existe encore, comme nous le verrons, les vestiges du XVe siècle qui proviennent sans doute du château de Jacques de Bueil. Ce qui est certain, c'est que le château d'Azay n'entra dans l'histoire artistique que lorsque, ayant été acquis, le 5 août 1504, par Antoine Lebès ou Lesbahy, sieur des Fontaines et dame Renée Didaillon, leur fille eût épousé, en 1518 le richissime Gilles Berthelot.

 Les Berthelot sont une de ces familles de Mécènes, auxquelles on doit une grande partie de l'éclat de la Renaissance en Berry et en Touraine. Gilles Berthelot lui-même était un puissant financier, proche parent des Briçonnet, des Ruzé, des Fumée, des Beaune-Semblançay. Maître des comptes, puis trésorier de France et maire de Tours, il conçut tout de suite de grands projets, et ce qui restait du château des Ridel ou tout au moins des de Bueil, lui parut indigne de sa fortune. Tout d'abord, il sollicita du roi la permission de se fortifier. "A cause de grand passage, dit la supplique, qui y est continuellement, se trouvent et peuvent trouver, de jour et nuyt, plusieurs mauvais garsons, larrons publiques, espieurs de chemins, et autres gens ce vaccabuns, mal vivans, qui font souventes foys de grans noises, débatz, pilleries, larrecins, bastures, oultiaiges, multres et plusieurs aultres maulx et inconveniens, à l'occasion que cedit bourg n'est cloz ni fermé de portes et murs, et peuvent les dessusdits retirer après qu'ilz ont délinqué dedans les grans foretz de Chinon et autres boys". On voit bien que les défenses d'Azay n'étaient pas, en dépit de, l'autorisation de 1442 fort redoutables. Ce qui est caractéristique, c'est que l'on ne songe plus, dès lors, à se garantir que contre les traîniers et les voleurs de grands chemins. Quoi qu'il en soit, Gilles Beithelot se mit à l'ouvrage, Monseigneur Chevalier, qui a eu la bonne fortune de pouvoir compulser les archives de M. le marquis de Biencourt, nous a donné de curieux renseignements sur les travaux. C'est la femme de Gilles Berthelot, Philippe Lesbahy (ou Lebès), qui prit en mains la direction.

 Cette terre, ainsi qu'on l'a vu, était d'ailleurs son apport, et il se peut que la construction eût été entreprise déjà par son père. En passant il faut remarquer l'influence des femmes sur les architectures de la Renaissance. Une parente de Philippe Lesbahy assumait un rôle semblable à Chenonceaux. Les comptes nous apprennent que, du 12 juin au mois d'août 1518, une troupe de 110 à 120 manoeuvres travaillaient jour et nuit à creuser, les fondations, à planter les pilotis, et à épuiser les eaux. A cette dernière fin, "un pompeur" avait été envoyé d'Angers. Un certain Denis Guillourt avait sous ses ordres de dix à quatorze ouvriers maçons. Monseigneur Chevalier ne croit pas que ce Guillourt puisse être qualifié d'architecte. D'ailleurs ces premiers travaux n'avaient rien d'artistique. Un second registre des comptes, qui va du 17 janvier 1519 à fin août, nous apprend que les travaux n'étaient déjà plus exécutés à la journée, mais à "l'entre-prise". Un marchand de Tours, nommé Etienne Turmeau, se charge, moyennant un forfait de 400 livres de vider les eaux et les terres et d'étancher les fondations. Le maître maçon Etienne Rousseau reçoit pour la seule main-d'oeuvre 539 livres; or il avait sous ses ordres 16 ouvriers maçons et les matériaux lui étaient fournis rendus à pied d'oeuvre. Le maçon-sculpteur, Pierre Maupoint, marchande pour 100 livres la taille et la façon des deux culs-de-lampe des tourelles. Tous les travaux de charpente sont confiés à Jacquet Thoreau. Enfin, le menuisier, venu spécialement de Paris, s'appelait Thierry. Etienne Rousseau doit-il être considéré comme l'architecte, au sens moderne du mot? C'était l'opinion de Monseigneur Chevalier. Mais M. Charles de Grandmaison, non moins qualifié, émettait des doutes. Y avait-il, derrière notre maître maçon, quelque "deviseur de plans ou archilecteur", dont Etienne Rousseau, simple entrepreneur, n'a fait qu'exécuter les conceptions?

 Nous avons vu, notamment à Chambord, des exemples qui prouvent que cela n'aurait rien eu d'anormal. Ni les textes jusqu'ici publiés, ni l'examen des architectures, dont la silhouette est bien française, mais dont la décoration est italienne et dont la conception est d'ailleurs si nouvelle, ne nous apportent d'argument concluant et vraiment scientifique. Nous ne voyons aucune raison sérieuse d'imaginer, sinon dans la décoration, une intervention étrangère. Ce qui n'est pas discutable, c'est que le résultat fut un des plus parfaits chefs-d'oeuvre de l'histoire de l'architecture; si parfait, que c'est à peine si l'on peut regretter que Gilles Berthelot n'ait pu achever son oeuvre. En effet, la disgrâce de Semblançay lui fit craindre pour lui-même le gibet de Montfaucon. Il alla finir ses jours à Cambrai, qui était alors hors du royaume en 1529. Son beau château d'Azay fut donné à un certain Antoine Raffin, dit Potton, capitaine de cent hommes d'armes de la garde du roi, gouverneur de Cherbourg. Ensuite se succèdent plusieurs propriétaires, parmi lesquels François Raffin, Artus de Cossé, comte de Gonnor, maréchal de France, plusieurs membres de la famille de Saint-Gelais de Lusignan, Louis-Alexandre de Vassé, enfin Henri de Beringhen, seigneur d'Armainvilliers et de Grez. C'était un loyal gentilhomme, auquel Richelieu fit payer d'un dur exil son obstination à ne pas se dessaisir, même en faveur de l'ombrageux ministre, d'un secret confié par le roi. Mais ce qui nous intéresse surtout, c'est qu'il entreprit à Azay les seuls importants travaux que l'on puisse relever depuis Gilles Berthelot. Il fit aménager et décorer la chambre dite du roi, parce que la tradition veut que François 1er, Louis XIII et Louis XIV y eussent séjourné, et il construisit les communs. Il mourut en 1692.

 Le XVIIIe siècle vit passer à Azay plusieurs seigneurs du nom de Vassé. Un membre de cette famille vendit la seigneurie d'Azay au marquis Charles de Biencourt, maréchal des camps et armées du roi, le 27 septembre 1791. Le dernier marquis de Biencourt fit exécuter d'importantes restaurations. En 1845, une vénérable tour, qui datait peut-être d'Hugues Ridel, fit place à une tour "conforme au style du château". En 1856, il fit remplacer une toute petite tourelle en cul-de-lampe de l'angle nord-est, par une tour pareille aux autres tours angulaires. Il "rétablit les baies et les croisées dans le style primitif", il répara le grand escalier, ainsi que les pendentifs et les médaillons des voûtes. Enfin c'est de la même époque que date le perron qui se trouve à l'est sur la façade extérieure. Dans les jours sombres de 1870, il s'en fallut de peu qu'Azay-le-Rideau ne devînt, une seconde fois, Azay le-Brûlé. Le prince Frédéric-Charles y était descendu avec sa suite, et s'y était livré à de fort répugnantes ripailles. Un jour, le lustre vint à tomber sur la salle du festin. Le prince allemand crut à un attentat et menaça de tout brûler. Quelque tentation qu'il pût avoir d'exercer ses talents de vandale, on parvint à le dissuader. Les Allemands laissèrent, toutefois les traces les plus malpropres de leur passage. Le marquis de Biencourt, pour effacer cet affreux souvenir, fit brûler tout ce qui leur avait servi, jusqu'à ses voitures. En 1899, le marquis dut vendre son domaine. Azay fut occupé quelque temps par une pension pour jeunes étrangers, qui s'intitulait, non sans emphase, "Université d'Azay-le-Rideau". Enfin il fut une fois encore vendu à un M. Artaud, qui céda à son tour, en 1905, à l'Etat, pour 200.000 francs, un domaine amputé d'une partie du parc . Mais le château lui-même est devenu un musée de la Renaissance. Il a été restauré avec goût par M. J. Hardion, architecte des monuments historiques et ses destinées sont maintenant assurées.

 Le château d'Azay-le-Rideau, construit en partie sur pilotis, s'avance jusque dans le lit de la rivière de l'Indre, dont l'eau se déverse dans les douves, s'étalant, en amont, en un étang dont la surface réfléchit la masse blanche et dentelée des architectures. On sait quel parti la Renaissance a tiré, à Chenonceaux, à Chambord, à Fontainebleau, etc, de ces miroirs naturels. Ce souci de la beauté extérieure, dont les eaux doublaient ingénieusement l'agrément, est alors chose tout à fait nouvelle. Les superbes façades ne se cachent plus jalousement à l'intérieur d'une cour. Elles s'offrent hardiment aux curieux. Azay se compose d'un grand corps de logis ayant sa façade principale au nord, avec une aile en retour dans la même direction. Il est cantonné, à chaque angle, d'une tourelle en encorbellement, sauf au nord, où une tour de construction moderne "conforme au style du château" a remplacé la vieille tour féodale. Dans la partie du bâtiment qui rejoint cette tour, on voit encore une travée de petites fenêtres du XVe siècle, et un escalier à vis fort endommagé, curieux vestiges de l'ancien château. Si Gilles Berthelot avait terminé son oeuvre, eût-il fermé la cour intérieure par une seconde aile en retour symétrique à celle de l'Ouest et par une galerie à arcades? La chose aurait été conforme aux habitudes de l'époque, et il est fort heureux que les architectes du temps de Viollet-le-Duc ne s'en soient pas avisé. Car le château y eût perdu une grande partie de sa grâce. A l'origine, sans aucun doute, ce ne fut qu'un donjon défendu de toutes parts par la rivière. Il n'en est pas moins vrai que, dans la construction de Gilles Berthelot, les défenses féodales ne sont plus qu'un souvenir. Les robustes tours sont devenues de gracieuses tourelles; le chemin de ronde reposant sur des mâchicoulis n'est plus qu'un ornement, le plus charmant du monde; enfin nous avons vu le parti décoratif que l'on a su tirer des fossés. Cette défense minuscule est suffisante contre les vagabonds.

 Tous ces éléments, adaptés par un artiste de génie, sont empruntés, en somme, à la tradition française gothique. Mais voyez, avec quel goût de la symétrie, ces fenêtres sont superposées sur trois étages à droite et à gauche d'une travée centrale plus large et magnifiquement décorée. Les lucarnes disposées le long du chemin de ronde sont également ornées selon un système qui est un compromis entre le dessin général gothique et les éléments de la décoration italienne. Ceux-ci dominent d'une façon encore plus complète autour des doubles fenêtres superposées au-dessus des portes cintrées accouplées de la façade principale. Cet ensemble se termine en un gable monumental, ouvragé comme ceux des lucarnes, et n'est pas sans rappeler la silhouette des riches pignons à ressauts que l'on voit dans les Flandres. Au premier et au dernier étage, l'allège des fenêtres est ornée de l'hermine et de la salamandre, au milieu des flammes, avec cette devise: Nutrisco et extinguo. Les étages sont reliés entre eux par des colonnettes, et par des niches veuves de statuettes, dont le dais, richement décoré, porte cette autre devise: "Ung seul désir". Au fronton, on distinguait, avant les restaurations, trois écussons avec les lettres: F. C. (François et Claude). Les pilastres et les archivoltes, qui complètent l'ornementation de cette magnifique entrée sont, de plus, fleuris d'arabesques dont l'origine n'est pas douteuse, et l'on se rappelle qu'il y avait, vers cette époque-là, à Tours, des artistes réputés, les Juste, les Jérôme de Fiesole, dont il est difficile de ne pas reconnaître ici au moins l'inspiration. Enfin, les pilastres du rez-de-chaussée sont marqués des initiales des constructeurs: P. et G. (Philippe et Gilles). La porte de l'aile en retour est ornée, plus simplement, d'arabesques, de médaillons et d'un beau fronton. Du côté du midi, la travée centrale est décorée par une grande lucarne à croisée cantonnée de deux baies étroites, le tout prenant naissance plus haut que les autres lucarnes, et faisant comme une sorte de motif triomphal composé d'un grand gable et de deux autres plus petits, reliés ensemble par des balustres et des volutes faisant arcs boutants.

 La façade de l'ouest, sur l'étang, présente cinq travées de trois étages. Au rez-de-chaussée, une petite porte à fronton décoré, aujourd'hui en partie murée, s'ouvrait jadis sur un pont-levis, et correspond à un corridor voûté de caissons' irréguliers avec de fines clefs pendantes et de petits culots historiés. Ce qui est bien d'importation italienne, c'est l'escalier à rampe droite, qui s'ouvre sur la façade principale, remplaçant l'escalier en vis de Saint-Gilles de la période gothique. Des voûtes rampantes, à caissons ornés de médaillons, jadis peints et dorés, lui font une décoration somptueuse que nous retrouvons dans son état primitif à partir du premier étage. Outre cela, dans l'aménagement intérieur, nous aurons peu de choses à signaler. Remarquons toutefois, dans la cuisine, ou plutôt salle des gardes, un curieux puits, avec une conduite pour déverser l'eau et le treuil qui servait à la puiser. Tout cela, dissimulé en contre bas, au commencement du siècle dernier, quand le sol fut rehaussé, et cette salle transformée en salle à manger, a été découvert par M. Hardion en 1909. Voici un coin pittoresque. La large voûte d'ogives reposant sur des culots a été refaite en 1907. Le musée de la Renaissance n'est pas encore des plus riches. Il faut donc espérer que la somptuosité du cadre provoquera la générosité des donateurs. Nous signalerons seulement dans le vestibule les beaux épis en plomb du XVIe siècle, provenant de la toiture du château. Dans la salle des fêtes, dont on remarquera le plafond à solives, de belles tapisseries représentant l'histoire de Constantin, d'après Rubens. Dans une salle du rez-de-chaussée un remarquable buste en terre cuite du XVIe siècle, de l'école française, trouvé à Orléans, une faïence de l'atelier des Délia Robbia, un curieux panneau, représentant Gabrielle d'Estrée au bain et ses enfants, etc.

 Dans le parc, se cache dans la verdure une petite chapelle de deux travées voûtée en ogives. La façade est moderne; mais l'intérieur est de la Renaissance, comme le prouve la surélévation de la route qui eut lieu au siècle dernier. C'est alors que M. de Biencourt a changé la douve en un vaste étang. La cour d'honneur était précédée, connue à Villandry, si ingénieusement reconstitué, par M. le docteur Carvalho, d'une basse-cour entre deux canaux dont celui de l'Est existe encore, et d'une avant-cour en hémicycle séparée de la précédente par les communs. Enfin les communs, édifiés par M. de Beringhen, se composent de deux corps de logis avec pavillon à droite et à gauche de la grille d'entrée. Les toitures ont conservé de beaux épis du XVIIe siècle. Nous nous sommes efforcé de dégager les caractères les plus intéressants de ce château, et d'en résumer l'histoire. Quant au charme de cette oeuvre d'art, il faudrait la plume d'un poète pour essayer de l'exprimer. Nous voudrions cependant tenter de définir la place importante qui lui appartient, dans l'histoire de l'art français. L'originalité d'Azay est de réunir, en un ensemble harmonieux et nouveau, deux éléments en apparence contradictoires: le caractère de l'art médiéval et la libre fantaisie. Il dessine sur le ciel des silhouettes mouvementées de tours, de clochers. L'angle aigu est son moyen d'expression préféré. La Renaissance classique, au contraire, a le goût de la discipline et de la symétrie, des ordonnances régulières, des lignes droites, des profils horizontaux. L'architecte gothique ne perd jamais de vue les buts de défense militaire. L'architecte moderne recherche avant tout le confort. Or Azay-le-Rideau est encore un château gothique par sa silhouette, tout en étant déjà une demeure moderne par son aménagement pratique. On ne saurait le rapprocher que de l'aile nord de Chenonceaux, construite à la même époque, par un parent de Gilles Berthelot, et qui offre avec Azay tant de caractères communs, que l'on serait tenté de se demander si ces deux châteaux ne furent pas conçus par le même architecte. 

 Éléments protégés MH : le château d'Azay le Rideau avec son parc et ses dépendances : classement par journal officiel du 18 avril 1914. 

 château d'Azay le Rideau 37190 Azay-le-Rideau 

 Téléphone : 02 47 45 42 04 

Château d'Azay-sur-Cher

La châtellenie d'Azay appartenait au XIIIe siècle aux seigneurs de Surgères, dont le premier connu est Guillaume Maingot, qui combattit à Bouvines et qui mourut vers 1221. Vers 1372 le fief échoit à la famille de Clermont. Au milieu du XIVe siècle, les troupes anglaises occupèrent la ville; sur ordre du gouverneur de Tours, le bourg fut incendié pour les en déloger. Les fortifications du château qui comprenaient plusieurs tours entourées de douves sautèrent. Il reste aujourd’hui une tour appelée donjon et une partie du mur d’enceinte au nord, auquel était adossé un bâtiment d'habitation qui s'est écroulé. L'escalier de la tour demi-hors œuvre adossée à la façade nord du donjon a été daté par dendrochronologie entre 1390 et 1395. Les plafonds du donjon, quant à eux, forment un ensemble homogène mis en place entre 1428 et 1432. Face au donjon, subsistent également le chevet et le chœur d'une chapelle modifiée au XVe siècle, dont la charpente datée par dendrochronologie a été posée vers 1477-1480. Le château a été reconstruit après l'incendie et existait encore entièrement en 1700. En 1477, François de Clermont, également seigneur du Val d’Orquaire à Bléré, vendit la châtellenie d’Azay à Louis XI, qui en fit don à la collégiale Saint-Martin de Tours. Elle la conserva jusqu’à la Révolution où le domaine fut saisi et vendu comme bien national. Le château fut racheté en 1791 par Dominique Clément de Ris, propriétaire de la terre et du château de Beauvais sur la commune. Réquisitionné en 1946 pour loger des réfugiés, le donjon fut ensuite restauré.

Le donjon est construit sur un plan quadrangulaire et les étages sont desservis par un seul escalier en vis en charpente, logé dans la tour d’escalier polygonale demi-hors œuvre. Les marches monoxyles sont fixées sur un noyau en bois (chêne). A l’origine, le donjon comprenait très vraisemblablement un étage de plus, couronné de mâchicoulis. Il est aujourd'hui couvert d'un toit en pavillon en ardoise, et la tour demi-hors œuvre d'un toit conique en ardoise. Le donjon est construit en pierre de taille de moyen appareil et en moellon calcaire tandis que la tour demi-hors œuvre est entièrement en moellon. Il reste de la chapelle le chevet semi-circulaire, raidi par un contrefort au sud, et une partie de la nef dont les ouvertures sont totalement modifiées. L'ensemble porte une charpente à chevrons-formant-fermes couverte d'un toit en ardoise. La partie inférieure du chevet est construite en petits moellons, le reste de l'édifice en pierre de taille de moyen appareil. 

 Éléments protégés MH : les vestiges du château de Azay-sur-Cher : inscription par arrêté du 6 mars 1947. 

 château de Azay-sur-Cher 37270 Azay-sur-Cher

 

Château d'Argenson

Fief relevant du château de Nouatre. En 1700, le fief fut érigé en châtellenie, puis en marquisat en 1718. En 1667, une église paroissiale fut bâtie à l'emplacement de l'ancienne chapelle seigneuriale. Le château fut construit ou commencé à la même époque, et n'a jamais été terminé. Bâti au nord d'un enclos rectangulaire entouré de murs, l'ensemble comprend une église, un presbytère, un prétoire, deux pavillons, le château et la fuye. L'église est de style classique avec façade couronnée par un fronton. Le transpet était accompagné de deux chapelles dont ne subsiste que celle du nord. En 1678 fut ajoutée la chapelle du calvaire. Le presbytère est situé derrière l'église. Le prétoire se présente comme un petit bâtiment à arcades. Les deux pavillons servaient de logement au personnel et d'écurie. Le château comprend un corps de logis central et une aile le prolongeant au nord, ainsi qu'une aile symétrique au sud et un corps de bâtiment projeté à l'est, jamais construit. La fuye cylindrique date de 1683. 

 Éléments protégés MH : le château d'Argenson et ses dépendances, à savoir : l'église, le presbytère, le prétoire, les deux pavillons et la fuye : inscription par arrêté du 21 octobre 1947 

 château d'Argenson 37800 Maillé

   

Château des Archevêques de Tours

Candes était le siège d'une châtellenie appartenant aux archevêques de Tours. Le château, autrefois fortifié, leur servait de résidence d'été. Il fut commencé en 1485 par Robert de Lenoncourt, et achevé en 1520 et 1527 par l'archevêque Martin de Beaune. Dans le château primitif, en 1446, furent jugés et exécutés les complices de Louis XI dauphin qui conspira contre son père pour s'emparer du pouvoir. L'édifice comprend deux corps de bâtiments, dont un en retour d'équerre. Dans l'angle formé par les deux bâtiments est logée une tour polygonale d'escalier. Le grand portail d'entrée, en recul dans un hémicycle, est accompagné d'une petite porte de part et d'autre. Il est presque en plein cintre, surmonté d'un fronton en arc surbaissé. De chaque côté, des piliers à joints creux sont ornés de pilastres plats. Les communs limitent la cour côté nord. Subsistent également quelques ouvertures du 15e siècle, les autres étant du XVIIIe siècle. A l'arrière, au nord du château, galerie couverte dont la rembarde en pierre supporte des piliers de bois avec jambes de force. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; lala façade avec galerie de la partie Ouest des communs et la toiture correspondante ; le portail d'entrée : inscription par arrêté du 11 octobre 1971. 

 château des Archevêques de Tours 37500 Candes-Saint-Martin

   

Château des Archevêques

Le domaine d'Artannes relevait du Roi à cause du château de Tours, et appartenait aux archevêques de cette ville. La châtellenie fut élevée en baronnie par Henri II Plantagenet en 1180. Confisqué à la Révolution, le château fut vendu et appartient depuis à des laïcs. Il se compose d'un corps de logis principal avec rez-de-chaussée, un étage et un comble; d'une aile en retour d'équerre dont le rez de chaussée est traversé par un passage reliant la cour d'honneur à une petite cour nord. La porte qui ferme le passage au nord est surmontée d'une accolade à fleuron et crochets. Aux angles nord et sud font saillie deux tours circulaires. La façade ouest du bâtiment principal est accompagnée de deux tours polygonales. Sur cette façade, côté sud, fait saillie un petit bâtiment, autrefois la chapelle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 14 septembre 1949. 

 château des Archevêques 37260 Artannes-sur-Indre 

 

Château d'Amboise

Le site d'Amboise, habité dès l'antiquité, est une étape stratégique le long de la Loire. Un oppidum y est construit sur un plateau entre la Loire et l'Amasse. En 504, Clovis roi des Francs, et Alaric, roi des Wisigoths, se rencontrent sur l'Ile d'Or. Peu après Clovis bat les Wisigoths à Vouillé en 507. Ces derniers abandonnent la Loire et se replient vers le sud. Quatre cents ans plus tard, durant les Invasions Normandes et en accord avec les rois de France, Charles le Chauve et Louis le Bègue, Adalard, archévèque de Tours, dont la famille contrôle Amboise, confie la garde de la place à deux de ses parents: Ingelger et Sulpice Ier de Buzançais. Ingelger relève les fortifications de la ville. Vers l'An Mil, Amboise est la place la mieux protégée de tout l'ouest de la france. Au début du XIIe siècle, les seigneurs d'Amboise prennent le contrôle complet de la ville et de toutes ses forteresses. Louis d'Amboise, l'un des membres de la famille seigneuriale, participa en 1431 à un complot contre Louis de la Trémoille, favori de Charles VII. Démasqué, il est d'abord condamné à mort, avant d'être gracié. En revanche, son château lui sera confisqué en 1434. Dès lors, Amboise entre dans le domaine royal, très rapidement, Amboise devient une véritable demeure royale et Charles VIII en fait un beau palais. Le fils de Charles VII, Louis XI, fait élever son propre fils, le futur Charles VIII, à Amboise, pour des raisons de sécurité. Étant né en 1470 au château, le dauphin Charles apprécie Amboise et en fait sa demeure favorite. Il y est élevé sous la garde de Jean Bourré, seigneur de Touraine. Charles VIII fit les premières constructions marquantes au début de son règne, et entreprend de profondes modifications de 1492 jusqu'à sa mort en 1498 : la chapelle Saint Hubert, l'aile dite Charles VIII, de style gothique flamboyant, comprenant les logis du roi et de la reine, les deux tours cavalières, la tour des Minimes et la tour Heurtault. Un parc est aménagé sur la terrasse, on comptera plus tard le buste de Léonard de Vinci et un mémorial pour les accompagnants d'Abd El Kader décédés à Amboise durant sa captivité.

Passionné par la culture italienne qu'il a découvert pendant ses campagnes en Italie, Charles VIII invite à Amboise de nombreux artistes italiens en 1495, dont Fra Giocondo et Dominique de Cortone qui vont totalement transformer le Château à la mode de la Renaissance. Il fait également appel à l'horticulteur Pacello de Mercogliano pour aménager les jardins. Mais d'autres éléments seront supervisés par des artistes français. La construction fut supervisée par Raymond de Dezest, bailli d'Amboise, avec l'aide de trois architectes : Colin Biart, Guillaume Senault et Louis Armangeart assistés des maitres Jacques Sourdeau et Pierre Trinqueau, c'est plus de 250 maçons qui travaillaient en permanence sur ce chantier. Charles VIII y mourut en 1498 à l'âge de 28 ans, après avoir heurté de la tête un linteau de porte le 7 avril, se rendant au jeu de paume. Louis XII, son successeur, y fait bâtir une seconde aile, perpendiculaire à l'aile Charles VIII, dans un style renaissance. Il cède le domaine à Louise de Savoie qui élève ses deux enfants, Marguerite et François d'Angoulême, lequel était pressenti pour succéder à Louis XII. Lorsque Louis XII décède en 1515, François Ier monte sur le trône, la cour va peu à peu se désintéresser du château d'Amboise. Bien que sa construction continue, avec l'achèvement de la tour Hurtault, le réaménagement de l'aile Louis XII, le Roi va préférer d'autres demeures comme Fontainebleau, Blois, ou Chambord. Il invita Léonard de Vinci à résider à Amboise dans le Clos Lucé situé près du château. Un souterrain,permettant la communication entre les deux sites, fut percé.

 Léonard de Vinci mourut en 1519 à Amboise, il fut inhumé d'abord dans la collégiale Saint Florentin et ensuite dans la chapelle Saint Hubert. Henri II, continuera l'agrandissement du château en ordonnant la construction de nouveaux bâtiments sur la partie est. En 1560, sous le règne éphémère de François II, Amboise fut le théâtre de la conjuration d'Amboise prélude aux guerres de Religion. À partir d'Henri III, les séjours royaux se firent rares, pour devenir quasi inexistants. Peu à peu, l'édifice se transforme en prison de luxe pour les personnages de l'état. En 1626, César, duc de Vendôme et son frère Alexandre, grand prieur de France, y sont internés pour avoir conspiré contre Richelieu. Le château passe entre les mains du frère du roi Gaston d'Orléans. Celui-ci y effectue quelques démolitions dans les années 1660. Confisqué de nouveau par le roi, le château d'Amboise redevient une prison. Louis XIV y fera enfermer Nicolas Fouquet et le duc de Lauzun. Propriété du duc de Choiseul au XVIIIe siècle, celui-ci l'abandonne ver 1760 au profit de Chanteloup à quelques kilomètres au sud d'Amboise. Le château passe ensuite entre les mains du duc de Penthièvre avant d'être confisqué par la nation en 1792, en pleine révolution française. Une grande partie du château fut démolie durant le 1er Empire, lorsque Napoléon offre le château déjà en mauvais état à l'ex-consul Roger Ducos, lequel n'ayant pas les moyens de le restaurer, préféra détruire les deux tiers du bâtiment (la collégiale Saint Florentin et le logis des reines notamment) entre 1806 et 1810. Louis-Philippe Ier hérita du château par le biais de sa mère. Mais il est de nouveau confisqué lors de la Révolution de 1848. A cette date, à la suite d'un traité de reddition non respecté par les autorités françaises, l'émir Abd El Kader y fut placé en captivité, avant d'être libérés par Napoléon III en 1852. En 1873, Amboise repasse à la famille d'Orléans. Au début du XXe siècle la restauration de l'édifice est entreprise par Monsieur Ruprich Robert et son fils.

 Restaurations, transformations et destructions, ont altéré le château dont la totalité des corps de logis étaient encore conservés dans le premier tiers du XVIIe siècle, lorsque Louis XIII fit ajouter, vers 1620, une demi-lune au-delà de la porte et du fossé des Lions, demi-lune qui vint remplacer un ouvrage avancé antérieur. La tour Garçonnet perdit son couronnement et sa cage d'escalier carrée fut transformée pour accueillir une rampe à pas d'âne, les voûtes des tours cavalières furent quant à elles rompues sur quelques travées pour condamner ces entrées du château. Quant au fossé du donjon, il y a tout lieu de croire qu'il fut comblé par les décombres du logis du Fossé alors abattu. Le caractère naturellement défensif de la place, un éperon rocheux barré de deux fossés, est aux origines du développement du site du château. 

La pointe occidentale constituait le donjon, à savoir le lieu d'habitat et de repli. La défense y était assurée par quatre tours circulaires placées aux angles du trapèze et par deux tours carrées assurant le flanquement du fossé du donjon et, pour l'une d'entre elles, côté ville, le contrôle de l'accès au promontoire; enfin, par la tour pentagonale flanquant la porte orientale des champs qui devint à la fin du XVe siècle la porte des Lions. De ces sept tours, quatre ont disparu, les autres sont extrêmement transformées, mais il semble pourtant qu'elles soient toutes contemporaines des XIIe-XIIIe siècles. L'église Saint-Florentin fut bâtie dans la basse-cour autour de 1030. Par la suite, furent ajoutées plusieurs chapelles, un cloître et des logis canoniaux plus ou moins attenants, qui constituèrent les éléments conditionnant les développements ultérieurs du château. Le caractère fortifié du château fut accentué à partir du règne de Louis XI (1461-1483) mais il développa aussi son caractère résidentiel avec de nouveaux aménagements réalisés pour accueillir la reine Charlotte de Savoie (1461-1483) et ses enfants. Louis XI repensa et renforça les accès par la construction de la tour Garçonnet (1466), la porte des Lions et par des ponts-levis dans la rampe d'accès méridionale. Conçue comme une tour défensive, occupée à l'origine sur la moitié de sa hauteur par une vis piétonne de plan carrée, éclairée de fentes de jour et équipée d'archères-canonnières orientées face aux ponts de la Loire et adaptées à l'emploi d'armes à feu semi-portatives et épaulées, la tour Garçonnet possédait trois niveaux supérieurs dont les deux derniers étaient couronnés d'un chemin de ronde. Les travaux à vocation résidentielle ont probablement eu une ampleur que la disparition de nombreux corps de logis ne nous permet pas d'appréhender clairement; à défaut, les mentions relevées dans les différents fonds d'archives et l'analyse critique des sources iconographiques proposent la restitution d'un ensemble castral cohérent. Autour de la cour du donjon s'élevaient, au sud, dans le logis royal, le logis du roi (premier étage) superposé à celui de la reine (rez-de-chaussée), à l'ouest, un corps de bâtiment essentiellement dévolus aux cuisines et offices, au nord, face à la Loire, une terrasse d'agrément prenant place au-dessus d'une galerie fermée, enfin à l'est, une série de logis et de communs, difficiles à dater mais qui auraient pu être hérités du château antérieur.

La chronologie des chantiers de Louis XI reste toutefois complexe à préciser. On sait que dès les premières années de son règne (1463-1464), il fit détruire des bâtiments anciens, chargeant les édiles d'évacuer les déblais tombant dans la ville. Les contraintes exercées par la topographie du site et les anciens éléments architecturaux conservés déterminèrent la surface disponible. Les comptabilités urbaines livrent les lieux de la ville où s'accumulent les déblais et instruisent sur la localisation des travaux. De plus, dans sa correspondance, Louis XI adresse des directives à ses conseillers sur la tenue du chantier qui, confrontées aux sommes allouées pour celui-ci précisent l'identification des bâtiments concernés. Ainsi, conjointement à la construction de la tour Garçonnet (1466), le logis sud fut édifié. Dans son état primitif, il était encore de dimensions modestes: au rez-de-chaussée il accueillait le logis de la reine et au premier étage celui du roi où, à côté de la chambre, la grande chambre servait aussi probablement de salle. En 1474, débuta une seconde campagne: Louis XI entreprit la construction de la chapelle du Saint-Sépulcre assise dans la structure qui servit par la suite de soubassement à la chapelle Saint-Hubert de Charles VIII, et commanda l'extension du logis sud, de manière à disposer d'une véritable salle, séparée de sa grande chambre.

La présence de la Loire, la forêt giboyeuse et son attachement pour le lieu décidèrent Charles VIII à faire d'Amboise sa résidence principale et le château conserva ce statut, sous François 1er (1515-1547) jusqu'à son départ pour la région parisienne vers 1525. En 1489, la mention de déblais (6480 tombereaux en deux ans) permet d'estimer l'ampleur des projets: il entreprit dans la seconde cour des travaux de terrassement dont l'emprise se lit encore parfaitement aujourd'hui dans les mouvements de terrain du promontoire. Le nombre de tombereaux chargés correspond à quelques 6000 à 6500 m3 de terre déblayée, ce qui équivaut à une surface de 6000 m² décaissés sur un mètre de profondeur en moyenne, que nous situons entre l'emplacement de l'ancien fossé du donjon et la cassure de terrain qui traverse le promontoire au niveau du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins. Il y a donc tout lieu de croire que, dès 1489-1491, Charles VIII envisageait de construire le logis des Sept Vertus et le bâtiment de la grande salle dans la seconde cour. L'implantation des jardins demanda des travaux de terrassement encore plus importants et, nécessita pour soutenir le terrain surplombant le décaissement, la construction d'un mur de soutènement appelé couramment "le mur du logis canonial". La tour des Minimes fut pensée comme une nouvelle entrée au château, dominant les logis et débouchant sur les jardins.

Enfin, les motivations qui présidèrent aux projets du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins puis de la tour Heurtault sont, quant à elles, liées aux jardins. Durant cette période, Charles VIII ajouta au logis de Louis XI du donjon la chapelle Saint-Hubert, édifiée à l'aplomb de la chapelle du Saint-Sépulcre. Si la date exacte du début des travaux demeure inconnue, le chantier restait actif en 1495-1496. En 1498, à sa mort, étaient édifiés dans la seconde cour: le logis des Sept Vertus, le bâtiment de la grande salle, le jardin, une grande partie des tours cavalières et les deux premiers niveaux du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins. Le bâtiment de la grande salle, dont le premier escalier d'honneur se trouvait côté Loire, ne fut desservi par l'escalier "percé" que lors de l'édification du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins. En conservant le donjon et en ne faisant édifier dans la seconde cour que les édifices à vocation de réception, Charles VIII renforçait le dispositif sécuritaire. Contrairement à Louis XI qui avait interdit l'accès au château à toute personne étrangère à la famille royale, Charles VIII allait, au sein même du château, délimiter des espaces privatifs et d'autres ouverts à la cour. Notre restitution de la distribution met en évidence la double circulation qui avait été pensée pour permettre de gagner depuis le donjon les édifices de la seconde cour. De nouvelles galeries furent sans doute construites le long du logis du Fossé. Jouant incidemment le rôle de balcon pour suivre les parties de jeu de paume, elles étaient en outre défendues par le fidèle garde de Louis XI, Hans Haquelebac, rendu célèbre par les récits de Philippe de Commynes (1447-1511) . 

Le logis des Sept Vertus, avec ses logis jumeaux aux dispositions atypiques, dépourvus de chapelle et de retraits, était sans doute le logis d'apparat du couple royal, celui où ils apparaissaient en public, où ils suivaient les spectacles donnés dans la cour mais aussi, celui où logeaient les hôtes de marque tel que Pierre de Beaujeu, duc de Bourbon, en janvier 1498. Le bâtiment de la grande salle accueillant au rez-de-chaussée un espace dévolu aux gardes royales puis, côté Loire, un promenoir introduisant la grande vis, est occupé au premier étage par la grande salle du château; une salle qui, dotée de deux vaisseaux de voûtes reposant sur une file de colonnes centrales, affiche une filiation symbolique très forte avec la salle des états de Blois ou celle du palais de la Cité de Philippe Le Bel. Les aménagements et la distribution de ces logis révèlent la constante exposition de la personne du roi dans sa vie de cour qu'elle soit d'obligation ou d'agrément. Dans les galeries, le couple royal est en représentation, qu'il suive les parties de jeu de paume ou contemple le paysage de la Loire. Côté Loire et côté cour, des balcons longeaient les façades du logis qui, à l'instar de la galerie du logis des Sept Vertus, servaient pour les apparitions en public. Ainsi, la véritable distinction entre vie publique et vie privée ne concernait pas tant Charles VIII que la personne du dauphin. Si la vie du roi était toujours en représentation, la vie privée du château se résumait à la présence du dauphin dans le donjon qui assurait sa protection.

 L'année 1495 marqua un tournant décisif dans l'histoire du chantier. Charles VIII rentra d'Italie le 23 février 1496, et déjà étaient en travaux la tour des Minimes ainsi que le nouveau logis de Charles VIII construit face aux jardins. La morphologie des jardins montre leur filiation avec les horti conclusi médiévaux de tradition française, filiation soulignée par le décor de faux-créneaux animant le sommet du mur de soutènement du jardin, mais les influences italiennes s'observent ponctuellement à travers, la terrasse haute, la fontaine et l'orangerie comme si le grand jardinier transalpin, Pacello da Mercogliano, avait ajouté, à son arrivée à Amboise en 1497, quelques éléments italiens dans un jardin dont la conception générale était déjà fixée. On sait aussi qu'à proximité immédiate des jardins, se trouvaient le cabinet des oiseaux et le logis dit canonial qui fut, depuis Charles VIII jusqu'au départ définitif de la cour en 1560, le logis de l'Armurerie, sans doute achevé par François 1er, sorte de salle d'exposition dans laquelle on admirait face aux jardins et à la Loire de rares pièces de collection. L'armurerie fait office de fabrique de jardin. La tour des Minimes, les jardins et le nouveau logis de Charles VIII sur les jardins formaient un ensemble homogène pour lequel il est très délicat d'évaluer dans quelle mesure le projet primitif, où le nouveau logis de Charles VIII sur les jardins n'était pas prévu, fut modifié au retour d'Italie.

Il semble bien que ce fut pour installer les logis royaux face aux jardins que Charles VIII choisit cet endroit, laissant le donjon à l'héritier de la couronne à venir. Charles-Orland meurt le 16 décembre 1495, mais Charles VIII n'est alors âgé que de 24 ans. Le projet était bien plus ambitieux que le simple corps de logis que nous voyons aujourd'hui. Le logis devait adopter des dispositions classiques où le logis de Charles VIII surmontait celui d'Anne de Bretagne. Chaque logis se composait d'une enfilade de trois pièces: grande chambre ou salle, chambre et garde-robe, par contre, les espaces annexes qui ont disparu différaient l'un de l'autre. Côté jardin, le projet ne fut pas mené à bien. Côté cour, la grande vis permettait désormais d'accéder directement à la grande salle depuis la cour. Il n'était donc plus nécessaire de passer côté Loire et l'on pénétrait dans celle-ci par une porte ouvrant depuis le balcon suspendu. Ce changement ne demanda toutefois que peu d'aménagement puisque la salle, en fin de construction en 1495, avait pu être équipée d'une seconde cheminée placée sur le mur pignon oriental, modifiant l'emplacement du "haut-bout". L'escalier desservait aussi les grandes chambres du nouveau logis de Charles VIII sur les jardins. L'accès privé aux logis se faisait quant à lui par la tourelle nord, côté jardin, mais aussi par une vis installée dans une tourelle sobre accolée et centrée sur la façade sur cour. Cette vis communiquait de surcroît avec la chapelle assise sur un porche, qui jusqu'à maintenant était identifiée, à tort, comme un appendice relevant des aménagements de Catherine de Médicis.

 Parallèlement aux aménagements résidentiels, Charles VIII ne renforça que faiblement le caractère défensif du lieu. La canonnière à la française battant le fossé des Lions est directement à mettre en rapport avec les coups de sabre visibles dans la contrescarpe de la demi-lune du XVIIe siècle qui indiquent que celle-ci remploya la contrescarpe d'un ouvrage avancé antérieur. Les canonnières basses des tours cavalières étaient adaptées à l'emploi d'armes de gros calibre. Les canonnières perçant l'allège des baies des deux tours cavalières furent conçues pour des arquebuses mais leur efficacité étant sans doute limitée, elles jouaient un rôle avant tout dissuasif. Finalement, ces tours imposantes et massives constituaient de parfaits trompe-l'oeil d'ouvrages militaires. Le 7 avril 1498, à la mort de Charles VIII, les travaux étaient loin d'être achevés; entre 1499 et 1505, Louis XII (1498-1515), limita ses interventions à mettre hors d'eau les bâtiments. Ainsi, le nouveau logis de Charles VIII sur les jardins, le jardin et la tour Heurtault conservent, dans leurs maçonneries, les traces de cette rupture de chantier et, dans leur ornement, l'apparition des formes renaissantes. En 1516, François 1er (1515-1547) fit ajouter au nouveau logis de Charles VIII sur les jardins un étage, suréleva en même temps les tourelles d'accès et fit percer dans la tourelle circulaire nord une porte tournée vers la terrasse de la tour des Minimes.

 Le projet ne fut toutefois pas mené à terme et ni le couronnement de la tour des Minimes ni la galerie du portique des Quatre Travées ne furent construits. Le plan de François 1er manifeste cependant une innovation en matière de distribution car le logis du roi se trouvaient sous ceux de la reine; autrement dit, il occupait le logis primitif d'Anne de Bretagne, ceux qui sont de plain-pied avec le jardin. Cette distribution où le logis de la reine se trouve au-dessus de ceux du roi fut par la suite adoptée au vieux Louvre pour Éléonore d'Autriche. Si l'on peut considérer que les travaux de Louis XII et François 1er se déroulèrent dans la continuité de ceux de Charles VIII, il en va tout autrement des travaux d'Henri II et Catherine de Médicis qui ne semblent pas avoir été sensibles à la politique d'embellissement du site menée jusque-là. Le donjon que l'on conservait toujours pour les mêmes raisons de sécurité, mais aussi pour disposer, en outre, de capacité de logement importante, ne connut apparemment pas de modifications majeures. On se contenta d'aménagements secondaires, Catherine de Médicis fit installer sa chambre dans la tour-porche et convertit la vis privative mitoyenne en cabinet attenant à sa chambre. Les autres pièces de l'appartement furent occupées par une antichambre, une salle et des chambres pour les filles de la reine. En outre, les appartements du roi et de la reine n'occupaient plus le même bâtiment; le logis d'Henri II fut construit en empiétant sur les jardins. Reliés par un passage couvert à ceux de la reine, ces appartements annexèrent une partie du portique des Quatre Travées pour installer la salle des gardes du roi et se prolongèrent jusqu'au-dessus de la tour des Minimes où fut édifiée la grande salle. La grande salle primitive, sise dans le bâtiment sur Loire, se trouva quant à elle convertie en salle de bal...

Au XIXe siècle, Amboise était présentée comme le foyer des premiers artistes italiens ramenés par Charles VIII mais les travaux initiés par les colloques dirigés par Jean Guillaume, ont nuancé cette thèse. Pourtant le rapprochement entre les tours cavalières et le château Saint-Ange de Rome, tant pour la rampe cavalière intérieure de ce dernier que pour son aspect extérieur, est frappant. C'est d'autant plus valable pour la tour Heurtault qui, dépourvue de couronnement, présente des proportions trapues, proches de celles du fort papal. Par ailleurs, le talus de la tour Heurtault reçoit un traitement identique à celui ornant la base d'une des tours du castel Nuevo de Naples. Et l'on peut y voir, là encore, le détournement de la recherche militaire sur le tracé tenaillé de la tour casematée à éperon à des fins ornementales. Or, Charles VIII vit ces deux édifices. Pour cette "ville-pont" devenue "ville-château" que constitue la cité amboisienne, la réponse va de soi; les formes italianisantes sont quasiment inexistantes et les travaux d'urbanisme, ne répondaient pas à une politique cohérente, si ce n'est la priorité accordée aux travaux d'entretien et d'embellissement des zones mitoyennes du château tels que le Petit Fort, le port, le Carroir au pied du château, les deux grandes rues longeant le promontoire castral (la rue de la Concorde et la Place Michel Debré) et la Masse, mais qui au fond n'étaient dictées que par le désir royal.

Avec ses logis d'apparat et de réception de style gothique, mais dont la fonction est totalement inédite, le château d'Amboise occupe une place charnière dans l'architecture française. C'est un château-fort renaissant où résidence et défense cohabitent et s'imbriquent sans jamais prendre le pas l'une sur l'autre. À l'instar du Louvre de Charles V, les campagnes successives de travaux aboutirent à une "forteresse qui se transforme en palais réunissant les recherches d'une habitation royale à la défense extérieure" (Eugène Viollet-Le-Duc) . À Amboise, les tours cavalières symbolisent sans doute, à nouveau, au mieux la mixité des programmes et l'ambition d'un projet princier qui renoue avec ceux de la fin du XIVe siècle où: "L'imagination créatrice s'exprimait par la virtuosité formelle voulue et commandée par le prince: les châteaux du Louvre, de Saumur, de Mehun-sur-Yèvre sont bien des châteaux de fantaisie: les structures dentelées qui surmontaient, comme des baldaquins monumentaux, les tours de Mehun rappelaient que la fantaisie du duc s'exprimait dans la prolifération des éléments de décor en un sentiment profond du merveilleux". 

 Éléments protégés MH : le château d'Amboise en totalité : classement par liste de 1840. 

 château d'Amboise 37400 Amboise 

 Téléphone : 02 47 57 00 98 

Maison-forte de Villiers

La construction de la maison forte remonterait à la fin du XVe siècle ou début du XVIe siècle, par la famille de Mauvise qui détint la seigneurie de Villiers du XVe siècle au moins jusqu'à la Révolution. Des transformations ont eu lieu au XVIIIe siècle, date de la construction du petit bâtiment d'habitation et la bergerie à côté mais les granges sont plus récentes; fin XIXe ou début XXe siècles. La plupart des ouvertures ont été agrandies au XVIIIe siècle, avec des encadrements moulurés pour certaines. Les peintures murales de la tour d'angle ont été datées vers 1500. Sur le cadastre de 1833 est visible le corps de bâtiment entouré à l'est, au nord et à l'ouest, de cours avec dépendances autour. L'entrée devait se faire à l'est par une allée qui aboutissait à une première cour. Un mur percé d'une porte (dont on voit l'arrachement sur le pignon est du logis) devait séparer cette cour d'une seconde. Ensemble composé d'un corps de logis, un pigeonnier, un cellier, une buanderie et bâtiment d'habitation accolé en L, une écurie, deux granges. Le corps de logis comporte deux tours (une tour d'escalier et une tour d'angle) couronnées de cônes de pierre et non de charpente. Les deux ont une pierre qui couronne le faîtage. Une grande cheminée se trouve au rez-de-chaussée du corps de logis. La tour d'angle, ronde à l'extérieur et hexagonales à l'intérieur, a des peintures murales qui se déclinent en six scènes sur les six côtés. Ces peintures ont pour thème général l'évocation tragique de la mort. Les ouvertures ont toutes des encadrements chanfreinés ou moulurés. L'entrée de la tour d'escalier possède un linteau en accolade avec un écusson, illisible aujourd'hui. La tour d'escalier a des bretèches et des meurtrières. Le pigeonnier est carré, avec un toit en pavillon. La porte d'entrée possède un linteau en accolade et un linteau à décor de coquille. Sur un des piliers du portail d'entrée a été sculpté un épi de blé.

 Éléments protégés MH : le corps de logis et le pigeonnier : inscription par arrêté du 21 octobre 1992. La tour d'angle sud-est de la maison-forte avec ses peintures murales : classement par arrêté du 2 septembre 1994 

 maison-forte de Villiers 36370 Mauvières

 

Château de Villentrois

Villentrois, situé à la limite du Berry, de la Touraine et du Blésois, fut la principale place forte du Boischaut nord pendant plusieurs siècles. Au début du Xe siècle, elle fut, avec Loches et La Haye, à Garnier, fils d'Adelaud qui avait reçu Loches de Charles le Chauve. Elle passa par mariage à Foulques le Roux, comte d'Anjou, puis fut, avec Buzançais, Châtillon et le tiers d'Amboise aux mains des seigneurs de Buzançais, proches des comtes d'Anjou. Une famille de Villentrois y fit souche avant le milieu du XIe siècle et tint la seigneurie jusqu'au milieu du XIVe siècle. Le site choisi pour la construction du château est à 300 mètres au nord de l'ancienne agglomération de Villenstratum (Villa in Strata), chef-lieu de paroisse mérovingienne. Les deux sites sont séparés par le cours du Modon, l'ancienne agglomération, appelée Bourg de l'église, se trouvant dans la vallée, au passage de l'ancienne voie romaine Bourges-Poitiers, et le château sur le coteau qui domine le Modon d'une dizaine de mètres. Au pied du château furent construites plusieurs maisons, et la nouvelle agglomération prit le nom de Bourg du château. Mais les deux bourgs restèrent indissociables et complémentaires l'un de l'autre. Dans le Bourg de l'église, à cent mètres de l'église paroissiale Saint-Georges (XIIIe et XVe siècles), les seigneurs de Villentrois fondèrent un prieuré Saint-Mandé, qui a été supprimé en 1760. Il en reste la chapelle du XIIe siècle, désaffectée.

Le château est installé sur un éperon barré par une importante levée de terre, de trois à quatre mètres de haut et trente mètres de large maximum, doublée d'un fossé vers l'extérieur. A l'arrière, sur le plateau, se trouve une vaste enceinte ovale, qui se termine par un abrupt à l'est et est bordée sur ses autres côtés par un talus de 1,5 m de hauteur et un fossé peu marqué; cette parcelle est appelée la Garenne du Château. Au nord, une autre s'appelle le Donjon. En dehors de ce rempart, il ne reste rien des premières constructions castrales, ni du château en pierre construit à la pointe de l'éperon au XIIe-XIIIe siècle. À la fin du XVe siècle, Philippe de Commynes, devenu seigneur de Villentrois par mariage en 1472 et mort en 1511, fait démolir l'ancien château et construire le château actuel. L'ensemble suit un plan pentagonal. Au sud, il y a un grand corps de logis cantonné de deux grosses tours. Les salles sont pourvues de cheminées et il y a des latrines aménagées dans l'épaisseur des murs, à chaque étage. Leurs conduits aboutissent dans une fosse souterraine sous la tour dite du Trésor, au sud-est. L'enceinte, munie de puissantes courtines, est flanquée d'une tour circulaire au nord-est et d’une autre, arasée à mi-hauteur, au nord-ouest. Le côté nord, percé d'une poterne, est flanqué d'une tour carrée abritant un four. Un bâtiment doté d'une cheminée du XVIIe siècle s'appuie contre. 

L'accès au logis se fait par une longue allée qui longe la courtine est, puis débouche sur une cour. De là part un grand escalier, aujourd'hui arasé au niveau de la terrasse qui surplombe l'ensemble. À l'extrémité de cette esplanade se trouve la porte d'entrée, protégée par une bretèche pourvue de trois mâchicoulis. Dans la cour, située en contrebas, il y a plusieurs constructions en partie ruinées: au sud-ouest un bâtiment flanqué d'une tour à demi arasée, à l'est un autre bâtiment et une chapelle du XVIe siècle, et l'ancienne salle de justice. Le mur de clôture de la cour est conservé à l'ouest, avec sa grande porte cochère surmontée d'un blason aux armes des Commynes. Des coquilles sculptées sur les tours et sur les fenêtres rappellent ces armes. Deux portes fortifiées, détruites avant 1920, fermaient la basse-cour. À partir du XVIIe siècle, le château n'est plus habité. D'importants travaux de confortement et d'aménagement intérieur ont été entrepris dans les années 2000 sans affecter la silhouette générale du château. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château fort de Villentrois : inscription par arrêté du 23 décembre 1925. 

 château fort de Villentrois 36600 Villentrois

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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