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Château de Châtigny

Le site conserve, à l'ouest de la cour, les vestiges d'une villa gallo-romaine paraissant dater du IIIe siècle. Le château a probablement été bâti en 1487. Il se compose de deux ailes en retour d'équerre cantonnées de tours rondes et d'une courtine prolongeant l'aile Est, fermant la cour au nord. Accolée au pignon nord, cette aile est prolongée d'une partie plus haute, orné de damiers, sur des bases anciennes car les murs en sont épais. La courtine nord est percée d'une porte fortifiée de plain pied, le pont-levis a disparu. Des communs néo-gothiques ont été rebâtis vers l'ouest. La courtine ouest a disparu après le XVIIIe siècle pour ouvrir la cour vers les jardins et le parc situé au delà. Les murs en pierre de taille de grand appareil, sont ornés, au niveau des pignons et dans les parties hautes des tours, d'un décor de damiers en brique et pierre. De rares baies conservent leur décor de la fin du XVe siècle, d'autres ont été percées ou agrandies au XIXe siècle. Les façades intérieures sont éclairées par des baies toutes reprises ou créées fin du XIXe siècle, dans un style néo-gothique flamboyant. La courtine nord-est a été pourvue d'un crénelage et son portail a été en partie reconstruit. Un niveau de terrasse a été aménagé et s'étend à l'ouest. Le parc paysager règne à l'ouest et au nord. 

 Éléments protégés MH : les vestiges gallo-romains; le portail d'entrée et sa courtine; les façades et les toitures; les façades et les toitures des communs néo-gothiques; le mur de soutènement de la terrasse à l'ouest: inscription par arrêté du 16 juin 2006 

 château de Châtigny 37230 Fondettes

 

Château du Châtelier

Sur un promontoire de forme ovoïde entouré par des douves en eau, fut élevé le donjon résidentiel du châtelier dans la deuxième moitié du XIIe siècle, éventré il conserve toute sa hauteur, l'étage noble possède une latrine et les vestiges d'une cheminée, l'escalier en vis est disposé dans un éperon. Le site est entouré par une enceinte à tours rondes pleines, percé par une tour porte carrée accessible par un pont dormant. Cette enceinte est vraisemblablement contemporaine du donjon. Au XVe siècle, la tour Sud adopte la forme d'un fer à cheval d'habitation et de défense. L'enceinte est doublée entre le pont dormant et la tour porte carrée, par une enceinte aménagée d'archères canonnières avec pont levis charretier et piéton disparu. Dans la seconde moitié du XVe et la première moitié du XVIe siècle, c'est peut être Jacques Vernon, seigneur du châtelier à partir de 1457, qui fait construire le nouveau logis, soit l'aile Nord et le pavillon Nord de l'actuel logis. Ce logis englobe une tour ronde de l'enceinte, dans la deuxième moitié du XVIe siècle, François de la Noue, dit bras de fer est le maître d'ouvrage d'une plate forme d'artillerie en terrasse, élevée sur des casemates et agrémentée par une échauguette sur trois trompes, l'accès s'y faisait par un pont-levis à bascule et une tour porte carrée défendue par des archères. Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, le logis est agrandi par l'addition d'une aile et d'un pavillon qui lui sont accolés symétriquement au sud. On construit la grange dite des protestants qui peut-être originairement un temple protestant, et une dépendance. La cour était limitée au Sud par un bâtiment disparu, qui peut dater de cette époque, ces travaux ont pu être commandés par Benjamin de Pierre Buffière. Des jardins et un parc à la française sont plantés au XVIIIe siècle, disparus aujourd'hui. Une importante restauration du logis à récemment été entreprise.

L'enceinte et les portes carrées de l'enceinte en pierre de taille. Le logis deuxième moitié XVe siècle à toit à longs pans et pignon découvert ; logis deuxième moitié XVIIe siècle, grange dite des protestants (temple) et dépendance couverts d'un toit à longs pans et croupe ; tour d'escalier du logis polygonale avec escalier hors-oeuvre en vis sans jour ; tours d'enceinte couvertes d'un toit conique ; logis et pavillon deuxième moitié XVe siècle à un étage carré et un étage en surcroît ; logis et pavillon deuxième moitié XVIIe siècle à un étage carré ; donjon à trois étages carrés ; casemates voûtées en berceau plein-cintre ; escalier du donjon dans l'oeuvre (éperon), en vis sans jour ; la dépendance et la tour en fer à cheval sont couverts de tuile plate. 

 Éléments protégés MH : les douves, les façades et les toitures de la grange: inscription par arrêté du 5 août 1963. Les vestiges du donjon et l'enceinte du XIIe siècle, les façades et les toitures du grand logis: classement par arrêté du 14 décembre 1977 

 château du Châtelier 37350 Paulmy 

 Téléphone : 02 47 59 66 78

 

Château de Château-Renault

Au XIe siècle, les comtes de Blois et d'Anjou s'affrontent. Dans ce contexte un château primitif est construit à Château-Renault sur l'éperon rocheux dominant le confluent de la Brenne et du Gault, lieu d'un grand intérêt stratégique. Édifié, selon les sources, par Geoffroy Guicher ou Geoffroy de Château-Gontier qui aurait donné le nom de Castrum Reginaldi en l'honneur de son fils prénommé Renaud. A la fin du XIIe siècle la châtellenie de Château-Renault entre par mariage dans les possessions des comtes de Blois (famille de Champagne, puis de Châtillon). Guy de Châtillon vend en 1391 la terre de Château-Renault à Louis de France, duc de Touraine et d'Orléans, frère de Charles VI. Son fils, Charles, duc d'Orléans et de Milan, comte de Blois et de Beaumont, vend la châtellenie à Jean de Daillon en 1442, avant de la lui racheter et de la revendre en 1449 à Jean, bâtard d’Orléans, comte de Dunois et de Longueville. A la fin du XVIe siècle, la châtellenie passe par mariage dans la famille de Gondy. Elle est cédée à Albert Rousselet, au profit duquel, elle est érigée en marquisat en 1620.

La famille Rousselet, à laquelle appartient François-Louis Rousselet (1637-1716) vice-amiral de la marine royale et maréchal de France, reste propriétaire du marquisat jusqu'au milieu du XVIIIe siècle époque à laquelle il passe par mariage dans la famille d'Estaing. Le château est ensuite la propriété des filles de Marie Sophie Rousselet et de Charles Henri d'Estaing: Sophie Gabrielle d'Estaing, épouse de Louis de Barrairon, et Marie Catherine Louise d'Estaing, épouse de Charles Belland. En 1822, le château passe par héritage à la famille Calmon. Un incendie détruit une partie du château en 1907. En 1947, la municipalité envisage l'acquisition de l'édifice pour y installer la mairie. M. Calmon, propriétaire du château, propose alors de donner le logis et la donation devient effective en 1948. Les services municipaux s'y installent en 1962. En 1982, la municipalité acquiert les communs, le donjon et le parc restés jusque-là propriété de la famille Calmon. Un nouvel incendie d'origine criminel touche le château en juillet 1991 et détruit notamment une partie des archives et un tableau d'André Bauchant.

 Le site du château s'est développé sur un plateau rocheux au confluent de la Brenne et du Gault. On pénètre sur la terrasse par l'est, en franchissant une porte fortifiée. Au nord de la cour, se développent les communs. Le logis seigneurial occupant l'angle sud-ouest est construit à l'aplomb du coteau. L'aile qui prolongeait le logis nord-ouest, détruite par un incendie, où se trouvait la chapelle primitive, a été conservée à l'état de ruine. Le parc et le donjon sont situés au nord des communs. Le donjon, contemporain de la tour du Brandon à Athée-sur-Cher (37) et de la tour de César à Châtillon-sur-Indre (36), est construit sur un tertre artificiel circulaire, ceint d'un mur de soutènement à contreforts. Haut d'une vingtaine de mètres, le donjon cylindrique présente une élévation légèrement conique. Il est construit en moellon (tuffeau, grès, silex) et pierre de taille pour l'encadrement des baies. Au premier étage, le diamètre intérieur est de neuf mètres et les murs ont une épaisseur de trois mètres.

L'accès au donjon se faisait grâce à une petite porte située au premier étage côté sud qui devait être accessible depuis l'extérieur par une passerelle placée sur la crête du talus d'enceinte. Cette porte montre des montants externes, sommés de consoles moulurées portant un linteau en bâtière. L'arrière-voussure de cette baie a conservé un lattis recouvert d'enduit. A l'intérieur, il était divisé en cinq niveaux. Des bandeaux en pierre en légère saillie devaient servir à renforcer sa solidité. Malgré cela, une partie de l'édifice, côté nord, s'est effondrée à la limite du XVIIIe siècle et du XIXe siècle. Le premier étage possède une petite baie en plein cintre mais n'était pas doté de cheminée. Le deuxième étage possède les vestiges d'une cheminée, trois baies en plein cintre, et une ouverture ogivale qui semble être la porte d'accès d'un couloir ménagé dans l'épaisseur du mur. Le troisième étage est percé de deux baies dont une à arc brisé et comporte une cheminée. Le dernier étage est presque totalement détruit. 

 Éléments protégés MH : le donjon du XIIe siècle : inscription par arrêté du 12 octobre 1942. Le château et ses dépendances (à l'exception de son annexe ouest), y compris la porte du XVIIe siècle remontée dans cette annexe : inscription par arrêté du 16 septembre 1949. 

 château de Château-Renault 37110 Château-Renault

 

Château de Chargé

L'origine du domaine remonte au XIe siècle. En 1070 il est donné à l'abbaye de Noyers. Au XIVe siècle le château est construit sur un plan peu modifié jusqu'à nos jours. Au XVIIe siècle, l'édifice acquiert son aspect actuel. Communs et portail sont élevés à la même époque. Le château subit d'importants remaniements avec l'aménagement d'autres cheminées et la modification des ouvertures. Un bâtiment de liaison est édifié entre le donjon et la partie nord-ouest, et un escalier à balustres y est aménagé. Au XVIIIe siècle, est agrandie l'aile nord-ouest et la chapelle est transformée. Le mur de l'autel est orné de peintures murales du XVIIe ou XVIIIe siècle. 

 Éléments protégés MH : la chapelle : inscription par arrêté du 17 septembre 1986. 

 château de Chargé 37120 Razines 

 Téléphone : 02 47 95 67 97

 

Château de Chantilly

Logis seigneurial du XVIe siècle, ayant subi des remaniements. Il se prolonge à l'ouest par une porte fortifiée, bâtiment rectangulaire dont la façade nord conserve les rainures du pont-levis et dont l'angle nord-ouest porte sur un cul-de-lampe une tourelle. A l'intérieur, la moitié ouest du rez-de-chaussée du bâtiment d'habitation était occupée par une salle unique dont le plafond du XVIIe siècle présente des compartiments ayant reçu une décoration différente (mythologie, fleurs, ornements stylisés). 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures : inscription par arrêté du 8 septembre 1949. Le plafond peint des salles du rez-de-chaussée : classement par arrêté du 26 janvier 1950 

 château de Chantilly 37330 Courcelles-de-Touraine

 

Pagode de Chanteloup

 
Le château, habité pendant près de 25 ans par Choiseul, a joui à cette époque d'une grande réputation. La beauté des jardins et des eaux firent de l'endroit un autre Versailles. Le comte de Chaptal reprit la possession de Chanteloup après la Révolution, et il fut le dernier propriétaire. Victime d'une crise financière, il ne put le garder, Chanteloup fut vendu à un marchand de biens en 1823, et fut dépecé et démoli à tel point qu'à l'endroit où il fut, il ne reste aucune trace de cette résidence qui, pendant plus d'un siècle éblouit tous ses contemporains. Seuls la Pagode, la pièce d'eau et l'ensemble forestier acquis par le duc d'Orléans échappèrent au désastre. Edifiée en 1775 par le duc de Choiseul, ministre du roi Louis XV, la Pagode de Chanteloup est un rare exemplaire, à peu près intact, des Folies à la mode à la fin du XVIIIe siècle. Monument insolite, de pur style Louis XVI, la Pagode est entourée d'une pièce d'eau en demi lune dans un parc de 14 hecares, restaurée en 1910, à son sommet, on jouît d'une vue lointaine, elle servait au temps de Choiseul de belvédère pour les chasses. 

 Éléments protégés MH : les anciens jardins de Chanteloup : parties comprenant des parties architecturées : pavillon d'entrée ouest de la grille dorée; parties non classées du pavillon d'entrée est de la grille dorée ; partie centrale de l'ancienne maison du jardinier-chef : inscription par arrêté du 11 juillet 1994. Le site en terrasse de la pagode (à l'exception des parties classées), comprenant : les allées de Saint-Gatien et de la Ménaudière ; une partie du parc boisé entourant l'ancien grand canal, limitée au sud par les allées convergentes de Chandon et de Coulaine, à l'ouest et à l'est par l'allée de Dierre et la départementale 31 : inscription par arrêté du 30 mai 1994. La pagode, sa chaussée avec les grilles, les balustrades, le mur de soutènement et le pavillon dit du Concierge ; le bassin en demi-lune, le grand canal, l'allée qui les borde et les alignements d'arbres le long du canal ; les façades et les toitures du pavillon d'entrée est dit de la Grille dorée; les douves et leur mur de soutènement: classement par arrêté du 26 février 1996 

 pagode de Chanteloup 37400 Amboise 

 Téléphone : 02 47 57 20 97 

Château de Champigny sur Veude

En l’année 1060, à la tête de cette petite mouvance de Champigny, apparaît un chevalier du nom de Bernier qui possède de vastes domaines. Sachant allier aux goûts militaires l’amour de la religion et le culte des sentiments généreux, il fit plusieurs donations pieuses, entre autres à l’abbaye des bénédictins de Noyers située sur la rive droite de la Vienne. De son épouse Marguerite, il eut cinq enfants: trois garçons, Philippe, Maurice et Aimeri, et deux filles, Marie et Ascéline. Bernier de Champigny vécut jusqu’à un âge avancé, car nous le voyons, au début du XIIe siècle, assistant ou prenant part à plusieurs fondations. La châtellenie relevait de Loudun et rendait foi et hommage aux membres de la redoutable famille des Foulques. Le comte d'Anjou et de Touraine était à ce moment Foulques Réchin, à qui son père avait passé ce lourd gantelet dont il souffleta tant de fois les seigneurs de ces deux provinces. Quoi qu'il en soit, ses rapports avec Bernier étaient excellents: au bas de nombre d’actes laissés par Foulques, on voit la signature du chevalier de Champigny. Une partie des domaines de Bernier relevait encore d’un suzerain moins élevé que Foulques, mais pourtant fort considérable, je veux parler de Gosselin ou Josselin de Blo, qui demeura d'abord à Ghinon, puis à Champigny, dont il était devenu seigneur, dominus, par son mariage avec une des filles de Bernier. Entre autres enfants, il eut une fille, Euphémie, qui épousa Gaultier fils de Giroir de Loudun, et Robert dont il va être question. Robert de Blo devint châtelain de Champigny et épousa Hersen, veuve de Peloquin fils d’Archambault, seigneur de l'Ile-Bouchard, qui lui apporta en mariage une dot considérable avec un fils qu’elle avait eu de son premier époux: cet enfant s’appelait Peloquin comme son père. Vers 1090 surgit une querelle entre Foulques et Barthélemy de l’Ile-Bouchard, frère de Peloquin. Robert de Blo, fidèle gardien des intérêts de son beau-fils en même temps que des devoirs qui le rattachent à Foulques, prit parti pour le comte de Touraine qui lui confia la garde de la forteresse de Champigny. Malgré tous ses efforts, il ne put tenir contre les troupes de Barthélemy: le château fut pris et brûlé.

 Plusieurs des défenseurs et compagnons de Robert furent faits prisonniers, entre autres son neveu Garnier Maingoth, fils de Renaud Maingoth. Ce dernier fut enfermé dans une cellule et placé sous la surveillance de Payen, homme d'armes de Barthélemy. Cette captivité humiliante l’irrita si fort qu'une fois mis en liberté, il résolut de se venger de Payen. Sa fierté de caractère était trop connue pour que son ancien geôlier ne songe pas à l'adoucir par tous les moyens. Il y parvint par l'intermédiaire des religieux de Noyers qui possédaient quelques bénéfices à Champigny. Garnier consentit à la réconciliation, à la condition que Payen, son père et ses frères feraient un don à l’abbaye. La condition fut acceptée et, à quelque temps de là, Payen donna aux religieux, dans son domaine de Saint-Patrice, un labourage à deux bœufs. Robert de Blo apparaît comme témoin dans cette donation. Les possessions de Robert étaient fort étendues, aussi jouissait-il d’une grande influence. Il est appelé à donner son consentement aux dons et legs faits par des seigneurs de la contrée, comme Philippe, Geoffroy et Cadilon, bienfaiteurs du couvent de Noyers. Lui-même fit au monastère plusieurs donations dont la plus importante est celle des revenus de l'église de Champigny, de son four et de son moulin: c'etait en 1098. A cette époque Robert avait perdu son épouse Hersen ou Hersende. Le châtelain de Champigny se remaria dans les premières années du XII siècle. Sa seconde femme se nommait Marquisie ou Marchise. A l’occasion de la cession qu'il fit aux religieux de Noyers, "de toutes les coutumes de la terre de Champigny", nous lui voyons deux fils, Josselin et Robert.

 Les fils du seigneur de Champigny héritèrent de l'esprit chevaleresque et chrétien dont leur père avait montré l'exemple. A plusieurs reprises, Josselin et Robert II donnent leur consentement à certains legs faits à l'abbaye de Noyers, ou lui cèdent eux-mêmes différents droits, spécialement en faveur de la chapelle Saint-Gilles des Coûts. Robert II était seigneur de Champigny lorsque Henri II, roi d'Angleterre, par suite du traité de 1156, devint maître de l'ouest de la France. Ce jour-là l'âme des de Blo, qui n'avaient jamais manqué de fidélité aux Foulques et aux Plantagenet, ressentit une douleur profonde en voyant ce beau pays passer sous la domination étrangère. Henri II vint à Chinon pour gagner à sa cause les principaux chevaliers de Touraine. Il y établit sa sa cour et y résida assez longtemps. Mais c'est en vain que par des promesses ou des menaces, il tente de s'attacher le loyal châtelain de Champigny. Robert n'hésite pas à lui refuser obéissance pour prendre le parti de Louis VII, qu'il reconnaît pour son seigneur et roi. Le futur meurtrier de Thomas Becket, irrité de cette opposition inattendue, marche avec ses troupes sur Champigny que Robert avait eu soin de munir de travaux et de défenseurs, en y appelant plusieurs seigneurs des environs. L'attaque est vigoureuse; la défense ne l'est pas moins. Enfin, il faut céder devant le nombre: le château est emporté d'assaut. Dans cette lutte patriotique, plusieurs gentilshommes perdirent la vie, et d'autres la liberté: au nombre de ces derniers, il faut compter Baudouin de Brizay, Ory et Aimeri de Blo, proches parents de Robert. À sa mort, Robert II de Blo laissa deux fils: ce sont Josselin et Josduin, qui se montrèrent fidèles aux nobles traditions de leurs ancêtres.

 Avec ces nouveaux seigneurs, nous franchissons le seuil du XIIIe siècle, l'âge d'or des lettres, des sciences et des arts au moyen âge. Josselin épousa Hersinde. De cette union naquit un fils appelé Aimeri. A la piété Josselin sut unir, lui aussi, la valeur militaire, Philippe-Auguste s'efforce de tenir tête aux Anglais, qui veulent morceler son royaume. Se souvenant à quel degré le courage et le patriotisme sont héréditaires dans la famille des de Bio, il choisit comme chevalier banneret Josselin, en compagnie d'Hugues de Beauçay. Noblesse oblige, Josselin ne laissera pas faiblir le bras qui doit porter la bannière contre l'étranger. À Bouvines en particulier (1214), il réalisa des prodiges de bravoure. A quelque dix ans de là Josselin mourut, laissant pour héritier et successeur son fils Aimeri, qui comparait avec les seigneurs de la contrée au ban convoqué à Chinon en 1242. Aimeri donna une preuve de fidélité à son roi, lorsque Louis IX vint à Chinon et à Loudun pour réprimer les agissements des barons révoltés. Sans hésiter un instant, il répondit à l'appel du souverain. Il avait une fille nommée Emma qui épousa vers 1260 un gentilhomme d'une illustre famille du Loudunois, Guy de Beauçay, auquel elle porta en mariage la seigneurie de Champigny. Sa bravoure éclata dans la conquête du royaume de Sicile, où il accompagna Charles d'Anjou. Son frère, Hugues de Beançay IV, dit le Grand, aussi seigneur de Champigny, ne fut ni moins pieux ni moins courageux. Lorsque saint Louis partit pour la seconde croisade, en 1269, l'un et l'autre s'empressèrent de l'accompagner. Ces deux braves, à l'instar du roi, ne revirent pas le sol de la patrie. Hugues avait épousé Alix de Châtillon. Il eut douze enfants, dont les plus connus sont Marie, femme de Jean de Vendôme, Jeanne, mariée à Herdouin de Maillé et Hugues V.

 La seigneurie de Champigny passa aux mains de Hugues V, qui épousa en premières noces Almarine de l’Ile-Bouchard puis en secondes noces, Enodarde. De ce dernier mariage naquit une fille appelée Jeanne, qui réunit sur sa tête la châtellenie de Champigny avec celle de Beauçay près de Loudun et celle de la Rajace, située à quelque distance sur le territoire de Ligré. Mariée à Geoffroy de Beaumont, chambellan de Philippe de Valois, Jeanne de Beauçay perdit son époux en 1360, et vit bientôt sa main sollicitée par Charles d'Artois, petit-fils de Robert d'Artois, frère de saint Louis. Louis de France, fils du roi Jean, profita de certains embarras pour arriver à la possession de la seigneurie de Champigny. Quelle douleur que celle de Charles et de Jeanne expulsés de leur demeure. Charles meurt de chagrin en 1385, et son épouse va ensevelir son deuil dans le château de la Rajace, où elle rendit son âme le lundi de Pâques 1402. Il y avait bien quelque honneur pour notre châtellenie à appartenir à des princes de la maison de France et en particulier à Louis II d'Anjou qui, à ses divers titres de comte et de baron, joignait ceux du roi de Naples, de Sicile, d'Aragon et de Jérusalem. Mais le château et la ville ne pouvaient que souffrir de leur éloignement. Les ducs d'Anjou, d'ailleurs, ne gardèrent pas longtemps la terre de Champigny. La nécessité de se procurer des sommes considérables pour soutenir ses entreprises en Sicile, força Louis II d'Anjou à l’engager à Pierre de Beauvau, un des seigneurs les plus riches de son duché, pour 15,000 livres. Il en fit ensuite le transfert viager à charge de rachat. Enfin, du consentement de son fils aîné, Louis III d'Aragon, roi de Naples, il la vendit à ce même gentilhomme. Le prix du contrat passé en 1384 fut de 17,000 ducats d’or, 600 livres de rente et 400 écus.

 Pierre, qui était déjà seigneur de Beauvau et de la Roche-sur-Yon, avait uni son existence à Jeanne de Craon. Il légua ses propriétés à son fils Louis, sénéchal d'Anjou et de Provence, chambellan de René 1er, roi de Sicile. Marié à Marguerite de Chambly, Louis en eut Isabelle de Beauvau. Durant la guerre contre les Anglais, les de Beauvau firent noblement leur devoir. Ils étaient grandement appréciés du roi, qui avait choisi Pierre pour son chambellan. On les trouve en particulier près de la personne de Charles VII, pendant le long séjour qu'il fit à Chinon avant de céder aux salutaires encouragements de l'héroïne de Domrémy. Louis était honoré de l'amitié des princes et gentilshommes de la cour, entre autres du duc d'Alençon, des comtes de Vendôme, d'Harcourt et de Richemont. A sa mort, arrivée en 1472, il légua Champigny à sa fille Isabelle. Environ vingt ans avant la mort de son père, Isabelle de Beauvau avait épousé, à Angers, Jean de Bourbon, comte de Vendôme. Selon les termes mêmes du contrat, il ne reçut Champigny qu'après le décès de son beau-père. De ce coté encore, notre domaine ne faisait que rentrer dans la noble lignée de saint Louis. Si en effet Charles d'Artois était petit-fils de Robert d'Artois, frère de Louis IX, Jean de Bourbon était à son tour arrière-petit-fils de Jacques de Bourbon, lui-même descendant de saint Louis. Huit enfants naquirent de celte union, savoir six filles et deux garçons. Ce sont: Renée et Isabelle, qui furent abbesses de la Trinité de Caen, Catherine femme de Gilbert de Chabannes, Charlotte qui épousa Engilbert de Clèves, comte de Nevers, et Jeanne qui fut mariée successivement à Jean II, duc de Bourbon, à Jean de la Tour, comte d'Anvergne, et au baron de la Garde. Des fils, l'aîné, François, hérita du comté de Vendôme, et le second, Louis, reçut la seigneurie de Champigny.

 Après leur mort arrivée entre les années 1474 et 1477, Jean et son épouse furent inhumés dans l'église Saint-Georges de Vendôme. La châtellenie échut à Louis I de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon. C'était un gentilhomme accompli pour la bravoure non moins que pour la distinction. Il suivit le roi Charles VIII en Italie et se montra toujours au premier rang de cette noblesse belliqueuse, jalouse d’imiter les hauts faits des anciens preux. Lorsque le souverain eut regagné la France, Louis s'attacha à la fortune de Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier, auquel Charles VIII laissa la direction de la campagne avec le titre de vice-roi de Naples. Heureusement il n'eut pas le triste sort de Gilbert et put rentrer dans sa patrie. A son retour, il épousa en 1504, à Moulins, Louise de Bourbon-Montpensier, fille de ce même Gilbert de Bourbon, et de Claire de Gonzague. La résidence de Champigny, avec ses riants coteaux, avec sa belle vallée remplie de verdure et d’un calme profond, plaisait singulièrement à Louis de Bourbon et à sa femme; aussi en firent-ils leur séjour habituel. Cet attachement porta Louis à renouveler et à embellir la terre de prédilection qu'il s'était choisie pour s'y reposer, dans la pratique du bien, des fatigues et des déceptions d’une campagne malheureuse. Dès le milieu du XVe siècle, il existait dans la châtellenie une chapelle avec une sorte de petit chapitre fondé par les soins des seigneurs de Champigny. La modicité des revenus répondait au petit nombre des chapelains. Louis de Bourbon accrut les biens et revenus déjà constitués et établit une collégiale composée de neuf membres. Afin de revêtir ce chapitre de la canonicité requise, Louis adressa une supplique au pape Alexandre VI qui, par sa bulle du 10 janvier 1499, en confirma la fondation sous le titre de "Saint-Louis", et donna an doyen le droit de porter la soutane violette, la mitre, la crosse, l'anneau et la croix pastorale, et de conférer la tonsure à douze clercs. Cependant le vieux castel des de Blo paraissait à Louis de Bourbon insuffisant, non moins que la chapelle attenante au château. Plein des souvenirs de ses voyages, il se mit à l'œuvre. Le château qu'il fit bâtir était fort vaste et très beau: chacune des ailes était décorée de pavillons majestueux qu'encadrait une double cour et que baignaient les ondes limpides de la Veude. Louis laissa sans doute subsister une partie de l'antique forteresse, puisqu'une pièce parle du château "tant viel que nouvellement faict". M. de Montpensier nous dit dans ses Mémoires que c'était une demeure vraiment "royale".

 Il ne reste à cette heure que les bâtiments de service qui, transformés avec goût, sont devenus le château actuel de Champigny. Ce sont trois corps de logis en équerre entourant l'ancienne basse cour. Celui du centre présente deux étages avec, en son milieu, un pavillon surélevé et en saillie et à chaque extrémité, deux tours d'angle circulaires couvertes d'un toit en coupole, surmonté d'un lanternon. La chapelle fut achevée en 1540. J. Guillaume date le porche de 1549 date inscrite à l'intérieur du porche et non de 1570, il serait donc contemporain des bâtiments subsistants de l'avant-cour (datés de 1545 par une clef de voûte des écuries). Les vitraux de la chapelle sont un témoignage exceptionnel de l'art du vitrail du XVIe siècle. Quel ravissant panorama que ces onze verrières, qui n'ont pas moins de 3,50 mètres de largeur et de 7 mètres de hauteur. Un trait commun à toutes les fenêtres, c'est qu'elles sont divisées dans le sens de la hauteur par des meneaux, tantôt trois tantôt deux, avec nervures prismatiques. Les compartiments formés par ces meneaux se terminent par une arcade surélevée en forme de talon et sont surmontés de panneaux ovales, sur lesquels viennent se poser à leur tour de petits médaillons qui remplissent le sommet de la fenêtre. Chaque verrière est ainsi divisée en quatre compartiments bien distincts. Les panneaux placés au-dessous sont occupés par des scènes de la vie, de la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, depuis l'agonie jusqu'à l'ascension, et même jusqu’à la descente du Saint-Esprit, qui se trouve dans la onzième fenêtre; la fenêtre centrale fait seule exception et représente à cet endroit la création du monde. Les grands panneaux se divisent à leur tour en deux parties. La partie supérieure et principale renferme un événement mémorable de la vie de saint Louis, patron de la collégiale; la partie inférieure forme une sorte de galerie où apparaissent les portraits des principaux membres de la famille de Bourbon. Les princes et princesses sont à genoux sur un prie-Dieu surmonté d'un livre ouvert et portant leur blason respectif. Les uns et les autres ont la tête ceinte d’une couronne. Les seigneurs ont le manteau bleu doublé d'hermine par-dessus le vêtement brodé d'or: à partir de Louis de Bourbon, comte de Vendôme, ils ont, au bras gauche, un insigne formé d'une sorte de rose rouge enchâssant une pierre précieuse. Le costume des femmes ne le cède en rien pour la richesse et la beauté. Si les personnages bibliques sont remarquables par la finesse de l'exécution, si les portraits sont comme un musée étincelant, à leur tour et plus encore, les grandes scènes de l'histoire de saint Louis transportent l'imagination autant qu'elles captivent les yeux. 

 Éléments protégés MH : la chapelle : classement par arrêté du 19 janvier 1911. Les anciens communs du château, ainsi que les abords de cet édifice : classement par arrêté du 17 septembre 1945. 

 château de Champigny sur Veude 37120 Champigny-sur-Veude

 

Château de Champchevrier

Le fief relevait autrefois de Sablé. La forteresse a été construite au Moyen Age et est connue dès 1109 comme lieu fortifié. Au XVIe siècle, elle est remplacée par un château construit dans le style fin Renaissance, et dominé par une haute tour hexagonale renfermant l'escalier. Au XVIIIe siècle, la tour qui s'élevait dans l'axe de la façade principale a été abattue et les lucarnes furent remplacées par des oeils de boeuf. Aux fenêtres, des croisées à petits carreaux succédèrent aux croisillons de pierre. A l'ouest furent ajoutés deux bâtiments de deux étages, couverts en terrasse, et l'ancien petit pavillon nord-ouest devint un escalier où furent mises des boiseries provenant du château de Richelieu. Au début du XXe siècle, la façade sur jardins est restaurée, les lucarnes et la corniche furent restituées. A l'intérieur, le château a conservé un mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles, et de nombreuses tapisseries, notamment une suite de scènes mythologiques tissée aux Gobelins d'après les cartons de Simon Vouet. Dans le pavillon en saillie à l'ouest, au deuxième étage, une pièce comprend des lambris à compartiments peints de bouquets de fleurs, de petits personnages et de vues du château s'harmonisant avec un plafond décoré dans le même esprit. Des cuirs de Cordoue et de Venise garnissent les murs. Des douves, creusées au XVIIe siècle par le régiment du Duc de Roquelaure, encadrent le domaine. Au XVIIIe siècle, fut aménagée, le long de la façade principale, une grande terrasse bordée de balustrades. A l'angle nord-est de la terrasse se trouve une chapelle qui existait avant les remaniements du château. Les communs comprennent une fuye et des bâtiments du XVIIIe siècle. 

 Éléments protégés MH : le château, ses communs, les jardins de la cour d'entrée, et le parc avec son canal : classement par arrêté du 11 juillet 1975. 

 château de Champchevrier 37340 Cléré-les-pins 

 Téléphone : 02 47 24 93 93 

 

Château de La Celle-Guenand

Le château peut-être l'oeuvre d'Antoine de Guenand, premier seigneur connu par un acte de 1422 ; il est bâti sur plan en U, cantonné de quatre tours rondes, fortifié d'une tour carrée à pont-levis et entouré de douves ; sous la plate forme du château est creusé un souterrain refuge ; dans une seconde campagne qui pourrait dater du troisième quart du XVe siècle, on construit le châtelet d'entrée, les communs le jouxtant, le pigeonnier ; une tour d'escalier polygonale et une galerie joignant le châtelet à l'ancien logis ; en 1792 (date portée), on aménage un escalier en vis dans la tour carrée après avoir supprimé le pont-levis ; la destruction de l'aile Nord-Est peut dater du XVIIe siècle, ainsi que la construction des caves de la contrescarpe ; une chapelle mentionnée en 1781 est désaffectée au XVIIIe siècle et le châtelet est aménagé en écurie en 1787 ; au XIXe siècle, après 1812 (cadastre Napoléonien, deux communs sont détruits ; on bâtit de nouveaux communs, un portail, une fontaine ; dans le parc sont construites deux serres à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle ; l'une est en ruine, l'autre est couverte d'une charpente métallique portant le nom du fabricant "Charpentier Frères Orléans". 

La galerie est couverte en bardeaux en 1476; les salles du rez-de-chaussée semi enterré du logis précédant le souterrain refuge sont voûtées en berceau brisé et en berceau plein-cintre ; le porche du châtelet d'entrée est en berceau plein-cintre ; les toits du logis sont à longs pans et croupe ; le toit du châtelet d'entrée est en pavillon ; les toits de la galerie et des communs sont à longs pans et pignon couvert ; le pigeonnier et la tour d'escalier du châtelet d'entrée sont couverts d'un toit polygonal ; la tour d'escalier polygonale est couverte en terrasse ; l'escalier primitif du logis est dans-oeuvre, droit et en maçonnerie ; l'escalier de la tour carrée est dans-oeuvre, en vis sans jour et en maçonnerie ; l'escalier de la tour polygonale du châtelet d'entrée est hors-oeuvre, en vis sans jour et en maçonnerie ; celui de la tour polygonale de la galerie est hors-oeuvre, en vis avec jour et en maçonnerie ; celui du commun du XVe siècle est demi hors-oeuvre, tournant et en maçonnerie ; les tourelles ajoutées au XIXe siècle au châtelet d'entrée, à la galerie et aux nouveaux communs abritent des escaliers hors-oeuvre, en vis avec jour et en charpente. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité : inscription par arrêté du 11 juin 1943. 

 château de La Celle Guenand 37350 La Celle Guenand 

 Téléphone : 07 45 12 82 18 

Château des Cartes

Le domaine des Cartes existait déjà au XIIe siècle. En 1105, il fut donné à l'abbaye de Marmoutier. Au XVIIIe siècle est construit le château actuel, composé d'un bâtiment central se développant entre deux pavillons en légère saillie sur chacune des deux façades. Deux ailes le prolongent à l'ouest et à l'est. Les façades du corps de logis central sont divisées en trois travées par des pilastres soutenant, au-dessus de la travée médiane, un fronton triangulaire. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 22 mai 1948.

 château des Cartes 37360 Sonzay

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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