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Château des Bordes

Vers 1567, François Boisgauthier, marchand à Montrichard, possède la terre des Bordes sur la paroisse de Pontlevoy. En 1647, Charles Desmiers vend Les Bordes à Antoine Dubois Delaunay qui fait construire le corps de logis principal, deux petits pavillons, une chapelle, la basse cour et les jardins. Son fils Jacques-Sébastien vend Les Bordes le 8 octobre 1763 à Mathieu Pierre de La Ponce. Homme considérable et influent, il est à la fois commissaire des guerres, trésorier des Invalides, chargé la police de l’arsenal et, surtout, secrétaire du duc de Choiseul. Il commence une politique d’acquisitions foncières très importantes: le bois Roger en 1763, Prinçay en 1765, la Pigeonnière en 1772, le Riollet en 1774, la Pastourellerie et ses dépendances en 1776, les Petites-Bordes en 1782, Maré et la Patte-du-Loup en 1788. Il conserve l’aile Louis XIII et fait construire les deux autres ailes, le nouveau corps central du château s’articule autour d’un porche ouvert, permettant aux voitures de traverser. Il est surmonté à l’étage d’un grand salon à coupole voulue par l’architecte le Camus, prêté par Choiseul. Mathieu Pierre de La Ponce meurt le 30 vendémiaire An XII après avoir traversé calmement la Révolution et complété sa politique d’acquisitions, mais cette fois avec des biens nationaux. Les Bordes sont acquises le 20 septembre1804 par Henri Armand de Ribereys. Sa fille épouse en 1828 Théodore de Belot, propriétaire du château de L’Alleu très voisin. Leur petite-fille épouse Léopold de Bodart, famille originaire de Mayenne, dont la descendance possède toujours Les Bordes. Le château actuel comporte trois ailes assez différentes. Au XIXe siècle, le porche de l’aile centrale a été remplacé par un salon et doublé à l’arrière d’une grande cage d’escalier. Sur la façade, on fit élever un balcon soutenu par quatre colonnes. La chapelle en ruine subsiste sur la façade arrière ainsi que des communs dont une partie semble dater du XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH : le château des Bordes en totalité : inscription par arrêté du 2 juillet 1997.

 château des Bordes 41400 Pontlevoy

 

Château de la Borde

Dans son écrin d’eau et de verdure, la majestueuse façade du château de La Borde signe une architecture classique datant de la première moitié du XVIIe siècle. La demeure, construite entre 1643 et 1645 pour Guillaume de Flandres, a été un peu modifiée au XIXe siècle. De plan symétrique, sur deux étages carrés avec un étage de comble, elle comporte un corps central de six travées entre deux pavillons en briques de pays. Sur la façade sud, une galerie couverte en terrasse a été ajoutée au rez-de-chaussée au XXe siècle. La pièce lambrissée, attribuée à Jean Berain (1687-1688), a été ramenée au début du XXe siècle de l'hôtel de Mailly à Paris. De superbes lucarnes couronnées de frontons pignons rectangulaires et en anses de paniers renforcent l’esthétisme de l’ensemble. Un grand parc paysager du XIXe siècle et un canal de 400 mètres reliant le château de La Borde au village confèrent au site un style unique. Le fossé a été comblé en 1830 et la motte arasée. Le château, propriété d’une famille illustre (les Goury du Roslan), les communs (regroupés autour d’une cour carrée), le parc paysager, le logis, le miroir d’eau, la ferme, l’installation hydraulique et le jardin potager forment un magnifique ensemble. 

 Éléments protégés MH : le Château, les communs, le parc paysager, le salon, le logis, le miroir d'eau, la ferme, l'installation hydraulique, le jardin potager, le décor intérieur et la partie nord avec pour limite sud, l'allée Marion au lieu-dit Le Marchais Creux: inscription par arrêté du 24 novembre 1994. 

 château de la Borde 41230 Vernou en Sologne 

 Téléphone : 02 34 52 34 72 

Château de la Bonaventure

Ce nom proviendrait de la construction faite en ce lieu d'une chapelle dédiée à saint Bonaventure. Elle aurait été occupée par les Templiers, puis par les Cordeliers; en outre, elle gardait ce lieu de passage qu’est le Gué du Loir. La légende affirme que c'est là que fut créé au XVIe siècle, sur un jeu de mots, le refrain La Bonne Aventure au Gué, lorsque le propriétaire du lieu, Nicolas de Salmet, chirurgien du roi François 1er, et qui fut attaché au service d'Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, recevait autour du prince de joyeux compagnons. Le bâtiment fut ensuite possédé pendant longtemps par la famille de Musset dont une branche resta en ce lieu jusqu'au début du XIXe siècle. En 1822, Victor Donatien de Musset-Patay avait emmené ses fils, le jeune Alfred et son frère Paul, visiter ce fief de la famillee et ce pélerinage avait vivement frappé l'imagination du poète romantique. Abandonné, transformé en ferme ce beau témoin des siècles passés a été récemment bien restauré par la famille Le Maignan.

L'édifice a la forme d’un L, avec une aile bâtie à la fin du XVe siècle et l’autre vers 1600; il est entouré d’une enceinte, qui comptait au moins six tours à l’origine et quatre actuellement. Une des tours a été transformée successivement en pigeonnier, puis en habitation. Le logis seigneurial a été construit vers 1485 en style gothique tardif. Le pignon sud, qui domine l’entrée du logis, présente trois belles fenêtres à meneaux et trois portes superposées. L'entrèe se faisait au rez-de-chaussée du logis par une petite porte à droite, la partie gauche de ce pignon était flanquée d’une tourelle renfermant un escalier à vis, qui permettait d’accéder aux deux étages, et à une galerie qui parcourait toute la façade ouest jusqu’à l’autre bâtiment. La façade ouest, en moellons et enduit, comporte très peu d’ouvertures: les portes-fenêtres ont été ouvertes vers 1800. La façade est présente la même construction en pierre de taille et le même système de fenêtres à meneaux que le pignon, architecture qui marque la fin du Moyen-Age...

 Éléments protégés MH : le château de la Bonne-Aventure, y compris le mur de clôture avec ses tourelles : classement par décret du 18 novembre 1966. 

 château de la Bonaventure 41100 Mazangé 

 Téléphone : 06 78 40 00 96

Château de Bois Freslon

Le château de Bois-Freslon occupe une place bien visible, presqu’au sommet de la côte qui borde la vallée du Loir, très large à cet endroit, et de sa terrasse on découvre une très belle vue. D’après Saint-Venant, le lieu tire son nom probablement des chevaliers Freslon dont le premier signalé fut témoin à Ternay, en 1135, d’un don au prieuré de Croixval voisin dont Ronsard fut plus tard le prieur. À l'époque féodale, ce lieu fortifié dès le XIIe siècle comportait une enceinte carrée avec ses quatre tours d’angle, la plus importante au sud, de forme circulaire, carrée à l’intérieur, faisait office de donjon; de nombreuses meurtrières attestent encore de sa fonction défensive strictement militaire. On y accédait par le nord à l’aide d’une rampe et d’un pont-levis et subsiste encore une poterne au pied du donjon. La plupart des aménagements ont été pratiqués à l’époque de la Renaissance en transformant Bois-Freslon en logis largement ouvert sur l'extérieur: en témoignent le percement des fenêtres à meneau, l’ouverture à l’est d’une élégante porte charretière flanquée d’un guichet en plein cintre et l’ouverture d’un portillon sud-ouest encadré de pilastres et surmonté d’un fronton sculpté. L'ensemble a été complété à la fin du XVIe siècle par la fondation d’une chapelle construite en voûte plein cintre en pierre appareillée. Vers 1870 la façade ouest a été restaurée et modifiée dans le style néo-Renaissance et une aile a été ajoutée. Dans la cour, un puits alimentait le château en eau. Après avoir appartenu à la famille de Trou au début du XVe siècle, le fief est acheté vers 1466 par Pierre de Gouzolles et un demi-siècle plus tard Anne de Gouzolles le fait entrer la famille de Chources par son mariage avec Germain de Chources, dont les descendants conservent le fief jusqu’en 1918. En 1876, achat par Monsieur Rourt de Clermont puis, en 1908, le château est vendu au comte Olivier d’Espinay-Saint-Luc. Son fils, en 1934, vend la propriété aux actuels propriétaires. 

 Éléments protégés MH : les façades et toitures de la tour ronde du XIVe siècle, les façades et toitures de la chapelle et du couloir de circulation lié à la chapelle, les murs d'enceinte y compris les tourelles et les trois portails sculptés de style Renaissance : inscription par arrêté du 8 avril 2009. 

 château de Bois Freslon 41800 Ternay

 

Château de Blois

D’abord nommés par les souverains carolingiens Louis le Pieux et ses successeurs, les comtes de Blois acquièrent une autonomie croissante au cours du IXe siècle et s’accaparent un pouvoir désormais héréditaire. Au début du Xe siècle, Thibaut l’Ancien est à la fois vicomte de Tours et Comte de Blois. Son successeur Thibaut Ier, mort vers 975, surnommé le Tricheur par les chroniqueurs favorables à ses adversaires, élargit son domaine par les comtés de Chartres, de Dunois et tente de conquérir l’Anjou. Il jalonne ses possessions par des forteresses et bâtit une "grosse tour" à Blois. Il s’oppose à ses puissants voisins: Hugues le Grand, duc de France, son suzerain, Herbert II, comte de Vermandois, ainsi qu’au duc de Normandie et au comte de Bretagne. Eudes Ier s’oppose au Roi Hugues Capet et à son allié le comte d’Anjou Foulques Nerra qui parvient à conserver Langeais et le contrôle de la Touraine. Eudes II poursuit la guerre engagée par son père. Mais il est battu en 1016, par les Angevins, lors d’une grande bataille à Pontlevoy. Affaibli à l’ouest, Eudes II acquiert la Champagne en 1023, enserrant le domaine royal des Capétiens. Son petit-fils Etienne Henri, 1047 1102, épouse en 1081 Adèle d’Angleterre fille aînée de Guillaume le Conquérant. C’est l’un des chefs de la première croisade. Il participe à la prise de Nicée, puis au siège d’Antioche en 1097. Il meurt en 1102 lors d’un engagement contre les égyptiens. Thibaut II et Thibaut III héritent des comtés de Blois et de Chartres. Thibaut IV Le Grand, 1093 1151, réunifie la Champagne avec Blois en 1125, et apparaît comme le second personnage de France.

Ses frères, Henri et Etienne deviennent respectivement évêque de Winchester et Roi d’Angleterre. Louis de Blois, en 1191 et 1205, s’allie à Richard Cœur de Lion pour combattre le Roi de France Philippe Auguste. Il est l’un des chefs de la quatrième Croisade et participe à la prise de Constantinople en 1204. Il meurt à la bataille d’Andrinople le 14 avril 1205. Son fils Thibault VI, 1205 1218, est le dernier comte de Blois de la maison de Champagne, il élève la grande salle du château de Blois en 1214. A sa mort le comté de Blois passe par les femmes dans la Maison de Châtillon, cette grande famille bourguignonne n’a pas le poids de l’ancienne maison de Champagne et le comté perd son influence politique dans le royaume de France. Le comte de Blois, Jean Ier de Châtillon hérite des Seigneuries d’Avesnes, Condé, Guise, Landrecies. Avec sa femme Alix de Bretagne, il fonde à Blois de nouveaux établissements religieux : le couvent des Cordeliers en 1256, le monastère de la Guiche à Chouzy en 1271 et le couvent des Jacobins en 1273. Sa fille, la comtesse Jeanne (1280-1292) épouse en 1272 le comte Pierre d’Alencon, fils de Saint-Louis. Devenue veuve Jeanne vend le comté de Chartres au roi de France Philippe le Bel et cède la seigneurie d’Avesnes à son cousin Hugues de Châtillon.

Celui-ci hérite des Comtés de Blois et de Dunois. Le dernier comte de la maison de Châtillon est Guy II. A la mort de son fils et unique héritier Louis de Châtillon, il cède le comté de Blois à Louis de France, duc de Touraine, fondateur de la maison ducale d’Orléans. En 1391, Louis de France, fils de Charles V et frère de Charles VI, acquiert les comtés de Blois et de Dunois du comte Guy II de Châtillon et en prend possession à la mort de celui-ci en 1397. D’abord duc de Touraine, Louis Ier échange en 1394 son apanage contre le duché d’Orléans, alors beaucoup plus riche. L’influence qu’il exerce sur le Roi Charles VI, devenu fou en 1394, et sa politique d’acquisition de terres, lui attirent la rivalité des ducs de Bourgogne, Philippe le Hardi, puis Jean sans Peur. Ce dernier le fait assassiner à Paris, dans le quartier du Marais, le 23 novembre 1407. Sa veuve, Valentine Visconti, fille du duc de Milan, se retire à Blois où elle meurt l’année suivante. A la faveur de la guerre entre Orléans et Bourgogne, les Anglais reviennent en France en 1415 et triomphent à la bataille d’Azincourt, l’aîné des fils de Louis Ier, Charles d’Orléans qui a hérité du château, y est fait prisonnier. Revenu en France en 1440, et veuf de nouveau, il épouse à 50 ans, Marie de Clèves agée de 14 ans. Pendant sa captivité, son demi-frère Jean, bâtard d’Orléans, fils illégitime de Louis d’Orléans, gère ses possessions et négocie sa libération. Compagnon de Jeanne d’Arc, il est récompensé de sa fidélité en 1440 par le don du comté de Dunois, détaché du comté de Blois. Charles d’Orléans abandonne ses ambitions politique après sa libération, et fait du château de Blois sa résidence favorite. Il fait abattre une partie de la forteresse et construire une demeure plus habitable. Charles s’entoure d’une petite cour d’artistes et de lettrés et protège le poète François Villon, son épouse Marie de Clèves donne naissance, à Blois en 1462, à son fils Louis. A la mort de son père Charles, en 1465, le jeune Louis devient duc d’Orléans et comte de Blois sous le nom de Louis II. Afin d’empêcher qu’il ait une descendance et ne devienne un rival politique, le Roi Louis XI le contraint à épouser sa fille, Jeanne de France, difforme et stérile. Les fiançailles sont négociées dès 1464, et le mariage est célébré en 1476. En guerre avec son cousin Charles VIII, et la régence de la dame de Beaujeu, le duc s’échappe de Blois et se réfugie à la cour du duc de Bretagne. Prisonnier du Roi de France à l’issue de la guerre folle en 1488, Louis d’Orléans rentre finalement en grâce auprès de Charles VIII avec qui il combat en Italie en 1494. Le 7 avril 1498, la mort accidentelle, au château d'Amboise, du Roi Charles VIII, dont les deux fils sont morts peu avant, entraîne la montée sur le trône de France de son cousin, le duc d’Orléans, désormais Roi sous le nom de Louis XII. Suivant son contrat de mariage, Anne de Bretagne accepte de se remarier avec le nouveau Roi à qui elle donne deux filles. Le château de Blois devient alors demeure Royale. 

En avril 1498, le duc Louis II d’Orléans (1462-1515) devient Roi de France sous le nom de Louis XII. Il entreprend la reconstruction du château où il est né 36 ans plus tôt. Paré d’une nouvelle aile construite en brique et pierre qui porte désormais son nom. Louis XII séjourne le plus souvent les mois d’hiver au château de Blois. Il obtient, du pape Alexandre VI Borgia, l’annulation de son mariage avec Jeanne de France, Louis XII peut épouser à Blois, en mars 1499, la duchesse Anne de Bretagne, afin de maintenir la Bretagne dans l’orbite française. Se succède à Blois fêtes, réceptions, mariage de César Borgia en 1499, réception de l’archiduc Philippe d’Autriche vers 1501, noces du marquis de Montferrat et d’Anne d’Alençon en 1508, fiançailles de Marguerite d’Angoulême, sœur du futur François Ier, avec le duc d’Alençon en 1509, etc... Anne de Bretagne meurt à Blois le 9 janvier 1514. Ses funérailles sont célébrées à la collégiale saint Sauveur du château de Blois. Peu après, Louis XII donne le comté de Blois à leur fille Claude et lui fait épouser François d’Angoulême, dauphin et héritier du royaume. Le 1er janvier 1515, Louis XII meurt et François Ier lui succède. Issu des comtes d’Angoulême, arrière petit fils de Louis d’Orléans, François fait de Blois le premier chantier de son règne. Il reconstruit de 1515 à 1519, un nouveau logis d’inspiration Renaissance flanqué du célèbre escalier en vis. Claude son épouse, séjourne le plus souvent à Blois où elle meurt en juillet 1524, à peine âgée de 25 ans, après avoir donné à François Ier sept enfants en huit ans. Fait prisonnier par l’empereur Charles Quint à la bataille de Pavie, François Ier passe un an en exil en Espagne. Dès son retour, il lance le chantier du château de Fontainebleau et préfère désormais séjourner en Île de France. Il n’abandonne pas Blois des réparations entreprises en 1534-35 sur les charpentes de la salle des Etats et de l’aile François Ier, attestent l’intérêt du Roi pour le château. Le 18 octobre 1534, l’affaire dite "des Placards", tracts protestants contre la messe affichés jusque sur la porte de la chambre du Roi dans ses châteaux de Blois et d'Amboise, incitent le Roi à réprimer les partisans de la Réforme religieuse. Si François Ier transfère à Fontainebleau le mobilier puis la bibliothèque de Blois, le château de Blois vit néanmoins toujours au rythme des fêtes de la cour.

A la mort de François Ier, lui succède son fils Henri II, après avoir été sacré à Reims en 1547, Henri II fait son entrée solennelle à Blois, en 1550. Henri II fait réaliser des travaux intérieurs dans le logis neuf, l'aile François Ier. La mort du roi Henri II, lors d’un tournoi à Paris, le 10 juillet 1559, marque la fin du Beau XVIe siècle et prélude à l’entrée du royaume de France dans le tourbillon des guerres de religion. Après la mort de François II en 1560, Charles IX tente, avec Catherine de Médicis, un rapprochement avec les protestants, mais les troupes catholiques du duc François de Guise prennent la ville en juillet 1562. Durant l’hiver, les chefs catholiques (duc de Guise) et protestants (Gaspard de Coligny) se succèdent à la Cour de Blois. En mars 1572, on donne plusieurs fêtes pour l’arrivée de Henri de Navarre en vue de ses fiançailles avec Marguerite de Valois sœur de Charles IX, célébrées en avril dans la chapelle du château de Blois. Le mariage célébré à Paris le 18 août constitue le prélude au massacre de la Saint Barthélemy.

Sous le règne de Henri III, l’activité politique devient la plus intense, le Roi convoque les États Généraux à Blois à deux reprises. En 1576, on réclame la suppression de la religion protestante, tandis que le séjour de la Cour est émaillé de meurtres. En 1588, Henri III réunit pour la deuxième fois les États Généraux au château afin de contrecarrer l’action de Henri de Guise, chef de la Ligue Catholique et tout puissant à Paris. Sentant l’hostilité des députés, ralliés au duc de Guise, Henri III décide d’en finir avec son rival après avoir feint de se réconcilier avec lui. Le meurtre a lieu dans le château même, dans les appartements du Roi, au deuxième étage, le 23 décembre 1588 au matin. Convoqué au Conseil du Roi, Guise est informé que le Roi le mande dans son cabinet vieux. Pour s’y rendre, le duc doit traverser la chambre du Roi. C’est là qu’il est assailli par une vingtaine de spadassins. D’une force peu commune, le duc entraîne 4 de ses assaillants, mais criblés de coups, il meurt près du lit du Roi. Le lendemain, le cardinal de Lorraine, frère du duc emprisonné aussitôt après le meurtre, est assassiné à son tour, leurs corps auraient été brûlés. Huit mois plus tard, Henri III est assassiné devant Paris par le poignard du "moine ligueur Jacques Clément". Après la grande période des Valois, Blois perd son statut de résidence de la cour royale. A la mort de Henri III en 1589, c’est Henri de Bourbon, roi de Navarre qui devient Roi de France sous le nom de Henri IV. Le nouveau souverain séjourne à Blois en 1589 puis en 1599 et il entreprend la construction d’une galerie dans les jardins, elle est la seule partie réalisée d’un projet plus vaste. Elle reste inachevée et s’effondre en 1756. Au début du règne de son fils, Louis XIII, Marie de Médicis tente d’imposer son favori le maréchal d’Ancre Concino Concini. Le jeune roi le fait arrêter et exile sa mère au château de Blois. Après deux ans de captivité, Marie de Médicis, lasse de la surveillance dont elle fait l’objet à Blois, s’évade avec la complicité du duc d’Epernon. En 1626, Louis XIII donne le comté de Blois à son frère, Gaston d’Orléans, il fut pour le développement des arts en France et pour la grandeur de Blois au XVIIe siècle, un personnage de première importance. Selon ses propres mots, "l’air de Blois le guérissait". Chassé de la Cour en 1634, Gaston demande à l'architecte François Mansart de reconstruire l’ensemble du château. La construction d’une nouvelle aile classique est édifiée en trois ans, les entrepreneurs abandonnent le chantier en 1638, inquiets du retard de paiement de celui qui n’est plus l’héritier du royaume depuis la naissance le 5 septembre précédent, du futur Louis XIV. S’il ne bénéficie guère des séjours de Louis XIV en Val de Loire, le château reste visité par de nombreux voyageurs, les architectes André Félibien, Claude Perrault, et La Fontaine. Désormais le château est loti en appartements, affectés aux officiers de la Couronne et aux nobles désargentés de la province. En 1788, Louis XVI souhaite alléger le budget de la charge que représente l’entretien des anciens châteaux Royaux où la cour ne séjourne plus : il aliène les châteaux de Blois, de Vincennes, de la Muette, par un édit autorisant les acheteurs à procéder à leur démolition.

Faute d’acquéreur, le château de Blois accueille le casernement du régiment royal Comtois, qui devient en 1791 le 73e Régiment d’Infanterie de Ligne. En 1843, la ville décide la restauration de l’aile François Ier et sollicite l’aide de l’Etat. Pour assurer la restauration du château de Blois, Félix Duban est alors nommé par la commission des Monuments Historiques. Il trouve un monument dans un piètre état, les bâtiments de François 1er et de Louis XII sont divisés et l’aile Gaston d’Orléans est toujours inachevée, et les exactions révolutionnaires ont endommagé la sculpture, notamment les emblèmes royaux. De même l’installation de la garnison en 1788 a également fait des dégâts. Les travaux débutent en 1845 par la restauration de l’aile François Ier. La révolution de 1848 interrompt les travaux, mais reprennent de 1852 à 1865, avec l’aile Louis XII et la salle des Etats et se terminent en 1870 par l’aile de la chapelle. Duban meurt pendant l’achèvement des décors intérieurs de l’édifice. Jules de la Morandière, son adjoint et ami, veille pendant dix ans à parachever la restauration de son maître. Une autre restauration est entreprise depuis 1990 sous la conduite de Pierre Lebouteux et de Patrick Ponsot. Elle a porté sur la restauration des toitures, des façades extérieures, des planchers de l’aile François Ier... De 2003 à 2007, près de 8000 m² de décors peints au XIXe siècle, ont été restaurés dans l’aile François Ier et la salle des Etats. 

 Éléments protégés MH : le château de Blois en totalité et ses anciennes dépendances : classement par liste de 1840. 

 château Royal de Blois 41000 Blois 

 Téléphone : 02 54 90 33 33

 

Château de Beauregard

Du manoir d'origine, il ne reste que peu de vestiges, entre autres dans le parc, une chapelle, antérieure au XVe siècle, encastrée sous une voûte d'arbres, portant gravé sur un écusson de pierre, deux coquilles Saint-Jacques, emblème des pèlerins de Compostelle, surmontées d'une croix. Une tradition locale veut que Beauregard ait été un pavillon de chasse de François 1er, à proximité de Chambord auquel il était relié par une longue allée rectiligne, le roi en fit don à son oncle, le Bâtard de Savoie. Le domaine est acquis en 1543 par Jean du Thier, contrôleur général des Finances d'Henri II. Ami des Arts, poète lui-même, il est le protecteur de Joachim du Bellay, de Ronsard qui lui dédie un poème ; "desquels tu as orné le somptueux chasteau de Beauregard, ton oeuvre, et tu l'as fait plus beau"... Du Thier confie à l'ébéniste du Roi, Scibec de Carpi, la réalisation des boiseries de son studiolo, le célèbre "Cabinet des Grelots".

En 1617, Paul Ardier se retire à Beauregard. Il a servi la couronne de France sous trois rois: Henri II, Henri III et Louis XIII, comme contrôleur général des armées, puis trésorier de l'Epargne. C'est lui qui réalise l'exceptionnelle Galerie des Portraits, riche de 327 tableaux, de Philippe VI de Valois à Louis XIII, soit trois siècles d’histoire de l'Europe. Pavée d'un carrelage de Delft représentant une armée en marche, c'est une galerie unique tant par l'importance du nombre des portraits que par le caractère méthodique de leur choix, le haut fonctionnaire qu'est Paul Ardier s'est situé dans une perspective centrée autour du Roi et de la politique française. Proche de Blois, Beauregard reçoit la visite de personnages célèbres. Lorsque la cour de Louis XIII s'arrête à Blois en 1626, Richelieu craignant une conspiration accepte l'hospitalité d'Ardier et réside à Beauregard avec sa compagnie de mousquetaires.

La grande Mademoiselle, en 1655 vient voir Vineuil le frère d'Ardier, compromis dans les intrigues de la Fronde avec Condé et cite sa visite dans ses Mémoires. La famille du marquis de Gaucourt qui possédait le château par héritage depuis 1752, le vendit en 1816, au vicomte de Preval, lieutenant général des armées du roi. Celui-ci s'occupa plus de la terre que du monument; il réalisa de vastes plantations de betteraves. Le Général vendit la propriété à la comtesse de Sainte-Aldegonde, veuve du Maréchal Augereau, duc de Castiglione. C'est à Beauregard que fut célébré en grande pompe le mariage de sa fille Marie Valentine avec le Marquis de Talleyrand Périgord, duc de Dino qui habitait le château de Valençay. De 1850 à 1925, Beauregard changea plusieurs fois de propriétaires, le Comte de Cholet, pair de France, de 1850 à 1912, M. Louis Tillier qui fit d'importants travaux dans le parc jusqu'en 1925.

C'est par M. et Mme Marcel de Gossellin en 1925 que le château de Beauregard entra dans la famille des propriétaires actuels. En 1968, le comte et la comtesse Alain du Pavillon en héritèrent et par d’importants travaux d'aménagement restaurèrent le château et les communs. Des travaux qui se prolongent à l'heure actuelle par la restauration des 327 portraits ainsi que des boiseries de la Galerie des Illustres. Les communs et le parc ont été inscrits à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1992. Commencèrent alors les travaux de restauration du parc et la réalisation du jardin des Portraits sur le plan de Gilles Clément, avec en projet une cédraie ainsi qu'un jardin d'écorces. Ce jardin, dont on admire d’abord la forme et les couleurs en surplomb, se dévoile lorsqu’on le traverse ; douze chambres de charmilles de douze couleurs différentes représentant les panneaux des règnes évoqués dans la Galerie de 327 portraits du château, soit 315 ans d’histoire implicitement racontés en fleurs et en couleurs. Création également du "verger des écorces" afin d’accéder à la glacière du XVIIIe siècle entièrement restaurée, ou encore à implanter différentes collections botaniques (chênes, bambous, houx, parrotias) dont une Nursery internationale de cèdres... 

Eléments protégés MH : château : classement par liste de 1840. Parc du château : les trois pavillons du XVIIe siècle, à l'exclusion de la construction postérieure adossée contre l'un d'eux; façades et toitures du corps de bâtiment des communs, face au château, et pavillon accolé au nord; parc et ses murs de clôture: inscription par arrêté du 8 septembre 1993. 

château de Beauregard 41120 Cellettes 

 Téléphone : 02 54 70 41 65 

 

Château d'Avaray

C'est l’un des châteaux les moins connus du Val de Loire. Il représente un ensemble préservé (intérieur et extérieur) et complet (parterres à la française, élégante orangerie et très rare glacière, dans son état ancien), d’un grand domaine seigneurial habité par la famille de Jacques Bésiade, dit Sauveterre, premier valet de garde-robe du roi, en 1622, jusqu’au décès accidentel, du dernier duc d’Avaray, en 1941. Au Moyen Âge, un véritable château-fort s’installe sur une basse terrasse de la Loire dans une zone de sources abondantes. Quatre tours circulaires reliées par une courtine crénelée, entourées de douves profondes reçoivent la fonction de défendre la région, de Courbouzon à Lestiou. En 1473, Dunois autorise Jehan de Mineray à relever les ruines du château. Au XVIe siècle, la famille florentine de Sity possède le fief jusqu’à la vente à Jacques Bésiade. En 1736-37, Claude-Théophile de Bésiade s’est appuyé sur ces tours pour reconstruire les trois côtés de la cour, avec une élévation classique: grandes fenêtres à impostes; un étage, des lucarnes de pierre se détachant sur le haut toit d’ardoises. On accède à la cour d’honneur majestueuse, par un pont à deux arches, sur les douves. Le centre de cette cour intérieure se remarque par un avant-corps classique, qui porte un balcon supporté par quatre colonnes. Au-dessus, le fronton porte les armes des ducs d’Avaray. La cour ouvre sur un jardin à la française, le moulin à eau du château, et une grande perspective en direction de la Loire à travers le parc de 14 hectares. Dans ce cadre ducal, les appartements d’apparat, au rez-de-chaussée de la cour intérieure, côté ouest, conservent leurs solives peintes, leur lambris et le décor intact des cheminées, du XVIIIe siècle. On peut se demander comment d’obscurs petits seigneurs besogneux du Béarn ont réussi à se hisser jusqu’à l’érection de leur fief en duché-pairie. L’ascension sociale à commencé avec l’intrépide et aventureuse carrière de Jacques Bésiade. Le couronnement s’est réalisé le 21 juin 1791, en pleine révolution parisienne: Antoine-Louis organise la fuite et sauve la vie du comte de Provence. Il devient l’homme de confiance du frère de Louis XVI, jusqu’à sa mort en 1811. Pour remercier la famille, le roi restauré, Louis XVIII élève son fils Claude-Antoine au rang de duc, en 1817. Théophile-Parfait, troisième duc devient grand chambellan et maître de la garde-robe du roi Charles X. En juin 1828, Marie-Caroline, duchesse de Berry, visite le domaine, lors de son voyage à Chambord, offert à son fils, le duc de Bordeaux (Henri V, comte de Chambord), Ange-Édouard, en 1862-63 modernise le château et le rend habitable: il renouvelle portes et fenêtres, crée des salles de bain, une chambre de musique et une salle de billard. Il rénove l’orangerie et les écuries et confectionne des stalles somptueuses. Actuellement, quinze appartements en copropriété, ont été aménagés dans le château.


 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, la décoration intérieure de la chapelle, les douves, le pont et le parc : inscription par arrêté du 20 juillet 1955. 

 château d'Avaray 41500 Avaray

   

Commanderie d'Arville

A la fois ferme et forteresse, sans oublier l’église et le pigeonnier, l’ensemble bâti ici dans la vallée du Couëtron est l’un des plus complets et des mieux conservés de France. Elle fut fondée dans la première moitié du XIIe siècle par l’ordre des Templiers. À la disparition de celui-ci, au XIVe siècle, elle passera à l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, qu’on appellera également Hospitaliers puis ordre de Malte. Sous ce titre, elle dépendra d’un commandeur résidant à Sours près de Chartres jusqu’à la Révolution. Les bâtiments divisés en plusieurs lots connurent ensuite des fortunes diverses et le site finit par être dénaturé. C’est seulement à partir de 1983 qu’une reconquête de l’espace a commencé de par la volonté de Pierre Fauchon, sénateur de Loir-et-Cher, puis sous l’impulsion de la communauté de communes, avec pour objectif la restitution architecturale de cet ensemble quasi unique et sa mise en valeur. Aujourd’hui, c’est chose faite. 

Le Centre d'Histoire des Ordres de Chevalerie existe. Les volumes construits initialement, et certainement remaniés au XVIIe siècle, l’ont été pour répondre à des fonctions diverses. L'aspect défensif est représenté par les tours d’entrées coiffées de toits en forme de cloche, et encadrant un porche datant du XVe siècle. Une autre tour isolée près de l’église rappelle la présence d’une enceinte. Mais le rôle premier d’une commanderie consistait à produire de quoi assurer l’implantation durable des moines-chevaliers en Terre Sainte. Greniers et granges occupent donc l’essentiel des bâtiments. Les charpentes sont exceptionnelles et le pigeonnier remarquablement restauré. Enfin, n’oublions pas la fonction religieuse. Chapelle de la commanderie, en même temps qu’église paroissiale, l'édifice construit en grison dispose d’un clocher-mur percé de trois ouvertures rappelant les campaniles méditerranéens. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de la poterne d'entrée, du colombier et des bâtiments du XVIIIsiècle : inscription par arrêté du 24 avril 1954. 

 commanderie d'Arville 41170 Arville 

 Téléphone : 02 54 80 75 41 

Château d'Angé

À moins d’une lieue du village, le château se fait discret, à peine visible de la route, et se cache derrière un rideau de beaux et grands arbres. Initialement, fief important qui relevait en partie de la châtellenie de Montrésor. Au moment de la Révolution, le propriétaire originaire des Pays-Bas est Jean-Baptiste Claude Lecouvreur. Il a acheté le château au marquis de La Tournelle. S’ajoutent à cet achat la métairie de la Canaudière, moulins banaux, la maison seigneuriale du Bourg, bois de haute futaie... Jean-Baptiste Deschamps, curé de la paroisse, lui reconnaît que seigneur fondateur de l’église, il a seul le droit de présenter l’eau bénite et encens les jours dimanche et fêtes. Le 26 mars 1793, soixante hommes armés viennent arrêter Jean-Baptiste Claude Lecouvreur. Il est emprisonné, libéré il s’éteindra le 13 juillet 1793. Ses biens seront vendus et les archives familiales brûlées au pied de l’arbre de la liberté nouvellement planté. Du château reconstruit au XVe siècle restent la porterie que les modifications du XVIIIe siècle ont un peu altérée, une tour d'angle, un pan de mur d'enceinte avec meurtrière et une partie des douves. Le logis d'habitation a été remplacé par un château moderne, la porte se trouve au sud de l'ancienne enceinte, dont les courtines ont disparu. Elle est constituée par un bâtiment rectangulaire percé, à son rez-de-chaussée, d'un couloir reliant deux arcades en plein cintre. Le pont-levis était doublé à gauche d'un autre pont-levis à flèche, précédant un guichet. A l'angle nord-est, la porte est accompagnée d'une tourelle carrée, soutenue par un pilier. Elle est accompagnée à l'angle nord-ouest d'une tour polygonale dont la porte en anse de panier est accostée de pilastres amortis par des pinacles, et encadrée d'une accolade à crochets et fleurons. 

 Éléments protégés MH : la porterie : inscription par arrêté du 27 août 1953. 

 château d'Angé 41400 Angé

 

Château de Uza

Le château d'Uza se trouve sur une motte artificielle où se dressait au Moyen Age une forteresse construite pour la famille de Montferrand, forteresse à laquelle les Lur-Saluces qui l'avaient héritée substituèrent une grande demeure aux XVIIe et XIXe siècles, à un étage et pavillon central, de plan quadrangulaire et cantonnée de tours. Le château est réalisé par l'architecte Jean Prunetti, en 1929. Il conserve le plan du vieux château, mais ajoute un étage carré et remplace les anciennes toitures à croupes par une unique terrasse. Du côté de la façade principale, il construit, entre les tours, une galerie au rez-de-chaussée supportant un balcon à l'étage noble. Le pavillon central est rattaché aux tours par des loggias que soutiennent des colonnes cannelées. Tous les décors intérieurs sont à peu près conservés en l'état. Le parc aurait été redessiné en 1930 sur la base d'éléments d'un ensemble paysager plus ancien.

 Éléments protégés MH : le château et son parc, en totalité : inscription par arrêté du 3 mai 2004.

 château d'Uza 40170 Uza

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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