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Château de Riorges ou Neubourg

Le château de Riorges est situé sur la rive gauche du Renaison, au midi et au pied de la côte suivie par la route de Roanne à Saint-Haon. Placé en travers de la vallée basse, il est entouré de canaux abondants, combinés en viviers et en cascades. Riorges est actuellement fort voisin des faubourgs de Roanne, mais c’est par erreur que les cartes et la coutume le nomment "Neufbourg". Le fief de ce nom, l’ancien Bourgneuf, dont on voyait encore des restes près de la gare actuelle de Roanne, il y a quelques années, appartenait, au XVIIe siècle, aux mêmes seigneurs, les Courtin, qui en prirent le nom, ce qui explique qu’on ait pu le redonner ensuite au nouveau château de Riorges. Les sous-sols de Riorges ont de belles voûtes travaillées antérieures au XVe siècle, mais il ne reste rien de l’habitation primitive. Le château actuel, vaste construction rectangulaire avec perron, a été bâti par Jean-François de Courtin, en 1770. Le 20 septembre 1776, le vicaire général de Lyon autorisa la bénédiction de la chapelle, dans laquelle Madame de Courtin, à cause de ses infirmités, et Madame de Fautrières, à cause de sa grossesse, eurent la permission de se confesser et de communier, en observant toutefois, d’y faire placer une grille, conformément aux ordonnances du diocèse. "J’invite cependant ces dames, ajoutait le vicaire général, de remplir à la paroisse autant qu’elles le pourront les devoirs de religion, toujours édifiants pour les peuples". Cette chapelle fut donnée à la paroisse en 1812. M. de Boisset a rendu à Riorges, en 1910, avec un goût remarquable, sa parure de jardins français et sa grâce intérieure. Maison privilégiée, qu’un artiste généreux ressuscite avec science et délicatesse.

 Dès le XIIIe siècle, Riorges appartenait à la maison de l’Espinasse. Au XVe siècle, Marguerite de Rochefort porta Riorges à Claude Courtin. Elle en avait sans doute hérité d’une l’Espinasse, peut-être Jeanne, mariée à un Rochefort. La terre était isolée des autres biens des Rochefort, et convenait à l’établissement d’une fille, dont le mari, venu de Bourgogne, ne possédait rien en Forez. Comme les Courtin, comtes de Villiers-sur-Marne et marquis de Tanqueux, dont ils étaient reconnus et alliés, les Courtin du Forez, se rattachaient à l’ancienne maison de ce nom au Maine, qui, née à Courtin au XIe siècle, s’éteignit à la fin du XVIe, avec Olivier de Courtin d’Abatant, chevalier de l’ordre du Roi. Mathieu, écuyer, second fils de Jean II Courtin de Soulgé et de Marie d’Assé, quitta en effet le Maine, en 1410, pour servir en Bourgogne, il peut être le même que l’auteur de la filiation ci-après; il est certain que jusqu’au XVIIe siècle, les Courtin de Neufbourg portaient les armes de leurs homonymes du Maine, un sautoir cantonné de trois croissants. Mais à cette époque, les branches de Villiers-Pomponne et de Tanqueux brillaient d’un grand éclat, donnant des chevaliers de Malte, des ambassadeurs, de nombreux occupants de grands postes civils et militaires. Les Courtin foréziens, flattés d’être reconnus par d’aussi puissants parents, adoptèrent les armes pleines de ces Courtin, qui n’avaient conservé que les trois croissants du blason de l’ancienne maison mancelle.

 Mathieu Courtin, homme d’armes au service du duc de Bourgogne, en 1422 et 1432, père Jean Courtin, marié en Bourgogne en 1455 dont Claude Courtin, chevalier en 1474, marié à Marguerite de Rochefort, dame de Riorges, dont la mère devait être une l’Espinasse, et dont il eut Benoît Courtin, écuyer, seigneur de Riorges et des Molières en Mably, épousa Claude Aubry, dont Benoît-Garnier Courtin, écuyer, épousa Anne Dumas, fille de Jean et de Philiberte de la Mure, dont Antoine Courtin, seigneur de Riorges et des Molières, bourgeois de Roanne; médecin-apothicaire, dérogea en 15922, en prenant à ferme, les terres du prieuré de Beaulieu, voisines des siennes. Il épousa, le 20 juin 1594, Françoise de Chastelus, fille d’Antoine, dont Jean Courtin, écuyer, seigneur de Riorges, Villerest, etc (1601-1660), assesseur et premier élu en l’élection de Roanne, épousa en 1633, Blanche Reymond, fille de Bonnet et de Florie Pouderoux, dont Jean Courtin de Riorges (1634-1689), gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, bourgeois de Roanne, assesseur criminel et premier élu en l’Election. Par lettres du 16 juillet 1679, Louis XIV le releva de la dérogeance de son aïeul; le 4 septembre 1680, il produisit ses faits de généalogie devant la cour des aides de Paris "justifiant qu'il est issu de l'une des plus anciennes familles nobles de la province". Le 31 mars 1681 l’assemblée de la ville de Roanne, reconnut véritables ces faits de noblesse, et le 19 octobre 1681, un arrêt de maintenue le reconnut issu en ligne directe de Claude Courtin, époux en 1674 de Marguerite de Rochefort. 

 Jean Courtin épousa, le 5 novembre 1662, Françoise de la Mothe. Elle était fille d’Antoine, seigneur de Sully, et lui donna parmi dix enfants, dont Jean-Claude Courtin de Neufbourg, seigneur de Riorges, Neufbourg, etc, (1665-1713), maintenu en 1697, se fit reconnaître "comme de même estoc" par Charles de Courtin, comte de Villiers; il fut tué en duel par le capitaine de Bellancourt, à la suite de la réclamation faite par le seigneur de Riorges, d’un homme de cette paroisse, levé frauduleusement pour le régiment de Chalmazel. Il épousa, le 26 février 1702, Marie-Benoîte de Noyel, dont parmi huit fils Jean-François de Courtin de Neufbourg (1703-1791), seigneur de Riorges, Neufbourg, Rilly, rebâtit le château et la chapelle de Riorges de 1770 à 1775. Marié le 20 novembre 1735, à Marie-Claire de Giry, dont Nicolas de Courtin, dit le chevalier de Neufbourg (1744-1788), seigneur de Riorges, Neufbourg, Rilly, etc, baron du Tronchy, capitaine au régiment d’Artois-Cavalerie, chevalier de Saint-Louis, mort au château de Chérie d’un coup d’épée reçu en duel le 12 janvier 1788. Marié le 8 novembre 1776, à Agnès-Reine Pocquelin de Clairville, dont Jean-Baptiste de Courtin de Neufbourg, seigneur de Riorges, Neufbourg, etc, parfois dit le comte de Neufbourg, maire de Riorges pendant 25 ans, marié le 20 mai 1801 à Nicole-Hortense Ravel de Montagny. Mineur en 1794, Jean-Baptiste était alors sous la tutelle du comte de Fautrières, qui avait émigré, mais sa tante, la comtesse de Fautrières, vivait cachée chez d’anciens grangers avec l’enfant.

 Riorges fut mis aux enchères, à bougie éteinte, au nom de la révolution, mais Madame de Fautrières conduisit son neveu dans la salle, et lui fit souffler les bougies, prouvant qu’on spoliait un non-émigré. L’attitude de la population sauva l’audacieuse femme et l’enfant conserva Riorges. Il existe au château de Beauvoir toute une correspondance des Sommyèvre qui, en 1818, à la mort de la comtesse de Fautrières, voulaient vendre Courcheval, à Jean-Baptiste d’Allard, mais ils l’ont encore gardé un siècle. En 1831, les Neufbourg voulaient vendre Riorges et entraîner d’Allard â l’étranger. Ils en voulaient 1.485.000 francs, on ne leur en offrait que 1.300.000 francs En 1882, Riorges fut estimé 1.600.000 francs. Madame d’Assier eut en plus la Pierre estimé 400.000 francs. En 1842, Gustave de Neufbourg, frère de Saint-Jean de Dieu, vendit à son frère Ludovic "un château avec bâtiments ruraux contigus, cours, jardins, pièces d’eau, bosquets, prés, terres, vignes, maison dite le château Gaillard, maison de garde, etc", sur Riorges, le tout clos de murs, plus le domaine de la Cour, sur Riorges et Pouilly, pour 80.000 francs. Le château Gaillard est déjà mentionné en 1776. Marie-Louise de Neufbourg, née le 13 décembre 1866, fille de Claude et de Marie-Guillaume Sirvanton, petite-fille de Jean-Baptiste Ludovic, et de Marie-Caroline Gonon-Deville (mariés le 13 juillet 1833) et arrière-petite-fille de Jean-Baptiste, précité, porta Riorges à Pierre-Charles d’Assier, le 13 décembre 1866. Les d’Assier le cédèrent, en 1908, à leur parent, M. de Boisset. Jacques de Boisset, né le 28 juillet 1886, fils d’Henri et d’Edith Audras de Béost, a épousé, le 26 avril 1919, Simonne des Hières, fille de Paul et de Madeleine de Loynes. 

 Éléments protégés MH : le château avec ses façades et ses toitures, le hall, le salon et la salle à manger, les communs et le pavillon d'entrée (façades et toitures), la grille, le parc avec son bief : inscription par arrêté du 30 novembre 2007. 

 château de Riorges ou Neubourg 42153 Riorges

   

Château du Mouillon

Demeure agrandie et aménagée par deux grandes familles d'industriels de la fin du XIXe siècle : les Arbel, puis les Marrel (à partir de 1894). Maison caractéristique des goûts de la bourgeoisie à la fin du XIXe siècle. La partie centrale de la demeure actuelle est la maison primitive, sans doute du XVIIIe siècle. Château agrandi par Dodat et décoré par des artisans parisiens. Le grand salon est la copie du salon ovale de l'hôtel Soubise à Paris. la cheminée est la copie de la cheminée de la chambre du roi Louis XV à Versailles. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; à l'intérieur le hall d'entrée, l'escalier, l'ancienne salle à manger au nord, le grand salon ovale au sud, les boiseries et le décor de l'ancienne bibliothèque au rez-de-chaussée, la cheminée en bois du premier étage ; les communs ; le jardin : inscription par arrêté du 21 mars 1995. 

 château du Mouillon 42800 Rive-de-Gier

 

Château de Montrouge

La maison forte de Morenol apparaît dans la documentation écrite au XVIe siècle seulement. Au début du XVIe siècle, elle semble appartenir à Jacques de Puyclamand, conseiller du roi et élu de Forez. Au milieu du XVIe siècle, elle est à Pierre de Tremolles (ou Tremeolles), écuyer, puis en 1593 à Philippe de Tremeolles, écuyer, seigneur de Vernoilles et de Morenol: elle est alors entourée de fossés avec pont-levis. Le 25 octobre 1637, Antoine de Tremeolles, fils du précédent, la vend à Jacques Chirat. Celui-ci est issu d'une famille de notaires puis d'officiers documentée à Sury-le-Comtal depuis le début du XVe siècle; son père, Antoine Chirat, vient s'établir à Montbrison dans la deuxième moitié du XVIe siècle: il y achète une maison, vit de ses rentes et établit sa sépulture dans l'église collégiale Notre-Dame, préparant l'accès à la noblesse de la famille. Jacques Chirat (mort en 1662) commence une carrière dans l'administration royale à la fin du XVIe siècle, avant d'obtenir la charge d'élu du pays du Forez en 1604. Après avoir acquis par mariage le fief de la Pommière (Grézieux-le-Fromental), pour lequel il prête hommage en 1622, il achète celui de Morenol. Des commentaires portés sur des copies des actes réalisées au XVIIIe et au XIXe siècles indiquent que Morenols était sans doute un franc alleu (ce qui expliquerait le silence des archives avant le XVIe siècle); Jacques Chirat paye cependant la taxe de ban et d'arrière-ban en 1639, et demande à prêter hommage en 1646, en déclarant qu'il a acquis Morenol comme fief.

 C'est sans doute au même moment que le site change de nom pour devenir château de Montrouge (ce changement est mentionné dans un acte de 1627 portant sur la cession de droits seigneuriaux par Gabrielle de barge à Philippe de Trémolles, mais il s'agit peut-être d'un commentaire de celui qui a copié l'acte en 1728). La carte de Cassini (deuxième moitié XVIIIe siècle) confirme le dédoublement du village de Morenol et du château (ou fief) de Montrouge). Le corps de logis rectangulaire, en fond de cour, avec des tours aux angles orientaux, correspond peut-être à l'ancienne maison forte, que l'on pourrait dater de la fin du 15e siècle. Le Forez pittoresque... (et après lui Salomon) indique qu'une "façade est bâtie en briques de couleur dessinant des compartiments à la mode du Bourbonnais"; cependant le texte n'est pas clair sur la localisation de la façade en question (qui serait à la fois "flanquée de deux grosses tours rondes" et "ornée de médaillons d'empereurs romains", ce qui est incompatible avec l'existant) et les cartes postales du début du XXe siècle ou le cliché pris par Félix Thiollier montrent déjà un château totalement enduit, ce qui ne permet pas de vérifier cette affirmation. Ce logis a été agrandi, sans doute après son acquisition par Jacques Chirat (donc entre 1637 et 1662), en avançant vers l'ouest la façade sur cour. L'escalier en vis contenu dans une tour qui devait être en demi-hors-oeuvre sur la façade occidentale de la maison forte s'est ainsi retrouvé pris à l'intérieur du bâtiment.

 L'aile en retour au sud-ouest de ce corps de logis, qui présente des encadrements d'ouvertures et une cheminée à piédroit et console oblique datables de la première moitié du XVIIe siècle est sans doute contemporaine de cet agrandissement, de même que l'aile nord, terminée par une tour circulaire; cette tour était vraisemblablement déjà en place, et reliée au corps de bâtiment par un mur. La construction du portail sud vient compléter cette campagne architecturale. Jacques Chirat a sans doute été à l'instigation d'une campagne de décoration intérieure du château, et de l'aménagement d'une chapelle privée dans le château, peut-être dès 1644, dont il ne reste pas de trace (elle occupait peut-être le rez-de-chaussée de l'aile nord). En même temps, il commandite le réaménagement de la chapelle Sainte-Madeleine (actuellement chapelle Saint-Aubrin, qui jouxte le choeur au nord) à la collégiale de Montbrison, qui devient la chapelle familiale. Dans le troisième quart du XVIIIe siècle, Jean-Marie Chirat de Montrouge (mort en 1774) aurait fait reconstruire "le derrière de sa maison". Les lambris chantournés et les cheminées en pierre à décor Rocaille qui ornent plusieurs pièces (dont le salon au rez-de-chaussée) ont sans doute été mis en place à cette époque.

Les ouvertures ont toutes été remaniées, avec remploi d'encadrements moulurés de la première moitié du XVIIe siècle: sur la façade occidentale, porte avec traverse remployée en linteau (armoiries rapportées au-dessus), petites fenêtres du rez-de-chaussée du début du XIXe siècle (autrefois barreaudées), fenêtres de l'étage agrandies au XVIIIe siècle; sur la façade orientale, fenêtres de la fin du XVe ou du XVIe siècle (croisée supprimée) pour la travée nord, portes-fenêtres au rez-de-chaussée remaniées au XIXe siècle, fenêtres de l'étage agrandies au XVIIIe siècle; sur la façade nord de l'aile sud, portes aménagées dans les anciennes fenêtres (porte orientale percée au XXe siècle), la fenêtre à croisée de l'étage semble la plus authentique (deuxième quart du XVIIe siècle). Les ouvertures à linteau en plein-cintre du comble ont peut-être été mises en place lors d'une campagne générale de réfection du comble après l'agrandissement par Jacques Chirat. Les fenêtres en demi-lune de l'aile nord (côté nord) ont sans doute été mises en place au milieu ou dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Sur la première matrice cadastrale (avant 1830), l'édifice est mentionné, "château et cour", avec un "jardin parterre" devant la façade occidentale. Les quatre portails en brique et pierre édifiés à différents accès du parc et du château sont datables de la fin du XIXe siècle (une facture du serrurier Palley, de Montbrison, datée de 1891, est conservée au château). En 1887, le domaine comptait en tout 91 hectares.

 Après le décès d'Albert Chirat de Montrouge, mort célibataire en 1914, le château a traversé une période d'abandon (pendant laquelle la cheminée en bois sculpté de la salle à manger a été démontée). Il a été racheté dans le troisième quart du XXe siècle par M. Prodon, industriel à Saint-Chamond, qui l'a très largement restauré et remanié (travaux par l'entreprise de maçons Bressiani, de Saint-Romain-le-Puy; renseignement oral); on lui doit entre autres la réfection des toitures, la remise en place de décors déposés, trouvés dans le grenier et l'aménagement du parc. Un important fonds d'archives était conservé au château de Montrouge. Il a sans doute été en grande partie classé et recopié par Albert Chirat de Montrouge, qui était membre de la Diana (société archéologique et historique du Forez). Le fonds a été donné aux Archives départementales de la Loire en 2000 par Jean Gonon (documents datés entre 1380 et 1911), les copies (et quelques originaux) restant au château; les originaux conservés aux Archives départementales ont été consultés par sondage, ce sont les copies et les notes d'Albert Chirat de Montrouge qui ont majoritairement servi à réaliser ce dossier.

 Le château est édifié au nord du hameau de Morenol, entre le Vizézy et le Moingt (son affluent); des dérivations du Vizézy alimentaient plusieurs étangs (Le Grand étang de Montrouge existe en 1480; quatre étangs sont régulièrement cités au XVIIIe, deux subsistent au XIXe siècle) et un moulin (mentionné au XVIe siècle) dépendant du domaine, ainsi sans doute que le fossé qui entourait encore l'édifice à la fin du XVIe siècle. L'édifice était entouré de bois, à l'ouest, et d'étangs, au nord et à l'est; au sud se trouvait un clos (signalé sur le plan de 1809), correspondant peut-être à l'emplacement de la vigne mentionnée au XVIe siècle. A proximité était édifié un pigeonnier, mentionné au XVIe siècle, cadastré en 1809, cité sur un état de la propriété en 1867 et sur un acte notarié en 1887, mais mentionné comme disparu sur un bail de 1899 (pigeonnier situé devant le château, avant le chemin, détruit dans les années 1960). Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les abords sont modifiés par le changement du tracé de la route, transportée plus à l'est, ce qui permet la constitution d'un parc clos (mur en moellon de granite) au sud et de part et d'autre des bâtiments. Trois portails identiques commandent les accès au parc: un au sud, au départ du chemin reliant le château au hameau, marqué par l'aménagement d'une esplanade en demi-lune sur laquelle est plantée une croix; un à l'est, le long de la route, dans l'axe des bâtiments de la ferme; le dernier le long du chemin entre la route et la ferme, sur un muret qui sépare le "jardin parterre" du château des parties agricoles.

 L'édifice se compose d'un corps de logis cantonné de deux tours du côté est, avec deux ailes (l'aile nord se termine par une tour de plan circulaire, l'aile sud par un retour au sud, l'extrémité sud de l'aile étant pourvu d'une toiture individualisée à croupes, qui lui donne l'aspect d'une quatrième tour) délimitant une petite cour à l'ouest, ouverte sur une cour de communs fermée au nord-ouest par un corps de bâtiment en L. L'accès à cette cour est commandé par un portail avec porte cochère à fronton triangulaire et porte piétonne, percé dans le mur sud, à l'extrémité du tracé de l'ancien chemin venant du hameau de Morenol. Au nord se trouvent les bâtiments de la ferme. Puits à proximité du portail est de la cour de la ferme, à l'extérieur. Le logis est un bâtiment double en épaisseur, avec, sur jardin, trois pièces en enfilade (du nord au sud: cuisine, salle à manger et salon; la salle à manger a été subdivisée pour créer un couloir dans l'axe de l'entrée). La cuisine a une cheminée d'angle en granite précédées côté cour d'un vestibule encadré de chaque côté du départ des ailes latérales. Une tour d'escalier en vis est implantée sur le gros de mur séparant le vestibule du salon. L'aile sud estdivisée en quatre pièces d'habitation, plus une pièce dans la tour; la pièce centrale est pourvue d'une cheminée en granite, à linteau droit sur consoles en oblique et piédroits moulurés à cavets. L'aile nord est une remise. L'étage reproduit une distribution similaire, avec trois grandes chambres et un couloir côté est, un grand corridor le long du côté ouest, une bibliothèque puis une chambre avec garde-robe et cabinet de toilette dans la tour dans l'aile sud, une chambre dans l'aile nord.

 L'édifice est en pisé enduit, avec des encadrements en granite (quelques encadrements en bois: certains encadrements extérieurs de l'aile nord, encadrements de portes intérieures à l'extrémité ouest de l'aile sud, vers la garde-robe et le cabinet de la dernière chambre, et extrémité est de l'aile nord). Les toits sont à longs pans et croupes, en tuile creuse; toits coniques sur les tourelles angulaires et sur la tour d'escalier, avec des pentes diverses, en tuile creuse ou tuile écaille (tours orientales; génoise pour la tour sud-ouest). Le parc présente un aménagement très simple, avec quelques bosquets et des allées. Il comprend un chenil, au sud-ouest du château. Il était bordé à l'ouest par une piste annulaire pour l'entraînement des chevaux. Une petite pièce d'eau est creusée au nord-est des bâtiments. Les communs du château s'organisent autour d'une cour de plan carrée, à l'ouest de celle du château. Dans l'angle sud-ouest de cette cour se trouve l'ancienne partie habitation, dans un corps de bâtiment de plan rectangulaire, de trois travées, avec un étage carré et un comble à surcroît. Le rez-de-chaussée, ouvert côté cour par une porte double en arc en anse de panier, est aménagé en box à chevaux. Entre ce corps de bâtiment et le portail sud de la cour se trouve un bâtiment à un étage, de trois travées, avec remises au rez-de-chaussée et logement à l'étage. En retour à l'ouest est édifié un bâtiment à un étage, avec remises au rez-de-chaussée et fenil à l'étage. Au nord de la cour se trouve un bâtiment en rez-de-chaussée construit sur l'emprise de la cour de la ferme mais ouvrant vers la cour des communs, à usage de remise. Une habitation de quatre travées à un étage, avec un petit garage à voiture attenant, est édifiée à l'extérieur de la cour, au nord du château. 

 Éléments protégés MH : le cabinet et son décor au premier étage de la tour Sud-Ouest : inscription par arrêté du 16 janvier 1990. 

 château de Montrouge 42600 Savigneux 

 Téléphone : 06 85 48 00 48 

Château de Montrenard

En quittant Pouilly-sous-Charlieu, on rencontre en remontant la vallée du Jarnossin, à deux kilomètres environ, une forteresse quadrangulaire dont les murailles émergent des eaux profondes de larges fossés, et sont commandées par un donjon d’angle à trois étages, et comble aigu. C’est le château de Montrenard, demeure féodale du XIVe siècle, admirablement conservée, et l’un des plus précieux joyaux du Roannais monumental. Rien de plus saisissant que l’aspect sévère de ces hautes courtines, percées seulement de rares meurtrières, sans crénelage, ni mâchicoulis, sans autre relief que celui de trois échauguettes semi-circulaires flanquantes, assises aux angles sur six rangs en retrait de tours grossièrement taillées. Point de baies pour égayer cette enceinte, autres que celles qui s’ouvrent aux différents étages de la tour carrée, car les fenêtres du front méridional ont été percées après coup, comme la maçonnerie l’indique, et leurs profils datent de la Renaissance. La défense réside surtout dans un chemin de ronde, sorte de terrasse posée à l'intérieur sur l’épaisseur des murs et qu’abrite un parapet assez mince, nanti d’embrasures et d’archières, en forme de croix pattée. Une seule entrée, avec pont-levis aujourd’hui remplacé par un pont fixe, et d'une largeur à peine suffisante pour un cavalier, donne accès dans la place. Elle est fermée pat Une porte ogivale suraiguë, placée au fond d'un passage long de trois mètres, non voûté, qui s’ouvre en arrière d’un arc surbaissé, supportant le haut du mur et contre lequel s’appliquait le tablier du pont quand il était relevé. Un double mâchicoulis, accompagné de meurtrières en croix surmonte et protège cette entrée qui a très grand air.

 Les corps de logis adossés aux courtines, mais aujourd’hui détruits, ne prenaient jour que sur la cour intérieure, et un escalier droit, réservé dans l’épaisseur des murs, conduisait aux étages du donjon. Chacun de ces étages n’a qu’une seule salle, éclairée d’une ou de deux baies étroites, prises dans les minces parements de façades de larges embrasures, qui sont voûtées en berceau brisé et garnies de bancs latéraux en pierre. Les formes de ces ouvertures sont toutes variées; baies ogivales sans linteau, baies à linteaux carrés, les uns pleins, d’autres ajourés d’un quatre feuilles et tous déchargés à la bourguignonne, par l’arc brisé d’un ébrasement extérieur. Une vaste cheminée du premier étage, visiblement encastrée après coup dans l’ancienne maçonnerie, est un ouvrage de la Renaissance avec décoration de volutes, mais une salle supérieure a conservé sa curieuse cheminée du XIVe siècle, en faible saillie de trente centimètres, sur la paroi, sans pieds-droits, et dont le manteau, d’un seul bloc de deux mètres de longueur, repose sur deux corbeaux massifs à redents et très larges chanfreins Le chanfrein est d’ailleurs la seule moulure adoptée dans l’édifice, notamment sur les lèvres des croix des archières évidées dans une dalle de pierre d’une seule pièce. Etrange par son aspect de forteresse, étrange par son étonnante conservation et son curieux système défensif, ce castel de Montrenard est un sphinx qui a gardé depuis cinq siècles le secret de ses nombreuses vicissitudes. Aussi la légende s’en est-elle emparée; s’inspirant de la présence de ces curieuses croix pattées caractéristiques de l’austère édifice, elle en a fait une résidence de Templiers.

 Montrenard était une terre libre qui ne releva jamais d’aucun suzerain. Les premiers seigneurs de Montrenard en portaient le nom et avaient des armes parlantes: de gueules au renard montant d’or. Jean de Montrenard épousa Hélinos de Trezettes, d’où Marguerite, femme d’Antoine de Feugères, et Guillaume de Montrenard, qui épousa Marguerite de Charlieu, des seigneurs de Jarnosse, qui lui apporta le fief de la Place. Il rendit hommage de ses biens le 27 septembre 1400; un autre aveu porte la date du 14 février 1402. Le 10 août 1407, Guillaume obtint du duc de Bourbon, Louis II, des lettres par lesquelles le duc défend à ses officiers de troubler ledit Montrenard dans la jouissance de ses droits sur les ports d’Aiguilly et Pouilly, sur la rivière de Loire, voulant qu’il en jouisse, comme ses ancêtres ont toujours fait. Le 9 avril 1408, Marguerite de Charlieu est veuve et rend hommage de la Place. Elle lui avait donné Louis; Jean, échanson du duc Louis II, et Marguerite, mariée à Amphore de Saint-Haon. Louis de Montrenard, seigneur dudit lieu, fit un aveu de ses biens au duc de Bourbon, le 27 janvier 1426, et rendit hommage de Montrenard, le 9 décembre 1441. Il épousa Jeanne de Chandée, dont Gaspard et Jeanne. Gaspard de Montrenard est mentionné dans un acte concernant Edouard de Damas, seigneur de la Basole, son beau-frère, ce qui laisserait supposer qu'il avait épousé une Damas.

 Joachim de Montrenard, qui lui succéda, avait épousé Renée de Chavannes, fille de Jean, seigneur de Saint-Sulpis et de Claudine de Lancy. Guillaume de Montrenard rendit hommage de Montrenard, le 8 juillet 1539, et Louis de Montrenard, le 3 avril 1549; l’année même où ses biens étaient vendus par décret. Un blason retrouvé à Pouilly porte en parti, les armes des Montrenard et celles des Sainte-Colombe, et d’autre part, en 1588, c’est Claude de Crémeaux, époux de Jeanne de Sainte-Colombe de l’Aubépin, qui est seigneur de Montrenard. Les Sainte-Colombe ont donc très probablement possédé Montrenard, au XVIe siècle. Le 26 avril 1601, Philippe d’Apchon est seigneur de Montrenard et en donne le dénombrement. Il acquiert des droits de justice, le 9 décembre 1603, puis les marquis de Rébé l’acquirent des d’Apchon. Jacques de Rébé en rendit hommage le 4 mai 1691. Montrenard appartint ensuite à Jacques Chevalier, conseiller du Roi, dont la fille Philiberté, le porta par mariage à Joseph du Montet, seigneur des Bassets, qui précéda les Michon de Vougy qui en étaient encore seigneurs en 1789. A M. Victor Roux de Nandax a succédé son neveu M. Louis Roux au commencement du XXe siècle.

 Éléments protégés MH : le château de Montrenard en totalité: inscription par arrêté du 15 avril 1935.

 château de Montrenard 42720 Pouilly-sous-Charlieu

 

Château de la Merlée

Au pied des montagnes d’Urfé et de Cervières, à trois kilomètres de Noirétable, mais sur le territoire de Saint-Julien-la-Vêtre (aujourd'hui Vêtre-sur-Anzon), se trouve l’ancien château de la Merlée. Les bâtiments, que masquent en partie des arbres séculaires, se composent d’un vaste quadrilatère avec cour intérieure flanqué aux angles de quatre tours circulaires. La partie ouest des bâtiments semble inhabitée, mais la partie est a été réparée par Monsieur Perdrigeon qui a ainsi sauvé la Merlée de la ruine. Les restes de la chapelle sont contigus au château, on y voit encore une porte moulurée, une fenêtre avec son remplage gothique et les débris informes de l’autel en maçonnerie grossière, envahie par les mousses, les fougères et les scolopendres. Dans un angle, une retombée de voûte présente une figure naïvement sculptée.111

 Les premiers possesseurs de la Merlée en portaient le nom. Delmas de la Merlée, damoiseau rend hommage au comte de Forez, le 16 février 1311, pour la Merlée et autres terres. Les 22 juillet 1322, 11 octobre 1327 et 12 décembre 1328, Thomas de la Merlée rend le même hommage pour la Merlée, des biens à Salles, Saint-Just, Noirétable, etc. La filiation s’établit depuis Roland de la Merlée, dit Mastin, seigneur de la Merlée et de Villeneuve. En 1392, encore jeune, il adressa un curieux défi en patois au chevalier castillan, Arnuad d’Eril: il signa "le Mastin de la Merlée" et c’est là l’origine de ce curieux surnom. En premières noces, en 1445, il épousa Marguerite d’Urgel ou Durgel, dame de Villeneuve et en secondes noces, le 3 décembre 1462, Annette de Rochedragon, qui est veuve de lui le 3 novembre 1466. Il eut du premier lit Jean de la Merlée, dit le Mastin, seigneur de la Merlée, marié à Claudine de Lespinasse, d’où Gilbert, 2° Marie, mariée le 8 juin 1468 à Philibert de Rougemont, seigneur de Vernoux. Du second lit il eut Antoine de la Merlée, dit Mastin, seigneur de Villeneuve, mort sans postérité; 2° Annet Mastin de la Merlée, dit Merlaud, seigneur de Villeneuve, mentionné dans des actes qui vont de 1483 à 1504. Il épousa Françoise de Rochefort, fille de Guillaume, seigneur de la Valette et de Jeanne Mitte, dont il eut un fils, François Mastin, seigneur de la Merlée en 1517, qui eut pour successeur son cousin-germain, Gilbert, mentionné plus haut.111 

 Gilbert le Mastin de la Merlée, seigneur de Villeneuve, la Roche, la Tour-en-Jarez, la Chabaudière, la Merlée, épousa le 30 mai 1540 Anne de Sénaret, fille de Balthazard, seigneur de Chaussin en Bourbonnais et de Pernette de Bonnay, dont Antoine le Mastin, seigneur de la Merlée et Villeneuve; 2° Gilberte, femme de François de Saint-Priest, seigneur de Saint-Bonnet; 3° Madeleine, mariée en 1563 à Louis de Boisy, fils de Tristan; 4° Claudine, mariée à Etienne Perrin, seigneur de Chervé, à Perreux; 5° Françoise, femme d’Antoine Baraduc, "chevaucheur de l’écurie et portier de la maison du Roi" à la Post, près Noirétable; 6° Sébastien le Mastin, seigneur de Serbonne, dont la fille, Françoise de la Pauze, épousa un gentilhomme auvergnat, Louis du Palais, d’où Marc du Palais; 7° François le Mastin, seigneur de la Merlée, qui testa le 24 juillet 1585, faisant héritier universel son neveu, Marc de Boisy, qui vivait avec lui et lui substituant Marc du Palais. Le vieillard vivait à la Merlée avec de Boisy et le seigneur de Gibiat. Le 20 avril 1591, il fut trouvé assassiné avec Gibiat. Le château avait été envahi une heure avant le lever du soleil par une bande de vingt hommes masqués et armés. Les gens de justice de la châtellerie de Cervière dont dépendait la Merlée mirent les scellés sur les meubles et le château fut occupé par une garnison. Les deux victimes furent ensevelies, en l’église de Saint Jean-la-Vêtre, dans la chapelle de la Merlée, alors ornée de leur blason, de gueules à la bande d'or chargée de trois merles de sable, becqués et membrés de gueules.111 

 Marc de Boisy se fit mettre en possession de l’héritage, se porta partie civile, fit des recherches et acquit la certitude que le crime avait été commis par une bande de soldats pillards en garnison à Ambert. La succession était chargée de dettes, Marc aliéna d’abord la dimerie de Saint Romain d’Urfé à Michel de Génetines, puis la Plasse, à Michel de Beauvoir, enfin le 30 novembre 1595 il cédait la Merlée à Jacques d’Urfé pour 18000 écus. La famille du Palais cependant ne se résignait pas à la perte de l’héritage qui aurait pu revenir au jeune Marc. Le 15 avril 1592, le sire de Boisy, lui avait remis 300 écus, representant ce qu’elle pouvait prétendre "des biens et succession du sieur de la Merlée" mais c’était trop peu. Une intrigue ouverte contre Marc de Boisy réussit à diriger les soupçons de son côté. A la fin de 1596 le prévôt de Forez, Pierre Imbert, l’arrêta à la Merlée et le fît incarcérer à Montbrison. Les du Palais achetèrent le prévôt et comme de Boisy était sorti du château une demi-heure avant le crime, des témoins déclarèrent l’avoir vu "masqué, dans la troupe de ceux qui firent le coup". Le 21 novembre 1597, on décidait de soumettre Marc à la question pour lui arracher des aveux, le prévôt et l’assesseur s’y prirent si brutalement que le malheureux en mourut sur le champ. Sa mère, Madeleine de la Merlée, passa ses jours à demander la réhabilitation de son fils victime d’une monstrueuse erreur judiciaire et il est probable que les choses traînèrent en longueur jusqu’à sa mort, car ce ne fut que le 19 janvier 1598, que le roi ordonna aux parties de se présenter devant la Cour pour être entendues. Les armes de Boisy sont cinq point d’azur équipollés à quatre d’argent.111 

 Marc du Palais, mis en possession de l’héritage par les moyens que l’on sait, épousa en 1618 Anne Charpin de Génetines, fille de Michel et de Léonore Le Long, dont Gaspard, qui suit; 2° Jacques-Gilbert, seigneur de Villechaize, marié à Philippe de la Gui tardie; 3° un fils, assassiné à Lyon, le 20 juin 1649; 4° Michelle, mariée le 23 novembre 1655 à Pierre de Chaussecourte, fils de Louis et de Nicole de Cambefort. Gaspard du Palais prêta hommage de la Merlée en 1671, ayant épousé le 17 septembre 1648, Françoise d’Alcanon de Chassereux, il eut cinq enfants dont Joseph, qui suit; 2° Jacques, né en août 1669; 3° Marie, jumelle du précédent; 4° Charles-Philippe (6 novembre 1674-1710); 5° Jérôme, sous-Diacre à Lyon. Joseph du Palais, né en janvier 1665, épousa le 17 janvier 1695, Louise de Cochardet, dont trois filles: Hilaire, née le 8 août 1696; 2° Marie, née le 9 août 1699, mariée au seigneur Belvezay de Veluize. En juillet 1730 leur fils Etienne tombe du haut des murs de la ville de Thiers et se tue à 35 ans; 3° Marie Marguerite, née le 26 mai 1704. Les armes des du Palais sont d’azur au chevron d’or, accompagné de trois glands versés du même. Le 14 octobre 1726, Marie-Marguerite épousait Pierre-Gaspard de Loras, seigneur de Chamagnieu et la Tour, capitaine de cavalerie au régiment de Villeroy, fils de Louis et de Marie David de la Tour et petit fils d’Arthur et de Claire de Villars. Les armes de cette maison sont de gueules à la fasce losangée d’or et d’azur. Pierre-Gaspard de Loras, seigneur de la Merlée, testa le 16 août 1746, laissant François-Melchior, marquis de Loras, lieutenant au Royal-Vaisseaux; 2° Louis-Catherine, qui suit; 3° Louise-Hilaire, mariée le 23 avril 1750 à Jean-Antoine de Charpin comte de Génetines, fils de Jean et de Marie-Madeleinede Jaquette; 4° Louise-Charlotte, mariée le 1er mai 1754 à Barthélemy-Léonard Pupil de Myons, fils de Barthélemy Claude et de Catherine de Sève.111 

 Louis-Catherine de Loras, baron de Pollionay, seigneur de la Merlée (24 avril 1725-6 décembre 1793) martyr de la Révolution, commandeur de l’ordre de Malte, capitaine au régiment de Bretagne, épousa le 12 mars 1767, Adélaïde-Sophie Berthelet de Baye, née le 15 décembre 1749, fille de François et d’Elisabeth Rioult de Cursay, dont François-Marie, né le 13 août 1768; 2° Barthélemy-Hippolyte, né le 13 décembre 1769; 3° Louis Charles, marquis de Loras, né le 6 février 1771, marié en 1808 à Mademoiselle de Rigaud de Sérézin, fille du marquis et de Nicole de Menthon dont un fils mort jeune, deux filles religieuses et Henriette-Pétronille, morte le 28 juillet 1850, mariée le 6 août 1832 à Antoine Charles-François d’Auberjon, marquis de Murinais, dont les armes sont de gueules au lion d’or. Les deux époux paraissent avoir possédé la Merlée, conjointement avec François-Marie. Le 15 juin 1839 ils vendaient le vieux manoir à François-Guillaume Perdrigeon, ancien officier de dragons, juge de paix à Noirétable, né le 6 avril 1790, fils de Jean-Baptiste et de Marie-Madeleine Delaire. Il mourut sans alliance et la Merlée passa à son neveu François-Guillaume Perdrigeon, fils de son frère François et de Marie-Claudine Giraud de Presles. Le château appartenait par moitié, au début du XXe siècle, à M. le Docteur Wies-Perdrigeon et à M. Paul Leriche-Wies. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures; la salle des Gardes au rez-de-chaussée avec sa cheminée; les cheminées de la pièce de la tour Sud-Est et de la cuisine au rez-de-chaussée et de la chambre au premier étage au-dessus de la salle des Gardes: inscription par arrêté du 1er mars 1973.

 château de la Merlée 42111 Vêtre-sur-Anzon

   

Château de Marandière

En 1468, Claude de Rochebaron abandonne son château seigneurial de Montarcher (Loire) pour la maison forte nouvellement construite de Marandière, où figurent ses armes dès cette date. Deux ailes flanquées de tours circulaires s’adossent à un ancien donjon du XIVe siècle. Le logis est constitué alors de trois ailes entourant une cour anciennement fermée par un mur détruit au début du XXe siècle qui en défendait l'entrée. A L'Est, une basse-cour, close de murs est devancée par une avant-porte. Au XVIe siècle, certaines baies du corps de logis central sont modifiées ou percées et un grand nombre de dépendances s'élèvent à l’ouest et à l’est du logis. Vers 1560, le baron des Adrets incendie partiellement les bâtiments lors de sa venue dans le Forez ; de cette époque date vraisemblablement le très intéressant plafond dit à la fougère. Guillaume de Rochebaron et sa femme Yolande de Lamps, durant le troisième quart du XVIe siècle intervinrent dans la restauration de la maison forte, deux corbeaux de part et d'autre d’une baie sur la tour sud de l'édifice témoignent de leur activité. Les Rochebaron subsistèrent à Marandière jusque en février 1642, date à laquelle les biens de feu Jean de Rochebaron et sa femme passent aux mains des sieurs curés et prêtres d’Estivareilles. Entièrement remanié au XVIIIe siècle, le donjon se relie à l'aile nord par un escalier rampe-sur-rampe en pierre de la même époque. Les deux terres (Montarcher et Marandière) vendues le 7 décembre 1668 par Hector de Crémeaux, époux de Perrette Rochebaron, petite-fille de Jean de Rochebaron, à Pons d’Aurelle de Terreneyre, passèrent, en 1743, aux Chauvou. Dix ans plus tard, un neveu , Pierre Gonin de Lurieu, hérita ; ce dernier aliéna Marandière à François Vincent, autre riche stéphanois et écuyer et secrétaire du roi. Pendant la Révolution, la conduite du sieur Benoît Vincent, fils de l'acquéreur, préserva le château des destructions révolutionnaires. En 1803, Honoré Berthet, fonctionnaire de l'Empire, achète Marandière, lequel est porté par le mariage de deux de ses descendantes dans la famille Favier de la Chomette. De cette dernière période datent les nombreuses restaurations et modifications apportées à l'édifice : ouvertures de baies néogothique au rez-de-chaussée du logis central, modifications de certaines voûtes et plafonds de plusieurs salles et extension des dépendances agricoles.

 La maison forte de Marandière est bâti non loin de celui de Montarcher, sur la commune d’Estivareilles. Implanté sur un petit replat, situé au milieu des bois, on y accède par un petit chemin assez accidenté. L'ensemble composé du logis et de ses dépendances s’étire en longueur, face à un large pré. Les matériaux mis en oeuvre, pour l'ensemble des bâtiments, sont des moellons de granite pour le gros oeuvre et des pierres de taille pour les chaînes d'angle et encadrements. La composition de la maison forte de Marandière est plus complexe qu'il ne paraît. Un vaste corps principal reçoit deux ailes sur cour à ses extrémités : une au nord, en retour d'équerre, une seconde au sud, en retour également mais selon un angle plus ouvert. Le logis est flanqué de quatre tours et d’un donjon. Un premier mur d'enceinte (situé dans le prolongement de la tour Est et dans celui du donjon) contient une cour, un jardin et des dépendances ; un second, plus récent et rattaché au premier, englobe d'autres dépendances et une pièce d’eau. L'avant-porte de la première enceinte était défendue par des mâchicoulis, dont on voit encore les consoles, et par deux tours carrées (dont une aurait servi de prison ? ). Le donjon est l'élément le plus ancien de la maison forte ; il est de plan rectangulaire et de construction tout à fait soignée : maçonnerie fourrée, avec moellons de revêtement et chaîne d'angle en besace. Deux travées de baies hautes (plus larges au sud qu'à l’ouest) sur cinq niveaux, dont un de comble, ont été percées dans l’épaisseur du mur au XVIIIe siècle ; un certain nombre de détails architecturaux se rattachent à son passé : anciennes ouvertures le long des travées de baies actuelles ainsi que des pierres d'attente sur les côtés nord et sud, situées à mi-hauteur. A la base du donjon, une archère-canonnière, et au sommet, des trous pour hourdes mobiles en bois, rappellent ses fonctions défensives originelles. Accolé au donjon, et faisant encore partie de l'aile nord, un escalier rampe-sur-rampe en pierre, dans-oeuvre et en façade, s'élève sur trois niveaux. Le mur pignon se termine par un mur d'élévation triangulaire à quatre degrés convergents.

 L'élévation antérieure se compose de deux travées à trois niveaux (dont un de comble), et de trois travées à trois niveaux sur l'élévation postérieure. L'ensemble de ces baies n’est pas homogène architecturalement : petites baies chanfreinées au troisième niveau ; hautes baies à traverse haute et baie à croisillon (façade antérieure) du XVe siècle au deuxième niveau ; baies plus diverses au premier niveau datant du XVIe au XIXe siècle. L'aile Est en retour sur la cour a, sur sa face interne, une travée de trois baies qui éclaire un escalier en vis dans-oeuvre, en façade. Les deux baies inférieures sont rattachées à une partie de mur située en avant du restant de l'aile, mais seules les deux baies supérieures datent du XVe siècle: baies chanfreinées à congé. À l'angle de cette aile; les traces d'un arrachement nous signale la disparition récente d’un mur clôturant la cour centrale. Sur l'élévation latérale droite, deux baies, dont une à traverse au premier étage ouvrent sur l'extérieur. Trois tours semblables flanquent le château sur trois de ses angles. De plan circulaire, et entièrement maçonnées, elles ont pratiquement toutes des éléments défensifs sur plusieurs niveaux, essentiellement des archères-canonnières ; certain de ces éléments ont été remplacés par des petites ouvertures. Quelques particularités sont à signaler : tour sud : une canonnière au troisième niveau, deux corbeaux ornés d'armoiries sculptées sur leur face inférieure (armes des Rochebarons le second n'ayant pas été identifié : tour Est : une baie chanfreinée en arc brisé correspondant à la présence, au premier niveau, d’une chapelle privée.

 C'est dans l'aile sud au rez-de-chaussée que se trouve une vaste cuisine voûtée d’arêtes, comportant deux grandes cheminées en pierre de taille, granite gris. Une première cheminée a son entablement en arc surbaissé dont la partie inférieure est chanfreinée ; son jambage droit est à gorge à profil segmentaire, et congé droit. Dans la partie gauche se situent un pilier de soutènement, ainsi qu’un petit four dans le tableau. La seconde cheminée a son entablement et son jambage identiques à la première, hormis le congé qui est présentement à feuille : dans le tableau droit se trouve une niche, et un four à pain dans celui de gauche. Un placard mural en pierre de taille se trouve sur le devant de cette cheminée. L'accès à la cuisine s'effectue par une porte aménagée au XIXe siècle dans la tour sud, par une porte donnant dans l'escalier en vis, et enfin par un passage aménagé dans le contre-coeur de la deuxième cheminée. Le sol est en dalles de pierre, la voûte et les murs sont enduits à la chaux. Le vestibule actuel permet de communiquer avec le calorifère, compris dans une cloison de brique et au sol en terre battue, la cave à provision avec un placard mural, l'escalier en vis et la cuisine. Récemment voûté, cet espace n'offre que peut d'intérêt. L'ensemble aujourd’hui composé du calorifère, de la cave et du vestibule ne devait, à l’origine, former qu'un seul volume, voûté en berceau et éclairé par deux baies ouvrant sur l’élévation externe de l'aile sud : de cet espace on accédait à la tour est, par l'intermédiaire de deux degrés. La tour est a la particularité d’avoir une cheminée engagée en pierre de taille avec entablement et piédroits en granite. La voûte est plate à appareillage circulaire, et les deux ouvertures existantes sont des archères-canonnières.

 Au centre du corps principal, une vaste pièce, servant de salle à manger, est voûtée d'arêtes à grands et petits quartiers alternés, laquelle voûte est chaulée et ornée de liserés, maximes et blasons peints au XIXe siècle. Cette voûte remplace aujourd’hui un ancien plafond à solives apparentes. Sur un des côtés de la pièce, une large cheminée. incorporée, a son entablement sensiblement cintré et mouluré ; ses piédroits à chambranle à colonnette, sont ornés à leur base de filets interrompus qui se poursuivent sur les tableaux. Une autre cheminée, plus petite, a pris place dans le contre-coeur de la première. Une baie haute avec ébrasement et ornée d’un vitrail ouvre sur la pièce dont le sol est dallé et les murs couverts d’un lambris de demi-revêtement. De la salle à manger on communique à l’ancienne antichambre, aujourd'hui cuisine, par une ouverture à triple accolade. Originellement, la cuisine et les caves à vin ne faisaient qu’une seule pièce, voûtée en berceau et comportant une cheminée, aujourd'hui reléguée en placards. La tour nord est fermée par une porte en bois à assemblage clouté, chacune de ses ouvertures comprend une archère-canonnière, la voûte est plate et le sol en terre battue. Face à la cuisine, se trouve un escalier dans-oeuvre en façade. Les volées tournantes, voûtées en plein cintre, conduisent à des paliers intermédiaires voûtés d’arêtes ; de ces paliers on accède à la tour engagée du tiers qui sert de latrines. Enfin, le donjon abrite au rez-de-chaussée un salon au plafond plat, au mur recouvert de lambris de hauteur et au parquet en bois debout de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle. Sur un des murs du salon prend place une cheminée engagée en granite orangé taillé et sculpté ; le manteau est recouvert d'un placage en bois, sculpté de cercles et de cartouches. Dans l’âtre est placée une plaque de cheminée ornée d'armoiries, laquelle est étudiée en temps qu’objet.

 Le plan du premier étage est relativement semblable à celui du rez-de-chaussée : seules quatre pièces, pour leur décor porté ou rapporté paraissent intéressantes à développer : la chambre de l’aile est, la salle haute, la chapelle installée dans la tour est, et la chambre de l'aile ouest. La chambre de l’aile est, comporte un plafond peint à solives en épis apparentes. Ce plafond est peint de cartouches à décor floral. Les murs de cette pièce reçoivent des lambris de hauteur. La salle haute est ornée d'un important décor : un plafond à caissons peints, des lambris de hauteur du XVIIIe et du XIXe siècle, des impostes ornés de tableaux peints sur toile, et enfin d’une importante cheminée en pierre peinte et datant du XVe siècle. Le plafond à caissons, datant de la fin du XIXe siècle, masque la date "1468" rapportée sur le haut de la cheminée ; de nombreuses armoiries ornent les caissons. Enfin, quatre tableaux peints sur toile et situés à chaque angle du salon, au-dessus de quatre portes, représentent également des armoiries. La tourelle Est renferme une chapelle privée, voûtée d’arêtes et comportant un autel. L'une des trois ouvertures a été agrandie en baie en arc brisé, une autre est cachée par l’autel, la troisième, enfin, possède encore une archère-canonnière. La chambre située dans le donjon, est ornée de lambris de hauteur mais également de deux tableaux peints sur toile et placés au-dessus de deux portes. La chambre située avant la tour nord, est appelée "chambre Montarcher" parce que, dit-on, Claude de Rochebaron, le constructeur de Marandière, pouvait de la fenêtre de sa chambre surveiller son château de Montarcher, situé au sommet d'une colline. Le deuxième étage correspond à celui des combles. Le volume des pièces y existant est celui-là même qui devait exister aux étages inférieurs avant leur compartimentage. Toits à longs pans sur les ailes, avec croupes aux extrémités, toit à croupes pour le donjon, toits coniques pour les tours. La couverture est en tuile creuse. La toiture, à pente faible et à avant-toit réduit, est soulignée par une génoise continue en tuile ; génoise qui repose sur une corniche en pierre de taille pour les tours. 

 Éléments protégés MH : le château ; les communs donnant sur la cour à l'est ; le porche fortifié à l'est avec les deux bâtiments qui le flanquent ; le bâtiment de la ferme à l'ouest : inscription par arrêté du 18 novembre 1997. 

 château de Marandière 42380 Estivareilles

 

Château de Malval

Le château de Maleval était, à l’origine, composé d’un corps principal flanqué à ses deux extrémités de deux ailes reliées l’une à l’autre par une galerie cintrée et voûtée, sur laquelle, au rez-de-chaussée,les appartements avaient leur entrée. Les deux ailes et le corps principal se terminaient par quatre pavillons carrés, qui ont perdu leur toiture aiguë. Aujourd’hui cette galerie prend jour sur une cour étroite, assombrie par les bâtiments qui l’enserrent. Une belle porte Renaissance s’ouvre au midi. Une tour ronde, dont la flèche est démolie, renferme l’escalier. La partie la plus ancienne accuse le XVe siècle, mais des bâtiments ont été ajoutés à une époque postérieure, notamment deux pavillons, construits à quelques mètres du château et reliés par une terrasse. En vertu de deux donations qui furent faites par Guy VI, comte de Forez, et Jeanne de Montfort, sa femme, Guillaume de Bottigue, écuyer de la comtesse, devint seigneur de Maleval, qui n’était alors qu’un fief avec droits de dîmes et de cens. Ces biens furent donnés, avec d’autres terres et 500 pièces d’or, sous la seule réserve de la haute justice et du droit de retour, en faveur du comte et de ses successeurs, si Guillaume mourait sans enfants. En 1317, Maleval appartenait à la famille de Tréméolles de Barges qui le revendit cette année-là au comte de Forez. En 1361, le fief appartient à Jomard de Salvaing, bourgeois de Saint-Héand, fils de Jean de Salvaing. Jomard testa le 30 octobre 1361, faisant héritier Jocerand de Salvaing, son fils. Ce dernier mourut sans postérité et le 17 décembre 1378, Jeanne de Salvaing, sa sœur, femme de Jean Morret, prêtait foi et hommage au comte de Forez pour le fief de Malaval. Les armes de Salvaing sont d’or à l’aigle de sable, à la bordure de France. Jeanne testa le 3 mai 1413.

 Béatrix, sa fille, porta Maleval à Jean de Rochefort, seigneur de la Valette. Leur fils Jean testa à Maleval le 30 octobre 1484. Il fut le père de Guillaume, lui-même père de Pierre. Ce dernier acheta, le 8 octobre 1538, de Jean Mitte de Chevrières, moyennant 1.000 livres, la seigneurie voisine de la Chazotte. Le 1er juin 1554 les Rochefort vendaient Maleval à Jean de Bourdon, seigneur engagiste de Saint-Victor. Ce dernier testa le 1er octobre 1558. De Deline du Bourg il eut une fille, Andrée, mariée à Antoine de Masso, et un fils, Christophe, conseiller du Boi, trésorier général des finances du Lyonnais. Il fît à Maleval d’importantes restaurations, si bien qu’il s’y ruina. Le 7 juin 1601, les seigneuries de Maleval, la Chazotte et Changy étaient saisies sur Christophe de Bourdon, à la poursuite de François de Platel, qui avait épousé Marie Dupuy de la Mothe, sœur de Françoise, femme de Christophe. Christophe eut de Françoise Dupuy de la Mothe 9 enfants dont François, seigneur de la Mothe, en faveur de qui testa Christophe en 1617; 2° Claude, seigneur de la Chièze; 3° Antoine, seigneur de Mure; 4° Jean; 5° Louis; 6° Théodore; 7° Michel, religieux; 8° Marie; 9° Deline. Les armes des Bourdon sont d’azur à trois coquilles d’or; au chef du même, Le 26 février 1620, les terres et seigneuries de Maleval, la Chazotte et Changy furent adjugées à Balthazard de Gadagne, seigneur de Bouthéon pour 25.000 livres tournois. Le 14 février 1624, Balthazard de Gadagne revendait Maleval à Jean Fautrier, notaire royal, qui en a prêté hommage, le 20 décembre 1627. Ses deux fils se succédèrent à Maleval: Etienne, mort sans postérité, et Charles Fautrier. En 1654, les biens de ce dernier furent saisis à la poursuite de Jean Papon, auquel il était dû 16.103 livres et adjugés le 8 octobre à Pierre Perrachon, seigneur de Saint-Maurice et Villeneuve-le-Plat.

 Ce dernier les rétrocéda peu après à Charles Fautrier, seigneur de Maleval, en 1663. Le 12 septembre 1680, Charles légua Maleval à Etienne de Cannaye, fils de Jacques et de sa sœur, Marie-Espérance Fautrier. Les armes des de Cannaye sont d’azur au chevron d’argent, accompagné en chef de trois étoiles mal ordonnées d’argent, alias d’or, et en pointe d’une rose tigée du même. La donation avait eu lieu sous la seule réserve d’une pension de 1.590 livres en faveur du donateur et du droit d’habitation à Maleval. Une autre sœur de Charles, Marie-Sybille Fautrier, avait épousé Henri d’Arerès de la Tour. Etienne de Cannaye épousa le 19 avril 1689 Marie-Jeanne Garnier de Montreau, fille de Mathieu, président à mortier au parlement de Metz. Il en eut deux fils dont Jacques-Etienne, qui devint en 1716 conseiller-maître des requêtes au Parlement de Paris, et mourut sans postérité, et Etienne de Cannaye, qui lui succéda. Il embrassa la carrière ecclésiastique, il fut membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et mourut le 13 mars 1772, à 89 ans. Le 31 mars 1770, il avait fait donation à son petit-cousin, Alphonse de Droullin de Ménilglaize, chevalier de Montreau, de Saint-Louis et de Maleval, tout en réservant l’usufruit viager à Elisabeth de Carel, mère d’Alphonse. Cette famille était originaire de Normandie, elle a donné deux chevaliers de Malte. Ses armes sont d’argent au chevron de gueules, accompagné de trois quintefeuilles de sinople. Le 7 novembre 1787, Alphonse de Droullin vendait pour 200.000 livres sa seigneurie de Maleval à Claude Ravel de Montagny, dont hommage le 1er décembre 1787, d’une famille originaire de Saint-Didier, en Velay, qui porte d’azur au sénestrochère mouvant du flanc dextre tenant 3 épis d’or; au chef cousu de gueules chargé d’un soleil d’or. Claude était fils de Jacques et de Claudine Thécle-Jourjon, petit-fils de Claude et de Marie Bonnand.

 Ce dernier était fils de Jacques et de Catherine Mollin et arrière petit-fils de Gabriel Ravel. Claude, le seigneur de Maleval, né le 5 juillet 1744, épousa le 8 septembre 1777 Marie de Challaye, et en secondes noces le 17 décembre 1785, Gabrielle-Françoise Victoire Garnier de Chambroy. Du premier lit il eut Jean-Baptiste (28 décembre 1778-6 janvier 1805), marié à Louise de Ferrus de Plantigny. Du second lit il eut Nicolas-Auguste. Nicolas-Auguste Ravel de Maleval (17 juillet 1792-28 juillet 1880) épousa le 20 février 1813 Claire-Jeanne Baboin de la Barollière, dont Alphonse, mort le 15 février 1826; 2° Edouard, marié à Eugénie-CharlotteBodin; 3° Hortense, religieuse du Sacré-Cœur; 4° Pauline, morte en avril 1870, mariée le 30 avril 1835 à Hippolyte de Pomey de Rochefort, fils de Jean et de Marguerite-Eugénie de Musy. De ce mariage sont nées trois filles: Madame de Coton, Adèle, mariée le 21 avril 1866 à Paul de Riverieulx de Varax, et Gabrielle, mariée le 24 avril 1872 à Louis de Fraix de Figon, fils de Louis-Adolphe et d’Eugénie Neyrand, dont Louis-Régis, marié le 20 août 1900 à Marguerite Thiollière, Marie, Cécile, et Joseph, marié en 1913 à Thérèse Lucien-Brun. La famille de Fraix de Figon, qui a hérité de Maleval, porte d’argent au sautoir de gueules; au chef d’azur chargé de trois étoiles d’or, mal ordonnées. Elle remonte sa filiation à Jean de Fraix, seigneur de Rozel, en 1519, marié à Marguerite Brugière.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château de Malva : inscription par arrêté du 8 mai 1964. 

 château de Malval 42570 Saint Héand

 

Château de Magneux

D'après le Répertoire chronologique des titres relatifs à la seigneurie de Magneux-Hauterive conservés au XIXe siècle dans les archives du comte Léon de Poncins (au Palais de Feurs), et l'analyse qu'en fait son auteur (sans doute Vincent Durand), deux édifices fortifiés auraient existé à Magneux-Haute-Rive: à côté d'un château comtal (castrum Magniaci Alte Ripei), peut-être situé à proximité de l'ancienne église, dont le comte Guy V donne la moitié à son cousin Guillame d'Acre en 1250, il y aurait eu un "fort" ( fortalicium Magniaci castri), vendu par Guy de Roannais au chapitre de Montbrison avant 1272, situé à l'emplacement appelé le Château Vieux. Aucune fouille archéologique n'a livré d'élément permettant de confirmer ces hypothèses et de clarifier les situations respectives de ces différents édifices et des droits qui les accompagnaient. T. Rochigneux dans le Forez pittoresque... avance qu'un "château, plus ancien encore, paraît avoir existé à proximité de l'église", mais sans donner de précision. En 1492, le duc Pierre II de Bourbon autorise Louis de la Bastie, dont la famille avait racheté la seigneurie du château de Magneux en 1378, à construire une maison forte à l'extérieur de l'enceinte de cet ancien château, délaissé, et à proximité de l'emplacement du château actuel. Vincent Durand a vu "une des portes de ce second château, dont une partie existe encore près du château moderne de Magnieux", portant les armes des La Bastie: il s'agit peut-être du linteau à accolade avec un écusson vierge remployé sur une porte de l'extension occidentale de la façade sud de l'aile sud. Cette maison forte est incendiée en 1538.

 Le partage de la paroisse en deux seigneuries, la seigneurie principale dans la partie sud et celle du chapitre de Montbrison au nord, est à l'origine de conflits (en particulier de limites) entre le seigneur principal de Magneux et le chapitre (qui obtient la justice criminelle sur sa partie en 1372) qui perdurent jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. En 1619, le chapitre décide de vendre les "cens, rentes et justice", s'étendant sur une quinzaine de maisons de Magneux, à Pierre de la Mure. Deux ans plus tard, un procès l'oppose à Antoine du Bost, seigneur de Codignac, héritier des La Bastie, qui aboutit à la pose de douze grandes bornes de limite de justice en pierre, portant côté nord les armes des La Mure (écartelées: au 1 et 4, à trois fasces, au 2 et 3, à trois croissants) et côté sud les armes des La Bastie (une croix ancrée). En 1666, la seigneurie principale est octroyée à Christophe de Talaru, seigneur de Chalmazel; sa veuve Antoinette du Rosier la lègue à l'Hôpital Sainte-Anne de Montbrison. En 1675, le chapitre se lance dans un nouveau procès, contre Jean-Joseph de La Mure, petit-fils de Pierre de la Mure, pour faire annuler la vente de 1619. Il y renonce en 1684, et Jean-Joseph de La Mure parvient à réunir les deux seigneuries en achetant la partie de l'Hôpital de Montbrison en 1695. Le château et ses communs ont sans doute été édifiés pour les La Mure, dans le deuxième quart du XVIIIe siècle (une plaque de cheminée d'une chambre située dans l'aile nord des communs, à l'extrémité est, porte la date 1734).

 En 1771, Durand de La Mure, petit-fils de Jean-Joseph, vend la terre et seigneurie de Magneux à Jean Hector Montagne, marquis de Poncins, mais deux ans plus tard, le chapitre de Montbrison revient à la charge pour faire annuler la vente de 1619 (et les actes suivants). En 1776 M. de Poncins revend le château et terre de Magneux à Jérôme Goyet de Livron, receveur des tailles à Roanne, mais en 1779, le bailliage de Montbrison déclare nulle la vente de 1619, ce qui annule également la vente de 1776. Un procès oppose alors le marquis de Poncins (et son acquéreur, qui a pris possession du bien) au chapitre de Montbrison. En 1784, la sentence de 1779 est confirmée, mais en 1787 le procès est encore en cours. Le Répertoire chronologique s'arrête à cette date. C'est peut-être la Révolution qui a mis un terme à la procédure au profit de Jérôme Goyet de Livron, qui est propriétaire du château et de ses domaines. En 1809, il avait vendu la propriété à Jean-Germain Cadrès, mais celui-ci s'étant révélé un acquéreur défaillant, il est exproprié et le château, avec les onze domaines qui exploitent ses 900 hectares, sont vendus par adjudication en 1813 à Benoît-Rose de Murard de Saint-Romain. Sa petite-fille, Jeanne-Marguerite, épouse Louis-Albert de Monteynard, puis une de ses parentes transmet le domaine à son époux, le comte de Roquefeuil; le château est resté dans ces deux familles jusqu'à nos jours. Des agrandissements et embellissements auraient été faits au château vers 1834 (décor du grand salon du rez-de-chaussée de cette période). Les élévations ont été remaniées, avec ajout de modénatures, le toit refait et certaines pièces redécorées dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Les plantations de l'avant-cour ont été dessinés par Guy Otin, architecte paysagiste à Saint-Etienne, en 1934.

 Le château est implanté au sud du village de Magneux-Haute-Rive, un peu à l'écart. Il est précédé à l'ouest d'une avant-cour encadrée de communs, que jouxte une cour de ferme au nord et donne à l'est sur une terrasse avec emmarchement, puis sur un parc clos, bordé par un coude de la route départementale 6 au nord-est. L'avant-cour est fermée par un muret surmonté d'une grille à barreaux de fer forgé, avec un portail à piliers en bossage. Un allée est tracée dans l'axe, avec une demi-lune à son extrémité du côté du château; avant la construction de l'autoroute, elle se prolongeait au sud-ouest jusqu'à la ferme du Petit Sauvagneux. De l'autre côté du parc, l'allée axiale se prolongeait également vers le nord-est. Un petit ruisseau situé au sud-est est barré afin de former un étang, au sud du château. L'habitation se compose d'un corps central à un étage carré et un étage de comble aménagé dans la toiture brisée. Il compte sept travées, avec une travée centrale plus large, en léger ressaut et couronnée d'un fronton triangulaire; il est bordé de deux pavillons de deux travées en léger ressaut. L'édifice est double en profondeur, sans couloir. La partie sur cour est divisée en trois espaces: un escalier (tournant à retours avec jour, en pierre, avec rampe à barreaux droits en fonte) dont la cage occupe les deux-tiers nord de cette partie et forme un vestibule axial, et deux pièces (actuellement rangement et bureau).

 Au rez-de-chaussée, le corps central comprend une vaste cage d'escalier formant vestibule, qui en occupe tout le quart sud-ouest. Ce vestibule dessert, au nord une salle à manger et à l'est, dans l'axe de l'entrée, un petit salon ouvrant sur le jardin. Le petit salon commande les deux pièces situées sur jardin, une chambre au nord et un grand salon au sud. Le pavillon sud comprend une bibliothèque sur cour et un billard sur jardin. Le pavillon nord comprend également une pièce sur cour et une sur jardin, séparées par un couloir reliant la salle à manger à l'aile nord des communs. A l'étage, un couloir central assure la distribution des chambres à partir du pallier de l'escalier. L'édifice est en pisé enduit, sans doute sur un soubassement maçonné en galet. Les encadrements sont en granite; les ouvertures ont des linteaux droits avec une agrafe, sauf les portes du rez-de-chaussée, en arc en plein-cintre. Des marques lapidaires sont visibles sur les pierres d'encadrement, les chaînes d'angle et le soubassement, une croix grecque à extrémités bifides. Les lucarnes qui éclairent le comble ont un encadrement en bois, avec linteau en accolade. La travée axiale et les angles des pavillons sont ornés de pilastres en bossage. Les toits sont à longs pans, avec des croupes sur les pavillons, en tuile écaille vernissée, sur une corniche moulurée enduite. Le jardin régulier de l'avant-cour est constitué de deux parterres rectangulaires de gazon ponctués d'ifs taillés, avec deux alignements tilleuls plantés devant la maison.

 Le parc est une vaste prairie plantée de chênes, avec une allée circulaire sur le pourtour; il est clos de murs de pisé, avec un portail à l'angle sud-est, sur la route départementale 6. Une orangerie est implantée en bordure du parc, au nord-ouest. Il s'agit d'un bâtiment de plan rectangulaire en rez-de-chaussée, largement ouvert sur son côté sud par cinq portes-fenêtres (plus une porte piétonne à l'est). Les murs sont en pisé enduit; le côté sud est fermé par les piliers en granite qui encadrent les portes-fenêtres, avec un mur en brique en partie supérieure; les linteaux sont en arc en plein-cintre, en brique. Le mur de façade est couronné par un parapet ajouré en granite et tuile creuse posée en quinconce. Le toit (détruit) devait être à croupes, en tuile creuse. La chapelle a été édifiée en 1860 pour Benoît-Rose de Murard de Saint-Romain (Registre présentant les augmentations...), qui avait acheté le château de Magneux-Haute-Rive en 1813. Elle se trouve étonnamment loin du château, à 300 mètres à vol d'oiseau environ du portail de la cour; cet emplacement a peut-être été dicté par la construction, dans les mêmes années, d'une maison pour servir d'école communale et de logement à des religieuses enseignantes, financée par M. de Murard: les deux édifices sont implantés entre le château et le village, sur des terrains rachetés par M. de Murard (ils appartiennent en 1809 à Michel Lafond, qui y possède une grosse ferme, démolie pour laisser la place à ces nouveaux bâtiments).

 La chapelle est isolée sur une parcelle boisée. Elle est orientée, avec le portail principal à l'ouest et le choeur à l'est. Dans l'axe du chevet se trouve l'accès d'une crypte en étage de soubassement, qui contient les caveaux des familles Murard et Monteynard (les sépultures vont de 1862 à 1936). La crypte est voûtée d'arêtes (partie sous le choeur et l'abside) et en berceau (partie sous la nef). La chapelle comprend une nef de deux travées, une travée de choeur et une abside à trois pans, voûtées d'ogives retombant sur des colonnettes engagées à chapiteaux feuillagés. Les murs de la première travée de nef et l'abside sont percés de fenêtres à une lancette en arc brisé, encadrées de colonnettes à chapiteau feuillagé. L'édifice est construit en pierre de taille, en granite et en calcaire (pour les contreforts, les encadrements d'ouvertures et la corniche). La porte en arc brisé est encadrée de colonnettes et a un tympan sculpté (étudié) (vantaux en chêne, à grosses pentures de fer forgé à motif floral). Le toit est en ardoise, à longs pans et croupe polygonale.

 Les communs bordent l'avant-cour et forment deux bâtiments de plan allongé, qui jouxtent les pavillons du château à l'est et communiquent avec lui. Ils sont en rez-de-chaussée avec comble à surcroît, sauf sur les deux corps de bâtiment plus bas et symétriques aux extrémités ouest. Au nord-est de l'aile nord, une petite cour est séparée de la cour de la ferme par un bâtiment et un muret. L'aile sud donne au sud sur une cour ouverte à l'ouest par un portail et une porte piétonne, avec un pigeonnier dans l'angle sud-ouest et une petite remise à l'est, avec un second portail, en fer forgé. Le bâtiment nord est édifié sur une cave voûtée en berceau en anse-de-panier, accessible par une porte double sur la façade nord; cette cave s'étend sur les deux tiers orientaux du bâtiment. Le surcroît et les ouvertures du comble sont uniquement du côté sud, sur l'avant-cour du château. Le rez-de-chaussée, double en épaisseur, est essentiellement à usage d'habitation. Il comprend un logement de gardien à l'est, séparé par une remise d'un second logement plus vaste, puis une pièce à usage de rendez-vous de chasse, qui a une porte sur la cour du château et une porte vers la cour de la ferme, dans laquelle se trouve une grande cheminée en grès, à linteau droit sur consoles en doucine et piédroits, est une vaste grange-remise.

 Le bâtiment sud est simple en épaisseur, et composé d'une série de pièces voûtées qui communiquent entre elles et ouvrent pour la plupart vers la cour du château. Il comprenait, d'est en ouest, un couloir voûté, une remise voûtée en plein-cintre, une pièce d'habitation avec cheminée, couverte d'une voûte d'arêtes avec pénétrations, une remise à voûte d'arêtes, une grande remise à voitures de trois travées, voûtée d'arêtes sur piliers de granite, une sellerie voûtée en plein-cintre, une remise à voûte d'arêtes, une écurie à chevaux de trois travées, voûtée d'arêtes sur piliers de granite; dans la partie plus basse à l'ouest se trouve une seconde écurie à chevaux et remise. Trois portes ont été ouvertes dans la façade nord pour donner accès au comble. Un appentis sur piliers de briques était adossé au sud, au niveau de la grande remise de trois travées. Les bâtiments sont en pisé enduit, avec des encadrements en granite, à linteaux droits pour la plupart. L'aile sud présente quelques encadrements remaniés en brique, surtout du côté sud. Les toits sont à longs pans et croupes, à forte pente avec un égout retroussé, en tuile écaille. La petite remise ou étable au sud-est de la cour sur est édifiée en maçonnerie de galets, avec des encadrements en granite et un toit à croupes en tuile creuse; l'atelier de la cour nord-est a un toit à longs pans en tuile creuse. Un puits est adossé au mur sud du logement du gardien. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, des communs et du pigeonnier ; les pièces suivantes avec leur décor : le grand salon, le salon de billard avec papier peint du Second Empire et la salle à manger au rez-de-chaussée, la chambre avec décor du Second Empire au Sud de la pièce centrale située sur le parc au premier étage : inscription par arrêté du 11 mai 1981. 

 château de Magneux 42600 Magneux Haute Rive 

 Téléphone : 04 77 76 10 64 

Château de Lupé

Le château de Lupé est une construction polygonale, flanquée à l’ouest d’une tour ronde. Il a été construit au XVe siècle et remanié au XVIe. De cette dernière époque sont la porte d’entrée, une façade et les escaliers. Au sud-est on voit encore un débris du mur d’enceinte flanqué d’une tourelle. Les religieuses Saint-Joseph, qui sont en possession du château que leur légua le chanoine de Lupé, ont apporté à l’intérieur de grandes modifications qui en ont profondément altéré le caractère. Néanmoins, extérieurement, Lupé a gardé son aspect de forteresse. Au dire du bon chanoine de la Mure, la seigneurie de Lupé remonterait à la plus haute antiquité. D’après lui, Saint Ennemond, sentant sa vie menacée par la haine d’Ebroïn, fit venir auprès de lui, pour l’aider à se préparer à la mort, un pieux chevalier, nommé Valdebert, qui était seigneur de Lupé, en Forez. Paradis, dans son "Histoire de Lyon" relate le fait et appelle Lupé: Villcim Lupoïcam. Dès le XIe siècle, on trouve les Falatier seigneurs de Lupé, mentionnés dans le cartulaire de Saint-Sauveur-en-Rue. Guigue Falatier était en 1066 seigneur de la moitié de la dimerie de Saint-Appolinard. En 1095, Guigo Falasteus de Malavalle fait don au prieur de Saint-Sauveur d’une vigne sise à la Gorge, à Chavanay. De 1256 à 1275, un autre Guigue Falatier est plusieurs fois mentionné dans le cartulaire. En 1275, Guigue et Artaud, fils de Guigne, approuvent une donation faite par leur père, le 14 août, lors qu’ils allaient partir au delà des mers. Jean Falatier, damoiseau, fait hommage au comte de Forez, en 1339, pour des rentes qu’il perçoit sur les paroisses de Saint-Julien et Colombier. Felize, veuve de Hugues 1er Falatier, passe, en 1347, un contrat d’achat reçu par Guillaume Pinonis de Maleval, clerc et notaire des cours de Vienne et de Forez. Hugues II Falatier a rendu hommage pour Lupé, en 1372, 1378 et 1400. Il était marié à Eynarde de Monteynard, veuve de Rolland de Pellussin, seigneur de la Grange. Il laissa une fille, Louise Falatier, qui épousa Gastonnet de Gaste, baillif du Vivarez. Hugues avait un frère, Parpaillon Falatier, qui avait hérité de la maison de la Barge et de Saint-Julien. Mort sans postérité, il laissa ses biens à sa nièce Louise Falatier.

 Gastonnet de Gaste, l’époux de Louise, devint seigneur de Lupé et la Barge et co-seigneur de Saint-Julien. En 1428 il acheta d’Antoine de Lévis l’autre moitié de cette dernière seigneurie. Gaston de Gaste, son fils, obtint pour Lupé, de Gharles de Bourbon, comte de Forez, dont il était chambellan, les droits de haute et moyenne justice (Lupé, arrière-fief de Maleval, n’avait encore que la justice basse), le 16 mars 1436. Il fonda en 1445 de concert avec sa femme, Isabelle de Brive, la chapelle vicariale de Lupé, annexe de Maclas. Aymar 1er de Gaste fit hommage pour Lupé le 2 août 1450. Antoine et Claude, ses frères, étaient alors chanoines de Lyon, le dernier fut Doyen du Chapitre et testa le 28 juin 1485. Aymar épousa Marie de Saint-Germain, dont Jean, seigneur de Ruffieu; 2° Imbert, seigneur de Lupé, officier dans la marine du duc d’Anjou, marié à Marie de Laire de Cornillon, d’où Aymar II, marié à Catherine de Fougères, fille de Jean, baron d’Oingt. Louis Gaste, seigneur de Lupé, chambellan de Louis XI en 1475, père de Claude, qui suit; 2° Anne, dame de la Barge, mariée à François de Joyeuse, puis à Jean II de Saint-Priest, seigneur de Saint-Chamond. Claude Gaste, seigneur de Lupé, mort avant 1574, épousa Françoise de Joyeuse, tante du cardinal, dont un fils qui périt dans un duel avec Artaud de la Condamine, lequel fut assassiné peu après; 2° Marguerite, qui suit; 3° Paule, mariée à Jacques de Lévis, baron de Couzan; 5° Claude, mariée à Antoine de Rochefort, seigneur de la Valette. Marguerite de Gaste, la Carite qu’aima et chanta Anne d’Urfé, épousa en 1573, Jean de Montrond, fils d’Artaud de Saint-Germain d’Apchon, tué le 31 mai 1574, et en secondes noces Aymar-François de Grolée-Meuillon, baron de Bressieu. De Gaste porte parti au 1er d’or; au 2e d’azur, à trois fasces cousues de gueules ou de pourpre.

 Aymar devint ainsi seigneur de Lupé et de Saint-Julien. Il était veuf de Catherine d’Oraison. Connu sous le nom de baron de Bressieu, il lutta avec vaillance contre les réformés; en 1563 il était lieutenant du maréchal de Vieilleville et capitaine de 50 hommes d’armes, lorsqu’il fut fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel, à Valence, le 31 août, en même temps que Maugiron. Il prit part en 1568 à la bataille de Cognât et, en 1580, à la prise de la Mure par le duc de Mayenne. Pendant la Ligue il combattit avec les royalistes du Dauphiné contre les Ligueurs de Lyon et de Condrieu. Le 18 juin 1589, il vint, assisté de son frère, M. de Pommet, avec 500 hommes attaquer Condrieu, qui repoussa vaillamment les assaillants dont plusieurs furent blessés, parmi lesquels le sieur de Pommet et le capitaine Bibas, qui allèrent mourir deux jours après à Lupé. Il ne laissa qu’une fille, qui épousa le comte de Suze. Catherine de Grolée-Meuillon, dame de Lupé, épousa le 19 décembre 1598 Rostaing de la Baume, comte de Suze, fils de François, gouverneur de Provence et amiral des mers du Levant, et de Françoise de Lévis-Ventadour. Il fut "baillif des montagnes du Dauphiné", maréchal de camp dans les armées du Roi, et, comme son père, capitaine de 100 hommes d’armes. Il eut Anne, qui suit; 2° Louis-François, évêque de Viviers pendant 76 ans; 3° François, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, tué au combat de Leucate. Les armes de la Baume sont d’or à trois chevrons de sable; au chef d’azur chargé d’un lion issant d’argent, couronné d’or. Anne de la Baume, seigneur de Lupé et Saint-Julien, comte de Rochefort, épousa le 8 mai 1631 Catherine de la Croix de Chevrières. Il testa en août 1632 et mourut le 29 septembre 1640, laissant Louis-François, comte de Suze et Rochefort, seigneur de Lupé et Saint Julien, etc, né en mars 1638, marié en 1664 à Paule-Hippolyte de Moutieur de Morain ville, dont il n’eut qu’un enfant, mort jeune. Il avait hérité de Scipion de Suze, son oncle (1645), et de Bernard de la Baume, son cousin; 2° François, mort à 11 mois; 3° Gaspard, qui suit; 4° Annet-Tristan, abbé de Suze, Docteur en Sorbonne, archevêque d’Auch; 5° Marguerite, religieuse à Sainte-Colombe-lès-Vienne.

 En 1675, Catherine de la Croix avait obtenu de l’archevêque de Vienne l’érection de la chapelle vicariale de Lupé, en église paroissiale; elle testa le 18 mars 1676, ayant géré le domaine jusqu’au 20 mai 1663 où elle rendit l’hérédité à Louis-François. Gaspard-Joachim, dit le chevalier de Suze, seigneur de Lupé et Saint-Julien après son frère, épousa Marthe d’Albon de Saint-Forgeux et mourut en 1682, laissant Louis-François, qui suit; 2° Anne-Louis, chanoine-comte et Doyen de l’Eglise de Lyon en 1722. Louis-François II de la Baume de Suze, épousa en 1709 demoiselle de Resseint, mais l’heure de la décadence avait sonné. En 1720 il vend Bressieu aux de Valbelle, en 1734 il cède Lupé à messire François de Mayol, trésorier et grand voyer de France. Ce dernier appartenait à une vieille famille forézienne, dont les armes sont de sinople à six pommes de pin, versées d’or, 3, 2 et 1. Jacques-Joseph II de Mayol, né en 1723, seigneur de Lupé et Logelière, épousa le 9 février 1755 Marguerite de Palerne. Il fut emprisonné à Roanne et délivré au 9 thermidor. Il mourut à Lupé le 25 févier 1807, laissant Fleury-Zéphirin, qui suit; 2° Marguerite-Simone, mariée le 22 mars 1774 à François de Valleton; 3° Claudine-Hélène épouse Armand de Jullien de Villeneuve. Fleury-Zéphirin de Mayol, né en 1756, mitraillé à Lyon, le 26 frimaire, an II. Le 4 février 1784 il avait épousé Hélène-Charlotte de la Rochette, fille de Christophe et de Marie Henry, dont Jacques-Joseph Marie-Zéphirin, né le 7 novembre 1784, mort sans postérité le 6 juin 1870, lieutenant-colonel de cavalerie, Chevalier de Saint-Louis, officier de la Légion d’honneur; 2° Augustin-Marie Christophe-Henri, né le 11 février 1786, mort en odeur de sainteté le 30 septembre 1842, chanoine de la Primatiale de Lyon; 3° Marie-Eugène-Mathieu, né le 9 novembre 1788, marié le 7 avril 1813 à Marie-Thérèse-Gabrielle Pasquier, dont Fleury-Joseph-Anatole, né le 15 juin 1828, marié à Joséphine du Terrail-Couvat; 4° Alexandre.

 Alexandre-Marie-Joseph, né le 11 février 1792, mort en 1845, marié à Catherine Laure Janniard, dont Octave-Eugénie-Henri, comte de Mayol de Lupé (1er septembre 1835-11 avril 1893), marié le 6 mars 1860, à Antoinette de Valleton; 2° Marie-Eugène-Henri, qui suit; 3° Marie-Alexandrine-Olympe, mariée en 1860 au baron Abel d’Allemagne, fils de Claude et d’Ermance de Jullien de Villeneuve. Marie-Eugène-Henri, comte de Mayol de Lupé, né le 26 Août 1841, chevalier de la Légion d’honneur, Grand Cordon d’Isabelle la Catholique, etc, épousa le 4 septembre 1862, Marie-Catherine Caracciolo, des ducs de Girifalco, dont Henriette, religieuse du Sacré-Cœur; 2° Alexandre-Marie-Guillaume-Bérenger-Luigi, né le 11 octobre 1864, capitaine de réserve de chasseurs à cheval, marié le 3 juillet 1897, à Augustina de Echeguren, d’une noble famille basque espagnole; 3° Valérie, religieuse carmélite; 4° Thérèse, née en 1867; 5° Marguerite, bénédictine; 6° Germaine, mariée à Ermenegildo Geppi di Lecco; 7° Jehan, chapelain aulique titulaire d’un titre ecclésiastique noble dans l’ordre chevaleresque Constantinien de Saint-Georges; 8° Marie, mariée à Léonce Merlet de Loge lière, ce mariage ayant été rompu par divorce et déclaré nul en cour de Rome, elle épousa en 1909 André Godin. Au commencement du XIXe siècle le château de Lupé advint au chanoine de Mayol de Lupé. Ne pouvant léguer la vieille demeure à ses frères qui résidaient au loin, il songea à y fonder une maison religieuse. Il y établit d’abord des frères, puis y installa les religieuses Saint-Joseph. Il les installa lui-même et greva la fondation d’une rente annuelle de trois cents francs à verser au curé de Lupé et d’un certain nombre de messes pour les défunts de sa maison. Il passa contrat de vente, pour une somme dérisoire dont le versement fut entièrement fictif, avec la supérieure, Madame Jeanne Hugand, sous l’obligation de restituer le château aux membres de sa famille au cas où ils voudraient rentrer en sa possession. Le neveu du chanoine, Octave de Mayol de Lupé, réclama en vain l’exécution de cette clause; malgré les ordres formels du cardinal de Bonald, alors archevêque de Lyon, la supérieure des Religieuses trouva le moyen d’éluder l’obligation laissée à leur conscience. La célébration des messes fut omise pendant longtemps et c’est à grand peine que la famille de Lupé obtint la continuation de la rente à verser au curé de Lupé. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; le portail d'entrée sur le parc ; la cour intérieure ; l'escalier à vis ; les pièces suivantes avec plafonds à la française ou plafonds à caissons : au rez-de-chaussée la salle avec sa peinture murale du XVIe siècle, la salle lui faisant suite au Nord ; au premier étage la chambre à alcôve au Sud ; au deuxième étage la salle Nord, la salle contiguë à l'Est et la salle Ouest : inscription par arrêté du 6 avril 1981. 

 château de Lupé 42520 Lupé

 

Château de Leignec

Le château de Leigniec, qui se dresse sur un mamelon au sud d’Estivareilles, attire l’œil du voyageur par son magnifique donjon carré et les restes imposants de son enceinte fortifiée. Il fut à l’époque féodale le centre d’une vaste seigneurie, qualifiée plus tard de baronnie. Ses tours crénelées commandaient les plateaux vallonnés qui s’étendent de Saint-Pal-en-Chalencon à Saint Bonnet-le-Château. De plus cette forteresse qui appartenait aux Rochebaron, de même que Rochebaron, Usson et Montarcher, consacrait la domination de cette puissante race depuis les rives de la Loire jusqu'au cœur de la montagne forézienne, et leur en assurait la route. Bâti par les Rochebaron, puis rebâti luxueusement au XVe siècle par les Châteauneuf de Rochebonne, le manoir de Leiniec était encore presque intact en 1800; à cette date M. d’Assier le visita et se fit servir à dîner sur la plate-forme du donjon. Depuis, le temps a fait son œuvre, mais Leiniec a été particulièrement dévasté en 1871, lorsqu’il a servi de carrière à l’église, au presbytère et aux écoles. Quand on arrive à Leiniec par le nord, on rencontre d’abord une belle croix, très ancienne, abritée par un ormeau, au pied d’un monticule gazonné, qu’entoure un modeste village et que dominent l’église récente et les majestueuses ruines du château. Si on les contourne à gauche et à l’est, le chemin suit une espèce de terrasse dominant un vallon de prairies et qui devait être un mur d’enceinte, isolant la motte fortifiée. Après avoir dépassé, à main droite, une antique chapelle seigneuriale, qui a servi d’église jusqu’en 1871, on admire les restes d’un très beau portail, autrefois cintré et de la meilleure époque du XVe siècle; ce portail, décapité par son propriétaire, donne accès dans une cour, au fond de laquelle subsiste une maison pourvue de deux fenêtres à croisillons, du même style que le portail. Cette demeure, remarquable par le luxe de la taille des pierres, était la résidence du chapelain. 

 On parvient, en escaladant un rocher, au-dessus de la chapelle, à la plate-forme du château, d’où l’on jouit d’une vue merveilleuse. L’église neuve, spacieuse, claire, mais sans style, s’ouvre au midi sur la cour bien nivelée du château dont elle occupe l’emplacement. Son chevet s’appuie à l’ancien donjon qui sert aujourd’hui de clocher. Pour affecter à ce nouvel usage cette superbe tour carrée, on a dû crever les voûtes qui séparaient ses trois étages et enlever les manteaux armoriés de ses antiques cheminées, seules les fenêtres à meneaux font encore bonne figure. Une pierre armoriée de la Renaissance, portant en relief le blason du Sénéchal de Rochebonne entouré du collier des Ordres du Roi, a été fort intelligemment tirée des décombres et placée en 1871 au-dessus de la grande porte de la nouvelle église. A l’est de l’église, l’école laïcisée il y a quelques années est installée dans ce qui reste d’une aile du château. Entre l’église et cette école une tour d’escalier a été rasée au niveau du sol et l’on voit encore les restes d’un escalier à vis qui s’enfonce dans des caves et souterrains; un auvent en briques a été construit pour abriter l’entrée de cet escalier. Dans la salle basse de l’école et au-dessus, dans la salle du premier étage, deux belles cheminées du XVe siècle restent mutilées. Le milieu du linteau blasonné a été enlevé. Celle du rez-de-chaussée portait trois écussons sculptés, celui du centre écartelé de Châteauneuf de Rochebonne et du Mas d’Usson de Leiniec était accompagné à droite et à gauche du blason des Rochebaron et de celui des seigneurs de Chalmazel, alliés aux seigneurs de Leiniec. Une autre cheminée du début du XVIIe siècle a été retirée de cette partie du château et placée dans la cuisine du presbytère. Le linteau est orné de trois blasons sculptés, celui du centre porte les trois tours donjonnées des Châteauneuf, celui de gauche les armes de Montdor d’hermines à la bande de gueules, celui de droite est parti, au premier: coupé au 1 de Châteauneuf de Rochebonne, au 2 de Fougères d’Oingt (losangé d’or et de gueules); au second des Serpens (v. Rochebaron). En quittant le presbytère, si l’on descend la butte à l’aspect du couchant, on admire encore deux tours rondes, découronnées, accolées à un reste de l’ancien rempart, datant du château primitif.

 Les plus anciens seigneurs connus de Leiniec sont les de Saint-Bonnet-Lavieu. Encore en possession d’Henri de Châtillon en 1287, Leiniec est passé dès 1290 entre les mains de Briand de Rochebaron. Leiniec et Montarcher eurent les mêmes maîtres pendant longtemps, mais Henri de Rochebaron étant mort avant le 19 décembre 1367, sa succession fut partagée entre ses fils, Leiniec advint à Henri. Henri II de Rochebaron, chevalier, seigneur de Leiniec, Merle, Saint-Hilaire, etc, rendit hommage le 7 avril 1363; il épousa Marguerite du Mas d’Usson, dont une fille, Isabelle de Rochebaron, qui hérita de Leiniec, mais mourut en bas âge, laissant la seigneurie à sa mère. Cette dernière l’apporta en mariage en juillet 1374 à Guinon de Châteauneuf de Rochebonne, d’une vieille famille vivaraise... Charles-François de Châteauneuf, marquis de Rochebonne, comte d’Oingt, vicomte de Leiniec, etc, lieutenant-général des armées du Roi, épousa le 22 octobre 1668 Marie-Thérèse d’Adhémar de Monteil de Castellane de Grignan, sœur du marquis de Grignan, gendre de Madame de Sévigné, et fille de Louis-Gaucher et de Marguerite d’Ornano. Il mourut en mars 1721, laissant huit enfants dont Louis, marquis de Rochebonne, exempt des Gardes du Corps, colonel, maître de camp de cavalerie au régiment de Villeroy qu’il commandait lorsqu’il fut tué à Malplaquet, le 11 septembre 1709. En avril 1708 il avait épousé Marie de Sève, fille de Guillaume-Pierreet de Marguerite de Lévis-Châteaumorand; 2° Jean-Baptiste, chevalier de Malte, se noya dans le Rhône en 1701; 3° Charles-François, comte de Rochebonne, né le 6 janvier 1671, chanoine-comte de Lyon le 22 décembre 1701, évêque et comte de Noyon, pair de France le 25 décembre 1707, aumônier du Roi, en janvier 1715, archevêque de Lyon en 1731 et mourut le 28 février 1740; 4° Louis-Joseph, comte de Rochebonne, chanoine comte de Lyon, en 1699, doyen le 23 mars 1713, évêque de Carcassonne le 1er mars 1725, testa le 28 décembre 1729, laissant des biens dont Rochebonne et Leiniec, aux hospices de Lyon qui les vendit; 5° Françoise-Angélique, religieuse de la Visitation, supérieure du 3me monastère de Lyon; 6° Marie-Christine, supérieure du même couvent, morte le 29 mars 1738, à 56 ans; 7° Marie-Anne-Séraphique, économe du même monastère; 8° Thérèse-Charlotte, religieuse. Leiniec fut acquis par Bernardin de l'Hermusières. Il le revendit en 1747 à Charles-Benoît de Flachat d’Apinac, dont la famille le possédait encore en 1789. 

 Éléments protégés MH : le château de Leignecq (restes de l'ancien) : inscription par arrêté du 1er octobre 1937. 

 château de Leignec 42380 Merle-Leignec

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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