Ponthus de Brie, chambellan de Louis XI, fait bâtir, en 1481, une forteresse, défendue de toute part grâce à des ponts-levis, des douves et des tours massives qui dominent la campagne environnante. Dans les années 1530, Péan de Brie qui souhaite un château neuf, fait débuter les travaux qui sont à l'origine du château que nous pouvons admirer aujourd'hui. Péan de Brie fait appel à Jean Delespine, l'architecte qui s'est illustré à l'hôtel Pincé à Angers. Péan de Brie meurt peu après, vers 1543. Son fils. Magdelon de Brie, poursuit les travaux et meurt en 1548. Serrant revient à son demi-frère Charles qui connaît des difficultés financières. Le château, inachevé, est vendu par adjudication en 1597. Péan de Brie et ses fils n'ont élevé que la partie gauche et l'escalier central. En 1596, Hercule de Rohan, duc de Montbazon, devient le propriétaire des lieux.
C'est surtout en 1636 lorsque Guillaume Bautru l'achète, que les travaux connaissent un nouvel essor. Né à Angers en 1588, Guillaume Bautru est conseiller d'État sous Louis XIII et Louis XIV, introducteur des ambassadeurs chez le roi, ministre plénipotentiaire, et en grande faveur auprès de Richelieu et de Mazarin. Guillaume Bautru dans les années 1640 décide de poursuivre les travaux selon le plan initié par Hercule de Rohan, la façade est achevée, ainsi que la tour sud et les deux ailes en retour sur la cour achevées en 1710. Malgré le siècle qui sépare les travaux commandés par Guillaume Bautru ainsi que ceux réalisés par son prédécesseur, Hercule de Rohan, l'unité de la construction a été préservée, grâce à un strict respect du programme établi au XVIe siècle. Guillaume Bautru meurt le 7 mars 1665. Sa petite-fille, Marguerite de Bautru, épousa le marquis de Vaubrun. À la mort de son mari, tué à la bataille d'Altenheim, la marquise poursuivit les travaux jusqu'en 1705. Elle fit bâtir par Jules Hardouin Mansart, la chapelle dédiée à la mémoire de son mari et par Coysevox, le mausolée en marbre blanc.
En 1749, la dernière descendante de Guillaume de Bautru, veuve et sans enfants, vend le domaine. C'est un armateur nantais, Antoine Walsh qui l'achète, il est issu d'une vieille famille irlandaise qui s'est exilée en France afin de démontrer son intangible loyauté envers les Stuart détrônés. Les Walsh aménagent la décoration intérieure, créent un parc à l'anglaise, construisent les deux pavillons, la monumentale grille d'honneur, qui porte leur blason : un cygne navré, c'est à dire percé d'une flèche. En 1755, Serrant fut érigé en comté. En 1830, la comtesse Valentine Walsh de Serrant épouse le Duc de la Trémoïlle qui est issu d'une des plus vieilles familles de France. Le Duc fait restaurer le château par l'architecte Lucien Magne. De cette époque datent la belle balustrade ornée de pots-à-feu, les chapiteaux qui couronnent les fenêtres du deuxième étage, et le blason des la Trémoïlle au dessus de l'entrée principale.
Éléments protégés MH : les façades et les toitures, les douves, la cour, la porte, les ponts, l'escalier central en pierre à voûtes décorées de caissons, l'intérieur de la chapelle, le tombeau du marquis de Vauban ainsi que les façades et les toitures des communs (écuries, orangerie et colombier) : classement par arrêté du 29 septembre 1948.
château de Serrant 49170 Saint Georges sur Loire
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