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Château de Feugerolles

Le château de Feugerolles est bâti sur une montagne élevée et assis sur la saillie d’un large rocher. Il domine de sa formidable silhouette l’industrielle cité du Chambon. Le portail est surmonté par des mâchicoulis, abritant un chemin de ronde auquel conduit un petit escalier, pratiqué de chaque côté, dans l’épaisseur du mur. A droite du portail, qui s’ouvre à l’ouest, se trouve une tour qui renferme un cabinet voûté. La chapelle paraît être du XVe siècle. Une inscription, placée dans la frise du fronton, indique que le portail et les fenêtres furent reconstruits par Gaspard de Capponi. Un peu plus loin est une petite enceinte où se trouve un puits, autrefois à l’usage des écuries. Les bâtiments qui portent ce nom furent à l’origine habités par les châtelains. Après les écuries on pénètre dans une petite cour qui précède un jardin, l’un et l’autre fermés par les murailles d’enceinte à l’angle occidental desquelles se trouve une tour qui était encore intacte en 1760. Dans le château proprement dit, on rencontre d’abord au rez-de-chaussée une grande salle, précédant l’ancienne boulangerie, attenante à la cuisine. Dans celle-ci se trouve une vaste cheminée où se lit encore, quoique martelé, le blason des Lavieu. Par la cuisine on gagne une porte moderne qui conduit à une tour ronde dans laquelle se trouve l’escalier à vis, primitif du château. Sur le tympan de la porte, un écu en losange porte le blason des Lavieu, parti d’une alliance. Ce sont sans doute les armes de la femme de Jausserand de Lavieu, dit Pérceval. Au premier étage la chambre dite de Saint-Chamond, grande et magnifique, est éclairée par une grande fenêtre à croisillons et une petite, sans meneaux. 

 On l’appelle également Chambre des Revenants, car, au dire des gens du pays, les anciens seigneurs de Feugerolles s’y donnent encore rendez-vous. De cette chambre, une porte aux armes des Lavieu conduit à un cabinet, situé au-dessus de la boulangerie. La chambre située au-dessus de la cuisine est très vaste, c’était celle des anciens seigneurs et on lui a rendu sa première destination. Un cabinet de toilette, en dépendant, existe dans la tour du milieu. Au second étage, au-dessus de la chambre de Saint-Chamond, se trouve celle dite des Commissaires qui prend vue au couchant par une fenêtre à croisillons. Une belle porte aux moulures gothiques conduit dans un cabinet de la grosse tour du portail, relié à la salle des archives qui contient encore le meuble de pierre aux épaisses portes de fer qui abritait les choses précieuses. De là, on arrive dans un cabinet de la tour à consoles. Par un dédale de petits réduits on parvient à la chambre au-dessus de celle des maîtres. Enfin, par une petite porte carrée on pénètre dans un cabinet voûté de la grosse tour du centre. Les greniers n’ont rien de remarquable. A droite de la cour sont les appartements édifiés par Henri de Charpin des Halles, en 1721, communiquant par une galerie avec le château. Au centre de cette galerie sont les armes accolées des Capponi et des d’Augerolles. Elle conduit à un vestibule qui mène à la salle à manger et à une autre pièce, splendidement décorée. Au premier étage, une salle immense est décorée d’une belle cheminée en proportion aux armes de Capponi et d’Augerolles; elle est reliée à la chambre de Damas, ornée, comme celle du rez-de-chaussée, de tapisseries de laine. La galerie de Feugerolles renferme de nombreux portraits de différente valeur.

 En 1173, Feugerolles appartenait à la puissante maison de Jarez. Guichard de Jarez était feudataire du comte de Forez et seigneur de Feugerolles. Hugues de Lavieu, fils de Gaudemar, seigneur de Roche, dut acquérir Feugerolles des de Jarez. Il avait épousé Miracle, veuve en 1312, dont Jaucerand, qui suit; Ahélida, mariée à Nicolas de Thiers, fils de Guillaume et d’Agnès de Malmont. Jaucerand de Lavieu, rendit hommage de Feugerolles en 1296. Il épousa Egline de Chalancon, déjà veuve en 1312, dont Jaucerand, qui suit; Hugues, baron d’Ecotay, dont il prête hommage en 1324, 1332, 1333. Il épousa Ansillette, dont il eut Jean de Lavieu, qui rend hommage d’Ecotay, le 20 janvier 1336; 3° Jaucerand; 4° Bertrand; 5° Egline, mariée à Jean de Marcilly, fils d’Antoine et d’Audis de Saint-Priest; 6° Florus, le grand prieur de Feugerolles. Jaucerand de Lavieu, dit Perceval, sr de Feugerolles, Marclopt, etc, dont il rend hommage au comte de Forez, père de Bertrand de Lavieu, seigneur de Feugerolles, épousa en 1350 Agnès de Cornon, dont Jaucerand III, qui suit; Briand, qui entra dans les ordres; 3° Perceval, prieur de Bard et de Conflans; 4° Bertrand, religieux de Saint-Antoine; 5° Roland, seigneur de Perrignac. Jaucerand III de Lavieu, seigneur de Feugerolles et d’Ecotay, épousa en 1372 Alix de Beaujeu, fille de Guichard et de Marguerite de Poitiers, qui apporta en dot 3.000 florins d’or; il en eut un fils qui va suivre. Alix, devenue veuve se remaria à Etienne de Sancerre, qui mourut dans un voyage en Barbarie, en 1390; elle épousa alors en troisièmes noces Guy Damas de Couzan. Edouard de Lavieu, seigneur de Feugerolles, Ecotay, Rochefort, fut bailli de Mâcon et sénéchal de Lyon, en 1412, et mourut en 1415. En 1404, il avait épousé Marguerite Dauphine, fille de Béraud, tué à Azincourt, et d'Isabeau d’Apchon, dont Jacques, qui suit; 2° Jean, seigneur d’Ecotay, Saint-Didier et Rochefort, conseiller et chambellan du duc de Guyenne, fils de Charles VII. Il épousa Marguerite de Balzac d’Entragues, n’en eut pas d’enfants et testa en faveur de son beau-frère, Annet de Talaru; 3° Anne, mariée en 1435 à Jacques de Chabannes la Palice; 4° Alix, femme d’Annet de Talaru.

 Jacques de Lavieu, seigneur de Feugerolles, Curraise, etc, épousa Jeanne de Cassinel, et en secondes noces Antoinette de Crussol, fille de Géraud et d’Alix de Lastic. Du premier er lit il eut Charles, qui suit; 2° Artuse, femme de Jean de Montmorin, fils de Pierre et d’Isabeau de Chauvigny; 3° Louise; 4° Marie, mariée à Jean de Lévis, seigneur de Couzan; 5° Georgette, religieuse; 6° Marguerite, épouse de Guillaume de Rollat. Charles de Lavieu, seigneur de Feugerolles, Curraise, etc, épousa en 1463 Louise de Bressoles, fille d’Antoine et de Catherine d’Apchon. Il mourut sans enfants et sa veuve se remaria avec Jean de Lévis, veuf de Marie de Lavieu, dont elle n’eut aucune postérité. Tous les biens des Lavieu passèrent par héritage aux Lévis, seigneurs de ’Couzan. Le 23 juin 1570, Claude de Lévis, baron de Couzan, vendait la baronnie de Feugerolles à Jean Camus, seigneur de Châtillon, pour 200.000 livres tournois. Ce dernier était fils de Pernet Camus et de Françoise Jacob, et petit-fils de Maurice. Il avait épousé Antoinette de Vinols. L’aîné de leurs enfants, Antoine, fut investi de la baronnie de Feugerolles. Leurs armes sont d'azur à trois croissants d’argent et une étoile d’or en abîme. Mais la vente de Feugerolles avait été faite sous faculté de rachat, aussi la terre retourna-t-elle au vendeur, qui, solidairement avec son fils Jacques de Lévis, la vendit, le 26 juin 1586, à Alexandre de Capponi, seigneur d'Ambèrieu. Cette dernière famille est une des plus anciennes de la Toscane. Laurent de Capponi, père du seigneur de Feugerolles, était venu s’établir à Lyon, en 1530. Pendant la famine de 1573, il nourrit et entretint à ses frais 4.000 pauvres de la cité de Lyon.

 Naturalisé Français en 1553, il épousa le 12 mai 1554 Hélène de Gadagne, fille de Thomas et de Pernette de Berti, dont Charles, marié le 11 février 1591 à Gabrielle d’Aligre; 2° Alexandre, qui suit; 3° Lucrèce, mariée le 1er juillet 1570 à Philippe de Gondi; 4° Cassandre, mariée à François Manelli. Alexandre de Capponi, baron de Feugerolles, seigneur de Roche, marié le 17 mars 1586 à Françoise d'Augerolles, dame de Roche, fille d’Antoine et d’Anne Mitte de Chevrières, dont Gaspard, qui suit; Alexandre-François, baron de Roche, qui testa le 3 juillet 1624. Gaspard de Capponi, baron de Fougerolles, seigneur de Roche, etc, épousa le 31 octobre 1623 Isabeau de Crémeaux, fille de Renaud et de Sybille de Rébé, et en secondes noces le 10 février 1647 Madeleine du Peloux, fille de Nicolas et de Catherine du Puy. Du second lit il eut Louise, mariée le 3 juin 1664 à son cousin issu de germain, Gilbert de Capponi; 2° Marie, mariée en 1678 à Gaspard Arod de Montmelas; 3° Catherine Angélique, mariée à Pierre-Hector de Charpin; 4° Catherine-Charlotte, mariée à Louis de Crémeaux; 5° Christine, supérieure de la Visitation de Saint-Etienne; 6° Gaspard. Les armes des Capponi sont tranché de sable et d’argent. L’héritier des biens des Capponi fut Pierre-Hector de Charpin, marié le 22 janvier 1676 à Catherine-Angélique de Capponi. Il était fils de Balthazard et de Louise de Villars, petit-fils de Pierre et de Renée Papon de Goutelas, et descendant d’une famille qui se trouve être aujourd’hui la plus vieille du Forez. Son frère Henri de Charpin, dit l’abbé des Halles vint finir ses jours à Feugerolles. Catherine-Angélique de Capponi mourut le 22 décembre 1686, laissant Henri, mort en 1705; 2° Jean-Michel, abbé de Saint-Germain d’Auxerre; 3° Henri, abbé delà Grande-Seauve; 4° Louis-Hector. 

 Louis-Hector de Charpin, baron de Feugerolles, etc, mort le 3 juin 1744, épousa le 22 avril 1722 Marie-Polixènede Riverie de la Rivière, fille de Christophe et de Diane Arod de Lay, dont Jean-Baptiste-Michel, qui suit; 2° Camille-Colombe, chanoinesse-comtesse de Neuville; 3° Amable-Espérance, reçue à Saint-Cyr, le 22 juin 1743; 4° Anne-Diane, religieuse à la Séauve; 5° Marie-Anne. Jean-Baptiste-Michel de Charpin, marquis de Feugerolles, seigneur des Bruneaux, etc, épousa, le 24 juillet 1753, Anne-MarieAnselmet des Bruneaux, dont Louis-Alexandre-Jérôme de Charpin, baron de Feugerolles, seigneur des Bruneaux, etc, marié le 28 octobre 1777 à Suzanne-Christophe d'Albon, fille de Camille, baron d’Avauges, et d’Anne Marie-Jacqueline Olivier, dont André-Camille, qui suit; 2° Jean-Baptiste-Michel, mort à 22 ans, le 1er novembre 1811; 3° Anne-Diane-Félicité, mariée le 26 juillet 1804 à Ferdinand Puy du Roseil. Elle hérita de Feugerolles, mais par acte du 15 novembre 1853 y réinstalla les Charpin. André-Camille de Charpin-Feugerolles épousa le 27 septembre 1815 Pauline Adélaïde de Perthuis, fille de Lucien-Julien et de Philippine de Varennes. Il mourut le 15 novembre 1824, laissant Hippolyte, qui suit; 2° Félicité-Adélaïde, née le 16 février 1818, mariée le 12 juin 1839 au comte Guy-Armand de Dampierre. Hippolyte-André-Suzanne, comte de Charpin-Feugerolles, né le 11 septembre 1816, mort le 9 mars 1894, épousa le 28 octobre 1845, Marie-Aimée-Pauline de Nettancourt-Vaubecourt, fille du marquis Claude et d’Ernestine de Beauffort de Montdicourt, morte en 1860; et en secondes noces le 11 novembre 1862, Sophie de Guignard de Saint-Priest, veuve du comte Gaspard de Clermont-Tonnerre, et fille d’Alexis et de Marie de la Guiche. Il eut Alexis-Henri-Marie-Chantal, marié à Renée du Soulier, fille de Nicolas et d’Henriette Arthaud de la Ferrière, dont Pierre, sous-lieutenant, tué à l’ennemi le 17 février 1915; Raymond, sous-lieutenant, tué à l’ennemi le 17 janvier 1915, et Chantal. Les armes des Charpin sont d'argent à la croix ancrée de gueules, au franc quartier d’azur, chargé d’une molette d’or. Depuis leur alliance avec les Capponi, ils portent leurs armes en écartelure.

 Éléments protégés MH : le château en totalité : le logis principal, la maison attenante, l'ancienne salle de justice, la chapelle, les terrasses et éléments maçonnés inclus dans l'enceinte, l'enceinte avec la porte monumentale, les tours, les fossés ensevelis et les jardins : inscription par arrêté du 25 janvier 2012.

 château de Feugerolles 42500 Le Chambon-Feugerolles

 

Château Dorian

Ce château offre une belle illustration des demeures édifiées par les maîtres de forges au XIX° siècle, au plus près de leurs usines. Il s’agissait de résidences principales de prestige, faites pour marquer la réussite de ces entrepreneurs. Et dans le cas du château Dorian, il était également conçu pour accueillir des invités prestigieux. 

 C’est Frédéric Dorian (1814-1873), ingénieur des Mines, gendre et associé de Jacob Holtzer, qui fit construire cette demeure en 1868 par l’architecte et ingénieur stéphanois Gustave Leroux, celui-là même qui venait d’achever le château Holtzer situé en face sur la commune d’Unieux. Frédéric Dorian avait commencé sa carrière d’industriel comme fabricant de faux à Valbenoîte (Saint-Etienne), puis à Pont-Salomon avec Charles Jackson et Guillaume Gerin. Mais après son mariage en 1849 avec Frédérique Caroline Holtzer, il a été progressivement associé à la direction de l’entreprise Holtzer avec son beau-frère Jules Holtzer, en particulier après le retrait de son beau-père en 1860. 

 Frédéric Dorian eut également une carrière politique importante avec un destin national. D’abord maire d’Unieux, puis député républicain opposant à l’Empire (en 1863 puis 1869), il fut l’ami de Gambetta qu’il invita à Fraisses et de Victor Considérant, ce qui lui valut l’image d’un patron progressiste et républicain influencé par les idées fourriéristes. Au début de la 3ème République, il fut un temps ministre des Travaux publics (en 1870 71), hésitant entre une carrière parisienne (mairie de Paris) ou locale (il présida le Conseil Général de la Loire entre 1871 et 1872). Sa fille poursuivit le même engagement, recevant à Paris Clémenceau, Dreyfus et à Fraisses Zola qui séjourna au château en 1900, et y écrivit son roman Travail.

 Le château cessa d’être occupé par la famille au début du 20ème siècle. Intégré dans le patrimoine de la société Holtzer, il accueillit les familles des directeurs et ingénieurs de l’entreprise. Celle-ci a conservé un caractère encore familial jusqu’en 1953 date à laquelle elle est entrée dans le nouveau groupe régional de la Compagnie des Ateliers et Forges de la Loire. Cette société a elle-même été fondue en 1970 dans une plus vaste entité, Creusot-Loire, qui connaîtra une liquidation en 1983. La reprise de certaines activités par Usinor n’empêchera pas le démembrement des installations.

 A partir de cette date, les liquidateurs ont cherché à se défaire du patrimoine de la société disparue. Le château est alors resté à l’abandon et a connu d’importantes dégradations jusqu’à ce que la commune en fasse l’acquisition en 1991. Plusieurs usages ont alors été envisagés. Revendue en 1998 et réhabilitée, la demeure a été transformée en une copropriété résidentielle. 

 Éléments protégés MH : le vestibule, la salle à manger, le salon bleu : classement par arrêté du 18 novembre 1986. Le château, sauf parties classées : inscription par arrêté du 18 novembre 1986. 

 château Dorian 42490 Fraisses

 

Château de Cuzieu

Il existait un premier château médiéval est cité en 1190. Détruit, il a été remplacé au 17ème siècle par un nouveau château situé à l’extrémité de l’éperon rocheux. Celui-ci constitue l’origine de l’actuel château : il a sans doute été plusieurs fois remanié, en particulier dans le premier quart du 18ème siècle qui lui a donné son aspect d’aujourd’hui. 

 On ne connaît pas l’histoire du château pour la période ancienne, du XIIème au XVIème siècle. Les premiers éléments dont on dispose sont donc récents et liés à la présence de la famille Denis de Cuzieu.

 A l’origine de cette famille se trouve Philippe Denis né en 1640, précepteur d’enfants à Montrottier (Rhône) qui vient s’installer à Lyon pour chercher fortune. 

 Son fils Blaise Denis né en 1667, marié à une dame Dimanche de Saint-Bonnet, maître ouvrier en soie à Lyon, fit fortune, et obtint la charge d’échevin de la ville de Lyon. C’est lui qui en 1737 fit l’acquisition de la seigneurie de Cuzieu et Unias, dont on ignore quels étaient les bâtiments déjà existants. Il est probable qu’il procéda à des aménagements du château pour lui, donner sa configuration de style XVIIIème siècle. Dans le même temps (1737), il acquit les domaines de La Coursonnière et des Gravières à Sainte Foy-les-Lyon, et passait l’hiver dans son hôtel particulier situé rue Sainte-Hélène à Lyon.

 En 1790, son fils Charles-Aimé-Ovide Denis de Cuzieu , écuyer, épousa à Lyon, Marie-Anne Berthelon des Brosses, unique héritière de la seigneurie et du château de Saint-Lager (près de Brouilly en Beaujolais). De ce fait, la famille Denis de Cuzieu s’établit dans ce château et délaissa celui de Cuzieu. Elle poursuivi une brillante carrière à Lyon et Sainte Foy. Mais cela n’empêcha pas Charles Denis de Cuzieu de procéder à l’acquisition de très importantes propriétés lors de la vente des biens nationaux en 1791 pour augmenter ses propriétés à Cuzieu et Unias. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; le grand escalier ; les pièces suivantes du rez-de-chaussée avec leur décor : le hall avec sa fontaine, la grande salle dite du billard, la grande chambre dite salon rouge, le salon dit salon vert, la chambre dite à camaïeux, le petit bureau, les fontaines de la salle à manger, les cheminées de la cuisine et de la bibliothèque au rez-de-chaussée et la grande pièce du premier étage au-dessus de la salle dite du billard : inscription par arrêté du 12 avril 1972. 

 château de Cuzieu 42330 Cuzieu

 

Château de Couzan

Le Château de Couzan est une forteresse médiévale perchée sur un éperon rocheux au-dessus de la rivière Lignon. L'ensemble comprend des tours de défense, des logements et diverses structures de fortification qui montrent comment était organisé ce bastion.

 La chapelle à l'intérieur montre comment la foi et la vie féodale étaient profondément liées. On peut encore voir aujourd'hui comment la religion marquait le quotidien de ceux qui vivaient entre ces murs.

 Les cachots de la tour et les quartiers du capitaine offrent de rares aperçus de la vie quotidienne de ceux qui vivaient ici. Ces salles bien conservées montrent comment les soldats et les officiers vivaient réellement pendant leur séjour à la forteresse.

 La forteresse a été construite au 11ème siècle et agrandie par la famille Damas en tant que résidence et bastion défensif. Au fil des générations, la famille a façonné la structure et le rôle du lieu.Le site est facilement accessible par les routes locales et se trouve sur une colline avec une belle vue sur la campagne environnante. Les visitants doivent s'attendre à des chemins inégaux et des escaliers, car ce sont des ruines éparpillées sur un terrain en pente. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château de Couzan : classement par arrêté du 20 décembre 1890.

 château de Couzan 42890 Sail-sous-Couzan 

 Téléphone : 04 77 96 01 10

 

Château de Contenson

Non loin de Saint-Just-en-Chevalet, au fond d’un vallon charmant, où se marient deux rivières, le Boën et l’Aix, en face des ruines majestueuses d'Urfé, est assis le château de Contenson. Entouré de forêts qui s’appuient au nord, aux contreforts de la Madeleine, ce fier manoir est la résidence d’une vieille famille stéphanoise, les Bernou de Rochetaillée. Réédifié par elle dans le style de la Renaissance par l'architecte Guinot, avec ses tours, ses flèches élancées, ses lucarnes gracieuses, ses salons richement décorés, Contenson est aujourd’hui la demeure la plus luxueuse et la plus confortable de la province. On a conservé le donjon carré de l’ancien château, aux angles arrondis, qui datait du XVIe siècle. A l’intérieur, citons entre plusieurs merveilles, la cheminée de la salle à manger; la hotte et le manteau, de vair plein, rappellent les armes des Rochefort, que l’on trouve d’ailleurs sur la bretagne. Au centre de la hotte se détache le blason des Rochetaillée, surmonté d’un casque avec couronne de baron et supporté par deux lions. L’ancien château, qui a subsisté jusqu’en 1885 était flanqué de deux tours sur sa façade méridionale; au levant, une lourde construction carrée, qui avait l’aspect d’un donjon massif et écrasé, lui donnait la majesté seigneuriale du moyen-âge. L’une de ses salles, admirablement aménagée avec ses vieilles poutres de chêne, a été conservée et sert aujourd’hui de bibliothèque. Le château avait été reconstruit au XVIe siècle.

 Les premiers seigneurs de Contenson furent les d’Ogerolles. Nous trouvons, dans le cartulaire de Savigny, mention d’Arpert d’Ogerolles, en 1020, puis de Guillaume et Ponce d’Ogerolles, frères, en 1100. Rolland d’Ogerolles est choisi comme arbitre, par les moines de cette abbaye, en 1121. En mai 1291, Pierre d'Ogerolles, damoiseau, fils de feu Gaudemar, chevalier, pour subvenir au paiement de ses dettes, vend à Jean 1er, comte de Forez, pour le prix de 80 livres viennois, la moitié de son château de Feurs, avec toutes ses appartenances, cens, servis. Cette vente fut confirmée par sa femme, Sismonde, d’une famille chevaleresque, les Gauthier d’Antoine, dont un des membres, Gauthier II, fut évêque d’Autun (1189-1224). Après cette vente, les d’Ogerolles vinrent se fixer aux confins du Forez et de l’Auvergne, et construisirent sur un point culminant, un vieux manoir auquel ils donnèrent leur nom et dont il ne reste rien aujourd’hui. Guillaume d’Ogerolles, chevalier, seigneur de Saint-Polgues, rend hommage au comte, en 1320 et le 9 mai 1336, pour Contenson, grange, terres, prés, garennes, pêches, cours d’eau, etc. Guillaume d’Ogerolles, sans doute petit-fils du précédent, et fils d’Hugues, donna en 1374, tous ses biens à son neveu Guillaume du Verney, à la charge de prendre le nom et les armes des d’Ogerolles. Enfin Jeanne Boissonnelle, dame d’Ogerolles, porta Contenson par mariage, à Jean de Foudras, seigneur de Souternon. 

 Les seigneurs de Souternon et Courcenay allaient posséder Contenson pendant plus de trois siècles. Le 13 mars 1668, en l’hôtel de la Grande Custoderie, devant Plassier, notaire royal, François de Foudras, comte de l’Église de Lyon, agissant au nom de Gaspard de Foudras et de dame Marie d’Andelot, son épouse, vendait la terre et seigneurie d’Ogerolles et Contenson, à Jean de Charpin de Génetines, pour 50.000 livres et 1.000 livres d’étrenne. Presque aussitôt, l'acquéreur cédait Contenson à Jacques du Bessey, conseiller et maître d’hôtel du Roi. Ce dernier appartenait à une famille très ancienne dans la région, dont les armes sont d’azur à la croix de gueules chargée de cinq losanges d’or. Jacques du Bessey, écuyer, seigneur de Contenson, dont il rendit hommage le 15 avril 1671 "Et à l’instant le dit du Bessey estant comparu au bureau, désarmé, la teste nue, sans manteau et ayant mis les genoux en terre et ses mains jointes entre les nôtres, a rendu la dicte foy et hommage au Roy et a prêté devant nous, le serment accoutumé et selon les formes prescrites par nos ordonnances antérieures". Il avait épousé, le 22 novembre 1654, Claudine Gaulne, fille de Jean-Baptiste et de Jeannette de Vinols, et mourut le 31 octobre 1701, ayant eu André-Joseph, qui suit; 2° Jean-Claude, né le 14 novembre 1657, marié le 23 juillet 1701 à Jeanne-Ursule bavier; 3° Claudine, née le 8 septembre 1666; 4° Antoinette, née le 29 novembre 1667; 5° Françoise, née le 2 juin 1670, mariée le 24 janvier 1690, à Augustin du Lion; 6° Jean-Guy, procureur au Parlement de Paris, marié avant 1700, à Elisabeth Pageon; 7° Catherine; 8° Etienne-Just; 9° Marguerite, ursuline à Roanne.

 André-Joseph du Bessey de Contenson (1660-1711), écuyer, avocat en Parlement, capitaine-châtelain de Saint-Just, seigneur de Contenson, épousa, le 23 avril 1691, Marie-Genèse Darrot, fille de Gabriel et de Genèse Rigodias, dont Jacques-Just du Bessey de Contenson (1694-1754), seigneur de Contenson, conseiller au Parlement de Dombès, épousa, le 17 janvier 1721, Bonne-Simonne Joard, fille de Nicolas, seigneur de Montousse, et de Marguerite Bruerat, dont Nicolas-Genest du Bessey de Contenson, né le 16 avril 1722. seigneur de Contenson, dont hommage le 3o juillet 1767, épousa le 26 juin 1747, Louise-Elisabeth Mabiez de Malleval, fille de Nicolas-François, et de Jeanne de Poret, dont Jacques-Just, mort jeune, 2°Jacques-Just, qui suit; 3° Jean-Guy, né le 20 juin 1749; 4° Bonne-Simone, née le 15 juillet 1750; 5° Claire, mariée à Claude-Jérôme Mathé de Balichard; 6° Jeanne-Bonne-Louise, mariée le 18 février 1779, à Jean Jolyclerc; 7° Louise-Marie-Philippine, mariée le 10 décembre 1778, à Philippe-Emmanuel Arthaud de Viry, écuyer; 8° Louise-Marie-Philippine, mariée le 16 mai 1780, à Claude du Myrat; 9° Jacqueline, morte à 5 mois; 10° Jean-Marie, né en mars 1709; 11° Jacqueline-Claire-Benoite, mariée le 23 décembre 1784, à Louis des Ollières; 12° Jacques, né le 27 février 1767; i3° Jacques-Philippe, lieutenant des vaisseaux du Roi, chevalier de Saint-Louis, émigré à l’armée des Princes. Jacques-Just du Bessey de Contenson, seigneur de Contenson, maire de Saint-Just-en-Chevalet, épousa le 4 août 1780, Anne-Laurence Nicolau de Montribloud, dont Jean-Guy du Bessey de Contenson, marié le 28 juillet 1806 à Jacqueline-Marie Perroy de Sercy.

 De cette union il eut Louis du Bessey de Contenson, marié à Marie Terrasse de Tessonet, fille de Simon-Antoine et d’Anne Girard, dont Simon-Jean-Guy, baron de Contenson, marié, le 2 juin 1831, à Marie-Pauline Gouriez de Lamotte, fille de Charles-Maurice-Joseph, et d’Adèle-Georgette de Mesny, dont Louis; 2° Nancy, mariée le 31 janvier 1867, à Max Bernard de la Vernette-Saint-Maurice. En 1869, Louis du Bessey vendit Contenson au baron Camille de Rochetaillée, lequel mourut tragiquement à Lyon, d’une chute de cheval en 1888. Ses funérailles eurent lieu à Saint-Just, le jeudi suivant 24 mai, le cortège fut évalué à 6000 personnes. De Marie-Constance de Roçhefort il laissait une fille unique, Marie-Camille, née le 20 novembre 1883, mariée au prince Maurice de Broglie. De cette union est née une fille le 27 novembre 1909, la princesse Laure de Broglie. La famille de Broglie, originaire d’Italie, vint en France au XVIIe siècle et ne cessa de briller, dans l’armée comme dans les lettres, du plus vif éclat. L’un de ses membres, François-Marie, duc de Broglie, déploya une telle activité dans les guerres d’Italie, en 1733, que le bâton de maréchal de France lui fut octroyé, et que Louis XV érigea en sa faveur la baronnie de Ferrières en Normandie, en duché de Broglie. Son fils, Victor-François, duc de Broglie, fut créé par le Roi, le 1er janvier 1769, chevalier des ordres du Roi et le 16 décembre, il était maréchal de France. Le prince Maurice est le petit-fils du célèbre duc Albert de Broglie, le président du conseil du 16 mai, le fils du duc Louis-Alphonse-Victor de Broglie, né le 3o octobre 1846, le frère du prince Louis de Broglie, de la marquise de Luppé, et de la princesse Pauline de Broglie, mariée, le 17 octobre 1910, à M. de Pange. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 29 octobre 1975. 

 château de Contenson 42430 Saint Just en Chevalet

   

Château de Chevrieres

Le château de Chevrières, construit au confluent de deux vallées, domine la plaine du Forez, dont une profonde déclivité du sol le sépare au nord et au midi. Du côté du matin il était défendu par un avant-corps, situé à près de cent mètres du château actuel. Des nombreuses tours qui protégeaient le manoir deux seulement ont résisté aux ravages du temps et aux méfaits des bandits. Leur propriétaire, M. Chovet de la Chance, peu courageux en face des sourdes menées de la maçonnerie triomphante, les fit même dépouiller de leurs créneaux et mâchicoulis; aussi ornent-elles plus qu’elles ne défendent une belle porte Renaissance du XVIe siècle, que des bâtiments entourent de trois côtés et qu’une grille moderne ferme au matin. Ces bâtiments sont du XIVe et du XVe siècles. Les murs ont quatre pieds d’épaisseur et sont ornés, à chaque étage, d’un cordon de pierre, mais les fenêtres ont perdu leurs croisillons et les barreaux de fer qui les protégeaient. Dans les murs intérieurs de cette petite cour, notamment sur une tour circulaire à sa base et carrée à son sommet, sont incrustés divers médaillons en demi-bosse,représentant l’une une tête à trois visages, l’autre le buste d’une femme qu’accompagnent des dauphins affrontés et couronnés. Dans cette même cour, on remarque une pierre de 1,30 mètre de longueur qui a dû servir de frise à une porte du château, qui porte les armes des de Cuzieu, alliés des Mitte vers 1474: Un lion chargé d'un lambel à 3 pendants; une crosse est passée en pal, derrière l'écusson. Au XVIe siècle le château de Chevrières subit une grande transformation. Louis II Mitte de Chevrières fit détruire ses remparts, raser ses nombreuses tours et construire le beau portail Renaissance, flanqué des deux grosses tours, et ornés de deux élégan tes colonnes, supportant un cartouche, en forme de vaste coquille, où s’étale l’écusson des Mitte de Chevrières, écartelé de Miolans. A côté du vieux manoir, M. Elysée Neyrand a fait construire, en 1860, un château moderne, relié à l’ancienne construction.

 Le premier possesseur connu de Chevrières fut un Malvoisin. Pierre de Malvoisin figure comme témoin dans une charte intéressant le prieuré de Randan, en l’an 1000. Guillaume et Jean de Malvoisin prirent part à la première croisade, en 1096. Hugues de Malvoisin, chevalier vit en août 1279. Les armes de cette famille sont d’or à une fasce ondée de gueules. La piété des Malvoisin était légendaire; ils fondèrent cinq couvents et furent les bienfaiteurs des abbayes de Savigny et Valbenoîte et de la commanderie de Chazelles. Sa valeur guerrière était incontestable. Pierre de Malvoisin se distingua à Bouvines, en 1214, et Robert de Malvoisin mena cent chevaliers contre les Albigeois, en 1218. Joinville mentionne dans sa chronique, Guyon de Malvoisin qui con duisit cent lances en Terre Sainte, en 1270. Le dernier de cette maison fut Hugues de Malvoisin, seigneur de Chevrières. Le 12 janvier 1325 il reconnaît tenir en fief et hommage lige du comte de Forez tout le mandement de son château de Chevrières, avec justice haute, moyenne et appartenances, exceptant dans son hommage son château, qu’il dit tenir en fief immédiat du seigneur de Roussillon, exceptant encore tout ce qu’il tient en franc-fief du prieur de Saint-Médard, au territoire de Savigneu, près Chevrières. De Guicharde de Roweys, son épouse, Hugues n’eut qu’une fille, Catherine, qui épousa en 1331 Guillaume Mitte, seigneur de Mons et Laval. Ce dernier appartenait à une vieille famille, originaire du manoir de Mitte, près Saint-Bonnet, dont les armes sont d’argent au sautoir de gueules, à la bordure de sable, chargée de huit fleurs de lys d’or.

 Ogier, dit Albin, le premier de cette illustre maison, eut trois enfants, dont Bertrand qui suit; 2° Landric, évêque duc de Langres; 3° Guillemette, mariée en 1273 à Pierre. Querge. Bertrand, seigneur de Mons, épousa Alix de Lignières, dont Pierre, qui suit; 2° Guillaume, abbé de Saint-Antoine de Viennois, mort en 1342; 3° Ponce, comte de Lyon; 4° Emeric, évêque de Poitiers, de 1361 à 1369; 5° Bertrand, prieur de Grazac. Pierre Mitte épousa, en 1312, Audette, fille et héritière de Pierre de la Mastre, dont Guillaume, qui suit; 2° Bertrand, abbé de Saint-Antoine, mort en odeur de sainteté, en 1389; 3° Ponce, qui fut du même ordre et vivait en 1364; 4° Pierre, chanoine du Puy; 5° Alix, mariée en 1335 à Jacques de Laudes; 6° Vierne, mariée au Puy, en 1336, à Hugues de Châteauneuf, seigneur de Rochebonne; 7° Poitevine, mariée en 1339 à Eudes de Senueil; 8° Clémence, mariée à Geoffroy de Morans. Guillaume, qui épousa Catherine de Malvoisin et mourut en 1350, eut Guillaume, tué en Afrique; 2° Pierre, qui suit; 3° Bertrand, mort jeune; 4° Pierre, chanoine du Puy, prieur d’Amas, mort en septembre 1395; 5° Odette, mariée à Girard de Saint-Bonnet, seigneur de Bussière; 6° Guicharde, mariée à Arnaud de Nerpaut, morte en 1384; 7° Jeanne, abbesse de Saint-Paul d’Izelles; 8° Alix, mariée à François d’Izeron; 9° Marguerite, mariée à Robert d’Angérieu, seigneur de Saint-Bonnet-les-Oules; 10° Poitevine, morte jeune. Pierre II Mitte, chambellan du duc de Bourbon, Louis II, fut tué en 1391, guerroyant contre les Sarrasins. De Marguerite de Séverac, il eut Jean, qui suit; 2° Dauphine, mariée en 1389, à 16 ans, au seigneur de la Faye; 3° Jeanne, mariée en 1395 au seigneur de la Chaux, en Bourgogne.

 Jean dit Mitton, seigneur de Chevrières, etc, épousa en 1391 Agnès Allemand et mourut en 1394, laissant Jean, qui suit; 2° Robert, tué à Azincourt, en 1415; 3° Jacques, abbé d’Ambournay et de la Chassagne, mort en 1425. Jean II, mort à 24 ans, le 8 septembre 1416, enterré avec ses aïeux à Chevrières. Il épousa Isabeau de Montagny, fille de François et de Louise de Marzé, dont Louis, qui suit; 2° Guillaume, seigneur de Mons et Laval, marié à Catherine de Ri voire, fille d’Anne de Rivoire, seigneur de Pressin, en Dauphiné. Il mourut sans postérité en 1478; 3° Pierre, qui rentra dans l’ordre de Saint-Antoine et fut commandeur de Moningues, en Bavière, en 1452. Louis 1er, gentilhomme de la chambre de Louis XI et Charles VIII. Dévoué à nos rois, il vit son château dévasté par le comte de Forez, Jean II. En 1438, il épousa Françoise de Miolans, fille du comte Jacques et de Marie de Sassenage-Tallard. Il mourut en 1489 à Paris et sa dépouille fut ramenée à Chevrières. Il eut Jean, qui suit; 2° Louis; 3° Jeanne, mariée à Guillaume de Rochefort, seigneur de la Valette; 4° Claude, mariée à Charles de Miolans; 5° Isabelle, qui s’unit à Jean, seigneur de Choizieu, en Forez; 6° Louise, religieuse à Marcigny; 7° Françoise; 8° Claude, mortes jeunes. Jean III, marié en 1475 à Anne de Layre, fille de Louis et d’Agnès de Chalus. Il mourut à Riverie le 1er février 1500, ayant été dans l’amitié du roi Charles VIII, au moment où il revenait de signer l’acte d’acquisition de Lignon, à lui vendu par Jean de Rochebaron.

 Jean III laissait neuf enfants dont Louis, qui suit; 2° Pierre, seigneur de Cuzieu, marié à Perrine de Saint-Germaind’Apchon, sans postérité; 3° Hugues, mort jeune; 4° Jean, comte de l’Eglise de Lyon et doyen en 1525, mort en 1533; 5° Jacques, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem; 6° Marguerite, mariée à Hugues de Marzé; 7° Béatrix, mariée à Jean d’Amanzé; 8° Louise, mariée à Zacharie de Saint-Symphorien, seigneur de Chamousset; 9° Bénigne, religieuse à Saint-Pierre de Lyon, puis abbesse de Chazeau, enfin prieure de l’Argentière. Louis II, seigneur de Chevrières, Doizieu, etc, épousa le 20 novembre 1508 Madeleine de Crussol, fille de Jacques et de Simone, vicomtesse d’Uzès. Ce fut lui qui écartela ses armes de celles des Miolans: de gueules à trois bandes d’or. Il fut bailli du Gévaudan, en 1528, testa le 9 avril 1529 et mourut le 30 mai suivant. C’est à lui que l’on doit la reconstruction de Chevrières. Il eut six enfants: Jean, qui suit; 2° Antoine, seigneur de Cuzieu, chevalier de l’ordre du Roi, marié d’abord à Anne de Saint-Chamond, puis à Michelle de Bouchavanes, veuve de Montmorency; 3° Gaspard, chanoine archidiacre et comte de Lyon, mort en 1605; 4° Claudine, mariée le 1er mai 1524 à Louis de Talaru, seigneur de Chalmazel; 5° Jeanne, mariée le 13 mai 1542 à Philibert de Nagu, marquis de Varennes, bailli du Beaujolais; 6° Françoise, prieure de Marcigny, morte en odeur de sainteté en 1579. Jean IV, marié à Françoise Maréchal, fille et héritière de Jacques et de Laurence de Luyrieu. Il mourut le 25 avril 1574 et sa femme le 1er novembre 1575. Ils eurent quinze enfants dont Jacques Mitte, seigneur de Chevrières, Châtelus, Doizieu, etc, né le 28 août 1549.

 Jacques Mitte se maria à Gabrielle de Saint-Chamond, fille unique et héritière de Christophe et en secondes noces le 26 février 1601, à Gabrielle de Gadagne, fille de Guillaume, seigneur de Bouthéon, et de Jeanne de Sugny. Il mourut en 1606, ayant eu du 1er lit: Jean; 2° Claude, 3° Claude, morts jeunes; 4° Melchior, qui suit; 5° Louis, mort jeune; 6° Gasparde, mariée le 24 décembre 1595 à Jean Timoléon de Beaufort, marquis de Canillac, en secondes noces, à Claude de l’Aubépine, et en troisièmes à Henry de la Chastre, comte de Nancey; 7° Anne, morte jeune. Du second lit: 8° Jean-François; 9° Marie; 10° Claudine; 11° Jacques. Melchior Mitte de Chevrières, dit le "Père de la Patrie", naquit à Chevrières le 19 septembre 1586. Il épousa le 30 janvier 1610 Isabeau de Tournon, fille de Just Louis et de Madeleine de la Rochefoucauld. Il se titrait premier baron du Lyonnais et mourut le 10 septembre 1649, à Paris. De sa femme, morte en 1662, il eut Louis, qui suit; 2° Lyon-François, comte et doyen de l’Eglise de Lyon, en 1642; 3° Just-Henri, mort le 4 octobre 1694; 4° François; 5° Jean-Armand; 6° Gasparde-Françoise; 7° Marie-Elisabeth. Louis Mitte de Chevrières de Saint-Chamond s’attira par une affaire avec le duc de la Meilleraye la haine de Mazarin, qui fit rompre son mariage avec Mademoiselle d’Alincourt, sœur du maréchal de Villeroy. Il mourut sans alliance à 24 ans. Just-Henry Mitte de Chevrières, marquis de Saint-Chamond, premier baron du Lyonnais, seigneur de Chevrières, Châtelus, Trocésar, Fontanès, Doizieu, la Terrasse, etc, épousa le 6 juin 1640 Catherine de Grammont, fille d’Antoine, maréchal de France, et de Claude de Montmorency-Bouteville.

 Il dut vendre Chevrières, en 1656, Châtelus, Trocésar, Fontanès et une foule d’autres seigneuries pour acquitter les dettes faites par son père dans le cours de ses 23 ambassades et autres emplois, pour lesquels la cour lui devait 900.000 livres dont il ne fut jamais remboursé. Il mourut sans enfants le 11 décembre 1664 et sa femme décéda le 30 juillet 1688. Jean-Armand Mitte, son frère hérita du marquisat de Saint-Chamond. Il mourut le 18 juillet 1685 ayant eu de Gasparde de la Porte deux filles: Marie-Anne qui épousa Charles-Emmanuel de la Vieuville, et Marie-Hyacinthe qui s’unit en 1690 à Guy-Henri de Bourbon, et un fils, Just-Henri-Melchior, blessé à mort à Ensheim, le 4 octobre 1694. Just-Henry Mitte avait vendu Chevrières à Laurent de la Veuhe, fils cadet de Jean de la Veuhe, seigneur de Collonges et de Claude Grolier. Jean de la Veuhe dont la pierre tombale se voyait naguère dans l’église de Saint-Rambert avait testé en 1624, mentionnant ses deux fils, Aymé et Laurent, et ses deux filles, Anne et Claude, léguant 30.000 livres à chacune d’elles. Les armes de cette famille sont: d’azur à l’aigle d’or, fixant un soleil du même au franc-canton. Le sceau qui figure sur le testament de Jean porte le soleil en chef et chargé d’un lambel. Laurent de la Veuhe, le nouveau seigneur de Chevrières, mourut en 1671. De Françoise de Rochefort de Saint-Vidal d’Ailly il n’eut qu’une fille, Françoise, mariée en 1680 à François Andrault de Langeron, seigneur de Maulevrier, auquel elle apporta Chevrières. Cette famille, originaire du Bourbonnais, et seigneur de Beaucresson, Minardière, etc, en Roannais, portait: Ecartelé aux 7 et 4 d’azur à trois étoiles d’argent, aux 2 et 3 de gueules à trois fasces vivrées d’argent et une bande ou baudrier de France, brochant.

 En 1698, Charles Andrault de Langeron était comte de l’Eglise de Lyon. Françoise de la Veuhe fut mère de Jean-Baptiste Andrault de Langeron, lieutenant général des armées du Roi, chevalier de la Toison d’Or, ambassadeur d’Espagne, marié en 1720 à Elisabeth le Camus, fille ou sœur de Gaspard, seigneur de Fontanès. De ce mariage naquit Charles-Claude Andrault de Langeron, comte de Chevrières, dont il prête hommage en 1786 et qu’il vendit en 1788 à Claude Çhovet de la Chance. Le nouveau seigneur fit enlever les créneaux de Chevrières, fut plus tard maire de la commune et vendit sa terre, en 1828, à André Neyrand, de Saint Chamond. Cette famille porte de gueules au chevron d'argent accompagné en pointe d'un buis arraché d'or et soutenu d’un croissant d’argent, au chef cousu d’azur chargé de trois étoiles d'or. A la mort du nouveau propriétaire, Chevrières advint à M. de Fraix de Figon qui l’échangea avec M. Elisée Neyrand, contre des domaines sis à Fontanès. Elisée Neyrand, maire de Chevrières, bienfaiteur de l’école libre, est mort le 7 avril 1891, et sa famille continue la possession de la vieille et illustre demeure des Mitte. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des deux tours et du portail constituant la poterne d'entrée ; le médaillon représentant un buste de femme encadré de deux dauphins : inscription par arrêté du 5 octobre 1964. 

 château de Chevrieres 42140 Chevrieres

   

Château de Chenereilles

Le donjon crénelé de Chénereilles, qui est arrivé intact jusqu’à nous, domine la cour carrée du château et l’ensemble des constructions. La façade adossée au donjon est percée au rez-de-chaussée de trois grands arceaux encadrés dans des moulures ogivales et séparés par deux contreforts qui se terminent au premier étage. Au premier étage on admire les moulures gothiques des encadrements de quatre croisées; elles se croisent aux angles et reposent sur un deuxième cordon de pierre. Entre ces deux cordons une frise règne tout à l’entour de la cour, sur les quatre façades; on y admire des médaillons en relief où les bustes d’hommes et de femmes enguirlandés alternent avec les armes des Verd: d'argent au lion de sinople, armé et lampassé de gueules, et celles des d’Apchon: d’or semé de fleurs de lys d’azur. Le rez-de-chaussée des trois autres façades de la cour est percé de portes de forme et de style différents et de diverses ouvertures, mais au premier étage règne toujours la frise précitée. La façade de la cour qui est opposée au donjon renferme dans un de ses angles une tour carrée en saillie qui contient un escalier tournant qui conduit à un petit oratoire. A la clef de voûte de cet escalier on retrouve les armes des d’Apchon. Au rez-de-chaussée de cette petite tour se trouve un porche sous lequel s’ouvre une porte à plein cintre de style Renaissance. Sur une des portes intérieures du château se lit la devise: Neque jovem neque fulmen (Ni peur ni mal), qui est celle des Verd. Chénereilles dut être construit au XVe siècle par Aimé Verd, bailli de Forez, et remanié ensuite à toutes les époques.

 Une charte du 3 février 1429 nous apprend que Marie de Berry, femme du comte Jean 1er, accorda à Aimé Verd le droit de faire faire la garde et guet de son château par quinze hommes qu’elle désigne. Cette pièce nous apprend qu’Aimé Verd avait été autorisé par le duc Louis, père du comte Jean, à fortifier Chénereilles et "à le faire fossoyer tout autour, en telle manière qu’il est à présent fort défendable". Un château primitif avait existé à Chénereilles puisque dès 1336, Arthaud Verd, plus tard bailli de Forez, prêtait foi et hommage au comte de Forez, pour sa "maison de Chénereilles". Aimé Verd avait succédé dans la charge de bailli à Guichard d’Urfé, son parent (Falconnette Verd avait épousé Arnould d’Urfé). En 1384, il était châtelain de Saint Bonnet, il fut aussi seigneur de Miribel. Aimé, ou Amédée Verd, était fils d’Amédée et d'Aleysonnette de Chambost. Il était le frère d’Estorge, chanoine de Lyon, d’Anna, prieure de Saint-Thomas et de l’épouse d’Armandon du Peschier. Il testa le 25 mars 1455, laissant de Ludovise, fille de Ploton Verd et de Marie de la Faye trois enfants dont un fils faible et infirme; Antoinette, mariée à Antoine d’Augerolles; et Marie, mariée en 1427 à Artaud VII de Saint-Germain, seigneur de Montrond, fils d’Arthaud et de Louise d’Apchon. Les d’Apchon-Saint-Germain firent subir à Chénereilles de multiples restaurations. On leur doit non seulement la frise sculptée, mais encore des fontaines, des statues, des lions de pierre qui ornent encore la terrasse. Chénereilles advint ensuite à Henri IV et fit partie des terres que ce monarque échangea avec Gabrielle d’Allonville. Par alliance ensuite il passa au marquis de la Rochefoucauld de Sourdis, lequel le vendit avec Montsupt, en 1698, à Joseph de Mazenod, seigneur de Pavezin.

 Il passa ensuite aux Perrin, famille originaire de Saint-Just-en-Chevalet, déjà seigneurs de Chénereilles en partie. Jean Perrin, capitaine-châtelain de Montbrison, né le 4 mai 1525, était fils de Jacques et de Bonne Geoffroy, petit-fils de Guillaume et d’Alizon Donnet de Chan telle, arrière petit-fils de Pierre. Il épousa le 17 janvier 1557 Sibylle Trunel, fille de Claude et de Marguerite Paparin, dont il eut Jacques et Jean, qui suit. Jean Perrin, seigneur de Montloup, Balichard, Messimieux, etc, acquit Chénereilles le 31 juillet 1620, conseiller du Roi, lieutenant-général et particulier au bailliage, anobli en mai 1609, épousa Sibylle Papon, fille de Gilbert et de Germaine Dalmes, dont il eut six enfants: Gaspard, seigneur de Chénereilles, mort avant 1647, marié à Françoise de la Mure de Rilly, fille d’Antoine et de Germaine Chappuis de Villette; 2° Jean Perrin, qui suit; 3° Marguerite, mariée à Jacques Michon, seigneur de Chancé; 4° Antoinette, mariée en 1627 à Pierre Meaudre, seigneur de Palladuc, fils de Pierre et de Philippe Baschelier; 5° Hilaire, mariée à Jean Chalon, seigneur des Sarrots, puis à Lambert du Bost de la Fuste; 6° Espérance, née le 1er mai 1616, mariée à Louis Cozon de Bayard. Jean Perrin, seigneur de Chénereilles, etc, épousa Anne de la Mure de Rilly, fille d'Antoine et de Germaine Chappuis de Villette, dont Antoine Perrin, qui suit; Germaine mariée avant 1655 à Jacques Pouderoux, seigneur de Batailloux et la Lande. Antoine Perrin, seigneur de Chénereilles, épousa Antoinette Basset, dont Claude-VitalPerrin de Chénereilles, seigneur dudit lieu, épousa Alix Frotton de la Sablière, dont une fille Alix, mariée le 21 février 1729 à Jean-Claude de Grozeillier. La maison Perrin porte d'azur au chevron d’or, accompagné de trois roues du même.

 Jean-Claude de Grozeillier, seigneur de Chénereilles par son mariage, était fils de Pierre, avocat en Parlement, et d’Etiennette de Mazenod. Les armes sont d’azur à 3 aiglettes d’or, 2 et 1. D’Alix Perrin il eut Jean-Claude, qui suit; 2° Marie Anne, mariée à André François Martin des Pomeys, guillotinée le 14 mars 1794; 3° Joseph-Léonard Grozeillier de la Chapelle, seigneur d'Essertines, marié le 10 août 1773 à Marie-Gabrielle de Mallet de Vandègre. Jean-Claude-Vital de Grozeillier, deuxième du nom, épousa, le 27 août 1774, Anne-Pierrette-Jeanne de la Mure, fille de Durand et de Louise-Françoise Dujast, et remariée en 1788 à Jean-Baptiste-AntoineArthaud de Viry, qui se titra seigneur de Chénereilles. Il mourut en 1782, laissant Anne-Hiéronyme, née le 23 novembre 1778, mariée à M. Vimal Lajarige; 2° Madeleine, mariée l’an IX à M. Martinet, juge à Roanne; 3° Pierre-Philippe, né le 13 février 1782; 4° Pierre-Durand, marié à Catherine Croizier, dont un fils Alexandre, notaire à Saint-Anthème, qui fut le dernier du nom. Chénereilles fut vendu, le 26 juin 1819, et divisé en deux parties: l’une échut à Alexandre de Chénereilles qui y fit des réparations, et l’autre à sa tante, la dame Vimal, d’Ambert, qui la vendit au sieur Dobler, de Lyon. Il appartint ensuite, toujours divisé, à M. Dumler, brasseur à Saint-Etienne, et à M. Laquièze, ancien greffier de justice de paix. Il fut enfin acquis et intelligemment restauré par Philippe Calemard de Charézac, né à Saint-Etiennele 18 juin 1845, et mort le 13 septembre 1886. Il était fils de Joseph Calemard et de Léonide Marchand, petit-fils de Jacques-Philippe-Auguste Calemard de Charézac et de Marie-Benoîte Merle. Ce dernier était lui-même petit-fils de noble Jean-Baptiste Calemard, seigneur de Montorcier. Au commencement du XXe siècle la famille Calemard a vendu le château de Chénereilles à M. Jean Beyssac, érudit des plus distingués qui est plus à même que tout autre d’apprécier les beautés de sa magnifique demeure. 

 Éléments protégés MH : le donjon ; les façades sur la cour intérieure : classement par arrêté du 21 février 1983. Le château, sauf parties classées : inscription par arrêté du 21 février 1983. 

 château de Chenereilles 42560 Chenereilles

   

Château de Chatellus

Châtelus est mentionné dans l’acte passé en 1173 entre le comte de Forez et l’archevêque de Lyon, au sujet des limites des deux provinces. Nos comtes furent donc les premiers seigneurs de Châtelus. Ils devaient le garder jusqu’en 1513. A cette date le château et la seigneurie de Châtelus furent vendus avec Fontanès et Biverie, par le connétable de Bourbon, à Claude Laurencin, de Lyon, pour le prix de 4.000 livres écus couronnés. Cette famille qui porte pour armes: de sable au chevron d’or accompagné de trois étoiles à six raies d’argent, avait acquis une fortune considérable à Lyon, dans le commerce de la draperie. Elle ne garda Châtelus que peu de temps. Au commencement du XVIIe siècle, ce sont les Mitte de Chevrières qui y sont possessionnés. Châtelus passe ensuite aux Bénéon. Cette famille était originaire de Saint-Symphorien-le-Château,où étaient nés Jean et François Bénéon, tous deux fils de Thomas Bénéon et d’Antoinette Lagier. Venu à Lyon en 1617, Jean y acquit une immense fortune et fut échevin en 1677 et 1679, ce qui lui conféra la noblesse. Son frère François, bourgeois de Lyon, fut également échevin en 1681 et 1682 et requit son certificat d’échevinage, le 22 décembre 1682. Ce fut le 3 août 1673, que les deux frères acquirent conjointement du comte de Brèves, seigneur de Saint-Bonnet-les-Oules, et de la dame de Bartholy, son épouse, la terre de Châtelus, qui comprenait aussi celle de Saint Denis-sur-Coise, dont ils rendirent hommage le 21 mars 1674. Les armes des Bénéon sont d’azur à la fasce d’argent accompagnée de trois étoiles d’or. Avant l’échevinage ils portaient d’argent au phénix d’azur sur son immortalité de gueules, au chef d’azur chargé d’un soleil d’or.

 Jean et François ne laissèrent pas de postérité, ils paraissent avoir vécu dans le célibat. Jean survécut à François et mourut en 1688, instituant héritier universel son neveu Jean-Claude Grimod, fils d’Antoine Grimod et de Marguerite Bénéon. Jean-Claude ajouta à son nom celui des Bénéon et prit les armes de cette famille. Les Grimod de la Beynière, issus d’Antoine, frère de Jean-Claude, portaient d’azur à la fasce d’or surmontée d’un croissant accosté de deux étoiles d’argent, alias d’or, et accompagnée en pointe d’un poisson nageant d’argent. Jean-Claude Grimod de Bénéon a rendu hommage de Châtelus, le 21 août 1688, et en a donné le dénombrement, le 1er septembre 1692. Le 5 mars 1689, il avait été reçu secrétaire du Roi. Il mourut à Lyon, le 24 avril 1713, à 71 ans et fut inhumé dans l’église d’Ainay. Il avait épousé Charlotte Jacquier et ce fut leur fils aîné, Jean-Etienne Grimod de Bénéon de Châtelus, qui vendit, le 19 juillet 1715, la terre de Châtelus et ses dépendances à Jean Guillet. Ce dernier était fils de Jean Guillet, procureur d’office de Saconay et de Jeanne Besson, petit-fils de Claude Guillet et de Louise Néel, arrière petit-fils enfin de Jean Guillet, marié vers 1580 à Philippa Cousta. Les armes de cette famille sont de gueules au chevron d’argent accompagné en pointe d’un lion d'or, au chef d'or. Jean Guillet (28 mai 1662-6 juillet 1723), épousa le 8 janvier 1688, Marie Alissant, dont il eut trois enfants dont Louis-Joseph, qui suit; Antoinette, mariée à Jean Bourgoin, et Jeanne, ursuline à Saint-Symphorien. Louis-Joseph Guillet de Châtelus, seigneur de Châtelus (13 octobre 1697-8 mars 1760), conseiller du Roi, épousa le 13 novembre 1720, Claudine-Benoîte Commarmond, et en secondes noces le 9 juin 1743, Marie-Anne Bochu du Colombier, morte le 6 juillet 1751, dont Jacques-Pierre, qui suit; Jeanne-Marie-Antoinette, baptisée le 20 octobre 1744, mariée le 8 juillet 1762 à Damien Staron, sr de la Rey; puis Marie-Anne, mariée à Magloire Gaultier.

 Jacques-Pierre Guillet de Châtelus, seigneur de Châtelus, dont il a rendu hommage le 20 février 1777, né le 15 août 1747, émigré, épousa le 2 juillet 1776, Marie Rambaud, fille de noble André, échevin de Lyon et de Jeanne-Françoise Guiguet de Vaurion, dont Jean-Claude-Victor, né le 1er février 1779, marié d’abord, le 29 avril 1807, à Jeanne Bernuzet de Coleymieux, puis le 10 février 1811 à Marie de Palerne, dont Camille, née le 15 mars 1813, religieuse ursuline; Thomas, qui suit; Jacques-Pierre-François, né le 31 juillet 1782. Marie-Thomas-CharlesGuillet de Châtelus (18 mai 1780-7 janvier 1826) épousa, le 19 novembre 1807, Benoite-Jeanne du Fournel du Breuil, dont Barthélemy-Marie-Ernest Guillet de Châtelus, créé comte par le Pape, en 1863, mort le 26 février 1888, épousa, le 12 janvier 1835, Jeanne-Andrée-Valentine de Montherot, dont il eut trois enfants, François-Joseph-Charles, qui suit; Jeanne-Claudine-Marie, mariée d’abord, le 23 septembre 1857, au comte Henri de Lambilly, tué le 12 janvier 1871, à 28 ans, et en secondes noces à M. des Grées du Loir; et enfin Marie-Gabrielle-Valentine, mariée le 31 janvier 1863 à Roger de Chabenat, comte de Bonneuil. François-Joseph-Charles Guillet de Châtelus, né le 10 février 1838, marié le 11 juin 1865 à Marie-Elisabeth de Chabenat de Bonneuil, dont il eut quatre enfants: Pierre-René, vicomte de Châtelus, né le 14 octobre 1869, marié le 23 avril 1895 à Geneviève d’Hespel, dont Christian, né le 7 avril 1898; René; Jacques, né le 17 décembre 1905; et Antoinette ; 2° Jacques, vicomte de Châtelus, marié le 26 janvier 1898 à Nicole d’Hennezel; 3° André-Marie-Octave, vicomte de Châtelus, né en 1878, marié le 14 février 1906 à Adeline-Octavie, dite Rosy Gallice; 4° Marie-Françoise-Jeanne,née le 5 octobre 1867, mariée le 8 juillet 1892 au vicomte Ludovic d’Hespel. La famille Guillet de Châtelus habitait toujours la demeure des Bénéon au début du XXe siècle.

 En ruine à la fin du XVIe siècle, le château fut reconstruit au XVIIe puis remanié au XIXe siècle. Il se compose d'un ensemble de bâtiments d'époques diverses, organisés autour d'une cour ouverte. Il comporte un donjon en éperon auquel sont accolés un pavillon et le corps de bâtiment principal. La cuisine fait saillie sur l'aile nord du logis. La grande tour médiévale (XIIIe-XIVe siècle) est de plan heptagonal irrégulier à l'extérieur, avec des pièces triangulaires à l'intérieur. Le crénelage du couronnement est une reconstitution des premières années du XXe siècle. Elle flanquait une enceinte polygonale en partie conservée. Le corps de bâtiment et son aile nord ont été construits vraisemblablement dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. A la fin du XIXe siècle, le logis a été surélevé d'un étage et trois de ses façades ont été restructurées ou reconstruites en style néo-gothique. L'intérieur du logis conserve son état XIXe siècle avec plusieurs pièces lambrissées. Un salon possède des boiseries du XVIIIe siècle provenant d'une partie détruite au XIXe siècle. L'aile nord a été agrandie vers 1904-1906 (cuisine). Un bâtiment de communs est édifié au XIXe siècle avec écurie, grange et bûcher sur caves voûtées. Le parc à l'anglaise est aménagé vers 1880-1890. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité, avec son parc, ses terrasses, les communs, l'escalier couvert et la parcelle en pied de terrasse : inscription par arrêté du 1er octobre 2004. 

 château de Chatellus 42140 Châtelus

 

Château de Chateaumorand

Créé avant 1130 par les sires de Beaujeu en lutte contre les comtes du Forez, le château de Châteaumorand domine la plaine. Hormis quelques vestiges, c’est une construction de style renaissance et classique issue des remaniements du XVIIIème. La façade comporte deux tours d’angle et un toit percé d’une lucarne sculptée. Un magnifique porche de style néo-gothique marque l’entrée du parc mais il faut prendre la route de Sail-les-Bains pour découvrir l’arrière de la bâtisse. Les majestueux cèdres du Liban sont un repère pour le promeneur. Jean de Châteaumorand fut le grand homme de la famille. Ami de Duguesclin, chef de guerre, diplomate et chroniqueur, il négocia en 1396 le mariage de la fille de Charles VI avec le roi d’Angleterre. Jean de Lévis-Châteaumorand fit toutes les campagnes avec François Ier qui le prit en amitié et le fit, en 1532, gouverneur de son fils cadet, duc d’Orléans et futur Henri II. C’est lui qui fit démolir la forteresse féodale pour ériger un château renaissance. Diane de Châteaumorand (1558-1626), fut célèbre par sa beauté et ses mariages successifs avec Anne d’Urfé, bailli et gouverneur du Forez, puis Honoré d’Urfé, baron de Châteaumorand (1567-1625). 

 Éléments protégés MH : le château : classement par arrêté du 18 décembre 1981. Les communs: inscription par arrêté du 20 décembre 1990. 

 château de Chateaumorand 42620 Saint-Martin-d’Estreaux

 

Château de Chalain d'Uzore

On retrouve les première mentions du château à partir de la fin du XIIIème siècle. Au XIVème il devient possession des sires de Damas, de Couzan, qui en font hommage au comte de Forez. En 1427 / 1428, le château passe à la famille de Lévis de par le mariage d’Alix de Couzan avec Eustache de Lévis. Jean de Lévis , fils de l’union d’Alix de Couzan et d’Eustache de Lévis épouse Marie de Lavieu. Gabriel de Lévis , fils de Marie de Lavieu et de Jean de Lévis , seigneur de Couzan et bailli de Forez élit sépulture dans l’église en 1533. D’après les relevés dendochronologique la charpente de l’aile ouest remonte remonte à 1482, il y a donc une plusieurs travaux menés au XVème siècle. Durant le XVIème siècle , Claude de Lévis-Couzan , neveu de Gabriel, entreprend une campagne de décoration qui comprend une galerie à deux niveau et une cheminée datée de 1562. Le Château est vendu en 1634 par Louis de Saint-Priest, héritier des Lévis-Couzan à Jean de Luzy-Pélissac. Au XVIIème un incendie endommage le château surtout au niveau de la galerie. A la révolution , en 1793 le château est vendu par Louis de Luzy-Couzan au commissaire feudiste Claude-Joseph Rombaud , chargé de la dernière révision du terrier de la seigneurie de Chalain en 1789. En 1914 le château est racheté par Charles Cholat , administrateur délégué de la Compagnie des Aciéries de Saint-Etienne, issu d’une famille de rubaniers stéphanois. En 1915 , son fils Auguste entame des restaurations du château ainsi qu’un aménagement des jardins. 

 Éléments protégés MH : la galerie côté Est de la cour intérieure ; la cheminée et la porte renaissance de la salle au rez-de-chaussée ; la cheminée de la bibliothèque au rez-de-chaussée ; la cheminée du petit salon provenant du château de Goutelas, au rez-de-chaussée : classement par arrêté du 11 juin 1980. Les façades et les toitures à l'exclusion de la façade Sud trop remaniée ; la poterne d'entrée ; le grand salon au rez-de-chaussée et l'ancien oratoire au premier étage avec leur décor : inscription par arrêté du 11 juin 1980. 

 château de Chalain d'Uzore 42600 Chalain d'Uzore

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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