Traduction

Château des Quat'Sos

En 1224, les Réolais obtiennent de Louis VIII le Lion (1187-1226) le droit d'édifier une forteresse, à l'angle sud-ouest de la ville. Leur très récente prise de position en faveur du roi de France et la situation clé de la ville justifient cette construction aux yeux du roi, désormais maître des pays où l'hérésie cathare vient d'être vaincue plus à l'est. Le château est ainsi construit à la place d'une turris regula rudimentaire, dressée quarante ans plus tôt dans le jardin du prieuré qui date du Haut Moyen Âge aux fins de protéger les apanages de la couronne contre les incursions anglaises. Il est achevé par Henri III d'Angleterre, alors duc d'Aquitaine, pour défendre la Guyenne anglaise. Il sera âprement disputé entre soldats anglais et français au cours de la guerre de Cent Ans (1337-1453). L'un des sièges les mieux connus du château des Quat'Sos est raconté dans Les Rois maudits, la fameuse fresque historique de Maurice Druon. À la fin de l'été 1324, pour la cinquième fois, les armées françaises assiègent le château. Elles y expérimentent une nouvelle arme, les « bouches à feu ». Elles obtiennent une reddition relativement rapide de la garnison réolaise, alors que la résistance aurait pu se prolonger davantage. C'est que la saison des vendanges est venue : les Réolais ne voient pas l'utilité de résister plus longtemps, alors que la récolte risque d'être perdue. Cette justification anecdotique ne contredit pas, bien au contraire, l'attitude constante de la bourgeoisie réolaise au Moyen Âge : la fidélité au maître d'hier ne doit jamais contredire l'intérêt de demain. La forteresse, de même que le prieuré et les autres richesses de la ville, redeviendra la propriété des rois de France à la fin de cette guerre, après la victoire définitive des Français à la bataille de Castillon en 1453. 

 Éléments protégés MH: le château, la tour Thomasse, la tour sud est, la tour nord ouest, les courtines situées entre ces tours avec les toitures qui les protègent : classement par arrêté du 9 novembre 1960.

 château des Quat'Sos 33190 La Réole 

 Téléphone : 05 56 61 13 55

 

Château de Langoiran

La seigneurie de Langoiran a été un des éléments les plus prestigieux et les plus puissants du dûché d’Aquitaine. Elle a été mêlée aux luttes entre les rois d’Angleterre et de France durant la guerre de cent ans. Construit par Bernard d’Escoussan à la fin du XIIIe siècle, le château passe au XIVe siècle entre les mains de la famille d’Albret puis par mariage dans celles des Montferrand. Personnages importants, les seigneurs de Langoiran seront Chambellan du roi avec Montferrand au XVe siècle, Président du Parlement de Bordeaux avec Guillaume d’Affis au début du XVIIe siècle ou grand amiral des galères sous Louis XIV. Il fut une forteresse royale sous le règne de Charles VII et de Louis XI. Détruit durant la Fronde en 1650 le château de Langoiran tomba en ruine pour des siècles … 

 Éléments protégés MH : les restes du château : classement par arrêté du 19 mai 1892. château-fort de Langoiran 33550 Langoiran 

 Téléphone : 05 56 67 12 00 

Château de Guilleragues

Le château de Guilleragues est une demeure médiévale érigée au XIVe siècle sur la commune de Saint-Sulpice-de-Guilleragues, en Gironde (Nouvelle-Aquitaine). Originellement conçu comme une maison forte flanquée de deux tours et d’échauguettes, il fut agrandi au XVIe siècle par l’ajout de deux ailes symétriques et d’une basse-cour avec ses communs. Son architecture reflète ainsi une transition entre le style défensif médiéval et les influences Renaissance, typique des châteaux transformés durant cette période. Au XVIIe siècle, le château appartint à Gabriel Joseph de Lavergne, comte de Guilleragues (1628–1685), figure marquante de la diplomatie et des lettres françaises. Auteur des Lettres portugaises, il marqua l’histoire culturelle du domaine. Le monument fut partiellement protégé dès 1954 (portail et façade nord), puis dans son intégralité en 1995, soulignant sa valeur patrimoniale. Situé à 250 mètres au sud du bourg, près de la route menant à Sainte-Gemme, le château illustre l’évolution des résidences seigneuriales en Aquitaine. 

 Éléments protégés MH: le portail du château y compris le décor et le fronton qui le surmonte. Le corps de logis et ses tours avec sa basse-cour (tour, enceinte, bâtiments), les sols et les sous-sols : inscription par arrêté du 23 janvier 1995. 

 château de Guilleragues 33580 Saint-Sulpice-de-Guilleragues

 

Château de Camarsac

Lorsque saint Gérard fonda, à la fin du XIe siècle, l'abbaye de La Sauve-Majeure, le pays d'Entre-deux-Mers, couvert en grande partie de forêts, était loin d'être habité comme il le fut cent ans après. Cependant une forteresse existait dans la paroisse de Camarsac, et le seigneur qui la possédait envoya, à l'exemple d'une grande quantité de ses voisins, ses fils à saint Gérard pour les élever. Le château d'alors, s'il occupait l'emplacement de la forteresse actuelle, ne lui ressemblait certainement en aucune façon. Celui que l'on voyait, il y a quelque temps, date des premières années du XIVe siècle. Une tradition en attribue bien l'agrandissement au prince de Galles; mais s'il y fit des restaurations, ce ne fut pas à celui du XIe siècle, mais à celui du début du XIVe. Au commencement du XVe siècle, il appartenait à Brunet d'Aillan, qui le vendit en 1407 à Monot de Canteloup, écuyer, seigneur de Carignan. A cette époque, le château de Camarsac faillit être rasé. En effet lorsque Jean de Neville gouvernait la Guienne comme lieutenant du roi d'Angleterre, vers 1377, les Français, sous la conduite du duc d'Anjou et de Bertrand Du Guesclin, s'emparèrent d'une grande quantité de forteresses où ils laissèrent des garnisons: celle qu'ils avaient mise dans Camarsac ravageait tout le pays d'Entre-deux-Mers, au milieu duquel s'élève le château, et gênait beaucoup les Bordelais, qui en firent le siège à leurs dépens et le prirent; puis, après mûre délibération et sur l'avis du lieutenant, le démantelèrent. Il resta en ruine jusqu'au jour où il fut acheté par Monot de Canteloup, qui, avec ses frères, entreprit, en 1408, d'en rétablir les fortifications; mais "le lieutenant de maire de Bordeaux et les jurats présentèrent requête au sénéchal de Guienne et aux seigneurs du Conseil royal, et leur exposèrent que la restauration du château de Camarsac leur paraissait préjudiciable au bien public, attendu que n'y ayant pas de quoi subsister, et ledit lieu n'ayant aucune rente, il fallait que Monot et ses frères pillassent le bled, le vin, la viande, l'avoine et le foin pour subsister, et qu'ils battissent, comme ils faisaient, ceux qui ne voulaient pas leur en donner, et que, par cette raison, ils le suppliaient de ne point permettre ces réparations".

 Le sénéchal n'ayant pas répondu à cette requête, les jurats délibérèrent de poursuivre l'affaire par voie de plaidoirie, et, en attendant, de défendre aux Canteloup de continuer lesdites réparations, et que s'ils n'obéissaient pas, le peuple serait convoqué pour donner son avis relativement aux circonstances. Monot de Canteloup, pour prévenir les suites de cette délibération, présenta au sénéchal une requête dans laquelle il exposait que lui et ses frères avaient toujours été fidèles sujets du roi d'Angleterre; qu'ils n'avaient jamais volé ni pillé; que le bien de Camarsac leur appartenait; qu'il y avait des terres, des vignes, des pâturages, des bois, des rentes et autres revenus capables d'alimenter honnêtement le seigneur qui demeurait dans ledit lieu avec sa famille; que quand il serait vrai qu'il n'y eût aucun revenu, ils étaient assez riches d'ailleurs pour s'en passer et soutenir honnêtement leur état sans faire tort à personne; qu'ils promettaient non seulement de tenir ladite forteresse dans l'obéissance du roi, mais encore de la garnir tellement de munitions de bouche 'et de guerre, qu'elle n'aurait rien à craindre de l'ennemi; en conséquence, qu'il le supplie de laisser subsister la permission qu'il a donnée de continuer les réparations, étant de droit que chacun puisse réparer sa maison. Les jurats ayant eu communication de cette requête, et imaginant, avec raison, que si cette affaire se plaidait, les Canteloup auraient le temps, avant qu'elle fût finie, d'achever les réparations qu'ils pressaient vivement, ils allèrent en corps à Saint-André trouver le sénéchal pour requérir qu'avant tout il fît surseoir auxdites réparations. Alors le sénéchal, de l'avis de son Conseil, défendit aux Canteloup, sous peine de cinq cens marcs d'argent, de continuer lesdites réparations, et envoya le prévôt de l'Ombrière, un notaire et un sergent d'armes pour constater l'état où elles étaient, et les jurats firent publier son ordonnance à son de trompe. Le roi d'Angleterre, instruit de cette affaire, avait fait arrêter les travaux, avec défense au seigneur de les continuer sous peine de confiscation, et permission aux bourgeois de Bordeaux de renverser les réparations entreprises et remettre le château dans l'état où il était lorsque Monot l'avait acheté. Celui-ci ne se tint pas pour battu; il adressa une supplique au roi, et Henri IV, par une lettre datée de Westminster le 23 novembre 1409, ordonna au sénéchal de Guienne de surseoir à l'exécution des ordres qu'il avait donnés jusqu'à ce qu'il en ait décidé autrement.

 Catherine de Canteloup, fille de Raymond de Canteloup, nièce ou petite-fille de Monot, épousa, vers 1450, Bertrand de Gères, et lui apporta en dot le château et la terre de Camarsac. Jean II de Gèrese, petit-fils de Bertrand, se distingua par son zèle pour le service du roi. Il fut chargé par Burie, lieutenant de Sa Majesté en Guienne, de convoquer les habitants de l'Entre-deux-Mers pour dissiper les assemblées de ceux de la nouvelle religion, et enlever leurs armes. Une mission semblable lui fut donnée, en 1567, par le sire de Villars, grand amiral de France. Le 17 septembre 1618, le duc de Mayenne, en faveur des services rendus par Jean III de Gères, l'exempta de loger les gens de guerre dans le château de Camarsac. Le 15 juillet 1680, la maison noble de Camarsac fat réunie au domaine du roi; l'ordonnance en fut signifiée le 23 août de la même année à Lancelot de Gères, et le 28 du même mois d'août, Jean Du Buisson, fermier général du domaine, en prit possession par procuration. Le 14 novembre 1685 parut une ordonnance du bureau des trésoriers de la généralité de Guienne, par laquelle Sa Majesté fut maintenue dans la directité de la maison noble de Camarsac, contre M. de Gourgues, maître des requêtes, lequel, en qualité de marquis de Vayres, prétendait en être seigneur suzerain. Cependant, messire Armand-Jacques de Gourgues exigeait l'hommage de Lancelot de Gères; et comme celui-ci le refusait, le marquis de Vayres fit opérer une saisie féodale sur le château de Camarsac, le 5 janvier 1686. Mais l'arrêt précédent fut confirmé le 27 mars suivant, et Lancelot de Gères reçu à jouir par main souveraine de la maison noble de Camarsac. D'ailleurs, dans une supplique de François de Gères, fils de Lancelot, en date de janvier 1737, il est dit que le roi est en possession immémoriale de la suzeraineté de la maison noble de Camarsac, appartenances et dépendances. Le suppliant et ses auteurs déclarent, de leur côté, être en possession immémoriale de ladite maison noble, relevant à foi et hommage du roi, et précédemment du roi d'Angleterre et du duc de Guienne. Cette possession immémoriale est attestée par des hommages, dénombrements, saisies féodales; par un arrêt du Parlement de Toulouse, par des ordonnances et jugements du bureau des trésoriers de la généralité de Guienne, sentences de réunion au domaine, et autres pièces, depuis la fin du XVe siècle, ce qui suppose une possession antérieure. Le château de Camarsac appartenait à la fin du XIXe siècle à M. Auguste de Gères-Camarsac.

 Le château de Camarsac est situé au milieu de l'Entre-deux-Mers,sur un promontoire qui s'avance dans la vallée du Gestas, gros ruisseau dont l'embouchure est à Vayres et la source près de La Sauve-Majeure. Le coteau qui lui sert d'assiette a des pentes peu rapides; mais lorsqu'on a construit la forteresse, on a conservé au sommet du promontoire un emplacement carré, séparé du plateau par une coupure AB, et taillé à pic des trois autres côtés. Au milieu de cette plate-forme, on a construit une grosse tour carrée, hors-d'œuvre, renforcée, sur trois de ses angles, par de gros contreforts, et sur le quatrième, par une tourelle octogone engagée, renfermant un escalier à vis. A partir du premier étage, trois tourelles, une octogone et les deux autres rondes, s'élèvent sur les contreforts. Si l'on en croit la description donnée parle Compte-Rendude la Commission des Monuments historiques de la Gironde, année 1855, des amorces, près de la porte d'entrée, prouveraient qu'il y a eu un pont-levis, et par conséquent un fossé enveloppant cette tour. L’archère en croix pattée du château de Camarsac, caractéristique du Sud-Ouest de la France, présente des extrémités dotées d’étriers triangulaires. Les parties agricoles sont organisées autour d'une cour carrée. Le pigeonnier rond est couvert d'une coupole avec dôme rond et possédant un vaisseau. Restauré au commencement du XVe siècle, par Monot de Canteloup. Plus tard, à la fin du XVIIIe siècle, messire Pierre de Gères a ajouté un grand corps de logis, appuyé contre la façade méridionale, qu'il dépasse à droite et à gauche. Vers 1858, M. Auguste de Gères Camarsac a fait de grandes réparations, qui ont donné au château un grand aspect décoratif, et en font une des plus belles résidences du Sud-Ouest de la France. château de Camarsac 33750 Camarsac 

 Téléphone : 06 35 46 47 03 

 

Château de Blanquefort

Une première forteresse existe au XIIe siècle, car l'emplacement domine la vallée du Ciron. En 1453 le Bordelais, jusque-là propriété des ducs d'Aquitaine, aussi rois d'Angleterre, passe dans le domaine royal sous le roi Charles VII. Le 8 décembre 1593, Jacques Sauvage, un notable local (un de ses ancêtres fut maire de Bordeaux), devient tenancier à Yquem et y fait reconstruire le château. Son descendant Léon de Sauvage d'Yquem est anobli par le rachat du fief le 16 juillet 1711. Les bâtiments actuels du château d'Yquem datent des XVIe et XVIIe siècles et forment un quadrilatère autour d'une vaste cour ; le château a été inscrit monument historique en 2003 pour ses décors et peintures (fresques de la chapelle, cheminées et fresques du corps de logis principal). Le 6 juin 1785, la dernière héritière de la famille de Sauvage d'Yquem, Françoise Joséphine, épouse Louis-Amédée de Lur-Saluces, colonel du régiment de Penthièvre-dragons (un régiment de cavalerie), qui est d'une famille de la noblesse. Louis-Amédée meurt le 31 octobre 1788 à Paris) des suites d'une chute de cheval au camp militaire de Saint-Omer-en-Chaussée (aujourd'hui dans l'Oise), laissant le domaine à sa veuve. C'est sous la gestion de cette dernière que la renommée du vin d'Yquem se développe. Au XVIIIe siècle, les vins produits autour de Sauternes n'étaient pas des liquoreux comme aujourd'hui, mais des vins blancs relativement sucrés ; la vendange se faisait le plus tard possible (jusqu'à fin novembre) pour obtenir un vin doux, presque moelleux quand l'automne le permettait. 

 Éléments protégés MH : le château de Duras : classement par liste de 1862. 

 château fort de Blanquefort 33290 Blanquefort

   

Château d'Yquem

Perchée sur une colline, aux vignes idéalement situées sur ses pourtours, Yquem, bâtisse aux tours médiévales, est à l'image de l'appellation : le faste y est proscrit et les paysages sont au diapason de l'humilité des hommes. Yquem conserve un aspect qui rappelle sa construction par Jacques Sauvage, à la fin du XVe siècle. Il est bâti autour d’une cour fermée à laquelle on accède par une porte cochère ouverte sous une tour carrée, et protégée par une bretèche en encorbellement. Une courtine crénelée relie cette tour à une autre tour. Quant au logis, qui montre des baies à croisées de pierre ou de bois du XVIIe siècle, il est composé de plusieurs corps flanqués de tours de différentes formes et hauteurs, d’époque médiévale. Le château d’Yquem est le seul château viticole classé premier cru supérieur. Son domaine s’étend sur 188 hectares, dont 113 en vignes. D’après les archives, ses vignes font déjà au XVe siècle l’objet de soins attentifs et d’une vendange tardive. 

 Éléments protégés MH : le château d'Yquem en totalité : inscription par arrêté du 21 août 2003. 

 château d'Yquem 33210 Sauternes 

 

Château de Virelade

C'est en 1279 que Jean de l'Isle, chevalier, ou plutôt les héritiers de sa femme, Agnès, vendent Virelade à Guillaume de Montrevel. Peu après ce dernier cède cette terre aux deux frères de La Roque, Othon et Gérard. Puis les siècles s'écoulent, et en 1311 et en 1534 on retrouve Pierre d'Aulède, écuyer, seigneur de Virelade. Bientôt le nom de Virelade va devenir célèbre avec Henri-François Salomon, vicomte de Virelade, président à mortier du Parlement de Bordeaux, organisateur de la contre-révolution provoquée par les excès de l'Ormée, amateur et protecteur des lettres et membre de l'Académie française en 1644. Sa seigneurie fut transmise à la famille Le Berthon-d'Aiguille, autre lignée de parlementaires, par le mariage de Marie de Salomon avec Marc-Antoine Le Berthon, premier président au Parlement de Bordeaux. Le château de Virelade appartint ensuite à la famille de Calvimont et enfin à M. Joseph de Carayon La Tour, le glorieux commandant des nobles de la Gironde pendant la guerre de 1870-1871, dont le buste en bronze, dressé devant la porte de l'église de Virelade, rappelle la mâle et énergique figure. Son successeur dans le domaine de Vireladz est aujourd'hui le Baron Henri de Carayon La Tour.

 En 1850, Joseph de Carayon-La-Tour modernise les installations viticoles et fait agrandir et transformer le château par l'architecte Théodore Duphot. Avant l'incendie de 2008, le château présentait un corps de bâtiment rectangulaire dominé au centre par un pavillon. Les ailes latérales sont surmontées d'une balustrade cachant le toit en terrasse. Une tour crénelée octogonale sur une base circulaire se dresse devant la façade est, un porche soutenu par quatre colonnes à chapiteaux ioniques précède la façade principale nord. Le domaine se compose de communs et d'une chapelle néo-gothique. Parallèlement aux travaux du château, le paysagiste Bühler réalise un projet. Un plan de 1870, et un plan plus tardif signé par le paysagiste Duprat, permettent d'en retrouver la composition paysagère...

 Éléments protégés MH : le château, la chapelle, les communs, le parc et ses fabriques, ses murs de clôture et ses portails : inscription par arrêté du 27 juillet 2010. 

 château de Virelade 33720 Virelade

   

Château de Vertheuil

Le château de Vertheuil, trouve ses origines à la fin du XIe siècle, bien que ses premières structures romanes, comme le donjon barlong et les soubassements des murs, datent probablement de cette période. L’édifice fut profondément marqué par les tensions entre la France et l’Angleterre : au XIVe et XVe siècles, la famille d’Albret, alors propriétaire, changea plusieurs fois d’allégeance, entraînant confiscations, restitutions et changements de seigneurs. Ces bouleversements politiques se reflètent dans l’architecture, avec une enceinte polygonale entourée d’un large fossé et une barbacane ajoutée au XIVe siècle, tandis que des échauguettes circulaires, aujourd’hui partiellement disparues, furent construites ultérieurement. En 1489, la baronnie de Vertheuil fut léguée au chapitre de Saint-André de Bordeaux, qui la conserva jusqu’à la Révolution française. Le château, confisqué en 1789 comme bien national, subit des modifications notables, notamment le tronçonnage et le cloisonnement du donjon au XVIIIe siècle. Son histoire mouvementée inclut aussi des épisodes de destruction : vers 1550, son intérieur fut saccagé, et pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit de base aux Allemands avant d’être occupé par le maquis. Les vestiges actuels, protégés depuis 1965, témoignent de ces strata historiques, avec des éléments romans, médiévaux et des traces d’adaptations ultérieures. Architecturalement, le château se distingue par son donjon central à deux étages (autrefois plus haut), une tour carrée en saillie protégeant son point le plus vulnérable, et un caveau voûté aménagé dans un angle, peut-être utilisé comme prison. La forteresse, bien que partiellement en ruines, conserve des caractéristiques défensives marquées, comme les contreforts angulaires et les vestiges des fortifications. Son plan, combinant enceinte principale et barbacane polygonale, illustre les évolutions des techniques militaires entre le Moyen Âge et l’époque moderne. Aujourd’hui, le site reste un témoignage des luttes féodales et des transformations politiques qui ont façonné le sud-ouest de la France. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du donjon ; la tour du XIVe siècle ; la partie de la barbacane ; les vestiges des fortifications situées sur les parcelles cadastrales : inscription par arrêté du 19 juin 1965. 

 château de Vertheuil 33180 Vertheuil

   

Château de Vayres

Le château de Vayres dominant la Dordogne sur un axe stratégique vers le centre de la France, il a joué un rôle clé dans la défense de Bordeaux. Des fouilles ont révélé des traces d’occupation gallo-romaine, dont des fours de poterie, attestant d’une présence humaine ancienne. Un premier château en bois, remplacé par une structure en pierre dès le XIe siècle, marque le début de son histoire militaire. À partir du XIIIe siècle, le château appartient à la famille d’Albret pendant près de 300 ans, après qu’Amanieu VII d’Albret l’ait fortifié avec la Tour du moulin. Pendant la Guerre de Cent Ans, il change plusieurs fois de mains entre partisans français et anglais, subissant d’importants dommages. Bérard Ier de Vayres, allié à l’Angleterre, y construit une vaste forteresse au XIVe siècle, dont subsistent aujourd’hui le donjon, le châtelet d’entrée et les douves sèches. Le château passe même brièvement à César Borgia en 1499, avant d’être restitué à Henri d’Albret, grand-père d’Henri IV. Au XVIe siècle, Henri de Navarre (futur Henri IV), ruiné, vend le château en 1583 à Ogier de Gourgue, un riche magistrat bordelais. Ce dernier entreprend une transformation majeure en château d’agrément, confiant peut-être les plans à l’architecte Louis de Foix, connu pour son style maniériste. La façade sur cour d’honneur, d’un raffinement exceptionnel, date de cette époque. Le fils d’Ogier, Marc-Antoine de Gourgue, premier président du parlement de Bordeaux, perpétue l’influence de la famille sur le domaine. Le XVIIe siècle est marqué par des combats liés à la Fronde parlementaire, endommageant gravement le château. Vers 1700, Jacques-Joseph de Gourgue, évêque de Bazas, le restaure en harmonisant les corps de bâtiments, ajoutant un escalier monumental et un toit à l’impériale. Le pont-levis médiéval est remplacé par un pont dormant et un portique inspiré de Vauban. Aucune modification majeure n’a eu lieu depuis cette période. Au XXe siècle, le château change plusieurs fois de propriétaires, passant des Gourgue à des familles bourgeoises (Pavillon, Dubos, Barde), avant d’être acquis en 1996 par Gilles Etrillard, banquier et président du groupe LFPI. 

 Éléments protégés MH: le château, les dépendances et le moulin, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 18 septembre 2000. Les façades et les toitures du château, du moulin et des dépendances, les jardins : classement par arrêté du 4 octobre 2001, modifié par arrêté du 9 avril 2002.

 château de Vayres 33870 Vayres 

 Téléphone : 05 57 84 96 58 

Château de Vaure

Château érigé à la charnière des XVIe et XVIIe siècles, après destruction en 1587 d'un château antérieur. En 1587, pendant les guerres de Religion, Vaure est pillé, il appartient à Symphorien de Bacalan, seigneur protestant qui réalise des réparations au château. Restée longtemps dans la famille Bacalan, cette construction carrée, avec trois pavillons aux angles, est édifiée sur un promontoire qui s'avance vers la vallée de la Dordogne. L'ornementation est caractérisée par une grande sobriété. L'édifice est entouré de douves sur trois côtés... 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, les douves avec les murs d'escarpe et de contrescarpe, le sol de la cour sud, la terrasse nord, le portail d'accès au jardin. A l'intérieur du château les deux escaliers et le rez-de-chaussée : inscription par arrêté du 8 novembre 1996. 

 château de Vaure 33350 Ruch 

 Téléphone : 05 57 40 54 09

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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