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Château de Gien

Le château de Gien, premier château royal par sa situation en amont de la Loire, est construit en équerre et s’élève sur un promontoire calcaire qui domine la ville. Tel qu’il se présente aujourd’hui, il provient de la reconstruction entreprise par Anne de Beaujeu de l’ancien château médiéval qu’elle reçoit, avec le comté de Gien, de son père Louis XI en 1481. De ce château primitif, il subsiste une tour quadrangulaire, dite "tour Jeanne-d’Arc", en souvenir du passage de la future sainte lors de sa campagne militaire du Val de Loire. Mais, le manque évident d’archives du XVe au XVIIIe siècle ne permet pas d’exposer les étapes de son édification. Le château est fait de pierres et de briques polychromes; ces dernières donnant aux façades extérieures un intérêt tout particulier confirmé par l’agencement des tours et des tourelles. L'association de briques rouges et noires permet d’animer les façades de nombreuses variantes de motifs à caractère géométrique comme le losange qui est le plus fréquent. D’autres compositions forment des figures plus complexes appartenant au registre symbolique: une étoile à six branches, une marelle, des losanges emboîtés, ou encore un carré ou un V inscrits dans un cercle. Le décor sculpté dans la pierre se limite à l’ornementation des portes et fenêtres ainsi que des culs-de-lampe des tourelles circulaires où apparaissent des personnages qui relèvent encore du mode de figuration médiéval. Mais c’est déjà une sorte de pré-Renaissance antérieure à l’introduction de l’italianisme en France qui se fait ici sentir pour la première fois de façon unitaire. Muni d’une tour d’angle terminée par une lanterne octogone surmontée elle-même d’une couverture brisée à pans coupés au-dessus de laquelle s’élève fièrement un épi de plomb en forme de broussailles, le château est composé de deux ailes disposées en équerre, dont les façades du côté de la cour sont animées de trois tourelles d’escalier octogones, plus ou moins engagées, surmontées chacune d’une chambre haute en encorbellement, flanquée d’un petit escalier à vis latéral.

L’aile sud, parallèle à la Loire est constituée d’un corps de galeries et d’un corps de logis terminé par l’escalier d’honneur. L’aile est, en retour d’angle, abritait les appartements privés d’Anne et de Pierreil de Bourbon, sire de Beaujeu. Leur distribution par un couloir témoigne de la volonté de donner à cette construction le confort d’une demeure moderne pour son époque. Le château de Gien continue de s'inscrire dans le cours de l’histoire de France. Il accueille François 1er. Henri II y loge au retour d’un voyage en Piémont. Catherine de Médicis et Charles IX y séjournent pendant les guerres de Religion. Fuyant la Fronde, Anne d’Autriche, Louis XIV et Mazarin s'y réfugient pour attendre le résultat de la bataille qui s’est déroulée à Bléneau (Yonne) le 7 avril 1652, au cours de laquelle Turenne sortira vainqueur. À la suite de nombreuses aliénations et successions, la propriété du château échoit en 1744 à Claude-Henry Feydeau de Marville, marquis de Dampierre, dernier comte de Gien, qui meurt à Paris en 1801, puis reste à sa famille jusqu’en 1823, date à laquelle le château est vendu au département. À partir de 1826, il est aménagé pour recevoir la sous-préfecture, le tribunal et la prison. Le décor intérieur existant est alors détruit ou masqué. En 1867, l’architecte Juste Lisch (1828-1910) établit des projets de restauration qui n’aboutissent que très partiellement. Le château échappe à une totale destruction lors des bombardements de juin 1940 qui ravagèrent la ville. Mais d’importants dégâts, conséquence d’un incendie, endommagent considérablement certaines parties. De nouveaux bombardements en 1944 seront à déplorer. Par la suite, des travaux sont menés par les Monuments historiques jusqu’au début des années 1980 qui concernent notamment des salles dévolues à l’accueil des collections d’un musée consacré à l’art de la chasse, inauguré en 1952. 

 Éléments protégés MH : Château (ancien) : classement par liste de 1840 

 château de Gien 45500 Gien 

 Téléphone : 02 38 67 69 69

Château de la Forest

La tradition attache le nom de Saint Louis au château de La Forest, situé au bord du Loing côté rive droite. C’est ainsi que dans l’église de Montcresson, au bas d’un joli vitrail représentant Saint Louis, on lit cette inscription: "Le château de la Forest, résidence actuelle des familles de Mac-Mahon et de Castries fut construit par Saint Louis et donné par son fils à la famille de Machault". Cependant, il n’est rien dans sa construction qui le fasse remonter aussi haut dans l’histoire, pas même ces deux tours-colombiers avec un toit en cône sommé d’un lanternon ouvert, seuls vestiges de l’enceinte fossoyée qui l’entourait, avant qu’elle ne soit détruite vers 1865. Si le site a été occupé au XIIIe siècle par un pavillon de chasse (détruit), c’est au début du XVIIe siècle (1620) que fut construit un logis couvert d’ardoise, dont les combles de la façade nord conservent de cette époque les cinq lucarnes en brique aux frontons alternativement cintrés et triangulaires. Les deux ailes en retour d’équerre datent de la fin du XVIIe siècle comme l’attestent les encadrements de baie des façades Est et Sud en brique et pierre. C’est au décès de Louis de Machault, sans postérité, que la propriété fut vendue par les héritiers à Pierre-Paul-Marie Liger de Verdigny (1754-1832), juge au tribunal de cassation, et à son neveu Paul-Louis Liger (1779-1860), qui fut maire de Montcresson de 1813-1815 puis de Montargis de 1821 à 1830. En 1842, ce dernier, par échange, céda le domaine de La Forest qui devint la propriété de Madame Augusta d’Harcourt, épouse du comte de Castries, maire de Montcresson de 1844 à 1861 et de 1871 à 1884. Élisabeth de Castries (1834-1900), leur fille, épousa en 1854 le général Patrice de Mac-Mahon dont la glorieuse carrière lui vaudra le titre de duc de Magenta et le grade de maréchal avant d’être élu président de la République en 1873. Propriétaire du domaine de La Forest après son rachat à sa belle-mère, le maréchal de Mac-Mahon y effectua entre 1876 et 1878 de nombreuses transformations en faisant construire, outre des communs et un pavillon de chasse, la salle à manger, la chapelle, le jardin d’hiver, ainsi que le perron avec portique d’entrée qui tranche avec le style général de la façade nord. Ce dernier, ajouté en son centre, est soutenu par des colonnes à bossage un sur deux. La tour de la façade sud a également fait l’objet d’un important remaniement à cette époque. L'ensemble des bâtiments est entouré d’un beau parc paysager. Après la mort du maréchal en son château de La Forest, le 17 octobre 1893, celui-ci revint à son fils Patrice qui terminera sa carrière militaire comme général et sera maire de Montcresson de 1919 à 1925. Ses descendants en sont toujours actuellement propriétaire. 

 Éléments protégés MH : les toitures, la façade Nord, le perron, la chapelle, le jardin d'hiver, la salle à manger, deux tours isolées au Nord : inscription par arrêté du 29 septembre 1986. 

 château de la Forest 45700 Montcresson

 

Château de La Ferté-Saint-Aubin

La Ferté Nabert, la Ferté Sénecterre, la Ferté Lowendal, et La Ferté Saint Aubin, tels furent les noms que prit ce château déroutant, selon ses propriétaires successifs, composé de bâtiments d'âges différents qui lui font gagner en originalité ce qu'il perd en unité. Les eaux vives du Cosson baignant les fossés ainsi qu’une futaie profonde sont le cadre offert par le château de La Ferté-Saint-Aubin, construit de 1635 à 1650, par le maréchal de La Ferté-Senneterre dans la cour même de la demeure élevée par son père quarante ans plus tôt, laquelle termine encore la façade du côté de la rivière. Ce très beau morceau d’architecture, qui associe si heureusement la brique à la pierre de taille, fut augmenté, au XVIIIe siècle, des deux ailes encadrant la cour. Le château de La Ferté-Saint-Aubin est remarquable par la noble ordonnance de ses lignes, par la sobriété des pilastres décorant les murs entre les fenêtres, par les élégantes balustrades couronnant les fossés, par la patine ambrée de ses pierres et le ton vieux rose de ses briques. Conçu sur un plan grandiose, il occupe l’extrémité d’un terre-plein rectangulaire isolé par de larges douves, séparé de la route par un vaste espace gazonné. Encadré de petits pavillons carrés, coiffés de toits à l’impériale, le portail d’entrée est contemporain du Grand Château. Le fronton triangulaire qui le couronne, porté par des pilastres ioniques, est coupé par les deux saignées verticales des bras d’un pont-levis primitif.

De part et d’autre de la cour se développent deux corps de dépendances monumentales, dont les lignes puissantes et équilibrées ne sont pas sans évoquer Versailles. La partie centrale correspondait aux écuries dont le fronton s’orne des armes d’Henri II de Senneterre. L’écu est timbré d’une couronne ducale et accompagné du manteau de pair de France, des bâtons de maréchal et des colliers des ordres du Saint-Esprit et de Saint-Michel. Quant aux pavillons extrêmes, ils abritaient des logements: appartements face au château, habitations de service près de l’entrée. Au fond, le corps de bâtiment proprement dit juxtapose des façades d'ordonnances très différentes. À gauche, le Petit Château est un bâtiment bas couvert de deux toits parallèles, dont les maçonneries de briques sont animées des croisillons sombres habituels aux demeures du XVIe siècle. À droite se développe l’ordonnance majestueuse du Grand Château, beaucoup plus élevé et coiffé de hauts combles à la française, qui est attribué à Théodore Lefèvre, architecte du duc d'Orléans. En 1822, la comtesse de Talleyrand-Périgord céda le domaine à François-Victor de Masséna, prince d’Essling, duc de Rivoli, fils du célèbre maréchal d’Empire. Le château devait changer encore de nombreuses fois de propriétaire avant de servir de cadre à Jean Renoir pour La Règle du jeu, tournée en 1937, et d’être acheté en 1947 par le comte d’Hoffelize. Il était en très mauvais état en 1987, lors de son rachat par M. Jacques Guyot, qui depuis lors en a entrepris la complète restauration et l’ouverture à un large public. Depuis 1992, les espaces de la cour d’honneur ont retrouvé leur ordonnancement du XVIIIe siècle; les carrés de pelouses sont redessinés dans l’avant-cour, la cour d’écurie et la cour d'honneur. Véritable prolongement physique du château, le parc couvre aujourd’hui une superficie de quarante hectares, dont sept hectares de bras d’eau et plusieurs îles qui en font le charme. Sa création remonte à 1630; c’est alors un vaste jardin à la française, dans lequel les eaux du Cosson isolaient différents terre-pleins et organisaient un réseau de parterres, allées, bois et bassins, régulièrement et symétriquement composé avec de grands massifs à broderies situés derrière le château. 

 Éléments protégés MH : le château proprement dit et ses deux ailes isolées ; la poterne d'entrée ; les soutènements du terre-plein et les quatre ponts qui y accèdent : classement par arrêté du 29 juillet 1961. Le parc délimité au nord par le mur de l'orangerie, au sud par la route de Vannes, à l'ouest par la route nationale 20, les douves étant comprises intégralement : inscription par arrêté du 7 mars 1995. 

 château de La Ferté Saint Aubin 45240 La Ferté-Saint-Aubin 

 Téléphone : 02 38 76 52 72 

Château des Essarts

Le château des Essarts appartient dès le XVIe siècle à la puissante famille de La Taille, qui possède également, dès cette époque, dans le Pithiverais, les seigneuries de Bondaroy et de Lolainville: Mathurin de La Taille (1531-1587), gentilhomme de la chambre du roi, est seigneur des Essarts et de Marsainvilliers. Situé au milieu d’un parc paysager, le château des XVIe et XVIIe siècles se compose d’un corps de logis flanqué de deux pavillons carrés, et encadré de deux ailes en retour d’équerre. Une belle galerie en arcades du XVIe siècle, d'influence Renaissance italienne, orne le rez-de-chaussée, sur la cour d’honneur. La façade sur le parc présente deux tours circulaires à bossages, placées symétriquement. Une vaste ferme, dont les bâtiments s’ordonnent autour de deux cours rectangulaires, complète l’ensemble. 

 Éléments protégés MH : l'ensemble des façades et des toitures : inscription par arrêté du 27 juillet 2006, modifié par arrêté du 21 mai 2007. 

 château des Essarts 45300 Marsainvilliers

 

Château de Denainvilliers

À la sortie de Pithiviers, sur la route d'Orléans, apparaît au bout d’une majestueuse allée le château de Denainvilliers. Au XVIIe siècle, c’était la résidence d’un personnage important: Henri Duhamel du Monceau, éminent savant, qui joua un rôle majeur dans l’avancement des sciences et plus encore dans leur application pratique. On peut le considérer comme le principal artisan de l’agriculture scientifique actuelle. Sa simplicité était cependant connue de tous. Un poète issu de Pithiviers et fort répandu dans les milieux mondains, Collardo, en fait foi: "je monte la colline, un abri m'est offert, Duhamel c’est le tien. Je suis tes avenues. J'arrive, un important, couvert de ta livrée, ne me fais point chez toi solliciter l'entrée. De ta porte à son aise on peut franchir le seuil, ton chien semble obligé d'attendre une réponse, court devant moi, bondit, jappe et m'annonce". Il convient de rappeler que cette seigneurie a une origine ancienne. Dès le XIIIe siècle, elle appartenait à Gervais d’Escrennes puis aux Pocaire, célèbre famille du Gâtinais qui passe pour y avoir introduit la culture du safran. Puis, on retrouve la famille des Braque, puis les Salazar d’Escrennes qui le vendirent en 1545 à un Jacquelot dont la fille porta ce château dans la famille de Claude Duhamel, lieutenant à la conduite des ambassadeurs, qui en commença la reconstruction vers 1630, tout au moins la partie centrale. Les vastes bâtiments latéraux viendront un peu plus tard. Le corps de logis central a un étage, surmonté d’une haute toiture, comprend sept ouvertures. Les ailes plus basses n’ont qu’un seul niveau et les deux extrémités sont deux petits pavillons à toits pointus dont l’un comprend une petite chapelle. La façade du château s’étale sur 73 mètres. Henri Duhamel (1700-1782) travaillait en collaboration avec son frère Alexandre qui résidait au château de Vrigny.

Les travaux scientifiques de Henri Duhamel ont porté sur les sujets les plus divers. Le développement de l’agronomie a été sa préoccupation principale, mais celle-ci l’a aussi conduit à aborder des problèmes qui en découlaient. Les premiers travaux ont été consacrés au safran, richesse du Gâtinais qui dépérissait. Très jeune, Henri Duhamel préconisa des façons culturales destinées à limiter la maladie, ce qui lui ouvrit les portes de l’Académie des sciences à 28 ans. Il étudia les plantations de diverses espèces d’arbres fruitiers. Il se consacra aussi aux méthodes de conservation des grains et construisit à Denainvilliers un "moulin à la polonaise" ou moulin à vent vertical qui permettait de conserver les grains en bon état par ventilation artificielle. Ceci le conduisit à s’occuper des bois des constructions maritimes, des pêches, et il devint inspecteur de la marine. L'intérieur du château a conservé sa distribution et ses ornements d’origine qui lui font garder toute son authenticité. Son actuel propriétaire, Joseph de Pelet, y est arrivé en 1956, la maison était à l'abandon. Restaurée, Joseph de Pelet a installé dans une pièce un petit musée dédié à Duhamel du Monceau. C’est une chance pour le Gâtinais qu’un propriétaire de notre époque ait pris soin de redonner vie à ce lieu et en montre l’importance aux visiteurs. 

 Éléments protégés MH : la chambre ovale, au premier étage du château, avec son décor : inscription par arrêté du 9 octobre 1969. Les façades et les toitures du château ; les intérieurs du rez-de-chaussée du château ; la cage d'escalier du château avec son cadran solaire ; les communs ; les façades et les toitures du moulin à la polonaise : classement par arrêté du 23 juin 1988. Les murs et les piliers de l'entrée ; la tour ronde du XIVe siècle ; la tour carrée du XVIIe siècle : inscription par arrêté du 23 juin 1988.

 château de Denainvilliers 45300 Dadonville 

 Téléphone : 06 60 26 46 83 ou 06 80 17 74 59 

 

Château de Dampierre-en-Burly

Au moment de la Révolution Française, le domaine de Dampierre fut vendu. Il n’a conservé de son château féodal que quelques ruines de son enceinte et de ses anciennes tours, ainsi que son pavillon de l’Horloge (XVIIe siècle) qui flanque l’entrée du parc créé au XIXe siècle par l’agronome Amédée de Béhague (1803-1884). Deux paires de pilastres, appareillés en bossages bombés, encadrent la grande arcade charretière. Leurs chapiteaux toscans portent un entablement orné de triglyphes et de carreaux alternés. À droite et à gauche viennent s’accoler des tourelles carrées et de petits pavillons décorés d’arcatures en briques. Du côté intérieur, au-delà du passage voûté, ces annexes s’ordonnent suivant un tracé concave de part et d’autre de la façade du pavillon, où cette fois domine la brique. Un colombier du XVIe siècle témoigne de l'ancienneté du domaine. Possession des Cugnac, chambellans de Charles VII, de Louis XI, puis de Louis XII, qu’ils reçurent au XVe siècle, puis grands maîtres des Eaux et Forêts d'Orléans, la seigneurie de Dampierre fut érigée d’abord en baronnie du comté de Gien, puis en marquisat en janvier 1616 sous Louis XIII, avant d’être vendue en 1627 à Jean-Jacques Doin, conseiller du roi, puis à Louis Picard, d’où elle passa à son neveu, puis au fils de ce dernier qui à son tour céda la propriété à son neveu Charles-Henri Feydeau de Marville qui fut premier président au Grand Conseil et lieutenant général de police de Paris, à la suite de son beau-père René Hérault. C’est finalement le comte Amédée de Béhague, acquéreur du domaine de Dampierre en 1826 des héritiers de Paul-Claude-Jean Feydeau, comte de Brou, agronome et représentant du canton d’Ouzouer-sur-Loire au conseil général de 1830 à 1848, qui, au lieu de faire restaurer l’ancien château, préféra construire le château actuel, agréablement situé sur un plateau. L'application de nouveaux procédés d’agriculture lui aura permis de transformer complètement son vaste domaine de Dampierre. 

 Éléments protégés MH : le pavillon principal et les quatre petits pavillons annexes servant d'entrée au château : inscription par arrêté du 6 mars 1928. 

 château de Dampierre en Burly 45570 Dampierre en Burly

 

Château de Dammarie en Puisaye

Placé comme en diadème au haut d’un tertre et dominant un vallon, le château de Dammarie qui a été le lieu d’une importante seigneurie, a conservé en dépit des vicissitudes son cachet féodal. De l’orgueilleuse forteresse de la famille de Courtenay, il ne reste guère que le vieux donjon, des murs percés ça et là de meurtrières, une tour reliée au donjon ainsi qu’un magnifique portail aux puissantes tours jumelles entre lesquelles s’abaisse un pont-levis qui enjambe le fossé et donne accès a une voûte, autrefois a clôture de herse. Au frontispice d’entrée apparaît en relief une sculpture représentant un chevalier en armes et chevauchant, un sire de Courtenay et, sur la housse du palefroi, les trois écus de Coligny, avec ce cri de haro: "Et puisaye! Et puisaye! Et puisaye!" Regardant sur la gauche cet appareil féodal, vraisemblablement des débuts du XIIIe siècle, on aperçoit largement la partie principale du château, ajourée de belles fenêtres hautes et régulières, le tout dominant le large fossé d’enceinte. Plus loin, c’est encore une tour a demi rasée qui aide aux vieux murs a soutenir la terrasse intérieure. La cour intérieure avec ses dépendances semble relativement restreinte en apercevant les grands murs de l’église qui, bien qu’en léger contrebas du château, faisait anciennement partie intégrante de l’enceinte. Le majestueux donjon semble avoir été primitivement l’habitation seigneuriale du château. Cette grosse tour, de forme ronde, compte trente-trois mètres de hauteur et son périmètre a la base est d’égale mesure. Cinq étages la divisent, dont deux renferment de belles salles avec haut foyer. Des voûtes ogivales à nervure se relient au sommet. A même l'épaisseur du mur, l’escalier se contourne en spirale jusqu’a la terrasse supérieure, ceinte de mâchicoulis. De là un panorama superbe se développe jusqu’au-delà de la Loire, vers le Sancerrois. S’il est vraisemblable de croire que le fief de Dammarie demeura l’apanage des évêques d’Auxerre jusqu’à la fin du XIIe siècle, il est certain que tout cet appareil de défense a été l’oeuvre d’un puissant seigneur. Narjod de Feins n’aurait-il pas été le créateur au XIIIe siècle de la forteresse féodale de Dammarie ? Quoi qu’il en soit, d’après des documents anciens, il résulte que par plusieurs ventes et transmissions, le fief de Dammarie échut à d’illustres maisons à commencer par la maison de Courtenay, puis la maison de Coligny qui s’y maintiendra pendant cent quatre-vingt et un ans (1451-1632), et enfin la maison de Fraguier de Rouville qui la conserva jusqu’à ce que Claude Fraguier, poète, littérateur et membre de l'Académie française (élu en 1707) soit contraint en 1727 de vendre Dammarie à Jacques de La Rivaudais pour être vendu finalement par sa femme dix ans plus tard à la Société du canal de Briare laquelle en resta propriétaire durant un siècle et treize mois (1737-1838). L’ensemble qui contenait près de 900 hectares fut alors acquit par Alexandre-Emmanuel de Filleul de Longthuit, qui s’y fixa par passion de la chasse, en y installant un chenil et des dépendances nécessaires pour contenir les chevaux d’équipage. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de la poterne d'entrée, de la tour Ouest ; les parties subsistantes des murs de courtine, de la tour Nord-Est et de la tour Est ; le donjon ; les fossés : inscription par arrêté du 1er octobre 1987. 

 château de Dammarie en Puisaye 45420 Dammarie-en-Puisaye

   

Château de Cuissy

Les assises du château actuel de Cuissy ont permis de mettre sur une butte à l’abri des crues de la Loire cette construction reconstruite sous Louis XIII. Sa position avait l’incontestable avantage de rendre ceux qui l’occupaient maîtres du fleuve. Si le hameau de Cuissy dépendait autrefois de la paroisse de Saint-Aignan, certaines terres appartenant à la seigneurie se trouvaient néanmoins sur la paroisse voisine de Lion. Le premier seigneur de Cuissy qu’on connaisse fut Louis du Pestilz, qui mourut vers 1589. La seigneurie changea de mains pour passer dans la maison des de Menou jusqu’à ce qu’en 1760 Isaac-Nicolas-Louis Monmerqué de Bazoncourt fasse par voie d’achat l’acquisition de la terre et seigneurie de Cuissy, consistant en château seigneurial, bâtiments, granges, écuries, cour, basse-cour, pigeonnier et autres dépendances dudit château, et y fixe sa résidence. Il resta sans descendance, ce fut sa sœur, Anne-Thérèse, vivant avec lui depuis l’acquisition de Cuissy en raison d’un veuvage précoce, qui en hérita en 1791. À sa mort en 1796, Cuissy passa à son fils aîné, puis, de 1806 à 1823, à son cadet, un prêtre (l’abbé Cyr-Gabriel Torelli), qui vendit la propriété à un parent dans la ligne maternelle, Louis-Jean-Nicolas Monmerqué des Rochais, le célèbre éditeur des Lettres de Madame de Sévigné. À la mort de ce dernier, son fils Xavier prit la suite, après quoi la propriété fut vendue aux enchères en 1847 et échut à l’abbé Gounelle pour finalement être acquise en 1922 par Mario Roques (1875-1961), philologue, professeur au Collège de France (1937) et membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres (1933).

L'actuel château de Cuissy, entouré de douves sur trois côtés, d’environ huit mètres de largueur et assez profondes pour laisser voir des fenêtres du rez-de-chaussée au ras des murailles, est une construction sans autre caractère que sa masse en fer à cheval, élevée sur de vastes, solides et profondes caves. Le corps de bâtiment central qui constitue la partie la plus ancienne (1630) comporte un étage habitable surmonté d’une haute toiture de tuiles, une première aile à l’est, datant du XVIIIe siècle, réservée aux cuisines, offices, communs, et une deuxième, ayant été ajoutée en 1842 à l’emplacement d’une ancienne chapelle. Cuissy contient aussi dans le décor intérieur d’une salle à manger, une galerie de douze portraits datant du XVIIe siècle de la famille de Menou et de la famille de Cremeur, alliées à la suite du mariage de Charles de Menou et de Jacqueline de Cremeur. 

 Éléments protégés MH : la salle à manger avec son décor (y compris la galerie de portraits) : classement par arrêté du 29 décembre 1978. Les façades et les toitures : inscription par arrêté du 29 décembre 1978. 

 château de Cuissy 45600 Lion en Sullias

   

Château de Courcelles le Roy

Le château a subi, depuis sa construction primitive, de très importantes modifications. Il est certain qu'à l'emplacement actuel du château s'élevait, jadis, une demeure féodale d'une notable importance. De cette demeure primitive, il ne subsiste rien de nos jours, sinon le pavillon central avec mâchicoulis et les restes de fenêtres à meneaux. La porte donnant accès à la cour d'honneur est aussi un vestige de l'ancienne entrée fortifiée du château; les deux bâtiments ont été modifiés sous Henri IV ou Louis XIII par des revêtements de brique et de pierre, et si l'architecture militaire féodale apparaît dans les tours à poivrière et les mâchicoulis, ces éléments défensifs n'ont qu'un rôle décoratif. On y pénètre par la porte ouest donnant dans les appartements ou la porte Est donnant dans la cour d'honneur. Le principal appartement du château a toujours été désigné sous le nom de "chambre du Roy", et le domaine, depuis très longtemps, porte l'appellation de Courcelles-le-Roi. Aujourd'hui isolé, il surgit d'une façon d'autant plus féerique qu'il est en ruine, ses fenêtres s'ouvrant béantes sur l'extérieur.

 Le château s'ordonne autour d'un quadrilatère. Trois corps de bâtiment entourent la cour intérieure. La façade sud-ouest présente un bâtiment du XVIIe siècle. Au centre se détache un pavillon qui semble dater de la même époque mais peut être un pastiche du XIXe siècle. Aux extrémités de cette façade ont été ajoutées, au XIXe siècle, des ailes terminées par des tours, celles du sud-est ayant été démolies au XXe siècle et remplacées par un pavillon. La façade nord-est présente une succession de trois pavillons reliés entre eux. Au centre, le "châtelet" a été modifié ou construit au XIXe siècle. Au nord se trouve la chapelle élevée à la fin du XVIIIe siècle. A l'ouest de ces bâtiments se trouvent les écuries, le colombier à lanternon et les communs avec la grange. 

 Éléments protégés MH : le pigeonnier: inscription par arrêté du 17 septembre 1986. 

 château de Courcelles le Roy 45300 Beaulieu-sur-Loire

 

Château de Courcelles le Roy

Il existe deux châteaux de Courcelles dans le Loiret. L'un situé près de Pithiviers, traité ici, l’autre dans la commune de Beaulieu-sur-Loire. Tous deux sont souvent aussi appelés Courcelles-le-Roi, en raison de visites royales perdues dans la nuit des temps. Tous deux ont été victimes de l’indifférence générale et sont plus ou moins détruits ou en passe de le devenir. Notre Courcelles gâtinais, proche de Pithiviers, est réduit à des pans de mur au milieu desquels seule a survécu une jolie tourelle polygonale abritant l’escalier à vis. Les traces des douves sont encore visibles. Le nom de Courcelles dérive du latin corticella, qui désignait un domaine rural de petite étendue. Ce lieu a été à l’origine un rendez-vous de chasse des rois lorsqu'ils séjournaient à Boiscommun. Saint Louis et Charles VIII y sont venus, dit-on. Mais l’histoire retient surtout la présence de la famille de Braque. L'ancêtre, Nicolas de Braque, devint grand argentier de Jean le Bon et Charles V. Son petit-fils Blanchet de Braque, fort riche, entreprit la construction d’une église qui demeura inachevée, car il fut fait prisonnier à Azincourt et libéré sous caution, il fut ruiné et mourut peu après sa libération. Ce chantier inachevé a conservé tout son charme. Le château passa ensuite à la famille Lucas. En 1544, Jacques Lucas épousa la fille de Charles de L’Hospital, seigneur du Hallier. Puis, l’histoire a retenu le nom de Maurice Dupin, père de George Sand, qui séjourna chez ses cousins Vallet de Villeneuve. À la fin du XIXe siècle, il fut restauré par M. Casati de Casatis, conseiller à la cour de Paris et érudit, qui possédait également La Javelière à Montbarrois. Le château longtemps abandonné a été en grande partie détruit volontairement au cours du XXe siècle et risquait une destruction totale. L’un des nouveaux propriétaires a entrepris une mise en valeur méritoire qu’il poursuit avec ténacité. 

 Éléments protégés MH : le château de Courcelles-le-Roi en totalité : inscription par arrêté du 12 janvier 1931. 

 château de Courcelles le Roy 45300 Courcelles 

 Téléphone : 06 45 12 41 02 

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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