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Château de Mondon

Ce château appartint à Guy Le Roy puis Louis du Plessis, ancêtres du cardinal de Richelieu. Le château fortifié a été complètement reconstruit à la fin du XVIe siècle. L'entrée se fait par une porte à fronton qui était précédée d'un pont-levis. Elle s'ouvre au milieu du côté ouest de l'enceinte dont l'angle sud-ouest est défendu par une tour à meurtrières, couronnée d'un dôme. La cour accède à une seconde porte avec poternes, flanquée de pilastres, laquelle donne accès à la cour d'honneur. Les logis seigneuriaux ont presque entièrement disparu. Le château s'étendait au sud de la cour, mais il n'en reste que l'étage inférieur du mur sud. Ce mur aboutit à un pavillon d'angle rectangulaire. A l'est, une saillie du mur témoigne d'un grand pavillon d'angle. A l'angle rentrant, une trompe devait supporter une tourelle. Au rez-de-chaussée de ce pavillon se trouvait la chapelle. Au sud de cet ensemble se développent les murs occidental et méridional d'une enceinte rectangulaire, ouvrage de défense avancé dont les angles portent des échauguettes. Au milieu du mur sud, une grande console soutenait une tourelle disparue. A l'angle nord-est, une grosse tour cylindrique, dont il ne reste que l'étage inférieur, renforçait l'enceinte.

 Éléments protégés MH : les vestiges du château de Mondon : inscription par arrêté du 17 avril 1931

 château de Mondon 37120 Marigny-Marmande

   

Château de la Michelinière

Ancien fief relevant d'Amboise, cité dès 1431, la Michelinière appartenait à la famille Source au XVe siècle et durant la première moitié du XVIe siècle; c'est durant cette dernière période qu'a été construit le logis seigneurial. L'aile sud des communs possède une charpente du XVIIe siècle. Gaston de Lauverjat acquit la propriété, qui était depuis une date indéterminée déclassée en ferme, et il la conserva jusqu'en 1913. Des travaux conséquents furent réalisés au milieu du XXe siècle, notamment la reprise des baies. Le logis de plan rectangulaire est construit en pierre de taille de moyen appareil pour la façade antérieure et en moellons enduits pour le reste de l'édifice. Il comprend un étage carré et un étage de comble. Le toit à longs pans et à pignon découvert porte une couverture en ardoise. La façade principale orientée à l'ouest est cantonnée de deux tours cylindriques comprenant deux étages carrés et présente une élévation à trois travées. Elle est percée d'une porte Renaissance en arc surbaissé, ornée d'une agrafe et encadrée de pilastres à chapiteaux animés de têtes de petits personnages. A l'est, la façade du logis a conservé une demi-croisée. Le corps de logis est prolongé au nord et au sud, par deux ailes de communs. 

 Éléments protégés MH : la porte d'entrée : inscription par arrêté du 6 mars 1947. 

 château de la Michelinière 37270 Azay-sur-Cher

 

Château de Mesvres

Des vestiges importants de la forteresse du XIIe siècle sont constitués par d'épaisses murailles en opus spicatum qui furent conservées et utilisées au XVe siècle, lors de la reconstruction du château. Du côté méridional se dresse un donjon carré, reconstruit à plusieurs époques, comme en témoignent les reprises. La base date du XIIIe siècle, le sommet du XVe. La porte en tiers-point aujourd'hui remplacée par une baie, était défendue par un pont-levis et par une bretèche. A l'est du donjon, la chapelle dont le mur sud date du XIIIe siècle, fut refaite au XVe. Une cheminée indique qu'elle fut utilisée comme habitation. Ancien fief, relevant du château d'Amboise, à foi et hommage lige. Le premier seigneur connu était Garnier Biseuil en 1268. Ensuite nous trouvons successivement en 1270, Guillaume d'Argy, en 1300 un autre Guillaume d'Argy, en 1338 Guillaume d'Argy III, en 1380 Pierre d'Argy, en 1440 Guillaume d'Argy, en 1460 Jean d'Argy, en 1515 François d'Argy, en 1517 un autre François d'Argy, en 1592 Jean d'Argy, en 1613 Esme d'Argy, en 1620 Claude de Préville, qui, de Gabrielle de Fenouillet, eut Agnès, dame de Mesvres, mariée, en 16S7, à Louis Gigault. Le château passe en 1657 à Jacques Gigault, en 1608 à Louis Gigault, qui rendit aveu le 12 septembre et en 1700 il est à Jacques Gigault de Marennes, en 1716 à Suzanne Planche, veuve de Jacques Gigault, en 1745 à Louis-Charles-Bernardin Gigault de Bellefond. En 1746 il apparient à Claude-Joseph Le Large, marié à Agnès Gigault. En 1780, à Armand-Louis-François Gigault de Bellefond. En 1858, Messire Charles de Brillac était seigneur Chastelain d'Argy. Ce gentilhomme était le fils de Pierre de Brillac, chevalier, seigneur d'Argy et de Monts, et de Anne de Tranchelion. Christophe de Brillac, son frère, fut archevêque de Tours. Il fut chevalier de l'ordre du roi et prit pour épouse Jeanne de Varie, sœur de Guillaume, deuxième du nom, seigneur de l'île Savary...

Les Brillac se succèdent à Argy pendant encore près de deux siècles. Ce sont eux qui, bien qu'à diverses reprises ont fait construire le beau château que nous y admirons, et dont un vandalisme déplorable avait entrepris naguère la démolition complète. Ce château avait la forme quadrilatère, compris entre quatre tours de diverses hauteurs. Les fossés larges et profonds qui l'entouraient sont comblés , et l'aile du sud-est a été remplacée par une maison moderne. La tour de l'ouest ou le donjon est un pavillon élevé, de forme carré. Il est lié à la tour du nord, dite de Brillac, par un portique ouvert sur la cour d'honneur, et que surmonte une galerie ouverte aussi du même côté; disposition qui, jointe à la richesse d'ornementation de cette partie, rappelle le portique de Louis XII au château de Blois, ouvrage de la même époque. Les piliers sont chargés de nervures en spirale, en réseau, en losange, ou couvert d'arabesques, d'armoiries, d'attributs aussi élégants que variés; et les chiffres des Brillac, semés à profusion sur les pleins de la façade, sont entremêlés d'hermines, dont l'arrangement symétrique se reproduit au-dessus de chacun des cintres du portique. Toute cette ordonnance, à l'exception de la galerie supérieure, se continuait en retour à l'intérieur de la cour. Il en subsiste plus, de ce côté, que deux ou trois arcades; le reste a fait place à des constructions récentes. Jacques et Charles de Brillac s'étaient appliqués à embellir cette partie du château. Les initiales de leurs noms, figurés en gothique d'une belle exécution et sculptées en relief très prononcé, comme sur le portique intérieur, couvrent tout la façade du nord-est à l'extérieur, et sont jetées comme des fleurs autour des fenêtres sur les trumeaux, sur les frontons, partout. Ces mêmes lettres forment jusqu'à cinq cordons sur la tour de Brillac, que l'on dirait de loin entourée d'inscriptions à diverses hauteurs.

Un petit oratoire était au premier étage de ce côté. Le pavé seul subsiste encore, sorte de mosaïque fort curieuse, où, parmi des arabesques entremêlés, se font remarquer plusieurs médaillons tantôt aux armes de Brillac, avec cette légende à l'entour en caractères gothiques: Jacques de Brillac, Charles de Brillac, Loyse de Balsac, tantôt aux armes de Brillac et de Balsac réunis sur le même écusson. Louise de Balsac était femme de Charles de Brillac, et celui-ci n'existait déjà plus en 1510, ce qui fixe avant cette époque la construction de cette partie du château d'Argy. Le ministre d'état, Le Bouthilier-Chavigny, comte de Buzançais posséda la seigneurie d'Argy du chef de sa femme, Anne Philypeaux, et l'on voyait, il y a peu d'années, gisant au pied des murs du château, un beau bas-relief où étaient sculptées les armoiries réunies des Le Bouthillier et des Philypeaux; ce bas-relief paraissait être du XVIIe siècle. La terre a appartenu longtemps à la famille de la Boulaye, qui avait pour régisseur M. Béreau, de Buzançais. En 1828, elle a été achetée par M. Lamotte: elle a été vendue, en 1854, à une société belge. Le château et le parc viennent d'être acquis par M. Verdier, de Clion, qui conservera, il faut l'espérer, ces beaux restes de l'architecture du moyen-âge. Il existait, à Mesvres, une chapelle (actuellement désaffectée) dans laquelle on devait dire quatre messes par an. En 1787, ces messes n'étaient plus célébrées. Cette chapelle est mentionnée dans le Registre de visites du diocèse de Tours (1787). La collégiale de Saint-Martin, les Carmes et les Jacobins de Tours possédaient des métairies faisant partie du hameau de Mesvres. Au nord-est du château s'ouvre dans une tranchée, la porte en tiers-point qui donne accès à des souterrains dont la profondeur donne une idée de l'étendue de la forteresse d'origine. 

 Éléments protégés MH : les façades, les toitures et les souterrains : inscription par arrêté du 10 juin 1932 

 château de Mesvres 37150 Civray-de-Touraine

 

Château de la Martinière

Le château est construit par la famille Rondeau-Martinière. En 1898, Louis-Charles Rondeau-Martinière (1820-1903) fait don à l'église Saint-Vincent de deux vitraux. Louis-Pierre Rondeau-Martinière (1856-1928), conseiller municipal, historien local membre de la Société archéologique de Touraine (SAT), y réside.On ne dispose pratiquement pas de renseignements sur la Martinière. La seule indication nous est donnée par le registre des matrices cadastrales signalant que le château est en construction en 1835, celle-ci devait être assez avancée puisque le château et les bâtiments de la ferme situés au Nord-Ouest figurent sur le cadastre de 1834, il sera imposé fiscalement comme nouvelle construction en 1841. Sachant que l'imposition se fait généralement un an ou deux après la fin de la construction, on peut déduire les dates de construction entre 1835 et 1840. Une augmentation de construction est précisée en 1888, concernant les bâtiments situés sur la parcelle 364 de l'ancien cadastre. S'agit-il de l'Orangerie située à l'extrémité du bâtiment Ouest. Sinon le château est resté propriété de la famille Rondeau-Martinière depuis sa construction. Louis-Charles Rondeau-Martinière (1820-1903) offrit en 1898 à l'église paroissiale Saint-Vincent de Neuvy-le-Roi deux vitraux représentant saint Pierre et saint Martin pour commémorer ses cinquante ans de mariage (1847-1897) avec Amélie Lépingleux. Louis-Pierre Rondeau-Martinière (1856-1928) conseiller municipal de la commune de Neuvy-le-Roi pendant 30 ans et membre de la Société archéologique de Touraine y vécut, il écrivit de nombreux articles sur l'histoire du canton, notamment sur la collégiale de Bueil et sur les cloches anciennes du canton de Neuvy-le-Roi. 

 Éléments protégés MH : le château et les bâtiments des communs qui lui sont contemporains est inscrit au titre des Monuments historiques par arrêté du 24 décembre 2024 

 château de la Martinière 37370 Neuvy-le-Roi

Château de Marcilly sur Maulne

L'édifice fut construit à l'emplacement d'un château plus ancien, dont il reste quelques vestiges, par un des membres de la famille d'Antoine Fouquet. Le domaine comprend le château, les communs et le parc dans lequel se trouvent une petite construction appelée châtelet ou prieuré, datant de l'époque du château, et deux tourelles isolées plus anciennes. Le château est une construction de la seconde moitié du XVIe siècle et se compose d'un corps de logis central plus élevé, de deux ailes en saillie sur la façade ouest, et de quatre pavillons d'angle en forme de bec, disposition particulière ajoutée pour la défense. A l'intérieur, les pièces d'habitation du rez-de-chaussée et celles de réception au premier étage, ont conservé leurs plafonds à poutres et solives apparentes ainsi que des peintures décoratives. Le premier est également orné de tapisseries des XVIIe et XVIIIe siècles. Au deuxième étage de la partie centrale se trouve la chapelle, ornée de boiseries à motifs religieux. Au XIXe siècle, la terrasse qui s'étendait à l'est a été démolie. Le jardin à la française à ses pieds a disparu. S'y trouvent une fontaine qui alimente des bassins successifs, et les restes des deux tourelles, vestiges du château primitif. Autour d'une cour rectangulaire, à l'ouest du château, les communs comprennent plusieurs bâtiments, majoritairement des XVe et XVIe siècles, et ont conservé des traces de décor peint. A l'extérieur, se trouvent trois tours de défense. 

 Éléments protégés MH : le château, les communs, le parc et le châtelet, la fontaine et les deux tours qui en dépendent: classement par arrêté du 3 août 1944 

 château de Marcilly sur Maulne 37330 Marcilly sur Maulne 

 Téléphone : 02 47 24 06 78 

 

Château de la Marbellière

Le parc est doté d'une porte monumentale à l'ouest. Le petit château actuel a du être reconstruit à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle. La porte en plein cintre menant au parc est ouverte dans une architecture accostée de pilastres et d'ailerons, et amortie par un fronton courbe. Sous une grille d'imposte, soulignée par une traverse en fer à entrelacs, les deux vantaux se composent d'une grille dans leur deux tiers supérieurs, séparée par une traverse à entrelacs d'un panneau plein inférieur. 

 Éléments protégés MH : la porte monumentale du parc à l'ouest : inscription par arrêté du 6 mars 1947.

 château de la Marbellière 37300 Joué-lès-Tours 

 Téléphone : 02 34 53 44 46

 

Château de Marçay

Le château fut construit autour des années 1150, puis reconstruit au XVe siècle, dévasté par les huguenots et restauré à partir de 1597. Entouré jadis de douves, qui restent en partie à l'est, précédé au nord par une vaste cour entourée de communs, le château est constitué par un bâtiment principal qui se développe entre deux grosses tours rondes, couronnées d'un chemin de ronde avec créneaux et mâchicoulis. Côté sud, deux ailes en retour d'équerre s'ajoutent au bâtiment principal, aboutissant chacune à une tour polygonale. Percements et toitures ont été refaits au XVIIe siècle, puis remanié au XVIIIe siècle, et une campagne de restauration fut entreprise à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle (entre 1890 et 1914), dans le style néo-gothique. Communs construits depuis 1833 au nord du château. Vestiges de fossés à l'est et d'une chapelle. Au sud-ouest, escaliers remaniés. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 7 février 1963

 château de Marçay 37500 Marçay 

 Téléphone : 02 47 93 03 47

 

Château de Luynes

Il est fort vraisemblable que, dès l'époque romaine, il y avait un castrum non loin de l'endroit où s'élève le château actuel. Ce fut l'origine d'une châtellenie, puis d'une baronnie, qui fut connue jusqu'au XVIIe siècle sous le nom de Maillé (Malleium, Mailleacum). Maillé était qualifié, ainsi que Preuilly, de première baronnie de Touraine. Dès le XIe siècle, il y avait donc ici un château redoutable. Sa situation stratégique en faisait une des places le plus souvent disputées dans les guerres incessantes qui mettaient aux prises les comtes d'Anjou avec les barons de Touraine, et dans lesquelles nous savons que Gilduin de Saumur, qui possédait Maillé, joua un rôle important. Une excommunication ayant été lancée par l'archevêque de Tours contre le châtelain Hardouin I de Maillé (et non Hardouin II, comme l'indique M. Chevalier dans ses Promenades pittoresques en Touraine), Foulques Réchin, comte d'Anjou et de Touraine, saisit le prétexte pour s'emparer du château et pour le détruire (1096). Le seigneur de Maillé releva sa forteresse vers 1106. On peut croire que la disposition générale était dès lors en partie ce qu'elle est aujourd'hui. Un élément essentiel toutefois du château primitif, le donjon, a dis paru en 1658. Le XIIe siècle fut encore, pour la Touraine, une période de batailles acharnées. Cette fois la lutte avait pris d'autant plus d'ampleur, que les comtes d'Anjou étaient devenus rois d'Angleterre, et que les barons de Touraine, qui ne guerroyaient plus seulement pour leur indépendance mais pour celle du royaume, avaient pour allié le roi de France. La prise de possession de la Touraine par Philippe Auguste, en 1204, mit fin aux coups de mains incessants, où le rôle du château deMaillé fut de premier ordre.

 Dans tous les cas, le moine Jean de Marmoutier, dans la liste qu'il nous donne des forteresses très importantes qui protègent la ville de Tours, fait figurer Maillé. Il y eut ensuite une longue période d'accalmie. La guerre de Cent ans fit renaître la menace anglaise. L'heure n'était pas venue encore pour le château de Maillé de devenir une résidence d'agrément. Quand la paix fut rétablie, le seigneur de Maillé, Hardouin IX, ayant hérité de sa mère Perrenelle d'Amboise la terre des Montils, eut la bonne fortune de la vendre à Louis XI, pour y édifier son château du Plessis. Ce fut pour le château de Maillé une période de splendeur. On refit une partie des tours (eelon Palustre les tours d'angle seraient du XIIIe, les tours centrales à l'ouest du XVe siècle), et l'on construisit dans l'enceinte une demeure élégante, dans le goût du château royal. Comme le seigneur de Maillé était en veine de générosité, il fonda en 1486 un chapitre de chanoines, qui devint, au XVIIe siècle, chapitre de chanoinesses, dont on voit encore l'église, hors de l'enceinte, à quelques pas du pont-levis. Par le mariage de Françoise de Maillé avec Gilles de Laval, le château devint un fief de cette maison, et, en 1672, la terre de Maillé fut érigée en comté, en faveur de Jean de Laval. Enfin Charles d'Albert, seigneur de Luynes, en devint adjudicataire en 1619, et obtint, la même année, qu'elle fût érigée en duché-pairie, sous le nom de Luynes. Ce fut le signal de nouveaux remaniements dans les bâtiments d'habitation. Bientôt le donjon était abattu. Le château appartient encore aujourd'hui aux descendants du favori de Louis XIII. Nous remercions ici M. le duc de Luynes qui a bien voulu nous autoriser à visiter le château en détail, et le régisseur M. Gasnault qui nous en a fait les honneurs.

 Le château de Luynes occupe un vaste parallélogramme sur un plateau qui s'avance en éperon entre la vallée de la Loire et un petit vallonnement creusé dans la colline. C'est de ce côté, sur le flanc ouest, auquel est adossé le corps de logis principal, qu'est la partie la plus imposante des défenses: quatre tours cylindriques, dont les deux du milieu, plus robustes et plus saillantes. Ces deux tours sont construites en un appareil bizarre fait de blocage, avec de grosses pierres de taille en bossages faisant parpaing, réparties à intervalles à peu près réguliers. Les autres parties de l'enceinte sont seulement en blocage. La courtine du sud ne présente, du côté de la Loire, qu'une terrasse, mais la défense comportait, en outre, sur ce flanc, un premier système de retranchement, défendu par deux petites tours rondes, dont une seule subsiste aujourd'hui. Le coteau dévale de ce côté-là en pente douce. Du côté de l'est, le château était défendu par un double fossé; par un seul au nord. A l'ouest, il était suffisamment protégé par les quatre tours et par un escarpement abrupt. Dès le XVe siècle, dans les tours, qui jusqu'alors n'étaient percées que d'archères, on avait ouvert de hautes et étroites fenêtres. On voit très distinctement les remaniements concernant les ouvertures à la tour d'angle sud-ouest. Deux étages de fenêtres en anses de panier reposant, aux retombées, sur des culots historiés, furent superposés au XVe siècle; mais la fenêtre du premier étage a été remplacée par une fenêtre moderne qui n'occupe que la moitié de la hauteur. La partie supérieure a été condamnée, ne laissant de vestige que son arc mouluré, tandis que le second étage est resté intact.

 Les trois autres tours de l'ouest ont été percées au XVe siècle de trois étages de fenêtres à meneaux, sans compter, en retrait, des lucarnes plus petites, et les hautes et minces archères du moyen âge. En outre, un robuste contrefort épaule la muraille entre les deux tours centrales. Ce contre fort sépare trois étages de fenêtres à meneaux qui prouvent que, dès le XVe siècle, un corps de logis se trouvait adossé à cette partie de l'enceinte. Il fut détruit, au XVIIe siècle, pour être remplacé par un bâtiment moderne. Ce témoignage sera confirmé par l'examen des dispositions intérieures, où nous retrouvons, au dernier étage du logis XVIIe siècle, les sièges de pierre du XVe siècle, dans l'épaisseur de la muraille. Le flanc nord du château était défendu par trois tours cylindriques. Seule, la tour d'angle est coiffée en poivrière. On remarquera, au sommet de cette tour, près du pignon XVe siècle, les vestiges d'une bretèche. Au-dessous, est une mince et longue archère en croix, du même temps que la bretèche. De ce côté, l'on distingue très bien le raccordement qui a été exécuté au XVe siècle. En dehors des archères, aucune fenêtre n'a été ouverte dans les tours du nord. La courtine de l'est est également défendue par trois tours cylindriques, sans toitures et n'ayant d'autres ouvertures que les archères. Un corps de logis rectangulaire en saillie, du XVe siècle, vient s'adosser à la tour d'angle sud-est qu'il domine de sa masse. Entre la tour du milieu et celle du nord-est, se trouve la porte à arc brisé de l'ancien pont-levis. Un pont construit vers 1860 donne accès à la cour d'honneur aujourd'hui. Là, on a en face de soi, adossés à la courtine de l'ouest, les logis principaux.

 Ils se divisent en deux parties très dissemblables, entre lesquelles s'avance une tourelle d'escalier briques et pierres octogonale du XVe siècle, qui supporte une autre tourelle d'escalier cylindrique en cul-de-lampe. A droite de ces tourelles, s'étend un corps de logis briques et pierres, très élégant, se composant d'un rez-de-chaussée, et d'un étage surmonté de combles ornés de lucarnes. La partie qui se trouve à gauche de la tourelle est un pavillon avec perron construit au XVIIe siècle, qui contraste, par sa sobriété, avec le logis du XVe siècle. Du côté opposé de la cour, un autre bâtiment du XVIIe siècle fait pendant à celui-ci, s'adossant à la tour d'angle sud-est. Le pavillon a pour voisin immédiat le corps de logis XVe siècle très élevé que nous avons déjà remarqué de l'extérieur et qui est accolé à cette même tour. Au côté nord, il n'y a pas de bâtiments, mais, à l'époque moderne, on a élargi le chemin de ronde en une terrasse demi-circulaire portée sur encorbellement. Au sud de la cour, il n'y a que le parapet de la terrasse, d'où l'on jouit d'un magnifique panorama sur la vallée de la Loire. Nous avons déjà remarqué que le corps de logis XVe siècle, à l'ouest, évoquait, avec sa tourelle octogonale, le souvenir du Plessis-lez-Tours. La tourelle n'a d'autres ornements que les choux-frisés du linteau en accolade, cantonné de deux pilastres. Elle n'est éclairée, ainsi que la tourelle cylindrique que d'un double étage de fenêtres étroites. Le corps de logis à droite est, en revanche, beaucoup plus orné; et cette décoration luxuriante, aussi bien qu'un goût tout nouveau pour le con fort et la symétrie révèlent les approches de la Renaissance. Il convient toutefois d'observer que le premier étage a été restauré en 1860. Quant à la corniche couronnée d'une balustrade à soufflets et à mouchettes, ainsi que les lucarnes des combles, ce sont des reconstitutions modernes. Seules paraissent authentiques les fenêtres du rez-de-chaussée, qui ont pour linteau un larmier rectangulaire reposant, aux retombées, sur des consoles représentant des animaux chimériques. A côté de cet élégant décor, le corps de logis du XVIIe siècle paraît singulièrement austère. Il ne comporte qu'un étage très élevé au-dessus du perron. Une aile de deux étages le termine au sud. La symétrie classique aurait exigé une aile semblable au nord, mais il eût fallu abattre la tourelle. Il est fort heureux qu'elle n'ait pas été sacrifiée. D'ailleurs, comme nous le constatons par une aquarelle de Gaignières datée de 1699, les deux corps de logis XVIIe siècle ne sont que les ailes en retour d'un grand château dont le corps principal occupait la courtine du sud.

 Les appartements du château actuel ne se visitent pas. Les archéologues doivent s'en consoler. Nous ne trouverons à y signaler que le couronnement d'escalier de la tour du XVe siècle. Le noyau des emmarchements se termine par un chapiteau à feuillages délicatement sculpté, d'où partent les nervures divergentes qui supportent la voûte, semblables aux tiges d'un palmier. Près de la tour d'angle sud-ouest, dans une grande salle recoupée au XVIIe siècle, on remarque aussi les vestiges dégradés d'une fresque, sans doute du XVe siècle, représentant un chevalier d'une belle tournure, la lance en avant sur son cheval cabré, probablement un épisode de tournoi, encadré de motifs décoratifs où l'on croit distinguer les signes du zodiaque. M. Palustre pensait retrouver ici la salle où fut célébré le mariage de la bienheureuse Jeanne de Maillé. On n'oubliera pas d'admirer l'église des chanoinesses, fondée, comme nous l'avons dit, en 1486. C'est un beau vaisseau à nef unique, recouverte d'une voûte en bois en carène de navire, et terminée par un chevet à pans coupés. Le portail est de ce style flamboyant des bords de la Loire, dont l'harmonie n'est jamais alourdie par la profusion de richesses superflues. Entre deux pinacles décorés de niches finement ciselées, s'ouvre une double porte à accolades encadrée d'une archivolte inscrite elle même dans une accolade ornée de choux-frisés. Ce portail est surmonté d'une haute fenêtre à remplages flamboyants. A l'intérieur, nous remarquerons une litre de deuil aux armes des Maillé. Un encadrement de pierre du XVIIe siècle est tout ce qui reste d'un enfeu qui aurait renfermé le coeur du duc de Luynes et qui fut violé pendant la Révolution. 

 Éléments protégés MH : le château de Luynes en totalité : inscription par arrêté du 17 juillet 1926

 château de Luynes 37230 Luynes

 

Château de Louy

Ancien fief connu depuis le IXe siècle, mentionné dans une charte de Charles le Chauve confirmant les possessions de la collégiale Saint-Marau. C'est un ensemble de bâtiments du XVIIe siècle n'ayant pas été dénaturés. L'accès se fait au sud par un grand portail en plein cintre menant à une grande cour fermée par trois différents corps de bâtiments. Au nord, le bâtiment principal d'habitation se divise en un corps central et deux pavillons en avancée. Deux petites tours carrées encadrent le logis principal. En retour, une chapelle surmontée d'un clocheton carré en lanternon, terminé par un dôme. A l'est et à l'ouest de la cour, deux bâtiments bas servent de communs, leurs toitures s'imbriquant dans le logis et la chapelle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; le portail Sud : inscription par arrêté du 7 mars 1975.

 château de Louy 37140 Restigné 

 

Château de la Louère

La Louère était un fief relevant du château de Bagneux. Du château fortifié du XVe siècle, dont la plus grande partie a été remplacée par une construction moderne, subsistent encore quelques éléments. Au nord-est, un donjon carré a conservé son chemin de ronde et ses mâchicoulis. Au nord ouest, une tour rectangulaire, dont le couronnement a été refait, contient une chapelle moderne. Au sud-ouest, une tour circulaire défendait l'angle correspondant de l'enceinte. Les douves et les courtines reliant des ouvrages ont disparu. 

 Éléments protégés MH : les façades et la couverture du donjon carré : inscription par arrêté du 18 juin 1962  

château de la Louère 37160 Marcé sur Esves 

 Téléphone : 06 20 33 36 36

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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