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Château de Théobon

Le château de Théobon, édifié au XIVe siècle comme forteresse, fut profondément remanié aux XVIe et XVIIe siècles pour devenir une demeure résidentielle. Situé sur un pech (colline) à Loubès-Bernac (Lot-et-Garonne), il offrait une vue panoramique et des défenses naturelles. Les premières traces écrites datent de 1327, lorsque Gaubert de Mayrac s’en déclare seigneur. La seigneurie passa ensuite aux familles Ségur et Pierre-Buffière par alliances, avant d’être acquise au XVIe siècle par les Rochefort de Saint-Angel, une lignée protestante engagée dans les guerres de Religion.

 Au XVIe siècle, Jean Ier de Rochefort, baron de Théobon et captal de Puychagut, illustre l’engagement militaire protestant de la famille. Protestant convaincu, il combat aux côtés des huguenots, notamment à Castillon (1586) et en Bourgogne sous le maréchal de Biron (1595). Son fils, Charles II, marquis de Théobon, joue un rôle clé pendant la Fronde en Guyenne, oscillant entre rébellion et soumission à la couronne. Le château, transformé en résidence aristocratique au XVIIe siècle, abrite alors un culte protestant jusqu’à son interdiction en 1684, reflétant les tensions religieuses de l’époque.

 La famille Rochefort marque aussi l’histoire du château par ses liens avec la cour royale. Lydie de Rochefort-Théobon, fille de Jean II, devient demoiselle d’honneur de la reine Marie-Thérèse d’Autriche avant de devenir la maîtresse de Louis XIV (1670–1672, 1676). Sa conversion au catholicisme en 1685, sous la pression de la révocation de l’édit de Nantes, symbolise les bouleversements religieux du règne. Le château passe ensuite aux Talleyrand-Périgord par mariage en 1725, avant d’être vendu en 1783 au capitaine Brie de Teysson.

 La Révolution française entraîne des dégradations majeures : les tours sont rasées, les métaux réquisitionnés, et des parties abandonnées aux XIXe et XXe siècles. Une cheminée remarquable, vendue en 1924, orne aujourd’hui un salon de l’université Harvard. Classé monument historique en 1962, le château conserve des éléments architecturaux notables, comme un escalier en fer forgé du XVIIe siècle, des plafonds peints (mythologies d’Icare et Phaéton), et des boiseries du XVIIIe siècle. Son organisation autour d’une cour rectangulaire, avec corps de logis et ailes en équerre, témoigne de ses transformations successives.

 L’histoire de Théobon reflète les mutations politiques et religieuses de la France moderne. D’abord forteresse médiévale, il devient un lieu de pouvoir protestant sous les Rochefort, puis un symbole des alliances nobles avec la couronne. Les modifications architecturales (pont-levis remplacé par un pont de pierre, fenêtres bouchées, galerie inachevée) et les vicissitudes révolutionnaires en font un témoignage complexe des époques traversées. Aujourd’hui, son inscription aux monuments historiques préserve ce patrimoine lié à l’Agenais et à la Nouvelle-Aquitaine.

 Éléments protégés MH : le château de Théobon (ensemble) : inscription par arrêté du 5 novembre 1962.

 château de Théobon 47120 Loubès-Bernac

 

Château de la Sylvestrie

La bastide de Villeneuve est fondée par Alphonse de Poitiers et l'abbé d'Eysses dans une région encore désorganisée par la croisade des Albigeois. L'abbaye d'Eysses cède des terres sur la rive droite du Lot en 1253 ; les terrains d'une extension sur la rive gauche sont acquis dès 1263. Les coutumes datent de 1270, selon P. Simon. Le passage entre les deux rives est le principal enjeu de l'agglomération : un pont en pierre est édifié en 1289 (pont vieux). La bastide est dotée de fortifications en pierre et brique (bâties par la commune) avec portes de ville (bâties par le roi) et tours après 1313.

 Le château, situé sur le rebord du plateau dominant la vallée de Cambes et l'église de Collongues, est un édifice bâti au XIIIe siècle et remanié au tournant des XVe et XVIe siècles. Il s'agit d'une maison noble, terre sans justice, située dans la juridiction de Pujols. En 1492, Pierre d'Hébrard fit hommage au Baron de Pujols, Renaud de St-Chamans, alors Sénéchal des Landes, du repaire ou maison noble de la Sylvestrie, sous le devoir d'un fer de lance aux bords dorés. Jean de la Fabrie acquit la Sylvestrie en 1597, qui reste dans la famille jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Deux chapiteaux antiques sont utilisés en remploi dans les pédroits de la porte de la cave. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité : inscription par arrêté du 30 juin 2000. 

 château de la Sylvestrie 47300 Villeneuve sur Lot 

 Téléphone : 05 53 71 73 40

 

Château du Sendat

Vestiges d'un édifice de la fin du Moyen Age et d'un château du XVIIe siècle, fortement restauré par Félix Duban au milieu du XIXe siècle. Le décor et le mobilier font partie intégrante du château. Du château médiéval a été conservée une partie des fronts ouest et est, avec leurs tours circulaires, bordant une cour intérieure limitée au nord par un édifice du XVIIe siècle. 

 Éléments protégés MH : le château et ses communs et dépendances en totalité : classement par arrêté du 8 décembre 2003. Le château du Sendat : en totalité les jardins, parcs, allées et perspectives composant le domaine rapproché du château ainsi que le système hydraulique alimentant le château et le domaine rapproché, fontaine de la Maronde au nord et, au sud, le site de captage du Catic avec l’aqueduc souterrain qui traverse les parcelles forestières et alimente le réservoir du château : inscription par arrêté du 30 juin 2016. 

 château du Sendat 47700 La Réunion 

 

Château de Séguinot

Château composé de quatre ailes, et cantonné de quatre tours d'angle carrées. Les corps de logis les plus anciens semblent se situer à l'est, tour carrée, partie du corps de logis, tour dans l'angle de la cour abritant un escalier en vis : ils ont été construits au XVIe siècle. La principale campagne de construction date du quatrième quart du XVIe : l'aile nord-est dominant la Baïse, le pavillon abritant l'escalier rampe sur rampe où est inscrite la date 1593, la tour nord cantonnée d'une tourelle montant de fond, l'élévation sud est avec un passage couvert dont l'accès est surmonté d'une bretèche datent de cette époque. Les façades des corps de bâtiment sur la cour nord et nord-est présentent le même décor de double bandeau, le logis ouvrait par un portique de six arcades et sans doute une galerie à l'étage. Les bâtiments nord ouest et sud ouest, où se trouvaient les dépendances, ont été remaniés. Selon une tradition, Henri IV l'aurait donné à Lanoue dit "Bras de Fer". Mis à sac en 1652, selon Samazeuilh. Démantelé à la Révolution, avec notamment la suppression des créneaux sur les murs fermant la cour. Divisé en plusieurs propriétés à la fin du XIXe siècle, l'ancien logis a été abandonné et plusieurs logements ont été aménagés dans les dépendances.

 Partie de l'élévation nord-ouest en pierre de taille ; les corps de bâtiment nord, plus avancés vers la vallée de la Baïse, présentent un étage de soubassement ; pavillon d'escalier et tourelle nord couverts en tuile plate, autres bâtiments couverts en tuile creuse ou découverts ; la tourelle ajoutée contre la tour carrée est possède un toit en pavillon en pierre. 

 Éléments protégés MH : le château de Séguinot : inscription par arrêté du 10 novembre 1945. 

 château de Séguinot 47600 Nérac

   

Château de Saint Sulpice

L'édifice se compose de deux logis disposés en T. La partie la plus ancienne consiste en un premier corps de logis du XVIIe siècle, avec sa cour intérieure au portail daté de 1621, et une tour de défense. Au début du XIXe siècle, ajout à l'extrémité sud du premier bâtiment et d'un corps transversal néo-classique avec avant-corps à fronton. Au rez de chaussée un décor stuqué de dessus de porte évoque la vie à la campagne avec ses travaux et loisirs. Le décor en stuc du salon de musique célèbre le Premier Empire avec un aigle impérial, un masque de Napoléon et une allusion à l'Aiglon. 

 Éléments protégés MH : le logis du château et sa glacière, et à l'intérieur décor stuqué : inscription par arrêté du 4 octobre 2007.

 château Saint Sulpice 47150 La Sauvetat-sur-Lède

 

Château de Saint-Sauveur

Petit logis Renaissance de plan rectangulaire, l'étage est desservi par une tour d'escalier. Une aile a été construite au XVIIe siècle dans le prolongement du corps de logis. En 1955, mise au jour de peintures murales d'inspiration italianisante. Corps de bâtiment juxtaposés. Un corps de logis de plan rectangulaire du XVIe siècle comprend un étage carré et un étage de comble couvert pardes tuiles plates. Une fenêtre à traverses et meneaux (mouluration prismatique) s'ouvre au premier étage. Un pigeonnier lui est adossé au sud avec un toit en pavillon recouvert de tuiles plates. Une tour d'escalier polygonale demi-hors-oeuvre à l'est distribue le corps de logis. Un autre corps de logis du XVIIIe siècle est construit dans le prolongement de l'axe principal vers le nord. Ce logis de plan rectangulaire comprend une élévation ordonnancée de trois travées. 

 Éléments protégés MH : le logis Renaissance avec sa tour d'escalier (et donc à l'exclusion du pigeonnier qui lui est adossé au sud et du logis XVIIe siècle qui lui adossé au nord) : inscription par arrêté du 13 janvier 2000. 

 château de Saint-Sauveur 47320 Lafitte-sur-Lot

 

Château de Saint-Quentin

Le château est bâti au XVIe siècle, à l’emplacement d’un ancien château, dont il ne reste aujourd’hui qu’une grosse tour circulaire du XIVe siècle, par les Bigot, puissante famille seigneuriale. L’importance du pouvoir des Bigot se traduit par la présence d’un pigeonnier reposant sur six colonnes en pierre. Le château s’organise sur un plan en L. Le corps de logis principal s’élève sur trois niveaux et dispose d’un sous-sol voûté. La tour d’escalier, coiffée d’un toit, reprend le style développé par l’architecte de la Renaissance, Philibert Delorme. A l’intérieur un aménagement décoratif du XVIIIe siècle, composé de plafonds à solives polychromes. La cheminée du salon du XVIIe siècle, provient d’une maison du village de Duravel, achetée par les descendants Bigot au cours du XXe siècle. Ce corps de logis principal, orienté est-ouest, rejoint en retour d’équerre une galerie, accessible par l’extrémité sud-ouest du château, couverte d’un plafond aux solives peintes. Les consoles sont soulignées de volutes peintes en trompe-l’œil. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du logis ; le bâtiment de la galerie ; le pigeonnier ; la fontaine et la grange: inscription par arrêté du 20 juin 1994.

 château de Saint-Quentin 47330 Saint-Quentin-du-Dropt

 

Château de Saint Pau

Site identifié avec l'oppidum des Sotiates cité dans la Guerre des Gaule. Le village s'est constitué autour du château et de l'église, qui est dotée d'un chapitre vers la fin du XIe siècle ; l'église, consacrée en 1095, était située au centre du village. Castrum mentionné en 1286. En 1579, l'archevêque vend la seigneurie à Pibrac, qui la cède à Henri III de Navarre. En 1622, Louis XIII supprime le gouvernement de Sos et ordonne la démolition du château situé à l'extrémité de l'éperon : il sera rasé en 1649. Vente des fossés en 1741 ; démolition de deux portes de ville déjà en mauvais état dans les années 1760. La place du Mas, où ont lieu les foires est agrandie vers 1768. La place centrale est bordée de portiques ou couverts, sauf le côté sud où se trouvait le doyenné démoli en 1931 ; le centre du village compte plusieurs maisons en pan-de-bois de la fin du XVe et du XVIe siècle, dont certaines étaient des maisons de chanoines...

 Saint Pau dépendait de la seigneurie de Sos, que Guy du Faur de Pibrac cède à Henri III de Navarre en 1579. En 1586, le château passe à André de Saint-Estèphe, puis à la famille de Caubios. Le logis, en équerre, semble dater de la fin du XVIe siècle : il présente des traces de croisées, de bretèches, un escalier rampe sur rampe et une cheminée à corniches moulurées. L'aile ouest est agrandie au sud vers 1634, date sur les cheminées, probablement pour Renaud de Frère, époux d'Hélène de Caubios qui a hérité du château en 1625; la tour sud-ouest et les pigeonniers encadrant le portail à l'est paraissent contemporains ; des colonnes prises dans la maçonnerie des dépendances du XIXe siècle proviennent peut-être d'une galerie. En 1747, Boileau, acquéreur du domaine, y développe la culture de la vigne. Le château est acheté par Capgrand-Mothes en 1868, qui le transforme en une école d'agriculture. L'école y demeure jusqu'en 1927. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et des dépendances ; la cheminée du XVe siècle de la salle à manger au rez-de-chaussée ; la cheminée portant la date gravée 1684 au rez-de-chaussée : inscription par arrêté du 1er février 1988. 

 château de Saint Pau 47170 Sos

 

Château de Saint Pastour

La bastide de Saint-Pastour a été fondée sous l'autorité d'Alphonse de Poitiers entre 1250 et 1259, mais la communauté ne reçoit ses coutumes qu'en 1289 du sénéchal d'Agenais Jean de Grailly. Les promoteurs avaient, semble t-il, prévu une extension possible à l'ouest, mais les troubles de la fin du XIIIe siècle puis les crises des XIVe et XVe siècles n'ont pas été favorables au développement de la bastide. Il est probable qu'elle soit alors mise en défense par la construction d'un mur d'enceinte dans la partie non protégée par l'escarpement rocheux délimitant son assiette. Un édifice fortifié est construit dans l'angle nord-ouest, peut-être dès le Moyen Age, remplacé par le château actuel au XVIe siècle. L'église, édifice imposant sur le front sud, chantier de la première moitié du XVIe siècle, participe également du dispositif défensif. Durant les Guerres de religion, Saint-Pastour est occupée à plusieurs reprises, notamment en 1580 ou elle est assaillie par le catholique Armand de Gontaud-Biron. Le village, resté dans son enceinte jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, est étendu côté est au XIXe siècle autour de la place de la Mairie et le long de la route de Cancon à Casseneuil...

 Le château appartient probablement à une grande famille sous laquelle est placée la seigneurie, la demeure étant une sorte de châtelet situé à Saint Pastour. Si certaines parties de l’élévation sont datées du Moyen-Âge, d’autres comme les percements, datent au XVe siècle, il s’agit d’aménagements peut être contemporains de l’invasion de l’Aquitaine par les Anglais en 1412. Les guerres de Religion sont la cause de l’installation, entre autres, de canonnières. Cet élément de l’architecture défensive est caractéristique de cette période de trouble. De plan rectangulaire, la maison est dotée de plusieurs tours. Ces agencements sont conçus afin de pouvoir parer aux attaques. Aujourd’hui, l'édifice présente un mauvais état de conservation, le second étage ayant été supprimé. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château, avec sa cheminée : inscription par arrêté du 30 mai 1990. 

 château de Saint Pastour 47290 Saint Pastour

 

Château de Saint-Christophe

Une première période de construction date du XVIIe siècle comprenant l'ancien logis au nord-est avec une tourelle en surplomb sur l'angle, le bâtiment agricole rectangulaire au nord-ouest et le corps d'entrée pavillonnaire, qui sépare les deux cours. Sur le plan de 1824, on observe que les bâtiments au sud étaient symétriques. Une deuxième période de travaux date probablement du milieu du XIXe siècle: le corps de bâtiment sud fut alors transformé en un second logis indépendant, peut-être même reconstruit (un plan et des élévations de l'architecte Lafargue en 1836 pourraient s'y rapporter) ainsi que les parties agricoles ouest, c'est probablement au XIXe siècle que des appentis ont été aménagés à l'est du mur de clôture du corps d'entrée transformé en pigeonnier. L'aile nord a été transformée dans la seconde moitié du XXe siècle comme cadre d'une entreprise agricole. Au nord-est l'ancien logis est bâti sur un mur de soutènement d'environ dix assises en pierre de taille.

 L'ancien logis ainsi que le nouveau sont séparés des parties agricoles en appentis. Le corps d'entrée possède un étage; sa façade ouest a un chaînage de pierre encadrant la porte charretière, surmonté d'un fronton au centre duquel sont sculptées des armoiries. L'ensemble est en brique partiellement enduit. La tourelle a un toit en pavillon et tuile plate comme le pavillon d'entrée. Les deux logis ont des toits en croupe et tuile creuse. Le second logis a un étage de soubassement, un étage carré et un étage de comble sur l'élévation sud ; il est à cinq travées ordonnancées et se prolonge par un bâtiment rectangulaire vers l'ouest, et est entièrement enduit. La cour agricole est fermée à l'ouest par les parties agricoles: deux bâtiments rectangulaires à un étage de comble en brique et couverts de toit en croupe et tuile creuse.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et de ses communs attenants, à l'exclusion des vantaux du portail de la cour des communs : inscription par arrêté du 29 novembre 2004.

 château Saint-Christophe 47160 Puch-d'Agenais 

 

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique


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