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Château de Montrichard

Presque millénaire, édifié sur une butte conquise par Foulques III Nerra en 1606, le site contrôlait ainsi la route nord-sud Paris-Madrid-Compostelle et la Via Romaine est-ouest Bourges-Tours. La forteresse en pierre est due à Hugues 1er d’Amboise qui y séjourne souvent avec sa très belle épouse Élisabeth, au milieu d’une cour brillante. Hugues 1er d’Amboise à la fin de sa vie part pour Jérusalem et y décède. Il est enterré au mont des Oliviers. Son souvenir était encore vivace au XIXe siècle: aux veillées d’hiver on évoquait ses prouesses au combat, la beauté et la bonté de sa dame et la splendeur de sa cour. Au sud de la forteresse, les restes Renaissance des importants bâtiments seigneuriaux sont encore visibles. Presque tous les rois de France ont séjourné dans ce donjon-château. Louis VI le Gros vient y mourir. Philippe Le Bel et Jeanne de Navarre y sont reçus par Pierre 1er d’Amboise. Charles VII y loge pendant et après la guerre de Cent Ans. Son épouse, Marie d’Anjou, y effectue d’heureux et longs séjours. En 1461, c’est au château de Montrichard, accompagné de Charlotte de Savoie, que Louis XI rattache la Touraine au domaine royal. Charles VIII, Louis XII et Anne de Bretagne y Viennent pour des "temps de plaisir". Henri II y reçoit en grand secret Sully pour des accords avec Henri de Navarre. Louis XIII est le dernier royal occupant de ces logis car, en 1753, par manque d’entretien, les bâtiments s’effondrent, détruisant la chapelle du château (église Sainte-Croix). Les malheurs du Donjon ne sont par terminés. Henri IV, devenu Roi de France, le fera raser de douze pieds (à hauteur d’infamie) pour punir Montrichard de ne pas s’être opposé à l’arrivée en 1589 de M. de Marolles, ligueur. En 1940, un bombardement le prive de la jolie tour ronde accrochée à son flanc. Malgré tout, il semble continuer à veiller sur la vallée du Cher et ses terrasses offrent aux visiteurs de magnifiques panoramas. Au pied du Donjon, s’ouvrent deux musées: le musée archéologique et le musée ethnographique. 

 Éléments protégés MH : le donjon de Montrichard : classement par arrêté du 14 juillet 1877. 

 château de Montrichard 41400 Montrichard 

 Téléphone : 02 54 71 66 34

 

Château de Montoire sur le Loir

Au début du XIe siècle, la forteresse de Montoire occupait une position de marche et dépendait du comté de Vendôme et du diocèse du Mans. Sa garde en fut donnée à Nihard (1038-1059) qui, en jouant sur cette double appartenance, réussit à se faire reconnaître comme baron et à agrandir son domaine. Hamelin de Langeais, petit-fils de Nihard, devient seigneur de Montoire en 1071. On lui doit la construction primitive de la forteresse, sise sur un éperon barré rive gauche du Loir, dominée par un donjon barlong de 10,64 mètres sur 8,26 mètres. Celui-ci fut remanié sous Philippe Ier de Montoire (1150-1192). Les structures intérieures furent modifiées pour passer de deux à trois étages. En cette fin de XIIe siècle, la forteresse est prise, alternativement, par Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, et Philippe Auguste, roi de France. En 1202, Montoire est libéré de ses liens de fidélité aux comtes d’Anjou et au roi d'Angleterre et Jean 1er, qui succède à Pierre II, devient en 1217 comte de Vendôme sous le titre de Jean II l’Ecclésiastique. À sa mort sans descendance en 1217, Montoire est directement annexé au comté de Vendôme. Jean IV, comte de Vendôme (1218-1240), son successeur, relève les fortifications, renforce la défense du côté plateau, en construisant la chemise sud du donjon. La forteresse présente alors un donjon protégé par une tour flanquante à éperon possédant des archères à étrier. Au sud, la muraille est flanquée de deux tours polygonales qui encadrent la poterne et permettent d’accéder directement au chemin de ronde. Jean V (1271-1315) restaure la courtine nord-ouest.

Le dernier comte de Vendôme de la maison de Montoire, Bouchard VII (1365-1371) meurt sans descendance. Le comté passe alors, avec Jean VII (1371-1393) dans la maison de Bourbon. La baronnie de Montoire revient donc aux Bourbon. Sous Jean VIII de Bourbon-Vendôme (1446-1477), le roi de France Charles VII occupe Montoire en 1447, puis en 1465. Des hordes de Bretons dévastent la région et s'emparent de la forteresse qui se trouve alors en très mauvais état de défense. Le comté de Vendôme est élevé en duché en 1515 par le roi de France François 1er. À Vendôme, Henri 1er (1562-1598) succède à son père Antoine de Bourbon, roi de Navarre, comme duc de Vendôme. En 1589, il accède au trône de France sous le nom d’Henri IV qui, la même année, après avoir assiégé Vendôme, envoie ses lieutenants prendre le château Lavardin ainsi que celui de Montoire qui capitule le 21 sept.1589. L'année suivante le château de Montoire est repris par les Ligueurs. En 1593, Henri IV fait araser la partie sommitale du donjon et vend les jardins. En 1718, la seigneurie de Montoire est cédée par le régent, Philippe d'Orléans, au comte de Belle-Isle-en-Mer. Elle appartient alors à la famille Querhoent qui revend ses ruines à la commune de Montoire en 1846. Les fossés de la rive droite ont été comblés sous le Second Empire. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château fort de Montoire sur Loir : classement par liste de 1862.

 château fort de Montoire sur Loir 41800 Montoire sur le Loir 

 Téléphone : 02 54 72 66 81

   

Château de Montmarin

 
Voila un bel exemple de domaine demeuré dans la même famille depuis sa création. Une création revenant à Denis Marin, intendant des finances, qui en 1671, est autorisé par lettres patentes a réunir trois fiefs en un seul lieu. Le site dominant le val de Braye prendra tout naturellement le nom de Mont Marin. C’est donc en ce XVIIe siècle qu’est construit un château classique comportant un long corps de logis flanqué de deux pavillons symétriques aux toits a la Mansart. En provenance des carrières locales, le grés roussard encadre bon nombre d’ouvertures, contrastant avec les enduits plus clairs. Le tout mis en valeur par la tonalité sombre d’un bois à l'arrière-plan. L'intérieur du château est garni de boiseries du XVIIe siècle. Dans la bibliothèque, les boiseries de la partie centrale, de style XVIIIe siècle, proviendraient du château des Radrets. Devant la façade sud, furent tracés des parterres a la française, tandis qu’a l’arrière, la cour est toujours bordée par les communs bâtis au XIXe siècle. Une chapelle extérieure et un pigeonnier nettement détaché complètent l’ensemble particulièrement harmonieux. Au moment de la Révolution, le château fut abandonné par son propriétaire émigré. L'édifice échappa a des destructions du fait de son usage comme caserne rassemblant les recrues du district de Mondoubleau.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et des deux pavillons ; la chapelle et le pigeonnier ; les boiseries et les deux escaliers intérieurs à balustres de bois et la cheminée du petit salon : inscription par arrêté du 17 septembre 1986. 

 château de Montmarin 41170 Sargé-sur-Braye 

 Téléphone : 01 47 47 11 62 / 06 08 97 81 00

 

Château de Montlivault

Montlivault est à mettre parmi le petit nombre de châteaux qui furent la propriété et l’âme d’une même lignée familiale pendant des siècles, jusqu’à incarner l’identité de la demeure. Comme les châteaux de Saint-Aïgnan-sur-Cher, de Saint-Denis-sur-Loire ou de Cheverny, celui de Montlivault est aujourd’hui habité par la famille (par descendance féminine), qui l’a fait construire vers 1620. Les Beauvilliers occupent le premier manoir semble-t-il assez modeste aux XIVe et XVe siècles. Ce dernier comprend en 1595, deux chambres basses, deux chambres hautes à cheminées, greniers, cave dessous, grand pressoir, cour avec puits et jardin clos de murailles. Plusieurs familles se succèdent: de Courbanton, de La Rivière, Hurault, d’Estampes de Valencay, maître de la Chambre des Comptes de Paris, jusqu’à l’achat par Jacques le Maire en 1593, maître ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris. Son fils Jacques acquiert la prévôté, la haute moyenne et basse justice de Montlivault. Il construit vers 1620, le château que l’on voit aujourd’hui, au milieu du bourg. Tout à fait dans le ton brique et pierres de l’époque Henri IV-Louis XIII: huit travées en façade dont les ouvertures portent des bossages, le tout surmonté de grands toits d’ardoises à la française. La façade nord qui arborait autrefois une galerie, a gardé deux petites tourelles de briques, de chaque côté. Jean-François Lemaire, seigneur de Montlivault, Saint-Dyé et Maslives meurt en 1763 et est inhumé, dans le chœur de l’église paroissiale du bourg. Il avait donné en dot à sa fille Marie-Anne-Angélique lors de son mariage avec Éléonor-Cécile Guyon, lieutenant de vaisseau du roi, aide major-général de la marine, la terre de Montlivault.

Les Guyon complètent le château en construisant l’aile ouest couverte de combles brisés en 1738-39, une nouvelle cuisine, en posant la grille et le portail du parc, sur les plans de l’architecte blésois Renard. Ce parc, enjambe désormais la rue de la Voûte sur un petit pont de pierre mentionné en 1720, et atteint le jardin bas où se trouvent une pièce d’eau, deux bâtiments symétriques abritant un lavoir et une fontaine (les parterres seront remplacés par un parc à l’anglaise dans le deuxième tiers du XIXe siècle). Comme les Hurault de Vibraye, les Salaberry ou les Beaucorps, les Guyon de Montlivault et quelques autres familles, représentent au XIXe siècle, la fortune foncière, l’élite politique et les cadres du parti monarchiste. Jacques-Marie Guyon de Montlivault, chevau-léger du roi, membre de la Société d'Agriculture, participe à la Guerre d’Indépendance des États-Unis, et revient en France en 1780 pour épouser Catherine Rangeard qui lui apporte le château de Boisguillot. Président du conseil de district, commandant de la Garde Nationale, il devient maire de Mesland et fait partie des 600 contribuables du département, les plus imposés. Il possède 300 hectares. Son fils Jacques dit James reçoit le domaine en 1825. Personnage singulier et attachant: il pratique plusieurs langues, apprécie l’opéra, les jardins, dessine. Soldat de l’armée napoléonienne, il est choisi comme aide de camp de Marmont et du prince Eugène. En faillite en 1840, il vend le domaine et les terres à son oncle Casimir. Ce dernier fait une belle carrière: intendant général de la Maison de l’impératrice Joséphine en 1811, il est nommé préfet des Vosges puis de l’Isère. Il épouse Léocadie-Antoinette Bodin de Boisrenard. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des deux ailes du château, de l'Auditoire de Justice et de la tour d'enceinte subsistante ; le portail d'entrée ; à l'intérieur du château l'escalier en pierre du XVIIe siècle, les deux cheminées en pierre du XVIIe siècle au premier étage, la cheminée Louis XV du salon et son trumeau : inscription par arrêté du 13 juillet 1987. 

 château de Montlivault 41350 Montlivault 

 Téléphone : 02.54.20.60.75

   

Château des Montils

La localité était appelée Moniciis au XIIe siècle, ce qui signifie "lieu fortifié". Le château des Montils, construit entre 1180 et 1190 par Thibaud V, comte de Blois, devait ressembler à celui de Châteaudun élevé entre 1170 et 1190 par le même comte. Il s’agit d’une forteresse construite sur un coteau dont la pente abrupte domine le Beuvron. Le dojon mesurait trente mètres de haut et sept mètres de large. Son accès se faisait à dix mètres du sol. La salle aveugle du rez-de-chaussée, qui servait de prison, possédait une voûte circulaire, retombant sur un pilier central évidé contenant un puits, construction identique à celle de la tour de Marchenoir contemporaine. Les niveaux supérieurs voûtés se succédaient avec des escaliers à l’intérieur des murs. À noter les boulins, sur l’extérieur des murs, qui ont permis la construction et qui étaient placés hélicoïdalement comme au château de Coucy restauré par Eugène Viollet le Duc.Au cours des siècles, le donjon subit beaucoup de dommages et de dégradations et, en 1964, une partie s’écroula. Un confortement d’urgence fut mis en place et une campagne de restauration fut entreprise en 1991. 

 Éléments protégés MH : les vestiges de la tour : inscription par arrêté du 6 mai 1986. 

 château des Montils 41120 Les Montils

   

Château de Montgiron

 
Cette importante propriété des XVIIe et XVIIIe siècles, parée de briques roses et ceinte de douves, en impose aux visiteurs avec ses toits à la Mansart posés sur son rez-de-chaussée. On doit cette singularité à Louis-Étienne de Languedou qui n’a pas eu les moyens financiers d’achever la bâtisse au début du XVIIIe siècle. Endetté par le jeu, l’ancien officier dut en effet abandonner son projet de "petit Versailles" au cœur de la Sologne. Les archives du domaine de Montgiron attestent qu’en 1407, il était protégé d'enceintes et entouré de larges fossés pour assurer sa défense. Il fut par la suite plus agricole que guerrier. À la fin du XVIe siècle, Montgiron s’étend ainsi sur 3000 hectares pour le plus grand bonheur de la famille Gitton. C’est vers 1500 que le sieur Gitton "gentilhomme laboureur" acquiert le domaine. Sa descendance, établie à Romorantin, fera fortune dans le commerce du drap et comptera parmi les notables de la cité lui donnant au passage plusieurs échevins et érigeant l’Hôtel du Lion d’Or. Après la ruine des Languedou, Montgiron fut racheté en 1806 par Madame de Beaucorps, qui, trente ans plus tard, revendit le bien à Amédée d’Espinay Saint-Luc, ancêtre des propriétaires actuels. D’extraction chevaleresque, cette famille normande veille depuis lors sur le château.

Parfaitement symétrique, harmonieusement constitué de briques et de pierres, son corps de bâtiment central et ses deux pavillons latéraux se laissent admirer depuis la cour d’honneur rectangulaire tandis que son fronton en triangle et sa toiture d’ardoises hérissée de lucarnes et de hautes cheminées rappellent le classicisme du Grand siècle. La construction actuelle date des Gitton sur l’emplacement d’une demeure fortifiée. Les deux ailes de communs qui encadrent la cour sont datées de 1668 et sont flanquées à leur angle extérieur de jolies tours cylindriques. Les éléments les plus anciens sont deux ailes basses comptant cinq travées. L’une d’elle possède une tour circulaire coiffée d’un toit à poivrière tandis que l’autre abrite la chapelle. Au milieu du parc, la maison du régisseur est contemporaine des communs. Associant briques et pierres, elle possède la même alternance de lucarnes et d’œil-de-bœuf. Un rendez-vous de chasse est situé à proximité du château de Montgiron. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et de ses communs, des deux pavillons à l'est et du rendez-vous de chasse au nord : inscription par arrêté du 9 décembre 2003. 

 château de Montgiron 41230 Veilleins

   

Château de Monteaux

A côté du bourg de Monteaux, le lieu seigneurial de l’Esbat, fut la demeure des seigneurs de Monteaux, non loin de l’ancien moulin à eau de Giesvres, que possédait en 1100, l’abbaye de Marmoutier. Les seigneurs de l’Esbat possèdent la prévôté de Basse-Beauce, comprenant des droits de justice, rouage, chasse, boucherie, pêcherie et des moulins, sur ce territoire. Oudin de Montdoucet, premier barbier et valet de chambre ordinaire de Louis II d'Orléans, reçoit, en 1502, le lieu de l’Esbat, en remerciement de ses services. Lui ou son fils Jehan fait construire le petit château, en 1525-1535. Ce pavillon est encadré de deux tourelles d’un précédent château. On y voit la trace d’une salamandre. Claude de Montdoucet, fils de Jehan, le premier à être nommé seigneur de Monteaux, obtient, en 1586, le droit de creuser des douves, alimentées par la Cisse et de poser un pont-levis. Il achète le moulin de Giesvres (transformé en fabrique chinoise au XVIIIe siècle). Pierre Forget, grand maître enquêteur et général réformateur des Eaux et Forêts de France au département d'Orléans et de Poitiers, qui est aussi l’un des rédacteurs de l’Édit de Nantes, ajoute un bâtiment, disposé en équerre, d’ordonnance classique, se terminant par un colombier. Marie Forget fait passer les fiefs de Monteaux dans les mains d’Antoine 1er Coutel, sieur des Ruez. Son fils Antoine II, publie à Blois, en 1661, un recueil de poésies diverses sous le titre Promenades. Après César-Auguste, capitaine au régiment du Boullay, Marc-Antoine, lieutenant des vaisseaux du roi, Jean-Eugène vend en 1738, à Isaac d'Alençon, inspecteur des chasses de la capitainerie de Saint-Germain-en-Laye. La vente en 1772, Élisabeth-Ursule Houël, veuve de Michel Bernard, marquis de Montebise, fait entrer le domaine dans cette famille pour un siècle. Le mariage du vicomte de Croÿ avec Annonciade de Montebise, en 1862, ouvre une nouvelle page dans l’histoire de ce château. Le château actuel garde fière allure: deux bâtiments accolés en retour d’équerre, l’un est flanqué de deux tours rondes du XIIIe siècle, l’aile en retour date du XVIIIe siècle percée d’un élégant porche au centre, décoré d’un arc en plein cintre, de colonnes géminées et d’un entablement à triglyphes. Assez loin du château, dans le parc, la chapelle se distingue par son élégant dôme de charpente, planté sur une tour ronde du XVIIIe siècle. L'ancien moulin à eau de Gièvres dit des sonnettes a été aménagé en une très rare et très curieuse fabrique chinoise au XVIIIe siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades, les toitures et l'escalier avec sa rampe à balustres en bois du château : inscription par arrêté du 25 mai 1976. Le moulin à eau, dit de Gièvre, y compris son mécanisme : inscription par arrêté du 1er mars 1989. 

 château de Monteaux 41150 Monteaux

 

Château du Mont Suzey

Que l’on regarde cette composition sous n’importe quel angle, sa complexe architecture très étirée paraîtra fort étrange. Le plan de construction en donne en effet un aspect mouvementé. Le château de Mont-Suzey, situé à mi-chemin de Villeny et d’Yvoy-le-Marron, est l’archétype de la villa néo-normande édifiée entre 1902 et 1903 pour Jules Berthier, fondateur de la Compagnie havraise des Eaux pendant la période d’opulence qui marqua la Sologne de 1890 à 1914. Celui-ci détenait également une briqueterie à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret). Le Mont-Suzey, avec ses faux pans de bois, est surtout remarquable par la physionomie saisissante de ses parties hautes pourvues de toits en croupe à très longs pans aux égouts fortement retroussés et percées de lucarnes à deux niveaux. L'on pourra regretter la disparition de la plupart des épis de faîtages en briques vernissées, victimes, selon la transmission orale, de l’habileté des chasseurs. Le château et ses annexes; porche couvert, orangerie, serres, ainsi que le jardin paysager forment un ensemble qui illustre bien ce type de villégiature adaptée en rendez-vous de chasse du début du XXe siècle. L’on notera par ailleurs le soin apporté à la variété de certains détails architecturaux, comme la présence d’un charmant oriel vitré, accroché à l’élévation côté parc, qu’avoisinent de grandes baies géminées avec garde-corps à balustres, ou encore, sur la façade antérieure, le vaste perron doté d’un escalier double accueillant le visiteur. L'accès au logis s’effectue par de larges portes vitrées coiffées d’un auvent supportant un toit-terrasse. La pittoresque demeure est entourée d’un parc de 17 hectares riche d’un étang poissonneux et de sentiers arborés. 

 Éléments protégés MH : le château ; les façades et les toitures de ses communs : inscription par arrêté du 21 juillet 1995. 

 château Mont Suzey 41600 Yvoy le Marron 

 Téléphone : 06 44 70 64 69 / 06 08 11 91 13 

 

Château de Mondoubleau

Au XIe siècle, les comtes permettent a leurs vassaux de construire des places fortes protégeant leurs domaines. Ainsi, un chevalier appelé Hugues Doubleau, fidèle d’Eudes de Champagne, comte de Blois, également comte de Chartres, est à l’origine du château qui donnera son nom a la ville. Au premier abord, il est difficile d’imaginer aujourd’hui l’importance de la forteresse à l’époque médiévale. Le donjon était construit sur une motte renforçant l’éperon a l’angle de la vallée de la Grenne et d’un vallon adjacent. Partant de là, des murs munis de portes séparaient successivement le donjon de la cour puis la cour de la basse ville. Cette dernière étant incluse dans le quadrilatère qui au total comportait neuf tours d’appui. Si le temps et la négligence des hommes ont fait leur oeuvre, il reste néanmoins des ruines un peu partout disséminées sur environ deux hectares. Du donjon cylindrique atteignant une trentaine de mètres, hélas miné au XIXe siécle par l'extraction de marne, un quart est encore visible. Cette énorme masse, inclinée vers le sud-ouest a des murs de plusieurs mètres d’épaisseur a la base. On voit l'emplacement des ouvertures, les vestiges de créneaux, les marques des planchers. Plus loin, autour de la plate-forme, une portion du mur de la chapelle, et une des tours gardant la porte vers la basse ville sont assez bien conservées. Silex, blocs de grison et parements en grés roussard furent ici les matériaux utilisés. Durant le XIIIe siècle, la seigneurie releva temporairement du comté du Maine avant qu’elle ne soit vendue en 1406 a Louis de Bourbon, comte de Vendôme. De là, une série de propriétaires Bourbon-Vendôme dont Henri IV qui s’en débarrassera en 1593. Au final, la baronnie sera reprise par Louis XV et restera du domaine royal jusqu’à la Révolution. Mais le donjon, n’ayant subi aucune transformation depuis le Moyen Age, et délaissé dès le XVe siècle, n’était plus habitable. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château : inscription par arrêté du 6 mars 1926. Les vestiges des fortifications de ville: inscription par arrêté du 13 février 1926. 

 château de Mondoubleau 41170 Mondoubleau

 

Château de Moléon

Les premières constructions du château de Moléon remontent au XVe siècle. C'est du XVIe siècle que datent la grosse tour octogonale et la tour de la chapelle: le château a été agrandi par la suite, en plusieurs étapes, mais toujours d'une façon heureuse, avec les mêmes matériaux, briques roses et pierre et couvertures d'ardoises d'Angers, de tel sorte que, dans son état actuel, il reste un des rares petits châteaux de Sologne ayant gardé son caractère d'époque. Les larges douves vives qui entourent le château augmentent encore le charme de cette agréable demeure "de dimensions habitables", située à 1500 mètres du bourg de Nouan le Fuzelier. La consultation des archives de l'0rléanais montre que le château est passé dans un grand nombre de nains au cours des siècles. 0n relève dans son histoire les noms de Loynes d'Hauteroche, Huet de Froberville, d'Harcourt du Closel, d'Orléans, d'Uzèz, de Vitry, de Pothins, Baguenault, de Gaudart d'Allaines avant d'arriver en 1828 aux de Laage de Meux. Chronologiquement, le premier nom de propriétaire que nous retrouvons pour Moléon est celui de Philippe de Pothin (acte du 13 mai 1476) auquel succède Pierre de Pothin, qui épousa demoiselle de Norzay. Il était homme d'armes de la Compagnie de Monseigneur de Nevers. Vers1600, la seigneurie de Moléon passa par mariage des dames de la famille de Pothin à la famille de Closel. À la fin du XVIIe siècle, on retrouve comme propriétaire un certain Louis Libon, seigneur de la Collerie, capitaine du Régiment Royal, qui épouse en 1696 Catherine de Saint-Étienne de Cormain, fille d'Alexandre du même nom, chevalier seigneur de la Pomme et de Mauléon et autres lieux et de défunte Anne Marie du Closel. Louis Libon et sa famille sont inhumés dans l'église de Nouan. Après le décès du dernier des Libon, la terre fut mise en vente et achetée par la famille d'Auteroche. Elle appartenait au moment de la Révolution à un sieur de Paszac, puis pendant quelques temps à la famille Patras d'Illiers, à laquelle l'acheta Edouard de Laage de Meux en 1878, qui s'illustra dans l'aménagement agricole et sylvicole de la Sologne. Édouard de Laage était en effet lui-même fils de Jérôme de Laage de Meux, fondateur de la branche orléanaise de dtte famille cette famille originaire de la Saintonge, l'un d'eux, fermier général, possédait un immense territoire en Sologne regroupant des terres sur Nouan, Lamotte, Vouzon, et remontant jusqu'au château de Maisonfort sur Ardon en Loiret. Inutile d'ajouter que cette propriété s'est rapidement morcelée à la suite de ventes et d'héritages. Au XXe siècle le propriétaire de Moéon est le comte Hilaire de Lange de Meux et son épouse, née Bès de Berc.

De l'édifice primitif subsistent la tour octogonale à la base carrée, ainsi que l'aile ouest accolée d'une tour ronde. A cette partie ont été ajoutés au XVIIe siècle un corps de logis parallèle au bâtiment du XVe siècle, avec un pavillon faisant retour d'équerre. La campagne de travaux menés au XIXe siècle a conféré au château son aspect actuel, ces travaux comprennent un bâtiment qui s'accroche à l'ancien corps du XVIIe siècle derrière une échauguette en encorbellement. A l'extérieur de l'esplanade déterminée par le fossé, ont été ajoutés à cette époque des communs qui ont remplacé des bâtiments détruits. Ce bâtiment est caractéristique des châteaux de Sologne à architecture de brique. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toiture de la tour du XVe siècle sur la façade Sud ; les façades et les toitures de la partie XVIIe siècle de la façade Nord ; la cheminée XVIIe siècle de la salle à manger : inscription par arrêté du 20 décembre 1985. 

 château de Moléon 41600 Nouan-le-Fuzelier

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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