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Château de Saint Bonnet les Oules

Le château de Saint-Bonnet, magnifiquement restauré, a vraiment grand air avec les toits aigus de ses tourelles, son donjon à mâchicoulis et ses imposants fossés. Les parties sud-est et sud-ouest ont été à peine remaniées, quant aux parties nord et nord-ouest, elles ont été remplacées par deux corps de bâtiments adossés aux anciens et reliés entre eux par des tours, qui rappellent le XVIe siècle. Au centre de la façade principale s’élève le donjon carré, orné de mâchicoulis et percé de meurtrières, qui paraît être la partie la plus ancienne du château. La porte principale, au pied du donjon, devant laquelle s’abattait le pont-levis, est de forme cintrée et s’ouvre au fond d’une espèce de porche voûté. Au-dessus, un avant corps, supporté par des consoles, paraît être un balcon à jour, mais n’est en réalité qu’un ouvrage en pierre de taille derrière lequel on remontait la herse de fer quand le pont-levis était abaissé. Plusieurs tours rondes et carrées, notamment deux tours jumelles, reliées par plusieurs corps de bâtiments à toits aigus, percés de gracieuses mansardes et d’élégants balcons de pierre, complètent l’ensemble du château. Ce dernier, qui s’étale à la naissance d’un coteau couronné par les montagnes de Saint-Héand, était autrefois défendu par une première enceinte fortifiée par des tours; trois d’entre elles ont longtemps survécu à ces murailles. En 1647, François de Bartholy fit construire la chapelle du château qui existait encore en 1719. Il n’en reste plus qu’une clef de voûte aux armes des Bartholy: Tranché crénelé d'or et de gueules de huit pièces, à deux étoiles de l'un et l’autre. Divers incendies détruisirent en partie, au cours des siècles, le château de Saint-Bonnet, ce qui explique ses restaurations successives.

 En 1215, Alice de Sully, veuve du comte de Forez, Guy III, donne le château de Saint Bonnet, en apanage à sa fille Eléonore, en la mariant à Guillaume de Baffie, seigneur de Viverols. Eléonore, qui vivait encore en 1254, transmit Saint-Bonnet à Eléonore de Baffie, sa fille, qui le porta en dot à Robert VI, comte d’Auvergne, dont elle eut Mathilde d’Auvergne. Cette dernière, en épousant Etienne du Mont-Saint-Jean, en 1291, ne lui apporte en dot que Crémeaux, Jullieu et Pressieu, ce qui porte à croire que Villedieu et Saint-Bonnet, les autres possessions de sa famille, avaient été aliénés. Les armes des Baffie sont d’or à trois molettes d’éperon de sable; celles de Mont Saint-Jean: de gueules à trois écussons d’argent. Vers 1280, par acquisition sans doute d’Eléonore de Baffie, Guigue d’Angérieux devient seigneur de Saint-Bonnet-les-Oules. En 1334, Godefroy d’Angérieux prête foi et hommage pour sa seigneurie. Il était fils de Pierre et frère de Pons d’Angérieux. Godefroy, qui vivait encore en 1372, laissa entre autres Bobert, Pierre et Godefroy. Robert épousa Marguerite Mitte de Mons et fut père de Godefroy. Pierre d’Angérieux est capitaine-châtelain de la Fouillouse, en 1374. Il épousa Isabelle de Grandris dont Amédée et Catherine. Antoine d’Angérieux, seigneur de Saint-Bonnet, est, en 1460, maître des Eaux et Forêts. En 1525, Aimé d’Angérieux et, en 1530, Françoise de la Borde, sa veuve, firent renouveler les terriers de Saint-Bonnet par Maître Penot. Deux de leurs filles épousèrent, l’une, Jeanne, le 24 septembre 1525, Gaspard de Charpin de Génetines et l’autre, Catherine, Thomasson Buron, seigneur d’Auzon. Théodore d’Angérieux, capitaine-châtelain de la Fouillouse en 1535, paraît avoir été le dernier du nom à Saint-Bonnet. Il épousa Catherine de Talaru, fille de Gaspard et de Marguerite Raulin, et veuve de Claude de Châteauneuf, et fut remplacé par les de Faverges, seigneurs du Breuil, dont les armes sont de gueules à trois chevrons d’argent.

 Par héritage, croyons-nous, Saint-Bonnet advint peu après à Zacharie de Bébé, époux d’Ysa beau de Beau. Jean Chandon l’acquit de ces derniers et le revendit, le 7 avril 1601 à Alphonse de Bartholy. Chandon porte d’or à la fasce engrêlée de gueules, accompagnée de trois trèfles d’azur, deux en chef et un en pointe. Alphonse de Bartholy était issu d’une vieille famille de Florence établie à Lyon au XVIe siècle. Il avait épousé Louise de Murinec dont un fils, François de Bartholy, qui fut seigneur de Saint-Bonnet, Trocésar, Châtelus, et autres lieux, et ne laissa de son mariage avec Aimée de Damas d’Anlezy qu’une fille, Hélène, mariée en 1661 à Camille de Savary, comte de Brèves. De ce mariage naquirent trois enfants: Marie-Angélique, mariée le 7 juillet 1685 à Paul-Louis de Rémigny, marquis de Joux; Henriette-Madeleine-Cosne; et Camille de Savary, seigneur de Saint-Bonnet par donation de sa mère, du 28 décembre 1691. Savary porte Ecartelé d’argent et de sable. Le 17 mai 1719, Camille de Savary vendait, avec le consentement de sa mère, la terre, seigneurie, château, chapelle, cours, maisons, domaines et droits de banc à l’église de Saint-Bonnet, à Gaspard de Corbeau de Montverdun, seigneur de Fontenelle, chevalier de Saint-Louis, pour 72.000 livres. En 1722, le nouveau seigneur épousait Henriette-Madeleine Cosne de Savary. Il était fils de René de Corbeau et de Catherine Pécoil de Villedieu, et fut enterré dans l’église de Saint-Bonnet, en 1728, étant décédé le 5 septembre. Ses armes sont d’or à trois fasces de sable. Il ne laissa pas d’enfants et Saint Bonnet passa à sa sœur Marie, mariée le 28 octobre 1699 à François Cassard de Vignod, seigneur de Dorches, qui dut la revendre presque immédiatement à Christophe de la Frasse, seigneur de Sury. Le 3 mai 1736 ce dernier cédait la terre de Saint-Bonnet à son tour à Jean-Baptiste Flachat, descendant d’une famille d’échevins de Lyon, dont les armes sont d’azur au lion d’or, tenant une flèche de gueules, armée et empennée d’argent.

 Le 30 juillet 1765, nous voyons Anne Flachat, fille de David et de Jeanne-Marie Fuzellier, épouser Joseph Thoynet de Bigny. Après la mort de Jean-Baptiste Flachat, la terre de Saint Bonnet fut vendue par licitation, et revendue, le 29 avril 1781, à Pierre Vincent, au prix de 171.050 livres, outre 8.237 livres de frais. Le nouveau seigneur de Saint-Bonnet, né le 27 juillet 1740, était fils d’Antoine, seigneur de Soleymieu, et de Jeanne Praire. Il avait épousé le 24 novembre 1772 Françoise Daudé du Poussey, fille de Jacques et de Madeleine-ClaireFabron de Saint-Amand, dont Jacques (22 octobre 1773-20 mai 1856); 2° David, qui suit; 3° Gabriel (11 février 1788-10 décembre 1846); 4° Jacques-Octave, mort le 21 septembre 1842, avocat à la Cour Royale de Lyon, bâtonnier, marié à Antoinette Neyron de Saint-Julien; 5° Marie-Emilie-Madeleine-Claire, née le 11 juin 1777, mariée le 4 avril 1807 à Pierre-Antoine-Louis Neyron des Granges. David Vincent de Saint-Bonnet, agent de change, marié à Jeanne-Catherine Zélie Bertholon de Montferrand, dont Marie-Denis, qui suit; 2° Thérèse-Wilhelmine, née le 14 août 1821; 3° Françoise-Virginie (10 août 1828-ler mars 1901), mariée à Antoine Thomson, vicomte d’Abbadie. Marie-François-Denis, dit Gustave Vincent de Saint-Bonnet (20 septembre 1828-5 février 1897), marié le 19 octobre 1857 à Alphonsine-Elisabeth Meaudre de Su gny, fille d'Annet-Jérôme-Camille et d’Azélie Bœuf de Curis, dont Louis-Octave (1861-1880); 2° Jeanne-Camille-Berthe, née le 29 novembre 1858, mariée le 28 septembre 1880 à Jean-Baptiste-Raymond de Veyssière; 3° Louise-Virginie; 4° Jeanne, morte le 24 novembre 1903; 5° Marie-Antoinette, née le 14 octobre 1866, mariée à Gabriel Canat de Chizy. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; le grand escalier avec sa rampe en fer forgé et la salle du donjon au rez-de-chaussée avec ses peintures murales : inscription par arrêté du 11 juillet 1984.

 château de Saint Bonnet 42330 Saint Bonnet les Oules 

 Téléphone : 06 29 61 47 57

Château de Saint André d'Apchon

Ce qui reste de la plus belle demeure du Roannais ne nous donne qu’une idée bien insuffisante d’une splendeur qui avait fait l’admiration d’Anne d’Urfé. Elle était alors "accommodée de deux belles cours, l’une entre le corps de logis du chasteau, l’autre deors. Elle est embellie des plus belles galeries qui soyent en Forez, tant closes qu’ouvertes, d’une belle terrasse sur le devant, de beaux jardins et de fort beaux vergiers; elle est fort saine en lieu sec, en belle veue et proche de très bons vignobles". Des beaux escaliers qui donnaient accès au manoir, il ne reste plus rien, leur démolition remonte à une cinquantaine d’années. Il faut aujourd’hui passer sous une maison particulière et descendre une rampe abrupte pour arriver au milieu de ce qui fut la cour d’honneur. De toutes les élégantes constructions qui entouraient cette cour, au nord et au couchant, il ne reste que des débris encastrés dans des bâtiments ruraux: des médaillons, des pilastres, l’arc surbaissé d’une galerie, un fragment de muraille aux briques émaillées. Les dernières ruines ont disparu, des débris de toutes ces merveilles ont été vendus ici et là: le musée de Roanne conserve outre un superbe médaillon, une pierre sculptée aux armes des d’Albon-Saint-André. La partie encore intacte du château se dresse au matin, commandant la riche vallée de Renaison. En 1850 on y voyait encore deux énormes tours, la "tour du costé de midy et la tour du costé de bize". Cette dernière a disparu mais on en peut reconnaître l’emplacement à certains rendements de la muraille dans la maison moderne qui lui a succédé. La tour du midi, sombre et hautaine, est encore là avec sa couronne de mâchicoulis dominant la bâtisse quadrangulaire élevée au XVIIIe siècle pour loger, selon le goût de l’époque, les successeurs du maréchal. Entre cette construction et le bâtiment qui a remplacé la tour démolie, s’étend la façade du manoir, vraie merveille avec son quadrillage de revêtement, formé par des briques de deux tons, les unes rouges, les autres d’un noir bleu, rehaussées de loin en loin par des médaillons de pierre jaune où le ciseau du sculpteur a semé au hasard des têtes de fantaisie et des portraits d’un réalisme savoureux.

 Une tourelle, la seule qui subsiste, se détache de la muraille et abrite un escalier extérieur; l’arc en accolade de la porte d’entrée et des fenêtres latérales accuse la fin du XVe siècle. Contre le pied de la tourelle s’appuie, à droite, un escalier extérieur à double rampe, établi au XVIIIe siècle pour donner accès aux appartements. Une large baie s’ouvrant sous le palier dessert les cuisines en sous-sol. Ces cuisines immenses servent aujourd’hui de bûchers et de resserres. Devant la cheminée on voit tourner ces "broches de fer pour rostir à quinze" dont parle un inventaire de 1565; un bas-relief, décorant la retombée de l’une des nervures de la voûte représente un homme en train de dépouiller un lièvre. A la suite des cuisines est un puits dont la disposition permet de puiser l’eau à la fois et de la cour et du sous-sol. La partie nord des bâtiments, y compris la chapelle, est détruite. De plus, les remaniements apportés au manoir par les marquis de Vichy, au XVIIIe siècle, le modifièrent profondément. On cherche en vain la chambre de Monseigneur "par laquelle on va au trésor et le buffet de bois de chesne couvrant ta porte dudit trésor... qui est de fert dans la muraille de piarre", et la "chambre haulte appelée la chambre de Madame d’Apchon", et la "chambre de M. le cappitaine Monceau" dans laquelle on trouvait, en 1565, tout un arsenal. Absentes aussi les "superbetés, belles parures, beaux meubles très rares et très exquis" qui faisaient de Saint-André la plus riche habitation du Forez. Le maréchal avait un goût particulier pour les tentures: Brantôme mentionne une tente de tapisserie de la Bataille de Pharsale, achetée après sa mort par le maréchal de Vieilleville qui en décora la grande salle du château de Durtal; on cite encore la belle tenture de David et Goliath, indiquée dans l'inventaire de 1565 avec d’autres tapisseries de Flandre représentant en onze pièces "les Triomphes de Pétrarque", en six pièces "les Turcs, leurs chasses et embarquements", en huit pièces, l’Arion de Corsole, etc.

 Les premiers seigneurs de Saint-André appartenaient à la maison de l’Espinasse. Geoffroy de l’Espinasse, deuxième fils de Dalmas 1er, est seigneur de Saint-André en 1224. A cette date il reçut une reconnaissance féodale de Hugon, pour la prévôté de St-André que celui-ci tenait de lui. En 1247, le prieur et les religieuses d’Ambierle ayant prétendu que Geoffroy faisait bâtir sa maison forte sur leurs terres, il y eut une transaction par laquelle le prieur céda à Geoffroy tous les droits que le monastère avait sur les terrains qui entouraient l’église de Saint-André. Chatard de l’Espinasse, fils de Geoffroy, mourut en 1346, laissant Etienne de l’Espinasse seigneur de Saint-André, mentionné de 1304 à 1325. Le 13 mai 1334, il rend foi et hommage, au comte de Forez, pour son château de Saint-André, avec justice et dépendances, et pour tout ce qu’il possède à Saint-Just-en-Chevalet, Cervière et Renaison. Il mourut en 1343, laissant une fille, Isabelle, mariée à Guillaume de l’Espinasse, et un fils Hugues de l’Espinasse, nommé dans des actes de 1320 a 1369, avec le titre de seigneur de Saint-André, et en partie de Roanne, Briennon, Saint-Forgeux, Saint-Germain, l’Espinasse, Noailly, Villerest, Pouilly, Marcigny, Riorges, Saint-Just-en-Chevalet. Il testa le 24 juillet 1361, ayant épousé, en 1334, Alix de Commiers avec laquelle il fut inhumé, dans l’église de Saint-André, et dont il eut Gui, mort vers 1361, laissant Gui et Humbert, mentionné de 1375 à 1388; 2° Guichard; 3° Guillaume, moine de Cluny, prieur d’Ambierle en 1402; 4° Jean, prieur de Marcigny en 1417; 5° Hugues, moine à Charlieu; 6° Etienne; 7° Alix, mariée le 3 août 1362, à Guillaume d’Albon, seigneur de Curis.

 Guillaume d’Albon devint ainsi seigneur de Saint-André. Il avait été stipulé dans le contrat, que le second fils qui naîtrait du mariage, porterait le nom et les armes de sa mère: fascé d’or et de gueules de huit pièces; au lambel de trois pièces d'azur et une bordure du même. Les enfants furent Guichard, marié en 1400, à Philiberte de Semur, dame d’Ouches, il eut vingt enfants, tous morts en bas âge; dont Jean d’Albon de l’Espinasse, seigneur de Saint-André, fournit l’aveu et dénombrement de Saint-André, le 7 mai 1441, et testa le 22 septembre 1442, ayant épousé Guillemette de Laire. Fait prisonnier en 1417, Jean fut racheté par son frère avec lequel il combattait; il fut remis en liberté, en 1420, ayant été élu, pendant son absence, bailli et gouverneur des terres de l’Eglise de Lyon. Il eut Gillet d’Albon, seigneur de Saint-André, dont hommage le 14 août 1444, épousa le 21 février 1436, Jeanne de la Palisse, dont Guichard d'Albon, né en 1438, seigneur de Saint-André, Ouches, etc, conseiller et chambellan de Louis XI, bailli de Montferrand, épousa le 2 mai 1502 Catherine de Talaru, dont Jean d'Albon, seigneur de Saint-André, mort à Fontainebleau, avait épousé Charlotte de la Roche, dame de Tournoël. C’est lui qui construisit le château de Saint-André, qui ne devait être achevé qu’au début du XVIe siècle. En 1548, le roi Henri II s’y arrêta avec toute sa cour. Jean d’Albon devait être d’Eglise, mais la mort de son frère aîné vint modifier sensiblement sa carrière. Capitaine de 50 hommes d'armes, il fit en 1512, la campagne d’Italie sous la Trémouille, en 1521, celle de Navarre, sous l’amiral de Bonnivet, en 1528, il défendit la Picardie contre les Anglais, reçut le collier de l'ordre du Roi, et prêta serment "en l'hostel commun de Villefranche" comme bailli du Beaujolais. 

 En 1530, il fut fait bailli de Mâcon et sénéchal de Lyon, et à sa mort en 1549, il était chevalier d’honneur de la reine Catherine de Médicis, gentilhomme de la Chambre du Roi, gouverneur de Lyon et des provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais, Dombes, Bourbonnais, Haute et Basse Marche et pays de Combrailles, fonctions qui échurent à son fils Jacques, ce dernier dut sa faveur, à une amitié de jeunesse avec le duc d’Orléans, plus tard Henri II. Jean d’Albon, très apprécié du roi François 1er , par sa valeur et sa prudence avait été pendant quinze ans le gouverneur de ce prince. Le fils du gouverneur et son élève avaient été "nourris ensemble dès leur enfance". Le Dauphin devenu Roi "n’admettoit personne en sa chambre du matin et jusqu’à ce qu’il fut habillé, sinon le jeusne Saint-Andrey". A peine monté sur le trône, le Roi donne à son ami le bâton de maréchal et fait de celui-ci, son plus intime confident; il l’envoie en ambassade auprès du roi d’Angleterre, qui le décora de la Jarretière et devint son ami. En 1552, Saint-André commande l’armée en Champagne; l’année suivante, il chasse les Espagnols de la Picardie; en 1554, il concourt à la prise de Mariembourg en ravitaillant la place assiégée; en 1555, il s’empare du Catelet ; en 1557, il combat à Saint-Quentin, est fait prisonnier, puis mis en liberté un an après, il prépare en 1559 le traité de Cateau-Cambrésis. La paix ne le laisse pas inactif, la mort d’Henri II ne le fait pas déchoir, au sacre de Charles IX il remplit les fonctions de grand-maitre de France; en 1561, il forme avec Montmorency et François de Guise, le fameux triumvirat. Saint-André fut le Mécène de son époque et fit de ses deniers, des pensions, aux poètes et aux écrivains, "fort beau et de bonne grâce, la parole belle et l’esprit gentil, bon jugement et bonne cervelle", il fut un catholique zélé mais non cruel.

 Le 19 décembre 1562, il commandait l’aile droite de l’armée royale, mais l’effort du combat était porté vers le centre, où commandait le connétable de Montmorency, fait prisonnier dès neuf heures du matin. Les reitres du prince de Condé enfoncèrent deux fois les bataillons suisses et s’amusèrent à piller croyant la bataille gagnée, mais le duc de Guise, caché avec ses troupes dans un bois, fondit sur eux et les dispersa. Saint-André se joignit à lui mais emporté par son ardeur, c’est alors qu’il fut tué d’un coup de pistolet à la tête par Perdriel de Bobigny, sieur de Mézières. Marguerite de Lustrac, veuve du maréchal s’éprit d’une vive passion pour le prince de Condé, se ruina pour lui plaire, alla même, dit-on, jusqu’à empoisonner la fille qu’elle avait eu de Saint-André, Catherine d’Albon, religieuse à Longchamp, mais sans réussir à se faire épouser. Les meubles de Jacques d’Albon, ornés de ses armes; de sable à la croix d’or, à un lambel de trois pendants de gueules, furent vendus à l’encans. le château de Saint-André passa à la sœur du défunt, Marguerite d’Albon, épouse d’Arthaud X de Saint-Germain. Charlotte-Eléonore, fille de Jacques II d’Apchon et de Marie de Rattons, et petite-fille de Claude, née en 1680, porta Saint-André à Marc-Antoine de Saint-Georges, qu’elle épousa le 24 octobre 1697. Originaires de la Marche limousine, les Saint-Georges portent d’argent à la croix de gueules. Marc-Antoine eut d’Eléonore d’Apchon: Claude-Marie de Saint-Georges, rendit hommage de Saint-André les 6 décembre 1776 et épousa le 2 décembre 1741, Marie-Cécile d’Amanzé, dont Claudine-Marie-Josèphe, qui épousa Abel-Claude-Marthe-Marie, marquis de Vichy, mort martyr de la révolution à Lyon en 1793, chevalier de Saint-Louis, marié le 24 novembre 1764, au château de Saint-André-d’Apchon, à Claudine-Joséphine-Marie de Saint-Georges. Ce fut le 13 germinal an VII, devant le notaire public de Saint-Haon-le-Châtel, que le "ci-devant château de Saint-André, appartenant à l’émigré Vichy" (Gaspard-Cfaude-Félix) et une partie des immeubles qui en dépendaient, fut vendu moyennant le prix de 81.7DO francs en assignats, à quatre citoyens qui en firent aussitôt le partage et bientôt le démolirent en grande partie. Saint-André appartenait en 1856, à MM. Duret, Caquet et Lorange. Il passa ensuite à MM. Ballefin et Moulin, puis en 1880, à MM. Louis Gérard et Debout. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et la galerie située en contrebas de la cour : inscription par arrêté du 3 juillet 1963. 

 château de Saint André d'Apchon 42370 Saint-André-d'Apchon

 

Château de Rochetaillée

Les ruines de Rochetaillée, bien connues des Stéphanois, sont assises sur le rocher qui leur donna son nom. Ce rocher est une lentille quartzeuse dont le noyau, allongé du sud au nord a de 15 à 28 mètres, dans un site pittoresque au possible et d’ailleurs merveilleusement disposé pour la défense. D’un côté le Furens, de l’autre le Janon, roulent leurs eaux souvent menaçantes. Aujourd’hui le barrage du gouffre d’Enfer et celui du Pas de Riot augmentent encore l’attrait de ces lieux. Il avait belle apparence, le fier manoir qu’assiégea d’Urfé en 1589, mais hélas il ne reste plus aujourd’hui que trois tours rondes, l’une rasée à une faible hauteur, et quelques pans de murailles, pour rappeler tous ces grands souvenirs; le reste a été démoli et on a vendu les matériaux. Deux portes, au sud et au nord, donnaient accès au manoir auquel les profonds ravins qui l’entourent de tous côtés, créaient une première enceinte naturelle. Une légende rapportée par Th. Ogier, raconte qu’il y a plusieurs siècles, après des libations copieuses qui suivaient la naissance d’un jeune fils du seigneur, 21 chevaliers voulurent danser avec les fées dont la caverne s’ouvrait près de là, à la Roche Corbière. Les chevaliers s’y rendirent, traversèrent une salle immense au fond de laquelle s’ouvrait une porte de bronze. Ils entendirent des voix et des chants, franchirent le seuil, la porte se referma, la grande salle s’écroula, l’immense caverne devint une humble grotte et on n’entendit plus jamais parler des chevaliers.

 Les premiers seigneurs de Rochetaillée furent les de Jarez. Godemard de Jarez a rendu hommage le 1er mai 1217. On trouve également les hommages de Guy, seigneur de Jarez et de Béatrix de Roussillon, en 1290. Fleurie de Jarez, petite-fille de Godemard 1er et quatrième fille de Godemard II et de Béatrix de Roussillon, porta Rochetaillée à Jean de Lignières, qui en rendit hommage au comte Jean 1er, en 1325. La maison de Lignières, en Berry, dont les armes sont d’or; au chef de vair, au lion de gueules brochant, remonte à Eudes, seigneur de Lignières, père de Séguin, 1070, d’où Géraud, mariée à Karule. De cette union il eut Jean, cité en 1113, marié à Anor, fille de Sulpice, seigneur d’Amboise, dont Guillaume, seigneur de Lignières, Rézay et Thevé, dont Jean il qui eut d’Alix, Guillaume II, baron de Lignières, marié à Hersende, veuve en 1226 et mère de Guillaume III, baron de Lignières, rappelé en 1262, qui eut de Marguerite: Guillaume IV, baron de Lignières, marié à Jeanne de Nemours, dame de Merreville, d’Achères et de Brecy, en Berry, fille et héritière d’Ursion de Nemours, troisième du nom, dont Jean III, baron de Lignières, seigneur de Merreville, d’Achères, etc, épousa Fleurie de Jarez et mourut le 18 septembre 1338, laissant Guillaume, accordé le 13 mars 1325 avec Aliénor de Sully, fille d’Henri, seigneur de Sully, grand bouteiller de France, mort avant l’accomplissement du mariage; 2° François, seigneur de Rougemont, marié à Alix ou Jeanne de Culant, fille de Jean, seigneur de Culant et Châteauneuf, sans postérité; 3° Gaudemar, qui suit; 4° Béatrix, mariée en 1339 à Gaucher de Frolois, seigneur de Rochefort.

 Gaudemar, baron de Lignières, seigneur de Rezay, lhévé, Brecy et Rochetaillée, épousa Agnès de Saucerre, fille de Louis, seigneur de Sagonne, et d’Isabelle de Thouars; puis en secondes noces Marguerite de Précigny, fille de Renaud. Du premier lit il eut Jean et du second Guillaume, seigneur de Merreville, qui fit branche; 3° Florie, dame d'Estableau et de la Bre tinière, qui veuve de Jean Le Meingre, dit Boucicaut, maréchal de France, épousa Guillaume Mauvinet. Jean IV, baron de Lignières, seigneur de Rochetaillée, épousa Jaquette de Mussy, dont Jean, seigneur de Brécy, marié à Blanche de Beaujeu, fille de Guichard; 2° Philippe, qui continua la lignée des barons de Lignières; 3° Marguerite, qui porta Rochetaillée à Artaud de Saint-Germain. Dès lors Rochetaillée suivra les destinées de Montrond. Marguerite Gaste de Lupé, veuve d’Arthaud d’Apchon, ayant épousé le baron de Bressieu, lui apporta ces seigneuries. Le 30 juin 1589, après un siège de 19 jours, Anne d’Urfé s’emparait de Rochetaillée, défendu par de Brosier et le maréchal d'Armusil; Chevrières, Bellegarde, Labrande, accompagnaient d’Urfé. Rochetaillée fit retour à la maison d’Apchon et c’est Eléonore de Saulx, dame de Montrond et Rochetaillée qui, le 20 septembre 1642, vendit cette seigneurie à Louis Badol, secrétaire du Roi, et en novembre 1656 le nouvel acquéreur recevait des Lettres Patentes, rétablissant en sa faveur l’antique baronnie. Fils de Pierre Badol, conseiller du Roi, qui testa le 11 juillet 1629, et de Claudine Molinost, il avait épousé le 10 septembre 1640 Catherine de Bardonnenche, dont il eut un fils qui mourut jeune, et une fille Catherine, mariée le 5 janvier 1665 à Eustache Charrier de la Roche. Il avait en outre au moins quatre sœurs: Antoinette, mariée à Arnould du Rozier; Catherine épouse du sieur Veyrat; Marguerite, dame de Lingendes; Jeanne, épouse Séguin, et trois frères, Benoît et Jacques, morts sans postérité, et enfin Hugues Badol de Forcieu, qui lui succéda dans la possession de la baronnie de Rochetaillée et épousa le 28 avril 1646.

 Catherine de Bardonnenche, morte le 21 mai 1682, dont Marguerite, mariée à Jean Bernou; 2° Alexandre, baron de Rochetaillée, marié à Françoise de Sève de Fléchères et mort sans postérité, le 28 mai 1709; 3° Jacques, abbé de Valbenoîte, puis baron de Rochetaillée, qui testa le 20 octobre 1718; 4° Louis, mort au service; 5° Jean, baron de Rochetaillée en 1709, marié en 1697 à Marguerite Duon, veuve de Pierre des Hayes; 6° Jacques, chevalier de Saint-Louis, capitaine au Régiment de Bouffers, mort le 25 août 1727, ayant épousé, le 21 janvier 1715, Marie-Anne de la Roue; 7° Pierre, capitaine au Régiment de Vaubecour, mort avant 1697. Les armes des Badol étaient Ecartelé aux 1er et 4e d’or à trois fasces de gueules, aux 2 et 3 de gueules à la croix d’or, cantonnée de 12 merlettes du même. Jean Bernou de la Bernary était fils de Jean, échevin de Saint-Etienne, et de Jeanne de Laval, et petit-fils de Jean Bernou, qui se distingua pendant la peste de 1643, et de Benoîte Chol. Il avait une sœur, Benoîte, mariée le 29 octobre 1654 à Biaise Pierrefort, fils de Jacques et de Catherine Rigaud. Président en l’Election de Saint-Etienne, conseiller-secrétairedu Roi, etc, il épousa le 17 avril 1662 Marguerite Badol de Forcieu, dont Hugues-Alexandre; 2° Jean-Baptiste; 3° Jacques, qui teste le 31 mai 1740; 4° Jacques, docteur-ès-droits; 5° Hugues-Joseph, seigneur de Sallemard; 6° Jean, qui suit; 7° Jean-François, prêtre, jésuite, docteur en théologie, mort à 73 ans, le 8 novembre 1753; 8° Marie-Benoîte, mariée le 25 janvier 1704 à Antoine Blachon, fils de Thomas et de Jeanne Mazenod; 9° Catherine, religieuse; 10° Jeanne, mariée à Jean-Josephde la Guiolle; 11° Florie, 12° Benoîte-Marie; 13° Rose; 14° Catherine, religieuses hospitalières; 15° Marguerite-Marie,visitandine à Saint-Etienne, morte le 13 février 1756. Jean Bernou de la Bernary testa le 26 août 1714, ayant épousé le 24 avril 1700 Marie des Hayes, morte le 2 avril 1746, fille de Pierre et de Marguerite Duon. Elle fut nommée héritière universelle, à la charge de remettre l’héritage à son fils Jacques, par le testament de Jean Badol de Forcieu, du 15 janvier 1733, et en vertu d’une substitution mentionnée dans celui d’Alexandre de Forcieu, du 31 janvier 1709.

 C’est ainsi que les Bernou devinrent barons de Rochetaillée. Marie fut mère de Jean-Baptiste; 2° Antoine, tué à Dettingen, le 17 juin 1743; 3° Jacques, qui suit; 4° Marguerite, morte le 30 mai 1778, mariée le 4 avril 1722 à Jean Palluat de Besset, fils de Noël et d’Antoinette Blachon; 5° Claire, femme de Pierre-Antoine Chappuis de Maubou; 6° Benoîte-Marie, morte le 4 septembre 1772. Jacques Bernou de la Bernary, baron de Rochetaillée, dont il a rendu hommage le 28 mai 1753 et donné le dénombrement le 14 août suivant. Marié le 2 janvier 1741 à Marie-Benoîte Girard, fille de Pierre, seigneur de Roche, dont Pierre-François, né le 10 novembre 1741; 2° Jean-Baptiste, baron de Rochetaillée, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, blessé mortellement le 11 novembre 1789 dans une émeute qu’il essaya en vain de réprimer. Le 25 juillet 1775, il avait épousé Antoinette Fay de Sathonay, fille d’Antoine et d’Elisabeth Rigod; 3° Jean-François, qui suit; 4° Charles; 5° Benoîte, morte le 17 janvier 1828, ayant épousé, le 25 août 1761, Guillaume du Rozier; 6° Marguerite, née le 25 septembre 1745, mariée le 27 avril 1767 a Jean-Baptiste Michon de Pierrcclos; 7° Marguerite, mariée le 15 septembre 1766 à Jean Hector de Montaigne, marquis de Poncins. Jean-François Bernou de la Bernary (31 décembre 1746-20 mars 1827), baron de Rochetaillée, chevalier de Saint-Louis, marié le 18 octobre 1791 à Jeanne-Sabine Vincent de Soleymieu, fille d’Antoine et d’Antoinette Neyron, dont Antoine, né en 1792; 2° Jean-Baptiste-Chéri, mort le 10 janvier 1850; 3° Claude-Antoine, mort le 19 janvier 1857; 4° Charles, qui suit. 

 Charles-Antoine-Henri Bernou, baron de Rochetaillée (28 janvier 1806-24 janvier 1887), marié le 18 janvier 1838 à Eugénie de Ramey de Sugny, dont Vital Jean, qui suit; 2° Antoine-Jean-Baptiste-Camille, baron de Rochetaillée, mort le 20 mai 1888, marié en 1869 à Marie de Rochefort, dont Marie-Camille-Françoise-Charlotte, née le 20 novembre 1883, mariée le 12 janvier 1904 à Louis-César-Victor-Maurice, prince de Broglie et du Saint-Empire, fils de Victor et de Pauline de la Forest d’Armaillé. 3° Camille-Gabrielle, mariée le 28 mai 1863 à Alfred-Pierre, comte d’Anthenaise, fils de Victor et de Noémie de Rougé; 4° Françoise-Marie-Antoinette, morte le 5 août 1908, mariée le 12 août 1873 au comte Geoffroy de Chateaubriand, fils de Geoffroy et d’Henriette-Félicité-Zélie d'Orglandes. Vital-Jean Bernou, baron de Rochetaillée (24 avril 1839-13 novembre 1908), marié en 1871 à Marie-Suzanne-Marguerite de Dampierre, fille du comte Guy et de Félicie de Charpin-Feugerolles, dont Claude-Henri-Marie (23 juilllet 1872-24 février 1881); 2° Jean-Marie-Camille, mort le 12 juillet 1896; 3° Henry-Charles-Marie-Elie, né le 6 avril 1883, conseiller général de la Loire, marié à Nicole de Galard; 4° Francisque-Marie Charles-Gabriel (26 mars 1885-4 novembre 1903); 5° Marie-Armande-Théodora, mariée le 11 juillet 1900 à Stanislas-Henri-Marie-Joseph du Val, baron de Curzay, fils d’Henri et de Marie de Dampierre; 6° Gabrielle, morte en 1877; 7° Félicie, morte en 1882; 8° Antoinette-Marie. 

 Éléments protégés MH : le château de Rochetaillée (restes) : inscription par arrêté du 5 avril 1930.

 château de Rochetaillée 42100 Saint-Etienne (Rochetaillée) 

 Téléphone : 04 77 32 88 52

   

Château de Roche-la-Molière

Le gros bourg de Roche-la-Molière est assis sur une légère éminence rocheuse qui se dresse au milieu d’une large vallée, à mi-chemin entre Saint-Etienne et la Loire. Son château existait déjà en 1173. Il est bâti au nord-ouest du village; depuis le XIIe siècle il a subi de grandes modifications, mais a conservé son grand air. La porte d’honneur, de grandes dimensions, est revêtue entièrement d’un placage du XVIIe siècle, et conduit à la cour par une voûte ogivale. A droite de cette cour sont les bâtiments de service. A gauche, la chapelle dédiée à Sainte Anne et à Saint Savin, dans laquelle on entre par une porte du XVIIe siècle, dont l’huisserie, un peu plus récente, est finement ouvragée. La partie habitée du manoir est au fond de la cour, on y arrive par un perron monumental de quinze marches. La façade à pans coupés est sans caractère extérieur; une tourelle engagée, à trois faces, contient l’escalier à vis. A l’intérieur, qui a conservé en partie son ancien aspect, on remarque des cheminées monumentales et de belles tapisseries. Au niveau de l’étage principal est une terrasse donnant sur un vaste jardin, magnifiquement ombragé. Les murs extérieurs sont assis sur le rocher; ils sont élevés presque sans ouvertures et hérissés de corbeaux qui soutenaient autrefois des mâchicoulis. Une tour carrée, quoique démantelée, domine encore la masse des constructions, dont l’aspect général est imposant et sévère. Aussi haut qu’on puisse en remonter l’histoire, on trouve la seigneurie et le château au pouvoir des seigneurs de Jarez. Ils passèrent ensuite dans les possessions de la puissante famille de Lavieu. Toutefois une certaine obscurité enveloppe ces origines.

 Le premier seigneur distinct de Roche-la-Molière serait Artaud de Lavieu, vers 1260. En 1278, son fils Gaudemar en rend hommage au comte de Forez. La dernière des Lavieu de Roche fut Catherine de Lavieu, fille de Jean et de Marguerite de Lespinasse, qui épousa Jean d’Augerolles, seigneur de Saint-Polgues, et lui apporta Roche. Son fils Dauphin d’Augerolles et son petit-fils, nommé également Dauphin, possédèrent Roche pendant la première moitié du XVIe siècle. En 1552, la seigneurie passa à Antoine d’Augerolles, qui fut assassiné le samedi saint, 31 mars 1584, avec son fils Jean d’Augerolles, par Aymar et Pierre de Saint-Priest. Antoine, atteint d’un coup de pistolet, testa à Vuns, près du lieu du crime, devant le notaire Nicolas Fromage et mourut le même jour. Jean fut transporté dans son château de Roche et y mourut huit jours plus tard. Catherine Mitte de Chevrières, veuve d’Antoine d’Augerolles, fit élever sur le lieu du crime, à la mémoire de son mari et de son fils, une chapelle expiatoire, qui existait encore à la fin du XVIIIe siècle, mais a été démolie depuis. Un débris de la pierre où était sculptée une inscription commémorative a été employé comme couverture d’une fenêtre d’écurie dans le domaine de la Polonière, près Roche. Jean d’Augerolles, le fils, était nouvellement marié à Adrienne de Fougère et n’avait pas d’enfants. Les biens des d’Augerolles, dont les armes sont d'or; au chef de gueules, chargé d’un lion issant d’or; alias de gueules au lion d’or issant d’une champagne du même, passèrent alors aux trois sœurs de son père, Catherine, Antoinette et Françoise. Cette dernière épousa, le 17 mars 1586, Alexandre de Capponi, baron de Feugerolles, et lui apporta en dot la seigneurie de Roche-la-Molière, Gaspard de Capponi agrandit le domaine de Roche par de nombreuses acquisitions échelonnées de 1637 à 1667.

 Après sa mort, sa veuve, Madeleine du Peloux, vendit, le 14 août 1677, la terre de Roche à Jean-François Anselmet, seigneur des Rruneaux, pour 111.000 livres. Cette vente fut ratifiée par Pierre-Hector de Charpin et Catherine-Angéliquede Capponi, son épouse, le 25 octobre 1677. Le 20 août 1688, Hector de Charpin et son épouse reprirent la terre de Roche des mains de Claude-Gabriel Anselmet, frère et héritier de François, qui se disait lésé, et lui donnèrent en échange la partie de la seigneurie de Saint-Just-lès-Velay qui dépendait de Feugerolles. Ils revendirent presque de suite Roche à Pierre Duon, président des Trésoriers de France à Lyon, le 13 décembre 1688. Il épousa la même année Madeleine Chappuis de la Fay qui, veuve, revendit en 1719 la terre de Roche à Jean Perrin de Vieuxbourg. Leur fille, Madeleine Duon, épousa le 12 mai 1706 Raymond de Flachat d’Apinac. Les armes des Duon sont d’argent à la bande de gueules; alias de gueules à la fasce d’or, accompagnée de trois cailloux d’argent. Le 25 janvier 1745, Alexis-Bonaventure Perrin de Vieuxbourg vendait Roche à Jean-Louis Girard. Cette famille tire son origine du manoir de Vivert, près de la Tour-en-Jarez. L’acquéreur était fils de Pierre Girard et de Jeanne du Bréas, et frère de Pierre Girard, marié à Marcelline Chauvon, d’où Marie, mariée le 27 janvier 1738 à Pierre-Antoine Chappuis de Maubou, et Marie-Renoîte, mariée le 2 janvier 1741 à Jacques Bernou de la Bernary. Jean-Louis avait été tué dans un duel, à Lorient, en 1746. Dans un règlement de famille du 6 février 1749, Pierre Girard attribua la seigneurie de Roche à Madame Chappuis de Maubou. En 1765, Pierre Chappuis de Maubou la céda à Armand-Joseph de Béthune, duc de Charost, dont les armes sont d’azur à cinq cotices d’or. Ce dernier n’avait fait cette acquisition que pour pouvoir obtenir la concession des mines de houille exploitées sous l'étendue de la seigneurie.

 Il l’obtint effectivement, en 1767, et se défit du château et de la terre de Roche, en faveur de Jacques Neyron, secrétaire du Roi, moyennant 205.000 livres, le 26 février 1772. Le nouvel acquéreur était fils de Marcellin Neyron, échevin de Saint-Etienne, et de Marie-Anne Thiollière, et petit-fils de Marcellin, né à Monistrol en 1650, et de Marie Brun. Il avait un frère jumeau, Antoine, et trois sœurs: Claudine, mariée le 9 mai 1758 à Jean-Marcellin Véron de la Combe; Louise, mariée le 11 février 1760 à Pierre-Jean-Georges Roux de la Plagne; Antoinette, mariée le 22 mai 1764 à Antoine Vincent de Soleymieu. Jacques Neyron, né le 17 novembre 1733, a prêté hommage de Boche en 1775. Le 4 août 1767, il épousait Marie Vincent de la Bérardière, fille d’Antoine et de Jeanne Praire, dont Claude Aymé, qui suit; 2° Pierre-Antoine-Louis; 3° Jeanne Marguerite, née le 30 janvier 1775, mariée le 19 octobre 1797 à Eustache Thiollière de l’Isle; 4° Jeanne-Victoire-Sabine, née le 10 janvier 1780, mariée le 14 messidor, an XIII, à Claude Gaspard Vincent de Vaugelas. Claude-Aymé Neyron de Saint-Julien (1772-1838) hérita de Roche. Il épousa le 9 janvier 1809 Antoinette-Thérèse-Julie Jovin, dont Jacques, qui suit; 2° Antoine-Louis (23 août 1813-25 février 1887), marié en 1846 à Marie-Catherine-Amélie Dupin, morte le 18 mars 1872, dont Valentine, morte à 52 ans, le 7 septembre 1903, mariée en mai 1878 à Louis-François-Bernard du Pouget, comte de Nadaillac; 3° Antoinette, née en 1810, mariée en 1830 à Jacques Octave Vincent de Saint-Bonnet. Jacques Neyron de Saint-Julien (1811-1883) épousa en 1837 Félicie Faye, dont Louis-Gabriel, qui suit; 2° Jules; 3° René; 4° Alphonse. Louis-Gabriel Neyron, baron de Saint-Julien (1837-1897), épousa en 1871 Marie-Pauline Philip, dont Jacques, baron de Saint-Julien, né en 1872, capitaine d’artillerie breveté, marié en 1904 à Lucie Estignard; 2° André, né en 1875, officier d’infanterie; 3° Aimé, né en 1877, marié en 1905 à Elisabeth Laurent; 4° François, né en 1882; 5° Pierre, né en 1886. Les armes de cette famille sont d'azur au héron d'argent; au chef de gueules chargé de trois étoiles d’or. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, l'escalier XVIIIe siècle, l'escalier à vis de l'angle Nord-Est de la cour, le rempart Nord, à l'Ouest le mur de soutènement des jardins avec ses arcades, les anciennes cuisines : inscription par arrêté du 17 décembre 1985. château de Roche-la-Molière 42230 Roche-la-Molière 

 Téléphone : 04 77 25 20 67 / 06 56 71 35 01 

Donjon du château de Roanne

Du château de Roanne, très fort au moyen âge, il reste un haut donjon carré aux angles arrondis, avec guette surmontant un comble plat à tuiles creuses. Jean, comte de Forez, acquit de Guichard de Ghàtelperron et Isabeau, sa femme, la moitié de la ville de Roanne. En 1273, Guichard de Montagny délaissa par échange à Guy, comte de Forez, le quart par indivis, de la ville de Roanne et appartenances. Le mercredi après la conversion de Saint-Paul, 27 janvier 1294., Jehan, comte de Dreux, et Jeanne sa femme, vendirent à Jehan, comte de Forez, pour 1.400 livres tournois, le chastel et ville de Roanne et appartenances et lui promirent de rendre les lettres de donation que Guiot, père dudit comte de Forez, fît à Imbert de Beaujeu, autrefois connétable de France. En 1346, Hugues de Couzan possédait la moitié de Roanne; elle lui avait été apportée en dot par Alix de la Perrière à qui elle était échue par sa mère, de Saint-Haon, et par sa grand’mère, de Roanne. En 1516, Anne de France et le connétable de Bourbon firent don à Arthus Gouffier, de la moitié de Roanne qu’ils avaient conservée depuis l’achat de 1291. Charles IX créa en faveur de Claude Gouffier, grand écuyer de France, les seigneuries de Boisy, la Motte et Roanne, en marquisat. En novembre 1566, le même monarque érigea ce marquisat en duché de Roannais en faveur de Claude Gouffier et de ses hoirs ou successeurs mâles, à la charge de racheter dans trois mois, des héritiers du seigneur de Saint-André, les châtellenies de Saint-Haon, Saint-Maurice et Crozet, comprises sous le nom de parfait de la baronnie de Roanne, pour demeurer unies audit duché. Charles IX fit lui-même le rachat de ces châtellenies et un arrêt du 23 décembre 1567, porta que Claude Gouffier remplirait le duché de Roannais, de terres de même estimation et prix cependant que l’érection du duché subsistera par celles dont il était composé pour lors, en fournissant au Domaine de Sa Majesté une terre de 60 livres parisis de revenu.

 Louis Gouffier, petit-fils de Claude, obtint en septembre 1612 et avril 1620, des lettres d’érection en pairie de son duché de Roannais. Le petit-fils de Louis, Artus Gouffier, vendit son duché de Roannais à son beau-frère, François d’Aubusson, comte de la Feuillade, époux de Charlotte Gouffier. En avril 1667, le Roi confirma la terre de Roannais en duché, aux mêmes clauses et conditions qu’à la première création. Le 16 décembre 1677, le comte de la Feuillade acquit Saint-Haon, Saint-Maurice et Crozet, il acheta aussi à titre d’échange, le 14 juin 1686, la châtellenie de Cervière. En novembre 1686, il obtint des Lettres Patentes en forme d’édit par lesquelles le Roi approuvait et ratifiait le contrat d’aliénation de ces terres qui devaient, à l’avenir, composer un seul et même corps de duché et une même juridiction. Les officiers du bailliage de Montbrison formèrent opposition à l'enregistrement, mais on transigea par une indemnité. Le i3 juin 1752, Françoise-Scholastique-Catherine d’Aubusson de la Feuillade, fille d’Hubert et de Catherine-Scholastique Bazin de Bezons, portait par mariage le duché de Roannais, à François-Henri, duc d’Harcourt, fils aîné de Pierre d’Harcourt et de Thérèse-Eulalie de Beaupoil de Saint-Aulaire. De cette union naquit, le 8 mars 1753, Anne-Gabrielle d’Harcourt-Lillebonne, mariée le 11 juin 1772 à Victurnien-Jean-Baptiste-Marie de Rochechouart, prince de Tonnay-Charente, duc et pair de France, fils de Jean-Baptiste et de Charlotte-Nathalie de Manneville, d’où la duchesse de Croy, la princesse de Beauvau-Craon et la duchesse de Crussol. Le château de Roanne a servi de palais de justice jusqu’en 1810. Il a appartenu ensuite aux familles de Saint-Thomas, Andrieux de Vaulx, Gouttenoire et Dumas de Vaulx. M. Dumas de Vaulx de Cuzieu, maire de Sainte-Agathe, est mort au château de Roanne, le 27 avril 1920, à 30 ans, laissant trois fils MM. Robert, Gérard et Christian Dumas de Vaulx de Cuzieu. 

 Éléments protégés MH : le donjon : inscription par arrêté du 11 octobre 1930. 

 donjon du château de Roanne 42300 Roanne

   

Château de Quérézieux

Une "domus de Carisiaco" est citée en 1220 par les chartes du Forez, et un "Petrus de Cayrisieu, domicellus", est mentionné en 1356 et 1362. Cette maison forte est identifiée par Salomon à la maison dont certaines parties sont datables du XVIIe siècle, édifiée au nord du hameau de Quérézieux, mais pourrait aussi désigner le site où s'établissent les seigneurs d'Ecotay à la fin du Moyen Âge, plus au sud, délaissant le château fort d'Ecotay. Un édifice plus ancien a sans doute en effet précédé leur "chastel neuf et maison fort d'Escotay" où est passé en 1571 le contrat de mariage entre Anne d'Urfé et Diane de Châteaumorand, en présence de François de Chalmazel, seigneur d'Ecotay. A la fin du XVIIe siècle, la seigneurie d'Ecotay passe à la famille de La Roue, de Saint-Anthème, puis à une famille piémontaise (marquis de Saint-Germain, Saint-Damien, Rivarol et autres places). Louis-Anne de Rivarol, réside "en son château d'Ecotay paroisse de Verrières" d'après les actes qu'il signe. Il meurt en 1753 et ses terres passent à son neveu, qui réside en Piémont, mais entretient le château (il le fait "recouvrir à taille ouverte et réparer"). En 1765 le service de la "prébende... ou commission des messes de la chapelle du château de Saint-Anthème, diocèse de Clermont, doit se transférer en la chapelle du château d'Ecotay" (le château de Saint-Anthème ayant brûlé peu auparavant). 

En 1801, tous les biens de Forez et d'Auvergne des Rivarol sont vendus à trois marchands de biens associés. Les biens dépendant de l'ancienne seigneurie d'Ecotay sont revendus le 2 août 1804 à la famille de Meaux. En 1806, Antoine Granjon donne une description succincte de l'édifice: "carré parfait flanqué aux quatre angles saillants de tours rondes, il n'a besoin que de quelques réparations", qui correspond au plan du cadastre de 1808: un château de plan quadrangulaire, avec deux ailes (sud et est) cantonnées de tours rondes aux angles, une aile plus étroite à l'ouest et une dernière aile plus longue et plus large au nord, délimitant une petite cour carrée au coeur de l'édifice. Une longue allée conduisait du chemin d'Ecotay vers l'avant cour du château, à l'ouest. Ce château était complété par des dépendances autour d'une seconde cour à l'est, comportant un grand bâtiment de communs de plan allongé (date portée du XVIIIe siècle; selon A. Carcel, mur nord en partie en maçonneries médiévales), au nord, avec un corps de bâtiment perpendiculaire au milieu (comportant une salle à trois vaisseaux voûtés d'arêtes sur des colonnes, datée par A. Carcel du XVIe siècle) et d'un petit bâtiment bordant un bassin de forme allongée. Au sud s'étendait un jardin de plan rectangulaire, avec un pavillon dans l'angle nord-ouest. Le château est totalement reconstruit dans la première moitié du XIXe siècle (des salles voûtées en berceau plein-cintre, datant de l'édifice antérieur, seraient conservées dans les substructions). Le toit aurait été posé en 1814. Selon un Procès-verbal d'état des lieux établi le 15 décembre 1845 pour Célinie de Waters, veuve d'Augustin de Meaux, le domaine comprend alors "un grand corps de bâtiment appelé le château lequel quoique construit depuis longtemps n'a reçu ni plancher, ni division, ni boiserie et les murs sont restés bruts". Laurent Jamin, pépiniériste à Paris, réalise en 1844 le jardin potager à la française divisé en neuf compartiments par des allées bordées de buis, à l'est du château le long de l'allée d'accès bordée d'épicéas et de séquoias (disparu). Le parc aurait été dessiné en 1861 par le comte Paul de Choulot: un plan de parc paysagé, daté de 1861 (sans signature) est conservé au château et le parc est cité par Choulot dans l'édition de 1863 de L'Art des jardins, ou Études théoriques et pratiques sur l'arrangement extérieur des habitations. Le plan montre également l'existence d'une vaste bosquet régulier à l'est du potager (disparue). L'édifice n'est aménagé et meublé dans les années 1850 (la chapelle est consacrée dès 1847 par le cardinal de Bonald). Il devient la résidence secondaire du vicomte Camille de Meaux, ministre de l'Agriculture et du Commerce, gendre de Charles de Montalembert (dont la bibliothèque est conservée au château), et fréquenté par des personnalités du milieu catholique libéral.

Le château possède un plan rectangulaire et comporte trois niveaux et un comble. La façade sud compte quinze travées, rythmées par un avant-corps central de trois travées, en légère saillie, surmonté d'un fronton (décor sculpté: armoiries de Meaux et de Waters), et par des pilastres qui séparent les deux dernières travées de chaque côté. Un perron avec escalier tournant à chaque extrémité permet de racheter la déclivité du terrain du côté sud pour l'accès principal au rez-de-chaussée. Celui-ci est distribué par un vestibule précédant un grand escalier (tournant à retours, avec jour), à l'est de l'avant-corps. La moitié ouest du rez-de-chaussée est occupée par les pièces de réception (grand salon derrière l'avant-corps, salon ou billard, grande salle à manger, petite salle à manger) ouvertes en façade sud et bordées sur l'arrière par un corridor de service qui relie le grand escalier à l'extrémité ouest de l'édifice où se trouvent l'entrée et un escalier de service (au nord) et l'office. La partie restante du bâtiment, à l'est, est divisée en quatre pièces de séjour. L'étage est occupé par des chambres et par la chapelle, du côté ouest. Le parc est situé dans un vallon traversé par un ruisseau, la goutte de Mal à Mort (qui alimente les pièces d'eau du parc). Il est parfaitement intégré dans le site: ses allées et ses plantations ne semblent pas avoir été dessinées. Il s'agit d'un parc à l'anglaise, qui associe les vocations agricoles et ornementales. Devant le château s'étend une combe avec le grand étang au fond, qui forme le centre de la composition (cabane des cygnes au bord, seule fabrique réalisée). Une allée mène à un petit étang. Le parc est planté d'arbres d'essences variées. Il est bordé de parcelles boisées et de prairies. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures; le hall d'entrée; l'escalier; le grand et petit salon; la salle à manger; la chapelle ; les communs (à l'exception du bâtiment transformé au XIXe siècle); la bibliothèque de Montalembert et le parc : inscription par arrêté du 22 janvier 1990. 

 château de Quérézieux 42600 Ecotay l'Olme

 

Château de Pravieux

Le château de Pravieux s’élevait au soir et hors des murailles de Pouilly-lès Feurs; il était composé de trois corps de bâtiments entourant une cour carrée, ouverte au midi. Des fossés dont on voit encore les traces le protégeaient, il était de plus défendu par trois tours. Devant les bâtiments du du nord régnait, au rez-de-chaussée, une galerie supportée par des colonnes. Les bâtiments du nord et du soir étaient déjà détruits en 1789. Le bâtiment au matin de la cour, avec ses deux tours, est seul debout; il a la forme d’un long parallélogramme. La galerie couverte du rez-de-chaussée n’existe plus et la façade a été reconstruite, mais on a conservé la porte centrale, à la forme ogivale et aux voussures gothiques, encadrant de riches écussons. Des jambages en bois ont remplacé les riches sculptures des fenêtres du premier étage. On remarque aussi une antique tourelle à toit aigu, et un élégant pavillon carré, style Renaissance, seul reste du bâtiment qui closait la cour au soir. Ce pavillon conserve, au rez-de-chaussée, des peintures fort originales, et est orné, au premier étage, du côté de la cour, d’une galerie couverte en arceaux supportés par des pilastres; chaque arceau est fermé d’une clef de voûte à tête plus ou moins grimaçante. Avec ses pierres sculptées, sa riche corniche en bois, sa toiture aiguë, ce pavillon est un vrai petit chef d’œuvre de l’architecture Renaissance. Le château de Pravieux paraît avoir remplacé un château plus ancien, appelé l’Espagnol, et appartenant à la famille de Vais seu. Il aurait été construit vers 1594 environ, par les Sacconin, qui en prirent le nom.

 Cette famille est connue depuis 1400, où l’on voit Symphorien de Sacconin épouser Jac quette de Bressolles. Un autre membre de cette famille, Jean, épouse en 1466 Catherine de Bron-la-Liègue. Claude Sacconin de Pravieux s’unit en 1530 à Jeanne d'Augerolles, fille de Dauphin, seigneur de Roche-la-Molière. Leur fils Claude défendit courageusement le château de Montrond contre les Huguenots. En 1599, Jérôme de Sacconin, seigneur de Pravieux, et sans doute fils de Claude, fut éventré par un sanglier dans une partie de chasse. Il laissait une jeune veuve, Marie de la Fayette. En 1655, François de Sacconin de Pravieux épousait Marguerite du Chaffeau de la Pierre. En 1675, il prêtait foi et hommage pour son château de Pravieux, celui de l’Espagnol déjà ruiné, etc. Il eut une fille, Marie-Marthe-Philippe, mariée le 18 février 1705 à Claude-Antoine de Gaulne, fils de Louis et d’Emérentienne Chappuis, et un fils, Camille, marié d’abord le 12 février 1680 à Claudine Gueynard, fille de Pierre, seigneur de la Barge, et d’Anne Mathieu, puis en septembre 1682 à Marguerite Galliat. Du premier lit il eut François-Antoine; 2° Jean-Baptiste, né le 20 juillet 1682. Du second lit Jean-Louis; Jeanne-Marie; et Louise-Clémence, morte en 1722 à la maison royale de Saint-Cyr. Un long procès avec la famille de Bressolles, qui fut solutionné seulement en 1722 permit à un membre de la maison de Sacconin de se titrer de chevalier de Bressolles. Camille de Sacconin testa le 23 mai 1715, instituant pour héritier son fils cadet, Jean-Louis, sieur de Bressolles, qui prit alors le titre de seigneur de Pravieux, laissant celui de chevalier de Bressolles à son frère aîné, qui vivait en 1730 à Chirassimont, marié à Claudine Noyel.

 Jean-Louis testa le 25 septembre 1722 et mourut en 1725, faisant héritière sa sœur, Jeanne-Marie, mariée le 28 octobre 1722 à François-Claude-Eléonore du Lieu de Chenevoux, maître en la Cour des Comptes de Paris. Elle mourut le 19 octobre 1726, laissant une fille, Clémence Jeanne-Marie (19 mai 1724-16 juillet 1752), mariée le 15 septembre 1751 à son cousin germain, François-Claude-Eléonore du Lieu, seigneur de Chenevoux (7 février 1709-19 juin 1776), chevalier de Saint-Louis, fils de Jean-Baptiste et de Marguerite Chappuis de Margnolas. Les armes des Sacconin sont de gueules semé de billettes d’or; à la bande d’argent chargée en chef d’un lion de sable; et celles des du Lieu de sable à la fasce d’or, accompagnée en chef d’un lion passant, et en pointe de trois roses tigées du même. Divers blasons, celui des Sacconin, Saint-Priest d’Apinac, Bressolles, Chenevoux, se voient encore à Pravieux. Vers 1780, Louis-Marie du Lieu, comte de Chenevoux, qui résidait à Chenevoux, fils de François-Claude-Eléonore, vendit en détail le château de Pravieux; les anciennes possessions des du Lieu appartinrent dans la suite aux David et aux Desvernays. L’un des acquéreurs de Pravieux mutila cette antique habitation en vendant les belles croisées de pierre, à riches moulures, qui ornaient la façade; seule la porte principale où sont sculptées les armes des Sacconin et de leurs alliances échappa à ce vandalisme. Au commencement du XXe siècle le château de Pravieux appartenait à Madame Ducreux. 

 Éléments protégés MH : la porte du XVe siècle avec tympan décoré d'armoiries et le pavillon du XVIIe siècle : inscription par arrêté du 13 mars 1934. 

 château de Pravieux 42110 Pouilly les Feurs

 

Château de la Pierre

Le château de la Pierre aurait existé dès 1637. En 1783, Marie-Anne Challaye, propriétaire du château, épouse Joseph Florimond de Bronac de Vazelhes ; la Pierre reste dans la famille de Vazelhes jusqu'au XXIe siècle et forme le point de départ de "l'épopée foncière" des Vazelhes en Forez. Les différentes branches de cette famille ont eu plusieurs lieux de résidence dans la plaine du Forez, mais Etienne de Vazelhes, "grande figure de l'aristocratie forézienne", s'installe à la Pierre en 1870 et y effectue des travaux d'irrigation, avant de se fixer au château de Grézieux dans les années 1880. Les bâtiments semblent dater du XVIIe siècle. La partie la plus ancienne de la construction serait le corps central, sur lequel auraient été adossés deux corps de bâtiment, au sud puis au nord. Les ouvertures des étages supérieurs du corps de bâtiment nord, de format rectangulaire horizontal, ont sans doute été remaniées. Le château a été restauré (réfection du crépi et des toitures) en 1978. Le château comprend un corps de logis composé d'un corps central de trois travées à deux étages et étage de comble, agrandi d'une travée au sud, et d'un corps plus bas, de deux travées, avec un sous-sol et deux étages carrés. Le corps central est distribué verticalement par un escalier rampe sur rampe dont les deux premières volées sont en pierre, les deux suivantes en bois. Un vestibule longitudinal donne accès à l'escalier et aux pièces d'habitation du rez-de-chaussée, dont une salle à manger au sud puis un salon situé dans l'agrandissement sud. Le 1er étage est composé d'un grand salon, d'un autre salon avec une petite pièce sur l'arrière dans l'agrandissement sud, et d'une chambre ; la partie nord du vestibule forme un petit cabinet orné de peintures. Le toit est de forme complexe sur le corps central, à longs pans et croupe sur le corps nord, et en tuile creuse pour ces deux toits ; à longs pans brises et croupes, en tuile écaille et tuile creuse sur l'agrandissement sud. 

 Éléments protégés MH : l'ancien salon et la salle à manger au rez-de-chaussée, les salles et le grand salon avec leur décor de peintures murales au premier étage : classement par arrêté du 19 février 1982.

 château de la Pierre 42600 Saint Paul d'Uzore

   

Château de Péray

Au XVIIe siècle, le fief du Péray, paroisse de Lay, aujourd’hui sur Saint-Symphorien, avait pour seigneur messire Jean-Baptiste Perrenaud, écuyer, conseiller de Son Altesse Royale Mademoiselle et son secrétaire ancien au Parlement de Dombes. Il avait épousé Madeleine Lebout, dont une fille, Anne Perrenaud, mariée le 2 décembre 1675, à Louis Athiaud. Perrenaud porte bandé d'or et de sable: au chef d’or, chargé d’une aigle éployée de sable. C’est certainement à cette famille que l’on doit la vaste demeure, anglée de tours carrées, flanquée dans la cour intérieure, qui conserve un curieux passage voûté, d’une petite tour ronde, et qui a conservé, malgré des restaurations modernes, tout son cachet d’ancienneté. Les Athiaud portent de gueules à trois lions passant l’un sur l’autre, d’argent. Charles de Montchanin, seigneur de Montchervet, né le 14 mars 1614, juge de Pradines, Ressins, Nandax, fils de Louis de Montchanin, seigneur de Montchervet et de Benoîte Tricaud, épousa le 16 avril 1641, Marie Perrin, fille de Claude et d’Antoinette de la Mollière, et mourut sans enfants, le 3 mars 1675, ayant testé le 25 mars 1672, instituant pour légataire, à charger de relever son nom et ses armes, Louis Athiaud, son neveu, seigneur de Montchervet, du Charnay et du Péray, né le 8 mars 1651, avocat en Parlement, puis conseiller au Parlement de Dombes, échevin de Lyon, en 1688-89. Le 4 mars 1693, Louis Athiaud de Montchanin est mentionné au ban et arrière-ban, pour son fief du Péray. En 1695, c’est Maître Poyet, qui comparait pour Louis Athiaud de Montchanin, disant qu’il est ex-consul de la ville de Lyon et exempt du service personnel, pour le fief du Pèray, qui est peu considérable, ne consistant qu’en sa maison, basse-couret garenne.

 Au milieu du XVIIIe siècle, le Pèray passa à Louis Thomé, qui portait d'azur à la tête et au col de cerf coupé d’or. Il épousa Marguerite Roland, qualifiée en 1750, "dame de Saint-Cyr, résidant au Péray, à Saint-Symphorien-de-Lay". Il en eut Jean Antoine, qui suit; 2° Angélique-Antoinette, mariée le 29 juillet 1753, à Georges Punctis de Cindrieux (25 mai 1716-31 août 1784), conseiller au bailliage de Forez, fils de Michel et de Denyse Guyot. Jean-Antoine Thomé de Saint-Cyr, écuyer, seigneur de Saint-Cyr-de-Valorges et du Péray, capitaine exempt des 100 Suisses de la garde ordinaire du Roi, capitaine des chasses de Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d’Orléans, chevalier de Saint-Louis, épousa le 8 octobre 1771, Marie-Anne-Louise Punctis de la Tour, fille de Louis-François-Marie, écuyer, et de Marie-Josèphe de Punctis de la Tour, dont Henriette, mariée à Pierre Godinot, inspecteur principal des manufactures de Normandie; 2° Claire, mariée à François Papon de la Noue; 3° une fille mariée au général-baron Joseph Piston. Au XIXe siècle le Péray passa aux Mangon de la Lande, originaires de Normandie et portant d’or, alias d'argent, au chevron de gueules, accompagné de trois gonds de sable; au chef d’azur, chargé d’une main gauche d’or, sortant d’un nuage du même, accostée de deux étoiles, aussi d’or; alias: au chef d’azur chargé d’un croissant d’or. Alphonse-Louis-Charles Mangon de la Lande, né le 24 décembre 1795, garde du corps du Roi en 1824, marié le 8 juillet 1829, à Fanny-Félicité Lambert, dont Albert-Charles, né le 22 janvier 1833, directeur des lignes télégraphiques à Rouen, en 1873; 2° Emile, qui suit. Emile Mangon de la Lande, né le 9 avril 1834, marié le 18 janvier 1858, à Zénobie-Benoîte Gouttenoire. M. de la Lande a succédé au Péray à Clément Gouttenoire. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments (corps de logis et bâtiments des communs); à l'intérieur : les trois pièces au décor de toiles peintes, la chapelle, la salle à manger, le petit salon, les deux salles voûtées avec leur armoire et la pièce sud au rez-de-chaussée : inscription par arrêté du 24 février 1994. 

 château de Péray 42470 Saint Symphorien de Lay

 

Château de Riorges ou Neubourg

Le château de Riorges est situé sur la rive gauche du Renaison, au midi et au pied de la côte suivie par la route de Roanne à Saint-Haon. Placé en travers de la vallée basse, il est entouré de canaux abondants, combinés en viviers et en cascades. Riorges est actuellement fort voisin des faubourgs de Roanne, mais c’est par erreur que les cartes et la coutume le nomment "Neufbourg". Le fief de ce nom, l’ancien Bourgneuf, dont on voyait encore des restes près de la gare actuelle de Roanne, il y a quelques années, appartenait, au XVIIe siècle, aux mêmes seigneurs, les Courtin, qui en prirent le nom, ce qui explique qu’on ait pu le redonner ensuite au nouveau château de Riorges. Les sous-sols de Riorges ont de belles voûtes travaillées antérieures au XVe siècle, mais il ne reste rien de l’habitation primitive. Le château actuel, vaste construction rectangulaire avec perron, a été bâti par Jean-François de Courtin, en 1770. Le 20 septembre 1776, le vicaire général de Lyon autorisa la bénédiction de la chapelle, dans laquelle Madame de Courtin, à cause de ses infirmités, et Madame de Fautrières, à cause de sa grossesse, eurent la permission de se confesser et de communier, en observant toutefois, d’y faire placer une grille, conformément aux ordonnances du diocèse. "J’invite cependant ces dames, ajoutait le vicaire général, de remplir à la paroisse autant qu’elles le pourront les devoirs de religion, toujours édifiants pour les peuples". Cette chapelle fut donnée à la paroisse en 1812. M. de Boisset a rendu à Riorges, en 1910, avec un goût remarquable, sa parure de jardins français et sa grâce intérieure. Maison privilégiée, qu’un artiste généreux ressuscite avec science et délicatesse.

 Dès le XIIIe siècle, Riorges appartenait à la maison de l’Espinasse. Au XVe siècle, Marguerite de Rochefort porta Riorges à Claude Courtin. Elle en avait sans doute hérité d’une l’Espinasse, peut-être Jeanne, mariée à un Rochefort. La terre était isolée des autres biens des Rochefort, et convenait à l’établissement d’une fille, dont le mari, venu de Bourgogne, ne possédait rien en Forez. Comme les Courtin, comtes de Villiers-sur-Marne et marquis de Tanqueux, dont ils étaient reconnus et alliés, les Courtin du Forez, se rattachaient à l’ancienne maison de ce nom au Maine, qui, née à Courtin au XIe siècle, s’éteignit à la fin du XVIe, avec Olivier de Courtin d’Abatant, chevalier de l’ordre du Roi. Mathieu, écuyer, second fils de Jean II Courtin de Soulgé et de Marie d’Assé, quitta en effet le Maine, en 1410, pour servir en Bourgogne, il peut être le même que l’auteur de la filiation ci-après; il est certain que jusqu’au XVIIe siècle, les Courtin de Neufbourg portaient les armes de leurs homonymes du Maine, un sautoir cantonné de trois croissants. Mais à cette époque, les branches de Villiers-Pomponne et de Tanqueux brillaient d’un grand éclat, donnant des chevaliers de Malte, des ambassadeurs, de nombreux occupants de grands postes civils et militaires. Les Courtin foréziens, flattés d’être reconnus par d’aussi puissants parents, adoptèrent les armes pleines de ces Courtin, qui n’avaient conservé que les trois croissants du blason de l’ancienne maison mancelle.

 Mathieu Courtin, homme d’armes au service du duc de Bourgogne, en 1422 et 1432, père Jean Courtin, marié en Bourgogne en 1455 dont Claude Courtin, chevalier en 1474, marié à Marguerite de Rochefort, dame de Riorges, dont la mère devait être une l’Espinasse, et dont il eut Benoît Courtin, écuyer, seigneur de Riorges et des Molières en Mably, épousa Claude Aubry, dont Benoît-Garnier Courtin, écuyer, épousa Anne Dumas, fille de Jean et de Philiberte de la Mure, dont Antoine Courtin, seigneur de Riorges et des Molières, bourgeois de Roanne; médecin-apothicaire, dérogea en 15922, en prenant à ferme, les terres du prieuré de Beaulieu, voisines des siennes. Il épousa, le 20 juin 1594, Françoise de Chastelus, fille d’Antoine, dont Jean Courtin, écuyer, seigneur de Riorges, Villerest, etc (1601-1660), assesseur et premier élu en l’élection de Roanne, épousa en 1633, Blanche Reymond, fille de Bonnet et de Florie Pouderoux, dont Jean Courtin de Riorges (1634-1689), gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, bourgeois de Roanne, assesseur criminel et premier élu en l’Election. Par lettres du 16 juillet 1679, Louis XIV le releva de la dérogeance de son aïeul; le 4 septembre 1680, il produisit ses faits de généalogie devant la cour des aides de Paris "justifiant qu'il est issu de l'une des plus anciennes familles nobles de la province". Le 31 mars 1681 l’assemblée de la ville de Roanne, reconnut véritables ces faits de noblesse, et le 19 octobre 1681, un arrêt de maintenue le reconnut issu en ligne directe de Claude Courtin, époux en 1674 de Marguerite de Rochefort. 

 Jean Courtin épousa, le 5 novembre 1662, Françoise de la Mothe. Elle était fille d’Antoine, seigneur de Sully, et lui donna parmi dix enfants, dont Jean-Claude Courtin de Neufbourg, seigneur de Riorges, Neufbourg, etc, (1665-1713), maintenu en 1697, se fit reconnaître "comme de même estoc" par Charles de Courtin, comte de Villiers; il fut tué en duel par le capitaine de Bellancourt, à la suite de la réclamation faite par le seigneur de Riorges, d’un homme de cette paroisse, levé frauduleusement pour le régiment de Chalmazel. Il épousa, le 26 février 1702, Marie-Benoîte de Noyel, dont parmi huit fils Jean-François de Courtin de Neufbourg (1703-1791), seigneur de Riorges, Neufbourg, Rilly, rebâtit le château et la chapelle de Riorges de 1770 à 1775. Marié le 20 novembre 1735, à Marie-Claire de Giry, dont Nicolas de Courtin, dit le chevalier de Neufbourg (1744-1788), seigneur de Riorges, Neufbourg, Rilly, etc, baron du Tronchy, capitaine au régiment d’Artois-Cavalerie, chevalier de Saint-Louis, mort au château de Chérie d’un coup d’épée reçu en duel le 12 janvier 1788. Marié le 8 novembre 1776, à Agnès-Reine Pocquelin de Clairville, dont Jean-Baptiste de Courtin de Neufbourg, seigneur de Riorges, Neufbourg, etc, parfois dit le comte de Neufbourg, maire de Riorges pendant 25 ans, marié le 20 mai 1801 à Nicole-Hortense Ravel de Montagny. Mineur en 1794, Jean-Baptiste était alors sous la tutelle du comte de Fautrières, qui avait émigré, mais sa tante, la comtesse de Fautrières, vivait cachée chez d’anciens grangers avec l’enfant.

 Riorges fut mis aux enchères, à bougie éteinte, au nom de la révolution, mais Madame de Fautrières conduisit son neveu dans la salle, et lui fit souffler les bougies, prouvant qu’on spoliait un non-émigré. L’attitude de la population sauva l’audacieuse femme et l’enfant conserva Riorges. Il existe au château de Beauvoir toute une correspondance des Sommyèvre qui, en 1818, à la mort de la comtesse de Fautrières, voulaient vendre Courcheval, à Jean-Baptiste d’Allard, mais ils l’ont encore gardé un siècle. En 1831, les Neufbourg voulaient vendre Riorges et entraîner d’Allard â l’étranger. Ils en voulaient 1.485.000 francs, on ne leur en offrait que 1.300.000 francs En 1882, Riorges fut estimé 1.600.000 francs. Madame d’Assier eut en plus la Pierre estimé 400.000 francs. En 1842, Gustave de Neufbourg, frère de Saint-Jean de Dieu, vendit à son frère Ludovic "un château avec bâtiments ruraux contigus, cours, jardins, pièces d’eau, bosquets, prés, terres, vignes, maison dite le château Gaillard, maison de garde, etc", sur Riorges, le tout clos de murs, plus le domaine de la Cour, sur Riorges et Pouilly, pour 80.000 francs. Le château Gaillard est déjà mentionné en 1776. Marie-Louise de Neufbourg, née le 13 décembre 1866, fille de Claude et de Marie-Guillaume Sirvanton, petite-fille de Jean-Baptiste Ludovic, et de Marie-Caroline Gonon-Deville (mariés le 13 juillet 1833) et arrière-petite-fille de Jean-Baptiste, précité, porta Riorges à Pierre-Charles d’Assier, le 13 décembre 1866. Les d’Assier le cédèrent, en 1908, à leur parent, M. de Boisset. Jacques de Boisset, né le 28 juillet 1886, fils d’Henri et d’Edith Audras de Béost, a épousé, le 26 avril 1919, Simonne des Hières, fille de Paul et de Madeleine de Loynes. 

 Éléments protégés MH : le château avec ses façades et ses toitures, le hall, le salon et la salle à manger, les communs et le pavillon d'entrée (façades et toitures), la grille, le parc avec son bief : inscription par arrêté du 30 novembre 2007. 

 château de Riorges ou Neubourg 42153 Riorges

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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