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Château de Couzières

Château élevé au début du XVIIe siècle par Hercule de Rohan, à la place d'une construction plus ancienne dont subsistent deux tours pouvant dater du XVIe siècle. L'édifice fut restauré au cours du XIXe siècle. L'utilisation d'éléments du château du XVIe siècle dans la nouvelle construction, a donné au plan quelques irrégularités. Le château comprend au sud un pavillon dont le grand axe n'est pas perpendiculaire à celui du bâtiment principal. La façade de ce pavillon, sur la cour, a conservé son architecture et sa décoration primitives. La façade donnant sur la vallée se développe entre les deux tours et a été refaite au XIXe siècle. La cour est limitée à l'ouest par les communs, au sud par une partie conservée des douves que franchit un pont dormant. Dans cette cour, un bassin est timbré aux armes de François Ier, Claude de France et Louise de Savoie. A l'est de ce jardin, une grotte fontaine, ouverte dans une architecture ornée de pilastres ioniques et couronnée d'une balustrade, date de la fin du XVIIe siècle. Dans ce château eut lieu, le 5 septembre 1619, l'entrevue de réconciliation entre Marie de Médicis et Louis XIII. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et de ses communs ; les boiseries de la bibliothèque, le bassin de la cour d'entrée ; le jardin avec ses sculptures et sa grotte ; les douves : inscription par arrêté du 29 juin 1950. 

 château de Couzières 37250 Veigné

   

Château de la Cour au Berruyer

Le château doit son nom à son premier possesseur connus, Philippe Berruyer. Son fils Gérard est qualifié en 1170 de "haut et puissant seigneur de la Cour au Berruyer". Le coteau, surveillant la vallée de l'Indre et dominant le bourg, constitue une position stratégique de premier ordre. Ce qui explique la présence, dès le XIIe siècle, de la demeure ségneuriale plusieurs fois remaniée jusqu'au XVIe siècle. Le château se compose d'un corps de logis principal, élevé à l'époque de Henri II, qui se termine, sur une cour, par une tour avec escalier et une aile basse en retour à son autre extrémité. Près du portail de l'avant-cour s'élève un ancien petit manoir. De hautes lucarnes, couronnées de frontons, ornent les toitures, lesquelles sont surmontées d'importantes souches de cheminées en pierre et briques. L'aile en retour présente un rez-de-chaussée à galerie sur arcades. Le manoir est percé, côté château, de fenêtres superposées encadrées de pilastres, datant de la première Renaissance. 

 Éléments protégés MH : le château et son pavillon d'entrée: inscription par arrêté du 3 juin 1932. Le manoir du château: classement par arrêté du 13 juillet 1942. 

 château de la Cour au Berruyer 37190 Cheillé 

 Téléphone : 06 80 67 20 13 

Château de Coulaine

Mentionnée dès le XIVe siècle, en 1397 la terre appartient à Jehan de Garguesalle, en 1447 à Jehan de Garguesalle et Jeanne Le Boucher. Remaniement de la chapelle en 1770 ; un corps de bâtiment est détruit dans le premier quart du XIXe siècle ; vers 1820 les jardins sont redessinés ; à partir de 1859 complet remaniement par Henri Quirit de Coulaine avec Deshayes, Podevin, Fournier, Rousseau, Benoist, Palausi, projet de décor intérieur en 1904 par Alain Lafargue architecte, non exécuté. Le château a été construit vers 1470 par Jehan de Garguesalle, à la place d'une forteresse ancienne et plus importante dont les fondations ont été retrouvées. Le château du XVe siècle se compose d'un corps de logis rectangulaire élevé d'un étage et d'un comble, avec lucarnes surmontées d'un gâble orné de crochets et couronné d'un fleuron. Il est cantonné aux angles de tourelles en encorbellement, la façade sud est flanquée en son centre, d'une tour d'escalier, flanquée elle-même à l'ouest d'une tourelle circulaire en encorbellement et couronnée d'une flèche accompagnée de lucarnes. A la base de cette tour d'escalier s'ouvre la porte du logis, surmontée d'une accolade à crochets qui s'amortit par un fleuron entre deux pinacles et le blason des Ouirit est représenté dans le tympan. 

 Éléments protégés MH : le château de Coulaine en totalité : inscription par arrêté du 28 avril 1944. château de Coulaine 37420 Beaumont-en-Véron 

 Téléphone : 02 47 98 44 51 / 06 68 77 77 32 

 

Château de Coudray Montpensier

Le château a été édifié au XIVe siècle et considérablement agrandi et embelli par Louis bâtard de Bourbon et Jeanne de France: travaux de maçonnerie entre 1480 et 1490 par Jean Pourmène. Jeanne d'Arc y logea en attendant l'audience du roi. Au XVIIe siècle, de nouveaux communs ont été bâtis dans la basse-cour, et au XVIIIe siècle ont été ajoutées les écuries. A partir de 1736, l'architecte Aujubault a aménagé, au nord, un jardin régulier. L'édifice a été acheté par l'écrivain belge Maurice Maeterlinck vers 1916, puis a été acquis en 1930 par l'avionneur Pierre-Georges Latécoère, qui a entrepris sa restauration avec l'architecte blésois Henri Lafargue (en conservant les structures anciennes et son caractère médiéval) et l'architecte paysagiste Albert Laprade. Le domaine a conservé l'essentiel de ses limites du XVIIIe siècle et un certain nombre d'éléments: pigeonnier, verger entouré de charmilles, etc.

 Éléments protégés MH : le parc boisé, à l'exception des pavillons modernes : inscription par arrêté du 17 février 1995. Le château, le pont et les douves ; le pavillon médiéval dit le pavillon Louis XIII ; les deux bâtiments des communs, à l'exception des parties modernes ; la cour cintrée, son mur de clôture et ses deux pavillons d'entrée ; l'ancien verger ; les trois jardins clos en terrasse ; l'allée dite avenue de Seuilly : classement par arrêté du 21 janvier 1999. 

 château de Coudray Montpensier 37500 Seuilly 

 Téléphone : 02 47 52 60 77 

 

Château de la Côte

La Couste ou La Côte est un ancien fief qui dépendait pour partie de la châtellenie de Reugny et pour partie de la baronnie de Rochecorbon. D'après l'arpentage réalisé en 1767, la séparation des deux fiefs "est prise précisément par le milieu de la porte du jardin potager et passe en ligne droite par la cheminée de la cuisine et va aboutir sur la route de Reugny à la Croix Blanche". Le plus ancien seigneur connu est Jean Marcirion, qui rend aveu de la terre en 1480. Au début du XVIe siècle, le château appartient à Jean de La Rue, secrétaire du roi, puis à sa veuve Perrine Le Fuzelier et à leur fils Marc de La Rue, maître des requêtes à la chambre des comptes de Bretagne, maire de Tours en 1535. C'est à ce dernier que la construction du château est généralement attribuée, vers 1530. A l'intérieur du vestibule se trouve un bas-relief représentant le dieu Pan et la nymphe Syrinx que Jeanson date précisément de 1526. L'observation des inscriptions en bas à gauche de ce bas-relief semble plutôt indiquer la date de 1521 accompagnée d'une signature (non identifiée).

Le château se compose d'un corps de logis rectangulaire au sud et de deux ailes placées en retour d'équerre au nord-ouest et au nord-est. Le corps de logis sud, élevé d'un étage carré et d'un étage de comble, est construit en moellon enduit et pierre de taille. Le toit à longs pans est couvert d'ardoise et les pignons sont découverts. La façade sud est composée de trois travées dans lesquelles s'inscrivent les différentes baies. Seules les trois lucarnes interrompant l'avant-toit et éclairant l'étage de comble ont conservé leurs caractéristiques Renaissance: fenêtre à traverse (baie centrale) et fenêtres à meneau et croisillon (baies latérales), toutes trois accostées de pilastres et surmontées de frontons encadrés de candélabres et couronnés de coquilles Saint-Jacques. Les deux fenêtres du rez-de-chaussée et de l'étage sur le pignon sud étaient elles aussi à meneau et croisillon à l'origine. Une corniche en pierre de taille et trois niches (dont une murée) ornent la façade. L'angle sud-ouest est occupé par une tour carrée de deux étages carrés, en pierre de taille, couverte d'un toit en pavillon. Un cordon en pierre de taille marque la séparation entre les étages.

Le rez-de-chaussée est occupé par un passage voûté reliant la cour sud et la cour nord. L'angle sud-est est occupé par une tourelle en pierre de taille couverte d'un toit en poivrière en ardoise qui reposait à l'origine sur un encorbellement. Les séparations entre les différents niveaux sont marquées par deux cordons en pierre de taille. Une corniche en pierre de taille couronne la tourelle. La charpente est à chevrons-portant-fermes. Une aile rectangulaire, haute d'un étage carré et d'un étage de comble est placée en retour d'équerre au nord-ouest. Construite en moellon enduit et pierre de taille, elle est couverte d'un toit à longs pans et noue en ardoise. Le pignon nord est découvert. Trois baies inscrites dans une travée sur le pignon nord éclairent les étages. Elles sont toutes accostées de pilastres mais celle du rez-de-chaussée a été modifiée (suppression du meneau et croisillon). Deux cordons marquent la séparation des niveaux. Une niche semblable à celles de la façade sud figure sur le pignon nord au-dessus de l'évacuation d'une pierre d'évier. La charpente de cette aile comprend onze fermes, dont neuf complètes et deux autres s'adaptant au versant de la charpente du logis sud. Le contreventement est assuré par deux décharges en croix de Saint-André entre faîtage et sous-faîtage.

Une autre aile rectangulaire à un étage carré et étage de comble, en moellon enduit et pierre de taille et couverte d'un toit à longs pans en ardoise est placée en retour d'équerre au nord-est. Sur le mur Est trois baies inscrites dans une travée sont elles aussi accostées de pilastres (rez-de-chaussée et comble) et ont fait l'objet de modifications (suppression des meneaux et croisillons au rez-de-chaussée et étage). Une corniche en pierre de taille couronnant ce mur gouttereau est interrompu par une lucarne surmontée d'un fronton encadré de candélabres et couronné d'une coquille Saint-Jacques. Cette seconde aile se termine par une tour d'angle carrée, construite en moellon enduit et pierre de taille, couverte d'un toit en pavillon en ardoise. Une cave semble se trouver sous cette tour. Un autre bâtiment rectangulaire, placé en retrait par rapport à la façade Est, prolonge cette aile vers le nord. Ce bâtiment qui à l'origine était un rez-de-chaussée couvert d'un comble a fait l'objet d'une augmentation (ajout d'un étage). Il est construit en moellon enduit et pierre de taille et couvert d'un toit à longs pans en ardoise. Le pignon nord est découvert. La distribution des étages est assurée par un escalier en vis en pierre installé dans une tour carrée hors-oeuvre au nord du corps de logis principal. 

La tour est construite en moellon enduit et pierre de taille et couronnée d'une corniche en pierre de taille. Le toit actuel est un toit à longs pans, à une croupe et à noue mais devait à l'origine être un toit en pavillon: l'observation de la charpente du château montre que la corniche en pierre ceinture totalement la tour. Les ailes en retour d'équerre du corps de logis sud semblent postérieures: l'aile ouest venant s'appuyer sur le pignon et l'aile est, s'appuyant lui-même en partie sur la tour d'escalier cachant partiellement le linteau de la porte d'entrée sur la cour au nord. Pour affiner la datation de cet édifice, les charpentes du corps de logis principal sud et des ailes est et ouest ont fait l'objet de prélèvements afin de les dater par dendrochronologie. Sept échantillons ont été prélevés: quatre sur la charpente ouest, deux sur la charpente sud et un sur la charpente est, ces deux dernières étant difficilement accessibles. L'analyse de ces prélèvements a permis de déterminer que la charpente sud a été mise en place entre 1500 et 1510 (la dégradation des aubiers et un rythme de croissance particulièrement faible ne permettent pas d'être plus précis) et que les charpentes est et ouest ont été mises en place en 1528. Le corps de logis sud aurait donc été édifié par Jean de La Rue ou sa veuve, puis agrandi et remanié par leur fils. 

Pour Ranjard, la famille Forget aurait acquis le château dès 1535. Il semble cependant que cette famille ne soit devenue propriétaire du château que dans la seconde moitié du XVIe siècle puisqu'une plaque, rappelant diverses fondations et donations, conservée dans l'église de Reugny, datée de 1555, mentionne Marc de La Rue comme seigneur de la Côte à cette date. Cinq familles se succèdent entre le milieu du XVIIe siècle et le milieu du XVIIIe siècle: du Closeau (1654), Rouillé (1669), de Châtelain (1711), de Réal (1717), de La Martellière (1719). En 1760, Nicolas Chaban, administrateur des postes et relais de France, seigneur de Valmer, acquiert le domaine. Il appartient ensuite à sa soeur Marie, épouse de Jacques Valleteau de Chabrefy, en 1763, puis à leur fils Thomas Valleteau de Chabrefy, lieutenant général du bailliage et siège présidial de Tours, mort en 1792. Les deux fils de ce dernier, Thomas et Jérôme, se partagent sa succession : Valmer (Chançay) revient à Thomas et La Côte revient à Jérôme, puis en 1876, à la fille de ce dernier, femme du baron de Pitteurs. Albert Ier, roi de Belgique, y aurait séjourné à plusieurs reprises. 

L'ensemble du château a fait l'objet de quelques modifications au XIXe siècle. Les baies du rez-de-chaussée et de l'étage ont été modifiées (suppression des meneaux et croisillons, agrandissement de l'entrée) comme en témoigne une lithographie de Victor Petit (1818-1871) montrant l'état antérieur. Un étage a été ajouté à l'aile la plus au nord en 1847. Les niches visibles à l'étage de la façade sud du corps de logis sud et sur le pignon nord du rez-de-chaussée de l'aile ouest, qui accueillent deux blasons depuis la fin du XIXe siècle, ne peuvent être datées avec précision (XVIe siècle ou ajout dans la première moitié du XIXe siècle). Une troisième, à gauche de l'entrée, a été murée dans la seconde moitié du XIXe siècle. D'après Vacquier, les armes de Thomas Bohier placées dans plusieurs niches ont été rapportées au XIXe siècle pour rappeler qu'il aurait eu un délai d'option sur le château. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, le château appartient à M. Besnier, industriel à Château-Renault, qui fait creuser l'étang dans les années 1970. Plusieurs caves troglodytiques, situées dans le coteau à l'ouest, ont servi de carrières de pierre avant d'être réutilisées comme boulangerie, cuisine, porcherie, bûcher... Trois fours à pain et deux cheminées sont encore présents aujourd'hui. Une cheminée présente des corbeaux semblant dater du XVIe siècle.

Dans la cour nord se trouve un puits circulaire en pierre de taille sculptée est protégé par un abri reposant sur quatre poteaux couvert d'un toit en pavillon qui daterait du XVIe siècle. Trois tourelles bâties en pierre de taille et couvertes de toits coniques en ardoise sont situées aux angles sud-est et nord-est des jardins, à proximité de l'ancien portail nord. Le portail nord se compose d'une porte charretière et d'une porte piétonnière. Une meurtrière est visible sur la muraille à l'ouest de cette ancienne entrée. Le portail sud, construit en pierre de taille, se compose d'une porte charretière en plein cintre et d'une porte piétonnière. L'ensemble est surmonté d'un fronton galbé au centre duquel se trouve une pierre rectangulaire où figure un arbre qui pouvait être encadré de blasons. Ce portail aurait été édifié à la fin du XVIIIe siècle par la famille Valleteau de Chabrefy, dont les armes familiales auraient été bûchées à la Révolution. Cependant, le procès-verbal d'éventilation de 1712 mentionne la présence des deux portails dès cette époque: "grandes portes pour entrer ès cours dudit lieu du côté du bourg de Reugny renfermée de murailles" et "un grand portail pour entrer auxdites cours du côté de la fuie". Si la famille Valleteau de Chabrefy a fait construire le portail, il ne peut s'agir que d'une reconstruction. Par ailleurs, il se pourrait que cette reconstruction soit plus tardive, le fronton du portail actuel portant la date de 1811.

 La date de construction de la chapelle n'est pas connue avec certitude, mais l'arpentage général des terres de La Côte réalisé en 1597 indique à cette époque la présence de "deux chapelles". La deuxième chapelle, à nouveau mentionnée en 1666, mais n'étant plus utilisée en 1669, était située dans un bâtiment non localisé relevant de Rochecorbon. D'après les blasons présents sur les clés de voûtes appartenant aux familles de la Rue et le Fuzelier, la chapelle aurait été bâtie au début du XVIe siècle et serait contemporaine du château. De plan rectangulaire, elle est édifiée à l'extrémité nord de la terrasse du château. Construite en pierre de taille, elle présente un toit à longs pans en ardoise et des pignons découverts. Une corniche en pierre de taille est présente sur le mur gouttereau sud et six contreforts permettent de renforcer la stabilité de l'édifice. Deux baies en tiers point éclairent le chevet plat et le mur gouttereau sud. L'accès à la chapelle s'effectue grâce à une porte à linteau mouluré en anse de panier ouverte dans le mur sud. A l'intérieur, l'espace est divisé en deux travées couvertes de voûtes sexpartites dont les retombées d'ogives reposent sur des culots. Les deux clés de voûtes polychromes sont composées d'un médaillon ceint d'une couronne végétale accueillant en son centre un blason. La verrière de la baie sud a aujourd'hui disparu. 

 Éléments protégés MH : le château (sauf parties classées) : inscription par arrêté du 1er mars 1930. Les façades et les toitures du château, la chapelle, les terrasses : classement par arrêté du 14 février 1989. Le pigeonnier et le portail: inscription par arrêté du 14 février 1989. 

 château de la Côte 37380 Reugny

   

Château de Contebault

Contebault relevait pour moitié de la collégiale de Candes, et pour moitié de celle de Saint-Mexme à Chinon. Un manoir primitif, construit au XVIe siècle, comprenait deux ailes perpendiculaires. Les angles nord-est et nord-ouest portent une tourelle cylindrique en encorbellement. Au XVIIe siècle fut ajouté, à l'angle sud-est du bâtiment principal, un bâtiment carré accompagné d'une tour carrée. Une tour d'escalier cylindrique couverte d'un dôme fut montée dans l'angle rentrant. Jean Ribotteau projetait de transformer le manoir en un château régulier flanqué de pavillons aux angles; le commanditaire ruiné, n'ayant pu achever son oeuvre, seule une moitié a été réalisée. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures : inscription par arrêté du 4 octobre 1962. 

 château de Contebault 37420 Huismes

 

Château de Civray-de-Touraine

Le château de Civray a remplacé un édifice plus ancien et passe pour avoir été édifié en 1715 pour le tourangeau Louis Lhomme de La Pinsonnière. La tradition orale attribue les plans à Germain Boffrand, qui aurait établi un premier projet, non réalisé, pour le château de Montgeoffroy (Maine-et-Loire), projet remployé à Civray. La date de construction et l’attribution ne sont cependant pas certaines et pourraient être un peu plus tardives. En 1729, Jacques Lhomme de la Pinsonnière, chef de gobelet du roi Louis XV, achète un terrain derrière l’église de Civray où il fait construire une demeure qui s’appelait à l’origine la Barillonerie; ce nom s'est progressivement perdu au bénéfice de celui de château de Civray. Le château a été remanié sous la Restauration et prolongé à l'est et à l'ouest par deux petits pavillons. Les communs sont situés à l'angle nord-est de la propriété et datent de 1635. Il est intéressant de remarquer que Jacques Lhomme (1701-1780) épousa Marguerite de Frémault qui lui apporta Villiers à Luzillé (acquis par son père en 1740) en dot. La restauration de Villiers au XIXe siècle a pu s’inspirer de Civray pour la façade antérieure. Le château de Civray est demeuré dans la famille Lhomme de la Pinsonnière jusqu’en 1894. Après plusieurs mutations, la propriété est achetée en 1958 par Yvonne Caroline de Thoran, princesse de Pückler, et appartient toujours à cette famille. 

La propriété, située à l'est du village, close de murs, couvre quatre hectares. Un jardin régulier précède le château, orienté est-ouest, et deux terrasses dominent au sud un parc paysager longé par la voie ferrée. Le château constitue un exemple de "maison plate", terme faisant référence à l'absence de plateforme fossoyée. Les façades nord et sud du grand corps de logis, construit en pierre de taille de tufeau, comportent cinq travées dont quatre ordonnancées de chaque côté d'un corps central à pilastres à bossages supportant un fronton triangulaire; ces cinq travées, côté nord, sont prolongées à l'est et à l'ouest d'un avant corps en faible saillie large d'une travée, avec des chaînages d'angle traités en bossages. Côté sud, ces avant-corps latéraux n'existent pas mais les baies sont disposées exactement en face de celles de la façade nord; la façade sud compte au total sept travées. L'élévation comporte un étage carré séparée du rez-de-chaussée par un bandeau plat. L'étage de comble est éclairé par quatre lucarnes à croupe au nord et deux au sud, ainsi que par une petite baie cintrée percée dans le fronton sud. Le fronton nord est sculpté aux armes des Thoran-Pückler: Écartelé aux 1 et 4 au chevron d'azur accompagné de trois coquilles; aux 2 et 3 à la tête d'aigle (qui est Pückler); sur le tout: au lion à la queue nouée et passée en sautoir (qui est Thoran). Deux lions en support; couronne de marquis; devise "Avec Dieu le puis". De part et d'autre des avant-corps deux petits pavillons de plan carré leur sont accolés. Moins élevés que le corps de logis, ils comprennent un rez-de-chaussée et un étage carré. Le toit du corps de logis est à longs pans et à croupes, couvert en ardoise. 

 Éléments protégés MH : : les façades et les toitures du château et le parc : inscription par arrêté du 6 mars 1947. 

 château de Civray 37150 Civray-de-Touraine 

 Téléphone : 02 47 23 92 37 ou 06 47 53 81 65

   

Château de Cinq Mars

Avec ses tours, ses douves, ses fortifications, Cinq-Mars est le type classique du château féodal. Le premier seigneur connu vivait en 1050. A la suite de l'exécution du propriétaire, Henri de Ruzé d'Effiat, grand Écuyer et favori du Roi, en 1642, la forteresse fut rasée sur l'ordre de Richelieu. Le château comprend actuellement le logis des gardes, du XVe siècle, dont les façades ont été modifiées aux XVIIIe et XIXe siècles, qui se développe entre deux tours rondes, dont celle du nord est accompagnée d'une tour d'escalier. La forteresse est entourée de douves refaites au XVIe siècle. Le pont-levis a été remplacé par un pont dormant à trois arches. Des quatre tours reliées par des bâtiments ou des courtines, subsistent la tour Est, la tour sud du XIIIe siècle, et la base de la tour nord, donjon de la fin du XIIe siècle. Les étages supérieurs ont été détruits. Un crénelage moderne fantaisiste couronne les tours. Un ouvrage avancé, dit l'Eperon, de plan triangulaire, s'étend au sud-est de la forteresse. L'angle saillant est occupé par une échauguette. Il fut construit ou remanié au XVIe siècle, en même temps que les douves. A l'angle correspondant de la muraille supérieure des douves, se dresse une tour cylindrique datant du XVe siècle qui contenait une vis en pierre qui permettait aux seigneurs de descendre du château au prieuré contigü à l'église. 

 Éléments protégés MH : les deux tours restantes et les douves avec leur pont : classement par arrêté du 27 avril 1976. Les façades et les toitures des anciens communs et les restes de l'enceinte : inscription par arrêté du 27 avril 1976. 

 château de Cinq Mars 37130 Cinq Mars la Pile 

 Téléphone : 02 47 96 40 49 ou 06 12 01 65 76 

 

Château de Chinon

Trois maîtres dans l'art des fortifications ont laissé leur empreinte sur le château fort actuel: deux rois d'Angleterre Henri II et Richard Coeur de Lion et un roi de France, Philippe Auguste. Avec Charles VII, débute pour Chinon une page d'histoire. Charles VII n'est que le "Roi de Bourges" quand, en 1427, il installe sa petite cour à Chinon. Il y réunit les États Généraux des provinces du Centre et du Sud encore soumises à son autorité. Les États votent 400.000 livres pour organiser la défense d'Orléans, assiégée par les Anglais. Jeanne d'Arc, escortée de six hommes d'armes fait le voyage de Lorraine à Chinon, sans rencontrer une seule des bandes armées qui désolent le pays. Quand la petite paysanne de 18 ans est introduite dans le palais, la salle est illuminée de 50 torches, 300 gentilshommes en riches costumes sont réunis, le roi se dissimule dans la cohue, un courtisan a revêtu son habit. Jeanne avance timidement, distingue aussitôt le vrai Charles VII et va droit à lui. Bien qu'il prétende ne pas être le roi, elle lui embrasse les genoux; "Gentil Dauphin, lui dit-elle, (Charles n'ayant pas été sacré, il n'est pour elle que le Dauphin), j'ai nom Jehanne la Pucelle. Le roi des cieux vous mande par moi que vous serez sacré et couronné en la ville de Reims et vous serez lieutenant du Roi des Cieux qui est Roi de France. Je te dis, de la part de Messire le Christ, que tu est héritier de France et vrai fils de roi, il se sent réconforté et bien près d'être convaincu de la mission de l'héroïne. Le château reste le siège de la cour jusqu'en 1450, puis on l'abandonne. Mais Chinon retrouve un éclat fugitif en 1498, quand le roi Louis XII y reçoit le légat du pape, César Borgia, venu lui porter la bulle de son divorce. Louis XII se sépare sans regret de Jeanne de France, la fille de Louis XI. Quand meurt Charles VIII, Louis XII doit, selon le testament du défunt, épouser sa veuve Anne de Bretagne. Il a pour elle une vive inclination et ce nouveau mariage conserve la Bretagne à la couronne, double raison pour que le roi célèbre par des fêtes l'arrivée de la bulle libératrice.

Richelieu, le grand cardinal, jette son dévolu sur le château de Chinon et non sans peine, en devient possesseur. L'édifice reste dans sa famille jusqu'à la révolution. Il est mal entretenu et les bâtiments commencent à s'effriter et sous Napoléon Ier, la ruine s'accentue. Devenu propriété du département, Chinon a été l'objet de réparations et de consolidation des ruines. C'est depuis la rive sud de la Vienne que la vue sur le château est la plus belle. Placez vous près du pont et vous pourrez admirer l'envergure du château de Chinon. La forteresse médiévale remarquable par ses dimensions domine l'ensemble de la ville sur toute sa longueur, environ 500 m de long sur 100 de large, les murailles suivent le contour de l'éperon rocheux au nord de la Vienne. Le château se décompose en trois parties: le Fort du Coudray, le château du Milieu et le Fort Saint Georges. Le Fort du Coudray contient le donjon ou Tour du Coudray qui occupe la partie Ouest de la construction. Il a été bâti au XIIIe siècle sous Philippe Auguste. Il fait 25 mètres de hauteur et 12 mètres de diamètre. Il compte trois étages dont les deux inférieurs sont voutés. Jeanne d'Arc habitait le premier étage durant son séjour à Chinon. Le fort du Coudray comporte deux autres belles tours d'enceinte, la Tour de Boisy et la Tour du Moulin. Sur le coté Nord du Donjon on peut observer les fondations de l'ancienne chapelle saint Martin. Dans la cour se trouve un puits qui a une profondeur de 95 mètres, de nombreux souterrains partaient du fort du Coudray, les accès en sont toujours visibles au bas du Donjon et de la Tour de Boisy. La Tour du Moulin est située à l'angle sud-ouest de l'édifice. Elle fait 20 mètres de haut et 8 mètres de diamètre, on attribue son origine à l'époque de Henri II Plantagenet. Elle comporte trois étages et est très bien protégée par plusieurs lignes de défense ce qui, ajouté à sa position, la rendait pratiquement inexpugnable. La Tour de Boisy est située à l'angle Sud-Est du fort du Coudray et domine la ville. A l'origine elle s'appelait Tour du Beffroi. Elle fait 30 mètres de haut et a la forme d'un rectangle de quinze mètres de long sur dix mètres de large. L'épaisseur moyenne des murs est supérieure à trois mètres. La tour de Boisy communiquait avec le Donjon au niveau des étages supérieurs. La salle du niveau supérieur était la plus belle du château avec sa hauteur de 6,5 m. Le château du Milieu forme la partie centrale de l'ensemble. Le fossé qui sépare le fort Saint Georges du château du Milieu était enjambé par un pont de bois aboutissant à un pont levis. Un pont en pierre l'a remplacé. L'entrée du château se fait par la tour de l'Horloge. Vue de profil, de la ville, elle donne l'impression d'une colonne. Une cloche, la Marie Javelle, sonne toujours les heures. Sur la gauche, se trouvent les restes des logis Royaux le long de la courtine sud, avec en particulier la grande salle. La partie Nord des logis Royaux a disparu, notamment la chapelle Ste Melaine, l'extrémité ouest des logis Royaux communiquait par un pont-levis avec le Fort du Coudray. Les Logis Royaux ont été bâtis du XIIe au XVe siècle. Ils formaient un U, il ne reste que la partie sud donnant sur la ville et ils comprenaient la Grande Salle et des pièces d'habitation dont la chambre du Roi. A l'époque de Charles VII, les logis Royaux ont été le théâtre d'épisodes marquants, l'enlèvement de Georges de La Trémoille à l'instigation du Connétable de Richemont.

La grande salle venait d'être construite quand eu lieu en 1429, à cet endroit, la présentation de Jeanne d'Arc à Charles VII. La courtine Nord est constituée de trois tours: la tour d'Argenton, la tour des Chiens et la tour de l'Echauguette. La tour d'Argenton a été construite à la fin du XVe siècle par Philippe de Commynes, seigneur d'Argenton. Elle a servi de prison, c'est là que les célèbres cages de Louis XI étaient utilisées. La Tour des Chiens a été édifiée à l'époque de Philippe Auguste, au début du XIIIe siècle, le nom vient de ce qu'elle servait d'abri pour les meutes royales. Elle fait 23 mètres de hauteur et comporte trois étages, l'étage supérieur est un peu en contrebas du sol du château, l'ensemble des niveaux est relié par un escalier. La Tour de l'Echauguette permettait de controler les murailles Nord et Est du château, le fort Saint Georges aujourd'hui démantelé, a été construit après les deux autres châteaux, pour Henri II Plantagenêt. Le nom du fort venait de sa chapelle, consacrée au patron de l'Angleterre... 

 Éléments protégés MH : le château : classement par liste de 1840. Le terrain : classement par décret du 27 avril 1926. Les parcelles de terrain : classement par arrêté du 7 juillet 1926. 

 château de Chinon 37500 Chinon 

 Téléphone : 02 47 93 13 45 

   

Château du Chillou

Château construit à la place d'un édifice plus ancien. En 1506, il passe aux mains de François du Plessis, arrière grand-père du cardinal de Richelieu. Le Chillou fit partie du domaine érigé en duché en 1631, en faveur du ministre de Louis XIII. Les ducs de Richelieu le possédèrent jusqu'en 1805. Entouré de douves, le château comprenait quatre corps de bâtiments limitant chacun un côté d'une cour intérieure rectangulaire. Au sud, la porte fortifiée, élevée sur plan carré, flanquée sur deux angles d'une tourelle circulaire couronnée de mâchicoulis. A l'est, la porte est reliée par une tour d'escalier en retrait, à la grosse tour d'angle sud-est. Le corps de logis oriental réunit cette tour à celle de l'angle nord-est. Le bâtiment nord comprend la chapelle. L'angle nord-ouest est occupé par une tour qui fut ou est devenu le pigeonnier. Sous la cour se trouvent des souterrains dont les galeries multiples se prolongent très loin.

 Éléments protégés MH : le château du Chillou, avec ses douves (ruines) : inscription par arrêté du 14 novembre 1951. 

 château du Chillou 37120 Jaulnay

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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