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Château de Bellegarde

Bellegarde, connue jusqu’au XVIIe siècle sous le nom de "Choisy-aux-Loges" (en raison de l’installation de marchands de Sully dans de petites loges réparties autour de la place du marché) abritait déjà un donjon en pierre au XIIe siècle. En 1358, Choisy devient la propriété de Nicolas Braque. Grand argentier de Charles V, il édifia le donjon actuel à l’emplacement du précédent comme en témoignent la présence d’un pilier ainsi que les restes d’une salle basse conservés au rez-de-chaussée. Une fois aux mains de la famille de L’Hospital en 1358, la fille de Nicolas Braque ayant épousé Jean de L’Hospital, le domaine demeure pendant neuf générations la propriété de la même famille. Grâce aux estampes de Chastillon et aux descriptions de dom Morin, du tout début du XVIIe siècle, il est possible de restituer un terre-plein et deux cours comme c’est encore le cas aujourd’hui. Deux pavillons d’entrée encadrant une porte charretière étaient reliés au château par deux galeries constituées d’arcades en brique dont les traces d’arrachement, avec les départs de voûte, subsistent sur la façade antérieure. Ceci explique le tracé toujours irrégulier du terre-plein et les excroissances du côté nord. Une "basse-cour", reliée au terre-plein par deux ponts-levis successifs, précédait l’ensemble. Elle se composait d’un bûcher, de granges, d’une laiterie, d’une bergerie, d’une "vacherie", d’une porcherie, d’un pressoir ainsi que d’une mare, le tout clos d’un mur de brique aux angles marqués de tourelles. Il semblerait que l’impressionnante tour Capitaine, encore visible aujourd’hui, fasse déjà fait partie de l’ensemble. La citation d’Horace gravée sur une ardoise qui surmonte l'entrée, nota quae sedes fuerat (naguère célèbre par ses colombes), évoque une fonction de colombier.

Une grange dîmière, toujours en place et exclusivement en brique, semble appartenir à ce que dom Morin dénommait "les granges" et pourrait être contemporaine de la tour Capitaine. Cette première cour débouchait, à l’est, sur une "haute cour" pavée, close et entourée de "beaux bâtiments de brique" qui incluaient la maison de l’écuyer, des écuries et des galeries. Le château, de plan carré et cantonné de tours en encorbellement, tel que nous pouvons encore le voir aujourd’hui, était doté, au centre de sa façade antérieure, d’une tour polygonale abritant un escalier en vis. Une excroissance en brique est ajoutée au donjon en moellon, probablement au début du XVIe siècle. Baptisé pavillon des Ondes, ce bâtiment a dû s’avérer nécessaire afin de contrecarrer l’inclinaison de la façade occidentale du donjon, à la manière d’un contrefort. Un rôle qui semble d’autant plus pertinent que la façade ouest du pavillon des Ondes s’incline elle aussi à partir du premier étage mais dans le sens inverse. D'ailleurs, l’ensemble du donjon semble avoir longtemps souffert d’un manque de stabilité si l’on en croit les multiples plaques métalliques scellées dans le mur méridional, comprimant ce dernier à la manière d’un étau. Signalons que la tour Capitaine et le pavillon des Ondes, bénéficiant d’un appareillage identique, ont dû être construits en même temps, sous l’autorité de Jacques de L’Hospital, compagnon d’armes du roi Henri IV.

Marquisat sous la famille de L’Hospital, la terre de Choisy-aux-Loges est élevée au rang de duché-pairie de Bellegarde lorsque le grand écuyer Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde, devient propriétaire en 1645. Après être passé des mains de son neveu à celle de la veuve de ce dernier, Bellegarde est cédé un demi-siècle plus tard à Louis Charles Antoine de Pardaillan de Montespan, marquis d’Antin (et bientôt duc). Lieutenant général des armées du roi et gouverneur d’Orléans à partir de 1707, ce personnage était également chevalier de l’ordre du Saint-Esprit et surintendant général des Bâtiments et Jardins du roi. C’est à lui que Bellegarde doit ses principaux embellissements et, par conséquent, son allure actuelle. Il transforme ainsi les anciennes écuries en deux pavillons: celui du Jardinier et celui du Dôme, ce dernier étant destiné à abriter ses chevaux. Sa porte, refaite au XIXe siècle, est surmontée de trois têtes de chevaux sculptées qui émergent d’une peau de félin aux pattes pendantes attribuées à Coysevox. Dans le fronton, le blason du duc d’Antin coiffé de la couronne ducale, enrobé d’un manteau de pair de France et flanqué de deux palmes finement sculptées. Antoine de Pardaillan fait construire, entre 1717 et 1727, la majorité des bâtiments de la cour principale notamment son logis, aujourd’hui café du château, baptisé pavillon d’Antin, laissant le donjon à ses invités. Ce réaménagement des lieux incluait une bâtisse, intercalée entre les cuisines et le pavillon de la Salamandre, qui n’existe plus. Le château connaît quelques remaniement extérieurs tels que la transformation des ponts-levis en ponts-dormants, la reprise des ouvertures et la réalisation d’un escalier en fer à cheval sur la façade postérieure mettant ainsi en scène l’accès au jardin et au parc, soit un ensemble de plus de 400 hectares.

Des plans représentant sa propriété semblent décrire la vision qu’avait le duc de Bellegarde avant l’aboutissement des travaux et révèlent des projets plus fastueux encore avec une cour orientale, la basse cour, bordée de bâtiments plus nombreux, certains possédant une galerie en rez-de-chaussée. Le domaine est finalement vendu, en 1794, en tant que bien national. Les deux propriétaires successifs donnent au château sa configuration actuelle en faisant démolir les pavillons et les galeries qui précédaient le donjon. De multiples morcellement ont eu lieu par la suite jusqu’au rachat par la municipalité de Bellegarde dont les services administratifs sont abrités dans le pavillon de la Salamandre; quant au parc, il a été urbanisé en 1925. Bien que l’ensemble se compose de réalisations qui se sont échelonnées sur quatre siècles, de Nicolas Braque au duc d’Antin, nous ne pouvons qu'être sensibles à l’unité qui s’en dégage, le dernier commanditaire ayant vraisemblablement veillé au respect du style des époques antérieures. Ainsi les cuisines et les pavillons d’Antin, de la Salamandre et de l’Intendance font non seulement écho aux couleurs du pavillon des Ondes et de la tour Capitaine, mais ils possèdent le même appareil de brique et une répartition des pierres de taille doublée d’une conception des encadrements identiques. Une homogénéité d’autant plus importante qu’au XVIIe siècle, l’ancienne "basse-cour" de dom Morin était devenue l’avant-cour du château, annonçant et mettant en valeur le donjon. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des bâtiments suivants : le donjon et le pavillon du XVIIe siècle accolé au donjon ; le pavillon d'Antin ; le pavillon de l'Intendance et du Capitaine, et les deux pavillons attenants ; le pavillon du Jardinier ; le pavillon de l'Ecuyer et les écuries attenantes ; le pavillon de la Salamandre (Hôtel de Ville) : inscription par arrêté du 24 avril 1928. Les parties des communs : inscription par arrêté du 13 mai 1937. Le donjon de l'ancien château : les murs, les parapets et les tertres des douves, la plateforme avec ses deux ponts d'accès : inscription par arrêté du 22 octobre 1969. 

 château de Bellegarde 45270 Bellegarde 

 Téléphone : 02 38 90 25 37

 

Château Dunois

Le château est implanté sur la rive droite de la Loire, à flanc de coteau sur un éperon calcaire délimité par le fleuve et le ru qui traverse la ville. D'après les éléments architecturaux visibles, ici et là, ou des bâtiments encore en place à l'intérieur de son enceinte, les parties les plus anciennes sont romanes. Il conserve de cette période un donjon quadrangulaire commencé entre 1015-1030. Au nord-est, le logis seigneurial de plan rectangulaire avec sa cour intérieure comprend le logis de Dunois à l'est sur lequel on aperçoit des vestiges de baies romanes. Il fut transformé au XIVe siècle puis agrandi entre 1452 et 1460 environ et encore modifié entre 1519 et 1523. En face, le logis de Jean d'Orléans-Longueville fut édifié entre 1516 et 1520 tandis qu'un corps de galeries superposées, au sud, remonte à l'époque de Dunois. Au nord se trouve un bâtiment du XIXe siècle qui remplaça une construction en maçonnerie au rez-de-chaussée et à pan de bois à l'étage. Cette dernière fut sans doute édifiée à l'époque de Dunois et comportait au rez-de-chaussée : cuisine, un ou deux offices et des chambres à l'étage. L'ensemble du logis fut transformé après la Révolution et lors de la création d'un Dépôt de Mendicité en 1839 dans l'enceinte du château, et plus récemment lors de la mise en place du musée. Au sud du château fut implantée une abbaye de chanoines réguliers de Saint-Augustin dont l'abbatiale des années 1140 est conservée. Les bâtiments conventuels de la fin du XVIIe siècle servent d'école pour l'un et d'hôtel-restaurant pour l'autre. Entre le donjon et le logis seigneurial s'élevait à l'origine un important bâtiment de trois niveaux dont il reste les murs gouttereaux est et ouest et le mur pignon nord dont le pignon a disparu. Sur ce dernier mur qui fait partie de l'enceinte du château, se voit une baie géminée romane sous un arc de décharge. Un document du début du XIXe siècle représente partiellement le mur pignon sud dont seuls étaient conservés les deux niveaux inférieurs. L'étage s'ouvrait de plusieurs baies géminées en plein cintre, sans arc de décharge visible. L'enceinte castrale pourrait remonter au début du XIIIe siècle selon C. Corvisier. La chapelle Saint-Georges, qui remplaça une chapelle du début du XIIIe siècle, remonte sans doute au second quart du XIVe siècle. Le culte de Saint Georges apparut en effet, dans l'entourage royal de Philippe VI, à partir de 1331. Le château, par son emplacement original à flanc de coteau, commande l'accès du pont sur la Loire dont la plus ancienne mention remonte à 1145. Il n'est donc pas impossible qu'un pont pouvait déjà exister à l'époque de construction du donjon au début du XIe siècle. La présence de plusieurs pièces frappées à Beaugency du temps de Charles le Simple (898-923) signale un pôle économique local qui pose ce problème avec encore plus d'acuité.

Le donjon dit Tour César, emmotté à l'origine et ceint d'une chemise, fut édifié par Lancelin 1er, seigneur de Beaugency, entre 1015 et 1030 avec trois niveaux : une salle basse voûtée et deux étages d'habitation, le dernier étant surmonté d'un chemin de ronde et d'un crénelage. Durant le troisième quart du XIIe siècle, sous Lancelin III, un troisième étage crénelé avec chemin de ronde et échauguettes aux angles nord et sud de la face orientale fut ajouté. Les baies géminées cintrées du deuxième étage remontent, d'après le style de leur chapiteau, à l'époque où fut édifiée la nouvelle église Notre-Dame, c'est-à-dire dans les années 1140. Durant la première moitié du XIIIe siècle fut ajouté un mur longitudinal reposant sur des arcades apparemment cintrées à la place des cloisons primitives à chaque étage. Sous Philippe le Bel, qui racheta la seigneurie de Beaugency en 1292, on éleva un quatrième étage à partir du chemin de ronde du dernier niveau et de nouvelles cheminées furent réalisées à chaque étage sur les murs est et ouest. Plus précisément, entre 1303 et 1305, on perça 16 fenêtres sur les 18 projetées. Au début du XVIe siècle, on perça six petites fenêtres et on ajouta deux cabinets de latrine à l'ouest. Divers aménagements furent entrepris sous Jean d'Orléans-Longueville, petit-fils de Dunois, en 1519, 1523 et 1524 et après sa mort en 1535. En 1567 ou 1568, le donjon fut incendié par des flammèches provenant de l'incendie de l'église abbatiale causé par les nouveaux réformés. Jusqu'au XIXe siècle, il resta en ruine. Dans la nuit du 22 au 23 février 1837, la voûte du rez-de-chaussée s'effondra, emmenant avec elle les refends à arcades supérieures, ne laissant plus que les quatre murs de l'édifice. Les archives municipales conservent un double projet de charpente à poser au-dessus de la voûte écroulée. Le premier est une charpente courante à fermes et pannes et l'autre envisageait la pose d'une charpente d'assemblage du type "Philibert Delorme" composée de 35 cintres à 18 toises de planches par cintre. Ni l'un ni l'autre ne fut suivi d'effet.

Le logis seigneurial de Dunois et de Jean d'Orléans-Longueville est implanté au nord-est du château et s'appuie sur le mur de courtine nord alors que ce dernier est remplacé par la façade du logis de Dunois à l'est. De plan quadrangulaire, ce bâtiment contient à l'est le corps de logis de Dunois sur lequel vient s'adosser au sud la chapelle Saint-Georges. A l'ouest, en vis-à-vis, s'élèvent les vestiges du logis de Jean d'Orléans-Longueville, son petit-fils, augmenté d'un pavillon disposé à l'extérieur de l'angle sud-ouest de l'ensemble. Au sud s'élevait un corps de galeries fermé de deux étages joignant les deux corps de logis. Au nord, adossé au mur de courtine de l'enceinte, se dresse un corps de bâtiment élevé après 1839, date de création du Dépôt de Mendicité et avant l'Atlas Froyer de 1847 sur lequel il est signalé en plan. Il joint également les deux corps de logis et remplace un bâtiment en pan de bois de l'époque de Dunois. logis de Dunois fut édifié au milieu du XVe siècle et le logis de Jean-d'Orléans-Longueville à la fin du premier quart du XVIe siècle. Ce dernier fut construit à partir d'un corps de bâtiment préexistant remontant à l'époque romane comme le signale une portion de baie romane cintrée visible dans un vestige de son mur pignon sur lequel s'accole la partie sud-ouest du pavillon Renaissance. Le corps de galerie élevé sous Dunois fut transformé aux XIXe et XX siècles et comporte, à l'heure actuelle, trois niveaux divisés en pièces ou galerie d'exposition dévolues au musée créé en 1927 sous le nom de musée régional de l'Orléanais et devenu musée Daniel Vannier. Le corps de bâtiment nord remplaça une construction plus ancienne remontant certainement à l'époque de Dunois. Elle comportait alors : une cuisine, un ou deux offices au rez-de-chaussée et des chambres à l'étage. En maçonnerie au rez-de-chaussée, elle était à pan de bois à l'étage avec des croisées. 

 Éléments protégés MH : la tour dite César : classement par liste de 1840. Le château de Dunois : pavillon carré du XVIe siècle donnant sur la place de la Barrière ; la tourelle d'escalier hexagonale dans la cour avec les bâtiments en ailes à droite et à gauche ; la petite tourelle contenant l'oratoise du cardinal de Longueville ; l'ancienne chapelle dans l'aile droite : classement par arrêté du 18 août 1926. Le reste de l'édifice : inscription, par arrêté du 16 juillet 1925. Les façades et toitures de la Tour du Diable, le sol des deux parcelles cadastrées : inscription par arrêté du 13 décembre 2006. 

 château Dunois 45190 Beaugency 

 Téléphone : 02 34 59 74 73 

 

Château d'Autry le Châtel

La forteresse féodale d’Autry-le-Châtel, dite "le vieux château", dont il ne subsiste que des ruines et la poterne d’entrée, appartint à la famille de Saint-Brisson avant de passer aux Courtenay. Détruite au XIVe siècle par les Anglais au cours de la guerre de Cent Ans, elle fut relevée et ruinée par les protestants qui provoquèrent sa destruction. Elle représentait un vaste quadrilatère qui englobait aussi le prieuré dont la chapelle resta jusqu’à la Révolution Française. À cette date, elle fut désaffectée et, sous Charles X, transformée en écurie. Le château était entouré d’une double enceinte, et les murs de la deuxième enceinte, flanquée de tourelles, ne furent démolis que sous Louis XIII. Les fossés ne sont plus guère visibles aujourd’hui. L'ancien pont-levis a fait place à une chaussée; mais les corbeaux de pierre supportant les chaînes du pont et les rainures où la herse glissait le long des portants de granit défient toujours le temps. Au centre de la grande cour se dressait la tour crénelée du donjon, les pierres de l’édifice en ruine servirent à construire des bâtiments de ferme. C’est dire si l’ensemble sans aucun entretien a subi au fil des siècles une quasi-totale dégradation. Restauré, le château est un grand bâtiment rectangulaire flanqué au nord et en milieu de façade d'une tour polygonale d'escalier et, au sud, de deux tours d'angles circulaires, celle de l'ouest abritant un oratoire du XVe siècle. La cour d'honneur est limitée par des douves autrefois en eau. Le colombier de la basse-cour présente un extérieur carré alors que l'intérieur possède un dispositif en rotonde des anciennes fuies traditionnelles. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; les terre-pleins Nord et Sud ; les douves : inscription par arrêté du 6 janvier 1971. 

 château d'Autry le Châtel 45500 Autry le Châtel 

 Téléphone : 02 38 36 82 52

 

Château d'Augerville

A la fin du XIIIe siècle, Pierre-de-Beaumont fait édifier, avec son frère Dreux, un château fort. En 1290, le fils de Dreux, Jehan de Beaumont, seigneur d'Augerville, maître du palais royal sous les rois Philippe IV le Bel et Louis X le Hutin, hérite du château qu'il agrandit. Au XVe siècle, faute d'entretien et du fait des pillages, il devient une ruine qu'achète Jacques Coeur qui, en tant que grand argentier de Charles VII, a coutume de racheter les fiefs abandonnés après la guerre de Cent Ans, pour les remembrer à sa guise. Jacques II Cœur hérite du domaine en 1488, puis sa sœur, Marie Cœur de 1505 à 1557, et ensuite sone fils, Jean Luillier. Il accueille le 17 septembre 1562, Catherine de Médicis et le jeune roi Charles IX, Jean Luillier meurt en 1563 à Paris, léguant le château et fief d'Augerville à son fils Nicolas en 1588. Et le château passera encore de mains en mains... En septembre 1976, le mobilier est vendu aux enchères et le domaine adjugés à monsieur Dupont, qui a l'intention d'y créer un parc de loisirs.

La municipalité d'Augerville la Rivière ayant obtenu le classement de la façade du château et des communs aux Monuments historiques, le parc de loisirs ne verra pas le jour. À défaut, M. Dupont aménage une boîte de nuit dans une aile des communs. C'est là que dans la nuit du 6 au 7 janvier 1986, un incendie criminel détruit la discothèque. À cette date, le château est inhabitable, car sa toiture à refaire laisse passer l'eau à maints endroits. De 1986 à 1989, le château et le domaine d'Augerville-la-Rivière sont revendus deux fois.

Du Moyen Age subsistent la plateforme, quatre tours d'angle du bâtiment principal et les douves. Ce bâtiment est rectangulaire avec avant-corps saillant et un grand comble à la française à lucarnes de pierre du XVIe siècle. La façade sur le parc a été remaniée au XXe siècle. De part et d'autre de l'entrée du domaine, les dépendances conservent le caractère architectural du XVIIe siècle, de même que le pigeonnier. Ce dernier conserve en fonctionnement le dispositif intérieur de charpente sur pivot desservant les alvéoles. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des communs et du pigeonnier : inscription par arrêté du 20 août 1976. 

 château d'Augerville 45330 Augerville la Rivière 

 Téléphone : 02 38 32 12 07 

 

Château d’Assay

Le château fortifié d’Assay, construit au milieu du XIIIe siècle, puis modifié au XVe et XVIe siècles, a la forme primitive d’un quadrilatère dont les hauts murs aveugles en petit appareil de moellons entourent une cour intérieure pavée. Selon un parti fréquent à cette époque dans les maisons fortes de faible envergure, l’appareil défensif est réservé à la seule porte d’entrée, assez basse, qui laisse voir encore les traces de la herse de guerre qui la fermait jadis. Le sommet de l’édifice était défendu quant à lui par un couronnement de mâchicoulis, qui complétait le dispositif de défense de l’entrée. De chaque côté du pont qui permet de franchir le fossé des douves encore pleines, deux grosses pierres constituent les assises de l’ancien pont-levis remplacé par un pont en pierre. Deux tourelles, situées à droite et à gauche du corps de garde surmontant la voûte, donnent accès à la cour et protégeaient les ailes du bâtiment. Au faîte de la muraille extérieure existe un chemin de ronde courant sur les courtines à haut parapet et faisant communiquer le corps de garde avec un poste de guet situé à l’est. Le chemin de ronde réapparaît au sud et atteint une tour en poivrière accrochée à la rencontre des murailles sud et ouest. Les deux meurtrières de cette tour permettent de prendre en enfilade les flancs de la muraille et les fossés. Le côté ouest est formé de bâtiments un temps abandonnés à l’usage agricole. Si les origines de ce château sont mal connues, on sait toutefois qu’il fut donné par le roi de France Charles VII après confiscation pour comptes non épurés, à une famille noble écossaise; les Stutt, en récompense de son aide militaire pendant la guerre de Cent Ans (1445). En 1474, Louis XI, en accordant à Thomas Stutt la nationalité française, permit aux Stutt d’ajouter à leur nom celui d’Assay. La forteresse d’Assay n’a pas cessé d’appartenir depuis cette date à leurs descendants qui ont entrepris depuis 1995 une restauration complète du monument. Aujourd'hui il appartient au comte d'Estutt d'Assay, descendant direct de l'officier de Charles VII. Cette famille avait loué le château au romancier Henri Viard avant de le reprendre. A noter que le colombier lié au château d'Assay n'appartient pas au propriétaire du château mais au propriétaire de l'ancienne ferme donnée au métayer au moment de la Révolution Française. Actuellement Madame Godard en est la propriétaire, ce colombier était visitable lors des journées du patrimoine quand Monsieur Godard Jean était encore de ce monde. 

 Éléments protégés MH : les murs extérieurs et le chemin de ronde avec les échauguettes et les tourelles ; la tour, le donjon avec ses deux échauguettes et ses escaliers ; le logis et la chapelle ; le pigeonnier : inscription par arrêté du 25 octobre 1957. 

 château d’Assay 45630 Beaulieu sur Loire

 

Château de l'Ardoise

Le château de L’Ardoise ne manque pas d'originalité; très près de la sortie d'Orléans et face à la Loire, L’Ardoise est une belle résidence de style simple et classique, entourée de son parc auquel on accède par une longue allée, l'entrée se fait par une belle grille en fer forgé. La maison qui se trouvait au XVIe siècle sur la partie est de la place de l’Étape, appartenait à un bourgeois de la ville, Jean Coquereau, surnommé Fallaise, et passa ensuite à Gouault Archambault, maître de la chambre des deniers du roi. En 1561, ce personnage entreprit la construction de L’Ardoise avec cette toiture en forme de nef de navire renversé, dite à la Philibert Delorme. Pour le gros œuvre, il fit appel au maître maçon Pierre Dussion et pour la charpente, il s’adressa au charpentier Pierre Fesset. Ce furent ces artisans qui construisirent cette maison inattendue. D’après la tradition orale, il semble que ce château fut le premier immeuble de Pithiviers couvert en ardoise d’où il tirera son nom. En 1576, la maison appartint à "Demoiselle Lyée Feu", veuve de Jehan Lallemant, président au parlement de Rouen. Elle passa ensuite à la famille de Vigny dont descendit le célèbre poète par le mariage de François de Vigny et Lyée Lallemant. En 1595, le château fut la résidence de Charles de Balzac d’Entragues, gouverneur de Pithiviers, oncle de la marquise de Verneuil. Au siècle suivant, le domaine appartenait à Christophe de Braguelongue qui agrandit le parc sur toute la vallée de l'Essonne et l’aménagea. En 1757, le château appartient à Bernard-René Jourdan de L’Aunay, gouverneur de la Bastille, massacré le 14 juillet 1789. Seule maison d’une ampleur inhabituelle dans une petite ville, ce château hébergea d’importants personnages et principalement Charles IX, Henri III, Louis XII, Henri IV et surtout Louis XV. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, y compris celles du bâtiment en retour sur la façade postérieure: inscription par arrêté du 31 janvier 1956. 

 château de l'Ardoise 45300 Pithiviers

 

Château de la Vrillière

Château reconstruit au début du XVIIe siècle à partir d'un logis de la fin du XVe siècle. L'ensemble s'articule autour d'une cour rectangulaire à laquelle on accède par un portail de style classique. Au sud est du jardin se trouve un pigeonnier cylindrique qui a perdu sa coupole en pierre de taille, mais qui conserve ses boulins en pillettes de terre cuite. 

 Éléments protégés MH : le logis principal et le pigeonnier à l'écart, en totalité; les façades et toitures des bâtiments entourant la cour : inscription par arrêté du 12 octobre 2001. 

 château de la Vrillière 44240 La Chapelle-Basse-Mer

 

Château de la Villejégu

Le château de la Villejégu du XVIIe siècle est reconstruit au XVIIIe siècle par Olivier Louis Busson. De l'ancien édifice, il ne subsiste que les tours d'angles et les douves. Le domaine comprend plusieurs éléments remarquables, dont une orangerie, des communs, une chapelle, une fuye, ainsi qu’un jardin à la française. À proximité, une allée du bois abrite les tombes de victimes de la Révolution, ajoutant une dimension historique tragique au site. Ce château illustre l’évolution des styles architecturaux entre ces deux siècles, mêlant des éléments défensifs hérités du passé et des aménagements plus modernes. Les intérieurs du château abritent des pièces décorées avec soin, comme le grand salon, la chambre aux cartouches et ses escaliers en bois, qui reflètent le raffinement de l’époque. La cour d’honneur, les douves et le pont complètent cet ensemble architectural, tandis que des portraits et des éléments mobiliers contribuent à son caractère historique. Aujourd’hui, le château de la Villejégu reste un témoignage important du patrimoine ligérien, alliant histoire, architecture et mémoire collective.

 Éléments protégés MH : Les façades et les toitures du château, de l'orangerie et des communs ; la chapelle et la fuie ; les pièces suivantes avec leur décor : le grand salon, la chambre aux cartouches et le couloir contigü, la chambre aux médaillons, les deux escaliers intérieurs en bois avec leur cage ; la cour d'honneur, les douves et le pont ; la terrasse et le jardin à la française ; les portails : inscription par arrêté du 21 décembre 1984 

 Château de la Villejégu 44521 Couffé

   

Château de la Touche

Les premiers propriétaires connus de La Touche, avant 1498, furent Du Moulin, De Mérhan et Sorin. Le 27 septembre 1534, Pierre Pirault, conseiller du Roi et secrétaire du gouverneur de Bretagne Jean de Laval, achète la Touche. Il embellit les environs de la Touche par les gentilhommières de La Naulière, La Villatte et Rosabonnet qu'il fit construire. Avant 1553, Toussaint de Comaille, contrôleur Général de la marine du Ponant, avait acquis La Touche et ses dépendances des Pirault qui abandonnèrent la Bretagne pour cause de religion. Cette terre et ses annexes échurent en partage à sa fille aînée, Claude de Comaille. A la fin de la Révolution le château commença sa lente dégradation. En 1815, il fut occupé par les Prussiens qui y firent d'importantles dégradations et le rendit inhabitable. Il fut vendu le 29 janvier 1821 au comte François de Monti de Rezé et à dame Olympe Le Roux de Commequiers son épouse, ils le donnèrent à leur fille Euphrasie de Monti de Rezé, mariée à Constant Antoine, comte du Bois de Maquillé, page de sa majesté le roi Charles X. En 1821, il était dans un état de délabrement fort avancé que François de Monti de Rezé le fit raser pour bâtir en 1827 l'actuel château. Il fut ravagé par un incendie le 6 avril 1987, il est aujourd’hui restauré. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des communs ; le mur de clôture avec son portail : inscription par arrêté du 13 octobre 1988. 

 château de la Touche 44170 Nozay

 

Château de Thouaré sur Loire

Les origines du château, probablement édifié à l’emplacement d’une villa gallo romaine, remontent au Xe siècle. Il appartint à différentes familles. La plus célèbre propriétaire fut Anne Descartes, demi-sœur du célèbre philosophe. Passant aux Césard, puis aux Mathieu, le domaine fut racheté en 1882 par la famille de Vienne qui le possède toujours. La façade Est présente un style mêlant des éléments Renaissance (la tour-lanterne à dôme), et d’autres issus du Moyen-Âge, tels les créneaux ou la fenêtre à double meneaux datant de la seconde moitié du XIXe, de tuffeau et de pierre, elle est encadrée d’un galbe plein, sur lequel apparaissent les armes des familles de Vienne et Boucher d’Argis, propriétaires du domaine. La façade Sud fut remanié au XIXe siècle, et surtout ne possède plus aucune particularité architecturale. Le château possède une fuie du XVe siècle, composée de tuffeau et de pierre, elle comporte 1189 boulins. La toiture a une forme de dôme, elle est surmontée d’une tourelle ouvragée percée de trous. À son sommet une sculpture de pigeon rappelle la fonction de l’édifice. 

 Éléments protégés MH : le pigeonnier : inscription par arrêté du 2 décembre 1982. 

 château de Thouaré sur Loire 44470 Thouaré sur Loire 

 Téléphone : 06 17 05 59 03 
  
 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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