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Donjon du château de Roanne

Du château de Roanne, très fort au moyen âge, il reste un haut donjon carré aux angles arrondis, avec guette surmontant un comble plat à tuiles creuses. Jean, comte de Forez, acquit de Guichard de Ghàtelperron et Isabeau, sa femme, la moitié de la ville de Roanne. En 1273, Guichard de Montagny délaissa par échange à Guy, comte de Forez, le quart par indivis, de la ville de Roanne et appartenances. Le mercredi après la conversion de Saint-Paul, 27 janvier 1294., Jehan, comte de Dreux, et Jeanne sa femme, vendirent à Jehan, comte de Forez, pour 1.400 livres tournois, le chastel et ville de Roanne et appartenances et lui promirent de rendre les lettres de donation que Guiot, père dudit comte de Forez, fît à Imbert de Beaujeu, autrefois connétable de France. En 1346, Hugues de Couzan possédait la moitié de Roanne; elle lui avait été apportée en dot par Alix de la Perrière à qui elle était échue par sa mère, de Saint-Haon, et par sa grand’mère, de Roanne. En 1516, Anne de France et le connétable de Bourbon firent don à Arthus Gouffier, de la moitié de Roanne qu’ils avaient conservée depuis l’achat de 1291. Charles IX créa en faveur de Claude Gouffier, grand écuyer de France, les seigneuries de Boisy, la Motte et Roanne, en marquisat. En novembre 1566, le même monarque érigea ce marquisat en duché de Roannais en faveur de Claude Gouffier et de ses hoirs ou successeurs mâles, à la charge de racheter dans trois mois, des héritiers du seigneur de Saint-André, les châtellenies de Saint-Haon, Saint-Maurice et Crozet, comprises sous le nom de parfait de la baronnie de Roanne, pour demeurer unies audit duché. Charles IX fit lui-même le rachat de ces châtellenies et un arrêt du 23 décembre 1567, porta que Claude Gouffier remplirait le duché de Roannais, de terres de même estimation et prix cependant que l’érection du duché subsistera par celles dont il était composé pour lors, en fournissant au Domaine de Sa Majesté une terre de 60 livres parisis de revenu.

 Louis Gouffier, petit-fils de Claude, obtint en septembre 1612 et avril 1620, des lettres d’érection en pairie de son duché de Roannais. Le petit-fils de Louis, Artus Gouffier, vendit son duché de Roannais à son beau-frère, François d’Aubusson, comte de la Feuillade, époux de Charlotte Gouffier. En avril 1667, le Roi confirma la terre de Roannais en duché, aux mêmes clauses et conditions qu’à la première création. Le 16 décembre 1677, le comte de la Feuillade acquit Saint-Haon, Saint-Maurice et Crozet, il acheta aussi à titre d’échange, le 14 juin 1686, la châtellenie de Cervière. En novembre 1686, il obtint des Lettres Patentes en forme d’édit par lesquelles le Roi approuvait et ratifiait le contrat d’aliénation de ces terres qui devaient, à l’avenir, composer un seul et même corps de duché et une même juridiction. Les officiers du bailliage de Montbrison formèrent opposition à l'enregistrement, mais on transigea par une indemnité. Le i3 juin 1752, Françoise-Scholastique-Catherine d’Aubusson de la Feuillade, fille d’Hubert et de Catherine-Scholastique Bazin de Bezons, portait par mariage le duché de Roannais, à François-Henri, duc d’Harcourt, fils aîné de Pierre d’Harcourt et de Thérèse-Eulalie de Beaupoil de Saint-Aulaire. De cette union naquit, le 8 mars 1753, Anne-Gabrielle d’Harcourt-Lillebonne, mariée le 11 juin 1772 à Victurnien-Jean-Baptiste-Marie de Rochechouart, prince de Tonnay-Charente, duc et pair de France, fils de Jean-Baptiste et de Charlotte-Nathalie de Manneville, d’où la duchesse de Croy, la princesse de Beauvau-Craon et la duchesse de Crussol. Le château de Roanne a servi de palais de justice jusqu’en 1810. Il a appartenu ensuite aux familles de Saint-Thomas, Andrieux de Vaulx, Gouttenoire et Dumas de Vaulx. M. Dumas de Vaulx de Cuzieu, maire de Sainte-Agathe, est mort au château de Roanne, le 27 avril 1920, à 30 ans, laissant trois fils MM. Robert, Gérard et Christian Dumas de Vaulx de Cuzieu. 

 Éléments protégés MH : le donjon : inscription par arrêté du 11 octobre 1930. 

 donjon du château de Roanne 42300 Roanne

   

Château de Quérézieux

Une "domus de Carisiaco" est citée en 1220 par les chartes du Forez, et un "Petrus de Cayrisieu, domicellus", est mentionné en 1356 et 1362. Cette maison forte est identifiée par Salomon à la maison dont certaines parties sont datables du XVIIe siècle, édifiée au nord du hameau de Quérézieux, mais pourrait aussi désigner le site où s'établissent les seigneurs d'Ecotay à la fin du Moyen Âge, plus au sud, délaissant le château fort d'Ecotay. Un édifice plus ancien a sans doute en effet précédé leur "chastel neuf et maison fort d'Escotay" où est passé en 1571 le contrat de mariage entre Anne d'Urfé et Diane de Châteaumorand, en présence de François de Chalmazel, seigneur d'Ecotay. A la fin du XVIIe siècle, la seigneurie d'Ecotay passe à la famille de La Roue, de Saint-Anthème, puis à une famille piémontaise (marquis de Saint-Germain, Saint-Damien, Rivarol et autres places). Louis-Anne de Rivarol, réside "en son château d'Ecotay paroisse de Verrières" d'après les actes qu'il signe. Il meurt en 1753 et ses terres passent à son neveu, qui réside en Piémont, mais entretient le château (il le fait "recouvrir à taille ouverte et réparer"). En 1765 le service de la "prébende... ou commission des messes de la chapelle du château de Saint-Anthème, diocèse de Clermont, doit se transférer en la chapelle du château d'Ecotay" (le château de Saint-Anthème ayant brûlé peu auparavant). 

En 1801, tous les biens de Forez et d'Auvergne des Rivarol sont vendus à trois marchands de biens associés. Les biens dépendant de l'ancienne seigneurie d'Ecotay sont revendus le 2 août 1804 à la famille de Meaux. En 1806, Antoine Granjon donne une description succincte de l'édifice: "carré parfait flanqué aux quatre angles saillants de tours rondes, il n'a besoin que de quelques réparations", qui correspond au plan du cadastre de 1808: un château de plan quadrangulaire, avec deux ailes (sud et est) cantonnées de tours rondes aux angles, une aile plus étroite à l'ouest et une dernière aile plus longue et plus large au nord, délimitant une petite cour carrée au coeur de l'édifice. Une longue allée conduisait du chemin d'Ecotay vers l'avant cour du château, à l'ouest. Ce château était complété par des dépendances autour d'une seconde cour à l'est, comportant un grand bâtiment de communs de plan allongé (date portée du XVIIIe siècle; selon A. Carcel, mur nord en partie en maçonneries médiévales), au nord, avec un corps de bâtiment perpendiculaire au milieu (comportant une salle à trois vaisseaux voûtés d'arêtes sur des colonnes, datée par A. Carcel du XVIe siècle) et d'un petit bâtiment bordant un bassin de forme allongée. Au sud s'étendait un jardin de plan rectangulaire, avec un pavillon dans l'angle nord-ouest. Le château est totalement reconstruit dans la première moitié du XIXe siècle (des salles voûtées en berceau plein-cintre, datant de l'édifice antérieur, seraient conservées dans les substructions). Le toit aurait été posé en 1814. Selon un Procès-verbal d'état des lieux établi le 15 décembre 1845 pour Célinie de Waters, veuve d'Augustin de Meaux, le domaine comprend alors "un grand corps de bâtiment appelé le château lequel quoique construit depuis longtemps n'a reçu ni plancher, ni division, ni boiserie et les murs sont restés bruts". Laurent Jamin, pépiniériste à Paris, réalise en 1844 le jardin potager à la française divisé en neuf compartiments par des allées bordées de buis, à l'est du château le long de l'allée d'accès bordée d'épicéas et de séquoias (disparu). Le parc aurait été dessiné en 1861 par le comte Paul de Choulot: un plan de parc paysagé, daté de 1861 (sans signature) est conservé au château et le parc est cité par Choulot dans l'édition de 1863 de L'Art des jardins, ou Études théoriques et pratiques sur l'arrangement extérieur des habitations. Le plan montre également l'existence d'une vaste bosquet régulier à l'est du potager (disparue). L'édifice n'est aménagé et meublé dans les années 1850 (la chapelle est consacrée dès 1847 par le cardinal de Bonald). Il devient la résidence secondaire du vicomte Camille de Meaux, ministre de l'Agriculture et du Commerce, gendre de Charles de Montalembert (dont la bibliothèque est conservée au château), et fréquenté par des personnalités du milieu catholique libéral.

Le château possède un plan rectangulaire et comporte trois niveaux et un comble. La façade sud compte quinze travées, rythmées par un avant-corps central de trois travées, en légère saillie, surmonté d'un fronton (décor sculpté: armoiries de Meaux et de Waters), et par des pilastres qui séparent les deux dernières travées de chaque côté. Un perron avec escalier tournant à chaque extrémité permet de racheter la déclivité du terrain du côté sud pour l'accès principal au rez-de-chaussée. Celui-ci est distribué par un vestibule précédant un grand escalier (tournant à retours, avec jour), à l'est de l'avant-corps. La moitié ouest du rez-de-chaussée est occupée par les pièces de réception (grand salon derrière l'avant-corps, salon ou billard, grande salle à manger, petite salle à manger) ouvertes en façade sud et bordées sur l'arrière par un corridor de service qui relie le grand escalier à l'extrémité ouest de l'édifice où se trouvent l'entrée et un escalier de service (au nord) et l'office. La partie restante du bâtiment, à l'est, est divisée en quatre pièces de séjour. L'étage est occupé par des chambres et par la chapelle, du côté ouest. Le parc est situé dans un vallon traversé par un ruisseau, la goutte de Mal à Mort (qui alimente les pièces d'eau du parc). Il est parfaitement intégré dans le site: ses allées et ses plantations ne semblent pas avoir été dessinées. Il s'agit d'un parc à l'anglaise, qui associe les vocations agricoles et ornementales. Devant le château s'étend une combe avec le grand étang au fond, qui forme le centre de la composition (cabane des cygnes au bord, seule fabrique réalisée). Une allée mène à un petit étang. Le parc est planté d'arbres d'essences variées. Il est bordé de parcelles boisées et de prairies. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures; le hall d'entrée; l'escalier; le grand et petit salon; la salle à manger; la chapelle ; les communs (à l'exception du bâtiment transformé au XIXe siècle); la bibliothèque de Montalembert et le parc : inscription par arrêté du 22 janvier 1990. 

 château de Quérézieux 42600 Ecotay l'Olme

 

Château de Pravieux

Le château de Pravieux s’élevait au soir et hors des murailles de Pouilly-lès Feurs; il était composé de trois corps de bâtiments entourant une cour carrée, ouverte au midi. Des fossés dont on voit encore les traces le protégeaient, il était de plus défendu par trois tours. Devant les bâtiments du du nord régnait, au rez-de-chaussée, une galerie supportée par des colonnes. Les bâtiments du nord et du soir étaient déjà détruits en 1789. Le bâtiment au matin de la cour, avec ses deux tours, est seul debout; il a la forme d’un long parallélogramme. La galerie couverte du rez-de-chaussée n’existe plus et la façade a été reconstruite, mais on a conservé la porte centrale, à la forme ogivale et aux voussures gothiques, encadrant de riches écussons. Des jambages en bois ont remplacé les riches sculptures des fenêtres du premier étage. On remarque aussi une antique tourelle à toit aigu, et un élégant pavillon carré, style Renaissance, seul reste du bâtiment qui closait la cour au soir. Ce pavillon conserve, au rez-de-chaussée, des peintures fort originales, et est orné, au premier étage, du côté de la cour, d’une galerie couverte en arceaux supportés par des pilastres; chaque arceau est fermé d’une clef de voûte à tête plus ou moins grimaçante. Avec ses pierres sculptées, sa riche corniche en bois, sa toiture aiguë, ce pavillon est un vrai petit chef d’œuvre de l’architecture Renaissance. Le château de Pravieux paraît avoir remplacé un château plus ancien, appelé l’Espagnol, et appartenant à la famille de Vais seu. Il aurait été construit vers 1594 environ, par les Sacconin, qui en prirent le nom.

 Cette famille est connue depuis 1400, où l’on voit Symphorien de Sacconin épouser Jac quette de Bressolles. Un autre membre de cette famille, Jean, épouse en 1466 Catherine de Bron-la-Liègue. Claude Sacconin de Pravieux s’unit en 1530 à Jeanne d'Augerolles, fille de Dauphin, seigneur de Roche-la-Molière. Leur fils Claude défendit courageusement le château de Montrond contre les Huguenots. En 1599, Jérôme de Sacconin, seigneur de Pravieux, et sans doute fils de Claude, fut éventré par un sanglier dans une partie de chasse. Il laissait une jeune veuve, Marie de la Fayette. En 1655, François de Sacconin de Pravieux épousait Marguerite du Chaffeau de la Pierre. En 1675, il prêtait foi et hommage pour son château de Pravieux, celui de l’Espagnol déjà ruiné, etc. Il eut une fille, Marie-Marthe-Philippe, mariée le 18 février 1705 à Claude-Antoine de Gaulne, fils de Louis et d’Emérentienne Chappuis, et un fils, Camille, marié d’abord le 12 février 1680 à Claudine Gueynard, fille de Pierre, seigneur de la Barge, et d’Anne Mathieu, puis en septembre 1682 à Marguerite Galliat. Du premier lit il eut François-Antoine; 2° Jean-Baptiste, né le 20 juillet 1682. Du second lit Jean-Louis; Jeanne-Marie; et Louise-Clémence, morte en 1722 à la maison royale de Saint-Cyr. Un long procès avec la famille de Bressolles, qui fut solutionné seulement en 1722 permit à un membre de la maison de Sacconin de se titrer de chevalier de Bressolles. Camille de Sacconin testa le 23 mai 1715, instituant pour héritier son fils cadet, Jean-Louis, sieur de Bressolles, qui prit alors le titre de seigneur de Pravieux, laissant celui de chevalier de Bressolles à son frère aîné, qui vivait en 1730 à Chirassimont, marié à Claudine Noyel.

 Jean-Louis testa le 25 septembre 1722 et mourut en 1725, faisant héritière sa sœur, Jeanne-Marie, mariée le 28 octobre 1722 à François-Claude-Eléonore du Lieu de Chenevoux, maître en la Cour des Comptes de Paris. Elle mourut le 19 octobre 1726, laissant une fille, Clémence Jeanne-Marie (19 mai 1724-16 juillet 1752), mariée le 15 septembre 1751 à son cousin germain, François-Claude-Eléonore du Lieu, seigneur de Chenevoux (7 février 1709-19 juin 1776), chevalier de Saint-Louis, fils de Jean-Baptiste et de Marguerite Chappuis de Margnolas. Les armes des Sacconin sont de gueules semé de billettes d’or; à la bande d’argent chargée en chef d’un lion de sable; et celles des du Lieu de sable à la fasce d’or, accompagnée en chef d’un lion passant, et en pointe de trois roses tigées du même. Divers blasons, celui des Sacconin, Saint-Priest d’Apinac, Bressolles, Chenevoux, se voient encore à Pravieux. Vers 1780, Louis-Marie du Lieu, comte de Chenevoux, qui résidait à Chenevoux, fils de François-Claude-Eléonore, vendit en détail le château de Pravieux; les anciennes possessions des du Lieu appartinrent dans la suite aux David et aux Desvernays. L’un des acquéreurs de Pravieux mutila cette antique habitation en vendant les belles croisées de pierre, à riches moulures, qui ornaient la façade; seule la porte principale où sont sculptées les armes des Sacconin et de leurs alliances échappa à ce vandalisme. Au commencement du XXe siècle le château de Pravieux appartenait à Madame Ducreux. 

 Éléments protégés MH : la porte du XVe siècle avec tympan décoré d'armoiries et le pavillon du XVIIe siècle : inscription par arrêté du 13 mars 1934. 

 château de Pravieux 42110 Pouilly les Feurs

 

Château de la Pierre

Le château de la Pierre aurait existé dès 1637. En 1783, Marie-Anne Challaye, propriétaire du château, épouse Joseph Florimond de Bronac de Vazelhes ; la Pierre reste dans la famille de Vazelhes jusqu'au XXIe siècle et forme le point de départ de "l'épopée foncière" des Vazelhes en Forez. Les différentes branches de cette famille ont eu plusieurs lieux de résidence dans la plaine du Forez, mais Etienne de Vazelhes, "grande figure de l'aristocratie forézienne", s'installe à la Pierre en 1870 et y effectue des travaux d'irrigation, avant de se fixer au château de Grézieux dans les années 1880. Les bâtiments semblent dater du XVIIe siècle. La partie la plus ancienne de la construction serait le corps central, sur lequel auraient été adossés deux corps de bâtiment, au sud puis au nord. Les ouvertures des étages supérieurs du corps de bâtiment nord, de format rectangulaire horizontal, ont sans doute été remaniées. Le château a été restauré (réfection du crépi et des toitures) en 1978. Le château comprend un corps de logis composé d'un corps central de trois travées à deux étages et étage de comble, agrandi d'une travée au sud, et d'un corps plus bas, de deux travées, avec un sous-sol et deux étages carrés. Le corps central est distribué verticalement par un escalier rampe sur rampe dont les deux premières volées sont en pierre, les deux suivantes en bois. Un vestibule longitudinal donne accès à l'escalier et aux pièces d'habitation du rez-de-chaussée, dont une salle à manger au sud puis un salon situé dans l'agrandissement sud. Le 1er étage est composé d'un grand salon, d'un autre salon avec une petite pièce sur l'arrière dans l'agrandissement sud, et d'une chambre ; la partie nord du vestibule forme un petit cabinet orné de peintures. Le toit est de forme complexe sur le corps central, à longs pans et croupe sur le corps nord, et en tuile creuse pour ces deux toits ; à longs pans brises et croupes, en tuile écaille et tuile creuse sur l'agrandissement sud. 

 Éléments protégés MH : l'ancien salon et la salle à manger au rez-de-chaussée, les salles et le grand salon avec leur décor de peintures murales au premier étage : classement par arrêté du 19 février 1982.

 château de la Pierre 42600 Saint Paul d'Uzore

   

Château de Péray

Au XVIIe siècle, le fief du Péray, paroisse de Lay, aujourd’hui sur Saint-Symphorien, avait pour seigneur messire Jean-Baptiste Perrenaud, écuyer, conseiller de Son Altesse Royale Mademoiselle et son secrétaire ancien au Parlement de Dombes. Il avait épousé Madeleine Lebout, dont une fille, Anne Perrenaud, mariée le 2 décembre 1675, à Louis Athiaud. Perrenaud porte bandé d'or et de sable: au chef d’or, chargé d’une aigle éployée de sable. C’est certainement à cette famille que l’on doit la vaste demeure, anglée de tours carrées, flanquée dans la cour intérieure, qui conserve un curieux passage voûté, d’une petite tour ronde, et qui a conservé, malgré des restaurations modernes, tout son cachet d’ancienneté. Les Athiaud portent de gueules à trois lions passant l’un sur l’autre, d’argent. Charles de Montchanin, seigneur de Montchervet, né le 14 mars 1614, juge de Pradines, Ressins, Nandax, fils de Louis de Montchanin, seigneur de Montchervet et de Benoîte Tricaud, épousa le 16 avril 1641, Marie Perrin, fille de Claude et d’Antoinette de la Mollière, et mourut sans enfants, le 3 mars 1675, ayant testé le 25 mars 1672, instituant pour légataire, à charger de relever son nom et ses armes, Louis Athiaud, son neveu, seigneur de Montchervet, du Charnay et du Péray, né le 8 mars 1651, avocat en Parlement, puis conseiller au Parlement de Dombes, échevin de Lyon, en 1688-89. Le 4 mars 1693, Louis Athiaud de Montchanin est mentionné au ban et arrière-ban, pour son fief du Péray. En 1695, c’est Maître Poyet, qui comparait pour Louis Athiaud de Montchanin, disant qu’il est ex-consul de la ville de Lyon et exempt du service personnel, pour le fief du Pèray, qui est peu considérable, ne consistant qu’en sa maison, basse-couret garenne.

 Au milieu du XVIIIe siècle, le Pèray passa à Louis Thomé, qui portait d'azur à la tête et au col de cerf coupé d’or. Il épousa Marguerite Roland, qualifiée en 1750, "dame de Saint-Cyr, résidant au Péray, à Saint-Symphorien-de-Lay". Il en eut Jean Antoine, qui suit; 2° Angélique-Antoinette, mariée le 29 juillet 1753, à Georges Punctis de Cindrieux (25 mai 1716-31 août 1784), conseiller au bailliage de Forez, fils de Michel et de Denyse Guyot. Jean-Antoine Thomé de Saint-Cyr, écuyer, seigneur de Saint-Cyr-de-Valorges et du Péray, capitaine exempt des 100 Suisses de la garde ordinaire du Roi, capitaine des chasses de Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d’Orléans, chevalier de Saint-Louis, épousa le 8 octobre 1771, Marie-Anne-Louise Punctis de la Tour, fille de Louis-François-Marie, écuyer, et de Marie-Josèphe de Punctis de la Tour, dont Henriette, mariée à Pierre Godinot, inspecteur principal des manufactures de Normandie; 2° Claire, mariée à François Papon de la Noue; 3° une fille mariée au général-baron Joseph Piston. Au XIXe siècle le Péray passa aux Mangon de la Lande, originaires de Normandie et portant d’or, alias d'argent, au chevron de gueules, accompagné de trois gonds de sable; au chef d’azur, chargé d’une main gauche d’or, sortant d’un nuage du même, accostée de deux étoiles, aussi d’or; alias: au chef d’azur chargé d’un croissant d’or. Alphonse-Louis-Charles Mangon de la Lande, né le 24 décembre 1795, garde du corps du Roi en 1824, marié le 8 juillet 1829, à Fanny-Félicité Lambert, dont Albert-Charles, né le 22 janvier 1833, directeur des lignes télégraphiques à Rouen, en 1873; 2° Emile, qui suit. Emile Mangon de la Lande, né le 9 avril 1834, marié le 18 janvier 1858, à Zénobie-Benoîte Gouttenoire. M. de la Lande a succédé au Péray à Clément Gouttenoire. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments (corps de logis et bâtiments des communs); à l'intérieur : les trois pièces au décor de toiles peintes, la chapelle, la salle à manger, le petit salon, les deux salles voûtées avec leur armoire et la pièce sud au rez-de-chaussée : inscription par arrêté du 24 février 1994. 

 château de Péray 42470 Saint Symphorien de Lay

 

Château de Riorges ou Neubourg

Le château de Riorges est situé sur la rive gauche du Renaison, au midi et au pied de la côte suivie par la route de Roanne à Saint-Haon. Placé en travers de la vallée basse, il est entouré de canaux abondants, combinés en viviers et en cascades. Riorges est actuellement fort voisin des faubourgs de Roanne, mais c’est par erreur que les cartes et la coutume le nomment "Neufbourg". Le fief de ce nom, l’ancien Bourgneuf, dont on voyait encore des restes près de la gare actuelle de Roanne, il y a quelques années, appartenait, au XVIIe siècle, aux mêmes seigneurs, les Courtin, qui en prirent le nom, ce qui explique qu’on ait pu le redonner ensuite au nouveau château de Riorges. Les sous-sols de Riorges ont de belles voûtes travaillées antérieures au XVe siècle, mais il ne reste rien de l’habitation primitive. Le château actuel, vaste construction rectangulaire avec perron, a été bâti par Jean-François de Courtin, en 1770. Le 20 septembre 1776, le vicaire général de Lyon autorisa la bénédiction de la chapelle, dans laquelle Madame de Courtin, à cause de ses infirmités, et Madame de Fautrières, à cause de sa grossesse, eurent la permission de se confesser et de communier, en observant toutefois, d’y faire placer une grille, conformément aux ordonnances du diocèse. "J’invite cependant ces dames, ajoutait le vicaire général, de remplir à la paroisse autant qu’elles le pourront les devoirs de religion, toujours édifiants pour les peuples". Cette chapelle fut donnée à la paroisse en 1812. M. de Boisset a rendu à Riorges, en 1910, avec un goût remarquable, sa parure de jardins français et sa grâce intérieure. Maison privilégiée, qu’un artiste généreux ressuscite avec science et délicatesse.

 Dès le XIIIe siècle, Riorges appartenait à la maison de l’Espinasse. Au XVe siècle, Marguerite de Rochefort porta Riorges à Claude Courtin. Elle en avait sans doute hérité d’une l’Espinasse, peut-être Jeanne, mariée à un Rochefort. La terre était isolée des autres biens des Rochefort, et convenait à l’établissement d’une fille, dont le mari, venu de Bourgogne, ne possédait rien en Forez. Comme les Courtin, comtes de Villiers-sur-Marne et marquis de Tanqueux, dont ils étaient reconnus et alliés, les Courtin du Forez, se rattachaient à l’ancienne maison de ce nom au Maine, qui, née à Courtin au XIe siècle, s’éteignit à la fin du XVIe, avec Olivier de Courtin d’Abatant, chevalier de l’ordre du Roi. Mathieu, écuyer, second fils de Jean II Courtin de Soulgé et de Marie d’Assé, quitta en effet le Maine, en 1410, pour servir en Bourgogne, il peut être le même que l’auteur de la filiation ci-après; il est certain que jusqu’au XVIIe siècle, les Courtin de Neufbourg portaient les armes de leurs homonymes du Maine, un sautoir cantonné de trois croissants. Mais à cette époque, les branches de Villiers-Pomponne et de Tanqueux brillaient d’un grand éclat, donnant des chevaliers de Malte, des ambassadeurs, de nombreux occupants de grands postes civils et militaires. Les Courtin foréziens, flattés d’être reconnus par d’aussi puissants parents, adoptèrent les armes pleines de ces Courtin, qui n’avaient conservé que les trois croissants du blason de l’ancienne maison mancelle.

 Mathieu Courtin, homme d’armes au service du duc de Bourgogne, en 1422 et 1432, père Jean Courtin, marié en Bourgogne en 1455 dont Claude Courtin, chevalier en 1474, marié à Marguerite de Rochefort, dame de Riorges, dont la mère devait être une l’Espinasse, et dont il eut Benoît Courtin, écuyer, seigneur de Riorges et des Molières en Mably, épousa Claude Aubry, dont Benoît-Garnier Courtin, écuyer, épousa Anne Dumas, fille de Jean et de Philiberte de la Mure, dont Antoine Courtin, seigneur de Riorges et des Molières, bourgeois de Roanne; médecin-apothicaire, dérogea en 15922, en prenant à ferme, les terres du prieuré de Beaulieu, voisines des siennes. Il épousa, le 20 juin 1594, Françoise de Chastelus, fille d’Antoine, dont Jean Courtin, écuyer, seigneur de Riorges, Villerest, etc (1601-1660), assesseur et premier élu en l’élection de Roanne, épousa en 1633, Blanche Reymond, fille de Bonnet et de Florie Pouderoux, dont Jean Courtin de Riorges (1634-1689), gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, bourgeois de Roanne, assesseur criminel et premier élu en l’Election. Par lettres du 16 juillet 1679, Louis XIV le releva de la dérogeance de son aïeul; le 4 septembre 1680, il produisit ses faits de généalogie devant la cour des aides de Paris "justifiant qu'il est issu de l'une des plus anciennes familles nobles de la province". Le 31 mars 1681 l’assemblée de la ville de Roanne, reconnut véritables ces faits de noblesse, et le 19 octobre 1681, un arrêt de maintenue le reconnut issu en ligne directe de Claude Courtin, époux en 1674 de Marguerite de Rochefort. 

 Jean Courtin épousa, le 5 novembre 1662, Françoise de la Mothe. Elle était fille d’Antoine, seigneur de Sully, et lui donna parmi dix enfants, dont Jean-Claude Courtin de Neufbourg, seigneur de Riorges, Neufbourg, etc, (1665-1713), maintenu en 1697, se fit reconnaître "comme de même estoc" par Charles de Courtin, comte de Villiers; il fut tué en duel par le capitaine de Bellancourt, à la suite de la réclamation faite par le seigneur de Riorges, d’un homme de cette paroisse, levé frauduleusement pour le régiment de Chalmazel. Il épousa, le 26 février 1702, Marie-Benoîte de Noyel, dont parmi huit fils Jean-François de Courtin de Neufbourg (1703-1791), seigneur de Riorges, Neufbourg, Rilly, rebâtit le château et la chapelle de Riorges de 1770 à 1775. Marié le 20 novembre 1735, à Marie-Claire de Giry, dont Nicolas de Courtin, dit le chevalier de Neufbourg (1744-1788), seigneur de Riorges, Neufbourg, Rilly, etc, baron du Tronchy, capitaine au régiment d’Artois-Cavalerie, chevalier de Saint-Louis, mort au château de Chérie d’un coup d’épée reçu en duel le 12 janvier 1788. Marié le 8 novembre 1776, à Agnès-Reine Pocquelin de Clairville, dont Jean-Baptiste de Courtin de Neufbourg, seigneur de Riorges, Neufbourg, etc, parfois dit le comte de Neufbourg, maire de Riorges pendant 25 ans, marié le 20 mai 1801 à Nicole-Hortense Ravel de Montagny. Mineur en 1794, Jean-Baptiste était alors sous la tutelle du comte de Fautrières, qui avait émigré, mais sa tante, la comtesse de Fautrières, vivait cachée chez d’anciens grangers avec l’enfant.

 Riorges fut mis aux enchères, à bougie éteinte, au nom de la révolution, mais Madame de Fautrières conduisit son neveu dans la salle, et lui fit souffler les bougies, prouvant qu’on spoliait un non-émigré. L’attitude de la population sauva l’audacieuse femme et l’enfant conserva Riorges. Il existe au château de Beauvoir toute une correspondance des Sommyèvre qui, en 1818, à la mort de la comtesse de Fautrières, voulaient vendre Courcheval, à Jean-Baptiste d’Allard, mais ils l’ont encore gardé un siècle. En 1831, les Neufbourg voulaient vendre Riorges et entraîner d’Allard â l’étranger. Ils en voulaient 1.485.000 francs, on ne leur en offrait que 1.300.000 francs En 1882, Riorges fut estimé 1.600.000 francs. Madame d’Assier eut en plus la Pierre estimé 400.000 francs. En 1842, Gustave de Neufbourg, frère de Saint-Jean de Dieu, vendit à son frère Ludovic "un château avec bâtiments ruraux contigus, cours, jardins, pièces d’eau, bosquets, prés, terres, vignes, maison dite le château Gaillard, maison de garde, etc", sur Riorges, le tout clos de murs, plus le domaine de la Cour, sur Riorges et Pouilly, pour 80.000 francs. Le château Gaillard est déjà mentionné en 1776. Marie-Louise de Neufbourg, née le 13 décembre 1866, fille de Claude et de Marie-Guillaume Sirvanton, petite-fille de Jean-Baptiste Ludovic, et de Marie-Caroline Gonon-Deville (mariés le 13 juillet 1833) et arrière-petite-fille de Jean-Baptiste, précité, porta Riorges à Pierre-Charles d’Assier, le 13 décembre 1866. Les d’Assier le cédèrent, en 1908, à leur parent, M. de Boisset. Jacques de Boisset, né le 28 juillet 1886, fils d’Henri et d’Edith Audras de Béost, a épousé, le 26 avril 1919, Simonne des Hières, fille de Paul et de Madeleine de Loynes. 

 Éléments protégés MH : le château avec ses façades et ses toitures, le hall, le salon et la salle à manger, les communs et le pavillon d'entrée (façades et toitures), la grille, le parc avec son bief : inscription par arrêté du 30 novembre 2007. 

 château de Riorges ou Neubourg 42153 Riorges

   

Château du Mouillon

Demeure agrandie et aménagée par deux grandes familles d'industriels de la fin du XIXe siècle : les Arbel, puis les Marrel (à partir de 1894). Maison caractéristique des goûts de la bourgeoisie à la fin du XIXe siècle. La partie centrale de la demeure actuelle est la maison primitive, sans doute du XVIIIe siècle. Château agrandi par Dodat et décoré par des artisans parisiens. Le grand salon est la copie du salon ovale de l'hôtel Soubise à Paris. la cheminée est la copie de la cheminée de la chambre du roi Louis XV à Versailles. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; à l'intérieur le hall d'entrée, l'escalier, l'ancienne salle à manger au nord, le grand salon ovale au sud, les boiseries et le décor de l'ancienne bibliothèque au rez-de-chaussée, la cheminée en bois du premier étage ; les communs ; le jardin : inscription par arrêté du 21 mars 1995. 

 château du Mouillon 42800 Rive-de-Gier

 

Château de Montrouge

La maison forte de Morenol apparaît dans la documentation écrite au XVIe siècle seulement. Au début du XVIe siècle, elle semble appartenir à Jacques de Puyclamand, conseiller du roi et élu de Forez. Au milieu du XVIe siècle, elle est à Pierre de Tremolles (ou Tremeolles), écuyer, puis en 1593 à Philippe de Tremeolles, écuyer, seigneur de Vernoilles et de Morenol: elle est alors entourée de fossés avec pont-levis. Le 25 octobre 1637, Antoine de Tremeolles, fils du précédent, la vend à Jacques Chirat. Celui-ci est issu d'une famille de notaires puis d'officiers documentée à Sury-le-Comtal depuis le début du XVe siècle; son père, Antoine Chirat, vient s'établir à Montbrison dans la deuxième moitié du XVIe siècle: il y achète une maison, vit de ses rentes et établit sa sépulture dans l'église collégiale Notre-Dame, préparant l'accès à la noblesse de la famille. Jacques Chirat (mort en 1662) commence une carrière dans l'administration royale à la fin du XVIe siècle, avant d'obtenir la charge d'élu du pays du Forez en 1604. Après avoir acquis par mariage le fief de la Pommière (Grézieux-le-Fromental), pour lequel il prête hommage en 1622, il achète celui de Morenol. Des commentaires portés sur des copies des actes réalisées au XVIIIe et au XIXe siècles indiquent que Morenols était sans doute un franc alleu (ce qui expliquerait le silence des archives avant le XVIe siècle); Jacques Chirat paye cependant la taxe de ban et d'arrière-ban en 1639, et demande à prêter hommage en 1646, en déclarant qu'il a acquis Morenol comme fief.

 C'est sans doute au même moment que le site change de nom pour devenir château de Montrouge (ce changement est mentionné dans un acte de 1627 portant sur la cession de droits seigneuriaux par Gabrielle de barge à Philippe de Trémolles, mais il s'agit peut-être d'un commentaire de celui qui a copié l'acte en 1728). La carte de Cassini (deuxième moitié XVIIIe siècle) confirme le dédoublement du village de Morenol et du château (ou fief) de Montrouge). Le corps de logis rectangulaire, en fond de cour, avec des tours aux angles orientaux, correspond peut-être à l'ancienne maison forte, que l'on pourrait dater de la fin du 15e siècle. Le Forez pittoresque... (et après lui Salomon) indique qu'une "façade est bâtie en briques de couleur dessinant des compartiments à la mode du Bourbonnais"; cependant le texte n'est pas clair sur la localisation de la façade en question (qui serait à la fois "flanquée de deux grosses tours rondes" et "ornée de médaillons d'empereurs romains", ce qui est incompatible avec l'existant) et les cartes postales du début du XXe siècle ou le cliché pris par Félix Thiollier montrent déjà un château totalement enduit, ce qui ne permet pas de vérifier cette affirmation. Ce logis a été agrandi, sans doute après son acquisition par Jacques Chirat (donc entre 1637 et 1662), en avançant vers l'ouest la façade sur cour. L'escalier en vis contenu dans une tour qui devait être en demi-hors-oeuvre sur la façade occidentale de la maison forte s'est ainsi retrouvé pris à l'intérieur du bâtiment.

 L'aile en retour au sud-ouest de ce corps de logis, qui présente des encadrements d'ouvertures et une cheminée à piédroit et console oblique datables de la première moitié du XVIIe siècle est sans doute contemporaine de cet agrandissement, de même que l'aile nord, terminée par une tour circulaire; cette tour était vraisemblablement déjà en place, et reliée au corps de bâtiment par un mur. La construction du portail sud vient compléter cette campagne architecturale. Jacques Chirat a sans doute été à l'instigation d'une campagne de décoration intérieure du château, et de l'aménagement d'une chapelle privée dans le château, peut-être dès 1644, dont il ne reste pas de trace (elle occupait peut-être le rez-de-chaussée de l'aile nord). En même temps, il commandite le réaménagement de la chapelle Sainte-Madeleine (actuellement chapelle Saint-Aubrin, qui jouxte le choeur au nord) à la collégiale de Montbrison, qui devient la chapelle familiale. Dans le troisième quart du XVIIIe siècle, Jean-Marie Chirat de Montrouge (mort en 1774) aurait fait reconstruire "le derrière de sa maison". Les lambris chantournés et les cheminées en pierre à décor Rocaille qui ornent plusieurs pièces (dont le salon au rez-de-chaussée) ont sans doute été mis en place à cette époque.

Les ouvertures ont toutes été remaniées, avec remploi d'encadrements moulurés de la première moitié du XVIIe siècle: sur la façade occidentale, porte avec traverse remployée en linteau (armoiries rapportées au-dessus), petites fenêtres du rez-de-chaussée du début du XIXe siècle (autrefois barreaudées), fenêtres de l'étage agrandies au XVIIIe siècle; sur la façade orientale, fenêtres de la fin du XVe ou du XVIe siècle (croisée supprimée) pour la travée nord, portes-fenêtres au rez-de-chaussée remaniées au XIXe siècle, fenêtres de l'étage agrandies au XVIIIe siècle; sur la façade nord de l'aile sud, portes aménagées dans les anciennes fenêtres (porte orientale percée au XXe siècle), la fenêtre à croisée de l'étage semble la plus authentique (deuxième quart du XVIIe siècle). Les ouvertures à linteau en plein-cintre du comble ont peut-être été mises en place lors d'une campagne générale de réfection du comble après l'agrandissement par Jacques Chirat. Les fenêtres en demi-lune de l'aile nord (côté nord) ont sans doute été mises en place au milieu ou dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Sur la première matrice cadastrale (avant 1830), l'édifice est mentionné, "château et cour", avec un "jardin parterre" devant la façade occidentale. Les quatre portails en brique et pierre édifiés à différents accès du parc et du château sont datables de la fin du XIXe siècle (une facture du serrurier Palley, de Montbrison, datée de 1891, est conservée au château). En 1887, le domaine comptait en tout 91 hectares.

 Après le décès d'Albert Chirat de Montrouge, mort célibataire en 1914, le château a traversé une période d'abandon (pendant laquelle la cheminée en bois sculpté de la salle à manger a été démontée). Il a été racheté dans le troisième quart du XXe siècle par M. Prodon, industriel à Saint-Chamond, qui l'a très largement restauré et remanié (travaux par l'entreprise de maçons Bressiani, de Saint-Romain-le-Puy; renseignement oral); on lui doit entre autres la réfection des toitures, la remise en place de décors déposés, trouvés dans le grenier et l'aménagement du parc. Un important fonds d'archives était conservé au château de Montrouge. Il a sans doute été en grande partie classé et recopié par Albert Chirat de Montrouge, qui était membre de la Diana (société archéologique et historique du Forez). Le fonds a été donné aux Archives départementales de la Loire en 2000 par Jean Gonon (documents datés entre 1380 et 1911), les copies (et quelques originaux) restant au château; les originaux conservés aux Archives départementales ont été consultés par sondage, ce sont les copies et les notes d'Albert Chirat de Montrouge qui ont majoritairement servi à réaliser ce dossier.

 Le château est édifié au nord du hameau de Morenol, entre le Vizézy et le Moingt (son affluent); des dérivations du Vizézy alimentaient plusieurs étangs (Le Grand étang de Montrouge existe en 1480; quatre étangs sont régulièrement cités au XVIIIe, deux subsistent au XIXe siècle) et un moulin (mentionné au XVIe siècle) dépendant du domaine, ainsi sans doute que le fossé qui entourait encore l'édifice à la fin du XVIe siècle. L'édifice était entouré de bois, à l'ouest, et d'étangs, au nord et à l'est; au sud se trouvait un clos (signalé sur le plan de 1809), correspondant peut-être à l'emplacement de la vigne mentionnée au XVIe siècle. A proximité était édifié un pigeonnier, mentionné au XVIe siècle, cadastré en 1809, cité sur un état de la propriété en 1867 et sur un acte notarié en 1887, mais mentionné comme disparu sur un bail de 1899 (pigeonnier situé devant le château, avant le chemin, détruit dans les années 1960). Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les abords sont modifiés par le changement du tracé de la route, transportée plus à l'est, ce qui permet la constitution d'un parc clos (mur en moellon de granite) au sud et de part et d'autre des bâtiments. Trois portails identiques commandent les accès au parc: un au sud, au départ du chemin reliant le château au hameau, marqué par l'aménagement d'une esplanade en demi-lune sur laquelle est plantée une croix; un à l'est, le long de la route, dans l'axe des bâtiments de la ferme; le dernier le long du chemin entre la route et la ferme, sur un muret qui sépare le "jardin parterre" du château des parties agricoles.

 L'édifice se compose d'un corps de logis cantonné de deux tours du côté est, avec deux ailes (l'aile nord se termine par une tour de plan circulaire, l'aile sud par un retour au sud, l'extrémité sud de l'aile étant pourvu d'une toiture individualisée à croupes, qui lui donne l'aspect d'une quatrième tour) délimitant une petite cour à l'ouest, ouverte sur une cour de communs fermée au nord-ouest par un corps de bâtiment en L. L'accès à cette cour est commandé par un portail avec porte cochère à fronton triangulaire et porte piétonne, percé dans le mur sud, à l'extrémité du tracé de l'ancien chemin venant du hameau de Morenol. Au nord se trouvent les bâtiments de la ferme. Puits à proximité du portail est de la cour de la ferme, à l'extérieur. Le logis est un bâtiment double en épaisseur, avec, sur jardin, trois pièces en enfilade (du nord au sud: cuisine, salle à manger et salon; la salle à manger a été subdivisée pour créer un couloir dans l'axe de l'entrée). La cuisine a une cheminée d'angle en granite précédées côté cour d'un vestibule encadré de chaque côté du départ des ailes latérales. Une tour d'escalier en vis est implantée sur le gros de mur séparant le vestibule du salon. L'aile sud estdivisée en quatre pièces d'habitation, plus une pièce dans la tour; la pièce centrale est pourvue d'une cheminée en granite, à linteau droit sur consoles en oblique et piédroits moulurés à cavets. L'aile nord est une remise. L'étage reproduit une distribution similaire, avec trois grandes chambres et un couloir côté est, un grand corridor le long du côté ouest, une bibliothèque puis une chambre avec garde-robe et cabinet de toilette dans la tour dans l'aile sud, une chambre dans l'aile nord.

 L'édifice est en pisé enduit, avec des encadrements en granite (quelques encadrements en bois: certains encadrements extérieurs de l'aile nord, encadrements de portes intérieures à l'extrémité ouest de l'aile sud, vers la garde-robe et le cabinet de la dernière chambre, et extrémité est de l'aile nord). Les toits sont à longs pans et croupes, en tuile creuse; toits coniques sur les tourelles angulaires et sur la tour d'escalier, avec des pentes diverses, en tuile creuse ou tuile écaille (tours orientales; génoise pour la tour sud-ouest). Le parc présente un aménagement très simple, avec quelques bosquets et des allées. Il comprend un chenil, au sud-ouest du château. Il était bordé à l'ouest par une piste annulaire pour l'entraînement des chevaux. Une petite pièce d'eau est creusée au nord-est des bâtiments. Les communs du château s'organisent autour d'une cour de plan carrée, à l'ouest de celle du château. Dans l'angle sud-ouest de cette cour se trouve l'ancienne partie habitation, dans un corps de bâtiment de plan rectangulaire, de trois travées, avec un étage carré et un comble à surcroît. Le rez-de-chaussée, ouvert côté cour par une porte double en arc en anse de panier, est aménagé en box à chevaux. Entre ce corps de bâtiment et le portail sud de la cour se trouve un bâtiment à un étage, de trois travées, avec remises au rez-de-chaussée et logement à l'étage. En retour à l'ouest est édifié un bâtiment à un étage, avec remises au rez-de-chaussée et fenil à l'étage. Au nord de la cour se trouve un bâtiment en rez-de-chaussée construit sur l'emprise de la cour de la ferme mais ouvrant vers la cour des communs, à usage de remise. Une habitation de quatre travées à un étage, avec un petit garage à voiture attenant, est édifiée à l'extérieur de la cour, au nord du château. 

 Éléments protégés MH : le cabinet et son décor au premier étage de la tour Sud-Ouest : inscription par arrêté du 16 janvier 1990. 

 château de Montrouge 42600 Savigneux 

 Téléphone : 06 85 48 00 48 

Château de Montrenard

En quittant Pouilly-sous-Charlieu, on rencontre en remontant la vallée du Jarnossin, à deux kilomètres environ, une forteresse quadrangulaire dont les murailles émergent des eaux profondes de larges fossés, et sont commandées par un donjon d’angle à trois étages, et comble aigu. C’est le château de Montrenard, demeure féodale du XIVe siècle, admirablement conservée, et l’un des plus précieux joyaux du Roannais monumental. Rien de plus saisissant que l’aspect sévère de ces hautes courtines, percées seulement de rares meurtrières, sans crénelage, ni mâchicoulis, sans autre relief que celui de trois échauguettes semi-circulaires flanquantes, assises aux angles sur six rangs en retrait de tours grossièrement taillées. Point de baies pour égayer cette enceinte, autres que celles qui s’ouvrent aux différents étages de la tour carrée, car les fenêtres du front méridional ont été percées après coup, comme la maçonnerie l’indique, et leurs profils datent de la Renaissance. La défense réside surtout dans un chemin de ronde, sorte de terrasse posée à l'intérieur sur l’épaisseur des murs et qu’abrite un parapet assez mince, nanti d’embrasures et d’archières, en forme de croix pattée. Une seule entrée, avec pont-levis aujourd’hui remplacé par un pont fixe, et d'une largeur à peine suffisante pour un cavalier, donne accès dans la place. Elle est fermée pat Une porte ogivale suraiguë, placée au fond d'un passage long de trois mètres, non voûté, qui s’ouvre en arrière d’un arc surbaissé, supportant le haut du mur et contre lequel s’appliquait le tablier du pont quand il était relevé. Un double mâchicoulis, accompagné de meurtrières en croix surmonte et protège cette entrée qui a très grand air.

 Les corps de logis adossés aux courtines, mais aujourd’hui détruits, ne prenaient jour que sur la cour intérieure, et un escalier droit, réservé dans l’épaisseur des murs, conduisait aux étages du donjon. Chacun de ces étages n’a qu’une seule salle, éclairée d’une ou de deux baies étroites, prises dans les minces parements de façades de larges embrasures, qui sont voûtées en berceau brisé et garnies de bancs latéraux en pierre. Les formes de ces ouvertures sont toutes variées; baies ogivales sans linteau, baies à linteaux carrés, les uns pleins, d’autres ajourés d’un quatre feuilles et tous déchargés à la bourguignonne, par l’arc brisé d’un ébrasement extérieur. Une vaste cheminée du premier étage, visiblement encastrée après coup dans l’ancienne maçonnerie, est un ouvrage de la Renaissance avec décoration de volutes, mais une salle supérieure a conservé sa curieuse cheminée du XIVe siècle, en faible saillie de trente centimètres, sur la paroi, sans pieds-droits, et dont le manteau, d’un seul bloc de deux mètres de longueur, repose sur deux corbeaux massifs à redents et très larges chanfreins Le chanfrein est d’ailleurs la seule moulure adoptée dans l’édifice, notamment sur les lèvres des croix des archières évidées dans une dalle de pierre d’une seule pièce. Etrange par son aspect de forteresse, étrange par son étonnante conservation et son curieux système défensif, ce castel de Montrenard est un sphinx qui a gardé depuis cinq siècles le secret de ses nombreuses vicissitudes. Aussi la légende s’en est-elle emparée; s’inspirant de la présence de ces curieuses croix pattées caractéristiques de l’austère édifice, elle en a fait une résidence de Templiers.

 Montrenard était une terre libre qui ne releva jamais d’aucun suzerain. Les premiers seigneurs de Montrenard en portaient le nom et avaient des armes parlantes: de gueules au renard montant d’or. Jean de Montrenard épousa Hélinos de Trezettes, d’où Marguerite, femme d’Antoine de Feugères, et Guillaume de Montrenard, qui épousa Marguerite de Charlieu, des seigneurs de Jarnosse, qui lui apporta le fief de la Place. Il rendit hommage de ses biens le 27 septembre 1400; un autre aveu porte la date du 14 février 1402. Le 10 août 1407, Guillaume obtint du duc de Bourbon, Louis II, des lettres par lesquelles le duc défend à ses officiers de troubler ledit Montrenard dans la jouissance de ses droits sur les ports d’Aiguilly et Pouilly, sur la rivière de Loire, voulant qu’il en jouisse, comme ses ancêtres ont toujours fait. Le 9 avril 1408, Marguerite de Charlieu est veuve et rend hommage de la Place. Elle lui avait donné Louis; Jean, échanson du duc Louis II, et Marguerite, mariée à Amphore de Saint-Haon. Louis de Montrenard, seigneur dudit lieu, fit un aveu de ses biens au duc de Bourbon, le 27 janvier 1426, et rendit hommage de Montrenard, le 9 décembre 1441. Il épousa Jeanne de Chandée, dont Gaspard et Jeanne. Gaspard de Montrenard est mentionné dans un acte concernant Edouard de Damas, seigneur de la Basole, son beau-frère, ce qui laisserait supposer qu'il avait épousé une Damas.

 Joachim de Montrenard, qui lui succéda, avait épousé Renée de Chavannes, fille de Jean, seigneur de Saint-Sulpis et de Claudine de Lancy. Guillaume de Montrenard rendit hommage de Montrenard, le 8 juillet 1539, et Louis de Montrenard, le 3 avril 1549; l’année même où ses biens étaient vendus par décret. Un blason retrouvé à Pouilly porte en parti, les armes des Montrenard et celles des Sainte-Colombe, et d’autre part, en 1588, c’est Claude de Crémeaux, époux de Jeanne de Sainte-Colombe de l’Aubépin, qui est seigneur de Montrenard. Les Sainte-Colombe ont donc très probablement possédé Montrenard, au XVIe siècle. Le 26 avril 1601, Philippe d’Apchon est seigneur de Montrenard et en donne le dénombrement. Il acquiert des droits de justice, le 9 décembre 1603, puis les marquis de Rébé l’acquirent des d’Apchon. Jacques de Rébé en rendit hommage le 4 mai 1691. Montrenard appartint ensuite à Jacques Chevalier, conseiller du Roi, dont la fille Philiberté, le porta par mariage à Joseph du Montet, seigneur des Bassets, qui précéda les Michon de Vougy qui en étaient encore seigneurs en 1789. A M. Victor Roux de Nandax a succédé son neveu M. Louis Roux au commencement du XXe siècle.

 Éléments protégés MH : le château de Montrenard en totalité: inscription par arrêté du 15 avril 1935.

 château de Montrenard 42720 Pouilly-sous-Charlieu

 

Château de la Merlée

Au pied des montagnes d’Urfé et de Cervières, à trois kilomètres de Noirétable, mais sur le territoire de Saint-Julien-la-Vêtre (aujourd'hui Vêtre-sur-Anzon), se trouve l’ancien château de la Merlée. Les bâtiments, que masquent en partie des arbres séculaires, se composent d’un vaste quadrilatère avec cour intérieure flanqué aux angles de quatre tours circulaires. La partie ouest des bâtiments semble inhabitée, mais la partie est a été réparée par Monsieur Perdrigeon qui a ainsi sauvé la Merlée de la ruine. Les restes de la chapelle sont contigus au château, on y voit encore une porte moulurée, une fenêtre avec son remplage gothique et les débris informes de l’autel en maçonnerie grossière, envahie par les mousses, les fougères et les scolopendres. Dans un angle, une retombée de voûte présente une figure naïvement sculptée.111

 Les premiers possesseurs de la Merlée en portaient le nom. Delmas de la Merlée, damoiseau rend hommage au comte de Forez, le 16 février 1311, pour la Merlée et autres terres. Les 22 juillet 1322, 11 octobre 1327 et 12 décembre 1328, Thomas de la Merlée rend le même hommage pour la Merlée, des biens à Salles, Saint-Just, Noirétable, etc. La filiation s’établit depuis Roland de la Merlée, dit Mastin, seigneur de la Merlée et de Villeneuve. En 1392, encore jeune, il adressa un curieux défi en patois au chevalier castillan, Arnuad d’Eril: il signa "le Mastin de la Merlée" et c’est là l’origine de ce curieux surnom. En premières noces, en 1445, il épousa Marguerite d’Urgel ou Durgel, dame de Villeneuve et en secondes noces, le 3 décembre 1462, Annette de Rochedragon, qui est veuve de lui le 3 novembre 1466. Il eut du premier lit Jean de la Merlée, dit le Mastin, seigneur de la Merlée, marié à Claudine de Lespinasse, d’où Gilbert, 2° Marie, mariée le 8 juin 1468 à Philibert de Rougemont, seigneur de Vernoux. Du second lit il eut Antoine de la Merlée, dit Mastin, seigneur de Villeneuve, mort sans postérité; 2° Annet Mastin de la Merlée, dit Merlaud, seigneur de Villeneuve, mentionné dans des actes qui vont de 1483 à 1504. Il épousa Françoise de Rochefort, fille de Guillaume, seigneur de la Valette et de Jeanne Mitte, dont il eut un fils, François Mastin, seigneur de la Merlée en 1517, qui eut pour successeur son cousin-germain, Gilbert, mentionné plus haut.111 

 Gilbert le Mastin de la Merlée, seigneur de Villeneuve, la Roche, la Tour-en-Jarez, la Chabaudière, la Merlée, épousa le 30 mai 1540 Anne de Sénaret, fille de Balthazard, seigneur de Chaussin en Bourbonnais et de Pernette de Bonnay, dont Antoine le Mastin, seigneur de la Merlée et Villeneuve; 2° Gilberte, femme de François de Saint-Priest, seigneur de Saint-Bonnet; 3° Madeleine, mariée en 1563 à Louis de Boisy, fils de Tristan; 4° Claudine, mariée à Etienne Perrin, seigneur de Chervé, à Perreux; 5° Françoise, femme d’Antoine Baraduc, "chevaucheur de l’écurie et portier de la maison du Roi" à la Post, près Noirétable; 6° Sébastien le Mastin, seigneur de Serbonne, dont la fille, Françoise de la Pauze, épousa un gentilhomme auvergnat, Louis du Palais, d’où Marc du Palais; 7° François le Mastin, seigneur de la Merlée, qui testa le 24 juillet 1585, faisant héritier universel son neveu, Marc de Boisy, qui vivait avec lui et lui substituant Marc du Palais. Le vieillard vivait à la Merlée avec de Boisy et le seigneur de Gibiat. Le 20 avril 1591, il fut trouvé assassiné avec Gibiat. Le château avait été envahi une heure avant le lever du soleil par une bande de vingt hommes masqués et armés. Les gens de justice de la châtellerie de Cervière dont dépendait la Merlée mirent les scellés sur les meubles et le château fut occupé par une garnison. Les deux victimes furent ensevelies, en l’église de Saint Jean-la-Vêtre, dans la chapelle de la Merlée, alors ornée de leur blason, de gueules à la bande d'or chargée de trois merles de sable, becqués et membrés de gueules.111 

 Marc de Boisy se fit mettre en possession de l’héritage, se porta partie civile, fit des recherches et acquit la certitude que le crime avait été commis par une bande de soldats pillards en garnison à Ambert. La succession était chargée de dettes, Marc aliéna d’abord la dimerie de Saint Romain d’Urfé à Michel de Génetines, puis la Plasse, à Michel de Beauvoir, enfin le 30 novembre 1595 il cédait la Merlée à Jacques d’Urfé pour 18000 écus. La famille du Palais cependant ne se résignait pas à la perte de l’héritage qui aurait pu revenir au jeune Marc. Le 15 avril 1592, le sire de Boisy, lui avait remis 300 écus, representant ce qu’elle pouvait prétendre "des biens et succession du sieur de la Merlée" mais c’était trop peu. Une intrigue ouverte contre Marc de Boisy réussit à diriger les soupçons de son côté. A la fin de 1596 le prévôt de Forez, Pierre Imbert, l’arrêta à la Merlée et le fît incarcérer à Montbrison. Les du Palais achetèrent le prévôt et comme de Boisy était sorti du château une demi-heure avant le crime, des témoins déclarèrent l’avoir vu "masqué, dans la troupe de ceux qui firent le coup". Le 21 novembre 1597, on décidait de soumettre Marc à la question pour lui arracher des aveux, le prévôt et l’assesseur s’y prirent si brutalement que le malheureux en mourut sur le champ. Sa mère, Madeleine de la Merlée, passa ses jours à demander la réhabilitation de son fils victime d’une monstrueuse erreur judiciaire et il est probable que les choses traînèrent en longueur jusqu’à sa mort, car ce ne fut que le 19 janvier 1598, que le roi ordonna aux parties de se présenter devant la Cour pour être entendues. Les armes de Boisy sont cinq point d’azur équipollés à quatre d’argent.111 

 Marc du Palais, mis en possession de l’héritage par les moyens que l’on sait, épousa en 1618 Anne Charpin de Génetines, fille de Michel et de Léonore Le Long, dont Gaspard, qui suit; 2° Jacques-Gilbert, seigneur de Villechaize, marié à Philippe de la Gui tardie; 3° un fils, assassiné à Lyon, le 20 juin 1649; 4° Michelle, mariée le 23 novembre 1655 à Pierre de Chaussecourte, fils de Louis et de Nicole de Cambefort. Gaspard du Palais prêta hommage de la Merlée en 1671, ayant épousé le 17 septembre 1648, Françoise d’Alcanon de Chassereux, il eut cinq enfants dont Joseph, qui suit; 2° Jacques, né en août 1669; 3° Marie, jumelle du précédent; 4° Charles-Philippe (6 novembre 1674-1710); 5° Jérôme, sous-Diacre à Lyon. Joseph du Palais, né en janvier 1665, épousa le 17 janvier 1695, Louise de Cochardet, dont trois filles: Hilaire, née le 8 août 1696; 2° Marie, née le 9 août 1699, mariée au seigneur Belvezay de Veluize. En juillet 1730 leur fils Etienne tombe du haut des murs de la ville de Thiers et se tue à 35 ans; 3° Marie Marguerite, née le 26 mai 1704. Les armes des du Palais sont d’azur au chevron d’or, accompagné de trois glands versés du même. Le 14 octobre 1726, Marie-Marguerite épousait Pierre-Gaspard de Loras, seigneur de Chamagnieu et la Tour, capitaine de cavalerie au régiment de Villeroy, fils de Louis et de Marie David de la Tour et petit fils d’Arthur et de Claire de Villars. Les armes de cette maison sont de gueules à la fasce losangée d’or et d’azur. Pierre-Gaspard de Loras, seigneur de la Merlée, testa le 16 août 1746, laissant François-Melchior, marquis de Loras, lieutenant au Royal-Vaisseaux; 2° Louis-Catherine, qui suit; 3° Louise-Hilaire, mariée le 23 avril 1750 à Jean-Antoine de Charpin comte de Génetines, fils de Jean et de Marie-Madeleinede Jaquette; 4° Louise-Charlotte, mariée le 1er mai 1754 à Barthélemy-Léonard Pupil de Myons, fils de Barthélemy Claude et de Catherine de Sève.111 

 Louis-Catherine de Loras, baron de Pollionay, seigneur de la Merlée (24 avril 1725-6 décembre 1793) martyr de la Révolution, commandeur de l’ordre de Malte, capitaine au régiment de Bretagne, épousa le 12 mars 1767, Adélaïde-Sophie Berthelet de Baye, née le 15 décembre 1749, fille de François et d’Elisabeth Rioult de Cursay, dont François-Marie, né le 13 août 1768; 2° Barthélemy-Hippolyte, né le 13 décembre 1769; 3° Louis Charles, marquis de Loras, né le 6 février 1771, marié en 1808 à Mademoiselle de Rigaud de Sérézin, fille du marquis et de Nicole de Menthon dont un fils mort jeune, deux filles religieuses et Henriette-Pétronille, morte le 28 juillet 1850, mariée le 6 août 1832 à Antoine Charles-François d’Auberjon, marquis de Murinais, dont les armes sont de gueules au lion d’or. Les deux époux paraissent avoir possédé la Merlée, conjointement avec François-Marie. Le 15 juin 1839 ils vendaient le vieux manoir à François-Guillaume Perdrigeon, ancien officier de dragons, juge de paix à Noirétable, né le 6 avril 1790, fils de Jean-Baptiste et de Marie-Madeleine Delaire. Il mourut sans alliance et la Merlée passa à son neveu François-Guillaume Perdrigeon, fils de son frère François et de Marie-Claudine Giraud de Presles. Le château appartenait par moitié, au début du XXe siècle, à M. le Docteur Wies-Perdrigeon et à M. Paul Leriche-Wies. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures; la salle des Gardes au rez-de-chaussée avec sa cheminée; les cheminées de la pièce de la tour Sud-Est et de la cuisine au rez-de-chaussée et de la chambre au premier étage au-dessus de la salle des Gardes: inscription par arrêté du 1er mars 1973.

 château de la Merlée 42111 Vêtre-sur-Anzon

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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