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Château de Ferrassou

C'est à proximité d'une digue construite sur le Lot à la fin du XIIIe siècle, dite de Lamothe Dessous, qu'une maison-forte fut élevée pour la famille de Pélissier, bourgeois de Penne et seigneurs péagers, mentionnés dans l'enquête de 1311 sur les usurpations commises au détriment du domaine royal. Des vestiges de cette résidence du début du XIVe siècle paraissent subsister dans les parties basses du logis. Détenue au XVe siècle par la famille de Laduguie, la seigneurie de Ferrassou est vendue à Jean de Podio Extremo (de Pechextrême), en 1476, avec "l'ostal e tor apelat de Ferrasso". De cette époque date la reconstruction du corps de logis. La seigneurie passe dans les années 1490 entre les mains d'Antoine de Lustrac, pour qui la tour d'escalier hors-oeuvre fut édifiée, à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle. Des traces de reprises dans la maçonnerie révèlent que le logis fut agrandi d'un nouveau corps adossé à l'escalier côté sud, sans doute peu de temps après sa construction, d'après les traces de fenêtres encore visibles. La tour sur l'angle nord-est, datable par son décor Renaissance des années 1530-1540, fut peut-être élevée à l'occasion du prestigieux mariage, en 1544, de Marguerite de Lustrac avec le Maréchal de Saint-André. Après l'acquisition en 1608 du château par Pierre de Masparrault, issu d'une riche famille de magistrats bordelais, d'importants travaux d'agrandissements sont effectués : le corps de logis est doublé en profondeur et une aile en retour est construite au nord, comportant notamment un corps d'entrée, des galeries superposées et une chapelle (visitée par l'évêque Claude Joly en 1668) une tourelle dominant le Lot porterait la date 1658. Durant la Révolution, la maîtresse-tour fut dérasée. Le domaine est acquit par Blaise de Lapeyrière en 1812, qui fait démolir, vers 1818 l'aile nord et effectuer des travaux de restauration et de décoration, donnant à l'édifice ses dispositions actuelles; l'imposte en ferronnerie de la porte d'entrée de 1820 marque l'achèvement du chantier.

 Le château établi sur la berge de la rive droite du Lot surplombe le cours d'eau, dont le niveau a été relevé d'environ huit mètres lors de la construction du barrage de Villeneuve-sur-Lot. Les murs sont bâtis en moellon de tuf, équarri pour la tour d'escalier, mêlé à du calcaire pour la partie nord-ouest. Un enduit d'imitation simulant un appareillage de pierre de taille existait avant restauration. Le château se compose aujourd'hui d'un corps de logis rectangulaire perpendiculaire au Lot, sur caves voûtées en berceau et dominé par la tour d'escalier abritant au sommet une pièce voûtée d'ogives. La maîtresse-tour circulaire sur l'angle nord-est, défendue par une canonnière, est isolée par un fossé. Les croisées et demi-croisées de la tour nord-ouest sont encadrées par des pilastres à losanges couronnés de petits chapiteaux. 

 Éléments protégés MH : les parties anciennes (à l'exclusion des deux tours classées) : inscription par arrêté du 11 avril 1973. La tour ronde ainsi que la tour carrée renfermant l'escalier à vis : classement par arrêté du 11 avril 1973.

 château de Ferrassou 47140 Saint-Sylvestre-sur-Lot

Téléphone : 06 16 58 11 63

Château de Favols

Construit au XIIIe siècle, cet château fort située à proximité d'un ancien gué dominait le passage sur le Lot par voie fluviale et servait sans doute de château péager. Il s'agissait alors d’un quadrilatère avec quatre tours d’angle. La famille de Favols, mentionnée dans les hommages de 1259, est très puissante. Les Favols abandonnent la maison-forte vers 1430, probablement affaiblis par la Guerre de Cent Ans. Au XVIe siècle, la demeure passe aux Montratier, puis aux Gervain de Roquepiquet, et c’est à cette époque que la croisée moulurée est ouverte dans le corps de logis sur la cour. Au XVIIIe siècle, de grandes baies sont percées et l'aile ouest est reconstruite pour agrandir la cour, avec des briques provenant du prieuré de Ribeyrolles démoli à la fin du XVIIe siècle. Tours et logis en pierre de taille, percés de portes en arc brisé chanfreinées. Les tours possédaient deux étages surmontés d'une galerie en bois sur consoles de pierre (subsistant sur la tour ouest), le logis un étage, desservis par des rampes ou échelles de bois. Au rez-de-chaussée des tours, une pièce disposait de cheminée d'angle, latrines, baies étroites ; à l'étage, existe une salle avec grande cheminée, latrines, et vestiges de baies plus larges, peut-être géminées. Ailes en retour en brique et pierre enduites, en rez-de-chaussée. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du donjon ; la façade sur la cour du bâtiment à l'Est du donjon : inscription par arrêté du 28 décembre 1981. 

 château de Favols 47300 Bias 

 Téléphone : 05 53 70 28 19

   

Château de Fals

Le château a été fondé au XIIIe siècle. Les parties les plus anciennes peuvent remonter au XIIe siècle. Quelques vestiges des substructions du château médiéval subsistent dans le sous-sol de l'aile droite du château. Jean de Comère, seigneur de Fals et de Pis, s'est marié en deuxièmes noces avec Domengue d'Esparbès, dame de Pis. Elle a fait son testament le 9 avril 1555 faisant de Jean d'Esparbès, fils de Pierre d'Esparbès, seigneur de Belloc dans le diocèse d'Auch, son héritier universel. Béraud d'Esparbès, fils aîné de Pierre d'Esparbès, s'était marié en 1553 avec Françoise de Comère, fille de Jean de Comère, et son héritière universelle par le testament de 1552. Silvestre d'Esparbès de Lussan du Gout, baron de Lamotte-Bardigues, seigneur de Fals, capitaine puis gouverneur d'Auvillar, conseiller au parlement de Toulouse en 1667. Son petit-fils, Michel d'Esparbès de Lussan du Gout est appelé le comte de Lussan. La seigneurie de Fals est restée dans la famille d'Esparbès jusqu'au XVIIIe siècle. Le château fut racheté par Étienne de Bazon, qui entreprit de reconstruire le château après la mort de Catherine de Bazon en 1727 pour en faire sa résidence principale. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures et la décoration du salon et de la salle à manger du XVIIIe siècle : inscription par arrêté du 23 avril 1953.

 château de Fals 47220 Fals

 

Château d'Estillac ou de Montluc

Le château d'Estillac est assis sur une butte naturelle, à soixante pas en arrière d'un vieux chemin qui fut peut-être une voie romaine secondaire. Cette route vient d'Agen tout droit, du nord au sud, traversant la haute plaine, jusques aux ruines d'une pile antique dite Peyrelongue (six kilomètres); puis elle gagne le coteau entre Roquefort et Estillac et en suit l'arête supérieure pour obliquer au sud-est vers Aubiac. Sur ce trajet, la butte d'Estillac occupe un point culminant, d'où la vue est fort étendue, mais elle n'offre pas de forts escarpements; elle est accessible de tous côtés. On pourrait être surpris qu'élevé dans ces conditions, le château n'ait été muni d'aucun ouvrage extérieur, pas même de fossés. Cette particularité est commune à nombre de châteaux gascons. Un document cité par M. le baron de Ruble nous apprend qu'en l'année 1567, Monluc faisait venir par Toulouse le bois de charpente destiné à la construction de l'église et du château d'Estillac. Ce texte, précieux en ce qu'il fournit une date, ne doit pas toutefois être interprété dans ce sens que Monluc aurait édifié tout le château. L'étude des vieux documents, aussi bien que celle de l'édifice lui-même, prouve le contraire. Il paraît évident, pour ceux qui tiennent compte, comme il le faut, des deux éléments d'information, que Monluc a fortement remanié des constructions antérieures formant à peu près la moitié de l'ensemble encore existant, et construit en totalité l'autre moitié. Il existait, à la fin du XIIIe siècle, un château à Estillac, ainsi que le prouve un acte de l'année 1292. Mais si les parties qui datent du XIIIe siècle et celles qui s'achevèrent en 1567 peuvent être assez bien déterminées, il n'en est pas de même de certaines constructions, dont quelques-unes paraissent être de quelque peu antérieures au milieu du XVIe siècle, et d'autres plus anciennes encore.

 L'intelligence de la description qui va suivre sera facilitée par des références au croquis d'un plan (ci-dessous) dont l'exactitude, nous devons le dire, est seulement approximative. La courtine en façade, où est l'entrée (A), orientée sud-est, est parallèle au vieux chemin dont nous avons parlé. La cour intérieure affecte la forme d'un triangle rectangle à la pointe émoussée. En arrière d'un puits large et profond (B), on voit saillir (C) l'angle d'une construction rectangulaire parfaitement caractérisée. Ses revêtements sont en moyen appareil, plutôt petit, fort soigné. A hauteur d'homme, à l'extérieur, trois archères (aaa) au nord-est, une (b) au sud-ouest valent une date. La construction barlongue (DDD) est, de toute évidence, le Castrum du XIIIe siècle. Mais, à cette époque, il n'y avait pas de château sans tour. La tour est saillante et de forme carrée (F). On y a logé plus tard l'escalier, en la remaniant pour la rendre circulaire à l'intérieur, en refaisant des parements, en y ouvrant une porte (E). Dans ses vieux murs, on voit encore une archère condamnée (b), qui donne dans une annexe de la cuisine. Il est possible qu'une seconde tourelle s'élevât à la place de la tour G, refaite au commencement du XVIe siècle et couronnée de mâchicoulis, ou même à l'angle G, où l'on a rebâti un contrefort en applique sur des arrachements. Il y avait peut-être une enceinte et des dépendances au nord-ouest. La tour L doit dater du moyen-âge. Elle était carrée et c'est en voulant la renforcer qu'on lui a donné, au XVIe siècle, une forme aussi singulière à l'extérieur, une courbe en colimaçon. Ceci n'a aucune raison d'être et ne se verrait pas dans un ouvrage exécuté d'un seul jet. Près du bastion N, en c, on remarque des soubassements dont l'appareil rappelle celui du corps du château du XIIIe siècle. Nous avons fait ressortir ces particularités sur le plan.

 On peut se demander aussi si le logis K M n'a pas été refait dans sa forme grossière en appareil irrégulier sur des fondations anciennes. Son sous-sol est voûté en berceau, forme rarement usitée après le XIIIe siècle. La croisée d'ogives, aux XIVe et XVe siècles, la voûte d'arête, au XVIe siècle, furent appliquées de préférence aux sous-sols et aux rez-de-chaussée des châteaux de l'Agenais. Tels sont les petits problèmes les plus difficiles à résoudre dans une étude de dissection du château d'Estillac. Il est assez vraisemblable que, de la fin du XIIIe au XVIe siècle, des additions furent faites au fort primitif. Nous en jugerons par ces indices. Nous avons dit que le logis K M était d'un appareil négligé. On n'y voit qu'un seul motif d'ornementation. Sur le meneau d'une fenêtre, à l'extérieur (en d) ce sont des rosaces et un bandeau enlacé dans le style de la première Renaissance. Les revêtements des tours L et H sont au contraire en bel appareil moyen, plutôt grand. Le bastion N est en applique sur la clôture du logis 0 P. Ce mur de clôture est donc, au moins en partie, antérieur au bastion, et, comme l'ensemble du château que nous venons de délimiter ne pouvait rester ouvert au sud-est, il est probable qu'environ du point P au point C, une courtine achevait de clore une cour intérieure de C à E. Nous en avons fini avec le quadrilatère ancien. Le puits B, qui reste en dehors, appartient à la série des dernières constructions. Nous savons par Monluc lui-même qu'il y avait deux puits au château d'Estillac.

 Le quadrilatère qui reste à décrire PRSV, en y comprenant le bastion N, a été évidemment édifié le dernier et d'un seul jet. C'est l'œuvre de Monluc, la grande construction achevée jusques aux charpentes, en 1567. Il est du même appareil relativement grand et très soigné. Ses murs sont talutés et par conséquent renforcés à la base. Un cordon, composé d'un gros tore circule uniformément à la hauteur du premier étage sur toute la superficie du quadrilatère, y compris le bastion N. Nous avons là un des plus anciens exemples connus en France d'enceinte bastionnée et celle-ci est l'œuvre d'un maître. Le bastion N, à quatre pans, est du type classique; les bastions R S appartiennent à la variété dite lunette. La configuration des abords du château a permis à Monluc de ne pas établir de meurtrières dans le rez-de-chaussée, à hauteur d'homme, comme on en voit dans le château du XIIIe siècle et dans la tour G. Ces baies affaiblissent les murs juste au point où on les bat en brèche. Il pouvait s'en passer, d'autant plus que la portée utile dans un tir horizontal se trouvait très limitée par les pentes. Un assaillant posté à cent mètres, et même sur quelques points à trente mètres, restait invisible. C'est le tir plongeant de premier et de second étage qui, en réalité, était rasant dans les pentes sur la zone dangereuse la plus étendue. Les expressions que nous employons ici de feux de premier et de second étage ne s'appliquent pas à des divisions anciennes de planchers intérieurs ni à des niveaux constants. Les arquebusiers devaient circuler sur des échafaudages appropriés à l'intérieur. L'emplacement des meurtrières, ou plus bas ou plus haut, était donc habilement calculé suivant le but à atteindre, la surface à protéger. Ceci pourrait être rendu sensible dans une monographie ou l'on reproduirait des coupes du château et de ses abords.

 Les embrasures, dont un certain nombre sont d'ailleurs bouchées, d'autres agrandies en baies de fenêtre, sont ainsi ou dénaturées ou trop petites pour paraître toutes dans les photographies de vues extérieures. Pour indiquer les meurtrières et les fenêtres sur le croquis du plan, il a fallu recourir à des signes conventionnels. Mais, ce qui subsiste dans le plein des murs, ce qui est indiqué donne une faible idée de l'ensemble des moyens de défense. En effet, tous les couronnements du château d'Estillac ont disparu. Les merlons ont été détruits, les toitures abaissées. C'est en somme à cet étage supérieur que l'on pouvait poster le plus grand nombre d'arquebusiers; c'est de là que l'on découvrait le mieux tous les abords et que l'on pouvait le mieux croiser les feux. L'accès de la courtine en façade, dans laquelle se trouve la porte A, devait être défendu surtout par les feux de l'étage supérieur des lunettes R S ou par des ouvrages avancés qui n'existent plus. Dans l'état actuel ce serait un point bien faible. La position la meilleure pour attaquer le château est peut-être un petit plateau près de la route faisant face à l'éperon de la lunette R. Cet éperon est fort bien combiné pour amortir le choc des boulets, qui eussent frappé obliquement les murailles. L'étage supérieur de cette tour est légèrement en encorbellement. Il en devait être de même de la lunette pareille S, qui a été aux trois quarts détruite à l'époque révolutionnaire. Les canons étaient rares au XVIe siècle. Monluc, qui n'en possédait point, n'avait approprié aucune embrasure à l'usage de la grosse artillerie. Tout au plus de très petites pièces, telles que des couleuvrines et des mousquets de rempart d'un type usité à Agen, pouvaient être appliquées à la défense du château. Dans un siège à soutenir les arquebusiers auraient joué le principal rôle. Au cas où le quadrilatère ajouté par Monluc eût été emporté, on pouvait encore se réfugier et se défendre dans le château vieux, dont l'ensemble est assez complet.

 Nous n'avons décrit aucune disposition intérieure; il n'en est pas d'intéressante, car presque tout a été remanié. Dans la partie du château la plus ancienne se trouvent les caves et magasins dans le sous-sol, les logis au rez-de-chaussée et au premier étage. Dans le quadrilatère ajouté par Monluc devaient se trouver, de 0 à X, de T à V, les écuries et les granges à fourrage. Deux salles T et X, précédant les lunettes S R, étaient voûtées en croisées d'ogives, comme l'indiquent (en b é) des culs-de-lampe et des sommiers d'arcs rompus. La première T passe pour avoir été une chapelle. Dans l'angle de la cour proche de la porte E de l'ancien château (en Z), à quelques mètres au-dessus du sol, un petit balcon semi-circulaire repose sur un cul de-lampe. On dirait une chaire à prêcher. Le tombeau de marbre, où Monluc est figuré gisant, mais qui paraît n'avoir jamais recouvert ses ossements, était autrefois dans la chapelle T. On l'a relégué à l'extérieur, sur un petit tertre (g ), en face du château du XIIIe siècle. Il a souffert du temps, de la rouille des lychens plus que de la main des hommes. Les croisées de la lunette K ont de belles proportions, mais un minimum de moulures; les angles de leurs montants sont simplement rabattus en quart de rond. Les deux fenêtres de la tour G, que nous attribuons au commencement du XVIe siècle, sont au contraire assez bien décorées de moulures prismatiques. Des murs de refend et des briquetages dans les salles KM, les ailes 0 à X, V à T sont modernes. On n'a pas tenu compte dans le plan de toutes ces divisions factices. On peut dire d'Estillac que c'est le dernier château-fort construit dans l'Agenais. Les plus beaux châteaux élevés à partir du règne de Henri IV, tels que ceux de Lasserre, de Lafox, de Calonges, etc, ne sont plus appropriés à la défense. Ce sont de riches résidences seigneuriales aux portes ouvertes, aux grandes salles inondées de lumière. 

 Éléments protégés MH: le cénotaphe, situé dans le parc : inscription par arrêté du 11 avril 1947. Le château : classement par arrêté du 5 mars 1958. 

 château de Montluc 47310 Estillac

 

Château d'Espiens

Village que l'on peut qualifier de bourg castral développé autour du château édifié au XIIIe siècle et de l'église originelle ; les autres constructions principales : mairie école et église datent du XIXe siècle. Le château d'Espiens est la propriété de la famille de Galard, seigneurs d'Espiens, du XIIe au XIVe siècle ; le château est édifié à la fin du XIIIe siècle sur un plan carré un peu archaïque : il est cantonné de quatre tours et flanqué de deux tours au sud-est et au nord-ouest, la tour sud-est a conservé la porte d'entrée en arc brisé avec la trace de la rainure de la herse; Bertrand de Galard décède en 1401 sans héritiers. Le château appartient aux XVe et XVIe siècles à la famille de Pardaillan ; en 1556 au duc d'Albret (sénéchaussée de Nérac), puis aux carmélites de l'incarnation à Paris ; aux XVIIe et XVIIIe siècles à la famille de Mazelières. En 1891, la commune d'Espiens achète la tour carrée placée sur la parcelle du terrain de construction de la mairie école ; quatre tours seulement ont été conservées et de manière partielle : la tour sud-est est reste intacte sur une grande partie de sa hauteur, le quatrième pan s'est effondré dans les années 1975 et les parties basses des trois tours du mur ouest ont été utilisée en maison d'habitation et en lieu de stockage. 

 Éléments protégés MH : la tour d'Espiens : inscription par arrêté du 22 février 1926. 

 château d'Espiens 47600 Espiens

 

Château d'Escalup

Bastide fondée en 1298 sous le nom de la Montjoie Saint Louis par le sénéchal d'Agenais, afin d'assainir un secteur très boisé et peuplé de brigands, selon Samazeuilh. Il s'agit d'une bastide de plan régulier à peu près carré, avec une place centrale, et l'église paroissiale dans l'angle sud-est ; elle était entourée de remparts et de fossés, transformés en jardins à la fin du XVIIIe siècle. Deux couvents ont été fondés hors les murs au XVIIe siècle : un couvent de cordeliers en 1623 et un couvent de clarisses en 1667. Les couverts ou galeries de la place Nemours datent des XVIIIe et XIXe siècles. Un nouveau quartier est édifié au nord-ouest de la bastide dans la première moitié du XIXe siècle, en bordure du champ de foire ou promenade du Dominé, aménagé entre 1811 et 1842, dates des deux cadastres de LaMontjoie. Le village s'est également développé au sud, le long de la route de Nérac à Astaffort...

Maison-forte constituée d'une tour carrée et d'un corps de logis ou salle et édifiée au XIVe siècle. Elle comporte actuellement quatre niveaux: les deux premiers niveaux percés de jours étroits semblent affectés au stockage, le troisième percé de grandes ouvertures dont les arrières voussures paraissent d'origine et possédant une cheminée, est un niveau d'habitation, le quatrième possédait des latrines; un pilier central soutient le plancher du troisième niveau ; la tour, dotée de grandes fenêtres et de cheminées, a été arasée à la hauteur du corps de logis ; l'accès au logis se faisait par deux portes en arc brisé au sud flanquées par la tour; des galeries extérieures en bois existaient au nord et à l'ouest où restent des lignes de corbeaux. Au début du XVe siècle, la famille d'Escalup possédait un grand domaine dans la juridiction de Lamontjoie, la fenêtre Nord du mur Est a été remaniée au XVIe siècle. Au XVIIe siècle, Escalup est propriété des Malvin, qui y font des aménagements: croisées du quatrième niveau, cheminées contre le mur ouest, division en pièces ou appartements. A la Révolution, les bâtiments, qualifiés de vieille tour et petit manoir, ne sont plus habités : les terres ont été réunies au domaine de Ferbos-Magnos, comme celles du château de Marin. Escalier dans l'épaisseur du mur entre la tour et la salle à partir du deuxième étage. Pilier central en pierre de taille au rez-de-chaussée et au premier étage, pour soutenir le troisième niveau ou deuxième étage. 

 Éléments protégés MH : le château d'Escalup avec son fossé : inscription par arrêté du 29 avril 1999.

 château d'Escalup 47310 Lamontjoie

   

Château Episcopal

Le village, dont l'époque d'implantation n'est pas connue, s'étire le long de l'ancien chemin de Villeneuve à Frespech, actuelle R.D. 103. Son église abrite une source miraculeuse réputée dès le Moyen Age. Une phase d'extension se situe en limite des XVe et XVIe siècles : les della Rovere, évêques d'Agen (1487-1538), font ériger une tour résidentielle ; l'église qui remplace une chapelle de dévotion est construite au même moment. Plusieurs maisons datent, ou sont datables, du XVIe siècle, probable période de prospérité. D'autres maisons ont été édifiées en limite des XVIIIe et XIXe siècles, alors qu'Hautefage est chef-lieu d'un éphémère canton (1790-1798).

 Tour résidentielle construite pour les évêques d'Agen à la limite des XVe et XVIe siècles, sous l'épiscopat de Leonardo della Rovere et d'Antonio della Rovere, évêques italiens dont les armoiries figurent sur la bâtisse. Lors de sa visite pastorale, l'évêque Claude Joly décrit en 1668 "à six pas de l'église une grande et belle tour qui sert de clocher, bâtie de fort belle pierre, imparfaite pourtant, où sont deux cloches". Au XIXe siècle, les divisions d'étage ont disparu et la partie supérieure de la tour est ruinée. Elle a été restaurée à la fin du XIXe siècle et coiffée d'un toit conique, vers 1910. Vers 1950, un château d'eau a été installé à l'étage supérieur. La tour fait aujourd'hui office de clocher.

 Tour hexagonale indépendante surplombant l'église Notre-Dame, bâtie contre l'escarpement calcaire et épaulée par de solides contreforts. Les trois étages délimités par un cordon sont desservis par un escalier en vis, installé dans une tourelle hors-oeuvre sur le contrefort d'angle sud-ouest.

 Éléments protégés MH : la tour : classement par arrêté du 28 mai 1883.

 château Episcopal 47340 Hautefage la Tour

 

Château de Duras

Un village castral est établi à Duras en 1137 par Guillaume Amanieu, vicomte de Benauge et de Gabardan, à la limite de l'Agenais et du Bazadais. On ne sait rien de la résidence seigneuriale originelle de ce "castrum" mentionné au XIIIe siècle en possession de la famille de Boville, mais il paraît vraisemblable qu'elle occupait l'emplacement actuel du château. Quoi qu'il en soit, la forteresse médiévale visible aujourd'hui est à attribuer à la famille bazadaise de Got, détentrice de la seigneurie depuis la fin du XIIIe siècle. Sa reconstruction est vraisemblablement due à Bertrand de Got, dans les premières années du XIVe siècle, qui bénéficia sans doute pour ce chantier des largesses de son oncle, le pape Clément V (1305-1314), et de maîtres d'oeuvre communs avec les châteaux dits "clémentins" du Bordelais et du Bazadais, comme le laissent penser des similitudes architecturales (parti général, voûtes, escaliers, archères...). Passée en 1325 dans la famille de Durfort, la forteresse est assiégée à plusieurs reprises durant la guerre de Cent Ans, notamment par du Guesclin en 1377, selon le récit de Froissart ; cependant, elle ne semble pas avoir subi de démolitions importantes. De la même manière, peu d'indices permettent d'entrevoir des remaniements effectués durant la Renaissance ou les guerres de Religion : une colonne et un départ d'arcade conservés dans les maçonneries de la salle dite des maréchaux pourraient correspondre à une galerie du XVIe siècle ; une canonnière au sud est le rare témoin d'une mise en défense de cette place forte protestante.

 La transformation de la forteresse en château d'agrément est due, dans le quatrième quart du XVIIe siècle, à Jacques-Henri de Durfort, premier duc de Duras en 1689 puis maréchal de France, mort en 1704. Si les tours de la forteresse médiévale sont conservées, l'ensemble des corps de logis est reconstruit et des communs couverts en terrasse sont aménagés dans l'ancienne basse-cour, formant une cour d'honneur. Le résultat étant très homogène, on ne dispose que de peu de repères chronologiques permettant de dater les différents ouvrages. Il paraît cependant assuré que le fils du premier duc, Jean-Baptiste de Durfort, est le commanditaire de la construction du corps de logis accolé au corps d'entrée, dit le "petit château", dans le premier quart du XVIIIe siècle. Des plans non datés de l'atelier de Robert de Cotte présentent des projets pour une avant-cour comprenant orangerie, chapelle et écuries, qui aurait été aménagée dans les années 1730 (d'importants charrois sont mentionnés en 1734). La grande salle du château accueille 1300 personnes en 1738 lors d'une cérémonie religieuse (la date de 1741 donnée pour l'achèvement de cette salle ne paraît pas étayée). Le troisième duc, Emmanuel-Felicité de Durfort, mort à Versailles en 1789, ne paraît pas avoir entrepris de travaux majeurs, sauf peut être quelques embellissements des appartements. Durant la Révolution, le château est pillé, les tours dérasées (à l'exception de celle sud-est), les bâtiments de l'avant-cour sont détruits alors que les jardins réguliers au sud sont délaissés. En 1883, le château, déserté, est vendu (après démontage des cheminées de la salle des maréchaux) par le comte de Chastellux, héritier des Durfort, au curé de Duras qui projette en vain de transformer l'aile est en église paroissiale. Passé de mains en mains, dégradé, le château est acquis par la commune en 1969, puis classé en 1970. Commencent alors les campagnes de remise en état des bâtiments sous la conduite de l'ACMH F. Corouge : la toiture de l'aile est, notamment, est rétablie en 1975, les sous-sols sont restaurés dans les années 1980-1990 ; la restauration des extérieurs est en cours et celle des lambris de la chambre de la duchesse est programmée.

 Le site castral occupe l'extrémité d'un éperon de confluence dominant la vallée du Dropt. La forteresse médiévale, séparée du bourg et isolée de l'extrémité de l'éperon par des fossés, se compose d'un corps de place quadrangulaire flanqué de tours sur les angles, précédé à l'est d'une basse-cour bordée de courtines et défendue par un ouvrage d'entrée encadré de tours ; un cellier en sous-sol, voûté en berceau, était placé à la jonction du corps principal et de la basse-cour. Les tours circulaires, à l'exception de la tour nord-est en fer à cheval, sont talutés à leur base ; des escaliers en vis dans-oeuvre desservent les salles voûtées d'ogives ou en berceau brisé. Quelques archères en croix pattée restent visibles, ainsi qu'une baie géminée murée, dans les maçonneries des tours de l'ouvrage d'entrée. La structure de la forteresse a été maintenue lors de sa transformation en château d'agrément : des appartements ont été construits au sud et au nord, formant deux corps de logis reliés à l'ouest par une aile ouverte en portique et à l'est par une loggia desservie par un escalier rampe-sur-rampe, encadrant une cour intérieure. Adossée à l'aile est avec son toit pentu, la grande salle offre la façade principale du château, couronnée d'un fronton cintré et de lucarnes. Elle ouvre depuis une terrasse sur la cour d'honneur par un escalier symétrique. Les communs aménagés sous cette cour sur deux niveaux, voûtés d'arêtes, sont dits en sous-sol, quoique non encavés. Une partie de ces salles abrite aujourd'hui des collections ethnologiques. 

 Éléments protégés MH : le château avec tous les bâtiments qui le composent, ainsi que ses cours, garenne et terrasses et leurs murs de soutènement : classement par arrêté du 3 mai 2002. 

 château de Duras 47120 Duras 

 Téléphone : 05 33 14 00 38

Château de Douazan

L'édifice se niche, à l’abri des regards, au cœur d’une forêt de chênes. Le corps de logis central comporte des vestiges de murs remontant au Moyen-Âge, probable époque de sa construction. Après des dégâts causés par les guerres, l’édifice est remanié au tournant des XVe & XVIe siècles. Le corps de logis central possède deux pavillons d’angle et une tour d’escalier polygonale au centre de la façade. Le nom du lieu évoque le souvenir du Capitaine Douazan, malheureux adversaire de Montluc lors d’une bataille en 1562. En 1601, le château est acquis par Jean II de Mazelières, et il restera la propriété de cette famille protestante pendant très longtemps. Entre 1875 et 1881, des restaurations sont entreprises par M. Larroze, maire de Nérac, afin de conserver l'édifice qui fait partie intégrante de l’histoire de la commune. 

 Éléments protégés MH : la tour d'escalier avec sa porte ; le pigeonnier : inscription par arrêté du 15 septembre 1993. 

 château de Douazan 47600 Nérac

 

Château de Dolmayrac

Le bourg castral est établi sur un éperon dominant la vallée du Lot : il était défendu par édifice fortifié à la pointe de l'éperon (deux tours en ruines) et un second fort du côté du plateau ; des remparts en pierre de taille, dont subsistent des vestiges, reliaient les deux points forts. Dolmayrac est mentionné comme castrum en 1271. L'église paroissiale Saint-Orens était située hors les murs, à l'ouest du village, sur le site d'une villa antique selon la tradition orale (tuiles à rebords découvertes lors des plantations de vergers). Après son abandon vraisemblablement au XVIe siècle, l'ancienne chapelle castrale des Montpezat a servi d'église paroissiale. Les maisons des XVIe et XVIIe siècles sont en moellon et pan de bois, celles des XVIIIe et XIXe siècles en moellon et pierre de taille provenant des fortifications, qui ont donc été démantelées à cette époque. Le château de Dolmayrac dépendait du seigneur de Montpezat. Amanieu II fut le plus illustre des seigneurs de Montpezat et l’un des capitaines les plus renommés du XIVe siècle au service du roi de France. En 1418, il prit Dolmayrac aux anglais. En 1420, Sainte Livrade et son château retombent au pouvoir des anglais qui s’y étaient introduits par la porte du bourg. Ils furent repris par Amanieu II. A la suite de cet exploit, Amanieu fit rentrer en obéissance les habitants de Dolmayrac, Quittimond et Frégimont qui s’étaient à nouveau soumis aux Anglais. Deux tours carrées sont reliées par des courtines qui renfermaient le bourg. La tour sud-est, carrée, possédait un escalier logé dans une tourelle circulaire, appliqué contre la façade nord. Au rez-de-chaussée, au sud, une porte en arc brisé munie d'une herse, donnait accès à une salle voûtée en berceau brisé. 

 Éléments protégés MH : le château de Dolmayrac en totalité : inscription par arrêté du 22 février 1927.

 château de Dolmayrac 47110 Dolmayrac

 

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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