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Château de Colliers

La propriété apparaît au bout d’une belle allée de marronniers qui débouche sur la cour d’honneur. François Pissonnet de Bellefonds, officier de la capitainerie de Chambord, vend sa petite closerie de Colliers à Muisdes en 1751 à Jean-Philippe, chevalier de Bela, seigneur de Saint-en-Grâce (Navarre), brigadier des armées du Roi et chambellan du Roi de Pologne. La construction de cette maison de plaisance se situe entre 1756 et 1776, année de la vente à Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil. Aujourd’hui le château se présente sous la forme d’une construction horizontale originale, avec des pavillons articulés les uns aux autres et deux façades radicalement différentes. La façade sud qui ouvre sur la cour d’honneur de plan concave est constituée d’un pavillon central, le noyau, et se prolonge par quatre pignons dont deux en léger retrait. Vers 1910, des plans indiquent que l’ensemble n’était pas terminé sur la façade méridionale sur laquelle l’on a ouvert de nouvelles fenêtres, à l’étage sous combles, crée un pavillon à l’ouest pour la symétrie et remodelé le pavillon central avec un toit à quatre pentes. La façade nord donne sur une exceptionnelle terrasse qui domine la Loire avec un spectacle naturel d’une grande beauté. Elle présente une construction sur deux niveaux à trois travées avec un toit en terrasse formant belvédère. Ce corps central se prolonge par deux galeries basses, qui ont été fermées, pour se terminer par deux petits pavillons symétriques. Un cartouche au-dessus de l’entrée en langue basque "laketouric/ontzanago" qui veut dire je me plais ici parce que je m’y sens bien.

 L'élément le plus significatif est l’ancienne chambre à coucher dite "la chambre de Perse" dont les murs et le plafond sont entièrement recouvertes de peintures galantes, dans une architecture de ruine antique. Des personnages évoluent derrière une balustrade. Cette grande œuvre a été attribuée, sans preuves à Claude Robin. Le plafond en trompe-l'œil, spectaculaire de fausses perspectives architecturales, est particulièrement réussi: La chute de Phaéton. La tradition familiale attribue la conception du château au grand architecte Jacques Gabriel, contrôleur général des bâtiments du Roi et premier ingénieur des ponts et chaussées. Ce dernier était très lié à Guillaume Pissonnet de Bellefonds qui achète la closerie en 1685 et c’est son fils François qui vend la propriété au chevalier de Bela... Les légataires de François de Rigaud, marquis de Vaudreuil, vendent la propriété à André Fougeroux de Secval, inspecteur des forges et manufactures d’armes, et la propriété passe par les femmes à la famille de Gelis. 

 Éléments protégés MH : l'ensemble pictural de la salle à manger actuelle du château ; les façades et les toitures du pavillon abritant cet ensemble pictural : inscription par arrêté du 31 octobre 1991. 

 château de Colliers 41500 Muides-sur-Loire 

 Téléphone : 02 54 87 50 75 

 

Château de Chitenay

Curieuse histoire que celle du château de Chitenay qui change de lieu et de nom au fil du temps. Jean-Guillaume Mahy, receveur général des domaines du comté de Blois, acquiert en 1719 la seigneurie de Cormeray sur laquelle se trouvaient encore un château et une motte féodale. Son fils, Guy-Guillaume, ayant accédé à la noblesse, obtint en 1747 l’érection de cette terre en baronnie. Il fait alors abattre les ruines féodales et part à une demi-lieue, sur la paroisse de Chitenay construire, à côté du manoir des Grandes-Maisons, un nouveau château classique appelé d’abord Cormeray. Ruiné, il le cède en 1759 à son fils et se retire dans sa terre de Favras sur la commune de Feing. Il meurt en 1761. Son fils Thomas, gendre du prince d’Anhalt-Schaumburg, fut le fameux "marquis" » (au lieu de Mahy) de Favras, dont la conspiration, sous l’égide du comte de Provence, échoua et lui valut la mort infamante par pendaison en place de grève, le 17 février 1790. Passé au marquis de Souvré, puis à la famille de Vergès, Chitenay ainsi nouvellement renommé, appartint un temps aux d’Espagnac, dont le fils, le fameux abbé d’Espagnac, fut le triste aventurier spéculateur qui mourut sur l’échafaud. Depuis 1846, Chitenay appartient à la famille Guilhem de Pothuau. Grande et belle demeure classique aux toits mansardés, le château du XVIIIe siècle est flanqué de deux pavillons de même hauteur. La belle façade sud comporte treize travées sur deux étages, plus un étage sous combles, accolée d’une petite aile basse de trois fenêtres. Les trois portes-fenêtres arrondies du centre sont sommées d’un fronton classique, le tout couronné d’un clocheton ajouté au XIXe siècle. Au nord, la disposition est la même. La longue façade perpendiculaire ouest est le dernier vestige du manoir primitif des Grandes-Maisons. Une belle cour de communs, une orangerie et un gros pigeonnier viennent compléter ce superbe ensemble. Fait assez rare, le cadastre napoléonien reprend le dessin du grand parc à la française, avec les "pattes d’oie" et les perspectives, montrant l’importance de cette grande demeure. 

 Éléments protégés MH : l'ensemble des façades et des toitures du château et des communs : inscription par arrêté du 13 septembre 1960. 

 château de Chitenay 41120 Chitenay

 

Château de Cheverny

Jean Hurault fait l’acquisition en 1392 d’une "maison, pressoir et vigne", sise sur la terre de Cheverny, qui restera le fief familial pendant quasiment sept siècles. Les Hurault, anoblis par le roi Philippe VI de Valois (1293-1350), sont originaires du Blésois, où ils possèdent par ailleurs la terre de Saint-Denis. Leur ascension accompagne celle des ducs d’Orléans, qui, après leur accession au trône de France en la personne de Louis XII, font de Blois la capitale du royaume. Jacques Hurault (1437-1519), intendant de Louis XII, et son fils Raoul (mort en 1528 au siège de Naples), contrôleur des finances sous François 1er, marié à la fille de Jacques de Beaune de Semblançay, augmentent le domaine de Cheverny de la seigneurie voisine de La Grange et font construire le château fortifié aux multiples tours à mâchicoulis et toits en poivrières que l’on connaît par le dessin d’Étienne Martellange daté vers 1624 conservé à la bibliothèque nationale de France. L’appétence des Hurault pour l’art de bâtir se manifeste à la même époque en Berry aux châteaux de Veuil et de Valençay (reconstruit dans les années 1520 par Marie, sœur de Raoul, et son mari Louis d’Étampes). La commande du château actuel revient à Henri Hurault, lieutenant général au gouvernement d'Orléans, gouverneur et bailli de Blois, et à sa seconde épouse, Marguerite Gaillard, dont le père possède le manoir de La Morinière. Les travaux débutent à la fin des années 1620 et le gros œuvre est achevé en 1634, comme l’indique un cartouche millésimé portant les initiales "F. L", qui sont probablement celles du sculpteur des ornements maniéristes du magnifique escalier d’honneur placé au centre du château.

Si l’on suit le témoignage d’André Félibien dans ses Mémoires pour servir à l’histoire des maisons royales publiés en 1681, "un nommé Boyer de Blois en fut l’architecte", c’est-à-dire Jacques Bougier, maître maçon qui travailla par ailleurs au château de Blois sous la direction de Salomon de Brosse. Ainsi, quelques années avant que ne soit lancé le chantier de François Mansart pour Gaston d'Orléans, le château de Cheverny, avec ses hautes toitures couvertes d’ardoises et sa composition en pavillons; un corps central à trois étages magnifiant l’escalier rampe sur rampe, cantonné de deux ailes de réception à deux étages carrés et un grand comble, aboutissant à deux gros pavillons carrés couverts à l’impériale abritant les appartements privés, renouvelle le genre de la demeure aristocratique en Val de Loire en adoptant une formule qui marque la transition entre la Renaissance tardive et l’âge classique. Une description datée de 1724 nous indique que le château était situé sur un terre-plein fossoyé et que la façade antérieure du logis était à l’origine encadrée par deux ailes basses partant en retour d’équerre depuis le centre des pavillons carrés. Aujourd’hui disparues, celle située à l’ouest consistait en une galerie menant à la chapelle, et celle située à l’est était un simple mur-écran à décor de fausses baies à frontons, de vases et de bustes sur les trumeaux, qui faisaient échos à la façade du logis et que l’on peut rapprocher de celui qui sépare la cour d’honneur de la cour des communs au château de Selles-sur-Cher. Si la façade postérieure, côté jardins, présente une écriture habituelle pour l’époque de murs de moellons enduits rythmés par les chaînes harpées en pierre de taille aux angles des façades et autour des baies, les lignes de refends continus unifiant la façade antérieure surprennent par leur modernité. 

Un dessin du recueil de Félibien montre que ces lignes existaient dès l’origine, mais qu’elles étaient interrompues au niveau des allèges des baies. Leur systématisation remonte au XVIIIe siècle. À l’étage noble, des niches à riche encadrement de cuirs découpés accueillent une collection de bustes d’après l’antique, qui ne vont pas sans évoquer le décor du château de Richelieu. À l’intérieur, la grande salle et la chambre du Roi au premier étage, à l’ouest de l’escalier, présentent l’un des ensembles décoratifs d'époque Louis XTII les plus complets et les plus authentiques conservés de nos jours, auquel on peut ajouter les panneaux de la salle à manger au rez-de-chaussée, très remaniés cependant aux XVIIIe et XIXe siècles. Sous la direction de Jean Mosnier (1600-1656), peintre blésois pensionné par Marie de Médicis, formé en Italie, et rompu au grand décor sur le chantier du Luxembourg à Paris en 1625-1628 aux côtés de Philippe de Champaigne et de Simon Vouet, les lambris, les cheminées et les plafonds, à solive ou à caissons, se parent d’emblèmes et d’allégories tirés des traités de Van Veen ou de Ripa, de fleurs prises chez Rabel ou Robert, et racontent, aux côtés des tapisseries historiées, les Métamorphoses d’Ovide, les Éthiopiques d’Héliodore ou les aventures des héros des romans à la mode, comme l’Asfrée d’Honoré d’Urfé ou le Don Quichotte de Cervantès. La seigneurie de Cheverny est achetée en 1764 par Jean-Nicolas Dufort (1731-1802), introducteur des ambassadeurs qui en prend le nom. Il entreprend d’importants travaux, dont "le déblaiement de la cour d’honneur" et l’aménagement d’une salle de spectacle dans la grande salle du rez-de-chaussée qui sert aujourd’hui de salle à manger. En 1825, Anne-Denis, marquis de Vibraye, descendant du quatrième fils de Raoul Hurault. rachète le domaine qui n’aura quitté la famille que 70 ans. Un très beau et vaste parc qui occupe 100 hectares entoure le château. Le jardin à la française a été reconstitué. L'allée principale qui fait face à la demeure est longue de six kilomètres. Le château de Cheverny est célèbre pour avoir servi de modèle à Hergé (Tintin), si vous effacez les ailes latérales de la demeure, vous serez transporté des bords de Loire jusqu'à Moulinsart, le château du Capitaine Haddock. 

 Éléments protégés MH : le château et ses communs (restes de l'ancien château), à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 13 février 1926. Le parc avec ses murs de clôture, le canal, les jardins, le pigeonnier, le chenil, les façades et les toitures de l'orangerie, de la régie, de tous les bâtiments autour de la cour des communs, le portail d'entrée du XIXe siècle, les sols des cours, des jardins et du parc : inscription par arrêté du 5 décembre 2008. Le château en totalité, ainsi que les façades et les toitures de l'orangerie et la perspective nord-sud du parc : classement par arrêté du 30 juin 2010. 

 château de Cheverny 41700 Cheverny 

 Téléphone : 02 54 79 96 29 

 

Château de Chémery

La seigneurie de Chémery a appartenu à Jean de Chalon, comte de Tonnerre, seigneur de Saint-Aignan vers 1360. Le château actuel remonte au début du XVIe siècle où il fut construit par les Husson, seigneurs de Saint-Aignan, sur les vestiges d’un édifice datant du XIIIe siècle. Les traces de cette première construction se voient encore à l’extérieur côté sud, avec la porte fortifiée surmontée d’un mâchicoulis désignant l'emplacement d’un ancien pont-levis sur les douves. Le corps de bâtiment du XVIe siècle comporte un oratoire en saillie avec sa fenêtre trilobée et vient s’appuyer sur une tour d’angle cylindrique. Sur la cour intérieure il offre un style caractéristique de la première Renaissance, encore empreint d’ornements gothiques. La tourelle d’escalier polygonale renferme un escalier à vis surmonté d’une petite chambre haute, selon une disposition qu’on rencontre dans plusieurs châteaux de cette époque. Cette demeure a conservé la majorité de ses éléments originels, sans subir les restaurations, parfois abusives, du XIXe siècle. À l'extérieur du château de Chémery se trouve une tour circulaire qui a abrité un pigeonnier du XVIIe siècle. Le château devint au XVIe siècle la résidence de René de Beauvilliers, deuxième fils de Méry de Beauvilliers et de Louise de Husson; il mourut en 1557 "en son château de Chémeré à trois lieues de Saint Aignan". Son fils, Claude, abandonna Chémery qui ne fut plus dès lors habité par la famille. Mais les Beauvilliers, qui étaient barons de Chémery, demeurèrent propriétaires du château pendant près de trois siècles. La dernière du nom, Élodie de Beauvilliers, morte en 1834, transmit Chémery à la famille de son mari, un Talleyrand-Périgord, prince de Chalais. Il échut ensuite aux Choiseul-Daillecourt, puis aux Mérode, et enfin aux La Roche-Aymon, qui le conservèrent une centaine d’années et qui le revendirent en 1972 au chanteur Alain Souchon. Axel Fontaine, beau-frère de ce dernier, architecte de son métier, en a entrepris la restauration.

Au sud de Blois, sur la route de Contres à Selles-sur-Cher, se dresse sur l’emplacement d’une forteresse le château de Chémery. Le château est un mélange d’architecture médiévale et renaissance, de rudesse et de raffinement. Entourés de douves, les bâtiments forment une cour, le château occupant un côté et les communs l’autre. L’accès se fait par un ancien pont-levis. Lors de votre visite, vous suivrez l’histoire du costume du IVe au XIXe siècle en 280 gravures en couleur. Les propriétaires vous initieront aux subtilités de l’architecture du bâtiment. Comment résister au plaisir intense de s’infiltrer dans ce monde hors du temps en passant par le pont-levis au-dessus des douves, devenues des lieux de promenade en barque, le château est un exemple de sauvegarde du patrimoine qui passionnera autant le néophyte que l’amateur d’architecture. Le château se compose d'une cour presque carrée, entourée de douves sur trois côtés. Le pont-levis aboutit à une porte fortifiée, défendue par des mâchicoulis et une tourelle en encorbellement rajoutée au XVe siècle. En pénétrant dans la cour, sur la gauche, se trouvent les restes des constructions du XIIIe siècle, dont un rez-de-chaussée servant de grande salle à manger avec une cheminée conservant des traces de peinture. L'accès au premier étage se fait par un escalier contenu dans une tour. A droite de l'entrée, reliées par une galerie de bois aux bâtiments du XIIIe siècle, se trouvent les constructions plus importantes du XVe siècle, avec remaniements au XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH : le château de Chémery en totalité : inscription par arrêté du 6 janvier 1926.

 château de Chémery 41700 Chémery 

 Téléphone : 06 67 76 76 66 

 

Château de Chaussepot

Aux confins du Perche, à la frontière sud, dans la partie portant le nom du Seigneur Gouet et dans le canton de Droué, s'élève un manoir, sur une hauteur en face de Courtalain, appelé Chaussepot et situé sur la commune de le Poislay (Poléfum). C’est une ancienne seigneurie existant au Moyen Âge rasée par son seigneur à la guerre de Cent ans pour éviter qu’elle soit prise par les Anglais,puis reconstruite à la fin du XVe siècle. Au XVIIe siècle, Chaussepot étant retombé en ruine, son propriétaire, le comte de Boisguyon, reconstruisait un manoir du style de son époque. Au XIe siècle, Eude de Cormeray est le premier seigneur de Chaussepot connu. Ayant maltraité les moines de Marmoutier qui venaient prendre leur dîme sur ses terres, il fut condamné à partir en croisade. À la guerre de Cent ans, en 1436, Guillaume de Malfède, seigneur de Chaussepot, est fait prisonnier des Anglais à Dreux. Il fut libéré en échange de "huit tasses d'argent martelées, lesquelles sont verrées; deux gobelets d’argent verrez alentour, où est inscrit alentour de chaque gobelets buvez bon vin et cinq signez d’or". Au XVIe siècle, la seigneurie appartient à la famille de Blères. En 1575, Chaussepot échoit à Louis de Pris. Il était seigneur de Bois-Besnard par héritage de sa mère. Il se maria avec Antoinette Fauville, veuve de Jacques des Personnes, seigneur de Villemesle qu’il vendit pour 460 livres de ferme et à condition de payer la messe anniversaire fondée par défunte demoiselle Jehane de Mongevin. Son fils, Jacques, est cité dans un hommage rendu en 1595 par la dame de Courtalain, Jacqueline d’Avaugour, au duc de Longueville, comte de Dûnois.

Puis se succèdent Guy de Beaumont époux de Pierrette de Felnies, Thibault et Loys Méan, Léonard de Félines, puis Jacques des Pierres, écuyer et seigneur de Chaussepot époux de Madeleine Drouin. En mai 1702, Madeleine des Pierres épouse Nicolas de Boisguyon, écuyer, seigneur de La Rosaie et de Santeuil, de 1682 à 1685 il est cadet dans la compagnie des cadets Gentilshommes à Marsal, puis jusqu’en 1691 lieutenant au régiment de Grancey puis aide-major dans ce même régiment jusqu'en 1699. Chaussepot fut vendu par le comte de Boisguyon, officier de la garde royale, en 1833 à messire Anne-Charles duc de Monmorency. Chaussepot fut habité par le duc de Rohan, puis le baron de Maussion ancien consul à Edimbourg et préfet du palais de sa majesté l'Empereur, puis par M. Buisson intendant des biens de la famille d'Orléans qu il quitta après l’acquisition de Bois-Méan, enfin par M. Lelon notaire des Montmorency. C’est en 1920 que le colonel Miklos de Kiss de Nemesker, écuyer à Saumur, se rend acquéreur de cette propriété. Son père avait participé à la révolution hongroise de 1848 contre l’Autriche. Réfugié en France et ami de Napoléon III, il avait réuni des volontaires hongrois pour participer à la campagne d'Italie. Il épousa la fille du marquis le Charron. Chaussepot est entouré de douves en eau. Ses proportions lui donnent un charme particulier. Le corps de bâtiment, orienté sud-est, est flanqué d’une tour en coin, au nord, et d’une petite tourelle octogonale sur cour. On accède au rez-de-chaussée par un escalier de pierre et un petit perron. La pierre en silex rose lui donne des couleurs qui varient en fonction des éclairages de la journée. Les communs, séparés de la demeure principale par un muret ont été transformés en deux gîtes, construits en pisé sur les ruines d’une partie de l’ancien bâtiment. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; le bâtiment des communs à pans de bois ; le terre-plein, les douves, les murs de soutènement et la tour : inscription par arrêté du 28 octobre 1991. 

 château de Chaussepot 41270 Boursay

   

Château de Chaumont sur Loire

Le château de Chaumont sur Loire, comme beaucoup de châteaux de la Loire, doit une partie de sa beauté au site magnifique qu'il occupe. Il domine le fleuve sur la rive gauche, au point où le coteau calcaire est le plus abrupte. Face à la Loire, le château se dresse à l'extrémité d'un parc paysager à l'anglaise qui constitue un véritable écrin de verdure. A ses pieds, sur la rive, s'étale le village. Le château a désormais la forme d'un U. Devant le pont-levis se trouve l'aile Sud à gauche, l'aile Est à droite qui encadre le châtelet d'entrée et que cantonnent deux tours. La chapelle se trouve à l'extrémité de l'aile Est, face à la Loire. En se tenant face à la Loire dans la cour intérieure du château, on localise l'aile Ouest à droite, flanquée par la tour d'Amboise au Sud-Ouest à l'extérieur, face au parc. Sur la gauche, s'élève l'aile Est cantonnée par la tour St-Nicolas à l'angle Nord Est, face au parc. Au Xe siècle, Eudes 1er, comte de Blois, bâtit une forteresse pour protéger la ville de Blois des attaques incessantes de Foulques Néra, Comte d'Anjou. Le chevalier normand Guelduin reçut Chaumont et fit consolider la forteresse. Sa petite-nièce, Denise de Fougères, ayant épousé Sulpice d'Amboise, le château passe dans la famille d'Amboise pour cinq siècles. Louis XI fit brûler et raser le château de Chaumont en 1465, pour punir Pierre d'Amboise de s'être révolté contre le pouvoir royal lors de la Ligue du bien public. Peu après, ses terres furent restituées. Celui-ci, puis son fils, Charles 1er d'Amboise entreprirent sa reconstruction de 1465 à 1475, ils poursuivirent les travaux par l'aile ouest, la tour d'Amboise et la première travée contiguë de l'aile Sud dans le style gothique et défensif du XVe siècle avec un chemin de ronde, des mâchicoulis et des douves sèches entourant le château.

De 1498 à 1510, Charles II de Chaumont d'Amboise aidé de son oncle le cardinal Georges d'Amboise, poursuivit la reconstruction dans un style déjà marqué par la Renaissance, tout en conservant la même allure générale fortifiée; l'aile sud, le châtelet d'entrée, l'aile est accolé à l'aile sud. L'introduction des motifs italianisants sur l'escalier monumental ainsi que sur le châtelet est particulièrement précoce. La chapelle se trouve à l'extrémité de l'aile est, face à la Loire. Devenue veuve en 1559, Catherine de Médicis achète Chaumont en 1560, contraignant Diane de Poitiers à l'accepter en échange du château de Chenonceau. La favorite de Henri II édifie le chemin de ronde à mâchicoulis du châtelet d'entrée et de l'aile orientale restés inachevés en 1510, en y apposant ses chiffres et ses emblèmes, d'entrelacés, arcs et carquois, cors de chasse, delta et croissants. Avec la destruction de l'aile Nord en 1739 par Nicolas Berthin de Vauguyen, Maître des Requêtes au Parlement de Paris, le château perd en partie son allure de château fort et devient demeure d'agrément. En 1750, Jacques Donatien Le Ray, futur intendant des Invalides, achète Chaumont, il installe en 1770 une verrerie et une manufacture de médaillons de terre, dirigée par le graveur italien Jean Baptiste Nini. Il réussit à préserver le château de la tourmente révolutionnaire en léguant tous ses biens à son fils de nationalité américaine. En 1810, Madame de Staël y séjourne, entourée d'une véritable cour d'opposants à Napoléon, parmi lesquels figurent alors Benjamin Constant et Madame Récamier. Le comte d'Aramon l'achète en 1883 et effectue d'importantes réparations, poursuivi par le vicomte de Walsh à partir de 1847. En 1875, Marie-Charlotte Say petite-fille du financier et sucrier Louis Say, acquié Chaumont. Elle épouse la même année le prince de Broglie qui redonne au château un éclat sans précédent, les époux font appel à l'architecte Paul Ernest Sanson qui restaure le château. De nombreux éléments de décors sont restitués dans l'esprit néo-Renaissance : cheminées, sols, boiseries, vitraux dans lesquels sont inclus des vitraux anciens. Paul Ernest Sanson fit construire d'importantes écuries qui bénéficient d'aménagements très modernes (eau courante et électricité),à la mesure du luxe des Broglie. En 1884, le Prince de Broglie confie la réalisation d'un parc au paysagiste Henri Duchêne, et pour ce faire, des maisons vétustes, encombrant les abords du château, sont détruites et leurs habitants relogés sur les bords de la Loire. La vieille église subit également le même sort ainsi que le cimetière qui seront déplacés. Pendant 40 ans, le château connaîtra une époque fastueuse, pendant laquelle les Broglie donneront des fêtes et des réceptions éblouissantes, en menant une vie digne d'une maison royale. Mais des revers de fortune obligeront la princesse de Broglie à vendre le château de Chaumont en 1938 à l'Etat.

Le Domaine de Chaumont couvre une superficie de 32 hectares divisée en plusieurs espaces: le parc paysager du château avec le cimetière des chiens, dans sa partie orientale, le parc du festival des jardins et son vallon des brumes à l'ouest, les serres, le jardin expérimental et un nouvel espace, le parc dit les Prés du Goualoup. L'allée d'accès au château, qui n'existe plus que partiellement, se situe à l'extérieur du parc, au sud-ouest du domaine. Le parc du château accueille des essences du XIXe siècle, certaines très anciennes comme celles du mail à l’est du château. Il laisse deviner le tracé imaginé par Henri Duchêne dans les années 1880: un relief doucement vallonné, des pelouses ceinturées par des allées curvilignes et diverses percées visuelles ménagées entre les masses boisées, vers le château, la forêt et la vallée de la Loire. Le cimetière des chiens de la princesse de Broglie est créé à la fin du XIXe siècle à l'emplacement du cimetière communal. Henri Duchêne, pour masquer complètement ce cimetière autrefois clos, l’entoure d'un bosquet d'essences mixtes. Des serres contenant des essences exotiques sont installées dans la cour de la ferme, entre le festival des jardins et le parc du château.

A l’entrée du domaine, côté sud, se trouve le jardin expérimental. Ce jardin circulaire est inspiré du premier jardin botanique d’Europe créé à Padoue en 1545. De nouvelles serres ont complété les serres déjà existantes à proximité de la cour de la ferme. L’espace réservé au festival des jardins est situé dans la partie ouest du domaine, au-delà du ravin formé par la route que franchit un pont de jardin décoré. Les parcelles forment le dessin d'un tulipier. Elles sont de superficie identique, sont attribuées par concours annuel et fermées par une haie composée de hêtres et de charmes. Aménagé au fond d’un ravin, le vallon des Brumes à l'ouest est composé d’une rocaille et de terrasses suspendues permettant d'observer une série de quatre bassins et une cascade. Le parc du Goualoup, situé au sud-ouest du site, est un espace découvert présentant plusieurs créations d’architectes-paysagistes internationaux. Éléments protégés MH : le château : classement par liste de 1840. Les immeubles constituant la partie du domaine dite La Pommeraie : classement par arrêté du 29 juillet 1937. L'ensemble du domaine : classement par arrêté du 23 mars 1955. 

 château de Chaumont sur Loire 37000 Chaumont-sur-Loire 

 Téléphone : 02 54 20 99 22 

 

Château de Chantecaille

Fief dès 1409, Chantecaille est malgré tout, désigné comme métairie en 1449. La famille de Dampierre détient le domaine au XVIIe siècle, la dernière héritière épouse en mars 1687, François de Bodin de Boisrenard, seigneur de Vaux. Pendant la Révolution, un prêtre réfractaire, ancien curé de la paroisse Saint-Martin de Suèvres s’y cache. À la fin du XIXe siècle, le manoir appartient à cinq frères et sœurs de cette même famille, tous célibataires. En 1921, le comte Clovis-Alphonse vend la propriété à l’artiste américain John Storrs, sculpteur et peintre, né à Chicago en 1885. Son œuvre suit tous les mouvements artistiques de son époque. Plusieurs de ses œuvres sont exposées au Musée de La Corbillière à Mer. Chantecaille aujourd’hui constitue un domaine très réussi sur vingt hectares: bâtiments et jardins, bien conservés, entretenus et mis en valeur avec beaucoup de goût. De la construction primitive, subsiste probablement le volume général et la forme rectangulaire, les souches de cheminées, une partie des maçonneries anciennes, deux fenêtres des XVe et XVIe siècles se voient sur la façade nord. L’ensemble a été agrandi et les ouvertures de la façade sud transformées au XVIIIe siècle, si bien qu’on est en face d’un château de neuf travées avec un étage s’ouvrant sur une terrasse qui domine les parterres descendant en pente douce. Deux pavillons d’entrée introduisent au parc à l’anglaise. Le modeste pigeonnier, dans une tourelle carrée au-dessus de l’entrée d’une grange des communs reproduit une disposition visible à Manne et aux Maisons-Rouges, dans la même commune. On est saisi par la qualité des jardins à la française qui s’étendent devant la façade méridionale: trois terrasses portent des arbustes taillés en topiaires et des parterres de fleurs d’un très bel effet, descendent vers la Noue. On découvre, à côté, charmille, bosquets, potager, verger et même un lavoir alimenté par une source. 

 Éléments protégés MH : le logis principal, la terrasse, le lavoir, la grille d'entrée, la glacière (actuellement chapelle) : inscription par arrêté du 20 décembre 1985. 

 château de Chantecaille 41500 Mer 

 Téléphone : 02 47 23 90 07

 

Château de Chambord

Pour comprendre Chambord, il faut se laisser gagner par l’exaltation et la démesure de François Ier, tout juste âgé de vingt cinq ans, qui veut donner au monde le témoignage spectaculaire de ses deux passions : l’architecture et la chasse. Pour en prendre toute la mesure vous devez vous abandonner à la découverte d’un lieu unique, construit au début de la Renaissance. Tout d’abord franchir un mur de 32 kilomètres de long et pénétrer dans une forêt dense et giboyeuse, et découvrir en son cœur un joyau architectural intact. Ensuite, il faut se laisser écraser par son gigantisme en dehors de toute échelle humaine, et vous faire surprendre par cette alchimie des formes et des structures où rien n’est laissé au hasard. Chambord est bien plus qu’un château: c’est une architecture d’exception, une prouesse technique, un colosse de pierres, tout simplement "le rêve" du jeune roi François 1er. La clarté géométrique du plan, l’harmonie de ses proportions, la fantaisie de ses toitures hérissées de tourelles, de cheminées, de lucarnes vertigineuses sont autant de sources d’émerveillement et de spécificités de Chambord. L’ombre de Léonard de Vinci, "architecteur officiel" qui meurt quelques mois avant l’ouverture de ce grand chantier en 1519, plane sur l’étonnant escalier à doubles révolutions...

 François Ier, commanditaire et grand veneur, séjourna au château quelques semaines pour chasser, le laissant vide de meubles après chaque passage et, finalement inachevé. Les successeurs de François Ier ne viennent quasiment jamais à Chambord. Si Henri II poursuit les travaux de l’aile de la chapelle, Charles IX n'y chassera qu’à de rares occasions et c’est Gaston d’Orléans qui redonne un peu de vie aux lieux. Exilé par deux fois dans le Comté de Blois par son frère Louis XIII, il y réside souvent entre 1634 et 1660 et en assume les transformations et restaurations avec l’installation de ses appartements dans l’aile Royale. Mais la construction n’est terminée qu’avec Louis XIV, qui aime ce lieu prestigieux, au point d’y faire huit séjours ponctués de chasses, de ballets et de pièces de théâtre, dont le Bourgeois Gentilhomme, qui fut jouée la première fois au château de Chambord en 1670. Venant avec la cour dès 1668, il fait terminer l’aile de la chapelle, transformer une partie du premier étage du donjon afin d’y aménager une suite royale et surélever l’enceinte basse d’un étage pour y loger plus de monde. Au XVIIIe siècle, le château se transforme en cadeau royal prestigieux. Stanislas Leszczynski beau-père de Louis XV, attend du château un refuge, suite à l’exil auquel son pays l’a contraint et c’est dans ce contexte qu’il occupe Chambord pendant huit années.

En 1748, Maurice de Saxe devient, pour deux ans, le nouvel occupant de Chambord et afin de le récompenser des victoires militaires remportées pour la France, il est promu maréchal et reçoit en 1748, de Louis XV, le titre de gouverneur à vie du domaine. Maurice de Saxe fait aménager les écuries de Jules Hardouin Mansart afin d’y placer un haras royal. La mort du maréchal de Saxe en 1750 amène à Chambord son neveu, le Comte de Friesen, qui y réside pendant cinq ans. A partir de 1784, l’installation à demeure du marquis de Polignac, en tant que gouverneur, maintient un château meublé et de nouveaux aménagements voient le jour dans l’éventualité d’un passage de Louis XVI. A la Révolution, les tergiversations concernant le devenir de Chambord, justifient le fait que la demeure abrite tour à tour des magasins à fourrage, un atelier de fabrication de poudre, une maison d’arrêt et le siège de la 15e Cohorte de la Légion d’Honneur. Après la victoire à la bataille de Wagram en 1809, Napoléon offre Chambord au maréchal Berthier qui n’en profite que deux jours, suite à la mise en vente par la veuve de ce dernier, autorisée par Louis XVIII. Une souscription est organisée pour le racheter afin de le remettre à l’héritier de la couronne. Il s’agit du duc de Bordeaux, petit-fils de Charles X. C’est lui qui, en 1820, alors qu’il n’a pas encore un an, devient le nouveau propriétaire des lieux. Contraint à l’exil, il ne découvre son bien qu’en 1871 à l’occasion d’un séjour, pendant lequel il rédige le fameux manifeste expliquant les raisons qui l’amènent à refuser la couronne. Malgré cet exil, il commence la restauration du château, que ses neveux, les Bourbon Parme, poursuivent intensément de 1881 à 1892 avec, notamment, la réfection de la lanterne du donjon. Propriété de l’Etat depuis 1932, Chambord poursuit sans relâche ses restaurations... 

 Éléments protégés MH : le Château : classement par liste de 1840. Le domaine national incluant la totalité des sols et bâtiments à l'intérieur du mur d'enceinte, y compris celui-ci avec ses pavillons et entrées ainsi que le "tour d'échelle" : classement par arrêté du 2 avril 1997 modifié par classement du 22 janvier 1999. 

 château de Chambord 41250 Chambord 

 Téléphone : 02 54 50 40 00 

Château de Chalay

Avant d’arriver à la butte de Trôo, le château de Chalay se détache sur le coteau de rive droite, dominant la vallée du Loir. Il déploie sa longue façade régulière des XVIIIe et XIXe siècles encadrée par les tours de la forteresse du XIVe siècle (l’élévation a été revue au XIXe siècle). Une grande partie des communs, comme c’est fréquent dans ce coteau, dont le colombier, a été aménagée de façon troglodytique. Du milieu du XIIIe siècle jusqu’en 1515, la demeure change assez souvent de mains: Nicolas de Challès, Guillot de La Mesurière, Jean de Brée, Jacquette de Vassé, Jean de Saint-Berthevin se succèdent. En 1500, Catherine de Saint-Berthevin épouse François de Mésange, leur fille Alexise apporte Chalay dans la famille Marescot, par son mariage en 1515. Chalay restera associé au lignage Marescot jusqu’au dernier tiers du XIXe siècle. Beaucoup de Marescot rentrent dans la carrière des armes: gentilhomme de la Maison du roi, ou du duc d'Orléans, capitaine de 50 hommes d’armes, capitaine au régiment de La Châtre, lieutenant dans le régiment Royal maritime. Armand-Samuel de Marescot (1758-1832), général de division du génie, fait de nombreuses campagnes pour le gouvernement révolutionnaire et l'Empire. Il commande en second l’armée d’Espagne et signe la capitulation, au moment du désastre de Baylen (1808) ce qui clôt sa carrière militaire. Sa veuve, Cécile-Françoise-Charlotte-Rosalie d’Artis de Thiézac, fait construire la chapelle à l’est du château, comme chapelle funéraire familiale. 

Le château de Chalay présente trois grandes périodes de construction. L'ensemble des années 1535-1545 qui comprend les tours et leurs travées avec pilastres superposés, caractéristiques de la Renaissance et l'escalier rampe sur rampe. Des années 1750-1770, datent l'aile du Vieux Chalay, l'aménagement des pièces et l'agrandissement de la façade sud. Le XIXe siècle a repris la façade sud, l'enveloppe du pavillon Est, la façade plaquée sur l'aile du Vieux Chalay, la modification du portail, l'édification de la chapelle, la création de l'orangerie et l'aménagement du parc. Chalay est conforme au type d'édifice dérivant de ceux du roi René. Avec l'introduction de son pavillon étroit réservé à l'escalier à rampes droites, le château s'est affirmé comme un exemple novateur dans les années 1530-1540 en matière d'architecture et dans le domaine de la sculpture dans cette partie du Vendômois. 

 Éléments protégés MH : l'escalier rampe sur rampe principal du château ; la chapelle, y compris la pierre tombale du général de Marescot ; le pigeonnier troglodytique ; la façade de l'orangerie troglodytique : inscription par arrêté du 6 novembre 1991. Les façades et les toitures du château ; les façades et les toitures des écuries ; le portail dit de Marescot ; le parc avec ses terrasses, ses allées plantées, le potager ; les décors intérieurs de la salle à manger, du grand salon, de la pièce du rez-de-chaussée dans la tourelle ouest : inscription par arrêté du 25 juin 2007. 

 château de Chalay 41800 Montoire sur le Loir

 

Château de Cerqueux

La famille d’Allonne possède le Grand-Cerqueux de 1237 à 1440, le Petit-Cerqueux étant à l’abbaye de Beaugency. En 1611, Robert de Faucille est sieur de "Cercueil, y demeurant", mari d’Anne Dumesnil. Au XVIIe siècle, une famille Texier possède un manoir à cet emplacement. En 1728, René François Dupont de Veillenne épouse Jeanne Avoys-Texier, fille de Paul Florent Texier, seigneur de Cerqueux. Ce dernier donne le domaine en dot à sa fille. On peut supposer que ce sont les Dupont de Veillenne qui se font construire le beau petit château classique que l’on voit aujourd’hui dans le hameau éponyme. D'un côté de la route, la ferme du château comprenant une grange de taille exceptionnelle et de l’autre: un grand et sobre bâtiment surmonté d’un toit à deux pans. Le corps de logis central de neuf travées est encadré de deux pavillons carrés décorés de belles ferronneries anciennes. Un petit fronton souligne le centre du bâtiment sur chacune des deux façades. Du côté nord, la cour d’honneur pavée est bordée de profondes douves sèches maçonnées, à l’entrée. Paul René Dupont de Veillenne possédait aussi une demeure blésoise: l’hôtel Sardini, rue du Puits-Châtel et le manoir de Veillenne à Bauzy. Major d’infanterie, il se lance dans la politique à la Révolution jusqu’après la mort du roi: député à l’assemblée des trois ordres du bailliage d'Orléans en 1789, procureur-syndic du département, il est membre du Directoire du département en 1791-92 et conseiller général de 1790 à 1794. En 1814, sa veuve épouse Barthélémy Bernard Libron, maréchal de camp, chirurgien de la Garde impériale, maire de Josnes. Ce dernier se remarie, en 1828, avec Marie-Claudine Lebley dite Zoé. Leur fille unique épouse Dominique Émile Roger, en 1846. Leur fils Maurice Roger, avocat, leader du parti royaliste, serait devenu préfet de Loir-et-Cher en cas de rétablissement de la monarchie. La descendance garde Cerqueux jusqu’en 1960.

Du côté de l'arrivée par la cour bordée d'anciennes douves, on peut voir aujourd'hui un grand bâtiment se présentant avec ses deux pavillons en avancée dont les toits rejoignent le sien en pénétration, et est prolongé de deux ailes, un peu plus basses, en retour perpendiculaire. Balcons en fer forgé Louis XV. L'entablement à grosse doucine de l'ensemble n'est pas postérieur au XVIIe siècle. Au centre des deux façades se trouve un fronton du XVIIIe siècle, le grand perron à huit marches doit dater de cette époque. Côté parc, la façade du bâtiment central est plus longue et comporte les mêmes balcons de fer forgé. Elle est prolongée de chaque côté par deux petites tours carrées entièrement saillantes. Une des ailes, à l'est, servait d'orangerie. Les intérieurs datent tous du XVIIIe siècle et sont entièrement ornés de boiseries, le plus souvent de style Louis XV. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; l'escalier avec sa rampe en fer forgé : inscription par arrêté du 30 septembre 1975. 

 château de Cerqueux 41370 Josnes

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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