Traduction

Château fort de Cluis Dessous

Les ruines imposantes de ce château, mentionné en 1001, dominent de vingt cinq mètres le cours de la Bouzanne. Il est installé sur la pointe d'un éperon naturel, barré par un fossé sec large (25 à 10 mètres d'ouverture) et profond, et une levée de terre. Une motte circulaire, élevée à la racine de l'éperon, renforce le dispositif. La motte porte un donjon de pierre circulaire attribué au XIIe siècle, qui a dû succéder à une première construction, peut-être en bois. Au XIIIe siècle, une courtine a été construite sur le pourtour de l'éperon, suivant un plan triangulaire. Ses murs sont accolés à ceux du donjon, sans aucune imbrication. La courtine est actuellement flanquée de cinq tours semi-circulaires et d'une circulaire, mais à l'origine il y en avait huit. Elle couvre 7800 mètres carrés. On y accède par une porte flanquée de deux tours semi-circulaires qui encadraient un pont-levis. Dans l'enclos, une chapelle de plan rectangulaire a été élevée au XIe siècle contre la courtine. Une maison, dite maison du seigneur, se dresse près de l'entrée; elle est des XIVe-XVe siècles. Une description de l'ancien château de Cluis-Dessous du 22 novembre 1797 indique qu'il est presque en ruines, consistant en logis pour le garde, étang, terre et moulins banaux à deux roues, plus la maison qui servait d'auditoire. Attenantes à l'enceinte du château, se trouvent deux mottes à basse-cour, la Moutte et le Mont Palatin. La première a cinquante mètres de diamètre et huit mètres de haut; sa basse cour, marquée par un très grand fossé vers le nord, a 140 mètres sur 180 mètres.

La deuxième, moins bien conservée, et parée à sa base de moellons appareillés, devait avoir les mêmes proportions. Sa basse cour devait mesurer environ cent mètres de côté, et était entourée d'un fossé doublé d'un fort rempart de terre sur deux de ses flancs. Elle renferme une chapelle de Notre-Dame de la Sainte-Trinité, détruite par les huguenots, reconstruite au XVIe siècle et restaurée au XIXe siècle par Alfred Dauvergne. Cet ensemble de trois mottes est sans doute la marque du partage de la seigneurie de Cluis-Dessous entre les trois frères de Gargilesse à la fin du XIe siècle. Cluis-Dessous releva de Déols jusqu'en 1190, puis devint fief de Saint-Sulpice de Bourges. La seigneurie passa ensuite à la maison de Chauvigny (en coseigneurie avec Jean, puis Jacques de Villemur à la fin du XIVe siècle), puis à ses héritiers en partie, les d'Aumont, puis les Bourbon-Montpensier. La Grande Mademoiselle légua Cluis au frère de Louis XIV, Philippe d'Orléans. Celui-ci revendit au marquis de Brégy en 1697. Enfin, en 1767, Gabriel de Montaignac, seigneur de Cluis-Dessus, réunit par achat les deux seigneuries. En contrebas du château se trouve le hameau de Cluis-Dessous, autrefois chef-lieu de paroisse. Il s'y tenait une foire à la Saint Christophe, jour de la fête patronale. l'église a disparu. 

 Éléments protégés MH : les restes du vieux château féodal : inscription par arrêté du 11 décembre 1935. 

 château fort de Cluis 36340 Cluis

   

Château de Cluis-Dessus

Cluis-Dessus est sans doute un ancien "vicus gallo-romain"; des vestiges gallo-romains remontant jusqu'à l'époque augustéenne y ont été trouvés. Il est siège de paroisse dès le haut Moyen-Âge. Des cercueils monoxyles et des sarcophages ont été découverts non loin du château; l'église est dédiée à saint Étienne et saint Paxent. Le premier château de Cluis a été construit à la fin du Xe ou au début du XIe siècle sur un site d'éperon, à 700 mètres au nord du vicus (Cluis-Dessous). Mais l’ancien vicus est resté vivace, et devint à son tour siège de châtellenie lorsqu'à la fin du XIe siècle la châtellenie de Cluis fut partagée en deux. La paroisse fut elle aussi dédoublée, entre 1090 et 1115. Cluis-Dessus fut fortifié à une date indéterminée, après le partage de Cluis en deux châtellenies. En 1260, Ythier de Magnac est seigneur de Cluis et du Repaire. En 1462, les seigneuries de Bouesse et Cluis sont vendues au maréchal de Gaucourt. Cette famille, puis leurs alliés Montaignac, conserva la seigneurie jusqu'à la vente dans les années 1830 à la famille Richer-Delavau qui revendit les bâtiments de l'ancien château à la commune en 1868 pour en faire la mairie. La première mention de la fortification se trouve dans l'aveu du "chasteau et ville de Cluis-Dessus" de 1366. En 1575, il y a "une belle et grosse tour avec un grand corps de logis, appelé le Chastel de Cluis-Dessus". Le chastel jouxte avec ses tours les grosses murailles et le portail de Cluis-Dessus.

En 1797, l'estimation du château indique une grande écurie et remise y attenant, des cuves et bâtiments de cuvage, un pressoir, une grange neuve, deux écuries et emplacements y attenant, fours banaux en haut de la rue à gauche, une grange dans les fossés du château, deux bâtiments dans le jardin, un pavillon et maison pour les chiens, des bâtiments pour les fermiers, un pré avec colombier, une pêcherie, un bâtiment servant d'auditoire à la halle de Cluis, le champ de foire, moulins banaux dont les grands moulins de Cluis, étangs, tuileries de la Maison-Dieu. En 1580, un dénombrement indique que le "chastel jouxte avec ses tours les grosses murailles et le portail de Cluis-dessus". Le four banal, les foires et marchés sont attestés au XIVe siècle. L'ancien château de Cluis-Dessus est devenu la mairie de Cluis depuis le XIXe siècle. Ses éléments les plus anciens remontent à 1430 environ. La tour de la façade sur rue contient un bel escalier à vis. Du côté du jardin, deux tours asymétriques encadrent la façade; l'entrée se fait par un petit perron avec escalier à double révolution. L'intérieur conserve un décor d'époque Louis XIII, dont des plafonds à poutrelles, des encadrements de portes et une grande cheminée peints, des boiseries décorées de motifs de fruits, des tapisseries d'Aubusson. Les deux communes et paroisses de Cluis furent réunies en 1818 (40 ans après la réunion des deux seigneuries) au bénéfice de Cluis-Dessus. 

 Éléments protégés MH : le manoir de Cluis-Dessus : inscription par arrêté du 8 décembre 1928.

 château de Cluis-Dessus 36340 Cluis

 

Château de Chazelet

Le château domine la vallée de l’Abloux, à un kilomètre de l'ancienne route d'Argenton à Saint-Benoît-du-Sault. On y entre par un imposant massif d'entrée au nord: faisant face à l'église paroissiale, un portail massif avec grande et petite porte en plein cintre, protégé par deux tours coiffées en poivrière et une couronne de mâchicoulis (notez les canonnières rasantes pour couleuvrines ou arquebuses). Pour accéder au corps de logis en équerre isolé par des douves, il faut traverser la basse-cour délimitée par trois corps de bâtiment à usage agricole, et passer le pont dormant et la tour carrée. Malgré l'aspect imposant et la qualité de la construction (granit de la Creuse, moellons de schiste, brique plate pour les parapets), les qualités défensives de l'édifice sont médiocres: absence de recul sur les parapets pour manœuvrer, nombreux angles morts, épaisseur des murs relativement faible (80 cm), largeur des tours réduite. Il s'agit de montrer sa puissance et de déjouer les coups de main: c'est plus un manoir qu'un château, ce qui lui vaut d'avoir été toujours habité. On comparera cette construction en "paquet de chandelles" issue de l'Auvergne aux constructions de Sarzay, Forges, et de l'église fortifiée de Lourdoueix-Saint-Michel. Au premier étage de la tour-porte, un oratoire assurait la protection mystique du château. Notez les bâtiments à l'écart du massif: les échauguettes-latrines aux encorbellements en angle de la terrasse, deux bâtiments ruinés au-delà des douves au sud, dont l'un est peut-être antérieur au château actuel, du XVIe siècle. La chapelle seigneuriale se trouve au nord de l'église, elle renferme la dalle funéraire de Guillaume d'Aubusson et de Louise de La Trémoille (1624) recouvrant le tombeau de la famille Pot, transporté de Chassingrimont en 1544: six pleureuses égrenant leur chapelet sous des niches cintrées.

Un seigneur de Chazelet est cité en 1285. Aux XIVe et XVe siècles, le fief appartient à la famille de Laage. René de Laage en 1539 déclare un "château fort", mais échange la seigneurie en 1540. Elle passe alors à François Pot, qui reçoit en 1544 du seigneur de Châteauroux l'autorisation de construire "château en forme de forteresse et pont-levis". La propriété passe ensuite à la famille de Reilhac, puis, de 1699 à 1728, à J.-B. de Verthamon qui unit Chazelet à Luzeret puis Turpin de Crissé. En 1764, le château accueille Louis-Joseph, marquis de Douhault, qui vient de se remarier à Adélaide-Marie Rogres de Champignelles: le couple y mène une vie de hobereaux, qui serait heureuse, si l'état nerveux du marquis de Douhault ne se dégradait rapidement: le malade, violent (il porte à sa femme un coup d'épée au sein droit), doit être interné à Charenton. Il meurt en 1787 et Madame de Douhault, co-héritière de son père et de son mari, devient une riche héritière: meurt-elle en 1788 au cours d'un voyage à Orléans ou est-elle victime d'une machination, endormie à l'aide d'une poudre soporifique et déclarée morte? Des témoignages contradictoires agiteront l'opinion publique d'Argenton et d'ailleurs, romantiquement sensible à l'injustice vraie ou supposée, "toujours amie des nouveautés et du merveilleux", comme le notent d'austères magistrats de Bourges. Un enlèvement n'est pas invraisemblable: on cite à l'époque un "gang des endormeurs" dans la région lyonnaise, et cette méthode expéditive permettait de régler une succession épineuse. Jusqu'à nos jours, un doute subsiste, M. Gledel voit une "intrigante" là où M. Anatole, plus chevaleresque, décrit, après Georges Lenôtre, les tribulations de "la femme sans nom". La famille Taupinard de Tillières achète le château en 1825 et le fit restaurer dans les années 1860 par l'architecte Dauvergne et dessiner le parc par le comte de Choulot. Pour franchir les douves, Joseph Monnier construisit en 1875 le premier pont en ciment armé de France. 

 Éléments protégés MH : le château de Chazelet : inscription par arrêté du 26 octobre 1927. 

 château de Chazelet 36170 Chazelet

   

Château de La Châtre

Construit dans la partie est de la ville, sur une hauteur dominant les rives de l'Indre qui coule à ses pieds, ce lourd donjon remonte au X Ve siècle. Il fut construit en 1452, par Guy III de Chauvigny seigneur de La Châtre et de Châteauroux, comme en témoigne un écusson aux armes de la famille apposé sur l'une des cheminées à l'intérieur de l'édifice. Il s'agit en réalité du dernier vestige du château édifié à l'époque sur l'emplacement de constructions gallo-romaines. Le château et la terre suivirent les destinées du duché de Châteauroux jusqu'à la Révolution. Après avoir servi de prison pendant cent cinquante ans, l'antique demeure abrite les collections du musée de la Vallée Noire. Cet imposant donjon rectangulaire est flanqué, à l'ouest, d'une tour d'escalier semi-circulaire percée de longues meurtrières. Une porte d'entrée en ogive, à présent murée, donnait accès au château. Aujourd'hui, c'est par une porte côté sud de cette même tourelle que l'on y pénètre. Une porte voisine donne accès à la partie souterraine renfermant d'après la tradition locale, des passages, non encore retrouvés, permettant de sortir du côté de la rivière. À l'est, la façade du bâtiment est éclairée par d'anciennes fenêtres à meneaux disparus. À l'intérieur, les trois grandes salles, une par étage, ont conservé l'aspect sévère de la demeure seigneuriale et les massives portes cloutées et ferrées de l'ancienne prison. Chacune des salles possède sa grande cheminée de pierre. 

 Éléments protégés MH : le château seigneurial (ancien) : inscription par arrêté du 2 mai 1927. 

 château de La Châtre 36400 La Châtre 

 Téléphone : 02 54 48 36 79

   

Château de Châtillon

Citée dès le IXe, Châtillon ne conserve aucune construction antérieure au XIe, en dehors de l’abside de la Collégiale. Bâtie sur un éperon calcaire, Châtillon fut une cité âprement disputée par les royaumes de France et d’Angleterre. L’apogée de la ville se situe au XIIe sous la domination des Comtes d’Anjou, en particulier le conquérant de l’Angleterre Henri II Plantagenêt, seigneur de Châtillon de 1151 à 1189. C’est lui qui fit édifier le donjon et les murailles de la forteresse destinés à devenir un point d’appui sur les frontières orientales de l’Anjou. 

 Éléments protégés MH : la place du Vieux-Château ; les intérieurs du logis et de la chapelle ; la terrasse devant le logis, ses murs de soutènement et leurs contreforts ; la tour carrée de l'enceinte, adossée au bâtiment dit des prisons ; les façades et la toiture de la tour carrée de l'enceinte ; le bâtiment dit des prisons : inscription par arrêté du 12 mars 1999, modifiée par arrêté du 14 janvier 2002. Les sols de la motte du donjon dénommé "tour de César " : inscription par arrêté du 11 septembre 2008, modifié par arrêté du 16 octobre 2009. Les sols et les bâtiments en élévation constituant le château : classement par arrêté du 27 octobre 2011. 

 château fort de Châtillon 36700 Châtillon sur Indre

 

Château du Châtelier

Cet ancien centre féodal situé aux confins du Berry et de la Marche, relevant de Cluis, s'élève en bordure de bois. Sa date de fondation demeure incertaine mais la mention d'une motte au travers de textes du XVIe siècle autorise à faire remonter celle-ci au XIIe siècle. Le premier seigneur connu, fondateur d'une longue lignée, Ithier de Magnac, n'est néanmoins cité qu'à partir de 1290. La maison de Magnac détint la seigneurie jusqu'au XVIe siècle avec Les Marches et Le Repaire. Aussi, une partie des constructions actuelles doit lui être attribuée. Avec l'extinction des Magnac, Léon de Rance par son mariage à Marie en devint le nouveau seigneur. Après 1585, sa petite-fille, seule héritière, apporta Le Châtelier à son époux, Charles Tiercelin, gouverneur de la ville et du château de Chinon. Leurs descendants, comtes de La Chapelle-Baloue, le conservèrent plus d'une centaine d'années et y effectuèrent de nombreuses modifications. Au début du XVIIIe siècle, Louis de Foudras, mari de Marie-Louise de liercelin, leur succéda avant de transmettre la seigneurie à son gendre, le marquis Hugues-François de Lusignan. Au moment de la Révolution, le dernier Lusignan du Châtelier émigra en 1790. Le château fut alors saisi et vendu comme bien national en 1796. 

Construit selon un quadrilatère, son plan d'origine est encore lisible par le tracé des douves. Ces dernières, bien qu'asséchées, ont conservé leur profondeur et leur contrescarpe maçonnée. Au fil des siècles, diverses transformations et destructions, les dernières eurent lieu vers 1885, ont radicalement modifié sa physionomie. De fait, il ne demeure plus que deux groupes de bâtiments, le château principal bordant la totalité du flanc est et l'ancienne tour-résidence située dans la partie ouest. Entre les deux s'étend une cour renfermant un remarquable puits. Le château principal fut entrepris vers 1620, date gravée sur le blason des Tiercelin au-dessus du porche, dans le style Louis XIII. Distribué autour d'un massif châtelet quadrangulaire coiffé d'un très haut toit en pavillon, il se prolonge en deux ailes et deux pavillons latéraux saillants aux couvertures similaires; de tuiles plates pour les premières, d'ardoises pour les seconds. De grandes et nombreuses fenêtres ajourent ses façades. Dans les parties hautes, des lucarnes à fronton brisé arborent une fine et riche décoration. Le châtelet est ouvert à sa base d'un porche voûté. Une feuillure et des logements de flèches attestent qu'un pont-levis a précédé l'actuel pont dormant. Une tour circulaire plus ancienne (XIIe-XVe siècle), présentant des traces de mâchicoulis, flanque vers la cour cet ensemble. Quant à la tour résidence (XIVe-XVe siècles, remaniée au XVIe siècle), c'est une construction de plan ramassé à trois étages. Elle est flanquée en milieu de façade d'une haute tour d'escalier, elle-même accostée d'une tourelle en encorbellement rejetée dans l'angle. Elle s'achève au-dessus d'un toit en poivrière par un lanternon aveugle couvert de bardeaux. À sa base est percée la porte d'accès. Sommée de deux arcs en accolade hérissés de trois pinacles, elle reçoit sur son tympan ainsi ménagé des armes très abîmées, sans doute celles des Magnac. Des échauguettes percées de canonnières encadrent la toiture. Enfin, l'étage de combles est éclairé par des lucarnes gothiques. Après les destructions du XIXe siècle, le château a retrouvé toute sa dignité et fait l'objet d'un entretien soigné. 

 Éléments protégés MH : le château lui-même ; les façades et les toitures des bâtiments de la porterie ; l'ancien pont-levis et les douves : classement par arrêté du 4 janvier 1965. Le terrain d’assiette du château ; la fausse-braie ; tous les éléments bâtis non classés ; les jardins en totalité ; l’ancien étang et sa digue ; les dépendances agricoles subsistant du grand corps de bâtiment nord de l’ancienne basse-cour, à savoir le grand corps de bâtiment à l’ouest (écurie et grenier) et la petite grange, à l’est, en totalité : inscription par arrêté du 8 août 2016. 

 château du Châtelier 36190 Pommiers 

 Téléphone : 02 54 47 85 95

 

Château de Chabenet

Établi sur la rive gauche de la Bouzanne, le château de Chabenet frappe immédiatement par son aspect imposant qui rappelle, en d'autres lieux, celui de Pierrefond dans l'Oise. Émergeant au-dessus de la rivière d'un vaste bouquet de verdure, ses nombreuses tours et échauguettes font grande impression, il n'est accessible que par le village. L'existence du fief de Chabenet est attestée dès le XIIIe siècle, en la personne de son possesseur d'alors Guy de Brillac, seigneur d'Argy, de Prunget et de Chabenet, mais son histoire demeure mal connue, jusqu'à l'acquisition qu'en fit au XVe siècle Josselin des Bois (ou Dubois), seigneur de Montmorillon, conseiller et chambellan de Louis XI qui le remania et en fit une formidable forteresse flanquée de quatorze tours, protégée de douves de huit toises de large, sur trente pieds, au moins, de profondeur, du côté accessible. Il convenait de franchir deux ponts-levis pour pénétrer au cœur du château. Chabenet fut frappé de démantèlement en 1635 par Richelieu, d'autant plus volontiers que ses occupants étaient protestants. Il fallut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour que le comte Benjamin de Poix qui en était propriétaire entreprit d'importants travaux afin de remettre le château de Chabenet en état, d'où certains aspects qui peuvent rappeler les créations du célèbre architecte Eugène Viollet-le-Duc. Aujourd'hui huit tours subsistent, malheureusement la poterne a été très remaniée.

Le château comprenait alors habitation, avec vastes cuisines, salle à manger et salon comportant une décoration néo-gothique, une trentaine de chambres; cour d'honneur, cours, jardins avec très importantes serres. Sur cet emplacement existait en 1292 un simple "hostel appartenant à Raoulx de Chabanne". C'est vers 1471 que furent effectués les travaux commandés par Josselin du Bois. Le petit-fils de celui-ci, Jean, condamné par la justice de Poitiers, demanda refuge à son voisin de Prunget, Aubert de Montjohan, qui abusa probablement de la situation et, par jeu d'échanges où d'achats avantageux, devint propriétaire de Chabenet. La fille d'Aubert, épouse de Jean de Pons, laissa Chabenet à sa fille, veuve de Philippe de Pierre-Buffière, puis en secondes noces d'Abel de Pierre-Buffière. Son fils cadet, Charles, ayant épousé Jeanne d'Harambure, reçut de sa mère les terres de Prunget et de Chabenet le 17 juin 1620. Durant les guerres de Religion, le château tomba aux mains du maréchal de La Châtre qui tenait pour la Ligue, les Pierre-Buffière étant protestants. Henri IV ayant pris le château d'Argenton en mars 1587, Chabenet fut contraint à se rendre. Il devint dès lors lieu de culte autorisé par l'édit de Nantes. Ce n'est qu'en 1735 que Madame de Pierre-Buffière, née Couraud, abjura sur son lit de mort. Son arrière-petite-fille épousa en 1779 Louis-François-Vincent, comte de Poix, dont le petit-fils restaura le château. À sa mort en 1878, Benjamin de Poix légua Chabenet à sa nièce Joséphine de Boisé de Courcenay. Celle-ci ayant pris pour héritiers ses cousins de Nicolaÿ, Chabenet, fut vendu à M. Pierre Willème, industriel. Il a depuis, changé plusieurs fois de mains. Tout récemment, Chabenet a bénéficié de très importants travaux de restauration. 

 Éléments protégés MH : le château du Chabenet : inscription par arrêté du 28 juin 1927. 

 château de Chabenet 36800 Le Pont-Chrétien-Chabenet 

 Téléphone : 02 54 01 57 50 

 

Château de Céré

Sur la rive droite de la Benaize, Céré offre deux ensembles: les communs et le porche d'une part, le château d'autre part. Les murs qui les reliaient, créant une cour fermée, ont laissé la place à des jardins, les douves ont été prolongées en équerre par une aile au XVIIe siècle dotée d'une toiture à la Mansart, interrompue au XVIIIe siècle (à cause de la banqueroute de Law) et terminée vers 1920. Les tours peuvent être datées du XIIIe siècle. La voûte de la tour nord-est, qui servait d'oratoire, possède des peintures murales du XVIe siècle. La tour nord-ouest, dite "à la lanterne" porte des traces de hourdis. En 1390 est nommé Jean de Céré (Cerez). Au XVIe siècle, par alliance, le château passe aux Valzergques, aux Loubes de La Gâtevine, aux Bridiers de Gardempes. Par alliance avec ceux-ci, les Desmarquets acquièrent Céré au XVIIe siècle. Au moment de la Révolution Française, le château est vendu bien national, Benjamin Desmarquets l'achète, mais il est déchu de ses droits. Il vend à un ami, le directeur de la Monnaie, Dupeiron de La Coste (1807). Son descendant lègue sa fortune à un neveu, le général Baret de Rouvray (1863) dont l’une des filles, Marguerite, épouse le comte Elzéar de Tristan. Leurs descendants possèdent toujours la propriété.

Le bâtiment semble remonter au XVe siècle. Accolé à la partie ancienne, un pavillon classique a été construit sur la façade sud du château (fin XVIIe-début XVIIIe siècles), la partie la plus ancienne présente un logis quadrangulaire de trois étages à haut comble, flanqué de cinq tours circulaires: celle du nord-ouest, dite à la lanterne est couronnée en hourdis, celle du nord-est abrite un oratoire voûté décoré de peintures murales. Une aile à deux étages et toit brisé a été ajoutée au XVIIe siècle. 

 Éléments protégés MH : l'oratoire et ses peintures murales : classement par arrêté du 12 avril 1923. Les façades et les toitures du château dans son ensemble, c'est-à-dire château médiéval et aile classique; la terrasse du château qui domine la rivière la Benaize, à l'Ouest ; les façades et les toitures du pavillon d'entrée, y compris celles de la maison du jardinier : inscription par arrêté du 12 janvier 1988. 

 château de Céré 36370 Saint-Hilaire-sur-Benaize

 

Château de Burlande

Situé au milieu des bois, au cœur de la Brenne, le château de Burlande, ou Brunelande, était autrefois entouré de douves dont une grande partie a été conservée. Des vestiges de tour de l'enceinte et le reste du logis du XVIe siècle avec fenêtres à meneaux, ont également subsisté. Mais la partie la plus remarquable est le châtelet d'entrée, datant du XVe siècle, qui témoigne de l'importance que dut avoir la seigneurie de Burlande. C'est une poterne carrée à mâchicoulis, ouverte à sa base d'un passage voûté, maintenant obturé, protégé par un pont-levis. Transformée ultérieurement en habitation, elle comporte sur la façade est des ouvertures du XVIIIe siècle en anse de panier. Une niche, ornée d'élégants motifs Renaissance, contenait sans doute la statue d'un saint protecteur. Cette poterne est flanquée de deux tours à poivrière qui donnent à l'ensemble un aspect défensif imposant. Au XVe siècle, la seigneurie de Burlande appartenait à la famille de Mursins, possessionnée dans la région, qui la conserva jusqu'au XVIIe siècle. En 1653, elle fut vendue par adjudication à Louis de Buade, comte de Frontenac, seigneur de Palluau, mais celui-ci ne semble l'avoir acquise que pour l'échanger avec une terre contiguë à son domaine de L'Isle-Savary. La terre de Burlande revint dès lors au chapitre Sainte-Marie-Madeleine de Mézières, qui la posséda jusqu'à la Révolution. 

 Éléments protégés MH : l'ancienne poterne : inscription par arrêté du 29 octobre 1968. 

 château de Burlande 36290 Villiers

   

Château de Brosse

Le château de Brosse, "castrum quod Brucia dicitur", est mentionné par le chroniqueur Aimoin de Fleury pour l'année 974. Giraud, vicomte de Limoges, en est alors seigneur, ainsi que d'Argenton. L'ensemble fortifié occupe un éperon rocheux, d'axe nord-sud, qui domine au sud le ruisseau Bel Rio de quarante mètres. À l'extrémité sud de l'éperon, se trouve une plateforme de quarante mètres d'axe nord-sud par trente mètres d'axe est-ouest. Elle était bordée d'une muraille d'enceinte dont les pierres ont été récupérées. Au nord, un fossé large de dix huit mètres et profond de trois mètres a été taillé dans le roc et sépare cette plateforme d'une motte circulaire de trente mètres de diamètre au sommet, présentant des traces de fondations sur ses bords et un puits. Cette motte, de cinq mètres de haut vers le nord et huit vers le sud, est bordée au nord par un fossé de douze mètres de large et trois mètres de profondeur. Au nord de ces deux structures de terre se trouve une grande enceinte en pierre pentagonale, avec des tours engagées, de 125 m x 112 m, et divisée en deux cours. Contre le mur sud se trouve une chapelle, sous le vocable saint Denis: le côté nord, protégé par six tours, forme une pointe où se dresse un donjon. Le rempart est défendu par un fossé de dix mètres de large creusé dans le roc. Le donjon est sur une motte de huit mètres de haut. Il a trente trois mètres de haut, dont six mètres talutés; son diamètre est de vingt et un mètres à la base et un peu plus de quinze mètres dans sa partie cylindrique. Les petites tours ont huit mètres de diamètre extérieur et quinze mètres de haut. Plusieurs destructions puis reconstructions affectèrent le château de Brosse.

En 1001, lors d'un conflit entre Adhémar, fils de Guy I, vicomte de Brosse, et Hugues de Gargilesse, co-seigneur du lieu, une tour qui appartenait à Adhémar fut détruite. Adhémar mourut en 1025 après avoir été dépossédé de Brosse par Hugues. Le château passa en 1328 à André II de Chauvigny, par mariage avec Jeanne de Brosse. Il est toujours dans la main des Chauvigny à la fin du XVe siècle. Entre-temps, Froissart raconte comment la "ville de Bruese" fut détruite en 1370 par les Poitevins, en guerre contre Guy II de Chauvigny, seigneur de Brosse, qui avait pris le parti de Charles V contre les Anglais. En 1552, l'aveu de Brosse par Louise de Bourbon indique qu'il y a là "château et place forte, basse-cour, closture de murailles, tours tourelles, fossés, pont-levis, maison et bastiments au dedans des-dites clôtures dont la chapelle de Saint Denis". Ayant cessé d'être habité par ses seigneurs à partir du XVe siècle, Brosse fut acheté par Joseph de Fougières en 1768 qui entreprit de récupérer les pierres de parement pour les constructions alentour, de bonne qualité. La destruction continua jusqu'au XIXe siècle. l'agglomération, constituée à l'arrière du château, à un peu plus de deux kilomètres au sud-ouest de Chaillac, chef-lieu de paroisse, ne fut jamais très développée. Il y a aujourd'hui un hameau, qui fut entouré de murs, à la racine de l'éperon, à l'extérieur du château. D'avion, des restes de substructions sont visibles sur les pentes de l'éperon barré. Brosse comptait vingt-quatre maisons et quatre-vingt-sept habitants au recensement de 1886. C'est un exemple d'échec de bourg castral, attribuable à sa situation en cul-de-sac, à l'écart des axes de circulation. 

 Éléments protégés MH: les vestiges du château de Brosse : inscription par arrêté du 11 mars 1935.

 château de Brosse 36310 Chaillac

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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