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Château de La Cassagne

Primitivement, le château devait être une "tour salle" sur laquelle se sont greffés, au cours des siècles, plusieurs éléments architecturaux. Ce noyau central serait la tour circulaire abritant l'escalier sur la façade nord-est. Au XVIIe siècle, l'édifice a été cantonné de deux tours rondes, reliées par un balcon supporté par des corbeaux (sans doute une adjonction du XVIIIe siècle). A l'intérieur, la salle dite des Chevaliers de Malte, de la première moitié XVIIe siècle, est décorée de lambris, de peintures et d'un plafond peint, reproduisant la salle du grand conseil du palais du Grand Maître à Malte, détruite par Bonaparte en 1798. A l'ouest, une aile d'habitation a été rajoutée au XIXe siècle. Les communs délimitant la cour datent de 1850. Le décor de la salle des Chevaliers de Malte a été entièrement décorée par une Ecole de peinture d'Italie. Sur les poutres, une quarantaine de cartouches (tableaux) représentent des paysages de l'île de Malte. Avant d'accéder à la salle des chevaliers, une chapelle du XIXe siècle, la voûte est peint en trompe l'œil et le devant de l'autel est brodé avec des perles. 

 Éléments protégés MH : la salle dite des Chevaliers de Malte avec son décor, au premier étage : classement par arrêté du 20 février 1980. Les façades et les toitures du château, des communs et de l'orangerie : inscription par arrêté du 20 février 1980. 

 château de La Cassagne 32700 Saint-Avit-Frandat 

 Téléphone : 05 62 68 83 24

   

Château de Cadreils

La fortification du village de Berrac paraît dater du XIIIe siècle. Elle n'est conservée que sur le front nord-ouest du village. Il s'agit d'un mur d'enceinte construit en moyen appareil de calcaire. Sur le chemin menant au château se trouve un pigeonnier daté de 1690. Le château, construit dans le quatrième quart du XVIIe siècle, daté de 1689, comporte une galerie. Du côté ouest se trouvent deux tours, l'une circulaire et l'autre carrée. La façade est d'allure classique. A l'intérieur du château l'escalier a été remanié au XVIIIe siècle... 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 26 mars 1973.

 château de Cadreils 32480 Berrac

   

Château du Busca Maniban

L'origine des Maniban est des plus plébéiennes. Sortis du village de Mauléon, dans le Bas-Armagnac, leur premier nom est La Bassa ou de La Bossa. C'est sous cette dénomination que nous les trouvons durant la première moitié du XVIe siècle, et c'est comme bourgeois et souvent même comme marchands qu'ils sont désignés dans les actes, assez rares du reste, de cette poque. Le 11 janvier 1489, Jean de La Filère, originaire de Mauléon, dans la baronnie d'Armagnac, fait vente à discret homme Michel de La Bassa, prêtre, habitant de Mauléon, lequel est représenté par son frère Guillaume de La Bassa, d'une partie de forge, "avec des bateaux, des enclumes, des bois, des marteaux et autres artifices nécessaires, pour la somme d'un écu, comptant 18 sols par écu". Lancés dans les affaires, on les voit au milieu de ce siècle intenter de nombreux procès aux petites gens d'Eauze et de Mauléon. C'est à la date du 3 août 1544, un Jean de Labassa, dit de Maniban, qui instrumente contre un certain Bernard Dartigues, marchand de la ville d'Eauze. Puis, sept ans après, le 13 août 1554, le même Jean de Labassa, dit Maniban, seigneur de Lusson, se prend de querelle avec Antoine Dupuy, marchand d'Eauze. Le juge mage ordonne que ledit La Bassa jurera sur les reliques et l'autel de saint Frix, de Bassoues, "après quoi il sera ouï sur la cause". Le 6 juin 1558, le 23 mai 1559 et le 18 novembre 1563, ce sont trois nouveaux procès devant le sénéchal d'Armagnac, intentés par un Pierre de La Bassa de Maniban, seigneur de La Cauzanne, près Mauléon, contre plusieurs marchands de La Bastide d'Armagnac. Autre procès, le 22 novembre 1561, entre Bone, veuve de feu Jean de Maniban, se présentant comme "mère et légitime administreresse des biens dudit feu Maniban", et Jeanne Peyraube à propos d'injures échangées entre ses deux femmes. 

Ces quelques indications suffisent pour nous révéler l'origine fort modeste des Maniban, ce qui ne les empêche pas de devenir, en très peu de temps, successivement seigneurs des terres de La Cauzanne, de Lusson, toutes deux autour de Mauléon, et aussi de celle de Maniban, située au sud de cette petite ville, et dont ils prirent le nom au lieu et place de celui de La Bassa. Ils obtinrent même, dit-on, vers cette époque, des lettres d'anoblissement. C'est vers 1560 qu'un seigneur de Maniban, Pierre, dit Lachesnaye des Bois sans autres indications, éleva considérablement sa maison, en épousant une noble héritière du Haut-Armagnac, Françoise de Bousty, dame du Busca et d'Ampeils, et qu'il devint ainsi le chef de la famille qui va nous occuper. Sis entre les villes de Valence à l'est, de Gondrin à l'ouest, et au nord des deux petits villages de Mouchan et de Cassaigne, le domaine très considérable du Busca s'étend sur les plus hauts contreforts de la rive droite de l'Osse, et il n'est séparé du château de Masencôme, à l'est, que par deux kilomètres à peine. Dès le début du XVIe siècle, nous le voyons habité par la famille de Bousty, dont un des membres exerce la profession de médecin. Le 29 mars 1539, honorable homme, Messire Nicolas de Bousty, seigneur du Busca, docteur en médecine, achète une pièce de terre située en la juridiction de Gondrin, près de Villeneuve. Le même, qualifié toujours de seigneur du lieu du Busca et d'Ampeils, du titre de docteur en médecine, donne, le 29 mars 1546, procuration à Jehan Sarégis pour le représenter dans l'administration de ses biens et le règlement de ses affaires. Nicolas de Bousty meurt en laissant deux enfants: l'un, François de Bousty, lui succède comme seigneur du Busca et d'Ampeils.

 L'autre, une fille, Françoise de Bousty, épouse, vers cette année 1560, le seigneur de Maniban, en a un fils, Jean, et devient bientôt veuve. Nous la voyons, en effet, dès 1574, gérer et administrer, avec une rare habileté et une fermeté peu commune pour une femme, les biens de son enfant mineur. Jean de Maniban dut naître vers 1566. Occupant dans la hiérarchie sociale de l'époque un rang plus distingué que la famille bourgeoise des Maniban, les de Bousty,seigneurs de riches et importants domaines, tinrent à honneur, dans leur nouvelle alliance, à ne pas déroger; et c'est à leur influence, à leurs relations, à la considération dont ils jouissaient déjà que les Maniban durent leur première élévation. On ne saurait trop admirer en même temps avec quel soin jaloux Françoise de Bousty surveilla l'éducation de son fils mineur. Le 3 août 1594, Jean de Maniban, seigneur de Maniban, de Lusson, de Larroque-Fourcès et autres lieux, fut reçu conseiller au grand conseil du Roi. L'année suivante, il fut nommé lieutenant-généralen la sénéchaussée de Bordeaux. Jean de Maniban n'avait pas encore trente ans. Le 3 mars 1603, le roi le nomma maître des requêtes ordinaires de son hôtel, fonctions qu'il exerça conjointement avec les précédentes. Il avait épousé quelques années auparavant, le 6 mai 1595, Jeannede Ram, fille de Thomas de Ram, lieu tenant général en la sénéchaussée de Bordeaux. Jean de Maniban demeura dans la capitale de la Guyenne jusqu'en 1614, se partageant entre ses diverses et délicates fonctions. Il ne dédaignait pas néanmoins d'aller chaque année surveiller ses domaines de l'Armagnac qu'il agrandissait à vue d'oeil. Nous le voyons, en effet, dès l'année 1600, donner en afferme chaque fois de nouvelles terres autour de la seigneurie du Busca, et notamment celles de Labit, de Lebé, juridiction de Bonas, de Mesplès au Castéra, de la Courtade en Beaucaire, la taverne, le mazel, acheter, le 5 février 1608, pour 600 livres tournois, la moitié de la métairie de Mora, sise dans la juridiction de La Roque, etc, et devenir ainsi un des plus puissants propriétaires fonciers du Haut-Armagnac.

Jean de Maniban dut mourir vers 1630. Son corps fut inhumé dans la chapelle du château du Busca, il laissait quatre enfants: Thomas, qui suit; Guy, qui épousa en 1634 Marie de Lavie, dont il eut un fils, Alphonse, qui lui succéda dans sa charge, et il mourut en 1689; Nicolas de Ram, du nom de sa mère Jeanne de Ram; puis François Lancelot. Quand apparaît Thomas de Maniban sur la scène imposante du Parlement de Toulouse, ce dernier, par la dignité du caractère de la plupart de ses membres, leur indépendance, leurs lumières, leur pieux respect des traditions, joue un rôle à part dans l'histoire de la magistrature française au XVIIe siècle. Pour si agitée qu'ait été la vie publique deThomas de Maniban, elle ne l'empêcha pas de s'occuper de ses affaires privées, ni de perdre de vue le soin de ses intérêts domestiques. Le célèbre avocat-général sut faire marcher de pair aussi bien les affaires du Parlement que les siennes propres, et il ne négligea aucune occasion d'agrandir ses propriétés et d'augmenter la fortune de sa maison. L'année 1646 est celle où son nom disparaît des annales du Parlement de Toulouse. Il avait à ce moment cinquante ans à peine. Se retira-t-il, tout à fait désabusé des compétitions humaines, dans ses terres du Haut Armagnac, jusqu'en l'année 1652, où la mort vint le frapper? Nous le croirions plutôt, son nom se retrouvant sans cesse alors dans les nombreux contrats, baux d'afferme et actes divers qu'il passa devant les différents notaires établis sur ses multiples domaines. La belle résidence du Busca, où il se plaisait tant d'ailleurs, et le somptueux château qu'il y fit construire, semblent bien faire supposer qu'il voulut jouir en paix de ses derniers moments et laisser à son fils, en même temps que la réputation d'un des magistrats les plus illustres de son siècle, un superbe domaine, digne de son nom et de sa haute situation.

La seigneurie du Busca occupait une grande partie du vaste territoire situé entre la rivière de l'Osse à l'ouest, les bourgs de Mouchan et de Cassagne au nord, le fief de Masencôme à l'est, et les villages d'Ampeils, de La Gardère et de Roques au midi. Le château primitif, dont nul plan malheureusement ne nous a conservé la forme et qu'habitaient les de Bousty, s'élevait au centre de ce vaste quadrilatère, perché sur une des collines les plus hautes de la région. C'est là que vint résider le premier seigneur de Maniban, à la suite de son mariage avec Françoise de Bousty. Mais bientôt, il se crut obligé de transformerdu tout au tout une demeure, sans nul doute, sombre, étroite et rappelant les mauvais jours des temps féodaux. Il la fit démolir de fond en comble, ne conservant au midi que quelques pans de mur que l'on retrouve encore; et, sur son emplacement, il fit élever le majestueux édifice qui subsiste encore aujourd'hui en son entier. Le château du Busca est un des spécimens les mieux conservés de l'architecture civile de la première moitié du XVIIe siècle. Bâti dans le style sévère et compassé de cette époque, de dimensions démesurément grandes, si bien que l'adage patois le concernant, "Aou castet dé Maniban Y a'stant de frinestos qué dé jours en l'an", s'est perpétué jusqu'à nos jours, n'offrant aucune délicatesse d'art, pas plus dans les frontons des façades que dans les moulures des meneaux, des portes, des cheminées, et généralement dans tout ce que les artistes de la Renaissance se plaisaient tant à décorer quelques années auparavant, laissant au premier abord une impression de tristesse et de froid, il ne manque, comme le siècle qui l'a vu naître, ni de grandeur, ni de majesté.

Le château du Busca forme un vaste parallélogramme de 80 mètres de long sur 50 mètres de profondeur, y compris les cours et les communs, coupé à ses deux extrémités en équerre par deux ailes latérales s'avançant vers l'est, d'une longueur de 25 mètres. Seule subsiste l'aile de gauche, celle de droite ou du midi, plus étroite, ayant été détruite au commencement du XXe siècle. D'après la tradition, elle renfermait au rez-de-chaussée la serre, et au premier étage, dans toute sa longueur, la salle du jeu de paume. Sur le devant de la façade principale, qui est orientée vers l'est, se détache le pavillon d'honneur, surmonté d'un fronton, sur lequel se voient gravées, en belles pierres de taille, les armes des Maniban, qui sont: de gueules à deux bourdons d'or passés en sautoir, cantonnés en chef d'un croissant d'argent et d'un feu follet ou larme dans les autres cantons, le tout surmonté d'une couronne de marquis et, au dessus, d'un mortier de magistrat, supporté par deux lions. Cette façade, qui ne présente rien autre d'artistique, digne d'être relevé, donne sur de vastes jardins autrefois dessinés à la façon de Le Nôtre, et où se remarquaient le parterre et le labyrinthe. La grande porte d'honneur, haute, sévère, majestueuse comme tout le reste du bâtiment, est percée sur le côté gauche de la façade ouest. C'est de ce côté que se trouve la principale entrée du château. Une vaste cour, partagée aujourd'hui en deux parties par un mur qui autre fois n'existait pas, précède cette porte, sur une largeur de 40 mètres et une profondeur de 36 mètres. Entourée de murs et plantée d'arbres magnifiques, un portail monumental, fait de grosses pierres en bossage selon la mode du temps et encore debout, y donnait accès. Sur le fronton à pans qui le couronne se lit le millésime de 1649, date de l'achèvement du château du Busca.

La porte d'honneur, aux pieds-droits majestueux, s'ouvre sur le grand vestibule, une des pièces les plus remarquables du château. Un splendide escalier de pierre, à deux paliers égaux de onze marches chacun et coupés à angle droit, vaste, spacieux, digne de figurer dans les palais royaux, en occupe toute la partie gauche. Ses degrés sont accompagnés d'une très belle rampe en fer forgé. Il s'arrête au premier étage, et se termine par une galerie soutenue par quatre superbes colonnes, à chapiteaux ioniques, en marbre blanc des Pyrénées et accoudées deux à deux. Trois larges fenêtres l'éclairent au levant. Une corniche des plus gracieuses repose sur ces quatre colonnes, derrière lesquelles s'ouvre la porte de la salle d'honneur, dont le fronton reproduit également le millésime de 1649. La grande salle du château du Busca, salle d'honneur ou salle d'armes, d'une élévation peu commune, et surmontée d'une voûte en calotte tronquée, occupe tout le dessus des deux pièces du rez-de-chaussée. Elle est ajourée par deux grandes fenêtres à meneaux s'ouvrant du côté du nord. Quoique peu ornée dans ses détails architectoniques, elle laisse encore une impression de grandeur et de majesté, bien en rapport avec la puissance de ses derniers seigneurs. A droite de la cage d'escalier, et au rez-de-chaussée, s'ouvre une vaste salle, dite encore salle des gardes, qui précédait la principale cuisine du château. Une autre cuisine, un peu moins importante, mais néanmoins très vaste et, comme la première, ornée d'une imposante cheminée, existait et existe encore aujourd'hui dans l'aile gauche, destinée à desservir cette partie du château. Les dépendances de la cuisine, décharges, cellier, etc, se trouvaientà la suite, cette dernière pièce fermée par quatre arcades surbaissées, très curieuses, renfermant un énorme puits. Nous ne dirons rien des autres salles du rez-de-chaussée, soit du corps principal, soit de l'aile gauche, toutes destinées aux usages familiers de la maison, si ce n'est qu'elles s'ouvraient chacune sur un vaste couloir, derrière le pavillon central, qui jadis, du côté du jardin, et ajouré par de nombreuses portes fenêtres, contournait tout le château. 

Une des parties les plus intéressantes du château du Busca, après son escalier et sa salle d'honneur, était sa chapelle, aujourd'hui malheureusement transformée en remise et en écurie. Elle occupait la presque totalité de l'aile qui ferme, à droite, la grande cour d'honneur. Une très jolie porte, dans le goût du XVIIe siècle, et encore bien conservée, y donnait accès. D'une longueur de 17 mètres sur 7 de large à l'intérieur, elle se composait d'une seule nef, à trois travées en croisées d'ogives, terminée par un chevet plat contre lequel était dressé l'autel, surmonté d'un bel écusson ou étaient sculptées les armes des Maniban. Au pied de cet autel, et conformément au testament du constructeur du château, Thomas de Maniban, qui reçut ainsi sa pleine et entière exécution, se trouvait son tombeau, adossé à celui de son père Jean. Il était recouvert par une magnifique pierre tombale, sur laquelle étaient gravées les armes de la famille. Lorsque,il y a une trentaine d'années, le propriétaire de cette partie du château, qui, on le sait, est coupé en deux fractions depuis la première moitié du XXe siècle, eut la mauvaise idée de transformer pour son service personnel cette jolie chapelle, vierge encore de toute profanation depuis sa construction, les deux tombes de Jean et de Thomas de Maniban furent ouvertes, leurs ossements enlevés et portés au cimetière de Masencôme, et la pierre tombale, qui les recouvrait, brisée en plusieurs morceaux. Il reste encore quelques uns de ces précieux débris, déposés tout près, contre le mur extérieur et sur lesquels on peut voir, sur un premier écusson, les armes des Maniban, dans une couronne de feuillage; et sur un autre, aux 1 et 4 une fleur, et au 2 un oiseau, le tout entouré de rinceaux et de moulures, très finement sculptées.

Derrière l'ancien autel de la chapelle existe encore un escalier de pierre, utile pour desservir cette partie droite du château, et qui aboutissait aux grands appartements du premier étage, chambres à coucher, chambre des Nègres, appelée en souvenir de domestiques nègres qui étaient au service du dernier seigneur de Maniban, et enfin à la belle salle à manger, qui occupait tout le dessus de la cuisine et de la salle des gardes, et qui offrait également d'imposantes proportions. Des deux côtés de la cour s'élevaient de vastes communs, qui ont encore conservé leur destination première. Signalons sommairement, à droite, à côté de la cour, un vaste hangard, et derrière, deux immenses décharges, voûtées en berceau, qui pouvaient être des étables, des granges ou des celliers; à gauche le cellier particulier à la maison; toujours voûtée, l'écurie; également voûtée en berceau, la remise; enfin un chai ou final monumental, dont la charpente était soutenue par huit gros piliers. Là ne s'arrêtaient pas les dépendances de ce vaste château. Un peu en dehors, au nord-ouest, se voit encore une construction basse de forme, dont la porte est surmontée d'un mascaron. C'était la brûlerie, les vins blancs renommés de l'Armagnac étant, dès le milieu du XVIIe siècle, livrés à la distillation. Enfin, au midi, à trois cents mètres environ du château, et sur le vieux chemin qui le reliait avec la vallée de l'Osse, un gros amas de constructions, dont il reste à peine quelques traces, et qui, d'après la légende, était dénommé le Tourne-Bride, destiné, comme son nom l'indique, à loger les chevaux et les voitures des étrangers. Ainsi que nous l'avons déjà dit, le château du Busca, tel que nous venons de le décrire, fut achevé en 1649, du vivant même de Thomas de Maniban. 

A la fin du XVIIIe siècle la Révolution marchait à grands pas. Le domaine du Busca, fut acquis en partie, avec le château, dépendances et appartenances, le 11 pluviose an XI (31 janvier 1803), par M. Jean-Robert Rizon, docteur en médecine de Condom. De son mariage avec demoiselle Augustine Capot de Feuillide, le docteur Rizon eut deux filles. L'aînée, Elisa, épousa M. Adrien Laroche. La seconde, Julia-Marie-Thérèse,se maria avec M. Bazin, vice-président du tribunal d'Auch. A la mort de leur père, les deux soeurs se partagèrent la terre du Busca. Le château lui-même fut divisé en deux lots, et un mur de clôture, du plus mauvais effet, qui subsiste encore aujourd'hui, vint scinder la cour d'honneur en deux parties à peu près égales. L'aile septentrionale avec la cage d'escalier et la grande salle, échurent à Mme Bazin, tandis que l'autre côté, renfermant la chapelle et les communs, resta à la famille Laroche. Héritier de sa mère, M. Hermann Bazin, ancien conseiller à la Cour d'appel de Montpellier, est demeuré propriétaire de la plus belle et de la plus intéressante partie du château du Busca. Magistrat distingué, esprit fin et délicat, il à su conserver à sa résidence d'été le cachet d'ampleur et de majesté que lui avaient donné ses premiers seigneurs. Le vestibule, le grand escalier d'honneur, la vaste salle d'armes se voient encore tels que les avaient ordonnés Thomas de Maniban, et, après lui, son petit fils le premier Président. Entre les mains du dernier détenteur nous avons la certitude qu'ils ne péricliteront pas. 

 Éléments protégés MH : le pigeonnier : inscription par arrêté du 27 juin 1967 ; les façades et les toitures ; l'escalier d'honneur avec son vestibule ; l'ancienne salle d'armes ; la chapelle : classement par arrêté du 19 avril 1972. 

 château du Busca Maniban 32310 Mansencôme 

 Téléphone : 05 62 28 40 38

 

Château de Bouvées

Château construit de 1530 à 1560 par Monseigneur de Saint Julien, évêque d'Aire sur Adour, sur les ruines d'un bâtiment primitif. L'édifice fut vendu à la Révolution comme bien national. Il se déployait sur trois ailes délimitant une cour intérieure, flanquées aux angles de tours circulaires. Seules subsistent les parties Est et sud les hangards agricoles, adossés aux anciennes murailles, reproduisant la disposition primitive. Des tours, il ne reste que celle du sud est et des traces de celle du sud ouest, le pigeonnier a été élevé sur les bases d'une tour.111 La chapelle conserve ses culots sculptés et deux fenêtres à meneaux moulurées. Une tour ronde la flanque, au-dessus d'un soubassement sur quatre niveaux. Une cave voûtée en sous sol permettait la surveillance des abords par une série de trous de guet. A l'intérieur, cheminées des XVe et XVIIIe siècles, pavage en terre cuite, plafond à poutres et solives apparentes...

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; le mur d'enceinte ; l'emplacement des anciens fossés ; la chapelle ; les deux tours rondes ; les deux escaliers à vis et le pigeonnier : classement par arrêté du 11 octobre 1990. 

 château de Bouvées 32120 Labrihe

 

Château de Bonas

Le château a appartenu à une longue lignée de seigneurs, d'abord vassaux du roi d'Angleterre, puis des comtes d'Armagnac. La lignée des Pardailhan reconstruit le château au début du XVIIIe siècle. L'édifice est agrandi et complété au XIXe siècle, dans un style classique. Le château et le parc se situent sur un éperon dont l'accès se fait par une allée de cèdres bordée des communs et de la distillerie développée par Antoine de Melet. L'édifice, de plan quadrangulaire, est construit sur le rocher, qui demeure visible dans les grandes caves, où se trouve la base de l'ancien donjon féodal. La terrasse prend appui sur une orangerie voûtée en berceau. A l'intérieur, escalier Louis XIV, deux halls à portiques superposés du XIXe siècle, pièces ornées de boiseries Louis XV, panneaux peints, stucs... 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, le hall d'entrée avec escalier à balustres en pierre, l'escalier Louis XV avec sa rampe en fer forgé, au rez-de-chaussée la salle dite des Césars et la bibliothèque avec leur décor : inscription par arrêté du 15 juin 1976. 

 château de Bonas 32410 Bonas

 

Château de Bézéril

Construction du début du XVIIe siècle, remise au goût du jour au XVIIIe siècle, le château de Bézéril était l'apanage des Chapiers, riche famille capitulaire toulousaine. L'édifice, qui a échappé à un partage sous la révolution, a connu plusieurs propriétaires. Il est aujourd’hui le siège social d’une exploitation agricole. Château caractéristique, avec son grand parc, sa cour encadrée de longues ailes que prolongent des communs à l'ouest, tandis qu'un escalier à double rampe à l'est donne sur le parc. Les tours d'angle, de plan carré, sont couvertes de tuiles plates à crochet, elles pourraient remonter de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et de ses communs : inscription par arrêté du 6 octobre 1977. 

 château de Bézéril 32130 Bézéril

   

Château de Betplan

Le village de Betplan est un village fossoyé qui n'apparaît pas dans la documentation écrite avant le XVe siècle. Il est qualifié de "castet" en 1419 et de "loco" en 1424. Le village s'est probablement mis en place au moment de la guerre de Cent Ans. L'étude du censier de 1419 par Guy de Monsembernard montre qu'il y avait alors une vingtaine de maisons dans l'enceinte du village. La grande majorité des tenanciers ont aussi une maison dans le terroir alentour et ils résident plutôt là que dans le village qui paraît délaissé. La localisation du village médiéval est incertaine. D'après Guy de Monsembernard il devait se trouver à l'emplacement des communs de l'actuel château, d'après Nicolas Guinaudeau plus au sud vers l'actuel village. Le château de Betplan est construit au début du XVIIe siècle, il présente un corps de logis de plan rectangulaire flanqué de quatre tours carrées, le tout surmonté de combles d'ardoises. La façade principale, précédée sur toute la longueur d'une terrasse avec balustrade, présente un imposant et lourd portail à bossages avec deux pilastres doriques portant un entablement surmonté d'un fronton coupé demi circulaire, les fenêtres possédaient des meneaux de bois. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 3 mars 1949.

 château de Betplan 32730 Betplan

   

Château de Beaumont

La construction du château, débutée en 1606, est due à l'architecte Pierre II Souffron. En 1626 est bâtie la maison du jardin, dont la façade est percée de gros oculi. A côté de la maison, taillée dans le rocher en partie basse, se trouve la citerne. Des travaux sont réalisés au XVIIIe siècle, notamment les huisseries et les ouverture en arcades de la muraille de la cour. 

 Éléments protégés MH : le château à l'exclusion des parties classées : inscription par arrêté du 17 mai 1982. Les façades et les toitures du château et de ses communs, le pont dormant, le portique d'entrée à arcades, les douves, le plafond de la bibliothèque avec ses poutres peintes, le petit théâtre, l'escalier à vis, l'escalier principal à rampe droite et leurs cages : classement par arrêté du 23 novembre 1989. Le parc du château situé sur les parcelles au sud du château, portant l'ancienne maison de jardinier et la citerne et sur la parcelle au nord avec ses murs de soutènement ouest et nord : inscription par arrêté du 10 juin 2008. 

 château de Beaumont 32100 Beaumont

   

Château de Bazian

Les barons de Montesquiou apparaissent dès le XIIe siècle et seraient les commanditaire du château. Ils y séjournent régulièrement comme le confirment de nombreux actes. Après le partage de la baronnie en 1479, la terre de Bazian passe par succession aux Lavedan, aux du Lyon et à la famille de Bourbon. Celle-ci transforme le bâtiment aux XVIe et XVIIe siècles par d’importantes adjonctions, créations d’ouvertures, et de tourelles en surplomb. La Révolution n’arrête pas la lignée des seigneurs de Bazian, elle se perd seulement à la fin du XIXe siècle avec la comtesse de Mesnard. Avant sa mort, elle vend la propriété à une famille d’agriculteurs qui laisse la bâtisse à l’abandon jusqu'au XXe siècle où les propriétaires actuels entreprennent une restauration réussie. Edifié perpendiculaire à la pointe de l'éperon rocheux, le corps de logis clôt l'espace en formant une basse cour. Au sud, s'élève un castelet autrefois relié au corps de logis par une galerie. A l'intérieur, les pièces de réception occupent le rez-de-chaussée. L'accès aux étages se fait par une porte à la Serlio commandant l'escalier de la tour, à l'angle sud-est. Dans les étages toutes les pièces ont conservé un décor peint de la fin du XVIe siècle au début du XVIIe siècle et le pavillon sud conserve des vestiges de décor peint. Des murailles délimitent les deux cours. 

 Éléments protégés MH : le château en totalité, avec le mur d'enceinte, le puits et le pavillon sud : inscription par arrêté du 31 janvier 2008. 

 château de Bazian 32320 Bazian

 

Château de Bassoues

Ce magnifique exemple d'architecture militaire est l'oeuvre de l'Archevêque et Cardinal Arnaud Aubert au XIVe siècle, le donjon fut achevé en 1371. Cette tour qui flanquait et protégeait le château fut également appelée "Masse" ou "Tour du Bach" (tour du bas), en raison de son importance. Elle s'élève à 43 m au-dessus du sol et est de plan quadrangulaire. On remarque les énormes contreforts à chaque angle de la tour, l'escalier à vis qui comporte 197 marches contenues dans une tourelle octogonale. Au XVIIe siècle, le château menace ruine. Un lointain successeur d'Aubert, Henri de La Mothe Houdancourt, archevêque d'Auch de 1662 à 1684, lui offre une deuxième jeunesse: appuyé au mur oriental, est bâti un bâtiment rectangulaire à un étage percé de six fenêtres et flanqué de deux tourelles coiffées d'une toiture en poivrière. En 1841, le donjon de Bassoues est le premier monument classé du Gers. En 1977, sa propriétaire, Mademoiselle de Monteils, le met en vente, alors la municipalité en fait l'acquisition ! Du château ne subsistent que des débris. Un grand mur de pierre appareillée correspond à un rez-de-chaussée, entresol et étage. Le deuxième étage, avec son couronnement, a disparu. L'étage était éclairé par quelques fenêtres à meneaux analogues à celles du donjon. Subsiste également une tourelle d'escalier sur angle. Derrière le donjon existe un mur percé de trois baies à meneaux avec bancs, qui éclairaient autrefois le premier étage. Ce mur forme le fond d'une importante construction du XVIIe siècle. D'autres fragments de murs subsistent dans les constructions modernes. 

 Éléments protégés MH : le donjon : classement par liste de 1840. Les vestiges de l'ancien château : inscription par arrêté du 14 mars 1944. 

 château de Bassoues 32320 Bassoues 

 Téléphone : 05 62 70 97 34 

(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique