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Château de Tournin

D'après un acte daté de 1450 le premier propriétaire du domaine serait Pierre de Virieu, dit de Tournin, fils de Jean de Virieu, seigneur de Cuirieu et d'Isabelle de Loyes. Le domaine passerait ensuite aux Gourdon puis aux Joffrey. En 1540 il devient propriété d'Antoine Boissat (ou Boissac), fils de Thomas Boissat, capitaine châtelain à La Tour du Pin, puis en 1609 de Symphorien Borin duquel hérite sa femme, et son neveu Aymar Manissy en 1649. Le château de Tournin passe successivement aux Francou en 1738, aux Faure en 1748 et aux Picot de la Buissonière en 1756.

Le site est implanté dans un coteau en pente douce dominant la vallée de la Bourbre. Les bâtiments se composent de deux ailes en équerre à trois niveaux d'élévation dont un étage d'attique, flanquées, à chaque extrémité, d'un puissant pavillon à quatre niveaux. L'ensemble est couvert d'une haute toiture en tuiles écaille et égouts retroussés, et cantonné sur l'angle externe à la jonction des deux ailes, d'une massive tour de plan circulaire coiffée d'un toit en poivrière. Le bâtiment est le produit d'une longue histoire, ponctuée de recompositions visant à lui conférer une certaine harmonie et unité. Seul le donjon, de plan circulaire en extérieur mais abritant des pièces carrées, couronné par un cordon strictement identique à celui présent au château de Cuirieu, pourrait remonter à la période où les deux sites sont aux mains de la famille Boissat au XVIe siècle.

L'édifice connut une recomposition dans le courant du XVIIe siècle, sans doute à l'époque des Mitallier Manissy dont les armes associées sont présentes dans un bloc sculpté placé au-dessus de la porte d'entrée actuelle. La plus grande partie des constructions peut être rapportée à cette période, en particulier la porte principale ouvrant sur l'escalier, traitée avec soin et la niche qui la surmonte. L'ensemble des façades, unifiées par un cordon filant en appui des fenêtres du premier étage côté cour, devait présenter des baies à meneaux et traverses plats, remaniées au XIXe siècle. Le parc comprend un jardin à la française planté de buis taillés, un bois de charmes et un mail de marronniers. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures, les cours et le jardin : inscription par arrêté du 8 février 1967. 

 château de Tournin 38110 La Tour du Pin 

 

Château de Theys

L'édifice est mentionné dès 1040, en même temps que la paroisse. Le château de Theys a été la possession de la puissante famille Aynard. Peu avant 1246, il est devenu un château delphinal jusqu’en 1283, à la date où le château est remis en fief au comte de Genève, ainsi que la terre de Pierre et de Domène à laquelle le château est relié. Le château est resté fief genevois jusqu’en 1389 qui voit la confiscation des biens genevois en Grésivaudan par le Dauphin pour refus d’hommage. C’est un site de taille moyenne. Il se trouve à l’écart du village et à environ un kilomètre de l’église de Theys. La maison forte est sur une butte qui lui offre une position dominante. Le site se compose de deux bâtiments, dont l’un est orienté vers le nordet l’autre vers le sud. Les deux bâtiments de plan rectangulaire sont en blocs accolés en longueur. Ces deux bâtiments entourent une petite cour intérieure servant à l’entrée principale sur la façade est. Les bâtiments s’élèvent chacun sur trois niveaux.

 La façade est se démarque par la porte d’entrée ornée en arc brisé qui mène à la cour intérieure. Le mur orienté vers le nord paraît borgne car il n’existe que des trous de boulin, tandis que le mur orienté vers le sud possède plusieurs baies. Sur la façade nord se trouvent de petites baies au premier étage et le vestige de la porte au rez-de-chaussée. A l’angle nord-ouest du bâtiment, l’arrangement des pierres montre que la base du bâtiment était talutée. La façade ouest donne sur le paysage situé un peu plus bas et est remarquable par plusieurs types de baies. Deux morceaux de pierre situés contre le mur orienté vers le nord suggèrent l’emplacement des latrines d’autrefois. Un peu plus loin, le vestige d’une ouverture démontre l’existence de la porte au premier étage. Sur le mur orienté vers le sud au deuxièmee étage, nous voyons une fenêtre décorée du motif trilobé sur le linteau et sur la base de chaque côté; un petit visage de personnage sculpté orne cette baie. L’emplacement et l’intérêt décoratif de la fenêtre correspondent à la présence de l’aula dans un espace intérieur. Puis la présence des autres baies au même niveau montre une construction homogène sur la façade. Une autre fenêtre du motif trilobé se situe au troisième étage. La façade sud présente visiblement deux rangées des trous de boulin qui sont bien alignées.

L’approche décorative de ce château se présente dans la salle du premier étage du bâtiment: trois coussièges, une peinture murale composée de motifs géométriques alternés de couleurs différentes et une cheminée moulurée. La hotte de la cheminée est décorée des mêmes motifs que la peinture. Il est bien évident que la salle où se trouvent plusieurs types de décors démontre l’intérêt décoratif dans un espace intérieur. L’emplacement de la salle au premier étage indique donc qu’il s’agit d’une grande salle, qui est le lieu privilégié pour présenter des décors. 

 Éléments protégés MH: les deux bâtiments du château, avec leur décor peint : classement par arrêté du 27 septembre 1993. château de Theys 38570 Theys 

 Téléphone : 04 76 71 05 47 

   

Château Teyssier de Savy

Au Moyen Age, le château est la propriété de l’abbaye de Saint-Chef, une des plus riches et célèbres abbayes du Dauphiné. En 1403, le château est brûlé par Jean de Torchefelon, seigneur de Montcarra, qui se venge de l’incendie de son domaine. Le château, restauré, est à nouveau rasé en 1576 durant les guerres de religion entre catholiques et protestants. Cette ancienne résidence féodale porte la trace de nombreux remaniements, mais remonterait, dans ses parties les plus anciennes, à la fin du XVIe siècle. Bien que remanié au XVIIIe siècle et rendu habitable, il conserve quelques beautés médiévales; une tour carrée et une circulaire à mâchicoulis avec fentes de tir a du faire partie de l'ancienne enceinte du bourg. Aujourd'hui le château est organisé autour d'une cour fermée par un mur et un portail. A l'intérieur de cette cour, deux bacs en pierre fixés à mi-hauteur semblent destinés à recevoir des plantes. La chapelle, qui fut rénovée par la famille Teyssier de Savy, s’avère être un véritable joyau. En dépit d'incendies et de pillages, l'intérieur du château conserve un certain nombre d'éléments d'aménagement et de décors dignes d'intérêt : parquets à panneaux en marqueterie, portes, lambris, alcôves, placards, four dans une cave voûtée à l'étage de soubassement, etc. Protégé par un très beau parc de sept hectares plantés de grands arbres d'essences variées, dont de beaux tilleuls plus que centenaires. 

Plusieurs dépendances accompagnent le château dont un petit bâtiment à l'entrée de la propriété (ancienne volière) l'intérieur conserve en effet des niches maçonnées (nichoirs à poules), ainsi qu'une ancienne orangerie. Ce bâtiment, qui a perdu ses enduits, présente d'intéressants décors en brique sur sa façade tournée vers le parc. On note, du côté droit, la présence d'un fond de niche (ou d'une porte étroite murée) et une maison de gardien, très transformée, surtout à l'intérieur. Le château est situé à 300 mètres du "Vieux Château", dont il ne reste que la tour du Poulet (photo à droite) et un mur de rempart.

 Éléments protégés MH: le château, son parc avec sa terrasse et ses fabriques : inscription par arrêté du 6 juillet 2000. 

 château Teyssier de Savy 38890 Saint Chef 

 Téléphone : 06 01 20 36 31 

Château de Terrebasse

Le premier château aurait appartenu aux seigneurs d'Anjou. La famille Rigod qui l'acquière en 1751 l'a profondément modifié. Pendant la Révolution, la propriété est vendue à Pierre Jacquier, lequel prend le nom de Jacquier de Terrebasse en 1814. Au XVIIIe siècle, d'importants travaux sont entrepris, conférant au château sa silhouette actuelle. Un corps de logis est bâti, devenant le centre d'une composition où le vieux château des XVe-XVIe siècles constitue l'aile sud et un nouveau bâtiment qui n'a jamais été aménagé, l'aile nord. Jardin et parc sont recomposés avec une grande terrasse et des parterres à la française. En 1844, la toiture est refaite. En 1849, l'entrée du parc est déplacée et les deux pavillons actuels édifiés. En 1869, reconstruction des écuries, d'un garage et d'un hangar. En 1890, décoration de l'escalier principal. En 1904, enduit à la tyrolienne sur toutes les façades. A l'intérieur, l'ensemble a été repris au XIXe siècle, mais il reste des plafonds à la française et une série de boiseries du XVIIIe siècle.

 Éléments protégés MH: le château et le parc, y compris les dépendances, les fabriques et les murs d'enceinte : inscription par arrêté du 24 juin 1992. 

 château de Terrebasse 38150 Ville sous Anjou

   

Château de Tencin

Le château des marquis de Monteynard a été construit vers 1775 à proximité de l'ancien château féodal des Monteynard, brûlé pendant les guerres de religion. La façade principale, caractéristique du XVIIIe siècle, est animée par un avant-corps central surmonté d'un fronton triangulaire dont le tympan est orné des armes de Monteynard. La grande terrasse, seul vestige du jardin régulier d'origine, offre une magnifique perspective sur le parc paysager aux vastes pelouses plantées de cèdres. 

 Éléments protégés MH: le château et son parc : inscription par arrêté du 5 octobre 1946. 

 château de Tencin 38570 Tencin

   

Château de La Sône

Maison forte mentionnée en 1210 dans des lettres patentes de l’Empereur Othon IV, qui confirment les droits sur les terres de la Sône de l’abbaye de Montmajour. Dans la première moitié du XIVe siècle, l’édifice est agrandi et ses défenses renforcées par Ardanchon de la Reffrairie, qui en fait hommage au Dauphin du Viennois, Humbert. Au XVIe siècle, la demeure subit de gros dommages lors des guerres de Religion. En 1603, elle passe entre les mains de Félicien de Boffin, avocat général au Parlement de Grenoble. Celui-ci répare les outrages subis par l’édifice et lui apporte de profonds remaniements et embellissements. Les Boffin resteront presque deux siècles possesseurs de la Reffrairie devenue le château de la Sône. Vont se succéder après 1848 divers propriétaires : le baron de Jarente en 1875, le docteur Collignon, médecin des princes de Monaco en 1890, l’anglo-suédois Thomas Huss et les Morel. Depuis 1976, ils s'employent à redonner au château et au parc, laissés à l’abandon, l’aspect qu'ils avaient au XVIIe siècle... 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château ; la chapelle:inscription par arrêté du 6 novembre 1968. Le parc : inscription par arrêté du 30 juin 1995, modifiée par arrêté du 16 décembre 2016. 

 château de la Sône 38840 La Sône 

 Téléphone : 04 76 64 41 70 

Château de Sieyes

La façade sur jardin de ce château, construit au XVIIe siècle au coeur du village de Voreppe, s'ouvre sur les terrasses d'un parc à la française qui aurait été dessiné par Le Nôtre. Côté rue, deux pavillons de style Empire, édifiés au XIXe siècle, entourent une petite cour dont l'accès s'effectue par une grille en fer forgé protégée par d'intéressants chasse-roues en pierre cerclés de fer. La haute toiture en ardoise, surmontée de grosses cheminées en briques, domine le bourg. Dans ce château, Choderlos de Laclos conçoit l'idée de ses "Liaisons dangereuses". 

 Éléments protégés MH: la bibliothèque, le grand salon et le petit salon d'angle au Sud-Est au rez-de-chaussée, avec leur décor ; la grande chambre au Sud, le chambre jaune au Sud et la chambre d'angle au Sud-Est au premier étage, avec leur décor : classement par arrêté du 6 juin 1980. Les façades et les toitures du château et de ses deux pavillons d'entrée : inscription par arrêté du 6 juin 1980. 

 château de Sieyes 38340 Voreppe

   

Château Serviantin

De caractère défensif à l’origine, ce château, dont le gros oeuvre remonte au XIIIe siècle, a fait l’objet d’aménagements de confort et de divers embellissements de la Renaissance jusqu’au début du XIXe siècle. D’allure médiévale, il se compose de deux corps de bâtiment en équerre, l’un flanqué de deux tours rondes faisant face à la chaîne de Belledone, l’autre tourné vers le nord-est, prenant appui sur une tour carrée de construction plus massive. Ce château, dont le nom tire son origine des quatre générations de seigneurs de Biviers qui s’y succédèrent de 1500 à 1655, est l’un des plus intéressants fleurons historique du Grésivaudan. Il s’agit en effet du seul lieu de mémoire d’Abel Servien, homme d’Etat très injustement tombé dans l’oubli, bien qu’il ait été "pendant près de trente ans l’un des plus intrépides défenseurs des intérêts du roi et de ceux de la France"... 

 Éléments protégés MH: Le château fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du 4 novembre 1960. Seuls les façades et toitures sont inscrits. 

 château Serviantin 38330 Biviers 

 Téléphone : 04 76 52 27 65 

Château de Serrières

La maison-forte de Serrières a été fondée à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle par la famille de La Poype. De cette première période date la tour maîtresse et la partie sud de l'édifice actuel. Un premier agrandissement est intervenu dès la fin du XIVe siècle comprenant l'agrandissement de l'enceinte, la construction d'un logis contre la courtine sud, l'amorce d'une aile en retour contre la courtine est et l'aménagement d'une tourelle d'escalier en vis demi-hors-ouvre dans l'angle sud-est, contre la tour maîtresse. Au XVe siècle, un corps de logis a été ajouté à l'ouest, ainsi qu'une galerie de circulation à deux niveaux, aménagée en avant du logis sud. Au début du siècle suivant, la maison forte a été complétée par une aile construite au nord, desservie par un escalier en vis logé dans une tourelle en demi hors-ouvre. Dans un second temps, l'aile est a été prolongée vers l'aile nord et un escalier a été aménagé pour desservir l'étage. Enfin, au XVIIe siècle, un passage voûté a été ouvert dans l'axe de la cour, remplaçant l'ancien accès fortifié. Plusieurs pièces, dont le premier étage de la galerie, ont reçu un décor peint au XVIIe siècle.

La maison forte de Serrières s'organise selon un plan quadrangulaire cantonné d'une tour maîtresse (sud-est), d'une tourelle de plan carré qui s'élève sur un rez-de-chaussée voûté en berceau (sud-ouest), d'une tour de plan circulaire (nord-ouest) et d'une tourelle en échauguette (nord-est). Le chemin de ronde est encore visible sur tout le pourtour de l'édifice. La tour maîtresse et la tour d'escalier sud-est conservent leurs mâchicoulis à arcs sur consoles en tufeau. La tour maîtresse et les ailes est et sud sont desservies par un escalier en vis logé dans une tourelle en demi-hors-ouvre. Les ailes nord et ouest sont desservies par un escalier en vis ménagé dans une tourelle en demi-hors-ouvre sur la porte de laquelle sont sculptées les armes de Claude de La Poype et de son épouse Françoise de La Balme-Vertrieu, mariés vers 1510. Le passage d'entrée est voûté d'arêtes. La maison forte et les dépendances sont entourées d'un vaste parc. Au nord-est se trouve le pigeonnier.

Le mur sud de la galerie du premier étage est décoré d'une peinture illustrant la généalogie des la Poype. Sur le modèle de l'arbre de Jessé, une branche jaillie du nombril d'un homme nu couché : Guillaume de La Poype, et porte les armoiries des membres de la famille jusqu'au XVIIe siècle. En face, le mur nord comprend des médaillons portant les devises des familles alliées aux La Poype, placés en face des armoiries correspondantes. Les armoiries de Claude de La Poype et de Françoise de La Balme-Vertrieu sont sculptées sur la porte de la tour d'escalier nord-ouest. Les armoiries de Jean de La Poype et Alix de Gaste sont sculptées sur la fenêtre du premier étage de la façade sur cour de l'aile ouest. 

 Éléments protégés MH: le château, avec l'ancienne forge, le colombier et les murs de soutènement des terrasses : inscription par arrêté du 18 mai 1992. 

 château de Serrières 38460 Trept

 

Château de Septème

Un château-fort, dont les ruines subsistent encore aujourd'hui, est construit à cet emplacement dès les Xe et XIe siècles. A la fin du XIIIe siècle, le village de Septème est fortifié par les comtes de Savoie qui construisent un mur d'enceinte long d'un kilomètre, percé de nombreuses archères. Le château a pour origine une maison-forte du XIIe siècle, rehaussée par la suite pour devenir le donjon actuel. Au XVe siècle, est édifié entre l'habitat villageois et le donjon, le bâtiment organisé autour d'une cour agrémentée, à la Renaissance, d'arcades et de galeries, on trouve encore la prison, située à côté d'un vieux puits profond de 60 mètres qui servait à ravitailler en eau la ville en cas de siège. Ce château accueillera quelques illustres visiteurs. En juillet 1564, Charles IX et sa mère, Catherine de Médicis, y séjourneront. Propriété du comte André d'Albon, maire de Lyon sous l'Empire, Septème appartient aujourd'hui au descendants de celui-ci, la famille de Kergolay... 

 Éléments protégés MH: les remparts, les restes du chemin de ronde de l'ancienne ville : classement par arrêté du 12 février 1942. Le château, sa conciergerie et son parc : inscription par arrêté du 27 février 1947. 

 château de Septème 38780 Septème 

 Téléphone : 06 58 15 01 01 

(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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