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Château de Nitray

La première mention du fief de Nitray remonte au XIIIe siècle, où il appartenait à Pierre de Brosse en 1263. Aucune construction de cette époque ne subsiste. En 1453, il appartint à Jean Lopin puis en 1516 à Emery Lopin, maître des requêtes de Louise de Savoie et maire de la ville de Tours en 1516. C’est à lui que l’on attribue la construction du grand corps de logis, où la date 1516 est portée sur la lucarne à droite de la porte d’entrée. Cette date coïncide avec celle de l’entrée solennelle de François 1er à Tours. Sa fille, Marie Lopin, épousa Jean Binet dont la descendante, Marie Binet, par son mariage avec Charles Daen fait entrer le domaine dans cette famille qui le conserva jusqu’à la fin du XVIIe siècle. En 1789 Nitray fut racheté par Philippe-Jean-Baptiste Mignon, procureur du roi au bureau des finances de Tours, puis fut acquis en 1807 par le général d’Empire Jean-Jacques Liébert (qui fit don d’un retable à l’église d’Athée), décédé en 1814. En 1816, Charles-Pierre Henry Liébert hérite du domaine qu'il transmet en 1856 à son fils Charles-Antoine-Joseph. La famille Liébert reste propriétaire de Nitray jusqu'en 1922. Des restaurations importantes ont été effectuées au cours du XIXe siècle, notamment sur le grand corps de logis, mais les archives n’ont pas été retrouvées. Situé en rive gauche du Cher, le château s’insère dans un parc à l’anglaise de 43 hectares; c’est également un domaine viticole depuis le XVIIIe siècle, où sont produits des vins du Val de Loire labellisés A.O.C. Touraine. L’entrée principale était située au nord, en direction du Cher, défendue par un ouvrage d’entrée constitué de deux tours (actuellement fruitier et chapelle) séparées par une double porte cochère et piétonne, construit vraisemblablement au XVe siècle et remanié au XVIe siècle. Des embrasures de tir sont visibles à l'intérieur de la tour du du fruitier. A mi-hauteur chaque tour est ceinturée par un gros cordon en pierre de taille mouluré en cavet; les corniches sobrement moulurées supportent les toits en poivrière couverts en ardoise. Un colombier massif bâti en moellons enduits s’élève au nord-ouest. Des boulins en brique et pierre occupent toute sa hauteur. Une fois franchi l'ouvrage d'entrée, on pénètre dans une cour rectangulaire fermée à l’est par le grand corps de logis et à l’ouest par deux bâtiments accolés en pignon. Au sud-est se dresse un pavillon doté d’un haut toit en ardoise et de deux grandes souches de cheminée. Le grand corps de logis, orienté nord-sud, ne présente aucun élément défensif. La dénivellation du terrain à l’est a nécessité la création d'un niveau de soubassement, l’accès au rez-de-chaussée s’effectuant par un escalier à double volée convergente.

Le bâtiment forme un quadrilatère sans saillie; les escaliers en vis sont tous situés dans œuvre. Les proportions de la façade sur cour présentent une particularité: les deux-tiers gauche comprennent cinq travées ordonnancées, symétriques par rapport à la porte d’entrée, tandis que le tiers droit ne comprend que deux travées, celle du sud étant surmontée par une tourelle de plan carré. Outre son plan, la modernité de la construction s’illustre par ses éléments décoratifs où s’épanouit le répertoire ornemental de la première Renaissance du Val de Loire. La façade, rythmée horizontalement par deux bandeaux ininterrompus séparant le rez-de-chaussée de l’étage, est scandée verticalement par une alternance de croisées et de demi-croisées surmontées de lucarnes dont les galbes curvilignes, assortis d’un fronton en coquille, sont abondamment sculptés. Toutes les baies sont encadrées de pilastres ornées d’un motif de cercle et demi-cercle ou bien losange et demi-losange; leurs chapiteaux finement ouvragés sont meublés de têtes de petits personnages aux angles et à la fleur de tailloir. Bien qu’une partie de ce décor soit restauré, sa richesse est remarquable tout autant que sa discrétion. L’exubérance s’exprime, sur les deux façades, dans le décor des lucarnes à fronton curviligne encadrés de candélabres en acrotère.

 Un incendie s’est déclaré dans le grand corps de logis en 1890. On en a déduit, un peu rapidement, qu’une grande partie du bâtiment avait été refaite. Si des modifications sont indéniables, notamment dans les aménagements intérieurs et sur la façade est, l’incendie n’a cependant pas détruit les charpentes. Le grand corps de logis, orienté nord-sud, comprend deux charpentes à chevrons-formant-fermes couvrant toute la longueur du bâtiment et séparées par un mur de refend. La partie nord compte quarante fermes et la partie sud seize. Les deux parties sont de même facture, avec un faîtage et deux niveaux de sous-faîtage recevant un contreventement longitudinal en croix de Saint-André. Les analyses dendrochronologiques indiquent que ces deux charpentes sont contemporaines et ont été mises en place en 1522 (ou dans une année postérieure très proche). Les bois utilisés pour la construction du logis proviennent d’une forêt dense, présentant des caractères de haute futaie dont les arbres ont commencé à pousser vers 1340-1350. Les écuries actuelles ont été construites postérieurement au corps de logis auquel elles sont accolées par le pignon et qui constituait peut-être le premier logis. La charpente de ce logis n’a pas été analysée car remaniée. Le bâtiment qui abrite les écuries en revanche a pu être daté. Sa charpente de type à chevrons-formant-fermes repose sur une double sablière et comprend 20 fermes numérotées du sud au nord. Lorsque le plafond du rez-de-chaussée a été mis en place (entrevous en brique reposant sur des poutrelles métalliques), les entraits de la charpente ont été sciés. Il n’en reste que les extrémités qui forment blochets. La datation dendrochronologique permet de dire que la charpente a été mise en place en 1523 (ou dans une année postérieure très proche). Il y avait à l’ouest une lucarne semblable à celle qui donne sur la cour. Ce bâtiment présente encore un caractère médiéval sans rapport avec la modernité du grand logis. Le pavillon sud-est, communément appelé "pavillon de chasse" est une élégante construction dotée de deux très grandes cheminées et qui ne comprenait à l’origine qu’un seul niveau. La charpente de type à chevrons-formant-fermes, à croupes, a été aussi datée par l’analyse dendrochronologique. Elle forme un ensemble homogène dont la mise en place se situe en 1527 (ou dans une année postérieure très proche). Sur la hotte de la cheminée, un décor, réalisé à la mine grasse, a été découvert en 1975, date à laquelle il a été restauré. Il représente une scène de chasse au cerf que l’on date de 1569. La chapelle a été aménagée au cours du premier quart du XVIe siècle dans la tour est de l'ouvrage d'entrée qui date vraisemblablement du XVe siècle. L'intérieur a été redécoré entre 1807 et 1814 au moment où le général Jean-Jacques Liébert était propriétaire de Nitray. Les verrières sont datées et signées de l'atelier tourangeau Lobin, 1856. La tour de la chapelle adopte un plan circulaire tronqué du côté de la cour. La chapelle voûtée d’ogives est aménagée au rez-de-chaussée. Elle est éclairée par deux baies en plein cintre. Au-dessus règne une petite salle à cheminée à laquelle on accède par un escalier en pierre qui débouche sur une porte à linteau mouluré orné d'une tête de putto à chaque extrémité. La tour est construite en moellons de calcaire enduits, à l'exception de la face sud qui est en pierre de taille de tufeau. Le chambranle de la porte de la chapelle est orné du côté droit d'un pilastre à chapiteau à volutes rentrantes; l'entablement sobrement mouluré porte en son centre un agrafe. La clé de voûte de la chapelle est peinte d'une couronne d'épines dorée sur fond rouge au centre de laquelle sont disposés les trois clous de la Passion. Les armoiries du général Liébert de Nitray sont peintes sur les murs. On voit d'une part les lettres N et L se détachant sur un disque d'azur au centre d'un blason imitant un cuir et surmonté d'une couronne perlée; d'autre part un écu portant les armes: "d'or à la barre de gueules chargée d'un lion passant d'argent, au comble d'azur chargé de trois étoiles d'or, au franc quartier de gueules à l'épée d'argent".

Si le plan cadastral de 1826 fait bien apparaître une basse-cour déterminée par trois principaux bâtiments de communs (deux ailes est et ouest et une grange à auvent au sud), ceux que nous voyons aujourd'hui ont été reconstruits après cette date, tandis que l'aile est a disparu. L'aile ouest a été réalignée dans le prolongement des écuries et du logis ouest, et l'aile sud est plus longue que la grange qu'elle remplace. Ces travaux semblent avoir été achevés en 1859 alors que Charles-Antoine-Joseph Liébert, petit-fils du général d'Empire Jean-Jacques Liébert, était propriétaire de Nitray depuis 1856, ayant reçu le domaine en dot à l'occasion de son mariage avec Louise-Claire Cosson. L'architecte n'est pas connu. Les deux ailes ouest et sud sont construites en moellons de calcaire enduits et couvertes de toits à longs pans en ardoise. Les deux bâtiments sont en rez-de-chaussée et l'accès au comble s'effectue par des lucarnes en façade interrompant l'avant-toit. Le décor des façades est apporté par le jeu alterné de l'appareil brique et pierre qui encadre toutes les ouvertures, y compris les piédroits et frontons des lucarnes. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; l'escalier ; la porte et les tours de l'entrée de la cour ; le bâtiment des communs du XVIe siècle ; le pavillon au Sud-Ouest de la cour ; la tourelle Sud-Ouest de l'enceinte du parc ; le parc et son mur d'enceinte : inscription par arrêté du 17 décembre 1947.

 château de Nitray 37270 Athée-sur-Cher 

 Téléphone : 02 47 50 29 74 

Château de Nazelles-Négron

Au Ve siècle, Nazelles appartenait à Saint-Martin de Tours. Par la suite, il devint châtellenie relevant d'Azay le Rideau. En 1245, il devient la propriété d'un chevalier, Philippe de Nazelles. En 1520, Thomas Bohier, bâtisseur de Chenonceaux, en est propriétaire et édifie le logis seigneurial à cette époque. Primitivement, l'accès au se faisait par la porte nord en plein cintre, qui ouvrait sur une cour intérieure. L'escalier était à l'extérieur et il reste toujours le balcon en bois qui servait de palier. Au XVIIIe siècle, un chemin est réalisé devant la façade sud et un passage voûté, établi au rez-de-chaussée de l'édifice prolongé à l'est par un pavillon carré. En 1950, Mme Develle, propriétaire, racheta progressivement les dépendances du château morcelé au XVIIIe siècle afin de lui rendre son unité originale. A sa mort, la propriété sera achetée par M. Richard, architecte, qui entreprit des travaux de rénovation intérieure et extérieure. Depuis 1999, les propriétaires actuels œuvrent à sa sauvegarde, sa restauration et sa mise en valeur... 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 1er octobre 1963 

 château de Nazelles 37530 Nazelles-Négron 

 Téléphone : 02 47 30 53 79 

Château de la Motte Sonzay

Ancienne châtellenie qui relevait des châteaux de Tours et La Vallière. Construite à l'emplacement d'un édifice féodal des XIIe et XVe siècles, par Antoine de Loubes, panetier du Roi, la demeure s'élevait primitivement sur un plan quadrangulaire. Quatre tours renforçaient les angles et l'accès se faisait par une poterne avec pont levis. Au XIXe siècle, les deux ailes joignant la tour de la chapelle furent abattues et la cour devint une terrasse. Sur la terrasse se développent deux façades du XVIe siècle, séparées par une tour polygonale renfermant l'escalier, dont la construction paraît remonter au XIXe siècle et qui a conservé une porte gothique avec fleuron et pinacles. 

 Éléments protégés MH : le château de la Motte-Sonzay : classement par arrêté du 25 avril 1959.

 château de la Motte Sonzay 37360 Sonzay

 

Château de Montreuil en Touraine

Le fief relevait de la baronnie de Vernou. L'édifice devait servir de maison-forte comme en témoignent les défenses et les fossés qui l'entourent. La construction rectangulaire est en grande partie du XVe siècle, modifiée au XVIe siècle dans un esprit de renforcement de la défense. L'intérieur se compose de vastes salles éclairées sur deux pans, conservant leurs carrelages d'époque et leurs poutraisons. L'escalier de bois à balustres est de plan carré. La façade sur cour a subi des transformations au cours des siècles. La porte d'entrée gothique a été bouchée. Une grande porte monumentale a été percée à côté, à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle. Les fenêtres ont également pris le style du XVIIe siècle, avec leurs meneaux de bois de section arrondie. Elles possèdent encore leurs menuiseries d'époque, ainsi que leurs petits valets intérieurs. Seule une étroite fenêtre rebouchée, au-dessus de la porte primitive, date de la Renaissance et est décorée de pilastres plats à bases et à chapiteaux. L'ensemble est bâti sur une cave voûtée. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures; les deux cheminées intérieures: inscription par arrêté du 15 octobre 1974 

 château de Montreuil 37530 Montreuil en Touraine

   

Château de Montpoupon

L'établissement d'une tribu germanique, les Poppo, au IXe siècle, serait à l'origine du nom de Monpoupon (Mons Poppo). Une charte de l'abbaye de Villeloin, datée de 1228, cite Montpoupon comme siège d'une châtellenie relevant de Montrichard et appartenant à Richard de Beaumont. On ne connaît pas la disposition de ce château primitif, mais la grosse tour cylindrique qui se dresse à l’angle nord-ouest de l’actuel corps de logis correspond au donjon. Celui-ci, élevé en moellons, au XIIIe ou au XIVe siècle sur une base peut-être plus ancienne, a été remanié au XVe siècle avec le percement de croisées. De cette époque date également le chemin de ronde dont les mâchicoulis en pierre de taille portent un décor de petits arceaux brisés. Vers 1320, Philippe de Prie était seigneur de Montpoupon: cette famille reste en possession du château jusqu'en 1650. Durant la guerre de Cent Ans la forteresse est incendiée et, vers 1460, Antoine de Prie et Madeleine d'Amboise font relever la muraille d'enceinte. A l’occasion de travaux réalisés en 1920, sont apparues des traces de remaniements importants qui auraient eu lieu au XVe siècle: traces d’incendie, fenêtres masquées ou coupées par des étages suggèrent une reconstruction au moins partielle du corps de logis. En 1484, Louis de Prie rend hommage au roi pour sa seigneurie de Montpoupon. Les Prie, fidèles aux Valois, reçoivent des charges importantes, notamment Aymar de Prie, grand maître des arbalétriers en 1523. C’est lui qui fait construire le châtelet d’entrée vers 1515, d'après la tradition, et avant 1527, date de sa mort. A l'angle nord-est du corps de logis, un corps de bâtiment accosté à la tour d'escalier est construit au XVIe siècle. Dans la salle à manger, le plafond peint commandé à la fin du XVIIe siècle par Françoise de Saint-Gelais de Luzignan, fut découvert également en 1920.

En 1763, Nicolas Tristan, capitaine au régiment de Richelieu, achète le château et ses dépendances (son fils Nicolas Marie Tristan devient le premier maire d'Orléans de 1789 à 1794.) La terre de Montpoupon comprend à cette époque 420 hectares d'un seul tenant. Les Tristan font démolir la tour d'escalier en vis du corps de logis, modifient les fenêtres à meneaux et font installer des plafonds sous les poutres polychromes du XVe siècle. La chapelle, détruite en 1793, s’élevait entre l’ouvrage d’entrée et la tour d’angle. Les murs d'enceinte, vraisemblablement démantelés à la Révolution, ont été partiellement remontés au XIXe siècle, tels qu'on les voit de nos jours. Le 8 octobre 1836, Lancelot Granier de Farville acquiert la terre de Montpoupon. Vers 1840, il fait dévier la route d'Espagne qui passe ainsi devant le châtelet d'entrée et fait construire les grands communs actuels, qui englobent un colombier préexistant. En 1857, les anciens bâtiments de la basse-cour sont démolis lors de l'acquisition de Montpoupon par la famille de La Motte Saint-Pierre. A partir de 1872, Émile Léon de La Motte Saint-Pierre (maire de Céré pendant 36 ans) entreprend la restauration du château et le reboisement de sa propriété. En 1873, il fonde l'équipage cynégétique de Montpoupon. Le domaine compte alors 770 hectares et s’agrandit jusqu’à 1000 hectares en 1928, dont 880 d'un seul tenant. En 1920, une partie des souterrains est déblayée à mi-hauteur. De nos jours le château est ouvert à la visite et abrite un musée de la vénerie. Le parc constitue un site classé depuis 1944.

Le site est implanté au confluent de deux vallées déterminées par les ruisseaux de l’Aigremont et du Moulin Brouillon, qui forment un petit éperon boisé à la pointe duquel se dresse le château. La haute cour est précédée d'un châtelet d'entrée. Celui-ci est constitué d'une tour carrée en pierre de taille, à double porte charretière et piétonne, haute de deux étages et flanquée de deux tourelles d’angles aux toits coniques. En façade, deux croisées superposées sont ornées d’un décor de pilastres, chapiteaux et agrafes caractéristiques de la première Renaissance. Sous la première figurent les armes des De Prie "De gueules à trois tierces feuilles d’or", tandis que celle du comble est surmontée d’un fronton trapézoïdal orné d’un médaillon timbré d’un profil de chevalier. Côté nord, une tourelle d’angle polygonale hors-œuvre renferme l’escalier en vis qui dessert l’étage et le comble. L'angle nord-ouest de l’actuel corps de logis est cantonné d'une grosse tour cylindrique qui correspond au donjon de la forteresse primitive. Ce donjon, élevé en moellons, a été remanié au XVe siècle avec le percement de croisées et est couronné par un chemin de ronde dont les mâchicoulis en pierre de taille portent un décor de petits arceaux brisés. Au sud de l'enceinte subsiste une ancienne tour circulaire en moellons, d’où partent les vestiges des murs qui la reliaient au châtelet et au logis. Dans la cour, le puits provient d'un monastère. 

 Éléments protégés MH : le château et ses dépendances: inscription par arrêté du 1er mai 1930. Les façades et toitures du châtelet et de la tour dite Le Donjon: classement par arrêté du 28 janvier 1966.

 château de Montpoupon 37460 Céré la Ronde 

 Téléphone : 02 47 94 21 15 

Château de Montgauger

Ancienne châtellenie relevant du château de Sainte Maure. L'entrée principale du château se trouvait au pied de la tour de l'ancien châtelet, qui devait avoir son pendant. Elle se situe au nord des ruines du château ducal incendié. C'est une tour ronde et couronnée de mâchicoulis décoratifs, composée d'un rez de chaussée et flanquée d'une tourelle d'escalier également ronde. Au sud du château, se trouve une porte présentant un genre de châtelet constitué d'un porche en anse de panier encadré de deux tours rondes placées en saillie de l'angle extérieur. Une fenêtre présente un meneau entouré de pilastres plats à chapiteaux et dominé d'un fronton en coquille, permettant de dater le bâtiment du début de la Renaissance. A voir dans ce bourg une belle porte fortifiée située près de l'église, avec tourelle attenante, l'ensemble étant complété par un corps de bâtiment qui réunit la porte fortifiée à l'église. Ce corps de bâtiment possède une fenêtre géminée sur sa face ouest, et une fenêtre du XVe siècle sur celle de l'est. la porte est classée MH par arrêté du 22 septembre 1914. 

 Éléments protégés MH: façades et toitures du châtelet et de la tour d'entrée Nord : inscription par arrêté du 2 juin 1976. 

 château de Montgauger 37800 Saint-Epain

 

Château de Mondon

Ce château appartint à Guy Le Roy puis Louis du Plessis, ancêtres du cardinal de Richelieu. Le château fortifié a été complètement reconstruit à la fin du XVIe siècle. L'entrée se fait par une porte à fronton qui était précédée d'un pont-levis. Elle s'ouvre au milieu du côté ouest de l'enceinte dont l'angle sud-ouest est défendu par une tour à meurtrières, couronnée d'un dôme. La cour accède à une seconde porte avec poternes, flanquée de pilastres, laquelle donne accès à la cour d'honneur. Les logis seigneuriaux ont presque entièrement disparu. Le château s'étendait au sud de la cour, mais il n'en reste que l'étage inférieur du mur sud. Ce mur aboutit à un pavillon d'angle rectangulaire. A l'est, une saillie du mur témoigne d'un grand pavillon d'angle. A l'angle rentrant, une trompe devait supporter une tourelle. Au rez-de-chaussée de ce pavillon se trouvait la chapelle. Au sud de cet ensemble se développent les murs occidental et méridional d'une enceinte rectangulaire, ouvrage de défense avancé dont les angles portent des échauguettes. Au milieu du mur sud, une grande console soutenait une tourelle disparue. A l'angle nord-est, une grosse tour cylindrique, dont il ne reste que l'étage inférieur, renforçait l'enceinte.

 Éléments protégés MH : les vestiges du château de Mondon : inscription par arrêté du 17 avril 1931

 château de Mondon 37120 Marigny-Marmande

   

Château de la Michelinière

Ancien fief relevant d'Amboise, cité dès 1431, la Michelinière appartenait à la famille Source au XVe siècle et durant la première moitié du XVIe siècle; c'est durant cette dernière période qu'a été construit le logis seigneurial. L'aile sud des communs possède une charpente du XVIIe siècle. Gaston de Lauverjat acquit la propriété, qui était depuis une date indéterminée déclassée en ferme, et il la conserva jusqu'en 1913. Des travaux conséquents furent réalisés au milieu du XXe siècle, notamment la reprise des baies. Le logis de plan rectangulaire est construit en pierre de taille de moyen appareil pour la façade antérieure et en moellons enduits pour le reste de l'édifice. Il comprend un étage carré et un étage de comble. Le toit à longs pans et à pignon découvert porte une couverture en ardoise. La façade principale orientée à l'ouest est cantonnée de deux tours cylindriques comprenant deux étages carrés et présente une élévation à trois travées. Elle est percée d'une porte Renaissance en arc surbaissé, ornée d'une agrafe et encadrée de pilastres à chapiteaux animés de têtes de petits personnages. A l'est, la façade du logis a conservé une demi-croisée. Le corps de logis est prolongé au nord et au sud, par deux ailes de communs. 

 Éléments protégés MH : la porte d'entrée : inscription par arrêté du 6 mars 1947. 

 château de la Michelinière 37270 Azay-sur-Cher

 

Château de Mesvres

Des vestiges importants de la forteresse du XIIe siècle sont constitués par d'épaisses murailles en opus spicatum qui furent conservées et utilisées au XVe siècle, lors de la reconstruction du château. Du côté méridional se dresse un donjon carré, reconstruit à plusieurs époques, comme en témoignent les reprises. La base date du XIIIe siècle, le sommet du XVe. La porte en tiers-point aujourd'hui remplacée par une baie, était défendue par un pont-levis et par une bretèche. A l'est du donjon, la chapelle dont le mur sud date du XIIIe siècle, fut refaite au XVe. Une cheminée indique qu'elle fut utilisée comme habitation. Ancien fief, relevant du château d'Amboise, à foi et hommage lige. Le premier seigneur connu était Garnier Biseuil en 1268. Ensuite nous trouvons successivement en 1270, Guillaume d'Argy, en 1300 un autre Guillaume d'Argy, en 1338 Guillaume d'Argy III, en 1380 Pierre d'Argy, en 1440 Guillaume d'Argy, en 1460 Jean d'Argy, en 1515 François d'Argy, en 1517 un autre François d'Argy, en 1592 Jean d'Argy, en 1613 Esme d'Argy, en 1620 Claude de Préville, qui, de Gabrielle de Fenouillet, eut Agnès, dame de Mesvres, mariée, en 16S7, à Louis Gigault. Le château passe en 1657 à Jacques Gigault, en 1608 à Louis Gigault, qui rendit aveu le 12 septembre et en 1700 il est à Jacques Gigault de Marennes, en 1716 à Suzanne Planche, veuve de Jacques Gigault, en 1745 à Louis-Charles-Bernardin Gigault de Bellefond. En 1746 il apparient à Claude-Joseph Le Large, marié à Agnès Gigault. En 1780, à Armand-Louis-François Gigault de Bellefond. En 1858, Messire Charles de Brillac était seigneur Chastelain d'Argy. Ce gentilhomme était le fils de Pierre de Brillac, chevalier, seigneur d'Argy et de Monts, et de Anne de Tranchelion. Christophe de Brillac, son frère, fut archevêque de Tours. Il fut chevalier de l'ordre du roi et prit pour épouse Jeanne de Varie, sœur de Guillaume, deuxième du nom, seigneur de l'île Savary...

Les Brillac se succèdent à Argy pendant encore près de deux siècles. Ce sont eux qui, bien qu'à diverses reprises ont fait construire le beau château que nous y admirons, et dont un vandalisme déplorable avait entrepris naguère la démolition complète. Ce château avait la forme quadrilatère, compris entre quatre tours de diverses hauteurs. Les fossés larges et profonds qui l'entouraient sont comblés , et l'aile du sud-est a été remplacée par une maison moderne. La tour de l'ouest ou le donjon est un pavillon élevé, de forme carré. Il est lié à la tour du nord, dite de Brillac, par un portique ouvert sur la cour d'honneur, et que surmonte une galerie ouverte aussi du même côté; disposition qui, jointe à la richesse d'ornementation de cette partie, rappelle le portique de Louis XII au château de Blois, ouvrage de la même époque. Les piliers sont chargés de nervures en spirale, en réseau, en losange, ou couvert d'arabesques, d'armoiries, d'attributs aussi élégants que variés; et les chiffres des Brillac, semés à profusion sur les pleins de la façade, sont entremêlés d'hermines, dont l'arrangement symétrique se reproduit au-dessus de chacun des cintres du portique. Toute cette ordonnance, à l'exception de la galerie supérieure, se continuait en retour à l'intérieur de la cour. Il en subsiste plus, de ce côté, que deux ou trois arcades; le reste a fait place à des constructions récentes. Jacques et Charles de Brillac s'étaient appliqués à embellir cette partie du château. Les initiales de leurs noms, figurés en gothique d'une belle exécution et sculptées en relief très prononcé, comme sur le portique intérieur, couvrent tout la façade du nord-est à l'extérieur, et sont jetées comme des fleurs autour des fenêtres sur les trumeaux, sur les frontons, partout. Ces mêmes lettres forment jusqu'à cinq cordons sur la tour de Brillac, que l'on dirait de loin entourée d'inscriptions à diverses hauteurs.

Un petit oratoire était au premier étage de ce côté. Le pavé seul subsiste encore, sorte de mosaïque fort curieuse, où, parmi des arabesques entremêlés, se font remarquer plusieurs médaillons tantôt aux armes de Brillac, avec cette légende à l'entour en caractères gothiques: Jacques de Brillac, Charles de Brillac, Loyse de Balsac, tantôt aux armes de Brillac et de Balsac réunis sur le même écusson. Louise de Balsac était femme de Charles de Brillac, et celui-ci n'existait déjà plus en 1510, ce qui fixe avant cette époque la construction de cette partie du château d'Argy. Le ministre d'état, Le Bouthilier-Chavigny, comte de Buzançais posséda la seigneurie d'Argy du chef de sa femme, Anne Philypeaux, et l'on voyait, il y a peu d'années, gisant au pied des murs du château, un beau bas-relief où étaient sculptées les armoiries réunies des Le Bouthillier et des Philypeaux; ce bas-relief paraissait être du XVIIe siècle. La terre a appartenu longtemps à la famille de la Boulaye, qui avait pour régisseur M. Béreau, de Buzançais. En 1828, elle a été achetée par M. Lamotte: elle a été vendue, en 1854, à une société belge. Le château et le parc viennent d'être acquis par M. Verdier, de Clion, qui conservera, il faut l'espérer, ces beaux restes de l'architecture du moyen-âge. Il existait, à Mesvres, une chapelle (actuellement désaffectée) dans laquelle on devait dire quatre messes par an. En 1787, ces messes n'étaient plus célébrées. Cette chapelle est mentionnée dans le Registre de visites du diocèse de Tours (1787). La collégiale de Saint-Martin, les Carmes et les Jacobins de Tours possédaient des métairies faisant partie du hameau de Mesvres. Au nord-est du château s'ouvre dans une tranchée, la porte en tiers-point qui donne accès à des souterrains dont la profondeur donne une idée de l'étendue de la forteresse d'origine. 

 Éléments protégés MH : les façades, les toitures et les souterrains : inscription par arrêté du 10 juin 1932 

 château de Mesvres 37150 Civray-de-Touraine

 

Château de la Martinière

Le château est construit par la famille Rondeau-Martinière. En 1898, Louis-Charles Rondeau-Martinière (1820-1903) fait don à l'église Saint-Vincent de deux vitraux. Louis-Pierre Rondeau-Martinière (1856-1928), conseiller municipal, historien local membre de la Société archéologique de Touraine (SAT), y réside.On ne dispose pratiquement pas de renseignements sur la Martinière. La seule indication nous est donnée par le registre des matrices cadastrales signalant que le château est en construction en 1835, celle-ci devait être assez avancée puisque le château et les bâtiments de la ferme situés au Nord-Ouest figurent sur le cadastre de 1834, il sera imposé fiscalement comme nouvelle construction en 1841. Sachant que l'imposition se fait généralement un an ou deux après la fin de la construction, on peut déduire les dates de construction entre 1835 et 1840. Une augmentation de construction est précisée en 1888, concernant les bâtiments situés sur la parcelle 364 de l'ancien cadastre. S'agit-il de l'Orangerie située à l'extrémité du bâtiment Ouest. Sinon le château est resté propriété de la famille Rondeau-Martinière depuis sa construction. Louis-Charles Rondeau-Martinière (1820-1903) offrit en 1898 à l'église paroissiale Saint-Vincent de Neuvy-le-Roi deux vitraux représentant saint Pierre et saint Martin pour commémorer ses cinquante ans de mariage (1847-1897) avec Amélie Lépingleux. Louis-Pierre Rondeau-Martinière (1856-1928) conseiller municipal de la commune de Neuvy-le-Roi pendant 30 ans et membre de la Société archéologique de Touraine y vécut, il écrivit de nombreux articles sur l'histoire du canton, notamment sur la collégiale de Bueil et sur les cloches anciennes du canton de Neuvy-le-Roi. 

 Éléments protégés MH : le château et les bâtiments des communs qui lui sont contemporains est inscrit au titre des Monuments historiques par arrêté du 24 décembre 2024 

 château de la Martinière 37370 Neuvy-le-Roi

(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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