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Château de Chateaumorand

Créé avant 1130 par les sires de Beaujeu en lutte contre les comtes du Forez, le château de Châteaumorand domine la plaine. Hormis quelques vestiges, c’est une construction de style renaissance et classique issue des remaniements du XVIIIème. La façade comporte deux tours d’angle et un toit percé d’une lucarne sculptée. Un magnifique porche de style néo-gothique marque l’entrée du parc mais il faut prendre la route de Sail-les-Bains pour découvrir l’arrière de la bâtisse. Les majestueux cèdres du Liban sont un repère pour le promeneur. Jean de Châteaumorand fut le grand homme de la famille. Ami de Duguesclin, chef de guerre, diplomate et chroniqueur, il négocia en 1396 le mariage de la fille de Charles VI avec le roi d’Angleterre. Jean de Lévis-Châteaumorand fit toutes les campagnes avec François Ier qui le prit en amitié et le fit, en 1532, gouverneur de son fils cadet, duc d’Orléans et futur Henri II. C’est lui qui fit démolir la forteresse féodale pour ériger un château renaissance. Diane de Châteaumorand (1558-1626), fut célèbre par sa beauté et ses mariages successifs avec Anne d’Urfé, bailli et gouverneur du Forez, puis Honoré d’Urfé, baron de Châteaumorand (1567-1625). 

 Éléments protégés MH : le château : classement par arrêté du 18 décembre 1981. Les communs: inscription par arrêté du 20 décembre 1990. 

 château de Chateaumorand 42620 Saint-Martin-d’Estreaux

 

Château de Chalain d'Uzore

On retrouve les première mentions du château à partir de la fin du XIIIème siècle. Au XIVème il devient possession des sires de Damas, de Couzan, qui en font hommage au comte de Forez. En 1427 / 1428, le château passe à la famille de Lévis de par le mariage d’Alix de Couzan avec Eustache de Lévis. Jean de Lévis , fils de l’union d’Alix de Couzan et d’Eustache de Lévis épouse Marie de Lavieu. Gabriel de Lévis , fils de Marie de Lavieu et de Jean de Lévis , seigneur de Couzan et bailli de Forez élit sépulture dans l’église en 1533. D’après les relevés dendochronologique la charpente de l’aile ouest remonte remonte à 1482, il y a donc une plusieurs travaux menés au XVème siècle. Durant le XVIème siècle , Claude de Lévis-Couzan , neveu de Gabriel, entreprend une campagne de décoration qui comprend une galerie à deux niveau et une cheminée datée de 1562. Le Château est vendu en 1634 par Louis de Saint-Priest, héritier des Lévis-Couzan à Jean de Luzy-Pélissac. Au XVIIème un incendie endommage le château surtout au niveau de la galerie. A la révolution , en 1793 le château est vendu par Louis de Luzy-Couzan au commissaire feudiste Claude-Joseph Rombaud , chargé de la dernière révision du terrier de la seigneurie de Chalain en 1789. En 1914 le château est racheté par Charles Cholat , administrateur délégué de la Compagnie des Aciéries de Saint-Etienne, issu d’une famille de rubaniers stéphanois. En 1915 , son fils Auguste entame des restaurations du château ainsi qu’un aménagement des jardins. 

 Éléments protégés MH : la galerie côté Est de la cour intérieure ; la cheminée et la porte renaissance de la salle au rez-de-chaussée ; la cheminée de la bibliothèque au rez-de-chaussée ; la cheminée du petit salon provenant du château de Goutelas, au rez-de-chaussée : classement par arrêté du 11 juin 1980. Les façades et les toitures à l'exclusion de la façade Sud trop remaniée ; la poterne d'entrée ; le grand salon au rez-de-chaussée et l'ancien oratoire au premier étage avec leur décor : inscription par arrêté du 11 juin 1980. 

 château de Chalain d'Uzore 42600 Chalain d'Uzore

 

Château de La Bruyère

Les premiers inventaires détaillés du comté de Forez citent la Bruyère parmi les seigneuries devant hommage aux comtes. Plusieurs siècles après, en 1317, Béraud de Solignac reconnaît tenir d’eux en fief son domaine de la Bruyère. En 1336 des damoiseaux, Ponchon, fils de Gérente, seigneur de Chaza letz, et Jean, époux d’Isabelle de Monte-Alto, se qualifient à leur tour de seigneurs de la Bruyère. La richesse du sol et surtout la possibilité d’y établir une tuilerie permettent même de supposer que ce lieu était habité dès l’époque romaine, comme les régions limitrophes. Cependant, si des bâtiments agricoles s’y renouvelaient de siècle en siècle, c’est au XVe que la propriété acquit son importance comme habitation seigneuriale. Des lettres patentes datées de Paris, au mois d’août de l’an de grâce 1480, signées Berry, au nom de Jehan II, duc de Bourbon, signalent une décharge de tout cens, rente et taille baptisée, dus sur le domaine de la Bruyère, métairie, terres, maisons, prés, bois, vignes, jardins, garennes, tuilière et autres héritages, en faveur de Louys Chauvet, qui s’engageait à fournir ailleurs semblables droits en "aussi bonne ou meilleure assiette". Le total des sommes dues était de 122 sols et quelques deniers. Louys Chauvet est appelé par le duc de Bourbonnais et d’Auvergne, comte de Clermont et de Forez, "nostre amé et féal secrétaire et controlleur de nostre domaine de nostre dit comté de Fourest". Louys Chauvet était sans doute fils de Pierre Chauvet, juge de Forez, sous l’autorité du duc dès 1461. Les Chauvet étaient encore seigneurs de la Bruyère au XVIe siècle. Leurs armes sont: D’or à trois têtes de sable, tortillées d’argent.

 Dès 1480, le fief semble avoir acquis son importance actuelle. En effet, Louys Chauvet, acquéreur "de la grange ou métairie appelée la Bruyère, en la châtellenie de Saint-Romain-le-Puy, après y avoir rétabli maison, grange, vacherie et autres édifices et appartements... a encore, dit cette même pièce conservée dans les archives du château, voulu faire bâtir et édifier plusieurs autres maisons et édifices, pour y faire aucune fois sa résidence". Au XVIIe siècle furent seigneurs de la Bruyère, d’abord les de Fau (Deffault) de la Bruyère, puis les Gambalde (Gombarde) par alliance avant 1626, d’Anne de Fau avec Thomas Gambalde; les d’Allard par alliance de Pierre avec Gabrielle Gambalde. Pierre mourut en 1657; sa terre passa alors aux Chappuis qui en prêtent hommage à partir de 1664 et pour la dernière fois en 1782. Pierre Chappuis de Mau bon est seigneur de la Bruyère en 1723. Le 14 mars 1705 il avait épousé Catherine Thoynet, dont Pierre-Antoine qui lui succéda et fit célébrer le 24 mars 1772, dans son château de la Bruyère, le mariage de l’une de ses filles, Marie Catherine-Pierrette, avec Auguste-Toussaint Scott de Martinville, baron de Balvery, officier en la légion de Flandre. Pierre-Antoine légua sa terre à son fils Jean-Pierre, seigneur de la Goutte, Nervieu et la Salle. Ce dernier augmenta l’étendue du domaine par plusieurs acquisitions, entre autres, en 1778, de terres situées au Colombar et le 4 septembre 1783 du domaine de Nicq, anciennes propriétés de noble Antoine Dumondé, achetées de Marie-Anne Dumondé, sa nièce, épouse de Michel-Nicolas-Louis Laindet de la Loude, receveur des aides à Sury. Le 15 octobre 1793, M. de Maubou devait être victime de la Terreur, mais pressé par plusieurs dettes, il s’était, deux ans auparavant, dépossédé de la Bruyère.

 Par acte sous seing privé du 1er mars 1791, complété par acte devant Maîtres Goyet et Chantemerle, notaires à Montbrison, du 10 mai 1792, Maître Damien Battant de Pommerol, avocat, puis président du tribunal de Montbrison, époux d’Hélène de Madières, acquit de M. de Maubou le fief de la Bruyère. Le nouveau seigneur appartenait à une famille originaire d’Aurec-Nérestang, passée vers 1600 à Saint-Maurice-en-Gourgois, en 1720 à Saint-Bonnet et enfin à Montbrison. Ses armes sont: D’argent à trois fasces de gueu les, au chef d’azur chargé de trois besants d’or. En 1633 fut baptisé à Saint-Maurice, Claude, fils de Georges Battant et de Marie Fouez. Son parrain fut Claude Battant, procureur au siège royal de Chauffour, exploitantpar tout le royaume. En 1689 fut baptisée Catherine, fille de messire Battant, sieur de Pommerol. En 1742 est mentionné Christophe de Pommerol, notaire. L’acte d’acquisition de la Bruyère fait mention de l’ancienne maison de maître, chapelle, grenier, écurie, fenil, grange et tuilerie, de la terre de Nicq, et d’une vigne sise aux Purelles, commune de Moind, le tout d’une contenance de 265 hectares environ. Le vendeur cédait également le mobilier complet hormis un lit à son choix. Il tenait ces terres de son père, moins une vigne, héritage de son oncle Chappuis de la Salle. M. de Pommerol fit démolir successivement la plupart des bâtiments; les derniers vestiges de la maison d’habitation disparurent vers 1862.

 Il n’en subsiste guère au commencement du XXe siècle que le puits et les colonnes de la chapelle. Commencé en thermidor, le château actuel ne fut terminé que vers 1803. Le domaine de la Bruyère se compose actuellement de vastes bâtiments construits en fer à cheval autour d’une cour fermée par un large portail hospitalier. La façade principale regarde le pic de Saint-Romain qui lui forme un agréable point de vue au delà de son jardin à la Française. Une percée dans les futaies prolonge de l’autre côté le parc à travers les bois du domaine. Une deuxième enceinte close de murs réunit à l’entour, vergers, prairies, étangs, bosquets et charmilles. A l’intérieur, sans compter les meubles plus anciens, vestiges du château précédent, les aménagements de la fin du XVIIIe siècle restent intacts. Trumeaux et tapisseries conservent aux pièces d’honneur tout le cachet du mobilier empire. D’autres appartements sont remarquables par les trophées, les toiles peintes, les galeries de gravures et de portraits de famille. Fort belle aussi la cheminée du billard provenant du château de la Valette, en Forez. André, puis Joséphine Battant de Pommerol, fils et fille de l’acquéreur de la Bruyère, furent successivement les héritiers de son domaine. En 1887, Mademoiselle Joséphine de Pommerol le céda à sa nièce Hélène, fille d’Auguste et d’Elise Parat. Hélène de Pommerol épousa Alexandre Jullien, chevalier de la Légion d’honneur, membre de l’assemblée nationale, et fit entrer la Bruyère dans cette dernière famille. Alexandre Jullien mourut le 10 février 1898, laissant le château à Gabriel, son fils, qui l’a lui-même cédé à son fils, à l’occasion de son mariage, le 15 novembre 1904. Les Jullien, d'une famille notariale de Lupé dont la fi liation remonte au XVe siècle, furent anoblis au XVIIe siècle. M. Louis Jullien de Pommerol, châtelain de la Bruyère, a été autorisé, par décret en date du 3 février 1914, à relever le nom de sa grand-mère. Il s’est fixé dans la vieille demeure, lui donnant à nouveau l’entrain et la vie des anciens jours. De son alliance avec Marie-Thérèse de Vaulx, fille d’Augustin et de Marie Perroy d’Azo lette, sont nés trois fils: Hubert, Raymond et Bernard. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; le pigeonnier : inscription par arrêté du 5 octobre 1982. Les pièces suivantes avec leur décor et notamment leurs papiers peints et toiles peintes au rez-de-chaussée : l'antichambre, le grand salon, la chambre dite salon d'hiver, la salle de billard : classement par arrêté du 5 octobre 1982. 

 château de La Bruyère 42610 Saint Romain le Puy

 

Château des Bruneaux

La façade élégante n’est certes pas celle du château primitif des Bruneaux, mais si l’art robuste du moyen-âge a fait place au confort et au luxe du grand siècle, nous aurions tort de nous en plaindre. Nul doute en effet que si la demeure des Berchoux était arrivée intacte jusqu’à nous, elle aurait eu le sort bien malheureux du manoir voisin de Cha ponod dont il ne reste pas pierre sur pierre. Les premiers seigneurs des Bruneaux semblent être les de Berchoux. Jean de Ber choux, capitaine-châtelain de Cornillon, seigneur de Berchoux, Gourgois et autres lieux, vivait à la fin du XIIIe siècle. Son fils, Pierre de Berchoux, fut aussi châtelain de Cornillon et touchait en raison de cette charge, 2.400 livres chaque année. Le 3 juin 1324 il passait une transaction avec Luce de Beaudiner, dame de Cornillon, par laquelle "il renonçait à la somme annuelle de 2.400 livres, qu’il recevait comme capitaine châtelain de Cornillon et au greffe de ladite baronnie... lesquels émoluments et greffe appartiendront désormais à ladite dame, qui, en retour, cède et transporte à perpétuité audit seigneur de Berchoux et à ses descendants le château et fief des Bruneaux, ès mandement de Cornillon, avec la vieille ferme et les terres environnantes, à la seule charge de rendre hommage dans le temps voulu et à la forme accoutumée au père prieur de Firminy". Claude de Berchoux, chevalier, fils de Pierre, seigneur de Berchoux, Gourgois, Saint Maurice en partie, les Bruneaux, etc, capitaine châtelain de Cornillon, passe, le 3 décembre 1340, un accord avec ses frères, au sujet du partage des biens de leur maison. Le 13 mars 1336, il avait épousé Blanche Duvernet, fille de Jean, seigneur d'Ou liac, près Aurec, et de Julienne de Semène. Claude de Berchoux mourut en 1366 et son fils, Jean II de Berchoux, lui succéda aux Bruneaux.

 Le 8 octobre 1367, il rend hommage à Pierre de Villedieu, prieur de Firminy, pour sa maison et grange des Bruneaux, en raison de sa récente prise de possession. Il rendit également hommage au nouvel acquéreur de Cornillon, Bernard de Laire. Pierre de Berchoux qui lui succéda rendait hommage en juillet 1389 à Etienne Jaccourt, prieur de Firminy, pour son fief des Bruneaux. Il mourut aux Bruneaux et fut enterré dans l’église du prieuré de Firminy, sous une belle dalle de marbre qui se voyait encore à la fin du XVIIe siècle. Amblard de Berchoux, capitaine châtelain héréditaire de Cornillon, en 1411, rendit hommage pour les Bruneaux, à genoux, les mains jointes entre celles du prieur de Firminy, Guillaume de la Tour. Les armes des Berchoux sont: D’azur à une grue d’argent, au chef d’argent chargé de trois étoiles d’azur, à la bordure de gueules chargée de huit besants d’argent. Nous ne savons comment les Ansermet, plus tard Anselmet, devinrent seigneurs des Bruneaux, peut-être en héritèrent-ils des de Veyrines, seigneurs de la Martinière. Toujours est-il qu’ils y sont possessionnés à la fin du XVIe siècle. Barthélemy Ansermet, le plus lointain ancêtre connu de cette famille, épousa Claudine Odoard, dont Mathieu Ansermet, marié à Claudine Chavana, dont issu Jean Ansermet, seigneur des Bruneaux, qui vit en 1585, épousa Hélène de Veyrines, dont: 1° François, qui suit; 2° Anne, mariée à Jean Alezard; 3° Marie, qui teste le 2 août 1632; 4° Colombe, morte de la peste à Firminy, en août 1632; 5° Claire; 6° Etienne; 7° Denis, marié à Anne d’Andrieu. François Ansermet, seigneur des Bruneaux, juge-capitaine-châtelain de Firminy, épousa, le 28 juillet 1599, Claudine Beynod, dont Gabriel, qui suit; 2° Claude, conseiller du Roi, marié le 10 novembre 1625 à Louise du Vernet, dont postérité; 3° Gaspard, tué à Cazal; 4° Claudine, mariée le 6 juillet 1633, à Balmond de Bayle, seigneur de Villeneuve; 5° Catherine, mariée d’abord, le 14 janvier 1638, à Pierre de Bayle, puis, le 6 octobre 1646, à Charles de Chabanacy.

 Gabriel Anselmet, écuyer, seigneur des Bruneaux, chevalier de l’ordre de Saint-Michel, capitaine exempt des gardes du corps du Roi, et gentilhomme ordinaire de la Chambre de Sa Majesté, épousa, le 27 janvier 1632, Toussainte de Vinols, fille de Denis et de Claudine Domène, et veuve de Guy de Châtelus, dont Jean-François, écuyer, seigneur des Bruneaux et Roche-la-Molière; 2° Claude-Gabriel, qui succéda à son frère; 3° Nicolas, qui suit; 4° Claude-François. Nicolas Anselmet, écuyer, seigneur des Bruneaux et de Saint-Just-le-Velay après ses frères, capitaine au Régiment de Castelnau, épousa, le 22 juin 1674, Louise Marie Baraille, fille de Pierre et d’Aymare Anselmet, dont Jean-Marie, qui suit; 2° Claude-Gabriel, prêtre, dit l’abbé des Bruneaux; 3° Aymare, mariée d’abord le 9 janvier 1698, à Gaspard de la Tour, seigneur de Varan, puis en 1714, à Dominique de Vigier; 4° Marie, mariée le 30 juillet 1714 à Jean-François d’Aboin; 5° Louise Marie, mariée le 14 novembre 1718, à Jean-Baptiste d’Ayras. Jean-Marie Anselmet, chevalier, seigneur des Bruneaux et autres lieux, épousa, le 21 janvier 1722, Marie-Antoinette de Vertamy, dont Antoine, mort sans alliance à 17 ans; 2° Anne-Marie, mariée le 24 juillet 1753 à Jean-Baptiste-Michel de Charpin, qui devint ainsi seigneur des Bruneaux. Les armes des Anselmet sont: D’azur au cerf passant d’or, au huchet de même au canton sénestre du chef. Ils ont porté aussi les armes des Baraille: D’or à trois bandes d’azur.

 C’est au château des Bruneaux que mourut, le 25 septembre 1801, Marie-Anne Anselmet. Son fils, Louis-Alexandre-Jérôme de Charpin, habita toute sa vie les Bruneaux. Arrêté au moment de la Révolution, il allait être dirigé sur Feurs lorsque les habitants de Firminy et du Chambon se portèrent aux prisons en criant: "Rendez-nous le père du peuple". Il fallut céder, le comte de Charpin dut livrer sa magnifique argenterie, mais il eut la vie sauve. Ses libérateurs l’escortèrent en triomphe jusqu’à son château des Rruneaux, où il fut reçu dans les bras de sa famille. Il y mourut le 12 septembre 1801. Le château des Bruneaux échut par le partage du 12 février 1811, à son fils André-Camille, tandis que Feugerolles était attribué à sa fille, Anne-Diane-Félicité, épouse de Ferdinand Puy du Roseil, mais cette dernière, par acte du 15 novembre 1853, sacrifia ses intérêts à ceux de sa lignée, et son neveu, Hippolyte-André-Suzan ne de Charpin, rentra en possession de Feugerolles. Le comte de Charpin vendit en 1896 le château des Bruneaux à Antoine Chappelon. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; les pièces suivantes avec leur décor : le hall d'entrée avec son plafond, le grand salon d'angle Nord-Est, le salon Est à la suite du grand salon d'angle et la grande salle Nord-Ouest au rez-de-chaussée, la chambre Nord-Est avec alcôve au premier étage au-dessus du grand salon d'angle: inscription par arrêté du 21 novembre 1975. 

 château des Bruneaux 42700 Firminy 

 Téléphone : 04 77 89 38 46 

Château de Boisy

Anne d’Urfé, dans sa description du Forez, dit que la première maison du Roannais est Saint-André, et il ajoute "la seconde est Boisy, qui ne doict guières à Saint-André pour le bâtiment, estant pourveue d’une plus belle salle et de plus belles chambres et ayant une tour carrée; belle et forte, qui montre bien son antiquité, ayant tout autour du château, de beaux et grands fossez et estant avoisinée de plusieurs belles touffes d’arbres, mais qui n’est ni en belle veue, ni en bon air, à cause des marez et estancs qui l’avoisinent". Le donjon carré de Boisy, paraît remonter à la lin du XIVe siècle, il est couronné d’élégants mâchicoulis, en pierre calcaire, et de créneaux en brique; il occupe le nord-est des constructions défensives. Au sud-est, se trouve la grosse tour ronde et aux autres angles du quadrilatère que forment les constructions défensives se voient encore deux autres tours cylindriques de moindre dimension. Ces tours étaient reliées par d’épaisses courtines que le temps n’a pas respectées. L’entrée principale est au nord, à côté du donjon: la porte ogivale est surmontée du blason des Gouffier: d’or à trois jumelles de sable. L’épée de grand écuyer de France, entourée du cordon de Saint-Michel est sculptée au- dessus de l’écusson. La cour intérieure est d’une rare élégance, avec ses grandes fenêtres à meneaux, et d’autres plus petites, au deuxième étage, ornées de clochetons élancés, aux sculptures délicatement fouillées qui ornent la façade septentrionale. Le corps de logis méridional, le mieux conservé, paraît remonter, ainsi que la tour ronde, au XVIe siècle: la crête du toit porte des plombs delà même époque, décorés les uns des armes des Gouffier, les autres de la salamandre de François 1er et sommés de couronnes fleurdelysées; les écussons sont supportés et séparés par des dragons ailés, montés et bridés par des amours.

 Sur la façade septentrionale, on lit encore la devise de Jacques Cœur si souvent répétée dans son palais de Bourges: A vaillants cœurs rien d'impossible. Elle est inscrite sur un bloc de pierre calcaire, encastré dans le mur, au-dessous des mâchicoulis, et portant sur un écusson incliné de droite à gauche, les armes des Gouffier. L’écusson est surmonté d’un casque et au-dessus, un ange aux ailes éployées soutient de ses deux mains une banderole. On lit fort bien, avec une jumelle, les mots A. VAILLAN, les lettres T et S sont supposées cachées par la main droite de l'ange, puis viennent deux cœurs entrelacés, les lettres R I, la main gauche de l’ange; des plaquages de mousse cachent les lettres suivantes, sauf SIBLE. La porte de l’escalier est encadrée de plusieurs archivoltes dont la plus extérieure est surmontée de feuillages recourbés et profondément fouillés. C’est un des meilleurs spécimens de la sculpture décorative du XVe siècle existant encore dans nos régions. Les charpentes de l’aile méridionale et de la tour ronde passent à bon droit pour des chefs d’œuvre. La belle salle dont parle Anne d’Urfé est transformée en remise; on y voit les assises d’une cheminée immense. Le bâtiment Est se composait au rez-de-chaussée d’une galerie ogivale actuellement fermée et servant d’orangerie; des clefs de voûte sont aux armes des Gouffier, de Jacques Cœur et des Hangest de Genlis (d'argent, à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d'or). Les appartements habitables comprennent un immense salon, une salle à manger et deux chambres superposées dans la tour ronde décorées avec goût, enfin un grand nombre d’autres salles ou chambres. Du sommet de la tour ronde on peut se rendre compte du système de fortifications employé au XIVe et au XVe siècles. Les mâchicoulis et les chemins de ronde destinés à défendre l’approche des remparts sont intacts, leurs ouvertures n’ont pas été bouchées.

 Boisy, Boscum, tire son nom d’un antique bois de chêne qui couvrait ce territoire au XIIIe siècle et dont il restait encore quelques vestiges au temps d’Anne d'Urfé. Auprès de ce modeste fief s’était fondé un prieuré minuscule de Bénédictins qui dépendait de Montverdun. Cette terre appartenait à une famille Simon qui ajouta à son nom patronymique, le surnom de Saint-Haon, puis celui de Boisy. Pierre Simon de Saint-Haon est châtelain de Saint-Just en 1255, puis de Roannais, en 1270, Il eut deux fils: Pierre et Philippe Simon de Saint-Haon; puis vinrent Philibert Simon de Boisy et Uldin de Boisy qui eurent, tous deux, un fils nommé Jean. En 1362, Jean de Boisy, fils de Uldin, bourgeois de Saint-Haon, rend foi et hommage. Jean avait épousé Catherine de la Grange, sœur du cardinal, et fille de Geoffroy et de Falquette de Pierrefitte. Il en eut deux fils: Jean et Humbert de Boisy qui héritèrent du cardinal de la Grange et, avec la permission du duc Louis de Bourbon (Lettres Patentes du 6 septembre 1397), remplacèrent l’ancienne maison de Boisy par un château fort, avec tours, fossés et pont-levis. Le donjon carré paraît seul avoir fait partie de cette première reconstruction. Jean de Boisy fut évêque de Mâcon, puis d’Amiens. Le 8 décembre 1401 il rendit hommage au duc de Bourbon pour Pierrefitte. Humbert de Boisy, premier président au Parlement de Paris eut deux fils, Humbert et Jacques de Boisy, qui héritèrent de leur oncle, l’évêque d’Amiens. En 1411, Henri de Boisy constitua Jacques de Boisy, son frère, et Guillaume Roquelin, pour la vente de Pierrefitte. En 1414, Jacques de Boisy vendit Boisy à Eustache de Lévis qui, par son mariage avec Alix de Couzan, devint seigneur de la Motte, Saint-Haon et Roanne et réunit ainsi Boisy à Roanne pour plusieurs siècles.

 Le 8 septembre 1447, Eustache et sa femme vendirent Boisy, Roanne, Saint-Haon, etc, à Jacques Cœur. Le château a conservé dans le pays, le nom du célèbre argentier du Roi Charles VII, bien qu’il ne l’ait gardé que cinq ans, à peine. Il y fit exécuter, il est vrai, des travaux considérables, soit pour le restaurer et l’agrandir, soit pour y amener les eaux de la montagne de la Madeleine. Il avait, de plus, conçu des projets gigantesques pour l’amélioration agricole et industrielle du pays, mais sa disgrâce ne lui permit pas de les exécuter. Jacques Cœur portait d'azur à la fasce d'argent, chargée de trois coquilles de sable et accompagnée de trois cœurs de gueules. En 1453, Boisy fut confisqué sur Jacques Cœur et fut vendu le 5 décembre i455 pour 10.000 écus d’or, à Guillaume Gouffier, grand dignitaire de la cour de Charles VII, d’une famille du Poitou. Guillaume Gouffier mourut le 23 mai 1495, ayant épousé d'abord Louise d’Amboise, dont il eut trois enfants, puis le 15 juin 1472, Philippe de Montmorency, veuve de Charles de Mahon, qui lui en donna neuf. Du premier lit il eut Madeleine, mariée à René Le Roy; 2° Pierre; 3° Guillaume, l’amiral de Bonnivet (1488-1525) tué à Pavie, d'abord marié le 14 juin 1506, à Bonaventure de Puydufou; puis le 8 juin 1517 à Louise de Crévecœur: 4° Anne, mariée le 1er mai 1507 à Raoul Vernon, seigneur de Montreuil; 5° Arthus, qui suit. Arthus Gouffier, mort le 7 mai 1519, succéda à son père au détriment de Pierre Gouffier. C’était une âme ardente et chevaleresque, en même temps qu’un lettré délicat, aussi fut-il l’ami du roi François 1er, qui érigea le 3 avril 1519, la baronnie de Roannais et la seigneurie de Boisy en duché-pairie. Sous Arthus Gouffier fut construite la plus grande et la plus belle partie du château. Il épousa, le 10 février 1500, Hélène de Hangest, morte le 26 janvier 1538, dont Claude Gouffier, duc de Roannais, marquis de Boisy, comte de Maulevrier et de Caravas, seigneur d’Oiron et grand écuyer de France, chevalier de l’ordre du Roi, premier gentilhomme de Sa chambre, capitaine de 100 gentilshommes de Sa maison et de 50 lances de Ses ordonnances.

 Par lettres données à Lyon, au mois d’août 1542, il obtint l’érection en comté de la baronnie de Maulevrier. Les baronnies de la Mothe, Saint-Romain et Roanne, furent réunies à celle de Boisy érigée en marquisat; de nouvelles lettres furent données en novembre 1558. Claude testa le 3 juin 1570 et mourut la même année à Villers-Cotterets. Il se maria cinq fois: le 13 janvier 1527, Jacqueline de la Trémoille, dame de Jouvelle; le 13 décembre 1545, Françoise de Brosse, morte le 16 novembre 1558, dite de Bretagne; le 25 juin 1559, Marie de Gainon; le 16 janvier 1 568, Claude de Beaune, dame de Chateaubrun et de la Carte; et enfin Antoinette de la Tour-Landry, dame de Saint-Mars et de la Jaille. Revenant de la guerre il fit enfermer, et non sans motifs, sa première femme Jacqueline de la Tremoille, dans un couvent, à Chinon, où elle mourut. Un inventaire, dressé en 1532, après le décès de Simon Chanceau, receveur de Boisy, prouve que le confortable régnait au manoir, mais que le luxe en était exclu. Cet inventaire mentionne cependant dix pièces de tapisserie à fontaine dans la chambre de Madame; des lits bien garnis de "couestres, cuissins de plume, matherats et couvertures"; une batterie de cuisine bien complète, quantité de linge. L’inventaire ajoute que Monseigneur avait emporté beaucoup de linge en Italie. Vinrent ensuite Gilbert Gouffier, puis Louis Gouffier, partisan de Gaston d’Orléans contre Louis XIII; Louis-Henri Gouffier, Arthus II Gouffier, l’inventeur des carrosses publics, grâce auxquels on pouvait traverser Paris pour cinq sous. Ami de Pascal, il se retira à Port-Royal et entra dans les ordres. L’une de ses sœurs fut, dit-on, aimée de Pascal, et ne pouvant l’épouser, se fit religieuse. Il maria l’autre à François d’Aubusson de la Feuillade, maréchal de France, et lui vendit son duché de Roannais, moyennant 400.000 livres, représentant la dot de sa sœur. Louis d’Aubusson, issu de ce mariage mourut sans enfants, léguant ses biens à Hubert-François, puis à Louis-Charles-Armand d'Aubusson, enfin, en 1780, à Catherine Françoise d’Aubusson de la Feuillade, mariée à François-Henri, duc d’Harcourt. Ce dernier émigra en 1789, et ses biens, y compris le château et es terres de Boisy, furent vendus. Boisy appartint au XIXe siècle aux Vignat-Laborde puis à la famille Poyet. Mademoiselle Jeanne Poyet le possédait encore au début du XXe siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures: inscription par arrêté du 12 mai 1927. Les parties extérieures des ailes Sud et Est de la tour ronde Sud-Est et du donjon carré Nord-Est : classement par arrêté du 24 janvier 1931. 

 château de Boisy, dit de Jacques Coeur 42155 Pouilly-les-Nonains

 

Château de Boën dit Château-Chabert

C'est en 1786, que Jacques-Marie Punctis de la Tour, fit construire par l’architecte Gabbio le château actuel de Boën. Le corps de logis principal élevé sur une terrasse qui domine la cour d’honneur se termine par deux pavillons carrés coiffés de frontons. L’autre est occupé par une tour octogone engagée avec attique percé de baies ovales et terrasse à l’italienne. Cette tour contient un beau vestibule occupant la hauteur de deux étages, et entouré d’une colonnade ionique sur laquelle court une galerie circulaire. Le salon est entièrement revêtu de boiseries enrichies d’ornements sculptés d’un goût exquis. D’énormes consoles de pierre soutiennent les paliers de l’escalier. L’ancien château de Boën occupait le même emplacement. Il possédait des fossés et des ponts-levis du côté de la ville et datait du XIVe siècle. Les sires de Couzan, seigneurs de Boën, délaissèrent cette habitation et préférèrent une résidence plus commode dans un hôtel qui s’élevait dans l’angle compris entre la route de Lyon à Bordeaux, au midi, et la place du Marché, au matin. Cet hôtel fut vendu par. les de Rivoire au XVIIe siècle.

 Jusqu’en 1634, Boën n’eut pas d’autres seigneurs que les barons de Couzan. En 1634 Louis de Saint-Priest vendit Boën à Gilbert de Rivoire, marquis du Palais. Par décret, en 1687, Boën fut adjugé à Claude de Camus. Cette famille porte: D’azur à trois croissants d’argent et une étoile d’or en abîme. Claude de Camus épousa Anne-Jacqueline de Châtillon, fille d’Annet et de Jeanne Sourley dont il eut un fils: Gilbert de Camus, seigneur de Boën, marié le 29 septembre 1715 à Josèphe-Marie de Punctis de la Tour, morte le 10 avril 1750, fille de Louis, conseiller du Roi, seigneur de la Tour, et de Marguerite Jacquier. Il n’y eut pas de postérité de ce mariage et les Punctis devinrent, par héritage, seigneurs de Boën. Cette famille porte: D’azur au chevron d’or, surmonté d’un croissant de même et accompagné en pointe d’une tour d’argent maçonnée de sable, armes qui figurent sur le portail du château de Boën. Elle remonte à Jehan Punctis, bourgeois de Montbrison, marié à Claude Chirat, et mort avant 1619. François Punctis de la Tour, frère de Josèphe-Marie, épousa, le 23 mai 1712, Marie-Anne Presle et fut père de Louis-François-Marie de Punctis de la Tour, baptisé le 20 juin 1714 et mort le 4 mai 1779. Il épousa en premières noces le 1er mars 1740, Marie-Marguerite Baillard du Pinet, morte le 10 novembre 1741, fille de Pierre et de Marie Gran jon, et en secondes noces à Boën, le 26 octobre 1746, Marie-Josèphe de Punctis de la Tour, sa cousine, fille de Jacques et de Jeanne Deschamps de Messimieux.

 De cette dernière union il eut: 1° Jacques-Marie, qui suit; 2° Pierre-Marie, écuyer, comparant en 1789 à l’assemblée de Forez; 3° Marie-Anne-Louise, baptisée le 7 janvier 1749, mariée le 8 octobre 1771 à Jean-Antoine Thomé. Jacques-Marie de Punctis de la Tour de Boën, chevalier, baptisé à Montbrison le 16 février 1752, mort victime de la Révolution le 5 décembre 1793. C’est lui qui fit construire le château actuel. Il avait épousé à Lyon, le 4 juin 1777, Louise-Laurence Girard, morte à Boën le 17 avril 1812, fille de Jean-Mathieu et d’Olympe Claret de Fleurieu, dont: 1° Jeanne-Marie-Mathurine, baptisée le 26 juin 1778, mariée à Charles-Marie-Xavier Urguet de Saint-Ouen; 2° Louise-Olympe, baptisée le 19 septembre 1780, mariée à Lyon, le 10 ventôse an VIII, à Antoine-Joseph, baron de Chabert du Mazel, fils de Charles et de Marie-Madeleine de Gras de Preigne. Elle lui apporta le château de Boën. Chabert porte: D’azur à la bande d’argent chargée de 3 rocs d’échiquier de sable à la bordure potencée d’argent. Les Chabert vendent le château à la commune le 9 juin 1934. De 1936 à 1958, il accueille de nombreuses structures. Il se dégrade suite à un incendie qui détériore la couverture, avant les travaux de restauration en 1980. Il est réaménagé en 2002 pour accueillir le musée de la Vigne. 

 Éléments protégés MH : le château : classement par arrêté du 9 septembre 1943. La cour d'honneur, les pavillons d'angle, la grille d'entrée : inscription par arrêté du 16 novembre 1989 

 château de Boën dit Château-Chabert, rue de Clermont, 42130 Boën sur Lignon 

 Téléphone : 04 77 24 08 12

 

Château de Bigny

Le château de Bigny, construit en 1735, porte bien le cachet de son époque. Le corps de logis principal est flanqué, à chaque extrémité, de pavillons avec toiture à pente brisée. De magnifiques avenues d’arbres qui se prolongeaient naguère jusqu’à la Loire, embellissent encore le paysage. Bigny, jadis ferme connue sous le nom de Mas Comtal de Bigneux, appartint à l’abbaye de Savigny, puis à celle de la Bénissons-Dieu. Vers 1660, les terres fertiles, qui s’étendent entre le château de Bigny et les bords de la Loire furent ravagées par une crue de la Loire à tel point qu’on n’y fit plus aucune culture. Le 26 octobre 1697, les religieuses de la Bénissons-Dieu cédèrent ce champ aux Ursulines de Feurs, en emphytéote, moyennant la redevance annuelle de cinq mesures de froment, et un capital de cent trente livres. Les Ursulines de Feurs réunirent ces vas tes pâturages au domaine qu’elles possédaient à Bigny. Les Ursulines de Montbrison, leurs héritières, continuèrent la possession en 1741. A cette époque, Jean Thoynet, parent des seigneurs du Palais, fut séduit par la riche plaine de Bigny. En 1720, il y acheta quelques immeubles au chevalier de Carville, uis il acquit la terre des dames de la Bénissons-Dieu. Toutefois, l’abbesse, Marie-Jacqueline de Chabannes, réserva à sa communauté la seigneurie de Bigny et les droits qui y étaient attachés, spécialement le droit de bac sur la Loire en face de Feurs, droits qui étaient alors affermés à un marchand de Feurs nommé Beignier, qui moyennant une rente annuelle de 1.500 livres percevait les droits féodaux. En 1741 le pâturage des Ursulines de Montbrison fut échangé contre un petit jardin que Henry Thoynet possédait à Montbrison auprès du Calvaire. Henry Thoynet, après avoir, en 1735, édifié le château, fit défoncer le terrain, lui rendit sa fertilité et fit planter les beaux ormeaux qui font l’admiration des touristes. 

En 1793, Duret, adjudant-général de l’armée des Alpes et ami de Javogues, pilla le château et en enleva tous les objets propres à équiper la cavalerie. Le nouveau seigneur de Bigny, Jean-Baptiste Arthaud de Viry, était fils d’André, receveur des tailles à Clermont-Ferrand, et de Marie-Anne Espinasse. C’est à Montbrison, et le 9 décembre 1788, qu’il épousa Elisabeth Thoynet de Bigny. Il n’en eut que des filles: Marie-Anne-Fanny, née le 1er septembre 1791, mariée le 26 mai 1813 à Jean-Baptiste de Noyel de Paranges, fils de Pierre-François et d’Anne de la Roue; puis Elisabeth, baptisée le 11 décembre 1792; et enfin Anne-Marie, l’ainée des trois, baptisée à Montbrison le 6 décembre 1789, morte à Lyon, le 28 mai 1868. Le 18 juillet 1812, elle épousa François-Gabriel-Philippe-Narcisse, vicomte de Becdelièvre, né au Puy le 28 mai 1778, fils de Gabriel-François-Louis et d’Anne-Marie-Catherine Roche de Jagonas. Ce fut la troisième famille possessionnée à Bigny, où le vicomte de Becdelièvre mourut le 1er octobre 1852. Il avait eu deux fils: Ludovic, mort à Bigny, et le colonel Victor de Becdelièvre, né au Puy le 16 février 1826, qui fit la guerre de Crimée et conquit le grade de lieutenant, sur le champ de bataille de l’Alma. Le 1er juin 1860 il était à Rome, répondant à l’appel de Pie IX. Il fut l’un des meilleurs officiers de l’armée pontificale et le Pape le créa commandeur de son ordre et le chargea de réorganiser son corps d’armée. Quand il revint en France, il était déjà malade, aussi ne prit-il pas part à la guerre de 1870. Du moins en mourant, le 28 février 1871, il apprenait avec satisfaction que le sang des Becdelièvre avait rougi la plaine du Mans. "Je n’aurais voulu pour rien au monde, disait-il, que mon neveu Calixte, n’eût pas la mâchoire emportée". Ses dernières paroles furent pour le Pape, qu’il avait servi et pour le Roi que toute sa race avait aidé depuis les Croisades, de la Bretagne au Forez. Becdelièvre porte De sable à la coquille d’argent surmontée de deux croix trèflées au pied fiché du même. 

 Éléments protégés MH : le domaine dans son ensemble : le château (façades et toitures), le parc clos de mur avec le fronton, les communs et les bâtiments annexes, remise à voitures, pigeonnier et l'allée d'arbres: inscription par arrêté du 11 mai 2004 

 château de Bigny 42110 Feurs

 

Château de la Bernarde

Le château de la Bernarde est situé sur le territoire de Renaison, dans une position superbe. C’est une construction du XVIIIe siècle, qui a remplacé l’ancienne maison forte de Chance que les de Chancé, Michon de Chance et de Berthelas avaient successivement possédée. On en remarque les délicieuses ouvertures, la toiture mansardée particulière à cette région, où finissent les toits plats et où s’annonce déjà la mode bourguignonne. Il n’est pas jusqu’au fronton triangulaire avec son œil-de-boeuf, qui ne trahisse le luxe de l’époque et le bon goût de ceux qui le firent édifier. En 1787, est construite une cave voûtée à trois entrées, surélevée d'un cuvage à dix colonnes de granit avec corniches massives qui soutiennent le plancher du grenier. Cette installation fut une des plus importantes de la Côte Roannaise viticole. Un parc superbe entoure le manoir, les ombrages et les massifs en font, l’été, un séjour plein d’ombre et de fraîcheur. La Bernarde fut longtemps la résidence d’une branche de la famille de Valence.

 Benoît de Valence, seigneur de la Bernarde, épousa Pernette Le Febvre, dont Marie de Valence, mariée à Charles Audras, écuyer, seigneur de la Farge, conseiller du Roi en l’élection de Roanne, fils de Jacques. Louis de Foudras, marquis de Courcenay et Louise-Françoise Garnier des Garets, son épouse, vendirent la Bernarde à Pierre-Emmanuel du Myrat qui en prêta hommage le 23 janvier 1762, puis de nouveau le 23 décembre 1776. Pierre-Emmanuel du Myrat de Crary épousa le 14 janvier 1756, Marie-Charlotte de Varennes-Bissuel de Saint-Victor, fille de François et de Marie-Anne Guillet de Belvé, dont Jean, qui suit; 2° François, né le 10 août 1757; 3° Jean-Marie, né le 10 mars 1759; 4° Jean-Mathieu, né le 27 octobre 1760; 5° Gabriel-Joseph, né le 24 novembre 1766; 6° Madame de Rochemont. Jean du Myrat de Crary, officier de cavalerie au régiment de Conti-Dragons, épousa, le 10 janvier 1791, Victorine-Joséphine Bourlier de Saint-Cyr, fille de Léonard, seigneur d’Ailly et d’Antoinette Bouvier, dont Pierre-Émile, dit Emmanuel du Myrat, épousa le 18 février 1813 Thérèse-Victoire de Brosse, fille de Jean-Marie-François, et de Jeanne-Sibylle de Varennes-Bissuel de Saint-Victor. De cette union ne naquirent que deux filles, la cadette Octavie, épousa en 1842, Gabriel-Alfred Henry, baron des Tournelles (1812-31 octobre 1888), fils du baron Marié-Vital et d’Amélie de Regnauld de Parcieu; l’aînée, Jeanne-Sybille-Victorine (1814-13 juillet 1880), épousa le 14 février 1832, Maxence-Charles-Delphin-Pierre, comte de Grassin, né le 17 décembre 1803, mort au château de la Bernarde, le 19 juin 1876, fils du vicomte Pierre-Nicole et de Charlotte-Alexandrine Basset de Haute-Maison. Les de Grassin continuent la possession de la Bernarde. Le vicomte Henri de Grassin, brigadier au 1er régiment d’artillerie, est mort à l’hôpital militaire de Châtillon-sur-Seine, le 19 septembre 1916, à 43 ans.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, du pavillon, du cuvage et du bûcher encadrant l'entrée ; la salle du rez-de-chaussée ; les écuries ainsi que les quatre stalles à chevaux ; le pigeonnier ; l'escalier avec sa rampe en fer forgé ; la salle à manger avec son décor ; la cheminée de la cuisine : inscription par arrêté du 16 mai 1979. 

 château de la Bernarde 42370 Renaison

 

Château de Bellegarde en Forez

Le château de Bellegarde, construit au sommet d’une montagne, domine la vallée d’Anzieux. Ses bâtiments formant équerre sont flanqués à l’angle sud-est d’une tour carrée couronnée de mâchicoulis. De la terrasse ombragée qui précède les bâtiments on domine toute la plaine du Forez. Les magnifiques fenêtres à meneaux sont ornées de petites niches qui contiennent les bustes des douze César et du bon roi Henri. C’est au milieu du XVIe siècle que remonte la construction de ce château. Il ne reste du manoir primitif, qu’une tour ronde servant de cage d’escalier et quelques pans de murs. Il subsiste aussi quelques vestiges des épais murs d’enceinte et des solides tours qui en assuraient la défense. Dévasté à la Révolution, le château de Bellegarde fut restauré au début du XIXe siècle. C’est de cette époque que date la construction de la tour carrée dont nous avons parlé. On remarque plusieurs belles salles, la chapelle, la salle du Jeu de Paume, deux cheminées dont l’une porte la date de 1597 et est soutenue par deux cariatides; les restes d’un meuble antique que l’on croit être un lit ou un théâtre orné de scènes grotesques peintes sur des colonnettes rondes ainsi que différents ornements sculptés. Au-dessus d’une porte on lit: "Celui-là que Dieu garde il est en belle garde". On voit aussi l’entrée monumentale de l’ancien pont-levis, au sommet de laquelle étaient gravées les armes de de Bron: D'or à la fasce de gueules et un lion de sable en chef. Les de Bron-Rougemont écartelèrent le plus souvent de la Liègue: D'argent à la fasce ondée de sable.

 Il est question pour la première fois de Bellegarde, en 1173, dans le traité passé au sujet de la séparation du Lyonnais et du Forez. Par son testament du 16 août 1324, le comte Jean les légua à son fils Renaud qui mourut sans postérité en 1369. Bellegarde ne fut plus, à partir de cette époque, que le siège d’une importante châtellenie jusqu’au jour où le connétable de Bourbon le vendit, pour le prix de 4.000 livres, à Guillaume de Bron, seigneur de la Liègue. L’ancêtre le plus reculé que l’on connût à ce dernier, Joachim de Bron, vivait en 1248. Sa descendance masculine s’éteignit avec Louis de Bron, bailli de Riverie, qui vivait en 1471. N’ayant aucun enfant de sa femme, Isabeau de la Faye, il testa en 1511 en faveur de René de Rougemont, seigneur de la Liègue, à la condition que ses neveux prendraient le nom et les armes de la Liègue. Guillaume de Bron, l’acquéreur de Bellegarde était fils de René de Rougemont, et eut d’Antoinette de Marconnay, René de Bron, qui représenta la noblesse du Forez aux Etats Généraux de 1560. René fut père d’Antoine de Bron, seigneur de la Liègue, Bellegarde, Saint-Romain, le Pinay, et autres places, capitaine de cinquante hommes d’armes et chevalier de Saint-Michel, acquéreur, en 1627, de la baronnie de Riverie. Il était alors fort âgé car il ne put signer l’acte "qu'avec grand’ peine à cause de son infirmité et tremblement de main". Il testa le 31 juillet 1628 et codicilla le 1er février 1630.

 Il s’était marié deux fois; en premières noces avec Marguerite d’Urfé, fille de Claude et de Renée de Savoie, qui mourut sans enfants et fut inhumée avec son père dans l’église de Sainte-Claire de Montbrison; puis en secondes noces le 7 juillet 1579, avec Claude de la Fay, dame de Saint-Romain, dont il eut cinq enfants: 1° Claude-Charles, qui fut son héritier; 2° Louise, mariée le 17 juin 1598 à Jean de la Motte-Brion; 3° Eléonore; 4° Gabrielle, mariée à Gaspard de Pierrefort, comte de la Roue, et en secondes noces à Antoine de Villaine, écuyer, seigneur de Ville-Sauvé; 5° Claudine, femme de Philibert d’Apchon, seigneur de Poncins. Claude-Charles de Bron, seigneur de la Liègue, Bellegarde, Riverie, premier baron du Lyonnais, représenta, le 27 mars 1628, la noblesse du Forez à la conférence tenue à Lyon, pour le gouvernement du Lyonnais, Forez et Beaujolais. Le 25 février 1612, il avait épousé Marthe d'Hostun, fille d’Antoine, seigneur de la Beaume, Saint-Nazaire et Royans, sénéchal de Lyon. Elle ne lui donna pas d’enfants. Le regret de voir son nom s’éteindre avec lui le rendit peu soucieux de conserver son patrimoine. Il le dissipa petit à petit et à sa mort, le 6 août 1673, il laissait une succession fort embarrassée à son héritier, Balthazard Hérail de Pierrefort, comte de la Roue, fils de Gaspard de la Roue et de sa sœur Gabrielle de Bron. A la requête de Marthe de la Beaume d’Hostun, veuve de Claude-Charles de Bron, qui réclamait le paiement de ses reprises matrimoniales fixées à la 103.300 livres, la vente des terres de la Liègue, Bellegarde, Riverie, etc, fut ordonnée et le 16 mars 1680, une sentence de la sénéchaussée de Lyon, adjugeait Bellegarde et la Liègue à Pierre de Vinols, seigneur de la Tourette, pour 83.049 livres. 

 Balthazar se retira alors dans ses terres de la Roue et Montpeloux. Quant à la maison de Vinols, elle tirait son nom du fief de Vinols, près d’Ecotay. Pierre de Vinols, chevalier de l’ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, seigneur de la Liègue, Bellegarde, Aboin, la Tourette, était fils de Denis de Vinols et de Claudine Domène. Denis était fils de Pierre et de Marguerite Berthon, petit-fils de Nicolas et d’Anne d’Aurelle et arrière-petit-fils de Jean de Vinols, capitaine châtelain de Sury-le-Bois, le 15 janvier 1485. François, frère de Denis, et marié à Ga brielle Bardon, est l’auteur d’une branche qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Les armes sont: D’or à un cep de vigne de sinople, au chef de gueules chargé de trois coquilles d’or. Pierre avait épousé, le 26 février 1645, Jeanne Berthon, fille d’Etienne, bourgeois de Lyon, et de Jeanne Maillard. Il testa le 2 mai 1680, fut inhumé dans l’église de Saint-Bonnet-le-Château, et laissa: 1° Genis, qui suit; 2° Claude, capitaine de cavalerie, tué à Ensheim, en Alsace, le 3 octobre 1674; 3° Françoise, femme de Philibert d’Apchon; 4° Jeanneton. Genis de Vinols, seigneur de la Liègue, Bellegarde, la Tourette et Gaite, capitaine d’une compagnie de dragons, épousa, le 26 janvier 1704, Catherine Antoinette de Pinhac de la Borie, fille de François-Dominiqueet de Catherine Dupin de Montméat. Il testa le 8 juillet 1709, laissant Jean-Genis, qui suit Jeanne Françoise. Jean-Genis de Vinols, seigneur de Bellegarde et autres places, était né le 5 décémbre 1706 et fut le dernier de sa branche. Jeanne de Vinols, dame de Bellegarde, transmit cette terre à son époux, Jean d’Aubarède, écuyer, conseiller en la sénéchaussée de Lyon.

 Enfin, le 19 février 1726, leur fille, Jeanne-Françoise d’Aubarède, épousait Annet Ranvier, écuyer, conseiller en la cour des Monnaies, fils d’autre Annet, échevin de Lyon, et de Catherine Rigioly, et lui apportait Bellegarde et la Liègue. Annet mourut le 2 avril 1773 et sa femme le 19 novembre 1782. Ils eurent: 1° Jean-Marie, seigneur de Bellegarde, baptisé le 13 avril 1730, mort victime de la Terreur le 24 janvier 1794; conseiller en la cour des Monnaies, député de la noblesse, etc; 2° François, qui suit; 3° Marie-Catherine (1728-1812), mariée à Lyon d’abord, le 8 janvier 1765, à François Estival, fils de Joseph et de Marie-Anne Damassin, puis, le 9 janvier 1775, à Etienne Letellier, seigneur de la Motte, fils de Philippe et d’Antoinette Despaulty. François-Philippe-Eléazard-Eléonor Ranvier de la Liègue, chevalier, baptisé à Lyon le 12 janvier 1733, guillotiné le 10 janvier 1794, avait épousé, le 18 septembre 1759, Anne Pautrier, fille d’Antoine et de Claudine Crozet. La lignée masculine des Ranvier, qui portaient: d’azur au croissant d’argent surmonté d’une étoile d’or, était éteinte car les époux n’eurent qu’une fille: Anne-Marguerite Ranvier de la Liègue, mariée à Lyon, le 28 août 1786, à Jean-Baptiste-Marie Roches, avocat au Parlement et ès cour de Lyon, mort victime de la Terreur le 11 novembre 1793, fils de Pierre, originaire d’Yssingeaux, et de Catherine Ferrière, dont: 1° Amédée-Eléonor, né le 24 juin 1787, mort jeune; 2° Jean, qui suit; 3° James-Philippe-Madeleine, père de Ludovic, religieux Prémontré, mort le 26 juillet 1880.

 Jean-Marie-Marguerite-Adolphe Roches-Ranvier de Bellegarde, né le 12 juin 1789, mort à Bellegarde le 17 septembre 1869, autorisé par ordonnance royale du 25 mars 1818 à porter le nom de Bellegarde, épousa à Lyon, le 8 janvier 1827, Marie-Jeanne Bathilde Berger du Sablon, née à Lyon le 20 octobre 1807, morte à Bellegarde le 18 mars 1860, fille de Marie Romain et de Marie-Amélie Couppier, dont une fille Marie-Françoise-Edwige Roches-Ranvier de Bellegarde, née à Lyon le 5 décembre 1827, morte à Bellegarde le 3 mars 1903, mariée à Lyon le 8 mai 1851 à Jean-Claude Anatole de Riverieulx, comte de Chambost, né à Lyon le 24 janvier 1826, mort le 29 août 1894, fils de Charles, comte de Chambost, et de Léonie Labitant. Les Riverieulx, originaires de Jaligny, en Bourbonnais, remontent leur filiation à Benoît, époux de Nicole Béraud, père d’Antoine, bourgeois de Lyon en 1652, qui eut de Claudine Berthon: Etienne dont les deux fils, Hugues et Claude ont fait les branches de Varax et de Chambost, encore existantes. Les armes sont: D'azur à une rivière d'argent surmontée d'un croissant du même. Anatole de Riverieulx a eu pour enfants: 1° Marie-Charlotte-Bathilde, mariée à Lyon, le 26 juin 1877, à Henri-Johans de Limoge-Dareste de Saconay, né à Lyon le 4 juin 1851, fils de Léon-Jean-Marie et d’Anne-Zoé-Suzanne de Luzy-Pélissac, auquel elle a apporté Bellegarde; 2° Blanche, née le 2 mai 1854, mariée le 18 août 1881 au vicomte Raymond de Lescure, fils de Jean-Gabriel-Ernest, comte de Lescure, et de Noémi de Jessé-Levas; 3° Marguerite (22 juin 1858-30 janvier 1874); 4° Marie-Thé rèse-Victorine, née le 27 octobre 1863, mariée à Bellegarde le 14 mai 1891 au baron Charles-Marie-RenéDugas de la Catonnière, fils de Charles et de Félicie Légier de Montfort-Malijay; 5° Marthe, née le 2 mai 1886. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des ailes Ouest et Sud; le portail d'entrée de la cour à l'Ouest; les restes de la porte Baudin; la cheminée datée de 1597; la pièce située au-dessus du grand hall: inscription par arrêté du 19 février 1987 

 château de Bellegarde en Forez 42210 Bellegarde-en-Forez

 

Château de Beauvoir

Au XIVe siècle, Beauvoir est un arrière-fief de Couzan appartenant aux de Mars. Au XVe il passe aux Damas de Varennes. Au XVIIe siècle, Beauvoir appartient aux Girard, et passe en 1731 aux Rochefort. Vers 1780, le comte Antoine-Camille de Rochefort, chevalier et comte de Bussy, fait élever un nouveau château, sur les plans de l'architecte d'origine italienne Michel dal Gabbio, installé à Saint-Germain-Laval. En 1843 le comte Jean-Baptiste Courtin de Neufbourg achète Beauvoir avec ses terres et ses nombreux étangs. Il fait aménager le comble et édifier le belvédère. Dans le parc, il fait construire une glacière, l'éolienne et le chenil, et fait planter des séquoias. Le dernier comte de Neufbourg fait don du château à la municipalité et au syndicat agricole d'Arthun à son décès, en 1986. Le château a été racheté en 1990 et restauré, ce qui le sauva de l'abandon.

 Le domaine de Beauvoir comprend un logis, des communs comprenant la chapelle, un parc (avec canal, glacière, chenil, éolienne) et une ferme. On accède au logis par trois entrées : le portail principal ouvre par la voie communale n°4 sur les communs ; jusqu'à la Révolution, un deuxième portail reliait la demeure au village par un portail en granite à double entrée cochère et piétonne; enfin, une allée située dans l'axe de l'entrée principale traverse le parc à l'ouest et ouvre sur le CD 8. Le logis est de plan carré. Les façades à cinq travées sont très semblables. Les murs sont en moellons enduits, les encadrements de baies en granite. L'étage de soubassement se compose de six pièces voûtées en berceau à lunettes, dont trois ouvertes sur la cour des communs. Le lanternon est couvert d'un bulbe octogonal recouvert de zinc. L'escalier principal, en chêne, tournant à retours avec jour, se compose de trois volées droites ; la première repose sur un mur d'échiffre, les deux autres sont suspendues et reposent, au niveau du repos, sur deux trompes. Le palier prend appui sur un arc. Un deuxième escalier intérieur en chêne, tournant à retours avec jour, relie le premier étage et l'étage de comble, et prend appui sur un mur d'échiffre.

 L'éolienne a été construite dans la deuxième moitié du XIXe siècle pour la famille de Neufbourg, afin de pomper l'eau pour l'usage domestique et l'amener jusqu'au logis. Cette éolienne de grande dimension se compose d'un soubassement maçonné en granite avec une porte haute accessible par une échelle. Il abrite une cuve tapissée de feuilles métalliques avec des tuyaux d'arrivée et de départ de l'eau. Au-dessus de la partie maçonnée se trouve un élément intermédiaire cylindrique recouvert de bois. La partie supérieure de l'éolienne est charpente métallique. Il s'agit d'un modèle de type multipale, avec une orientation par moulinet formant moteur secondaire d'orientation. La roue faisait tourner un axe central vertical qui actionnait la pompe. Les initiales des points cardinaux, en fer forgé découpé, son fixées au garde-corps de la plate-forme de visite. Le canal de jardin fait très vraisemblablement partie du projet de la demeure de Beauvoir conçu par l'architecte Michel Dal Gabbio (ou del Gabbio) vers 1780 pour le comte Antoine-Camille de Rochefort. Le canal a été curé et remis en état vers 1995. Le canal mesure 400 mètres de long pour une largeur variant de 30 à 25 mètres. Il est alimenté par une pièce d'eau située plus à l'ouest. Il est orienté nord-sud et abouti au niveau de l'angle sud-ouest du château ; il sépare ainsi l'espace destiné au jardin d'agrément du parc proprement dit. Ce canal est à la fois un élément d'agrément et d'utilité. Il constitue un lieu de promenade, grâce à l'allée plantée d'arbres (chênes pour les plus anciens, puis platanes et marronniers) qui le borde à l'est. Mais il est aussi un instrument de drainage: disposé en contrebas de la faible pente du parc, il recueille l'eau des terrains souvent détrempés. Deux buses y déversent l'eau provenant de deux gros fossés, et de l'autre côté, trois bondes encore en place régulent son écoulement vers un fossé parallèle au canal, relayé par des fossés perpendiculaires qui conduisaient l'eau vers les marais à l'est hors les murs du domaine.

 La glacière a été construite dans le parc probablement à l'initiative du comte de Neufbourg dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Plusieurs dates sont gravées sur l'édifice : 1864 au linteau de la porte principale, accompagnée d'un monogramme AM, et 1891 au chambranle gauche de cette même porte ; 1895 au linteau de la porte de la petite pièce de gauche, avec les lettres PBV ; 1900 au linteau de la porte de la petite pièce de droite. La glacière est située dans la partie boisée du parc, au nord-ouest du château. Elle forme un monticule en forme de calotte, recouverte de terre, ouvert vers le nord. La porte donne sur un escalier droit, en granite, recouvert d'une voûte en arc segmentaire. Il dessert d'abord deux petites pièces couvertes de coupoles placées de part et d'autre vestibule, puis la glacière de plan circulaire, couverte d'une coupole plate en brique. Le réservoir, profond, prend place au centre.

 Le chenil a été bâti pour le comte de Neufbourg vers la fin du XIXe ou dans la première moitié du XXe siècle. Il a été très restauré dans le quatrième quart du XXe siècle. Le plan du chenil est un demi hexagone. Il est appuyé à un mur de pisé. Il renferme trois abris divisés en trois compartiments. Il est couvert par un toit à trois longs pans au-dessus duquel se trouve un lanternon fermé aujourd'hui par des abat-son mais qui était certainement à l'origine un pigeonnier.

 Éléments protégés MH: le château en totalité, le parc en totalité avec le mur d'enclos, les communs, le chenil, l'éolienne, la glacière et les plans d'eau : inscription par arrêté du 4 juillet 2007. 

 château de Beauvoir 42130 Arthun

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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