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Château de Saint-Privat

Le beau petit château de Saint-Privat, d’allure sobre, dresse sa silhouette austère à l’extrémité d’un plateau aride du Quercy Blanc. Il était autrefois intégré à un village disparu, Saint Privat-de-Montcabrier, faisant partie de la baronnie de Castelnau-Montratier. En 1250, il appartient à M. Saint Privat de la Olmière. En 1296, Gaillard de Saint Privat de la Olmière rend hommage à Ratier II de Castelnau pour son fief de Saint-Privat. En 1403, sans que l’on sache par quelle voie il est arrivé là, c’est Arnaud de Rouzet qui hommage les lieux à l’évêque de Cahors. En 1460, le repaire est vendu par Amalric de Gontaud, seigneur de Lalbenque, à Noble Jean de Fénelon. Ce dernier revend le fief dès 1466 à Guillaume de Montégut qui est toujours seigneur de Saint-Privat dans un acte daté de 1490. Cette famille est encore présente dans la place au siècle suivant. Puis, en 1628, un bourgeois de Cahors, Guillaume Baudus, achète le domaine. En 1717, Saint-Privat appartient à ses descendantes, dont l’une est veuve de Jean Dadine de Hauteserre. Les Baudus vont posséder le fief jusqu’au moment de la Révolution. Saint-Privat est ensuite vendu comme bien national par un sieur Boncour. Jusqu’en 1958, différents propriétaires vont se succéder jusqu’à l’achat effectué sur un coup de foudre par ses hôtes actuels.

 La maison forte de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle (à en juger d'après les feuillages des chapiteaux conservés) a été remaniée au XVe siècle, avec en particulier l'adjonction d'une tour d'escalier au milieu de l'élévation nord. Une croisée, sur l'élévation sud, témoigne d'une campagne de travaux au XVIIe siècle. Aujourd'hui le bâtiment de plan barlong présente sur son élévation nord une tour d'escalier demi-hors-oeuvre; aucune trace du premier état n'apparaît sur la partie ouest, alors que la partie orientale conserve un jour au premier niveau et les vestiges d'une cheminée (attestant une structure disparue) au deuxième niveau. A l'est se développait un corps de bâtiment à un seul niveau dont subsiste le départ du mur sud; l'angle nord-est du corps principal a en outre été remonté. Il communiquait avec le corps principal par deux portes couvertes par des arcs brisées et était équipée d'une cheminée dont subsistent les arrachements; au deuxième niveau du corps principal, une fenêtre rectangulaire ouvrait au-dessus du toit du corps de bâtiment oriental. L'élévation sud présente au premier niveau une porte centrale couverte d'un arc brisé, à arêtes vives, et deux jours en meurtrière sur la partie ouest; au troisième niveau, sur la partie est, est conservé le piédroit, avec les cordons d'appui et d'imposte, d'une fenêtre géminée; deux chapiteaux-frises à groupes de feuilles molles sont en remploi sous l'appui d'une fenêtre moderne du deuxième niveau. La chapelle, associée au château médiéval, a été reconstruite à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Elle porte un riche décor peint, en partie dégagé au niveau du choeur, représentant l'arrestation du Christ et sa comparution devant le grand prêtre. A la partie inférieure des murs du choeur, un décor ornemental complète la représentation.

 Éléments protégés MH : la chapelle en totalité avec son décor intérieur : inscription par arrêté du 31 juillet 2002. 

 château de Saint-Privat 46170 Saint-Paul-Flaugnac

 

Château de Saint Laurent les Tours

Le château-fort connu aujourd'hui sous l'appellation des tours de Saint-Laurent, du nom de la commune dans laquelle il se trouve, correspond en fait à l'ancien château de Saint-Céré dont le nom s'est bizarrement transféré au XVIIe siècle à l'ancien bourg ecclésial de Sainte-Spérie, l'actuelle ville de Saint-Céré, établie sur les berges de la Bave, en contrebas du site castral. L'"oppidulum Sancti Sereni" apparaît dans la documentation dès l'an 901. A cette date, le comte Géraud d'Aurillac était contraint d'y conduire une expédition destinée à réduire un certain Arlaldus qui tenait de lui cette forteresse. Un siècle et demi plus tard, les membres d'un lignage éponyme dit de Saint-Séré, dont on ne précise pas encore s'ils sont des chevaliers du castrum, foisonneront dans les cartulaires de Beaulieu et de Carennac. On y retrouve les prénoms d'Eirad et d'Amiel, indice que certains d'entre eux devaient descendre du seigneur rebelle du début du Xe siècle et que d'autres étaient sans doute apparentés aux premiers possesseurs du château des Peyrières, futur Castelnau-Bretenoux. Géraud de Saint-Séré, sixième abbé d'Aurillac (962-987), est le plus anciennement mentionné. Avant 1178, près d'une dizaine de parciers (coseigneurs) se partageaient le castrum, désormais sous la suzeraineté du vicomte de Turenne Raimond II, à qui le comte d'Auvergne venait de céder le dominium. Le plus important d'entre eux, Aymeric de Saint-Céré devait alors sept mois d'estage à la "Tour-Blanche" du castrum dont ses propres vassaux devaient assurer le service de garde. Il n'avait pas cependant la possession de la tour dont il partageait la garde et l'entretien avec les autres nobles du castrum. Leurs maisons, abritées à l'intérieur de la "mureta" (enceinte extérieure), étaient regroupée dans le quartier du "Puy du Château", de part et d'autre de la rue aboutissant à l'unique porte du fort. Ces divers parciers, pour la plupart membres du lignage éponyme des Saint-Céré, sont considérés comme la souche des Araqui, des Astorg et des Saint-Vincent, qui détenaient encore des parts du castrum et de la "viguerie" à la fin du XIIIe siècle. A partir de 1212, les vicomtes de Turenne entrent dans la mouvance directe du roi de France puis font hommage à Simon de Montfort en 1214. Raimond IV épouse Hélix d'Auvergne à Saint-Denis en 1225 et figure encore en 1235 parmi les proches du roi. A partir de 1236, cependant, on le voit entrer dans la clientèle du comte de Toulouse qui lui cède la suzeraineté sur le château de Castelnau. Suite à la défaite de la coalition anglo-toulousaine à Taillebourg, les possessions du vicomte, et notamment Turenne et Saint-Céré, sont mises sous séquestre par le roi jusqu'en 1254 au moins. En 1263, Raimond VI, sous contrôle du roi de France, entre dans la vassalité d'Henri II d'Angleterre, duc d'Aquitaine, et lui fait hommage pour ses châteaux de Turenne et de Saint-Céré Le texte de l'hommage insiste alors sur le caractère rendable des tours de Turenne et de Saint-Céré, qui avaient déjà été l'objet de l'attention du pouvoir royal lors de la saisie des années 1242-1253. L'obligation de rendre ces tours est encore réclamée en 1288 par Edouard Ier, qui rappelle que cette obligation avait précédemment été due au roi Henri II (1154-1189), et une nouvelle fois en 1290, date à laquelle Edouard Ier réclame une fois encore au vicomte les clés de Turenne et de Saint-Céré. A partir de la fin du XIIIe siècle, sous la suzeraineté directe des vicomtes de Turenne, Saint-Céré sera le chef lieu d'une châtellenie importante, s'étendant sur les lieux de Saint-Céré, Saint-Vincent, Frayssinhes, Autoire et Teyssieu.

 La tour à contreforts de Saint-Laurent est généralement attribuée à l'année 1178, époque de l'acquisition du castrum par Raimond II de Turenne. L'ocre soutenu de ses parements de calcaire dissuade toutefois de l'identifier avec la "Tour-Blanche" mentionnée dans la reconnaissance d'Aymeric de Saint-Céré vers la même date. André Châtelain rappelle d'ailleurs qu'Arcisse de Caumont et Camille Enlart ne l'attribuaient qu'au XIIIe siècle. L'analyse du répertoire formel de l'édifice confirme cette impression. La similitude des formes qui caractérisent ses deux phases de construction (similitude des portes en arc brisé, du parti de l'escalier, des fenêtres cintrées, des voûtes portées par un cordon d'imposte en quart de rond), invitent en effet à ne pas les créditer d'un écart chronologique trop marqué. En dépit de la spectaculaire discontinuité de parti manifestée par l'abandon des contreforts, il semble en fait que la seconde campagne ait suivi de peu l'achèvement de la première. Par ailleurs, à l'exception des contreforts, les analogies formelles qui rapprochent la "petite tour" de Saint-Laurent des tours de Castelnau-Bretenoux (après 1223), de Béduer (après 1215), de Cardaillac (vers 1227), voire de Castelnaud-Lachapelle (Dordogne), sont trop précises pour ne pas suggérer une proximité chronologique. Le parti de la porte d'entrée, intercalant un conduit couvert par une mitre à ressauts de quarts de ronds entre deux tableaux opposés en arc brisés, est l'exacte réplique de la porte de Castelnau-Bretenoux mais aussi de celle de la Tour de l'Horloge de Cardaillac. Le parti des escaliers dissociés, ouvrant par des portes hautes sur les salles, celui des cordons d'imposte en quart de rond filant sur les quatre faces, voire interrompus par des corbeaux, font également référence aux tours de Cardaillac et de Castelnau-Bretenoux, de même que l'adoucissement de l'arête des baies en un quart de rond à peine marqué. Le parti du caisson de latrines engagé dans l'un des contreforts renvoie en revanche à Puy-L'Evêque (après 1223), de même que celui des contreforts emboîtant les angles. L'ensemble de ces indices converge sur une datation plus tardive que celle habituellement retenue pour cet édifice qui, semble-t-il, porte davantage la marque de la première moitié, voire du deuxième tiers du XIIIe siècle que celle du siècle précédent. Il faudrait admettre dans ce cas que la "Tour-Blanche" mentionnée en 1178 parmi les possessions des vicomtes dont la garde était confiée Aymeric de Saint-Céré, désignait un autre édifice, aujourd'hui disparu. Les armoiries écartelées de Beaufort et Turenne permettent d'attribuer à Guillaume Roger III, comte de Beaufort, la construction de la tour nord-est (grosse tour) qu'il faut donc situer dans le troisième quart du XIVe siècle. Saccagé en 1586, pendant les guerres de Religion, le château est abandonné. En 1826, il est offert par son propriétaire au Département, qui refuse la donation. Le château est acquis en 1894 par Lafon de Verdier qui fait rebâtir le logis dans un style néo-médiéval. Le peintre Jean Lurçat l'achète en 1943 et y installe son atelier en décorant les murs, les plafonds et les menuiseries des portes et des fenêtres. De nombreuses oeuvres de l'artiste : tapisseries, peintures et céramiques y sont conservées et présentées au public.

 Le château occupe une position comparable à celle de l'ancien castrum de Turenne (Corrèze). Sur un piton calcaire de 130 x 50 m environ sont conservées deux tours quadrangulaires et les vestiges d'un ancien logis médiéval très modernisé à côté d'autres structures moins bien conservées et difficilement identifiables aujourd'hui. Au XIXe siècle, il restait outre les deux tours, un certain nombre de "masures" comportant plusieurs chambres et des cheminées, un puits, situé près de la grosse tour, et, près de la petite tour, les vestiges d'une chapelle (sans doute les vestiges de l'ancienne chapelle de Saint-Serenus) et d'une sacristie voûtée. La tour à contreforts dite "petite tour", implantée sur la face sud du castrum, occupe une position remarquable, en léger retrait de l'enceinte qui ceinturait l'ensemble. Avec 6,85 m de côté et 22 m de hauteur pour des murs épais de plus de 2 mètres, elle n'offrait qu'un espace intérieur particulièrement exigu, caractéristique des tours-beffrois. A l'exception d'une porte repercée au rez-de-chaussée, l'édifice n'a subi aucun remaniement depuis la période médiévale et présente donc un état de conservation remarquable. Au deux tiers de l'élévation actuelle, apparaît une césure radicale dans le parti architectural. Ce changement de parti se manifeste extérieurement par l'abandon des contreforts au profit de murs lisses, incitant à distinguer deux états successifs au sein de l'édifice médiéval.

 La tour "romane" est animée par huit contreforts symétriquement disposés au centre des faces et dans les angles de l'édifice qu'ils enveloppent. Ils sont épaissis à leur base par deux empattements dont l'un, particulièrement soigné, est adouci par une moulure en quart de rond, semblable à celle qui souligne la porte d'entrée de l'édifice. Les maçonneries, parementées de calcaire roux, y sont caractérisées par la présence de pierres de réglage sur chant, insérées dans les lits d'appareil. Au-dessus d'une salle basse couverte par un plancher, la tour primitive ne disposait initialement que d'une très haute chambre voûtée (10,14 m sous la clé), peut-être recoupée par un entresol établi au niveau du cordon d'imposte comme le laisse supposer la porte haute qui devait donner accès à cet entresol. La porte en arc brisé qui donne accès à la salle basse procède d'un percement moderne. Une trappe percée dans le premier plancher devait constituer l'unique accès de ce silo, par ailleurs totalement aveugle. Le premier étage constituait donc le niveau d'accès originel. Celui-ci s'opère aujourd'hui par un escalier de pierre, lié à l'enceinte et relié à la tour par une passerelle volante. Ce dispositif, reconstruit en partie à l'époque moderne, semble correspondre cependant à l'état ancien, comme en atteste un anneau de métal encore en place à la base de la porte d'entrée, sur lequel la passerelle devait s'articuler à la manière d'un pont-levis. La porte d'entrée, en arc brisé largement clavé et souligné par un mince quart de rond, ouvre au revers d'un contrefort. Elle disposait de deux tableaux opposés, dotés chacun de ses vantaux et d'une barre de fermeture. Entre les deux tableaux, le couloir est couvert par une mitre de quart de rond en ressauts se rejoignant au sommet, dispositif très semblable à celui que l'on observe à la tour de Castelnau-Bretenoux. Dans l'angle sud-ouest, un pan coupé correspondant à l'escalier en vis, réduit encore les dimensions de l'espace utile, ici de moins de 3 m de côté (2,92 m). L'escalier, à noyau formant marche, semble avoir initialement permis l'accès à un premier couronnement. A mi hauteur, il desservait des latrines ouvrant sur la même face que la porte d'entrée, ainsi qu'une porte haute (8,15 m), en arc brisé, ouvrant sur l'espace intérieur au-dessus du cordon d'imposte en quart de rond de la voûte en berceau. Une fente d'éclairage évitant le contrefort central, éclairait cette salle unique. Chanfreinée extérieurement, elle est couverte en berceau conique.

 La poursuite sur quelques assises de l'escalier en vis dans les maçonneries du dernier niveau qui l'ont condamné laisse supposer que celui-ci débouchait sur une ancienne terrasse sommitale qui couronnait l'édifice primitif. Cette hypothèse est confirmée sur les élévations extérieures par l'arrêt net des contreforts à la même hauteur. L'étage supérieur aux élévations lisses, établi au-dessus du sommet des contreforts de la tour, résulte manifestement d'une surélévation de l'édifice originel. Un larmier couronne ici le raccord des ouvrages et l'effacement des contreforts. Intérieurement, la surélévation correspond à une chambre haute, voûtée en berceau. Interrompant le cordon d'imposte en quart de rond, semblable à celui de la voûte inférieure, on note cependant une série d'épais corbeaux et de trous d'encastrement, suggérant comme à l'étage inférieur, qu'un plancher intermédiaire pouvait isoler un entresol sous la voûte. A mi-hauteur, une autre série de trous d'encastrement marque manifestement un niveau de palier, lié à un ancien escalier de charpente disparu. Celui-ci donnait accès par une porte en arc brisé, à un second escalier en vis, dissocié du premier et logé à l'angle opposé, dans un épaississement de maçonnerie porté par un encorbellement. Une fenêtre en plein cintre, semblable à celle du niveau inférieur, une armoire murale et un conduit intramural coudé complétaient l'équipement de ce dernier niveau. Le conduit coudé évoque par son tracé les dispositions d'une latrine. Il ne débouche cependant sur la face sud, que par une simple fenêtre, couverte par un linteau sur coussinets.

 Éléments protégés MH : les ruines du château : classement par liste de 1889. Les tours, les vestiges de l'enceinte et le sol compris à l'intérieur, le château et ses éléments de décor : classement par arrêté du 26 avril 1988. 

 château de Saint Laurent les Tours 46400 Saint Laurent les Tours 

 Téléphone : 05 65 38 28 21

   

Château de Saignes

En 1379, Bertrand de Lagarde, originaire d’Argentât, acquiert la seigneurie de Saignes. Vraisemblablement, le château existe déjà, fortifié, à l’écart du village, construit sur une colline escarpée, qui est désigné comme étant le "castrum de Siognâ". Pierre de Lagarde de Saignes, cinquième du nom, qui va naître à Saignes, connaîtra une carrière fulgurante. En 1518, François 1er le nomme conseiller au parlement de Toulouse. L’année suivante, il est envoyé comme ambassadeur extraordinaire en Écosse pour dissuader le roi de ce pays d’épouser la fille d'Henri VIII d’Angleterre, et resserrer l’alliance avec la France. Varillus dira "qu’il y réussit à force de conférences avec le Conseil d'Écosse, et après plusieurs discours prononcés au Parlement", confirmant par là la verve légendaire du personnage. Sa mission accomplie, Pierre de Lagarde sera ensuite envoyé à la cour du Portugal, afin d’y régler l’épineux problème de l’emprunt de 400000 écus engagés pour payer la rançon du roi et hâter la délivrance du dauphin et du duc d'Orléans. Comblé d’honneurs et de biens en récompenses d’aussi éminents services rendus à la royauté, Pierre de Lagarde se retirera en son château de Saignes, où il mourra en 1566. Sous Louis XIII, le château sera assiégé par des troupes protestantes, car son propriétaire, René de Lagarde, petit-fils du précédent, successivement gentilhomme de la maison du roi Charles IX, maître de camp du régiment du Quercy sous Henry IV, avait vaincu les protestants à Maurs (en Auvergne). Un de ses fils se distinguera dans les guerres de Guyenne, et sera tué à la bataille de Montauban. Le dernier représentant de cette famille, Henri, vicomte de Palaret, comte de Saignes, devenu une espèce de clochard, misanthrope et hargneux, mourra, solitaire et misérable, en son château, en 1923.

Le château de Saignes comporte deux bâtiments importants, dont l’un est composé d’un corps rectangulaire à trois niveaux, d’une tour carrée munie d’une tourelle en encorbellement, et d’une grosse tour circulaire dont la base est entourée d’un ouvrage percé de meurtrières. Les tours, couvertes de lauzes, sont ceintes de mâchicoulis. L'autre bâtiment comprend un corps rectangulaire et deux tours découronnées. L'ensemble date du XVIe siècle. En contre-bas de l’enceinte fortifiée, une chapelle a la porte surmontée des armes des Lagarde "D'azur, à une épée antique d'argent en bande, au-dessus, couronne de marquis, en support, deux lions". 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, les sols portant le château, les dépendances ainsi que la chapelle: inscription par arrêté du 21 janvier 2002. 

 château de Saignes 46500 Saignes 

 Téléphone : 06 75 36 37 90

Château du Roi

Palais urbain d'époque médiévale construit au XIVe siècle pour Pierre de Via, beau-frère du pape Jean XXII. Palais remanié au XVIIe siècle, puis transformé en établissement pénitentiaire. L'ancien phare du XIVe siècle, qui servait à indiquer aux bateliers le port de Cahors, serait en fait une cheminée (actuellement déposée). L'ouvrage se présente sous la forme d'une colonne octogonale construite en briques et flanquée, à partir de son tiers inférieur, d'un petit contrefort. A la partie supérieure, cette colonne est surmontée d'une lanterne en pierre coiffée d'une petite pyramide octogonale en briques, couronnée par un fleuron en pierre.111 Palais construit probablement pour Pierre de Via, neveu du pape Jean XXII, dans la 1ère moitié du XIVe siècle, avant 1337, date de sa mort. Le palais devient le siège de la sénéchaussée peut-être au milieu du XVe siècle. A la Révolution, la prison fait l'objet d'un projet d'aménagement qui n'est pas réalisé. L'édifice est en partie reconstruit entre 1829 et 1835 par l'architecte départemental Malo dont le projet s'appuie sur une esquisse de Gourlier, inspecteur général au Conseil général des Bâtiments civils. 

 Éléments protégés MH : ancien phare, situé sur un mur dépendant de la prison départementale : classement par arrêté du 7 novembre 1922. La tour du château du Roi : inscription par arrêté du 21 octobre 1925. L'ancien palais: inscription par arrêté du 7 juin 1996. 

 château du Roi 46000 Cahors 

 Téléphone : 05 65 53 20 65

 

Château du Roc

Le château domine la vallée de la Dournelle. À ses pieds s’étale le village médiéval de Fons, autrefois nommé "Exartellis", lieu privilégié dès le haut Moyen Âge où s’installe, vers 972, un monastère qui deviendra par la suite un prieuré bénédictin considérable. La seigneurie deviendra sous Philippe le Bel, en 1302, propriété royale. Bâtie, comme son nom l’indique, sur une roche importante dont le sous-sol est creusé par des grottes innombrables, la demeure dresse sa haute et belle silhouette qui se mire dans les eaux calmes d’un étang peuplé de nénuphars. Tout ici respire la sérénité d’un lieu devenu, par la grâce de ses hôtes, un havre de paix et de beauté. Il en fut, naguère, tout autrement. Le Roc a été le théâtre de batailles âpres et sanglantes sous des cieux moins propices à la douceur de vivre. Sans doute construit sur l'emplacement d’une petite forteresse dont la mémoire se perd dans la nuit des temps, il est probablement l’œuvre d’Antoine Prudhomme, en 1570. Issu d’une noble et riche famille de marchands, originaire du Rouergue, installée à Fons depuis la seconde moitié du XVe siècle, le seigneur du Roc portait "D'azur à trois tours crénelées d'argent, maçonnées de sable 2 et 1". Sa devise, Prudencia vincit omnia, signifiait: Prudence triomphe de tout. Pendant la guerre de Cent Ans, les services rendus par Jean de Prudhomme lui valurent de recevoir la charge de viguier royal de Figeac. Sous les guerres de Religion, Fons, restée fidèle à la religion catholique, encerclée par les possessions protestantes, devint, outre un asile, un véritable symbole pour tous les catholiques quercynois. Ses gentilshommes, les Prudhomme étant les premiers d’entre eux, adhérèrent à la Ligue. Le 10 mars 1622, le duc de Sully et son fils le comte d’Orval vinrent mettre le siège aux abords du village que François de Cardaillac avait, à la tête de ses troupes, repris peu auparavant aux protestants. François de Cardaillac, grand seigneur des environs, sortit de la place pour aller en reconnaissance. Mal lui en prit: il se fit piéger au bord de l'étang du château du Roc. Mortellement blessé, il fut transporté dans les murs du château, où il mourut le lendemain.

 Au siècle suivant, la Révolution viendra troubler la quiétude des lieux. En 1791, des bandes armées venues de Figeac mirent le feu aux biens des Prudhomme. Après la destruction totale de leur château de Plaisance, situé non loin de là, la vieille demeure du Roc subira, à son tour, la vindicte populaire. Heureusement, l’incendie déclenché ne détruisit qu’une tour. Mais en 1793, les vieux murs seront à nouveau l’objet d’une attaque organisée par des paysans. Les mâchicoulis furent alors démantelés. Seule, une pierre résista à la fureur républicaine, qui indique toujours le niveau où ils étaient placés. Les déboires n’étaient pas terminés pour autant. En 1794, ordre fut donné d’araser les deux tours rescapées, ce qui fut scrupuleusement exécuté. Le dernier vicomte de Prudhomme, qui avait émigré après la destruction partielle du Roc, entreprit à son retour, vers 1800, la reconstruction de sa demeure. Le neveu de celui-ci, le colonel de Cornély, officier de cavalerie, décida de moderniser sa propriété en 1868. Il fit supprimer les bâtiments de ferme situés au sud du château, et fit ériger plus loin, de l’autre côté de la route, un somptueux haras, bâtiment à deux tours, chapeauté d’une monumentale toiture soutenue par une imposante charpente en carène renversée. Cette étonnante écurie sert maintenant de grange et d’étable. La tradition orale colporte encore de nos jours l’histoire suivante: lorsque la construction de l’écurie fut sur le point d’être terminée, le colonel de Cornély, afin de ne pas renvoyer ses ouvriers à la misère due au phylloxéra, ordonna qu’on rasât l’édifice pour le ecommencer, et ceci, deux fois de suite ! Il faut avouer que l’histoire, fût-elle vraie ou fausse, a la beauté des légendes chevaleresques... Héritiers des Cornély, les Dufau de La Roque, originaires du Rouergue, occuperont Le Roc jusqu’au lendemain de la dernière guerre. Le château est composé d’un corps de logis carré, cantonné par deux tours rondes dont la toiture fut refaite après leur arasement. Un corps de logis en retour d’équerre prolonge la façade ouest, datant de la reconstruction conduite après la Révolution. Outre l’étang romantique, le parc possède une série étonnante de trois lavoirs alimentés par une source dont l’eau coule naturellement chaude. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, le système hydraulique du parc (bassins, nymphée et étang) et les dépendances, à l'exclusion du pigeonnier : inscription par arrêté du 7 décembre 1993.

 château du Roc 46100 Fons

 

Château de la Rauze

Situé dans la riche contrée du Limargue, non loin de l’antique voie romaine Limoges-Capdenac, le château fut construit au XVIIe siècle, sur l'emplacement d’une construction antérieure dont seule la tour est le témoin. Ce premier repaire fut la possession d’une famille de gentilshommes-verriers, les Colomb, qui reçurent les terres de La Rauze de leur seigneur, les Cardaillac de Lacapelle. Ils demeurèrent à La Rauze jusqu’à la fin du XVIe siècle. Ils y sont encore attestés en 1576, pendant les guerres de Religion. Le château de la Rauze fut ensuite la propriété d’un notaire de Lacapelle-Marival, Maître Hug, dont les fils ajoutèrent par la suite à leur nom celui de La Rauze. Après la période révolutionnaire, une famille de marchands, les Rochy, dont l’origine remonte au XVe siècle, font l’acquisition de la demeure. Deux corps de bâtiment en L forment le plan de l’édifice. Trois tours carrées flanquent les angles sud, est et ouest. La tour est, la plus ancienne, repose sur une salle basse voûtée et a conservé d’étroites meurtrières. L’ensemble du bâtiment est chapeauté par une haute toiture de style Renaissance percée de lucarnes à frontons sculptés. La cour intérieure est fermée par un mur couronné de merlons et percé de canonnières. D’allure sévère, mais de proportions harmonieuses, la demeure ouvre ses portes, chaque été, à un festival de musique classique. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, à l'exclusion des communs : inscription par arrêté du 14 novembre 1979. 

 château de la Rauze 46120 Le Bourg

 

Château de Puy-Launay

L'austère château de Puy-Launay dresse sa puissante silhouette au sommet d’une colline dominant les vallées du Bervezou et de la Burlande, au milieu du paysage sauvage et verdoyant des marches du Cantal. Cité dès le XIIIe siècle, le fief, situé sur les terres de l’abbé d’Aurillac, subira au cours du temps une modification de son nom. Dénommé "Puech Léonès" dans une reconnaissance datée de 1279, il est devenu dans le dénombrement de 1504 "Puech Launès". L’occitan Pech (signifiant colline) se francisera ultérieurement en Puy, et notre XXe siècle parachèvera la transformation de Launès en Launay. En 1279, Rigal Guignabert, dont on ignore tout, est en possession du fief. Au siècle suivant, celui-ci est l’apanage d’une famille noble, les Rabassier. En 1438, l’alliance de leur héritière avec Eustache de Narbonnès apporte dans l’escarcelle de cette lignée la seigneurie de Puy-Launay. Puissante famille de la contrée, les Narbonnès vont conserver ce bien pendant cent soixante-dix ans. De nombreux conflits surgiront entre les seigneurs du lieu et leur parenté ou leurs voisins, à propos de droits de succession ou de revendications territoriales. D’interminables procédures, caractéristiques de l’Ancien Régime, et véritables mannes pour les hommes de loi de ces temps, se succéderont jusqu’au décès, sans postérité, de Jean de Narbonnès, en 1602. Sa veuve, Jeanne de Luzech, se remarie l’année suivante avec Louis Ferdinand de Lostanges. Continuant la tradition familiale, les sœurs de son premier mari engagent un procès pour revendiquer la seigneurie de Puy-Launay. En 1607, un accord intervient, qui a pour conséquence le démembrement du fief.

 Le château échoit à Balthasard de Cadrieu, fils d’une sœur de feu Jean de Narbonnès. Malgré tant d'efforts déployés par les Narbonnès pour garder Puy-Launay, le petit-fils n’hésitera pas à vendre la demeure, en 1658, à un président de l’Élection de Figeac, Guillaume de Dumas. Ce dernier avait racheté précédemment les terres dévolues en 1607 aux Lostanges. L'ancien domaine de Puy-Launay se retrouve ainsi reconstitué. Et ce, pour cent vingt ans. Après la mort de Guillaume de Dumas, le fief devient la propriété de sa fille, épouse du marquis de Bournazel, Belcastel et autres places. Leur propre fille, mariée à un Durfort-Boissières, hérite à son tour de Puy-Launay. En 1786, Alphonse-Armand de Durfort-Boissières vend la seigneurie à messire Étienne de Palhasse, chevalier, seigneur de Salges et Réveillon, se réservant le droit d’usufruit jusqu’à sa mort. La Révolution qui éclate trois ans plus tard, abolit les droits féodaux, et entraîne quelques difficultés pour son nouveau propriétaire. Heureusement, la bonté du baron de Durfort-Boïssières, acceptant de le dédommager, bien qu’il n’ait pas fini de payer son bien, permettra à Étienne de Palhasse de vivre au château jusqu’à sa mort, en 1803. Ses enfants refusent alors la succession. Le tribunal organisera une vente judiciaire en 1812. C’est un avoué de Millau, Antoine Chassari, qui s’en porte acquéreur. L’adjudication comprend, outre le château, toutes les terres et métairies de l’ancienne seigneurie, soit environ cent dix hectares. Acheté dans un but spéculatif, le domaine sera, par la suite, divisé en lots, que son nouveau propriétaire vendra petit à petit, en fonction des opportunités du marché. C’est ainsi qu’en 1834, Pierre Bel fera l’acquisition du château dont le parc s’est réduit à deux hectares. Depuis lors, et avec bonheur, la demeure appartient toujours à ses descendants.

Le château de Puy-Launay, qui semble remonter à la deuxième moitié du XVe siècle, est composé par deux corps de logis rectangulaires accolés l’un à l’autre sur leur côté le plus long. La façade sud est cantonnée par deux tours circulaires découronnées sous la Révolution à hauteur des mâchicoulis, et qui étaient auparavant d’inégale hauteur. Une tour carrée, elle aussi arasée à la même époque, abrite l’escalier en vis desservant les étages. De son époque défensive, un chemin de ronde, en briques et pans de bois, subsiste encore sur les façades nord et est, ainsi que, sur la façade sud, des consoles de hourdage. Un inventaire détaillé de l’édifice, datant de 1607, évoque la présence de deux basses-cours successives, et d’un mur d’enceinte flanqué de deux tours, qui sont devenues, en 1607, l’une un pigeonnier, l’autre, une chapelle. On accède au château par une porte moulurée sous un arc brisé, dont le tympan porte les armes des Narbonnès "De gueules à une tour d'argent". Le sous-sol a conservé les fondations du donjon primitif dont les murs sont percés de meurtrières. La cuisine possède une belle cheminée de pierre. C’est aussi le cas de la grande salle, qui a, en outre, conservé ses belles peintures de la Renaissance. Les poutres du plafond ont été recouvertes, au XVIIe siècle, d’un décor polychrome exubérant et chatoyant, composé de cartouches, de rinceaux, de fruits et de fleurs.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures; la grande salle du premier étage avec son décor peint et sa cheminée monumentale; la chambre du premier étage de la tour Sud-Est avec son décor peint; la chambre dite de François 1er au premier étage avec sa cheminée et son décor peint; le plafond de la grande salle du deuxième étage; le plafond de la chambre du deuxième étage donnant à l'Ouest: inscription par arrêté du 30 mai 1989. 

 château de Puy-Launay 46270 Linac

 

Château de Pestillac

Une végétation luxuriante enserre les ruines austères de Pestilhac d’un étau implacable. Dominant la vallée de la Thèze, la forteresse, au XIIIe siècle, surveille l’endroit où serpente l’antique voie Moissac-Gourdon. Elle autorise ou interdit le passage au gré des humeurs de ses seigneurs: les Pestilhac, vieille, noble, puissante et redoutable famille. Face à la forteresse, sur le plateau voisin, un petit castrum construit par leurs soins, verrouille la vallée. Issus d’une lignée dont les aïeux ont participé aux croisades de 1096 et de 1099, avec les barons de Luzech, les Pestilhac restent fidèles au comte de Toulouse pendant la guerre des Albigeois. En représailles, Simon de Montfort va, en 1215, confisquer une partie de leurs terres au profit de l’évêque de Cahors. Plus tard, le roi de France, Philippe le Bel, ordonnera la création d’une bastide à l’emplacement de leur castrum. Guy de Cabrier, Sénéchal du Quercy, en dirigera la construction. Ce sera la bastide de Montcabrier. Pendant la guerre de Cent Ans, Amalvin de Pestilhac et son frère Guillaume vont épouser la cause des Anglais, avec une hargne démente que seule la haine vouée à l’évêque de Cahors et au roi de France peut expliquer. Aidé par une armée composée de soldats des seigneurs locaux dévoués au parti anglais, Amalvin va ravager pendant des années toute la région, des Arques à Belaye, semant la peur et la désolation. Cette vague de terreur, additionnée d’une succession de procès et de recours à la haute justice pour contester l’appropriation de ses biens par le roi de France attirera sur Amalvin la haine de ses contemporains. En 1369, sur le plateau de Pomarède, Amalvin sera surpris par les armées du seigneur de Marminiac, Pierre Sanglet, revenant du siège de Domme. La bataille sera à la hauteur des protagonistes, terrible: Amalvin sera décapité par le seigneur de Marminiac, dont l’armée investira ensuite Pestilhac. La forteresse sera rasée. Le temps de gloire et de splendeur de Pestilhac est définitivement clos.

Les ruines s’échelonnent à flanc de colline. Une tour isolée dresse encore deux pans de murs lézardés où s’accroche une végétation tenace. Plus haut, de l’église et sa chapelle attenante, surgissent, fantomatiques silhouettes parmi la broussaille épaisse, les ruines pathétiques. Dans la chapelle, l’abside semi-circulaire, voûtée en cul de four, clôt la nef rectangulaire. Une petite fenêtre est percée en son milieu. Des traces infimes de peintures subsistent dans la partie gauche de l’abside. Pour une raison inconnue, l’axe de cette chapelle n’est pas parallèle à celui de l’église, si bien qu’un intervalle d’une soixantaine de centimètres sépare les angles nord-ouest des deux édifices. Le chœur de l’église comporte une travée droite voûtée en cul de four, décorée de sept arcatures soutenues par des colonnes. Cinq fenêtres percent le chœur. Dans le fond, au sud, les vestiges d’une tribune luttent contre l’écroulement définitif. Une arcade ample et gracieuse orne le bas du mur ouest. À l’extérieur, la porte nord, à plusieurs voussures, ayant à sa gauche un début d’archivolte à billettes, monte la garde, dérisoire gardienne du temple. 

 Éléments protégés MH : l'église et château de Pestillac (ruines) : inscription par arrêté du 16 février 1926. 

 château de Pestillac 46700 Montcabrier

   

Château de la Pannonie

Planté au sein des bois qui portent son nom, sur le causse aride de Gramat, l’imposant château de La Pannonie déploie ses ailes avec la majesté toute aristocratique qui sied à son ampleur. Étonnante demeure au milieu du paysage âpre et dépouillé, comme surgie d’un coup de baguette magique d’une page de conte de fées. Nous sommes là sur les terres d’une ancienne grange cistercienne de l’abbaye d’Obazine, que cette dernière inféode au XVe siècle à un marchand de Rocamadour, Pierre Lagrange. De la présence religieuse dans les lieux depuis le XIIIe siècle, il ne subsiste rien. L’aile la plus ancienne de la demeure est le vestige du repaire construit par Pierre Lagrange dans la deuxième moitié du XVe siècle. En 1546, Michel Lagrange, son descendant, obtient de l’abbé d’Obazine l’autorisation d’ajouter des éléments défensifs sur l’édifice: tours canonnières et créneaux. Un siècle plus tard encore, Jean Magdelon de Lagrange, qui avait épousé Charlotte de Gozon-Valon, fait construire une petite église à côté du château, que l’on peut toujours admirer. Mais la fortune de la famille décline fortement et son fils est amené à vendre le domaine à un conseiller du roi, contrôleur des décimes du diocèse de Cahors, Pierre-Antoine Vidal de La Pize, qui débourse pour ce faire 30315 livres 10 sols 5 deniers. Cette nouvelle famille sera anoblie en 1731, lorsque Jean Vidal de La Pize est nommé garde des Sceaux à la Chancellerie du parlement de Toulouse. Elle portera "D'or à la bande de gueules et à la bordure de sable chargée de sept étoiles d’or". En 1723, interviennent d’importants travaux, ainsi l'aile méridionale est restaurée et devient la façade principale sur le parc. En 1765, l’aile occidentale est construite sur le padouan. L'intérieur du château va bénéficier d’une décoration soignée, voire luxueuse. Des peintures sont mises en place, provenant du château ruiné de Saint-Sulpice et un décor de gypserie va orner différentes pièces du rez-de-chaussée.

 À la veille de la Révolution, La Pannonie est ainsi devenu, par la grâce et l’aisance de ses propriétaires, un des plus somptueux châteaux de la province, mais peu de temps ! La vindicte révolutionnaire malmène la beauté harmonieuse des lieux: les tours sont arasées, les toitures, les rampes d’escalier et les balcons sont arrachés. L'importance des dégradations entraînera la démolition de l'aile septentrionale. Le maître de maison ayant émigré, le château et les terres sont confisqués. L’obstination de deux filles du seigneur, appelées les "tantes de La Pannonie", auront raison de la fureur populaire. En vendant tous leurs autres biens, elles réussiront à racheter le château pour la somme de 205015 Francs. Leur plus jeune frère, Louis-Antoine, caché par des paysans durant toutes les années de la tourmente, pourra ainsi recouvrer sa maison. Son fils sera à l’origine de la seconde vague de restauration des murs, entreprise dans la deuxième moitié du XIXe siècle: la toiture, l’aménagement intérieur de l’aile méridionale notamment. Mais surtout, Jean Vidal de La Pize va créer le parc, tel qu’il existe encore de nos jours, et l’agrémenter d’eau qu’il fera venir par des canalisations en terre cuite du plateau voisin de la Méjancerie. Le château passera ensuite, faute d’héritier mâle, à l’une des filles de la famille qui a épousé le baron de Saint-Vincent, dont les descendants occupent toujours la propriété, avec bonheur et courage.

 L'édifice épouse un plan en U. Le corps de bâtiment principal possède côté cour une façade liée aux ailes en retour d’équerre par des arrondis et, côté jardin, une belle façade régulière. Elle est munie en son milieu d’un avant-corps en saillie surmonté d’un fronton triangulaire. Une toiture d’ardoise à la Mansart, ponctuée de lucarnes dans le brisis, chapeaute l’ensemble du bâtiment. Le corps de logis le plus ancien, constitué par l’aile nord du château, présente un arrachement, au nord-ouest, semblant indiquer la présence d’une quatrième aile qui fermait la cour. D’autres arrachements, présents sur son angle nord-est, sont vraisemblablement les témoins d’une tour canonnière du XVIe siècle. Le logis repose sur une cave voûtée en anse de panier d’une hauteur de 3,40 mètres. Le rez-de-chaussée présente la même voûte. Il contient une cheminée monumentale aux piétements à colonnettes. La grande salle du premier étage est éclairée par des croisées à moulurations soignées, et présente dans l’épaisseur de ses murs des meurtrières rondes pour couleuvrines. On accède à la cour, ou padouan, par une haute porte ouverte dans l’aile ouest, comportant les armoiries des Vidal La Pize et des familles alliées surmontées d’une couronne de comte avec le devise des lieux: "Tout à Dieu, Tout à mon roi". 

 Éléments protégés MH : le château, y compris les terrasses, les murs de soutènement et le sol de la cour d'honneur : classement par arrêté du 20 juillet 1992. La dépendance : écurie, grange, serre et faisanderie, ainsi que le parc, avec ses bassins : inscription par arrêté du 27 décembre 2012. 

 château de la Pannonie 46500 Couzou 

 Téléphone : 06 80 71 60 31 

 

Château de Nadaillac-de-Rouge

Face à l’église du village le château dresse sa silhouette austère et dépouillée. Des seigneurs de ce nom apparaissent déjà, au XIe siècle dans des actes du cartulaire de l’abbaye de Tulle, sur ces terres de Nadaillac qui relèvent de la châtellenie de Belcastel. À ceux-ci succède dans les lieux une famille bourgeoise originaire de Gourdon, les Manha. En 1445, le mariage d’Alamande Manha avec un notaire de Gourdon, Guillaume du Pouget, apporte la seigneurie à cette lignée de robe. La guerre de Cent Ans vient enfin de se terminer, après des décennies d’occupation anglaise, de pillages opérés par les compagnies de routiers, de désordres et de dévastations qui ont entraîné la désertification des campagnes quercynoises. Les seigneurs feront appel à la population limitrophe, voire plus lointaine, afin de repeupler la province et exploiter à nouveau les terres. L’accensement collectif sera le moyen le plus répandu pour réaliser ces deux objectifs. Le nouveau seigneur de Nadaillac procède de cette façon pour redonner vie à ses terres, en outre, il acquiert de nouveaux fiefs, dont celui du Repaire, qu’il pourra ainsi, en temps voulu, octroyer à son fils Étienne. Les Du Pouget s’acheminent ainsi, via des alliances judicieuses et l’acquisition de biens nobles, vers la noblesse de fait. À partir de 1500, c’est chose faite; ils sont systématiquement qualifiés de nobles dans tous les textes les concernant. En 1504, Pierre du Pouget dénombre au roi ses biens de Nadaillac en toutes justices, qu’il déclare tenir de M. de Belcastel. Leurs descendants serviront l’armée française. Ainsi François de Nadaillac, mousquetaire du roi depuis 1721, qui prendra part à la campagne de Flandre, participera-t-il à la célèbre bataille de Fontenoy en 1745, où le maréchal de Saxe, sous les ordres de Louis XV, battit les Anglais et les Hollandais. La tradition orale rapporte qu’au moment de la naissance de son fils, il aurait dit au roi: "Sire, vous avez un soldat de plus", et Louis XV aurait rétorqué: "Tant mieux s’il doit ressembler à son père" !

 Le château est précédé au sud par une longue cour bordée par deux bâtiments de communs, à un seul niveau, couverts de tuiles plates. La façade principale de l'édifice est cependant au nord, du côté de l'église, donnant sur une petite cour fermée par des ailes en retour d'équerre et un mur de clôture ; une tour d'escalier polygonale est placée à l'angle du corps principal et de l'aile ouest. Les vestiges d'une construction du XIIIe ou du XIVe siècle se trouvent uniquement aux deux premiers niveaux dans le corps principal : pierre de taille et porte à l'étage couverte d'un arc brisé dans l'élévation ouest, pierre de taille et cordon interrompu par les fenêtres dans l'élévation nord. La reconstruction du milieu du XVIe siècle se caractérise par des fenêtres à croisées seulement chanfreinées dont les appuis saillants sont coupés en biais et des bouches à feu à ébrasement rectangulaire à ressauts ; la porte de la tour d'escalier, à larmier en accolade (surmontée d'une tête à coiffure Renaissance) fait figure d'archaïsme à cette date-là. D'autres éléments sont difficiles à rattacher à un état précis sans une étude des bâtiments : tête de mur appareillée en haut de l'élévation nord du corps principal, près de l'angle nord-ouest, pignons découverts intermédiaires, dont un à crochets, du corps principal, corbeaux en quart de rond en partie haute de l'extrémité ouest de l'élévation sud. La lucarne de toit de l'aile est, du XVIIe siècle, est à fronton curviligne ; dans cette aile présence d'une petite chapelle à "voûtes nervurées", et dans l'aile ouest des cuisines, indiquant encore que l'étage de soubassement du corps principal et de l'aile est était constitué de grandes salles voûtées avec meurtrières en forme de croix du côté de la cour. La porte de l'élévation sud, à moulures grasses, est surmontée d'un entablement sur lequel est placé un écu où l'on voyait encore en 1961 les traces des armoiries peintes des du Pouget.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château de Nadaillac de Rouge : inscription par arrêté du 10 mai 1999. 

 château de Nadaillac de Rouge 46350 Nadaillac-de-Rouge

 

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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