La maison noble de la Sécardaye appartenait en 1430 à Jean de La Celle dont le fils fut gouverneur de la ville et du château de Saint-Aubin-du-Cormier. Le domaine relevait du marquisat du Bordage en Ercé-près-Liffré. La famille de la Celle, comtes de Châteaubourg en 1713, en reste aujourd'hui le propriétaire.Charles-François de la Celle, conseiller au Parlement de Bretagne, époux de Bénigne de Chateaubriand, sœur de l'écrivain, fait démolir le manoir primitif en 1756, et commandite une nouvelle demeure à un ingénieur et architecte rennais, Antoine Forestier dit le Jeune. Les plans sont approuvés le 21 janvier 1758 et la construction, confiée à deux artisans maçons de Mortain, en Normandie, est achevée en 1760.Le coût de la construction est estimé à 36000 livres.
Les époux commanditaires demeurant principalement au château de Plessis-Pilet à Dourdain, La Sécardaye ne fut toutefois jamais entièrement achevée. Au décès de Charles-François de la Celle, dans les années 1770, l'étage mansardé est en attente d'aménagement et la salle à manger n'est pas garnie de boiseries. Celles-ci seront posées par son épouse dans les années 1830.Vendue comme bien national en fin d'année 1794, la propriété est rachetée par Bénigne dès septembre 1795.L'ensemble des éléments construits à la Sécardaye s'organise autour d'une cour d'honneur ouverte vers le nord. Le corps de logis principal occupe le côté sud ; les anciennes écuries, retraite à porcs, aménagées selon la date portée en 1712, dans les vestiges du logis primitif occupent le côté ouest ; un bâtiment d'écurie construit dans la seconde moitié du 19e siècle, en remplacement de communs en pierre et pans de bois se trouve sur le côté est ; une chapelle reconstruite en 1608 s'élève au nord-est ; un jardin avec une terrasse talutée bordée de très vieux tilleuls occupe sur le côté est, au sud de la maison.
Le colombier au nord de la cour et le puits au centre de cette dernière ont disparu.Dans le parc, on voit encore l´avenue Chateaubriand autrefois bordée de châtaigniers où l´écrivain aimait à se promener. Cette allée a été replantée de chênes et se termine sur un champ. Autrefois, elle aboutissait à une autre avenue perpendiculaire, encore indiquée au cadastre, et qui devait se prolonger, à l´est, jusqu´à l´ancienne route. Le château accueillit souvent l'écrivain qui rédigea ici une partie des Mémoires d´Outre-Tombe. Édifiée à l'angle nord-est de la cour d'honneur par les seigneurs de La Sécardaye, la chapelle du château, dont la date de construction figure sur la porte principale, comporte un autel massif en granite dans lequel est incrustée la pierre d´autel contenant la relique indispensable au culte catholique. Cette plaque de marbre mentionne que la chapelle a été consacrée à Dieu et placée sous le patronage de saint Pierre, le 16 mai 1609, par l'évêque de Rennes, Mgr Larchiver, et porte l'écusson des la Celle et des Porcon.
L'union de ces deux familles apparaît également sur le panneau peint du retable de la chapelle représentant l'Adoration des Mages, daté de 1610, sur lequel Pierre III de La Celle et Françoise-Anne de Porcon figurent en très bonne place. Ainsi, la Vierge tient l'Enfant dans ses bras auquel le mage noir, genou à terre, offre ses présents. Les commanditaires sont représentés, à genoux : à gauche Pierre de la Celle et, derrière lui, saint Pierre ; à droite, Françoise-Anne de Porcon, son blason peint sur sa robe, et, derrière elle, sainte Anne. La pierre d´autel contient la relique de l´une des légendaires onze mille vierges qui trôneront près du Christ lors du Jugement dernier.
Éléments protégés MH : le château et sa chapelle, ainsi que le jardin sud avec la terrasse talutée et l'allée dite Châteaubriand, placée dans l'axe de la cour nord, en totalité : inscription par arrêté du 22 juillet 2004.
château de la Sécardais 35140 Mézières-sur-Couesnon