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Château de Grezels

Du premier château médiéval, situé à la pointe d’un éperon rocheux, construit par les chevaliers de Guiscard au XIIIe siècle, subsistent quelques vestiges du donjon carré noyés dans les maçonneries du château qui lui succéda au cours la première moitié du XVIIe siècle. Restée aux mains des Guiscard entre les XIIIe et XVIIIe siècles, il passe aux Durfort à la suite d'un mariage en 1773. Confisqué durant la Révolution, il est vendu comme bien national avec le domaine qui comptait plusieurs métairies et moulins. Le chateau est acquis en 1846 par un négociant de Grézels qui démolit l'aile gauche afin de réutiliser les matériaux, il demeure dans cette famille jusqu'en 1942. Passé aux mains de plusieurs propriétaires, il est acquis en 1983 par Gervais Coppé qui s'attache à restaurer les batiments. C'est un grand quadrilatère composé d’un corps de logis principal flanqué de deux pavillons, d’une aile étroite au nord et d’une enceinte armée de deux tours rondes refermant le périmètre d’une cour d’honneur.

 Éléments protégés MH : Château, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 8 décembre 1961. Façades et toitures, sol de la cour : classement par arrêté du 25 avril 1997. 

 château de Grezels 46700 Grézel

 

Château de Geniez

Dès le XIIe siècle, une tour de défense est attestée sur cet éperon rocheux qui surplombe la vallée du Célé. Emplacement stratégique par excellence au XVe siècle, le lieu est serti par une enceinte flanquée à son angle nord-ouest d’une poivrière. Le château appartient aux seigneurs de Geniès, "la maison de Geniès est une maison noble et ancienne exempte de toutes tailles et autres charges, avec toute justice qui a été battue de diverses fois du canon pour le service du roi et a résisté aux incursions des ennemis de l’État. Les aïeux du produisant en étaient seigneurs et d’une si longue étendue de temps qu’ils en ont tiré leur nom", ainsi qu’il est exprimé dans un texte réunissant les preuves de noblesse de François de Geniès en 1666. Pendant les guerres de Religion les seigneurs de Geniès deviennent protestants. Claude de Saint-Sulpice, leur voisine, en fait part au baron de Biron en 1569: "Nous avons ici des voisins qui n’ont cessé toute cette année et ne cessent encore de nous faire journellement beaucoup de fâcheries, causant sur les terres de M. de Saint-Sulpice et de M. de Marcilhac mon frère, ruines et mettre en extrème pauvreté nos paysans et pauvres sujets. Je vous les ai bien voulu nommer, à savoir M. de Geniès". En 1576, Gilbert II de Geniès vend son domaine à Pierre de Peyronnenc de Saint-Chamarand. En 1610, l’héritier Bertrand de Peyronnenc, sénéchal d’Agenais cède le fief à Jean Viguier de Fraust de Souhols. Le château devient alors le centre d’une vaste exploitation agricole. En 1748, Jacques Salgues, notaire du proche village, rachète terres et demeure. Les deux siècles qui suivent voient la confirmation des lieux en exploitation rurale. Certains des maîtres de maison innovent dans les productions: tabac, fraises, safran, et les élevages, vers à soie entre autres. Ils agrandissent les bâtiments agricoles, mais se soucient aussi d’améliorer la décoration intérieure du château, afin d’y pouvoir vivre de manière agréable. L’impératrice Eugénie fera un bref séjour dans les lieux. Après la Première Guerre mondiale, le déclin de Geniès s’amorce. L'exploitation agricole, peu à peu, périclite. Mais la vieille demeure survit, grâce aux soins des descendants de la famille Salgues, toujours présents dans les lieux.

 Le château de Géniès est implanté sur un promontoire rocheux dominant une boucle du Célé. Il se compose de deux corps de bâtiments principaux encadrant une cour quadrangulaire dont la géométrie est contrainte en partie par le socle rocheux, partiellement aplani et rectifié. Le corps de logis principal, implanté à l'ouest, en barre l'accès. Il est précédé par une terrasse bastionnée dont la proue est agrémentée d'une échauguette. La courtine d'entrée ferme le côté nord du quadrilatère ; elle était couronnée d'un merlonnage, encore apparent dans le surhaussement moderne, sans doute contemporain du portail d'entrée daté 1755. La courtine sud, établie sur l'escarpement naturel et dominant le cours d'eau, est couronnée par un chemin de ronde protégé par un parapet. Le corps de bâtiment oriental, d'un étage, conserve les traces d'une deuxième échauguette ainsi que les vestiges de quelques bouches à feu que leur calibre incite à attribuer à la seconde moitié du XVIe siècle, voire au début du siècle suivant. Au-dessus d'une salle voûtée, il comporte des pièces dont certaines parties semblent un peu plus anciennes comme en témoignent les traces de taille à la gradine caractéristiques de la fin du XVe et de la première moitié du XVIe siècle.

 Le logis principal est couvert par une haute toiture à comble mansardé qui porte la marque des réfections du XVIIIe siècle ; il était à l'origine couronné de mâchicoulis dont subsistent quelques corbeaux. La tour qui le flanque sur l'élévation ouest est de plan semi-circulaire à l'extérieur et carré à l'intérieur ; la pièce de l'étage est voûtée d'ogives. La moitié orientale du bâtiment, ajoutée à la construction initiale, forme un porche largement ouvert au sud, sur le paysage, par un grand arc au tracé légèrement brisé ; la porte donnant sur la cour est également couverte d'un arc brisé chanfreiné dont les claveaux sont peut-être en remploi. Outre le dessin de ces arcs, l'édifice présente plusieurs archaïsmes remarquables. Le dessin de la cheminée, encadrée par deux tablettes, de même que la distribution par escalier de charpente dans un corps ouvert en font partie. L'implantation et le programme de la tour adossée, inhabituels pour une construction du XVe ou du XVIe siècle, renvoient également, semble-t-il à des modèles antérieurs. Ils rappellent, entre autres, l'organisation du logis médiéval de Cénevières auquel s'adosse une tour maîtresse dont le premier niveau, comme ici, est voûté en berceau et surmonté d'une salle couverte par une croisée d'ogives. Le pigeonnier, situé à l'extrémité sud de la parcelle, est couvert d'un dôme carré à lanternon, en lauzes de calcaire. 

 Éléments protégés MH : le château, le pigeonnier, le moulin et le bassin à chanvre : inscription par arrêté du 7 juin 1995. 

 château de Geniez 46330 Sauliac-sur-Célé

 

Château de Ferrières

A l'emplacement de l'édifice actuel, il a existé un château antérieur dont il ne reste que quelques vestiges. La seigneurie de Ferrières fut en effet octroyée en 1464 à Pierre Ramond de Folmont, sénéchal du Quercy, par Armand Naudonnès de Lustrac. Elle appartiendra aux Ramond jusqu’en 1646. À cette date, les terres et les ruines du vieux château sont vendues à Sylvestre Dubruelh, maréchal de camp, gouverneur du Roussillon, qui fera ériger la terre en marquisat. Sa fille unique épousera le marquis de Valence-Timbrune. Héritier des biens de sa mère, leur fils, le général de Valence, se retire sur les terres de Ferrières en 1763. Il décide alors de faire construire, à l'emplacement du vieux repaire délabré, un somptueux château. La Révolution arrêtera son élan, et la nouvelle demeure restera inachevée. Après sa mort, en 1795, son fils, Cyrus, général lui aussi, mais des armées de la République, émigre, pour suivre le parti Orléaniste. La demeure est alors abandonnée à des fermiers. Revenu d’exil, le général de Valence, qui avait épousé une nièce de madame de Genlis, avec des fortunes diverses, mènera une vie exclusivement parisienne sous l’Empire et la Restauration. Il avait obtenu la levée du séquestre prononcé par les autorités révolutionnaires qui n’avaient pas réussi à vendre le château comme bien national, sans doute en raison de son délabrement. Ses deux filles, dont l’une, Rosamonde, était mariée au maréchal Gérard, pair de France, futur ministre de la Guerre sous Louis-Philippe, céderont la propriété, en 1834, à un beau-frère du maréchal Bessières. Depuis cette date, Ferrières appartient à ses descendants. Lors de son rachat, la demeure est en piteux état. L’aile gauche et le centre ne possèdent ni plancher ni plafond. Une première restauration est entreprise, qui durera jusqu’en 1891. Une deuxième série de travaux sera entamée en 1918. Le château comprend un seul niveau bâti en 1775 sur des fondations plus anciennes. Le corps de logis central est rectangulaire, flanqué de quatre petits pavillons en retour d’équerre. L'ensemble de l’édifice est recouvert par des tuiles canal. La façade méridionale, percée de onze baies, se déploie sur une belle terrasse qu’ombragent deux cyprès. Les deux tours rondes présentes à l’entrée de la cour d’honneur sont peut-être les témoins de l’ancienne demeure. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 21 juillet 1960.

 château de Ferrières 46700 Sérignac

 

Palais Duèze

Il ne subsiste en fait de l’ancien palais construit par Pierre Duèze, frère du pape Jean XXII, outre la tour carrée antérieure à l’édifice, que différents pans de murs noyés dans des reconstructions ultérieures. L’édification de ce palais, qui fut vaste et sans doute somptueux autrefois, est probablement entreprise aux alentours de 1290-1300. Pierre Duèze, dont la famille figurait parmi les plus riches banquiers caorsins du XIIIe siècle, décide à ce moment-là de reconstruire entièrement la maison familiale et obtient du roi et des consuls de la ville la cession de la tour et des murs mitoyens, pour les englober dans son futur palais. Le plan adopté alors est celui d’un grand quadrilatère, dont l’un des angles est constitué par la tour carrée. Quatre corps de logis clôturaient une cour intérieure rectangulaire. L’aile ouest a été quasi entièrement démolie pour le percement d’une rue en 1850. La démolition de l’aile est avait déjà commencé au XVIe siècle. De l’aile nord ne subsiste qu’un long pan de mur. L’aile sud est la partie la moins altérée par les campagnes successives de restructuration de ce quartier. La tour, appelée selon les chroniqueurs Duèze ou du Pape, bien que ce dernier n’y soit jamais venu, est barlongue. D’une hauteur d’environ 35 mètres, ses murs ont 1,50 mètres d'épaisseur. Elle comporte six niveaux et sa partie supérieure est couronnée d’une rangée de merlons. Certaines uvertures de la face ouest ont été en partie remaniées au XXe siècle. La face nord présentant un arrachement de mur est percée de trois baies géminées disposées en oblique. La face est recèle une large baie obturée et trais baies simples. La face sud comprend, elle aussi, des arrachements de murs, deux arcs brisés dégradés, ainsi qu’une baie géminée. Ce style de fenêtres groupées par quatre se retrouve sur la façade principale de l'aile sud. Les chapiteaux de ces baies sont d’un type particulièrement archaïque: absence d’abaque, tige verticale et feuilles tombantes. Les corps de logis sont en pierres de taille de moyen appareil. Le grès est réservé aux décorations des ouvertures. Quant à la brique, elle reste ici d’un emploi relativement secondaire dans la décoration intérieure.

Après la mort de Jean XXII, à la cour pontificale d'Avignon en 1334, sa famille cesse d’habiter le Quercy qu’elle avait déjà partiellement quitté, pour s'installer dans sa nouvelle seigneurie du Languedoc. Le palais Duèze, qui accueillera le prince de Galles et sa suite, lors de leur séjour à Cahors en 1364, est alors légué à la congrégation religieuse des sœurs augustines des Junies en 1400. Mais celles-ci, rapidement incapables de payer les droits d’amortissement, voient leur bien saisi par les consuls. En 1408, ces derniers font démolir la façade de l’aile principale, afin de récupérer les pierres pour réparer le pont Neuf. À la fin du XVIe siècle, le palais et la tour sont vendus par lots à différents marchands. Sous la Révolution, la tour devient la propriété du département qui y loge alors l’exécuteur des "hautes œuvres", c’est-à-dire le bourreau. Situation qui va perdurer jusqu’en 1849. Les premiers travaux de restauration peuvent enfin commencer en 1890. Mais la dégradation du palais Duèze est malheureusement trop sévère pour qu’on puisse réellement reproduire un jour son aspect originel. Tout au plus peut-on en imaginer la beauté dans les stigmates imprégnant ses vestiges. 

 Éléments protégés MH : le palais de Jean XXII : classement par arrêté du 12 juillet 1886. 

 palais Duèze 46000 Cahors

   

Château de Crozes

Construit sur un promontoire dominant la rive droite de la Tourmente, le château de Croze pouvait communiquer visuellement avec la forteresse de Turenne, au nord, et celle de Cazillac, au sud. Le territoire est cité dès le IXe siècle dans le cartulaire de Beaulieu. Mais les siècles suivants sont muets sur les lieux. Ce n’est qu’en 1470 qu’apparaît le "mas de Crozes", hommagé par Étienne de Vieilleschièzes, seigneur du Bastit, qui l’avait acquis aux héritiers d’un sieur de Paulin. Cet hommage est rendu au vicomte de Turenne, Annet de La Tour d’Auvergne. Étienne de Vieilleschièzes occupait la charge de procureur chargé de l’administration des biens de la vicomté. Ses descendants vont se succéder dans les lieux jusqu’en 1611, date à laquelle disparaît sans héritier Raymond de Vieilleschièzes. La seigneurie passe alors à son neveu Jean de Marqueyssac. Cette lignée se maintient à Croze jusqu’en 1813. Pendant toute la période de la Révolution, Joseph-François de Marqueyssac avait pu continuer à vivre dans sa demeure en raison de son état de santé, mais sa femme avait été emprisonnée à Martel. En 1815, le château de Croze est vendu à François de Verninac, d’une famille de robe originaire de Souillac. Avant de fonder une maison de commerce puis une banque, François de Verninac avait suivi comme attaché la carrière de son cousin Raymond de Verninac, chargé de mission sous la Révolution, puis diplomate et préfet sous le Consulat, époux d’Henriette Delacroix, sœur du peintre Eugène Delacroix. Ce dernier fera deux séjours au château, où il exécutera quelques dessins. En 1855, il écrira à un ami: "L’avant dernier jour, le 15, je dessine une partie de la journée les montagnes, de ma fenêtre. Je dessine après le déjeuner et par la chaleur le joli vallon où François a planté des peupliers. Je suis charmé de cet endroit. La négligence qui est partout dans ce pauvre Croze, et qui m’avait choqué d’abord, avait fini par me plaire: rien n’y ressemble à nos habitations d’aujourd’hui. L’herbe pousse où elle veut, la maison se conserve toute seule".

Le château est toujours la propriété des descendants de François de Verninac, qui comptent dans leur rang deux anciens ministres, Louis Malvy et son petit-fils Martin Malvy. L'édifice a été progressivement construit au fil des siècles. Il est composé d’un corps de bâtiment allongé, cantonné à l’est par un pavillon rectangulaire muni de meurtrières, qui semble être la partie la plus ancienne (peut-être un vestige du mas attesté au XIIIe siècle), et flanqué à son angle nord-est par une grosse tour circulaire à mâchicoulis datant du XVIIIe siècle. Une tour hexagonale logeant la vis fait saillie sur la façade sud. Sa belle porte d’entrée à accolade sculptée est ornée d’un décor de bâtons écotés qui la date du XVe siècle. Elle est surmontée des armoiries des Vieilleschièzes "À trois pommes de pin". Au XIXe siècle, des travaux d’aménagement sont entrepris par le maître de maison: la construction d’un pavillon de garde à côté du pigeonnier, l'harmonisation de la façade nord avec l’adjonction de corbeaux à double ressauts, l’apport d’une balustrade sur la tour circulaire et la création de grandes lucarnes rythmant la haute toiture recouverte d’ardoises du logis principal. Cette restauration soignée et soucieuse d’homogénéité diffuse sur les lieux le charme ressuscité de temps à jamais évanouis.

 Éléments protégés MH : le château, les deux pavillons de la cour et les bâtiments de la ferme modèle : inscription par arrêté du 17 mars 1999. 

 château de Crozes 46600 Sarrazac

 

Château de Crabillé

Le hameau de Crabilhé est connu dès le XVe siècle. C’est alors une unité d'exploitation agricole et familiale. Au XVIIIe siècle, il est habité par une famille de la petite bourgeoisie: les Bonnafous. L’un des fils, Jean, épousera Antoinette Murat, sœur de Joachim Murat, futur général d’Empire, prince d’Essling, roi de Naples et, comme chacun sait, beau-frère de Napoléon. Murat, généreux et ayant le sens de la famille, désireux aussi d’assurer à sa nombreuse parenté une vie digne de son nouveau rang, aidera les uns et les autres. Madame Bonnafous recevra donc les moyens d’agrandir et d’embellir la modeste demeure de sa belle-famille. En 1804, les masures du hameau sont démolies, sauf les caves et quelques pans de bâtiments. On édifie à la place cette demeure spacieuse et harmonieuse que l’on peut toujours admirer de nos jours. Quelques éléments antérieurs sont réemployés, comme l'indique la date de 1775 gravée sur une porte. Le corps de logis principal est encadré par deux pavillons, le tout est recouvert par une toiture "à la Mansart", ornée de lucarnes. Le fronton triangulaire de la porte d’entrée, les linteaux droits des fenêtres sont caractéristiques du style Empire. L'ensemble de l’édifice, entouré par un beau parc à la française, porte avec charme et noblesse l’empreinte élégante de son passé. Jean de Bonnafous, beau-frère de Murat, deviendra son aide de camp, puis sera nommé colonel avant d’être fait baron d’Empire. Crabilhé connaîtra alors des jours fastes et pleins de gaîté. Il retentira des rires de Caroline Bonaparte, de Lannes, en garnison à Cahors à un moment donné, et de tant d’autres qui viendront en ses murs se reposer des contraintes de la vie de cour. Madame Bonnafous, d’après la tradition orale, cachera dans les grottes naturelles situées sous les caves du château des carlistes fuyant l'Espagne. L’un d’eux, colportera la légende, y serait mort... Les Bonnafous n’auront qu’un fils qui disparaîtra sans postérité. À la mort d’Antoinette Bonnafous, le château est abandonné, puis vendu à l’encan. En 1860, il est acquis, pour son malheur, par deux agriculteurs qui vont le transformer en ferme, après l’avoir divisé en deux parties. Les années qui suivront verront la lente déchéance de la demeure s’accentuer. En 1930, l’un des descendants des nouveaux propriétaires meurt sans héritier. Toute une moitié du château est alors totalement abandonnée, vouée à la décrépitude et aux ruines. Quant à l’autre moitié, elle est devenue un hangar à tabac dont les parquets, les cheminées et les boiseries ont été brûlés. En 1961, le château, ou plutôt ce qu’il en reste, est racheté, en état de ruine avancée, par son propriétaire actuel. Ce dernier a réussi depuis lors, avec beaucoup de soins, d'amour, et le souci de l’authenticité, à redonner à l’édifice l’allure et la beauté sereine d'autrefois.

Le château est implanté sur une vaste esplanade de niveau, dégageant entièrement la perspective sur l'édifice. D'époque néo-classique, le château évoque l'architecture du XVIIe siècle (plan symétrique, ailes en retour, balustres, escalier à volées convergentes...). De dimension modeste, il présente une élévation parfaitement ordonnancée avec une aile principale à cinq travées orientée au sud, complétée par deux petites ailes en retour d'équerre. La demeure comporte deux niveaux d'habitation et un toit mansardé percé de lucarnes régulières. La porte d'entrée est soulignée par un fronton triangulaire. Une terrasse est aménagée au premier étage de la façade antérieure, entre les deux ailes en équerre. Un escalier à deux volées convergentes précède la terrasse et la met en liaison avec le jardin. Une vasque est accolée au mur de l'escalier, dans l'axe du jardin. Celui-ci est constitué d'un système d'allées extérieures et, devant la façade antérieure de la demeure, d'un jardin régulier clos par un muret, aménagé en contrebas des allées latérales. Accessible par quelques marches, il se compose de grands parterres rectangulaires engazonnés, bordés de buis nains et de petits topiaires (remplacés après l'hiver 1985). L'allée d'accès est marquée par des noyers et des conifères. La façade postérieure du château est mise en valeur par une esplanade ornée de géraniums en pots. Aux abords du château, dans un style plus agreste, on repère également une ouverture sur un pré, quelques arbres disséminés, des murets de pierre bordant un chemin carrossable. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; le four, la bergerie et le pigeonnier : inscription par arrêté du 1er avril 1993. 

 château de Crabillé 46150 Montgesty

   

Château de Cousserand

Le lieu de "Cossaran" n'est mentionné qu'incidemment dans un acte de 1284, sans indication d'un éventuel repaire : Jean Lartigaut pensait cependant qu'il était probable que les Grézels, chevaliers de Bélaye auxquels il appartenait, y aient construit une maison forte dès la fin du XIIIe siècle ; le lieu passe par alliance à Raymond-Arnaud del Castanié, seigneur d'Hautcastel vers 1389. Après la guerre de Cent ans, en 1472, un chanoine de Cahors de la famille des del Bosc, originaires de Montcuq, achète au seigneur d'Hautcastel, parmi d'autres biens, "une tour ruinée dite de Cousserans", avec quelques dépendances ; sept ans plus tard, l'acquéreur a reconstruit Cousserans. Le nouveau château est en tout cas sans doute achevé en 1504, puisque Antoine Delbosc, seigneur de Cousserans, y habite lorsqu'il dénombre au roi. Les encadrements moulurés des fenêtres et des portes, les nervures à cavet de la voûte d'ogives et les roses épanouies qui ornent certains culots peuvent correspondre à un édifice construit entre 1472 et 1479, et Cousserans serait donc un des édifices les mieux datés de la série : il a servi de modèle pour le château voisin d'Anglars (commune d'Anglars-Juillac). L'arc brisé de la porte de la cave doit être considéré comme un archaïsme voulu, que l'on rencontre dans d'autres édifices de la même époque. Jean Lartigaut et Thiérry Crépin-Leblond signalent cependant des maçonneries peut-être plus anciennes dans les communs, très remaniés, et le long d'un chemin d'accès. Au cours des siècles suivants, le fief passe successivement aux Del Sorbié, aux Durfort, aux Dumas de Paysac, aux Gard, et au XIXe siècle aux Fontenilles et aux Roussy. Ceux-ci entreprennent d'importants travaux d'aménagement et de restauration à partir de 1878, au cours desquels sont en particulier réalisés le balcon du premier étage et les terrasses crénelées établies sur les écuries.

Avec son plan ramassé à angles arrondis, ses cinq niveaux et son couronnement continu de mâchicoulis, Cousserans se présente comme un donjon. Le corps principal, de vingt mètres sur dix mètres environ, est flanqué d'une tour d'escalier au nord et d'une aile courte au sud, toutes deux légèrement décentrées. Curieusement, l'aile sud ne comporte que trois niveaux quand le corps principal en compte cinq. Les grandes salles des deux étages du corps principal sont couvertes de plafond à la française. La salle voûtée d'ogives de l'aile sud est parfois attribuée à une chapelle (ce que conteste Crépin-Leblond en 1993), mais pourrait être un cabinet. Les culots de la croisée d'ogives sont sculptés de têtes humaines et d'une rose. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 16 mai 1974.

 château de Cousserand 46140 Bélaye 

 Téléphone : 06 04 00 96 93 

 

Château de Couanac

Dès avant le XIIIe siècle, il semble qu'une tour féodale ait été implantée sur les parties subsistantes de l'église Saint-Georges, impliquant l'existence d'un fief dès cette époque. De fait, la seigneurie de Coanac n'apparaît dans les documents qu'au milieu du XIIIe siècle. Elle était tenue à cette époque par les Lapopie qui devaient rendre hommage pour cette possession aux comtes de Toulouse. Au centre du fief était mentionnée en 1259, non pas un château mais une "villa", terme qui évoquerait a priori un domaine agricole plutôt qu'une demeure fortifiée mais qui pouvait également être employé en tant que synonyme de "castrum". Le lieu de Coanac, ou Couanac, appartint vraisemblablement initialement au domaine des vicomtes de Cahors et de Saint-Cirq dont les suzerains étaient les comtes de Toulouse. Rien ne permet de préciser si les Lapopie qui étaient implantés dans les lieux en 1259 furent leurs vassaux ou leurs successeurs et s'ils furent les constructeurs de la tour féodale établie dès le XIIe siècle, sur l'extrémité sud de l'église. On constate en effet que le logis médiéval qui a constitué le noyau de leur château, était nettement dissocié de cette tour et de l'église avec lesquelles il ne disposait d'aucune communication directe. Quoi qu'il en soit, la tour, rendable par définition au comte de Toulouse qui disposait de la seigneurie éminente sur les lieux, était vraisemblablement devenue la possession d'un certain Bertrand de Lapopie et de ses frères en 1259, lorsqu'ils firent hommage de Coanac à Alphonse de Poitiers. Extérieurement à l'enclos de l'église, de son cimetière supposé et de la tour, l'un des membres de cette famille aux ramifications complexes, peut-être à la suite d'un partage, fit édifier un logis composé de deux ailes soudées sur une tour carrée.

Vers 1400 (entre 1400 et 1405), le mariage de Marguerite de Lapopie, fille et héritière de Guy, avec Arnaud Hébrard, a porté le domaine de Coanac dans cette maison. Toutefois, la réédification du château sur un parti et un développement nouveaux ne semble avoir été entreprise que près d'un siècle plus tard, sans doute vers 1480, par Raymond Hébrard de Saint-Sulpice qui modernisa d'abord l'ancien logis médiéval des Lapopie. Ses successeurs, Jean II et Antoine Ier, qui fut écuyer de bouche du roi, furent sans doute les promoteurs de la réorganisation générale du plan sur une cour carrée en édifiant l'aile nord, en symétrie de l'ancien logis, en réunissant les deux par des galeries et en ajoutant les tours d'angle. Ces grands travaux, discrètement teintés d'italianisme, furent apparemment menés autour des années 1520 si l'on en juge par le style d'une des fenêtres où le seigneur des lieux et sa dame se firent représenter. Contrairement à ce que l'on affirme généralement, il semble que leur fils, Jean Hébrard, qui fut notamment ambassadeur du roi Henri III, membre du conseil privé de Catherine de Médicis et gouverneur privé du duc d'Alençon, n'intervint pas significativement dans la construction, pas plus que Claude de Biron son épouse ou que l'abbé de Marcilhac, son frère.

Emmanuel de Crussol, duc d'Uzès, auquel Coanac avait été apporté en dot par Claude Hébrard, épousée en 1601, poursuivit les travaux de modernisation entrepris aux générations précédentes en redistribuant et en décorant les logis, en ajoutant des commodités aux aisselles des tours et en couronnant les élévations par des lucarnes monumentales timbrées de son chiffre. L'ensemble de ces travaux de recomposition, menés en trois campagnes principales, n'avait pu s'affranchir de la promiscuité contraignante de l'ancienne église paroissiale. A l'époque (vers 1500) où celle ci fit l'objet d'importants travaux d'embellissement, avec la réfection de sa voûte centrale et le percement de deux nouvelles lancettes à verrières, elle était toujours en service et tournait encore des élévations aveugles contre le château attenant. Sa conversion en chapelle privée et son intégration dans l'ensemble architectural, effectifs peut-être depuis les guerres de Religion, ne semble ne s'être opéré réellement qu'au XIXe siècle.111 Les Crussol-Saint-Sulpice firent encore exécuter quelques travaux de réparation vers 1760 avant de céder Coanac en 1771 à Antoine Des Lacs marquis d'Arcambal. Il fut acquis par la suite par un certain Moreau-Gorenflau et, par la fille de ce dernier aux Helyot auxquels succèderont les Armagnac de Castanet. Il faut vraisemblablement attribuer à Louis d'Helyot et Clémentine d'Armagnac l'importante campagne de restauration au cours de laquelle l'aile nord fut étoffée de nouvelles adjonctions et partiellement réorganisée en respectant le style Renaissance de l'édifice antérieur (réfection partielle de la façade sur cour, remplacement par une cage d'escalier moderne de l'ancienne distribution assurée jusqu'alors par des escaliers extérieurs et des galeries, réfection des décors intérieurs et des cheminées, adjonction de nouvelles lucarnes à l'identique de celle de l'aile sud, suppression de la galerie de l'aile sud...).

 Le château de Coanac offre a priori le cas assez habituel aux XVe et XVIe siècles d'un château à la française comportant un ensemble de logis en U disposés autour d'une cour quadrangulaire, flanqués de tours rondes aux angles et intégrant une chapelle seigneuriale. A Coanac, ce parti général est reconnaissable mais présente certaines anomalies remarquables. La plus notable réside dans l'absence de la tour d'escalier qui flanque habituellement le logis dans les édifices antérieurs au milieu du XVIe siècle ou du pavillon qui a généralement pris sa place après cette date. Une autre particularité réside dans le fait que le plan semble avoir été gêné dans son développement par un obstacle qui aurait empêché l'achèvement de la composition sur le front ouest. Enfin, la préexistence de bâtiments médiévaux et, peut-être, celle de la "villa" attenante, peut expliquer un certain nombre d'irrégularités du plan général. La turris de Coanac, de dimensions modestes (5 x 5,5 m en moyenne) est venue se superposer au bras sud du transept de l'ancienne église Saint-Georges. Dans son état primitif, la tour semble avoir comporté cinq niveaux au minimum. Les deux premiers niveaux, aménagés dans le bras du transept séparé du reste de l'église par un mur, étaient accessibles par une porte haute percée au sud, puis par une seconde porte percée à l'ouest à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe. On accédait aux trois étages supérieurs par une porte en plein-cintre ménagée au niveau du deuxième étage. Les consoles qui couronnent encore la tour supportaient des mâchicoulis, probablement sur arcs selon un procédé employé avant la fin du XVe siècle.

 Fait remarquable, la tour ne disposait d'aucun accès direct depuis le château, ce qui peut s'expliquer par le statut particulier dont bénéficiait en principe la turris, possession du suzerain, vis-à-vis du repaire, possession du vassal. Il confirme l'hypothèse selon laquelle la tour a pu être associée à un bâtiment d'habitation, aménagé dans les murs de l'église primitive dans le courant du XIIe siècle, avant que celle-ci ne soit réaffectée au culte. L'ouverture des portes basses de la tour, entre la fin du XIIe siècle et la fin du XIIIe siècle, pourrait avoir résulté de la nouvelle séparation de l'église et de la turris. En dépit des aménagements successifs qu'elle a connus depuis la fin du XVe siècle, l'aile méridionale conserve suffisamment de vestiges du logis du XIIIe ou XIVe siècle pour qu'il soit possible d'en restituer les grandes lignes. Il se composait de deux ailes articulées sur une tour carrée disposée à l'angle sud-est. Les chaînes d'angle visibles au niveau de l'étage montrent que le corps de bâtiment sud n'avait qu'un seul niveau, tandis que dans l'élévation nord de la tour, une porte haute couverte d'un arc brisé indique que l'aile en retour d'équerre, dont ne subsiste plus que l'arrachement d'un mur, devait comporter un étage. Deux portes à arc brisé et une fente de jour peuvent être attribuées à ce premier état de l'aile sud. Le corps de logis sud a fait l'objet d'importants travaux à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle, identifiables, en particulier, par le style des baies et des cheminées. A côté de la cuisine aménagée dans la tour, une grande salle, équipée d'une cheminée, occupait tout le rez-de-chaussée ; la croisée conservée au sud fait supposer qu'un fossé ou une enceinte protégeait le bâtiment de ce côté. Une galerie, côté cour, desservait les deux pièces de l'étage, qui, comme la chambre de la tour, ont conservé leurs cheminées. Trois autres cheminées indiquent que les combles constituaient un étage habitable. A la même période appartient le grand portail en anse de panier et orné des branches écotées qui jouxte la chapelle et donne accès à la cour depuis l'ouest. La tour ronde ajoutée à l'angle extérieur de l'ancienne tour du XIIIe ou XIVe siècle présente encore des demi-croisées à double cavet et appui saillant, mais les cheminées des étages sont désormais de style Renaissance. Son plan présente en fait un tracé ovoïde à l'extérieur et carré à l'intérieur. D'autres remaniements importants de l'aile sud sont dus à Emmanuel de Crussol, dont le chiffre, deux C affrontés, est inscrit sur l'architrave de la grande lucarne sud du comble. Le cabinet établi à l'angle de la tour sud-est et du corps de logis appartient sans doute à cette campagne de travaux à laquelle il faut sans doute également attribuer l'application d'un enduit extérieur à fausse coupe de pierre.

L'aile nord, flanquée au nord-est d'une tour ronde unique, se présente sous l'aspect d'un corps de logis symétrique à celui de l'aile sud. Les caves qui en constituent le soubassement paraissent appartenir à une construction laissée inachevée, ou ruinée, qui serait contemporaine de la reprise de l'aile sud à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe. L'élévation sur la cour présente trois croisées placées dans des travées complétées au XIXe siècle par le percement de baies au rez-de-chaussée et la mise en place, ou la restitution, des grandes lucarnes de comble copiées sur celle de l'aile sud. La croisée de gauche se distingue par sa mouluration et son larmier, quand les autres sont à pilastres, qui se prolongent sur les pleins de travée, et corniche, forme qui se retrouve cependant avec les deux demi-croisées de l'élévation ouest, dont une est ornée des têtes de deux personnages représentant sans doute le maître et la maîtresse des lieux : le chapeau et la barbe à la mode de François Ier conduisent à en situer la réalisation dans les années 1515-1530, et à attribuer la construction de l'aile nord à Antoine Hébrard et Jeanne de Lévis-Caylus, mariés en 1518 ou aux parents d'Antoine, Jean II d'Hébrard et Anne d'Estaing. Deux portes localisées aux extrémités du premier étage de la façade sur cour complétaient la composition. L'une des deux, ouvrant contre l'élévation aveugle de l'église, est desservie par un escalier extérieur qui semble conforme aux dispositions anciennes. A l'extrémité orientale, la seconde porte, aujourd'hui murée, est à mettre en relation avec les arrachements d'un ouvrage ayant comporté une croisée d'ogives qu'il est difficile de restituer : il pouvait s'agir d'un escalier extérieur destiné à la seule desserte de la porte, ou bien d'une galerie adossée à la courtine orientale. L'édification de l'aile nord et des deux tours rondes du château, bien qu'esquissant l'organisation d'un château sur cour, impliquait la construction de deux tours d'angle complémentaires et semble être restée inachevée. Le portail ouest est orné de branches écotées. Le monogramme des Crussol d'Uzès, deux C opposés, est gravé en différents endroits. Une tête de femme et une tête d'homme, barbu et coiffé d'un chapeau, prennent place sur les chapiteaux d'une fenêtre de l'élévation ouest. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château; la chapelle : inscription par arrêté du 21 février 1974. 

 château de Couanac 46260 Varaire 

 Téléphone : 05 65 31 52 32

 

Château de Condat

La première mention connue du repaire de Condat est de 1287 ; à la fin de la guerre de Cent ans, un peu avant 1452, il appartient à Pierre Cornavi, marchand de Cajarc, qui le loue à Antoine de Saint-Géry, qualifié de seigneur de Condat en 1469. En 1504, son fils, Antoine de Saint-Géry, alias Condat, reconnaît posséder le fief de Condat avec basse justice. Le domaine appartient aux Balaguier au XVIIe siècle, puis il est acquis par Pierre de Malleville en 1776. La carte de Cassini, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, figure un château à Condat. En conservant peut-être quelques pans de maçonnerie d'une construction antérieure, l'édifice actuel peut dater pour sa plus grande part de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle. Un escalier à volées droites a été ajouté à la fin du XVIe siècle ou au XVIIe siècle.

 Le repaire a été construit au pied du coteau qui borde une langue de terres alluviales apportées par le Célé. Le logis se compose de trois corps de bâtiment qui forment un groupe compact dominé un volume de tour. Des arrachements de murs et des portes montrent que la construction se poursuivait au nord-est. Les élévations ont conservé une croisée et des demi-croisées. La porte d'accès à l'escalier était surmontée d'armoiries aujourd'hui illisibles. L'escalier à volées droites et mur noyau dessert tous les étages. Le niveau de soubassement est partiellement voûté. Élevé un peu à l'écart du logis, le pigeonnier, circulaire, est couvert de lauzes.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château; l'escalier et le pigeonnier: inscription par arrêté du 14 mai 1987. 

 château de Condat 46330 Bouziès

 

Château de Clermont

La silhouette élancée du château de Clermont domine, perchée sur un éperon rocheux, la vallée du Céou au pays de la Bouriane. Une famille de Clermont est attestée, au XIIe siècle, dans des actes du cartulaire d’Obazine, où elle est citée à différentes reprises en qualité de témoin. Elle est alors déjà possessionnée à Linars, paroisse où s’élève le château. Ce dernier, ou plus exactement, l’édifice qui l'a précédé, est mentionné pour la première fois en 1143, dans le rapport de la tournée pastorale de l’archevêque de Bourges, qui confirme les possessions du chapitre du Vigan. Au XIIIe siècle, le fief est détenu par une famille de chevaliers, les Gavis, qui en fait l'hommage aux Guerre de Mechmont. Le mariage de leur héritière avec Jean Touchebœuf, procureur du roi, en 1449, est à l’origine de la branche Clermont-Touchebœuf qui occupera les lieux jusqu’à la Révolution. Les Touchebœuf, qui s’illustreront plus tard sous Louis XIII et dont l’un des membres sera nommé Gouverneur du Quercy, vont entreprendre au début du XVIe siècle, de relever le premier château ruiné pendant la guerre de Cent Ans. Le plan adopté est celui d’un donjon flanqué de quatre tours et entouré d’une enceinte. On y accédait par une tour carrée à pont-levis qui permettait le passage d’un fossé sec. La cour d’honneur était pavée de gros cailloux et abritait un puits profond de vingt trois mètres. Une grosse tour ronde à l’angle nord-ouest de l’enceinte, aujourd’hui arasée, abritait la chapelle. Sous la Terreur, le château est vendu comme bien national à plusieurs acquéreurs qui vont achever de le piller. C’est une demeure fort délabrée, voire à demi ruinée, que les aïeux des propriétaires actuels achètent, en 1930, et s’emploient depuis lors à faire revivre.

Le château de Clermont occupe un promontoire qui domine d'une trentaine de mètres le hameau de Linars. Il dessine un quadrilatère d'une trentaine de mètres de côté, flanqué de tours rondes aux angles. Deux corps de logis formaient les côtés ouest et nord, une aile de communs le côté sud, tandis qu'une courtine contenant l'entrée, et à laquelle était adossés d'autres bâtiments de dépendances, fermait la cour à l'est. L'aile nord a été détruite à l'exception du niveau de soubassement dont les salles voûtées appartiennent sans doute à l'édifice antérieur à la reconstruction du XVIe siècle. Les vestiges de l'aile ouest montrent les brèches laissées par l'arrachement des fenêtres du premier étage qui ouvraient sur la terrasse extérieure. A l'articulation des deux ailes du logis subsistent les vestiges d'un grand escalier à volées droites et paliers couverts de voûtes d'ogives. Les tours sont munies de bouches à feu qui permettaient de battre les flancs de l'édifice. De plan circulaire, elles contiennent des pièces carrées ou rectangulaires. Le rez-de-chaussée de la tour sud-est, où se trouvait la chapelle, est couverte d'une voûte d'ogives à liernes et tiercerons (reconstituée à l'identique) dont les clefs ont disparu. Les vestiges de l'escalier comprennent des culots sculptés de végétaux, de deux petits personnages sous arcades et une niche ornée d'une coquille. 

 Éléments protégés MH : la tour abritant la chapelle : classement par arrêté du 3 août 1932. Le château, sauf parties classées: inscription par arrêté du 7 novembre 1932. 

 château de Clermont 46310 Concorès 

 Téléphone : 05 65 24 57 79

 

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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