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Château de Clermont

La silhouette élancée du château de Clermont domine, perchée sur un éperon rocheux, la vallée du Céou au pays de la Bouriane. Une famille de Clermont est attestée, au XIIe siècle, dans des actes du cartulaire d’Obazine, où elle est citée à différentes reprises en qualité de témoin. Elle est alors déjà possessionnée à Linars, paroisse où s’élève le château. Ce dernier, ou plus exactement, l’édifice qui l'a précédé, est mentionné pour la première fois en 1143, dans le rapport de la tournée pastorale de l’archevêque de Bourges, qui confirme les possessions du chapitre du Vigan. Au XIIIe siècle, le fief est détenu par une famille de chevaliers, les Gavis, qui en fait l'hommage aux Guerre de Mechmont. Le mariage de leur héritière avec Jean Touchebœuf, procureur du roi, en 1449, est à l’origine de la branche Clermont-Touchebœuf qui occupera les lieux jusqu’à la Révolution. Les Touchebœuf, qui s’illustreront plus tard sous Louis XIII et dont l’un des membres sera nommé Gouverneur du Quercy, vont entreprendre au début du XVIe siècle, de relever le premier château ruiné pendant la guerre de Cent Ans. Le plan adopté est celui d’un donjon flanqué de quatre tours et entouré d’une enceinte. On y accédait par une tour carrée à pont-levis qui permettait le passage d’un fossé sec. La cour d’honneur était pavée de gros cailloux et abritait un puits profond de vingt trois mètres. Une grosse tour ronde à l’angle nord-ouest de l’enceinte, aujourd’hui arasée, abritait la chapelle. Sous la Terreur, le château est vendu comme bien national à plusieurs acquéreurs qui vont achever de le piller. C’est une demeure fort délabrée, voire à demi ruinée, que les aïeux des propriétaires actuels achètent, en 1930, et s’emploient depuis lors à faire revivre.

Le château de Clermont occupe un promontoire qui domine d'une trentaine de mètres le hameau de Linars. Il dessine un quadrilatère d'une trentaine de mètres de côté, flanqué de tours rondes aux angles. Deux corps de logis formaient les côtés ouest et nord, une aile de communs le côté sud, tandis qu'une courtine contenant l'entrée, et à laquelle était adossés d'autres bâtiments de dépendances, fermait la cour à l'est. L'aile nord a été détruite à l'exception du niveau de soubassement dont les salles voûtées appartiennent sans doute à l'édifice antérieur à la reconstruction du XVIe siècle. Les vestiges de l'aile ouest montrent les brèches laissées par l'arrachement des fenêtres du premier étage qui ouvraient sur la terrasse extérieure. A l'articulation des deux ailes du logis subsistent les vestiges d'un grand escalier à volées droites et paliers couverts de voûtes d'ogives. Les tours sont munies de bouches à feu qui permettaient de battre les flancs de l'édifice. De plan circulaire, elles contiennent des pièces carrées ou rectangulaires. Le rez-de-chaussée de la tour sud-est, où se trouvait la chapelle, est couverte d'une voûte d'ogives à liernes et tiercerons (reconstituée à l'identique) dont les clefs ont disparu. Les vestiges de l'escalier comprennent des culots sculptés de végétaux, de deux petits personnages sous arcades et une niche ornée d'une coquille. 

 Éléments protégés MH : la tour abritant la chapelle : classement par arrêté du 3 août 1932. Le château, sauf parties classées: inscription par arrêté du 7 novembre 1932. 

 château de Clermont 46310 Concorès 

 Téléphone : 05 65 24 57 79

 

Château de Cieurac

Aucune mention antérieure à la guerre de Cent ans ne semble connue. En 1360, les consuls font doubler la garde de plusieurs places, dont le château de Cieurac, et en 1372, ils enjoignent à Bertrand de Cardaillac d'en assurer la garde. En 1469, Jean de Cardaillac hommage pour la baronnie de Cardaillac et plusieurs châteaux dont Cieurac. De même que ceux de Saint-Cirq-Lapopie, Biars et Concots, le château de Cieurac aurait été démoli sur ordre de Louis XI pour punir Raymond de Cardaillac d'avoir pris le parti du duc de Berry ; en 1590, Charles VIII le nomme sénéchal de Quercy, et Raymond de Cardaillac aurait alors choisi d'établir sa résidence à Cieurac. Son fils Jacques de Cardaillac, sénéchal du Quercy, dénombre pour Cieurac, entre autres lieux, en 1504 ; il a épousé en 1503 Jeanne de Peyre et il obtient du roi, en 1512, en raison des services rendus par son père Raymond, de vêtir le lion de son écu d'une cotte d'armes d'azur semé de fleurs de lys. Leur héritier Antoine-Hector, seigneur de Saint-Cirq-Lapopie, de Peyre et de Cieurac, épouse en 1540 Marguerite de Caumont ; converti au protestantisme, il meurt vers 1567. Le château aurait été arasé au niveau du premier étage sur ordre de Richelieu, mais il semble que l'information doive être vérifiée. Cieurac est possédé par les Cardaillac jusqu'en 1629, date à laquelle Jacques Dayrac en hérite, puis passe par alliance aux Godailh qui le conservent jusqu'à la Révolution. Le château est pillé en 1790 puis vendu comme bien national en 1794 au citoyen Caminel ; en 1850, le contrôleur des contributions y remarque encore "la place des fossés et des ponts-levis, des restes de créneaux, des croisées fort belles, des cheminées...", en regrettant que le propriétaire ait mutilé l'édifice en lui enlevant sa toiture pour la remplacer "par un toit de maison bourgeoise". Incendié par la division Das Reich en 1944, le château a fait "l'objet d'une reconstruction très fidèle" dans les années 1970.

Le logis conserve à son extrémité nord le vestige d'un corps de bâtiment du XIIIe ou du XIVe siècle. A l'opposé, les arrachements laissés par la destruction de deux salles superposées montrent un buste de femme, sculpté sur un culot, qui permettrait de dater le bâtiment disparu de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle. La construction du nouveau logis, que ses formes situent vers 1500, devrait être attribuée à Jacques de Cardaillac et son épouse Jeanne de Peyre, dont les armes figurent en différents endroits. Le début du chantier pourrait se situer vers 1503, avec un arrêt après 1512, puisque le lion des Cardaillac porte la cotte d'armes sur le blason placé au-dessus de la fenêtre haute de la travée de l'escalier, sur l'élévation est. Le décor montre cependant d'apparentes incohérences : les armes des Peyre, des Caumont et des Cardaillac sont placées sur des cuirs découpés, motif qui se diffuse dans les années 1540 ; ceux-ci sont associés, sur des clefs rapportées, à des couronnes décoratives dont les motifs appartiennent au vocabulaire de la Renaissance, tout à fait absent du reste du décor architectural qui reste fidèle aux formes gothiques.111 Le château a été implanté en bordure d'une terrasse dominant la vallée du ruisseau de Cieurac, à un peu plus d'un kilomètre de l'église. L'extrémité nord du logis, épargnée par l'arrêt du chantier du XVIe siècle, conserve dans son élévation ouest l'accès au niveau de soubassement, couverts d'arcs segmentaires, et deux portes couvertes d'arcs brisés à l'étage ; dans l'élévation nord apparaît le piédroit d'une baie. Les arrachements du corps de bâtiment disparu à l'extrémité sud permettent de restituer deux salles voûtées superposées ; au niveau de l'étage subsistent à côté de la fenêtre moderne le piédroit et une partie du linteau échancré en arc brisé d'une fenêtre. L'angle sud-est est occupé par un escalier en vis éclairé par des fentes de jour. Le logis du XVIe siècle, resté inachevé, a été conçu sur un plan symétrique, à quatre travées séparées par une travée centrale contenant le portail d'entrée suivi d'un vestibule conduisant à l'escalier en vis rejeté sur l'arrière, dans oeuvre. Les fenêtres sont à double traverse et larmiers reliés entre eux par les cordons d'étage, sauf pour les travées centrales est et ouest où les fenêtres sont des croisées simples. Les culots sont sculptés d'animaux qui tiennent parfois des écus armoriés, les encadrements sont moulurés de baguettes croisées retombant sur des bases prismatiques. Le portail est à pinacles et gâble en accolade. Les armoiries des Peyre-Cardaillac-Caumont sont placées sur un cuir dont les enroulements ont été cassés. Le vestibule est couvert d'une voûte d'ogives à nervures multiples.

Un culot conservé dans les arrachements du corps de bâtiment sud est orné d'un buste de femme. Armoiries des Peyre au-dessus de la fenêtre centrale du premier étage, sur la façade, et sur une clef de voûte du vestibule : (d'azur) à l'aigle éployée de (sable), support : deux griffons, timbre : un casque posé de profil, devise : PLVS(...). Armoiries au-dessus de la porte d'entrée du logis : parti au 1 (d'azur) à l'aigle éployée de (sable), qui est de Peyre, au 2 écartelé, en a de (gueules) au lion (d'argent armé, lampassé et couronné d'or), à douze besants (d'argent) en orle, qui est de Cardaillac, en b (d'azur) à trois léopards (d'or), armés, lampassés et couronnés de (gueules) (qui serait de Caumont). Armoiries des Cardaillac-Saint-Cirq sur la façade est et sur une clef de voûte de l'escalier : de (gueules) au lion (d'argent), armé, lampassé et couronné (d'or), vêtu d'une cotte d'armes (d'azur) semée de fleurs de lys (d'or), à treize besants (d'argent) (douze sur la clef de voûte) en orle. Armoiries non identifiées sur le culot d'une fenêtre de l'élévation est : de (...) à la barre de (...), support : un lion. Armoiries des Caumont, sur une clef de voûte de l'escalier : (d'azur) à trois léopards (d'or), armés, lampassés et couronnés de (gueules). Sur une clef du vestibule : une tête de femme de profil.£Le dessous des marches de l'escalier est entièrement couvert de gaufrures constituées de motifs géométriques auxquels se mêlent exceptionnellement des feuilles et une tête d'homme de profil. Les vantaux du portail composent une architecture feinte, la partie conservée de la frise de l'entablement est ornée de rinceaux, d'animaux fantastiques, de deux bustes de profil et des armes des Peyre. 

 Éléments protégés MH : le moulin à vent : classement par arrêté du 17 février 1937. 
Le château en totalité : classement par arrêté du 2 juin 1938. 

 château de Cieurac 46230 Cieurac 

 Téléphone : 05 65 31 64 28

 

Château de Charry

Au sud du village médiéval de Montcuq, à l’abri des regards, tapi au bout de son parc champêtre, le château de Charry dresse ses trois tours, élégante silhouette blanche émergeant de son îlot de verdure. Autrefois modeste repaire nommé Malmon-le-Petit, il va devenir, au XVe siècle, la résidence du fils d’un marchand de Montcuq, Charry. Celui-ci sera le fondateur d’une dynastie essentiellement militaire dont le destin, après avoir connu gloire et fortune, déclinera, jusqu’à connaître la misère la plus sombre au XVIIIe siècle. Le plus valeureux et le plus célèbre des officiers de cette famille sera Laurent de Charry, qui naît au château en 1530. Fils de capitaine, il devient rapidement lui-même un brillant soldat. Sa conduite héroïque pendant les guerres d'Italie lui vaut le surnom de "second Bayard". Cette réputation va séduire Catherine de Médicis qui lui demande de fonder la Garde royale, chargée de défendre le roi Charles IX encore mineur. Le fougueux capitaine paiera de sa vie son dévouement inébranlable à la famille royale. À trente-trois ans, il meurt assassiné sur le pont Saint-Michel, à Paris, en 1563, à l’instigation de Dandelot, frère de Coligny. Son indéfectible soutien aux Valois gênait les projets des protestants. Catherine de Médicis, affligée, le fera inhumer dans le chœur de Notre-Dame, au côté du duc de Guise. Mais elle n’oubliera pas les coupables. Quelques années plus tard, après la bataille de Jarnac où sera fait prisonnier l’assassin du capitaine, M. du Chastelier-Portaut, elle le fera exécuter. À la fin de sa vie, elle évoquera encore son "maître de camp de la Garde du Roi, personne si valeureuse et qui l'avait si fidèlement assistée pendant sa régence". Blaise de Monluc, autre grand capitaine de l’époque, écrira dans ses mémoires "Je puis attester avec la vérité que, cent ans y a, ne mourut ni plus brave et plus sage, ni mieux avisé capitaine que le capitaine de Charry".

La sœur de Laurent de Charry avait épousé le sénéchal du Quercy, Jean de Vezins. Cette famille possédera le château jusqu’à la Révolution. Celui-ci passera ensuite aux Lavaur de Charry qui, au XXe siècle, le céderont au colonel Bonnafous de Caminel. Ce dernier commencera alors le sauvetage d’un château qui était devenu, avec le temps, une pauvre chose ruinée, envahie par les arbres, abandonnée des hommes, vouée à la désolation des lieux désertés par l’Histoire. Après avoir connu différents propriétaires jusqu’en 1984, la vieille demeure sera restaurée par ses hôtes actuels. L'édifice semble avoir été construit en trois étapes. La partie principale date du XVe siècle, ses murs étant percés d’arquebusières typiques de cette époque. À l’origine, le château ne comportait qu’un donjon flanqué de deux tours polygonales. Il était entouré par une enceinte fortifiée dont la troisième tour est le vestige. Elle n’était pas reliée alors au reste de la construction. La barbacane, de forme oblongue, qui sert maintenant de portail, était incluse dans cette enceinte. Des canonnières défendaient l’accès du puits. Un souterrain reliait la barbacane à l’une des tours du donjon. Au XVIIIe siècle, le château est modifié. deux corps de bâtiment sont ajoutés, dont celui qui ferme la cour. Sous Louis-Philippe sera effectué le raccordement entre le bâtiment principal et la tour ronde du rempart. Les vestiges de la voûte de la tour isolée conservent un décor peint à motifs rouges et jaunes d'étoiles et de flammes, avec une frise de monogrammes composés des lettres A et V, au-dessus d'un faux-appareil à traits rouges. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 6 octobre 1976.

 château de Charry 46800 Montcuq

 

Château de Cenevières

Au XIIIe siècle, les La Popie, seigneurs de Cenevières, construisent et habitent le château. Vente par Guillemette de La Popie à Jean de Gourdon de tous ses droits, les vicomtes de Gourdon Cenevières deviennent les seigneurs du château et des terres de Cenevières au XIVe siècle. En 1469, Olivier de Penne de Gourdon hommage pour ses dépendances du dûché de Guyenne, des châteaux et lieux de Gourdon, Sennebières, Saint Jean de Laur, Limogne, La Toulzanie, Lugagnac, Puigourde, Gaiffier et Puylagarde. En 1531, Flottard de Gourdon, vicomte de Gaiffier et de Cenevières, épouse Marguerite de Cardaillac, Baronne de Saint Cirq La Popie, le château est transformé en Palais Renaissance. De 1561 à 1616, Antoine de Gourdon, a joué un grand rôle parmi les chefs Huguenots pendant les guerres de Religion. Convertit au protestantisme par la Reine, Jeanne d'Albré, il reçoit très souvent à Cenevières le Roi Henri de Navarre, futur Roi Henri IV. En 1580, prise de Cahors par Henri de Navarre aidé d'Antoine de Gourdon. Fidèle serviteur de la royauté, les terres de Cenevières sont érigées en Marquisat, en 1612, par le Roi Louis XIII. En 1691, Charles-Barthélémy de La Tour du Pin, marquis de Cenevières, quitte la religion protestante et épouse à Paris, Louise Emilie Goussé de Rochelard, les témoins du mariage étaient le roi Louis XIV et Madame de Maintenon. Charles-Frédéric de la Tour du Pin, marquis de Gouvernet, épouse, en 1717, mademoiselle de Livry. Sauvé de l'incendie grâce au vin de Cahors, l'édifice est pillé par les révolutionnaires en 1792. Avant de monter sur l'échafaud en 1793, le marquis de La Tour du Pin vend le château de Cenevières à M. Louis Naurissart, aîeul des propriétaires actuels. En 1826, Mortimer Lesage, neveu de Naurissart, épouse Mademoislle de Boÿs. A la fin du second empire, Charles Lesage, maire de Limoges, épouse Julia de Cautillon de Lacouture. Celui-ci effectuera d'importants travaux d'entretien à Cenevières : remparts, corps de garde, intérieurs... La fille de Charles Lesage, la comtesse de Combarel du Gibanel, continue les travaux de restauration vers 1919. Sa fille, Mme de Braquilanges assure la maintenance jusqu'en 1981, et obtint le classement "Monument Historique" de Cenevières en 1957 et l'a aussitôt ouvert au public. Monsieur et Madame Guy de Braquilanges et leurs enfants continuent les travaux, et organisent des animations et des découvertes pour contribuer au maintien et à l'embelissement du château... 

Le château développe entre deux cours des logis dissymétriques datant pour l'essentiel des XVIe et XVIIe siècles et qui ont dû tenir compte des contraintes de la topographie et de la présence de constructions antérieures. L'entrée de la basse-cour est défendue par deux tourelles très restaurées mais dont les meurtrières proches de celles de la barbacane de Cahors accusent l'extrême fin du 16e voire le XVIIe siècle. La courtine au centre de laquelle elle ouvre est flanquée par un grand bastion (à droite) et, à ses extrémités, par deux tours rondes de fort diamètre. L'ancien temple protestant est adossé au revers de la courtine et un châtelet d'entrée secondaire ouvre en hauteur sur l'à-pic sur le front nord. Entre la basse-cour et le rebord de la falaise s'interposent les logis. Ils dessinent approximativement un arc de cercle évoquant l'enceinte supérieure des anciens châteaux de falaise, comme on en voit un exemple à Rocamadour. Le corps de garde se présente comme une épaisse tour carrée couronnée de mâchicoulis, adossée aux logis et en avancée sur la basse-cour. Un pont-levis au mécanisme atypique implique l'hypothèse que la tour était précédée d'une fosse. A gauche du pavillon d'entrée, à l'extrémité nord de l'aile principale, un autre pavillon (la tour "des Gourdon") agrémenté de lucarnes et de fenêtres Renaissance à frontons correspond à une ancienne tour médiévale reconnaissable aux vestiges de ses anciennes archères et de ses fenêtres géminées et à la qualité de ses maçonneries de moyen appareil que l'on retrouve sur le logis attenant. D'une première transformation, attribuable à la fin du XVe siècle, date la cheminée monumentale de la grande salle ainsi que quelques vestiges de croisées moulurées. Pour l'essentiel, les autres transformations de ce logis primitif sont imputables aux nombreuses campagnes de modernisation et d'agrandissement qui furent menées entre le milieu du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle. Les vestiges de la construction médiévale primitive se concentrent dans la partie nord de l'édifice actuel ; ils se composent de deux ensembles disjoints : un logis rectangulaire accosté d'une tour carrée (la tour "des Gourdon") et un second bâtiment inclus dans l'actuelle aile nord-est, en rebord de falaise. Ces deux ensembles, distants de plus de 5 m et orientés différemment, sont séparés, sous le niveau actuel des terrasses, par la chapelle castrale et, au-dessus, par le grand escalier à l'italienne. 

La tour carrée (8,15 m de côté) est conservée sur cinq niveaux dont deux sont enterrés actuellement sous le niveau de la cour. Elle semble avoir précédé la construction du logis, au moins en partie haute où l'accolement est visible. Le niveau inférieur correspond à un caveau voûté en berceau faiblement brisé, dont les murs particulièrement épais dépassent 2,70 m. Ce niveau enterré était aéré par une ample fente de jour, inscrite dans une embrasure à couvrement conique en arc brisé qui démontre qu'il correspondait primitivement à un rez-de-chaussée. Le second niveau, également en sous-sol aujourd'hui, est couvert en plein cintre et disposait initialement d'un accès direct depuis l'extérieur par une porte en arc brisé à arrière voussure segmentaire. Il était éclairé par une fenêtre rectangulaire largement chanfreinée, inscrite dans une embrasure à couvrement conique en arc brisé. Ce niveau correspondait donc primitivement à l'étage d'accès dont les murs étaient considérablement amincis (1 m et 1,15 m) par rapport à ceux de l'étage inférieur. Le rez-de-chaussée actuel correspond donc au deuxième étage primitif. Les aménagements du XVe siècle, en le dotant d'une ample cheminée, l'ont transformé en cuisine mais son usage était sans doute différent initialement. Sur le panneau sud se trouve la porte d'entrée en arc brisé. Elle a été condamnée au XVIe siècle et remplacée par une canonnière à double ébrasement. Sur le même panneau, la présence d'un ancien caisson de latrines est à relier à la surépaisseur du mur qui apparaît à l'extérieur. Une deuxième porte, au centre du panneau est, assurait la communication avec les salles attenantes du logis. A l'ouest, dans le panneau occupé aujourd'hui par la cheminée, ouvrait une archère cruciforme, visible à l'extérieur, mais dont la base est malheureusement masquée par un escalier moderne. Sur la face nord, enfin, la porte qui ouvre aujourd'hui sur les salles voûtées modernes qui portent la terrasse nord a été réaménagée dans une fenêtre géminée dont les dimensions indiquent qu'elle était semblable à celles des étages supérieurs. La salle est couverte par une voûte d'ogives dont la clé ornée d'un fleuron suggère qu'elle pourrait appartenir à l'état médiéval.

Le premier étage (ancien troisième étage) a été largement repris au XVIe siècle. Il présente cependant des vestiges assez lisibles de ses dispositions d'origine : deux fenêtres géminées à coussièges au nord et à l'ouest, une ancienne porte d'accès et une niche de latrines au sud ; une armoire murale à l'est. La porte de communication qui relie la chambre à la grande salle est moderne de même que la mise à niveau de leurs sols. Le repérage des percements primitifs montre en effet que les deux salles n'étaient pas au même niveau et ne communiquaient pas dans leur état médiéval. Le dernier étage présente une organisation semblable à celle du niveau inférieur. Ses fenêtres géminées apparentes sur les faces nord et ouest, en arc brisé brut, sans chanfrein, étaient soulignées par un appui en gorge et cordon d'imposte biseauté portant des anneaux de bannes dont un est partiellement conservé. 

Le logis principal médiéval est accolé à la tour dont il semble néanmoins sensiblement contemporain, les murs des deux constructions ayant pu être solidaires en partie basse. Il s'agit est un bâtiment rectangulaire de 8,55 x 16,20 de deux étages, dont les murs étaient épais d'un peu plus d'un mètre. Au rez-de-chaussée, l'espace disponible est recoupé en deux salles inégales par un refend. Accessible par la tour attenante, la première salle a elle-même été divisée en deux petites salles voûtées à l'époque moderne. La salle d'origine disposait d'une armoire murale en arc brisé et sur l'élévation regardant à l'est côté falaise, d'une porte en arc brisé et de deux fenêtres établies à des hauteurs différentes. Ces baies ont été remaniées ou condamnées par l'adjonction, au XVIIe siècle, d'une galerie à voûtes d'arêtes établie sous une terrasse. La plus haute des deux fenêtres, dotée d'un coussiège, surmontait la porte, impliquant de restituer un plancher intermédiaire. L'élévation sud de cette première salle ouvre aujourd'hui par un grand arc chanfreiné, sur une salle carrée terminée par une abside à pans coupés et voûtée d'ogives, faisant office de chapelle castrale. La voûte d'ogives, mal raccordée aux doubleaux, ne paraît pas antérieure au XVe siècle. L'abside à pans coupés ouvrait par deux fenêtres frustes, l'une sur la falaise et l'autre sur une venelle utilisée comme couloir de latrines, situation qui peut faire douter que la salle ait eu dès l'origine une vocation sacrée. La salle principale du rez-de-chaussée correspond actuellement à une cuisine voûtée dont la cheminée actuelle, du XVe siècle, a été rapportée récemment. La mise en place tardive de sa voûte en berceau y a masqué les traces des éventuels percements médiévaux. Les dispositions de l'étage sont plus lisibles. Contrairement au rez-de-chaussée, il comporte une salle unique. Sur le pignon sud, subsistent les traces de deux fenêtres géminées à coussièges condamnées dont l'une, partiellement réouverte, montre deux formes en arc brisé surmontées par un jour d'écoinçon en losange curviligne. Deux portes sont en partie conservées sur les élévations est et ouest. Celle de l'est, fermant de l'intérieur de la salle, a été condamnée par l'escalier à l'italienne du XVIe siècle ; celle de l'ouest, fermant de l'extérieur de la salle, ouvrait sur un bâtiment aujourd'hui disparu. Deux arrachements de murs, visibles sur l'élévation sud de la tour et l'élévation ouest du logis laissent supposer qu'un bâtiment disparu, de plan approximativement carré, reliait les deux volumes. Edifié en même temps que le logis, il semble qu'il soit plus récent que la tour sur laquelle il est venu se greffer. La superposition des portes qui faisaient communiquer le bâtiment disparu avec la tour et leur différence de niveau avec celles qui desservaient le logis, laisse penser qu'un escalier a pu y prendre place.

 Un deuxième logis médiéval subsiste dans l'extrémité de l'aile est, qui se présente sur la cour comme un ouvrage homogène du XVIe siècle. L'examen de la face nord-est, sur la falaise, montre en effet que la façade du XVIe siècle est venue raccourcir un bâtiment initialement plus développé, comme le montre la croisée amputée de l'élévation est, côté falaise. Or cette croisée de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle résulte elle-même du percement d'une maçonnerie antérieure que son parement de moyen appareil permet d'attribuer au XIIIe ou au XIVe siècle. Le repérage de ces maçonneries primitives permet de restituer un bâtiment de 6,85 m de largeur, dont la longueur, aujourd'hui de 7,60 m environ, atteignait initialement 8,90 m si l'on en juge par la position des deux arcs de refend qui l'articulent intérieurement. Outre ces deux arcs de refend, deux portes au moins semblent appartenir à la construction d'origine. L'une, dans l'élévation nord, ouvre sur un conduit étroit ou une venelle qui aboutit, côté falaise, à un caisson de latrines réaménagé après coup et dont subsistent les corbeaux. La seconde porte, couverte par un linteau, ouvre directement sur l'à-pic. Accompagnée de deux trous d'encastrement au niveau du sol et au niveau de son linteau, il est vraisemblable qu'elle desservait initialement un hourd. Le bâtiment médiéval disposait d'un étage au moins, en partie conservé. La croisée à remplages chanfreinée et celle qui lui a succédé, dotée d'une canonnière en allège, doivent être attribuées respectivement au XVe et au XVIIe siècle. Seul vestige de l'état médiéval, deux corbeaux solidaires des parements de moyen appareil semblent confirmer l'existence contre l'élévation est de structures de charpente appliquées formant balcon sur la vallée. Sur l'esplanade de la basse-cour est aménagé un jardin d'accompagnement.

 Éléments protégés MH : le château, avec le mur d'enceinte et l'ancien temple protestant situé à l'entrée: classement par arrêté du 9 décembre 1957. 

 château de Cenevières 46330 Cenevières 

 Téléphone : 33 06 02 32 92 07 / 06 07 01 76 69 / 05 65 31 38 08 

 

Château de Ceint d'Eau

Les premières mentions de ce château, implanté à l’orée des bois dominant le cours du Célé, en aval de Figeac, datent du XVIe siècle. À ce moment-là, il est la propriété d’une famille déjà possessionnée dans les environs, les Cayron, seigneurs de Mandens, dont les armes étaient D'’azur à un chevron d'argent, accompagné de trois billettes du même, deux en chef et une en pointe. En 1580, assiégé par les armées protestantes d’Antoine de Gourdon, M. de Maleterre, époux de Domenge de Cayron, qui se trouvait alors dans les lieux, essaie de quitter subrepticement la demeure, accompagné des siens. Surpris par les assaillants, il sera tué. Quelques années plus tard, le mariage de Catherine de Cayron avec François Boisset de La Salle, seigneur de Vic, en Auvergne, fait entrer cette famille au château. Elle n’y restera pas longtemps. En 1636, le château est vendu à Jean Vignes, bourgeois et garde des Sceaux de la ville de Figeac. À partir de cette date, le château ne semble plus figurer dans les dénombrements de biens nobles des XVIIe et XVIIIe siècles. Au moment de la Révolution, les autorités figeacoises débaptiseront le lieu de Saint-Dau, jugé trop religieux, pour le remplacer par Ceint-d’Eau, dont la vertu républicaine a subsisté jusqu’à nos jours. Quant au propriétaire d’alors, M. Guary, il sauva la demeure en payant "pour qu’ils s’y employassent mollement" les ouvriers requis par la municipalité pour démolir les vieux murs. Fortement restauré à la fin du siècle dernier, l’édifice est composé d’un vaste logis datant du XVIIIe siècle, flanqué de deux tours rondes et d’une tour d’escalier semi-circulaire à son angle sud-ouest.

 Éléments protégés MH : les trois tours et le logis du XVIIIe siècle : inscription par arrêté du 30 octobre 1925. 

 château de Ceint d'Eau 46100 Figeac

 

Château de Cavagnac

On sait que la seigneurie de Cavagnac, depuis le milieu du XIIe siècle au moins, était tenue sous la suzeraineté des abbés de Beaulieu par le lignage éponyme et que celui-ci jouissait du droit de sépulture dans le cimetière de l'abbaye. Ces liens avec Beaulieu n'excluaient pas une certaine proximité avec les cisterciens d'Aubazine. En 1142, un certain Guillaume-Robert de Cavagnac, agissant conjointement avec le vicomte de Turenne, présidait à la constitution de la grange cistercienne de Saint-Palavy, attenante à sa terre de Cavagnac. Aux "Robert" de Cavagnac, descendants de Guillaume-Robert, succédèrent des Giscard (ou Guiscard), originaires de Gagnac. Cette succession ne se produisit sans doute pas avant la fin du XIVe siècle car, en 1351, le damoiseau Rigald de Cavagnac, qui prêtait serment tête nue au vicomte de Turenne sur le pont du Rhône à Avignon, pour ses possessions de Cavagnac, était encore un descendant direct de Guillaume-Robert. Mais, désormais, il n'était plus seul seigneur de Cavagnac et partageait ses droits avec le chevalier Guillaume de Vassal et entre temps la suzeraineté était passée des abbés de Beaulieu au vicomte de Turenne Guillaume-Roger de Beaufort, neveu du pape Clément VI. Antoine de Guiscard est seigneur de Cavagnac en 1454 ; lui succède son neveu Antoine de Guiscard, seigneur de Cornac, qui dénombre au roi en 1504. La châtellenie devient baronnie au début du XVIIe siècle et les Giscard occupent les lieux jusqu'à la Révolution ; le château devient ensuite propriété des Materre de Chauffour, magistrats.

La tour-maîtresse qui est conservée date du XIIIe siècle, ainsi peut-être que les vestiges d'un logis primitif reconstruit ou réaménagé aux XVe et XVIIe siècles. Caractérisé par ses fenêtres chanfreinées à appuis épais et ses canonnières pour arme de faible calibre percées pour certaines d'entre elles dans les allèges, le pavillon bastionné, pentagonal, qui prolonge l'aile orientale, en dépit de son allure médiévale, ne date apparemment que de l'extrême fin du XVIe siècle ou des premières décennies du siècle suivant. L'aile orientale du logis a fait l'objet de plusieurs réaménagements vraisemblablement de la seconde moitié du XVIIe siècle : les grandes fenêtres rectangulaires ouvrant sur la cour, de même que les cheminées à manteau de bois mouluré du premier étage datent de cette époque. D'une tour d'escalier en vis, que les réfections du XIXe siècle ont fait disparaître, reste une porte moulurée remployée, attribuable à la fin du XVe siècle. L'ensemble des logis a par la suite fait l'objet d'une recomposition d'envergure, réalisée vers la fin du XVIIIe siècle, sans doute par un Materre de Chauffour. Des similitudes stylistiques précises incitent de les rapprocher du portail de l'église, daté par une inscription de 1779. L'importance des parements retaillés à la boucharde montre cependant que des réfections y furent réalisées dans la seconde moitié du XIXe siècle comme le confirment le grand escalier et la rampe de fonte qui le décore. Il n'est donc pas impossible que la Révolution ait interrompu en cours le projet de reconstruction. Le château de Cavagnac est implanté à l'extrémité d'un promontoire dominant la vallée de la Tourmente, au contact immédiat de l'église paroissiale et d'un modeste bourg castral. Il dispose ainsi d'une vue étendue sur la vallée de la Tourmente, face au donjon de Cazillac.En vis-à-vis du parvis de l'église, un portail moderne adossé à une grange ouvre aujourd'hui sur une avant-cour, laquelle précède un second portail encadré par des pilastres néoclassiques. Autour de la seconde cour, de plan carré, se développe un ample logis en équerre, relié par une courtine moderne à l'ancienne tour-maîtresse établie au milieu de la face occidentale. Un gros mur-bouclier en éperon, couronné de mâchicoulis, s'interpose entre l'aile orientale et le premier portail. A l'arrière du quadrilatère de logis une esplanade de jardins occupe la pointe de l'éperon. Elle est cernée par un mur d'enceinte formant fausse braie et flanquée de tourelles en fer à cheval. L'une de ces tourelles protège une poterne réaménagée au XVIIe siècle et ouvrant côté vallée. Projeté en avant de l'ancienne enceinte dont ne subsistent plus que les accroches, le pavillon pentagonal, insolite "faux donjon", tournait vers l'entrée un épais éperon de maçonnerie destiné, semble-t-il, à résister à des tirs d'artillerie à en juger par son épaisseur : 3,40 m à la pointe pour des murs latéraux de 1,70 m. Une cave voûtée en occupe le rez-de-chaussée. Elle surmonte un puits sec de plus de 20 m de profondeur, retaillée dans le roc à partir d'une cavité naturelle. Une meurtrière profonde mais de faible calibre, orientée vers l'entrée, en constitue le seul dispositif défensif.

Un escalier en vis, aménagé après coup dans la masse de l'éperon, permettait de relier cette salle basse aux étages, à usage de chambre. Un second escalier, aménagé dans un angle opposé prenait le relais pour joindre les combles et donner accès aux mâchicoulis par l'intermédiaire d'un simple créneau ménagé dans le comble. Non sans une certaine sophistication, la galerie de mâchicoulis, étant droite, ne suivait donc pas le tracé de l'éperon et nécessitait un accroissement progressif de la hauteur des consoles vers les angles. On peut supposer que cette bizarrerie eut au moins pour effet de simplifier le tracé des toitures. Le deuxième étage du pavillon, le mieux conservé, est dallé aujourd'hui par les anciennes marches de la grande vis disparue. Eclairé par une grande croisée chanfreinée dont les meneaux dormants étaient en menuiserie, elle était chauffée par une vaste cheminée encastrée au revers de laquelle une longue gaine traversant l'éperon menait à des latrines.

La tour féodale, la "turris", est un ouvrage de faible ampleur (5,85 x 5,65 m), épaissi à la base par un soubassement à ressaut qui porte ses dimensions à 6,20 m. Elle était couverte jusqu'à une époque assez récente, par une toiture en ardoises, surmontée d'un clocheton. La brèche qui donne accès à sa salle basse résulte d'un percement relativement récent. Ce caveau était donc accessible à l'origine, depuis le premier étage qui était l'étage d'accès. Porté par un plancher établi sur de fortes retraites, cet étage était initialement couvert par une voûte en berceau dont seuls les reins et le cordon d'imposte en quart de rond ont été conservés. Deux portes lui donnaient accès, l'une tournée vers la cour, face est, l'autre vers l'extérieur, face ouest. La porte ouvrant vers l'extérieur est couverte par un arc en plein-cintre composé de claveaux profonds. Son arrière voussure est en arc segmentaire. La seconde porte, située à 5,70 m environ au-dessus du niveau de la cour, est percée au milieu du panneau est. Différente de la première, elle est couverte par un arc brisé segmentaire composé de claveaux très inégaux en grès rouge et semble avoir été repercée dans la maçonnerie d'origine. Il faut donc supposer que la "turris" était primitivement accessible depuis l'extérieur de l'enceinte. La salle d'accès était initialement couverte par une voûte en b erceau reposant sur deux cordons d'imposte en quart de rond. Un jour en meurtrière l'éclairait au sud.

 Éléments protégés MH : le château de Cavagnac : inscription par arrêté du 8 août 2013. 

 château de Cavagnac 46110 Cavagnac 

 Téléphone : 06 24 56 30 65

   

Château de Castelnau Bretenoux

Silhouette puissante, ocrée, magique, la forteresse de Castelnau Bretenoux déploie ses murailles imposantes au sommet d’une colline dominant le pays des quatre rivières formé par le confluent de la Dordogne, la Cère, le Mamoul et la Bâve. Nous sommes dans le haut Quercy, que se partageaient autrefois le vicomte de Turenne et le baron de Castelnau. Hugues de Castelnau apparaît comme le fondateur de cette construction gigantesque, qui succéda à un vieux château démantelé situé en contrebas sur la commune de Bretenoux. Premiers barons du Quercy, les Castelnau apparaissent dans les textes dès le XIe siècle. Ils avaient pour cri de guerre "Dieu aide aux seconds barons chrétiens" ! Les premiers étant les Montmorency. À partir d’Hugues et de son frère Robert, deux branches se forment les Castelnau-Gramat, barons de Gramat, et les Castelnau-Bretenoux, barons de Castelnau, dont les armes étaient "De gueules au château d’or". En 1159, l’édifice est pris d’assaut par Henri II de Plantagenêt. Les Castelnau restent fidèles au roi de France. Au début du XIVe siècle, Hugues III hérite de sa mère les biens de Calmon d’Olt, en Rouergue, dont il relève le titre et incorpore les armes à son blason "Écartelé aux 1 et 4 de gueules au château d’or, aux 2 et 3 d’argent au lion de sable". Ses deux mariages, l’un avec une nièce du pape Jean XXII, l’autre dans la famille du cardinal de Toulouse, renforcent considérablement sa puissance financière et politique. Au moment où s’annonce la guerre de Cent Ans, il va procéder à d'importants agrandissements de la forteresse. Le désastre de Poitiers, en 1356, et le malheureux traité de Brétigny qui en résulte, font passer Castelnau sous la domination anglaise.

 Mais dès 1369, Jean I de Castelnau, fidèle d’entre les fidèles du roi de France, reçoit le titre de Gouverneur de Guyenne et Capitaine Général du Languedoc. La province est alors ravagée par les compagnies anglaises, mais la forteresse ne sera jamais inquiétée. En 1395, en l’absence d’héritier mâle, la baronnie échoit à un neveu, Pons de Caylus, qui relève le nom et les armes de la lignée. Cette branche nouvelle conservera les titres et la seigneurie jusqu’en 1530. L’un des barons, Jean II, sera conseiller et chambellan de Louis XI. À l’extinction des Caylus, la baronnie revient à un parent, Pierre de Castelnau, de la maison de Clermont-Lodève. Ces derniers vont faire procéder à d’importantes modifications de la forteresse, renforçant notamment ses défenses, et transformant le corps de bâtiment en somptueuse demeure. La femme de l’un d’eux, Louise de Bretagne, première dame d’honneur d’Élisabeth de Valois, reine d’Espagne, puis de Catherine de Médicis, influera par son caractère et ses décisions la vie à Castelnau. Très attachée à la forteresse, elle s’y retirera après la mort de son fils unique Guy I, tué en 1580, lors de la prise de Cahors par Henri de Navarre. Son petit-fils Alexandre donnera ensuite des fêtes magnifiques dans les murs de Castelnau, évoquées par le poète François Maynard dans ses souvenirs. Il décide aussi d’ôter à la vieille demeure son caractère particulièrement défensif. La branche des Clermont-Lodève s’éteint en 1715. Lui succède dans les lieux la famille de Luynes, grâce à Jeanne d’Albret de Luynes, veuve de l’avant-dernier baron. Mais les nouveaux seigneurs désertent les campagnes, et la Révolution approche. En 1782, le domaine est affermé pour 42000 livres.

En 1793, un commissaire de la Convention décide de faire raser les tours, combler les fossés, abattre le pont-levis. L’indolence quercynoise ramène l’ordre donné à un résultat plus modeste: le pont-levis et le crénelage des tours et des courtines sont détruits. Par contre, hélas, les archives sont, là comme ailleurs, réduites en fumée. Plus tard, sous l’Empire et la Restauration, des pillages sporadiques endommagent, entre autres, la bibliothèque. En mars 1830, le château est vendu à des descendants d’anciens fermiers de la baronnie. Ceux-ci entreprennent la démolition d’une partie de l’antique forteresse, pour en revendre les pierres. En 1844, le conseil général du Lot intervient pour essayer d’endiguer la destruction. En vain, l’État refuse d’acquérir la forteresse. Au cours des années suivantes, les choses ne s’arrangent pas, les refus d’intervenir, et même de classer aux Monuments historiques la vieille demeure, se succèdent avec une constante opiniâtreté. Dans la nuit du 28 au 29 janvier 1851, un incendie gigantesque éclate, ravageant la plus grande partie des corps de logis. En 1853, la forteresse est revendue à M. Dubousquet de Montanceaux qui aurait aimé la transformer en abbaye. Le projet tombe à l’eau. En 1858, le conseil général du département refuse une nouvelle fois le classement. L’abandon par son nouveau propriétaire, le pillage des pierres par les habitants des alentours, menacent tout simplement la survie même de l’édifice. Aussi le curé du village décide-t-il de l’acquérir, en 1873. Après sa mort, en 1880, un ancien préfet du Lot, préfet de l’Oise à ce moment-là, acquiert la vaste ruine, afin d’éviter qu’elle tombe entre les mains de démolisseurs. En 1891, ses héritiers revendent le château à un ténor de l’Opéra-Comique, originaire du pays, Jean Mouliérat. Et c’est là que commence le miracle.

 Contrairement à ses prédécesseurs dans les lieux, Jean Mouliérat est richissime. Il va consacrer toute sa fortune, et sa vie, au service de Castelnau, qu’il relèvera entièrement de ses ruines. En outre, collectionneur avisé, il pourra remeubler somptueusement les logis qu’il fait restaurer, avec quelques libertés, certes, mais au moins a-t-il le mérite d’avoir sauvé d’une disparition totale l’antique forteresse des barons de Castelnau. En 1909, il obtient enfin le classement du château. À sa mort, en 1932, il lègue à l'État "son" château et toutes ses collections. Devenu musée en 1935, la demeure est depuis cette date ouverte au public. La forteresse, de plan triangulaire, est cantonnée sur trois frontons par des tours cylindriques. L'entrée est située à l’est. C’est l’aile nord-ouest, sud-est qui est la plus ancienne, avec sa haute tour carrée datant du début du XIIIe siècle. Elle a une hauteur d’environ trente mètres et une épaisseur de mur de près de deux mètres. Ses élévations extérieures sont divisées en trois compartiments par des corniches extérieures servant de larmiers, tandis qu’à l’intérieur quatre niveaux se superposent: une cave voûtée en berceau, un rez-de-chaussée aveugle, voûté également en berceau, un premier et un deuxième étage voûtés en ogives. Ces deux niveaux sont éclairés par d’étroites fenêtres, et communiquent par un escalier en vis. Le couronnement de mâchicoulis date du XIVe siècle. Le grand bâtiment rectangulaire, appelé de nos jours l’auditoire, est construit dans un appareil identique à celui de la tour. Il a été fortement remanié au fil du temps, particulièrement lors des restaurations effectuées au XVIIe siècle. De cette époque dataient aussi les plafonds à la française disparus lors de l’incendie de 1851. Quelques cheminées et fenêtres ont heureusement résisté aux flammes. 

 Éléments protégés MH : le château de Castelnau Bretenoux en totalité : classement par liste de 1862.

 château de Castelnau Bretenoux 46130 Prudhomat 

 Téléphone : 05 65 10 98 00 

 

Château de Carennac

Site occupé depuis la nuit des temps, et plus particulièrement pendant la période de Hallstatt, le village est mentionné pour la première fois dans le cartulaire de Beaulieu au Xe siècle. Au siècle suivant, il est donné à l’abbaye de Cluny qui installe dans le bourg un prieuré. Le pape Boniface VIII l’érige en doyenné en 1295. Les lieux seront maintes fois endommagés pendant la guerre de Cent Ans. Relevé de leurs ruines, le prieuré et le village de Carennac subissent à nouveau les exactions dévastatrices des guerres de Religion. Le bénéfice du doyenné passe aux Lamothe-Fénelon en 1605. Fénelon en personne, après son oncle, doyen de 1630 à 1681, est nommé à ce poste de 1681 à 1695. L'édifice du château est vraisemblablement construit vers 1550 par le doyen Alain de Ferrières, dont les armes sont sculptées sur une poutre et un linteau de cheminée. La demeure reflète le style de la première Renaissance dans son architecture extérieure, avec ses fenêtres à meneaux. Par contre l’intérieur, particulièrement dégradé, a été remanié au XVIIe siècle, vraisemblablement sous le règne de François de Salignac de La Mothe-Fénelon, célèbre prélat, futur archevêque de Cambrai, et précepteur du duc de Bourgogne. Auteur du Dialogue des morts et des Aventures de Télémaque, ses critiques sur la politique menée par Louis XIV, lui vaudront la disgrâce royale et l’exil dans son archevêché de Cambrai où il meurt en 1715. Le blason des Lamothe-Fénelon, "D'or à trois bandes de sinoples", figure sur le plafond à la française.

Aujourd'hui l'édifice présente une belle façade en pierre blanche du pays, des fenêtres à meneaux et des lucarnes sculptées se reflètent dans les eaux de la Dordogne. Le château est un des éléments du prieuré doyen de Carennac, construit pour être un logement du doyen. Salles et galeries sont organisées sur quatre niveaux autour d'un escalier, large et imposant. Quadrilatère de vingt mètres sur dix mètres, il s'agit d'une belle demeure construite en pierre de taille. Un escalier à vis dessert toute la hauteur du bâtiment. Au premier étage se trouve la salle d'apparat, la mieux conservée actuellement. Le plafond à poutrelles saillantes du XVIIe siècle est peint de rinceaux, de fleurettes et de divers sujets mythologiques. Le bâtiment attenant est caractéristique par ses baies sculptées à meneaux. Un contrefort carré à la base, évidé à l'intérieur, supporte une sorte de pavillon ouvert dénommé "Bretèche" ou tribune aux harangues. La propriété du prieuré a été transférée à la commune par convention signée le 24 août 2007. Le château de Carennac abrite aujourd'hui l'Espace Patrimoine du Pays d'Art et d'Histoire de la Vallée de la Dordogne. 

 Éléments protégés MH : le ce château, sauf parties classées : inscription par arrêté du 22 octobre 1929. Les façades et les toitures, y compris la galerie surmontant le bas-côté nord de l'église ; la porte fortifiée à l'ouest ; l'ancien mur fortifié avec sa tour d'angle à l'est et plafond peint du grand salon : classement par arrêté du 2 février 1938 

 château de Carennac 46110 Carennac 

 Téléphone : 05 65 38 65 45

   

Château de Capdenac-Le-Haut

Le castrum médiéval de Capdenac a succédé à un oppidum qui a connu une importante occupation protohistorique puis antique, qui s'est prolongée pendant le haut Moyen Age. Il apparaît dans la Vita de saint Géraud d'Aurillac (vers 855 - vers 918), à l'occasion d'une guérison miraculeuse. En 1095, les seigneurs de Capdenac font partie des "avoués-défenseurs" de l'abbaye de Figeac qui sont excommuniés par le pape Urbain II. En 1180, pour s'opposer à l'avancée des troupes du roi d'Aragon, le comte de Toulouse campe devant le castrum de Capdenac : on compte parmi nobles engagés à ses côtés un Adhémard de Capdenac et un Bertrand de Balaguier, qui appartiennent sans doute à des familles qui se partagent la seigneurie. De fait, les coseigneurs semblent relativement nombreux : lors de l'hommage à Simon de Montfort en 1214, ils sont mentionnés collectivement, et ce ne sont pas moins de quinze coseigneurs qui figurent sur la charte des coutumes octroyées en 1291, dont quatre Balaguier et cinq Capdenac. Le castrum reste partagé entre une multitude de coseigneurs jusqu'à la Révolution. D'abord aux comtes de Toulouse, la suzeraineté passe aux rois de France qui confirment à plusieurs reprises les privilèges des habitants de Capdenac au cours du XIVe siècle, mais la place forte est placée sous l'autorité des comtes d'Armagnac devenu comte de Rodez en 1302, qui la conservent jusqu'en 1518, où elle est vendue à Galiot de Genouillac, seigneur d'Assier. Devenue citadelle protestante, elle fait partie des places de sûreté accordées aux Réformés par l'Edit de Nantes.

En 1214, Simon de Montfort n'avait pas exigé la démolition des fortifications de Capdenac, qui demeure une place forte stratégique à la frontière entre Quercy et Rouergue. Pendant la guerre de Cent ans, la forteresse n'est jamais prise par les Anglais, alors que la garnison qu'y tenait Dorde de Lentillac en 1352 se composait de dix cavaliers, huit lanciers et douze arbalétriers. Les coseigneurs ne possédaient pas de châteaux à l'intérieur de la place dont la protection était assurée par les fortifications du castrum, dont l'entretien incombait aux coseigneurs et aux consuls. Le vestige le plus ancien de l'enceinte pourrait être la base d'une tour datable du XIIe ou du XIIIe siècle, l'essentiel des parties médiévales des fortifications appartenant au XIIIe siècle, ou au début du XIVe siècle, en particulier pour la tour de Modon dont on sait cependant qu'elle a fait l'objet de travaux de réparation en 1394. Par rapport à d'autres ensembles comparables, Capdenac ne conserve que peu de vestiges de maisons des XIIe-XIVe siècles (moins de 20), qui sont principalement répartis près de la porte Vigane, au sud, et en bordure de la place Lucter et de la rue du Mirail, au nord. Ont également été repérés 12 bâtiments, complets ou à l'état de vestiges, datables des XVe et XVIe siècles. Le site est celui d'un éperon rocheux dominant la vallée du Lot, entre deux méandres de la rivière qui marque la limite entre les actuels départements du Lot et de l'Aveyron. A l'est et à l'ouest, l'enceinte est bâtie sur l'escarpement de la roche, alors qu'un large fossé la précède au nord.

On entrait dans la place par une série d'ouvrages, aujourd'hui appelée "porte de Gergovie", qui précédait la "porte comtale", dans l'angle nord-est de l'enceinte. Les vestiges de la "porte de Gergovie" montrent des portes successives, couvertes par des arcs brisés, disposées en chicane et accompagnées d'une barbacane munies d'archères, à laquelle répondait une tour à talon dont la base subsiste sur l'autre côté de la route ; la porte comtale était munie d'une herse et surmontée d'une tour. Une seconde porte, dite "porte Vigane" du nom du hameau de Vic situé en contrebas du castrum mais aujourd'hui appelée "porte Narbonnaise", ouvre dans la partie sud-ouest de l'enceinte. En pierre de taille et couverte d'un arc brisé, elle a été complétée par une barbacane dont la porte est timbrée des armes des Genouillac. Un peu plus au sud, le mur d'enceinte laisse voir la base d'une tour en pierre de taille à contreforts plats, peut-être la tour dite "de Schriniol" qui aurait démolie vers 1765, et dans le front est, à proximité de l'actuelle place Saint-Andrieu, des pans de mur en pierre de taille. Les vestiges d'escalier en encorbellement donnant accès aux chemins de ronde subsistent près de la porte Vigane et de la tour de Modon. Au contact de la courtine nord, un vaste espace rompt avec l'organisation parcellaire du reste de l'agglomération. Une construction précédait la tour de Modon, formant un ensemble que le plan cadastral de 1833 qualifie de "citadelle", appellation sans aucun doute moderne : les fouilles réalisées en 1983 ont mis au jour des murs dont certains étaient peut-être antérieurs à la tour. 
 Éléments protégés MH : les ruines des anciennes fortifications : classement par arrêté du 16 mai 1911.

 château de Capdenac 46100 Capdenac-le-Haut

 

Château de Busqueilles

Le château de Busqueilles domine le village médiéval d’Autoire. Sa haute et plantureuse construction datant de la fin du XVIe siècle est composée de deux corps de logis reliés par une tour d’escalier carrée. Construit à flanc de coteau, le logis sud comprend deux étages supportés par des caves ouvrant sur des arcades. Le logis nord n’en comporte qu’un seul. Une toiture recouverte de petites tuiles, à quatre pans, chapeaute les deux bâtiments sur sa façade postérieure. La partie nord de cette toiture est rythmée par des lucarnes à frontons triangulaires et petites boules. La partie sud est percée d’ouvertures classiques. La porte d’entrée du bâtiment a, sur son linteau, deux écus accolés portant les armes des familles Sirot et Lascazes, alliées au XVIIIe siècle. Les Sirot, de noblesse de robe, semblent avoir été les fondateurs de la demeure. Jean de Sirot (1590-1676) et son fils Jacques (1633-1731) furent tous deux conseillers du roi auprès du Sénéchal de Martel. L'accès à la propriété se faisait par un portail monumental, qui a disparu aujourd'hui, encadré de pilastres portant entablement et fronton. A l'opposé, le pigeonnier et en contrebas du jardin, une bretèche. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; l'escalier en vis dans sa tour carrée ; la cheminée rocaille en marbre située au rez de chaussée de la partie Nord, la cheminée monumentale en pierre située au deuxième étage de la partie Sud : inscription par arrêté du 8 avril 1991. 

 château de Busqueilles 46400 Autoire 

 Téléphone : 07 86 54 39 00

 

Châteaux les plus consultés

(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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