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Château de Dampierre

Le château de Dampierre forme avec sa porterie et son colombier un ensemble architectural du début du XVIIe siècle, bien équilibré et original par l'association des ses matériaux colorés pierre, brique, granit qui composent une architecture en filigrane, très maniériste, de style italien. La porterie et le colombier sont l'oeuvre de l'architecte François Gabriel, le premier de la lignée des Gabriel, architectes Royaux, comme l'atteste une procuration du 19 juillet 1610, passée devant les tabellions de Torigni. Situés à l'est du château en bordure de la cour dite du fer à cheval, ils étaient autrefois rattachés par des bâtiments dont subsistent les substructions. La porterie, en fait une fabrique de jardin au rôle décoratif, comprenait trois portes, une charretière et deux piétonnières, délimitant trois travées surmontées de trois lucarnes. Le colombier est constitué de lits de brique et de grès rouge en alternance, finissant par une corniche à modillons, il a conservé l'ensemble de ses boulins. Le château de Dampierre a été très remanié au début du XIXe siècle avec la reconstruction du pavillon central, puis dans les années 1970. 

 Éléments protégés MH : le château de Dampierre, les dépendances, les accès, la porterie et le colombier : classement par arrêté du 26 septembre 2000. 

 château de Dampierre 14350 Dampierre 

Château de Crémel

L’accès s’effectue par un porche monumental constitué d’une entrée charretière et d’une entrée piétonnière surveillées par deux bretèches pour assurer sa la défense. Sur le corps du logis, une fenêtre est surmontée d’un linteau à bossages, portant couronne et rubans dessinant un coeur sur un fond de sculpture en nid d’abeilles. La toiture est agrémentée de cheminées sur lesquelles on retrouve le décor à frontons triangulaires représentatif de l’architecture du XVIIe siècle dans le Bessin. La construction du château date de 1642. Elle est attribuée à Jean le Patou, sieur de la Montagne. Tous les bâtiments agricoles et le corps de logis sont regroupés autour d’une vaste cour. Chaque élément a une vocation particulière : l’entrée a un usage défensif et la basse-cour comprenant la grange, les étables, les écuries, la charreterie, le poulailler et un pressoir, une fonction agricole, une boulangerie a une fonction économique et la haute-cour, une fonction résidentielle. 

 Éléments protégés MH : le château de Crémel : inscription par arrêté du 25 juin 1928. Les murs de clôture du château (lieu-dit Hameau de Crémel) : inscription par arrêté du 26 avril 2012. 

 château de Crémel 14400 Monceaux-en-Bessin 

Château de Combray

Le château primitif de Combray a été construit au XVIe siècle. Le château actuel, de style Louis XIII, date du milieu du XIXe siècle. Après 1965, le propriétaire du château, mort célibataire, décidait de léguer à l'institut Pasteur cet important domaine de 140 ha... Il appartient aujourd'hui à un propriétaire privé... 

 Éléments protégés MH : le portail d'entrée et sa tourelle, les façades et les toitures du colombier de la ferme du château : inscription par arrêté du 4 octobre 1972. 

 château de Combray 14100 Fauguernon

   

Château de Banneville

n retrouve sur ces terres des vestiges de l’occupation humaine remontant presqu’à la préhistoire. Plus proche de nous l’origine du nom serait de l’anthroponyme scandinave Biarn et du latin villa domaine, Située à la limite de la plaine de Caen et du Pays d’Auge, Banneville-la-Campagne est une commune au territoire étendu. En 1828 les hameaux de Guillerville et de Manneville sont rattachés à Banneville lui donnant ses limites actuelles. Le château de Banneville, construit au XVIIIe siècle, est l'ancienne demeure du marquis de Banneville à qui l’on doit la préservation du porche de l’abbaye Saint-Martin de Troarn acheté vers 1843 et remonté à l’entrée du parc du château (visible le long de la RD 675). 

 Éléments protégés MH : le portail servant d'entrée au château de Banneville-la-Campagne, provenant de l'ancienne abbaye de Troarn : inscription par arrêté du 25 juin 1928. 

 château de Banneville 14940 Banneville-la-Campagne

   

Château d'Aguesseau

Le 10 octobre 1599 le manoir sieurial de Trouville-sur-la-mer était en fête. On y signait le ce traité de mariage d'Ysabeau de Nollent, fille d'Hélie de Nollent, escuyer, seigneur et patron de la paroisse Saint-Jean de Trouville, et de Jehanne de Harcourt avec François Le Paulmier, seigneur de Méautrix. Avant de parler du château, qui a remplacé depuis longtemps le manoir dont il est ici question, disons quelques mots des Nollent et de la terre de Trouville. Le premier de cette famille qui paraît dans les annales normandes est Raoul de Nollent, dont le fils Guillaume, mari d'Isabelle de Tancarville, de l'illustre famille des connétables héréditaires de Normandie, testa l'an 1070. Il ne paraît pas y avoir communauté d'origine entre cette maison de Nollent qu'on trouve d'abord en Haute-Normandie, et les Nollent, seigneurs de Bombanville et Saint-Contest en Basse-Normandie, dont la "Maison des Gens d'Armes", à Caen, évoque le souvenir. Les deux familles portent du reste; bien que cela ne soit pas une preuve très concluante, des armes absolument distinctes. L'ancienne paroisse de Trouville comprenait autrefois, outre la vavassorie de Monceaulx, devenue Estimauville, deux fiefs qui se partageaient inégalement son territoire avec le droit de présenter alternativement à la cure de Saint-Jean, l'église d'alors, actuellement la chapelle de l'hospice de la ville moderne. Ces deux fiefs, Fatouville, demi-fief de haubert, et Mailloc, tiers de fief, se trouvèrent plus tard réunis dans une même main, celle des Nollent. En 1292, le premier appartenait à Guillaume de Beaumouchel, ecuyer. Le manoir passa ensuite par alliance dans les familles de Prestreval et de Bellengerville. Quant à Mailloc, il resta, jusqu'à la fin du XIVe siècle, dans la famille de ce nom, établie à Mailloc, près Orbec, puis il fut aux Franqueville, aux Vipard et aux Grente qui possédaient aux environs Villerville et Saint-Pierre-Azif; Jeh an Grente en rendit, vers 1560, aveu au roi. A la fin du XVIe siècle, Mailloc fut acheté par les Nollent qui, en 1656, obtinrent des lettres d'union des deux fiefs sous le nom de Trouville, déjà antérieurement porté par celui de Fatouville, qu'ils possédaient depuis longtemps. Robert de Nollent, dit Taupin, issu au neuvième degré de Raoul, dont nous avons parlé, était devenu seigneur de Fatouville par son mariage en secondes noces avec Jehanne de Bellengerville, qui en était héritière, vers 1420. C'est alors que ce fief; il y en avait un autre du même nom à Hébertot, également aux Nollent, prit le nom de Trouville qu'il a conservé. Robert de Nollent et sa femme devinrent la tige d'une branche des plus importantes de cette famille. A partir de leur petit-fils, Olivier de Nollent, chevalier, seigneur de Trouville, cette branche se divise en trois rameaux. L'aîné reste à Trouville en la personne d'Hélie, qui figure en tête de ces lignes; le second s'établit à Hébertot; nous le retrouverons plus loin et aussi en faisant l'histoire de son magnifique château. Quant au dernier, celui du seigneur de Couillarville en Haute-Normandie, il devait, deux cents ans plus tard, hériter de ses aînés. De son mariage avec Jehanne d'Harcourt, née de l'illustre maison normande dont l'histoire est le plus riche des nobiliaires de la province, Hélie de Nollent eut un fils, Robert, seigneur de Trouville, à qui est peut-être due la construction du château actuel et qui depuis obtint les lettres d'union de 1656. Il fut l'aïeul de Georges de Nollent, époux de Marie de Grieu, puis de Barbe de Crosville. Celle-ci lui donna pour unique héritière de ses magnifiques domaines, Marie-Madeleine-Angélique de Nollent, qui porta en mariage, en 1698, la terre de Trouville à Jean de Nollent, son cousin au dixième degré, seigneur et marquis d'Hébertot. Mais, de même que la terre de Trouville venait de passer dans une nouvelle branche de la famille de Nollent, elle devait, par une seconde alliance, en sortir pour aller à une maison illustre, mais étrangère et à Trouville et à la Normandie elle-même. En effet, le marquis et la marquise de Nollent-Hébertot n'eurent, eux aussi, qu'une fille. Il fallait un grand nom et une noble alliance à Françoise-Marthe-Angélique de Nollent, dame de Trouville et Hébertot; aussi épousa-t-elle, le 4 avril 1729, Henri-François de Paule Daguesseau, fils aîné du chancelier de France. C'est dans le Beauvaisis qu'il faut chercher le berceau de la famille d'Aguesseau. Elle fut anoblie seulement en 1597, en François Daguesseau, seigneur de Puiseux, échevin d'Amiens, qui eut pour cinquième descendant Henri-François Daguesseau, seigneur de Fresnes, chancelier de France le 2 février 1717, mari d'Anne Le Fevre d'Ormesson. Henri-François de Paule Daguesseau et Françoise-Marthe-Angélique de Nollent n'eurent pas d'enfants, et celle-ci mourut, le 29 décembre 1784, après vingt années de veuvage. Sa succession alla à de très nombreux collatéraux qui tous cédèrent leurs droits à Nicolas-Jacques de Nollent, marquis de Couillarville, déjà possesseur de la majeure partie de la terre de Trouville, achetée en 1783 à Madame Daguesseau, moyennant 3038 livres de rente. Ce fut le marquis de Nollent qui vendit, en 1791, à M. Pimbert, la terre et le château. Après avoir successivement appartenu au comte du Val d'Angoville, à M. Vallée, à la famille de Varin, au prince Murat, à M. Biesta, directeur du Comptoir national d'Escompte de Paris, le domaine appartenait à la fin du XIXe siècle à Madame Monrival, veuve du colonel Monrival. Madame Monrival a réuni à la terre de Trouville le manoir de L'Épiney, ancienne possession de la famille de Nollent. Sur les hauteurs à l'Est de Trouville, l'entrée du château s'ouvre dans un virage de la D 74 qui emprunte ici l'ancienne allée venue du vallon de Callanville. La grille d'entrée est gardée d'un élégant pavillon du XIXe siècle en pierres calcaires et briques blanches et rouges. Le château et son parc ne se devinent guère de la route. Ils sont masqués par des boisements, des murs et, derrière la grille, par une palissade de verdure d'ifs taillés percés de trois arcades étroites. Passé cet écran, la partie supérieure du parc se découvre sur le sommet d'une colline orientée ouest-est, en légère pente. Dans l'axe du château, un boulingrin, souligné de deux bordures de buis, s'étend derrière la palissade de verdure. Il est flanqué de deux pelouses semi-circulaires reconstituant ainsi le grand rond de la cour d'honneur. Sur celle de droite, un magnifique hêtre pourpre centenaire voisine avec un séquoia giganteum de toute beauté. Si, de ce côté, le château semble de taille modeste il n'en est pas moins d'une rare élégance. Sa haute toiture à croupes d'ardoises bleues surmonte une façade de briques rouges animée de chaînages et de trois travées d'ouvertures en pierres calcaires. Elles se prolongent sur le toit par de belles lucarnes à frontons. La demeure occupe le sommet du versant sud de la colline. De chaque côté, une allée terrasse est longée d'un muret de pierre surmontant la pente. Des topiaires d'ifs en cônes, entourés de bordures de buis, ponctuent la promenade. De là, la vue est superbe sur les jardins installés dans la pente et, au loin, la vallée de la Touques. Vers l'est, des pelouses traversées d'allées s'étendent devant une grande bâtisse de deux ailes en pierres encadrant un imposant pavillon central en briques. Une allée bordée de vieux tilleuls taillés courts conduit vers les écuries du Prince Murat. C'est un vaste bâtiment en U, en briques rouges chaîné de pierre. Des fenêtres de toit ont été ouvertes dans le brisis du comble à la Mansart qui le coiffe. Le fronton du portail central est toujours surmonté de l'aigle impérial. A l'arrière, un boisement de feuillus le cache aux regards depuis la route. Vers le sud, dans la pente, trois jardins entourés de murs s'étendent. En haut, la grande serre longe le mur supérieur. Plus bas, un bassin circulaire est disposé dans l'axe de l'ancien potager. En dessous, le second enclos est celui du verger où un autre bassin répond au premier. La limite sud de la propriété est longée par une piste d'entraînement de chevaux. D'en bas, la vue est magnifique vers les pentes en herbe plantées de jeunes érables et peupliers. Des arbres anciens, isolés ou en bosquets, parsèment encore les pentes : chênes, érables, tilleuls, conifères... et un superbe cèdre bleu. Un boisement de chênes dissimule un plan d'eau circulaire entouré de buis taillés. Plus loin, la pièce d'eau centrale a été recréée dans l'axe du château. De cet endroit, la demeure paraît plus imposante avec un niveau supplémentaire gagné dans la pente. La façade de briques, légèrement dissymétrique, repose sur un sous-bassement en pierre. Les jardins, enclos par des charmilles taillées ou des haies de saules, s’étagent vers la demeure, en trois degrés, reliés par des escaliers. Des ifs et des buis, taillés en boules de différentes grosseurs, forment de véritables compositions paysagères au pied du château. Vers l’ouest, l’espace devient plus naturel avec des prairies entrecoupées de boisements. A l’ouest, dans le prolongement du château, une terrasse accueille un charmant jardin plus intimiste. Clos d’un mur habillé de végétation et d’un muret, il est bordé d’ifs taillés en cônes alternés avec des massifs de lavande. Un bassin circulaire, que deux angelots contemplent, se découpe dans la pelouse… 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, la terrasse et son mur de soutènement; les façades et les toitures des écuries ; le parc et la grande serre : inscription par arrêté du 24 février 1995. 

 château d'Aguesseau 14360 Trouville-sur-Mer

   

Château d'Ablon

Au coeur d'un vaste parc dominant la vallée de la Morelle se dresse un imposant château fait de briques et de pierres. Le château d'Ablon est représentatif des modes de construction sous l'Ancien Régime en pays d'Auge. Le chevalier de Brévedent l'aurait fait construire au XVIIIe siècle, l'accolant aux restes d'un château-fort. La tour d'angle est bâtie à la fin du XVe siècle, le logis date de 1767, le colombier remonte au début du XVIe siècle et le pavillon a été construit en 1845. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, la tour d'escalier d'angle sud-est, le colombier : inscription par arrêté du 4 octobre 1990. Le belvédère dit la Pagode : classement par arrêté du 24 octobre 1994. 

 château d'Ablon 14600 Ablon

   

Château d'Olendon

Le château d'Olendon a été construit en 1614 (architecture bas-normande du début du XVIIe siècle), par Guillaume d'Ouézy dont les armes figurent sur la cheminée; la façade principale reconstruite en 1715, date portée, pour commémorer le baptême de Louis d'Ouézy dont le parrain était le grand dauphin (mort en 1711), Claude d'Ouézy fit couler trois plaques de cheminée dont les armoiries sont supportées par un dauphin. La ferme fut édifiée aux XVIIIe et XIXe siècles. Le parc à l'anglaise a été aménagé au XIXe siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, l'escalier central, le salon avec sa cheminée et ses boiseries, les cheminées des trois chambres à l'étage : inscription par arrêté du 1er août 1997. 

 château d'Olendon 14170 Olendon

   

Château de Castilly

En 1683, la terre est érigée en marquisat et le propriétaire, Philippe de Boran, décide la construction du château près de l'ancienne maison manable. De cette époque datent l'allée d'accès à la demeure, le château, la cour d'honneur, les douves, le canal latéral nord et les bâtiments de basse-cour. Sous la Restauration, l'architecte Harou Romain agrandit et décore le bâtiment. En 1849, le parc français classique est recomposé en parc paysager par Châtelain. Au début du XXe siècle, les parterres sont restructurés à la française ainsi qu'une partie du canal latéral. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments, l'assiette du jardin et les douves et les sauts-de-loup, les murs du potager, l'allée d'accès : inscription par arrêté du 23 novembre 2005.

château de Castilly 14330 Castilly

   

Château de la Tour

Le château a été construit en 1769 pour le comte Louis François Anne de Séran ancètre du comte Alain de la Moussaye. Le plan porte la signature d'un nommé Basché dont on ignore tout, encore qu'à cette époque plusieurs ingégnieurs des Ponts et chaussées de ce nom aient fait oeuvre d'architecte dans la région. D'un bel équilibre dans ses façades de pierre blanche qui se détachent à l'orée d'un vaste domaine boisé, le château évoque déjà le style Louis XVI par sa sobriété et son dépouillement. A la fin du XVIIIe siècle, Madame de Séran fit du château de la Tour l'un des rendez-vous les plus célèbres des écrivains du temps. Le domaine de la Tour est occupé en majeure partie par des bois, les bois du Roi, achetés au cour du XIXe siècle, ont été réunis aux bois de la Tour proprement dits. Les uns et les autres s'étendent au sud et à l'ouest du château sur 430 ha. Ils sont plantés d'essences très diverses chênes, hêtres, bouleaux et sapins de Normandie, certains atteignent une hauteur exceptionnelle... 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, la cour d'honneur, les douves entourant la cour d'honneur, le décor intérieur de la salle à manger, du salon et de la chambre dite de Madame de Séran: inscription par arrêté du 13 décembre 1967 

 château de la Tour 14700 Saint-Pierre-Canivet 

 

Château de Mailloc

Au centre de la riche vallée d'Orbec, le château de Mailloc présente sur toutes les faces sa masse imposante. Ses murs de pierre ont conservé en grande partie leur primitive blancheur; le jardin anglais, les bouquets de plantations qui l'environnent, l'absence un peu trop complète des alentours ordinaires d'une vieille habitation, la suppression des douves profondes dont la ceinture était autrefois son accompagnement obligé, semblent conspirer à lui donner l'apparence d'une création récente. En même temps, ses quatre tours aux dimensions puissantes, aux corniches fortement accusées, couronnées d'un bandeau de mâchicoulis, lui conservent quelque chose du caractère d'un château-fort, malgré toutes les modifications à l'aide desquelles on s'était efforcé de le faire disparaître. Si le château de Mailloc a été modernisé, infiniment plus que ne le souhaiteraient les amis de l'art et les amateurs du pittoresque, c'est le XVIIIe siècle, et nullement l'ère contemporaine, qui en est responsable. Le propriétaire, M. le comte de Colbert-Laplace, député de l'arrondissement de Lisieux, fait au contraire les plus louables efforts pour rendre à cette belle habitation sa véritable physionomie, et déjà Mailloc a repris une partie du cachet artistique dont on s'était précédemment si soigneusement appliqué à le dépouiller. Tel que de prétendues restaurations l'avaient laissé, ce château offrait une véritable énigme en architecture. Le corps de logis portait les indices de dispositions propres au début du règne de Louis XIV, tandis que les tours semblaient appartenir au XVIe siècle, peut-être même au temps de François 1er. Cependant aucune trace de reconstruction ne permet d'admettre, entre la partie centrale de l'édifice et les tours qui l'accompagnent d'une manière si heureuse, une différence de date aussi importante. Nous croyons donc qu'on doit regarder la construction comme remontant tout entière au XVIe siècle, dont cependant le caractère a complètement disparu du grand corps de logis par suite d'un remaniement des plus exagérés. S'il ne s'est pas étendu aux quatre tours, c'est qu'on a reconnu combien il était impossible de leur donner une apparence plus moderne et plus conforme aux goûts désastreux du possesseur qui entreprit cette œuvre mal inspirée. Mailloc n'a d'ailleurs, il faut en convenir, jamais répondu à l'idée qu'on peut se faire d'un château du siècle de la Renaissance. On y chercherait vainement la moindre trace d'une sculpture. La sobriété de son ornementation est des plus austères. Mais il ne faut point oublier que l'art bien entendu consiste, dans l'architecte, à tirer parti des circonstances en présence desquelles il se trouve, et non à violenter la nature pour la forcer à se plier à des idées préconçues. La qualité de la pierre dont est construit l'édifice, ne se serait pas prêtée au travail du sculpteur, et l'état des chemins ne permettait pas alors de faire venir des matériaux empruntés à distance: on a donc agi fort sagement en renonçant à ce genre d'embellissement. Le château de Mailloc est entouré de quatre communes qui portent aujourd'hui ce nom; ce sont: Saint-Julien, Saint-Pierre, Saint-Martin et Saint-Denis-de-Mailloc. On racontait autrefois que chacune des quatre tours de la demeure seigneuriale était construite sur le territoire d'une de ces quatre paroisses. Rien n'est moins fondé; le château a toujours appartenu exclusivement à Saint-Pierre-de-Mailloc, anciennement nommé Saint Pierre-du-Tertre. La paroisse de Saint-Julien a longtemps été seule à porter le nom de Mailloc; Saint-Martin et Saint-Denis étaient dits du Val-d'Orbec. Saint-Denis a changé ce nom en celui de Mailloc, l'an 1680; Saint-Martin et Saint-Pierre ont reçu cette dernière désignation en 1729. La terre de Mailloc doit son nom à la famille des seigneurs qui l'ont possédée dès une époque sur laquelle les documents précis nous font absolument défaut. Mais Mailloc est un nom d'homme et, chose étrange, il appartient exclusivement à la langue gaëlique. Quoi qu'il en soit, Mailloc fut possédé de père en fils, pendant plusieurs siècles, par une longue suite de chevaliers qui maintinrent honorablement leur rang, sans toutefois parvenir à graver leur nom dans les annales de l'histoire; il ne paraît pas qu'aucun d'eux ait jamais porté bannière. De nombreuses branches collatérales sortirent de cette antique souche. De celle des seigneurs de Sacquenville était issu Louis de Mailloc-Sacquenville, commandeur de l'ordre de Malte au XVIe siècle. S'étant fait remarquer par sa participation à une révolte dirigée contre le Grand-Maître, Jean de la Cassière, il fut envoyé à Rome par les chevaliers rebelles pour soutenir leur cause auprès du Saint-Siège. Il reçut un mauvais accueil du cardinal Montalte, depuis pape sous le nom de Sixte-Quint. "Si j'étais le Saint-Père, lui dit le fougueux prélat, je vous aurais déjà fait trancher la tête". La branche aînée, dépouillée de la terre de Mailloc et de ses autres fiefs pendant l'occupation anglaise, en raison de la fidélité de Jean de Mailloc à la cause nationale, en avait recouvré la possession quand Charles VII eut expulsé les envahisseurs. Mais le château-fort qui, de temps immémorial, était le séjour de cette ancienne race, avait été détruit pendant la guerre, et il s'écoula près d'un siècle avant que les seigneurs de Mailloc eussent recouvré les ressources nécessaires pour en entreprendre sa reconstruction. Enfin la fortune entra dans cette maison, sous la forme de deux riches héritières. Nicolas de Mailloc épousa, vers l'an 1500, Suzanne de Mannoury; elle était fille d'Etienne de Mannoury du Tremblay, seigneur du Mont-de-la-Vigne, capitaine de Lisieux, Evreux et Exmes, et d'Austreberte de Dreux, issue elle-même d'une branche éloignée de la maison royale de France. Mais Suzanne ne semblait point destinée à recueillir l'opulente succession de sa famille, enrichie par la faveur de Louis XI; elle avait deux frères et deux sœurs. L'un des frères embrassa l'état ecclésiastique; l'autre ne laissa, de son mariage avec Marguerite Le Veneur, qu'un fils, louis de Mannoury lequel mourut sans postérité, et Suzanne eut à partager avec ses sœurs l'héritage de ce neveu. La terre du Mont-de- la-Vigne entra ainsi dans la maison de Mailloc. De Nicolas de Mailloc et de Suzanne de Mannoury étaient nés trois fils: Jean, seigneur de Mailloc, Charles et Pierre, seigneurs de Saint-Denis et de Monteilles, personnages turbulents, qui eurent à se reprocher assez d'actes de violence pour avoir besoin de bénéficier du privilège de Saint-Romain. Charles se distingua comme capitaine de mille légionnaires. Après lui, Jean, seigneur de Saint-Denis, époux d'Antoinette de Mézières, fut père d'Hamon de Mailloc, célèbre dans les guerres de la Ligue sous le nom de Saint-Denis-Mailloc. Ayant embrassé la cause royale, il la servit avec ardeur à la tête d'un corps d'arquebusiers à cheval; mais ni le chef, ni les soldats ne brillaient par une discipline scrupuleuse; et leurs déprédations qui n'épargnaient amis ni ennemis, excitèrent beaucoup de plaintes. Commandant à Lisieux, puis gouverneur de Conches, ayant le rang de mestre de camp, le seigneur de Saint-Denis n'avait pas à se plaindre de la fortune; mais il était d'une trempe à se plaire davantage dans le désordre des dissensions civiles que sous le règne pacifique des lois. Ne recevant pas toutes les satisfactions auxquelles il prétendait, il se rangea parmi les mécontents, quitta la France et se retira à Bruxelles pour se mettre au service de l'Espagne. Cette incartade, qui lui valut la perte de ses charges, fut suivie de plusieurs autres. Enfin il se trouva compromis d'une façon tellement grave que sa tête fut en péril, et s'il parvint à se mettre en sûreté, il encourut la confiscation de ses biens, que toutefois la munificence royale concéda à un de ses alliés les plus proches, le comte de la Suze, de la maison de Champagne, l'an 1621. Saint-Denis-Mailloc n'eut qu'une fille de son mariage avec Madeleine de Melun, dame des Landes et de Normanville; ce fut Madeleine de Mailloc, mariée, en 1618, à François de Lyée, seigneur du Coudray, Heurtevent et Saint-Jean de Livet. De cette union naquit une fille unique, Madeleine de Lyée, qui, étant veuve de MM. de Vieupont et de Braque, épousa, par admiration pour ses talents littéraires, Gautier de Costes, sieur de la Calprenède, auteur alors célèbre de longs romans qui firent les délices du public au temps de Mazarin. Jean de Mailloc, l'aîné des trois frères, éleva au plus haut point la fortune de sa famille en épousant, en 1537, Louise Quiéret, héritière d'une famille de Ponthieu ancienne et même illustre. Elle lui apporta, du chef de son père, les seigneuries de Tours-en-Vimeu, le Quesnoy, Bouricourt, Neuville-sur-Eaulne, Caurroy, Hamicourt, la Porte-Montreuil, Saint-Nicolas, Esquincourt, Saint-Martin, et la baronnie de Bosc-Geoffroy; du côté d'Antoinette de Boissay, sa mère, la baronnie de Cailly, la châtellenie de Saint-Germain, et une vingtaine d'autres seigneuries que nous nous dispenserons d'énumérer. Jean de Mailloc profita de cette opulence pour faire construire sur sa terre patrimoniale le château actuellement existant; dès lors, il joignit au titre de seigneur de Mailloc celui de châtelain du lieu. Il laissa, outre plusieurs filles, deux fils dont le plus jeune fut seigneur du Mont-de-la-Vigne, terre que sa fille unique apporta en mariage, en 1583, à Guy d'Aché, seigneur de Marbeuf, vicomte de Fontenay-le-Marmion. L'aîné, Nicolas de Mailloc, baron de Cailly, seigneur châtelain de Mailloc, épousa, en 1563, Charlotte de Monchy-Moncavrel, qui fut dame d'honneur de la reine Catherine de Médicis, et le rendit père de François de Mailloc, aussi baron de Cailly et châtelain de Mailloc, chevalier de l'ordre du roi, marié, en 1587, à Marie Bruslart de Genlis, que la reine Marie de Médicis prit à son tour pour dame d'honneur. Un second François de Mailloc, né de cette union, épousa en 1610, Françoise Le Brun, héritière des seigneurs de Sallenelles, et obtint l'érection en baronnie de la terre de Mailloc; il était en même temps baron de Cailly, de Tours-en-Vimeu, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la chambre du roi. Son fils, Gabriel de Mailloc, baron de Mailloc et de Cailly, premier veneur de Gaston duc d'Orléans, épousa, en 1641, Renée de Créquy-Bernieulles et mourut en 1681, laissant neuf enfants et des affaires un peu obérées. Mais de ses six filles, quatre furent destinées au cloître; deux fils moururent prématurément; il ne resta que Gabriel-René de Mailloc, en qui allait s'éteindre cette brillante lignée, après être parvenue au comble de la prospérité. Il joignit, en effet, à une bonne part des biens paternels, l'héritage de son oncle de Créquy, qui lui laissa le comté de Cléry-Créquy, la baronnie de Combon, moitié de celle du Neubourg, et la terre du Champ-de-Bataille. Ce fut en sa faveur que la baronnie de Mailloc fut érigée en marquisat, en 1695. N'ayant pas eu d'enfants d'un premier mariage avec une veuve déjà mûre, mais fort riche, Marie Henry de Cheusses, le marquis de Mailloc, parvenu à l'âge de soixante-quatorze ans, épousa, en 1720, Claude-Lydie, fille du maréchal duc d'Harcourt; elle n'avait que vingt-trois ans. Nul ne pouvait se tromper sur les motifs d'une union aussi disproportionnée, "il lui fait de grands avantages en l'épousant, dit le Journal de Dangeau. Il avait épousé en premières noces, ajoute-t-il, Madame de Loury, qui était fort vieille et fort riche, et qui lui avait fait de grands avantages". Ce mariage mal assorti d'un vieillard et d'une jeune et jolie personne ne promettait le bonheur à aucun des deux époux: les prévisions ne se trouvèrent point trompées. Le marquis de Mailloc passa pour être horriblement jaloux. Il n'est cependant pas exact qu'il ait fait enfermer sa femme par lettre de cachet, comme le raconte l'auteur des prétendus Souvenirs de la marquise de Créquy. D'ailleurs au bout de quatre ans, en 1724, sa mort lui rendit l'indépendance, et lui permit de jouir d'une grande fortune, qu'elle eut pourtant à disputer devant les tribunaux aux héritiers naturels du marquis. C'était Catherine de Mailloc sa seconde sœur, qui, déjà avancée en âge, avait épousé, en 1717, Jacques Bonnet de Montgommery, marquis de la Tour, gentilhomme muni de beaucoup plus de prétentions que de patrimoine; puis les enfants et petits-enfants de sa sœur aînée, Renée de Mailloc, mariée, en 1669, à Philippe Toustain, marquis de Carency, et morte avant son frère. Pendant nombre d'années on plaida avec acharnement; on fit tant et si bien que cette succession s'évanouit pour la plus grande partie en frais de procédure. Claude-Lydie d'Harcourt conserva cependant la jouissance des terres de Mailloc et du Champ-de-Bataille jusqu'à sa mort, survenue en 1750; mais comme elle préférait la dernière de ses résidences, le château de Mailloc se trouva bien délaissé. Après elle, il passa en la possession de son frère, Anne-Pierre, duc d'Harcourt, qui vendit quelques années après le marquisat de Mailloc à César-Louis-Marie-François-Ange, vicomte d'Houdetot. Celui-ci n'était qu'un fils de famille, mais il avait trouvé les ressources nécessaires à cette acquisition dans son mariage avec une riche héritière, Louise Périnet de Faugnes. Cependant, en 1785, il revendit cette terre à Louis-François-Charlemagne de Couvert de Coulons, président à mortier au Parlement de Normandie. Ce nouvel acquéreur n'habita jamais le château de Mailloc; le trouvant trop délabré, il préféra résider au château qui existait alors à Saint-Denis-de-Mailloc, demeure moins spacieuse, mais plus agréablement située. Propriétaire éclairé, bienveillant et généreux, le président de Coulons semblait ne devoir rencontrer que la sympathie universelle. Il fut pourtant le premier dans le pays à ressentir, en 1789, le contre-coup des événements révolutionnaires; son château de Saint-Denis fut saccagé, incendié et complètement détruit. Le motif qui excita contre lui les passions populaires, mérite d'être rapporté: il s'était appliqué à propager dans la contrée la culture de la pomme de terre, et c'était, disait-on, traiter le peuple en bête de somme que de lui destiner une nourriture ne convenant évidemment qu'aux bestiaux. Une partie de ses biens lui fut toutefois conservée. A sa mort, qui survint en 1801, Mailloc appartint à son fils, Charlemagne-Armand-Timoléon de Couvert de Coulons, décédé en 1812. Les deux sœurs de ce dernier, mariées l'une au comte de Couvert, son cousin, l'autre à M. de Grimouville de Cussy, firent vente de cette terre, en 1813, à la marquise de Portes, née Laplace, fille de l'illustre astronome. Mailloc passa après elle à sa fille unique, épouse du marquis de Colbert-Chabanais, député au Corps législatif. A la fin du XIXe siècle, son fils en fit sa résidence favorite, et a beaucoup contribué à restaurer et à embellir ce beau château. Dans la nuit du 10 au 11 décembre 1925, un incendie se déclara dans les quatre tours, anéantissant tapisseries, mobiliers, épée de Charles Quint, bibliothèques contenant des livres ayant appartenu à Colbert et des documents de Laplace, une cuisinière serait à l’origine de cet incendie... Inestimable fut la perte de ces souvenirs historiques. Devenu un amas de ruines calcinées, le château autrefois ceinturé de jardins à la française, d’avenues d’arbres et de pelouses, fut enseveli sous un linceul de lierre et de ronces. Le château de Mailloc a été restauré et à nouveau habité. Même s’il a perdu ses tours Renaissance, il conserve quelques chose de farouchement superbe, le nom de Laplace y résonne encore. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 17 mai 1933. 

 château de Mailloc 14290 Saint-Julien-de-Mailloc

 

Château de Bougy

C'est à la famille Le Révérend, noblesse protestante, que l'on doit l'élévation de l'ancienne seigneurie de Bougy en marquisat au XVIIe siècle, au début du règne du roi Louis XIV. De l'historique des constructions du château de Bougy, le silence est trop présent. Si certains communs, de par leur style, pourraient remonter à l'époque des Le Révérend, le château fut reconstruit au siècle suivant, par la famille Hue de Carpiquet (blasons sur le fronton du château en élévation principale), sur les bases du château XVIIe siècle en conservant l'assiette d'origine avec les douves et la cour d'honneur. Des adjonctions diverses affectèrent la demeure au cours du siècle suivant, dont le pavillon étroit au sud ouest et le pavillon carré au nord est. Le parc du château date du XVIIIe siècle et présente diverses parties fort variées dans leur esprit. Une grande allée centrale d'accès est précédée d'une avenue longue de 2 km, aujourd'hui rétrécie à 700 m. De chaque côté de l'allée d'accès sont implantés les bâtiments nécessaires à l'exploitation du domaine. Le parc d'agrément comprend un parterre central. Des murs de soutènement sont implantés dans ses extrémités nord et sud compte tenu de la déclivité du site. Une avenue en surplomb règne au nord et dégage les perspectives intéressantes, le parterre se termine par un bassin maçonné d'où se mire la silhouette du château. A la suite du bassin, un étang est implanté, désaxé vers le nord. Un petit canal assure l'écoulement hydraulique vers l'Odon en passant par un réceptacle octogonal. Cette partie terminale du parc est la plus romantique et offre un contraste avec les alignements plus classiques du parterre d'accès et du jardin d'agrément. Le parc, dans sa partie occidentale, est entouré de part et d'autre par des futaies formant écrin paysager. Le domaine de Bougy est fortement marqué par son parc, il en constitue en fait l'intérêt majeur, exemple vivant de la capacité d'adaptation des paysagistes du XVIIIe siècle à un terrain où la présence hydraulique a permis des aménagements dignes de ceux de Canon... 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, la cour d'honneur et les douves, les façades et les toitures du logis du régisseur, des écuries, de la remise à voitures, du colombier et du lavoir, le parc, tel qu'il est délimité sur le plan annexé à l'arrêté, avec ses aménagements hydrauliques, ses murs de clôture, le potager et la serre : inscription par arrêté du 25 septembre 2000. 

 château de Bougy 14210 Bougy

 

Château d'Outrelaize

Château construit par M. Le bourgeois, architecte à Lisieux, pour Gaspard le marchand de 1584 à 1604 (inscription) ; vestiges: pavillon d'entrée, colombier, ainsi que les ailes sud et est du logis datant milieu XVIIIe siècle. L'édifice d'origine subit des modifications considérables entre 1584 et 1620. Le vieux manoir est restauré, une galerie de circulation est ajoutée perpendiculairement pour relier le logis à un pavillon d'angle. Un pavillon d'entrée est crée. Au XVIIIe siècle, un parc à la française agrémente le site et les distributions intérieures sont revues au goût du jour. Entre 1822 et 1827, Héracle de Poligny exécute, avec les paysagistes Chatelain frères, le parc à l'anglaise qui modifie celui du XVIIIe siècle et une reprise de l'ancien logis achève les rénovations de l'édifice en 1894. 

 Éléments protégés MH : la façade nord et la toiture correspondante de l'aile Henri IV, le grand salon, son décor, la rampe d'escalier dans le bâtiment principal : inscription par arrêté du 18 octobre 1971. Les façades et les toitures du bâtiment principal et la cheminée de la bibliothèque au rez-de-chaussée ; le décor de poutraison des chambres du premier étage de l'aile Henri IV, ainsi que les éléments de décor de l'ancienne chapelle ; le parc, en totalité, comprenant l'allée d'accès plantée, l'obélisque de la forêt et les huit allées rayonnantes, les murs de soutènement, les ponts, la grotte artificielle, l'ensemble des aménagements hydrauliques, y compris la pièce d'eau et le lavoir : inscription par arrêté du 29 mars 2005. Le pavillon d'entrée en totalité, ainsi que les façades et les toitures de ses deux ailes, le colombier en totalité : classement par arrêté du 23 mai 2005 

 château d'Outrelaise 14680 Gouvix 

Téléphone : 02 31 79 03 64

 

Château de Beaumais

Le château de Beaumais fut construit au début du XVIe siècle, sur l'emplacement d'un château fort; appartenant en 1674 à Me Le Camus, lieutenant civil de Paris. La demeure possède un corps de logis flanqué de deux tours et prolongé par deux ailes. De belles lucarnes se détachent sur les hauts toits. Le domaine comprend un bel ouvrage d'entrée, un enclos, des communs et des parties agricoles. Edifice inscrit MH en 1933. La propriété appartient à Mlle de Postel de Lenteuil. A noter sur la commune de Beaumais, la très belle église, reconstruite après un incendie vers 1107 par Richard de Beauvais évêque de Londres, elle est classée Monument historique. 

 Éléments protégés MH : le château de Beaumais en totalité : inscription par arrêté du 23 juin 1933. 

 château de Beaumais 14620 Beaumais

   

Château des Planches

Au XVIe siècle, le domaine appartient à la famille des Planches. En 1738, la propriété passe par mariage aux du Buisson de Courson. De 1785 à 1788, cette année étant inscrite sur une souche de cheminée, Nicolas du Buisson de Courson fait construire ce château à la place d'une construction vétuste. Décorée sobrement, la nouvelle demeure est composée d'un corps de bâtiment central couronné d'un fronton triangulaire sur chacune des façades et flanqué de deux pavillons. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, des communs, des deux pavillons, de la fuie et du puits: inscription par arrêté du 17 mai 1982. 

 château des Planches 14480 Amblie

   

Château d'Aubigny

Le château de Aubigny fut construit dans la première moitié du XVIIe siècle pour la famille de Morell d'Aubigny. Antoine de Morell, comte d'Aubigny demeurant en son château d'Aubigny fait subsister une chapelle qu'il a trouvé élevée sur sa terre du lieu d'Aubigny. En 1838, le domaine patrimonial d'Aubigny comprenait : un château en fort bon état, orné de belles glaces, de parquets et de lambris, avec une avenue, des jardins, des bosquets, une pièce d'eau, trois corps de fermes, une chapelle, un colombier le tout comprenant 169 hectares sur Aubigny, Saint Pierre Canivet et Falaise. Le pavillon nord date du premier quart du XIXe siècle. 

 Éléments protégés MH : le château et ses dépendances (chapelle, pigeonnier, bretèches, communs); les douves qui entourent le château, les allées de hêtres conduisant de la route de Caen au château: classement par arrêté du 30 avril 1948. 

 château d'Aubigny 14700 Aubigny

   

Château de Villeray

Si le château de Villeray conserve des éléments du XVIIe siècle, la demeure a été complètement rhabillée au XVIIIe siècle, deux pavillons d'entrée ont été bâtis et un jardin à la française aménagé. Logis actuel construit entre 1808 et 1830 pour M. de la Choltière qui aménagea le parc et les avenues. Le chapiteau provenant de la chapelle Saint Jean de Moutiers en Cinglais et le rampant de lucarne sculpté provenant du manoir de Saint Laurent de Condel. Vers 1840, l'aile ouest est rajoutée, perpendiculaire au château, l'intérieur garde les aménagements des XVIIIe et XIXe siècles. La salle à manger présente une cheminée remontant à l'époque du premier logis. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des deux pavillons, les sphinges: inscription par arrêté du 25 août 2005 

 château de Villeray 14220 Les Moutiers-en-Cinglais

   

Château de Vaulaville

Le château de Vaulaville est une demeure construite au XVIIIe siècle, une adorable folie Régence. Vaulaville, petit château, à l'image de ce qui est rare et précieux. Salons à boiseries, beau mobilier ancien, des porcelaines de Bayeux. La famille Corblet veille au maintien du château XVIIIe siècle style "Folie Régence" depuis nombre d’années. Historique du domaine et anecdotes multiples, (des célébrités y ont logé, la maîtresse des lieux fut une résistante lors de la dernière guerre), rendent originale la visite qui l’est encore plus, lorsque l’on entre dans le musée des jouets anciens. Dans le parc, une chapelle du XVIIIe siècle qui séduit par sa simplicité... 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, la chapelle : classement par arrêté du 3 février 1971. La perspective d'entrée, les façades et les toitures des communs, les pièces suivantes du château avec leur décor de boiseries : le grand salon, la chambre de l'évêque, le petit salon, les quatre piliers des deux porches du jardin, les douves, le terrain entouré par les douves : inscription par arrêté du 3 février 1971  

château de Vaulaville 14400 Tour-en-Bessin 

Téléphone : 02 31 92 52 62

 

Château de Louvagny

Louis XIV érigea en 1651 Louvagny en plein fief de haubert en faveur de François de Beaurepaire avec permission de bâtir un château. Le corps de logis le plus ancien du château remonte au XVIIe siècle, cette partie, comportant l'aile en retour nord terminée par un pavillon carré, a été bâtie de 1651 à 1664. Le corps en retour, accolé à une tourelle en demi hors-œuvre, fut élevé au début du XVIIIe siècle. Les bouches à feu qui flanquent l'ensemble rappellent la vocation défensive du site. Entre 1830 et 1840 les douves qui ceinturaient l'ensemble ont été comblées. Un pont dormant permettait le franchissement. Un parterre conforme aux canons du XVIIIe siècle, prolonge la façade sud. Dans le parc un pavillon du XVIIe siècle pourrait avoir servi de maison de garde. Au XIXe siècle, un pont-levis a été ajouté dans la cour d'honneur. La glacière située dans le parc sert depuis le XXe siècle, au captage de la source qui alimentait les douves. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et du bâtiment du XVIIe siècle dans le parc, la porte de l'ancien pont levis, l'escalier intérieur avec sa rampe en fer forgé, la salle à manger avec leur décor et le grand salon. La porte romane dans le parc: inscription par arrêté du 10 août 1977. L'assiette des sols avec le réseau hydraulique, la cour d'honneur, les façades et les toitures des communs la bordant : inscription par arrêté du 6 avril 2006. 

 château de Louvagny 14170 Louvagny

   

Château de Grisy

On trouve la trace des premiers seigneurs de Grisy à partir du XIIe siècle; il est vraisemblable qu’ils logeaient en ce lieu. Le château actuel témoigne de cinq périodes de construction. Le premier logis, construit vers 1400 par les seigneurs de Grisy, n’est plus visible aujourd’hui, mais une cuisine ancienne en témoigne. La construction, de style Renaissance XVIe siècle, est l’œuvre de Jean de la Flèche, seigneur de Grisy vers 1520-1530. La façade, de style Henri II, présente des lucarnes caractéristiques, portant les armoiries des familles et les symboles d’Henri II. La façade arrière comporte une tour d’escalier hors œuvre en pierre dont le dernier niveau est en pan de bois et torchis. Cette tour, très élégante et typiquement normande, a été restaurée en 2016. Le commun ouest date également du XVIe siècle. En 1670, Noël Le Jeune, écuyer, fait édifier une grande extension, complétée par des écuries aux arcades surbaissées. De 1702 à 1723, son fils, Nicolas Le Jeune, opère une vaste campagne de restructuration, transforme l’intérieur du château en créant un escalier en pierre à rampe en fer forgé et cage majestueuse. Il convertit les écuries en pièces de réception. A l’est, un nouveau bâtiment est construit, comprenant logement, écuries et un imposant pressoir à cidre. Ce pressoir, manœuvré par un cheval, se distingue par sa taille et par le fait qu’il est absolument complet et en état de marche avec la pile et la presse, ce qui devient rare. Une dernière campagne de construction a lieu en 1738 et prolonge le bâtiment d’une nouvelle travée. Le château appartient successivement à plusieurs familles, puis, à partir de 1910, aux arrières grands parents des propriétaires actuels. Le château a vécu au rythme de l’histoire de Fran ce, avec ses périodes paisibles, de développement, d’épanouissement, mais aussi de guerres, dévastations et autres vicissitudes. Une longue maturation au Moyen-Âge conduit au "premier logis", et il a fallu la volonté et la puissance de la famille de Jean de La Flèche pour l’amener à l’épanouissement de la période Renaissance. Mais les guerres de religion sont dévastatrices et le château menace déjà ruines… Une autre grande famille, celle de Nicolas Le Jeune, le relève, l’agrandit, puis l’embellit. Mais le calme est de courte durée car la Révolution française en chasse les occupants et les symboles religieux, tout en préservant heureusement le reste. Les conflits titanesques de la Deuxième guerre mondiale le blessent lors de l’occupation allemande puis de la bataille de Normandie. Cet ensemble harmonieux, qui inspire le calme et le repos au bord de la Dives, fait l’objet de chantiers de restauration depuis les années 1980 grâce à l’aide du Ministère de la culture au titre du patri moine, du département du Calvados, et des associations Vieilles Maisons Françaises et French Heritage Society. Le château lui-même ou logis est couvert de tuiles et d’ardoises. La propriété comprend deux communs, imposants par leur taille et leur hauteur en particulier, la pièce d’eau et le pré-verger qui la prolonge. Cet ensemble, au milieu des herbages, se trouve à cinquante mètres de la Dives naturelle. Les jardins extérieurs, ouverts au public les après-midi durant l’été, permettent de découvrir cet ensemble 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, l'escalier principal à rampe en fer forgé, les façades et les toitures des communs, la pièce d'eau, la mare, le grand pré en avant du château : inscription par arrêté du 18 novembre 1953 

 château de Grisy 14170 Vendeuvre

 

Château de Creullet

Le château de Creullet comprend un vaste jardin à la Française s’étendant jusqu’au seuil de la demeure. Très XVIIIe siècle, ce château possède un seul étage et une haute toiture dans laquelle s’encastre un fronton triangulaire. C’est avant tout une demeure de plaisance construite au début du XVIIe siècle, transformée quelques décennies plus tard et remaniée à plusieurs reprises. De vieux communs du XVe siècle subsistent, bien à part, mais compris cependant dans un bel ensemble, limités par une murette ornée de vases et de guirlandes de roses. La grange avait été la chapelle Sainte Marguerite et fut le lieu de sépulture des châtelains de Creullet, d’amis et de serviteurs. Au-delà du château, une longue pelouse se confondrait avec la campagne si la transition n’en était marquée par une légère architecture à jour, portes, balustres et pilastres, dans le genre de l’ornementation du XVIIe siècle des jardins de Brécy, proche de Creully. Fixant les limites du jardin, une balustrade court entre deux portiques, seulement interrompue dans sa partie centrale pour prolonger la perspective bien au-delà de la pièce d’eau, longue de 200 mètres. De toute la lignée des possesseurs du château, il est malaisé d’attribuer à tel ou tel la part prise dans l’élaboration de la délicieuse ordonnance du domaine que nous admirons aujourd’hui. Ce fut oeuvre de longue haleine. Si certaines parties intérieures du château peuvent remonter au temps des derniers Le Héricy (début XVIIe siècle), la pièce d’eau, l’architecture à jour qui la borde, les terrasses longeant et surplombant la vallée, avec leurs balustres, leurs colonnes surmontées de pots à feu, pourraient être du temps des Quincé (fin XVIIe siècle). 

 Éléments protégés MH : le portail d'entrée avec sa grille, les façades et les toitures, le vestibule avec sa cheminée, le salon rouge, le petit salon, le grand salon, la salle à manger situés au rez-de-chaussée avec leur décor, le parc ordonnancé avec son décor sculpté et sa pièce d'eau : classement par arrêté du 17 avril 1984. 

 château de Creullet 14480 Creully

 

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique


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