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Maison-forte de Villiers

La construction de la maison forte remonterait à la fin du XVe siècle ou début du XVIe siècle, par la famille de Mauvise qui détint la seigneurie de Villiers du XVe siècle au moins jusqu'à la Révolution. Des transformations ont eu lieu au XVIIIe siècle, date de la construction du petit bâtiment d'habitation et la bergerie à côté mais les granges sont plus récentes; fin XIXe ou début XXe siècles. La plupart des ouvertures ont été agrandies au XVIIIe siècle, avec des encadrements moulurés pour certaines. Les peintures murales de la tour d'angle ont été datées vers 1500. Sur le cadastre de 1833 est visible le corps de bâtiment entouré à l'est, au nord et à l'ouest, de cours avec dépendances autour. L'entrée devait se faire à l'est par une allée qui aboutissait à une première cour. Un mur percé d'une porte (dont on voit l'arrachement sur le pignon est du logis) devait séparer cette cour d'une seconde. Ensemble composé d'un corps de logis, un pigeonnier, un cellier, une buanderie et bâtiment d'habitation accolé en L, une écurie, deux granges. Le corps de logis comporte deux tours (une tour d'escalier et une tour d'angle) couronnées de cônes de pierre et non de charpente. Les deux ont une pierre qui couronne le faîtage. Une grande cheminée se trouve au rez-de-chaussée du corps de logis. La tour d'angle, ronde à l'extérieur et hexagonales à l'intérieur, a des peintures murales qui se déclinent en six scènes sur les six côtés. Ces peintures ont pour thème général l'évocation tragique de la mort. Les ouvertures ont toutes des encadrements chanfreinés ou moulurés. L'entrée de la tour d'escalier possède un linteau en accolade avec un écusson, illisible aujourd'hui. La tour d'escalier a des bretèches et des meurtrières. Le pigeonnier est carré, avec un toit en pavillon. La porte d'entrée possède un linteau en accolade et un linteau à décor de coquille. Sur un des piliers du portail d'entrée a été sculpté un épi de blé.

 Éléments protégés MH : le corps de logis et le pigeonnier : inscription par arrêté du 21 octobre 1992. La tour d'angle sud-est de la maison-forte avec ses peintures murales : classement par arrêté du 2 septembre 1994 

 maison-forte de Villiers 36370 Mauvières

 

Château de Villentrois

Villentrois, situé à la limite du Berry, de la Touraine et du Blésois, fut la principale place forte du Boischaut nord pendant plusieurs siècles. Au début du Xe siècle, elle fut, avec Loches et La Haye, à Garnier, fils d'Adelaud qui avait reçu Loches de Charles le Chauve. Elle passa par mariage à Foulques le Roux, comte d'Anjou, puis fut, avec Buzançais, Châtillon et le tiers d'Amboise aux mains des seigneurs de Buzançais, proches des comtes d'Anjou. Une famille de Villentrois y fit souche avant le milieu du XIe siècle et tint la seigneurie jusqu'au milieu du XIVe siècle. Le site choisi pour la construction du château est à 300 mètres au nord de l'ancienne agglomération de Villenstratum (Villa in Strata), chef-lieu de paroisse mérovingienne. Les deux sites sont séparés par le cours du Modon, l'ancienne agglomération, appelée Bourg de l'église, se trouvant dans la vallée, au passage de l'ancienne voie romaine Bourges-Poitiers, et le château sur le coteau qui domine le Modon d'une dizaine de mètres. Au pied du château furent construites plusieurs maisons, et la nouvelle agglomération prit le nom de Bourg du château. Mais les deux bourgs restèrent indissociables et complémentaires l'un de l'autre. Dans le Bourg de l'église, à cent mètres de l'église paroissiale Saint-Georges (XIIIe et XVe siècles), les seigneurs de Villentrois fondèrent un prieuré Saint-Mandé, qui a été supprimé en 1760. Il en reste la chapelle du XIIe siècle, désaffectée.

Le château est installé sur un éperon barré par une importante levée de terre, de trois à quatre mètres de haut et trente mètres de large maximum, doublée d'un fossé vers l'extérieur. A l'arrière, sur le plateau, se trouve une vaste enceinte ovale, qui se termine par un abrupt à l'est et est bordée sur ses autres côtés par un talus de 1,5 m de hauteur et un fossé peu marqué; cette parcelle est appelée la Garenne du Château. Au nord, une autre s'appelle le Donjon. En dehors de ce rempart, il ne reste rien des premières constructions castrales, ni du château en pierre construit à la pointe de l'éperon au XIIe-XIIIe siècle. À la fin du XVe siècle, Philippe de Commynes, devenu seigneur de Villentrois par mariage en 1472 et mort en 1511, fait démolir l'ancien château et construire le château actuel. L'ensemble suit un plan pentagonal. Au sud, il y a un grand corps de logis cantonné de deux grosses tours. Les salles sont pourvues de cheminées et il y a des latrines aménagées dans l'épaisseur des murs, à chaque étage. Leurs conduits aboutissent dans une fosse souterraine sous la tour dite du Trésor, au sud-est. L'enceinte, munie de puissantes courtines, est flanquée d'une tour circulaire au nord-est et d’une autre, arasée à mi-hauteur, au nord-ouest. Le côté nord, percé d'une poterne, est flanqué d'une tour carrée abritant un four. Un bâtiment doté d'une cheminée du XVIIe siècle s'appuie contre. 

L'accès au logis se fait par une longue allée qui longe la courtine est, puis débouche sur une cour. De là part un grand escalier, aujourd'hui arasé au niveau de la terrasse qui surplombe l'ensemble. À l'extrémité de cette esplanade se trouve la porte d'entrée, protégée par une bretèche pourvue de trois mâchicoulis. Dans la cour, située en contrebas, il y a plusieurs constructions en partie ruinées: au sud-ouest un bâtiment flanqué d'une tour à demi arasée, à l'est un autre bâtiment et une chapelle du XVIe siècle, et l'ancienne salle de justice. Le mur de clôture de la cour est conservé à l'ouest, avec sa grande porte cochère surmontée d'un blason aux armes des Commynes. Des coquilles sculptées sur les tours et sur les fenêtres rappellent ces armes. Deux portes fortifiées, détruites avant 1920, fermaient la basse-cour. À partir du XVIIe siècle, le château n'est plus habité. D'importants travaux de confortement et d'aménagement intérieur ont été entrepris dans les années 2000 sans affecter la silhouette générale du château. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château fort de Villentrois : inscription par arrêté du 23 décembre 1925. 

 château fort de Villentrois 36600 Villentrois

   

Château de Villegongis

Edifice construit avant 1540, se composant d'un corps de bâtiment rectangulaire flanqué, à ses angles nord-est et nord-ouest, de deux grosses tours. Il possédait primitivement deux avant-corps qui flanquaient la façade méridionale, démolis en 1787 car en mauvais état. La restauration de 1880 fit disparaître celui du sud-est, mais les arrachements de celui du sud-ouest sont encore visibles. A l'intérieur, le rez-de-chaussée présente une suite de salons. Le premier étage est réservé aux chambres. Lucarnes et cheminées évoquent Chambord, ainsi que le détail caractéristique des plaques de schiste incrustées. L'escalier de pierre est accusé en façades par les baies jumelles encadrées de doubles pilastres, qui l'éclairaient à chaque étage. 

 Éléments protégés MH : le château, à l'exclusion des parties classées : inscription par arrêté du 17 février 1928. Les façades et les toitures du château et son escalier ; les façades et les toitures des communs ; toute la superficie du parc, ainsi que les parcelles cadastrales : classement par arrêté du 21 septembre 1949. 

 château de Villegongis 36110 Villegongis 

 Téléphone : 02 54 36 60 51

   

Château de Veuil

Remplaçant le donjon, un château féodal fut construit dès le XII ème siècle. En 1500, Jacques Hurault, le Seigneur de Cheverny et Grand Chambellan de Charles de France, entreprend la construction du château actuel. Après sa mort en 1519, son fils Jean, édifie entre 1520 et 1530, une superbe résidence, inspirée de la façade des loges de François Ier à Blois et des galeries du château de La Rochefoucauld. – C’est un véritable chef d’œuvre – On jouit d’une vue étendue, qui rappelle la disposition du cabinet de François Ier à Chambord. ​ Le domaine est érigé en comté en 1726 sous le nom de Veuil-Argenson, avec les terres et châteaux de Villentrois & Lye. Veuil influença certainement la construction de Valençay. Venu avec lui aux mains de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, il est partiellement démoli sous le premier Empire, et sert de carrière de pierres pour les agrandissements du château de Valençay et de ses dépendances. 

 Éléments protégés MH: le château de Veuil en totalité : inscription par arrêté du 14 mars 1927. 

 château de Veuil 36600 Veuil 

 Téléphone : 02 54 40 38 14 / 06 83 06 33 93 

Château de Valençay

Alors propriété d’Eudes de Bourgogne, puis de sa descendance, le fief est acquis en 1451 par Robert II d’Estampes et trois de ses frères. Originaire du Berry et anoblie, la puissante famille d’Estampes va jouir jusqu’au XVIIIe siècle d’une très bonne renommée, s’intégrer à la haute noblesse et s’illustrer dans des charges importantes au service de la couronne. Symbole de cette ascension prestigieuse, le château que nous connaissons aujourd’hui a remplacé un manoir féodal. Il a été construit par étapes et grâce à des alliances matrimoniales judicieusement choisies. Son architecture témoigne de l’évolution qui a progressivement substitué le style Renaissance à celui des châteaux fortifiés du Moyen Âge.

 Ces modifications architecturales sont liées aux guerres d’Italie qui s’échelonnent de 1494 à 1559. À cette occasion, les souverains, François Ier en particulier, et les seigneurs qui combattent à leurs côtés vont s’émerveiller de la Renaissance italienne. Née un siècle plus tôt à Florence, puis dans plusieurs autres cités italiennes, cette période se caractérise par la redécouverte de la littérature, de la philosophie, des sciences et des techniques de l’Antiquité grecque et romaine. Elle va rayonner sur l’Europe entière. En matière de construction, le traité rédigé par Vitruve, architecte du Ier siècle avant J.-C., fait référence. Il met en valeur les notions de symétrie, de proportions, de régularité et d’équilibre des motifs. L’esthétique prend le pas sur les éléments défensifs des anciens châteaux.

 C’est probablement au cours des années suivant le mariage de Louis d’Estampes, petit-fils de Robert II, avec Marie Hurault, fille du riche Jacques Hurault, intendant des finances de Louis XII, que les travaux de construction du nouveau château commencent. Le couple fait tout d’abord édifier la tour nord-ouest dont la construction s’achève vers 1519, au moment où l’on pose la première pierre du château de Chambord. Cette tour est dotée d’un dôme à l’impérial, forme alors peu répandue. La tour est en outre flanquée d’un corps de logis doté de deux galeries superposées d’arcades ouvertes suivant le même principe qu’au château de Blois. Ce bâtiment occupait la moitié de la longueur de l’actuelle aile ouest.

 Jean d’Estampes, petit-fils de Louis, relance les travaux à la fin du XVIe siècle, à la suite de son mariage en 1578 avec Sarah d’Happlaincourt, héritière d’une prestigieuse famille picarde. Il fit construire le remarquable pavillon d’entrée, donjon carré flanqué de tourelles cylindriques du côté de l’entrée, de poivrières du côté de la cour ; il est percé d’un passage cocher et d’une porte piétonne. C’est sous les règnes de Louis III et Louis XIV que la famille d’Estampes atteint son apogée avec l’attribution du titre marquis de Valençay à Jacques II, puis à son fils, Dominique. La famille bénéficie d’une situation particulièrement favorable à la cour et Dominique réalise une alliance prestigieuse en épousant Marie-Louise de Montmorency. Grâce à lui, les bâtiments entourant la cour d’Honneur sont achevés : doublement en longueur de l’aile ouest, construction d’une aile symétrique à l’est, fermeture au sud de la cour par un mur d’arcades ajourées. Le château est alors tel qu’il figure sur la gravure de la collection Gaignières.

 Conséquences de conflits de succession dans la famille d’Estampes au début du XVIIIe siècle, le château est revendu plusieurs fois avant de devenir, en 1766, la propriété du fermier général Philippe-Charles de Villemorien qui acquiert aussi les seigneuries voisines de Veuil et Lucay-le-Mâle. L’embellissement du château et du domaine lui coûtera deux millions de livres. Tandis que l’aile est et le mur d’arcades sont détruits pour dégager la vue, une tour semblable à la tour nord-ouest est édifiée au sud du corps de logis. La façade sur cour est refaite dans le goût du temps sur les plans de l’architecte Joseph-Abel Couture et le bâtiment est nouvellement doté d’un comble brisé à la Mansart. Acquis par Talleyrand en 1803, à la demande et avec l’aide financière de Bonaparte, selon ce qu’en rapportera plus tard la duchesse de Dino, le domaine de 12 000 hectares comprend alors les châteaux de Valençay, Luçay et Veuil.

 Talleyrand se rend assez peu souvent dans son domaine de Valencay après son acquisition car l’Empereur l’accapare et l’emmène dans ses expéditions européennes. Il y entreprend néanmoins sa restauration, fait bâtir des communs, aménage des jardins, un parc, un potager et un même un petit théâtre en 1819. Dans la période houleuse de la guerre d’Espagne, qu’il a désapprouvée après l’avoir conseillée, Talleyrand retourne sur ses terres, toujours sur ordre de l’Empereur, pour y accueillir les princes d’Espagne, en tant que geôlier ! Il s’exécutera en rédigeant pour leur séjour, un règlement minutieux qui atteste d’une parfaite connaissance de l’étiquette. Il se souciera de leur confort et distractions, tout au long de leurs six ans de captivité, alors qu’il est absent et ne ressent aucune affinité avec eux. 

 Éléments protégés MH : les parties suivantes du domaine du château de Valençay, à savoir l'ensemble du parc, des jardins, des cours et des sols du domaine avec leurs murs de clôture, les portails, les grilles et les pavillons les accompagnant, les murs de soutènement, les bassins, les escaliers, les fossés et les ponts ; certaines parties du domaine, à savoir les façades et les toitures des bâtiments situés de part et d'autre de l'allée d'accès et de la partie nord de la cour dite des Ronds : les bâtiments de la ferme et le pavillon des gardien, d'autres bâtiments de la basse-cour à savoir la forge, les bâtiments d'habitation et la construction située en face du théâtre ; en totalité le château, le pavillon dit "de l'horloge" et les écuries dites "espagnoles" y compris les cours, le pédiluve, l'abreuvoir dit "fontaine d'Apollon" et le bâtiment dit "la Vénerie", le théâtre et ses dépendances ainsi que les deux corps de bâtiment des communs à usage de remise et orangerie (de part et d'autre de la partie sud de la cour dite des Ronds), la glacière, la maison du potager et le manège hydraulique : classement par arrêté du 8 mars 2011. Le pavillon de la Garenne et ses dépendances, en totalité, incluant leurs terrains d'assiette, leurs murs de clôture et de soutènement, leurs fossés et leurs grilles et l'ensemble du parc de Chantemerle, y compris ses murs de clôture, ses fossés, ses canaux et ses ponts : inscription par arrêté du 8 août 2013. Les façades et les toitures du pavillon de la Garenne de Chantemerle, ses dépendances, leurs terrains d’assiette et le parc en totalité : classement par arrêté du 29 mars 2016. 

 château de Valençay 36600 Valençay 

 Téléphone : 02 54 00 10 66 

 

Château de la Tour du Breuil

On voyait a Veuil, longtemps avant notre époque, plusieurs fiefs et maisons seigneuriales dont quelques-unes existent encore. La plus importante après le château de Veuil, est le château de la Tour du Breuil, situé à l'extrémité de la commune, du côté du Valençay, dans une riante vallée, au milieu de vastes prairies qu'arrose la rivière de Nahon et dominée des deux côtés par des coteaux couverts de bois, de vignobles et de champs fertiles. Ce manoir dont l'origine est fort ancienne, dépendait de la justice de Valençay et devait foi et hommage aux seigneurs de Valençay. Le premier propriétaire connu est Guillaume de Flory ou Fleury, qui vivait en 1342. Au siècle suivant, il est détenu par les de Signy avant d'échoir aux d'Orléans, au XVIe siècle. De cette famille, deux sont célèbres: Jacques II qui prit pour Henri IV Romorantin en 1589 et Selles-sur-Cher en 1591, et Louis II qui fut décapité en 1636 pour violences. Celui-ci avait auparavant vendu La Tour-du-Breuil à Pierre Gauguery en 1633. L'actuel château fut construit par René Faye entre 1642 et 1645. Un temps possédé par John Law, financier écossais, ministre du régent, il fut finalement acheté en 1724 par la famille Huet qui en prit le nom et, sous l'Empire, en modifia les intérieurs. L'extérieur, présente un grand corps de bâtiment rectangulaire s'élevant sur deux niveaux et un étage sous combles. Il est flanqué à l'ouest d'une tour circulaire et de deux pavillons très différents au nord et au sud; celui du nord est plus imposant en taille et en hauteur. Ces derniers sont reliés entre eux par une galerie sommée d'une terrasse plaquée en avant de la façade principale. En avant et détachée de l'ensemble, prend place une chapelle carrée coiffée d'un clocheton ajouré. Le décor est riche et varié. La galerie, construite par Alfred Trolliet en 1905 pour la famille Morel de Voleine, présente six larges baies en plein cintre séparées par une série de pilastres. Les combles sont éclairés par de multiples lucarnes couvertes d'un fronton cintré. Celles situées au-dessus de la façade principale, de développement plus ample, sont encadrées d'ailerons, tandis qu'un oculus prend place dans celles du pavillon sud. Deux oculi se retrouvent encore alignés dans l'axe central du mur de croupe du pavillon nord. Au final, le château se caractérise donc par une grande hétérogénéité. Même les parements sont différents; appareillés sur la face est, ils se recouvrent d'enduits sur la face ouest. Quant aux toits, seul le matériau, l'ardoise, donne une note d'unité. 

 Éléments protégés MH: le pavillon de la chapelle, en totalité : inscription par arrêté du 4 avril 2002.

 château de la Tour du Breuil 36600 Veuil

 

Château de Sarzay

Le premier seigneur connu de Sarzay est, au milieu du XVe siècle, Mathieu de Barbançois, dont le fils Guillaume s'illustre lors des combats de la fin de la guerre de Cent Ans. Par la suite, la famille accroît son patrimoine et demeure propriétaire du lieu jusqu'en 1722 où il est vendu au marquis de La Porte, fermier général, puis aux familles de Nicolaÿ et Journeaux, devenant alors le siège d'une exploitation agricole pendant près de deux siècles. Des travaux de restauration ont été entrepris par le propriétaire actuel. Selon Thomas Massereau, l'édifice était encore intact en 1832 et possédait son enceinte, flanquée de nombreuses tours, entourée d'un fossé alimenté par un étang situé au nord. Il ne reste que quelques vestiges de cette enceinte, au sud et à l’est, flanquée de trois tours qui ne sont pas antérieures au XVIe siècle, et entourée d'un fossé en partie comblé, mais encore visible au nord-ouest. La basse-cour qui précède le château est bordée de communs du XVIIIe siècle, très remaniés, et pourvue d'une tour circulaire, au sud-est, de six mètres de diamètre: elle abritait au premier étage la chapelle seigneuriale voûtée d'une coupole, où l'on distingue encore la place de l'autel et des traces de peintures. Cette tour n'était cependant pas dépourvue de défense, car elle possède des petites bouches à mousquets, ménagées au XVIe siècle pour protéger les abords du logis.

La pièce maîtresse du château est le haut donjon rectangulaire, flanqué de quatre tours d'angle. Ce corps central de vingt mètres sur dix mètres est séparé en deux sur toute sa hauteur par un mur de refend. Les tours d'angle de sept mètres de diamètre dépassent le toit du logis, pourvu au milieu de la façade sur cour d'une tour qui abrite l'escalier principal. Des arrachements au sud et au nord prouvent que ce "donjon" possédait des annexes, qui ont pu être ajoutées après-coup comme le montre leur raccordement maladroit au rez-de-chaussée des tours. L'accès principal au "donjon-logis" était la porte de la tour d'escalier reprise à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle dans un style classique à bossages et fronton. Cet escalier en vis dessert les quatre niveaux du corps central et la distribution est complétée, au premier étage, par un couloir séparant deux grandes salles, alors qu'au second, salles et appartements sont accessibles depuis l'escalier. Le comble est couvert d'un superbe vaisseau de charpente, à chevrons portant fermes, probablement d'origine. La défense de ce donjon était essentiellement assurée par le chemin de ronde des tours; la partie centrale ne comportant pas de mâchicoulis preuve que cet appareil militaire est en partie symbolique, malgré la présence dans les tours de quelques bouches à feu pour une artillerie de petit calibre.

À l'intérieur des salles, on voit encore quelques vestiges originels, en particulier des cheminées placées contre les pignons, dont les piédroits à colonnettes, et linteau à moulures prismatiques de style gothique, sont encore fréquents au début du XVIe siècle. L'éclairage des pièces était assuré côté ouest par des demi-croisées, placées près des tours, mais à l'est, moins exposé, par de grandes croisées (dénaturées au rez-de-chaussée, dans la salle sud, et transformées en portes pour accéder aux annexes). Le sous-sol comporte des caves voûtées en berceau qui communiquaient par un escalier situé dans la tour nord-est au rez-de-chaussée, réservée aux services. Les pièces de réception et les appartements occupaient les étages: au premier, la salle d'audience et la chambre d'apparat, au-dessus les appartements privés. Le "donjon-logis" de Sarzay est, au début du XVIe siècle, une survivance d'un type de la seconde moitié du XIVe siècle, comme à Sully-sur-Loire, par exemple. Cependant, de nombreux édifices restent fidèles à ce modèle: Chazelet (Indre), Chevenon (Nièvre), Anjony (Auvergne), Montalège et Loupiac (Rouergue) et bien d'autres en Creuse et Limousin, qui répond aux besoins d'une vie seigneuriale simple car il groupe en un seul édifice la résidence et un minima défensif. Sarzay est le témoin-type de cette architecture où l'édifice, massif et sombre, reste encore marqué par les périodes d'insécurité, comparable au château tout proche de Forges à Concremiers, mais construit en 1443. 

 Éléments protégés MH : le château de Sarzay en totalité : classement par arrêté du 29 janvier 1912.

 château de Sarzay 36230 Sarzay 

 Téléphone : 02 54 31 32 25 

 

Château Raoul

Le château Raoul trouve ses origines au Xe siècle, lorsque Raoul le Large, seigneur de Déols, quitte le bourg familial pour ériger une forteresse sur un monticule dominant l’Indre. Ce site stratégique, à la frontière entre le domaine royal et l’Aquitaine, devient le noyau d’une bourgade artisanale et commerciale. Le château, entouré d’une enceinte dont subsistent des tours, donne son nom à la ville de Châteauroux. Les seigneurs locaux, puissants et autonomes, y frappent même leur propre monnaie au XIe siècle. Au Moyen Âge, le château change de mains à plusieurs reprises. En 1189, Denise de Déols, héritière des lieux, épouse André de Chauvigny sous l’influence de Richard Cœur de Lion. Détruit par un incendie en 1366 lors d’un siège, il est reconstruit en hôtel seigneurial par Guy III de Chauvigny vers 1450, dans un style caractéristique de la Renaissance. Cette version, protégée depuis 1927, marque son apogée architectural. À partir du XVIe siècle, le château passe entre les mains de familles influentes : les Maillé de La Tour-Landry, les Bourbon-Condé, puis Louis XV, qui l’offre en 1743 à sa favorite, la duchesse de Châteauroux. Au XVIIIe siècle, il abrite des administrateurs du duché, dont le père du général Bertrand, né sur place en 1773. Après la Révolution, il devient propriété départementale en 1792, puis siège de la préfecture après des transformations majeures au XIXe siècle.Les restaurations se succèdent, notamment en 1879 (style néo-gothique) et entre 2009 et 2011, où toitures, balcons et menuiseries sont rénovés. Bien que partiellement ouvert au public après 2011, le château reste une résidence préfectorale, témoignant de dix siècles d’histoire militaire, politique et architecturale. Aujourd’hui, le château Raoul incarne la mémoire des seigneurs de Déols, des conflits médiévales et des transformations modernes. Son enceinte, ses tours et sa façade classée reflètent les strata de son passé, du Xe siècle à nos jours, tout en jouant un rôle administratif contemporain. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château Raoul : inscription par arrêté du 26 janvier 1927. 

 château Raoul 36000 Châteauroux

 

Château de Prunget

Prunget (ou Prungé, et plus rarement: Pringet) surplombe fièrement la rive droite de la Bouzanne du haut d'un roc abrupt. Le château médiéval comportait, semble-t-il, double enceinte et de nombreuses tours. Il ne subsiste aujourd'hui que le donjon, importante construction rectangulaire comprenant sept étages et élevé sur une base rectangulaire de quatorze mètres par onze mètres, renforcé de contreforts plats typiques de l'architecture du XIIIe siècle. Les murailles sont garnies de mâchicoulis. Au sommet, chaque angle présente une échauguette, dont le toit hémisphérique est actuellement recouvert de zinc. Des reprises furent effectuées sur le donjon au XVe siècle et d'autres réparations en 1609 par Claude de Montjohan. À la fin du XIXe siècle, le château était en ruines, le donjon est alors surmonté d'un toit couvert d'ardoises qui subsistera jusqu'en 1965. Prunget était sans doute le plus puissant des châteaux féodaux avec Chabenet, qui gardaient le passage de la Bouzanne et surveillaient le chemin de Paris à Limoges. Sur l'autre rive de la Bouzanne était établi à cette époque un hôpital, ainsi qu'en témoigne encore le nom du lieu-dit: "La Maison Dieu", auprès d'une motte féodale.

Le donjon était encore habité en 1900, mais un logis plus confortable a été réalisé dans les anciens communs. Le nom de Prunget paraît être celui d'une ancienne famille depuis longtemps éteinte qui possédait un château en ces lieux au XIIe siècle et qui rendait foi et hommage au seigneur de Gargilesse, jusqu'à ce jour de 1231 où Guillaume de Naillac en fit don à son suzerain Guillaume de Chauvigny, seigneur de Châteauroux. Par alliance, la terre passa ensuite aux Brillac où Brilhac (vers 1290). Au XVe siècle, elle passe aux de Laigue par mariage de Marie de Brillac avec Guillaume de Laigue, seigneur de Mazières. Leur fille Jeanne épousant Aubert de Montjohan (vers 1460), la propriété de Prunget va demeurer dans cette famille plus d'un siècle, puis appartiendra successivement, par suite de mariages à Jean de Pons puis à sa fille qui épousa successivement deux Pierre-Buffière, dont les descendants possédèrent Prunget jusqu'au XVIIIe siècle où il échut aux de Poix puis à Joséphine de Boisé. Celle-ci, sans alliance, ayant adopté ses cousins de Nicolaÿ, les fit hériter de Prunget, comme de La Rocherolle. La châtellenie de Prunget possédait droit de haute, moyenne et basse justice. Progressivement, le seigneur de Prunget délaissa ce château inconfortable au profit de Chabenet. 

 Éléments protégés MH : le château de Prunget en totalité : inscription par arrêté du 14 mars 1927.

 château de Prunget 36200 Tendu

   

Château de la Prune au Pot

Château rural du début du 13e siècle, qui conserve des cheminées monumentales, des escaliers en vis et des gargouilles sculptées. Au 17e siècle, la seigneurie échut aux Bourbons, puis entra dans le domaine royal. La terre fut séquestrée après la Révolution. Le château hébergea Henri IV lors du siège d'Argenton. L'ensemble de la fortification forme une cour carrée close d'un mur couronné de mâchicoulis. Il enserre une tour carrée et deux tours rondes. La poterne est percée d'une grande porte ogivale et d'une petite carrée, chacune ayant son pont-levis. La plus grosse des tours est l'ancien donjon, avec escalier desservant tous les étages. En entrant se trouve une cave voûtée avec fontaine. Au premier, la salle hexagonale comporte des latrines. La tour rectangulaire, dite tour Colin, comporte un escalier logé dans une tourelle accolée semi-hexagonale. Entre la tour de la Fontaine et la tour Colin, la maison du métayer est moderne. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château de la Prune au Pot : classement par arrêté du 5 juillet 2025 

 château de la Prune au Pot 36200 Ceaulmont 

 Téléphone : 04 73 87 90 38

 

Château de Pouzieux

Rares sont les maisons fortes du Moyen Âge qui nous soient parvenues dans leur état d'origine: c'est le cas de Pouzieux, haut bâtiment rectangulaire flanqué de quatre tourelles et surmonté d'une toiture à comble brisé, seul élément postérieur au XVIe siècle. Sur la façade (est) s'appuie une tour rectangulaire percée à la base d'une porte à pont-levis. Les fossés ont été comblés mais leur existence ne fait pas de doute. Bien qu'on ne dispose pas de documents anciens divers éléments permettent de dater sa construction du XVe siècle, probablement par Jean de Sorbiers. La présence de la famille de Sorbiers, également titulaire de nombreuses autres seigneuries dans la région, est en effet attestée en 1428 et 1526. La famille conserve Pouzieux jusqu'au XVIIIe siècle. Les murs épais et l'absence quasi totale d'ouvertures affirment le rôle militaire du château. Seule la façade est, plus aimable, comporte quelques fenêtres, certaines à coussièges, dont une belle fenêtre géminée de style gothique flamboyant. Aucune trace de décoration ou d'amélioration du confort postérieure à la construction n'apparaît, sauf une simple boiserie du XVIIIe siècle dans une pièce. Chaque étage du bâtiment comporte une vaste et unique pièce par étage, donnant accès aux tourelles d'angle qui donnent un modeste éclairage et permettent le guet. Ces étages qui ont servi depuis des siècles de réserve à grain ont été très détériorés. Une des salles a conservé une importante cheminée ornée de la devise "dum vivo, spero" (tant que je vis, j'espère). Dans la tour un petit oratoire comporte des traces de peinture à motifs héraldiques. Il est probable que le domaine a été abandonné à des fermiers dès le XVIIe siècle, ce qui expliquerait l'absence d'éléments décoratifs où architecturaux postérieurs. Très dégradé par suite de son utilisation agricole, il nous permet d'imaginer ce que pouvait être la vie quotidienne dans ces vastes salles communes faiblement éclairées, auprès de l'immense cheminée qui protégeait un peu des rigueurs de l'hiver. 

 Éléments protégés MH : le château de Pouzieux en totalité avec ses boiseries intérieures : inscription par arrêté du 4 octobre 1932. 

 château de Pouzieux 36700 Châtillon-sur-Indre

   

Château du Plaix Joliet

Le toponyme "Plaix" vient du latin médiéval Plaxitium dont a dérivé le mot "Plessis". Les dérivés du mot latin: Plessis, Pleix, Play signifient lieu entouré de pieux ou de branches entrelacées, enclos fermé de haies et, par extension, maison fortifiée. Ce château a donc été dès l'origine une place forte. On lui a ajouté le terme "joliet " signifiant lieu plaisant, agréable. La première trace que l'on ait du château est un acte de foi et hommage au fief de Malval (1398). Ce premier château était édifié sur un rocher, de construction rudimentaire et possédant seulement des tours circulaires. Un mur d'enceinte protégeait le château et reliait les tours entre elles, formant ainsi une cour intérieure fermée. De profonds fossés creusés dans la roche rendaient le château inaccessible. Vers le XVe siècle, un châtelet d'entrée dit "donjon" fut adjoint à la construction; il comporte des tourelles d'angle et des mâchicoulis surmontés d'une fine décoration d'arcs trilobés. On y accédait par un pont-levis enjambant le fossé face au midi. À peu près à la même période une chapelle fut construite non loin d'une des tours. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle que le logis fut construit en utilisant la muraille entre les tours. De larges fenêtres y furent percées.

La première famille propriétaire du château dont on trouve la trace est la famille de Saint-Julien. En 1338, Jeanne Loubes, veuve de Jacques de Saint-Julien, fit foi et hommage en son nom et celui de son fils Louis, à la dame de Malval du fief de Plaix-Joliet, de la justice haute, moyenne et basse et de ses dépendances. Les Saint-Julien demeureront au Plaix-Joliet jusqu'en 1538. En 1521, Antoine de Saint-Julien est dit vassal de René de Brosse, héritier de Malval. Par la suite, le château passe aux mains de Louis Bouchard, seigneur de l'Âge-Champroy, époux de Marguerite de Saint-Marsault, puis d'Hercule Bertrand, de René d'Assy, de Joseph Legroin et en 1716, à Henri Desrièges. On prétend qu'il quitta son château après la noyade de ses deux jeunes enfants dans les douves. La demeure devient alors la propriété de Guillaume et Pierre Baraudon qui y resteront, de père en fils, jusqu'en 1837. De cette date à 1865, le château reste vide et aurait été investi par des bandits. George Sand y aurait trouvé l'inspiration pour écrire Mauprat et décrire le repaire de "nobles bandits". Au début du XXe siècle, de nombreux propriétaires se succèdent au Plaix-Joliet, mais aucun ne conserva longtemps le château, soit par désintérêt soit par manque de ressources financières. En 1911, la propriété est démembrée et cédée en différents lots pour être réunifiée dans la deuxième moitié du XXe siècle. Cet ensemble est caractéristique des châteaux forts de la fin du Moyen-Age dans cette région. Le Plaix Joliet est entouré d'un parc qui peut satisfaire les visiteurs désirant se promener dans un cadre médiéval. Aujourd'hui, il subsiste les ruines de la tour isolée au nord-est, et la cave voûtée située à proximité de la tour Nord.

 Éléments protégés MH : l'ouvrage d'entrée; toitures de l'ensemble des corps de bâtiment et des tours Nord-Ouest et Sud-Ouest ; les façades extérieures Nord, Ouest et Sud de l'ensemble du château (y compris celles des tours); les vestiges de la tour isolée Nord-Est ; le sol qui contient la cave voûtée située à proximité de la tour Nord : inscription par arrêté du 27 juillet 1988. 

 château du Plaix Joliet 36140 Lourdoueix-Saint-Michel 

 Téléphone : 02 54 06 37 84

   

Château de Plaincourault

Le Château de Plaincourault est une ancienne Commanderie bâti à Mérigny, dans le département de l'Indre, en région Centre-Val-de-Loire, en France. Sa construction date du XIIe et XVe siècle. La Commanderie de Saint-Jean de Jérusalem du XVe siècle surplombe l'Anglin. A l'époque des Hospitaliers, il reste une pierre sculptée datée de 1291, au nom du commandeur Guy de Caveron. Le Château de Plaincourault est doté d'un haut corps de logis rectangulaire à l'étage, flanqué de 3 tours. Deux d'entre elles, de même taille, sont accolées à chaque angle de la façade qui domine la rivière, l'autre sur la cour. Chacune d'elles est couverte d'une toiture d'ardoises conique, surmontée d'un épi. Elles sont percées par de baies rectangulaires à simples traverses. Le corps de logis ne présente qu'un seul élément décoratif en façade: la porte d'entrée. Celle-ci est surmontée d'une accolade gothique qui forme un fronton dont le centre est décoré d'un motif sculpté, un peu endommagé. La façade dominant la rivière est sobre, les deux travées percées de fenêtres à meneaux sur deux niveaux, constituent le seul ornement. La chapelle seigneuriale du XIIe siècle, est indépendante du château. L'édifice est complet, hormis la flèche de style poitevinn depuis, détruite. Intérieurement, la nef est couverte en berceau brisé. Les travées sont séparées par des doubleaux brisés reposant sur des colonnes à chapiteaux sculptés. Un choeur plus étroit précède une abside circulaire, voûtée en cul de four. Toute la surface est recouverte de fresques du XIIe siècle. Au centre, Dieu et le Tétramorphe. En-dessous, une crucifixion et une descente de croix, Adam et Eve et un sujet effacé, des personnages semblant être des seigneurs et une scène de la vie de Saint-Eloi. Dans la voûte, un renard joue du violon devant un coq. Le Christ, la crucifixion et Adam et Eve paraissent dater de la fin du XIIe siècle. La descente de Croix et la légende de Saint-Eloi sont du XIVe siècle. Les personnages paraissent du XVe siècle et le reste des peintures, a été remanié du XIIe au XVe siècle. 

 Éléments protégés MH : la chapelle : classement par arrêté du 14 janvier 1944. 

 château de Plaincourault 36220 Mérigny 

 Téléphone : 02 54 37 80 79

 

Château de Paudy

Sans autre certitude qu'une date gravée, 1118, sur le bois disparu d'un escalier, la fondation de Paudy est attribuée à Geoffroy ou Raoul de Déols, seigneurs d'Issoudun de 1092 à 1164. Lorsque cette maison tomba en quenouille en 1217, cette place stratégique pour la conquête des territoires des Plantagenêt revint avec Issoudun à Philippe Auguste. Sous Saint Louis, elle fut donnée à Raoul de Courtenay, parent fidèle du roi. Transmise par les femmes, elle fut au début de la guerre de Cent Ans possession de Jean de La Personne, chambellan du duc de Berry et célèbre pour avoir enlevé Reuilly aux Anglais. Dans la première moitié du XVe siècle, elle passa à Jean de Blanchefort à la sinistre réputation "d'écorcheur" (mercenaire armagnac). La construction actuelle est sans doute due à l’un de ces personnages. Elle devait ensuite entrer dans la famille Chevrier qui la posséda jusqu'en 1580. Au cours de cette période, Anne de Savoie, femme de Frédéric d'Aragon, y décéda (1480) et Zizim, fils du sultan Mahomet II, y aurait été détenu (vers 1483) comme otage du Grand Maître de Saint-Jean-de-Jérusalem. Après le décès de Claude Chevrier, le château passa aux de Velard. Leurs armes, d'azur semé de croisettes d'or et un chef du même, figurent sur la tour-porte. Ils le conservèrent jusqu'en 1700, mais Philippe ne l'habitait plus depuis 1680. Le château demeura inoccupé jusqu'en 1788 avec la venue d'Agnès-Charlotte Riffardeau de Rivière, fille aînée du seigneur de La Ferté-Gilbert. Ce seigneur était depuis Jean de La Fond (mort en 1703) également marquis de Paudy. Le château, transmis par héritage, fut finalement vendu en 1900. Il a été acquis en 1924 par la famille des propriétaires actuels.

Il ne reste aujourd'hui que des vestiges partiels de ce château. Sis au confluent de deux ruisseaux, il formait un vaste quadrilatère (100 x 70 mètres) flanqué sur chaque angle d'une tour et, au milieu de la courtine ouest, de l'actuelle tour-porte. Celle-ci est un épais massif rectangulaire à base talutée, haut de 16,60 mètres, aux murs épais de 1,80 m, accosté à l'un des angles intérieurs d'une tourelle cylindrique. Elle est percée à sa base de deux portes, charretière et cochère, que défendaient autrefois deux ponts-levis à flèches. Derrière la couronne de mâchicoulis dont seuls subsistent les corbeaux à ressauts, la terrasse sommitale est à présent dissimulée sous les combles d'un toit à deux pans. Deux salles séparées par des planchers prennent place en dessous. Elles sont éclairées par deux baies rectangulaires ouvrant de chaque côté de la tour. L'accès se fait par l'escalier en vis située dans la tourelle depuis une porte placée en hauteur. Cette dernière est défendue au sommet par une bretèche. Une seconde bretèche se trouve également à l'angle de la tourelle sur le fossé. Hormis cette tour, trois autres sont conservées. Pour celles de l'est et du sud, il n'en reste que la base. Quant à la troisième située au nord, partiellement tronquée, elle est aujourd'hui intégrée dans l'habitation des propriétaires. Par contre, des courtines, exceptés quelques rares arrachements permettant d'estimer son épaisseur à 1,90 m, il ne reste rien. En 1901, a disparu également le château moderne. Installé sur la courtine ouest, il n'en subsiste que les caves. Le château était cerné par des douves partiellement conservées. inefficace face aux progrès de l'artillerie, le système de protection fut intensifié sans doute peu après sa construction par la mise en étangs des lits des ruisseaux (flancs nord, est et sud), par des contre-fossés en avant de la courtine ouest et surtout par la création, en avant de la courtine est, d'une plateforme de terre haute de cinq mètres, véritable boulevard d'artillerie. Seule cette dernière réalisation sub- siste. 

 Éléments protégés MH : la tour de Paudy en totalité : classement par arrêté du 18 juin 1930. 

 château de Paudy 36260 Paudy

   

Château du Parc

Le château du Parc, aussi appelé château Balsan, est une ancienne manufacture de drap installée dans un château médiéval préexistant. Fondée en 1751 par un drapier de Lodève, cette manufacture royale était dédiée à la production de draps pour les troupes militaires. Son organisation spatiale et architecturale reflétait une volonté de rationalisation du travail, combinant ateliers centralisés et sous-traitance artisanale rurale. Le site, implanté sur un cours d’eau, tirait parti des ressources hydrauliques pour actionner ses machines, marquant une transition vers la concentration industrielle. En 1856, Pierre Balsan, un entrepreneur originaire de Lodève, rachète la manufacture et modernise radicalement le site entre 1860 et 1867. Il y construit une usine de six hectares intégrant des innovations techniques comme la machine à vapeur, avec des bâtiments organisés selon une symétrie rigoureuse autour d’une cheminée centrale. Ce projet incarnait le triomphalisme industriel du Second Empire, mêlant fonctionnalité, esthétique et progrès technique. L’usine devint l’une des plus modernes de France, influençant l’urbanisation ouest de Châteauroux par la création de logements ouvriers, d’écoles et d’un réseau viaire orthogonal. Le déclin de l’activité drapière traditionnelle au XXe siècle, marqué par la reconversion partielle vers les non-tissés, entraîna un morcellement du site. La fermeture définitive en 1991 laissa un îlot partiellement déserté, bien que certains éléments aient été préservés et inscrits aux monuments historiques en 1996. Aujourd’hui, le château du Parc témoigne de l’histoire industrielle française, depuis la manufacture pré-industrielle jusqu’à l’usine moderne, en passant par son rôle social et urbain dans le développement de Châteauroux. 

 Éléments protégés MH : la tour du château du Parc. Les façades et les toitures des bâtiments de la manufacture royale, à savoir : le pavillon du portier et le logement d'ouvriers, à l'entrée de la cour (actuels bâtiment d'accueil et bureaux de la caserne des sapeurs-pompiers) ; l'aile des tisserands (actuelle caserne des sapeurs-pompiers) ; l'aile des teinturiers (transformée en habitation dans la seconde moitié du XIXe siècle), et à l'intérieur de celle-ci au rez-de-chaussée de la partie nord : le grand escalier, le cabinet de travail et le grand salon ; le logis dit aussi Château-Rivière. Certaines parties de la manufacture du Second Empire et de ses annexes, à savoir : les façades et les toitures des pavillons de gardiens ; les façades et les toitures des pavillons de logements et de bureaux bordant l'allée d'accès ; les façades et les toiture de l'aile nord du bâtiment ; les façades et les toitures des pavillons d'administration : inscription par arrêté du 12 décembre 1996. 

 château du Parc 36000 Châteauroux

   

Château de Palluau-sur-Indre

Palluau, situé sur un plateau calcaire au-dessus de la vallée de l'Indre, est à la fin du XIe siècle à la limite du comté d'Anjou et du royaume de France, ce qui justifie à cette date la construction d'une forteresse reconstruite au siècle suivant par Philippe Auguste, lors de la guerre contre les Plantagenêts. Le roi de France, vainqueur du combat fit flotter sa bannière en haut du donjon. À partir de 1365 la seigneurie appartient aux Tranchelion, mais le château démantelé pendant la guerre de Cent Ans, n'est relevé qu'après le milieu du XVe siècle par Guillaume du même nom: il reconstruit un logis entre le donjon du XIIe siècle et la tour Sainte-Ménéhoulde, proche de la collégiale. Son frère Richard poursuit les travaux en édifiant un autre bâtiment, à gauche, vers 1500, et reconstruit en même temps le chœur de la collégiale. Par la suite, le château mal entretenu est endommagé, lors des guerres de Religion, et il faut attendre son rachat en 1606 par Antoine de Buade de Frontenac, maître d'hôtel de Marie de Médicis et capitaine de plusieurs châteaux royaux, pour que soient entrepris d'importants travaux. Avec sa belle-fille Anne Phelippeaux, il s'installe à Palluau en 1624 qu'il agrandit selon un plan régulier autour de la cour, constructions qui ont partiellement disparu. Au XVIIIe siècle, l'édifice abandonné sert de métairie, puis entre la restauration et 1910 il appartient aux de Vélard qui entreprennent une importante campagne de restaurations de style néogothique. Leurs descendants, les d'Augustin, conservent le château jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Le site castral qui domine le village est isolé au sud et à l'ouest par la dénivellation naturelle et, à l'est par un fossé artificiel, taluté. Jusqu'au XIXe siècle l'accès était celui du château médiéval, remplacé par un pont dormant qui enjambe le fossé, ouvert sur un parc à l'anglaise. On pénètre dans la cour par un châtelet du XVe siècle précédé d'une fausse-braie, qui constitue avec les bases de l'enceinte, les tours arasées et la collégiale Sainte-Ménéhoulde (devenue église paroissiale) les seuls vestiges du château reconstruit après la guerre de Cent Ans. Les corps de logis édifiés au début du XVIe siècle par la famille Tranchelion adoptent le style et les distributions des demeures seigneuriales contemporaines: les grandes croisées gothiques, les deux escaliers en vis dans des tours hors œuvre, illustrent le raffinement du gothique flamboyant. La distribution des appartements, situés au premier étage est complétée par des tourelles en encorbellement qui abritaient les cabinets et garde-robes. Ces deux logis, largement ouverts sur la cour par des croisées gothiques, et appuyés contre l'enceinte médiévale flanquée de tours, sont le type du château de cette région, où l'aspect extérieur de la forteresse est maintenu comme un symbole. Une nouveauté apparaît cependant, mais sans doute plus récente avec le pavillon qui cantonne le corps gauche et abrite un escalier droit rampe sur rampe donnant accès à une salle haute voûtée, seule concession à l'italianisme, inspirée des grands châteaux de la Loire. L'aile sud et la galerie, construites au début du XVIIe siècle pour donner un aspect régulier à la cour, ont été détruites un siècle plus tard pour ouvrir la cour sur le large panorama du val et relier le château au parc créé par la famille de velard. Au même moment le décor intérieur a été refait et les pièces principales pourvues de lambris néogothiques et de cheminées à armoiries. La chapelle, elle aussi restaurée, conserve un ensemble de peintures murales datées de 1634 qui représentent la vie du Christ et de la Vierge, signées Antonius, auteur des peintures de la salle basse de la tour dite "Philippe Auguste". Ces œuvres inspirées de l'art flamand, par le traitement de la flore et des paysages, datent vraisemblablement des travaux effectués par Antoine de Buade de Frontenac au cours de la première moitié du XVIIe siècle. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ainsi que les parois décorées de peintures murales de la chapelle et de la tour Ouest : classement par arrêté du 4 mai 1944. 

 château de Palluau 36500 Palluau-sur-Indre 

 Téléphone : 02 47 24 18 29

 

Château de L'Ormeteau

L'Ormeteau dont l'origine du nom pourrait être "l'Orme de Tiaud" ou de Thuault est une ancienne commanderie de l'ordre du Temple dépendant du grand-prieuré d'Auvergne siégeant à Lyon. Elle apparaît pour la première fois en 1136 lors de la concession d'un bénéfice par l'archevêque de Bourges. Jusqu'à la dissolution de l'ordre, seize commandeurs se seraient succédé à sa tête. Après 1314, la commanderie appartint aux Hospitaliers qui la conservèrent jusqu'en 1789 date de sa vente comme bien national. Son démantèlement fit apparaître une énorme richesse immobilière et foncière. Elle possédait en effet des intérêts considérables entre Déols et Châteauroux, dont une trentaine de domaines couvrant une superficie de 3000 hectares environ et la maison du Temple à Châteauroux, près des Halles, détruite en 1851, qui servit de résidence aux seigneurs de Châteauroux, puis d'hôtel de ville. Le dernier commandeur fut Louis-Alexandre Savary de Lancosme. Au moment de la Révolution française, l'édifice fut acheté par Pierre Cartier avant d'appartenir à Rémi Tourangin, bourgeois patriote d'Issoudun, propriétaire de Frapesle. La propriété est vendue au début du XIXe siècle à la famille Martinet, d'Issoudun. Ses descendants Domet de Vorges puis Poignand du Fontenioux la conservent jusqu'à la fin du XXe siècle. Le château passa plus tard à la famille de Vorges. Aujourd'hui les propriétaires actuels sont Dominique et Pascale de la Rochefoucauld-Montbel.

Cet édifice du XVe siècle se constitue aujourd'hui principalement d'un corps de logis. Celui-ci, fort bien conservé et entretenu, consiste en un bâtiment quadrangulaire flanqué aux angles de quatre tours circulaires, de diamètres différents, coiffées en poivrière. L'accès principal, une porte autrefois ornée d'armoiries, est inscrite à la base d'une tour carrée prenant place en milieu de façade. Cette tour a été apparemment abaissée d'un étage par rapport à la construction originelle. La façade percée de deux niveaux de baies a conservé ses croisées et demi-croisées aux chambranles ornés de fines nervures. l'édifice présente également un certain nombre d'archères canonnières situées essentiellement dans les parties basses et hautes des tours d'angle. Ces dernières possèdent, quant à elles, généralement cinq niveaux. L'ensemble du corps principal est couvert d'un haut toit à deux versants supportés, sur les côtés, par d'imposants murs-pignons. Détachée de l'ensemble, une tour circulaire est une reconstruction de l'ancien pigeonnier dont elle réutilise les pierres. Certains éléments de la commanderie ont néanmoins disparu tels les fossés qui ont été comblés, mais aussi la chapelle qui fut détruite pendant la Révolution, les portions de courtines et le châtelet d'entrée. Cependant la plupart de ces éléments qui délimitaient une petite cour close sont encore repérables grâce à leurs soubassements encore apparents. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et la tour isolée : inscription par arrêté du 12 octobre 1972. 

 château de L'Ormeteau 36260 Reuilly 

 

Château de Nohant-Vic

Cette grande demeure du XVIIIe siècle, posée "au bord de la place champêtre sans plus de faste qu'une maison bourgeoise" comme la décrit George Sand dans l'Histoire de ma vie, garde le souvenir étonnamment vivant de celle qui y passa une grande partie de sa vie et y mourut en 1876. George Sand attache sa carrière littéraire et ses succès à ces lieux connus dans le monde entier; elle leur confère une grande part de sa renommée. Le château fut le siège d'un ancien fief féodal dépendant de la seigneurie de Saint-Chartier. Une ancienne tour témoigne de ses origines. Au XVIIIe siècle, Pierre-Philippe Péaron de Serennes, gouverneur de Vierzon, rase l'ancien château pour construire la grande maison que Madame Dupin de Francueil achète en 1793. Cette dernière, fille naturelle du maréchal de Saxe, vint s'y faire oublier durant la Terreur. Elle combla les fossés, créa le jardin et le verger et meubla le château avec goût. Aurore sa petite-fille, découvrit Nohant en 1808; elle avait alors quatre ans. Elle y séjourna fréquemment l'été et y épousa à dix-huit ans, le baron Casimir Dudevant. Devenue George Sand, elle reçut à Nohant la plupart des célébrités de son époque: Chopin, Delacroix, Balzac, Flaubert, Liszt, Tourgueniev, Dumas (fils). La maison est demeurée telle que l'ont connue la romancière et ses invités. De style Louis XVI elle est simple, de belles proportions, mais sans architecture très caractéristique. Le château est accompagné de communs et de fermes pouvant dater du XVIIIe siècle.

La demeure a été enlaidie par le percement sur chaque façade au deuxième étage de deux grandes baies qui éclairent l'atelier aménagé dans le grenier par George Sand pour son fils Maurice. À l'intérieur, le salon du rez-de-chaussée qui a gardé son beau mobilier de Jacob, fut utilisé comme théâtre avant l'installation de deux scènes à Nohant: un théâtre ordinaire en 1851 puis un théâtre de marionnettes. George Sand mourut à Nohant dans la célèbre chambre bleue à sujets mythologiques et qui renferme encore ses objets personnels, elle fut ensevelie dans le parc voisin du cimetière. Dans le salon, le piano est celui sur lequel jouèrent Litz et Chopin. Sa petite-fille Gabrielle, légua le château et son contenu en 1908 à l'Institut de France, sa sœur Aurore Lauth-Sand conservant l'usufruit. Aurore ayant à son tour hérité, en 1951, à la suite du désistement de l'Institut, fit donation de Nohant à l'État. C'est en 1961, date de la mort d'Aurore Lauth-Sand, que les Monuments Historiques prirent effectivement possession du domaine, lequel est ouvert au public toute l'année. 

 Éléments protégés MH : le château et l'ensemble du domaine avec son jardin, son cimetière, ses dépendances et les deux prés dénommés Pré Pile et Pré des Clous : classement par arrêté du 22 décembre 1952. 

 château de Nohant 36400 Nohant-Vic 

 Téléphone : 02 54 31 06 04

 

Château Neuf de Buzançais

Dépendance et seul élément subsistant du Château-Neuf, construit à partir de 1533 par Philippe Chabot, comte de Buzançais. Pavillon du 16e siècle, modifié aux 18e et 19e siècles. Cette dépendance du château s'élevait à l'intérieur de l'enclos seigneurial, sur le côté Est de la grande cour intérieure. L'affectation précise de cet édifice est inconnue. L'édifice se présente comme un pavillon rectangulaire desservi par un escalier en vis logé dans une tour hors-oeuvre. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures : inscription par arrêté du 8 mars 1995. 

 château Neuf de Buzançais 36500 Buzançais

   

Château de Naillac

Aux confins des provinces du Poitou et du Berry, sur la rive gauche et escarpée de la Creuse se dresse Château-Naillac. Sur le même coteau à l'ouest, se tenait le château des Hautes-Tours; commençait alors le Poitou. Surveillant ce rival et l'ancienne voie romaine Poitiers-Bourges, le château est construit dans la seconde moitié du XIIe siècle par la puissante famille de Naillac. Celle-ci va le posséder plus de 250 ans, jusqu'en 1494. Place stratégique importante lors de la lutte entre Capétiens et Plantagenêts (XIIe-XIIIe siècles), son rôle est confirmé pendant la guerre de Cent Ans et lui vaut d'être adapté à diverses reprises jusqu'au XVe siècle. Après la disparition des Naillac, le château change à plusieurs reprises de mains pour passer vers la fin du XVIe siècle dans celles de Louis d'Aloigny. Débute alors une nouvelle lignée de seigneurs qui disparaît en 1714 par la saisie des terres du Blanc sur Marie-Henriette d'Aloigny et leur rachat par Mathieu Pinsonneau. Ayant obtenu leur érection en marquisat en 1715, ce dernier revend ses propriétés en 1719 à Marie-Madeleine de La Vieuville, comtesse de Parabère, célèbre maîtresse du régent. Un revers de fortune la contraint à vendre en 1739 à Claude-Louis Dupin de Francueil, fermier général, marquis de Chenonceaux et grand-père de George Sand. Si, au cours de la Révolution, le château est transformé en prison; de nombreux graffiti témoignent de cet épisode, les Dupin réussissent à le récupérer et l'unique héritière le transmet à son mari Vallet de Villeneuve. Leur fils finit par le vendre à M. Fermaire. Caserne en 1848-49 le château devient en 1851 une école qui fonctionne jusqu'en 1957. Il est restauré à partir de 1988, et abrite désormais l'écomusée de la Brenne.

Bien qu'en grande partie conservé, le château médiéval est aujourd'hui difficilement repérable sous les nombreuses adjonctions des XVIIe et XVIIIe siècles. Il est néanmoins d'un intérêt exceptionnel puisqu'il constitue un exemple rare de donjons doubles. Assis au bord de l'escarpement et encadrant un long corps de bâtiment, ils sont composés de deux tours quadrangulaires trapues, hautes de trois niveaux et d'une dizaine de mètres. La plus imposante, à l'ouest, mesure 13,5 x 12,2 mètres, tandis que la tour orientale mesure 10,6 x 10,5 mètres. Cette dernière conserve au premier étage une baie géminée et une cheminée romane. Au XVe siècle, vers 1475 surtout, des modifications sont effectuées. Une tour d'escalier, d'environ cinq mètres de diamètre, vient flanquer chaque donjon sur la cour. Cette dernière est remblayée. Ce faisant, le premier étage des donjons devient rez-de-chaussée, tandis que les intérieurs sont réaménagés. De nombreuses fenêtres sont percées, des cheminées installées. Sur l'enceinte, aujourd'hui en partie détruite, sont construites des tours. L'une d'elles, avec un escalier en œuvre, subsiste tronquée sur le mur ouest. Entre 1714 et 1740, les deux donjons sont réunis par un bâtiment d'un étage, couvert d'un toit à longs pans et percé de lucarnes. Des contreforts sont également installés tout le long de l'escarpement. Les donjons sont couverts de toits en pavillons. La grille d'entrée et les pilastres proviennent du château voisin de Rochefort. À proximité de cet ensemble, s'élève l'église romane Saint-Cyran. Contemporaine des donjons, cette ancienne église paroissiale dépendait du château et se trouvait à l'intérieur de la deuxième enceinte. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; les caves situées sous le donjon Nord ; les vestiges de la première enceinte du château (haute-cour) : les courtines, les tours et les portails d'entrée Nord et Sud ; les vestiges de la tour ronde subsistant de la deuxième enceinte du château (basse-cour) : inscription par arrêté du 17 septembre 1986. 

 château-fort de Naillac 36300 Le Blanc 

 Téléphone : 02 54 37 25 20

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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