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Château de l'Hauture

En 716, Fos est encore un fisc royal auquel est attaché un péage (une douane ou tonlieu) cité dans une charte de Clotaire III. En 923 sont mentionnés le castrum de Fossis et les églises Saint-Gervais et Saint-Sauveur dans son territoire. Puis, il est cité plusieurs fois, notamment en 963, 966, 991. Le château est alors implanté par l'archevêque d'Arles sur une agglomération-refuge du haut Moyen Age; les quatre plus anciens châteaux du comté d'Arles sont tous construits sur des fiscs par le prélat: Venègue sur le fisc d’Alleins, Salon sur le fisc de Grans, lstres sur le fisc d'Ugium, Fos sur le fisc de Fossae Marianae. Pons, vicomte d'Arles, cité en 965 (au temps du comte Boson), mort avant 976, passe pour être Pons-l’Ancien, tige des seigneurs de Fos. En 973-980, est mentionnée une famille éponyme avec Pons de Fos (le premier à porter le nom du château) qui se querelle avec Guilhem de Marseille pour occuper les terres en friche du comté de Toulon. Il s'implante dans la région d’Hyères et au XIe siècle ses successeurs portent indifféremment le nom de Fos ou d'Hyères (de Erias) et interviennent en Provence centrale et orientale. En 1018, le sire de Fos refuse l'hommage et l'ouverture du château au comte; celui-ci lui fait alors la guerre et installe provisoirement à Fos le vicomte de Marseille (qui y est encore en 1020); le comte meurt pendant la bataille avant mars 1019. En 1057, Rostaing de Fos est évêque d'Aix, suffragant de l'archevêque d'Arles auquel il rend hommage. En 1070, les seigneurs sont Pons de Fos, son frère Guillaume d’Hyères, et ses autres frères Amiel et Rostaing. En 1081, Rostaing de Fos, devenu archevêque d'Arles, réforme le monastère Saint-Gervais dans le castrum Fossas fondé par ses ancêtres et le confie pour cette raison à l'abbaye de Cluny. En 1081-1097, Pons de Fos et ses frères font serment de fidélité au comte Raimond de Saint-Gilles-Toulouse. En 1091-1094, Pons de Fos-Hyère est dans la suite du comte Raimond de Saint-Gilles. 

 En 1103, Pons, Geoffroi et Bertrand, tous trois fils de Garsia, sont seigneurs des castels de Fos et d’Erias (Hyères); ils font serment de fidélité à Raimond de Saint-Gilles, comte de Toulouse. En 1105, ce dernier cède à l'archevêque d'Arles ses droits sur Fos, soit sur le quart de la seigneurie. En 1105, Pons de Fos meurt à la Croisade, en Syrie. En 1113, le château est assiégé par le comte de Provence Raimond-Bérenger de Barcelone; il résiste et ce n’est qu’en 1116 qu'il est soumis: Pons de Fos prête alors hommage au comte pour le castellum Eiras et celui de Foss. En 1143, Gui de Fos participe à la révolte contre le comte; dès 1147, le coseigneur Raimond-Geoffroi de Fos prête hommage au comte tandis que Gui reste dans l'opposition. En 1150, lorsque la paix est rétablie, Gui est condamné à une amende de 2000 sous melgoriens. En 1144 et en 1194, les empereurs, rois de Bourgogne, confirment à l'archevêque d'Arles ses droits sur le quart d'Arles et les seigneuries et châteaux de Fos, Trinquetaille, Salon, Saint-Amans, Mondragon et autres. En 1151, Gui de Fos prête hommage au comte; il jure de mettre à sa disposition le château et les chevaliers qui y sont attachés. Vers 1156, la part de l'archevêque est désignée précisément comme allant du castrum jusqu'à la mer. En 1167-1168, pour mettre fin aux contestations relatives à Fos et à Albaron, le comte échange les droits de l'archevêque d'Arles sur ces deux châteaux contre les châteaux de Grans et d’Aurons. En 1186-1212, Gui de Fos est évêque d'Aix. En 1188, à la suite d’une guerre privée, les sires de Fos sont contraints de céder aux Porcelet, seigneurs du bourg d'Arles (burgus), une partie de leurs droits sur Fos. En 1196, Amel de Fos fait hommage pour le château au roi-comte Alphonse II, en même temps que pour ceux de Bormes, de Pierrefeu, du Pujet, de La Garde et le tiers de celui d'Hyères, ainsi que pour une partie d'Aix.

 En 1196/1209, le roi-comte Alphonse II engage aux Porcelet, en garantie d'un prêt de 51 mille sous, sa part dans les châteaux de Fos, Castelveyre et Saint-Mitre. En 1204, Amiel de Fos engage sa part au juif Botin de Marseille. En 1217, Bertrand Porcelet, fils de feu Guillaume Porcelet et d'Ermessenda, vend à la commune de la ville vicomtale de Marseille le tiers du castrum de Fos et ses droits sur le castrum Saint-Mitre, le bourg Saint-Geniès et Port-de-Bouc (in portu de Boc) pour 11 mille sous. En 1227, le comte Raimond-Bérenger V cède ses droits sur Fos à Bertrand et Guillaume Porcelet; en échange, ceux-ci cèdent leurs droits sur Castelveyre et Saint-Mitre à l'archevêque d'Arles. En 1227, un tiers est tenu par la Ville de Marseille en fief de l'archevêque d'Arles. En 1227/1228, Gui de Fos et ses frères engagent (impignorent) leur part du castrum de Fos au Podestat d'Arles (comuni Arielatensi). En 1230, l'évêque de Marseille arbitre un différend entre le comte et la Ville de Marseille; l’acte est établi versus castrum de Fos, juxta ecclesiam Beate Marie de Bucco. Le 21 août 1235, les enfants et les soeurs d’Amiel de Fos et Bertrand de Fos, seigneurs d’Hyères, vendent à l'archevêque d'Arles et à Bertrand Porcelet la totalité de leur part des droits sur le château de Fos (mais d’autres membres de la famille y ont encore des parts) et ceux sur Saint-Geniès pour 54460 sous raimondins. En 1237, Bertrand et Raimond Porcelet font aveu au comte pour Fos. En 1238 s'élève un différend entre l'archevêque d'Arles et Bertrand Porcelet; ce dernier est condamné à restituer à l'archevêque les droits d'Amiel et de Gui de Fos sur le château. En 1240, le comte Raimond-Bérenger V participe à l'arbitrage d'un différend entre Guillaume de Baux et Bertrand Porcelet, seigneur de Fos. 

 En 1241, Raimond-Bérenger V cède une partie des cavalcades à l'archevêque d'Arles. En 1252, dans l'enquête sur les droits du comte, Giraud de Fos, Robert Gallia, Chabert, Rostang d’Alba et Gillgert de Berre jurent que le comte a la suzeraineté du castrum Fors; l'Albergue valant 30 livres et la Calvacade valant 20 livres ont été données par le comte aux Porcelet lors de la guerre de Valencia. En 1306, l'archevêque d'Arles prête hommage au comte de Provence pour un sixième du château de Fos. En 1309, Raimond-Jaufre de Fos fait hommage à Robert, nouveau comte de Provence, pour trois parts du castrum de Fos. En 1324, les Porcelet et Gui de Fos sont coseigneurs et habitent le castrum. Le roi exige d'eux que le château soit réparé et mis en défense. En 1379, l'archevêque rend hommage au comte pour Arles, Saint-Mitre, Castelveyre, Gabardelle, Joncas, Ferrières (Martigues), un tiers de Fos, Confoux. En 1388, la part du château saisie sur Renaud Porcelet est acquise par Robert de Dreux, chambellan du roi-comte, pour 3000 florins. Au XVe siècle, la famille de Fos est éliminée de son fief qui est partagé entre les Porcelet et l'archevêque. En 1473, le roi René érige la baronnie de Berre en vicomté en faveur de Charles, duc de Calabre, avec Fos (et Saint-Geniez de Martigues, Lançon, Istres, Entressen, Saint-Mitre, Carry, Rognac, Les Pennes, la tour et le fort de Bouc). Le 12 juillet 1541, François 1er donne commission de procéder à une enquête sur les droits respectifs du roi et d'Honorat Porcelet sur la seigneurie de Fos. En 1544, le 20 décembre, il ordonne la division de la partie des revenus de la seigneurie de Fos, jusque-là indivise, entre le roi et Honorat Porcelet. 

 Château-fort ruiné du XIe siècle, situé près de l'église, sur un récif qui commande le golfe de Fos et qui porte le village médiéval, à 32 mètres d'altitude. La cour du château est partiellement occupée par un cimetière. Une grande enceinte polygonale entoure la plate-forme rocheuse oblongue. Du côté occidental, le mur est écroulé sur une vingtaine de mètres. Au sud-ouest, il conserve sa hauteur originelle, soit plus de sept mètres, avec son parapet crénelé. Certaines parties dateraient du premier château (vers le Xe ou le début du XIe siècle). Tout le mur oriental longeant la chapelle a été remanié plusieurs fois; mais la base reposant directement sur le rocher paraît très ancienne. Au XIVe siècle, elle est renforcée à l’intérieur par des contreforts sur lesquels s'appuient des arcs qui élargissent le chemin de ronde. A l'intérieur de l'enceinte, il reste deux donjons quadrangulaires dans la partie septentrionale. Le donjon rectangulaire du nord, haut de quinze mètres, date pour l'essentiel de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. A la base (sur une hauteur de trois mètres) la maçonnerie est parementée en petit appareil régulier de calcaire soigneusement ajusté (sauf à l’est où la partie haute est refaite). Elle est percée au nord, à l'ouest et au sud de hautes archères; à l’est, la porte en plein cintre est chanfreinée et son arc est assemblé en étroits et longs claveaux extradossés. Au sommet de la tour est conservée une gargouille. Les traces d’une tour datant des environs de l'an Mil ont été observées contre la face méridionale du donjon. Le logis est divisé en deux niveaux reliés par un escalier. L'étage, voûté en berceau brisé, est chauffé par une cheminée. Un deuxième donjon quadrangulaire, à l'occident, sur plan irrégulier est haut encore de dix mètres. Sa base a été talutée postérieurement. A l'intérieur, les deux niveaux subsistants sont séparés par une voûte en plein-cintre. D'un autre logis, des vestiges sont conservés près de l'église. La porte en tiers-point est surmontée d’un blason. L'entrée du château, au nord, est un grand porche dont l'arc a disparu; elle est défendue par de hautes archères très rapprochées. La courtine est épaisse de 1,75 mètre. L'église Saint-Sauveur, intégrée à l'enceinte, mentionnée depuis le Xe siècle, a été reconstruite au XIIe siècle. Elle est dotée d’un petit clocher carré à toit pyramidal. 

Éléments protégés MH: les remparts : classement par arrêté du 21 mai 1937. 

 château de l'Hauture, rue de l'Église, 13270 Fos-sur-Mer

 

Château de l'Armellière

Une inscription qui se trouve à gauche de la porte nous apprend que le château a été construit en 1605 par Pierre de Sabatier, membre d'une famille originaire d'Istres. Pierre embrassa la carrière des armes au service d'Henri IV puis à la fin des guerres de Religion il se maria en 1598 avec Anne de Lestang-Parade, d'une très ancienne famille du pays, et c'est à cette époque qu'il fit bâtir le château. On trouve au château un autre Pierre de Sabatier, né en 1684, qui fut reçu page du roi soleil dans sa grande écurie. Il épousa en 1718 Françoise d'Arlatan de Beaumont. A sa mort en 1762, n'ayant pas eu de fils, sa fille Marie, épouse de Pierre-François d'Antonelle, hérita du château. Désormais la propriété était entre les mains de la famille d'Antonelle dont le plus célèbre représentant fut Pierre-Antoine d'Antonelle qui embrassa les idées révolutionnaires (il fut le premier maire d'Arles) avant d'apporter son soutien, à la fin de sa vie, à la Restauration. De 1822 à 1825, le château fut le siège de la "Bergerie Royale de mérinos". En effet, la bergerie nationale d'Arles, devenue bergerie impériale, s'installa d'abord au domaine de Dauzière, le long du petit Rhône, puis à l'Armeillère. Le château est une demeure de plaisance en partie fortifiée. Elle comporte quatre tourelles coiffées de coupoles, un lanternon médian et de larges fenêtres à fronton triangulaire, symboles évidents de l'architecture de la Renaissance. La décoration annonce l'époque classique; guirlandes, médaillons, armoiries, corbeilles de fruits et de fleurs, auxquels se lêlent des symboles guerriers. Sur la façade sud, on distingue les lettres P et A, initiales de Pierre, constructeur du château, et de sa femme Anne. 

 Éléments protégés MH: le château, sauf parties classées ; les façades et les toitures des communs : inscription par arrêté du 18 juin 1987. Les façades et les toitures du château, les jardins clos au nord et au sud avec leur mur de clôture, les portails, les grilles, la terrasse nord et les douves : classement par arrêté du 30 novembre 1989. 

 château de l'Armellière 13200 Arles

 

Château d'Alleins

Au IXe siècle est cité le lieu Elenicis. Au Xe siècle, le castrum Aleni serait mentionné. En 1008, le vicomte Aicard de Marseille donne à l’abbaye de Montmajour le quart de la villa Saint-Pierre d’Alleins, la moitié de Belcodène et le quart d'Ollières. Depuis 1030/1038, une famille éponyme apparaît avec Aldeguerius de Aligno, témoin des vicomtes de Marseille. Au XIe siècle, le castrum de Alignum est mentionné dans le cartulaire de Saint-Victor de Marseille. En 1048, Rostain-Audiguier d’Alleins, en 1055 Renaud-Audiguier sont chevaliers d'Arles. En 1113, Gui d’Alleins fait hommage au comte. En 1150, Audiger et Guillem d’Alleins sont chevaliers d'Arles. En 1165, Guillaume d’Alleins est chanoine d'Arles. Vers 1204, Guillaume d'Alleins est abbé de Saint-Victor de Marseille. Au début du XIIe siècle, le castrum Alenni relève de l'archevêché d'Arles. En 1212, Pierre de Aligno est témoin des vicomtes de Marseille. En 1224, Guillaume de Alignano est prieur de Saint-Honoré d'Arles et Benoît, évêque de Marseille. En 1250-1257, le comte transfère ses droits sur les castrum de Mallemort, Valbonnette (Vale Boneta) et Alleins (Aligno) à l'Église de Marseille en échange des droits sur la ville haute de Marseille. En 1311, en présence du damoiseau Imbert de Aligno, le procureur de l'évêque de Marseille prend possession de la demeure épiscopale construite au-dessus du portail et confrontant à la demeure de Bertrand Euder, damoiseau du castrum, et à celle de Bertrand Guiran. En 1335, à la mort de Jean Artaud, évêque de Marseille, on réalise l'inventaire des châteaux épiscopaux situés sur la rive de la Durance, dont le castrum de Aligno. En 1336, 1351, 1385, 1397 et 1399, l'évêque fait aveu au comte pour le castrum d’Alleins. En 1406, le terroir et le château sont donnés à ferme à Paul de Sade qui fait hommage au comte de Provence Louis II. En 1473-1474, le roi René reprend le fief de l'évêque en échange de la baronnie d’Aubagne. En 1475, le roi-comte donne la seigneurie à Pierre Régis. En 1478, Pierre de Régis, dit Benjamin, vend la seigneurie aux maîtres-rationaux avec l'accord du roi-comte. En 1483, Jean de Beaudricourt, lieutenant général de Provence, la cède à Jean Benselin. En 1494, le comte Charles VIII cède le fief à vie à Nicolas Renaud, d'Arles, son valet de chambre. En 1909, le site est endommagé par un tremblement de terre. 

 Château-fort ruiné, dit la Tour-Vieille, construit au XIIIe ou au XIVe siècle. L'extrémité orientale d’une crête rocheuse qui couronne le bourg à 168 mètres d'altitude est barrée par un fossé de quatre mètres de large et cinq mètres de profondeur. D’une enceinte polygonale tributaire du socle, il reste un mur d'environ 55 mètres de long, percé de multiples archères rapprochées (il en subsiste treize espacées de deux mètres). Les fentes ouvertes dans de simples ébrasements (de 33 à 40 cm d'ouverture) sont larges de 5 à 6 cm et hautes de 20 à 42 cm à l'extérieur et de 24 à 35 cm à l'intérieur. En plus de ce tronçon de courtine bien conservé au nord-ouest, des vestiges sont visibles au nord-est et au midi, et des traces au sol à l'orient. Un bâtiment quadrangulaire est intégré par sa face nord-ouest à l'enceinte. La limite entre le premier et le deuxième niveau est marquée par une corniche en quart-de-rond (qui recevait peut-être une voûte). Le parement inférieur est en moyen appareil de pierres équarries à face éclatée assemblées en lits assez réguliers à larges joints. Le parement extérieur a été remanié à plusieurs reprises; à sa base sont conservés des lits de pierres presque carrées de grand format avec des intercalaires sur chant. Au-dessus, et sur une hauteur de deux mètres environ, le parement ressemble à l'appareil intérieur, de pierres à face éclatée assemblées à larges joints beurrés; cette partie est chaînée aux angles de bossages aux formats très irréguliers, assemblés à joints de mortier avec cales apparentes.

château d'Alleins dit Tour Vieille 13980 Alleins

   

Château d'If

François 1er prend la décision de construire un château fort sur l'île d'If en 1524, après l'invasion par Charles-Quint. On utilise surtout des pierres des démolitions d'un certain nombre d'édifices situés en dehors des remparts de la ville. C'est l'amiral de Barbezieux qui prend l'initiative de la construction du "donjon" à la fin de l'année 1528 pour parer à une éventuelle invasion de l'archipel des îles par les Espagnols. Honoré de Valbelle rapporte qu'en 1529 Monsieur de La Fayette, amiral de France, inspecte sur l'île d'If les travaux de la tour qu'on y édifie. En 1531, elle est armée de deux couleuvrines et défendue par trente "mortes-payes", soldats peu aptes à faire campagne, dont quatre canonniers. En 1536, le fort n'intervient dans la défense de la ville, à l'approche de la flotte de Doria, que par un tir de trois coups de canon. La portée de ses armes à feu est alors de 150 à 250 mètres environ. Comme le rivage marseillais le plus proche (la pointe de Malmousque sur la Corniche actuelle) est distant d'un kilomètre et demi, les galères ne pouvaient être prises entre deux feux et passaient hors de portée des tirs. En 1591, pendant les troubles de la Ligue, le gouverneur de Provence fait débarquer par des vaisseaux florentins un chargement de pierres. On élève alors une enceinte bastionnée clôturant complètement l'ile. On creuse aussi trois citernes et on élève un moulin à vent au sud-ouest (disparu), à proximité du socle du canon actuellement en place. À l'origine, une chapelle avait été aménagée dans la tour Saint-Christophe; en 1573, elle est remplacée à la pointe de l'île par une église surmontée en 1608 d'une tourelle de garde (remplacée par un phare au XIXe siècle). En 1701, Vauban inspecte le château d'if. Il critique sévèrement le dispositif: "son accès est sans débarcadère, l'enceinte extérieure dite des Florentins comporte des négligences. Les embrasures et les créneaux sont mal faits sans terre-plain, ni plate-forme...". Vauban note qu'il faudrait réparer et fortifier certaines plates-formes et clés de voûte des tours. L'absence d'une quatrième tour le choque. Les gros travaux qu'il préconise ne sont pas entrepris. Aux XVIIe et XVIIIe siècles des bâtiments servant d'entrepôts et de logements pour les troupes sont adossés à l'enceinte extérieure. En 1751-1756, certaines bouches à feu sont percées. 

 Château du XVIe siècle (construit en 1525-28 et 1533-37), sur une île commandant l'entrée du vieux port. Le château fort d'If est flanqué de trois tours circulaires percées de larges embrasures de tir. Un pont-levis enjambant un fossé protège l'entrée. Les bouches à feu sont à larges ébrasements biseautés (se rétrécissant graduellement vers l'intérieur où elles dessinent de petites fenêtres carrées avec volets en bois). Certaines ont été bouchées et d'autres modifiées. La Tour Saint-Christophe est un donjon cylindrique, élevé en premier entre 1525 et 1528, face à l'île Ratonneau. En 1529, l'amiral Doria, passé du service de François 1er à celui de Charles-Quint, incendie quelques-uns des échafaudages. L'accès au donjon se fait par une porte à arc plein cintre conduisant directement à la terrasse. On peut encore voir au premier étage la bouche d'aération qui permettait l'évacuation des fumées des canons. Les salles basses étaient utilisées comme celliers et réserves de munitions. On disposait d’un approvisionnement autonome en eau, les précipitations recueillies étant conduites vers une citerne par une canalisation en pierre encore bien conservée. De 1533 à 1537, le fort est complété par le rajout de deux autres tours, dites de Saint-Jaume et de Maugouvert. Pendant les travaux de construction, la garnison pouvait s'élever jusqu'à 200 soldats en cas d'alerte maximum. Avec ces tours, on cherchait à contrôler les points de débarquement et les anses de mouillage. Des bâtiments de deux niveaux sont appuyés aux courtines autour d'une étroite cour intérieure. Des logements, une cuisine et un four à pain occupent le rez-de-chaussée, des casemates le premier étage. Les niveaux sont voûtés en épaisses coupoles non renforcées par des doubleaux. Un escalier en vis épargné dans l'épaisseur des murs fait communiquer les niveaux.  

Éléments protégés MH: le château et le mur d'escarpe entourant l'îlot : classement par arrêté du 7 juillet 1926. château fort d'If 13000 Marseille 

Téléphone : 04 91 59 02 30 

 

Château de Lagoy

Domaine occupé depuis l'époque gallo-romaine sous forme de villa, puis castrum regroupé autour de la chapelle. Au XVIIe siècle, construction du pigeonnier puis d'une maison surmontée d'une tour crénelée. En 1705, un moulin à huile est élevé près du pigeonnier. En 1713, l'édifice actuel est bâti en utilisant les pierres des ruines proche de l'église. Le perron ouvrant sur la cour est réalisé en 1727. La rampe en fer forgé de l'escalier date de 1728, les cadrans solaires sont peints en 1739, la fontaine du jardin est créée en 1742. La marquise de Lagoy, cultivant des vers à soie, fait réaliser des tapisseries pour orner les pièces du château. Des piliers et un portail sont ajoutés dans la cour et l'avant cour. Des marbres italiens agrémentent l'édifice. A la Révolution, le château est dévasté. A partir de 1806, le marquis remet le domaine en état et fait construire une cave viticole contre le moulin. 

 Éléments protégés MH: le château, la cour intérieure, la chapelle Saint Bonnet : classement par arrêté du 11 mars 1946, modifié par arrêté du 14 décembre 2010. En totalité : le pigeonnier avec le poulailler et son enclos, le bâtiment agricole renfermant le moulin à huile et la cave viticole, le puits, les deux meules à broyer, le bassin de pierre enterré devant la façade du logement du fermier: inscription par arrêté du 19 juillet 2006. 

château de Lagoy, Chemin de Saint-Bonnet, 13210 Saint-Rémy-de-Provence 

Téléphone : 04 90 38 11 18 

Château du Petit Pommier

Le moulin à huile du château du Petit Pommier porte la date 1773 sur un pilier de la salle de travail. Il est élevé en pierre et enduit, et compte un étage et un comble. La salle abrite une meule verticale monolithe et un pressoir à bras (il s'agit vraisemblablement d'un moulin actionné manuellement). Dates 1773 et 1749 sur le pressoir. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et de l'ensemble des dépendances; l'escalier du château avec sa rampe en fer forgé et le grand salon et son décor au rez-de-chaussée; l'intérieur du moulin à huile avec ses pressoirs et ses cuves: inscription par arrêté du 28 octobre 1980. 

 château du Petit Pommier 13680 Lançon-Provence

   

Château de Rognes

Après un parcours dans les ruelles pittoresques du vieux Rognes, on atteint sur les hauteurs les ruines du Foussa, citadelle édifiée à partir du XIIème siècle détruite entre 1597 et 1601, à la suite des révoltes en lien avec les guerres de religion. Il ne reste de cet ancien château qu’un pan de mur et sa fenêtre composée de deux arcs trilobés. La légende raconte qu’un seigneur tyrannique y aurait été défenestré au XVIème siècle.Le Foussa : Oppidum très ancien, où l'on trouve des traces d'habitations troglodytiques mais également la présence d'une citadelle du XIIeme siècle, détruite en 1601. La Fenêtre ; Composée de 2 arcs trilobés, date du XIIIeme et XIVeme siècle. La légende raconte qu'un seigneur tyrannique a été défenestré à cet endroit et que la fenêtre aurait été conservée pour mémoire. 

Les restes du château font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 25 janvier 1929. 

château de Rognes 13840 Rognes

   

Château de Cadarache

En 1060, une famille éponyme est mentionnée avec Hugues de Cadarache. En 1089, Guillaume-Geoffroi donne un manse à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Vers 1130/1144, Antoine de Cadarache se bat avec le comte pendant les guerres baussenques. En 1147, Guillaume-Raimon et Antoine de Cadarache font aveu du castrum au comte Raimond- Bérenger II. En 1149 et 1169, Raymon de Cadarache est mentionné parmi les témoins du comte de Forcalquier. En 1245, Bertrand-Amic de Cadarache (fils de Pierre de Sabran), coseigneur de Tavernes, doit renoncer à ses droits sur Céreste en faveur de son cousin Guillaume de Sabran, comte de Forcalquier. En 1252, dans l'enquête des droits du comte, celui-ci a la suzeraineté sur le castrum Cadarache. Le seigneur Bertrand-Amic doit l’albergue valant cent sous, la cavalcade pour Cadarache et un quart de Tavemes, les questes, mais pas les justices. En 1303, le damoiseau Raimond-Geoffroi, seigneur du castrum de Catharaza, reconnaît les droits du comte. Vers 1349, le château passe à Hugues Cornut, coseigneur de Saint-Paul-les-Durance, qui en 1351 fait aveu au comte. À partir de 1367, Georges de Montmal, officier des comtes, est coseigneur. En 1370, il reçoit du comte l’albergue valant cent livres. Dans le dernier tiers du XIVe siècle le château est ruiné pendant la guerre de Raimond de Turenne. En 1387, Georges de Marie (originaire d’Anjou), sénéchal, est baron de Saint-Paul et de Cadarache et seigneur de Luc. En 1460, les Montfort vendent le château avec le mère et mixte impère pour 2400 florns à Honoré de Berre, seigneur d'Entrevennes, officier comtal. En 1476, le comte cède à Honoré de Berre la juridiction et le mère et mixte impère. En 1480, son héritière l’apporte en dot à Louis de Villeneuve. À la fin du XVe siècle, le château est reconstruit par le marquis de Villeneuve-Trans. Vers la fin du XVIe siècle, le château est acquis par Barthélemy de Valbelle, lieutenant-général du Levant (mort en 1623). Vers 1785, Anne-Marguerite de Vaibelle l’apporte à Henri de Castellane, marquis de Majastre. 

Château-fort construit au XIVe siècle, restauré, situé à cinq kilomètres au nord-est du bourg, sur la rive d’un plan d’eau artificiel de l'EdF, près du barrage de Cadarache, au voisinage du confluent de la Durance et du Verdon, à 254 mètres d'altitude. Un donjon carré s'élève dans une haute enceinte polygonale centrée. Une porte-tour ouvre sur une basse-cour dont il reste aussi des braies. Elle est défendue par une bretèche de couronnement de cinq consoles à quatre ressauts reliées par des arcs brisés découpés. Les logis sont reconstruits après 1480, par le marquis de Villeneuve, et restaurés au XIXe siècle. Une église castrale romane s'élève à la jonction avec un village déserté qui s’étageait sur la pente; en 1165, elle relève de l’abbaye Saint-André d’Avignon. Le four et une probable citerne à vin témoignent encore de l’activité fermière qui régnait autrefois dans ce lieu. Le domaine se compose de l’élégante Bastide de Valbelle qui permettait de nourrir les châtelains grâce à ses cultures de blé, d’avoine, d’orge, de pommes de terre mais aussi ses champs d’amandiers et de mûriers et ses vignes. Cette activité fut facilitée par la construction d’un canal d’irrigation qui alimentait en eau le château et la fontaine de la cour. S’étendant sur plus de six kilomètres, le canal comporte quatre aqueducs en pierre. Les bâtiments qui le longent abritaient des pompes permettant de remonter l’eau sur le plateau pour irriguer les terres de la Castellane. Le Pigeonnier de Cadarache adopte une forme circulaire et mesure dix mètres de haut. La disposition des boulins en quinconce préservait les volatiles des déjections.

Éléments protégés MH: le château de Cadarache en totalité : inscription par arrêté du 27 juin 1925. 

 château de Cadarache 13115 Saint-Paul-lès-Durance

   

Château d'Ayguebelle

Le château est une imposante bastide édifiée au XVIIIe siècle qui s'étend majestueusement entourées de trois immenses bassins bien protégés par une monumentale statue d'époque. Ancienne propriété viticole et séricicole, le château demeure entouré de vignes et de vastes prairies. La terrasse située devant la façade principale de la bastide surplombe le bassin de Neptune. Le bassin d'agrément dédié à la Vierge regorge de carpes Koï aux couleurs multiples. 

Éléments protégés MH: le bassin sud avec la statue de Neptune et sa niche qui l'ornent, le portail d'entrée avec ses deux vasques et les trois fontaines en bordure de l'allée Ouest : classement par arrêté du 9 avril 1979. Les façades et les toitures : inscription par arrêté du 9 avril 1979. 

château d'Ayguebelle, route de Rognes, 13410 Lambesc 

Téléphone : 06 07 58 53 06 

 

Château de Valdonne

Aux XVIe et XVIIe siècles, ce lieu était appelé La Domze, mais comme le nouveau fief se composa en grande partie de la vallée du Merlançon, depuis sa principale source jusqu’à Bouilladisse, on adopta l'appellation de Val-Donne. Une grande partie de cette terre appartenait, comme domaine roturier, aux auteurs d’Ignace Roux depuis plus d'un siècle. Vincent Roux possédait en effet des terres à Valdonne qu'il agrandit par des achats faits en 1643 et qu'il transmit à son fils Honoré, lequel accrut le domaine par l’acquisition des biens de Lazarin Doria de Risso, seigneur de Sotournon en 1672. Ignace Roux, premier seigneur de Valdonne, membre de l’Académie de Marseille en 1756, fut député à la Chambre de commerce. De 1740 à 1750, il fit édifier de bâtiments, qui agrandirent le château, construit par son aïeul Honoré Roux sous Louis XIII, et y ajouta une chapelle qu’il dédia à son patron St Ignace. Cette terre comprenait quatre fermes: celle du château et celles de Garoutte, Courreou et du Gavot. Ignace Roux fut inhumé dans l’église Saint-Martin après avoir testé en 1752, en faveur de sa femme Thérèse Vitte, qui reçut l’investiture royale pour le quart du fief de Valdonne, qui relevait de la directe du roi.

 Éléments protégés MH: l'ensemble des bâtiments, y compris la chapelle, le sol de la cour et la fontaine qui s'y trouve au centre et les ponts franchissant le Merlançon et la Garante : inscription par arrêté du 30 décembre 1986. 

château de Valdonne 13124 Peypin

 

Château de Mas Blanc

Le château primitif est construit au XVe siècle, par la famille des Ayminy. Il est reconstruit en 1773 (date sur le fronton nord) par cette même famille. La propriété est dotée d’un magnifique portail en fer forgé, d’un perron encadré par un lion et une Tarasque, en référence à Tarascon car Mas Blanc était propriété de cette commune. Le château possède une tour reliée par des arcades, une grande cave et au-dessus des ouvertures du rez-de-chaussée des têtes sculptées. Une cave de vinification lui est juxtaposée. Le domaine comprend également un pigeonnier, privilège seigneurial. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures, le portail en fer forgé, le vestibule et l'escalier avec sa rampe en fer forgé: inscription par arrêté du 27 juillet 1978.

château de Mas Blanc 13103 Mas-Blanc-des-Alpilles

Château de Fonscolombe

Le château de Fonscolombe a été construit au début du XVIIIe siècle pour Honoré Boyer, parlementaire à Aix. Château transformé au XIXe siècle après un tremblement de terre vers 1850. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures de l'ensemble des communs : inscription par arrêté du 24 octobre 1989. Le château y compris le sol de l'avant-cour nord avec ses murs et ses grilles de clôture, les deux pigeonniers, la terrasse sud, l'escalier à double évolution, le parc, y compris les sculptures et la chapelle : classement par arrêté du 30 septembre 1994. 

château de Fonscolombe 13610 Le Puy-Sainte-Réparade 

Téléphone : 04 42 21 13 13 

 

Château de Saint-Antonin

Au XIIe siècle, les seigneurs de Saint-Antonin construisent près du Bayon une église ainsi qu’une maison pour le prieur située à l’emplacement actuel du château. En 1489, la seigneurie de Saint-Antonin est cédée par Saint-Victor au chanoine Guillaume du Puget, qui avait acquis peu auparavant la propriété et la seigneurie de Bayle auprès des Hospitaliers, ainsi que diverses fermes et terres. Au XVIe siècle, la seigneurie de Saint-Antonin est transmise, par héritages et par mariages, d’abord aux comtes de Rémusat, très ancienne famille de Provence, puis au XVIIe siècle à Gaspard de Garnier, dont la famille conserve la seigneurie jusqu’à la Révolution. Au début du XVIIIe siècle le château a acquis sa configuration actuelle : après un incendie qui le détruit partiellement, une nouvelle façade Sud est construite en 1769. La Révolution se passe sans événement majeur pour Saint-Antonin. Fait rarissime dans le pays, la Convention délivre des certificats de civisme aux châtelains et au curé de Saint-Antonin, qui attestent que le château et l’église restent proches des habitants du village. 

 Éléments protégés MH: la façade principale avec sa toiture : inscription par arrêté du 30 mars 1978. 

 château de Saint Antonin sur Bayon 13100 Saint-Antonin-sur-Bayon

 

Château de Roussan

Le château a été élevé au XVIe siècle pour le capitaine Chevalier Bertrand de Nostredame, frère de Nostradamus. De 1558 à 1596, il fut l’objet d’importants travaux. Doté d’une ferme, d’un pigeonnier et de bâtiments d’habitation, il devint le Mas de Roussan, ceint d’un mur afin de le protéger en cette période troublée des guerres de religion et hantée par le brigandage. Le 16 janvier 1608, le petit-fils de Bertrand de Nostredame le céda à un lointain cousin, Melchior Jacques de Joannis de Nochère. Par héritage, il passa à Diane de Joannis de Roussan, la délicieuse Diane, Belle Provençale, qui se lia à Mme de Sévigné, fit chavirer le cœur de Louis XIV, l’amenant ainsi au destin tragique qui fut le sien. En 1701, la demeure devient la propriété de Jean-Antoine de Servan, qui la légua à son neveu et son épouse, Dame Dupoirier, qui se consacra au secours des pauvres et malades du bourg. En 1848, les propriétaires, de Bouchand de Bussy, apportent de nombreux embellissements jusqu’en 1887... 

 Éléments protégés MH: le château, y compris l'aile contiguë, ainsi que son parc comprenant l'allée bordée de platanes au Nord, les murs de clôture, les portails, les terrasses, les pièces d'eau, la serre, le statuaire, le système hydraulique et d'autres éléments constituant le parc : inscription par arrêté du 11 octobre 1993.

château de Roussan, 48 route de Tarascon, 13210 Saint-Rémy-de-Provence 

Téléphone : 04 90 90 79 00 

Château de la Tourvieille

La tour du Tampan a été édifiée au début du XVIIe siècle afin de contrôler et de surveiller l’accès des navires au delta du Rhône et au port d’Arles. Elle fait partie d’un réseau de quatre tours bâties par la communauté d’Arles sur les axes navigables du Rhône, avec les tours du Baloard, de Saint Genest et de Saint Louis. Dès 1656, vendue au privé, elle subit différentes extensions et transformations pour devenir un mas agricole, fonction qu’elle conservera jusqu'au milieu du XXe siècle : la tour du Tampan prend alors le nom de château de Tourvieille. Abandonné après la deuxième Guerre mondiale, le château a été acquis par le Conservatoire du littoral en 2008. En très mauvais état, le bâtiment est l’objet d’un projet de réhabilitation afin de sauvegarder ce patrimoine remarquable. Le château de Tourvieille est composé de trois structures rectangulaires juxtaposées : la tour du Tampan proprement dit qui est le corps de bâtiment principal, une extension accolée à la tour en partie est, construite lors de la transformation du bâti en ferme et un bâtiment reposant au nord sur les deux premières parties. La tour du Tampan du XVIIe siècle est d’architecture militaire défensive, avec deux niveaux plus une terrasse construite en pierre de taille calcaire. L’accès à la tour se faisait au premier étage, à l’aide d’une rampe aujourd’hui disparue, marquant bien le rôle défensif de l’édifice. Les extensions pour le mas agricole, d’ordre plus fonctionnel, sont liées à un usage d’habitation et au développement de l’exploitation. Le château de Tourvieille est situé au sud-est de l’île de Camargue, zone laguno-marine issue de la sédimentation du delta du Rhône. Cet espace est l’un des milieux naturels français les plus remarquables : le parc naturel régional de Camargue. La construction du château de Tourvieille est étroitement liée à la présence du fleuve par sa fonction de surveillance du Rhône : son implantation est due à la vision que la tour avait d’une branche du fleuve, le Bras de Fer. L’histoire et l’évolution du bâti sont unies au Rhône, changeant d’architecture après que le Bras de Fer fut rempli d’alluvions. 

 Éléments protégés MH: la Tourvieille (ou château de la Tourvieille ou Tour du Tanpan): inscription par arrêté du 23 juin 1933

château de Tourvieille 13200 Arles

 

Château d'Albertas

Le 20 mai 1563, deux négociants marseillais Nicolas et Gaspard d’Albertas achètent la seigneurie de Gémenos. Le château des marquis d’Albertas est édifié entre 1579 et 1590. A l’époque, il se trouve au cœur d’un grand domaine constitué de parcs, jardins et diverses résidences. L’Hôtel de Ville s’y installe en 1893. En 2002, la rénovation des façades, de la charpente, des menuiseries et de la toiture permet de se rapprocher de l’aspect d’origine. A l’Est de la mairie se trouvent les granges du château. Ce bâtiment de 4000 m² forme un vaste ensemble implanté autour d’une cour carrée pourvue d’un bassin avec jet d’eau. Elles abritaient autrefois les dépendances du château: les logements, les ateliers, les écuries, les greniers, les caves à vin et même un cabaret! Sur la façade Nord, à l’entrée de la cave, on peut observer une sculpture de Bacchus... 

 Éléments protégés MH: la porte avec bas-relief représentant Bacchus, située dans la cour des granges : inscription par arrêté du 24 octobre 1927.

château d’Albertas 13420 Gémenos

   

Château de l'Empéri

En 871 est citée la villa Salone. En 921 est mentionné le castrum de Sallone. Les quatre plus anciens châteaux du comté d’Arles sont tous construits sur des fiscs par l'évêque: Vernègue sur le fisc d'Alleins, Salon sur le fisc de Grans, Istres sur le fisc d'Ugium, Fos sur le fisc de Fossae Marianae. En 1143, Pierre de Lambesc, allié par sa femme Alasacie aux sires de Baux, cède le castrum à l’archevêque d'Arles en échange de Vemègue et d'Avallon. En 1144, l'empereur Conrad III de Hohenstaufen confirme les droits de l'archevêque d’Arles sur le castrum de Sailone. Vers 1158, l'empereur Frédéric 1er, roi de Bourgogne-Arles, confirme à l'archevêque d'Arles ses droits sur le quart d'Arles et les seigneuries et châteaux de Fos, Trinquetaille, Salon, Saint-Chamas, Montdragon et autres… En 1159, le vicomte Hugues-Geofroi de Marseille vend à l'archevêque d'Arles tous ses droits sur le château de Salon. En 1192, Guillaume Porcelet prête serment de fidélité à l'archevêque d’Arles pour le castrum de Sallone (et le castrum Sancto Amantio). Vers 1203/1212, Guillaume Porcelet prête le même serment de fidélité à l’archevêque. En 1219/1220, le château est reconstruit par l'archevêque d'Arles Hugues II; on mentionne alors la camera sale veteris de l'archevêque dans le castrum Sallonis. En 1225/1226, le comte Raimond-Bérenger V reconnaît les droits de l'archevêque d'Arles sur Salon. En 1227, un acte est établi dans l’aula nova. En 1232, Raimond-Bérenger V exonère des péages comtaux récents les châteaux de l’archevêque d'Arles, dont celui de Salon. En 1233-1258, des travaux sont réalisés par l'archevêque Jean de Baux. En 1240, un acte est établi dans la salle neuve (in arce archiepiscopali, in aula nova). Au XIIIe siècle, Salon est le principal centre des seigneuries rurales de l'archevêque; il y a toutes les juridictions et c’est là que siège sa cour temporelle. En 1252, l'enquête des droits du comte ne signale aucun droit à Salon. 

 En 1341, un inventaire donne comme armement: 20 arbalètes, 6 écus blancs, 6 écus vieux, 7 baudriers pour tendre les arbalètes, 1 tour pour tendre les grandes arbalètes, 5 carquois de cuir, 2 écus vieux ornés de l’aigle, 1 écu avec mitre et crosse, 22 armures couvertes de toile de lin, 25 gorgerins, 1 aigle de fer et comme mobilier: 1 coffre ancien en noyer, 1 coffre rempli de linge, 4 coffres en sapin, 2 coffres à pieds, 1 long coffre, 2 coffres avec des écrits, 1 armoire en bois contenant des archives, 2 dressoirs, 27 petites tables (tauleyrones), 13 grandes tables, 1 table fendue, 8 sièges, 1 cathèdre peinte, 2 sièges archiépiscopaux brisés, 1 petit autel de bois portatif, 1 grand chaudron, 1 poëlon de cuivre, 4 brocs à vin, 2 candélabres de fer, 1 grand chandelier de cuivre. La literie: 12 matelas (dont 3 usés), 4 matelas de plume, 6 draps, 5 oreillers de plume, 6 coussins (dont 2 usés), 2 couvertures de lit de drap vert, 1 de drap jaune, 5 draps sans valeur, 3 fourrures de peau de renard, 2 fourrures de peau de lapin, et 1 gros livre. Dans la prison: 5 fers pour pieds (compedes), 2 fers à mains (manicas), 1 marteau, 4 anneaux. De 1374 à 1388, des travaux sont réalisés pour l’archevêque Pierre de Cros. En 1396, on remet en état les frabucs et bombardes de Grambois et Salon; on envoie quérir en Piémont un maître pour faire un autre trabuc et une bombarde; ces engins pèsent huit tonnes et lancent des pierres de 300 kg. De 1450 à 1463, le château est modifié par l'archevêque Pierre de Foix. Au XVIe siècle, des logis sont reconstruits par l’archevêque Jean Terrier. Vers 1585, la porte actuelle est refaite par Henri d'Angoulême, gouverneur de Provence. Un corps de garde est de 1656... 

 Château-fort, dit L'Empéri, construit au XIIIe siècle, sur un plateau rocheux à pic, au plus haut de la ville, à 90 mètres d'altitude. Une enceinte oblongue de 170 X 50 mètres est divisée en trois parties. Une vaste basse-cour précède l'entrée ouverte au midi, petit châtelet carré flanqué d’une haute tourelle de guet (XIIIe siècle) dont le couronnement crénelé est en saillie sur une corniche moulurée. Le fossé qui l’isolait a été comblé en 1860. Le donjon carré est une grosse tour qui a son rez-de-chaussée voûté en berceau brisé et ses trois étages planchéiés; le parapet du couronnement est sur mâchicoulis. Il est élevé ou remanié à la fin du XIVe siècle (vers 1374-1388). Ses grandes fenêtres du premier étage sont ouvertes vers 1499-1521. L’accès à la "cour haute" se fait sous la voûte en berceau du châtelet, puis par un passage couvert de dalles. Au sud (à gauche en entrant), le logis s'élève sur une cave creusée dans le rocher et voûtée d’un berceau surbaissé renforcé par deux doubleaux; le rez-de-chaussée est couvert de voûtes d’arêtes du XVIIe siècle et la pièce haute plafonnée à la française. À l'est et au nord, la cour est close par des bâtiments du XVIe siècle dits "appartements de la reine Jeanne" qui s’appuient sur l'enceinte du XIIIe siècle. À l'ouest, un bâtiment du XIVe siècle borde le rocher à pic. Son rez-de-chaussée est une salle de vingt sur sept mètres plafonnée à la française. Il est surmonté de deux étages. La partie la plus septentrionale du site, autour de la dernière cour, est aussi la plus ancienne. Elle remonte au XIIe siècle. Elle comprend la chapelle, des logis (à l’ouest et à l’est) et la base d’une tour du XIIe siècle. Son côté nord est occupé par un bâtiment (17 X 5,30 mètres) du XIIIe siècle, qui fut flanqué d’une tourelle carrée contenant un escalier en vis dont on voit la base à l'extrémité orientale.

Éléments protégés MH: le château de l'Empéri : classement par arrêté du 10 septembre 1956. 

 château de l'Empéri 13300 Salon-de-Provence 

Téléphone : 04 90 56 39 23

 

Château de la Reynarde

Le château de La Reynarde a été construit au XVIIIe et XIXe siècle. C’est un ancien fief médiéval aménagé en bastide au XVIIIe siècle, avec bâtiment principal, chapelle, dépendances, parc paysager. La rénovation du château a été réalisée vers 1850 et les derniers aménagements des extérieurs datent de la fin du XIXe siècle. Propriété d’une association. La demeure est inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques depuis 1996. 

 Éléments protégés MH: le château de La Reynarde : inscription par arrêté du 17 juillet 1996. 

 château de La Reynarde, avenue de Saint-Menet, 13000 Marseille

   

Château d'Arnajon

En 1732, le domaine est érigé en arrière-fief par l'archevêque d'Aix, seigneur du Puy. Les documents décrivent le site avec "maison, pigeonnier, glacière, basse-cour, jardin, pré, aire et affard de terre". La construction de la bastide peut se situer vers 1666-1667. La création du parc et du nymphée a été située entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle, la grotte de coquillages existe en 1692. Au XIXe siècle, le domaine s'agrandit de bâtiments, dépendances et fabriques à l'ouest du parc. Ce dernier est clos. L'accès se fait le long du mur sud. L'avenue d'accès était bordée d'ormeaux au XIXe siècle. Le bâtiment rectangulaire a été doublé en profondeur. Il comporte un rez-de-chaussée, deux étages carrés, un comble non accessible et, au sous-sol, des caves voûtées en berceau. Sur le côté ouest se trouve la chapelle. Accolée à l'ouest du bâtiment, elle est précédée par une première salle incluse dans le château, accessible par la cour d'honneur. Datée approximativement de 1875, elle est décorée de vitraux et de peintures. Le cœur de l'édifice est occupé par une salle à manger, un escalier d'honneur à jour central et volée droite, avec un vitrail au nord représentant Marie de Solliers et sa mère. Deux autres pièces sont ornées de papiers peints de la fin du XVIIIe siècle représentant une double hauteur d'arabesques à simple chemin. Au deuxième étage, une pièce conserve un papier peint à motif révolutionnaire de coq. Deux pavillons cantonnent l'entrée. L'orangerie a été construite au XVIIIe siècle. Le développement des bâtiments utilitaires a composé avec la structure des jardins. Le potager se développe à l'aplomb de la ferme. A l'est des jardins se trouvent le grand bassin et les deux potagers. Le nymphée est construit sur plan octogonal, avec un bassin en partie centrale et des niches périphériques vides. Le décor est composé de cariatides. 

 Éléments protégés MH: le domaine, le château, le parc et les dépendances, à l'exception de l'intérieur de l'ancienne ferme: classement par arrêté du 15 décembre 2011.

château d'Arnajon 13610 Le Puy-Sainte-Réparade 

Téléphone : 04 62 16 11 70

   

Château d'Estoublon

Cité dès le Moyen-Age alors qu'il est encore appelé le Grand Mas, le château a connu une histoire mouvementée. En 1561, après avoir été brûlé par les protestants le château devient et ce jusqu'en 1595 le repaire de la bande d’un homme redoutable l’Aventurier Saint Roman. A la suite de cette aventure, le château est reconstruit. A l'heure actuelle, le château est sur un domaine produisant des vins et de l'huile d'olive AOC, le parc est remarquable et se visite. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 15 juin 1966. 

château d'Estoublon 13990 Fontvieille 

Téléphone : 04 90.54 64 00

Châteaux les plus consultés

(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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