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Château de Villeprévost

C'est dans les murs de ce château du XVIIIe siècle que furent interrogés les 300 bandits de la bande des chauffeurs d'Orgères en 1798. Le colombier abrite les masques mortuaires de condamnés à morts. Au milieu d'un parc dessiné par un élève de Le Nôtre, le château de Villeprévost situé sur la commune de Tillay le Peneux, est le type même de la gentilhommière beauceronne du XVIIIe siècle. Le château appartient à la même famille depuis deux siècles et n'a subi aucune transformation notable. Dans le Grand salon, Amand François Fougeron, conseiller du roi, à l'époque, juge de paix d'Orgères en Beauce, procéda de janvier à mai 1798, à l'interrogatoire de plus de 300 bandits de la bande des "chauffeurs d'Orgères" tristement célèbres pour avoir ravagé la Beauce au lendemain de la Révolution. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du corps principal avec ses ailes, le pigeonnier : inscription par arrêté du 30 décembre 1986. Le jardin, la cour d'entrée, le parc composé de l'allée centrale avec les allées transversales et les contre-allées, les bosquets, les taillis sous futaies et le mur échancré à l'Ouest : inscription par arrêté du 27 décembre 1988. 

 château de Villeprévost 28140 Tillay-le-Peneux 

 Téléphone : 02 37 99 45 17

   

Château de Villepion

Situé en plein cœur de la Beauce, le château de Villepion appartenait au xye siècle à la famille de Beaufils qui le conserva plus de deux siècles. C'est sans doute cette famille qui le fit bâtir tel que nous le voyons aujourd'hui, à une date difficile à préciser, peut-être au début du XVIIe siècle. Cependant, en 1650 il fut vendu à M. Cornuel, un riche bourgeois d'Orléans. Au XVIIIe siècle, il appartenait au ministre Fleureau d'Armenonville qui le délaissa pour la cour. Ses successeurs, les Tassin de Villepion, en firent autant et son état nécessitait d'importants travaux qui n'ont pas rebuté M. Éric de Mongolfier qui, aidé par sa famille en a entrepris la restauration. Il a belle allure. La façade d'entrée est d'une rigueurtoute classique. La façade arrière conserve un aspect défensif. Les hautes toitures de ses deux gros pavillons d'angles, les deux tourelles rondes qui égaient sa façade arrière en font une élégante demeure d'une architecture alerte et séduisante. Le château de Villepion avec ses douves sèches et son beau jardin est ouvert aux visiteurs en période estivale, propriété de M. de Montgolfier. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures, les douves : inscription par arrêté du 21 décembre 1984. 

 château de Villepion 28140 Terminiers 

 Téléphone : 02 37 32 14 58

 

Château de Villemesle

Un acte de donation datant de 1403 désigne le château sous le nom de "mote de Villemesle", possédant haute, moyenne et basse justice. Au XVIe siècle, la plateforme entourée d'eau comportait, outre le château, des dépendances et des corps de logis. Le château actuel a été construit au milieu du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, construction des deux ailes de communs dans l'avant-cour, après la suppression des dépendances installées sur le terre plein permettant le dégagement du château tel qu'il apparait actuellement. Le pavillon nord s'est en partie effondré dans les douves. L'intérieur conserve des décors lambrissés (fin XVIIIe et XIXe siècle). 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château, les boiseries et les cheminées du salon XVIIIe siècle, l'escalier en bois à balustres du XVIIe siècle, les façades et les toitures des communs, les douves et ses deux ponts, la grille d'honneur en fer forgé et le colombier : inscription par arrêté du 2 mars 1992. 

 château de Villemesle 28220 Boisgasson 

 Téléphone : 02 37 98 86 94

 

Château de Villebeton

Le château de Villeboton a été reconstruit au XVIIIe siècle, sur l'emplacement d'une ancienne demeure. Il présente un plan en L. Le corps principal, rectangulaire, est flanqué sur son élévation occidentale de deux tours circulaires vestiges de l'ancienne demeure. Cet édifice a été fort peu modifié au cours des XIXe et XXe siècles, comme en témoignent deux gravures datées de 1774 réalisées par le propriétaire M. de Meaussé. C'est au cours du premier tiers du XIXe siècle que la chapelle fut élevée dans le parc à l'est du château de Villebeton et que les bâtiments des communs furent remaniés. Les volumes extérieurs ont été conservés. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures des communs et la chapelle : inscription par arrêté du 19 juillet 1995. 

 château de Villebeton 28220 Le Mée

   

Château de Villebon

D'innombrables tours, des douves profondes remplies d'eau, un pont-levis, sept siècles d'histoire de France, le château de Villebon est l'archétype des châteaux des contes de fées pour enfants. C'est l'un des châteaux les plus authentiques des confins de la Beauce et du Perche, cette véritable Forteresse de briques garde le souvenir de Sully, ministre d'Henri IV. Il y est mort après avoir passé 24 années de sa vie. Edifié durant la guerre de Cent Ans par Jeannet d'Estouteville, c'est un château de plan carrée, flanquée de nombreuses tours, de douves en eau et d'un pont-levis qui lui confère son aspect sévère de forteresse médiévale. Si jamais il ne fut une demeure Royale il reçut en revanche, de nombreuses personnalités : Charles VI, Louis XI, François 1er, Henri IV et bien entendu le maître des lieux, un moment, Sully. Le parc ne vous décevra pas. Conçu à la française, il alterne étangs et perspectives où s'ébattent des daims aux ramures emblématiques. Le colombier date de la première moitié du XVIIe siècle. Il est situé à l'est du château. Il s'agit d'un édifice circulaire, en briques, ceinturé d'un bandeau bombé en pierre de taille. A l'intérieur, le dispositif d'origine a été conservé : charpente à enrayure soutenue par un poteau central muni de potences qui tiennent une échelle tournante. Les murs sont constitués d'une multitude de boulins en briques. 

 Éléments protégés MH: les façades intérieures et extérieures, les toitures, l'escaliers, la galerie ornée de peintures murales, l'oratoire de la Tour de Rosny, la chapelle, le puits : classement par arrêté du 5 mars 1927. Le colombier : inscription par arrêté du 6 octobre 1981. 

 château de Villebon 28190 Villebon 

 Téléphone : 02 37 37 35 63 

Château de Vérigny

Le château a été construit vers 1750, et le parc créé entre 1755 et 1765. Le château se compose d'un corps de logis terminé par deux pavillons faisant saillie sur les façades. Sur la partie centrale, des pilastres soutiennent un fronton triangulaire. Les portes d'entrée centrale de chacune des façades possèdent une rampe en fer forgé de style Louis XV. Situés à l'est, les bâtiments de ferme forment un ensemble exceptionnel. Ils sont antérieurs aux XVIe et XVIIe siècle et se placent autour de deux quadrilatères dont l'accès se fait par des porches à guichet. Le bâtiment nord est le plus ancien et servait de grange aux dimes. Ses murs sont à parements losangés de brique. La fuye circulaire, également à parements losangés de brique située à l'angle nord-est. Les pigeons y accédaient par une triple rangée de trous aménagés en quinconce sur tout le pourtour et à mi-hauteur. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château et des communs, l'antichambre et le salon avec leur décor, la partie ordonnancée du parc : inscription par arrêté du 5 décembre 1975. 

 château de Vérigny 28190 Vérigny

 

Château de Vauventriers

Château appartenant au style "brique et pierre", archétype des édifices construits par le milieu royal à la fin du XVIe siècle. Le manoir est acheté en 1589 par Guillaume Baigneault, secrétaire du roi et conseiller des finances qui fait bâtir un nouvel édifice de 1598 à 1609, il se compose d'un corps de logis rectangulaire flanqué de deux pavillons plus bas et d'ailes en retour se terminant par deux petits pavillons. L'aile Est abrite la chapelle, ornée d'un décor peint. A l'ouest s'ouvre le portail d'entrée avec sa porte piétonne. Le centre de la cour de la ferme est occupé par le colombier. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château avec ses ailes en retour et de la fuye : inscription par arrêté du 29 septembre 1969. La chapelle peinte en totalité, le portail et le vivier : inscription par arrêté du 9 janvier 2006. 

 château de Vauventriers 28300 Champhol 

 Téléphone : 02 37 21 02 38

 

Tour de l'Ascanne

A l'origine, la propriété comprenait un château construit en 1553, le parc, les jardins, des communs, des pressoirs et un pigeonnier. La propriété se compose des anciens communs du château disposés en quadrilatère formant une vaste cour, de la tourelle située au centre de la cour, du pigeonnier circulaire qui sert de hall d'entrée au bâtiment sud, auquel il est relié par une galerie. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du pigeonnier : inscription par arrêté du 2 janvier 1976.

 tour de l'Ascanne 28260 Saint-Ouen-Marchefroy

 

Château de la Touche Hersant

Un site féodal qui a conservé tous ses atours défensifs : douves, tourelles, meurtrières, poternes etc... Autant d'éléments qui racontent une autre époque. Autrefois seigneurie importante, le site conserve d'imposantes douves du XIIIe siècle, de profonds fossés à "fond de cuves revêtues de pierres" et une poterne, porte monumentale surveillée par des tourelles. Aux angles des tours d'angles, avec leurs meurtrières, désespèrent de voir arriver un nouvel assaut. Le château est cité dans un document datant de 1326. Cependant, le château féodal primitif n'aurait pas résisté aux destructions commises pendant la Révolution. Au XVIIIe siècle, à ses ruines se substitue un nouveau château. Enfin le site reçoit un bâtiment conventuel du XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures de la poterne d'entrée, de la tour Est, de la tour Ouest, du corps de logis, du bâtiment du XVIe siècle et de la chapelle, les douves : inscription par arrêté du 22 juin 1982. 

 château de la Touche Hersant 28200 Lanneray 

 Téléphone : 02 37 96 10 04

 

Château de Touchebredier

Il s'agit d'un grand bâtiment rectangulaire d'un étage sur rez-de-chaussée qui se prolonge en deux ailes plus basses qui reviennent en équerre du côté de la cour. A l'ouest, des ailes très basses sont terminées par des tours rondes. La grille d'entrée est posée sur un mur bahut, et présente des verticales terminées en fers de lance alternées de flammes. Au sud-est de la cour se trouve une fuye circulaire contenant plus de deux mille boulins et ayant conservé son échelle. A l'intérieur, le grand salon et le salon lui faisant suite sont ornés de boiseries moulurées à panneaux droits de la fin du XVIIIe siècle. Cheminées d'époque Louis XV et Louis XVI. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château, le grand salon avec son décor, la grille d'entrée et la fuye : inscription par arrêté du 22 octobre 1971. 

 château de Touchebredier 28200 La Chapelle-du-Noyer 

 Téléphone : 06 32 16 93 81

   

Château de Sours

Elle a conservé ses éléments les plus caractéristiques de l'architecture du début du XVIIe siècle. Le salon a conservé un décor de qualité, datant de la fin du XVIIIe siècle. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château, les boiseries du salon et de la salle à manger : inscription par arrêté du 15 juin 1987. 

 château de Sours 28630 Sours

   

Château de Sorel-Moussel

Possession de Gervais, grand sénéchal de France, à la fin du XIe et au XIIe siècle, la forteresse fut détruite au XIIIe siècle par Robert III de Dreux, tuteur de Jean de Châteauneuf, son neveu. Il fut autorisé par Saint Louis à jouir de Sorel sans lui faire hommage jusqu'à la majorité de son pupille, à condition de laisser le château dans l'état où il se trouvait et de ne pas relever le donjon qu'il avait fait abattre. Le château fut reconstruit par Jean de Sorel. On ne sait comment le fief sortit de la famille des seigneurs du Thymerais mais il fut cédé au XIVe siècle à Pierre d'Alençon, descendant de Saint Louis. La forteresse fit place à un beau manoir. En 1452, Guy XIII de Laval rend hommage au comte de Dreux pour ce fief. Il fut acquis par Marie d'Albret, comtesse de Dreux puis cédé en 1549 à Pierre 1er Séguier, seigneur de l'Etang la Ville. A sa mort, ses trois fils possédèrent Sorel par indivis jusqu'en 1596. L'un d'entre eux, Pierre II, racheta la part de ses frères. Pierre II, prit le parti du futur Henri IV, pendant les Guerres de la Ligue. Le manoir de Sorel fut alors brûlé par les gens de guerre. C'est son fils Pierre III Séguier, marquis d'O, qui hérita de la terre et qui reconstruisit en 1602 le château actuel, demeure composée d'un long corps de logis encadré de deux pavillons à haute toiture d'ardoise. Pierre III Séguier mourut en 1628 et sa veuve, Marguerite de la Guesle qui, en 1641, fit élever le portail d'entrée. Louise Marie Séguier devenue duchesse de Luynes mourut jeune et son mari ne conserva pas la terre qui passa à la famille Dyel du Parquet, puis à des financiers les Crozat. Sorel est acquis en 1708 par le maréchal de Vendôme, prince d'Anet et comte de Dreux, et passe dans les mains d'Anne, princesse de Condé, et de la duchesse du Maine, du prince de Dom et de son frère le comte d'Eu, et enfin au duc de Penthièvre. Jusqu'à la Révolution, Sorel demeura uni au domaine d'Anet mais il était délaissé par ces grands seigneurs qui préféraient les fastes des salons de la demeure de Diane à la solitude de Sorel.

 Bien qu'en bon état, il faillit disparaître à l'initiative du Comte d'Eu en 1764, qui voulait le vendre sur pied afin que l'acquéreur en enlève les matériaux. C'est à la Révolution qu'eut lieu sa destruction, et en 1798, le château vendu comme bien national pour les matériaux et la Forge devinrent la proie des démolisseurs et ce furent des ruines désolées que la duchesse douairière d'Orléans racheta en 1820, le portail et un pavillon avaient seuls, échappé aux vandales révolutionnaires et aux marchands de pierres. Après sa mort, son fils, Louis-Philippe, duc d'Orléans, devenu Roi, envisagea d'en faire la résidence pour l'inspecteur de la forêt de Dreux, avec l'idée de se réserver la salle basse pour son usage personnel. La chute de la monarchie de juillet anéantit ses projets. Napoléon III confisqua Sorel avec les biens de la famille d'Orléans et l'édifice fut à nouveau menacé de destruction par l'administration des forêts qui prit la décision de le vendre en vue de sa démolition. En 1862, le Château est classé et en 1872, Sorel était rendu aux princes en même temps que la forêt de Dreux. Un pont de bois, la charpente et la couverture du pavillon ont été complètement refaits à l'identique au début de ce siècle. La forêt avait été confisquée par l'Etat au moment de la Grande Guerre, sous le prétexte que la famille d'Orléans avait des cousins allemands. Epargné par la confiscation mais resté à l'abandon, de nouveau régulièrement vandalisé et envahi par la végétation, Sorel se dégradait irrémédiablement. En 1951, la Société Civile du Domaine de Dreux qui administre les propriétés de la famille d'Orléans prit la décision de se défaire du pavillon d'entretien trop lourd. Le portail devait être déposé et donné au Musée d'Art et d'Histoire de Dreux! Le domaine fut acquis en 1952 par l'architecte des "bâtiments de Monseigneur le Comte de Paris" qui le restaura, après avoir dégagé et consolidé les ruines. 

 Éléments protégés MH: le château de Sorel (vestiges) : classement par liste de 1862. 

 château de Sorel 28260 Sorel-Moussel 

 Téléphone : 06 29 84 15 31 

Château de Senonches

Dès le IXe siècle, une maison-forte fut élevée à l'emplacement du château. En 1130, Hugues II de Châteauneuf, seigneur du Thimerais, de retour de captivité d'outre Manche, fit construire le donjon auprès du vieux château. Accolés au donjon, les bâtiments sont constitués de deux volumes décalés dont les toitures en pavillon ont été reliées. En partie basse et à l'intérieur se devinent les vestiges d'anciennes structures. La tour romane constituée de pierre de grison et de silex, s’élève à 15 mètres du sol, elle est fortifiée ses murs nord et sud sont épais de 2,30 m contre 1,30 m à l’est et à l’ouest. Elle est rectangulaire, comme la plupart des demeures de l’époque, situées en pourtour des territoires des Plantagenêt. Son originalité réside dans sa fonction de tour porte, situé à l’entrée de l’ensemble castral et non en son centre. 

 Éléments protégés MH: le donjon, les façades et les toitures des deux corps de logis accolés au côté Est du donjon : inscription par arrêté du 4 mai 1984. 

 château de Senonches 28250 Senonches 

 Téléphone : 02 37 37 80 11

 

Château de Saint-Lubin-des-Joncherets

Au bord de l'Avre, le joli château de Saint Lubin a été construit au XVIIe siècle, puis remanié au XVIIIe siècle. C'est Louis de Pontbréant, écuyer du Roi, seigneur du Mesnil et Saint-Lubin, descendant des Seigneurs de Bréchamps, qui entreprit vers 1620, la construction du château de Saint Lubin. Le château est de même style que l'église qui, avant d'être paroissiale, lui servait de chapelle. Sur la maçonnerie de moellons enduits contrastent les chaînes de briques aux angles. Il est situé dans un parc avec des canaux et des bassins dont le dessin est attribué au célèbre architecte-paysagiste André Le Nôtre. La composition du jardin remonte au XVIIe siècle. Le parc est séparé du château par des canaux. Sept petits ponts le raccordent à sa périphérie. Au Nord du domaine, l'Avre alimente toutes les dérivations : les douves, le canal, la pièce d'eau en demi-lune. De très beaux platanes ponctuent cet espace. Leur plantation remonterait au début du XVIIIème siècle. 

 Éléments protégés MH: le château de Saint Lubin en totalité : inscription par arrêté du 5 avril 1930.

 château de Saint Lubin 8350 Saint-Lubin-des-Joncherets 

 Téléphone : 02 32 58 04 42

Château de Saint Jean

La charte de fondation de l’abbaye Saint-Denis, fixe à 1031 la date avant laquelle (terminus ante quem) un château est édifié à Nogent. Le château (castrum) appartient à Geoffroy III, vicomte de Châteaudun, premier membre de la famille Rotrou dont la présence est attestée à Nogent. Une seconde charte originale datée de 1080 vient confirmer l’existence du château et de son propriétaire pendant le premier tiers du XIe siècle. En 1080, le site dispose de deux chapelles sous les vocables de Saint-Jean et Saint-Étienne. Le château accueille le palais comtal, le lieu de résidence de la famille et de la curia des Rotrou. La grande salle du château, attestée en 11206, accueille la cour durant les séances plénières. Le tribunal est assorti d’une prison attestée en 1112 lors de l’enfermement de l’évêque du Mans par la mère de Rotrou au château8. Vers 1100, Beatrix et son fils Rotrou fondent un collège de chanoines dans l’église Saint-Étienne. En 1194, le chapitre Saint-Jean est fondé sous l’initiative du comte Geoffroy IV (1191-1202). Le chapitre de Saint-Etienne est alors réuni à celui de Saint-Jean. La collégiale Saint-Jean devient dès lors l’église majeure du château. En 1354, Yolande de Flandres hérite du château de Nogent dans un contexte politique très tendu. En 1356, son mari, Philippe de Navarre, se range aux côtés d’Edouard III, roi d’Angleterre contre Jean II, roi de France. Entre 1356 et 1357, il prend la tête des troupes anglaises lors de la campagne de Normandie. La position de marche du château de Nogent, en fait un point d’intérêt stratégique entre le royaume de France et les terres navarraises en Normandie. En 1357, la place est finalement prise et démolie par la comtesse d’Alençon, avant d’être enlevée et occupée par les troupes anglaises entre 1358 et 1561.

 Le Traité de Brétigny (1360) signe le départ des troupes anglaises et la réconciliation de Philippe avec le Roi de France. Le château, d’abord rendu à Pierre II en 1361, est restitué à Robert et Yolande de Flandres en 1362. Le Comte de Longueville s’empresse alors de confier l’administration du site à Henri de Trousseauville, un capitaine Navarrais. La comtesse accorde un intérêt certain au castrum de Nogent, principal symbole de son pouvoir dans le Perche. Entre 1415 et 1424, les troupes anglaises, alors sous le commandement de Thomas Montaigu, reprennent la Normandie. L’église Saint-Etienne est incendiée lors de la prise du château. En 1424, le comte de Salisbury enlève le château de Nogent à Louis Ier de Bar, petit-fils de Yolande de Flandres. La forteresse permet d’une part, de protéger les terres anglaises acquises en Normandie, et d’autre part sert de base avancée en direction du Mans. Cette ville est la prochaine étape de Thomas Montaigu, elle est assiégée en 1425. La prise de l’ancienne capitale des comtes du Perche permet d’asseoir la légitimité de Thomas, nommé à son tour comte du Perche par le roi d’Angleterre. En 1427, le château est pris par Ambroise Loré. Un an plus tard, Salisbury assiège la place et fait pendre la garnison. La seigneurie est finalement libérée entre 1447 et 1449, le château est incendié et le donjon est éventré par la dite "brèche des Anglais". Au sortir de la guerre de Cent ans, la tour maîtresse est ruinée, elle ne fut jamais reconstruite. La remise en état du pôle seigneurial s’accompagne de la refondation du collège Saint-Jean. Elle est effectuée en 1467, sous le consentement de Charles d'Anjou.

 Le prince de Condé reprend les armes en 1567. A Nogent-le-Rotrou, Le général Huguenot fait face à une ville ouvertement catholique. L’épicentre des tensions se situe au sein même du château de Nogent, où la garnison du seigneur de Condé s’oppose aux chanoines de la collégiale Saint-Jean. La situation dégénère définitivement en 1568. Les actes font suite aux menaces de la garnison envers les chanoines, la collégiale Saint-Jean et ses archives sont incendiées le 17 mars 1568. La destruction de l’église entraîne le soulèvement de la population Nogentaise, la fuite de la garnison, et la mise en défense de la ville. Nogent-le-Rotrou est ainsi défendue avec succès en 1569 dans une escarmouche opposant les habitants de la ville à une troupe huguenote. Il est ordonné que le château reste en défense, pont-levis fermé. Les tensions religieuses s’apaisent finalement dans le Perche à la fin du XVIe siècle. Charles de Bourbon succède à sa mère au début du XVIIe siècle. Le château fait partie des étapes du Comte entre Soissons et la Normandie, dont Charles est nommé gouverneur par le roi en 1610. L’inventaire de 1607 atteste de la fonction résidentielle du château, ce dernier étant meublé à l’année. Dans un même temps, les chanoines vendent une partie de leurs terres afin de financer la reconstruction de la collégiale Saint-Jean, reconstruite au début du XVIIe siècle. Henri II, prince de Condé, hérite d’Enghien-le-François en 1612. Il effectue plusieurs séjours à Nogent et fait réparer les guérites et le pont du château en 1615. Entre 1616 et 1617, la place est occupée par la garnison du comte d’Auvergne lors de l’emprisonnement du prince de Condé.

 Le 18 avril 1624, Sully fait établir un état des lieux à l’occasion de la prise de possession du château. La place est en mauvais état. Les travaux réalisés sont considérables, et concernent l’intégralité du site. Le duc en fait également transformer les abords; les anciens fossés sont ainsi réaménagés en promenade, au bord de laquelle des ormes sont plantés. Le château fait l’objet de nouvelles réparations, plus modestes, en 1641. La présence de cuisines, d’écuries et d’appartements atteste de sa fonction résidentielle, tandis que la présence de prisons, dans la tour de Brunelles rappelle sa fonction judiciaire. François de Béthune succède à son père mort en 1641. Le comte Dorval hérite de la baronnie de Nogent-le-Rotrou et de La Ferrière, Riveray, Montlandon, Montigny et Nonvilliers avant 1648. Quatre ans plus tard, il fait ériger la baronnie au titre de duché-pairie, la lettre ne sera pas enregistrée. En 1648, le château est décrit en trois lots: le château, le jardin et un terrain de jeux composé d’un mail et d’un jeu de boules. Malgré le caractère fortifié du site, la fonction résidentielle prime. Le château n’accueille plus de garnison, les prisons seigneuriales sont toujours attestées sur le site. Maximilien-Alpin de Béthune succède à son père en 1678. En 1688, le duc fait un état des réparations à effectuer au château, ce dernier menaçant ruine. Le comte d’Orval autorise à prendre des baliveaux dans ses bois du Perche pour procéder aux réparations. L’absence de mention de la chapelle Saint-Etienne indique qu’elle est déjà détruite lors de la rédaction du document. La fonction résidentielle est compromise par la ruine du site, la fonction carcérale perdure.

 Le 9 mars 1762, les sommes nécessaires à la conservation du château sont trop importantes pour Madeleine Henriette Maximilienne de Béthune. Les scellés sont posés au château le 21 janvier 176832. L’église collégiale Saint-Jean et l’intégralité des bâtiments canoniaux sont détruits en 1793. Le château est reconverti en prison. Longtemps limitée à la tour de Brunelles, cette dernière investit la totalité de l’espace habitable en 1803. Si le devis des travaux ne prévoit pas de construction de nouveau bâtiment, il bouleverse considérablement l’ancien logis pour l’adapter à sa fonction carcérale. A partir de 1812, les ventes successives du château entraînent la dégradation du site. Le château est au mieux laissé à l’abandon, au pire démembré pour la revente de ses matériaux. A l’image de Julien-René-Louis Etiembre qui en 1826 détruit le couronnement des courtines, éventre la tour de Montdoucet, abat la tour de Brunelles et coupe les ormes de la promenade de Sully pour revendre les matériaux. Colette Désirée Thérèse Godefroy achète le château en 1836. La même année, elle fait restaurer le pavillon du jardin. Le château entre en possession de Marc-Anastase-Parfait Œillet des Murs en 1843. Entre 1843 et 1885, il fait restaurer la tour maîtresse et le grand logis. Le Docteur Jousset Bellême achète le château en 1885. De 1885 à 1900, il restaure la tour maîtresse, le châtelet, les cuisines et la tour de Montdoucet. En 1900, l’intérieur du grand logis et la tour maîtresse sont presque intégralement restaurés. En 1952 la ville de Nogent achète le château. Les couvertures sont restaurées en 1977. La tour de Montdoucet fait l’objet de lourdes restaurations afin de rétablir l’intégrité structurelle de l’édifice.

 Le château est fondé sur l’extrémité sud-ouest du plateau Saint-Jean. Il domine les vallées de l’Huisne à l’ouest, du val Roquet au nord, de la Rhône et de la Jambette au sud. Au nord, au sud, et à l’ouest, il est bordé par un coteau. Le plateau est constitué dans sa partie ouest de craie blanche à silex, dite "pierre de Nogent" et d’argile à meulière. La pierre de Nogent affleure à l’ouest du coteau sur environ trois kilomètres. A l’est, il est composé de limons et lœss, de colluvions argilo-sableuses et de sable du Perche. Le massif forestier le plus proche, le bois des Perchets, est situé sur le plateau voisin, à moins d’un kilomètre. Le château Saint-Jean prend place au sud-ouest du plateau, dont il est séparé par de profonds fossés secs. A l’ouest, le fossé est bordé par plusieurs petits îlots en relation avec l’ancien quartier canonial de Saint-Jean. La toponymie et la maison de la Chevecerie en sont les seuls vestiges. Le château se développe selon un plan ovale irrégulier. Il est séparé du reste du plateau par un fossé sec. Sa contre-escarpe accueille une promenade arborée. L’enceinte est composée d’une tour maîtresse rectangulaire et de sept tours semi-circulaires dont deux forment le châtelet d’entrée. Les flanquements sont limités à sa partie est, le flanc ouest étant uniquement défendu par ses courtines. L’entrée se situe dans l’axe de la rue du Château. Elle est accessible par un pont dormant menant à un châtelet. Ce dernier est redoublé à l’ouest par un corps de logis sur porche, à l’interface entre l’entrée et la cour haute cour. L’espace interne est organisé autour de deux cours. La haute cour centralise les circulations entre l’entrée, la tour maîtresse et les tours d’enceinte. La basse-cour est situéeen contrebas, bordée au nord par le pavillon Louis XIII se développant au revers de la courtine nord. Elle communique avec la haute cour par deux rampes d’accès.

 Les maîtres d’œuvre du château ont favorisé l'emploi de matériaux d’origine locale. Les moellons de silex utilisés sur la tour maîtresse et les courtines sont certainement issus des couches d’argile à silex présentes, soit directement sur le plateau Saint-Jean, soit sur le plateau du bois de la Gélasière au sud de Nogent. Les contreforts de la tour maîtresse sont construits en craie de Rouen. C’est un calcaire siliceux aux grains fins, compact, et parsemé de noyaux siliceux. Une fois l’eau de carrière évacuée, la pierre durcit à l’air. Elle est à la fois facile à tailler et solide. Les noyaux siliceux rendent cependant la craie de Rouen impropre à l’ornementation. Les parties basses et intermédiaires des tours d’enceinte sont construites dans un calcaire jaune à grains très dur, aux grains grossiers et inégaux. Sa provenance est inconnue. En partie haute, les tours sont mises en œuvre dans une craie à silex dite "pierre de Nogent". De couleur jaune à beige, c’est un calcaire tendre aux grains fins, parsemé de rognons de silex. Malgré la présence de rognons de silex, elle est largement utilisée à Nogent dans les sculptures ornementales qui fleurissent sur les toits de Nogent. Plusieurs carrières sont attestées autour du château, notamment la carrière du Moulin de Pseau située à Nogent-le-Rotrou, au pied du plateau Saint-Jean. La provenance des bois de chêne mis en œuvre pour la construction des charpentes est inconnue. Néanmoins, il est probable que le Bois du Perchet, tout proche et encore aujourd’hui composé d’une futaie de chênes adultes, soit à l’origine des bois d’œuvre. Les sites de production d’ardoises les plus proches de Nogent se trouvent en Anjou ou en Mayenne. L’origine des ardoises mises en œuvre en couverture est incertaine. A l’inverse, plusieurs tuileries sont attestées autour de Nogent jusqu’au XXe siècle.

 Barrant le plateau Saint-Jean, le castrum de Nogent commande la vallée de l’Huisne en direction de la Normandie et du Maine. Il est situé à proximité de l’ancien axe antique reliant Le Mans à Chartres. Le château permet aux Rotrou d’asseoir leur pouvoir territorial et de contrôler les échanges entre la Normandie, le Maine et la Beauce. C’est un atout de négociation majeur. Ainsi placée, la forteresse peut protéger ou à l’inverse menacer les intérêts des Normands, Angevins et Blésois. Au-delà de l’aspect stratégique, le site se révèle favorable à un développement et à la pérennité d’une implantation castrale. Les ressources en pierres et en bois de construction sont facilement accessibles. Les terres du plateau Saint-Jean sont cultivables (limons et lœss) ou propres à une utilisation en pâturage. L’absence d’un terminus post quem pour le castrum, la topographie du site, et l’existence de deux églises dès le XIe siècle, amènent à considérer l’hypothèse de l’existence d’un château à Nogent, avant Geoffroy III. La mention d’un certain Rotrocus, miliciae, au service du comte Eudes de Blois à la fin du Xe siècle, alimente positivement l’hypothèse d’un château à Nogent aux mains d’un Rotrou, dès la fin du Xe siècle. L’emploi de l’opus spicatum, la modénature des baies en plein-cintre et la typologie de la tour maîtresse amènent à la dater entre 1030-1040. Ce qui fait de la tour (turris), Geoffroy III son commanditaire. La mise au jour d’un fossé sous le porche en 1888 et les dispositions du bâtiment occupant l'interstice entre donjon et châtelet laisse penser que la tour maîtresse disposait d’un avant-corps et d’un fossé.

 Si l’on retient la chronologie admise par Joseph Decaen, le château aurait été composé: d’une tour maîtresse maçonnée retranchée derrière un fossé, d’une palissade de bois talutée avec fossés, et peut-être d’une, voire deux églises. La lecture du site, au contraire de ce qu’avance Kathleen Thompson, ne contredit pas son attribution à Geoffroy III. L’assise financière du seigneur de Nogent, plus limitée que celle de son fils, ne peut suffire à l’écarter comme commanditaire. C’est Geoffroy qui fonde l’abbaye de Saint-Denis, s’affirmant ainsi dans la lignée des grands seigneurs. Il est tout à fait probable qu’il fasse construire une turris dans une visée similaire. Le château répond au titre et au caractère belliqueux du personnage. C’est un instrument de conquête et de conservation territoriale d’une part, et une manifestation physique et symbolique des ambitions du vicomte de Châteaudun. L’enceinte annulaire étant contrainte par la position de la tour maîtresse, elle lui est certainement postérieure. La connexion entre courtine et porche a été détruite lors de la construction du châtelet. Néanmoins, la présence d’un appareil en opus spicatum mis en œuvre en plusieurs endroits de la courtine ainsi que la modénature de la voûte en berceau du porche amènent à les dater (au moins pour partie) du XIe siècle. Les deux édifices sont donc potentiellement contemporains. A la fin du XIe siècle, le château est donc composé d’une turris, d’une église castrale et d’une enceinte annulaire dotée d’un porche d’entrée. La résidence comtale est certainement située dans la tour maîtresse. Elle est associée à l’est, à l’église Saint-Etienne, constituant ainsi le pôle seigneurial.

 La pétrification de l’enceinte, comme l’apparition du complexe palatial, est attribuée à Rotrou II dont les dates de règne, le titre et l’assise financière concordent avec la réalisation du chantier. Selon Kathleen Thompson48, Rotrou II est le réel fondateur de la fortune de sa maison. Notamment grâce à l’obtention du titre de comte de Mortagne (Orne) vers 1050, et par son alliance avec le Duc-Roi, Guillaume le Conquérant. Il s’inscrit dans la continuité des travaux commencés par son père. Ainsi il augmente la dotation de l’abbaye Saint-Denis, fait achever son abbatiale. Il est donc tout à fait recevable qu’il en soit de même avec le château de Nogent. Ce dernier, comme le précise Joseph Decaen, fait alors partie d’un large dispositif défensif composé de mottes castrales entre Mortagne et Nogent, le long de la rive gauche de l’Huisne. D'abord avec une forte dominante défensive, le palais comtal se pare de plusieurs bâtiments le long des courtines au cours du XIIe siècle. D’abord défensif, avec la dite salle des gardes, et certainement résidentiel avec le pavillon Louis XIII. Les datations sont fondées sur la voûte de plan triangulaire en berceau plein cintre de la salle des gardes, et sur les vestiges des baies géminées sous arcs de décharge visibles sur la face nord du pavillon Louis XIII. Le fait est à mettre en relation avec la personnalité de Rotrou III qui assoit localement sa lignée avec l’obtention du titre de comte du Perche, et au-delà du royaume de France grâce à ses alliances avec le roi d’Aragon et le roi d’Angleterre. Le château doit alors accueillir la cour comtale. C’est le lieu de résidence de la famille et de la curia des Rotrou. La grande salle du château, attestée en 1120, est située, soit comme l'appartement du comte dans la tour maîtresse, soit à l’emplacement du bâtiment longeant la courtine nord.

 Les angles de la tour maîtresse sont parés de contreforts tandis que de larges baies géminées viennent supplanter les minces jours en plein cintre de la construction initiale. La recherche de lumière associée à l’ajout de latrines dans le contrefort sud-est et la réfection des cheminées attestent d’une recherche de confort et du caractère résidentiel de la tour, certainement toujours habitée par les comtes du Perche. L’utilisation de baies géminées dotées d’une rose amène Jean Mesqui à dater la reprise des ouvertures de la tour à la fin du XIIe siècle. L’utilisation de la rose reste néanmoins exceptionnelle avant le XIIIe siècle, ce qui rendrait la réfection des ouvertures potentiellement contemporaine de la construction des contreforts d’angles, également datée par Benjamin Mouton de la fin du XIIe siècle. Les travaux effectués sur la tour sont certainement à mettre en relation avec Geoffroy V. C’est également lui qui fonde en 1194 le chapitre de Saint-Jean dans l’église éponyme, en face du château de Nogent. Entre la fin du XIIe siècle et la première moitié du XIIIe siècle, le site fait l’objet d’une restructuration complète de son système défensif. Six tours sont ainsi ajoutées à l’enceinte ovale dans sa moitié ouest, auxquelles s’ajoute une tour d’un diamètre supérieur en avant de la face ouest de la tour maîtresse. Deux de ces tours forment un châtelet en avant du porche afin d’en commander l’entrée. L’adoption de plans circulaires ou en U ainsi qu’une utilisation généralisée de l’archère à rames permettent de dater la construction de l’enceinte à la première moitié du XIIIe siècle.

 La typologie de tours de flanquement, comme celle des archères, est à rapprocher de la sphère architecturale Philippienne. Notamment à la personnalité d’Enguerrand de Coucy, dont le château éponyme figure aux côtés de celui de Nogent-le-Rotrou, comme précurseur dans l’utilisation des archères à rames. Le seigneur de Coucy est comte du Perche de 1202 à 1209, pendant la minorité de Thomas 1er. Dès lors deux solutions sont possibles. Soit Enguerrand est à l’origine de la construction de l’enceinte, Nogent-le-Rotrou a donc été réalisé avant le début des travaux de Coucy (1225-1230), le château est alors une première étape avant la réalisation monumentale de Coucy. Soit l’enceinte est réalisée par Thomas 1er ou Guillaume du Perche avant 1226, les comtes du Perche sont alors parmi les premiers à utiliser dans leur château l’archère à rames, inspirant peut être le maître d’œuvre de Coucy. Dans les deux cas, l’utilisation du modèle Philippien est un témoin du basculement du château de Nogent (à la suite du duché de Normandie) de la sphère Plantagenêt au royaume de France. Au sortir de la guerre de cent ans, la tour maîtresse est ruinée. Les travaux de remise en état du site portent sur l’ancien porche, l’avant-corps de la "turris" et les tours du châtelet. Ils sont en partie reconstruits pour accueillir la demeure comtale. Les travaux sont considérables et demandent d’augmenter le châtelet et le porche d’entrée d’un niveau d’élévation, sans compter la pose de nouvelles charpentes. Le couronnement des tours, les rampants à crossettes, et la modénature des croisées à coussièges, permettent de dater les travaux de la seconde moitié du XVe siècle. L’abattage des bois de la charpente des tours et du grand comble est fixé entre 1460 pour les tours, et 1470 pour le logis seigneurial. La remise en état du pôle seigneurial s’accompagne de la refondation du collège Saint-Jean. Elle est effectuée en 1467 sous le consentement de Charles d'Anjou. C’est certainement à cette occasion que la chapelle Saint-Etienne est reconstruite dans la cour du château.

 Le comte du Maine attache de l’importance au château de Nogent. Au-delà des travaux qu’il fait effectuer, il obtient également en 1458 le détachement de la seigneurie du duché d’Alençon vers son propre comté. L’obtention de la seigneurie de Nogent et son affranchissement du duché d’Alençon, cristallisent l’opposition, et le pied de nez de Charles sur Jean d’Alençon. Le fait que les travaux de reconstruction débutent peu après 1558, témoigne de sa volonté de célébrer par la pierre sa victoire sur le duc d’Alençon. Malgré des séjours attestés, le site ne fait pas l’objet de campagne de construction sous la maison Bourbon-Condé. Le château de Charles du Maine est certainement jugé comme acceptable pour un lieu séjour secondaire. Ce qui n'empêche ses propriétaires d'y tenir cour et d'y organiser des fêtes. Néanmoins, au-delà de son entretien, il ne justifie pas de nouvelles dépenses dans un contexte marqué par les guerres de religions. Le château n’en apparaît pas moins comme ruiné lors de l’acquisition de la seigneurie par Sully en 1624. Ce fait témoigne du désintérêt de la place par Henri II de Condé et/ou des dégradations infligées au site par la succession des garnisons stationnées à Nogent-le-Rotrou. Les lourdes sommes engagées pour la réparation du château témoignent de l’intérêt de Sully pour le site. S’il est contraint de préférer sa résidence de Villebon, le château n’en revêt pas moins un fort aspect symbolique, il doit donc être maintenu en état, notamment pour légitimer sa position face à une population qui lui est défavorable. Le château est la matérialisation physique des droits de justice (prison du château) et de nomination (Chapitre Saint-Jean, Hôtel-Dieu) entretenue par le Duc sur la seigneurie de Nogent. Le poids de l’entretien ne finit pas de pousser les héritiers de Sully à se séparer du château Saint-Jean. Déconnectée des seigneurs de Nogent, la fonction carcérale du site s’étend pour devenir l’unique usage du site sous la première république. 

 Éléments protégés MH: le donjon : inscription par arrêté du 23 décembre 1948. Les tours, le châtelet, les murs d'enceinte, la cour intérieure, le bâtiment du XVIIe siècle, le puits et les fossés : inscription par arrêté du 13 janvier 1950. Les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments, le parc boisé : classement par arrêté du 3 mars 1952. 

 château de Saint Jean 28400 Nogent-le-Rotrou 

 Téléphone : 02 37 52 18 02

 

Château de Nogent-le-Roi

Le château primitif avait l'aspect d'une forteresse qui fut cédée par la comtesse de Blois au Roi Philippe Auguste en 1218. A partir du XIIIe siècle, elle accueillit le séjour des rois Saint-Louis et Louis le Hardi. Pendant la guerre de Cent ans, elle fut confisquée au profit de la couronne de France qui conserva la seigneurie jusqu'au milieu du XVe siècle, lorsque Charles VII la céda à Pierre de Brézé, ce dernier fit rebâtir le château qui subsista jusqu'à la Révolution, époque à laquelle il fut vendu comme bien national et démoli. Le château actuel a été édifié en 1863 en style néo Louis XIII par Alfred Chapelain, les épis de faîtage, datant du XVIIe siècle, proviennent du château de Grogneul. Les décors intérieurs sont très représentatifs du Second Empire ainsi que l'éolienne qui alimentait autrefois la pièce d'eau. Des vestiges de la forteresse subsistent vers le nord: un mur de courtine entre deux tours carrées, dont une a gardé sont système défensif, et une poterne. 

 Éléments protégés MH: les vestiges de la forteresse médiévale et l'éolienne : inscription par arrêté du 1er février 1993. 

 château de Nogent 28210 Nogent-le-Roi

   

Château de Montuel

Le château de Montuel se compose d'un bâtiment rectangulaire dont la partie orientale est flanquée de deux échauguettes. La partie occidentale est flanquée pour sa part d'une tour. Le château est relié à la chapelle par un mur de soutènement, ancienne courtine dérasée au niveau du plateau. Cette dernière est rectangulaire et ses contreforts sont surmontés de pinacles à crochets. 

 Éléments protégés MH: le château de Montuel et sa chapelle : classement par arrêté du 12 août 1924.

 château de Montuel 28270 Montigny-sur-Avre

 

Château de Montigny sur Avre

En bordure de l'Avre, le château de Montigny sur Avre dépose ses teintes chamarrées sur l'eau. Son élégance "à la française", l'harmonie de ses lignes et sa toiture à la Mansart lui valent un classement au titre des monuments historiques. Construit au XVIIIe siècle par Hugues de Montmorency-Laval, ce château profite de la beauté des lieux et de la rivière l'Avre, classée rivière de première catégorie. Chaînées de briques ses élévations sont d'inspiration classique. C'est ici que naquit Monseigneur François Monterency-Laval (1673-1708), premier évêque du Québec et fondateur de l'université qui porte son nom. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château, des communs et des pavillons d'entrée, les douves, la grille, la cour d'honneur, le parc et l'allée du Larry : classement par arrêté du 14 octobre 1963. 

 château de Montigny sur Avre 28270 Montigny-sur-Avre 

 Téléphone : 07 67 34 70 92 

 

Château de Montigny le Gannelon

Perché sur une falaise, le château de Montigny (Mons ignis) domine la vallée du Loir. On dit qu'au Xe siècle, le propriétaire de la terre de Montigny légua son bien à Ganelon, l'abbé de Saint-Avit de Châteaudun, qui réunit son nom à celui du village. En 1409, Guyot de Renty avait acheté le domaine au duc Charles d'Orléans. Brûlé pendant la guerre de Cent ans, son fils, Jacques de Renty, construisit vers 1500 à son emplacement l'édifice actuel. Du côté de la cour d'honneur, la façade de briques et pierres blanches a gardé son aspect d'origine mais la façade surplombant la vallée a été abusivement refaite au XIXe siècle dans le style Renaissance tel qu'on le concevait à cette époque. Depuis le XVe siècle, de nombreuses familles s'y sont succédée: les Framentières, les du Reynier, seigneurs de Droué, les d'Étampes, les Fresne, les Matharel. En 1833, il fut acheté par le duc de Montmorency Laval qui commença la restauration, que poursuivit son gendre, le duc de Levis-Mirepoix. 

 Éléments protégés MH: le château : inscription par arrêté du 5 novembre 1927. Le manège du château : inscription par arrêté du 1er février 1993. 

 château de Montigny 28200 Montigny-le-Gannelon 

 Téléphone : 02 37 98 30 03 

 

Château de Moléans

Le château est le résultat de plusieurs campagnes de construction. Dans la seconde moitié du XVIe siècle furent élevés les communs et l'aile Est avec son pavillon au sud. A partir de 1754, la distribution de l'aile nord fut transformée, ce qui engendra le remaniement de la façade sur cour, dotée d'une travée supplémentaire gagnée sur l'ancienne tour d'escalier démolie simultanément. Au XIXe siècle, la façade nord de l'aile nord fut également modifiée pour obéir à la mode néo-classique. L'édifice conserve un salon lambrissé de style rocaille, et un papier peint panoramique de 1851. La terrasse sur la Conie pourrait renfermer les vestiges archéologiques du château médiéval. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château, à l'exclusion des adjonctions effectuées au XIXe siècle (galerie en surplomb, tourelles, fumoir) et le colombier : inscription par arrêté du 4 septembre 1991. L'aile des communs et le pavillon sud ouest de l'aile en retour du château, datant du XVIe siècle. La salle à manger, le grand salon lambrissé au rez-de-chaussée du corps principal, la bibliothèque avec son décor de papier peint au rez de chaussée du pavillon Est et les murs de la terrasse : classement par arrêté du 30 septembre 1994. 

 château de Moléans 28200 Moléans 

 Téléphone : 02 37 96 18 14

 

Châteaux les plus consultés

(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique


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