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Château d'Escorailles

Le castrum Scoralium était paraît-il cité dans la « charte de Clovis », donc dès l'an 500 environ. Mais cette charte était un faux du XIe siècle ou XIIe siècle cité par les moines de Mauriac pour faire valoir leurs droits. Dans la "charte de Clovis" était inséré le polyptyque de l'Abbaye Saint-Pierre-le-Vif-lès-Sens[1], datée du IXe siècle, dans lequel sont cités nombre de lieux des environs de Mauriac. 

 Le nom de Scorailles avait, dans la légende, pour origine Scaurius Aurelius, lieutenant de l'empereur Honorius (395-425). Des historiens amateurs du XIXe siècle ont cru reconnaître au bout de la prairie en contrebas du château de La Vigne un tumulus qui aurait été la tombe de ce général romain. 

 Le légat Marcus Aurelius Scaurus était consul en 110 avant Jésus-Christ (656 de Rome). Une monnaie fut frappée à son nom. À la tête de légions romaines en Provence, que défirent complètement les Cimbres et les Teutons, il fut capturé vers Orange en -108, interrogé et tué. Un Caius Aurelius Scaurus fut avant lui nommé préteur de la Sardaigne. Il s'agit donc juste de l'exploitation astucieuse d'une assonance avec des noms de la gens Aurelia. 

 Le château d'Escorailles, où est mentionnée la famille de Scorraille dès le XIIe siècle, se distingue de cette enceinte. Le site de l'enceinte fortifiée fut abandonné, et le château féodal se fixa plus haut où il donna naissance au village actuel d'Escorailles vers le XIe siècle. À la suite de plusieurs siècles d'indivision, le château menaçant ruine, la forteresse est abandonnée au milieu du XVIe siècle au profit du château de La Vigne que la famille de Scorailles fait construire non loin de là sur un ancien corps de ferme, à Ally. 

 Aujourd'hui, les ruines du château laissent encore apparaître d'énormes pans de murailles, les anciennes fortifications qui formaient un parallélogramme rectangle dont chaque angle était vraisemblablement terminé par une tour. Une grosse tour est encore en bon état et une autre couverte de lierre 

 Éléments protégés MH: L'enceinte fortifiée dite de La Trizague, datant du Haut Moyen Âge, a été classée monument historique par arrêté du 8 septembre 1978 

Château d'Escorailles 15700 Escorailles

   

Château de Saint Etienne

Dès le IXe siècle, un premier château composé de bâtiments et d'enceinte en bois dressait ses élévations sur un tertre situé au dessus de la vallée. Une petite agglomération vit le jour sur la pente sous le château ainsi qu'une petite église Saint-Clément. Ce château de saint Etienne, qui domine la ville d'Aurillac, est composé de plusieurs bâtiments irréguliers de diverses époques. La tour carrée elle-même porte encore les traces de plusieurs constructions d'âges différents. Des fondations, à la hauteur de cinq mètres environ, on peut reconnaître les restes de l'édifice primitif en pierres brutes, ou du moins le cachet du XIe siècle. Le premier et le second étage semblent accuser le XIIIe siècle, et l'on peut supposer qu'ils ont été rebâtis après que la révolte armée des habitants d'Aurillac contre leur abbé eut été apaisée. Enfin, le sommet de la tour, bien qu'abaissée aujourd'hui, laisse soupçonner une réparation postérieure aux guerres de religion du XVIe siècle. 

 Les abbés d'Aurillac résidaient souvent au château de Saint-Etieune ; ils y entretenaient un capitaine et une petite garnison. Pierre de Selves, damoiseau, seigneur de Saint-Victor, était châtelain de Saint-Etienne en 1347; Nicolas Bombardel l'était en 1425, et Juan Bombardel en 1467; Blaise de Carrière en 1568 et 1589; c'était un officier distingué de la maison de Chavagnac. François de La Grange était capitaine du château de Saint-Etienne en 1659, et Jacques de Montal, sieur de Salvagnac, le remplaçait en 1660; enfin, en 1704, cette charge était confiée à Charles de Saint-Gille. Il fut ensuite la propriété de Mgr de Marguerye, évêque de Saint-Flour, qui y avait placé les missionnaires du département pour s'y reposer pendant quelques semaines des fatigues de leur ministère. En 1791 la municipalité d'Aurillac vendit le château et la chapelle de Saint-Etienne à Madame de Fontanges de Velzic. Suite à un incendie en 1868, l'architecte Gustave Lisch fut chargé de rebâtir le château et de lui donner son aspect actuel. Donnant sur la ville, on distingue une haute façade à arcatures dominée par le donjon. Cette partie abrite actuellement le Centre Permanent d'Initiation à l'Environnement. Côté esplanade, est implanté un bâtiment en longueur semblable à une caserne. Cette partie est aujourd'hui occupée par le Musée des Sciences de la ville d'Aurillac. 

 Éléments protégés MH: le donjon médiéval du château fort : inscription par arrêté du 2 juillet 20103 

 château fort Saint Etienne 15000 Aurillac

 

Château de Ruynes

Ce vieux château offre des débris assez considérables. On distingue très bien sa forme carrée et les larges fossés qui l'entouraient complètement. Les murs d'enceinte se prolongeaient du côté du bourg et en avant du château , de 150 mètres environ. On voit à cette distance une porte antique de forme ogivale, dans les montants de laquelle étaient pratiquées les rainures nécessaires au jeu de la herse. Une très petite partie du corps de garde, au-dessus de la porte, existe encore avec ses deux canonnières. Le château a deux entrées en ruines, trois tours rondes, un cachot et une oubliette où l'on ne pénétrait que par une ouverture ronde pratiquée au sommet de la voûte. Il devait y avoir dans l'intérieur du château une cour entourée par les bâtiments. Les quatre grosses murailles de ce château existent encore. L'extérieur de l'une des tours est bien conservé ; elle est recouverte en micaschiste. On ne voit plus qu'une faible partie du mur de refend. Le château est à l'extrémité du bourg, et quoiqu'il domine peu ce dernier, on y jouit d'une perspective très étendue. 

 La ville de Ruines eut beaucoup à souffrir en 1458 et dans les années suivantes, des dévastations commises par les compagnies de pillards qui parcouraient ces contrée set rançonnaient les habitants. Cette même année, suivant l'abbé Teillard, les villes de St-Flour, de Brioude, de Blesle et de Langeac accordèrent 3000 livres au comte de Ribadro, capitaine originaire d'Espagne, pour qu'il fit sortir ses gens de Ruines et de Corbières qu'ils occupaient, et dans lesquels ils avaient mis garnison.Le château de Ruines fut surpris et occupé en 1590 par les huguenots. François d'Antil, baron du Ligonnès, homme puissant et officier distingué, en fit le siège à ses dépens en 1591. Le seigneur de la Fillolée, capitaine du château de Ruines, fut tué en 1617, ainsi que son domestique, dans une querelle engagée avec le seigneur Philibert de Lastic, seigneur de Sieujeac. Il fut remplacé immédiatement par François d'Antil. 

La seigneurie de Ruines faisait partie du Dauphiné d'Auvergne, et fut donnée, en 1201, par le seigneur dauphin, à Eyme de Brossadols, en échange des terre que celui-ci possédait à Saint-Ilpize. Bernard de Ruines, chevalier, vivait en 1268; il était fils de Bertrand, seigneur en 1204, et que l'on croit avoir succédé à Eyme de Brossadols. Delphine de Ruines, comme tutrice de ses enfants, prit, en 1294, pour fondé de pouvoir, Pons de Mercœur, dans un échange qu'elle fit avec les prêtres de Saint-Flour et le chapitre de Ruines, du village de Cabrespine, paroisse de Faverolles. Robert Dauphin, seigneur de Ruines et de Corbières, fut témoin dans un acte de 1390. Il fit don au chapitre de son four banal. Le même Dauphin donna en 1428, à Bertrand d'Antil, seigneur de Ligonnès, la haute et basse justice de sa seigneurie. Le château de Ruines appartenait, au commencement du XIVe siècle, à Béraud II. comte de Clermont, et ensuite, en 1357, à Dauphine, sa mère. Charles de Bourbon, dauphin et comte de Clermont, le possédait en 1442. Nicolas de Lorraine, baron de Mercœur, comme héritier de Renée de Bourbon, sa mère, en jouissait en 1489, ainsi que des mandements de Ruines et de Corbières. Ce château appartint ensuite et successivement aux barons et ducs de Mercœur. Le prince de Conti en devint seigneur en 1720. 

 Le roi Louis XV avait acheté, en 1773, le duché de Mercœur pour en faire l'apanage du comte d'Artois. Il revendit, en 1775, à François IV de Lastic, colonel des grenadiers de France, maréchal de camp, les mandements de Lastic de Ruines, de Corbière, etc. Ils furent acquis en remplacement de la dot d'Anne Charrou de Menars, qu'il avait épousée en 1735, et comme il n'existait plus de bâtiments à Lastic, on répara quelques parties du château de Ruines pour en faire les greniers de ces baronnies. Or, comme cette vente ne comprenait que les dîmes, les rentes et le château, les seigneurs de Lastic perdirent les premières a l'époque de leur suppression, et le château délabré leur resta seul. Ses ruines étant devenues la propriété du comte Joseph de lastic de Vigouroux. par suite de son mariage avec sa cousine, dernière représentante des Sieujeac, il les a revendues récemment à la commune. La terre de Ruines avait été déjà démembrée, en 1755, par le prince de Conti. François d'Antil, Charles de Podevigne de Grandval, Antoine Guérin, Falcon de Longevialle et Boffière de Chambarou se la divisèrent. M. Podevigne de Grandval garda Ruines, les droits de leyde, péage, courtage et patronage, plus les villages de Beaulieu, Roussillon, la Decombe. 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du donjon excepté le bâtiment moderne accolé au nord-ouest vestiges de l'ancienne enceinte y compris les deux tours : inscription par arrêté du 18 décembre 1981. 

 château-fort de Ruynes 15320 Ruynes-en-Margeride

 

Château de Montbrun

Le château de Montbrun, passablement conservé, a été le chef-lieu d'une baronnie importante. C'est une belle construction du moyen âge, qui a été restaurée à plusieurs reprises. Dominé de toutes parts par des hauteurs et, par suite, hors d'état de résister à l'artillerie, il n'en était pas moins assez fort pour tenir contre un coup de main. Il a été cependant enlevé et pillé à deux reprises différentes : une première fois par les bandes anglaises, et une seconde par Jean de Salazard, fameux capitaine espagnol au service du roi de France, Charles VII, qui s'était déjà emparé de la petite ville de Chaudesaigues, au préjudice du comte d'Armagnac. On voit près de ce château une chapelle qui fut édifiée en 137 par Marguerite d'Escorailles, et reconstruite en 1452. Henri de la Tour, évêque de Clermont, donna l'autorisation en 1379 d'y célébrer le service divin; le pape Innocent X y attacha des indulgences en 1653; de nombreuses reliques y furent transférées en 1694; elle a été longtemps en grande vénération dans le pays. La baronnie de Montbrun a appartenu, dans l’origine, à la famille de Grossaldet, qui s'éteignit au XIVe siècle dans la personne de Marguerite, fille unique de Géraud de Grossaldet. Marguerite avait épousé, en 1298, Baymond III d'Escorailles, et de son mariage était issue une fille, Marguerite d'Escorailles, qui hérita de cette seigneurie et la porta, en épousant Bernard de Montclar, bailli des montagnes et gouverneur des terres d'Henri de la Tour, évêque de Clermont, dans la maison de Montclar, une des plus anciennes et des mieux alliées du pays, et dont les annales comptent trois abbés de la Chaise-Dieu, des prieurs de Sauxillanges, de la Voûte-Chillac, du Port-Dieu, de Ville-Dieu et de Saint-Pourçain; un officier de l'évêque de Clermont, onze chanoines-comtes de Brioude, trois abbesse de Brageac et nombre de chevaliers de Malte, de commandants de places fortes et d'officiers distingués. Cette famille en a conservé la propriété jusqu'en 1789. 

 On peut juger de l'importance de la baronnie de Montbrun par les hommages qui en ont été faits, à différentes époques, aux seigneurs de la Tour, à cause de la comptoirie de Saignes, dont elle relevait; et on lit, dans un acte de ce genre, que Jaubert et Guillaume de Montclar, oncle et neveu, firent, en 1451, hommage au duc Charles de Bourbon pour le château de Montbrun et ses dépendances, les cens et ténements qu'ils avaient dans la paroisse de Meallet; pour les villages de Chavaroche, de la Chassagne et de Blénat, dans celle de Trizac; pour les villages de Ribe et d'Olgeac, dans celle d'Auzers; pour les villages de Souleilhadour et d'Augoules, dans celle de Menet; pour le village de Beil, dans celle d'Ydes, et pour nombre d'autres lieux, dans celles d'Anglards et de Moussages. Les barons de Montbrun avaient haute justice, et on lit dans une ancienne charte que Bernard de Montclar, seigneur de Montbrun, obtint de Chatard de Roche-Dragon, bailli pour le roi, de faire rétablir sur le puy de Chassagne les fourches patibulaires, qui avaient été renversées et détruites pendant les guerres contre les Anglais. En 1683, un état des lieux décrit le château avec un donjon crénelé et plusieurs tours. L'intérieur est très bien meublé avec une salle d'archive. Montbrun commence à se dégrader et en 1789, il est partiellement ruiné et ne contient plus aucun meuble. Le logis fut reconstruit au début du XIXe siècle; l'essentiel du décor intérieur date de cette époque. 

 Éléments protégés MH: le château, en totalité, y compris ses terrasses en terre-plein et ses décors intérieurs : inscription par arrêté du 26 janvier 1998. 

 château de Montbrun 15200 Méallet

   

Château de Miremont

L'origine du château de Miremont remonte aux époques les plus reculées du régime féodal; il fut assiégé en 1105 par Pierre Leroux, évêque de Clermont. Pierre Aimar, qui en était seigneur, prétendait exercer sur l'église et la terre de Mauriac des droits qui ne lui étaient pas dus. Pierre Aimar ou Adémar est le premier des seigneurs de Miremont dont le nom soit parvenu jusqu'à nous; il avait des frères qui formèrent probablement la branche qui prit le nom de Mauriac, et deux fils, Bernard et Guy. Sous le règne de Louis VI et sous le pontificat de Calixte II, par conséquent avant l'année 1130, Guy, qui prend le nom de Miramont, cédant aux instances de Pierre de Mirabel, doyen de Mauriac, et touché par la grâce divine, confirme tous les dons que Pierre Adémar, son père, ses oncles et ses proches avaient faits au monastère de Mauriac : il s'oblige à servir la rente de deux sols que Bernard, son frère, mort dans le voyage de Jérusalem, avait léguée au monastère ; il reconnaît que la moitié du Mas-du-Faët, principal objet des longues contestations qui avaient existé entre le monastère de Mauriac et les seigneurs de Miremont, appartenait aux religieux. Cet acte fut fait en présence de Pierre, archiprêtre; d'Armand des Vaysses, de Bernard d'Artiges, de Rigal de Sots, de Géraud Benedicti, de Rotbert, du doyen et des religieux de Mauriac. La maison de Miremont s'éteignit au commencement du XIVe siècle, et les terres qu'elle possédait passèrent dans les maisons de Saint-Exupery et de Saint-Chamand, par les mariages de Marthe de Miremont avec Elie de Saint-Exupéry et de Marguerite de Miremont avec Olivier de Saint-Chamand. Avant 1336, Olivier de Saint-Chamand prenait le titre de co-seigneur de Miremont. Au XIIIe siècle, le fief de Miremont, comme la plupart des autres grands fiefs de la Haute-Auvergne, était indivis entre des seigneurs différents. 

 En 1398, Guillaume Besseyras, damoiseau, était co-seigneur de Miremont. Pendant les XIIIe, XIVe XVe et XVIe siècles, une maison fort ancienne, celle de Mauriac possédait la co-seigneurie de Miremont; ses membres prenaient indifféremment le nom de Mauriac ou de Miremont. En 1255, Guy de Mauriac était co-seigneur de Miremont et de Tournemire. Par une transaction du 3 mai 1515, Jean d'Apcher, chevalier, seigneur de Montbrun, mari de Jeanne de Mauriac, et Bernard de Miramon ou de Mauriac, seigneur de Pradines, concèdent pour son douaire à Louise de Rillac, veuve de Guillaume de Mauriac, en son vivant seigneur de Miremont et de Scorailles, les rentes d'Ally y et de Scorailles, la jouissance pendant sa vie de son habitation dans le château et place de Miremont. "C'est à savoir une chambre à la tour neuve, une autre chambre à ladite maison, la cave de la tour neuve et la moitié du jardin grand qui est par devant ladite maison, la tenue d'un bœuf pour engraisser et une pipe de vin chacun an". L'indivision et le voisinage devaient être la source de fréquentes contestations. François de Mauriac et Guy de Miremont n'en furent pas exempts; ils eurent un procès qui fut terminé par un arrêt du Parlement de Paris. François de Mauriac le perdit. En 1580, François de Mauriac et autre François, son fils, vendirent leur part dans la seigneurie de Miremont, château , maison environnée de fossés, rentes, domaine, à Claude de Levy, chambellan de Monsieur, frère du roi, comte de Charlus, et à Jeanne de Maumont, sa femme. Un règlement fut fait entre les deux seigneurs, Claude de Levy et Henri de Bourbon, vicomte de Lavedan. Le comte de Charlus eut dans son lot un corps de logis flanqué de deux tours, l'une carrée, l'autre ronde, la boulangerie et une cour séparée de celle du vicomte de Lavedan par un mur élevé. Une tour placée dans la cour du vicomte demeurait commune entre les deux seigneurs. L'entrée du château se trouvait dans la cour du seigneur de Charlus; il y avait un grand portail avec un pont-levis. La chapelle appelée d'Entremont, située hors du château, demeurait commune. Le seigneur de Charlus était encore co-seigneur de Miremont en 1585; cependant, cette seigneurie ne tarda pas à être aliénée; à la fin du XVIe siècle, elle était possédée sans partage par Françoise de Saint-Exupery, vicomtesse de Lavedan. 

 Les ruines du château témoignent de l'histoire tourmentée du Limousin au Moyen Age et durant les guerres de Religion. D'abord sentinelle, le château devint ensuite demeure d'agrément, cette forteresse était établie selon un tracé allongé, sur une plateforme, les bords rocheux soubassent un mur d'enceinte vers le milieu duquel s'ouvrait la porte d'entrée près de laquelle subsiste la base d'une tour de flanquement semi-circulaire. A chaque extrémité, au nord est, se trouvent les bases de deux tours de flanquement semi-circulaires. A l'intérieur de ce périmètre étaient plusieurs enceintes. Le logis fortifié, constituant le château, s'élevait sur la butte située à l'extrémité nord-ouest. Il n'en subsiste que deux hautes courtines, à l'angle et aux extrémités desquelles font saillie des tours découronnées et ruinées à hauteur de l'étage supérieur. Les deux tours des extrémités conservent, au rez-de-chaussée, une salle voûtée en calotte. 

 Éléments protégés MH: les ruines du château de Miremont : inscription par arrêté du 26 mars 1973. 

 château-fort de Miremont 15130 Chalvignac

   

Château de Messilhac

Messilhac ou Missilhac, château situé sur un rocher escarpé, au milieu des bois, sur la limite du département. Ce château, chef-lieu d'une seigneurie très importante, était fortifié de tours et de remparts. Le mamelon sur lequel il s'élève est cerné par des ravins profonds dans lesquels coulent le Goul et un autre ruisseau qui sert de limite à l'Aveyron. Les principaux propriétaires qui se sont succédé dans cette seigneurie sont : la famille de Bonavent, qui en jouissait au XIIIe siècle. Bernard de Bonavent, chevalier, seigneur de Messilhac, acheta, en 1297, la moitié d'un aftar qui appartenait à un habitant du village. Autre Bernard de Bonavent, seigneur de Messilhac, traita, en 1345, ainsi que les autres seigneurs du pays, avec le recteur de Raulhac, au sujet de la dîme. Aimé de Bonavent fut bailli des montagnes d'Auvergne. On croit que cette famille descendait d'Henri, fils puîné du comte de Rodez, apanagée en 1200 dans les pays du Rouergue et du Carladès. Bernard de Bonavent était, en 1475, coseigneur de Montamat. Autre Bernard de Bonavent était seigneur de Messilhac en 1518. N'ayant eu qu'une fille nommée Marguerite, elle fut mariée a Jean de Montamat, et lui porta en dot Messilhac. Jean fit bâtir, en 1537, le grand corps de logis du château, les beaux escaliers ornés de bas-reliefs et de devises, et ceux qui décorent la grande porte. Jean mourut en 1547. Il ne laissa qu'une fille, Jacquette de Montamat, mariée à Guion de Saunhac. Guion ne laissa encore qu'une fille, nommée Marguerite, dame de Messilhac, comme héritière de Jacquette, sa mère, qui fut mariée, en 1566, en premières noces, à noble François du Pont; en secondes noces, en 1574, avec Charles de Barbézières, et enfin, en troisièmes noces, avec Raymond Chapt de Rastignac. 

 La famille de Chapt de Rastignac est originaire du Limousin; elle se fixa en Périgord, où elle existe encore. On la présume issue des anciens sires de Chabannais. M. d'Hozier ne laisse aucun doute sur l'authenticité de cette ancienne origine, qui remonterait à l'an 895. Ils ont, du reste, prouvé leur filiation depuis Bernard Chapt, 5e du nom, marié le 18 septembre 1260 avec Raymonde de Solagnac. Elle s'est illustrée dans le sacerdoce et la carrière des armes. Raymond Chapt de Rastignac appartenait à cette famille. Dans une transaction faite entre ses enfants par Marguerite de la Grilière, dame de Rastignac, il est fait mention de possessions sises à Sarrus, à Ladinhac, à Cayrols, possessions qui formèrent peu de temps après l'apanage de la branche d'Auvergne. La terre de Messilhac resta dans la famille de Rastignac jusque vers 1759, époque où Joseph, n'ayant pas eu d'enfants, la légua à Gaspard du Greil de la Volpilière, fils de Marie de Rastignac, sa sœur, et déshérita ainsi Joseph-Augustin, son héritier naturel. Mais Joseph-Augustin était d'un caractère caustique et facétieux ; il aimait à singer et à tourner en ridicule les manières de son vieil oncle. Du Greil, au contraire, était prévenant et aux petits soins à son égard; la balance pencha en sa faveur : Rastignac fut déshérité, du Greil préféré, et ses descendants sont encore au XIXe siècle en possession de Messilhac. 

 Le château de Messilhac, tel qu'il était au XIXe siècle, présentait deux tours carrées reliées ensemble à l'aspect du midi par un grand corps de logis; les tours datent du XIVe siècle, et le corps de logis porte le millésime de 1537. La cour est fermée par un grand portail près du château, et, à l'aspect du sud, par un mur en terrasse, très élevé et dominant le jardin qui est dessiné à la française. Autrefois, cette, cour était défendue par des tourelles, des guérites et des constructions crénelées que le propriétaire fit démolir il y a quelques années, comme inutiles et incommodes; considérations vraies, sans doute, mais qui ont nui considérablement à l'ensemble de cette forteresse marquée du caractère féodal. Dans la cour, est une chapelle; vers le nord, un bâtiment neuf contient des appartements à la moderne; les combles et les greniers renferment les chambrées occupées par la garnison au temps des guerres civiles. Quoique mutilé, le château de Messilhac offrira longtemps encore, à l'étude des archéologues, un spécimen précieux de l'architecture des derniers temps du moyen âge. 

 Aujourd'hui en 2020, des communs s'y adossent du côté nord et il est entouré d'une enceinte à contours irréguliers dont le relief est obtenu par la taille du rocher. Le château est un long bâtiment terminé par deux grosses tours carrées dominant la partie centrale. A leur sommet court un chemin de ronde couvert, avec mâchicoulis et échauguettes d'angles, la même disposition défensive existe au sommet de la façade. Les deux tours sont probablement plus anciennes mais le château dans son ensemble fut transformé au XVIe siècle. Les baies à meneaux, la porte principale, l'escalier avec ses voûtes à liernes et tiercerons, les couronnements, les cheminées indiquent la période de transition, mais la sculpture, la composition de la porte que cantonnent des colonnes fusiformes appartiennent à la Renaissance. Le corps de logis central, construit en 1531, comporte trois étages avec quatre pièces chacun, ayant conservé leurs plafonds à la française et leurs cheminées monumentales. Des traces de constructions anciennes, au nord et dans le jardin, prouvent que l'édifice était plus important que ce qu'il est aujourd'hui. Sous les tours de défense des remparts, existent encore les oubliettes avec trappes. Le pont levis devait se trouver à l'est. Ce château est un exemple très bien conservé, non restauré d'une demeure seigneuriale du XIIIe siècle, modifiée au XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH: le château de Messilhac en totalité : classement par arrêté du 16 mars 1921. 

 château-fort de Messilhac 15800 Raulhac 

Téléphone : 04 71 49 57 86

   

Château de Merle

La seigneurie de Saint-Constant était en partie au prieur et en partie au baron de Caumiat et de Castelnau; ce dernier y occupait un fort que commandait en 1592 le seigneur de Merle. Déjà, en 1562, Saint-Constant était considéré comme une place de quelque importance, puisque M. de Bresonsy fit mettre des hommes de garnison. En 1574, dix soldats et un officier furent chargés de surveiller le fort. En 1607. Jean de la Plaze était seigneur de Saint-Constant; il épousa Hélis de Gasquet et fut père de noble Jacques de la Plaze qui en était seigneur en 1621. Jean-Baptiste de Peyrounenq de la Roque jouissait de cette seigneurie en 1741, et M. Jean-François Dufau, baron de Saint-Santin, capitaine de cavalerie, était aussi seigneur de Saint-Constant en 1762; ses descendants l'ont été jusqu'en 1789. On voit encore l'ancien château de Saint-Constant, flanqué de trois tours rondes, mais en ruines. 

 Merle, hameau très connu par le château, qui en est tout prés, et par ses seigneurs qui en ont porté le nom. Foulques de Merle, damoiseau, vivait en 1308. Du mariage de sa sœur, Nicole de Merle, avec Pons de Corbi, naquit au château de Merle, en 1300, Flore de Corbi, qui fut religieuse à Issoudolus, de l'ordre de Malte, en Quercy, et mourut en odeur de sainteté le 11 juin 1347; son corps fut levé en 1360 et vénéré des fidèles sous le nom de Sainte-Fleur, par autorisation de l'évêque de Cahors. Ce fief passa dans la famille de Breuil ou de Broglio, en 1450. Le château fut démoli par ordre de M. de Canilhac, gouverneur. En 1614, Jean-Antoine de Lauzeral de Breuil, fils de Jacques de Lauzeral, seigneur de Bilhoux, qui, en épousant la fille unique de Jacques de Breuil, avait pris le nom et les armes de la famille de Breuil, demeura seigneur de Merle par suite d'un traité avec le seigneur d'Ayrolles, son beau-frère. En 1673, Louis Guirard de Montarnal, seigneur des Oudes, fils de Louis et de Toinette Saunhac, reçut en dot de sa mère la seigneurie de Merle avec le château et la haute justice; son frère Henri resta seigneur de Senergues. En 1697, Jean de Selves acheta le château et seigneurie de Merle, moyennant 5,000 livres, de la même Toinette de Saunhac. En 1719, Merle était la propriété de la famille Chaule, qui a vraisemblablement fait bâtir la maison et le moulin qui forment ce hameau. 

 Les restes du château de Merle sont formés de trois tours ruinées que joignent des pans démantelés de courtines et d'un donjon carré dont subsistent deux murs et une tourelle d'angle qui renfermait l'escalier à vis. Une tour ronde fait saillie à son angle sud-ouest. Elle renferme les premières marches d'un escalier à vis détruit. A la suite de cette tour subsiste le mur ouest de l'ancien donjon. Dans l'intérieur de l'enceinte se trouve en sous sol une salle carrée couverte d'un berceau en plein cintre. Un peu plus bas, au nord-ouest des restes du château, se trouve un terrain aménagé en plateforme, emplacement vraisemblable de la basse-cour. 

 Éléments protégés MH: le château de Merle ou de Chaule (ruines) : inscription par arrêté du 13 mars 1964.

 château de Merle 15600 Saint-Constant

   

Château de Leybros

Leybros, hameau avec une grosse tour isolée, reste de l'ancien château, et qui domine toute la partie ouest de l'arrondissement. C'était une belle terre et qui produisait de bons retenus. Les plus anciens seigneurs de Leybros ont été de la maison de Drugeac. On voit qu'en 1330 Eymery de Tournemire avait épousé Marguerite de Drugeac, dont il eut Leybros. Néanmoins en 1245 vivait un Béraud de Leybros, chevalier. Eymery de Tournemire, seigneur de Leybros et de Uuzoles, acheta de Finès Ribicr d'Angline, sa sœur, et de Pierre Ribier, les rentes de Bournazel. Jean, sou fils, lui succéda. Il était, en 1341, seigneur de Leybros et de Bournazel. En 1540 on voit un autre Jean de Tournemire à la fois Sr de Leybros, de Roussy, Saint-Bonnet et Tournemire en partie, et qui épousa Gabrielle de Nozières. En 1573 le château de Leybros avait grand besoin de réparations. Il se composait alors d'un corps de logis flanqué d'une tour carrée appelée le corps de garde, et renfermant toutes sortes d'armes, et en outre d'une grosse tour. La première fut réparée, ainsi que la grosse tour, qui menaçait ruine et qui n'existe plus. En 1595 Leybros passa par héritage à Annet de Tournemire, fils de Pétronille de Nozières et d'une branche cadette. Alliances de cette maison avec celles de Salers et de Saint-Chamand. En 1508 Louise de Tournemire fut placée sous la tutelle d'Henri de Noailles, gouverneur de la Haute-Auvergne et bailli des montagnes, avec qui elle fut obligée de plaider pour ses droits. Cette même Louise épousa en 1625 noble Charles de Rilhac, fils de Jean, bailli des montagnes, seigneur de Saint-Martin-Valmeroux en partie, Nozières, Saint-Paul, Le Borgnon, etc. La terre de Leybros passa, par succession, de Louise à Claude de Ferrières, comte de Sauvebeuf, fils de son second mari, et qui fut baron de Leybros en 1666. Celui-ci épousa en 1671 Gabrielle-Thérèse d’Apchon, fille de Jacques Artaud, baron d'Apchon, seigneur du Vaulmier, dotée de 30000 livres. Son fils, Jean de Ferrières, comte de Sauvebeu, seigneur de Saint-Bonnet, Leybros, Saint-Martin-Valmeroux, coseigneur de Salers, fut de plus, grand sénéchal d'Auvergne. La terre de Leybros ayant été saisie en 1718 sur Claude de Ferrières, fut rachetée par le grand sénéchal. François de Ferrières, marquis de Sauvebeuf, seigneur de Saint-Bonnet, capitaine dans le régiment d'Artois cavalerie, etc., fut seigneur de Leybros en 1781. Il vendit alors plusieurs domaines. Avant la Révolution M. Tyssandier était seigneur de Leybros. 

 Il s'agit d'une construction caractéristique de l'architecture militaire de la fin du Moyen Age en Haute-Auvergne. Vestige d'un ensemble plus important, ce donjon rectangulaire aux murs épais, aux rares ouvertures étroites et à la toiture couronnée de mâchicoulis, a conservé l'essentiel de ses dispositions d'origine. L'intérieur, constitué d'une pièce par niveau, présente des éléments de décor authentiques, des cheminées monumentales moulurées. 

 Éléments protégés MH: le château-fort en totalité, avec toutes les pièces ainsi que leur décor, comprenant plusieurs cheminées monumentales: inscription par arrêté du 12 février 2002. 

 château fort de Leybros 15140 Saint-Bonnet-de-Salers

 

Château de Couzans

Une famille de Couzans est mentionnée en 1202, qui s'éteint au XVe siècle. En 1435, le château en ruine est reconstruit, la forte tour carrée bâtie sur le sommet du rocher existe toujours. Le château attaqué en 1536 est pillé et aurait été incendié. En 1702, un inventaire du domaine décrit le bâtiment: la tour carrée est agrandie par deux corps de logis et une chapelle. Les bâtiments définissent une cour intérieure triangulaire délimitée par un portail et un corps de garde. Le château appartient successivement aux familles de Chalus, de Fontanges. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'héritière de la maison Fontanges épouse Roger de Vaublanc. C'est lui qui initie les grands travaux. Selon la tradition familiale, Roger de Vaublanc aurait dans un premier temps songé à créer un château neuf en haut de la montagne qui domine le château dont il a hérité et qui est en (très) mauvais état. On ne sait pas si c'est à cause des difficultés d'accès au sommet de la montagne ou par goût pour le site ancien et ses vénérables vestiges, mais il choisit de faire reconstruire le château, en conservant la tour médiévale. D’après les archives relatives aux grands travaux, Roger de Vaublanc ne semblait pas avoir d'idée précise pour la reconstruction du château, il a donc commandé des projets à plusieurs architectes: Bardon, Bruyère, Loiselot, Maulmy et Vaublanc. La phase préparatoire a donc été extrêmement longue: plus de vingt ans. C'est finalement un parent de Roger de Vaublanc, l'architecte Edme de Vaublanc qui dresse les plans du nouveau château. Comme son cabinet est à plusieurs centaines de kilomètres du château, on confie la supervision et le dessin des plans d’exécution à Loiselot, un architecte géographiquement plus proche (et dont les plans ont largement inspiré Edme de Vaublanc). Selon la tradition familiale, Edme de Vaublanc serait mort avant la fin des travaux, laissant l’achèvement du chantier sous la complète direction de Loiselot. 

 On distingue deux logis reliés au pied de la tour carrée par une construction plus basse. L'aile la plus épaisse est accolée à l'angle sud-ouest de la tour médiévale. Le flanc ouest est garni d'un bâtiment long mais un peu plus étroit. L'aile suit la courbe de la plate-forme héritée des fondations du XVe siècle: l'aile est brisée au milieu pour s'adapter à l’arrondi. Au niveau du changement d’orientation, il y a une tour circulaire. La chapelle est placée à la jonction des deux ailes, son chevet est saillant à l'ouest. Afin d'assurer une bonne circulation entre les différentes parties, les architectes aménagent une galerie en L sur le côté cour des ailes. Elle ouvre sur le grand escalier et permet de distribuer toutes les pièces. La distribution correspond à un château familial et mondain de propriétaires fortunés. On met à profit la déclivité du terrain pour créer des pièces de service dans l'étage de soubassement, ainsi les domestiques et les activités malodorantes restent éloignés de la sphère des propriétaires, tout en offrant des pièces vastes, lumineuses et bien aérées comme cela est usuel en Haute-Auvergne. 

 L'escalier d'honneur conduit les visiteurs jusqu'à la galerie qui dessert: le grand salon, le petit salon / salle de billard, la chapelle, la bibliothèque et la salle à manger. Les salons sont nettement séparés de la salle à manger, chaque pôle est à une extrémité du château. Le grand salon est très lumineux, il est éclairé par quatre croisées (deux à l'est, deux au sud). Ses angles sont coupés pour créer des rangements. Le sol reçoit un parquet Versailles. Les murs ont des lambris à plis de serviettes. Le plafond à poutres apparentes est supporté par des modillons ornés de blasons. La très grande cheminée en pierre est dans le goût néo-XVe siècle. C'est sans doute pour la créer que l'architecte est dépêché au château de Branzac afin de s'inspirer des très beaux modèles encore en place. La hotte est plus décorative que sur le modèle d'origine, mais elle en conserve les nobles proportions. La chapelle est double en hauteur, ce qui permet de créer une tribune pour accueillir davantage de personnes. Les archives du château conservent un projet pour les boiseries néo-gothiques, il est réalisé assez fidèlement, avec son retable crénelé et une statue de la Vierge sous un dais. La salle à manger reçoit une cheminée aussi imposante que celle du salon, sa hotte reçoit d'autres motifs (arcades). Le parc est dû au cabinet de paysagistes lyonnais Luizet et Barret. Simplifié au fil des années, il ne lui reste que quelques arbres majestueux. Le parc reçoit une vaste serre et une volière en briques et des bancs de bois. 

 Éléments protégés MH: le château, y compris les pièces suivantes avec leur décor : le grand escalier et ses vestibules, la salle du rez-de-chaussée, la chapelle, le grand et le petit salon, la salle à manger et la bibliothèque : inscription par arrêté du 25 novembre 1994. 

 château fort de Couzan 15240 Vebret

   

Château de Branzac

Branzac, autrefois Varanzac, puis Vranzac, village On y voit un château fort délabré mais encore debout, qui a été le chef-lieu d'un fief qui avait titre de baronnie et de viguerie. La baronnie ou viguerie de Branzac appartenait dans l'origine à la maison de Vigouroux; Gilbert de Vigouroux donna, en 1150, à l'abbaye de Valette, des terres qui en dépendaient et qui étaient situées au lieu de la Chaux; Guy de Vigouroux soutint, en 1206, un long procès a son occasion contre Henri 1er, comte de Rodez, et Guillaume de Varanzac fonda, en 1244, un repas à servir, le jour de la Cène, aux moines de l'abbaye de Valette. En 1312, cette seigneurie était entre lés mains de Bertrand de Vigier et de Bertrand do Vigouroux. A cette époque, Aymery de Pestels acquit les droits du premier, une partie de ceux du second, hérita du surplus en vertu d'un testament fait en sa faveur par Phillipie de Vigouroux, veuve de Hugues de Serinhac, et devint ainsi possesseur de toute la viguerie sur laquelle, en outre, Bertrand de la Tour et Guy, son fils, lui cédèrent leurs droits moyennant 300 florins d'or. Ses descendants, après avoir longtemps été propriétaires de cette terre, la cédèrent, en 1776, à la maison d'Anglards de Bassignac. Le château de Branzac, qui, dans l'origine, n'avait rien de remarquable, fut rebâti dans le cours du XVe siècle par Guy de Pestels, avec une magnificence que constatent ses débris. En 1547, pendant les guerres d'Italie, mariage de Claude de Pestels avec Camille Caraccioli, fille de Jean Caraccioli prince de Melfi et noble napolitain au service de la France. Par suite d'alliance et d'héritages le château était au XVIIIe siècle la possession du marquis de Liguerac, seigneur de Pleaux; il le vendit à Paul d'Anglars de Bassignac. Le domaine fut ensuite vendu à des hommes peu soucieux de la tenue du château, les archives furent brûlées à Loupiac dans la cour de la maison Alsuc, le château est en parti détruit, il n'en reste debout qu'un grand corps de logis flanqué à l'occident de deux tours rondes, la façade tournée au levant est ornée d'une élégante tour. Au milieu de la façade principale se dresse la tourelle d'escalier à moitié engagée à l'intérieur, et sur la face opposée, deux tours rondes aux angles. Le démantèlement est due à la démolition par dynamite d'un angle de l'édifice afin d'utiliser les matériaux pour la construction du viaduc de la voie ferrée. Le Château était entièrement orné de fresques exécutées par des artistes Italiens en 1575, puis partiellement recouvertes en 1610 par des scènes plus légères. 

 Éléments protégés MH: le château de Branzac (ruines) : classement par arrêté du 8 août 1921. 

 château fort de Branzac 15700 Pleaux

   

Château d'Auzers

Le village, au cœur des monts du Cantal, est mentionné par la "charte de Clovis" (vers l’an 500). Le château appartint d’abord à la maison de Marlat. En 1364, Jean vendit la majeure partie des terres à Géraud Bompart, qui édifia le premier château et dont le fils Jean, épousa 40 ans plus tard la fille du vendeur, réunissant ainsi la totalité du domaine. La demeure subit les jacqueries au début du XVe. En mars 1470, Antoine de Douhet, épousant Alix de Bompard, décide de s’y installer, en prend le nom et le restaure. Gabriel lieutenant du roi dans la Prévôté de Mauriac en 1528 et gouverneur de Clermont en 1555, débuta en 1510 la construction du bâtiment actuel. Les seigneurs d’Auzers furent élevés à la baronnie en 1579. Joseph d’Auzers, capitaine d’infanterie sous la Révolution, puis commandant des gardes nationales d’Auzers, maire du village, mort en 1840. Son frère, Jean Louis, fut nommé en 1808 directeur général de police dans les départements au-delà des Alpes et mourut à Turin en 1831. Le cadet, Charles, curé d’Auzers, finit évêque de Nevers où il mourut en 1834. Louis, fils de Joseph, assista aux obsèques du comte de Chambord en 1883, dont la robe de baptême est encore au château. 

 Le corps logis, rectangulaire, est flanqué, sur la façade sud qui regarde la plaine et le Puy Mary, de deux grosses tours rondes, et sur la façade nord, de deux échauguettes. Une tour centrale renferme un escalier en vis; sa porte d’entrée ogivale est défendue par une canonnière percée au dessous d’une fenêtre moulurée, mais aussi par une discrète bouche à feu en oblique, à la droite d’une fenêtre du deuxième étage, le bâtiment initial se cantonnait vraisemblablement à gauche de la tour d’escalier (au dessus de la salle voûtée du XIVe siècle), la partie droite étant rajoutée au XVe siècle, le tout reconstruit au début du XVIe siècle. Les ouvertures sont de différentes époques. Le tout est couronné d’un chemin de ronde sur mâchicoulis, percé alternativement de fenêtres carrées et de bouches à feu. Au nord, une petite tour accolée au XIXe abrite un escalier de bois ; au sud, deux latrines se cachent sous le lierre. A l'intérieur, on peut admirer une salle voûtée du XIVe siècle (ancienne cuisine) et ses meubles auvergnats; le grand salon, ses boiseries et sa cheminée Renaissance blasonnée ; le petit salon rouge et son mobilier Régence ; les meubles de la chambre verte offerts par Napoléon à Jean-Louis d'Auzers ; l’oratoire dédié à Saint Jacques de Compostelle et ses peintures murales polychromes du XVIe siècle découvertes en 1960, de nombreux portraits, la petite bibliothèque verte et ses deux mille volumes ; une belle collection de soldats de plomb, les chambres bleue, polonaises, Empire, à niche, aux oiseaux, etc... 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures, les peintures murales de l'oratoire : classement par arrêté du 21 mars 1983. Les décors intérieurs comprenant notamment les escaliers, au sous-sol, l'ancienne cuisine, la salle d'armes et l'oratoire, au rez-de-chaussée, la bibliothèque, le salon rouge, le grand salon, la petite bibliothèque verte, la chambre Empire, la chambre verte et la chambre rose, au premier étage, le corridor, la chambre bleue, la chambre polonaise, la chambre à niche, la chambre aux oiseaux et la chambre bleue, ainsi que les bâtiments de communs et les jardins : inscription par arrêté du 14 juin 2002. 

 château d'Auzers 15240 Auzers 

Téléphone : 04 71 78 62 59

 

Château d'Aurouze

Aurouze est dominé par les ruines d'un château à mi-coteau, qui sont assez bien conservées pour que l'on distingue encore son enceinte. C'était le chef-lieu d'une terre très considérable et qu'il ne faut pas confondre avec un autre Aurouze près de Paulhaguet, qui appartenait à la maison de Langeac. Le premier château bâti à Aurouze aurait eu une vénérable antiquité si la légende qui veut que sainte Foye, qui fut martyrisée à Rome sous Dioclétien, y ait opéré des miracles. Passons à ce qui est certain. La famille de Rochefort a possédé cette seigneurie très anciennement, Léon de Rochefort se croisa en 1181; Bertrand de Rochefort fut convaincu, en 1307, de forfaiture, de guerre civile, de pillage, condamné par le roi à 1000 livres d'amende et son château à être rasé; ce qui fut exécuté. Mais la reconstruction du château fut entreprise à partir de 1309, par autorisation de Philippe le Bel, ce qui nous donne la date de celui dont nous voyons les ruines aujourd'hui. Pons d'Aurouze, savant distingué de son siècle, fut, en 1373, abbé d'Aurillac, puis évêque de Saint-Flour. La famille de Rochefort d'Aurouze s'éteignit en 1380. Jean de Courcelles, seigneur du Breuil, devint seigneur d'Aurouze et en rendit hommage à la duchesse de Berry en 1405. Il fut père d’Amaury, connétable d'Auvergne. Louis d'Aurouze n'ayant pas eu d'enfants, donna cette seigneurie, par testament, à Isabeau de Langeac, sa femme, qui par un second mariage, la porta à Jean Durfé en 1501. 

 Jean de Bouillier de Chariol devint seigneur d'Aurouze en 1528, par son mariage avec Anne Durfé. Lucrèce de Bouiller étant devenue héritière de sa branche, porta Aurouze en 1623 à Joseph de La Vernède. Après 1689, Aurouze entra dans la famille de Sévérac par mariage, et postérieurement, par la même raison, dans celle de Simiane. Enfin, elle fut vendue au seigneur de Montagnanet, de Saint-Flour. Les vestiges visibles, présentent au sud une façade entre deux tours rondes. La tour ouest représentait le donjon celle à l'est renfermait l'escalier à vis qui desservait les étages. La façade est arasée à hauteur des fenêtres du deuxième étage et la façade nord est complètement ruinée, les murs Est et Ouest le sont en partie. L'édifice devait affecter un plan rectangulaire, avec une tour à chaque angle. La salle du deuxième étage du donjon présente un plan hexagonal, elle est recouverte d'une voûte d'ogives profilées de trois cavets superposés de part et d'autre d'un méplat, rayonnant en six branches d'une clef saillante et retombant en pénétration dans les angles. A la partie supérieure des murs de cette salle régnait une frise héraldique peinte, aux blasons présentés dans des médaillons au cadre de branches de feuillages. 

 Éléments protégés MH: le château d'Aurouze (ruines) : inscription par arrêté du 19 décembre 1972. 

 château fort d'Aurouze 15500 Molompize

 

Château d'Apchon

Le château d'Apchon, qui a porté le titre de comptoirie dans les temps les plus reculés, puis de baronnie, date d'une haute antiquité. Dans un plaidoyer pour Jean d'Apchon, qui eut lieu en 1539 devant le Parlement de Paris, contre le duc de Bourbonnais et d'Auvergne , l'avocat fait mention de la maison d'Apchon comme remontant à Jules César; le conquérant des Gaules avait, dit-il, à sa suite un officier de la famille des Ursins, qui fit le château d'Apchon, en Haute-Auvergne. Les seigneurs d'Apchon disputèrent longtemps à ceux de Pierrefort, de Mercoeur, de Carlat, de Murat, et à ceux d'Alleuze, qui étaient les évêques de Clermont, le titre de premier baron de la Haute-Auvergne. Déjà, dans les états assemblés à Aurillac, en 1207, sous Philippe-Auguste, lors de la guerre contre les Albigeois, les barons et comptors d'Apchon furent appelés les premiers, après néanmoins ceux de Pierrefort ou presque simultanément. Dans le conseil secret tenu, en 1369 à Nonette, sous le duc Jean de Berry, il fut décidé que le baron de Pierrefort serait appelé le premier, puis celui d'Apchon. Il fut permis au baron d'Apchon d'élire un bailli portant l'épée et la javeline, de nommer châtelains et lieutenants pouvant contraindre ceux qui tenaient fiefs de leur rendre foi et hommage, saisir les terres de ceux qui s'y refuseraient, porter le titre de chevalier du roi, etc. Le plus ancien membre connu de la famille d'Apchon est Amblard Ier, comptor, seigneur d'Indiciat, de Murol, du Chambon, d'Ussel, d'Aubières et de Ravel. Il vivait en 998. Lorsqu'Amblard de Brezons fonda le monastère de St-Flour, il dut recourir à la participation du seigneur d'Indiciat et du territoire attenant à celui de SainlFlour. que donnait le seigneur de Brezons; Amblard d'Apchon n'accorda pas sans difficulté son consentement; peu de temps après il le retira. Le fils d'Amblard fut Armand 1er, comptor, qui vivait en 1009. En 1015 il donna, conjointement avec sa femme Haliande et son frère Astorg, l'église de Gourdiéges au monastère de Saint-Flour. Il vendit celle d'Oradour aux coseigneurs de ce nom, et laissa pour enfants Bertrand, qui suit, et Amblard, dit de Beaucoire ou Bécoire, près de Bredon, qui assista, en 1095, à la visite de l'église de ce lieu par le pape Urbain II. Bertrand 1er, comptor d'Apchon, avait épousé Hermengarde, que l'on croit être de la maison de Roche-d'Agoux, et qui fit transporter, vers l'an 1050, les reliques de saint Mary à Mauriac. Bertrand II comptor, fils du précédent, et comme lui, seigneur d'Apchon, donna sa terre d'Aubières à Ebles, son frère, et échangea, en 1123, Ravel, près de l'esse, avec Bertrand de Latour, qui lui céda les foires et marchés de cette ville. Un Arnaud d'Apchon partit pour la croisade en 1109 avec le comte d'Auvergne. Il concourut au siège de Tripoli. Bertrand III, comptor d'Apchon, fut seigneur du Falgoux, Saint-Vincent, etc. ; il vivait en 1180. Ses oncles, Bertrand et Ebles, possédaient l'un le Chambon, et l'autre Ussel. 

 Guillaume ler , fils de Bertrand, fut comptor d'Apchon, seigneur de Chalinargues. Son frère, Etienne, reçut, du roi Philippe-Auguste, en 1210, après la conquête de l'Auvergne sur le comte Guy, conquête entreprise par suite de la félonie de ce dernier, les terres de Combronde et de Teilhède. Etienne étant mort sans enfants, ces terres revinrent au fils aîné de son frère. Guillaume Ier fit son hommage, pour Chalinargues, à l'évêque de Clermont En 1239, autre Guillaume, comptor, rendit également hommage, par dévotion, à l'évêque du même diocèse et à Notre-Dame, pour sa terre d'Apchon. Ce seigneur, voulant se venger du comte de Toulouse et de son gendre, le prince Alphonse, qui avait son apanage en Auvergne, se mit à la tête de quelques-uns de ses vassaux, surtout de ceux du Falgoux et des montagnes, et ravagea plusieurs terres de ce pays, qui relevaient du prince Alphonse. Eustache de Beaumarchais, bailli des montagnes et baron de Calvinet, se mit à sa poursuite et le contraignit de cesser désormais tous pillages. Guillaume fut condamné à 3000 livres d'amende, qui furent distribuées à ceux qui avaient été le plus maltraités. Guillaume IV, comptor d'Apchon; seigneur des Vaulmiers, de Saint-Vincent, du Falgoux, d'Allanche en partie , et de Combronde ou Comberonde, par la succession d'Etienne, épousa, en 1276, Flandrine de l'Ecole. Il n'en eut qu'une fille, lsabeau d'Apchon, qui fut mariée avec le seigneur de l'Ecole, son cousin germain. En 1288 un second mariage l'unit à Mahaut Dauphine, fille de Robert Dauphin et de Mahaut d'Auvergne, et sœur de Robert, comte de Clermont. Il reçut, en 1295, en présence de Géraud de Neyrestang, les reconnaissances des habitants du Falgoux; acheta des propriétés à Roche-Monteix, dans cette paroisse, en 1299; traita, en 1302, avec son beau-frère, Robert Dauphin. Mahaut lui avait apporté en dot les châteaux et terre de Plauzat, dont il jouissait en 1315, et qui sont restés dans la famille. 

 Guillaume, comptor, et Pierre de Brezons, ayant eu à régler l'échange fait par feu Guillaume, son aïeul, et Maurin de Brion, beau-père de Pierre de Brezons, échange comprenant biens et rentes que Maurin avait eu entre les rivières de Hue et de Veronne, ils prirent pour arbitre Eustache de Beaumarchais, alors sénéchal de Toulouse. En 1298, Guillaume ainsi qu'Etienne et Guy, comptors, ses frères, chevaliers, assistèrent au contrat de mariage de Dauphine, fille de Béatrix d'Oiliergues et du baron de Latour, avec Guy de La Roche. En 1304 il fut également présent au partage des biens de la maison d'Auvergne. En 1287 Guillaume refusait l'hommage du château d'Apchon à l'évêque de Clermont qui était alors Adhémar de Cros, et prétendait que la terre était libre; l'évêque fit assiéger Apchon. Guillaume se soumît et donna les clefs du château à l'évêque, le lundi après la Saint-Martin. Le drapeau fut arboré sur la tour, et l'on proclama le cri de l'évêque. Les gens du seigneur sortirent le mercredi de la place et n'y rentrèrent que le lendemain du jour de sa reddition. C'est ainsi que l'évêque usa de son droit. Guillaume avait un frère nommé Etienne, chevalier, auquel il donna la terre de Comberonde. Celui-ci n'eut qu'une fille nommée Almodie, qui épousa Robert Daupbin , seigneur de Saint-Hipize, et porta la propriété de Comberonde dans sa maison. Guy, comptor d'Apchon, seigneur des Vaulmiers, Saint-Vincent, fils et héritier de Guillaume, se maria, en 1320, avec Gaillarde de Latour, fille de Bernard VIlI Guillaume quittança la dot, en 1326, à Bertrand de Latour, frère de Gaillarde, en présence dé Pierre de Thinières, seigneur de Vals, et de Maurin de Mardogne. Son fils Guy devint, par sa femme, seigneur de Néchers de Biosat, de Vernols, etc. Sous Philippe-de-Valois il fit les guerres de Flandre et rendit de grands services. Il combattit vaillamment l'invasion anglaise, et fut l'un des généraux qui lui opposèrent les plus courageux efforts; de 1359 à 1370 on le voit toujours guerroyant contre l'ennemi de la France. Guillaume, comptor, fils de Guy, s'allia en 1345 à Marguerite des Brosses, fille de Louis, seigneur de Boussac. Ce seigneur, surnommé Guillot, comme son aïeul, était en grande considération en Auvergne. Il fut bailli et capilaine général de la province. Après la funeste journée de Poitiers et la prise du roi Jean, la noblesse du pays demanda à Charles V, encore dauphin, de le placer à sa tête. Le régent consentit à cette demande, et donna pouvoir au seigneur d'Apchon en 1357. 

 Louis hérita de la comptoirie d'Apchon. En 1402 il fit son hommage à Henri de La Tour, évêque de Clermont, pour le château d'Apchon. En 1412 il devint chambellan du roi, et jouissait alors d'une grande influence dans le pays. Ayant entrepris de grands travaux au château d'Apchon pour relever ses murs d'enceinte qui avaient été démolis lors des guerres, il voulut obliger ses vassaux à porter les matériaux nécessaires, et y faire le guet sous les ordres du capitaine du château; mais ceux-ci refusèrent; le roi ordonna qu'ils y seraient contraints, parce qu'Apchon était une place forte et exposée, par sa proximité de Carlat. Louis eut l'honneur d'assister au mariage du duc Louis de Bourbon avec Jeanne Dauphine d'Auvergne en 1426. Il avait épousé Marguerite d'Estaing, fille de Raymond. C'était encore un valeureux homme d’armes, qui se fit une grande réputation de bravoure dans les guerres contre les Anglais. L'époque de sa mort n'est pas certaine, non plus que celle de son testament, bien que Chabrol place cet acte en 140S. Sa dernière volonté, fut qu'au cas où Guillaume et Jean, ses deux fils, viendraient a mourir sans postérité masculine, sa succession passerait au second enfant mâle de Louise d'Apchon, sa fille aînée, à condition de porter le nom, les armes et le cri de guerre d'Apchon. Louis d'Apchon et Marguerite d'Estaing laissèrent cinq enfants, savoir Guillaume VII tué à la bataille d'Azincourt en 1415; Jean , chambellan du roi, marié à Antoinette de Tourzel d'Allègre, de laquelle il n'eut qu'une fille qui épousa en premières noces Guillaume de Thinières, vicomte de Narbonne. Leurs enfants prétendirent à la succession d'Apchon et en prirent le nom dans plusieurs actes. Ce Jean avait eu une fille naturelle du nom de Marie-Catherine, qui épousa Jean de La Chassaigne, seigneur du Cher-Blanc. Elle eut en dot Laborie, le Cher-Blanc, mille écus d'or et une mission à Apchon avec autorisation de pouvoir bâtir une maison forte au Cher-Blanc. Jean d'Apchon fut assassiné au château d'Apchon et enterré dans l'église de Saint-Hippolyte; Louise d’Apchon, mariée le 20 avril 1 414 à Artaud 1er, seigneur de Saint-Germain , tige de la seconde maison d'Apchon, qui n'eut la possession paisible de la baronnie qu'après de longues querelles; et deux autres filles qu'il est inutile de mentionner. En 1422 le château d'Apchon fut grandement réparé; il était composé de cinq grosses tours, de deux corps de logis, d'une grange et d'une écurie. 

 La succession d'Apchon fut recueillie au commencement du XVe siècle par les enfants de Louise d'Apchon et d'Artaud de Saint-Germain, seigneur de Montrond et de Rochetaillée-en-Forez, non sans quelques difficultés, car après l'avoir défendue contre les héritiers d'Annette d Apchon, dame de Thinières, leur tante maternelle, ils se la disputèrent entre frères, tantôt à main armée, tantôt devant les tribunaux, et Artaud II n'en devint paisible possesseur que de l'autorité du Parlement, qui dut envoyer des commissaires sur les lieux de 1450 à 1475 pour faire exécuter ses arrêts. Artaud d'Apchon, baron dudit lieu, avait reçu, d'Aymé d'Apchon, oncle de Louise, les terres des Vaulmiers, du Falgoux, de Massiac et de Plauzat, ce qui lui donnait une très grande importance. Aussi fut-il délégué, en 1480, pour présider la noblesse d'Auvergne aux états tenus cette année à Saint-Flour. Son fils, du même nom, épousa en 1519, Marguerite d'Alhon, sœur du maréchal de Saint-André et héritière de Catherine, fille du maréchal, dame d'honneur de Catherine de Médicis. Elle possédait la terre de Tornouels, près de Volvic, par sa mère, Charlotte de La Roche. Artaud fut baron des Vaulmiers, de Saint-Vincent et de Montrond, en 1546. Il eut trois fils, Artaud d'Apchon, Antoine, qui servait en 1577, et Charles, baron de Tornouels ou Tornouailles, qui fut tué en 1590 en défendant le château de Tornouailles contre les ligueurs. Charles d'Apchon avait épousé Laurence de Gadagne, dont il eut Guillaume d'Apchon qui se maria, en 1626, avec Alix d'Anteroches. Il mourut en 1656. Gabrielle, sa fille et son héritière, s'était mariée, en 1645, à Charles de Montvallat, et lui porta en dot la terre de Tornouailles. Aimé Artaud, baron d'Apchon, avait servi quelque temps dans les armées. C'est lui qui, en 1539, fit attribuer, à l'église de Saint-Blaise d'Apchon, des droits de paroisse qu'elle n'avait pas. A cette époque, plusieurs fiefs relevaient d'Apchon : c'était la Clidelle, le Jolan, Lagarde, la Rochevieille, Commolet, les Mouleyres, etc. 

 Gabriel d'Apchon, gentilhomme de la chambre du roi, fils d'Artaud, et habitant le château de Plauzat, devint baron d'Apchon et épousa, en 1552, Françoise de La Jaille. Il fut père de Charles, baron d'Apchon, marié en 1581 à Louise de Châtillon, de laquelle naquit une fille unique appelée Rénée, qui épousa Jacques de Beauvau-du-Révaut. Charles fut tué en 1590 à la défense du château de Tornouels. La substitution des mâles passa à Jacques d'Apchon, frère de Charles, qui avait épousé Jeanne de Saint-Paul. Il était, en 15S5, capitaine de cinquante hommes d'armes. En 1614 il représentait la noblesse de la Haute-Auvergne aux Etats-Généraux. Sa mort arriva en 1617. Il ne laissait pas d'enfants mâles. Ses deux filles étaient : l'une, Françoise d'Apchon, mariée à Jacques de Senecterre, seigneur de Saint-Victour; l'autre , Louise d'Apchon, qui épousa Jean-Louis, vicomte d'Estaing. Vers cette époque, plusieurs membres de la famille cherchèrent à profiter de la substitution. La baronnie se fixa enfin sur la tête de Claude d'Apchon, fils de Jean, seigneur de Cézerat, mestre de camp, conseiller d'Etat et gentilhomme de la chambre sous le roi Louis XIII. Il fut aussi baron des Vaulmiers et eut pour héritier Jacques Artaud d’Apchon, seigneur de Montrond, Colandre et Saint-Vincent. Il avait épousé Philiberte de Saint-André. Il eut plusieurs enfants : Gabrielle d'Apchon qui épousa, en 1671, M. Claude de Ferrières-de-Sauvebœuf, baron de Leyhros; Claude d’Apchon, marié en 1685 à Marie-Françoise de Blitch, fille à M. Amable de Blitch, baron de Veaussé, président au siége présidial de Riom, et à dame Marguerite de Frélat; Louis d'Apchon, que sa mère fit héritier, en 1700, après la mort de Claude, son frère. Louis n'ayant pas eu d'enfants et étant légataire de Philiberte, laissa sa succession et la terre d'Apchon à son autre sœur Philiberte qui se maria, en 1708, à Gaspard-Gilbert de Chabannes, comte de Pionzat, et lui apporta la baronnie d'Apchon. Son fils étant sans enfants, disposa d'une partie de ses biens en faveur de M. Chabannes de Carton. Jean de Chabannes était, en 1759, marquis d’Apchon, seigneur de Lapalisse, maréchal-de-camp des armées du roi et sous-lieutenant des mousquetaires. Le château d'Apchon était encore habité en 1747; les toits et la charpente n'ont été démolis qu'en 1760. Avant la Révolution de 1789, il existait, soit en Bourgogne, soit en Forez, des descendants d'Antoine d'Apchon, fils d'Artaud et de Marguerite d'Albon, qui possédaient la terre de Grézieux . Une branche de ta familte d'Apchon, celle des seigneurs de Montrouf a fourni deux maréchaux-de-camp, et Claude-Marc-Antoine d'Apchon, sacré évêque de Dijon te 29 octobre 1755 et archevêque d'Audi en 1783. En 1814 il se présenta un membre de cette famille à Apchon, qui acheta les ruines du château pour en faire, disait-il, le chef-lieu d'un majorat. Depuis lors il n'a plus reparu en Auvergne. 

 Éléments protégés MH: le château fort en totalité, y compris le sol de ses parcelles d'assise : inscription par arrêté du 24 février 2012. 

 château d'Apchon 15400 Apchon

   

Château d'Anjony

C'est une forteresse d'aspect martial composée d'un haut donjon cantonné de quatre grandes tours coiffées de mâchicoulis. La forteresse domine la vallée encaissée de la Doire. A proximité, se trouve un corps de bâtiments du XVIIIe siècle habité. Il est la propriété du marquis de Léotoing d'Anjony. Construit aux environs de 1430, le donjon d'Anjony est le prototype des forteresses de montagne du XVe siècle. Son histoire, sous l'ancien régime, est tumultueuse car durant deux siècles, une véritable "vendetta" opposa la famille d'Anjony à celle des Tournemire, trop proches voisins et rivaux. Au XVIIIe siècle, Claude d’Anjony ajouta à la demeure médiévale un corps de logis plus accueillant et plus conforme aux goûts de l’époque. La même famille habite le château fort d'Anjony depuis l'origine et il y a plus de 70 ans que la demeure est ouverte au public. 

 Bernard Johanini, d'une riche famille de pelletiers d'Aurillac, acquiert en 1351 des droits sur une terre du fief de Tournemire, appelée L'Armandie ou Larmandie. Il est anobli en 1360 et prend le nom d'Anjony qu'il va laisser au château. Il se marie en 1368 avec Marguerite de Tournemire. Durant la guerre de Cent Ans, les deux familles appartiennent à des partis opposés, les Anjony faisant acte d'allégeance au roi de France tandis que les Tournemire, jaloux de leur ancienne indépendance féodale, se rallient aux Plantagenêts. Ayant combattu au côté de Jeanne d'Arc, le roi Charles VII autorise Louis Ier d'Anjony à faire construire un château fort, cantonné de quatre tours et entouré de mâchicoulis, auquel il donne son nom, et qui s'est conservé presque à l'identique jusqu'à nos jours. Ce nouveau château est édifié en contrebas de celui des Tournemire, sans avoir demandé l'autorisation préalable des seigneurs du lieu, ce qui provoque une situation de conflit entre les deux familles qui conduit en 1523 au meurtre de Claude d'Anjony. En 1523, Jean de Tournemire, fait exhumer les reste du curé de Marmanhac, fils de Jean II d'Anjony, pour les jeter devant la porte du château d'Anjony. La chapelle avec ses décors à fresques représentant des scènes de la Passion a dû être entreprise par Louis III d'Anjony, seigneur du lieu depuis 1526, et frère du curé assassiné par les Tournemire, pour pallier le fait que la fréquentation de l'église paroissiale leur était devenue impossible. Il est lui-même mort peu avant 1557. En 1590 un accord reconnaîtra la parité d'honneur des deux seigneurs, et la rivalité prend fin vingt ans plus tard par le mariage de Michel II d'Anjony avec l'héritière des Tournemire. Les murs de la grande salle du premier étage représentant les Neuf preux ont été peints à la demande de Michel Ier d'Anjony, fils de Louis III d'Anjony, et époux de Germaine de Foix. Ces fresques, réalisées vers 1575, ont été redécouvertes au début du XXe siècle derrières des boiseries qui avaient été installées au XVIIIe siècle. La fresque de Jules César, l'un des trois héros païens des Neuf Preux, a disparu suite au percement d'une fenêtre à la même époque. En 1623, un nouveau duel entre les représentants des deux familles a lieu devant l'église paroissiale de Tournemire et provoque la mort de trois membres de chaque famille. Michel III d'Anjony, seigneur d'Anjony et de Mardogne, épouse le 15 février 1634 Gabrielle de Pestels qui lui donne plusieurs enfants sans descendance et une fille, Gabrielle d'Anjony, bénéficiaire du testament de son frère Claude. 

 Éléments protégés MH: le domaine, comprenant le château et toutes ses dépendances bâties et non bâties: classement par arrêté du 4 février 2004. 

 château fort d'Anjony 15310 Tournemire 

Téléphone : 04 71 47 61 67 

 

Château d'Alleuze

Bernard ou Amblard de Mercœur de La Tour, chambellan du roi dans le haut pays d'Auvergne, possédait le château et la comptoirie d'Alleuze. Philippe Auguste lui accorda que la forteresse serait gardée dans l'intérêt de la défense contre les Bulgares, et que le seigneur jouirait à l'avenir, pour le comptoirat d'Alleuze, du droit de dixmes et recevrait l'hommage qui y était attaché. Ce droit restait réservé toutefois à la qualité d'écuyer ou lancier, Alleuze étant une des quatre comptoiries d'Auvergne. L'ordonnance royale qui le concédait fut rendue en 1195 et confirmée en 1211. Trente-sept fiefs relevaient du seigneur d’Alleuze, qui avait de belles rentes avec un droit de compteur sur la ville de St-Flour. Archambaut de Bourbou , connétable d'Auvergne , acheta Alleuze d'Amblard ou Béraud de Mercœur, et, selon les ordres du roi, garnit le château d'écuyers et d'arbalétriers pour la sûreté du pays d'Auvergne et de la ville de St-Flour, ainsi que des seigneuries qui en relevaient et dont les possesseurs étaient tenus de prendre la lance pour le seigneur comptor d'Alleuze,.la défense du roi, et contre toute entreprise des Bulgares sur la ville de St-Flour. Cette terre fut revendue par les descendants d'Archambaut à l'évêque de Clermont pour lui et ses successeurs, qui la gardèrent jusqu'en 1523. Alors le clergé de France ayant été imposé par le roi, afin de subvenir aux frais de la guerre, Guillaume Duprat la céda à Noble de Lastic. Le titre de comptor d'Alleuze fut disputé aux évêques de Clermont par divers seigneurs du pays; mais ils se désistèrent de leurs prétentions, et, en 1368, dans le conseil secret du duc de Berry, reconnurent aux évêques leurs droits de comptors, avec ceux qu'ils avaient à l'entrée et pour le péage du pont de Saint-Flour. 

 La forteresse éprouva de grands désastres lors de la guerre contre les Anglais. En 1583, Emerigot Marchez, chef de pillards, à la tête d'une troupe déterminée, s'en empara par surprise. Il s'approcha des murs avec douze de ses compagnons déguisés, afin d'examiner si la place était bien gardée; s'étant aperçu, à sa grande satisfaction, que le portier était assis sur un tronçon de bois devant la porte et sans armes, Marcel fit tirer sur lui. Le malheureux ayant été tué d'un coup d'arbalète, la bande courut aussitôt à la porte du château et s'en saisit. Sa femme, toute effrayée, fut enfermée, et, comme le châtelain se trouvait à Clermont, Emerigot resta maître d'Alleuze. Il la garda sept ans pendant lesquels il s'y fortifia; c'était son quartier général et l'entrepôt de ses voleries, dont le pays eut beaucoup à souffrir. Enfin, il traita en 1390 avec Jean d'Armagnac pour une somme de 5060 livres, d'autres disent 10000. Mais dans la suite il regretta son marché, car il retirait plus de 20000 florins par an de la possession de la forteresse, qui servait de centre à ses brigandages. Les Saint-Florins furent les premiers à souscrire pour renvoyer les Anglais et racheter Alleuze. En 1405, sous prétexte que le fort était mal gardé par les gens de l'évêque de Clermont, et que si l'Anglais s'en emparait encore il serait funeste à la ville, Pierre Mercier, bailli des montagnes d'Auvergne pour le duc de Berry, accompagné des consuls et d'une troupe de maçons et de pionniers, vint à Alleuze, y mit le feu et en démolit une partie. L'évêque, irrité de cette voie de fait, exigea des dommages et intérêts. 

 Le château fut réparé en 1536; il fut pris en 1575 par les Huguenots. Pierre Bonnaud en était capitaine en 1587. Noble Beralde de Pleaux, veuve d'Hugues de Saint-Gall, fit, en 1396, hommage à l'évêque de Clermont pour le fief d'Alleuze et ses droits, en ayant été investie par lui. La famille de Lastic a longtemps possédé la terre et la comptoirie, conservant avec soin tous les beaux revenus qu'elles donnaient. Alleuze fut ensuite vendu à un paysan de Vabres qui plaida contre la commune et perdit son procès; c'est elle qui en jouit au XIXe siècle. En 1693 le château consistait en un vieux corps de logis et quatre tours d'un petit diamètre. C'est un carré long, à chaque angle duquel se trouve l'une de ces tours, rondes et élevées. Trois d'entre elles avaient des corps de garde voûtés au premier et au deuxième étage. Dans l'une on remarquait un trou carré dit les Oubliettes et aujourd'hui comblé; on avait percé des canonnières de toute part. Au-dessus des caves du corps de logis s'élèvent deux étages. La longueur du bâtiment est de 120 mètres. Il était entouré de deux murs d'enceinte dont on voit encore les restes. L'accès en était difficile, et l'on assure que des souterrains communiquaient au ruisseau du vallon, permettant ainsi de mener les chevaux à l'abreuvage pendant le siége. La butte sur laquelle se présentent les ruines du fort est presque cernée par deux cours d'eau très poissonneux. L'un d'eux se nomme ruisseau de Redonde. Cet édifice est aujourd'hui en ruine et maintenu dans cet état. En contrebas du château, à quelques dizaines de mètres à peine, on peut admirer la belle chapelle médiévale Saint Illide, construite au XVe siècle, avec son chemin de croix. Tous les deux ans, la chapelle est la scène d'un spectacle théâtral avec son et lumières et feux d'artifices. Le château apparaît dans un des plans de "La Grande Vadrouille" lors de la poursuite du camion de Louis de Funès par des motards allemands. Le château-fort d'Alleuze est un carré long, à chaque angle duquel se trouve l’une de ces tours, rondes et élevées. Trois d’entre elles avaient des corps de garde voûtés au premier et au deuxième étage. 

 Éléments protégés MH: les restes du château d'Alleuze : inscription par arrêté du 9 mars 1927. 

 château-fort d'Alleuze 15100 Alleuze

 

Château de la Voulte

Une famille du nom de Marmanhac occupait un château bâti au couchant et presque devant la porte de l'église paroissiale. On voyait encore, il y a peu d'années, les restes d'une tour carrée. Noble Pierre de Marmanhac, damoiseau, et Hugua, sa mère, ainsi que Raymond, son autre fils, passèrent, en 1270, une vente de ce manoir à Pierre de Sédaiges, damoiseau. Cet acte fat ratifié de nouveau, en 1285, par Raymond- Guyot, damoiseau, habitait le bourg et donna, en 1461, comme témoin, son avis pour la construction du château fort de Sédaiges : c'était une formalité alors en usage d'interpeller tous les seigneurs voisins et principaux habitants du pays, lorsqu'un château fort devait être construit. Pierre ayant dépensé sa fortune dans les guerres de Naples et d'Italie, vendit une partie de ses biens. Il avait acheté le château et la tour de Marmanhac, en 1463, d'un certain Guichard, qui les avait acquis de Guyot de Marmanhac. Le fils de Guyot étant mort sans enfants, ses héritiers traitèrent en 1522, sur les ventes déjà faites, et ratifièrent celle du château do Marmanhac et du domaine de Labro, passée avec Nicolas de Caissac, seigneur de Sédaiges. Ainsi s'éteignit la famille de Marmanhac. 

 La Voûte, hameau et château du moyen âge, restauré à la moderne. Il est agréablement situé sur la rive droite de l’Authre, embelli par des jardins et des allées d'arbres plantées dans la plaine, sur le chemin de la Roquevieille. Il a appartenu à l'ancienne maison de Beauclair, et sa construction date du milieu du XVe siècle. Cette famille était néanmoins depuis longtemps propriétaire à Marman Luc. Rigaud de Beauclair jouissait du château en 1344 ; il est mentionné, en 1558, comme possédant par indivis, avec Raymond de Sédaiges, plusieurs maisons, l'église de Marmanhac et au château de Roquenatou. Rigaud de Beauclair fut bailli des montagnes, en 1415, et commissionné pour le siége d'Aurillac par Jean, duc de Berri. Il avait prêté au roi 800 écus d'or pour traiter avec les Anglais, en 1370. Son fils, Guy de Beauclair, fut gouverneur de Roure, en Bourgogne, et chambellan du roi. Son fils lui succéda comme capitaine de Roure. Nicolas de Beauclair lit bâtir, en 1471, le château de la Voûte. Le duc de Bourbon visita ce château, en 1501, et plusieurs seigneurs du pays vinrent y rendre leur foi et hommage, entre autres, Raymond de Caissac, seigneur de Sédaiges. Pètre-Jean de Beauclair fut gouverneur d'Usson et habitait la Voûte en 1620. Jean Pons de Beauclair n'ayant qu'une fille nommée Jeanne, celle-ci porta tous ses biens en dot à Noble Jean du Buisson, marquis de Bournazel, qui habita la Voûte, ainsi que ses descendants. La famille du Buisson dut s'éteindre ou quitta le pays. M. de Fumel était au XIXe siècle propriétaire du château de la Voûte. La toiture de cette magnifique demeure a été refaite au XVIIIe siècle et le château complètement réaménagé vers 1930. Cette propriété possède un parc remarquable doté d'une terrasse en terre-plein, un escalier indépendant, un passage couvert, une allée, un moulin, une piscine et une serre... 

 Éléments protégés MH: le château de la Voulte : inscription par arrêté du 15 septembre 1993. 

 château de la Voulte 15250 Marmanhac

 

Château de Vigouroux

Il aurait existé très anciennement une famille du nom de Vigouroux. En effet on trouve Gilbert et Falcon de Vigouroux qui firent des donations à l'abbaye de Valette, en 114O. Guillaume de Vigouroux possédait le château de Branzac, commune de Loupiac, en 1206, Caylus et partie de Saint-Christophe. Ce fut probablement vers la première de ces époques que le château de Vigouroux devint le chef-lieu du mandement de ce nom, compris dans la vicomte de Murat; car nous trouvons qu'en 1150 cette terre appartenait à Pierre II, vicomte de Murat, qui soumit ce château à Raymond Béranger, dit le jeune, comte de Provence et vicomte de Carlat. Marquèze de Peyre, veuve de Pierre IV, vicomte de Murat, rendit au nom de ses enfants, en 1273, à Henri II de Rodez, vicomte de Carlat, l'hommage pour le château de Vigouroux. Dans le traité passé à Saint-Flour, en 1285, sous la médiation de quarante gentilshommes ou ecclésiastiques, le vicomte de Murat reconnut tenir la seigneurie de Vigouroux en fief du vicomte de Carlat. En 1329, Hélis de Murat, en épousant Bertrand de Cardaillac, reçut en dot 10000 livres assises sur la terre de Vigouroux. Lors des démêlés élevés entre Renaud de Murat et les Cardaillac, ces derniers, aidés par les Anglais, commandés par Jandos, vinrent assiéger le château vers l'an 1361, le prirent, le pillèrent et y commirent mille ravages. La seigneurie de Vigouroux fut attribuée à Renaud dans le partage intervenu entre lui et les Cardaillac; mais cet acte ne fut pas maintenu, et le vicomte d'Armagnac, en guerre avec Renaud, s'en saisit peu après 1409. La guerre terminée, il lui fut rendu. Après la condamnation du duc de Nemours, la terre de Vigouroux, qui avait été comprise dans la confiscation, fut donnée par le roi à Jean de Lisle, qui en jouit de 1447 à 1485. Charles VIII la comprit alors dans les biens rendus aux enfants du duc de Nemours. Vigouroux suivit les phases de la vicomté de Murat; passa à Pierre de Bourbon, fut confisqué sur le connétable et réuni au domaine de la couronne. Sa seigneurie fut comprise plusieurs fois dans l'apanage des reines douairières. 

 On ignore l'époque et par quel événement le château fut détruit; il restait, en 1780, un tronçon de tour assez élevé dont la base se voit encore. Il fut démoli, et ses matériaux employés dans la construction des écuries du château actuel. Près de l'ancien château fort se trouve le château moderne. Son architecture ne dénote aucun signe par lequel on puisse fixer l'époque de sa construction. Il est formé de trois tours encadrant deux corps de logis. Celle du milieu renferme l'escalier; celle à l'ouest est portée presque depuis la terre par un cul-de-lampe. Toutes les croisées s'ouvrent à l'aspect du midi; elles sont grandes, mais sans croisillons; le panier à salade ne les a jamais sauvegardées. Les tours n'ont ni meurtrières, ni créneaux, ni mâchicoulis. Cet ensemble indique une époque de tranquillité. Annet V de Lastic y ajouta , vers 1720, un nouveau corps de logis en équerre avec la tour de l'est. Les matériaux de l'ancienne forteresse ont dû servir a la nouvelle construction. Extérieurement et au-dessus de la porte de l'escalier était sculptée on relief une Annonciation. Les vandales qui profanèrent l'église ne l'épargnèrent pas. On reconnaît encore le sujet, mais toutes les statues ont été mutilées à coups de marteau. Cette porte est fermée par un assemblage de plateaux en bois de chêne, recouvert par des plaques de fer d'une forte épaisseur ; le milieu est percé par un biscaïen. La serrure est d'un travail antique fort remarquable, ainsi que les verrous. On pense que cette porte est celle de l'ancien château. De beaux jardins, de belles allées en terrasse dominant la riante vallée de Brezons, une vue très étendue font de Vigouroux une charmante habitation pendant quatre mois de l'année. Des propriétaires anciens du château moderne, nous ne trouvons mentionnée que la famille Berthomier. Jacques de Berthomier, écuyer, seigneur de la Vernhiette et de la Fontio, maria en 1617 sa fille, son héritière, avec Annet I de Lastic , seigneur de Belmur, d'Auzolles et de Latbérisse. Annet était fils de Jacques de Lastic, seigneur do Jarry. C'est ainsi qu'est venue se fixer à Vigouroux cette branche importante de cette maison On ignore depuis combien de temps la famille de Berthomier résidait dans cette localité; mais comme elle était riche, il est probable que le château moderne avait été construit par elle. Toutefois, elle n'avait aucun droit féodal sur Vigouroux. 

 Éléments protégés MH: le château de Vigouroux, y compris la clôture de la cour et l'intérieur : inscription par arrêté du 30 juin 1987. 

 château de Vigouroux 15230 Saint-Martin-sous-Vigouroux

   

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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