La famille de Chapt de Rastignac est originaire du Limousin; elle se fixa en Périgord, où elle existe encore. On la présume issue des anciens sires de Chabannais. M. d'Hozier ne laisse aucun doute sur l'authenticité de cette ancienne origine, qui remonterait à l'an 895. Ils ont, du reste, prouvé leur filiation depuis Bernard Chapt, 5e du nom, marié le 18 septembre 1260 avec Raymonde de Solagnac. Elle s'est illustrée dans le sacerdoce et la carrière des armes. Raymond Chapt de Rastignac appartenait à cette famille. Dans une transaction faite entre ses enfants par Marguerite de la Grilière, dame de Rastignac, il est fait mention de possessions sises à Sarrus, à Ladinhac, à Cayrols, possessions qui formèrent peu de temps après l'apanage de la branche d'Auvergne. La terre de Messilhac resta dans la famille de Rastignac jusque vers 1759, époque où Joseph, n'ayant pas eu d'enfants, la légua à Gaspard du Greil de la Volpilière, fils de Marie de Rastignac, sa sœur, et déshérita ainsi Joseph-Augustin, son héritier naturel. Mais Joseph-Augustin était d'un caractère caustique et facétieux ; il aimait à singer et à tourner en ridicule les manières de son vieil oncle. Du Greil, au contraire, était prévenant et aux petits soins à son égard; la balance pencha en sa faveur : Rastignac fut déshérité, du Greil préféré, et ses descendants sont encore au XIXe siècle en possession de Messilhac.
Le château de Messilhac, tel qu'il était au XIXe siècle, présentait deux tours carrées reliées ensemble à l'aspect du midi par un grand corps de logis; les tours datent du XIVe siècle, et le corps de logis porte le millésime de 1537. La cour est fermée par un grand portail près du château, et, à l'aspect du sud, par un mur en terrasse, très élevé et dominant le jardin qui est dessiné à la française. Autrefois, cette, cour était défendue par des tourelles, des guérites et des constructions crénelées que le propriétaire fit démolir il y a quelques années, comme inutiles et incommodes; considérations vraies, sans doute, mais qui ont nui considérablement à l'ensemble de cette forteresse marquée du caractère féodal. Dans la cour, est une chapelle; vers le nord, un bâtiment neuf contient des appartements à la moderne; les combles et les greniers renferment les chambrées occupées par la garnison au temps des guerres civiles. Quoique mutilé, le château de Messilhac offrira longtemps encore, à l'étude des archéologues, un spécimen précieux de l'architecture des derniers temps du moyen âge.
Aujourd'hui en 2020, des communs s'y adossent du côté nord et il est entouré d'une enceinte à contours irréguliers dont le relief est obtenu par la taille du rocher. Le château est un long bâtiment terminé par deux grosses tours carrées dominant la partie centrale. A leur sommet court un chemin de ronde couvert, avec mâchicoulis et échauguettes d'angles, la même disposition défensive existe au sommet de la façade. Les deux tours sont probablement plus anciennes mais le château dans son ensemble fut transformé au XVIe siècle. Les baies à meneaux, la porte principale, l'escalier avec ses voûtes à liernes et tiercerons, les couronnements, les cheminées indiquent la période de transition, mais la sculpture, la composition de la porte que cantonnent des colonnes fusiformes appartiennent à la Renaissance. Le corps de logis central, construit en 1531, comporte trois étages avec quatre pièces chacun, ayant conservé leurs plafonds à la française et leurs cheminées monumentales. Des traces de constructions anciennes, au nord et dans le jardin, prouvent que l'édifice était plus important que ce qu'il est aujourd'hui. Sous les tours de défense des remparts, existent encore les oubliettes avec trappes. Le pont levis devait se trouver à l'est. Ce château est un exemple très bien conservé, non restauré d'une demeure seigneuriale du XIIIe siècle, modifiée au XVIe siècle.
Éléments protégés MH: le château de Messilhac en totalité : classement par arrêté du 16 mars 1921.
château-fort de Messilhac 15800 Raulhac
Téléphone : 04 71 49 57 86

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Donner votre avis sur ce château