Rechercher un château inscrits et classés au titre des Monuments Historiques

Affichage des articles dont le libellé est 02 - Aisne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 02 - Aisne. Afficher tous les articles

Château fort de Guise

Selon certaines sources, le site de Guise aurait été occupé dès le VIe siècle. Sa position de ville-frontière proche de Laon, capitale des derniers rois francs, est confirmée par le partage de l’empire carolingien lors du traité de Verdun en 843. Cette situation, ainsi que son environnement naturel et la détermination de ses seigneurs successifs, ont favorisé la vocation militaire de la cité qui s’est développée entre le promontoire naturel, sur lequel a été érigé le château, et la vallée de l’Oise, qui a toujours formé un axe majeur de circulation et aurait donné son nom à l’agglomération. Un château appartenant aux comtes de Vermandois est mentionné dès la fin du Xe siècle sur le promontoire naturel dominant l'Oise à l'ouest. Il est alors doté, dans la première cour, d’une chapelle dédiée à saint Gervais et à saint Protais, patrons du diocèse de Soissons. Cette chapelle est érigée en 1052 en église collégiale, qui relève à partir du XIIe siècle de l'évêque de Laon. Elle abrite les sépultures des premiers seigneurs de Guise et des dignitaires laïques et ecclésiastiques, et sert jusqu'au XVIe siècle d'église paroissiale aux habitants de la ville. Son enclos regroupe également le cimetière que Charles de Châtillon, duc de Bretagne, comte de Blois et seigneur de Guise, craignant une incursion ennemie lors d’une inhumation, fait déplacer en 1352 autour de l’église succursale Saint-Médard où il est toujours établi. Le château et la collégiale sont relevés par Jacques d'Avesnes après le siège de Philippe d’Alsace, comte de Flandre, en 1180 avant de passer dans le domaine royal en 1185. Le donjon est probablement érigé à cette époque. Il est difficile d’établir une chronologie des constructions et des aménagements du château, qui est entouré d’une enceinte flanquée de tours au milieu du XIVe siècle. La pente plus douce du flanc ouest permet d’aménager un ouvrage d’entrée avec châtelet, formant un pallier depuis la ville vers le corps de place, et relié à l’enceinte urbaine. Un logis seigneurial est mentionné dans l’enceinte du château. Jean de Luxembourg s’empare de Guise en avril 1424 à l’issue d’un siège de cinq mois. Après sa mort en 1440, sa nièce Isabelle de Luxembourg et son époux Charles d’Anjou, comte du Maine, engagent d’importants travaux de consolidation (mur d’enceinte est, salle basse du donjon, chapelle), mais les travaux amorcés en 1455 sont interrompus l’année suivante, Charles d’Anjou estimant les dépenses trop importantes. Les travaux sont confiés à cette époque à Quentin Aguechiel, "maistre des ouvrages du comte de Guise". La terrasse surmontant le donjon est consolidée en 1457, et le four produit 40000 briques destinées à la réfection des six salles du donjon pourvues de trente-six fenêtres. Le château est toutefois capable de résister à une nouvelle attaque de troupes impériales en 1486, ainsi qu’à celle de Frédéric de Horn à la tête de milices du Hainaut l’année suivante. À cette époque est probablement aménagée, sur les deux niveaux d’une ancienne tour du châtelet d’entrée, une barbacane équipée d’archères adaptées à l’artillerie légère. Lors du siège de 1536 mené par le comte Ludovic de Nassau et le comte de Rœulx, les troupes impériales s’emparent de Guise, qu’elles incendient, et du château. Claude Ier de Lorraine entreprend alors de transformer le castel séculaire en une des plus modernes forteresses d'Europe et une des premières adaptations en France du système bastionné. Les travaux sont attribués à l’ingénieur italien Antonio Castello, chargé en 1538 d’inspecter les places fortes de Picardie, ainsi qu’à l'ingénieur provençal François Mandon de Saint-Remi, qui travaille en 1537 aux "devis et marchés" pour les fortifications de Guise. Cette première campagne aurait été "dédicacée" par la dalle épigraphe au nom du premier duc de Guise, portant la date de 1549, qui était encastrée dans le rempart côté sud-ouest avant de disparaître après la Seconde Guerre mondiale. Les travaux sont poursuivis vers 1560 par François Ier de Lorraine qui fait restaurer l’enceinte urbaine, construire la demi-lune Chanteraine et le bastion de Saint-André, et tracer sur une colline à l’ouest du château le quartier militaire de la Haute-Ville qui ne sera pas mené à bien. La collégiale, incendiée en 1545, est également reconstruite. Le mur d’enceinte est reconstruit selon un tracé triangulaire qui reprend en grande partie celui des courtines et des tours circulaires médiévales, et que ponctuent les bastions de de la Charbonnière, du Cavalier, de la Haute-Ville et de l’Alouette. Le front vers la plaine au sud est protégé par une demi-lune de secours et une demi-lune de terre. La rampe d’accès depuis la ville est protégée par la Poterne et son mur saillant et mène au bastion de la Haute-Ville qui remplace l’ouvrage d’entrée et son châtelet. Dans le corps de place ne sont conservés que le donjon, le puits, les galeries souterraines et quelques bâtiments, que viennent compléter notamment l’arsenal, la prison et le logis du gouverneur. Durant la période moderne, les armées du roi de France et les troupes impériales s’affrontent sans cesse sur la frontière nord-est du pays qui place Guise en première ligne. En 1641, le duché de Guise est confisqué à Henri II de Lorraine au nom du roi Louis XIII, et restitué l’année suivante à sa mère Henriette-Catherine de Joyeuse, duchesse douairière de Guise, à l’exception du château qui devient une forteresse royale. À la tête de six mille hommes, le maréchal de Guébriant soutient avec succès le 12 juillet 1636 le siège de l’armée du prince Thomas de Savoie. Le 16 juin 1650, Louis de Bridieu, gouverneur du château, supporte vaillamment avec ses deux mille hommes les assauts de l’armée espagnole commandée par l’archiduc Léopold d’Autriche, qui compte dans ses rangs Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, rallié à la Fronde. L’ennemi s‘empare de la ville mais, devant la résistance du château, lève le siège le 2 juillet. Vauban, qui séjourne à Guise plusieurs fois en 1673 à la demande de Louis XIV, juge la place encore parfaitement digne d'intérêt et ordonne d’importants travaux de restauration et de modernisation de la forteresse transformée en rase-mottes: durant une dizaine d’années, sous la conduite de l'ingénieur Rivière, les ouvrages défensifs sont remaniés, les accès dégagés et le corps de place remblayé. Les demi-lunes sont réaménagées et les bâtiments sont enterrés d’un niveau pour offrir moins de prise à l’artillerie. Le pavillon du gouvernement militaire et le corps de garde sont construits et le logis du gouverneur est remanié. Les moineaux du XVIe siècle sont transformés en bastion (bastion du Moineau) ou en caponnière (redan du bastion de l’Alouette) et casematés. Cependant, le fort de Guise ne joue plus de rôle militaire. À la fin du XVIIIe siècle, les invalides, les officiers, ainsi que les chanoines et les chantres de la collégiale, disposent de petites maisons et de jardins dans le corps de place dont le glacis sert de promenade aux habitants de la ville. Mais le symbole féodal garde toute sa valeur puisque la "tour" de Guise, dont relève l’ensemble des fiefs du duché, est restituée en 1767 à Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé: les vassaux y présentent foi et hommage dans la salle du premier étage et les titres du duché y sont conservés sous la garde d’un concierge. La collégiale, transformée en dépôt d’artillerie durant la Révolution française, est détruite en 1801. Les bastions de la ville sont détruits en 1808, mais les derniers vestiges de l’enceinte urbaine, ainsi que la porte Chantraine et la porte du Grand Pont, disparaissent seulement entre 1847 et 1849. En 1815, puis en 1870, le château est envahi par les troupes prussiennes. En 1842, Guise est radiée du tableau des places fortes, mais une ordonnance de 1847 maintient le château comme poste militaire, utilisable en temps de guerre. En 1875, la ligne de chemin de fer de Saint-Quentin à Hirson passe au pied du château, sous lequel un tunnel ferroviaire est creusé. Le fort est déclassé en 1881. À la tête de la Ve armée, le général Charles Lanrezac mène du 27 au 29 août 1914 à Guise une contre-offensive victorieuse face à l’armée allemande, qui occupe néanmoins le château durant une grande partie du conflit mondial, utilisant le donjon comme poste d’observation. Ce qui explique que l’artillerie alliée ait pilonné le site, entraînant la ruine de la plupart des constructions en superstructure et la disparition du toit en poivrière du donjon qui datait du 16e siècle. La Ire armée conduite par le général Debenney libère Guise et ses environs lors d’une bataille acharnée du 30 octobre au 5 novembre 1917. Le château est déclassé comme place forte en 1918, puis remis à l’administration des Domaines qui en vend quelques parcelles avant de le remettre à la ville. L’ensemble du château de Guise (donjon et enceinte fortifiée) a été classé parmi les Monuments historiques le 23 février 1923, mais cet arrêté a été modifié sur l’instance du ministre des Finances, et seul le donjon a finalement été retenu pour le classement le 22 juillet 1924. Lors d’une vente publique en février 1925, l’entrepreneur de plomberie et couverture parisien Donadio, achète pour 18425 francs le lot restant. Il commence à ôter du soubassement des murs les parements de grès qu’il vend au service des Ponts et Chaussées. Le château connaît alors une période d’abandon et de pillage. Donadio revend ensuite l’ensemble à l’entrepreneur de vidange Sonnetqui comble les souterrains de déchets de voirie. Ces avatars provoquent des infiltrations qui minent la base de la colline vers la ville. En février 1957, l’effondrement du mur de soutènement nord-est contraint la municipalité à faire évacuer puis démolir une grande partie des maisons du côté pair de la rue Chantraine, au pied du château. L’année suivante, la bordure comprenant le bastion du Cavalier et les vestiges du logis du gouverneur sont arasés. Maurice Duton, amateur passionné natif de Guise, fonde en 1952 le Club du vieux manoir et loue en novembre 1954 le site à la veuve Sonnet afin d’entreprendre le sauvetage du château qui est peu à peu déblayé, débroussaillé et consolidé. C’est ainsi que quatre grandes salles et le cellier de l’arsenal sont dégagés, et que les fondations de la collégiale sont mises au jour en 1964. Un an auparavant, Maurice Duton reçoit le premier prix des Chefs-d’œuvre en péril. Le 6 août 1965, le château est cédé à la ville de Guise par les consorts Sonnet, mais il continue toujours à l’heure actuelle d’être animé, restauré et entretenu par le Club du vieux manoir. Le château médiéval était ceint de courtines flanquées de tours de plan circulaire, dont six sont repérées. Celle aujourd’hui intégrée dans le bastion de la Haute-Ville faisait office de barbacane et comprenait deux salles superposées couvertes en coupole. L’enceinte du corps de place entourait deux cours dont la première abritait la collégiale. Les fouilles modernes ont mis au jour les substructures qui révèlent le plan: le chevet à trois pans prolonge le transept, dont le bras nord communique avec deux chapelles ; une tourelle d’escalier de plan circulaire était placée à l’angle nord-ouest de la façade occidentale. Dans la cour du château proprement dit se dresse le donjon de brique sur soubassement de grès, qui est aujourd’hui le seul bâtiment conservé dans son élévation. Haut d’environ 32 mètres pour un diamètre extérieur de 18 mètres, il a perdu les planchers de ses quatre étages et son toit conique en ardoise surmonté d’une lanterne. Le niveau de soubassement voûté servait de cellier et possédait un puits. Le premier niveau plafonné abrite la salle seigneuriale chauffée par une cheminée. Un plafond aujourd'hui disparu la séparait de la chapelle Saint-Nicolas, au deuxième étage, couverte d’une voûte de brique à ogives de pierre. Le troisième étage était réservé aux cuisines, pourvues d’un four à pain, transformé au XVe siècle pour assurer la cuisson des briques. Ce niveau était pourvu d’un système défensif. Un étage supérieur a perdu sa voûte. Un escalier à vis, ménagé dans les murs d’une épaisseur de 4,5 à 5 mètres, assure la liaison entre ces différents niveaux. L’enceinte de brique, renforcée de chaînes harpées en pierre de taille dans les angles, est précédée à l’ouest de la demi-lune de secours, dans laquelle ouvre la porte de Paris, et animée des bastions de la Haute-Ville et de l’Alouette à l’ouest, de la Charbonnière et du Moineau à l’est. Les levées de la demi-lune de terre sont encore visibles. La porte de la Ville est protégée par le mur d’enceinte ouest et un orillon du bastion de la Haute-Ville; elle est reliée par un pont-levis à la rampe d’accès montant depuis la ville, protégée au nord par le mur saillant de la Poterne. Elle ouvre sur le passage voûté menant à la cour intérieure du bastion de la Haute-Ville. Dans cette cour s’ouvre la porte des Carrosses dont le passage ascendant mène dans le corps de place, sous le pavillon du Gouvernement, vers la place d’armes sur laquelle se dressent les vestiges de la prison et l’arsenal. Au sous-sol de ce dernier se déploie toujours une vaste salle voûtée en plein cintre. Les bastions de la Charbonnière, de l’Alouette et de la Haute-Ville abritent des salles, des casemates et des galeries voûtées d'ogives ou en berceau plein cintre, reliées par des escaliers couverts de voûtes à ressaut dont certaines sont aménagées en musée de site. 

Éléments protégés MH: le donjon : classement par arrêté du 22 juillet 1924. Le château fort de Guise en totalité, comprenant l'enceinte fortifiée et son glacis (bastions de la Charbonnière, du Moineau, de la Haute ville et de l'Alouette, demi-lune de terre et de secours), les portes (porte de la Ville, porte des Carrosses et porte de Paris), le corps de garde, les premiers niveaux du Gouvernement, de la prison et de l'arsenal, ainsi que les soubassements de l'ancienne église collégiale Saint-Gervais et Saint-Protais, et l'ensemble des sous-sols et des sols archéologiques: classement par arrêté du 31 juillet 2008. 

 château-fort de Guise 02120 Guise 

Téléphone : 03 23 61 11 76 

Château de Fère-en-Tardenois

Vers 958, Flodoard fait allusion à l'existence d'une place forte à Fère. En 1206, Robert II, comte de Braine, seigneur de Braine et de Torcy-en-Brie obtient le droit de faire construire une forteresse dans son alleu de Fère. En 1210, l'on construit le château actuel. Le château devient propriété de Louis d'Orléans dès 1395. De 1407 à 1424, le château est successivement la propriété de Charles d'Orléans, de Jean son frère et de Charles d'Angoulême qui épouse Louise de Savoie, mère de François 1er. Au XVe siècle, sont édifiés l'enceinte extérieure du château et certains bâtiments de la basse-cour. En 1528, François 1er et Louis de Savoie offrent le château à Anne de Montmorency, à l'occasion de son mariage avec Madeleine de Savoie, nièce de Louise. De 1530 à 1550, le connétable Anne de Montmorency engage d'importants travaux au château. Il fait totalement évider l'intérieur du château en ne laissant que les tours reliées par les courtines et l'enceinte extérieure. Un nouveau château est reconstruit dans la cour et appuyé sur les tours et les courtines médiévales. Cette reconstruction serait, d'après Sir A. Blunt, due à Jean Bullant. De 1552 à 1562, Bullant construit un pont-galerie dont la façade sur la basse-cour et son portail d'entrés sont attribués à Jean Goujon (vers 1510-1566). Seuls les murs extérieurs du château médiéval sont conservés. En 1609, Henri II de Montmorency hérite du château ; après sa décapitation en 1636, ses biens sont remis au prince de Condé. Entre 1653 et 1752, la terre de Fère est abandonnée à des fermiers généraux. Au XVIIIe siècle le château fait partie de la dot de Louise Henriette de Bourbon-Conti qui épouse Philippe Egalité. Des travaux sont réalisés dans le château avant que finalement ne soit décidée sa démolition en 1769. L'édifice porte la date de 1539. Le château est composé d'une basse-cour et d'une motte semi-artificielle parementée (quelques éléments sont encore en place). Cette basse-cour et cette motte sont reliées par un pont galerie construit à la Renaissance, sans doute en remplacement d'un pont en bois. La basse-cour de plan trapézoïdal est située à l'est de la motte. La galerie Renaissance est montée sur de hautes arcades lancées dans la fosse qui entoure la motte. le château lui-même est aujourd'hui en ruine. Il est construit sur un plan en polygone régulier, sept tours circulaires sont reliées par sept courtines dont une est percée d'un châtelet d'entrée composé de deux massifs terminés en pointe. Chacune des tours s'élève sur une base en pierre calcaire équarrie surmontée d'assises de pierre placées en épis. Elles s'élèvent ensuite en pierre de moyen appareil. Cet appareil est aussi utilisé pour les courtines. Le château est entouré d'une enceinte à neuf courtines et sept tours. L'aménagement intérieur a complètement disparu. 

 Éléments protégés MH: les vestiges du château : classement par liste de 1862. La basse-cour du château : les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments, les pavillons et la tour de l'avant-cour et de la basse-cour, y compris l'hôtellerie, à l'exception des adjonctions du XXe siècle ; l'ancienne porte de l'avant-cour, côté sud-est ; l'ensemble des murs de clôture et de soutènement de l'avant-cour et de la basse-cour ; l'ensemble des sols archéologiques de l'avant-cour et de la basse-cour : inscription par arrêté du 19 avril 1994. 

 château fort de Fère 02130 Fère-en-Tardenois

 

Château de Pernant

Le château se dresse sur un promontoire dominant la vallée. Dans son sous sol, d'anciennes carrières ont été transformées en dépendances souterraines. La construction du château date probablement du début du XIVe siècle. Au cours de la Première Guerre mondiale, le château est partiellement détruit par l'artillerie allemande. Le château, construit en pierres de taille se compose d'un bâtiment sur plan carré (qui possédait un toit aigu en ardoises), fortifié de quatre tourelles d'angle. A l'ouest, un petit corps de logis a été rajouté au XVIe siècle (en grande partie démoli en 1918). On ne trouve plus trace des murailles d'enceinte. 

 Éléments protégés MH: les sols archéologiques et de ses parties constitutives: inscription par arrêté du 11 octobre 2006, modifié par arrêté du 13 mars 2007. Pour être conservé et remis en état : le château de Pernant avec son fossé au sud et à l'ouest, sa terrasse à l'est, ses murs de soutènement et son accès ouvragé donnant rue du château : classement par décret du 8 mars 2007. 

 château de Pernant 02200 Pernant 

Téléphone : 07 88 83 04 90

 

Château de La Ferté-Milon

La folie du roi Charles VI va entraîner l'administration de la France par ses oncles Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne, Jean, duc de Berry et son frère Louis d'Orléans. Il va rapidement naître une grande inimitié entre le duc de Bourgogne et Louis d'Orléans. Le domaine de Philippe le Hardi comprend le duché de Bourgogne et le comté de Flandres. Les villes des Flandres poussent le duc de Bourgogne à un accord avec l'Angleterre d'où viennent les laines nécessaires à leur prospérité. Louis d'Orléans est favorable à une guerre avec le roi d'Angleterre Henry IV. Pour assurer la protection du duché de Valois au nord de Paris, Louis d'Orléans décide de faire bâtir ou de réaménager des places fortes. Ces châteaux (Pierrefonds, La Ferté Milon et Coucy le Château) sont autant de marques d'opposition à la politique souhaitée par le duc de Bourgogne. En 1398 débute les travaux sous la direction de Jean Lenoir architecte royal du baillage de Senlis. L'originalité de ce château vient de sa façade entièrement de niveau. Ce type de façade a été utilisé pour la première fois à la Bastille. Ce plan particulier a fait attribuer le plan de l'ouvrage à Raymond du Temple qui a été l'architecte du duc d'Orléans à Paris. La façade comprend quatre tours: la tour Nord carrée à contreforts diagonaux, les deux tours semi-circulaires à éperons de part et d'autre de l'entrée. Les éperons sont désaxés vers le Nord-Ouest, la tour Sud semi-circulaire avec éperon centré, les tours sont garnies de statues de Preux. Au-dessus de la porte d'entrée principale est placé un chef-d'œuvre de la sculpture parisienne du début du XVe siècle, le bas relief du couronnement de la vierge, de cinq mètres de haut et sept mètres de large. Jean Aubelet, maître général des œuvres du duc Louis d'Orléans, dirige les travaux en 1405. Il est probablement le concepteur du dessin particulier des mâchicoulis. En 1407, Louis d'Orléans est assassiné à Paris sur l'ordre de son cousin, Jean sans Peur, duc de Bourgogne depuis 1404. Les travaux sont arrêtés. En 1592, la tour carrée, les escaliers à vis des tours à éperon centrales et la tour Sud sont éventrés par les mineurs du roi Henri IV. La façade mesure actuellement 200 m de long sur 38 m de haut. Sur la droite, on distingue une tour carrée, il reste deux pans de murs. En haut des murailles, demeurent d'anciens mâchicoulis. L'accès à la ville était protégé par une porte côté château, dont il reste deux tours en mauvais état. Derrière la muraille, deux canons de 1909 sont exposés face à la vallée, l'un deux est annoté en russe et porte le numéro 5085. La façade du château est située sur l'enceinte urbaine. La façade est construite avec beaucoup de soin en maçonnerie de grand appareil taillé. Quatre tours rythment la façade. Au nord, une tour carrée est construite sur une cave sans doute couverte d'un berceau en bois. Au centre, deux tours flanquent l'entrée. Elles ont un plan en U avec éperon en accolade orienté vers le nord. Au sud, se dresse une tour circulaire à éperon en accolade dont la partie basse est engagée dans les maçonneries de l'enceinte. Ces trois tours sont construites sur des caves voûtées d'ogives à pénétration. La façade s'élève sur trois étages éclairés par des baies à meneaux. L'accès aux étages des tours se faisait par des escaliers en vis depuis les caves jusqu'au troisième étage. Chacune des pièces des tours flanquantes possédait une cheminée. 

 Éléments protégés MH: la façade de l'escalier est et la salle intérieure voûtée sur croisée d'ogive au rez-de-chaussée à l'est: classement par arrêté du 14 septembre 1965. Les façades et toitures du château, les caves et les sols archéologiques : inscription par arrêté du 19 janvier 1994. 

 château de La Ferté Milon 02460 La Ferté-Milon

 

Château de Coucy

Malgré son état de ruines, le château de Coucy inspire, à première vue, un sentiment presque respectueux. L'imagination humaine se trouve dépassée on ne croyait pas voir si grand. Et, lorsqu'on cherche à se familiariser avec cette forteresse colossale, on arrive bientôt à voir que l'harmonie des proportions contribue presqu'autant que les dimensions à donner à Coucy son aspect terrifiant et grandiose. Bâti sur une éminence isolée de trois côtés et qui domine de quatre-vingt-dix mètres les plaines environnantes, le château de Coucy se compose de quatre énormes tours reliées ensemble par des courtines. Au centre de ce quadrilatère s'élève une cinquième tour beaucoup plus haute que les autres et dont la galerie supérieure, maintenant à jour, devait porter toute une armature de hourds en bois, abritant, contre les assaillants, des guerriers invisibles. Tout est colossal dans ce château, écrit M. Eugène Viollet-le-Duc dans son rapport fait au gouvernement au sujet de la restauration des ruines. Quoique exécutée avec grand soin, la construction a quelque chose de rude et de sauvage qui rapetisse l'homme de notre temps. Il semble que les habitants de cette demeure devaient appartenir il une race de géants, car tout ce qui tient l'usage habituel est une échelle supérieure à celle admise aujourd'hui: les marches des escaliers, les allèges des créneaux, les bancs sont faits pour des hommes au-dessus de l'ordinaire. Pour bien faire apprécier la force de cette redoutable citadelle, M. Viollet-le-Duc nous expose encore la série d'efforts qu'aurait exigé un siège en règle L'assiégeant devait franchir la première porte et son pont-levis, traverser un chemin sous les projectiles lancés de la partie supérieure de la chemise et du crénelage, forcer deux vanteaux et affronter un mâchicoulis. Il se trouvait alors en face de la herse donnant sur le fond du fossé de la chemise, ayant h sa gauche la porte ferrée qui fermait le bas de l'escalier de la cuisine, et arrêté dans la galerie inférieure par une source qui est un véritable puits dans un souterrain obscur. S'il forçait la herse, il pénétrait dans le fond du fossé intérieur, lequel est dallé et sans communication avec le sol de la cour battu par les défenses supérieures du donjon, qui lui envoyaient des projectiles d'une hauteur de 60 mètres, et par le chemin de ronde de la courtine, il était perdu, d'autant que les hommes occupant ce chemin de ronde pouvaient descendre par l'escalier, passer dans la galerie de contre-mine, traverser la source sur une planche et lui couper la retraite en reprenant la poterne derrière lui. Pour pénétrer dans le château, on y venait du village par une baille ou basse-cour où se trouvaient une chapelle roman et le logement du châtelain, le tout ruiné maintenant. Quand on avait traversé la cour protégée par le donjon, il fallait s'engager sur un pont soutenu par cinq piliers et que cinq portes défendaient successivement. L'histoire des sires de Coucy, elle aussi, est bien extraordinaire on dirait une histoire des temps héroïques. En 496, Clovis, devenu maître, par droit de conquête, de la forêt de Cuise (Sylva Cotia, d'où est venu le nom de Coucy), donna cette terre à saint Remy, en souvenir de son baptême. A la mort du saint archevêque, l'église de Reims hérita du petit domaine royal et le conserva en paix jusqu'au commencement du Xe siècle. Vers l'an 1079, un de Coucy. Thomas de Marie et Enguerrand II, ses successeurs faisaient la chasse aux riches voyageurs, qu'ils dépouillaient et tuaient sans merci. Enguerrand II mourut en Terre-Sainte. Raoul 1er, fils d'Enguerrand II, reçut le premier le titre de sire de Coucy, avec cette fière devise "Roy ne suis, ne prince, ne comte aussy, je suis le sire de Coucy". Comme son père, il partit pour la Terre Sainte et ne revint plus. Enguerrand III, dit le Bâtisseur, succéda à Raoul, son père, en 1191. La grande préoccupation de ce seigneur fut de travailler à étendre au loin sa domination. A cette fin, il éleva, de 1225 à 1230, le formidable château et la ceinture de fortifications dont nous voyons encore les ruines aujourd'hui. Il est à remarquer que cet illustre sire faisait élever, en même temps, les châteaux-forts d'Assis-sur-Serre, de Folembray, de La Fère, de Marie, de Moyembrie, de Saint-Aubin, de Saint-Gobain et de Saint-Lambert. De toutes ces constructions gigantesques, il ne reste plus guère que les ruines de Coucy, dont la masse indestructible a fatigué le temps. Nous n'essayerons pas de dire ce qu'il a fallu dépenser, simultanément et en tant d'endroits, d'intelligence, de goût, d'activité et de richesses pécuniaires, pour suffire des entreprises si vite menées à bonne fin, nous ne rechercherons pas par quels moyens la main-d'œuvre se trouva assez puissante pour couvrir aussi rapidement le sol de notre contrée de ces merveilles architecturales, mais nous ne pouvons nous lasser d'admirer les ressources, la force Enguerrand s'empara du château, s'engageant à payer, chaque année, une certaine redevance à l'église de Reims. C'était un bien vaillant guerrier que le nouveau maître d'un génie que ces gigantesques créations étaient loin d'affaiblir. Enguerrand ne se lassait pas de construire parce qu'il ne se lassait pas de s'enrichir; sa politique venait en aide à ses besoins, et son caractère aussi ambitieux qu'impérieux ne lui laissait perdre aucune occasion de tenter la fortune et de lui arracher ce qu'elle ne pouvait lui offrir. Ajoutons qu'il fut singulièrement aidé par les circonstances. Il semble d'ailleurs que la France de Hugues Capet se dépouillait de son manteau suranné pour revêtir de nouveaux atours. La France de Philippe-Auguste se levait radieuse au lendemain de Bouvines, et partout sous ses yeux apparaissait de nouveaux édifices. Raoul II et Enguerrand IV héritèrent successivement du domaine de Coucy, le premier mourut glorieusement en Palestine sur le champ de bataille de Mansourah, le second s'éteignit tristement dans son manoir, "honteux et repentant d'avoir fait pendre méchamment trois jeunes enfants de l'école monastique de Saint-Nicolas-aux-Bois, qui s'amusaient à chasser sur ses terres, de timides lapine, avec flèches, arcs et sans chiens". On sait que saint Louis fit imiter le beau sire et ne lui conserva la vie qu'à la prière des hauts barons du royaume et à de très dures conditions. Enguerrand V vécut en solitaire dans son château et fut enterré dans l'abbaye de Prémontré. Enguerrand VI, Enguerrand VII et dernier, furent deux chevaliers sans peur et sans reproche. Nous les trouvions toujours au premier rang, combattant pour la France et pour le Roy, contre les Anglais envahisseurs du sol, contre les insurgés de la Jacquerie et contre les infidèles. Enguerrand VII mourut le 20 février 1397, ne laissant d'autre héritière que sa fille, Marie de Coucy. Le domaine de Coucy passa au pouvoir du duc d'Orléans, qui l'extorqua, à prix d'argent, à l'infortunée fille du dernier sire de Coucy. En 1498, le roi Louis XII le réunit à la Couronne. Ainsi finit cette maison de Coucy qui disait, en parlant de ses soldats Si le ciel tombait, ils le soutiendraient sur le fer de leurs lances. Carle Ledhuy, en son Histoire romantique de Coucy, fait remarquer qu'à la mort de Raoul 1er, trois branches de cette famille s'étaient formées: la branche de Coucy proprement dite; celle de Vervins et celle de Pinon. Cette dernière, dit-il, s'est éteinte dès la troisième génération. Quant à la branche de Vervins, plus heureuse que les autres, elle s'est perpétué jusqu'au début du XIXe siècle. En 1817, le siège archiépiscopal de Reims était occupé par un Coucy-Vervins du nom de Jean Charles, comte de Coucy, né au château d'Escordal eu Champagne et mort à Reims le 11 mars 1821. Il avait quinze frères et sœurs. De nos jours, le nom de Coucy s'est uni à nos gloires les plus pures: une femme qui résume en elle seule toutes les grâces et les vertus des anciennes dames de Coucy, Madame la maréchal duchesse de Reggio, se nomme Eugénie de Coucy. Démantelé en 1652, le château des Enguenand fut abandonné et l'on vit, pendant près de deux siècles les habitants de Coucy venir chercher, comme dans une carrière publique, les plus belles pierres du vieux manoir. En 1839, Louis-Philippe d'Orléans acheta les ruines, et le vandalisme fut enfin réprimé. Les tours de Coucy, dit Eugène Viollet-le-Duc, présentent deux étages de cave et trois étages de salle au dessus du sol, sans compter l'étage des combles. Elles sont saillantes sur les courtines, de manière à les bien flanquer, elles n'ont pas moins de 18 mètres de diamètre hors œuvre, sur 35 mètres environ au-dessus du sol extérieur. Les escaliers à vis ne montent pas de fond, mais s'interrompent à partir du premier étage, pour reprendre de l'autre côté de l'entrée de la tour; c'était un moyen d'éviter les trahisons, en forçant les personnes qui voulaient monter sur les parapets de passer par l'une des salles. Quant il leur distribution intérieure, le savant architecte la décrit ainsi: "Chaque chambre, à partir du rez-de-chaussée, se compose à l'intérieur de six pans, avec niches, dont quelques-unes sont percées en meurtrières. Ces pièces sont voûtées, et les niches se chevauchent à chaque étage, les pleins étant au-dessus des vides et vice versa, ce qui était fait pour voir tous les points du dehors et surtout pour éviter les lézardes verticales qui se produisent dans ces sortes de constructions, lorsque les vides sont tous au-dessus les uns des autres. Des cheminées sont pratiquées dans les salles". La grande tour a 55 mètres de haut sur 30 mètres de large; les murs, à la base, ont plus de 7 mètres d'épaisseur; sur le fronton, au-dessus de la porte d'entrée, bas-relief représentant le lion légendaire bravement attaqué par Enguerrand. A l'intérieur, dans la salle du rez-de-chaussée, on voit la haute cheminée des sires de Coucy et un puits. Montons au sommet de la tour. L'escalier se trouve près de la porte d'entrée, il a deux cent vingt marches et conduit aux trois étages, formant trois salles superposées avec galeries et voûtes à nervures. Le premier et le second étages ont à peu prés les mêmes proportions et les mêmes dispositions que le rez-de-chaussée le troisième étage est à ciel ouvert et entouré d'un parapet ajouré de vingt-quatre fenêtres. Les trois étages étaient couverts de belles voûtes à douze nervures qui ont été détruites. Un chemin de ronde, pris dans l'épaisseur des murs, permettait de faire le tour de la salle du deuxième étage sans y entrer. Au centre de chaque voûte était percée un large orifice circulaire par lequel on pouvait monter ou descendre rapidement, d'une salle à l'autre, des hommes et des munitions. La plate-forme qui couvrait l'étage supérieur, est aujourd'hui remplacée par un toit au niveau de cette plate-forme, à l'extérieur, des corbeaux supportaient, en cas de besoin, des hourds. Un parapet fort élevé, percé de 24 créneaux en ogive et d'autant de meurtrières, est encore couronné, à l'intérieur et à l'extérieur, d'une épaisse corniche à deux rangs de feuilles entablées. Il y avait là-haut, du temps des Enguerrand un vivier alimenté par les eaux pluviales et bien fourni de poissons Encore vingt marches et l'on touche le sommet du donjon. Le mur a trois mètres d'épaisseur: on ne peut plus s'y promener, c'est trop dangereux. Du haut de cette tour, vue magnifique; au pied de la montagne, le clocher pyramidal de Coucy-la-Ville dans le lointain, les cheminées de Folembray et de Chauny; la collégiale de Saint-Quentin; la cathédrale de Noyon et les montagnes du Laonnois. Remarquons, avant de descendre, la position critique, épouvantable de ces malheureux que la justice implacable des sires de Coucy condamnait à se jeter du haut de cette tour. 

Éléments protégés MH: les ruines du château en totalité : classement par liste de 1862. 

 château fort de Coucy 02380 Coucy-le-Château-Auffrique 

Téléphone : 03 23 52 71 28 

 

Château de Blérancourt

Château édifié en 1612 par Bernard Potier de Gesvres, construit en pierre, entouré de fossés, il se composait d'un corps de logis flanqué de quatre pavillons isolés. Le bâtiment à trois étages était orné par l'ordre dorique au rez de chaussée, ionique à l'étage et un étage d'attiques à pilastres. En 1792, le château est déclaré bien national, vendu et démantelé. Endommagé pendant la Première Guerre mondiale. Ne subsistent aujourd'hui que les pavillons et les portails d'entrée, les ruines des communs, le pont. En 1917, le château sert de quartier général pour l'organisation de secours portés aux civils, l'American Comittee for Devasted France. En 1924, après la dissolution du Comité, l'Association des Amis du musée de Blérancourt restaure le château qui abrite aujourd'hui le musée national de la coopération franco-américaine. En 1938-1940, un pavillon est construit pour présenter les collections du musée. Les architectes Yves Lion et Alan Levitt y ajoutent un second pavillon en 1989. 

 Éléments protégés MH: la porte d'entrée et les deux pavillons d'angle : classement par arrêté du 2 avril 1925. La grande porte d'entrée et les façades et toitures des deux pavillons du XVIIIe siècle qui y sont accolés : classement par décret du 19 août 1932. La porte en pierre dite porte du potager : classement par arrêté du 16 mai 1933. Le pont, les douves et la terrasse du château, les murs de clôture des jardins qui entourent le château, les ruines des communs et les sols archéologiques : inscription par arrêté du 28 septembre 2001, modifiée par arrêté du 1er février 2002. 

 château des ducs de Gesvres, place du Général-Leclerc, 02300 Blérancourt 

Téléphone : 03 23 39 60 16 

 

Château de Nesles

Le château de Nesles est un château féodal classé Monument Historique. Il fut édifié par le Comte Robert III de Dreux en 1226 qui s'inspira du château royal de Dourdan construit pour Philippe Auguste. La position de Nesles était à l'époque stratégique puisque la petite seigneurie se trouvait près du château de Fère en Tardenois et du Comté de Champagne qui appartenait aux comtes de Bretagne alors en bisbille avec Blanche de Castille. À l'image d'une forteresse royale, le château fort en impressionnait plus d'un! Par la suite, l'édifice fut la possession par alliance de Gaucher de Châtillon, connétable de France. Sa famille le garda un siècle avant que le château ne soit racheté par Jehan II de la Personne en 1370, sénéchal du Poitou, chambellan de Charles VI et ancien compagnon de Du Guesclin. C'est d'ailleurs lui qui fut le tout premier capitaine de la Bastille. Pendant la guerre de Cent Ans, le château fort fut assiégé et occupé par les Anglais avant d'être attribué en 1427 à Antoine de Croÿ, conseiller du duc de Bourgogne. Ensuite, il passa par mariage à Guillaume de Flavy, un sinistre personnage sans scrupule. On l'accuse d'avoir trahi et d'avoir permis la capture de Jeanne d'Arc (mais l'on a aucune preuve). Il fut également à l'origine du décès de Pierre de Rieux, Maréchal de France qu'il fit enfermer au château de Nesles. Ce triste sire fut assassiné par son épouse, Blanche, de 31 ans sa cadette, et par son amant, Pierre de Louvain qui va épouser sa dulcinée avant d'être tué à son tour par les frères de Flavy. Dans cette drôle de famille, ce ne fut que crimes entre beaux pères et cousins. Nicolas de Louvain y fit édifier le logis dans un style Renaissance avant que le château ne soit racheté par le connétable Anne de Montmorency en 1529. Il fut démantelé par la suite en perdant un étage et ses toitures pour prendre la physionomie qu'on lui connaît aujourd'hui, le château de Nesles servit d'enjeu lors de la seconde guerre mondiale, Mac Arthur y délogeant les Allemands. Restauré, il s'agit toujours d'une propriété privée. Les visites intérieures sont suspendues actuellement par la commission de sécurité. 

 Éléments protégés MH: les murs d'enceinte avec leurs tours et le donjon, à l'exception des bâtiments de ferme qui s'y trouvent encastrés : classement par arrêté du 29 mai 1922. 

 château-fort de Nesles 02130 Seringes-et-Nesles 

Téléphone : 06 74 57 45 28 

 

Château de Noüe

Château construit dans la première moitié du XVIe siècle ; en 1793, la partie supérieure de l'ouvrage d'entrée et des tourelles est abattue pour abolir les signes de la féodalité ; des communs avec écuries, remises et logements sont construits au sud-est de la propriété dans la première moitié du XIXe siècle (avant le cadastre de 1835) ; dans le deuxième quart du XIXe siècle, les extrémités du château sont abattues, et le bâtiment est totalement rénové et redécoré intérieurement et extérieurement, le fronton serait l'oeuvre du sculpteur Manes ; après cette date, la propriété n'a subi que des modifications minimes portant sur des parties secondaires ; la ferme voisine dépendait à l'origine du château, ce qui n'est plus le cas, elle fut construite au XVIe siècle comme en témoignent une partie du logis et les bâtiments agricoles ouest et sud ; au XVIIe ou au XVIIIe siècle est édifiée la majeure partie des étables, bergeries et fenils au nord-est ; la ferme a bénéficié de nombreux travaux au XIXe siècle, après 1835 : extension des bergeries au nord-est, et du logis, modification de plusieurs bâtiments agricoles ; la grange sud-ouest s'écroule en 1940, et la grange sud-est brûle en 1959, de nouveaux bâtiments agricoles sont venus accroître la ferme après cette date Château en pierre de taille calcaire avec sous-sol et un étage carré desservi par un escalier dans-oeuvre symétrique en charpente, couvert d'un toit à pignon couvert et d'un toit polygonal ; colombier en moellon calcaire enduit avec rez-de-chaussée voûté d'ogives et toit conique d'ardoise ; ouvrage d'entrée en pierre de taille calcaire avec voûte d'ogives, couvert d'un toit en pavillon en tuile plate desservi par un escalier hors-oeuvre en vis en maçonnerie ; enceinte avec tourelles en pierre de taille calcaire couvertes d'un toit conique en calcaire ; communs en pierre de taille calcaire couverts d'un toit d'ardoise à pignon couvert ; logis de ferme en pierre de taille calcaire desservi par un escalier dans-oeuvre, avec toits à pignon découvert en ardoise et toits à deux pans à pignon couvert et à croupe en tuile plate ; bâtiments agricoles construits en pierre de taille calcaire et moellons de calcaire et grès (à l'exception d'un bâtiment ouest en brique). 

 Éléments protégés MH: le donjon et les restes de l'enceinte : inscription par arrêté du 3 juin 1927. 

 château de Noüe 02600 Villers-Cotterêts

   

Château de Saponay

Le château de Saponay, connu localement sous le nom de Château de Saponay, se trouve dans le village du même nom, dans le département de l'Aisne en France.Le château de Saponay a été construit à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle. L'histoire de la seigneurie de Saponay est étroitement liée à celle de Cramaille voisine puisque déjà en 1159 elle dépendait de Guillaume de Cramaille. 

Le monument est inscrit au titre des monuments historiques en 1928. 

 Adresse : 1 Rue Neuve, 02130 Saponay

   

Château d'Aulnois-sous-Laon

Ce château a surtout été construit au XIIIe siècle. On connaît les seigneurs d'Aulnois depuis la fin du XIIe siècle. Après des seigneurs particuliers, la seigneurie passa aux cadets des Coucy. L'un de ceux-ci fut évêque de Metz et de Noyon. Puis les Comtes de Roucy héritèrent de la baronnie. C'est alors que les princes de Condé ainsi que les Sarrebruche devinrent seigneurs d'Aulnois aux XVe et XVIe siècles, ensuite les La Rochefoucault aux XVIIe-XVIIIe siècles. Le Bourguignon Jean de Luxembourg, qui livra Jeanne d'Arc aux Anglais, s'empara du Château de 1430 à 1440. Au XVIe siècle le prince de Condé, seigneur d'Aulnois, transforma la localité en asile de protestants. A la fin de ce siècle, ce château, après avoir été détruit par les Ligueurs, fut transformé en ferme. Le château a la forme d'un quadrilatère. La grande porte s'ouvre vers le sud, sa voûte conserve les traces de la herse. A l'angle nord-est de l'enceinte est placé le donjon haut de vingt mètres. Il contient plusieurs salles voûtées d'ogives. La porte qui se trouve près de ce donjon a été percée à l'époque moderne. Les Ligueurs ont rasé les courtines au-dessus du chemin de ronde. 

 Éléments protégés MH: les restes de l'ancien château féodal : inscription par arrêté du 24 octobre 1927. 

 château d'Aulnois 02000 Aulnois-sous-Laon

 

Chateau de Vic-sur-Aisne

Le donjon de Vic sur Aisne existe depuis le VIIIe siècle: c'était alors une forteresse médiévale, élevée en bois sur des fondations de pierre et entourée de fossés. C'est ainsi que le décrit Berthe, la fille de Charlemagne, qui demandait à son père dans une lettre de l'an 814, de donner la terre de Vic sur Aisne à l'abbaye St Médard de Soissons. Cette forteresse arrêta l'invasion normande, venue de Compiègne, qui remontait la rivière. Au XIIe siècle, le donjon fut construit en pierre: tour carrée, flanquée de deux tours rondes à contreforts, dont l'une abrite une chapelle, cette tour maîtresse figure parmi les plus sophistiquées de XII siècle. Les guerres de religions vont fortement endommager le donjon qui sera restauré à partir de 1604 par l'abbé commendataire François Hotman, les tours furent découronnées, créneaux, mâchicoulis et chemin de ronde disparaîtront et le donjon sera transformé en tour résidence. Un château sera construit sur les douves des anciennes fortifications, ainsi que des communs, un nouveau prieuré, une chapelle, un pigeonnier, une glacière, la borne millière sera déplacée près du donjon. Pour les deux abbés commendataires suivants, le Cardinal Mazarin et Philippe de Savoie, le château de Vic sur Aisne était une résidence de campagne dans lequel ils faisaient de brefs séjours. L'Abbé de Pomponne, fils du marquis de Pomponne, Chancelier des Ordres du Roi Louis XIV, fit embellir la façade et aménager au goût du jour, par un grand architecte de jardins, le parc, en créant des terrasses, un jardin à la française un grand potager et un verger. A la Révolution, le château est vendu comme bien national. Jean Baptiste Clouet, Régisseur des Poudres et Salpêtres, devient le premier propriétaire. Il vend le château à son cousin quelques années plus tard : le Vicomte de Reiset. Pendant la guerre 14-18, le château est occupé par le quartier général de Franchey d'Esperey. Trois obus détruiront la tour nord-est du donjon, l'arrière nord du château et le dernier la façade gauche. Le Vicomte de Reiset se chargera de la restauration avec les dommages de guerre. Pendant la deuxième guerre mondiale, il est à nouveau occupé, les meubles sont déménagés on ne sait où. La famille Reiset le vend à une société, qui en est encore propriétaire aujourd'hui. L'association de Sauvegarde fut créée en 1989 avec comme mission, la sauvegarde, la restauration et l'animation du château, ainsi le château est ouvert au public et aux réceptions. 

 Éléments protégés MH: le donjon : classement par arrêté du 18 novembre 1919. La façade sur le parc : inscription par arrêté du 28 juin 1927. L'enceinte médiévale et les douves, le mur de clôture, les pavillons d'entrée, les façades et les toitures des bâtiments des communs, les façades et les toitures du corps de logis XVIIe-XVIIIe siècle, le parc avec sa statuaire et ses fabriques : inscription par arrêté du 10 avril 1992. 

 château de Vic sur Aisne 02290 Vic-sur-Aisne 

Téléphone : 06 89 07 12 11 

 

Château de Vierzy

En 1373, apparaît dans les archives de Vierzy, le fief de la Carrière détenu par Collard de Colligis du fait de sa femme Jeanne de la Carrière de Vierzy. Ce manoir-ferme a été entrepris à la fin du XVe siècle et achevé dans le premier quart du XVIe siècle. Le tout est antérieur à l'arrivée du bâtisseur que fut Jean d'Estrées qui le reçut à l'occasion de son mariage en 1525. Vierzy est l'œuvre d'une autre famille de constructeurs, les Louvain, établie en Soissonnais dans le deuxième quart du XVe siècle. Les bâtiments sont groupés autour de deux tours communiquant entre elles. Autour de la première, les bâtiments d'habitation, autour de la seconde, les dépendances servant de ferme. On accède à la première cour par une porte fortifiée, ornementée de faux gothique. Autour de la cour plusieurs corps d'habitation. Le plus ancien est un corps de logis en pierre à deux étages, flanqué d'une tourelle octogonale en brique, ornementée aux angles de chaînages en pierre. A chaque étage deux grandes fenêtres rectangulaires a meneaux, dont les croisées sont à profil prismatique. Ce logis fait partie de la série des manoirs en brique et pierre qui existèrent au milieu du XVe siècle en Soissonnais. 

 Éléments protégés MH: les parties du XVe siècle comprenant la porte fortifiée, le corps de logis rectangulaire à tourelle polygonale, les trois portes du bâtiment principal et les restes de galerie a arcades en tiers-point : inscription par arrêté du 8 février 1928. 

 château de Vierzy 02210 Vierzy

   

Château de Bois-lès-Pargny

Le château de Bois lès Pargny a été construit au XVIIe siècle pour la famille de Maubeuge. Tour Louis XIII avec tourelles en encorbellement, murs de briques roses avec soubassements en grès, ancrages en fer forgé précisant la date de 1611, époque de la construction par la famille de Maubeuge. Salle des gardes voûtée au rez-de-chaussée. L'aile en brique contiguë date de 1722. 

 Éléments protégés MH: le donjon : classement par arrêté du 24 juin 1927. 

 château de Bois lès Pargny, rue du Pré, 02270 Bois-lès-Pargny

   

Château de Château-Thierry

L'opinion la plus générale est que le Château qui domine Château-Thierry fut construit vers l'an 720, par Karl-Martel ou plutôt Marteau, comme l'appelaient ses compagnons d'armes, pour le fantôme de roi Theodorik IV. Karl possédait déjà dans la contrée, sur la montagne des Chesneaux, une métairie et une maison de plaisance. On y voit encore une cour qui a conservé le nom de cour de Mont-Martel, et qui n'est autre que l'emplacement de la métairie dont les derniers vestiges disparurent en 1789; ils consistaient en une porte et une tour dans laquelle les religieux de Val-Secret rendaient la justice. Quant à la maison de plaisance elle était située un peu plus bas, et de l'autre côté de la rue. Le Château à peine construit, les populations continuellement inquiétées dans ces temps de guerres civiles, s'empressèrent de venir s'établir autour d'une forteresse qui pouvait les protéger contre les attaques réitérées des bandes armées. C'est du reste l'origine de toutes les villes qui eurent pour berceau un château-fort. Cependant tout nous porte à croire que bien avant la fondation du Château, il existait sur les collines environnantes des habitations en assez grand nombre pour former non un oppide mais un vicus, et que la véritable origine de Château-Thierry est gallo-romaine. Du reste, il y a quelques années, on voyait encore dans la prairie qui est traversée aujourd'hui par le chemin de fer, les vestiges d'une chaussée romaine et le Peuple-Roi avait déjà jeté un pont sur la Marne dès le règne de Néron et de Vespasien. La ville naissante reçut le nom de son royal seigneur; ou trouve dans les anciennes chartes Castrum Thcodorici, Castellum Teuderici. Robert Gaguin la nomme Castrum Thierricum; et Duhaillan Theoderici Castrum. Le Château fut souvent habité par les rois de la seconde race et jusqu'au règne de Charles le Simple, nous ne voyons aucun événement remarquable à signaler dans l'histoire de Château-Thierry. A cette époque, les Normands commençaient à désoler la France, et déjà le comte Heribert 1er de Vermandois qui avait su réunir à ses domaines le comté de Château-Thierry, avait été forcé de les chasser à plusieurs reprises de ses Etats, lorsqu'il fut assassiné par ordre de Beaudoin, comte de Flandre. Son fils Heribert II lui succéda, mais plus ambitieux et plus astucieux que son père, il abandonna le parti du roi pour embrasser celui de ses ennemis, et bientôt le malheureux Charles, battu par Hugues-le Grand, sur les bords de l'Aisne, fut forcé de s'enfuir en Lorraine et se vit détrôné par le beau-frère de son vainqueur, Raoul duc de Bourgogne. Heribert qui voulait se faire bien voir du nouveau roi, attira chez lui Charles le Simple, et au bout de quelques jours il le faisait conduire à Château-Thierry (923). Charles était depuis quatre ans dans cette forteresse, quand Heribert vînt lui apprendre sa délivrance. En effet, le comte de Yermandois, mécontent du refus du comté de Laon qu'il avait demandé, avait résolu d'en tirer vengeance en faisant acclamer son prisonnier; mais Raoul voyant la faute qu'il avait commise, fit offrir le comté de Laon à Heribert qui s'empressa de réintégrer le pauvre roi détrôné dans sa prison de Château-Thierry. Une des tours étant venue à brûler, il fut conduit à Reims et de là à Péronne où il mourut. Nous ne pensons pas qu'Heribert ait poussé la cruauté jusqu'à renfermer Charles dans une tour; cependant on montre encore une grosse tour qui forme l'angle du Château du côté de la ville et qu'on appelle Tour du roi Thierry; il est certain que jamais Théodorik IV n'a été enfermé, puisqu'il était au contraire traité avec beaucoup d'égards par Karl-Martel qui du reste gouvernait en son nom; il n'y a pas le moindre doute à cet égard. Mais en général, il faut faire la part des légendes populaires qui, si elles ne sont pas toujours exactes dans les détails, s'appuient toujours aussi sur un fond de vérité. Nous croyons donc que la tour de Thierry, que quelques-uns appellent aussi prison du roi, n'est autre que la prison de Charles le Simple, si toutefois ce malheureux prince a jamais été si rigoureusement traité, ou mieux encore, la prison indispensable à tout château-fort. C'est sous le règne d'Heribert que la chapelle du Château reçut les reliques de Saint-Cénéric, dont les religieux fuyaient les brigandages des Normands; et depuis ce temps elles ont toujours été en grande vénération à Château Thierry, qui regarde ce saint comme son patron tutélaire. Château-Thierry eut à subir plusieurs sièges, tant de la part du roi Raoul qui, après la mort de Charles le Simple, voulait se venger des trahisons sans cesse renouvelées du comte de Vermandois, que de celle de ce dernier qui faisait tous ses efforts pour rentrer dans ses États. Le premier, qui était dirigé par la reine Emma, en l'absence de son mari, dura six semaines, au bout desquelles le gouverneur, nommé Walon, capitula honteusement avec la reine. Heribert parvint à rentrer par surprise à Château-Thierry qui fut de nouveau assiégée par Raoul et ne se rendit qu'au bout de quatre mois. Heribert fut donc obligé de capituler, mais à peine l'ennemi était-il parti, qu'il refusa d'exécuter les conditions de la capitulation. Raoul revint donc une troisième fois, la paix ne fut définitivement conclue qu'en 934 et Château-Thierry fut une des villes que le comte de Vermandois fut obligé d'abandonner. Raoul étant venu à mourir au bout de deux ans, Heribert profita des troubles occasionnés par cette mort, pour rentrer à Château-Thierry dont les portes lui furent ouvertes par ce même Walon qui l'avait déjà trahi. Inutile d'ajouter que le premier soin du comte fut de faire jeter le traître dans un cachot où il mourut de faim. Le comté de Château-Thierry resta jusqu'en 945 dans les mains de la famille d'Heribert; à cette époque, il devint la propriété de Richard comte de Troyes qui paraît l'avoir vendu ou donné en fief à un nommé Thierry. La durée du règne de Thierry et de ses enfants, fut une ère de bonheur et de prospérité pour le pays, Thierry s'empressa de réparer la forteresse qui changea presque complètement de physionomie. Les enfants de Thierry succédèrent à leur père et purent continuer assez paisiblement son œuvre; d'un autre côté ils avaient également su se concilier les bonnes grâces des comtes de Champagne, leurs suzerains, qui paraissent s'être réservé des biens dans la seigneurie de Château-Thierry. Hugues, fut le dernier seigneur feudataire de Château Thierry; c'était un homme d'une naissance très illustre qui tenait un rang distingué dans l'État. D'autres le croient parent des comtes de Champagne, et les Chartes l'appellent Dignasta, seigneur d'un grand pouvoir; il agrandit le château, et construisit la porte d'entrée dont on voit encore les restes; c'est un des beaux morceaux d'architecture militaire du XIe siècle. A cette époque, le château n'avait pas l'étendue qu'il a aujourd'hui; il y avait entre la première enceinte et la porte actuelle, un espace vide qu'on appelait le Mont-Blanc. Hugues l'entoura de murs flanqués de tours et de bastions; dès lors cette forteresse fut regardée comme une des plus dures de France. Hugues mourut en 1070; Château-Thierry passa sous l'autorité immédiate des comtes de Champagne, qui surent se faire aimer et respecter; mais le plus illustre de tous, et celui qui affectionna le plus Château-Thierry est sans contredit Thibault II, surnommé le Grand. Ce prince fit construire sur le Château à l'entrée du second fort, derrière l'église, une chapelle qui fut dédiée à Thibault, il fit amener l'eau sur le sommet du château qui se trouva posséder, outre un puits très profond et une citerne, deux jets d'eau, un abreuvoir et un canal séparant les deux forts. Thibault ne borna pas ses travaux à son château, il fit reculer le lit de la rivière, construisit un fort près du pont, entoura la ville de murs, et jeta les fondements de la porte Saint-Pierre qui était une des principales entrées de la ville. Les successeurs de Thibault le Grand continuèrent les œuvres de ce prince, laissant dans le pays des traces de leurs bienfaits dont le souvenir n'est pas encore effacé. Nous citerons, entre autres: la fondation de la Maison-Dieu de la Barre, en 1210, par Blanche de Navarre, épouse de Thibault II; la Charte de commune donnée à Château-Thierry par le comte Thibault IV en 1231, et l'agrandissement de l'église Notre-Dame du château qui datait du VIIIe siècle, par Blanche d'Artois, comtesse de Champagne et reine de Navarre en 1276. C'est à cette princesse dont le nom est resté si populaire, que Château-Thierry doit une partie de ce qui a contribué à sa prospérité. Elle institua la Basoche à qui elle accorda divers privilèges. Avec la reine Blanche finit la dynastie des comtes de Champagne, sa fille Jeanne ayant épousé Philippe le Bel; le comté de Château-Thierry rentra dans le domaine de la Couronne. Nous ne voyons rien de remarquable à enregistrer dans l'espace de temps qui s'écoula depuis la mort de Jeanne en 1304, jusqu'à l'époque où la plus grande partie de la France devint la proie des Anglais. Le Comté de Château-Thierryfut donné en apanage à Louis d'Orléans, en 1400, et vingt ans après, malgré l'héroïque défense du brave Lahire, le château qui avait déjà beaucoup souffert de la Jacquerie et pendant les luttes intestines entre les Armagnacs et les Bourguignons, tomba au pouvoir des Anglais. Ils n'en furent chassés qu'en 1429, par Jeanne d'Arc. Par le traité de Péronne, Louis XI en assura la possession au duc de Berry, son frère, mais à la mort de ce prince il le céda au connétable de Saint-Pol en échange de l'île de Ré (1473); puis quand le connétable eut été décapité, il le donna au Bâtard de Bourgogne (1478). Enfin, Louis XII rentra dans sa possession en 1502. François 1er établit à Château-Thierry deux foires par année pour la vente des cuirs et des étoffes différentes, et fit construire un nouveau pont sur la Marne, pour remplacer celui des romains qui tombait en ruines. En 1526, Château-Thierry passa dans le domaine des ducs de Bouillon. Charles-Quint entra par capitulation à Château-Thierry en 1544, elle n'en fut pas moins pillée et ravagée malgré la foi jurée. Sept ans après, Henri II l'érigea en présidial. En 1566, Charles IX la constitua en duché-pairie pour son frère le duc d'Alençon; ce prince y mourut en 1584. Pendant les guerres de la ligue, Henri IV confia la défense du château au nommé Lanoue qui défit les ligueurs dans plusieurs sorties; malheureusement, Henri IV eut la maladresse de le remplacer par un sieur de Pinard, et à peine était-il installé qu'il livrait la ville au duc de Mayenne, en 1591. Le duc y laissa une forte garnison sous le commandement de Saint Chamans. En 1593, celui-ci remit Château-Thierry à Henri IV, qui le maintint dans son poste et rendit aux habitants tous les privilèges dont ils avaient été dépouillés. Pendant la minorité de Louis XIII, les princes assiégèrent Château-Thierry et s'en emparèrent (1614); deux ans après elle rentrait sous l'autorité royale et devint alors l'apanage de François d'Orléans comte de Saint-Pol, qui la combla de bienfaits. A sa mort (1631), le roi reprit possession du duché et vint souvent habiter le château avec Anne d'Autriche et Richelieu. En 1650, lors de la première invasion des Lorrains, Château-Thierry fut préservée de leurs attaques, grâce à l'attitude énergique du prieur du monastère de Coincy, Jacques Bataille qui, ayant armé ses moines, tint tête à douze cents Lorrains qui l'assiégeaient dans son abbaye et les contraigne à se retirer. La ville eut moins de bonheur en 1652, Charles de Lorraine put y pénétrer et ses soldats exercèrent les plus grandes cruautés sur les habitants. En 1652, Louis XIV échangea les terres d'Albret et de Château-Thierry contre la principauté de Sedan, la maison de Bouillon rentra donc en possession du duché et le conserva jusqu'à la Révolution. Les fortifications du château furent rasées en 1700, et le dernier hôte illustre que reçurent ces vieilles murailles fut Marie de Mancini, qui bannie dans ses terres, vint passer son exil à Château-Thierry. Ce fut à cette époque qu'une aventure scandaleuse amena la suppression de l'abbaye de la Barre renversée de fond en comble en 1745. L'effervescence des passions politiques pendant la Révolution se manifesta à Château-Thierry, et bientôt elle fut obligée de supprimer son nom pour prendre celui de Egalité sur Marne. Sous l'Empire, la ville eut plusieurs fois l'honneur de recevoir Napoléon dans ses murs, et en 1811, sa position stratégique en fit un des centres les plus importants des opérations militaires. Les généraux Blucher, York et Saken, s'en emparèrent le 9 février et après la victoire de Montmirail, les troupes coalisées s'y concentrèrent. Elles furent bientôt obligées d'évacuer la ville où elles avaient commis les plus grands excès; ils y rentrèrent le 24 et la mirent de nouveau au pillage, mais le 8 mars l'apparition de l'Empereur jeta l'épouvante parmi eux et ils s'enfuirent en désordre. La garnison française fut forcée d'abandonner la ville, le 22 mars, l'ennemi y rentra et se porta de nouveau à toutes sortes de violences. Le retour de la paix vint mettre un terme à toutes ces souffrances. Les armes de Château-Thierry sont d'azur à un château composé de cinq tours d'argent, pavillonnées et girouettées de même, posées en fasce, accompagnées de trois fleurs de lys d'or, posées deux en chef et une en pointe; l'écu entouré de deux branches de houx et surmonté de la devise, Nul ne s'y Frotte. La première entrée du château était la porte Saint-Pierre, composée de deux tours massives et d'une ogive surmontée d'un blason; elle était garnie d'un pont-levis et de herses, une muraille terminée à l'angle par une tour venait de chaque côté rattacher à cette porte et la protéger. Au-delà se trouve la première enceinte bâtie par Hugues au XIe siècle. Rien de plus majestueux que son entrée flanquée de tours anguleuses et bosselées, sa voûte tortueuse qui était précédée d'une arcade ogivale dont il ne reste plus que les piliers. Si nous pénétrons à l'intérieur, l'aspect est saisissant et la vue de ces vieilles murailles que le temps semble vouloir protéger de son manteau, de ces salles voûtées qui se présentent dans toute leur simplicité sévère et grandiose, inspire aux visiteurs un respect dont il est impossible de se défendre. A droite et à gauche, on voit une salle éclairée par des meurtrières et où se trouve un escalier qui conduit aux étages supérieurs composés de couloirs et de salles voûtées, garnies de leurs cheminées. Il n'en reste plus qu'une fort bien conservée, l'autre ayant été démolie quand on eut la malencontreuse idée de diminuer la hauteur des tours. Ces salles servaient de corps de garde; elles avaient chacune une chambre pour l'officier, et leurs cabinets d'aisances se voient encore à l'entrée des couloirs qui conduisent sur la plate-forme. Avant la Révolution, la première enceinte qu'on nommait l'avant cour, était couverte de maisons particulières, et il v a quelques années, on y voyait encore la maison qu'habitait Richelieu quand Louis XIII venait à Château-Thierry; mais au temps de sa splendeur féodale, il n'y avait que des logements et des magasins. Tout près de la porte se trouve l'entrée de souterrains qui n'ont aucune importance au point de vus stratégique. La seconde enceinte était séparée de la première par un large fossé que l'on traversait sur un pont de deux arches, sur la tête duquel venaient s'appuyer deux tourelles qui formaient l'entrée de ce second fort. Cette partie du château est la plus considérable et la plus ancienne. Les tourelles et le pont ont disparu; il ne reste plus que la base d'un donjon qui, à en juger par les vues anciennes et par ce que nous en avons sous les yeux, devait être formidable. Il se nommait donjon ou tour Saint-Thibault. Nous ne pouvons nous empêcher de voir dans ce curieux édifice un bel et rare échantillon de construction mérovingienne. Auprès du donjon s'élevait la chapelle Saint-Thibault, fondée par Thibault le Grand et qui aura sans doute donné son nom au donjon, lors des réparations que ce prince a pu y faire. L'église du château avait une crypte ou église souterraine où furent déposées les reliques de Saint-Cénéric et plus tard celles de Saint-Thibault, quand la chapelle fut démolie. A la suite de l'église étaient le presbytère, le palais du prince et les logements pour les troupes et les gens de service; toutes les constructions se trouvaient au Sud. Le second fort renfermait en outre deux jets d'eau, un puits appelé le Puits de l'Abîme, un abreuvoir et une citerne. La Prison du Roi est la tour qui forme l'encoignure de la pointe occidentale. Non loin de cette tour, du côté Sud, est la Tour Bouillon et la Tour Rouge. Auprès du donjon Saint-Thibault, on a découvert l'entrée d'un souterrain ou, pour parler plus exactement, de plusieurs souterrains assez curieux et qui pourraient peut-être donner raison à l'antique tradition qui voudrait qu'un souterrain partant du château pour descendre sous la Marne, vînt sortir à Nogentel. Comme le château peut passer pour un des plus curieux de la contrée, par son étendue qui était considérable et par les souvenirs qui s'y rattachent, il est fâcheux qu'après la Révolution on n'ait pas songé à en conserver les ruines au lieu de les détruire comme on l'a fait; il renfermait encore des débris fort curieux et on pouvait alors se faire une idée des constructions qui le couvraient. 

Éléments protégés MH: les ruines du château ainsi que la butte sur laquelle elles sont situées : classement par arrêté du 2 août 1932. 

château de Château-Thierry 02400 Château-Thierry 

Téléphone : 03 23 84 86 86

   

Château de Condé

Le château doit son origine à la forteresse construite vers 1200 dans la vallée du Surmelin par Jean de Montmirail, connétable de France, gendre de Guillaume de Dampierre et de Marguerite de Flandre, et constituée en dot à sa fille Marie, épouse d’Enguerrand II de Coucy. Comme les autres biens de cette illustre famille, il échut aux Bar, puis aux Luxembourg. Confisqué lors de l’exécution du connétable Louis de Luxembourg (1475), 1l revint en 1487 à sa petite-fille Marie de Bourbon-Vendôme. Au milieu du XVIe siècle, Louis de Bourbon-Vendôme, cardinal-archevêque de Sens, abbé commendataire de Saint-Denis et d’Orbais, fit transformer et agrandir la vieille demeure médiévale, comme en témoigne toujours la présence de ses armes au-dessus de portes et de cheminées. Son neveu Louis de Bourbon, qui prit le titre de prince de Condé, devint l’un des chef du parti huguenot et mourut assassiné à l’issue de la bataille de Jarnac. Lorsque Victor-Amédée de Savoie-Carignan, petit-fils de Marie de Bourbon-Soissons, servit dans les armées du prince Eugène, Louis XIV fit confisquer le domaine qui demeura sous occupation militaire jusqu’en 1719. Le château devait être en fort mauvais état lorsque Jean-François Leriget, marquis de La Faye, obtint du Régent la levée du séquestre et la vente à son profit, moyennant 120 000 livres. Ce personnage influent avait un talent si rare pour manier les esprits que Louis XIV s'était servi de lui pour le bien de l’État. Secrétaire du cabinet du Roi, il s’était acquitté de missions fort délicates à Gênes, à Utrecht, à Londres et auprès de nombreuses cours d’Europe. Académicien, administrateur de la Compagnie des Indes et l’un des principaux bénéficiaires du "système" de Law, il alliait joie de vivre, scepticisme et tolérance, réunissant dans son salon le jeune Voltaire, Crébillon et autres beaux esprits. Il faisait également travailler de nombreux artistes, comme en témoignent les embellissements apportés à son château de Condé. Leriget de La Faye fit ouvrir la cour au sud et régulariser l’ordonnance des façades. Mais surtout, il fit doter les appartements du décor peint qui fait encore aujourd’hui la gloire du château. À sa mort, en 1731, lui succéda son neveu et homonyme, secrétaire du cabinet du Roi, puis colonel au régiment de Louvois, qui fit aménager les petits appartements de l’aile est. En 1814, à la mort de la comtesse de La Tour du Pin-Lachaux, née Leriget de La Faye, le domaine échut à la comtesse de Sade, belle-fille du célèbre marquis, dont les descendants habitèrent Condé jusqu’en 1983. Endommagé en 1918, occupé et pillé en 1940-1945, le château a fait l’objet d’une longue restauration, celle du gros-oeuvre, tout d’abord, puis celle du décor intérieur, poursuivie depuis près de dix ans par ses propriétaires actuels, M. et Mme Alain Pasté de Rochefort. L’escalier de l’aile gauche, avec ses rampes droites voûtées en berceau, remonte au milieu du XVIe siècle, époque du cardinal de Luxembourg, de même que les salles du rez-de-chaussée, austères et munies de grandes cheminées. Il contraste avec le vaste escalier d’honneur, créé au XVIIIe siècle dans l’aile droite pour desservir les appartements du "piano nobile": le grand salon central, haut de plus de cinq mètres, occupe toute la profondeur du corps principal. Sur les murs, des toiles peintes en trompe-l’oeil par l’architecte-ornemaniste Servandoni simulent un riche décor de colonnes et de pilastres de marbre, encadrant fenêtres, portes et groupes mythologiques logés dans des niches: Apollon servi par les muses, enlèvement de Proserpine et allégories des quatre continents; également traité en trompe-l’oeil, le plafond donne l'illusion de caissons; le salon d’angle, le plus précieux, doit au peintre animalier Jean-Baptiste Oudry ses grandes natures mortes animées d’oiseaux et de chiens, et les trois dessus-de-porte qui accompagnent ses boiseries peintes en camaïeu. Achevé vers 1724, cet ensemble exceptionnel a vraisemblablement succédé à un décor lui aussi d’excellente qualité, comme en témoigne la scène de port peinte sur enduit, récemment découverte sous le trumeau de la cheminée. La salle à manger, avec ses deux niches de marbre; la petite bibliothèque, habillée de boiseries Louis XVI sculptées; la chambre dite de Richelieu (la comtesse de Soissons hébergea le cardinal en 1635, lors du séjour de la Cour à Château-Thierry), avec ses sobres boiseries cirées et, au trumeau, le groupe de l’enlèvement d’Europe; la chambre d’angle, dont l’épaisseur des murs rappelle les maçonneries médiévales, ornée par Lancret d’un trumeau illustrant un conte de La Fontaine; une antichambre offrant un précieux décor appliqué à la détrempe sur les murs, juxtaposant ébauches et repentirs, attribué à Watteau et à ses élèves, Pater et Bonaventure de Bar; les chambres créées à l’emplacement de la galerie ouest, dont plusieurs ont conservé des scènes dues aux mêmes peintres, témoignant d’une étonnante fraîcheur de tons; la chapelle enfin, logée dans une tour d’angle, consacrée en 1740 et restaurée vers 1830 par la famille de Sade. Dans le parc nous trouvons une nature libérée des contraintes rigoureuses. La nature est reine et l'intervention humaine humble et discrète. Place aux platanes tricentenaires classés remarquables de l'allée des Princesses ainsi qu'à la faune et la flore. 

Éléments protégés MH: les façades et toitures du château et de l'ancienne capitainerie ; grille et clôture d'entrée ; escalier droit Renaissance de l'aile Ouest ; escalier de l'aile Est avec sa rampe fer forgé ; départ de l'ancien escalier droit de l'aile Est ; pièces suivantes avec décor : au rez-de-chaussée : chambre des princes, chambre du donjon ; au premier étage : palier du premier étage orné de peintures murales, grand salon peint en trompe-l'oeil, salon orné de tableaux d'Oudry, petit salon et cabinet attenant, petite salle à manger de l'aile Est, grande salle à manger, bibliothèque, chambre dite de Richelieu, chambre d'angle dite chambre rose, première chambre de l'aile de la chapelle ainsi que le dessus de porte représentant une scène galante dans le couloir de l'aile de la chapelle : classement par arrêté du 18 octobre 1979. 

 château de Condé 02330 Condé-en-Brie 

Téléphone : 03 23 82 42 25 

 

Château de Berzy-le-Sec

Situé sur une position qui domine la vallée de la Crise, le château de Berzy dépendait de la châtellenie de Pierrefonds, et était régi depuis Philippe Auguste par la coutume des Valois. Remanié au cours des siècles, c'est déjà un logis fortifié à l'époque Carolingienne, renforcé et agrandi aux XIVe et XVe siècles à l'époque de la guerre de cent ans, modifié encore dans le style de la renaissance, à l'époque des guerres d'Italie. Le château s'inscrivait dans un quadrilatère de 32 m à 51 m de côté. Il comportait en plus de ce qui subsiste des combles qui couvraient le deuxième étage, un mur de défense d'une dizaine de mètres de haut surmonté de tourelles dans les angles (la totalité de l'enceinte existait jusqu'en 1850) de bâtiments à usage domestique dans la cour, d'un puits, d'un pont levis, d'un ouvrage avancé, de fossés aujourd'hui remblayés creusés dans le banc rocheux et de deux tours qui rehaussaient l'actuel châtelet de deux étages. Aux premiers seigneurs connus au XIIe siècle succèdent: la famille de Louvain, du milieu du XVe siècle au milieu du XVIe siècle, la famille d'Estrées, par mariage du milieu du XVIe siècle au XVIIIe siècle, puis la famille le Peletier de Saint Fargeau jusqu'au début du XIXe siècle, la demeure sera transformée en exploitation agricole du XIXe siècle jusqu'à la Première Guerre Mondiale. Le château porte les armes de France et celles des Orléans comme à Pierrefonds et à La Ferté Milon. Détruit par la première guerre mondiale, qui fit du château un amas de décombres, mais il fut sauvé de la disparition par son classement MH. Le bâtiment s'apparente à une série de châteaux ou le chemin de ronde prime sur le donjon (la circulation était continue sur toute la périphérie de l'enceinte comme à La Ferté Milon, le château est depuis 1984 propriété de la commune. Il subsiste aujourd'hui les ruines de cette bâtisse, des fossés adjacents et une cour intérieure. 

 Éléments protégés MH: les restes du château, les fossés adjacents et la cour intérieure : classement par décret du 13 juillet 1926. 

 château de Berzy le Sec 02200 Berzy-le-Sec 

Téléphone : 03 23 74 90 09

 

Château de Festieux

Ce château a eu plusieurs époques de construction : XIVe, XVe, XVIIe et XVIIIe siècles. Il compte de remarquables éléments : un pigeonnier, un portail, le salon, les élévations, les tours, la toiture et aussi les décors intérieurs. Il est à l'entrée du village, adossé à la forêt avec une cour carrée comprenant un jet d'eau, une deuxième avec un pigeonnier, un jardin à la française de l'autre côté avec comme fond la forêt. Le jardin comprend une pièce d'eau, des haies en buis, une terrasse mais de nombreuses statues ont disparu. 

Le monument est inscrit au titre des monuments historiques en 1978 

Adresse : 8 Rue du Château, 02840 Festieux 

 Téléphone : 03 21 15 09 00 

 

Château de Montgobert

Château et ferme construits pour Antoine Pierre Desplasses, de 1768 à 1775, à l'emplacement d'un manoir médiéval et de sa ferme; le Général Leclerc, à une date inconnue entre 1798 et 1802, fait exhausser le château d'un étage en attique et remplacer le parterre à la française par un jardin paysager ; après la mort de Leclerc en novembre 1802, l'architecte Pierre Fontaine lui dessine un tombeau, qui sera élevé au fond du parc ; son décor sculpté, confié en 1804 à un nommé Laudier, est resté inachevé ; les communs sont bâtis dans la première moitié du XIXe siècle, avant 1831 (date d'un terrier sur lequel ils figurent) ; les deux pavillons d'entrée sont aussi du XIXe siècle, mais postérieurs à 1835 ; la grange de la ferme a été rebâtie, après sa destruction en 1905; plusieurs bâtiments de la ferme ont été détruits ou modifiés dans la deuxième moitié du XXe siècle; l'accès à la ferme est aujourd'hui clos par des grilles provenant des halles parisiennes de Baltard ; le château, entouré d'un simple parc, renferme actuellement le musée européen du bois et de l'outil, inauguré en 1974. Château édifié en moyen appareil desservi par un escalier d'honneur dans-oeuvre, tournant à retours avec jour, suspendu, en maçonnerie, et deux escaliers de service dans-oeuvre, en vis avec jour, en maçonnerie ; il est couvert d'une toiture d'ardoise composée d'un toit à croupe et de toits en pavillon ; pavillons d'entrée en moyen appareil, couverts d'un toit à croupe en ardoise ; bâtiment sud des communs en moyen appareil pour les élévations nord et est, et en moellon pour les élévations sud et ouest, couvert d'un toit d'ardoise avec un pignon couvert et un découvert ; bâtiment ouest des communs en moyen appareil, couvert d'un toit d'ardoise à croupe ; tombeau en pierre calcaire de grand appareil, surmonté d'une stèle en grès ; bâtiments de ferme en moellon à l'exception du logis en moyen appareil ; le logis est desservi par un escalier dans-oeuvre tournant à retours sans jour dont la première volée est en maçonnerie et la deuxième en charpente. Dans le château, trois salles de réception : un vestibule de 60 m² (capacité de 80 personnes assises). Salle à manger de 90 m² (capacité de 90 personnes assises, 120 debout) et 2 salons de 90 m² (capacité de 80 personnes assises, 150 debout). Capacité totale : jusqu'à 170 personnes assises, 350 en cocktail. Parking 180 places, deux salles pour les traiteurs. Toilettes. Château illuminé. Dans le parc peuvent être installées des tentes de toutes tailles pour l'organisation de vos manifestations: soirées, concerts, mariages, expositions, etc... 

 Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château ; l'escalier avec sa rampe en fer forgé; la salle à manger avec son décor au rez-de-chaussée : inscription par arrêté du 29 décembre 1978. Le tombeau du général Leclerc se trouvant dans le parc: classement par arrêté du 29 décembre 1978. 

 château de Montgobert 02600 Montgobert 

Téléphone : 07 56 94 62 48 

 

Châteaux les plus consultés

(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique


Nombre total de pages vues

compteur internet
```html