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Château de Chevilly

Situé dans la proche banlieue d'Orléans, le château de Chevilly, de style typiquement classique, a conservé le somptueux parc de cette époque avec ses jardins à la française, très simples, ses immenses allées rectilignes tracées à travers le parc. En 1732, Nicolas Hatte, receveur général des Finances fit construire le château. En 1763, Perrin de Cypierre, intendant de la généralité d'Orléans, acquit le château et y demeura durant toute sa fonction en y menant grand train. En 1870, le domaine fut le théâtre de violents combats livrés entre Français et Bavarois. La répartition des bâtiments est fort simple. Le corps de bâtiment central à un étage est surmonté d’une haute toiture; on y compte cinq ouvertures et sa porte d’entrée est coiffée d’un fronton triangulaire. Le balcon de la fenêtre centrale du premier étage est richement supporté par une console ornée d’un masque d’Hercule, symbole de la puissance de l’occupant des lieux. Les deux bas-côtés qui sont moins élevés n’ont que trois fenêtres; leur toiture est plus basse. Du côté des jardins, le pavillon central a été pourvu de quatre colonnes toscanes, en forte saillie, qui supportent le fronton triangulaire percé d’un oculus; elles ont été ajoutées ultérieurement. Les parterres situés de chaque côté de la maison sont l’œuvre de Jamin, architecte paysagiste orléanais. Dans le parc on ajouta en 1905 quatre belles statues symbolisant les diverses parties du monde; celles-ci proviennent du palais de la reine d’Espagne qui occupait à Paris l’emplacement de l’ancien hôtel Majestic. Outre le château proprement dit, on retiendra la belle architecture de la chapelle, décorée de boiseries richement travaillées. Les communs très vastes et une glacière naturelle, creusée dans le roc à une vertigineuse profondeur, complètent l'intérêt de cette somptueuse demeure. A noter que le château de Chevilly a donné son nom à ce petit village du Loiret.

 Éléments protégés MH : la chapelle : classement par arrêté du 23 février 1965. Les façades et les toitures du bâtiment principal et des communs ; le jardin à la française ; la cour d'honneur et l'allée d'accès : inscription par arrêté du 23 février 1965. Les grandes perspectives du château : l'allées de Huètres et de Chevilly (ou du Château) ; l'allées de Gidy et des Fresnes ; l'allée de Madame prolongeant le grand axe d'accès au château depuis la R.N. 20 jusqu'à la partie déjà inscrite ; la bande de terrain de 50 m de largeur de part et d'autre de ces allées : inscription par arrêté du 19 décembre 1967. 

 château de Chevilly 45520 Chevilly 

 Téléphone : 02 38 80 10 05

 

Château de Chatillon

Dès le XIe siècle, la seigneurie de Châtillon est un castrum appartenant aux comtes de Blois. Après la destruction de la place de Châtillon en 1180 par le jeune roi Philippe Auguste, Étienne 1er de Sancerre fit construire, probablement entre 1180 et 1190, le donjon conservé actuellement, qui fut intégré au XVIe siècle dans les nouvelles constructions du château. De plan circulaire puis polygonal à seize côtés, le donjon offre en outre à chacune des arêtes de ses faces, un pilastre surmonté d’un chapiteau qui décèle le ciseau de la fin du XIIe siècle. Il mesure 32 mètres et comporte cinq niveaux, éclairés à peine par d’étroites et rares meurtrières: les deux premiers abritaient les réserves et le troisième correspondait au niveau d’accès avec une porte qui était précédée d’un pont-levis, le quatrième n’avait pas de fonction autre qu’architecturale et le cinquième était occupé par une salle dont les vestiges (une cheminée couverte d’une hotte conique, un lavabo, des latrines et une logette) lui confèrent une destination d’habitation noble. On y parvient à l’aide d’un escalier aussi raide qu’étroit. Le donjon de l’extérieur présente un bel appareil en pierre se couvrant à partir de dix mètres de hauteur d’un bossage rustique dense puis plus clairsemé. Il avait autrefois une couverture qui, détruite à deux reprises, n’a pas été remplacée. Situé au-dessus de la ville, qui conserve des restes de son enceinte, le château de Châtillon-Coligny, construit sur un plateau, domine la vallée du Loing et le cours du Milleron.

Si les bâtiments résidentiels du château médiéval ont été mis à mal au moment de la Révolution au point de ne plus exister, il subsiste une vaste enceinte presque carrée à bastionnets caractéristiques de l’époque, que l’on peut appeler cour d'honneur. C’est à son niveau, sur le côté ouest, qu’en 1854 a été construit un Petit Château de briques par Charles-Emmanuel-Sigismond de Montmorency-Luxembourg qui avait racheté les ruines du château patrimonial après avoir fui au Portugal pour échapper à l’échafaud. On y retrouve une ancienne tour-porte, malheureusement très maquillée, qui en forme l’élément central. Les angles de l’édifice sont appareillés en jambages de pierre de taille calcaire, de même que les jambages courant verticalement le long des piédroits des porches. La cour d'honneur, en terrasse, n’est en fait que la partie supérieure de l’orangerie datant de la deuxième moitié du XVIe siècle, sans doute l’une des premières de la Renaissance française, elle constitue le morceau de choix du château de l’amiral de Coligny. Au-devant de cette orangerie constituée, sur 120 mètres de long, d’une succession de neuf hautes salles rectangulaires, voûtées d’arêtes et éclairées vers le sud par de grandes verrières, demeure un puits datable de 1560-1570, attribué sans preuve à Jean Goujon mais probablement postérieur à la mort de cet artiste. La succession de ces terrasses se termine par un vaste jardin potager, bordé par le Milleron canalisé, qu’enjambent deux ponceaux de pierre à deux arches du XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH : les trois terrasses et l'orangerie : inscription par arrêté du 3 décembre 1930. Le donjon et le puits: classement par arrêté du 8 mars 1949. 

 château de Chatillon Coligny 45230 Chatillon Coligny 

 Téléphone : 02 38 92 63 87

 

Château de Châteauneuf sur Loire

Hormis les belles grilles d’entrée qui accueillent le visiteur, il ne reste que très peu de choses du château qui, du Moyen Âge à la Révolution, connut une longue histoire et hébergea les personnages les plus divers et les plus célèbres. Du château lui-même, seul un beau pavillon en rotonde polygonale, surmonté d’une toiture en dôme, a conservé son élégante architecture d’origine. Tout à côté, une partie plus ancienne, transformée en mairie, a été profondément mutilée. Juste en face, les écuries, transformée en musée, échappèrent au désastre grâce à leur utilisation à l’époque des chevaux. Le parc lui-même, très vaste à l’origine, a laissé la place à une prairie verdoyante. Il n’en subsiste plus qu’une grande allée boisée longeant la route d'Orléans et qui est célèbre par ses massifs de rhododendrons qui s’épanouissent chaque printemps. Au point de vue historique, il y eut successivement en cet endroit au moins trois châteaux qui ont suivi les modes architecturales de l’époque avant d’être détruits et remplacés par une autre construction complètement différente. Après la Révolution, les derniers bâtiments ont presque tous été anéantis. Le premier château était une forteresse massive à quatre tours qui a abrité des rois de France: Louis VI le Gros, Louis VII, Saint Louis, Charles IV dit le Bel qui y mourut en 1343. On y trouve ensuite deux ducs d'Orléans, Philippe puis Charles (1403). En 1418, Louis XII le donne à Jeanne de Valois qu’il avait répudiée. En 1644, il appartenait à Charles Particelli, puis à sa fille, épouse de Philipeau de La Vrillère qui fit reconstruire le château et qui repose dans un beau mausolée dans l’église du bourg. Le dernier de cette lignée, connu sous le nom de comte de Saint-Florentin, accéda enfin en 1770 au titre de duc de La Vrillère. Il mena à Châteauneuf une vie fastueuse.

 En 1783, le domaine fut acheté par Louis Marie de Bourbon, duc de Penthièvre (petit-fils de Louis XIV par le comte de Toulouse, son père). Il construisit un dernier château et y tint une cour brillante. Il avait fait planter une allée de tilleuls pour procurer de l’ombre à sa belle-fille, la princesse de Lamballe qui, fidèle à la reine, allait périr sur l’échafaud. Le duc de Penthièvre mourut en 1793, lechâteau fut mis sous séquestre et son mobilier vendu ou pillé ainsi que les tableaux que le duc avait accumulés et qui comprenaient des Carache, Nattier, Rigaud etc... Le château fut alors acheté par l’architecte orléanais Lebrun qui le fit démolir à l’exception de la célèbre rotonde qui à encore conservé ses décors intérieurs à pilastres et en stuc, et qui donne encore accès à l’escalier qui conduit à un pont de pierre dominant les douves. On accède au vaste parc en traversant ces douves. Ce parc à la Française, dessiné par André Le Nôtre au XVIIIe siècle, exalte les couleurs et les parfums de sa flore exotique et de ses rhododendrons géants. Au XIXe siècle le parc est transformé en parc à l'Anglaise, le jardinier-paysagiste Huillard d'Hérou plante une exceptionnelle collection d'essences rares, dont une quarantaine d'arbres remarquables, ainsi que les magnifiques rhododendrons géants dont la floraison, fin mai, est un événement à ne pas manquer. 

 Éléments protégés MH : le pavillon octogonal ; le bâtiment des anciennes écuries et le grand pavillon situé à l'angle Sud-Est de l'avant-cour, dit le pavillon de l'Horloge : classement par arrêté du 24 juin 1927. La grille d'entrée et les deux pavillons qui l'encadrent, l'orangerie et l'aile de l'ancien château : classement par arrêté du 11 juillet 1942. 

 château de Châteauneuf sur Loire 45110 Châteauneuf-sur-Loire 

 Téléphone : 02 38 46 84 46

 

Château de Chamerolles

Depuis qu’en 1987 le château de Chamerolles a été racheté par le conseil général du Loiret, qui l’a débarrassé de la luxuriante végétation qui l’avait envahi, de ses fourrés et de ses ronces, l’atmosphère romantique, le mystère, le silence qui en faisait un château de la belle au bois dormant, a définitivement disparu. La vie publique qui assure sa survie a relégué au rang des légendes, les histoires chaotiques et violentes qui s’y sont succédé pendant des siècles. La famille de Brouard qui l’habitait au XIIIe siècle a vu sa maison ravagée en 1364 par les hordes anglo-navarraises, chassées elles-mêmes par les Bretons appelés au secours, qui le pillèrent à leur tour comme tous les châteaux des environs. En 1440, Bertrand du Lac s’y installa et se fit enterrer à La Cour-Dieu en 1466. Son fils, Lancelot du Lac, chambellan du roi, devint gouverneur d'Orléans et mourut en 1536. Son petit-fils prénommé aussi Lancelot se fit protestant et en 1567 s’en alla piller La Cour-Dieu, qu’il dévasta, s’arrêtant seulement devant la tombe de son grand-père. La chapelle du château se transforma alors en un temple protestant qui servit à tous les réformés des environs et qui a laissé une profonde mémoire à leurs descendants d'Amérique. À partir de 1672, le château de Chamerolles passa de mains en mains: les Brachoux, Jacques Johanne de La Carre, marquis de Saumery, puis le comte breton de Coëtlogon. Enfin, en 1764, le domaine fut acquis par Claude Guillaume Lambert, conseiller au Parlement et contrôleur des finances, qui l’aménagea dans le goût du jour. En 1794, Lambert fut arrêté et guillotiné. Après la Révolution, en 1805, son fils aîné, Augustin Lambert, préfet d’Empire, racheta Chamerolles. En 1886, sa fille épousa Philippe de Brossard. En 1924, leurs descendants vendront Chamerolles à Gaston Jessé Curely, un diplomate d’une grande culture, qui réunit une belle collection d’objets d’art pillée au cours de la guerre de 1940. Dévasté et mutilé, le château passa brièvement à M. Bernet Rolande, bâtonnier au barreau de Riom. Passé par divers organismes sociaux qui ne firent qu’aggraver son état, il fallut attendre sa reprise par le conseil général pour voir le château entièrement restauré. Elle a été réalisée par l'architecte des Monuments historiques Jacques Moulin. Remeublé afin de restaurer l'atmosphère à l'époque de ses habitants, un musée des parfums est installé dans l'aile sud. Le château accueille un ensemble de pièces et d'objets uniques témoignant de l'histoire du parfum et de l'hygiène au fil des siècles. Le parc et les jardins ont retrouvé une splendeur qu’ils n’ont peut-être jamais connue.111

 L'enceinte en forme de trapèze est entourée de fossés en eau. C’est bien à l’origine un château féodal construit sur une motte carrée entourée d’eau, flanqué de quatre grosses tours cylindriques. Trois côtés sont occupés par des bâtiments bas: à l'ouest, le corps de logis principal avec deux ailes en retour d'équerre; les écuries et un appartement moderne; les cuisines et services. Sur le quatrième côté est placé le pavillon d'entrée, isolé des autres constructions. A chaque angle du trapèze est placée une grosse tour circulaire. Un pavillon rectangulaire flanqué, sur la façade extérieure, de deux tourelles dont l'une contient l'escalier, marque l'entrée du château. Sa partie inférieure est percée d'un passage voûté avec porte charretière et poterne. La partie supérieure est occupée par de nombreuses chambres de domestiques. La tour flanquant la gauche de l'entrée a conservé son sous-sol voûté en berceau annulaire sur pilier central en brique. En retour d'équerre, l'aile ouest comprend une série de pièces de réception desservies par un couloir. Les lambris et cheminées paraissent dater du milieu du XVIIIe siècle. Un escalier en pierre avec rampe en fer forgé de la fin du XVIIIe siècle, relie l'aile ouest à l'étage de l'aile sud et donne également accès à la tribune de la chapelle. La chapelle est couverte de voûtes construites suivant la méthode gothique, avec arcs diagonaux à liernes et tiercerons. A l'extérieur, du début du XVIe siècle jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les jardins restent limités au quadrilatère placé devant la façade occidentale du château. Au sud, l'étang est aménagé en miroir d'eau qui prend une forme cintrée à "oreilles". 

 Éléments protégés MH : les façades extérieures et intérieures ; les toitures ; le puits et les fossés (douves):classement par arrêté du 4 août 1927. Le terrain d’assise du jardin actuel, à l’ouest du château, y compris les fossés qui le délimitent ; le miroir d’eau ; les murs de clôture ; la grille de la demi-lune de l’avant-cour ; les façades et les toitures des deux pavillons de l’avant-cour ; les ponts franchissant les douves du château ; la galerie de l’aile sud du château en totalité ; le passage qui prolonge la galerie, à l’extrémité de l’aile sud du château, en totalité ; la chapelle située dans la tour d’angle sud-ouest du château en totalité ; l’écurie située dans l’aile nord du château, ainsi que les deux petites pièces voûtées qui lui sont contiguës, en totalité : inscription par arrêté du 7 octobre 2016. 

 château de Chamerolles 45170 Chilleurs aux Bois 

 Téléphone : 02 38 39 84 66 

Château de La Bussière

Ce qui donne au village de La Bussière un caractère intéressant, c’est son château. Au milieu du bourg, une rue conduit presque aussitôt a l’entrée principale, que décore une belle grille de style Louis XIV. Derrière se développe une première cour, d’ou l’on accède, en obliquant a gauche, vers un portail monumental surmonté d’un long toit avec campanile et horloge. C’est sous ce porche, à droite en entrant, que se rendait la justice. A gauche se voit l’ancienne prison garnie de meurtrières. En avant du portail, à une certaine hauteur, on aperçoit les traces d’un ancien balcon qui dominait le pont-levis de la première enceinte et permettait de tenir en respect les assaillants. Bien que les fossés de cette première enceinte soient depuis longtemps desséchés, ils n’en constituent pas moins une ligne de défense par leur profondeur et leur étendue. Ils enveloppent en effet un large espace, dont trois côtés sont garnis de longs et vastes bâtiments a l'aspect sévère; les uns utilisés pour les dépendances, les autres, construits en briques croisillonnées d’un cachet architectural fort ancien, servant autrefois a recueillir les dînes. Du grand portail, on aboutit par un pont de pierres jeté sur les eaux de la deuxième enceinte a la voûte qui traverse le grand donjon et qui introduit finalement dans la cour d’honneur du château. Le château offre de tous côtés un aspect élégant et harmonieux. Son style rappelle surtout l’époque de la Renaissance. Il est construit en briques et pierres et s’élance hardiment du milieu des eaux qui l’entourent, sur des pilotis en maçonnerie. D’une part, il est isolé par l’eau de la deuxième enceinte; de l’autre, par un magnifique étang s’allongeant en forme de miroir. Ici se dresse fièrement le donjon seigneurial avec deux corps de bâtiments en façade, l’un a l’ouest, l’autre au midi, flanqués chacun de vieilles tours d’angle aux longs toits en pointe et se mirant dans l'eau. Les ouvertures, garnies de croisillons, sont tantôt larges dans les grands corps de bâtiments, tantôt plus étroites dans les tours et bien disposées avec symétrie. Puis, a fleur d’eau, tout en bas du château de La Bussière, se contourne en bordure un étroit promenoir qui rejoint la terrasse de la cour intérieure. Ces dispositions donnent une perspective majestueuse sans avoir rien de sévère, et elles ont été complétées et encadrées par un parc clos de murs.

 S’il faut en croire certaines observations archéologiques, le château de La Bussière semblerait avoir été construit, ou du moins commencé, au plus tard, vers la fin du XIIe siècle, par quelque puissant seigneur. Reste que c’est a la suite de son mariage en 1518 que Jehan du Tillet, greffier civil au Parlement, devint, premier de ce nom, seigneur de La Bussière. L’érection en baronnie en 1595, puis en marquisat par Louis XIV en 1679, mit nécessairement toujours plus en relief les seigneurs de La Bussière pendant les guerres de la Ligue comme au temps du grand siècle. A cette époque, de grands travaux d’embellissent furent entrepris a La Bussière au point d’y attirer mademoiselle de Montpensier qui s’y arrêta une journée et y passa une nuit, comme elle le raconte dans ses Mémoires. A la mort d’Antoine-Charles du Tillet, dernier de la famille qui fut marquis de La Bussière pour n’avoir point eu de postérité, le château de La Bussière revint à ses deux nièces, qui au moment de la Révolution Française le vendirent (1798) a un certain Le Fort, frère du député d’Orléans a la Constituante, qui le vendit a son tour en 1814 au comte Alphonse-Gabriel de Chasseval dont les descendants demeurent les propriétaires. Aujourd'hui, tout au long de la visite, dans les salons, la cuisine, l'office, le cellier, on découvre, toujours autour du thème de la pêche et des poissons, des peintures, sculptures et gravures, et objets de l'art populaire (faïences, verreries céramiques), matériel ancien présentés au milieu du mobilier familial. Petit à petit, le château des Pêcheurs s'est ouvert aux visiteurs qui peuvent admirer l'orangerie, la sellerie avec sa collection de harnais, les écuries, le potager XVIIIe siècle le parc avec sa promenade le long de l'eau, son parcours des cabanes et sa chasse au trésor. On ne peut imaginer la visite de ce site sans se promener dans le jardin potager qui se poursuit dans le parc dessiné par le célèbre architecte paysager André Le Nôtre... 

 Éléments protégés MH : l'intérieur du pavillon d'entrée à la cour des communs dit Pavillon de l'Horloge ; le puits situé dans la cour ; le plan d'eau y compris les murs de soutènement ; le sol correspondant à l'emprise du parc et du jardin ainsi que leur mur de clôture et les sauts-de-loup : inscription par arrêté du 23 novembre 1993. Les façades et les toitures du château et des communs, y compris les deux pavillons et la grille d'entrée ; la grille du jardin donnant sur la route nationale 7 avec ses deux piles ornées de pots à feu, située au bout de l'allée traversant le potager ; le pigeonnier ; le terre-plein du château ; la cour des communs ; les douves des communs et leurs deux ponts : classement par arrêté du 2 mai 1995.

 château de La Bussière 45230 La Bussière 

 Téléphone : 09 50 55 63 68 / 06 03 12 98 10 

Château de la Brûlerie

Dominant la vallée de l’Ouanne, ce très grand château, à la longue façade à parements de briques, jouit d’une situation exceptionnelle, au milieu d’un immense parc. Le corps de logis, terminé en pignon à trois pans coupés, est flanqué de deux pavillons bas avec terrasses à l’italienne. En 1808, le château est acheté par Auguste Jean Gabriel de Caulaincourt, général de brigade, baron d'Empire (1777-1812). Jean Gaëtan Philippe Comte de Néverlée et Henriette Camille Marie Nicole d'Autiffret-Pasquier, comtesse de Néverlée étaient propriétaire de la Brulerie en 1868. Jean Gaëtan Philippe Comte de Néverlée décède le 21 novembre 1891 à l'age de 43 ans, la Comtesse de Néverlée organisa une vente aux enchères du mobilier en 1892. Ce château, agrandi en 1886, a été construit sur les ruines d’un vieux château remontant au Moyen Âge. Le fief de La Brûlerie est en effet très ancien: Jeanne d’Arc, venant de Gien pour se rendre à Auxerre, prit gîte à La Brûlerie dans la nuit du 28 juin 1429, puis le lendemain matin s’arrêta à l’église de Douchy. Le seigneur de La Brûlerie, Jean Davy, fit d’ailleurs reconstruire la chapelle de cette église, après les destructions de la guerre de Cent Ans; il se fit inhumer dans cette chapelle, et après lui tous les seigneurs de La Brûlerie. On peut y voir ses armes "d’azur à la croix ancrée d’argent". À l'intérieur du manoir, les peintures décorant le salon d’honneur sont inscrites aux Monuments historiques. Pour l’anecdote, certaines scènes du film Le Toubib de Pierre Granier-Deferre, avec Alain Delon, ont été tournées à La Brûlerie. 

 Éléments protégés MH : les peintures décorant le salon d'honneur : inscription par arrêté du 10 décembre 1948. 

 château de la Brûlerie 45220 Douchy

 

Château de Bon Hôtel

Parmi les nombreux châteaux de chasse construits en Sologne à la fin du XIXe siècle, celui de Bon-Hôtel est certainement l’un des plus grands et des plus originaux. Cette imposante demeure, dont la silhouette, les échauguettes d’angle et l’abondant décor sculpté rappellent le style Renaissance du Val de Loire, a été construite à partir de 1882 pour Georges Dupré de Saint-Maur sur des plans de Clément Parent, célèbre architecte parisien. À la mort de Georges Dupré de Saint-Maur, en 1884, son fils (ou neveu) Louis reprend le chantier qui n’aurait été achevé que quatre ans plus tard. Clément Parent conçoit le château neuf à l’aide des recettes "académiques" d'atelier, largement répandues dans des manuels en usage comme celui de L. N. Durand. Il applique ici la vieille théorie de "la boîte architectonique symétrique". Le périmètre extérieur est délimité par la construction d’une étoile à six branches. La figure est ensuite redivisée selon un procédé dérivé de la méthode des carrés, en neuf carrés égaux. Chaque carré reçoit ensuite une fonction: vestibule, petit salon, grand salon, bibliothèque, salle à manger, office et escalier de service, et hall monumental (= 2 carrés). La composition du plan s'inspire de celle du château de Chenonceau de Thomas Bohier. Le plan de l’escalier "à l’impériale", dérivé des modèles de la Renaissance espagnole, est un compromis entre le découpage d’un carré en neuf parties et une mauvaise lecture du modèle en bois du château de Chambord, dessiné par A. Félibien (édité par A. de Montaiglon en 1874). L’escalier débouche sur une galerie haute ouverte sur le hall. Chaque division intérieure est reprise par une disposition spécifique dans la toiture: pavillons à l’impériale, toits à double pignon, à croupes, en poivrière. Cette multiplication des toitures avec la présence du petit belvédère évoque les toits de Chambord. Les chapiteaux, avec une version fantaisiste de la superposition des ordres, passent eux aussi pour être inspirés de Chambord. Les références aux châteaux de la première Renaissance du Val de Loire, assez rares dans l’architecture solognote, sont ici particulièrement sensibles dans l’élévation principale. La travée centrale avec ses baies géminées est une réminiscence d'Azay le Rideau. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; le vestibule ; le hall central ; l'escalier principal : inscription par arrêté du 3 septembre 1991. 

 château de Bon Hôtel 45240 Ligny le Ribault

 

Château de Boisgibault

L'histoire du château de Boisgibault, du fait de la proximité du village et de l’étendue de son territoire aux XVIIe et XVIIIe siècles, est étroitement liée à celle d’Ardon. Le nom de Boisgibault apparaît vers 1510, en même temps que celui de son premier possesseur connu, Jean Maubert, bourgeois d'Orléans. En 1564 existait un manoir formé d’un corps central comportant un rez-de-chaussée, flanqué de deux petites tours dont les poivrières ne dépassaient pas la toiture principale. Son nom dut être emprunté au quartier de bois où le manoir fut construit: Boisgibault, le bois de Gibault, prénom du XIIe siècle. Le territoire de Boisgibault assez modeste à ses débuts ne cessera d'augmenter en englobant jusqu’à 2600 hectares au XVIIIe siècle. Reconstruit vers 1630 dans le style architectural du règne d’Henri II, le château existait dans son aspect actuel, avec la même distribution intérieure. Le dernier des Maubert de Boisgibault se retira à Paris après que son père, conseiller au présidial d'Orléans, fit de mauvaises affaires. À la requête des créanciers, Boisgibault fut saisi et vendu aux enchères, le 13 septembre 1680. La demeure changea plusieurs fois de propriétaires et fut achetée le 11 mai 1712 par Joseph Charpentier, seigneur de Brandebourg et Melien. Il en fit donation à son frère Jacques Charpentier de Mardonville, receveur des tailles à Orléans, qui conduira cette terre à son plus grand développement. Lui succéda son fils Jacques Charpentier de Boisgibault, conseiller du roi en ses conseils et président de la cour des aides de Paris avec Malesherbes.

Les Charpentier ont ajouté deux ailes et les communs de la basse cour avec sa belle grille d’entrée surmontée des initiales du propriétaire et d’ornements végétaux. Ils ont rénové les salons et aménagé la chapelle bénie en 1756. Jacques Charpentier de Boisgibault mourut le 30 thermidor an II (17 août 1794). Il n’eut qu’une fille, mariée en 1777 à M. de Mautondoin. De 1807 à 1825, Boisgibault fut la propriété de Madame Debelle avant d’être achetée par le marquis de Gasville en 1829, sans enfant, ancien sous-préfet à Rouen (1811-1814) et préfet de l’Eure (juillet 1815), pair de France, conseiller d’État (1828), chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. Il s'employa à en faire une des plus belles chasses de Sologne, faisant prolonger les murs du parc par une palissade de plus d'un kilomètre pour s'assurer une réserve de gibier importante. Les bois étaient percés de grandes avenues en étoile. Il fit édifier un pavillon carré appelé le télégraphe, sur lequel était installée une plate-forme supportant un télégraphe à bras. Un système de poulies et d'engrenages permettait d'actionner les bras du télégraphe au rez-de-chaussée sur les indications d'un observateur qui suivait les évènements du haut de la plate-forme. Le bras indiquait aux chasseurs la direction prise par l'animal. Après sa mort en 1865, sa veuve vendit Boisgibault avec 400 hectares à M. Albert de Bengy de Puyvallée, arrière-grand-père des propriétaires actuels. 

 Éléments protégés MH : la grille en fer forgé de la cour d'honneur ; les façades et les toitures du corps de logis et des ailes du château ; les décors intérieurs conservés au rez-de-chaussée du corps de logis : l'escalier, la salle à manger, le vestibule et les deux salons : inscription par arrêté du 31 décembre 2001.

 château de Boisgibault 45160 Ardon

 

Château de Bellegarde

Bellegarde, connue jusqu’au XVIIe siècle sous le nom de "Choisy-aux-Loges" (en raison de l’installation de marchands de Sully dans de petites loges réparties autour de la place du marché) abritait déjà un donjon en pierre au XIIe siècle. En 1358, Choisy devient la propriété de Nicolas Braque. Grand argentier de Charles V, il édifia le donjon actuel à l’emplacement du précédent comme en témoignent la présence d’un pilier ainsi que les restes d’une salle basse conservés au rez-de-chaussée. Une fois aux mains de la famille de L’Hospital en 1358, la fille de Nicolas Braque ayant épousé Jean de L’Hospital, le domaine demeure pendant neuf générations la propriété de la même famille. Grâce aux estampes de Chastillon et aux descriptions de dom Morin, du tout début du XVIIe siècle, il est possible de restituer un terre-plein et deux cours comme c’est encore le cas aujourd’hui. Deux pavillons d’entrée encadrant une porte charretière étaient reliés au château par deux galeries constituées d’arcades en brique dont les traces d’arrachement, avec les départs de voûte, subsistent sur la façade antérieure. Ceci explique le tracé toujours irrégulier du terre-plein et les excroissances du côté nord. Une "basse-cour", reliée au terre-plein par deux ponts-levis successifs, précédait l’ensemble. Elle se composait d’un bûcher, de granges, d’une laiterie, d’une bergerie, d’une "vacherie", d’une porcherie, d’un pressoir ainsi que d’une mare, le tout clos d’un mur de brique aux angles marqués de tourelles. Il semblerait que l’impressionnante tour Capitaine, encore visible aujourd’hui, fasse déjà fait partie de l’ensemble. La citation d’Horace gravée sur une ardoise qui surmonte l'entrée, nota quae sedes fuerat (naguère célèbre par ses colombes), évoque une fonction de colombier.

Une grange dîmière, toujours en place et exclusivement en brique, semble appartenir à ce que dom Morin dénommait "les granges" et pourrait être contemporaine de la tour Capitaine. Cette première cour débouchait, à l’est, sur une "haute cour" pavée, close et entourée de "beaux bâtiments de brique" qui incluaient la maison de l’écuyer, des écuries et des galeries. Le château, de plan carré et cantonné de tours en encorbellement, tel que nous pouvons encore le voir aujourd’hui, était doté, au centre de sa façade antérieure, d’une tour polygonale abritant un escalier en vis. Une excroissance en brique est ajoutée au donjon en moellon, probablement au début du XVIe siècle. Baptisé pavillon des Ondes, ce bâtiment a dû s’avérer nécessaire afin de contrecarrer l’inclinaison de la façade occidentale du donjon, à la manière d’un contrefort. Un rôle qui semble d’autant plus pertinent que la façade ouest du pavillon des Ondes s’incline elle aussi à partir du premier étage mais dans le sens inverse. D'ailleurs, l’ensemble du donjon semble avoir longtemps souffert d’un manque de stabilité si l’on en croit les multiples plaques métalliques scellées dans le mur méridional, comprimant ce dernier à la manière d’un étau. Signalons que la tour Capitaine et le pavillon des Ondes, bénéficiant d’un appareillage identique, ont dû être construits en même temps, sous l’autorité de Jacques de L’Hospital, compagnon d’armes du roi Henri IV.

Marquisat sous la famille de L’Hospital, la terre de Choisy-aux-Loges est élevée au rang de duché-pairie de Bellegarde lorsque le grand écuyer Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde, devient propriétaire en 1645. Après être passé des mains de son neveu à celle de la veuve de ce dernier, Bellegarde est cédé un demi-siècle plus tard à Louis Charles Antoine de Pardaillan de Montespan, marquis d’Antin (et bientôt duc). Lieutenant général des armées du roi et gouverneur d’Orléans à partir de 1707, ce personnage était également chevalier de l’ordre du Saint-Esprit et surintendant général des Bâtiments et Jardins du roi. C’est à lui que Bellegarde doit ses principaux embellissements et, par conséquent, son allure actuelle. Il transforme ainsi les anciennes écuries en deux pavillons: celui du Jardinier et celui du Dôme, ce dernier étant destiné à abriter ses chevaux. Sa porte, refaite au XIXe siècle, est surmontée de trois têtes de chevaux sculptées qui émergent d’une peau de félin aux pattes pendantes attribuées à Coysevox. Dans le fronton, le blason du duc d’Antin coiffé de la couronne ducale, enrobé d’un manteau de pair de France et flanqué de deux palmes finement sculptées. Antoine de Pardaillan fait construire, entre 1717 et 1727, la majorité des bâtiments de la cour principale notamment son logis, aujourd’hui café du château, baptisé pavillon d’Antin, laissant le donjon à ses invités. Ce réaménagement des lieux incluait une bâtisse, intercalée entre les cuisines et le pavillon de la Salamandre, qui n’existe plus. Le château connaît quelques remaniement extérieurs tels que la transformation des ponts-levis en ponts-dormants, la reprise des ouvertures et la réalisation d’un escalier en fer à cheval sur la façade postérieure mettant ainsi en scène l’accès au jardin et au parc, soit un ensemble de plus de 400 hectares.

Des plans représentant sa propriété semblent décrire la vision qu’avait le duc de Bellegarde avant l’aboutissement des travaux et révèlent des projets plus fastueux encore avec une cour orientale, la basse cour, bordée de bâtiments plus nombreux, certains possédant une galerie en rez-de-chaussée. Le domaine est finalement vendu, en 1794, en tant que bien national. Les deux propriétaires successifs donnent au château sa configuration actuelle en faisant démolir les pavillons et les galeries qui précédaient le donjon. De multiples morcellement ont eu lieu par la suite jusqu’au rachat par la municipalité de Bellegarde dont les services administratifs sont abrités dans le pavillon de la Salamandre; quant au parc, il a été urbanisé en 1925. Bien que l’ensemble se compose de réalisations qui se sont échelonnées sur quatre siècles, de Nicolas Braque au duc d’Antin, nous ne pouvons qu'être sensibles à l’unité qui s’en dégage, le dernier commanditaire ayant vraisemblablement veillé au respect du style des époques antérieures. Ainsi les cuisines et les pavillons d’Antin, de la Salamandre et de l’Intendance font non seulement écho aux couleurs du pavillon des Ondes et de la tour Capitaine, mais ils possèdent le même appareil de brique et une répartition des pierres de taille doublée d’une conception des encadrements identiques. Une homogénéité d’autant plus importante qu’au XVIIe siècle, l’ancienne "basse-cour" de dom Morin était devenue l’avant-cour du château, annonçant et mettant en valeur le donjon. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des bâtiments suivants : le donjon et le pavillon du XVIIe siècle accolé au donjon ; le pavillon d'Antin ; le pavillon de l'Intendance et du Capitaine, et les deux pavillons attenants ; le pavillon du Jardinier ; le pavillon de l'Ecuyer et les écuries attenantes ; le pavillon de la Salamandre (Hôtel de Ville) : inscription par arrêté du 24 avril 1928. Les parties des communs : inscription par arrêté du 13 mai 1937. Le donjon de l'ancien château : les murs, les parapets et les tertres des douves, la plateforme avec ses deux ponts d'accès : inscription par arrêté du 22 octobre 1969. 

 château de Bellegarde 45270 Bellegarde 

 Téléphone : 02 38 90 25 37

 

Château Dunois

Le château est implanté sur la rive droite de la Loire, à flanc de coteau sur un éperon calcaire délimité par le fleuve et le ru qui traverse la ville. D'après les éléments architecturaux visibles, ici et là, ou des bâtiments encore en place à l'intérieur de son enceinte, les parties les plus anciennes sont romanes. Il conserve de cette période un donjon quadrangulaire commencé entre 1015-1030. Au nord-est, le logis seigneurial de plan rectangulaire avec sa cour intérieure comprend le logis de Dunois à l'est sur lequel on aperçoit des vestiges de baies romanes. Il fut transformé au XIVe siècle puis agrandi entre 1452 et 1460 environ et encore modifié entre 1519 et 1523. En face, le logis de Jean d'Orléans-Longueville fut édifié entre 1516 et 1520 tandis qu'un corps de galeries superposées, au sud, remonte à l'époque de Dunois. Au nord se trouve un bâtiment du XIXe siècle qui remplaça une construction en maçonnerie au rez-de-chaussée et à pan de bois à l'étage. Cette dernière fut sans doute édifiée à l'époque de Dunois et comportait au rez-de-chaussée : cuisine, un ou deux offices et des chambres à l'étage. L'ensemble du logis fut transformé après la Révolution et lors de la création d'un Dépôt de Mendicité en 1839 dans l'enceinte du château, et plus récemment lors de la mise en place du musée. Au sud du château fut implantée une abbaye de chanoines réguliers de Saint-Augustin dont l'abbatiale des années 1140 est conservée. Les bâtiments conventuels de la fin du XVIIe siècle servent d'école pour l'un et d'hôtel-restaurant pour l'autre. Entre le donjon et le logis seigneurial s'élevait à l'origine un important bâtiment de trois niveaux dont il reste les murs gouttereaux est et ouest et le mur pignon nord dont le pignon a disparu. Sur ce dernier mur qui fait partie de l'enceinte du château, se voit une baie géminée romane sous un arc de décharge. Un document du début du XIXe siècle représente partiellement le mur pignon sud dont seuls étaient conservés les deux niveaux inférieurs. L'étage s'ouvrait de plusieurs baies géminées en plein cintre, sans arc de décharge visible. L'enceinte castrale pourrait remonter au début du XIIIe siècle selon C. Corvisier. La chapelle Saint-Georges, qui remplaça une chapelle du début du XIIIe siècle, remonte sans doute au second quart du XIVe siècle. Le culte de Saint Georges apparut en effet, dans l'entourage royal de Philippe VI, à partir de 1331. Le château, par son emplacement original à flanc de coteau, commande l'accès du pont sur la Loire dont la plus ancienne mention remonte à 1145. Il n'est donc pas impossible qu'un pont pouvait déjà exister à l'époque de construction du donjon au début du XIe siècle. La présence de plusieurs pièces frappées à Beaugency du temps de Charles le Simple (898-923) signale un pôle économique local qui pose ce problème avec encore plus d'acuité.

Le donjon dit Tour César, emmotté à l'origine et ceint d'une chemise, fut édifié par Lancelin 1er, seigneur de Beaugency, entre 1015 et 1030 avec trois niveaux : une salle basse voûtée et deux étages d'habitation, le dernier étant surmonté d'un chemin de ronde et d'un crénelage. Durant le troisième quart du XIIe siècle, sous Lancelin III, un troisième étage crénelé avec chemin de ronde et échauguettes aux angles nord et sud de la face orientale fut ajouté. Les baies géminées cintrées du deuxième étage remontent, d'après le style de leur chapiteau, à l'époque où fut édifiée la nouvelle église Notre-Dame, c'est-à-dire dans les années 1140. Durant la première moitié du XIIIe siècle fut ajouté un mur longitudinal reposant sur des arcades apparemment cintrées à la place des cloisons primitives à chaque étage. Sous Philippe le Bel, qui racheta la seigneurie de Beaugency en 1292, on éleva un quatrième étage à partir du chemin de ronde du dernier niveau et de nouvelles cheminées furent réalisées à chaque étage sur les murs est et ouest. Plus précisément, entre 1303 et 1305, on perça 16 fenêtres sur les 18 projetées. Au début du XVIe siècle, on perça six petites fenêtres et on ajouta deux cabinets de latrine à l'ouest. Divers aménagements furent entrepris sous Jean d'Orléans-Longueville, petit-fils de Dunois, en 1519, 1523 et 1524 et après sa mort en 1535. En 1567 ou 1568, le donjon fut incendié par des flammèches provenant de l'incendie de l'église abbatiale causé par les nouveaux réformés. Jusqu'au XIXe siècle, il resta en ruine. Dans la nuit du 22 au 23 février 1837, la voûte du rez-de-chaussée s'effondra, emmenant avec elle les refends à arcades supérieures, ne laissant plus que les quatre murs de l'édifice. Les archives municipales conservent un double projet de charpente à poser au-dessus de la voûte écroulée. Le premier est une charpente courante à fermes et pannes et l'autre envisageait la pose d'une charpente d'assemblage du type "Philibert Delorme" composée de 35 cintres à 18 toises de planches par cintre. Ni l'un ni l'autre ne fut suivi d'effet.

Le logis seigneurial de Dunois et de Jean d'Orléans-Longueville est implanté au nord-est du château et s'appuie sur le mur de courtine nord alors que ce dernier est remplacé par la façade du logis de Dunois à l'est. De plan quadrangulaire, ce bâtiment contient à l'est le corps de logis de Dunois sur lequel vient s'adosser au sud la chapelle Saint-Georges. A l'ouest, en vis-à-vis, s'élèvent les vestiges du logis de Jean d'Orléans-Longueville, son petit-fils, augmenté d'un pavillon disposé à l'extérieur de l'angle sud-ouest de l'ensemble. Au sud s'élevait un corps de galeries fermé de deux étages joignant les deux corps de logis. Au nord, adossé au mur de courtine de l'enceinte, se dresse un corps de bâtiment élevé après 1839, date de création du Dépôt de Mendicité et avant l'Atlas Froyer de 1847 sur lequel il est signalé en plan. Il joint également les deux corps de logis et remplace un bâtiment en pan de bois de l'époque de Dunois. logis de Dunois fut édifié au milieu du XVe siècle et le logis de Jean-d'Orléans-Longueville à la fin du premier quart du XVIe siècle. Ce dernier fut construit à partir d'un corps de bâtiment préexistant remontant à l'époque romane comme le signale une portion de baie romane cintrée visible dans un vestige de son mur pignon sur lequel s'accole la partie sud-ouest du pavillon Renaissance. Le corps de galerie élevé sous Dunois fut transformé aux XIXe et XX siècles et comporte, à l'heure actuelle, trois niveaux divisés en pièces ou galerie d'exposition dévolues au musée créé en 1927 sous le nom de musée régional de l'Orléanais et devenu musée Daniel Vannier. Le corps de bâtiment nord remplaça une construction plus ancienne remontant certainement à l'époque de Dunois. Elle comportait alors : une cuisine, un ou deux offices au rez-de-chaussée et des chambres à l'étage. En maçonnerie au rez-de-chaussée, elle était à pan de bois à l'étage avec des croisées. 

 Éléments protégés MH : la tour dite César : classement par liste de 1840. Le château de Dunois : pavillon carré du XVIe siècle donnant sur la place de la Barrière ; la tourelle d'escalier hexagonale dans la cour avec les bâtiments en ailes à droite et à gauche ; la petite tourelle contenant l'oratoise du cardinal de Longueville ; l'ancienne chapelle dans l'aile droite : classement par arrêté du 18 août 1926. Le reste de l'édifice : inscription, par arrêté du 16 juillet 1925. Les façades et toitures de la Tour du Diable, le sol des deux parcelles cadastrées : inscription par arrêté du 13 décembre 2006. 

 château Dunois 45190 Beaugency 

 Téléphone : 02 34 59 74 73 

 

Château d'Autry le Châtel

La forteresse féodale d’Autry-le-Châtel, dite "le vieux château", dont il ne subsiste que des ruines et la poterne d’entrée, appartint à la famille de Saint-Brisson avant de passer aux Courtenay. Détruite au XIVe siècle par les Anglais au cours de la guerre de Cent Ans, elle fut relevée et ruinée par les protestants qui provoquèrent sa destruction. Elle représentait un vaste quadrilatère qui englobait aussi le prieuré dont la chapelle resta jusqu’à la Révolution Française. À cette date, elle fut désaffectée et, sous Charles X, transformée en écurie. Le château était entouré d’une double enceinte, et les murs de la deuxième enceinte, flanquée de tourelles, ne furent démolis que sous Louis XIII. Les fossés ne sont plus guère visibles aujourd’hui. L'ancien pont-levis a fait place à une chaussée; mais les corbeaux de pierre supportant les chaînes du pont et les rainures où la herse glissait le long des portants de granit défient toujours le temps. Au centre de la grande cour se dressait la tour crénelée du donjon, les pierres de l’édifice en ruine servirent à construire des bâtiments de ferme. C’est dire si l’ensemble sans aucun entretien a subi au fil des siècles une quasi-totale dégradation. Restauré, le château est un grand bâtiment rectangulaire flanqué au nord et en milieu de façade d'une tour polygonale d'escalier et, au sud, de deux tours d'angles circulaires, celle de l'ouest abritant un oratoire du XVe siècle. La cour d'honneur est limitée par des douves autrefois en eau. Le colombier de la basse-cour présente un extérieur carré alors que l'intérieur possède un dispositif en rotonde des anciennes fuies traditionnelles. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; les terre-pleins Nord et Sud ; les douves : inscription par arrêté du 6 janvier 1971. 

 château d'Autry le Châtel 45500 Autry le Châtel 

 Téléphone : 02 38 36 82 52

 

Château d'Augerville

A la fin du XIIIe siècle, Pierre-de-Beaumont fait édifier, avec son frère Dreux, un château fort. En 1290, le fils de Dreux, Jehan de Beaumont, seigneur d'Augerville, maître du palais royal sous les rois Philippe IV le Bel et Louis X le Hutin, hérite du château qu'il agrandit. Au XVe siècle, faute d'entretien et du fait des pillages, il devient une ruine qu'achète Jacques Coeur qui, en tant que grand argentier de Charles VII, a coutume de racheter les fiefs abandonnés après la guerre de Cent Ans, pour les remembrer à sa guise. Jacques II Cœur hérite du domaine en 1488, puis sa sœur, Marie Cœur de 1505 à 1557, et ensuite sone fils, Jean Luillier. Il accueille le 17 septembre 1562, Catherine de Médicis et le jeune roi Charles IX, Jean Luillier meurt en 1563 à Paris, léguant le château et fief d'Augerville à son fils Nicolas en 1588. Et le château passera encore de mains en mains... En septembre 1976, le mobilier est vendu aux enchères et le domaine adjugés à monsieur Dupont, qui a l'intention d'y créer un parc de loisirs.

La municipalité d'Augerville la Rivière ayant obtenu le classement de la façade du château et des communs aux Monuments historiques, le parc de loisirs ne verra pas le jour. À défaut, M. Dupont aménage une boîte de nuit dans une aile des communs. C'est là que dans la nuit du 6 au 7 janvier 1986, un incendie criminel détruit la discothèque. À cette date, le château est inhabitable, car sa toiture à refaire laisse passer l'eau à maints endroits. De 1986 à 1989, le château et le domaine d'Augerville-la-Rivière sont revendus deux fois.

Du Moyen Age subsistent la plateforme, quatre tours d'angle du bâtiment principal et les douves. Ce bâtiment est rectangulaire avec avant-corps saillant et un grand comble à la française à lucarnes de pierre du XVIe siècle. La façade sur le parc a été remaniée au XXe siècle. De part et d'autre de l'entrée du domaine, les dépendances conservent le caractère architectural du XVIIe siècle, de même que le pigeonnier. Ce dernier conserve en fonctionnement le dispositif intérieur de charpente sur pivot desservant les alvéoles. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures des communs et du pigeonnier : inscription par arrêté du 20 août 1976. 

 château d'Augerville 45330 Augerville la Rivière 

 Téléphone : 02 38 32 12 07 

 

Château d’Assay

Le château fortifié d’Assay, construit au milieu du XIIIe siècle, puis modifié au XVe et XVIe siècles, a la forme primitive d’un quadrilatère dont les hauts murs aveugles en petit appareil de moellons entourent une cour intérieure pavée. Selon un parti fréquent à cette époque dans les maisons fortes de faible envergure, l’appareil défensif est réservé à la seule porte d’entrée, assez basse, qui laisse voir encore les traces de la herse de guerre qui la fermait jadis. Le sommet de l’édifice était défendu quant à lui par un couronnement de mâchicoulis, qui complétait le dispositif de défense de l’entrée. De chaque côté du pont qui permet de franchir le fossé des douves encore pleines, deux grosses pierres constituent les assises de l’ancien pont-levis remplacé par un pont en pierre. Deux tourelles, situées à droite et à gauche du corps de garde surmontant la voûte, donnent accès à la cour et protégeaient les ailes du bâtiment. Au faîte de la muraille extérieure existe un chemin de ronde courant sur les courtines à haut parapet et faisant communiquer le corps de garde avec un poste de guet situé à l’est. Le chemin de ronde réapparaît au sud et atteint une tour en poivrière accrochée à la rencontre des murailles sud et ouest. Les deux meurtrières de cette tour permettent de prendre en enfilade les flancs de la muraille et les fossés. Le côté ouest est formé de bâtiments un temps abandonnés à l’usage agricole. Si les origines de ce château sont mal connues, on sait toutefois qu’il fut donné par le roi de France Charles VII après confiscation pour comptes non épurés, à une famille noble écossaise; les Stutt, en récompense de son aide militaire pendant la guerre de Cent Ans (1445). En 1474, Louis XI, en accordant à Thomas Stutt la nationalité française, permit aux Stutt d’ajouter à leur nom celui d’Assay. La forteresse d’Assay n’a pas cessé d’appartenir depuis cette date à leurs descendants qui ont entrepris depuis 1995 une restauration complète du monument. Aujourd'hui il appartient au comte d'Estutt d'Assay, descendant direct de l'officier de Charles VII. Cette famille avait loué le château au romancier Henri Viard avant de le reprendre. A noter que le colombier lié au château d'Assay n'appartient pas au propriétaire du château mais au propriétaire de l'ancienne ferme donnée au métayer au moment de la Révolution Française. Actuellement Madame Godard en est la propriétaire, ce colombier était visitable lors des journées du patrimoine quand Monsieur Godard Jean était encore de ce monde. 

 Éléments protégés MH : les murs extérieurs et le chemin de ronde avec les échauguettes et les tourelles ; la tour, le donjon avec ses deux échauguettes et ses escaliers ; le logis et la chapelle ; le pigeonnier : inscription par arrêté du 25 octobre 1957. 

 château d’Assay 45630 Beaulieu sur Loire

 

Château de l'Ardoise

Le château de L’Ardoise ne manque pas d'originalité; très près de la sortie d'Orléans et face à la Loire, L’Ardoise est une belle résidence de style simple et classique, entourée de son parc auquel on accède par une longue allée, l'entrée se fait par une belle grille en fer forgé. La maison qui se trouvait au XVIe siècle sur la partie est de la place de l’Étape, appartenait à un bourgeois de la ville, Jean Coquereau, surnommé Fallaise, et passa ensuite à Gouault Archambault, maître de la chambre des deniers du roi. En 1561, ce personnage entreprit la construction de L’Ardoise avec cette toiture en forme de nef de navire renversé, dite à la Philibert Delorme. Pour le gros œuvre, il fit appel au maître maçon Pierre Dussion et pour la charpente, il s’adressa au charpentier Pierre Fesset. Ce furent ces artisans qui construisirent cette maison inattendue. D’après la tradition orale, il semble que ce château fut le premier immeuble de Pithiviers couvert en ardoise d’où il tirera son nom. En 1576, la maison appartint à "Demoiselle Lyée Feu", veuve de Jehan Lallemant, président au parlement de Rouen. Elle passa ensuite à la famille de Vigny dont descendit le célèbre poète par le mariage de François de Vigny et Lyée Lallemant. En 1595, le château fut la résidence de Charles de Balzac d’Entragues, gouverneur de Pithiviers, oncle de la marquise de Verneuil. Au siècle suivant, le domaine appartenait à Christophe de Braguelongue qui agrandit le parc sur toute la vallée de l'Essonne et l’aménagea. En 1757, le château appartient à Bernard-René Jourdan de L’Aunay, gouverneur de la Bastille, massacré le 14 juillet 1789. Seule maison d’une ampleur inhabituelle dans une petite ville, ce château hébergea d’importants personnages et principalement Charles IX, Henri III, Louis XII, Henri IV et surtout Louis XV. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, y compris celles du bâtiment en retour sur la façade postérieure: inscription par arrêté du 31 janvier 1956. 

 château de l'Ardoise 45300 Pithiviers

 
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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