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Château de Chatillon

Dès le XIe siècle, la seigneurie de Châtillon est un castrum appartenant aux comtes de Blois. Après la destruction de la place de Châtillon en 1180 par le jeune roi Philippe Auguste, Étienne 1er de Sancerre fit construire, probablement entre 1180 et 1190, le donjon conservé actuellement, qui fut intégré au XVIe siècle dans les nouvelles constructions du château. De plan circulaire puis polygonal à seize côtés, le donjon offre en outre à chacune des arêtes de ses faces, un pilastre surmonté d’un chapiteau qui décèle le ciseau de la fin du XIIe siècle. Il mesure 32 mètres et comporte cinq niveaux, éclairés à peine par d’étroites et rares meurtrières: les deux premiers abritaient les réserves et le troisième correspondait au niveau d’accès avec une porte qui était précédée d’un pont-levis, le quatrième n’avait pas de fonction autre qu’architecturale et le cinquième était occupé par une salle dont les vestiges (une cheminée couverte d’une hotte conique, un lavabo, des latrines et une logette) lui confèrent une destination d’habitation noble. On y parvient à l’aide d’un escalier aussi raide qu’étroit. Le donjon de l’extérieur présente un bel appareil en pierre se couvrant à partir de dix mètres de hauteur d’un bossage rustique dense puis plus clairsemé. Il avait autrefois une couverture qui, détruite à deux reprises, n’a pas été remplacée. Situé au-dessus de la ville, qui conserve des restes de son enceinte, le château de Châtillon-Coligny, construit sur un plateau, domine la vallée du Loing et le cours du Milleron.

Si les bâtiments résidentiels du château médiéval ont été mis à mal au moment de la Révolution au point de ne plus exister, il subsiste une vaste enceinte presque carrée à bastionnets caractéristiques de l’époque, que l’on peut appeler cour d'honneur. C’est à son niveau, sur le côté ouest, qu’en 1854 a été construit un Petit Château de briques par Charles-Emmanuel-Sigismond de Montmorency-Luxembourg qui avait racheté les ruines du château patrimonial après avoir fui au Portugal pour échapper à l’échafaud. On y retrouve une ancienne tour-porte, malheureusement très maquillée, qui en forme l’élément central. Les angles de l’édifice sont appareillés en jambages de pierre de taille calcaire, de même que les jambages courant verticalement le long des piédroits des porches. La cour d'honneur, en terrasse, n’est en fait que la partie supérieure de l’orangerie datant de la deuxième moitié du XVIe siècle, sans doute l’une des premières de la Renaissance française, elle constitue le morceau de choix du château de l’amiral de Coligny. Au-devant de cette orangerie constituée, sur 120 mètres de long, d’une succession de neuf hautes salles rectangulaires, voûtées d’arêtes et éclairées vers le sud par de grandes verrières, demeure un puits datable de 1560-1570, attribué sans preuve à Jean Goujon mais probablement postérieur à la mort de cet artiste. La succession de ces terrasses se termine par un vaste jardin potager, bordé par le Milleron canalisé, qu’enjambent deux ponceaux de pierre à deux arches du XVIe siècle. 

 Éléments protégés MH : les trois terrasses et l'orangerie : inscription par arrêté du 3 décembre 1930. Le donjon et le puits: classement par arrêté du 8 mars 1949. 

 château de Chatillon Coligny 45230 Chatillon Coligny 

 Téléphone : 02 38 92 63 87

 

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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