Le donjon dit Tour César, emmotté à l'origine et ceint d'une chemise, fut édifié par Lancelin 1er, seigneur de Beaugency, entre 1015 et 1030 avec trois niveaux : une salle basse voûtée et deux étages d'habitation, le dernier étant surmonté d'un chemin de ronde et d'un crénelage. Durant le troisième quart du XIIe siècle, sous Lancelin III, un troisième étage crénelé avec chemin de ronde et échauguettes aux angles nord et sud de la face orientale fut ajouté. Les baies géminées cintrées du deuxième étage remontent, d'après le style de leur chapiteau, à l'époque où fut édifiée la nouvelle église Notre-Dame, c'est-à-dire dans les années 1140. Durant la première moitié du XIIIe siècle fut ajouté un mur longitudinal reposant sur des arcades apparemment cintrées à la place des cloisons primitives à chaque étage. Sous Philippe le Bel, qui racheta la seigneurie de Beaugency en 1292, on éleva un quatrième étage à partir du chemin de ronde du dernier niveau et de nouvelles cheminées furent réalisées à chaque étage sur les murs est et ouest. Plus précisément, entre 1303 et 1305, on perça 16 fenêtres sur les 18 projetées. Au début du XVIe siècle, on perça six petites fenêtres et on ajouta deux cabinets de latrine à l'ouest. Divers aménagements furent entrepris sous Jean d'Orléans-Longueville, petit-fils de Dunois, en 1519, 1523 et 1524 et après sa mort en 1535. En 1567 ou 1568, le donjon fut incendié par des flammèches provenant de l'incendie de l'église abbatiale causé par les nouveaux réformés. Jusqu'au XIXe siècle, il resta en ruine. Dans la nuit du 22 au 23 février 1837, la voûte du rez-de-chaussée s'effondra, emmenant avec elle les refends à arcades supérieures, ne laissant plus que les quatre murs de l'édifice. Les archives municipales conservent un double projet de charpente à poser au-dessus de la voûte écroulée. Le premier est une charpente courante à fermes et pannes et l'autre envisageait la pose d'une charpente d'assemblage du type "Philibert Delorme" composée de 35 cintres à 18 toises de planches par cintre. Ni l'un ni l'autre ne fut suivi d'effet.
Le logis seigneurial de Dunois et de Jean d'Orléans-Longueville est implanté au nord-est du château et s'appuie sur le mur de courtine nord alors que ce dernier est remplacé par la façade du logis de Dunois à l'est. De plan quadrangulaire, ce bâtiment contient à l'est le corps de logis de Dunois sur lequel vient s'adosser au sud la chapelle Saint-Georges. A l'ouest, en vis-à-vis, s'élèvent les vestiges du logis de Jean d'Orléans-Longueville, son petit-fils, augmenté d'un pavillon disposé à l'extérieur de l'angle sud-ouest de l'ensemble. Au sud s'élevait un corps de galeries fermé de deux étages joignant les deux corps de logis. Au nord, adossé au mur de courtine de l'enceinte, se dresse un corps de bâtiment élevé après 1839, date de création du Dépôt de Mendicité et avant l'Atlas Froyer de 1847 sur lequel il est signalé en plan. Il joint également les deux corps de logis et remplace un bâtiment en pan de bois de l'époque de Dunois. logis de Dunois fut édifié au milieu du XVe siècle et le logis de Jean-d'Orléans-Longueville à la fin du premier quart du XVIe siècle. Ce dernier fut construit à partir d'un corps de bâtiment préexistant remontant à l'époque romane comme le signale une portion de baie romane cintrée visible dans un vestige de son mur pignon sur lequel s'accole la partie sud-ouest du pavillon Renaissance. Le corps de galerie élevé sous Dunois fut transformé aux XIXe et XX siècles et comporte, à l'heure actuelle, trois niveaux divisés en pièces ou galerie d'exposition dévolues au musée créé en 1927 sous le nom de musée régional de l'Orléanais et devenu musée Daniel Vannier. Le corps de bâtiment nord remplaça une construction plus ancienne remontant certainement à l'époque de Dunois. Elle comportait alors : une cuisine, un ou deux offices au rez-de-chaussée et des chambres à l'étage. En maçonnerie au rez-de-chaussée, elle était à pan de bois à l'étage avec des croisées.
Éléments protégés MH : la tour dite César : classement par liste de 1840. Le château de Dunois : pavillon carré du XVIe siècle donnant sur la place de la Barrière ; la tourelle d'escalier hexagonale dans la cour avec les bâtiments en ailes à droite et à gauche ; la petite tourelle contenant l'oratoise du cardinal de Longueville ; l'ancienne chapelle dans l'aile droite : classement par arrêté du 18 août 1926. Le reste de l'édifice : inscription, par arrêté du 16 juillet 1925. Les façades et toitures de la Tour du Diable, le sol des deux parcelles cadastrées : inscription par arrêté du 13 décembre 2006.
château Dunois 45190 Beaugency
Téléphone : 02 34 59 74 73

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