
Parmi les nombreux châteaux de chasse construits en Sologne à la fin du XIXe siècle, celui de Bon-Hôtel est certainement l’un des plus grands et des plus originaux. Cette imposante demeure, dont la silhouette, les échauguettes d’angle et l’abondant décor sculpté rappellent le style Renaissance du Val de Loire, a été construite à partir de 1882 pour Georges Dupré de Saint-Maur sur des plans de Clément Parent, célèbre architecte parisien. À la mort de Georges Dupré de Saint-Maur, en 1884, son fils (ou neveu) Louis reprend le chantier qui n’aurait été achevé que quatre ans plus tard. Clément Parent conçoit le château neuf à l’aide des recettes "académiques" d'atelier, largement répandues dans des manuels en usage comme celui de L. N. Durand. Il applique ici la vieille théorie de "la boîte architectonique symétrique". Le périmètre extérieur est délimité par la construction d’une étoile à six branches. La figure est ensuite redivisée selon un procédé dérivé de la méthode des carrés, en neuf carrés égaux. Chaque carré reçoit ensuite une fonction: vestibule, petit salon, grand salon, bibliothèque, salle à manger, office et escalier de service, et hall monumental (= 2 carrés). La composition du plan s'inspire de celle du château de Chenonceau de Thomas Bohier. Le plan de l’escalier "à l’impériale", dérivé des modèles de la Renaissance espagnole, est un compromis entre le découpage d’un carré en neuf parties et une mauvaise lecture du modèle en bois du château de Chambord, dessiné par A. Félibien (édité par A. de Montaiglon en 1874). L’escalier débouche sur une galerie haute ouverte sur le hall. Chaque division intérieure est reprise par une disposition spécifique dans la toiture: pavillons à l’impériale, toits à double pignon, à croupes, en poivrière. Cette multiplication des toitures avec la présence du petit belvédère évoque les toits de Chambord. Les chapiteaux, avec une version fantaisiste de la superposition des ordres, passent eux aussi pour être inspirés de Chambord. Les références aux châteaux de la première Renaissance du Val de Loire, assez rares dans l’architecture solognote, sont ici particulièrement sensibles dans l’élévation principale. La travée centrale avec ses baies géminées est une réminiscence d'Azay le Rideau.
Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; le vestibule ; le hall central ; l'escalier principal : inscription par arrêté du 3 septembre 1991.
château de Bon Hôtel 45240 Ligny le Ribault
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