La forteresse éprouva de grands désastres lors de la guerre contre les Anglais. En 1583, Emerigot Marchez, chef de pillards, à la tête d'une troupe déterminée, s'en empara par surprise. Il s'approcha des murs avec douze de ses compagnons déguisés, afin d'examiner si la place était bien gardée; s'étant aperçu, à sa grande satisfaction, que le portier était assis sur un tronçon de bois devant la porte et sans armes, Marcel fit tirer sur lui. Le malheureux ayant été tué d'un coup d'arbalète, la bande courut aussitôt à la porte du château et s'en saisit. Sa femme, toute effrayée, fut enfermée, et, comme le châtelain se trouvait à Clermont, Emerigot resta maître d'Alleuze. Il la garda sept ans pendant lesquels il s'y fortifia; c'était son quartier général et l'entrepôt de ses voleries, dont le pays eut beaucoup à souffrir. Enfin, il traita en 1390 avec Jean d'Armagnac pour une somme de 5060 livres, d'autres disent 10000. Mais dans la suite il regretta son marché, car il retirait plus de 20000 florins par an de la possession de la forteresse, qui servait de centre à ses brigandages. Les Saint-Florins furent les premiers à souscrire pour renvoyer les Anglais et racheter Alleuze. En 1405, sous prétexte que le fort était mal gardé par les gens de l'évêque de Clermont, et que si l'Anglais s'en emparait encore il serait funeste à la ville, Pierre Mercier, bailli des montagnes d'Auvergne pour le duc de Berry, accompagné des consuls et d'une troupe de maçons et de pionniers, vint à Alleuze, y mit le feu et en démolit une partie. L'évêque, irrité de cette voie de fait, exigea des dommages et intérêts.
Le château fut réparé en 1536; il fut pris en 1575 par les Huguenots. Pierre Bonnaud en était capitaine en 1587. Noble Beralde de Pleaux, veuve d'Hugues de Saint-Gall, fit, en 1396, hommage à l'évêque de Clermont pour le fief d'Alleuze et ses droits, en ayant été investie par lui. La famille de Lastic a longtemps possédé la terre et la comptoirie, conservant avec soin tous les beaux revenus qu'elles donnaient. Alleuze fut ensuite vendu à un paysan de Vabres qui plaida contre la commune et perdit son procès; c'est elle qui en jouit au XIXe siècle. En 1693 le château consistait en un vieux corps de logis et quatre tours d'un petit diamètre. C'est un carré long, à chaque angle duquel se trouve l'une de ces tours, rondes et élevées. Trois d'entre elles avaient des corps de garde voûtés au premier et au deuxième étage. Dans l'une on remarquait un trou carré dit les Oubliettes et aujourd'hui comblé; on avait percé des canonnières de toute part. Au-dessus des caves du corps de logis s'élèvent deux étages. La longueur du bâtiment est de 120 mètres. Il était entouré de deux murs d'enceinte dont on voit encore les restes. L'accès en était difficile, et l'on assure que des souterrains communiquaient au ruisseau du vallon, permettant ainsi de mener les chevaux à l'abreuvage pendant le siége. La butte sur laquelle se présentent les ruines du fort est presque cernée par deux cours d'eau très poissonneux. L'un d'eux se nomme ruisseau de Redonde. Cet édifice est aujourd'hui en ruine et maintenu dans cet état. En contrebas du château, à quelques dizaines de mètres à peine, on peut admirer la belle chapelle médiévale Saint Illide, construite au XVe siècle, avec son chemin de croix. Tous les deux ans, la chapelle est la scène d'un spectacle théâtral avec son et lumières et feux d'artifices. Le château apparaît dans un des plans de "La Grande Vadrouille" lors de la poursuite du camion de Louis de Funès par des motards allemands. Le château-fort d'Alleuze est un carré long, à chaque angle duquel se trouve l’une de ces tours, rondes et élevées. Trois d’entre elles avaient des corps de garde voûtés au premier et au deuxième étage.
Éléments protégés MH: les restes du château d'Alleuze : inscription par arrêté du 9 mars 1927.
château-fort d'Alleuze 15100 Alleuze

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