La pièce maîtresse du château est le haut donjon rectangulaire, flanqué de quatre tours d'angle. Ce corps central de vingt mètres sur dix mètres est séparé en deux sur toute sa hauteur par un mur de refend. Les tours d'angle de sept mètres de diamètre dépassent le toit du logis, pourvu au milieu de la façade sur cour d'une tour qui abrite l'escalier principal. Des arrachements au sud et au nord prouvent que ce "donjon" possédait des annexes, qui ont pu être ajoutées après-coup comme le montre leur raccordement maladroit au rez-de-chaussée des tours. L'accès principal au "donjon-logis" était la porte de la tour d'escalier reprise à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle dans un style classique à bossages et fronton. Cet escalier en vis dessert les quatre niveaux du corps central et la distribution est complétée, au premier étage, par un couloir séparant deux grandes salles, alors qu'au second, salles et appartements sont accessibles depuis l'escalier. Le comble est couvert d'un superbe vaisseau de charpente, à chevrons portant fermes, probablement d'origine. La défense de ce donjon était essentiellement assurée par le chemin de ronde des tours; la partie centrale ne comportant pas de mâchicoulis preuve que cet appareil militaire est en partie symbolique, malgré la présence dans les tours de quelques bouches à feu pour une artillerie de petit calibre.
À l'intérieur des salles, on voit encore quelques vestiges originels, en particulier des cheminées placées contre les pignons, dont les piédroits à colonnettes, et linteau à moulures prismatiques de style gothique, sont encore fréquents au début du XVIe siècle. L'éclairage des pièces était assuré côté ouest par des demi-croisées, placées près des tours, mais à l'est, moins exposé, par de grandes croisées (dénaturées au rez-de-chaussée, dans la salle sud, et transformées en portes pour accéder aux annexes). Le sous-sol comporte des caves voûtées en berceau qui communiquaient par un escalier situé dans la tour nord-est au rez-de-chaussée, réservée aux services. Les pièces de réception et les appartements occupaient les étages: au premier, la salle d'audience et la chambre d'apparat, au-dessus les appartements privés. Le "donjon-logis" de Sarzay est, au début du XVIe siècle, une survivance d'un type de la seconde moitié du XIVe siècle, comme à Sully-sur-Loire, par exemple. Cependant, de nombreux édifices restent fidèles à ce modèle: Chazelet (Indre), Chevenon (Nièvre), Anjony (Auvergne), Montalège et Loupiac (Rouergue) et bien d'autres en Creuse et Limousin, qui répond aux besoins d'une vie seigneuriale simple car il groupe en un seul édifice la résidence et un minima défensif. Sarzay est le témoin-type de cette architecture où l'édifice, massif et sombre, reste encore marqué par les périodes d'insécurité, comparable au château tout proche de Forges à Concremiers, mais construit en 1443.
Éléments protégés MH : le château de Sarzay en totalité : classement par arrêté du 29 janvier 1912.
château de Sarzay 36230 Sarzay
Téléphone : 02 54 31 32 25

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