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Château de Valençay

Alors propriété d’Eudes de Bourgogne, puis de sa descendance, le fief est acquis en 1451 par Robert II d’Estampes et trois de ses frères. Originaire du Berry et anoblie, la puissante famille d’Estampes va jouir jusqu’au XVIIIe siècle d’une très bonne renommée, s’intégrer à la haute noblesse et s’illustrer dans des charges importantes au service de la couronne. Symbole de cette ascension prestigieuse, le château que nous connaissons aujourd’hui a remplacé un manoir féodal. Il a été construit par étapes et grâce à des alliances matrimoniales judicieusement choisies. Son architecture témoigne de l’évolution qui a progressivement substitué le style Renaissance à celui des châteaux fortifiés du Moyen Âge.

 Ces modifications architecturales sont liées aux guerres d’Italie qui s’échelonnent de 1494 à 1559. À cette occasion, les souverains, François Ier en particulier, et les seigneurs qui combattent à leurs côtés vont s’émerveiller de la Renaissance italienne. Née un siècle plus tôt à Florence, puis dans plusieurs autres cités italiennes, cette période se caractérise par la redécouverte de la littérature, de la philosophie, des sciences et des techniques de l’Antiquité grecque et romaine. Elle va rayonner sur l’Europe entière. En matière de construction, le traité rédigé par Vitruve, architecte du Ier siècle avant J.-C., fait référence. Il met en valeur les notions de symétrie, de proportions, de régularité et d’équilibre des motifs. L’esthétique prend le pas sur les éléments défensifs des anciens châteaux.

 C’est probablement au cours des années suivant le mariage de Louis d’Estampes, petit-fils de Robert II, avec Marie Hurault, fille du riche Jacques Hurault, intendant des finances de Louis XII, que les travaux de construction du nouveau château commencent. Le couple fait tout d’abord édifier la tour nord-ouest dont la construction s’achève vers 1519, au moment où l’on pose la première pierre du château de Chambord. Cette tour est dotée d’un dôme à l’impérial, forme alors peu répandue. La tour est en outre flanquée d’un corps de logis doté de deux galeries superposées d’arcades ouvertes suivant le même principe qu’au château de Blois. Ce bâtiment occupait la moitié de la longueur de l’actuelle aile ouest.

 Jean d’Estampes, petit-fils de Louis, relance les travaux à la fin du XVIe siècle, à la suite de son mariage en 1578 avec Sarah d’Happlaincourt, héritière d’une prestigieuse famille picarde. Il fit construire le remarquable pavillon d’entrée, donjon carré flanqué de tourelles cylindriques du côté de l’entrée, de poivrières du côté de la cour ; il est percé d’un passage cocher et d’une porte piétonne. C’est sous les règnes de Louis III et Louis XIV que la famille d’Estampes atteint son apogée avec l’attribution du titre marquis de Valençay à Jacques II, puis à son fils, Dominique. La famille bénéficie d’une situation particulièrement favorable à la cour et Dominique réalise une alliance prestigieuse en épousant Marie-Louise de Montmorency. Grâce à lui, les bâtiments entourant la cour d’Honneur sont achevés : doublement en longueur de l’aile ouest, construction d’une aile symétrique à l’est, fermeture au sud de la cour par un mur d’arcades ajourées. Le château est alors tel qu’il figure sur la gravure de la collection Gaignières.

 Conséquences de conflits de succession dans la famille d’Estampes au début du XVIIIe siècle, le château est revendu plusieurs fois avant de devenir, en 1766, la propriété du fermier général Philippe-Charles de Villemorien qui acquiert aussi les seigneuries voisines de Veuil et Lucay-le-Mâle. L’embellissement du château et du domaine lui coûtera deux millions de livres. Tandis que l’aile est et le mur d’arcades sont détruits pour dégager la vue, une tour semblable à la tour nord-ouest est édifiée au sud du corps de logis. La façade sur cour est refaite dans le goût du temps sur les plans de l’architecte Joseph-Abel Couture et le bâtiment est nouvellement doté d’un comble brisé à la Mansart. Acquis par Talleyrand en 1803, à la demande et avec l’aide financière de Bonaparte, selon ce qu’en rapportera plus tard la duchesse de Dino, le domaine de 12 000 hectares comprend alors les châteaux de Valençay, Luçay et Veuil.

 Talleyrand se rend assez peu souvent dans son domaine de Valencay après son acquisition car l’Empereur l’accapare et l’emmène dans ses expéditions européennes. Il y entreprend néanmoins sa restauration, fait bâtir des communs, aménage des jardins, un parc, un potager et un même un petit théâtre en 1819. Dans la période houleuse de la guerre d’Espagne, qu’il a désapprouvée après l’avoir conseillée, Talleyrand retourne sur ses terres, toujours sur ordre de l’Empereur, pour y accueillir les princes d’Espagne, en tant que geôlier ! Il s’exécutera en rédigeant pour leur séjour, un règlement minutieux qui atteste d’une parfaite connaissance de l’étiquette. Il se souciera de leur confort et distractions, tout au long de leurs six ans de captivité, alors qu’il est absent et ne ressent aucune affinité avec eux. 

 Éléments protégés MH : les parties suivantes du domaine du château de Valençay, à savoir l'ensemble du parc, des jardins, des cours et des sols du domaine avec leurs murs de clôture, les portails, les grilles et les pavillons les accompagnant, les murs de soutènement, les bassins, les escaliers, les fossés et les ponts ; certaines parties du domaine, à savoir les façades et les toitures des bâtiments situés de part et d'autre de l'allée d'accès et de la partie nord de la cour dite des Ronds : les bâtiments de la ferme et le pavillon des gardien, d'autres bâtiments de la basse-cour à savoir la forge, les bâtiments d'habitation et la construction située en face du théâtre ; en totalité le château, le pavillon dit "de l'horloge" et les écuries dites "espagnoles" y compris les cours, le pédiluve, l'abreuvoir dit "fontaine d'Apollon" et le bâtiment dit "la Vénerie", le théâtre et ses dépendances ainsi que les deux corps de bâtiment des communs à usage de remise et orangerie (de part et d'autre de la partie sud de la cour dite des Ronds), la glacière, la maison du potager et le manège hydraulique : classement par arrêté du 8 mars 2011. Le pavillon de la Garenne et ses dépendances, en totalité, incluant leurs terrains d'assiette, leurs murs de clôture et de soutènement, leurs fossés et leurs grilles et l'ensemble du parc de Chantemerle, y compris ses murs de clôture, ses fossés, ses canaux et ses ponts : inscription par arrêté du 8 août 2013. Les façades et les toitures du pavillon de la Garenne de Chantemerle, ses dépendances, leurs terrains d’assiette et le parc en totalité : classement par arrêté du 29 mars 2016. 

 château de Valençay 36600 Valençay 

 Téléphone : 02 54 00 10 66 

 

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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