Un acte daté du 19 avril 1775 contient un inventaire détaillé du château, dépendances et jardins. Le château semble alors en mauvais état: balustrade détruite, le mur de la façade à perdu son aplomb de trois à quatre pouces et a des lézardes, le foyer de la "chambre de Madame" a besoin d'être refait. Par contre, cet inventaire met en évidence les splendeurs passées: il décrit une quinzaine de pièces, "la chambre de porcelaine", des cheminées à l'Antique, des appartements très anciens et un nombre élevé de dépendances: chai à vin, deux treuils (pressoirs), écurie "des vaches", toit à brebis, volière, grenier aux foins, qu'il y avait une entrée donnant sur l'église, ce qui ne se voit pas sur les plans, il s'agissait sans doute d'un porche traversant un bâtiment comme à Gardépée ou à Chesnel. En 1792, le château est acheté par Michel-Marie Desprez Delaunay dont la fille épouse le Général Guillaume-Joseph de Brémond d'Ars. Leurs descendants occupent le château jusqu'en 1894. Il a ensuite appartenu au Baron René Otard de la Grange, puis à la famille Hennessy depuis 1906.
Le château est situé dans le village de Saint-Brice entre l'église et la Charente. Il est encore entouré de vieilles murailles comprenant une grosse tour à moitié découronnée de ses mâchicoulis au nord-ouest et une base de tour à l'ouest. L'imposante et sobre bâtisse date de la fin du XVIe siècle, construite sur terrasse à balustrade avec deux tourelles d'angle coiffées d'un toit d'ardoise en poivrière aux extrémités de la façade. Au rez-de-chaussée, sur la façade, une série de sept grandes fenêtres et porte-fenêtres arrivent sur la terrasse au sud, avec vue sur la Charente. Au premier étage, sept fenêtres dont cinq à meneaux, sont soulignées d'un encadrement à fine moulure. Le grand toit d'ardoise à quatre pans abritant de grands combles est percé de cinq fenêtres (en arc segmentaire) pouvant dater de la fin du XVIIe siècle ou début XVIIIe siècle. Le côté nord du château donnant sur une cour intérieure a été remanié. Les plans de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle montrent des démolitions et reconstructions des bâtiments qui fermaient cette cour. De nos jours, les portes nord et ouest ont disparu, il n'en reste qu'un mur au nord et la tour d'angle nord-ouest.
Dans un procès-verbal du 28 mai 1685 "un grand portail et portillon" sont cités et un siècle plus tard dans un inventaire de 1775, on parle encore d'un portail donnant sur l'église. Où pouvait-il se trouver? Actuellement, des éléments de portail, ressemblant à celui de Gardépée sont scellés dans un mur qui surmonte la façade d'un bâtiment bordant la cour côté Est. On les aperçoit depuis la place de l'église: une rangée de trois mâchicoulis remontés à l'envers, côté défensif tourné vers l'intérieur de la cour, un reste de crénelage décoratif, une petite tour en encorbellement et une gargouille zoomorphe. Nous ne pouvons connaître l'intérieur du château actuel, qui ne se visite pas, qu'à travers la description qu'en fait l'Abbé Michon en 1844: des fresques à l'italienne et des peintures décorent les appartements qui furent selon la tradition occupés par Catherine de Médicis. Dans le parc, une allée d'érables en berceau; un labyrinthe de buis "vieux de trois siècles" dit-on, et que nous retrouvons cité dans l'inventaire du câteau de 1775: "de là, sommes allés dans le bosquet... nous avons observé qu'il est planté en buis... percé de plusieurs allées dans lesquelles il y a quelques sièges de pierre". Le groupe de bronze du XIXe siècle représentant un cerf aux abois se reflète dans une pièce d'eau entre le château et la Charente.
Éléments protégés MH: les façades et les toitures, les vestiges de l'ancien château ; la partie ordonnancée du parc (y compris le labyrinthe) : inscription par arrêté du 25 janvier 1971.
château de Saint Brice 16100 Saint-Brice

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