On distingue trois niveaux intérieurs: au rez-de-chaussée, une cuisine voûtée d'un berceau est dotée de la seule cheminée conservée; à gauche et à droite sont visibles des caves; un niveau entresolé au droit d'un escalier rampe-sur-rampe à mur noyau avec ses voûtes à nervures, ses supports et une belle porte qui donnait autrefois accès à une chapelle. Le lieu saint est devenu remise mais conserve néanmoins une niche, surmontée d'un fronton triangulaire, appuyée de pilastres cannelés; l'étage est divisé en trois salles aménagées en théâtre, dancing, bar; le dernier niveau, arasé, est surmonté d'une verrière déjà décrite, qui domine le bâtiment. Extérieurement, sont remarquables les culots des tourelles moulurés; ceux de la tourelle nord-est présentent des feuillages repliés et des oves. Quelques pierres à bossage troué sont la marque du raffinement passé. Les encadrements de baies sont très soignés, ainsi la porte sud compte un plein cintre cantonné de pilastres. Les ouvertures ont des chambranles à crossettes et des appuis moulurés. Verticales, simples ou doubles, leur disposition dans l'espace est désordonnée. Les échauguettes d'angles Renaissance, traduisent le souci défensif hérité de l'époque des guerres de religion juste refermée; le plan du logis, d'inspiration toujours militaire, est empreint d'esprit médiéval.
La Rochette était le siège d'un fief ayant initialement appartenu à une famille Rousseau ou Rousselet de La Rochette; il devint la propriété des Tizon d'Argence qui possédaient le premier château XIV-XVe siècle, le lieu étant intitulé "Les mathes". On peut supposer que l'édification du logis a fait suite au mariage d'Anne Tizon, fille et héritière de Roch Tizon, avec Jehan Frotier pour donner la lignée localement célèbre des Frotier-Tizon. Le fief passa ensuite à la famille de Paris. Ainsi Alexandre de Paris, seigneur de La Rochette en 1669, en vue de préserver ses droits de pêche sur la Tardoire, adresse une supplique au Maître particulier des Eaux et forêts d'Angoumois pour punir les particuliers qui pêchaient dans ce fief "avecq tramails et paniers et autres engins deffendus". Les de La Garelli, un temps propriétaires, cédèrent aux Guytard de Riberolle et aux de Causans jusqu'en 1946. Le château, qui aurait accueilli la suite de l'Infante Marie-Thérèse, qui se rendait en France pour épouser Louis XIV, d'abord hébergée à La Rochefoucauld, est promis à une réhabilitation avec création d'une salle (dite polyvalente en français fin XXe siècle) par la commune propriétaire. Jadis à La Rochette d'étranges rumeurs circulaient: le loup-garou tout de blanc vêtu errait dans la cour du château des demoiselles de la Galerie, tous les minuits…
Éléments protégés MH: le château, à l'exception des toitures, de la verrière et de l'escalier extérieur : inscription par arrêté du 3 juillet 1992.
château de la Rochette 16110 La Rochette

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