En 1866, sous la pression du fleuve en crue, la levée cède à 150 mètres du château. Il est en grande partie détruit ainsi que la ferme. En 1914, la famille de Terrouenne cède le château au baron Henri Petiet. En 1925, il est inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques. Devenu propriété de la SAFER le temps d'aménager le domaine de Melleray, le château est vendu à M. Bergeron en 1961, puis à M. Denis Girault, propriétaire actuel. Il reste aujourd’hui, à la seule vue des chevaux qui occupent les lieux, un bâtiment rectangulaire aux angles marqués de deux pavillons carrés dans œuvre. Le centre de la façade est animé d’une tour, elle aussi dans œuvre, de plan carré à sa base et dont la configuration angulaire se transforme à mi-hauteur en fer à cheval, légèrement en retrait. Un choix particulier dont la singularité trouve écho dans la construction de l’adorable château en brique du Moulin, à Lassay-sur-Croisne, qui possède lui aussi une tour en forme de fer à cheval dont la forme se maintient cette fois sur toute la hauteur. Bien qu'aucun plancher ni aucune marche ne soient encore en place, il est facile de restituer un escalier en pierre, en vis, dans la tour centrale, peut-être même suspendu. Si l’on essaie d’imaginer le château complet, il est possible d'envisager le doublement des pavillons sur la façade postérieure ainsi que l'existence, au centre de la construction, d’un "donjon", Torquat précisant, en 1853, que le donjon venait de disparaître. Comme souvent lorsque la brique est utilisée le soubassement est en moellon parementé de pierre de taille. De la pierre qui marque l’encadrement des ouvertures mais aussi les bandeaux horizontaux moulurés qui délimitent les différents niveaux. Un appareillage de brique, dans l’épaisseur des murs, reproduit des losanges grâce à l’utilisation de la brique vernissée. Soulignons la monumentalité de la porte qui menait certainement directement à l’escalier et aux pièces du rez-de-chaussée: en pierre, cintrée et encadrée de pilastres surmontés de chapiteaux sculptés, le tout portant entablement et fronton triangulaire avec ports à feu aux extrémités et au sommet. Des losanges en fort relief sur la plate-bande des pilastres reprennent les motifs de la maçonnerie. Il est intéressant de remarquer que les deux demeures de Jacques Groslot, construites à vingt ans d’écart, sont toutes deux en brique et pierre, tout comme l’était la maison de ses parents à Chambeaudouin en Beauce.
Éléments protégés MH : les ruines du château de l'Isle : inscription par arrêté du 30 juin 1925.
château de l'Isle 45560 Saint Denis en Val
Téléphone : 02 38 86 95 93









