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Château de Mayrac

Mayrac serait mentionné en 930 par le testament d'Adhémar des Eychelles. La documentation semble rare pour les siècles suivant, jusqu'au milieu du XVe siècle. Les terres de Mayrac sont données aux moines d’Obazine en 1241 par Guillaume de Gourdon. Après les ravages causés par l’interminable guerre de Cent Ans, les lieux sont désertés. Des accensements collectifs permettent à de nombreuses familles, nobles ou pas, de quitter leur Auvergne ou leur Rouergue natal pour venir repeupler la province du Quercy. Jean Luquet, écuyer, damoiseau d’Oliergues, en Auvergne, est appelé par le vicomte de Turenne, Agnès de La Tour, pour occuper la charge de gouverneur de la vicomté. Afin de le récompenser pour ses services, le vicomte lui octroya, en 1453, certains droits ainsi que l’autorisation de bâtir un château avec fossés et fortifications sur le fief de Mayrac que son vassal avait acquis, sous réserve d’un hommage avec serment de fidélité. Déjà seigneur, par son mariage, du fief de Réveillon, Jean Luquet sera le chef de la branche des seigneurs de Mayrac, et désormais appelé Luquet de Chaylard. Cette lignée, qui portait "D’azur au loup rampanit de sable, à la bordure engrelée de gueules, chargée de trois étoiles d’or", se termine en 1576, par le mariage de Balthazare du Chaylard avec Jacques de Maschat de La Meschaussée.

Au XVIIe siècle, les Salignac de Lamothe-Fénelon sont les seigneurs des lieux, et hommagent au roi. Vient ensuite dans la place, par alliance, Pierre-Joseph de Lachèze-Murel, royaliste fidèle qui défendra le roi aux Tuileries. Dénoncé, il sera arrêté et emprisonné à la Conciergerie pendant une année. Durant ce temps, ses biens de Mayrac sont saisis et affermés aux enchères à un paysan du village. Sous Napoléon 1er, Pierre Lachèze-Murel sera président de l’administration départementale du Lot, puis Louis XVIII nommera maître des requêtes au Conseil d’État. Il fera partie de la Chambre introuvable, et, "last but not least", sera anobli par lettres royales en 1815. En 1856, il vend le château de Mayrac à Jean-Baptiste Fayette dont les descendants occupent toujours les lieux. L'édifice est composé de deux corps de bâtiments en équerre, reliés par une tour circulaire à demi engagée. La porte de la tour, encadrée de pilastres, est surmontée d’une accolade et d’un fronton comportant les armoiries mutilées des Luquet de Chaylard. Deux belles croisées à bases prismatiques, ainsi que des croisées simples ornent les façades de la demeure.

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château: inscription par arrêté du 21 mars 1979.

 château de Mayrac 46200 Mayrac 

 

Château de Masclat

La seigneurie des terres de Masclat, dépendant de la vicomté de Turenne, était détenue par la puissante famille des Cardaillac, au XIIIe siècle, avant que de passer, par alliance, à la non moins puissante maison de Thémines. Elle devient ensuite la propriété de la famille Ithier. Un remariage fait arriver dans les lieux, à la fin du XIVe siècle, Hugues de Lopdat. Différentes familles vont ensuite se partager le fief de Masclat, notamment les d’Auriole et les Blanchefort, les Verveix et les Fontanges, que des liens du sang ne tarderont pas à lier. Au XVIIIe siècle, Magdeleine Thérèze de Lantron-Saint-Hubert, comtesse de Corneilhan est la seigneuresse directe et foncière des lieux, qu’elle n’habite pas. Aussi afferme-t-elle le domaine à Maître Pierre Glandin, avocat et juge de Saint-Projet, qui vient loger dans la vieille demeure avec sa famille. Avec le XIXe siècle survient la déchéance du château. En 1859, Gabriel de Nattes de Villecomtal, petit-fils de la comtesse de Corneilhan, est amené à consentir la vente aux enchères de ses biens situés à Masclat. Le château, devenu depuis des lustres fort décati, est alors habité par le curé du village qui tentera, en vain, d’en faire l’acquisition. C’est finalement le maire de la commune qui l’obtient pour la somme de 11000 francs.

 Le château jouxte l'église paroissiale. Une grande cour s'étend devant le logis, au sud-ouest ; une seconde cour, à l'est, sur laquelle ouvre le portail actuel, est encadrée par deux bâtiments de dépendances. Le logis comporte une tour centrale, de plan carré, dont les murs ont plus de deux mètres d'épaisseur à la base et dont la masse est bien délimitée en façade par les chaînes d'angle ; les baies sont modernes à l'exception de celles du niveau supérieur, dont deux sont couvertes d'arcs brisés. Les deux ailes accolées sont flanquées chacune d'une tour ronde, au sud-ouest et au sud-est, dont la couverture a disparu ; des demi-croisées murées et les canonnières en "trou de serrure", de grande dimension et chanfreinées, appartiennent à la même campagne de travaux que la porte de l'escalier, à linteau sous arc brisé et tores. Le corps de logis médiéval accolé au nord-est est en pierre de taille et conserve dans son élévation sud-est, au niveau du rez-de-chaussée, les vestiges d'une arcade brisée et un jour muré ; il comporte un sous-sol couvert d'une voûte en berceau brisé. Les élévations ont connu d'importantes modifications à l'époque moderne avec en particulier la création de grandes baies organisées en travées et de combles mansardés à lucarnes surmontées de frontons. Armoiries des Fénelon sur l'écu sculpté sur la clef de l'arc du portail d'entrée et dans un décor de gypserie d'un salon réaménagé au XIXe siècle : d'or à trois bandes de sinople (la bordure doit-elle être prise en compte dans les armoiries). Armoiries des Vervaix, au-dessus d'une cheminée au rez-de-chaussée : d'azur à 5 bandes d'or. Un médaillon remployé au revers d'une lucarne inscrit un lion qui, pourrait être celui des Cardaillac. Deux dépendances encadrent la cour située au sud: d'après la notice Mérimée des Monuments historiques, l'une est du XVIIe siècle, l'autre du XIXe et serait construite avec les pierres provenant de l'ancien prieuré de Caminel. 

 Éléments protégés MH : le ce château et la parcelle qui le porte ainsi que le mur le séparant de l'église : inscription par arrêté du 16 mai 2007. 

 château de Masclat 46350 Masclat

   

Château de Marsa

Entre les murs du château siffle la plainte aiguë des vents furieux, quand sévit la tempête. Aux beaux jours, les vieilles pierres, ambrées par le soleil, ressuscitent l’écho de moments oubliés. Du jardin suspendu, où, à la belle saison, un tilleul centenaire jette une ombre fraîche sur des iris en fleurs, l'œil saisit jusqu’à l'horizon l’ondoyante étendue d’un paysage immuable. Tel, dans sa vertu champêtre, qu’il devait apparaître, autrefois, aux seigneurs de ces lieux. La sévère demeure porte leur nom: Marsa. Implantée près de la bastide de Beauregard, elle a longtemps été appelée Labastide-Marsa. Cette famille de chevaliers de la châtellenie de Caylus émerge dès le début du XIIIe siècle dans le cartulaire des Templiers de Lacapelle-Livron. Quelques décennies plus tard, en 1267, un litige s’élève entre le Temple et les seigneurs de Marsa au sujet de dîmes indûment perçues par ces derniers au détriment du puissant Ordre. Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, alors comte de Toulouse, reçoit une plainte des Templiers. Les Marsa, chevaliers modestes, doivent s’incliner. Au siècle suivant, les Marsa sont représentés à la cour pontificale d'Avignon, certains membres de la famille y sont écuyers. Après la guerre de Cent Ans, Jean de Marsa habite son repaire. Pour pallier le déguerpissement de ses gens, dû aux ravages de la guerre, il s’emploie alors à repeupler, au moins en partie, son territoire, dont il accense les terres vers 1460. En 1504, lors du dénombrement pour le ban et l’arrière-ban, Pierre de Marsa fait la liste de ses biens. Mais il demeure, non loin de là, dans son fief de Saillac. Au XVIIe siècle, le château devient la propriété d’un parent de la famille: Emmanuel de Lagardelle. Quelques années avant la Révolution, les enfants de son descendant auront pour précepteur Guillaume Lacoste, futur historien, auteur de l’imposante Histoire Générale du Quercy. En 1786, Jean de Saint-Martin est devenu le seigneur des lieux. Quant aux descendants de la branche cadette des Marsa, celle de Saillac, ils traverseront le XVIIIe siècle dans une demi misère, jusqu’à l’extinction de leur nom. Les Marsa portaient "D'azur à trois rocs d'échiquiers d’argent".

Le château et ses dépendances sont disposés autour d'un vaste espace ouvert qui en constitue aujourd'hui la cour, mais où Jean Lartigaut pouvait supposer l'existence d'un habitat subordonné, avec une rue publique, qui se serait en partie maintenu jusqu'au XVIIe siècle. Le logis se compose de deux groupes de corps de bâtiment reliés par un corps de galerie, d'une vingtaine de mètres de long, qui se signale à l'extérieur par ses deux niveaux de croisées. Le groupe nord-est comprend la tour en pierre de taille du XIIIe siècle : de plan carré, elle était accessible par une porte haute, couverte par un arc brisé, qui est conservée au deuxième niveau de l'élévation sud. L'un des deux corps de bâtiment qui lui sont accolés contient un escalier en vis, dont la porte présente une mouluration à bases prismatiques et baguettes croisées. La partie sud-ouest est également composée de plusieurs corps de bâtiment qui portent les marques d'époques différentes. On y remarque en particulier des encadrements de fenêtres à cavet, du XVe ou du XVIe siècle, et de grandes fenêtres rectangulaires du XVIIe siècle. A l'angle sud-est, un bâtiment en forme de tour était couronné par un hourd dont on distingue encore les poutres, sciées, qui portaient l'encorbellement. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 27 juillet 1979.

 château de Marsa ou de Labastide-Marsa 46260 Beauregard

 

Château de Marcillac

A la belle saison, on devine à peine, de loin, l’imposante silhouette du château, cachée qu’elle est à notre époque par un écran touffu de verdure. Pourtant la demeure est impressionnante, malgré les dégâts survenus à la Révolution. Construite à l’extrémité d’un éperon rocheux, elle a la forme d’un quadrilatère aux murs épais percés de meurtrières, qui abrite une cour intérieure. L’étymologie de Marcillac serait Marcelli Ager, c’est-à-dire: terre ou champ de Marcellus. Une présence gallo-romaine sur les lieux serait donc à envisager. La grande esplanade située devant la façade nord-ouest, où se trouve la chapelle, semble avoir contenu un habitat rural conséquent, peut-être une basse-cour. La chapelle date de la fin du XVe siècle. Assez endommagée, elle a conservé les culs-de-lampe ornés des monogrammes J.H.S et M, et la coquille Saint-Jacques sur ses arcs d’ogives. Au Moyen Âge, le château appartient aux de Lard. En 1427, Jeanne de Lard, par son mariage avec Hugues d’Orgueil, fait passer le fief dans cette vieille famille. En 1503, par alliance sans doute, les Goth arrivent dans les lieux. Mais dès 1565, les noces de leur héritière avec Grimond de Cruzy apportent en dot le domaine à cette famille qui va demeurer deux siècles environ à Marcillac. Ce sera l’époque faste du château. Les plus grands noms du Quercy, du Rouergue et du Poitou vont s’allier aux Cruzy. Sylvestre de Cruzy, ami de Richelieu participera à la prise de La Rochelle. IL sera à l’origine du raffinement décoratif de la demeure. Son neveu Charles de Cruzy sera au côté de Condé pendant la Fronde. Il fera reconstruire le corps de logis principal.

 Les armes des Cruzy: "Écartelé, aux 1 et 4, d'azur, à trois roses d'argent, 2 et 1, qui est de Cruzy, aux 2 et 3, d’or, à trois fasces de gueules, qui est de Goth". Leurs héritiers vendront l’ensemble du domaine à la famille de Saint-Jean. Ces derniers assisteront, impuissants, au saccage du château pendant la Révolution. En effet, Bernard de Saint-Jean, fils aîné de la famille, qui s’était engagé dans la petite armée "contre"révolutionnaire" du marquis d’Escayrac, laquelle menait des raids contre les agissements des républicains, s’était attiré les foudres des paysans alentour. En représailles, ceux-ci s’en prennent à la demeure de ses parents, en 1790. Après avoir été entièrement pillé, le château sera incendié et brûlera pendant plusieurs jours. Abandonné, très délabré, Marcillac connaît au siècle suivant un regain de vie grâce à des religieuses. Mère Clotilde de La Volvène, parente des Saint-Jean et fondatrice de l’ordre de la Miséricorde, rachète l’édifice ruiné. Sa congrégation va demeurer là pendant un siècle, restaurant une partie des bâtiments de façon sommaire pour en faire un lieu de repos et une école pour les enfants du village. Après la Grande Guerre, une lente agonie reprend pour les vieilles pierres de la forteresse. Les arches de la cour sont démolies. Une des tours est volontairement détruite. L'édifice devient une carrière ouverte à tous les vents. C’est-à-dire à tous les passants. Malgré l’inscription gravée au-dessus d’une porte "Inquierentes Dominum Non Deficient Omni Bono" (Ceux qui cherchent le Seigneur ne manquent d’aucun bien), on pouvait penser à juste titre que le destin avait abandonné les lieux. Mais heureusement, depuis une vingtaine d’années, sa nouvelle propriétaire essaie courageusement d’insuffler une vie nouvelle au château. Chaque été, la vieille demeure s’anime avec bonheur, devenant le haut lieu du Festival de musique classique du Quercy Blanc.

Le château occupe l'extrémité d'un éperon qui domine la vallée du Lendou. Il est aujourd'hui précédé au nord d'une vaste esplanade, qui occupe peut-être l'espace d'une basse-cour. Il comportait à la fin de l'Ancien régime quatre corps de bâtiment principaux, autour d'une cour étroite : de la partie nord ne subsistent que des vestiges et surtout les murs extérieurs, alors que les corps de bâtiment de la partie sud ont été réparés pour être occupés. Le milieu de l'élévation nord-ouest est occupé par une tour d'entrée de plan carré, en pierre de taille pour les premiers niveaux et en brique pour sa partie supérieure ; les portails ont été refaits au XVIIe siècle, mais le passage, avec ses banquettes latérales, est conservé. La base du mur du bâtiment ruiné, au nord-ouest, comportait des archères cruciformes à embrasures couvertes en plein-cintre. La tour sud-est conserve également à sa base une maçonnerie de pierre de taille avec les vestiges d'une porte couverte d'un arc brisé et chanfreinée. La tour de l'escalier en vis établie à l'angle des corps de bâtiment sud-ouest et nord-ouest à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle est construite principalement en moellon. L'élévation sur cour du corps de bâtiment sud-ouest montre deux phases successives de construction : la première conserve une demi-croisée à gorge, la deuxième une croisée à décor de baguettes ; les fenêtres à meneau ou croisée à arêtes vives sont du XVIIe siècle. La tour, aujourd'hui arasée, qui contient l'escalier à volées droites, est placée dans l'axe du passage d'entrée. On y accède par un portail à pilastres et entablement doriques, enrichi de tablettes en marbre rose. Le mur-noyau de l'escalier est ajouré par une claire-voie à balustres. La chapelle est située à proximité de l'entrée actuelle du château, à l'extrémité de l'esplanade. C'est un petit bâtiment en moellon de tout venant, de plan rectangulaire, armé de contreforts diagonaux aux angles et d'un contrefort intermédiaire au nord comme au sud. Il était couvert de deux croisées d'ogives, à nervures à doubles cavets, dont subsistent les arcs formerets. Le portail, à l'ouest, est mouluré, son arc brisé retombant sur les piédroits sans impostes ni chapiteaux. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures et l'escalier intérieur: inscription par arrêté du 7 juillet 1977. 

 château de Marcillac 46800 Saint-Cyprien (Lendou-en-Quercy)

 

Château de Luzech

Dominant la bourgade de tout son élan, le donjon de Luzech, vestige de l’ancienne forteresse, est arrimé à l’extrémité d’un isthme rocheux surplombant une boucle du Lot où s‘est développé, au Moyen Âge, un bourg important. Ce piton impressionnant est le prolongement de l’oppidum de l’Impernal, que d’aucuns assimilent à l’antique Uxelludunum, dernier bastion de la résistance gauloise face aux troupes de César. La seigneurie de Luzech était partagée entre l’évêque de Cahors et les barons de Luzech. En 1188, après la prise de Cahors par les troupes de Richard Cœur-de-Lion, ce dernier vint assiéger Luzech. Pendant la guerre des Albigeois, Amalvin de Luzech ayant embrassé la cause des hérétiques, l’armée de Simon de Montfort assiégea la ville vers 1212, la pilla et détruisit une partie de la forteresse. L’Inquisition décidera plus tard, en 1227, la confiscation de la demeure seigneuriale au profit de l'Église de Cahors. L'évêque de Cahors ne réside jamais dans son château de Luzech, qui est confié à un "capitaine" vers 1375. En 1504, Bertrand de Luzech est baron du lieu, tenu de l'évêque avec toutes seigneuries, et il possède l'un des châteaux et la ville tenus de l'évêque et en pariage avec lui, mais l'année suivante, l'évêque Antoine de Luzech cède à son frère tous les droits de son église dans la juridiction de Luzech, en réservant toutefois les hommages des vassaux de la châtellenie. Le château épiscopal est considéré comme vétuste lors d'un inventaire en 1509. La famille de Luzech s'éteint vers 1600, et la seigneurie passe par alliance aux Chapt de Rastignac. En 1841, l'emplacement de l'ancien château des seigneurs de Luzech est vendu, ou plutôt donné à la commune par le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, héritier de Pierre-Jean-Julie Chapt, marquis de Rastignac. Le donjon du château de l'évêque peut dater du deuxième quart du XIIIe siècle, et sa construction serait alors postérieure à l'acquisition de 1227, et devrait donc être attribuée à Guillaume de Cardaillac (1208-1235) ou à Géraud de Barasc (1236-1250).

 Le castrum de Luzech a été implanté sur l'isthme étroit (moins de 100 mètres) d'une vaste presqu'île isolée par un cingle du Lot, dominé par le plateau de l'Impernal occupé très tôt par un oppidum. Du château des évêques subsiste principalement le donjon, assis sur une table rocheuse : c'est une tour carrée de quatre niveaux, à contreforts d'angle enveloppants, contre laquelle s'appuie un étonnant mur-bouclier en retour d'équerre de même hauteur. La tour n'était accessible que par une porte, couverte d'un arc brisé, située au premier étage, d'où un escalier en vis ménagé dans l'épaisseur du mur permettait de gagner les niveaux supérieurs ; une trémie réservée dans la voûte donnait accès au rez-de-chaussée éclairé par une seule petite fenêtre haute, à large chanfrein et couverte en plein-cintre. Le mur-bouclier est aveugle, à l'exception d'une petite porte et d'une archère couverte en plein-cintre percées dans sa partie basse. Au pied du donjon, des murs ruinés et des portes à arc brisé appartiennent à une enceinte et une barbacane en chicane. Du château des barons, qui se trouvait en contrebas, ne subsistent que de maigres vestiges sur un roc, au-dessus de l'actuelle mairie. Un inventaire de 1692 mentionne une tour à se trouvait la salle des archives, et un grand nombre de pièces, dont une chapelle, dans deux corps de logis.

 Éléments protégés MH : la tour : classement par arrêté du 18 février 1905. 

 château de Luzech 46140 Luzech

 

Château de Lunegarde

Le romancier d’origine aveyronnaise Pierre Benoît, qui hanta les paysages du Quercy entre les deux guerres mondiales, imagina le fil d’une belle histoire dans ces lieux désertés et rocailleux du causse: ce fut Lunegarde, publié en 1942. Si nous ne sommes dans une contrée verdoyante, le paysage de Lunegarde, au nom si évocateur, n’en est pas moins empreint d’une sereine beauté. Le fief fut, de tout temps, et jusqu’à la Révolution, une possession de la chantrerie de l’abbaye de Marcilhac, haut lieu de l’art roman en Quercy. Les seigneurs qui se succédèrent dans les lieux eurent nom Gourdon, Gauléjac, Lagarde, Ginouilhac, Crussol d’Uzès, et Vidal La Pize. Le château primitif, vraisemblablement situé à côté de la petite église qui recèle les plus belles peintures murales de la province, disparut dans la tourmente des guerres de Cent Ans. L'édifice actuel date du XVIIIe siècle. Le corps de bâtiment et l’aile ouest sont de 1736, l’aile est datée de 1773. Vaste bâtiment de forme rectangulaire à deux niveaux flanqué de deux petits pavillons en retour d’équerre, le château possède, sur sa façade arrière, une modeste tour carrée. La toiture, recouverte de tuiles plates, est rythmée par sept lucarnes de pierre dont trois sont surmontées d’un décor à coquille. Un épi de faîtage en quille surmonte le toit de la tour. Le château fut construit par les Vidal La Pize. Cette famille bourgeoise, à qui le duc d’Uzès avait affermé la seigneurie depuis 1659, fut anoblie en 1731. Ses descendants occupent toujours les lieux. 

 Éléments protégés MH : le château de Lunegarde avec son décor intérieur : inscription par arrêté du 16 septembre 1991. 

 château de Lunegarde 46240 Lunegarde

 

Château de Limargue

C'est la plus pittoresque demeure du moyenâgeux village d’Autoire. De loin, le passant découvre le sommet de ses tours qui émergent au niveau de la route. Il se dégage de ses vieux murs un petit grain de fantaisie que n’aurait renié un conte de Perrault ou certains vers de Ronsard. D’ailleurs, une légende court le pays à propos du castel. Il aurait été construit par un nommé Lafon, roturier de son état, rendu chevalier par le roi Charles VIII, en récompense de sa bravoure et de sa témérité sur les champs de bataille d'Italie. Ce dernier aurait même obtenu le privilège extraordinaire d’avoir une demeure avec tours et mâchicoulis, signes distinctifs de noblesse et de droits seigneuriaux. Le dit Lafon se serait contenté de simples tourelles ajoutées à sa chaumière ancestrale. Au linteau d’une des tours, il fit graver son blason une étoile, celle qui lui porta chance et qui existe toujours. Outre une grosse tour ronde située sur la façade méridionale de l’édifice, la demeure comporte, à l’angle intérieur de sa façade est, une haute et étroite tour ronde, à cinq niveaux. Elle est percée d’une demi-croisée et munie à la hauteur de son troisième étage, d’une tourelle en encorbellement surmontée d’une toiture en poivrière. Une porte à accolade ouvre sur l’escalier en vis. Les deux corps de logis ont été remaniés aux XVIIIe et XIXe siècles, lors du percement de fenêtres à l’emplacement d’anciennes croisées en pierre. 

 Éléments protégés MH : la tour : inscription par arrêté du 6 avril 1929. 

 château de Limargue 46400 Autoire

 

Château de Lavercantière

Un premier château fort a précédé l’édifice actuel, qui aurait subi l'assaut de Richard Cœur-de-Lion peu avant sa mort en 1199. La seigneurie appartenait aux Gourdon, qui, en 1401, l'avaient "autrefois" donnée au chapitre de la cathédrale de Cahors : en 1411, Pons de Gourdon rend hommage au chapitre de Cahors pour Lavercantière et autres lieux. En 1504, c'est Agnet de Gourdon qui est seigneur de Lavercantière. La seigneurie passe ensuite aux Lagrange, par le mariage, en 1528, de Michel de Lagrange et de Marquèse de Gourdon, unique héritière de Jean de Gourdon. Les Lagrange-Gourdon se maintiennent dans les lieux jusqu'à la Révolution. Sous la réserve d'une étude de l'édifice, le château ne paraît pas conserver de vestiges antérieurs au XIIIe siècle : à première vue, l'état le plus ancien serait datable du XIIIe ou du XIVe siècle. Seule une porte ornée d'une accolade témoigne encore de travaux réalisés après la guerre de Cent ans. Le corps principal est entièrement réaménagé, en conservant partie des maçonneries médiévales, vers 1659, date du contrat passé par Guillaume (ou Guyon) de Lagrange-Gourdon avec le maçon Pierre Francès pour les marches de l'escalier. Les travaux sont interrompus, sans que l'on en connaisse la raison, et ce n'est qu'au XVIIIe siècle, d'après la forme des fenêtres, que le corps de bâtiment ouest fait à son tour l'objet d'un réaménagement complet. Les bâtiments qui entouraient la cour, et qui figurent encore sur le plan cadastral de 1810, ne subsistent plus aujourd'hui qu'à l'état de vestiges. 

Bâti à proximité de l'église, le château se compose de deux corps de bâtiment en T et d'une vaste cour rectangulaire, au nord, qui était entourée de plusieurs bâtiments dont les fonctions et la chronologie demanderaient à être identifiées : le bâtiment nord, ruiné, conserve les traces d'une voûte et des archères au deuxième niveau. L'aspect du logis est aujourd'hui celui d'une construction du XVIIe siècle pour le corps principal, et du XVIIIe siècle pour le corps ouest. L'examen des élévations montre cependant que les maçonneries des bâtiments du Moyen Age ont été en partie conservées : dans l'élévation nord du corps principal, au rez-de-chaussée, une grande porte couverte d'un arc brisé a été surhaussée, et une porte ornée d'une accolade, percée dans une maçonnerie antérieure, apparaît au deuxième étage ; l'angle sud-est du corps ouest est chanfreiné en partie basse, et dans l'élévation est subsistent le piédroit d'une baie au niveau du premier étage et un linteau échancré en arc au niveau du deuxième étage. Des pierres en attente à l'extrémité est du corps principal indiquent qu'une deuxième aile en équerre était prévue au XVIIe siècle. La porte d'entrée, rejetée sur le côté, est ornée de pilastres toscans. Elle donne accès à un grand escalier à volées droites et mur noyau, ainsi placé à la jonction des deux corps de bâtiment dont il dessert les étages. Une terrasse haute est plantée d'une rangée de tilleuls. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; la salle des Gardes au rez-de-chaussée et l'escalier principal : inscription par arrêté du 16 septembre 1991. 

 château de Lavercantière 46340 Lavercantière

 

Château de Lastours

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, Lastours signifie, en occitan, les tours. Et c’était bien le cas de ce vieux château qui, au temps de sa splendeur, possédait deux belles tours ainsi que des remparts munis d’une tour circulaire et d’une autre, plus élevée, de forme carrée. Construit sur un promontoire qui domine la vallée de la Séoune, dans le pays des serres, appelé aujourd'hui Quercy Blanc, l'édifice est un spécimen de l’architecture quercynoise du XVIIe siècle. Il se compose d’un vaste corps de bâtiment de forme rectangulaire, d’allure austère et sobre. De grandes fenêtres à doubles meneaux s’alignent avec régularité sur les deux étages de la façade principale. Deux massives tours carrées flanquent le bâtiment: celle du nord est légèrement en saillie de la façade. Celle du sud s’est à moitié effondrée au siècle dernier, il n’en reste que la façade côté cour. Un petit corps de logis, prolongé par la chapelle, est accolé en retour d’équerre contre cette tour. Une enceinte plus ancienne, peut-être du XIVe siècle, clôturait le château. Il en subsiste des pans de murs avec, à l’angle nord, une tour ronde tronquée et, à l’angle sud, une haute tour et étroite tour carrée. On accédait alors au domaine par une porte voûtée, de nos jours obturée, percée au milieu du rempart. La tour ronde et les murs sont garnis d’archères cruciformes. Toute cette partie ancienne est sans doute le vestige d’une construction antérieure disparue, qui atteste la présence d’une ligne de fortifications construite par le comte de Toulouse à la limite de ses États, au XIIIe siècle. Au XVe siècle, Lastours est la propriété de la famille de Rozet. Pons de Rozet est à ce moment-là sénéchal du Quercy (1429).

Après sa mort et celle de son fils, Lastours passe aux Luzech, premiers barons du Quercy, par le mariage de Finamande de Rozet avec Guillaume de Luzech. Ce dernier sera chargé par le Dauphin, futur Charles VII d'organiser la défense de Cahors en cas d’attaque anglaise. Le 14 septembre 1438, Guillaume signe la capitulation de la ville de Domme, qui mettra fin à la guerre de Cent Ans en Quercy. En 1493, l’un de ses fils, Antoine, est nommé évêque de Cahors. C’est à lui que l’on doit la construction du cloître de la cathédrale cadurcienne. Pendant les guerres de Religion, les Luzech resteront catholiques et fidèles au roi de France. Guy de Luzech avait pourtant épousé Claude de Caumont, issue d’une famille protestante, dont l’un des frères périt assassiné pendant la nuit de la Saint-Barthélémy. Guy de Luzech est fait Chevalier de l'Ordre du Roi par Charles IX. Il participera, avec son fils Jacques, aux guerres d’Italie. À son retour, il fait édifier le château actuel, dont la construction sera achevée par son fils. Les états généraux du Quercy auront lieu à cette époque dans la grande salle du premier étage de la demeure. En 1600 la famille de Luzech s'éteint. Après un procès qui va opposer les Rastignac aux Verhnes, les uns et les autres descendants du dernier baron, Lastours sera dévolu à Louis de Verhnes, alors tous les autres biens iront aux Rastignac. Le nouveau seigneur est issu d’une famille originaire du Rouergue, titré baron de Jouqueviel. Cette famille demeurera à Lastours jusqu’à la veille de la Révolution. Étienne de Verhnes, avant de mourir en 1784, désigne comme héritier son cousin Guillaume de Puniet, officier du régiment de la Couronne, cadet d’une famille nombreuse dont le père résidait au château voisin de Roland. 

Pendant la Révolution, Guillaume de Puniet est emprisonné deux années à Cahors en représailles de l’émigration de ses fils, et son château de Lastours sera attaqué. La petite armée d’aristocrates menée par le marquis d’Escayrac interviendra pour limiter les dégâts. Le château est épargné, mais les tours des remparts seront décapitées. Après quelques années d’abandon, la demeure est à nouveau habitée par le fils de Guillaume, Henri dit le chevaliers de Lastours". Il vient s’y installer avec sa demi-sœur Agnès de Caudron, en 1817. Cette dernière y restera jusqu’à sa mort en 1851, redonnant à ces lieux une vie animée. De nombreux invités se réuniront, dont le général Puniet de Monfort, cousin de la famille et conseiller général de Montcuq. La dernière châtelaine de Lastours, malgré la rédaction successive de quinze testaments, ne réussira pas à conserver la vieille demeure dans la famille. En effet, après sa mort, ses nombreux héritiers ouvriront une longue suite de procès les uns contre les autres. En 1854, le château sera vendu et transformé en grenier à récolte, puis réduit, des années durant, à l’état de ferme. Racheté en 1992 par un descendant de la famille Puniet, en cours de restauration, Lastours peu à peu reprend vie et forme, grâce à la pugnacité et au courage de son nouveau propriétaire. Les armes des Puniet "D'azur à la fasce d'argent, accompagné en chef d’un gantelet du même et en pointe d’un lion passant d’or". 

 Éléments protégés MH : le château de Lastours en totalité : inscription par arrêté du 13 janvier 1993.

 château de Lastours 46800 Montcuq-en-Quercy-Blanc

 

Château de Larroque Toirac

Adossé à la falaise surplombant la vallée du Lot, en amont de Cajarc, l’étonnant château de Larroque-Toirac porte haut et fort le nom de son village qu'il domine. L’habitat primitif du lieu fut constitué par des grottes aménagées dans les falaises. Autrefois forteresse plus massive, d’aspect sans doute plus rébarbatif, le château dont on aperçoit de loin la haute tour gracile, a, de nos jours, la silhouette élégante d’une demeure enchantée. Il fut vraisemblablement construit par les Barasc, seigneurs de Monbrun dès le XIIIe siècle. En 1320, une partie de leurs biens est cédée à Pierre Duèze, frère du pape Jean XXII. Quelques années plus tard, le fief de Monbrun est acquis par Hugues de Cardaiïllac-Brengues. Des chevaliers résidant à La Roque, vassaux des Cardaillac, émerge une famille qui en prendra le toponyme. Pendant la guerre de Cent Ans, les Cardaillac, toujours propriétaires d’une partie de la seigneurie, sont de farouches adversaires des Anglais. À la fin du XVe siècle, les La Roque, enrichis par des alliances successives avec les Cardaillac, font construire un nouveau corps de bâtiment, qui est actuellement la partie centrale du château. Mais au siècle suivant surgissent des difficultés financières qui obligent les Larroque à vendre le fief, en 1546, à Pierre d’Hugols, bourgeois de Figeac. Les d’Hugols seront seigneurs des lieux jusqu’en 1732. Au cours des ans, ils feront effectuer des travaux qui gommeront l’aspect militaire de l’édifice, notamment la transformation de l’aile ouest en une agréable terrasse. Le XVIIIe siècle verra une tragédie digne de l’antiquité se dérouler dans les vieux murs. Jean Joseph d’Hugols, fils de Rose de Pontanier, désigne comme héritier, en 1732, Raymond de Pontanier de Saulon. Ce dernier sera tué, en 1738, d’un coup d’épée, par un nommé Joseph Delbreil, dont le père sera ensuite assassiné par Bertrand de Pontanier, frère cadet de Raymond. Condamné à être décapité, le coupable obtiendra des lettres de grâce. La seigneurie sera rachetée, vers 1760, par un lointain parent, Jean-Joseph Dufau. Pendant la Révolution, le château subira différents dommages, entre autres la destruction de la tour pentagonale, qui avait une hauteur de 32 mètres ainsi que la dégradation de la décoration intérieure. En 1840, un descendant, Charles Dufau, fait lotir les terres et la demeure, pour les vendre. En 1883, le domaine appartient ainsi à quatre propriétaires différents, dont la commune, qui fera plus tard l’acquisition des autres lots et transformera l’édifice en école de garçons. 

Adossé à un escarpement, le château domine le village de Larroque de sa silhouette pittoresque, avec "sa haute tourelle qui semble échappée d'une illustration romantique pour un conte de fées". Contrairement aux fortifications de falaise, le château est détaché de l'abrupt rocheux dont il est séparé par un chemin, barré au sud par un portail défendu par une archère-canonnière cruciforme. Il présente au sud un corps de bâtiment flanqué d'une grosse tour ronde qui fait fonction de corps d'entrée avec une porte couverte d'un arc brisé et chanfreinée, sur laquelle est sculpté un écu aux armes des Laroque. Ce bâtiment, qui a été arasé pour aménager une terrasse, était relié au corps de logis nord par la tour d'escalier à laquelle on accède, depuis la petite cour qui la précède, par une porte à voussures multiples et arc segmentaire sous une archivolte brisée. Le corps de logis nord, qui confère au château sa silhouette si particulière, est un bâtiment étroit, à six niveaux, flanqué à un angle d'une tourelle haute d'une quarantaine de mètres. Des mâchicoulis sur consoles la couronnaient et formaient aussi une galerie sur l'élévation sud du logis. Les encadrements des fenêtres sont ornés d'un tore retombant sur des bases prismatiques ou de baguettes croisées, ou seulement abattus par un chanfrein ou un cavet. A quelques mètres au nord-ouest du château, mais sur le même replat, sont conservés les vestiges de deux constructions distinctes. La première, de plan rectangulaire et qui était peut-être à une simple maison du castrum, est arasée au-dessous du niveau du chemin actuel et était accessible par une circulation établie en contrebas. La seconde, connue sous le nom de "tour à Cinq-Cayres", est également arasée au niveau du chemin qui permet d'accéder aujourd'hui à la terrasse qui la couvre. Elle présente un plan pentagonal dont l'éperon est tourné vers la falaise en vis-à-vis d'une importante cavité. Cette implantation singulière a conduit à supposer que la tour, dans son état originel, aurait été assez haute pour dépasser le niveau de la falaise et opposer son éperon au rebord du plateau. 

 Éléments protégés MH : le château de Larroque Toirac en totalité : classement par arrêté du 23 octobre 1995. 

 château fort de Larroque Toirac 46160 Larroque Toirac 

 Téléphone : 06 12 37 48 39

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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