Mais Jean de Saint-Sulpice n’avait pas vécu que des moments heureux. En 1576, son fils aîné Henri, capitaine de cent chevaux-légers, époux de la dernière descendante du frère du pape Jean XXII, Catherine de Négrepelisse, avait été assassiné, à Blois, par le vicomte de Tours. Armand, un fils cadet, avait trouvé la mort à 18 ans, en 1573, au siège de La Rochelle. Bertrand, son dernier fils, mourut en 1587, à la bataille de Coutras, sans descendance mâle. Ainsi s’acheva la lignée des Saint-Sulpice à la gloire fulgurante et éphémère. Au début du XVIIe siècle, le château passa, par alliance, à la famille de Crussol d’Uzès, qui, au fil du temps, comme pour le reste de ses biens hérités en Quercy, laissa à l’abandon les vieux murs, témoins d’un passé sans doute jugé trop provincial par une famille en honneur à la cour. Vendu comme bien national l’an II de la Révolution, il fut livré à la démolition par son nouveau propriétaire. L'ancienne forteresse que Jean d’Hébrard et Claude de Biron avait transformée en somptueuse demeure Renaissance, peu à peu s’enfonça dans l’oubli, effondrée, pillée, saccagée. Au XIXe siècle, les descendants d’une branche collatérale des Hébrard de Saint-Sulpice réintégrèrent les lieux ruinés. Elle fit construire alors sur la place, une demeure "moderne", qui sera charitablement détruite au siècle suivant.
Le château a été établi contre la falaise qui borde la vallée du Célé, en profitant d'un ressaut du terrain. Les vestiges se limitent à deux terrasses superposées, quelques pans de mur et deux bâtiments tronqués, ainsi que des aménagements troglodytiques. Les restes du bâtiment sont en pierre de taille et conservent la trace d'une porte couverte d'un arc brisé qui était probablement l'entrée du château. D'autres murs en pierre de taille, auxquels sont adossées des constructions modernes, ont été conservés. Au-dessus, l'accès au site est barré par un mur à degrés en petits moellons régulièrement assisés. Le mur de soutènement de la terrasse inférieure est évidé par un grand arc en plein-cintre laissant voir des constructions antérieures où apparaît une fente de tir en trou de serrure dans une maçonnerie de moellons. A l'extrémité sud-ouest du site subsiste au moins l'angle d'un bâtiment en pierre de taille muni d'un rang de consoles peut-être destinées à porter des mâchicoulis. J.-A. Delpon a donné une description relativement détaillée du château qu'il semble avoir connu avant sa démolition : "le rocher présente une crevasse large et profonde, depuis son sommet jusqu'à sa base, en forme d'un demi-cirque. C'est devant cette crevasse qu'on bâtit, dans le treizième siècle, un vaste château fort. L'intérieur du demi-cirque est occupé par un jardin en terrasse, dont la partie la moins élevée était au niveau des combles de l'édifice. De la terrasse la plus haute on parvient à trois cavités : l'une, fermée par un mur et par une porte, servait de prison : on croit qu'on frappait monnaie dans une autre. Ce château avait quatre étages en y comprenant le rez-de-chaussée ; trois tours carrées mais peu saillantes, adossées au bâtiment, l'embellissaient et servaient de moyen de défense. Toutes les ouvertures étaient partagées par une croix ornée de nombreuses cannelures. A la suite de ce château on construisit, vers la fin du seizième siècle, un autre édifice qu'on adossa entièrement au rocher ; il était plus vaste et plus soigné que le premier. Pour faire connaître son étendue, il suffira de dire qu'on y comptait autant de croisées qu'il y a de jours dans l'année..." La description se poursuit avec la terrasse, puis les appartements et les éléments les plus remarquables de leurs décors.
Éléments protégés MH : les vestiges du château médiéval comprenant la salle voûtée située sous la terrasse et les éléments de remparts subsistants ; la porte d'entrée de la maison d'habitation et la porte située au premier étage : inscription par arrêté du 7 janvier 1988.
château de Saint-Sulpice 46160 Saint-Sulpice

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