Au XIXe siècle, le château appartient successivement à Louis-Victor Benech, aux Sirand, puis à Antoine Bonhomme en 1869. L'ensemble est divisé avec l'acquisition en 1870 du château "supérieur" par la commune qui projette d'y installer les écoles et les bureaux de la mairie, tandis que le château "inférieur" passe aux Saint-Chamarand, puis aux Gimberge, une famille de viticulteurs locaux jusqu'à son achat en 1924 par le célèbre ferronnier d'art parisien Raymond Subes. Des édifices du castrum médiéval subsistent principalement, dans le château "supérieur", les restes d'une maçonnerie qu'il faut peut-être attribuer au XIe siècle, la base d'une tour à contreforts plats, qu'il faut peut-être dater du XIIe ou du XIIIe siècle, englobée dans une reconstruction de la fin du XIIIe siècle ou du XIVe siècle, et dans le château "inférieur", l'une des élévations d'un bâtiment à deux étages dans laquelle sont conservées des baies géminées datables de la fin du XIIIe siècle ou du XIVe siècle, dont les chapiteaux sont tout à fait semblables à ceux de Cavaniès (commune de Cahors).
Le château de Larnagol a été implanté en bordure du Lot, face au castrum de Calvignac, en profitant d'un éperon rocheux réservé entre deux pechs par deux petites combes qui rejoignent la rivière. Le site est constitué de deux terrasses principales, qui résultent pour une part d'aménagements successifs mais qui ont conditionné son organisation dès le Moyen Age. Les vestiges les plus anciens se trouvent sur la terrasse haute (le château "supérieur"). La tour à contreforts est aujourd'hui arasée au-dessus de la première voûte, donc diminuée sans doute de la moitié de sa hauteur. Côté cour, elle est par ailleurs partiellement enterrée dans le remblai des terrasses du début du XIXe siècle. L'examen des soubassements montre que cette tour est accolée contre une structure plus ancienne, aujourd'hui condamnée et enfouie dans un remblai. Cette première structure se manifeste par une arcature à deux rouleaux en plein-cintre, constitués de petits claveaux en moellons éclatés dont la manière évoque l'architecture religieuse du XIe siècle. Appuyée sur cette arcature qu'elle a condamnée, la tour initiale ne subsiste plus que par deux de ses côtés. La troisième face, côté sud, résulte d'un remontage qui a agrandi l'espace intérieur et qui semble être intervenu vers la seconde moitié du XIIIe siècle voire au XIVe siècle. Ce placage maladroit a pu être opéré suite à l'effondrement de la face primitive de la tour dont les arrachements sont visibles. On y relève une porte à arc brisé et chanfreinée, ouvrant au rez-de-chaussée, au-dessus de laquelle ouvre une petite fenêtre également en arc brisé. Exigüe, la chambre intérieure de la tour recoupée par un plancher moderne, est surmontée d'une voûte en berceau. Elle était éclairée par un jour étroit dont l'embrasure a été élargie après coup. A l'extérieur, la tour est épaulée sur sa face externe par deux contreforts plats (saillie de 0,26 m). L'un d'entre eux a été épaissi lors de l'élargissement de la tour, donc au XIVe siècle. Un tronçon de courtine, cohérent apparemment avec les maçonneries de la tour, prolonge la face à contreforts côté logis. Elle est percée d'une fente d'éclairage courte et sans chanfrein, avec un cintre approximatif, délardé dans le linteau. Une reprise en brèche y est apparente. Le logis (actuelle mairie) se développe au nord. Il se compose au rez-de-chaussée d'une longue cave voûtée, datable du XVIe siècle, distribuant deux cachots dont les portes munies de clous et de guichets sont conservées. Une seconde cave abritant une citerne la prolonge au nord. Le sol actuel de ces caves résulte du surhaussement par remblai du sol primitif. L'ensemble a été repercé au début du XIXe siècle, époque à laquelle le logis a été recomposé.
Sur la terrasse basse, la reconstruction au XVIIIe siècle du château "inférieur" a conservé une élévation complète d'un édifice du Moyen Age. La base est constituée par les vestiges d'une maison dont l'étage était sans doute en pan de bois, comme l'indique la tête de mur appareillée qui subsiste à l'angle. Deux étages maçonnés, percés de fenêtres géminées et d'une petite baie à intrados trilobé, ont remplacé les pans de bois primitifs : leur taille brettelée incite à ne pas en placer la construction avant la fin du XIIIe siècle, en dépit du caractère archaïque des ouvertures. La division du château en deux entités distinctes reste à expliquer. Elle pourrait résulter d'une division de la seigneurie ou bien d'un redéploiement de ses logis après une ruine partielle de l'édifice.
Éléments protégés MH : le château de Larnagol et ses jardins : inscription par arrêté du 25 mai 2001.
château fort de Larnagol 46160 Larnagol
Téléphone : 05 65 23 39 79

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Donner votre avis sur ce château