C'est à proximité d'une digue construite sur le Lot à la fin du XIIIe siècle, dite de Lamothe Dessous, qu'une maison-forte fut élevée pour la famille de Pélissier, bourgeois de Penne et seigneurs péagers, mentionnés dans l'enquête de 1311 sur les usurpations commises au détriment du domaine royal. Des vestiges de cette résidence du début du XIVe siècle paraissent subsister dans les parties basses du logis. Détenue au XVe siècle par la famille de Laduguie, la seigneurie de Ferrassou est vendue à Jean de Podio Extremo (de Pechextrême), en 1476, avec "l'ostal e tor apelat de Ferrasso". De cette époque date la reconstruction du corps de logis. La seigneurie passe dans les années 1490 entre les mains d'Antoine de Lustrac, pour qui la tour d'escalier hors-oeuvre fut édifiée, à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle. Des traces de reprises dans la maçonnerie révèlent que le logis fut agrandi d'un nouveau corps adossé à l'escalier côté sud, sans doute peu de temps après sa construction, d'après les traces de fenêtres encore visibles. La tour sur l'angle nord-est, datable par son décor Renaissance des années 1530-1540, fut peut-être élevée à l'occasion du prestigieux mariage, en 1544, de Marguerite de Lustrac avec le Maréchal de Saint-André. Après l'acquisition en 1608 du château par Pierre de Masparrault, issu d'une riche famille de magistrats bordelais, d'importants travaux d'agrandissements sont effectués : le corps de logis est doublé en profondeur et une aile en retour est construite au nord, comportant notamment un corps d'entrée, des galeries superposées et une chapelle (visitée par l'évêque Claude Joly en 1668) une tourelle dominant le Lot porterait la date 1658. Durant la Révolution, la maîtresse-tour fut dérasée. Le domaine est acquit par Blaise de Lapeyrière en 1812, qui fait démolir, vers 1818 l'aile nord et effectuer des travaux de restauration et de décoration, donnant à l'édifice ses dispositions actuelles; l'imposte en ferronnerie de la porte d'entrée de 1820 marque l'achèvement du chantier.
Le château établi sur la berge de la rive droite du Lot surplombe le cours d'eau, dont le niveau a été relevé d'environ huit mètres lors de la construction du barrage de Villeneuve-sur-Lot. Les murs sont bâtis en moellon de tuf, équarri pour la tour d'escalier, mêlé à du calcaire pour la partie nord-ouest. Un enduit d'imitation simulant un appareillage de pierre de taille existait avant restauration. Le château se compose aujourd'hui d'un corps de logis rectangulaire perpendiculaire au Lot, sur caves voûtées en berceau et dominé par la tour d'escalier abritant au sommet une pièce voûtée d'ogives. La maîtresse-tour circulaire sur l'angle nord-est, défendue par une canonnière, est isolée par un fossé. Les croisées et demi-croisées de la tour nord-ouest sont encadrées par des pilastres à losanges couronnés de petits chapiteaux.
Éléments protégés MH : les parties anciennes (à l'exclusion des deux tours classées) : inscription par arrêté du 11 avril 1973. La tour ronde ainsi que la tour carrée renfermant l'escalier à vis : classement par arrêté du 11 avril 1973.
château de Ferrassou 47140 Saint-Sylvestre-sur-Lot
Téléphone : 06 16 58 11 63

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