La transformation de la forteresse en château d'agrément est due, dans le quatrième quart du XVIIe siècle, à Jacques-Henri de Durfort, premier duc de Duras en 1689 puis maréchal de France, mort en 1704. Si les tours de la forteresse médiévale sont conservées, l'ensemble des corps de logis est reconstruit et des communs couverts en terrasse sont aménagés dans l'ancienne basse-cour, formant une cour d'honneur. Le résultat étant très homogène, on ne dispose que de peu de repères chronologiques permettant de dater les différents ouvrages. Il paraît cependant assuré que le fils du premier duc, Jean-Baptiste de Durfort, est le commanditaire de la construction du corps de logis accolé au corps d'entrée, dit le "petit château", dans le premier quart du XVIIIe siècle. Des plans non datés de l'atelier de Robert de Cotte présentent des projets pour une avant-cour comprenant orangerie, chapelle et écuries, qui aurait été aménagée dans les années 1730 (d'importants charrois sont mentionnés en 1734). La grande salle du château accueille 1300 personnes en 1738 lors d'une cérémonie religieuse (la date de 1741 donnée pour l'achèvement de cette salle ne paraît pas étayée). Le troisième duc, Emmanuel-Felicité de Durfort, mort à Versailles en 1789, ne paraît pas avoir entrepris de travaux majeurs, sauf peut être quelques embellissements des appartements. Durant la Révolution, le château est pillé, les tours dérasées (à l'exception de celle sud-est), les bâtiments de l'avant-cour sont détruits alors que les jardins réguliers au sud sont délaissés. En 1883, le château, déserté, est vendu (après démontage des cheminées de la salle des maréchaux) par le comte de Chastellux, héritier des Durfort, au curé de Duras qui projette en vain de transformer l'aile est en église paroissiale. Passé de mains en mains, dégradé, le château est acquis par la commune en 1969, puis classé en 1970. Commencent alors les campagnes de remise en état des bâtiments sous la conduite de l'ACMH F. Corouge : la toiture de l'aile est, notamment, est rétablie en 1975, les sous-sols sont restaurés dans les années 1980-1990 ; la restauration des extérieurs est en cours et celle des lambris de la chambre de la duchesse est programmée.
Le site castral occupe l'extrémité d'un éperon de confluence dominant la vallée du Dropt. La forteresse médiévale, séparée du bourg et isolée de l'extrémité de l'éperon par des fossés, se compose d'un corps de place quadrangulaire flanqué de tours sur les angles, précédé à l'est d'une basse-cour bordée de courtines et défendue par un ouvrage d'entrée encadré de tours ; un cellier en sous-sol, voûté en berceau, était placé à la jonction du corps principal et de la basse-cour. Les tours circulaires, à l'exception de la tour nord-est en fer à cheval, sont talutés à leur base ; des escaliers en vis dans-oeuvre desservent les salles voûtées d'ogives ou en berceau brisé. Quelques archères en croix pattée restent visibles, ainsi qu'une baie géminée murée, dans les maçonneries des tours de l'ouvrage d'entrée. La structure de la forteresse a été maintenue lors de sa transformation en château d'agrément : des appartements ont été construits au sud et au nord, formant deux corps de logis reliés à l'ouest par une aile ouverte en portique et à l'est par une loggia desservie par un escalier rampe-sur-rampe, encadrant une cour intérieure. Adossée à l'aile est avec son toit pentu, la grande salle offre la façade principale du château, couronnée d'un fronton cintré et de lucarnes. Elle ouvre depuis une terrasse sur la cour d'honneur par un escalier symétrique. Les communs aménagés sous cette cour sur deux niveaux, voûtés d'arêtes, sont dits en sous-sol, quoique non encavés. Une partie de ces salles abrite aujourd'hui des collections ethnologiques.
Éléments protégés MH : le château avec tous les bâtiments qui le composent, ainsi que ses cours, garenne et terrasses et leurs murs de soutènement : classement par arrêté du 3 mai 2002.
château de Duras 47120 Duras
Téléphone : 05 33 14 00 38

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