En 1214, Simon de Montfort n'avait pas exigé la démolition des fortifications de Capdenac, qui demeure une place forte stratégique à la frontière entre Quercy et Rouergue. Pendant la guerre de Cent ans, la forteresse n'est jamais prise par les Anglais, alors que la garnison qu'y tenait Dorde de Lentillac en 1352 se composait de dix cavaliers, huit lanciers et douze arbalétriers. Les coseigneurs ne possédaient pas de châteaux à l'intérieur de la place dont la protection était assurée par les fortifications du castrum, dont l'entretien incombait aux coseigneurs et aux consuls. Le vestige le plus ancien de l'enceinte pourrait être la base d'une tour datable du XIIe ou du XIIIe siècle, l'essentiel des parties médiévales des fortifications appartenant au XIIIe siècle, ou au début du XIVe siècle, en particulier pour la tour de Modon dont on sait cependant qu'elle a fait l'objet de travaux de réparation en 1394. Par rapport à d'autres ensembles comparables, Capdenac ne conserve que peu de vestiges de maisons des XIIe-XIVe siècles (moins de 20), qui sont principalement répartis près de la porte Vigane, au sud, et en bordure de la place Lucter et de la rue du Mirail, au nord. Ont également été repérés 12 bâtiments, complets ou à l'état de vestiges, datables des XVe et XVIe siècles.
Le site est celui d'un éperon rocheux dominant la vallée du Lot, entre deux méandres de la rivière qui marque la limite entre les actuels départements du Lot et de l'Aveyron. A l'est et à l'ouest, l'enceinte est bâtie sur l'escarpement de la roche, alors qu'un large fossé la précède au nord.
On entrait dans la place par une série d'ouvrages, aujourd'hui appelée "porte de Gergovie", qui précédait la "porte comtale", dans l'angle nord-est de l'enceinte. Les vestiges de la "porte de Gergovie" montrent des portes successives, couvertes par des arcs brisés, disposées en chicane et accompagnées d'une barbacane munies d'archères, à laquelle répondait une tour à talon dont la base subsiste sur l'autre côté de la route ; la porte comtale était munie d'une herse et surmontée d'une tour. Une seconde porte, dite "porte Vigane" du nom du hameau de Vic situé en contrebas du castrum mais aujourd'hui appelée "porte Narbonnaise", ouvre dans la partie sud-ouest de l'enceinte. En pierre de taille et couverte d'un arc brisé, elle a été complétée par une barbacane dont la porte est timbrée des armes des Genouillac. Un peu plus au sud, le mur d'enceinte laisse voir la base d'une tour en pierre de taille à contreforts plats, peut-être la tour dite "de Schriniol" qui aurait démolie vers 1765, et dans le front est, à proximité de l'actuelle place Saint-Andrieu, des pans de mur en pierre de taille. Les vestiges d'escalier en encorbellement donnant accès aux chemins de ronde subsistent près de la porte Vigane et de la tour de Modon. Au contact de la courtine nord, un vaste espace rompt avec l'organisation parcellaire du reste de l'agglomération. Une construction précédait la tour de Modon, formant un ensemble que le plan cadastral de 1833 qualifie de "citadelle", appellation sans aucun doute moderne : les fouilles réalisées en 1983 ont mis au jour des murs dont certains étaient peut-être antérieurs à la tour.
Éléments protégés MH : les ruines des anciennes fortifications : classement par arrêté du 16 mai 1911.
château de Capdenac 46100 Capdenac-le-Haut

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