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Château de Renay

Le premier seigneur connu, Guillaume de Renay, vers 1100, est peut-être le constructeur de la tour circulaire et du vieux bâtiment, à pignons, adjacent, qui représentait une forteresse entourée de douves, le long du Loir, comme Fréteval ou Lavardin. Une tradition orale ancienne évoque l’arrivée dans cette forteresse du roi Philippe-Auguste, le jour de la bataille de Fréteval, le 5 juillet 1194, contre Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre. Au XVIe siècle, la tour ancienne reçoit tout un décor Renaissance, autour des baies et sur la lucarne. Jean III Guischard fait abattre une partie du vieux château et construit le grand corps de logis de neuf travées encadré de deux pavillons, vers 1630. Une galerie, dans le goût de l’époque, relie cette aile neuve à ce qui reste de l’ancien château. Au temps de Jean Guichard IV, la seigneurie de Renay s’accroît de la châtellenie de Chesne-Carré et de la seigneurie de Lignières; le fief s’étend de Saint-Vrain jusqu’à la tour de Fréteval. Mais Jean Guiscard doit s’exiler, avec une de ses filles, à cause de sa religion protestante. Sa femme Catherine de Courcillon s’était convertie à la religion catholique en 1684, un an avant la révocation de l’Édit de Nantes. Le financier Jean Baptiste Geoffroy Petit de Saint-Lienne, premier commis de John Law (créateur du papier-monnaie en France et du "Système de Law") fait l’acquisition du fief et du château, en 1720. En 1751, Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, marquis de Rochambeau (1725-1807) achète le domaine. Il s’illustre trente ans plus tard, à la tête de 6000 hommes de troupe, pour aider les colons américains menés par Georges Washington, contre les armées anglaises et devient le héros de la victoire de Yorktown. Les Vimeur de Rochambeau conservent Renay jusqu’en 1816. Lucien Haudos de Possesse, propriétaire de Renay et député de Vendôme de 1889 à 1893, complète et remanie le domaine pour lui donner l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de la tour et du bâtiment du XVe siècle : inscription par arrêté du 15 juillet 1971. 

 château de Renay 41100 Renay

 

Château des Radrets

Sur un éperon, dominant le confluent de deux vallées, la Grenne et la Braye, le château des Radrets est bâti sur un quadrilatère de fossés possédant sur trois angles ses bastions, fortifications des XVIe-XVIIe siècles. Cet ensemble est relié par une passerelle à l'ancien manoir de Tenay, devenu métairie au XVe siècle, possédant une tour carrée et une grange avec une charpente en carène de vaisseau renversé. En 1670, un aveu de René Elisée Darrot décrit ainsi les Radrets "Maison noble de la Berruère composée d'un grand corps de logis couvert d'ardoises, auquel il y a une grande salle basse et haute chambre, le tout enclos de grandes murailles, pont-levis au devant et au derrière, faits de l'autorité du Roy lors des guerres civiles du royaume". Le château garde le nom de Berruère de Saint Cyr de Sargé jusqu'en 1677, date à laquelle Louis XIV accorde par lettres patentes signées au camp de Cambrai en août 1677 de réunir en un seul fief les hommages et fiefs voisins de la Berruère de Sargé. Le 18 juin 1765, vente des Radrets, à l'audience du châtelet à Paris, à Louis Grégoire Mirleau de Neuville de Saint Héry, écuyer, fermier général, époux d'Anne Racine, fille de Louis Racine et petite-fille du grand poète. En 1831, vente des Radrets à Madame Marin de Montmarin, ancêtre des actuels propriétaires.111 Un vaste terre-plein au plan carré est entouré de larges fossés. D'importantes caponières de défense sont en saillie. Chaque avancée est percée d'une large meurtrière. L'ensemble du mur-talus et des caponières est entouré d'un gros cordon nobiliaire. Le corps de logis principal remonte aux XVe et XVIe siècles. A l'arrière une tour d'escalier carrée est en partie imbriquée dans la façade ouest. Une aile en retour d'équerre est plus récente. Au sud, une chapelle a été accolée, au XVIIe siècle, au pignon méridional. La grange se compose de deux bâtiments en équerre avec, à l'angle extérieur, une tour carrée en saillie sur les deux façades. Elle présente une charpente de châtaigner en carène de navire, certainement gothique. Une fuye carrée se trouve entre la ferme et le château. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château et de la ferme, ainsi que les douves avec leurs murs : inscription par arrêté du 12 septembre 1977. En totalité, les deux ailes de la métairie de la basse-cour, la chapelle du château, son décor du XVIIIe siècle et son mobilier (retable avec son tableau, boiseries), les anciennes cuisines constituées de la cuisine, du couloir de circulation et de l'espace associé appelé le fruitier : inscription par arrêté du 1er avril 2010. 

 château des Radrets 41170 Sargé sur Braye 

 Téléphone : 02 54 72 73 10 

Château du Plessis-Villelouet

Avant de commencer cette petite synthèse de la très riche histoire de Villelouet, il convient de préciser que les avant-derniers propriétaires, M. et Mme Roland Petit Girard, ont découvert, caché dans un coffret camouflé dans un entre-las de poutres, des archives qui n’ont pu à ce jour être étudiées de manière satisfaisante. Ce que l’on sait cependant c’est qu’il fut ruiné lors de la chevauchée du prince noir. C’est en 1389 que le bailly du comte de Blois, Guy de Chatillon, donnait commission au seigneur de Villelouet, non pas d’édifier mais de réédifier les fourches patibulaires, mais ce n’est qu’en 1414 (et dans les limites de ce que nous avons précisé) qu’apparaît le nom du seigneur de Villelouet, Jehan le Bugle, qui figure dans un acte où il donnait procuration à son gendre, Phelipot Mauvoisin, pour vendre Villelouet qui fut acquise par Bernard Vilot pour 300 livres-tournois. Blésois d’origine modeste, Vilot accédera à la charge de procureur général et conseiller du duc d'Orléans. Il était également chef d’artillerie au château de Blois. À son décès en 1462, les conflits familiaux amenèrent à la mise en vente du château acquis le 5 janvier 1509 par Maître Albert Dupuy, conseiller et médecin de Louis XII. C’est en 1530 que le propriétaire mariait sa fille unique, Françoise, à Jacques Moulins, seigneur de Rochefort, qui, de haute noblesse poitevine, avait des attaches familiales en Blésois dès le XVe siècle (Cheverny, Villeromain). La famille de Moulins allait conserver la dite propriété de 1530 à 1761, soit plus de deux siècles; cette famille était dans les allées du pouvoir (citons Louis qui était conseiller et maître d’hôtel de la reine Louise de Lorraine puis secrétaire du roi Henri II en 1566).

Villelouet fut vendu en 1761, acquis par Louis Barré qui entreprit de forts travaux en 1763 (façade et boiseries du grand salon.) Sa fille (épouse de Jacques Louis Le Boulanger) lui succéda en 1766 mais décéda en 1769, date à laquelle sa fille âgée de deux ans lui succède puis après son émancipation se marie avec Christophe Marie, comte de Beaumont, baron de Beynac. A cette époque l'architecte Jean-Baptiste Collet reprend les façades du corps central, perce le comble de lucarnes et aménage les intérieurs. Il dissimule les tourelles médiévales et perce de larges baies la façade sur parc. En 1825, à nouveau mis en vente, Villelouet est acheté par Antoine Charles de Chaumont, Comte de Mareil, qui marie sa fille au comte Adrien de Beaumont, collatéral des anciens propriétaires. C’est du temps des Beaumont que le château de La Pigeonnière est rattaché à Villelouet. En 1840, le château est de nouveau en vente et acheté par Eugénie Bon, veuve de Pierre-Prosper Huet de Froberville, parisienne originaire de l’île Maurice. Le peintre Maurice de Vaines, Madame de Frobervile et leur entourage donnèrent un éclat particulier au château du Plessis-Villelouet où l’on vit à de nombreuses occasions Offenbach, Halle, Stephen Heller pour ne citer qu’eux, sans oublier Louis de La Saussaye, Lelysse Besnard ou M. de Pétigny, membres de l’Institut historien du Vendômois. C’est à cette époque que se place un récit célèbre et pénible qui voit Madame de Vaines brûlée vive au retour d’une réception à Chaumont et qu’Offenbach, présent lors de l'incident, tentât en vain de sauver. Cette scène inspira à son époux, le peintre Maurice de Vaines, beau-frère de Guizot, un tableau qui figure toujours près des fonds baptismaux de l’église de Chailles.

La famille de Froberville aménagea et restaura le château de façon conséquente où se fit sentir l'influence des îles, en particulier dans la cour d’honneur où une corniche et une varangue (sorte d’auvent) depuis disparue. En l’absence de traces de l’ancienne chapelle, les Froberville en construisirent une en 1847 de style néo-gothique flamboyant. C’est aussi à la même période que furent trouvés d’importants restes gallo-romains. Une des initiatives les plus intéressantes des Froberville fut peut-être la construction d’une ferme d’inspiration suisse (le fermier suisse étant installé le temps de la construction à La Pigeonnière). Cette ferme comprenait étable, ressources d’eau en sous-sol, mais surtout laiterie en sous-sol avec d’intéressants éléments de fabriques très en cours au XIXe siècle finissant. Après la mort d’Eugène de Froberville en 1904, la propriété reste indivise, puis louée au président du conseil de Paris pour deux étés 1909 et 1910 (président Mithouard). Fin 1910, la propriété est acquise par M. Goulette dont le gendre Ephren Tillier deviendra maire de Chailles (comme M. de Beaumont et M. de Froberville avant lui). En 1935, Mme Le Pin achète Villelouet en compagnie de son époux l’ambassadeur Gilbert. À leur suite, leurs trois filles et leurs époux reprirent Villelouet, après eux Florence de Bueil recevait Villelouet en héritage et décédant rapidement, ses enfants (descendants des Moulins-Rochefort, anciens propriétaires) mirent en vente la propriété qui fut rachetée par M. Roland Petit-Girard qui garda environ cinq ans la propriété dans laquelle il fit de forts travaux. À leur suite, Madame de Clermont, conjointement à M. et Mme Alain Brouillot, reprirent la propriété où ils exécutèrent eux aussi des travaux d’importance sur la tour gauche mais plus encore en restaurant la splendide ferme construite par les Froberville. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; la chapelle en totalité ; les quatre bâtiments de la ferme modèle; la laiterie de propreté et sa grotte rustique en totalité : inscription par arrêté du 9 janvier 2006. 

 château du Plessis-Villelouet 41120 Chailles 

 Téléphone : 06 07 83 06 86

 

Château du Plessis Fortia

Un premier seigneur est connu en 1407. Le 8 avril 1599, Philippine de Chateaubriand, veuve de Gilbert du Puy-du-Fou, vend la terre et seigneurie (probablement sans château, comme le montre le toponyme plessis) à Bernard de Fortia (vers 1556-1629), issu d’une famille de parlementaires et lui-même conseiller au Parlement de Paris. Il commence la construction entre 1600 et 1620 par le rez-de-chaussée du corps de bâtiment et les pavillons isolés. C’est la veuve de son fils François qui achève l’œuvre entre 1633 et 1638. Il s’agit d’un corps de logis à deux étages encadré de deux pavillons plus élevés possédant chacun leur toit d’ardoises. En avant deux petits pavillons isolés (de la chapelle et du concierge) encadrent le pont de pierre (ancien pont-levis) permettant d’accéder à la cour d’honneur. Des douves sèches isolent l’ensemble qui est construit en brique et pierre. On est là, en présence, dans la distribution intérieure des pièces et dans l’élévation, d’un bâtiment qui suit très fidèlement les modèles définis dans les recueils d’architecture de Du Cerceau, des années 1559 à 1582, habituellement et improprement appelés "château Louis XIII". La famille de Fortia vend le domaine à Charles Prévost de Saint-Cyr en 1728. Vers 1780, Étienne René Aignan Sanlot, financier éclairé, ami du physicien Charles, modernise la distribution et le décor, à l’intérieur, tandis qu’une nouvelle aile dite "le petit château" est construite dans le prolongement du "Grand château" avec une charpente "à la Philibert de L’Orme". En 1792, le château est vendu à Michel Foucault, qui avait épousé Marie Élisabeth Leray de Chaumont et se transmet à sa sœur Thérèse Élisabeth et à son neveu Charles Donatien Amédée comte de Gouvello de Keriaval qui le conserve jusqu’à sa mort en 1907. Les bâtiments sont entièrement restaurés de 2010 à 2013. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, des deux pavillons isolés édifiés de chaque côté de la cour d'honneur et le parc : inscription par arrêté du 27 août 1953. 

 château du Plessis Fortia 41310 Huisseau-en-Beauce

 

Château de la Pigeonnière

L'habitation primitive (qui portait le nom d’Aiguison) est située à la place des actuels communs où figurent des vestiges de cette époque. Ce que l’on sait de cette demeure c’est que jusqu’en 1493 elle fut la propriété de Bernard Chefdeville qui la cède à cette date au tailleur Hervé Ricion. Ce domaine passe ensuite à Jehan Cadiou, seigneur de La Goudronière et à son épouse Madame Rougemont puis à leur fille Marie, femme d’un orfèvre blésois, Robert Mangot. Devenue veuve, celle-ci vendra le château à sa proche voisine, Françoise du Puy qui l’achetait en fait pour sa fille Marguerite épouse de Jacques de Villebremme. Par héritages successifs, il passe entre les mains des familles de Pouligny, puis de Huchepot, des Fromentaux... C’est le 31 août 1635, que la demeure est acquise par Nicolas Carré de Chambon, chevau-léger de la garde du roi et chef du gobelet de sa maison. C’est à cette époque qu’il fit construire l’actuel château, ce qu’atteste la date de 1643 gravée sur un pilier. La nouvelle bâtisse aux larges et hautes fenêtres donne sur une terrasse aux angles ponctués par deux pavillons. L'accès, de côté, se faisant par une double arcade et la cour d’honneur est fermée de murs percés de meurtrières. À l'arrière existent deux tourelles rondes et un fossé mis en eau. Au décès de Carré de Chambon, La Pigeonnière devint propriété des familles Deschandeliers, Mahy du Breuil et Larau de Gayon (ou Guyon), ces derniers la cédant le 3 novembre 1779 au peintre Claude Robin. Pour la petite histoire, le peintre, absent lors de la signature, fut remplacé par Mgr de Lauzières de Thémines, évêque de Blois, l’acte étant signé au palais épiscopal (actuelle mairie de Blois).

Robin avait épousé la veuve du célèbre pastelliste, Jean-Baptiste Perronneau, qui, par donation-partage deviendra, le 6 août 1793, la nu-propriétaire de La Pigeonnière qu’elle vendra dès la mort de C. Robin, à la famille de Beaumont propriétaires de Villelouet et ce le 18 juin 1819. En achetant Villelouet en 1840, la famille de Froberville acheta de fait La Pigeonnière dont l’état était catastrophique, servant de ferme, le salon abritant même des ânes. Ce n’est qu’en 1850 qu’Eugène Huet de Froberville entreprenait de gros travaux de rénovation et construisait ce qui a la réputation d’être l’une des plus grandes bibliothèques privée de France (en surface et en volumes), avec son ami l’architecte Jules de La Morandière, les murs bénéficiant des décorations du peintre orléanais Chenu et celles d'Ulysse Besnard. Cette bibliothèque construite sur deux étages dans l’aile droite du bâtiment, en lieu et place de ce qui était devenu une bergerie, eut la visite de célébrités en particulier celle d’Offenbach. Il est historiquement intéressant de préciser que le 11 décembre 1870, le général Blumenthal, officier d’État-major du Prince de Hesse, occupa La Pigeonnière, écrasant le village de réquisitions pour ses orgies. De cette époque à nos jours, la demeure est restée propriété des familles Huet de Froberville et Férault de Falandre. François et Brigitte de Falandre ont laissé place à leur gendre Hubert et à leur fille Alexandrine Lasseron. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures de la bibliothèque avec son décor intérieur ; les trois cheminées de style Louis XIII situées dans le corps principal du château : inscription par arrêté du 20 avril 1989. 

 château de la Pigeonnière 41120 Chailles

 

Château dit l'Oratoire de Courtiras

Le château actuel est composé d’un corps de bâtiment à simple rez-de-chaussée, coiffé d’un toit à combles brisés à la Mansart. Il est prolongé, d’un côté par une petite aile dont les pièces sont ornées de boiseries XVIIIe siècle et de cheminées en pierre Louis XV et Louis XVI. Un bâtiment de servitude ferme la cour à l'ouest et sert d'habitation à la ferme. Ce bâtiment est prolongé par une fuye circulaire. La cour de ferme est bordée par un bâtiment de servitude du XVIe siècle. L'ensemble architectural de l'oratoire n'a pas été modifié depuis le XVIIIe siècle. D’après Raoul de Saint-Venant, la première famille s’appelait de Poncé. Elle sera présente jusqu’au XIVe siècle. En 1368, la seigneurie est aux mains des frères de la Maison Dieu de Vendôme qui la cèdent aux Oratoriens de Vendôme, nouvellement fondés en 1613 pour y créer un nouveau collège. Au moment de la Révolution, le sieur Raguideau, avocat, marié à Agathe Mereaux, acquiert la closerie, la chapelle et la métairie comme bien national. Agathe Mereaux se remarie avec Monsieur Piet, député de la Sarthe, conseiller à la cour de cassation. Ce dernier en 1848 fait légataire ses deux servantes Julie et Catherine Guillon qui cèdent la propriété à leur neveu Alphonse Coupa. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château, de la chapelle et des dépendances y compris la fuye ; la grille d'entrée en fer forgé : inscription par arrêté du 16 décembre 1974. 

 château dit l'Oratoire de Courtiras 41100 Vendôme

 

Château du Moulin

Charles d’Angoulême autorise Philippe du Moulin à édifier une fortification, en 1480, terminé en 1491. Le château figure sur une peinture de la chapelle seigneuriale qu’il édifie dans l’église paroissiale de Lassay, cette même année (son cœur est inhumé dans sa chapelle sous un gisant). Louis XII confirme et accorde haute, moyenne et basse justice. Le château est construit pour le chambellan et conseiller de Charles VIII, Philippe du Moulin, par l’architecte Jacques de Persigny. Philippe du Moulin avait épousé une riche héritière: Charlotte d’Argouges. Sur une plate-forme fossoyée carrée, de quarante mètres sur cinquante mètres, fortifiée (il reste une des quatre tours) le manoir se compose de deux parties. L'accès au château se fait par un châtelet flanqué de deux tours percées de meurtrières, surmontées d’un beffroi et précédées d’un pont-levis. On y trouve la cuisine voûtée sur un pilier central. Derrière le logis-donjon, comprend l’habitation sur deux étages. Une tour d’escalier hors œuvre contient l’escalier et une autre tour en U se trouve à l'arrière. Cet oratoire, en avant du logis, a gardé des vitraux de la fin du XVe siècle et ses épis de faîtage anciens portant l’inscription "MaterR Dei Memento Mei". Une grande partie du charme du site, comme un décor de tableau médiéval, vient de l’appareillage losangé de briques vernissées aux reflets bleus (avec un décor de marelle). La pierre (rare en Sologne), réservée aux chaînages d’angle, à l’encadrement des baies et aux meneaux fait un contraste de couleur très réussi. Le château du Moulin représente l’aboutissement, au XVIe siècle, de la façon la plus développée, la plus réussie aussi, d’une évolution de ces petits manoirs seigneuriaux "retour de Guerre de Cent Ans" construits pour les petits seigneurs, évolution que l’on suit à travers le Loir-et-Cher: Beauregard (à Mehers), Maray (à Pontlevoy), Bellyvières (à Feings), Rocheux (à Mondoubleau), Bousseuil (à Cellettes), Villaines (à Fossé).. et dans la Bretagne, la Touraine, le Maine, le Blésois et l’Orléanais. Ce château est tout à fait exceptionnel par son intégration dans un cadre naturel exceptionnel, par l’harmonie solognote de sa construction et par la permanence d’une seule lignée de propriétaires qui se sont succédé par transmission familiale jusqu’en 1900. Longtemps inhabité, la famille Compaignon de Marcheville (qui possède toujours le domaine) achète le château du Moulin à cette date et continue de le restaurer, de le meubler et de le mettre en valeur avec beaucoup de goût. On a aménagé un jardin potager à l’ancienne encadré de pommiers en cordons et crée un Conservatoire de la fraise. 

 Éléments protégés MH : le château, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 6 janvier 1926. Les façades, les toitures, la salle des gardes, la chapelle et l'enceinte : classement par arrêté du 27 avril 1927. 

 château du Moulin 41230 Lassay sur Croisne 

 Téléphone : 06 40 81 20 99 

Château de la Motte

L'évolution de ce domaine solognot peut se lire à travers les vestiges des bâtiments et du paysage, particulièrement sur les photographies aériennes. En effet, le site originel toujours discernable, une élévation circulaire fossoyée collée à la Tharonne, fut sans doute abandonné au profit de l’emplacement actuel, à l’abri des crues. L’actuelle plate-forme castrale quadrangulaire peut être assimilée au "lieu de la Motte" connu dès le XIVe siècle et attesté en 1424 comme une "maison close à fossez". L'édifice était alors la possession d'Hervé Couet. Ensuite, en 1628, augmentés d’une grange et d’une étable, les bâtiments devinrent la propriété de Jacques de Coudray. La carte de Cassini (1740) indique également le "Moulin de la Motte", dans lequel une poutre maîtresse portant des armoiries encadrées par deux angelots est visible. L'ensemble d’habitations fut reconstruit et développé, en 1763, avec l’édification d’un corps de bâtiment à deux ailes et à quatre pavillons pour les Gaullier, les châtelains successifs de cette famille ont alimenté en maires la commune de Chaumont-sur-Tharonne au moins jusqu’en 1946. Le fronton d’une lucarne moulurée de la façade antérieure du logis principal porte l'inscription encore bien visible "1769". Les éléments suivants ont été classés en l’an 2000 au titre des Monuments Historiques: la motte et son fossé, les façades et toitures du château, la plate-forme, les douves, le pont et le portail d’entrée, le sol et le mur de clôture de l’ancien jardin, les façades et toitures des dépendances (ancien logement du jardinier et du tuilier), les façades et toitures de l’ancien moulin. L'ancienne tuilerie briqueterie du domaine exportait sa production dans de nombreuses communes des environs. La Motte comprend toujours trois corps de logis magnifiquement restaurés et entretenus, dont le seul rez-de-chaussée, surmonté d’une toiture en tuiles et ardoises, entoure une cour d’honneur à laquelle on accède par une charmante passerelle. Aux angles, quatre pavillons rectangulaires plongent dans les douves. Une bien paisible et rustique demeure. 

 Éléments protégés MH : la motte et son fossé ; les façades et les toitures du château, la plate-forme, les douves, le pont et le portail d'entrée ; le sol et le mur de clôture de l'ancien jardin ; les façades et les toitures des dépendances (ancien logement du jardinier et du tuilier ; ancienne tuilerie-briqueterie); les façades et les toitures de l'ancien moulin : inscription par arrêté du 27 octobre 2000. 

 château de la Motte 41600 Chaumont-sur-Tharonne

Château de Montrichard

Presque millénaire, édifié sur une butte conquise par Foulques III Nerra en 1606, le site contrôlait ainsi la route nord-sud Paris-Madrid-Compostelle et la Via Romaine est-ouest Bourges-Tours. La forteresse en pierre est due à Hugues 1er d’Amboise qui y séjourne souvent avec sa très belle épouse Élisabeth, au milieu d’une cour brillante. Hugues 1er d’Amboise à la fin de sa vie part pour Jérusalem et y décède. Il est enterré au mont des Oliviers. Son souvenir était encore vivace au XIXe siècle: aux veillées d’hiver on évoquait ses prouesses au combat, la beauté et la bonté de sa dame et la splendeur de sa cour. Au sud de la forteresse, les restes Renaissance des importants bâtiments seigneuriaux sont encore visibles. Presque tous les rois de France ont séjourné dans ce donjon-château. Louis VI le Gros vient y mourir. Philippe Le Bel et Jeanne de Navarre y sont reçus par Pierre 1er d’Amboise. Charles VII y loge pendant et après la guerre de Cent Ans. Son épouse, Marie d’Anjou, y effectue d’heureux et longs séjours. En 1461, c’est au château de Montrichard, accompagné de Charlotte de Savoie, que Louis XI rattache la Touraine au domaine royal. Charles VIII, Louis XII et Anne de Bretagne y Viennent pour des "temps de plaisir". Henri II y reçoit en grand secret Sully pour des accords avec Henri de Navarre. Louis XIII est le dernier royal occupant de ces logis car, en 1753, par manque d’entretien, les bâtiments s’effondrent, détruisant la chapelle du château (église Sainte-Croix). Les malheurs du Donjon ne sont par terminés. Henri IV, devenu Roi de France, le fera raser de douze pieds (à hauteur d’infamie) pour punir Montrichard de ne pas s’être opposé à l’arrivée en 1589 de M. de Marolles, ligueur. En 1940, un bombardement le prive de la jolie tour ronde accrochée à son flanc. Malgré tout, il semble continuer à veiller sur la vallée du Cher et ses terrasses offrent aux visiteurs de magnifiques panoramas. Au pied du Donjon, s’ouvrent deux musées: le musée archéologique et le musée ethnographique. 

 Éléments protégés MH : le donjon de Montrichard : classement par arrêté du 14 juillet 1877. 

 château de Montrichard 41400 Montrichard 

 Téléphone : 02 54 71 66 34

 

Château de Montoire sur le Loir

Au début du XIe siècle, la forteresse de Montoire occupait une position de marche et dépendait du comté de Vendôme et du diocèse du Mans. Sa garde en fut donnée à Nihard (1038-1059) qui, en jouant sur cette double appartenance, réussit à se faire reconnaître comme baron et à agrandir son domaine. Hamelin de Langeais, petit-fils de Nihard, devient seigneur de Montoire en 1071. On lui doit la construction primitive de la forteresse, sise sur un éperon barré rive gauche du Loir, dominée par un donjon barlong de 10,64 mètres sur 8,26 mètres. Celui-ci fut remanié sous Philippe Ier de Montoire (1150-1192). Les structures intérieures furent modifiées pour passer de deux à trois étages. En cette fin de XIIe siècle, la forteresse est prise, alternativement, par Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, et Philippe Auguste, roi de France. En 1202, Montoire est libéré de ses liens de fidélité aux comtes d’Anjou et au roi d'Angleterre et Jean 1er, qui succède à Pierre II, devient en 1217 comte de Vendôme sous le titre de Jean II l’Ecclésiastique. À sa mort sans descendance en 1217, Montoire est directement annexé au comté de Vendôme. Jean IV, comte de Vendôme (1218-1240), son successeur, relève les fortifications, renforce la défense du côté plateau, en construisant la chemise sud du donjon. La forteresse présente alors un donjon protégé par une tour flanquante à éperon possédant des archères à étrier. Au sud, la muraille est flanquée de deux tours polygonales qui encadrent la poterne et permettent d’accéder directement au chemin de ronde. Jean V (1271-1315) restaure la courtine nord-ouest.

Le dernier comte de Vendôme de la maison de Montoire, Bouchard VII (1365-1371) meurt sans descendance. Le comté passe alors, avec Jean VII (1371-1393) dans la maison de Bourbon. La baronnie de Montoire revient donc aux Bourbon. Sous Jean VIII de Bourbon-Vendôme (1446-1477), le roi de France Charles VII occupe Montoire en 1447, puis en 1465. Des hordes de Bretons dévastent la région et s'emparent de la forteresse qui se trouve alors en très mauvais état de défense. Le comté de Vendôme est élevé en duché en 1515 par le roi de France François 1er. À Vendôme, Henri 1er (1562-1598) succède à son père Antoine de Bourbon, roi de Navarre, comme duc de Vendôme. En 1589, il accède au trône de France sous le nom d’Henri IV qui, la même année, après avoir assiégé Vendôme, envoie ses lieutenants prendre le château Lavardin ainsi que celui de Montoire qui capitule le 21 sept.1589. L'année suivante le château de Montoire est repris par les Ligueurs. En 1593, Henri IV fait araser la partie sommitale du donjon et vend les jardins. En 1718, la seigneurie de Montoire est cédée par le régent, Philippe d'Orléans, au comte de Belle-Isle-en-Mer. Elle appartient alors à la famille Querhoent qui revend ses ruines à la commune de Montoire en 1846. Les fossés de la rive droite ont été comblés sous le Second Empire. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château fort de Montoire sur Loir : classement par liste de 1862.

 château fort de Montoire sur Loir 41800 Montoire sur le Loir 

 Téléphone : 02 54 72 66 81

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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