Le 8 juillet 1760, le domaine passe aux Saint-Dizant par l'union de Marie Sarry, dame de la baronnie de La Chaume, de Nancras et de Champagne, de La Tour et de Panloy, fille de Henry Sarry, avec Jacques Michel, baron de Saint-Dizant, de château d'Oléron, chevalier de saint Louis. En raison de l'état précaire de la demeure, le baron entreprend sa reconstruction en sauvegardant de l'ancien château les deux pavillons d'entrée. Le chantier, peut-être dirigé par l'architecte parisien Barbier de Noisy, débute en 1770 et se déroule sur deux années. Le baron avait précipité les travaux pour que sa demeure soit fin prête pour recevoir son ami le maréchal, duc de Richelieu, allant prendre son siège de gouverneur de la Guyenne à Bordeaux. Il semblerait que ce dernier ne soit jamais venu. La fille du baron, Marie-Anne, épouse en 1785, Henri, marquis de Graïlly, à qui échoit la terre de Panloy. Cette famille est du reste toujours propriétaire du château. Pendant la Révolution, Panloy aurait pu être séquestré et vendu comme bien national si Madame de Graïlly n'avait pas été intelligemment conseillée par maître Richelot, notaire à Saint-Saturnin-de-Séchaud. En effet, elle divorça le 16 décembre 1793 de son époux le baron qui, inquiété, avait été obligé d'émigrer à Londres en 1791. N'étant plus femme d'émigré, elle conserva ses biens qui furent gérés par le citoyen Joseph Merveilleux, ex-curé de Saint-Saturnin, à qui elle donna procuration générale le 8 octobre 1796. Cette procuration fut révoquée le 21 février 1803 au retour de Henri de Grailly, amnistié en 1802, et le couple se remaria le 6 mai 1806 à la mairie. Cette stratégie assura la sauvegarde de Panloy qui ne dut pas souffrir des événements révolutionnaires.
Par contre, en 1812, un incendie, provoqué par la foudre, endommage l'aile droite du château et, en 1877, les toitures à la Mansart en mauvais état sont refaites au goût du jour. Situé sur une terrasse dominant la Charente, le domaine de Panloy comprend le château, une chapelle, un pigeonnier et des écuries construites en partie en 1877. Le château adopte un plan en U, flanqué primitivement de sept pavillons, aujourd'hui de six. Deux d'entre eux élevés dans les deux angles rentrants subsistent de la première construction (vraisemblablement de la fin du XVIe ou début du XVIIe siècle). Ils sont agrémentés d'un décor varié, oculi, chapiteaux ioniques, caissons sculptés de fleurs, agrafes ornées de lions et de visages tourmentés. La façade principale, percée de fenêtres en travées, est marquée par un avant-corps central de trois travées et couronnée d'un fronton triangulaire orné, au XIXe siècle, de lions soutenant un blason. Cette façade date du XVIIIe siècle; en revanche, ses toitures et lucarnes ont été modifiées en 1877 lors de la suppression du toit à la Mansart. La façade Sud également remaniée mais au début du siècle dernier est dotée en son centre d'un portique à colonnes doriques surmonté d'un balcon à balustres. A l'ouest du domaine s'élève la fuie couverte de tuiles plates et d'un clocheton d'ardoise qui a conservé intacte son échelle tournante et à l'est une petite chapelle du XIXe siècle.
Éléments protégés MH: la façade principale au nord avec les deux pavillons d'angle et les toitures correspondantes, le grand salon et son décor au rez-de-chaussée, le pigeonnier, les balustrades, la terrasse et son portail. : inscription par arrêté du 18 octobre 1983.
château de Panloy 17350 Port-d'Envaux
Téléphone : 05 46 91 73 23

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