
Ce château fort aurait été construit, à la fin du XIVe siècle, par Jean Chaudrier, époux de Jeanne de Parthenay l'Archevêque, héritière de la terre de Nieul vers 1370. C'est ce même Jean Chaudrier ou Jehan Chauderer, à l'époque maire de La Rochelle, qui la délivra du joug Anglais, usant d'une ruse pacifique, savoureusement rapportée par Froissard dans l'une de ses chroniques. Directement vassaux du roi de France, les Chaudrier se transmettent le fief de père en fils (nombreux aveux de vassalité conservés aux Archives Nationales). Jeanne Chaudrier en 1524 donnera naissance à Pierre de Ronsard. On célèbrera de 1573 à 1574, le culte protestant au château de Nieul (église de fief), et certains écrits attesteront du passage de Bernard Palissy ainsi que du "baptesme de Marie, fille de Guillaume Esbaudy et Perette Roy, âgée de VI mois, présentée par Mathurin Palissy (fils de Bernard Palissy)". Le dernier des Chaudrier, Jean, n'ayant pas eu d'enfant, testa au château de "Nyeulle", en 1544, en faveur de son neveu, Olivier de Culant, fils de Jacques et de Françoise Chaudrier, faisant ainsi passer la seigneurie aux mains de la maison de Culant. Vers 1630, Gabrielle de Wandel, veuve en premières noces de Gabriel de Culant, chevalier, seigneur des châtellenies de Nieul et du Chantreau en Saintonge, épouse en secondes noces de Charles de Galard de Béarn, chevalier, seigneur de Parsay, devint dame d'une tierce partie de la terre de Nieul. La seigneurie connut alors différents co-seigneurs, parmi lesquels les Lemousin. Ce n'est qu'en 1702, qu'eut lieu le partage définitif de la seigneurie, entre Gabriel Lemousin, d'une part, et Élisabeth Poussard, veuve de Léon de Saint-Gelais de Lusignan, seigneur de Séligny, et sa fille, Suzanne de Saint-Gelais, épouse de Claude de Belleville, chevalier, seigneur de Coulon et des Razes. Après réflexions et hésitations, il fut convenu que "ledit chasteau avecq ses appartenances de grange, cour, quéreux, estang et douves, jardin, issues..." reviendrait moyennant la somme de 12000 livres, à Gabriel Lemousin. Château et seigneurie seront vendus comme bien national en 1793, et son dernier seigneur Isaie Lemousin mourra de sa belle mort en 1797, à 83 ans, à quelques centaines de mètres de son château. La même année, François-César, son petit-fils, émigré, mourait à Hambourg.
Le château se présente comme une enceinte hexagonale irrégulière: courtines de 12 à 14 mètres de hauteur, percées d'archères, couronnées d'un chemin de ronde qui ne subsiste que sur la façade et flanquée de tours carrées. Il est cerné de douves sèches dont on peut penser qu'elles pouvaient être alimentées à l'époque par le ruisseau tout proche. On accédait au château par une avancée en pierres sur laquelle prenaient appui deux ponts-levis; l'un défendait la grande porte en tiers-point, l'autre menait à la poterne (coupole hémisphérique). Dans la vaste cour intérieure, adossés à la muraille d'enceinte, s'organisaient logis et communs. Trois tours d'escaliers conduisaient aux étages, l'une parfaitement conservée, l'autre en partie restaurée, la troisième ne subsistant que dans sa partie souterraine conduisant à de très belles salles voûtées de 8 à 20 mètres de long et de 6,60 mètres de large. Bien que son architecture soit toute militaire, et que sa date de construction le situe dans une époque troublée, aucun fait de guerre notable ne paraît s'y être déroulé. Les documents retrouvés le décrivent comme totalement ruiné dès le début du XIXe siècle et il semble que dès la fin du XVIIe siècle, les seigneurs de Nieul, maîtres d'autres Jiefs, aient dédaigné l'inconfort de ces lieux austères, pour l'agrément de logis plus riants. Acquis en 1972 par ses Propriétaires actuels, dans un état de ruine avancé, la restauration entreprise depuis 20 ans se poursuit patiemment.
Éléments protégés MH: le mur d'enceinte et sa poterne, la tourelle du bâtiment Est contenant un escalier en vis, les vestiges de l'aile Sud aujourd'hui détruite, le départ d'un escalier en vis et deux salles souterraines : inscription par arrêté du 8 juillet 1988.
château de Nieul lès Saintes 17810 Nieul-lès-Saintes
Téléphone : 05 46 93 71 48
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