En 1497, Anne Gaudin était qualifiée de dame de la châtellenie de Plassac. Elle mourut peu après sans enfant, et la terre revint, conformément aux volontés de sa mère, à la famille de Pons. Le dernier représentant de la famille de Pons, branche des seigneurs de Plassac, Jean, chevalier de l'ordre du Roi, laissa plusieurs filles, Anne, mariée en premières noces à Abel de Pierre Buffière, Jeanne, épouse de Jean de Chasteauneuf de Lostanges et Marie, épouse d'Henri de Bonneval. Par contrat de partage, passé le 25 novembre 1602, entre les deux dernières, le château revint à Jeanne de Pons. Deux ans plus tard, par contrat le 30 septembre 1604, elle le vendit à Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d'Épernon. Le duc d ‘Épernon (1554-1642), puissant personnage à la vie riche et tourmentée, gouverneur de Guyenne, ne s'entendait pas avec Henri d'Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux, intime du cardinal de Richelieu. N'ayant pas apprécié une procession que l'archevêque conduisait contre lui, dans les rues de Bordeaux, le 3 novembre 1 633, d'Épernon, malgré son âge, l'interpella, le rudoya et fit "voler son chapeau d'un coup de canne". En représailles, l'archevêque l'excommunia, et le 28 novembre le duc dut s'exiler pour Plassac, quittant ainsi le somptueux château qu'il avait fait bâtir à Cadillac, sur les rives de la Garonne, sur les plans de l'architecte Pierre Souffron, de 1598 à 1620. Bien qu'absout, il perdit le gouvernement de Guyenne. En 1637, son fils cadet fut rendu responsable de la défaite de Fontarabie et, en 1639, son fils aîné, le duc de Candale, fut tué au siège de Casal.
Le duc d'Épernon occupa son exil en faisant entreprendre d'importants travaux d'agrandissement au château de Plassac. Il y testa le 24 juin 1641, juste avant d'être envoyé à Loches où il mourut quelques mois plus tard, le 13 janvier 1642, à l'âge de 88 ans. Peu avant sa disgrâce, en août 1633; le duc d'Épernon avait obtenu l'érection de sa baronnie de Plassac en comté. La terre passa ensuite aux mains de son fils Bernard de La Valette, duc d'Épernon, qui la vendit en 1657, moyennant 320000 livres, à Jean-François Le Bigot, chevalier, marquis de Saint-Quentin en Agenais, maréchal des camps et armées du Roi. Sa fille, Paule-Diane Le Bigot de Saint-Quentin, comtesse de Plassac, apporta le château à ses trois maris successifs, Hugues de Fontanges, comte de Maumont, capitaine du régiment des gardes, Claude de Luc, seigneur de Montélégcier, en Dauphiné, colonel du régiment d'Angoumois-Infanterie, et enfin Jean-Henry de Bordes, chevalier, seigneur de Coupet. Elle eut des enfants de ses deux premiers lits, dont Jeanne-Françoise de Fontanges de Maumont, épouse de Charles de Malvin, marquis de Montazei, fille aînée, issue de son premier mariage, et Jacques, comte de Luc, seigneur de Romaneau, issu de son second mariage, lequel fit valoir ses droits de seul héritier mâle sur le comté de Plassac et la seigneurie de Lorignac. Ce n'est qu'en 1752, qu'un accord intervint. Le comte de Luc laissa alors Plassac à la famille de Malvin de Montazet, recueillant en contrepartie la terre de Lorignac. A la suite de ces longues contestations, le château avait été abandonné et vidé de ses meubles.
C'est une demeure en fort mauvais état où il fallait prévoir des travaux considérables que découvrit, en 1755, la belle-fille de Jeanne-Françoise de Fontanges, Marie-Anne de Malvin, veuve de Charles-François de Malvin, marquis de Montazet. Il ne restait sur place que deux vieux et très mauvais lits de domestique, deux tableaux représentant le duc d'Épernon, un autre représentant le duc de Candale, enfin un dernier représentant saint Jean l'Évangéliste, plus quelques menus objets et les ornements de la chapelle. C'est à son fils, Charles de Malvin, marquis de Montazet, baron de Quinsac (1739-1825) que l'on doit la reconstruction de l'actuel château de Plassac. Peu avant son mariage, le 16 octobre 1769, il passait une convention avec Pierre Coutant, piqueur d'ardoise, pour la démolition des couvertures des trois corps de bâtiments de l'ancien château, et la construction du nouveau corps de logis "que ledit seigneur va faire construire du côté de la façade du parc". En 1772, le gros œuvre du bâtiment était achevé. En 1777-1778, on projetait de faire les cloisons, les plâtres et lambris des appartements du premier étage et des combles. Charles Malvin, qui surveillait scrupuleusement les travaux, quittant la France avec le régiment d'Enghien, de 1778 à 1783, le chantier s'interrompit. Dès son retour, il commanda la rampe du grand escalier à un artisan de Bordeaux et fit entreprendre la construction de l'aile gauche des dépendances, prévue dès 1772. En 1788, il faisait peindre les pièces du rez-de-chaussée, encore vides. Ce n'est qu'en 1790-1791, qu'il fit acheter et livrer le mobilier. Il émigra, et le château fut confisqué, et vendu pour 4100000 livres, le 8 ventôse an V, au citoyen Alexandre Lefrançois. Cette vente fut cassée peu après et la "magnifique maison neuve formant le corps de logis du ci-devant château de Plassac" et d'autres bâtiments furent à nouveau adjugés le 2 floréal an VI à la citoyenne Émerance-Rose-Adélaïde de Launoy, seconde épouse de Charles de Malvin de Montazet.
La Révolution ayant privé Charles de Malvin d'une bonne partie de ses revenus, il annonçait dès 1811, son intention de vendre son château "fini dans les premières années de la Révolution. Ce n'est que huit ans plus tard qu'il trouva un acquéreur, en la personne d'Élie-Louis-Aymar, marquis de Dampierre, pair de France, arrière-petit-fils de sa tante, Catherine de Malvin de Montazet, ancêtre des propriétaires actuels. En 1832, le marquis de Dampierre, ardent légitimiste, y cacha la duchesse de Berry. Vers 1859, la famille de Dampierre fit démolir les restes de l'ancienne basse-cour médiévale, niveler l'esplanade et bâtir une aile de dépendances parallèle à celle des écuries. Grâce à un plan de Claude Masse, levé en 1717, nous savons que le château médiéval était une curieuse construction irrégulière aux murs flanqués de contreforts sur lesquels des dépendances étaient venues s'adosser. Cette enceinte dans laquelle on pénétrait par une tour-porte qui existe toujours (la tour du pèlerin) formait la basse-cour d'un vaste château traditionnellement attribué à Jacques de Pons, fondateur de Brouage, qui l'aurait fait bâtir en 1555. C'était un vaste U, flangué de deux tours cylindriques et deux pavillons, fermé par un haut mur, qu'un dessin de Claude Chastillon nous montre avant les transformations du duc d'Épernon. Après 1633, celui-ci fit creuser des fossés tout autour, allonger les ailes latérales, flanquer les angles de pavillons bastionnés de quatre niveaux: le pavillon de la chapelle, le pavillon de la prison, le pavillon de l'autel blanc et le pavillon doré. Trois ponts-levis franchissaient les fossés, sur trois côtés.
C'est cet important édifice que fit démolir, à partir de 1769, Charles de Malvin de Montazet, laissant seulement subsister ses bases et ses fossés. À l'emplacement de l'aile latérale droite, il fit élever un long bâtiment composé d'un haut pavillon central à combles brisés, prolongé par deux ailes terminées, côté cour, par deux avant-corps latéraux coiffés de frontons triangulaires, et côté jardin, par deux pavillons reprenant la forme des pavillons bastionnés dûs au duc d'Épernon. Côté cour, la demeure est précédée par une vaste basse-cour, encadrée par deux ailes de dépendances flanquées de deux pavillons, le tout couvert d'ardoises. Le bâtiment de gauche, datant de 1784, présente une belle effigie équestre surmontant un abreuvoir, qui ne semble pas antérieure aux transformations de 1859, date à laquelle on fit bâtir l'aile parallèle. Une effigie équestre semblable se voit au-dessus de la porte des écuries du château de Commarin, en Côte-d'Or, et au château de Nexon, en Haute-Vienne. Dans la cour des dépendances, il subsiste l'ancienne tour-porte de la basse-cour, aussi couverte d'ardoise, ne remontant pas au-delà du XVIesiècle, malgré ses décors de style gothique. Ils proviennent de la démolition du château de Mosnac, vers 1840, et ont été remontés là pour le marquis de Dampierre. Un immense parc entouré par plusieurs kilomètres de murs flanqués de tours rondes agrémente le château au nord-est. Il longeait l'ancienne route de Paris à Bordeaux via Saintes déviée depuis le milieu du XVIIIe siècle, à l'ouest du château. Une longue tradition, bien enracinée, en attribue les plans à Victor Louis, l'architecte du Grand Théâtre de Bordeaux, malgré un style tardif et des incompatibilités de chronologie. Il est plus vraisemblable qu'il fut bâti par un jeune architecte originaire de Bourgogne, établi à Lorignac, Christophe Macaire, sur les directives précises du marquis de Montazet dont on sait par ailleurs qu'il avait établi lui-même les plans de la terrasse donnant sur le parc, ce qui n'enlève rien à la qualité de l'ensemble, bien au contraire, qui surprend toujours par la majesté de ses proportions, assez inhabituelles en Saintonge.
Éléments protégés MH: les façades et les toitures, les fossés avec escarpe, contrescarpe et balustrade, et la cour du logis, les pièces intérieures du logis appelées vestibule, le grand escalier et sa cage, la salle italienne, la chapelle et le salon bleu au-dessus du vestibule,les façades et les toitures des dépendances (communs, ancien châtelet d'entrée, ancienne grange et bâtiments de ferme), l'allée d'accès, la cour avec ses balustrades, ses portails et ses grilles, le potager avec son mur d'enceinte et le parc avec ses allées, ses plantations et son vivier, le mur d'enceinte englobant le parc et les terres cultivées avec ses portes et ses tours d'angle: inscription par arrêté du 6 novembre 2003. Le château en totalité, ainsi que ses dépendances (communs, ancien châtelet d'entrée, ancienne grange, bâtiments de ferme, balustrade, murs, portes et grilles) , le mur de clôture entourant le parc avec ses portes, grilles et tours d'angle, ainsi que les éléments lapidaires ou fabriques du parc : classement par arrêté du 9 juin 2008. La cour des communs et les parcelles de terres cultivées du parc se trouvant à l'intérieur du mur de clôture : inscription par arrêté du 9 juin 2008.
château de Plassac 17240 Plassac
Téléphone : 05 46 49 81 85

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