Guillaume Duval décéda à La Morinerie, onze ans plus tard, laissant une fille unique, Marie, mariée en premières noces, en 1686, à Louis Poitevin, seigneur de La Caranderie en Touraine, trésorier de France en Poitou, puis en secondes noces, à Jean-Baptiste Pissonnet de Bellefonds, seigneur de La Gendronnerie, commissaire de la Marine au port de Rochefort. Selon les volontés testamentaires de Guillaume Duval, la maison noble de La Morinerie et "tous les bastimens en dependans par lui bastie située en ladite paroisse d'Escurac avecq les fiefs terres et seigneuries de La Motte-de-Coutiers et La Frégonnière", revinrent à son petit-fils, Louis-Nicolas Poitevin, conseiller du Roi et son procureur en l'élection de Saintes, marié en 1729, à Marie-Charlotte Pain, qui laissa une nombreuse postérité dont Charles-Louis, aîné, seigneur de Moléon en Rouffiac et Jacques-Nicolas, avocat au parlement de Bordeaux, marié à Françoise du Mesnil-Simon qui devint seigneur de La Morinerie. Leurs descendants gardèrent le château jusqu'en 1895, date à laquelle ils le vendirent en très mauvais état à Gaston Charrier, maire de Plassay, dont descendent les actuels propriétaires. Une analyse archéologique a permis de montrer que la précédente maison noble s'élevait en bordure de la route d'Écurat à Plassay, comme le montre encore l'arrachement d'une petite tour, un des seuls souvenirs qui reste visible. L'édifice dû à Guillaume Duval fut construit plus au nord-ouest et ne fut vraisemblablement jamais achevé.
Le grand corps de logis prévu par Jacques Guérinet devait à l'origine mesurer plus de 80 mètres de long, comprendre un pavillon central à étage coiffé d'une toiture en carène et deux longues ailes basses de six travées terminées par deux gros pavillons presque carrés à étage, coiffés d'une haute toiture d'ardoise. Si la partie nord-ouest a été entièrement réalisée, en revanche l'aile sud-est n'a été construite qu'aux deux tiers et le pavillon arrêté aux fondations. De même, seule l'aile droite des dépendances a été achevée. Aujourd'hui sans toiture et ayant perdu ses voûtes, elle possède encore un gros pavillon. Pour des raisons que nous ignorons, plutôt que de faire achever le bâtiment initialement prévu, il fut doté d'une longue aile en retour d'équerre, à l'ouest, d'une facture médiocre et l'on fit surélever le sol du vestibule octogonal contenu dans le pavillon central, comme l'attestent des traces de reprises dans la maçonnerie, ce qui a sans doute contraint les entrepreneurs à remonter les portes d'entrée et à édifier deux perrons, un côté cour, l'autre côté jardin, qui n'étaient pas prévus à l'origine; tout cela vraisemblablement du vivant de Guillaume Duval. Parmi les transformations ultérieures, il faut noter que les toitures des ailes étaient plus basses et recouvertes de tuiles canales jusqu'à la fin du XIXe siècle. C'est au cour des travaux de restauration effectués pour Gaston Charrier que l'on a rehaussé le niveau des toits et qu'on les a dotés d'ardoise. Bien qu'inachevé, le château de La Morinerie reste incontestablement une des plus belles demeures de la seconde moitié du XVIIe siècle, en Charente-Maritime, profondément influencée par l'architecture militaire, mais aussi par quelques touches maniéristes tardives.
Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 3 décembre 1969.
château de la Morinerie 17810 Écurat

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