C'est à lui que l'on doit attribuer la reconstruction du château de Mornay, vers 1640. Un acte notarié indiquait qu'en 1642, une gabarre chargée de pierre pour le chantier du château de Mornay, partie du port de Saint-Savinien pour Saint-Jean-d'Angély, avait disparu et que sa cargaison n'avait pas été livrée à Mornay. Par la suite, le château passa aux mains de son fils, Jean, marié en 1693 à Charlotte de Galard de Béarn, fille de René, seigneur du Mas de Millaguet, de Mirande et autres places. C'est sans doute leur fils, Jean, propriétaire du château, qui mourut capitaine de Dragons au régiment de Surgères, au village de Lay, en Bohême, en 1742, sans postérité. Sa sœur, Suzanne, habitant à Saint-Jean-d'Angély, fut déclarée héritière sous bénéfice d'inventaire, mais le château ne lui revint pas et échut avec la moitié de la seigneurie à Gabriel-Barthélémy de Bastrot, conseiller en la cour du parlement de Bordeaux, y demeurant, et à sa sœur, Madeleine, épouse de Jean-François-Xavier de Filhot, aussi conseiller en la cour du parlement de Bordeaux. En 17572, ils les vendirent, moyennant 40 000 livres, à Jean Meaume, ancien négociant de Saint-Jean-d'Angély, conseiller du Roi, président trésorier de France en la généralité de La Rochelle. Quelques mois après, en 1753, Suzanne de Ligoure décéda à son tour sans postérité, laissant l'autre moitié de la seigneurie de Mornay à Gabriel-Barthélémy de Bastrot qui s'empressa de la rétrocéder à Jean Meaune lequel réunit ainsi la totalité de la seigneurie. En juin 1760, il la vendit à son fils, Jean-Baptiste, écuyer, procureur du Roï au bureau des finances de La Rochelle pour 60 000 livres. Celui-ci la garda une quinzaine d'années, puis la revendit en 1775, pour 148 200 livres à François-Ambroise d'Aubenton, chevalier, intendant de justice, police, et finance de la Marine et des fortifications maritimes au département de Rochefort. La vente comprenait tout le mobilier du château estimé à 22 000 livres, dont un inventaire était joint à l'acte. Après la mort de François-Ambroise d'Aubenton survenue à Mornay, en 1793, le château passa entre différentes mains, avant d'être vendu, en 1848, à Pierre-Auguste Roy, fils d'Henry-Auguste et de Céleste-Julie Serton, propriétaire du logis de Loulay. Devenu sénateur, il fut autorisé, en 1866, à ajouter à son nom celui de Loulay. Ses descendants conservèrent le château, richement meublé, jusqu'en 1910.
Le 5 novembre 1947, un terrible incendie détruisit entièrement les admirables peintures sur toile et sur bois de la galerie. L'année suivante, le château fut vendu à la famille des propriétaires actuels qui le restaura et le transforma en maison de repos. Tel qu'il se présente, bien qu'amoindri par la destruction du vieux château et surtout par la disparition de sa galerie peinte, Mornay est encore l'une des belles demeures du département. Une tradition fortement enracinée veut que le château de Mornay ait été édifié vers 1610 par la famille de Chaumont, et n'ait jamais été achevé. D'après le docteur Texier, on aurait prévu, primitivement, d'en faire une demeure en U flanquée de quatre pavillons identiques. Une description du milieu du XVIIIe siècle montre qu'il n'en était rien. En effet, s'il s'agissait bien d'un ensemble formant un U entouré de douves, le corps de bâtiment nord n'était autre que l'ancien château, couvert d'ardoise, en mauvais état. En face, il avait été complété par une aile basse sur caves voûtées, abritant une longue galerie flanquée de deux hauts pavillons avec chemin de ronde, renfermant les appartements. Il faut attribuer cette partie à Isaac de Logourre, vers 1640. C'est aussi à lui qu'il fallait attribuer le remarquable décor peint de la galerie. Dans un de ses articles à propos de l'attribution des peintures à Nicolas Poussin, Charles Dangibeaud rappelait qu'on pouvait y voir le blason de la famille Ligourre. Actuellement le château de Mornay forme un longue demeure en L, entourée de douves sur deux côtés, flanquée de deux pavillons fortifiés. Une ancienne basse-cour dans laquelle on pénètre par un pavillon formant tour-porte, possédant un chemin de ronde et une toiture en carène, appelé "L'impériale" précède le château. Les croisées d'ogive du rez-de-chaussée de ce pavillon et des sous-sols du château peuvent surprendre pour un édifice du milieu du XVIIe siècle. Toutefois, un tel archaïsme s'explique par une longue tradition gothique tardive entretenue notamment par certains maîtres d'œuvre du Poitou, comme François Leduc dit Toscane. À l'écart, il faut noter la curieuse tour habitable dite du Chardon, qui n'est pas sans rappeler les tours-refuges de la fin du XVIe siècle.
Éléments protégés MH: le château, y compris la porterie, la tour du Chardon et le parc : inscription par arrêté du 22 août 1949.
château de Mornay 17330 Saint-Pierre-de-l'Île
Téléphone : 06 72 73 38 76

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Donner votre avis sur ce château