L'année suivante, les terres de Montlieu et de Montguyon revinrent à ses neveux, enfants mineurs de Jules-François-Louis de Rohan, prince de Soubise et d'Anne-Julie-Adélaïde de Melun. A la suite de différents partages, Montguyon passa aux mains de l'aîné, Charles de Rohan, prince de Soubise, d'Épinoy et de Maubuisson, duc de Rohan-Rohan, pair de France, gouverneur des provinces de Flandre et de Hainault et de la ville etcitadelle de Lille. La famille Rohan conserva Montguyon jusqu'à la Révolution. En 1793, la foudre tomba sur la tour et provoqua un incendie, ruinant ce qui n'avait pas été démoli avant 1663, puis de 1787 à 1791, époque à laquelle on avait vendu des monceaux de pierres provenant de démolitions. Le château, mis sous séquestres, fut acquis, le 6 prairial an III, par Pierre Léger Ramier. Lors de sa vente, il consistait alors en "la tour incendiée et à présent, sans couverture ni plancher; un autre bâtiment au sud de ladite tour; un galetas y attenan; un jardin renfermé, au dedans duquel est un puy couvert d'ardoise". Le nouvel acquéreur était un notable local, qui cumula de nombreuses fonctions, dont celles de juge au tribunal de Montguyon, commissaire du directoire central à l'administration cantonale de cette même ville, sous-préfet de Jonzac, député au corps législatif, etc. Il mourut sans postérité, et ses héritiers cédèrent le domaine de Montguyon à Pierre Faucon, conducteur des Ponts-et-Chaussées à Libourne. Ce dernier le transmit à son fils.
Montguyon fut autrefois le siège d'une importante seigneurie, devenue pendant les guerres de Religion, une forteresse protestante. Au siècle suivant, le château fut encore témoin de nombreux combats. Élevé sur un escarpement rocheux formant éperon barré, il était précédé par une basse-cour et un pont-levis dont on voit encore les traces. Le corps de logis principal était flanqué d'une tour qui aurait atteint la hauteur de cinquante mètres, peut-être élevée au XIIIe siècle, fortement remaniée au XVIe siècle, incendiée en 1793, et qui s'effondra en partie, faute d'entretien, en 1982. Au second étage, on pouvait lire l'inscription suivante "Regarde l'esclat brillant de mes yeux y tes permis de les admirer mais sy tu nen peus soufrir la lumière et les feux meurs plustot que de te plaindre. Aprens que la divinité qui remplit ce lieu a donné pour compagne à sa beauté suprême la fierté et la tiranie adore toujours n'espère jamais sy veux vivre étouffe tes désirs". Près d'un relief, on peut également lire: "Sic placet ut pungit" (elle plaît aussi bien qu'elle pique). Selon Rainguet, ces inscriptions seraient l'œuvre de Henriette de Spanheim, fille unique du savant Ezechiel Spanheim, ambassadeur du roi de Prusse à Londres, mariée, en 1710, à François III de La Rochefoucauld. Cette attribution séduisante est malheureusement fausse, puisque le château de Montguyon était sorti des mains de la maison de La Rochefoucauld dès 1683.
Éléments protégés MH: l'ensemble des vestiges constituant le château, ainsi que les anciennes écuries, en totalité : inscription par arrêté du 23 juillet 2004.
château de Montguyon 17270 Montguyon
Téléphone : 06 08 10 74 10

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