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Château de Lachal

Le château de Lachal est situé sur le territoire de Saint-Christô, à la limite du Forez et du Lyonnais. Il date du XVIIIe siècle et est flanqué aux angles de quatre épaisses tours carrées à toiture aiguë. La façade principale est ornée d’un fronton triangulaire, aux armes des du Treyve: d’azur au chevron d’or, accompagné en chef de deux étoiles, et en pointe d’un lion du même, soutenu par d’élégantes colonnes aux chapiteaux délicieusement ouvragés. Les du Treyve sont originaires de Bourg-Argental où Guillaume, notaire royal, mourut le 13 juillet 1680. D'Isabeau Perrel, il eut André, qui suit; 2° Isabeau; 3° Suzanne; 4° Marie. André du Treyve, mort le 25 avril 1725, conseiller du Roi, épousa le 9 mai 1678 Etiennette Re boul, qui testa le 16 mai 1692, laissant Guillaume, qui suit; 2° Jean-Henry, notaire royal; 3° Marguerite, morte le 18 juillet 1758; 4° Catherine; 5° Marthe. Guillaume du Treyve (17 mars 1679-10 décembre 1762) épousa le 2 septembre 1711, Marie-Madeleine Charpeney, puis en secondes noces le 10 janvier 1748, Catherine de Soulas. Du premier lit il eut André (4 juin 1712-24 août 1731); 2° Henry-Joseph, né 11 avril 1714, mort en bas âge; 3° Hugues-Aymé, qui suit; 4° Pierre-Augustin (3 février 1716-7 juillet 1718). Hugues-Aymé du Treyve (8 mars 1715-30 septembre 1742) épousa le 12 novembre 1735 Marie-Benoîte de la Guiolle, dont Claude-Melchior, qui suit; 2° Jean-Baptiste, né le 20 décembre 1739, mort jeune; 3° Jeanne, née le 27 octobre 1737. Claude-Melchiordu Treyve (27 novembre 1738-12 novembre 1775) épousa le 11 mai 1762 Jeanne-Marie Rey (11 novembre 1740-26 décembre 1805), dont Gabriel-Melchior (5 mars 1769-26 mars 1774); 2° Jean-Baptiste-Christophe, qui suit; 3° Claude-Hugues-Aymé, né le 20 février 1773; 4° Marie-Antoinette (8 novembre 1765-27 juin 1805).

 Jean-Baptiste-Christophe du Treyve (18 décembre 1770-8 juin 1837) prit part au siège de Lyon et reçut de Louis XVIII le titre de Comte. En 1796 il épousa Louise de Rochefort, dont Louis, qui suit; 2° Jean-Antoine-Melchior, mort le 9 avril 1882, marié à Marie-Charlotte-Léonice de Saignard de Choumouroux, dont Louis-Marie Alphonse, mort à 30 ans, le 19 janvier 1876. Louis-Pierre-Marie, comte du Treyve, (14 janvier 1797-30 juillet 1847) accompagna en 1815 Louis XVIII à Gand. Marié en 1822 à sa cousine-germaine, Némosine de Rochefort, dont Auguste (1823-12 avril 1859); 2° Eugène, qui suit; 3° Louise Françoise-Marguerite-Isaure, morte le 12 juillet 1850, à 21 ans, mariée le 8 mai 1849 à Gustave-François-MarieSylvestre de la Ferrière. Jean-Antoine-Marie-Eugène, comte du Treyve, dernier du nom, (18 décembre 1826-30 novembre 1898) marié le 1er octobre 1860 à Ernestine de Piellat (7 septembre 1839-20 août 1907), dont Léonice; 2° Marie-Louise, mariée le 5 août 1890 à Léonce d’Hugues, fils de Victor et d’Amélie Fouquet d’Orsan; 3° Marie-Nathalie-Antoinette, mariée dans la chapelle du château de Lachal, le 30 août 1898, à Gabriel-Henri-Gaëtan Reynaud de la Gardette, marquis de Favier, né le 18 août 1863, capitaine d’infanterie hors cadres, fils d’Arthur et d’Isabelle Mathéi de Valfons. Il était au début du XXe siècle propriétaire du château de Lachal. 

 Éléments protégés MH : le château, le jardin, le mur de la terrasse et du jardin, la chapelle, les façades et les toitures des bâtiments de la ferme, les façades et les toitures de l'orangerie, l'escalier menant de la tour du château à la cour de la ferme, le pigeonnier et la pièce d'eau attenante : inscription par arrêté du 6 décembre 1995. 

 château de Lachal 42320 Valfleury 

 Téléphone : 06 08 17 67 10 

Château de Grangent

Les ruines de Grangent sont situées à une courte distance de Saint-Victor, mais sur le territoire de Saint-Just. Après avoir dépassé le château de la Barallière, le touriste aperçoit, au sommet d’une masse rocheuse qui paraît inaccessible, une haute tour ronde noircie par les ans. Son profil majestueux tranche sur le fond vert sombre des bois de pins qui, du côté de Chambles, bornent l’horizon. Les ruines de Grangent, reposant entièrement sur le roc, couvrent d’ailleurs un espace restreint. L’accès était aménagé du côté du nord et la sécurité du passage garantie par un chemin derrière les murailles, lequel aboutissait à l’aide d’un escalier en retour de sept marches, aux deux courtines parallèles qui reliaient le donjon. L’existence de trous espacés sur le haut des deux murailles ou courtines, porte à croire qu’ils étaient destinés à soutenir les solives d’un plancher mobile servant de plateforme dans le haut et de plafond dans la partie inférieure de l’espace qui les sépare l’une de l’autre. Ce plancher devenait, selon les nécessités de la défense, ou un abri caché, ou une basse-fosse dangereuse. On y descendait par un petit escalier rudimentaire de onze marches, réservé dans l’épaisseur de la muraille, et au-dessous de de la poterne du donjon. Cet escalier aboutissait en outre à une issue assez large dont on voit encore dans la muraille les lignes apparentes, dessiner une sorte de brèche, solidement condamnée depuis longtemps. A l’ouest, à l’extrémité du rempart, sensiblement obliqué vers le nord, se trouvait un bastion à angle aigu amorti et renforcé par une échauguette de trois mètres de diamètre; à l’est s’élevait fièrement le donjon cylindrique de 18 mètres de hauteur et 18 mètres de circonférence. La porte du donjon est romane, ses pieds droits ornés d’un léger chanfrein plat sont formés de forts mœllons irréguliers et terminés par deux taillons profilés à l’intérieur pour supporter le linteau. Le vantail de chêne, disparu depuis longtemps, a laissé dans la pierre les traces bien visibles de ses gonds, de ses verrous et de sa barre de sûreté qui devait être en fer, si l’on en juge par l’entaille moyenne de la coulisse réservée dans le mur pour la recevoir.

 L’aménagement intérieur du donjon est très intéressant. La construction est divisée en trois étages, dont le premier ou pièce basse était fermé jadis par un plancher, muni d’une trappe de communication. Cet étage était à peine aéré et éclairé par quelques ouvertures ménagées dans le haut du mur. Ces ouvertures servaient aux approvisionnements et aux besoins de la défense. Au-dessus et au niveau du seuil de la porte existait un autre plancher plus ou moins provisoire. A ce second étage et à gauche sont les vestiges d’une cheminée qui ne manque ni de caractère ni d’originalité. Cette œuvre rare pour l’époque est établie dans l’épaisseur du mur et ne présente d’autre saillie que celle de deux corbeaux de pierre moulurés, destinés à recevoir un linteau de bois dont on voit encore quelques vestiges; une hotte semi-circulaire en briques allait jusqu’à la voûte où elle se perdait dans le mur. Cette cheminée a dû servir surtout à faire bouillir l’eau et l’huile que l’on versait sur les assaillants. En face de la porte d’entrée et dans l’épaisseur du mur qui lui est opposée s’ouvre une embrasure rectangulaire. Cette meurtrière est bâtie en pierres de taille et surmontée d’un arc de décharge. Ce second étage est séparé du supérieur par une voûte arrondie et dépourvue de nervures. Au centre de cette voûte est une ouverture ménagée pour arriver au moyen d’une échelle ou d’une corde à nœuds. Ce dernier étage comporte une meurtrière allongée et, du côté qui domine la Loire, il laisse saillir un petit édicule en ruines qui servait au guet.

 Vers l’an 800 le territoire de Grangent appartenait à la famille de Jarez, il est vrai semblable de croire qu’à cette époque d’invasions, ces seigneurs eurent l’idée de fortifier le point stratégique du rocher de Grangent, afin d’arrêter les invasions des peuples du nord qui, sur leurs barques légères de cuir ou de bois, remontaient la Loire pour s’emparer du Forez et du Velay, les piller, les ravager. C’est sans doute à ces mêmes seigneurs de Jarez, gens de foi comme les seigneurs de l’époque l’étaient, du moins à l’heure du danger, qu’on doit la construction, à côté des remparts solides et de la haute tour, de la chapelle plus modeste où ils vinrent prier. Ce n’est toutefois qu’en 1092 qu’il est fait mention pour la première fois de la chapelle de Grangent que les seigneurs de Jarez avaient alors cédé à l’abbaye de File-Barbe. De 1092 à 1173 la Chapelle et son territoire devinrent la propriété de Guichard, archevêque de Lyon. Plus tard Grangent était entre les mains de Briand de Lavieu qui devait pour cela hommage lige à l’archevêque Guichard (1164-1180). En 1183 la jouissance des revenus de la chapelle était confirmée par la bulle du pape Lucius III. Les Lavieu et après eux les Capponi-Feugerolles paraissent avoir continué la possession de Grangent, ils se montrèrent du moins d’une grande générosité envers le sanctuaire. Peut être Grangent fut-il possédé aussi par les Chauderon d’Ecotay, dont le blason d’or au chauderon de sable, se lit encore au-dessus de la porte de la chapelle. Peut-être en furent-ils simplement les bienfaiteurs. Au XVIIe siècle, lors de la visite de la châtellenie de Saint-Victor, les commissaires vinrent à Grangent, où était "une tour, avec une basse-cour, et une chambre près de la tour découverte et délaissée depuis longtemps, sans que l’on aye vu de la mémoire des hommes qu’il aye esté habité, croyant tous que cella est au Roy, parce qu’il n’est avoué de personne et sont les fonds y joignant, mouvants de la seigneurie de Saint-Victor et située en ladite juridiction".

 De nombreux legs furent faits, au cours des siècles, à la chapelle de Notre-Dame de Grangent, notamment par Florie de Chambles, en 1311, par Grégoire Reclus, de Saint-Rambert, en 1348, par Jean Roussier, de la Fouillouse, du mercredi avant la Toussaint 1354; de Catherine de Rochaing, veuve d’Antoine Milon, de Saint Rambert, du 6 septembre 1408; de Pierre Chamoucel, de Saint-Victor, curé de Saint Romain-les-Atheux, du 24 juillet 1450. En 1600 la chapelle fut restaurée par les barons de Feugerolles. En 1321, le sacristain de Grangent se nommait Jaquet; au cours des siècles de nombreux ermites firent de ce lieu sauvage et pittoresque leur résidence. En 1614, il y avait 5 ermites, en 1610, les P. Ximénès et Marini, en 1632, Boniface d’Antoine, en 1648, frère Antoine Ronzy, en 1666, frère Paul Cornillon, en 1681, Pierre Paul Poquelin et Robert Boniface, en 1683, Louis-Vincent Lebret, en 1708, le R. P. André, supérieur du Val-Jésus. En 1615, six ermites étaient entretenus par le marquis de Nérestang, mais plus tard ce fut Vital de Saint-Pol qui veilla sur les religieux. En 1793, la chapelle fut pillée et à moitié détruite par les révolutionnaires. La tour n’ayant point d’escalier intérieur triompha victorieusement des coups de pics et des bombes des incendiaires. Pendant cette période troublée on vit quand même des pèlerins venir à la dérobée prier N.-D. de Consolation. Ce précieux monument qui a défié les siècles fut vendu comme bien national et acheté par un sieur Durand, de Saint-Just-sur-Loire, le 12 messidor, an IV. Quelque temps après le sieur Delorme en devenait propriétaire. Enfin le rocher, la tour et la chapelle furent rachetés par l’honorable famille Royer-Vernadet, du hameau de la Tranchardière, à Saint-Just, vers 1850. Les deux filles de M. Royer épousèrent MM. Brunon et Paul Faye. Grangent appartenait au début du XXe siècle à M. L. Brunon, avocat à Saint-Etienne. 

 Éléments protégés MH : le château de Grangent (restes) : inscription par arrêté du 24 octobre 1945.

 château de Grangent 42170 Saint Just Saint Rambert

 

Château de la Grange Merlin

Ce château, construit en 1860, selon un plan rectangulaire, s'élève sur trois niveaux: un rez de chaussée, un étage noble et les combles. Il constitue un bel exemple du type d'architecture prisée par la bourgeoisie au Second Empire. A l'intérieur de l'édifice, les pièces principales ont conservé leurs décors d'origine (boiseries, stucs..) ainsi que quelques éléments mobiliers dignes d'intérêt. La pièce la plus remarquable (salle de billard) est recouverte de panneaux peints représentant des paysages, des scènes champêtres et de chasse. Les communs, à l'architecture régionaliste, ainsi que le parc aux contours de plantations toujours en place complètent l'ensemble du domaine. 

 Éléments protégés MH : en totalité, le logis principal, les communs (le bâtiment en U : anciennes écuries, sellerie et grange) et la tour-chenil : inscription par arrêté du 25 janvier 2012. 

 château de la Grange Merlin 42740 Saint-Paul-en-Jarez

 

Château de Goutelas

 
Le Livre des Composition cite en 1278 ou Guillaume de Gotelus, damoiseau. Au XIVe siècle, le fief passe aux Ecotay. En 1405, Gabrielle d'Ecotay, dame de Goutelas, épouse Pierre du Bec de la Garde. Le fief passe ainsi dans cette famille, jusqu'au mariage de Marguerite du Bec avec Antoine de Rougement en 1525, puis avec Antoine de le Bretonnière d'Aix en 1557: elle meurt peu après et son époux vend Goutelas à Fleury Reygnaud, qui le cède l'année suivante à Jean Papon. De la maison forte médiévale, il resterait la structure d'ensemble: une plate-forme quadrangulaire à flanc de coteau, cantonnée de tours et protégée par un fossé en eau au nord-est et peut-être au sud-ouest, alimentés par un réservoir situé plus haut sur la colline, grâce à des canalisations dont des vestiges ont été trouvés lors des travaux des années 1960 (système endommagé lors de la construction de la route qui passe au-dessus du château). Au même moment ont été mises au jour les fondations d'une tour situés au milieu de la reconstruction de la façade est, remaniée au XVIIIe siècle. Un pont-levis se trouvait peut-être à droite du portail du XVIe siècle (traces dans les maçonneries). Jean Papon (1507-1590), qui rachète le château et la seigneurie de Goutelas en 1558, est l'un des personnages éminents du Forez de la Renaissance. Né à Crozet, la protection d'Antoine de Lévis, seigneur de Châteaumorand, abbé de La Bénisson-Dieu et évêque d'Embruns, lui permet de faire des études de droit.

 Il devient lieutenant général du baillage de Forez en 1543 ou 1544, maître des requêtes de Marie de Médicis, et est anobli par Henri III en 1578. Surnommé "le Grand Juge" il s'illustre par son oeuvre de synthèse et d'explication du droit dans les Arrêts notables des cours souveraines de France et les trois notaires, rédigé eu français; traducteur de Démosthène et Cicéron, il est également l’auteur d'une description du Forez. La famille Papon était liée à celle d'Urfé dans le gouvernement du Forez et faisait partie du même groupe de l'élite forézienne lettrée et partisane de la Cours Réformée. Anne d'Urfé compose l'épitaphe du tombeau des Papon à la collégiale de Montbrison, et Honoré fait du Grand Juge le modèle du sage Adamas de l'Atrée. De leur côté, Jean Papon, puis son fils Louis qui hérite Goutelas à la mort de son père, se sont inspirés de la Bastie d'Urfé dans la reconstruction du château et le décor d'architecture qui est plaqué sur le portail, l'avant-corps soulignant l'entrée et la porte de la chapelle). Ce sont eux qui transforment la maison forte médiévale en château Renaissance avec plan en H et élévation régulière à travées. La cuisine située sous le passage couvert, avec cheminée en pierre sculptée et potager, est un des vestiges des aménagements de cette époque, ainsi que les décors peints subsistant dans la salle du Grand Juge et la chambre de Diane. Les cheminées sculptées de bas-relief illustrant l'histoire de Jomas (salon rouge) ont été vendues dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

 Louis Papon,seigneur de Gouteles de 1590 à 1599, était chanoine à la collégiale de Montbrison depuis 1559 (charge occupée par son grand-oncle et parrain) il devient ensuite curé de Saint-Georges-en-Couzan et prieur de Marcilly en 1565. Il est également connu comme lettré et poète. À sa mort, Goutelas revient à son jeune frère Melchior, puis aux fils, petit-fils et arrière petit-fils de celui-ci. Le dernier, François II Papon, meurt sans descendance et lègue Goutelas à son épouse Claire Séguier; au décès de celle-ci, le château passe à Catherine Papon, soeur de François III, et à son époux Pierre André du Cros de Montmars En 1777, Philippe du Cros de Montcoury entreprend des travaux d'embellissement de sa demeure. Le contrat passé en août 1777 avec Michel Ange Dal Gabbio, architecte d'origine italienne, que le texte signale comme demeurant à Goutelas, stipule que celui-ci dit démolir la charpente de tout le corps de bâtiment du côté du jardin, avec celle des tours, le propriétaire devant descendre les "tuiles à crochet", et "faire à neuf la charpente de la nouvelle construction que fait faire maintenant ledit seigneur suivant et conformément aux plans et profils qui seront de nous signés". Le nouveau toit sera "couvert à la mansarde" avec un brisis couvert en tuiles creuses. La nouvelle charpente réutilise des bois de la précédente, puisque des échantillons analysés par dendrochronologie ont été datés de 1550.

 La toiture de la tour du colombier (extrême est), à faible pente et en tuiles plates, est certainement représentative de la forme des toits des château Renaissance. Dans la mesure où la présence de Michel Ange Dal Gabbio à Gautelas semble attestée avant ce chantier sur les toitures (il y demeure), on peut lui attribuer la "nouvelle construction", c'est à dire la reconstruction partielle de l'aile nord-est afin de constituer une façade unifiée donnant sur le jardin. On connaît de celui-ci une ébauche de plan dans la première moitié du XIXe siècle, mais il a totalement disparu. En 1778, Michel Ange Dal Gabbio part se retirer en Italie (il meurt pendant le voyage) et laisse le chantier à son neveu Michel, venu s'installer à Saint-Germain-Laval après avoir terminé ses études d'architecture à Dijon, et dont c'est le premier chantier en Forez. On lui attribue en général la construction de l'escalier central et l'aménagement de certaines pièces dans le style Louis XVI (lambris du salon de musique). Il prit peut-être une part importante à l'achèvement des reconstructions, puisque la date 1779 est gravée sur le linteau de la lucarne de la tourelle d'angle est de la façade sur jardin. En 1794, Philippe du Cros Papon de Montmars est exécuté à Fours. Le château est mis sous séquestre et pillé, puis restitué à ses quatre filles (dont l'une était chanoinesse à Leigneux) entre lesquelles il est partagé.

 Le fils de l'une d'elles, le commandant Xavier de Campredon, finit par racheter l'ensemble et y assemble une collection d'objets d'art et d'antiquités. Il meurt en 1859; sa collection est dispersée et le château est vendu l'année suivante aux frères Lagnier. Ils se réservent la partie XXe du château, et construisent un mur pour la séparer de l'autre moitié, louée à des fermiers; une grange est construite à côté de la chapelle transformée en porcherie. Certains décors (cheminées, cloche) sont démontés et vendus. Les archives sont récupérées par la ville de Mantbrison, qui les dépose à la Diana après classement par Vincent Durand. Après la disparition des Lagnier en 1895, le château est vendu et le domaine loti; en 1920 le lot sur lequel se trouve le château est acheté par Noël Guyot, agriculteur à Marcoux, qui loue quelques pièces à une famille, puis vend la charpente et les tuiles en 1939. À sa mort en 1941, il transmet le bien à son neveu Noël Durand. En 1961, celui-ci accepte de le céder au franc symbolique à l'association "les amis de Goutelas", dont il rejoint les membres fondateurs Paul Boucher, son frère Louis, Jean Bonnard (avocat à Lyon), M. et Mme Paul Pais. L'association se donne pour but la restauration du château entamée dès 1962 et menée à bien grâce à la participation bénévole d'artisans locaux et d'habitants de la commune. L'association, puis le centre culturel de Goutelas, ont ensuite assuré la vie du site en y organisant diverses manifestations et en le louant comme hébergement collectif pour des stages ou des séminaires. Le château a récupéré certains de ses décors sculptés disparus pendant sa phase de ruine.

 Le château est plaqué sur a côté de l'esplanade défendue par six tours (une à chaque angle; une en avancée au nord, son pendant à l'angle ouest aurait disparu à la Révolution; une à l'extrémité de la façade nord). Dans le mur d'enceinte sud-est est percé un portail d'entrée avec porte piétonne. Le portail est encadré de pilastres cannelés à chapiteaux composites supportant un entablement et un fronton triangulaire orné d'armoiries. Le chanfrein de l'arc du portail et de la porte est sculpté d'une frise d’oves et dards. Le château présente un plan régulier en H, avec une cour d'honneur au sud-est et une cour de communs au nord-ouest. Le corps central est constitué d'un passage couvert donnant à gauche dans une cuisine, à droite dans le vestibule d'où part l'escalier tournant à retour, avec jour, en maçonnerie et rampe en fer forgé. L'enfilade de pièces dans l’aile nord-est de la cour d'honneur comprend, en partant de l'escalier: une salle dite "salon rouge", une chambre dite "salon de musique" et une chambre à alcôve. La partie bordant la cour de communs a été recloisonnée après les travaux des années 1960: elle comprend une salle à manger et une cuisine, desservies par un couloir. L'aile sud-ouest bordant la cour d'honneur comprend (toujours en partant du corps central), une salle à usage actuel de chaufferie, un bureau (cheminée dont le linteau à cartouche Renaissance avait été remonté en linteau de porte d'étable dans la grange voisine démolie dans le dernier quart du XXe siècle) et la chapelle avec une tour campanile et construisent un mur pour la séparer de l'autre moitié, louée à des fermiers; une grange est construite à côté de la chapelle transformée en porcherie.

 Certains décors (cheminées, cloche) sont démontés et vendus. Les archives sont récupérées par la ville de Mantbrison, qui les dépose à la Diana après classement par Vincent Durand. Après la disparition des Lagnier en 1895, le château est vendu et le domaine loti; en 1920 le lot sur lequel se trouve le château est acheté par Noël Guyot, agriculteur à Marcoux, qui loue quelques pièces à une famille, puis vend la charpente et les tuiles en 1939. À sa mort en 1941, il transmet le bien à son neveu Noël Durand. En 1961, celui-ci accepte de le céder au franc symbolique à l'association "les amis de Goutelas", dont il rejoint les membres fondateurs Paul Boucher, son frère Louis, Jean Bonnard (avocat à Lyon), M. et Mme Paul Pais. L'association se donne pour but la restauration du château entamée dès 1962 et menée à bien grâce à la participation bénévole d'artisans locaux et d'habitants de la commune. L'association, puis le centre culturel de Goutelas, ont ensuite assuré la vie du site en y organisant diverses manifestations et en le louant comme hébergement collectif pour des stages ou des séminaires. Le château a récupéré certains de ses décors sculptés disparus pendant sa phase de ruine. 

 Le château est plaqué sur a côté de l'esplanade défendue par six tours (une à chaque angle; une en avancée au nord, La partie bordant la cour de communs a été totalement reconstruite. Une partie des sols du rez-de-chaussée était constituée de pavés de chêne. À l'étage si l'on suit le même parcours, on a: deux chambres (au dessus de la cuisine Renaissance), une chambre dite "bibliothèque" et deux chambres (la première recloisonnée) à l'est, la salle dite du Grand Juge au nord, donnant sur la cour de communs. De l'autre côté, une salle convertie en sanitaires et deux chambres, la chambre dite de Diane ou de Jean Papon et une dernière chambre. Les combles ont été aménagés en dortoirs et en chambres dans le dernier quart du XXe siècle (hébergement collectif). La salle du Grand Juge avait un plafond peint: rinceaux de feuilles et fleurs de lys sur les grosses poutres, fleurons en camaïeu sur les caissons entre celles-ci. Une corniche peinte sur le mur reprenait le motif des rinceaux au-dessus d’une frise de grecque stylisée. Il ne subsiste que les rinceaux peints sur les poutres. Dans la chambre de Diane aurait subsisté un décor de peintures murales représentant Actéon dévoré par ses chiens, également disparu avec la restauration du château. Il en reste de minces vestiges et le décor des poutres (rinceaux, sirènes).

 Certains décors du château sont connus par la description qu'en a laissé le commandant de Campredon: "du manoir de Jehan Papon.… avec ses planchers de chêne et ses larges panneaux peints en bleu et ornés de rosaces et de grandes fleurs de lys, avec des peintures retraçant sur les murs d'une grande salle, le cours du Lignon, et différentes scènes tirées du roman de l'Astrée, ainsi que la porte de fer gardant l'entrée de la tour dans laquelle étaient conservées Les archives de la seigneurie... le premier étage n’a conservé que deux pièces du manoir primitif. Sur les murs de la première dans laquelle on entre sont peints différents sites pris sur le cours du Lignon, on y distingue parfaitement le cours de cette rivière pour laquelle le roman de l'Astrée inspiré alors un culte tout particulier dans tout le pays du Forez. Plusieurs de ces peintures sont dessinées avec grâce, chacune desquelles retrace des sujets tirés du fond inépuisable du roman. La seconde pièce a un aspect plus grave, est un tout complet qui n'a point de peintures conservées. La corniche se compose de plusieurs petits tableaux pleins de grâce... dans l'un on voit des nymphes s'élançant les unes vers les autres avec des guirlandes de fleurs. Une autre représente des bergers avec leur chien. Ici c'est un autel, où sont les victimes qui doivent êtres immolées. Plus loin on voit l'enlèvement d'Europe". 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures, la grande salle, la chapelle : inscription par arrêté du 10 novembre 1964. 

 château de Goutelas 42130 Marcoux 

 Téléphone : 04 77 97 35 42

Château de Gatellier

Près du bourg de Saint-Denis-de-Cabanne, sur le bord de la route de Charlieu, se dresse le magnifique château de Gatelier, enveloppé de frais et poétiques ombrages. C’est une demeure très vaste, il reste toute une aile et plusieurs dépendances de la construction primitive du commencement du XVIe siècle, mais le corps de logis principal est une oeuvre de la seconde moitié du XVIIIe siècle. La façade principale du manoir, flanquée de deux massives tours rondes, est décorée d'une entrée monumentale. Au-dessus des élégantes colonnettes du portail principal, un avant-corps en pierres de tailles, percé de meurtrières est surmonté de la toiture aiguë du pavillon, percée d’une lucarne et terminée par un lanternon d’une rare élégance. Une façade latérale est flanquée d’une charmante tourelle ou poivrière et d’un pavillon imposant. A l'intérieur, un des salons était tendu de tapisseries d’un merveilleux coloris et d'une conservation parfaite; elles n’avaient jamais été détachées de huit panneaux encadrés de boiseries, auxquels on les avait destinées. On raconte que, sous la Terreur, le régisseur du château avait pu les sauver en remplissant le salon de foin. Elles représentaient des scènes champêtres ou villageoises, composées et peintes d’après les cartons de François Boucher, dont elles portaient la signature, avec la date de 1736. Le comte de Gatelier les a vendues, au début du XXe siècle, pour en consacrer le produit aux bonnes œuvres. Un ameublement de canapés et de fauteuils, dont les bois ciselés encadraient de délicieux tapis de Beauvais, avec sujets copiés d’après Wateau, complétait cet ensemble vraiment éblouissant. Un canapé à dossier ovale, était d’une distinction et d’une fraîcheur de coloris qui en faisaient une pièce hors ligne et un très précieux objet d’art.

 Au début du XVIe siècle, Gatelier appartenait à Jacquette de Neufville et à son époux, Hector du Boys, seigneur de Pesselay. Ce dernier mourut avant elle, car veuve, elle céda ses droits à noble Claude de Tenaire, écuyer, seigneur de Gatelier. Celui-ci, assisté d’Antoinette d'Anglure, sa femme, vendit à Benoît Franchon, bourgeois de Roanne, le 4 décembre 1535, pour 22 livres viennoises, des droits seigneuriaux à Roanne et environs. Peu après, le seigneur de Gatelier était messire Jean Faye et c’est sa veuve, dame Catherine Jolly qui reçoit le 29 janvier 1547, d’André Descourt une reconnaissance pour le domaine Descours, qu'Antoine de Monchanin-la-Garde de Marzac vendit au siècle suivant à François Duperron, dont le fils Joseph Duperron, marchand de Saint-Germain-la-Montagne, refusait de payer les cens et servis à François-Hippolyte de la Mer de Matha, bien que le vendeur les eût réservés formellement. François Faye, seigneur de Gatelier et Jarnosse, épousa en 1586, Claudine d'Arcy, fille d’Hector et de Marie de Frenier. Gatelier passa ensuite aux Monchanin, qui portaient de gueules au chevron d’or. Guillaume de Montchanin, seigneur de la Garde, avait épousé, le 3 mars 1609, Madeleine de Sainte-Colombe, fille de Jacques et de Claudine de Semur. En 1654, Hippolyte de Monchanin-la-Garde-Marzac, seigneur de Gatelier, Mars et autres places, fit une acquisition de sa cousine Louise de Damas, fille de Christophe, seigneur de Barnaye et de Philiberte de Montchanin-la-Garde. Le 27 mai 1668, il reçoit encore comme seigneur de Gatelier, une reconnaissance passée par François de Morardy au nom du duc de Lesdiguières. Son petit-fils, François-Hippolyte de la Mer, chevalier, comte de Matha, seigneur de Gasteillier, Mars et autres places est mentionné en 1706. Les armes de cette famille sont losangé d’or et de gueules.

 En 1766, Gatelier est aux Boulard qui en prirent le nom et le possédaient encore au début du XXe siècle. Leurs armes sont d’azur à une branche de trois rameaux de bouleau d’argent, feuillée d’or; au chef cousu de gueules chargé de trois besants d’or. Cette famille paraît avoir pour origine le Franc-Lyonnais et nous donne un exemple frappant de l’accession progressive, à la noblesse, des familles de l’ancienne France. L’échevinage, but suprême à Lyon, d’une légitime ambition allait être enfin la récompense méritée de continuels et intelligents efforts. Simon-Claude Boulard de Gatellier, conseiller-secrétaire du Roi près le Parlement de Dijon, recteur de la Charité en 1768, échevin de Lyon, épousa le 14 janvier 1754, Anne Clérico de Janzé, fille de Jean et de Catherine Cizeron, dont François Boulard de Gatellier, seigneur dudit lieu (1739-1827), conseiller au Parlement de Bourgogne, 1er président au bureau des finances de la généralité de Lyon, épousa, le 20 juillet 1790, Françoise Fourgon de Maisonforte, fille de Roch-Marie-Vital et de Marie-Pierrette Robin d’Orliénas, dont Vital Boulard de Gàtellier, comte romain héréditaire (1792-1884), marié le 22 septembre 1822, à Philiberte-Hélène Cellard du Sordet, fille de Pierre-Etienne et de Louise Foillard, dont Léon-François Boulard, comte de Gàtellier (18 mai 1823-10 février 1921), marié en 1858, à Catherine-Mathilde-Marie Agniel de Chênelette, fille de Théodore et d’Ernes- tine Michon de Vougy, dont Maurice, né le 30 octobre 1861, commandant au 298e régiment d’infanfanterie, chevalier de la Légion d’honneur, tué à l’ennemi le 3 décembre 1916; 2° Charles, qui suit; 3° Louise et 4° Esther, religieuses du Cénacle. Marie-Jean-Charles, comte de Gàtellier, né le 2 octobre 1865, commandant au 297e régimentd’infanterie pendant la guerre de 1914-1918, marié le 2 juillet 1892, à Thérèse Le Rebours, fille du vicomte Adolphe-Odoard et d’Alex-Charlotte Graillet de Beine, dont François, né à Coolus (Marne), le 11 novembre 1894, maréchal-des-logis au 54e régiment d’artillerie, tué devant Saint-Quentin le 17 avril 1917; 2° Louis, né à Saumur le 15 juin 1896, engagé volontaire au 292e régiment d’infanterie, tué à Quennevières, le 10 juillet 1915; 3° Madeleine, mariée le 7 janvier 1920, au vicomte Camille de Meaux, fils du vicomte Charles et de Madeleine Balsan, dont Charles de Meaux, né en novembre 1920. 

 Éléments protégés MH : le château proprement dit ; les communs ; le pigeonnier ; le moulin et sa machinerie; le pont sur le Sornin et le pont sur le bief du moulin : classement par arrêté du 30 juin 1990.

 château de Gatellier 42750 Saint-Denis-de-Cabanne

 

Château de Feugerolles

Le château de Feugerolles est bâti sur une montagne élevée et assis sur la saillie d’un large rocher. Il domine de sa formidable silhouette l’industrielle cité du Chambon. Le portail est surmonté par des mâchicoulis, abritant un chemin de ronde auquel conduit un petit escalier, pratiqué de chaque côté, dans l’épaisseur du mur. A droite du portail, qui s’ouvre à l’ouest, se trouve une tour qui renferme un cabinet voûté. La chapelle paraît être du XVe siècle. Une inscription, placée dans la frise du fronton, indique que le portail et les fenêtres furent reconstruits par Gaspard de Capponi. Un peu plus loin est une petite enceinte où se trouve un puits, autrefois à l’usage des écuries. Les bâtiments qui portent ce nom furent à l’origine habités par les châtelains. Après les écuries on pénètre dans une petite cour qui précède un jardin, l’un et l’autre fermés par les murailles d’enceinte à l’angle occidental desquelles se trouve une tour qui était encore intacte en 1760. Dans le château proprement dit, on rencontre d’abord au rez-de-chaussée une grande salle, précédant l’ancienne boulangerie, attenante à la cuisine. Dans celle-ci se trouve une vaste cheminée où se lit encore, quoique martelé, le blason des Lavieu. Par la cuisine on gagne une porte moderne qui conduit à une tour ronde dans laquelle se trouve l’escalier à vis, primitif du château. Sur le tympan de la porte, un écu en losange porte le blason des Lavieu, parti d’une alliance. Ce sont sans doute les armes de la femme de Jausserand de Lavieu, dit Pérceval. Au premier étage la chambre dite de Saint-Chamond, grande et magnifique, est éclairée par une grande fenêtre à croisillons et une petite, sans meneaux. 

 On l’appelle également Chambre des Revenants, car, au dire des gens du pays, les anciens seigneurs de Feugerolles s’y donnent encore rendez-vous. De cette chambre, une porte aux armes des Lavieu conduit à un cabinet, situé au-dessus de la boulangerie. La chambre située au-dessus de la cuisine est très vaste, c’était celle des anciens seigneurs et on lui a rendu sa première destination. Un cabinet de toilette, en dépendant, existe dans la tour du milieu. Au second étage, au-dessus de la chambre de Saint-Chamond, se trouve celle dite des Commissaires qui prend vue au couchant par une fenêtre à croisillons. Une belle porte aux moulures gothiques conduit dans un cabinet de la grosse tour du portail, relié à la salle des archives qui contient encore le meuble de pierre aux épaisses portes de fer qui abritait les choses précieuses. De là, on arrive dans un cabinet de la tour à consoles. Par un dédale de petits réduits on parvient à la chambre au-dessus de celle des maîtres. Enfin, par une petite porte carrée on pénètre dans un cabinet voûté de la grosse tour du centre. Les greniers n’ont rien de remarquable. A droite de la cour sont les appartements édifiés par Henri de Charpin des Halles, en 1721, communiquant par une galerie avec le château. Au centre de cette galerie sont les armes accolées des Capponi et des d’Augerolles. Elle conduit à un vestibule qui mène à la salle à manger et à une autre pièce, splendidement décorée. Au premier étage, une salle immense est décorée d’une belle cheminée en proportion aux armes de Capponi et d’Augerolles; elle est reliée à la chambre de Damas, ornée, comme celle du rez-de-chaussée, de tapisseries de laine. La galerie de Feugerolles renferme de nombreux portraits de différente valeur.

 En 1173, Feugerolles appartenait à la puissante maison de Jarez. Guichard de Jarez était feudataire du comte de Forez et seigneur de Feugerolles. Hugues de Lavieu, fils de Gaudemar, seigneur de Roche, dut acquérir Feugerolles des de Jarez. Il avait épousé Miracle, veuve en 1312, dont Jaucerand, qui suit; Ahélida, mariée à Nicolas de Thiers, fils de Guillaume et d’Agnès de Malmont. Jaucerand de Lavieu, rendit hommage de Feugerolles en 1296. Il épousa Egline de Chalancon, déjà veuve en 1312, dont Jaucerand, qui suit; Hugues, baron d’Ecotay, dont il prête hommage en 1324, 1332, 1333. Il épousa Ansillette, dont il eut Jean de Lavieu, qui rend hommage d’Ecotay, le 20 janvier 1336; 3° Jaucerand; 4° Bertrand; 5° Egline, mariée à Jean de Marcilly, fils d’Antoine et d’Audis de Saint-Priest; 6° Florus, le grand prieur de Feugerolles. Jaucerand de Lavieu, dit Perceval, sr de Feugerolles, Marclopt, etc, dont il rend hommage au comte de Forez, père de Bertrand de Lavieu, seigneur de Feugerolles, épousa en 1350 Agnès de Cornon, dont Jaucerand III, qui suit; Briand, qui entra dans les ordres; 3° Perceval, prieur de Bard et de Conflans; 4° Bertrand, religieux de Saint-Antoine; 5° Roland, seigneur de Perrignac. Jaucerand III de Lavieu, seigneur de Feugerolles et d’Ecotay, épousa en 1372 Alix de Beaujeu, fille de Guichard et de Marguerite de Poitiers, qui apporta en dot 3.000 florins d’or; il en eut un fils qui va suivre. Alix, devenue veuve se remaria à Etienne de Sancerre, qui mourut dans un voyage en Barbarie, en 1390; elle épousa alors en troisièmes noces Guy Damas de Couzan. Edouard de Lavieu, seigneur de Feugerolles, Ecotay, Rochefort, fut bailli de Mâcon et sénéchal de Lyon, en 1412, et mourut en 1415. En 1404, il avait épousé Marguerite Dauphine, fille de Béraud, tué à Azincourt, et d'Isabeau d’Apchon, dont Jacques, qui suit; 2° Jean, seigneur d’Ecotay, Saint-Didier et Rochefort, conseiller et chambellan du duc de Guyenne, fils de Charles VII. Il épousa Marguerite de Balzac d’Entragues, n’en eut pas d’enfants et testa en faveur de son beau-frère, Annet de Talaru; 3° Anne, mariée en 1435 à Jacques de Chabannes la Palice; 4° Alix, femme d’Annet de Talaru.

 Jacques de Lavieu, seigneur de Feugerolles, Curraise, etc, épousa Jeanne de Cassinel, et en secondes noces Antoinette de Crussol, fille de Géraud et d’Alix de Lastic. Du premier er lit il eut Charles, qui suit; 2° Artuse, femme de Jean de Montmorin, fils de Pierre et d’Isabeau de Chauvigny; 3° Louise; 4° Marie, mariée à Jean de Lévis, seigneur de Couzan; 5° Georgette, religieuse; 6° Marguerite, épouse de Guillaume de Rollat. Charles de Lavieu, seigneur de Feugerolles, Curraise, etc, épousa en 1463 Louise de Bressoles, fille d’Antoine et de Catherine d’Apchon. Il mourut sans enfants et sa veuve se remaria avec Jean de Lévis, veuf de Marie de Lavieu, dont elle n’eut aucune postérité. Tous les biens des Lavieu passèrent par héritage aux Lévis, seigneurs de ’Couzan. Le 23 juin 1570, Claude de Lévis, baron de Couzan, vendait la baronnie de Feugerolles à Jean Camus, seigneur de Châtillon, pour 200.000 livres tournois. Ce dernier était fils de Pernet Camus et de Françoise Jacob, et petit-fils de Maurice. Il avait épousé Antoinette de Vinols. L’aîné de leurs enfants, Antoine, fut investi de la baronnie de Feugerolles. Leurs armes sont d'azur à trois croissants d’argent et une étoile d’or en abîme. Mais la vente de Feugerolles avait été faite sous faculté de rachat, aussi la terre retourna-t-elle au vendeur, qui, solidairement avec son fils Jacques de Lévis, la vendit, le 26 juin 1586, à Alexandre de Capponi, seigneur d'Ambèrieu. Cette dernière famille est une des plus anciennes de la Toscane. Laurent de Capponi, père du seigneur de Feugerolles, était venu s’établir à Lyon, en 1530. Pendant la famine de 1573, il nourrit et entretint à ses frais 4.000 pauvres de la cité de Lyon.

 Naturalisé Français en 1553, il épousa le 12 mai 1554 Hélène de Gadagne, fille de Thomas et de Pernette de Berti, dont Charles, marié le 11 février 1591 à Gabrielle d’Aligre; 2° Alexandre, qui suit; 3° Lucrèce, mariée le 1er juillet 1570 à Philippe de Gondi; 4° Cassandre, mariée à François Manelli. Alexandre de Capponi, baron de Feugerolles, seigneur de Roche, marié le 17 mars 1586 à Françoise d'Augerolles, dame de Roche, fille d’Antoine et d’Anne Mitte de Chevrières, dont Gaspard, qui suit; Alexandre-François, baron de Roche, qui testa le 3 juillet 1624. Gaspard de Capponi, baron de Fougerolles, seigneur de Roche, etc, épousa le 31 octobre 1623 Isabeau de Crémeaux, fille de Renaud et de Sybille de Rébé, et en secondes noces le 10 février 1647 Madeleine du Peloux, fille de Nicolas et de Catherine du Puy. Du second lit il eut Louise, mariée le 3 juin 1664 à son cousin issu de germain, Gilbert de Capponi; 2° Marie, mariée en 1678 à Gaspard Arod de Montmelas; 3° Catherine Angélique, mariée à Pierre-Hector de Charpin; 4° Catherine-Charlotte, mariée à Louis de Crémeaux; 5° Christine, supérieure de la Visitation de Saint-Etienne; 6° Gaspard. Les armes des Capponi sont tranché de sable et d’argent. L’héritier des biens des Capponi fut Pierre-Hector de Charpin, marié le 22 janvier 1676 à Catherine-Angélique de Capponi. Il était fils de Balthazard et de Louise de Villars, petit-fils de Pierre et de Renée Papon de Goutelas, et descendant d’une famille qui se trouve être aujourd’hui la plus vieille du Forez. Son frère Henri de Charpin, dit l’abbé des Halles vint finir ses jours à Feugerolles. Catherine-Angélique de Capponi mourut le 22 décembre 1686, laissant Henri, mort en 1705; 2° Jean-Michel, abbé de Saint-Germain d’Auxerre; 3° Henri, abbé delà Grande-Seauve; 4° Louis-Hector. 

 Louis-Hector de Charpin, baron de Feugerolles, etc, mort le 3 juin 1744, épousa le 22 avril 1722 Marie-Polixènede Riverie de la Rivière, fille de Christophe et de Diane Arod de Lay, dont Jean-Baptiste-Michel, qui suit; 2° Camille-Colombe, chanoinesse-comtesse de Neuville; 3° Amable-Espérance, reçue à Saint-Cyr, le 22 juin 1743; 4° Anne-Diane, religieuse à la Séauve; 5° Marie-Anne. Jean-Baptiste-Michel de Charpin, marquis de Feugerolles, seigneur des Bruneaux, etc, épousa, le 24 juillet 1753, Anne-MarieAnselmet des Bruneaux, dont Louis-Alexandre-Jérôme de Charpin, baron de Feugerolles, seigneur des Bruneaux, etc, marié le 28 octobre 1777 à Suzanne-Christophe d'Albon, fille de Camille, baron d’Avauges, et d’Anne Marie-Jacqueline Olivier, dont André-Camille, qui suit; 2° Jean-Baptiste-Michel, mort à 22 ans, le 1er novembre 1811; 3° Anne-Diane-Félicité, mariée le 26 juillet 1804 à Ferdinand Puy du Roseil. Elle hérita de Feugerolles, mais par acte du 15 novembre 1853 y réinstalla les Charpin. André-Camille de Charpin-Feugerolles épousa le 27 septembre 1815 Pauline Adélaïde de Perthuis, fille de Lucien-Julien et de Philippine de Varennes. Il mourut le 15 novembre 1824, laissant Hippolyte, qui suit; 2° Félicité-Adélaïde, née le 16 février 1818, mariée le 12 juin 1839 au comte Guy-Armand de Dampierre. Hippolyte-André-Suzanne, comte de Charpin-Feugerolles, né le 11 septembre 1816, mort le 9 mars 1894, épousa le 28 octobre 1845, Marie-Aimée-Pauline de Nettancourt-Vaubecourt, fille du marquis Claude et d’Ernestine de Beauffort de Montdicourt, morte en 1860; et en secondes noces le 11 novembre 1862, Sophie de Guignard de Saint-Priest, veuve du comte Gaspard de Clermont-Tonnerre, et fille d’Alexis et de Marie de la Guiche. Il eut Alexis-Henri-Marie-Chantal, marié à Renée du Soulier, fille de Nicolas et d’Henriette Arthaud de la Ferrière, dont Pierre, sous-lieutenant, tué à l’ennemi le 17 février 1915; Raymond, sous-lieutenant, tué à l’ennemi le 17 janvier 1915, et Chantal. Les armes des Charpin sont d'argent à la croix ancrée de gueules, au franc quartier d’azur, chargé d’une molette d’or. Depuis leur alliance avec les Capponi, ils portent leurs armes en écartelure.

 Éléments protégés MH : le château en totalité : le logis principal, la maison attenante, l'ancienne salle de justice, la chapelle, les terrasses et éléments maçonnés inclus dans l'enceinte, l'enceinte avec la porte monumentale, les tours, les fossés ensevelis et les jardins : inscription par arrêté du 25 janvier 2012.

 château de Feugerolles 42500 Le Chambon-Feugerolles

 

Château Dorian

Ce château offre une belle illustration des demeures édifiées par les maîtres de forges au XIX° siècle, au plus près de leurs usines. Il s’agissait de résidences principales de prestige, faites pour marquer la réussite de ces entrepreneurs. Et dans le cas du château Dorian, il était également conçu pour accueillir des invités prestigieux. 

 C’est Frédéric Dorian (1814-1873), ingénieur des Mines, gendre et associé de Jacob Holtzer, qui fit construire cette demeure en 1868 par l’architecte et ingénieur stéphanois Gustave Leroux, celui-là même qui venait d’achever le château Holtzer situé en face sur la commune d’Unieux. Frédéric Dorian avait commencé sa carrière d’industriel comme fabricant de faux à Valbenoîte (Saint-Etienne), puis à Pont-Salomon avec Charles Jackson et Guillaume Gerin. Mais après son mariage en 1849 avec Frédérique Caroline Holtzer, il a été progressivement associé à la direction de l’entreprise Holtzer avec son beau-frère Jules Holtzer, en particulier après le retrait de son beau-père en 1860. 

 Frédéric Dorian eut également une carrière politique importante avec un destin national. D’abord maire d’Unieux, puis député républicain opposant à l’Empire (en 1863 puis 1869), il fut l’ami de Gambetta qu’il invita à Fraisses et de Victor Considérant, ce qui lui valut l’image d’un patron progressiste et républicain influencé par les idées fourriéristes. Au début de la 3ème République, il fut un temps ministre des Travaux publics (en 1870 71), hésitant entre une carrière parisienne (mairie de Paris) ou locale (il présida le Conseil Général de la Loire entre 1871 et 1872). Sa fille poursuivit le même engagement, recevant à Paris Clémenceau, Dreyfus et à Fraisses Zola qui séjourna au château en 1900, et y écrivit son roman Travail.

 Le château cessa d’être occupé par la famille au début du 20ème siècle. Intégré dans le patrimoine de la société Holtzer, il accueillit les familles des directeurs et ingénieurs de l’entreprise. Celle-ci a conservé un caractère encore familial jusqu’en 1953 date à laquelle elle est entrée dans le nouveau groupe régional de la Compagnie des Ateliers et Forges de la Loire. Cette société a elle-même été fondue en 1970 dans une plus vaste entité, Creusot-Loire, qui connaîtra une liquidation en 1983. La reprise de certaines activités par Usinor n’empêchera pas le démembrement des installations.

 A partir de cette date, les liquidateurs ont cherché à se défaire du patrimoine de la société disparue. Le château est alors resté à l’abandon et a connu d’importantes dégradations jusqu’à ce que la commune en fasse l’acquisition en 1991. Plusieurs usages ont alors été envisagés. Revendue en 1998 et réhabilitée, la demeure a été transformée en une copropriété résidentielle. 

 Éléments protégés MH : le vestibule, la salle à manger, le salon bleu : classement par arrêté du 18 novembre 1986. Le château, sauf parties classées : inscription par arrêté du 18 novembre 1986. 

 château Dorian 42490 Fraisses

 

Château de Cuzieu

Il existait un premier château médiéval est cité en 1190. Détruit, il a été remplacé au 17ème siècle par un nouveau château situé à l’extrémité de l’éperon rocheux. Celui-ci constitue l’origine de l’actuel château : il a sans doute été plusieurs fois remanié, en particulier dans le premier quart du 18ème siècle qui lui a donné son aspect d’aujourd’hui. 

 On ne connaît pas l’histoire du château pour la période ancienne, du XIIème au XVIème siècle. Les premiers éléments dont on dispose sont donc récents et liés à la présence de la famille Denis de Cuzieu.

 A l’origine de cette famille se trouve Philippe Denis né en 1640, précepteur d’enfants à Montrottier (Rhône) qui vient s’installer à Lyon pour chercher fortune. 

 Son fils Blaise Denis né en 1667, marié à une dame Dimanche de Saint-Bonnet, maître ouvrier en soie à Lyon, fit fortune, et obtint la charge d’échevin de la ville de Lyon. C’est lui qui en 1737 fit l’acquisition de la seigneurie de Cuzieu et Unias, dont on ignore quels étaient les bâtiments déjà existants. Il est probable qu’il procéda à des aménagements du château pour lui, donner sa configuration de style XVIIIème siècle. Dans le même temps (1737), il acquit les domaines de La Coursonnière et des Gravières à Sainte Foy-les-Lyon, et passait l’hiver dans son hôtel particulier situé rue Sainte-Hélène à Lyon.

 En 1790, son fils Charles-Aimé-Ovide Denis de Cuzieu , écuyer, épousa à Lyon, Marie-Anne Berthelon des Brosses, unique héritière de la seigneurie et du château de Saint-Lager (près de Brouilly en Beaujolais). De ce fait, la famille Denis de Cuzieu s’établit dans ce château et délaissa celui de Cuzieu. Elle poursuivi une brillante carrière à Lyon et Sainte Foy. Mais cela n’empêcha pas Charles Denis de Cuzieu de procéder à l’acquisition de très importantes propriétés lors de la vente des biens nationaux en 1791 pour augmenter ses propriétés à Cuzieu et Unias. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures ; le grand escalier ; les pièces suivantes du rez-de-chaussée avec leur décor : le hall avec sa fontaine, la grande salle dite du billard, la grande chambre dite salon rouge, le salon dit salon vert, la chambre dite à camaïeux, le petit bureau, les fontaines de la salle à manger, les cheminées de la cuisine et de la bibliothèque au rez-de-chaussée et la grande pièce du premier étage au-dessus de la salle dite du billard : inscription par arrêté du 12 avril 1972. 

 château de Cuzieu 42330 Cuzieu

 

Château de Couzan

Le Château de Couzan est une forteresse médiévale perchée sur un éperon rocheux au-dessus de la rivière Lignon. L'ensemble comprend des tours de défense, des logements et diverses structures de fortification qui montrent comment était organisé ce bastion.

 La chapelle à l'intérieur montre comment la foi et la vie féodale étaient profondément liées. On peut encore voir aujourd'hui comment la religion marquait le quotidien de ceux qui vivaient entre ces murs.

 Les cachots de la tour et les quartiers du capitaine offrent de rares aperçus de la vie quotidienne de ceux qui vivaient ici. Ces salles bien conservées montrent comment les soldats et les officiers vivaient réellement pendant leur séjour à la forteresse.

 La forteresse a été construite au 11ème siècle et agrandie par la famille Damas en tant que résidence et bastion défensif. Au fil des générations, la famille a façonné la structure et le rôle du lieu.Le site est facilement accessible par les routes locales et se trouve sur une colline avec une belle vue sur la campagne environnante. Les visitants doivent s'attendre à des chemins inégaux et des escaliers, car ce sont des ruines éparpillées sur un terrain en pente. 

 Éléments protégés MH : les ruines du château de Couzan : classement par arrêté du 20 décembre 1890.

 château de Couzan 42890 Sail-sous-Couzan 

 Téléphone : 04 77 96 01 10

 

Château de Contenson

Non loin de Saint-Just-en-Chevalet, au fond d’un vallon charmant, où se marient deux rivières, le Boën et l’Aix, en face des ruines majestueuses d'Urfé, est assis le château de Contenson. Entouré de forêts qui s’appuient au nord, aux contreforts de la Madeleine, ce fier manoir est la résidence d’une vieille famille stéphanoise, les Bernou de Rochetaillée. Réédifié par elle dans le style de la Renaissance par l'architecte Guinot, avec ses tours, ses flèches élancées, ses lucarnes gracieuses, ses salons richement décorés, Contenson est aujourd’hui la demeure la plus luxueuse et la plus confortable de la province. On a conservé le donjon carré de l’ancien château, aux angles arrondis, qui datait du XVIe siècle. A l’intérieur, citons entre plusieurs merveilles, la cheminée de la salle à manger; la hotte et le manteau, de vair plein, rappellent les armes des Rochefort, que l’on trouve d’ailleurs sur la bretagne. Au centre de la hotte se détache le blason des Rochetaillée, surmonté d’un casque avec couronne de baron et supporté par deux lions. L’ancien château, qui a subsisté jusqu’en 1885 était flanqué de deux tours sur sa façade méridionale; au levant, une lourde construction carrée, qui avait l’aspect d’un donjon massif et écrasé, lui donnait la majesté seigneuriale du moyen-âge. L’une de ses salles, admirablement aménagée avec ses vieilles poutres de chêne, a été conservée et sert aujourd’hui de bibliothèque. Le château avait été reconstruit au XVIe siècle.

 Les premiers seigneurs de Contenson furent les d’Ogerolles. Nous trouvons, dans le cartulaire de Savigny, mention d’Arpert d’Ogerolles, en 1020, puis de Guillaume et Ponce d’Ogerolles, frères, en 1100. Rolland d’Ogerolles est choisi comme arbitre, par les moines de cette abbaye, en 1121. En mai 1291, Pierre d'Ogerolles, damoiseau, fils de feu Gaudemar, chevalier, pour subvenir au paiement de ses dettes, vend à Jean 1er, comte de Forez, pour le prix de 80 livres viennois, la moitié de son château de Feurs, avec toutes ses appartenances, cens, servis. Cette vente fut confirmée par sa femme, Sismonde, d’une famille chevaleresque, les Gauthier d’Antoine, dont un des membres, Gauthier II, fut évêque d’Autun (1189-1224). Après cette vente, les d’Ogerolles vinrent se fixer aux confins du Forez et de l’Auvergne, et construisirent sur un point culminant, un vieux manoir auquel ils donnèrent leur nom et dont il ne reste rien aujourd’hui. Guillaume d’Ogerolles, chevalier, seigneur de Saint-Polgues, rend hommage au comte, en 1320 et le 9 mai 1336, pour Contenson, grange, terres, prés, garennes, pêches, cours d’eau, etc. Guillaume d’Ogerolles, sans doute petit-fils du précédent, et fils d’Hugues, donna en 1374, tous ses biens à son neveu Guillaume du Verney, à la charge de prendre le nom et les armes des d’Ogerolles. Enfin Jeanne Boissonnelle, dame d’Ogerolles, porta Contenson par mariage, à Jean de Foudras, seigneur de Souternon. 

 Les seigneurs de Souternon et Courcenay allaient posséder Contenson pendant plus de trois siècles. Le 13 mars 1668, en l’hôtel de la Grande Custoderie, devant Plassier, notaire royal, François de Foudras, comte de l’Église de Lyon, agissant au nom de Gaspard de Foudras et de dame Marie d’Andelot, son épouse, vendait la terre et seigneurie d’Ogerolles et Contenson, à Jean de Charpin de Génetines, pour 50.000 livres et 1.000 livres d’étrenne. Presque aussitôt, l'acquéreur cédait Contenson à Jacques du Bessey, conseiller et maître d’hôtel du Roi. Ce dernier appartenait à une famille très ancienne dans la région, dont les armes sont d’azur à la croix de gueules chargée de cinq losanges d’or. Jacques du Bessey, écuyer, seigneur de Contenson, dont il rendit hommage le 15 avril 1671 "Et à l’instant le dit du Bessey estant comparu au bureau, désarmé, la teste nue, sans manteau et ayant mis les genoux en terre et ses mains jointes entre les nôtres, a rendu la dicte foy et hommage au Roy et a prêté devant nous, le serment accoutumé et selon les formes prescrites par nos ordonnances antérieures". Il avait épousé, le 22 novembre 1654, Claudine Gaulne, fille de Jean-Baptiste et de Jeannette de Vinols, et mourut le 31 octobre 1701, ayant eu André-Joseph, qui suit; 2° Jean-Claude, né le 14 novembre 1657, marié le 23 juillet 1701 à Jeanne-Ursule bavier; 3° Claudine, née le 8 septembre 1666; 4° Antoinette, née le 29 novembre 1667; 5° Françoise, née le 2 juin 1670, mariée le 24 janvier 1690, à Augustin du Lion; 6° Jean-Guy, procureur au Parlement de Paris, marié avant 1700, à Elisabeth Pageon; 7° Catherine; 8° Etienne-Just; 9° Marguerite, ursuline à Roanne.

 André-Joseph du Bessey de Contenson (1660-1711), écuyer, avocat en Parlement, capitaine-châtelain de Saint-Just, seigneur de Contenson, épousa, le 23 avril 1691, Marie-Genèse Darrot, fille de Gabriel et de Genèse Rigodias, dont Jacques-Just du Bessey de Contenson (1694-1754), seigneur de Contenson, conseiller au Parlement de Dombès, épousa, le 17 janvier 1721, Bonne-Simonne Joard, fille de Nicolas, seigneur de Montousse, et de Marguerite Bruerat, dont Nicolas-Genest du Bessey de Contenson, né le 16 avril 1722. seigneur de Contenson, dont hommage le 3o juillet 1767, épousa le 26 juin 1747, Louise-Elisabeth Mabiez de Malleval, fille de Nicolas-François, et de Jeanne de Poret, dont Jacques-Just, mort jeune, 2°Jacques-Just, qui suit; 3° Jean-Guy, né le 20 juin 1749; 4° Bonne-Simone, née le 15 juillet 1750; 5° Claire, mariée à Claude-Jérôme Mathé de Balichard; 6° Jeanne-Bonne-Louise, mariée le 18 février 1779, à Jean Jolyclerc; 7° Louise-Marie-Philippine, mariée le 10 décembre 1778, à Philippe-Emmanuel Arthaud de Viry, écuyer; 8° Louise-Marie-Philippine, mariée le 16 mai 1780, à Claude du Myrat; 9° Jacqueline, morte à 5 mois; 10° Jean-Marie, né en mars 1709; 11° Jacqueline-Claire-Benoite, mariée le 23 décembre 1784, à Louis des Ollières; 12° Jacques, né le 27 février 1767; i3° Jacques-Philippe, lieutenant des vaisseaux du Roi, chevalier de Saint-Louis, émigré à l’armée des Princes. Jacques-Just du Bessey de Contenson, seigneur de Contenson, maire de Saint-Just-en-Chevalet, épousa le 4 août 1780, Anne-Laurence Nicolau de Montribloud, dont Jean-Guy du Bessey de Contenson, marié le 28 juillet 1806 à Jacqueline-Marie Perroy de Sercy.

 De cette union il eut Louis du Bessey de Contenson, marié à Marie Terrasse de Tessonet, fille de Simon-Antoine et d’Anne Girard, dont Simon-Jean-Guy, baron de Contenson, marié, le 2 juin 1831, à Marie-Pauline Gouriez de Lamotte, fille de Charles-Maurice-Joseph, et d’Adèle-Georgette de Mesny, dont Louis; 2° Nancy, mariée le 31 janvier 1867, à Max Bernard de la Vernette-Saint-Maurice. En 1869, Louis du Bessey vendit Contenson au baron Camille de Rochetaillée, lequel mourut tragiquement à Lyon, d’une chute de cheval en 1888. Ses funérailles eurent lieu à Saint-Just, le jeudi suivant 24 mai, le cortège fut évalué à 6000 personnes. De Marie-Constance de Roçhefort il laissait une fille unique, Marie-Camille, née le 20 novembre 1883, mariée au prince Maurice de Broglie. De cette union est née une fille le 27 novembre 1909, la princesse Laure de Broglie. La famille de Broglie, originaire d’Italie, vint en France au XVIIe siècle et ne cessa de briller, dans l’armée comme dans les lettres, du plus vif éclat. L’un de ses membres, François-Marie, duc de Broglie, déploya une telle activité dans les guerres d’Italie, en 1733, que le bâton de maréchal de France lui fut octroyé, et que Louis XV érigea en sa faveur la baronnie de Ferrières en Normandie, en duché de Broglie. Son fils, Victor-François, duc de Broglie, fut créé par le Roi, le 1er janvier 1769, chevalier des ordres du Roi et le 16 décembre, il était maréchal de France. Le prince Maurice est le petit-fils du célèbre duc Albert de Broglie, le président du conseil du 16 mai, le fils du duc Louis-Alphonse-Victor de Broglie, né le 3o octobre 1846, le frère du prince Louis de Broglie, de la marquise de Luppé, et de la princesse Pauline de Broglie, mariée, le 17 octobre 1910, à M. de Pange. 

 Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château : inscription par arrêté du 29 octobre 1975. 

 château de Contenson 42430 Saint Just en Chevalet

   
(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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