Les protestants ayant pillé et ruiné Saint-Hilaire, les moines résolurent de s’en débarrasser. Le 1er décembre 1635, devant Deshayes, notaire à Charlieu, un acte fut passé en vertu duquel "haut et puissant seigneur, révérend Père en Dieu, messire Claude de la Magdelaine et Ragny, seigneur prieur de Charlieu, évêque d’Autun, prenant en considération que la grande quantité de bâtiments dépendant de ladite maison seigneuriale de Charlieu, ne se peut entretenir qu’avec des frais très grands, et qui absorbe presque le revenu de la dite seigneurie et pour décharger icelle du soin dudit entretien et empêcher que ladite maison et château de Saint-Hilaire, ne tombe en ruines et puisse profiter à ladite maison seigneuriale de Charlieu, à ces causes de son bon gré et libre volonté a remis et transporté comme par ces présentes il remet et transporte à titre d’emphytéose perpétuel, irrévocable pour lui et ses successeurs audit prieuré, à messire Jean-Baptiste Farjot, conseiller du Roi et lieutenant criminel en l’Election de Lyon, à savoir ladite maison et château de Saintt-Hilaire, consistant en maison haute, moyenne et basse, tours et donjons, cour close; pont-levis, fossés, jardin, etc, et tout ainsi que la dite maison se comporte, laquelle maison et château depuis longues années et depuis les troubles a été et est tombée en ruines, à la réserve sur lesdits fonds et maison, par ledit seigneur de la totale justice et droits de dîme et censive et de tous droits de lods et retenues féodales et censivales, suivant la coutume du lieu. La présente remise par bail emphytéotique et perpétuel, faite pour et moyennant le prix de 30 livres de rente annuelle et perpétuelle, et directe et censive".
Jean-Baptiste Farjot, qualifié plus tard d’écuyer, conseiller et maître d’hôtel du Roi, chevalier et capitaine du guet de la ville de Lyon, portait d'azur à trois larmes d’argent. Il restaura la demeure délabrée, c’est à lui qu’est due la belle décoration du salon. Tout autour de cette pièce règne une frise charmante à laquelle M. Grizard a rendu son charme et son éclat. Le peintre naïf, chargé de cette décoration, a représenté dans une suite de cartouches perdus dans un entrelacement de feuillages à la courbe légère et gracieuse où la grenade se mêle à des fruits imaginaires, tout un roman d’amour. Il est tragique ce roman. Après avoir assisté au duel que se livrent deux rivaux, on voit l’amante pleurant sur la tombe du bien-aimé qu’a trahi le sort des armes. Comme épilogue, deux cœurs enlacés s'envolent vers le ciel. On le voit, l’ensemble est charmant, d’ailleurs rien n’est changé dans ce salon, mêmes tentures, même cheminée monumentale en pierre aux fines moulures. Les meubles eux-mêmes sont encore là et les tapisseries aussi; un plafond à la française aux solives de chêne, complète harmonieusement la salle. Après la mort de Jean-Baptiste Farjot, le château de Saint-Hilaire passa à Claude-François du Beck, chevalier, seigneur de la Mothe. Son fils, Louis du Beck, chevalier, seigneur de Chambon et la Mothe-Saint-Hilaire, le légua vers 1746 à sa fille Renée, qui épousa Pierre-François de Rochefort. Camille de Rochefort, leur fils, seigneur de Beauvoir, s’en dessaisit le 14 novembre 1768, devant Mondon, notaire, en faveur d'André Alex, notaire et procureur ès cour de Charlieu. Depuis, la terre et le château ont passé par alliances successives dans les familles de Laronzière, Pochin et Grizard. C’est à MM. Grizard et Léon de Noury, son gendre, que l’on doit les intelligentes restaurations qui ont rendu à ce manoir gothique toute sa splendeur passée.
Éléments protégés MH : le grand salon avec son décor peint : inscription par arrêté du 16 novembre 1989.
château de Saint Hilaire 42190 Saint-Hilaire-sous-Charlieu

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Donner votre avis sur ce château