Les corps de logis adossés aux courtines, mais aujourd’hui détruits, ne prenaient jour que sur la cour intérieure, et un escalier droit, réservé dans l’épaisseur des murs, conduisait aux étages du donjon. Chacun de ces étages n’a qu’une seule salle, éclairée d’une ou de deux baies étroites, prises dans les minces parements de façades de larges embrasures, qui sont voûtées en berceau brisé et garnies de bancs latéraux en pierre. Les formes de ces ouvertures sont toutes variées; baies ogivales sans linteau, baies à linteaux carrés, les uns pleins, d’autres ajourés d’un quatre feuilles et tous déchargés à la bourguignonne, par l’arc brisé d’un ébrasement extérieur. Une vaste cheminée du premier étage, visiblement encastrée après coup dans l’ancienne maçonnerie, est un ouvrage de la Renaissance avec décoration de volutes, mais une salle supérieure a conservé sa curieuse cheminée du XIVe siècle, en faible saillie de trente centimètres, sur la paroi, sans pieds-droits, et dont le manteau, d’un seul bloc de deux mètres de longueur, repose sur deux corbeaux massifs à redents et très larges chanfreins Le chanfrein est d’ailleurs la seule moulure adoptée dans l’édifice, notamment sur les lèvres des croix des archières évidées dans une dalle de pierre d’une seule pièce. Etrange par son aspect de forteresse, étrange par son étonnante conservation et son curieux système défensif, ce castel de Montrenard est un sphinx qui a gardé depuis cinq siècles le secret de ses nombreuses vicissitudes. Aussi la légende s’en est-elle emparée; s’inspirant de la présence de ces curieuses croix pattées caractéristiques de l’austère édifice, elle en a fait une résidence de Templiers.
Montrenard était une terre libre qui ne releva jamais d’aucun suzerain. Les premiers seigneurs de Montrenard en portaient le nom et avaient des armes parlantes: de gueules au renard montant d’or. Jean de Montrenard épousa Hélinos de Trezettes, d’où Marguerite, femme d’Antoine de Feugères, et Guillaume de Montrenard, qui épousa Marguerite de Charlieu, des seigneurs de Jarnosse, qui lui apporta le fief de la Place. Il rendit hommage de ses biens le 27 septembre 1400; un autre aveu porte la date du 14 février 1402. Le 10 août 1407, Guillaume obtint du duc de Bourbon, Louis II, des lettres par lesquelles le duc défend à ses officiers de troubler ledit Montrenard dans la jouissance de ses droits sur les ports d’Aiguilly et Pouilly, sur la rivière de Loire, voulant qu’il en jouisse, comme ses ancêtres ont toujours fait. Le 9 avril 1408, Marguerite de Charlieu est veuve et rend hommage de la Place. Elle lui avait donné Louis; Jean, échanson du duc Louis II, et Marguerite, mariée à Amphore de Saint-Haon. Louis de Montrenard, seigneur dudit lieu, fit un aveu de ses biens au duc de Bourbon, le 27 janvier 1426, et rendit hommage de Montrenard, le 9 décembre 1441. Il épousa Jeanne de Chandée, dont Gaspard et Jeanne. Gaspard de Montrenard est mentionné dans un acte concernant Edouard de Damas, seigneur de la Basole, son beau-frère, ce qui laisserait supposer qu'il avait épousé une Damas.
Joachim de Montrenard, qui lui succéda, avait épousé Renée de Chavannes, fille de Jean, seigneur de Saint-Sulpis et de Claudine de Lancy. Guillaume de Montrenard rendit hommage de Montrenard, le 8 juillet 1539, et Louis de Montrenard, le 3 avril 1549; l’année même où ses biens étaient vendus par décret. Un blason retrouvé à Pouilly porte en parti, les armes des Montrenard et celles des Sainte-Colombe, et d’autre part, en 1588, c’est Claude de Crémeaux, époux de Jeanne de Sainte-Colombe de l’Aubépin, qui est seigneur de Montrenard. Les Sainte-Colombe ont donc très probablement possédé Montrenard, au XVIe siècle. Le 26 avril 1601, Philippe d’Apchon est seigneur de Montrenard et en donne le dénombrement. Il acquiert des droits de justice, le 9 décembre 1603, puis les marquis de Rébé l’acquirent des d’Apchon. Jacques de Rébé en rendit hommage le 4 mai 1691. Montrenard appartint ensuite à Jacques Chevalier, conseiller du Roi, dont la fille Philiberté, le porta par mariage à Joseph du Montet, seigneur des Bassets, qui précéda les Michon de Vougy qui en étaient encore seigneurs en 1789. A M. Victor Roux de Nandax a succédé son neveu M. Louis Roux au commencement du XXe siècle.
Éléments protégés MH : le château de Montrenard en totalité: inscription par arrêté du 15 avril 1935.
château de Montrenard 42720 Pouilly-sous-Charlieu

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