La famille Rousselet, à laquelle appartient François-Louis Rousselet (1637-1716) vice-amiral de la marine royale et maréchal de France, reste propriétaire du marquisat jusqu'au milieu du XVIIIe siècle époque à laquelle il passe par mariage dans la famille d'Estaing. Le château est ensuite la propriété des filles de Marie Sophie Rousselet et de Charles Henri d'Estaing: Sophie Gabrielle d'Estaing, épouse de Louis de Barrairon, et Marie Catherine Louise d'Estaing, épouse de Charles Belland. En 1822, le château passe par héritage à la famille Calmon. Un incendie détruit une partie du château en 1907. En 1947, la municipalité envisage l'acquisition de l'édifice pour y installer la mairie. M. Calmon, propriétaire du château, propose alors de donner le logis et la donation devient effective en 1948. Les services municipaux s'y installent en 1962. En 1982, la municipalité acquiert les communs, le donjon et le parc restés jusque-là propriété de la famille Calmon. Un nouvel incendie d'origine criminel touche le château en juillet 1991 et détruit notamment une partie des archives et un tableau d'André Bauchant.
Le site du château s'est développé sur un plateau rocheux au confluent de la Brenne et du Gault. On pénètre sur la terrasse par l'est, en franchissant une porte fortifiée. Au nord de la cour, se développent les communs. Le logis seigneurial occupant l'angle sud-ouest est construit à l'aplomb du coteau. L'aile qui prolongeait le logis nord-ouest, détruite par un incendie, où se trouvait la chapelle primitive, a été conservée à l'état de ruine. Le parc et le donjon sont situés au nord des communs. Le donjon, contemporain de la tour du Brandon à Athée-sur-Cher (37) et de la tour de César à Châtillon-sur-Indre (36), est construit sur un tertre artificiel circulaire, ceint d'un mur de soutènement à contreforts. Haut d'une vingtaine de mètres, le donjon cylindrique présente une élévation légèrement conique. Il est construit en moellon (tuffeau, grès, silex) et pierre de taille pour l'encadrement des baies. Au premier étage, le diamètre intérieur est de neuf mètres et les murs ont une épaisseur de trois mètres.
L'accès au donjon se faisait grâce à une petite porte située au premier étage côté sud qui devait être accessible depuis l'extérieur par une passerelle placée sur la crête du talus d'enceinte. Cette porte montre des montants externes, sommés de consoles moulurées portant un linteau en bâtière. L'arrière-voussure de cette baie a conservé un lattis recouvert d'enduit. A l'intérieur, il était divisé en cinq niveaux. Des bandeaux en pierre en légère saillie devaient servir à renforcer sa solidité. Malgré cela, une partie de l'édifice, côté nord, s'est effondrée à la limite du XVIIIe siècle et du XIXe siècle. Le premier étage possède une petite baie en plein cintre mais n'était pas doté de cheminée. Le deuxième étage possède les vestiges d'une cheminée, trois baies en plein cintre, et une ouverture ogivale qui semble être la porte d'accès d'un couloir ménagé dans l'épaisseur du mur. Le troisième étage est percé de deux baies dont une à arc brisé et comporte une cheminée. Le dernier étage est presque totalement détruit.
Éléments protégés MH : le donjon du XIIe siècle : inscription par arrêté du 12 octobre 1942. Le château et ses dépendances (à l'exception de son annexe ouest), y compris la porte du XVIIe siècle remontée dans cette annexe : inscription par arrêté du 16 septembre 1949.
château de Château-Renault 37110 Château-Renault

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