Les documents concernant les bâtiments sont moins prolixes : on sait cependant que le château fut envahi et saccagé en 1645 par noble Gondin-Servezanne, co-seigneur de Saint-Quentin puis en 1792 et 93. Un lavis conservé au château montre l'ensemble en 1783 : on y voit les bâtiments aujourd'hui détruits au sud-ouest (de part et d'autre de la grosse tour) et l'aile Est jouxtant la petite tour sud-est ainsi que le toit en pavillon (aujourd'hui disparu) de la tour sud-ouest. Des travaux importants furent réalisés à partir de 1839 par Jules de Pougnadoresse jusqu'à sa mort en 1865 puis par son fils Joseph qui mourut en 1875 et ils sont bien documentés par les notes rédigées à ce moment là et conservées dans les archives du château : il s'agissait de remettre la galerie dans son état primitif et créer une terrasse au-dessus, de compléter l'étage au dessus de la chapelle et le relier à l'escalier central, de réaménager les chambres au-dessus de la salle à manger et les desservir par un couloir, de refaire le portail en bois (1849) avec la montée caladée et le passage au-dessous, de refaire le mur fermant la plate-forme nord en 1856 (créneaux refaits), de creuser un puits dans la première cour, transformé ensuite en citerne, de construire le caveau de famille, d'aménager les fausses braies avec plantation d'arbres. Les travaux interrompus par la mort de Joseph reprennent avec son fils Georges qui fait reconstruire la terrasse au-dessus de la galerie en 1883 ; construire une citerne dans la deuxième fausse-braie en 1891 ; creuser un puits dans la première fausse-braie en 1896 ; restaurer complètement le grand salon en 1901 (cheminée en marbre blanc) ; restaurer complètement l'aile du château face au portail en 1908 (murs et toitures repris, chapelle devenue salle de billard, chambres réaménagées au-dessus avec un couloir, idem au dernier étage, mur construit le long du rocher...) et aménager une chambre pour le cocher dans la tour du pigeonnier en 1910.
En 1911 la foudre tombe sur le château, faisant de gros dégâts. En 1925, le bâtiment Sud est démoli à l'exception des caves qui furent recouvertes d'une dalle en ciment. En 1940, le bâtiment abritant la magnanerie est détruit pour y installer le garage. Les murailles intérieures ou courtines (séparées des remparts extérieurs par les fausse-braies), bien que reprises à diverses époques, sont d'origine médiévale (repérable par l'emploi du calcaire). Les remparts extérieurs avec les tours d'angle paraissent plus tardifs mais il est difficile de les dater précisément. Ils sont essentiellement construits en moellons ocres d'origine locale avec en réutilisation quelques pierre en calcaire blanc. Coté nord, compte tenu de la situation géographique très abrupte, il n'y a pas de double enceinte : l'habitation qui forme l'angle nord-ouest et à l'opposé la tour carrée qui cantonne la plate forme au nord-est sont aussi d'origine médiévale. Le mur d'enceinte qui les joint est bâti directement sur le rocher mais les créneaux datent de 1856. D'autres blocs de grés ocre se retrouvent coté est jusque dans la maison de maître. L'ensemble est bâti en pierre locale ocre mêlée au calcaire sauf la tour ronde du sud-ouest qui est entièrement appareillée en pierre calcaire (à l'exception des dernières assises). De même, le mur nord de l'habitation est construit majoritairement en calcaire et l'angle nord-ouest (correspondant à l'actuel salon) présente des pierres de calcaire en bossage. L'entrée se fait au sud et menait à un pont-levis qui a aujourd'hui disparu. Le portail inclus dans une tour carrée bâtie en calcaire porte les armes des seigneurs de Pougnadoresse (pierre remise en place au XIXe) et a conservé deux meurtrières mais les échauguettes visibles sur le lavis datant de 1783 ont disparu.
L'habitation quadrangulaire était cantonnée de deux tours rondes au sud mais suite à diverses destructions, ces tours reliées par un mur d'enceinte se trouvent isolées du bâtiment. Celle du sud-ouest dite la grosse tour (mentionnée dans la charte de 1156) est la partie la mieux conservée : elle a gardé son appareil régulier de calcaire mais les meurtrières ont été reprises. Son toit en pavillon visible sur le lavis de 1783 a disparu. Elle est couverte d'une voûte en arêtes et conserve au rez-de-chaussée une glacière qui était déjà mentionnée dans une charte de 1156. Grâce au dénivelé du terrain, celle ci est accessible au niveau de la fausse braie. La tour sud-est, plus petite, est presqu'entièrement bâtie en moellons avec quelques blocs appareillés de calcaire en remploi : elle paraît avoir été reconstruite au XVIIe siècle pour la symétrie. La tour carrée de l'angle nord-est a conservé sa base en pierre calcaire et elle est séparée de l'habitation par des rochers et un espace dit plate-forme. La partie la plus ancienne (avec la tour ronde) paraît être l'angle nord-ouest qui devait former une tour carrée auxquels des habitations ont été accolées. On repère facilement les angles appareillées de cette tour qui ont conservés de nombreuses pierres en calcaire et à bossages telles qu'on les trouve dans la région fin Xlle-début XlIIe siècle. Le mur ouest a conservé de nombreux arcs de décharge dont certains sont bien appareillés mais l'ensemble a été repris au cours des siècles, ce que la qualité des pierres employées montre car la construction primitive devait être en calcaire. Les baies ont été agrandies mais il reste deux demi-croisées coté ouest.
Le château a du être reconstruit par la famille Le Chantre après le saccage de 1645 et l'habitation a été très reprise au XIXe siècle à l'exception de la tour de l'escalier en vis dont l'entrée date de la reprise du XVIIe siècle. Les pierres à bossages visibles en partie haute de la tour paraissent en remploi. Cette tour d'escalier fait la jonction entre le corps de bâtiment ancien à l'angle nord-ouest et une aile plus récente située face au portail et entièrement reprise au début du XXe siècle (chapelle devenue salle de billard). La salle à manger, dans l'angle nord-ouest, a été reprise au XIXe siècle et le salon voisin en 1901 (cheminée de marbre blanc et décor de feuillage). L'ancienne chapelle de proportion romane présente une nef unique de deux travées bordées d'arcades en plein cintre formant des sortes de chapelles latérales et une abside semi circulaire plus basse ; elle a conservé en partie ses enduits : une litre funéraire noire est encore bien visible mais elle a été en partie recouverte par un lait de chaux et un décor d'époque moderne (drapés, tête d'angelot et inscription Ave Maria au dessus d'une niche qui devait contenir une statue de la Vierge), motifs circulaires soulignant l'arc triomphal. Malgré ces modifications, l'ensemble reste impressionnant, surtout les courtines, avec la tour sud-ouest et la construction sur le rocher, coté nord ; de plus cet ensemble castrai est important par son histoire liée à la même famille depuis 1550 et assez bien documentée. Ont été faits en 2000, des travaux de confortation de la grosse tour, du rempart ouest ainsi que de la tour nord-est. Auparavant, vers 1994, des travaux avaient été faits sur la tour du pigeonnier au sud-est.
Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château avec son terrain d'assise et toutes ses fortifications dont la tour cylindrique sud-ouest en totalité ainsi que l'ancienne chapelle en totalité : inscription par arrêté du 29 juillet 2011.
château de Pougnadoresse 30330 Pougnadoresse

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