
La colline d'Aubais a été fortifiée de bonne heure, puisqu'un castrum y est déjà mentionné en 1179. Au treizième siècle, cette seigneurie appartenait aux Langussel, puis aux Narbcnne-Pelet ; Jeanne de Pelet l'apporta en 1380 à Bermond d'Anduze, à qui succéda la longue lignée des Bozène. Du temps des Bosène, l'élection des syndics du village se faisait devant le château, d'après un document de 1440 qui se rapporte évidemment à l'ancien château-fort, dont il reste encore quelques parties, avec une tour ronde. La dernière héritière des Bosène porta ce domaine à du Faur, son mari, puis Marguerite du Faur, dame d'Aubais, fit entrer cette seigneurie, pour plus de deux siècles, dans la maison de Baschi, en épousant Balthazar de Baschi du Cayla, dont le second fils, Louis, est l'auteur de la branche des Baschi d'Aubais. Louis de Baschi épousa en 1614 Anne de Bochenore; son fils Charles, qui lui succéda, épousa en 1640 Marguerite Causse; puis vient un autre Louis, époux en 1673 d'Anne Boisson, mort en 1703; puis un autre Charles, marié en 1716 à Diane Rosel, héritière d'un titre récent et d'une grande fortune...
Louis II de Baschi du Cayla, lieutenant général du roi, sera le principal reconstructeur du château, entre 1680 et 1685, date à laquelle il dut abandonner les travaux pour émigrer du fait de sa religion protestante. Il confia les travaux à Gabriel Dardalhon, maître-architecte de la ville de Nîmes, selon les plans de Pons Alexis de la Feuille, ingénieur du roi. C'est à lui que l'on doit l'extraordinaire escalier monumental, qui occupe tout un pavillon, et autour duquel s'ordonnancent les ailes. Cet escalier était admiré des contemporains, dont Vauban lui-même, et il est célébré dans tout le Languedoc comme une performance et, parla finesse de ses détails. Une autre campagne de travaux fut menée vers 1730 par l'érudit Charles de Baschi, marquis d'Aubais ; elle concernait une vaste et superbe bibliothèque, disparue, ainsi qu'une grande écurie. Le château fut malheureusement incendié en avril 1792 par les révolutionnaires, puis vendu, et morcelé en plusieurs dizaines d'unités de propriété. Extérieurement, le château d'Aubais, malgré ses parties ruinées, développe une écriture sévère et colossale : parements lisses, chambranles sans moulurations, décors sommaires, en contraste avec une partie centrale plus riche, dont l'entablement présente des motifs inspirés des modèles gallo-romains de Nîmes. La lourde corniche a gardé, par endroits, son décor. A l'Est, le château donne de plain-pied sur la place du village, ancienne cour d'honneur, tandis que du côté opposé, la pente a permis la création d'un étage supplémentaire de soubassement et présente des jeux de niveau. A l'intérieur toute la distribution était imposée par le fameux escalier de quatre vingt huit marches et 25 mètres de haut, qui révèle une structure étonnante, riche en arcs, en clés pendantes. Les volées sont droites, doubles, à montées successivement divergentes, parallèles, puis convergentes autour d'une volée centrale unique. Une audacieuse voûte plate de onze mètres de portée soutient le palier du haut. La partie supérieure est ornée de niches finement sculptées et le départ de l'escalier est sculpté en coquille. Le pavillon domine les bâtiments rectangulaires qui l'encadrent ; il était autrefois terminé par un dôme surmonté d'un lanternon, disparus. A tous les niveaux, les détails d'architecture sont particulièrement soignés.
Éléments protégés MH : le corps de logis principal du château avec sa terrasse ouest et son mur de soutènement ainsi que le rez-de-chaussée des ailes en retour : inscription par arrêté du 18 mai 1998. Le pavillon central abritant l'escalier monumental : classement par arrêté du 8 mars 2010.
château d'Aubais 30250 Aubais
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