Philibert de l'Orme a imaginé pour les différents corps de logis un décor architectural original. La partie centrale de la façade principale est constituée par un beau portail où, pour la première fois, chaque étage est marqué par des colonnes d'un ordre différent : dorique, au rez-de-chaussée, ionique au premier et corinthien au second. Ce dernier étage est occupé par la statue du Sénéchal auquel Diane, indique une inscription latine, a dédié le monument. Les fenêtres divisées par des meneaux de pierre sont surmontées de frontons alternativement triangulaires et curvilignes. De grands cénotaphes très ornés terminent les souches de plusieurs cheminées, et divers monogrammes de Diane, de son époux et du roi Henri apparaissent, entrelacés de palmes et de croissants dans les motifs ajourés des balustrades, bordant les terrasses au-dessus des fossés de chaque côté du portail. Il est aisé d'imaginer ce que peut être dans un tel cadre les intérieurs raffinés aux baies garnies de vitraux en grisaille peints sans doute par Jean Cousin, aux pavements de petits carreaux émaillés verts, dus au céramiste Abaquesne, aux murs tendus de tapisseries précieuses, aux plafonds à caissons peints et dorés. Le mobilier est à l'avenant : lits à colonnes, cabinets et coffres à la décoration fleurie. Vaisselle, orfèvrerie, livres aux reliures mosaïquées, miroirs et verreries de Venise, soieries brocarts, tentures, toutes aux initiales de Diane, non seulement le château peut rivaliser avec les plus magnifiques résidences princières ou royales, mais il se présente comme une œuvre exceptionnelle qui suscite une immédiate renommée. Désormais les réceptions et les fêtes vont se succéder au château d'Anet, en y amenant la cour entière et retenant le roi dans l'enchantement. Diane assiste au déchaînement de la guerre entre Catholiques et Protestants, amie des uns, haïe des autres. Elle pense aussi à la mort et, en 1565, à Limours, elle dicte son testament dans lequel elle institue de nombreuses fondations pieuses et demande que soit construite à Anet une chapelle pour abriter son tombeau.
Elle trouve encore la force d'aller en Dauphiné, mais, de retour au château d'Anet, elle est atteinte à la fin de l'hiver d'une brusque maladie et elle meurt le 25 avril 1566. Selon son désir, et pour abriter son tombeau, magnifique œuvre de Pierre Bontemps, sa fille Louise de Brézé, Duchesse d'Aumale fit élever près du château une chapelle funéraire qui vient d'être restaurée. Au XVIIe siècle, le château d'Anet appartint aux Ducs de Vendôme qui y apportèrent de profonds remaniements, l'escalier d'honneur fut construit par Desgots en 1680, et le pavillon du Gouvernement, le canal fut creusé à cette époque sur des plan d'André Le Nôtre. Au XVIIIe siècle, la Duchesse du Maine, et ensuite le Duc de Penthièvre y menèrent grand train. La Révolution et les années qui suivirent, faillirent amener l'anéantissement du château d'Anet. Confisqué, vendu comme bien national, il fut d'abord mis à sac, puis les démolisseurs s'attaquèrent à l'édifice, le corps du logis central et l'aile droite furent détruits. A partir de 1840, commence l'ère des restaurations. Cinq générations de propriétaires appartenant à la même famille ont réussi, avec patience, à rendre à ce domaine une part de sa splendeur d'autrefois.
Éléments protégés MH: le château et toutes les parties bâties et non bâties du domaine l'accompagnant, avec tous leurs aménagements, y compris les installations hydrauliques : classement par arrêté du 25 mars 1993.
château d'Anet 28260 Anet
Téléphone : 02 37 41 90 07

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