En juin 1366, Philippe le Hardi envoie Gaudri de Baleure, Huguenin de Blangy et Tassin le Bougre, avec une bonne garnison, pour protéger le château de Thil. Le 10 novembre 1366, comptes de Guillaume de Clugny, bailli d'Auxois. "A Charboneau de Semur pour porter lettres closes à Til, à la Moute de Toisey, à Misery, à Mont Saint Juhan, à Charny, à Arconcey, Arné, à Bouhes, à Chastelnuef, à Poilley, à Grant Champ, à Aguillei, à Saint Buri, à Saint Thibaut et à Lée d’Avrés à pluseurs nobles seigneurs des forteresses, de faire bon gait et bone garde et auxi pour porter mandement overs pour faire crier de par le roi notre sire et de par Monseigneur le duc que nuns nobles ne partissient du pais ne du royaulme de France : V gros". En 1404-1410, requête au duc par Guillaume, seigneur de Châteauvilain et de Thil, chevalier, son chambellan, portant qu'en 1391, le feu duc ayant fait mettre par le bailli d'Auxois sa main en la terre et châtellenie de Thil lors appartenant à feu Monseigneur Jean son père, seigneur de Thil et de Châteauvilain, lequel bailli commit au gouvernement de la terre Guiot de Maligny qui la gouverna pendant deux ans, et depuis l'an 1396 la terre fut encore saisie sur ledit Messire de Châteauvilain qui était malade, et ce faute de dénombrement de ladite terre, et en fut capitaine Robert de Grancon, écuyer ; supplie de faire cesser les poursuites et qu'on lui rende les comptes de Messire de Maligny.
Registre des délibérations du conseil ducal en 1424. Commission donnée par le conseil à Jacques de Courtiambles de visiter le château de Thil, de reconnaître les réparations qui y sont nécessaires, et d'imposer pour y constribuer les habitants de Brianny, Roilly, Chenaut, Marcigny, Fontangy, Chausserose, Sainte-Segros, Montlay, Juillenay, Aisy, Vic-sous-Thil, Précy, la Maisons-Dieu, Thil-la-Ville, le Brouillart, retrayants de ce château appartent à Bernard de Châteauvillain. Information en 1439 contre les seigneurs de l'Auxois qui ont favorisé les écorcheurs. Thil-la-Ville fut aussi préservée en faveur du seigneur du lieu. Le 26 août 1460, au registre du syndicat de la chambre des compte, accord entre les gens des trois états au sujet des fortifications (les 29 représentants de la noblesse semblent les possesseurs des principaux châteaux) Jean, seigneur de Châteauvillain, Grancey et Til. En 1461, "Thil et la maison Dieu, ou il a chastel fort, est a M. de Chastel Villain. Prissey sous Thil, au même. Thil la Ville et le Ruault, au même, et sont les hommes sers, taillables et mainmortables". Archives de Semur : " le dit jour 25e octobre 1589, comme les ditz magistratz estoyent assemblés en la dite chambre, ils ont receu advertissement certain que la nuict de ce dit jour, le chasteaul de Thil en Auxois a été surprins par aulcungs tenantz le party contraire au roy, estant de la Ligue, chose important beaucoup à ladite ville et au pays. De quoy incontinant ils ont adverty le sieur de Cypierre, commandant en ce lieu, pour y pourvoir de par après. Et soient les ditz magistratz employéz à départir la ville par quartiers et dresser des expériences pour en cas d'allarme ou force, se rendre aux ditz quartiers pour la tuition et deffense et résister aux incursions de ceulx qui vouldroient attempter à lad. ville, affin de la conserver soubz l'obeyssance du roy et sur ce faict estroictes ordonnances ès habitans d'icelle".
Le château en ruine fut pris par le comte de Tavannes en mai 1591. En 1596, reprise de fief par Jehan de Conigham, écuyer, seigneur d'Avirey-le-Bois, et Pierre de Conygham, écuyer, coseigenur d'Arcenay, frères, neveux et héritiers de Pierre de Conigham, écuyer, coseigneur d'Arcenay, de tout ce que leur oncle possédait dans l'étendue de la baronnie de Thil. Le seigneur et Léonard Regnard, capitaine du château étant absents, les deux frères ayant déceints leur épées, ôté leurs éperons et fléchissant les genoux et prenant en main la chaîne du pont-levis, firent les solennités accoutumées et en demandèrent acte. Le 3 octobre 1596, traité de mariage passé au château de Thil en Auxois par le fils d'honorable homme Léonard Regnard, capitaine commandant audit châtel. Dénombrement en 1645 par Pierre de Sayve, sire et Baron de Thil "déclaration que donne et représente au Roy et à nos seigneurs de la chambre des comptes à Dijon Pierre de Sayve, sire et baron de Thil, gouverneur pour le roy de la ville de Flavigny et baronnie de Thil... au parlement de Dijon sur dame Alphonsine de Gondy et Messire Charles de Marcilly de fils, mouvant du fief du roy à cause de son duché de Bourgogne, de laquelle il a ci devant fait la déclaration de fief en la dicte chambre. Lequel dénombrement contient les droitz tan de justice censes rentes et autres apertenant à la dicte baronnie, soulz protestation qu’il faict dajouster ou diminué au dit dénombrement et qui viendra cy après à sa congnoissance. Premièrement le château et maison fort du dit Thil composé de donjon, basse cour, fossez et faulses brayes avec le jardin. A la droict d’establir, nommer et instituer un capitaine au dit château du Thil pour la garde d’Iceluy ensemble le droit de garenne par toute la dicte terre et bois et plaine". En 1869 : ancien manoir féodal de Thil, détruit.
Le château est composé d'une grande enceinte polygonale. L'accès à la cour nord se fait par un pont-levis, actuellement à l'état de traces, flanqué au nord par le bâtiment seigneurial, et au sud par un important bastion en ruine. Le chemin d'accès contourne ensuite le bâtiment seigneurial à main droite et y donne accès par une poterne à l'est. Ce bâtiment pourrait être décrit comme étant composé de huit corps de bâtiments autour d'une cour carrée : les bâtiments les mieux conservés se trouvent à l'est ; il s'agit de deux tours dominant les angles nord-est et sud-est de la cour, entourant la poterne d'accès à cette cour. La tour nord-est, de plan carré, est arasée au dessus du premier étage ; elle est bâtie en grand appareil ; le rez-de-chaussée est ouvert sur la cour d'une porte plein-cintre soulignée d'un tore outrepassé. Le premier étage est équipé d'une cheminée aménagée dans l'épaisseur du mur est, de deux fenêtres à coussiège à baie rectangulaire et à ébrasement voûté d'un arc brisé, et d'une porte haute qui desservait une galerie entre les deux tours orientales. La tour sud-est est accotée à une tour de plus faible surface au sud, avec laquelle elle forme l'actuel corps de logis à trois étages, ouverts de fenêtres tardives et restaurées à l'ouest, desservis par un escalier en vis demi-hors-œuvre sur la façade ouest, à la jonction des deux tours. La moitié sud est la plus ancienne, comme l'atteste ses cheminées à corbeaux chanfreinés ; elle est ouverte de baies rectangulaires tardives sans moulure. La moitié nord est équipée de cheminées gothiques de la fin du XVe siècle, et de croisées à congés. Les quatre bâtiments qui occupaient le sud, le sud-ouest, l'ouest et le nord-ouest de la cour sont quasiment effondrés. Au sud se trouvait la chapelle : on en voit encore le sol dallé et les deux piliers centraux représentés sur la gravure de 1828. Au sud-ouest, le bâtiment qui dominait l'entrée de la basse-cour est arasé jusqu'à hauteur d'appui. Il est flanqué au milieu du côté oriental par un bâtiment dont le rez-de-chaussée était voûté d'arête, dont les nervures s'amortissaient sans chapiteau sur les piliers centraux octogonaux. Le bâtiment de l'angle nord-ouest a gardé son rez-de-chaussée, voûté d'arête lui aussi, mais avec un chapiteau octogonal identique à ceux de Talant (datés de 1207). En saillie sur la façade ouest se dresse l'impressionnante tour de guet, dont les quatre étages sont percés d'archères droites flanquant l'entrée, et couronnée d'un étage de tir à baies rectangulaires. La cour était fermée au sud par un huitième bâtiment dont ne demeure que le mur de courtine, en élévation sur une hauteur de 2 étages, percé de baies rectangulaires et de fenêtres à meneau avec linteaux trilobés. Ce mur est soutenu au sud par deux contreforts, dont l'un supporte encore le culot d'une échauguette. À l'extérieur du château, entre l'enceinte et les talus de la butte, a été aménagé un fossé sec doublé d'une levée externe, dont la dénivellation totale est partout proche de six mètres.
Éléments protégés MH: le château de Thil (ruines) : classement par arrêté du 12 septembre 1905.
château de Thil 21390 Vic-sous-Thil
Téléphone : 06 08 23 24 19

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