Actuellement le bâtiment forme un U. L'espace central est occupé par la galerie Renaissance remontée sur un soubassement. Elle masque un remarquable jardin d'hiver, coupant l'habitation en deux. L'aile droite, encadrée par une tourelle et la curieuse tour aveugle surmontée d'un lanternon, autrefois un temps isolée du reste des bâtiments, est une composition de la fin du XIXe siècle à partir d'éléments décoratifs en partie récupérés sur le corps de logis anarchiquement remonté. Seule la galerie du rez-de-chaussée est une pure invention, ainsi que les souches de cheminées. L'aile qui lui fait face comporte le porche de l'ancien château, réutilisé, couronné par un crénelage moderne, flanqué d'un gros pavillon couvert d'ardoise, aussi composé à partir d'éléments disparates. Seules les trois façades s'organisant autour de la cour centrale comportent des éléments Renaissance. Toutes les façades externes sont une pure invention de la fin du XIXe siècle s'inspirant avec plus ou moins de bonheur des restes anciens. L'exubérant décor sculpté d'Usson portant les millésimes de 1536, 1540 et 1548, soulève encore les passions quant à son interprétation. Certains y ont vu une influence directe de l'église voisine de Lonzac, bâtie à partir de 1515. Le vocabulaire décoratif d'Usson est plus varié. La galerie avec ses proportions anormalement écrasées trahit une certaine naïveté d'interprétation des modèles antiques. Son couronnement de créneaux et merlons symboliques annonce un style particulier aux Charentes, au XVIIe siècle. Dais ouvragés abritant des figures sculptées montrent des emprunts à l'art religieux. L'allégorie moralisatrice tournant à l'obsession pédagogique à travers figures, devises et inscriptions tirées de Sophocle, de Virgile, de la Bible et de saint Jérôme, affiche l'appartenance du commanditaire au courant huguenot. Enfin, la tour d'angle de l'aile droite, avec son lanternon et ses fausses tuiles à rebord, disproportionnés, évoque par son décor les modèles antiques et la famille Rabaine, grâce aux coquilles et croissants qui y sont sculptés, et par sa conception, les donjons médiévaux. Parc agrémenté de conifères, tapis de verdure, pelouses et façades externes symbolisant quant à eux la reconstruction idéaliste et le confort de la fin du XIXe siècle, ainsi que l'amateur d'art et le collectionneur éclairé. Le château est en définitive un édifice plein de particularismes représentatifs qui, juxtaposés deviennent un particularisme tout court et font de cette demeure un édifice contradictoire tout aussi attachant que mystérieux, unique en Saintonge.
Éléments protégés MH: le château a été inscrit au titre des monuments historiques Le 14 mai 1925
château des Egreteaux, route de Fléac, 17800 Pons
Téléphone : 05 46 91 09 19

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