
L'origine de la seigneurie de L'Herbaudière ne remonte sans doute pas au-delà de 1539, car le fief n'apparaît pas à cette date dans le livre de déclarations des fiefs de l'Aunis. Dès 1557, Pierre Salbert, pair et échevin de la ville de La Rochelle est qualifié de sieur de L'Herbaudière. À la fin du XVIe siècle, Élisabeth Salbert apporta la terre à son mari, René Blandin, dont elle eut plusieurs enfants, en particulier Catherine Blandin, épouse de Charles de Bonnet, écuyer, seigneur de Pomiers en Saintonge, paroisse d ‘Épargnes. La dernière des Blandin, Henriette, fille de Pierre, chevalier, seigneur de Boisrégnault et de L'Herbaudière, épousa, par contrat du 23 mai 1680, passé en la maison noble de L'Herbaudière, en présence de sa mère, Madeleine Vacheron, veuve de Pierre Blandin et épouse en seconde noces depuis 1671 de Louis de Beaucorps, écuyer, seigneur de La Bastière, Louis-Joseph Green de Saint-Marsault, chevalier, co-seigneur de Fontchauveau et de Nieuil, en Angoumois, auquel elle apporta la seigneurie et maison noble de L'Herbaudière. Leur fils, Pierre-Louis Green de Saint-Marsault, chevalier, seigneur de Fontchauveau et de Cramahé, par son épouse, Henriette-Céleste de Bejarry, vendit par contrat du 28 février 1724, sa maison noble et seigneurie de L'Herbaudière, "consistant en chambres basses, salle, salon, anti-chambre et cuisine, cellier ou cave, chambres hautes sur lesquelles il y a pavillons et girouettes, le tout couvert d'ardoise, une grande cour autour de laquelle il y a des bâtiments pour serrer le bois…, écurie à chevaux, toits à bœufs, vaches, cochons, grange pour serrer foins et pailles, remise pour carrosse et charriots, jardin joignant et le donjon et ladite maison, le tout renfermé de murailles…", à Jean-Pharamond de Sainte-Hermine, chevalier, abbé commendataire de l'abbaye royale de Notre-Dame-d'Angle, prieur d'Ars-en-Ré et de Saint-Benoît, en Bas-Poitou, moyennant 20 000 livres. Il fut convenu qu'une moitié de la somme serait versée cinq ans plus tard et l'autre en 1734.
L'abbé d'Angle étant mort avant 1730 sans avoir payé la totalité de son acquisition, Pierre-Louis Green de Saint-Marsault put rentrer en possession de L'Herbaudière après avoir transigé avec les héritiers de Jean-Pharamond de Sainte-Hermine, avant le 8 mars 1730. Il mourut quelques mois après, le 30 novembre, à l'âge de 50 ans, et fut inhumé dans l'église de Salles. Sont petit-fils, Henri-Charles-Benjamin, seigneur de L'Herbaudière, épousa en 1767, une lointaine cousine, de la même paroisse, Françoise-Suzanne-Geneviève Green de Saint-Marsault, qui lui apporta en dot le château du Roullet et de nombreuses terres en Aunis, dont la baronnie de Châtelaillon. Le château de L'Herbaudière, bien qu'il ait changé de famille, est toujours aux mains des descendants des Green de Saint-Marsault. Une rare documentation iconographique permet de cerner l'évolution des bâtiments. On possède en effet une gravure de Claude Chastillon du début du XVIIe siècle, un dessin naïf et un relevé complet de l'ingénieur Claude Masse, du début du XVIIIe siècle. Le logis de L'Herbaudière se dressait à l'origine sur le côté d'une petite enceinte fortifiée flanquée de tours aux angles, précédée par une grande basse-cour. Sa façade sur cour comprenait un pavillon central renfermant un escalier rampe sur rampe et était flanquée d'une tour cylindrique et l'autre angle d'une tourelle en encorbellement. Le tout était coiffé d'ardoise. Le pavillon central a été démoli ainsi que la tourelle en encorbellement et la petite enceinte. Sur la façade postérieure, deux pavillons aux volumes complexes sont venus se greffer au XVIIe siècle, ce qui donne à l'ensemble un effet pittoresque à souhait. La porte d'entrée est surmontée par un curieux mascaron et par un fronton triangulaire coupé, porté par deux élégantes consoles.
Éléments protégés MH: les façades et les toitures : inscription par arrêté du 23 juillet 1973.
château de L'Herbaudière 17220 Salles-sur-Mer
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