Pour s'en acquitter, il dut lui vendre, le 20 mars 1546, la seigneurie de La Garde qu'elle donna ensuite à son dernier fils, François Green de Saint-Marsault, époux de Marie Chesnel, qui lui donna Daniel Green, chevalier, baron de Châtelaillon, seigneur de Salles, du Roullet et de Rudepierre par sa femme, Marie de Blois. C'est à lui que l'on doit la reconstruction du château de La Garde tel qu'on le voit encore maintenant, vers 1610, date gravée sur la porte d'entrée. Son fils, Osée, se défit de La Garde en vendant le château, le 27 août 1651, à son voisin, Jean-Louis de Brémond, seigneur, baron d'Ars, mort l'année suivante des suites de graves blessures reçues lors du siège de Cognac. Après lui, trois générations de la branche aînée des Brémond d'Ars possèderont le château, qui revint à la fille de son arrière-petit-fils, Charles de Brémond, marquis d'Ars, la marquise de Verdelin. Marie-Madeleine de Brémond d'Ars, née à Cognac en 1728, avait épousé, en 1750, Bernard, marquis de Verdelin, colonel d'infanterie, maréchal des camps et armées du Roi, auquel elle apporta le château de La Garde. La marquise de Verdelin est connue pour avoir été très liée à Jean-Jacques Rousseau qu'elle protégea toute sa vie. C'est elle qui, dès 1780, mit le château en vente. Il n'avait pas encore trouvé d'acquéreur lorsque la Révolution éclata.
Dominant un paysage de vignoble plat et monotone, le château de La Garde présente une masse encore imposante, tirant une partie de son effet de ses grands combles couverts d'ardoise. C'est un corps de logis rectangulaire flanqué, sur sa façade postérieure de deux pavillons fortement bastionnés. Seules les hautes lucarnes à meneaux et croisillons, couronnées d'un fronton triangulaire et une terrasse de création très récente atténuent l'austérité de cette façade percée irrégulièrement de hautes baies. La façade antérieure est en revanche plus riante, éclairée par de nombreuses baies, flanquée de deux élégantes tourelles d'angle en encorbellement et surmontée de lucarnes à meneaux et croisillons couronnées par un fronton triangulaire terminé par des amortissements en forme de boules. L'entrée se fait par un escalier à rampe droite donnant sur une belle porte à pilastres cannelés et à fronton triangulaire portant la date de 1610, marquant sans doute l'achèvement du château. L'ancien plan cadastral montre que les dépendances n'étaient pas en retour d'équerre, mais formaient une aile parallèle au château, plus basse, mais de même longueur, aussi flanquée de deux pavillons bastionnés. De ce corps de bâtiment, il ne reste que le pavillon de l'angle est, couvert d'ardoise. À proximité s'élève encore une imposante fuie cylindrique couverte de tuiles plates, de la fin du XVIe siècle ou du début du siècle suivant. L'intérieur contient 2 600 boulins de terre cuite à embouchure carrée, disposés en quinconce, et un mât central pivotant, pouvant actionner deux échelles tournantes. À la fois touché par les grâces d'un style Renaissance tardif et par une conception encore militaire, le château de La Garde est un intéressant témoin du règne d'Henri IV, dans les Charentes.
Éléments protégés MH: les façades et les toitures du château, et le pigeonnier : inscription par arrêté du 16 décembre 1987.
château de La Garde 17800 Salignac-sur-Charente

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