De 1756 à 1758, le château sert de prison pendant la guerre de sept ans à de nombreux prisonniers étrangers qui ont laissé de précieux témoignages gravés sur les murs des grandes salles voûtées qu'un spécialiste des graffiti anciens, Luc Bucherie, a décryptés et étudiés. A la fin du XVIIIe siècle, le château revient au Comte d'Artois, futur Charles X. à cette occasion, une description détaillée du château a été faite le 16 août 1772 dans un "État des Domaines et Droits appartenant au Roy à cause de son château et seigneurie de Cognac et Merpins". Les différentes parties du château sont énumérées et mesurées en toises. On y parle cette fois des ruines de la salle des États, appelée à ce moment salle des Gardes (il s'agit encore de la grande et belle salle au-dessus de l'actuelle grande salle des Gardes). On parle des ardoises ou des tuiles des toits, des fossé où l'on cultive du chanvre et de beaucoup d'autres détails. Après la Révolution, vendu comme bien national, le château est acheté en 1795 par les citoyens Otard et Dupuy qui le sauvent d'une ruine totale en y installant leur comptoir et chais à eaux-de-vie. Récemment, les restaurations ont mis en valeur les quelques parties anciennes qui ont pu être sauvegardées. Après avoir franchi la cour d'honneur actuelle (ancien jardin) nous trouvons la grande cour. Cette cour est bordée côté ouest par le grand corps de logis regardant la Charente, construit par François 1er vers 1517. La grande salle était alors appelée salle des Gardes et salle des États sur le plan de Claude Masse en 1712.
Sous une entrée, autrefois fortifiée, nous passons dans une petite cour intérieure où se trouve le logis du gouverneur, nommé ainsi depuis le XVIIe siècle, construit par les Valois au milieu du XVe siècle sur des parties plus anciennes datant des Lusignan (XIIIe siècle). Une élégante tour hexagonale en demi hors œuvre contient un escalier de pierre en vis, desservant le sous-sol, l'étage et l'étage de combles qui a disparu. On entre dans le logis par la tour percée d'une porte gothique surmontée d'un arc en accolade. En entrant dans le logis du Gouverneur, à gauche, se trouve la salle du casque. Le mur est renforcé par trois arcatures gothiques. Au sud, une cheminée monumentale (XVe siècle) est surmontée du blason des Valois Angoulême avec trois fleurs de lys et un casque à panache. Deux grandes fenêtres renaissance (murées) ouvraient sur la Charente, ce qui devait en faire une pièce agréable, avec la vue sur l'animation du fleuve et sur le pont médiéval. Autre agrément de cette salle, l'élégante petite pièce voûtée d'ogives s'ouvrant à droite de la cheminée avec fenêtre donnant sur la Grand'Rue: encore un poste d'observation sur ce point stratégique d'entrée de la ville. La tour du Comte Jean s'ouvre à l'angle sud ouest de cette salle. Datant du XIIe siècle, pour sa base, elle a été rebâtie et transformée par le grand-père de François 1er, Jean de Valois, dit le bon Comte Jean. Le portail de la chapelle royale donnait vers l'ouest dans la cour intérieure. La façade a été dessinée par Colany de Campo Vasto. Il n'en reste que deux cul-de-lampe avec départs de nervures et deux arcs sommant les murs entre les contreforts extérieurs. On sait qu'elle était de taille importante et richement parée d'un retable en terre émaillée sculpté par Girolano Della robbia sur la commande de François 1er.
Éléments protégés MH: le château de François 1er en totalité : inscription par arrêté du 15 mai 1925.
château François 1er 16100 Cognac
Téléphone : 05 45 36 88 86

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