La construction comporte alors un grand corps de bâtiment orienté à l'est, flanqué de deux tours, deux ailes en retour d'équerre dont celle côté nord renferme une galerie à deux niveaux, et, pour fermer la cour carrée, une aile plus basse avec un niveau de galerie surmonté d'un grenier. Dans cette aile basse s'ouvre le porche d'entrée du château: pavillon carré surmonté d'une toiture en tiers point et muni d'un pont levis. Une tourelle en encorbellement agrémente également l'extrémité de l'aile Nord... La famille Béon du Massez Luxembourg conserve la châtellenie jusqu'en 1726. Un nouvel engagement est réalisé au profit de Henri de Bruzac Hautefort, comte de Vaudre. Il habite au château de 1726 à 1736 et fait transformer les lieux. Sont démolis les deux galeries de l'aile nord, la tourelle en encorbellement, la galerie et le grenier de l'aile ouest, le porche et le pont-levis et une partie de l'aile sud, à leur place il fait construire de nouveaux bâtiments dont subsistent aujourd'hui les ruines. Bouteville fait partie, en 1787, de l'Apanage de Charles Philippe, comte d'Artois. D'importants travaux sont réalisés en 1789 pour consolider les bâtiments dont certaines parties frôlent la ruines ou se sont déjà écroulées. Mis sous séquestre après l'émigration du Prince, le château sert quelques temps de prison avant d'être vendu comme bien national. Acquis le 5 vendémiaire An XII il a achevé de vivre ses dernières heures de gloire. Commence alors un long et systématique dépouillement mutilant à jamais cet ensemble remarquable. Des bâtiments sont démolis, des éléments sont vendus, démontés, pillés, cassés, le temps a commencé son œuvre.
Il ne reste aujourd'hui qu'une partie de l'aile principale avec les deux tours. La plus belle est éventrée sur toute sa hauteur, la plus petite est découronnée. A l'étage noble, les grandes fenêtres à chambranles moulurés sont surmontées de frontons triangulaires interrompus. A l'étage inférieur, les ouvertures distribuées dissymétriquement sur la façade éclairent les salons d'hiver, l'escalier, et les cuisines. Un fort cordon court au niveau de l'appui de ces fenêtres basses. Il se prolonge sur les tours et les restes de l'aile sud. Des plates-bandes et une corniche moulurées, au niveau de la séparation des étages, de l'appui des baies supérieures et des frontons font de même. Les allèges des fenêtres et les œils de bœuf de l'escalier attendent toujours le décor sculpté qui leur était destiné, de même inspiration que celui figurant sur la petite tour. La façade côté cour de ce corps de logis, est mutilée et ne restent qu'une belle porte à fronton non achevée et deux grandes baies. L'aile sud a disparu. L'aile nord, du XVIIIe siècle, est beaucoup plus sobre. Le parti de la symétrie a été adopté: une porte au centre, et un nombre égal d'ouvertures de part et d'autre. Les extrémités forment deux légers avant-corps. L'aile basse du XVIIIe siècle, renfermant le nouveau porche reconstruit par Hautefort est très ruinée. Couronnée à l'origine sur chaque face, d'une balustrade cachant son toit à une seule pente, elle a été surélevée à la fin du XVIIIe siècle et recouverte d'une toiture avec croupe au sud.
L'originalité de ce château tient dans la façon dont sont amorties les façades. Un crénelage continu constitué de motifs bulbeux en alternance avec des grappes de fruits ou de feuillage faisaient le tour des bâtiments et cachaient les toitures. Les eaux de pluie, recueillies dans des aqueducs de pierre, s'évacuaient par des gargouilles ornées de mascarons. Il ne reste aujourd'hui qu'une partie de ce dispositif sur l'aile nord et deux merlons sur l'aile principale. Une bonne partie a été remontée au château de Bourg-Charente et au logis de Flaville à Bonneuil. Une magnifique cheminée ornée de cariatides et incrustations de marbre, fleuron de la grande salle, est aujourd'hui sauvée à Bourg-Charente. Un escalier rampe sur rampe permet d'accéder au sous-sol de l'aile principale. Sur la droite deux salles voûtées en anse de panier renfermaient les cuisines et un bûcher; sur la gauche deux autres salles voûtées en arc de cloître (voûtes aux propriétés acoustiques surprenantes) étaient les Salle et Salon d'hiver. Dans la grosse tour il reste encore un fort bel escalier en vis suspendu à limon hélicoïdal inscrit dans une cage circulaire couverte d'une coupole hémisphérique à clé pendante.
Éléments protégés M : les parties subsistantes du château : classement par arrêté du 28 février 1984.
château fort de Bouteville 16120 Bouteville

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