Les travaux consistent à ajouter un vaste bâtiment rectangulaire, c’est l’actuel corps de logis. La façade est possède en son centre une tour circulaire qui abrite l’escalier en vis.Le 28 mai 1736, Victor Rouillon-Spy, conseiller du roi et maire de Saint-Flour, signe un bail de 3 450 livres annuelles, pour le château et les terres. En 1740, son fils Jean-baptiste Spy-d’Auzolles, juge à Saint-Flour, achète le domaine, pour lequel il rend d’ailleurs hommage à l’évêque de Saint-Flour. Jean-Baptiste Spy-d’Auzolles épouse Marie Véal du Bleau, dont il a un fils: Victor Spy des Ternes. Les Spy-d’Auzolles entreprennent d’importants travaux de réparations, rendus nécessaires par des années d’abandon. En 1787 de grandes ouvertures sans style remplacent les fenêtres à meneaux. À la Révolution, les tours sont découronnées, les blasons sont bûchés mais le reste du bâtiment ne semble pas avoir été trop touché, la solidité de l’édifice et la difficulté du travail y sont peut-être pour quelque chose. Les révolutionnaires sont d’autant plus agités que la municipalité abonde dans leur sens et que Victor Spy des Ternes est ouvertement anti-révolutionnaire. La belle-fille de Victor Spy des Ternes, veuve de Jean Baptiste Spy des Ternes et ayant perdu son fils unique, use du droit de réversion et transmet le domaine à Mgr de Marguerye, le 12 février 1836, manifestation tardive d’une survivance du droit féodal en plein XIXe siècle. Conformément aux volontés de la donatrice, le château est mis à la disposition des clercs de Saint-Viateur, qui y créent un noviciat et un établissement d’instruction. En 1891, lors de la vacance du siège épiscopal, l’État décrète la mise en vente du château. Celui-ci est acheté par Pierre Carlat... qui le remet aux religieux de Saint-Viateur. Suite à la loi de séparation de l’Église et de l'État, les moines reçoivent l’interdiction d’enseigner et sont contraints de quitter la France pour la Belgique. En 1909, Alfred Douët achète le château à Pierre Carlat.
En 1903, Alfred Douët épouse Marie-Eugènie Mende de Bécourt. Il fonde, le 1er novembre 1908, le journal Le Sanflorain. Dès son entrée en possession du château des Ternes en 1909, Alfred Douët fait appel à Emile Lemaigre, l’architecte que son père a sollicité quelques années plus tôt pour des aménagements dans la demeure familiale et qui œuvre encore dans le château de son cousin à Saint-Gall. Émile Lemaigre est chargé de restaurer et d’agrandir la demeure. En juillet 1909, il soumet un projet à Alfred Douët. Il prévoit d’ajouter une aile en retour à l’équerre, adossée à la façade est, au nord de la tour d’escalier qu’elle englobe en partie. Elle se prolonge jusqu’au mur d’enceinte est qui délimite la terrasse du château et l’enclos de l’église Saint-Martin. Cette partie ne doit être haute que d’un étage et doit abriter la cuisine, l’office des gens, ainsi qu’un cabinet de toilette. Lemaigre propose de lui ajouter une petite tourelle à son angle septentrional. Le cadastre napoléonien dressé aux Ternes en 1812, présente déjà le château sous cette forme; il s’agit peut-être d’une annexe comme une grange accolée à la demeure ou cela a-t-il été fait avant son arrivée. Lemaigre dresse un nouveau plan ; l’aménagement se sur la façade principale, face au petit parc qui s’étend à l’ouest du château. De la construction originelle, il ne reste que la tour sud-ouest à laquelle le logis rectangulaire est greffé à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle. Le projet vise à équilibrer la façade ouest en lui ajoutant une tour à son angle nord, le pendant de la tour ancienne. Cette dernière ayant été privée des parties sommitales à la Révolution, Lemaigre en profite pour donner aux deux un couronnement identique qui complète la symétrie en donnant une impression d’uniformité. La nouvelle tour est réalisée dans un néo-gothique archéologique qui lui permet de se fondre dans l'ensemble. Les seules différences visibles de l’extérieur sont la stéréotomie des grands blocs et le léger motif incisé au-dessus des baies, comme si l'architecte souhaitait laisser des indices permettant de différencier tout de même le neuf de l'ancien, sans rompre l'harmonie générale.
Le château ayant été au fil des ans entouré par les habitations des villageois, le jardin se limite à la portion de terre enserrée par les remparts. Le paysagiste doit donc composer dans un espace restreint entouré de hauts murs (sur le côté de la route). Il aménage un jardin à la française juste devant le château et tente, par des plantations d'arbres et d'arbustes en bordure, de donner l'impression que le jardin se prolonge au-delà des plates-bandes visibles. Le château appartient aujourd'hui à la commune des Ternes qui l'entretient et le loue pour des réceptions. Du jardin laissé à l'abandon, il ne reste que le bassin central et des arbres.
Éléments protégés MH: le château, les décors intérieurs et les jardins : inscription par arrêté du 7 avril 2008.
château des Ternes 15100 Les Ternes

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