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Château de Lamothe

En 1332, le château et la seigneurie de Lamothe appartiennent à Bertrand de Roquefort. Vers 1406, ils passent par mariage à Barthélémy de Gausserand, seigneur de Vinzelle. À la mort de François II de Gausserand, le château de Lamothe passe à sa légataire, Antoinette de Pelamourges, sa nièce (ou petite-nièce). Elle épouse en 1693 Bertrand d'Humières, marquis de Vareilles. Veuve très jeune, elle épouse en secondes noces Pierre de Bonnafos. C'est cette famille qui, par plusieurs chantiers donne à la demeure médiévale son apparence actuelle. Le logis médiéval avec tour d'escalier centrale reçoit au XVIIIe siècle deux ailes en retour. Probablement à la fin du XVIIIe siècle, les ailes nord et sud sont reliées par une nouvelle aile qui enchâsse la tour ancienne et crée un quadrilatère irrégulier (la façade est est désaxée pour être perpendiculaire à l'allée d'honneur. 

 Roger de Bonnafos lance des travaux seulement trois ans après être entré en possession du château suite au décès de son père. Il entend retrouver l'orientation originelle du château et se détourner du goût régulier, mais peu séduisant des travaux du XVIIIe siècle. La nouvelle façade d'honneur est celle qui donne sur le parc (à l'ouest). La face est, régulière et encadrée par d'élégantes dépendances agricoles est laissée en l'état Du côté ouest on aménage une vaste terrasse. Lors des travaux, on mène semble-t-il de petites fouilles archéologiques puisque le baron détaille dans sa notice les vestiges architecturaux mis à jour. La façade elle-même est animée par une tourelle en encorbellement (à la jonction des parties ouest et nord en légère saillie) et par une tour massive à l'angle sud-ouest. La partie centrale est percée de trois grands arcs en plein cintre qui éclairent abondamment le vaste hall. Au-dessus des arcs, on pose un grand bloc sculpté aux armes des propriétaires. À l’aplomb de cette plaque, il y a une grande lucarne à meneaux de pierre. Sur cette façade, il n'y a pas de style dominant, on emprunte des formes au gré des envies: tour à faux mâchicoulis, lucarne à fronton et candélabre, grand escalier en fer à cheval inspiré du XVIIe siècle. 

 La distribution correspond aux usages locaux, avec une particularité: le hall est une pièce de vie, comme on en retrouve à Saint-Gal. Plus original, il y a deux entrées avec vestibule, mais l'entrée d'honneur n'est pas celle que l'on voit en arrivant sur le domaine, mais celle à l'arrière, du côté de jardin. Sous la terrasse, on crée une grande cuisine, reliée à l'office placé au rez-de-chaussée de l'extrémité occidentale de l'aile nord. Le grand hall rejoint le petit, ils distribuent ainsi l'office et la salle à manger (à gauche) et le salon ovale et le grand salon (à droite). L'office jouxte la salle à manger. Cette dernière ouvre sur le petit vestibule qui donne sur le salon ovale et de là, sur le grand salon. Depuis le hall, on jouit d'une magnifique vue sur le jardin et ses bassins. C'est une pièce à vivre, c'est d'ailleurs là que Roger de Bonnafos, passionné d'orgue, fait installer un grand orgue à onze jeux de la maison Michel-Merklin. La salle à manger conserve les boiseries du XVIIIe siècle. Seul le mur opposé aux fenêtres est modifié pour recevoir un grand papier peint panoramique de la manufacture Züber représentant une chasse à courre. Le salon ovale reçoit des décors néoclassiques. À l'étage, il y a trois chambres avec cabinet de toilette et quatre chambres se partageant deux cabinets de toilette. Un système de chauffage central est créé dans le château. Le calorifère au bois envoie de l'air chaud diffusé par des bouches dans la salle à manger, le hall, le grand salon et quelques chambres. On édifie non loin du château une chapelle de style néo-gothique. 

 Éléments protégés MH: le château, y compris les éléments de décor intérieurs (salon bleu, bureau, grand salon vert, hall, salle à manger avec son papier peint), les jardins (cour d'honneur, terrasses, allées et parterres, fontaines et bassins), les dépendances (bâtiment de l'horloge, chapelle, étable, écuries, forge, séchoir à châtaignes, grenier) : inscription par arrêté du 15 septembre 1993 

 château de Lamothe 15340 Calvinet

   

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(IMH) = château inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, (MH) = château classé Monument Historique

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